Les carnets du Sommeil : Comprendre le Sommeil

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Un guide publié par lINSV institut national du sommeil et de la Vigilance qui donne les clés pour bien comprendre le rôle et le fonctionnement du Sommeil.
Un guide pratique relayé pour aider plus de personnes à mieux dormir dans le cadre d'une action de sponsoring des brochures d’information, de l'INVS comme par exemple la collection les Carnets du Sommeil.

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Les carnets du Sommeil : Comprendre le Sommeil

  1. 1. SOMMEIL UN CARNET POUR MIEUX COMPRENDRE1
  2. 2. QU’EST-CE QUE LE SOMMEIL ?Le sommeil représente plus d’un tiers de Le rôle du sommeil dans la survenue ou lanotre vie. Il est déterminant pour la crois- prévention des maladies ou leur aggrava-sance, la maturation cérébrale, le déve- tion nécessite d’y accorder une attentionloppement et la préservation de nos ca- rigoureuse. Considérer le sommeil commepacités cognitives. Il est essentiel pour un élément d’éducation et de prévention,l’ajustement de nombreuses sécrétions au même titre que d’autres préoccupationshormonales et pour le maintien de notre comme la nutrition, est indispensable.température interne. On sait aujourd’hui Pour vous y aider, l’Institut National duque la réduction du temps de sommeil ou Sommeil et de la Vigilance met à votre dis-l’altération de sa qualité favorisent pro- position ce Carnet du Sommeil.bablement la prise de poids et l’obésité.Enfin, la mise au repos de notre système Ce document, validé par des experts,cardiovasculaire au cours du sommeil est contient un agenda du sommeil qui vousl’un des enjeux de prévention des années permettra de noter vos habitudes de som-à venir. meil au quotidien et/ou vos difficultés : un outil précieux, recommandé par les spé- cialistes du sommeil, qui doit faciliter les échanges sur vos problèmes de sommeil avec votre médecin. Par ailleurs, cet outil est un réel guide pour mieux comprendre le sommeil, son impact sur la vie quotidienne, ses enjeux socio- économiques, ainsi que les conséquences physiques et psychologiques de son alté- ration. Enfin, les quelques conseils et méthodes présentés dans ce document vont vous permettre de faire le point parmi certaines idées reçues et de mettre en place votre propre stratégie du “mieux dormir”, en amé- liorant votre hygiène de sommeil ou en re- cherchant des anomalies au cours du som- meil évocatrices de maladies spécifiques. 3
  3. 3. POURQUOI DORT-ON ? Le sommeil joue un rôle importantLa réponse paraît limpide : et les conséquenceson dort pour récupérer !L’organisation et les fonc- d’un mauvais sommeiltions du sommeil s’intè- ont un impact sur :grent dans l’évolution desespèces, de la cellule àl’homme. Avec l’appari-tion du système nerveux Le maintien de la vigilance à l’état de veilleprimitif apparaît la fonction (risque de somnolence diurne et de troubles“sommeil”. Lorsque l’orga- de l’attention).nisme est en phase de “re- Le maintien de la température corporellepos”, les connexions neu- tout au long des 24 heures.ronales se réorganisent, ce La reconstitution des stocks énergétiquesqui lui permet de s’adapter des cellules musculaires et nerveuses.à son environnement. Lesommeil possède plusieurs La production d’hormones et en particulier l’hormone de croissance et la mélatonine.fonctions particulières,indissociables de l’état de La régulation de fonctions telles que laveille et mettant en jeu de glycémie (perturbation du métabolisme du sucre, favorisant surpoids et risque denombreux mécanismes diabète).physiologiques : sécrétionshormonales, régénération L’élimination des toxines.cellulaire (peau, muscle…), La stimulation des défenses immunitaires.mémorisation etc.Dormir permet ainsi une La régulation de l’humeur et de l’activation du stress.récupération physique,psychologique et intellec- Les mécanismes d’apprentissage et de mé-tuelle… le sommeil prépa- morisation.re à l’état de veille qui suit. Et bien d’autres fonctions à découvrir…
  4. 4. LES RYTHMES VEILLE-SOMMEILET L’ORGANISATION DU SOMMEIL LES RYTHMES ET L’ORGANISATION DU SOMMEILNotre vie quotidienne est rythmée par lesétats de veille et de sommeil, deux étatsphysiologiques fondamentaux. Le som-meil n’est pas continu, il est constitué dedifférents stades qui s’organisent de fa-çon identique au cours de la nuit.En fonction de l’âge, il existe des modifi-cations notables de la durée du sommeilet de la répartition des divers stades desommeil. LES STADES DE SOMMEILQue ce soit chez l’enfant, l’adolescent,l’adulte ou la personne âgée, on rencontreles mêmes stades de sommeil.Ces stades sont répartis entre sommeillent (ou sommeil calme chez le nouveau-né) et sommeil paradoxal. comporte les stades N1et N2 qui correspondent au sommeil léger,et le stade N3 qui est le sommeil profond. (appelé aussisommeil à mouvements oculaires rapides,« Rapid eye movements » ou REM en an-glais) est également nommé sommeil agi-té chez le nouveau-né. C’est au cours decette phase que se “logent” les rêves donton se souvient le mieux. 5
  5. 5. QU’EST-CE QU’UN CYCLE DE SOMMEIL ?Le sommeil est constitué de plusieurs cy-cles successifs (4 à 6). Un cycle de som-meil dure environ 90 minutes chez le jeuneadulte. Chaque cycle commence par dusommeil léger et se termine par du som-meil paradoxal.On représente l’évolution de la nuit et desdifférents cycles de sommeil sous formed’un hypnogramme. Les cyles contiennentdes proportions variables de sommeil N1,N2, N3 et paradoxal. Le sommeil profondest surtout présent dans la première moi-tié de la nuit alors que les sommeils lé-ger et paradoxal sont plus abondants endeuxième moitié de nuit. La nuit d’une jeune personne comporte donc plusieurs cycles d’environ 90 minutes, comme le montre l’hypnogramme ci-dessus.
  6. 6. EVOLUTION DE L’ORGANISATIONDES RYTHMES VEILLE-SOMMEILAU COURS DE LA VIEOn retrouve les mêmes stades de sommeil des heures de sieste, de coucher et de lever...tout au long de la vie, mais leur organisa- Ils vont progressivement permettre de sta-tion évolue. biliser le rythme veille-sommeil sur l’alter- nance jour/obscurité. Le comportement des parents est essentiel à CHEZ LE FOETUS : l’établissement d’un rythme jour-nuit stable de 24 heures.Le sommeil est étudié grâce au rythmeactivité-repos. Ceci a permis d’observerque le fœtus dort mais pas forcément en Principales caractéristiques dumême temps que sa mère. L’organisationdu sommeil chez le fœtus varie au cours de cycle des stades de sommeil etson développement. Après 36 semaines de de vigilance du nouveau-né :gestation (8ème mois environ), la structuredu sommeil est très proche de celle retrou- Une durée globale de sommeilvée chez le nouveau-né. de 16 à 17 heures par 24 heures Des cycles de sommeil très CHEZ LE NOUVEAU-NÉ nombreux : 18 à 20 cycles par 24 À TERME : heures.Le sommeil est abondant et plus de la moi- 24 heures. Le nouveau né ne faittié est du sommeil agité. Les deux premières pas encorele distinction jour/années d’un enfant sont primordiales pour nuit.sa vie de futur “dormeur”. Au cours de cettepériode, se développent les principales ca- -ractéristiques du sommeil, déterminantes lents à ceux de l’adultepour un bon sommeil à l’âge adulte. Le ryth-me veille-sommeil sur 24h se met en placeprogressivement au cours des 4 à 6 premiè- Vers l’âge de 3 mois, la structureres semaines de vie grâce à la maturation du sommeil évolue et on peutcérébrale et aux «donneurs de temps». Cesdonneurs de temps sont, en début de vie, les alors reconnaitre tous les stadesrelations mère-bébé, les prises alimentaires décrits chez l’adulte.à heures régulières, l’alternance lumière-obscurité..., puis ultérieurement la régularité 7
  7. 7. CHEZ L’ENFANTL’ÉVOLUTION DU SOMMEILSE FAIT PAR ÉTAPES :Dès 3 mois : le sommeil agité fait place ausommeil paradoxal (stable) rencontré chezl’adulte. Le sommeil calme laisse la place Le sommeil lent profond occu-au sommeil lent. pe une bonne partie de la nuit, favorisant ainsi la survenueÀ partir de 6 mois : les endormissements se de comportements, en généralfont en sommeil lent comme chez l’adulte sans gravité, tels que :et le grand enfant.À 9 mois : la structure du sommeil ressem-ble à celle de l’adulte à peu de choses prèset le sommeil devient rapidement stable aucours des 4 premières heures.Entre 9 mois et 6 ans : Les siestes dispa-raissent progressivement. Les caractéris-tiques du sommeil changent. La premièrepartie de la nuit est presque exclusivementcomposée de sommeil lent profond, ac-compagné de réveils incomplets. La secon-de partie présente des éveils brefs accom-pagnant chaque changement de cycle. Onobserve alors une stabilisation du sommeilparadoxal et une augmentation du som-meil lent.Entre 6 et 12 ans : le sommeil est stable etles réveils sont très brefs.
  8. 8. À L’ADOLESCENCE :L’organisation du sommeil nocturne del’adolescent est proche de celle de l’adulte.Les grands bouleversements hormonaux Les conséquences possibleset les modifications comportementales des anomalies du sommeilqui surviennent à cette période ont un im- chez les adolescents :pact non négligeable qui se traduit par : colères fréquentes et inso- lence par exemple.lent profond (le plus récupérateur) au pro-fit du sommeil lent léger. cesse. couchers etlevers tardifs en raison du travail scolaireabondant, des sorties plus fréquentes, des tration, de l’attention et deactivités telles que jeux vidéo ou discus- mémorisation, une difficultésions sur internet le soir, et opposition au à élaborer des projets.comportement familial d’un coucher plusprécoce. Cette tendance au décalage aaussi des causes biologiques avec une en- vis des actes commis (prisesvie de dormir plus tardive à cet âge. de risques inconsidérés, com- portements à risque). (cours, rythmescolaire, etc.), non compatibles avec le be-soin de sommeil accru des adolescents, quipeuvent les mettre dans un état de “man-que” de sommeil quasiment chronique (le d’ anxiété ou de dépression.déficit étant évalué environ à 2h par jour enpériode scolaire). Ces effets disparaissent lors- que l’adolescent peut dormir Une récupération le week-end avec des suffisamment et avec desgrasses matinées. horaires compatibles avec son activité. 9
  9. 9. CHEZ L’ADULTE : L’adulte est confronté à deux contraintes agissant habituellement sur le sommeil : les ho- raires de début et de fin de travail, le temps du trajet, le stress au travail perturbent souvent le sommeil des adultes. De plus, 25% des adultes travaillent de nuit ou avec des horaires atypiques. les jeunes enfants, la vie de famille perturbent princi- palement le sommeil des mamans, souventD’après les sondages réalisés pour l’INSV durablement.(questionnaires établis par le Conseilscientifique de l’INSV, sauf en 2008 en-quête INPES) la durée moyenne de som-meil par 24 heures est la suivante :
  10. 10. CHEZ LES PERSONNES AGÉES :Les limites entre Avec l’âge, le rythme veille-sommeil chan- ge, au même titre que toutes les fonctionsle sommeil nor- physiologiques, ceci implique :mal et le sommeilpathologique sont sommeil sur 24 heures : à partir de 60 ans, nous dormons moins profondément laparfois difficiles nuit.à définir chez lespersonnes âgées. troubles du sommeil : apnées du sommeil, insomnies, syndrome des jambes sans re- pos. - rée des éveils nocturnes. sommeil : disparition du sommeil lent pro- fond et diminution du sommeil paradoxal. avec un coucher de plus en plus tôt (on dit qu’il y a une avance de phase), aggravé par le ryth- me de vie en institution. Ces phénomènes expliquent pourquoi les personnes âgées se plaignent souvent d’un mauvais sommeil (sommeil fragmen- té, instable, difficultés pour retrouver le sommeil). 11
  11. 11. LE SOMMEIL ESTCOMPOSÉ DE STADESIDENTIQUES AU COURSDE LA VIE MAIS SONORGANISATION VARIEBEAUCOUP ET LESVARIATIONS INTER ETINTRA-INDIVIDUELLESSONT NOMBREUSES.AUTREMENT DIT,NOUS NE SOMMESPAS TOUS ÉGAUXFACE AU SOMMEIL.
  12. 12. MON AGENDAPOUR LE SOMMEILCOMPRENDREET PRENDRE SOINDE SON SOMMEILVous souhaitez mieux connaître vos habitudes de sommeil ?Vous vous posez des questions sur la qualité de votre sommeil ?Vous avez des problèmes de sommeil et vous ne savez pascomment les résoudre ?Remplissez l’agenda et présentez-le à votre médecin au coursd’une première consultation. Vous pourrez faire le point ensembleet trouver des solutions adaptées.NOM : ………………………………………………………………………….....................PRENOM : ……………………………………………………………………....................MES NOTES SUITE A MA CONSULTATION DU ………/………/20……..........…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………............................................... 13
  13. 13. DATEsommeil ou sieste Heure de mise au lit Heure de lever Somnolence dans la journée
  14. 14. Petit éveil Temps de travail Notation de 1 à 10 Heure de repas
  15. 15. RÉUNIR LES CONDITIONS FAVORABLES POUR UN SOMMEIL DE BONNE QUALITE RECOMMANDATIONS DE L’INSV -liers. Se coucher et se lever à des heures (bâillements, yeux qui piquent) .régulières facilite en effet le sommeil. tôt, se lever et commencer la journée. Ne pasweek-end compris, a un effet synchroni- chercher à tout prix à se rendormir.seur du rythme veille-sommeil. dormir sans avoir consulté votre médecin.éveiller son corps : lumière forte, exerci-ces d’étirement, petit déjeuner complet. repas. lierdans la journée favorise l’endormisse-ment. Eviter l’exercice physique en soirée,en particulier avant d’aller dormir. CE QUI DOIT ATTIRER VOTRE ATTENTIONdébut d’après-midi. Il suffit de fermer les ET VOUS FAIRE CONSULTER UN MÉDECINyeux 5 à 20 minutes en relâchant le corps.Le sommeil viendra rapidement si le be-soin est là. La sieste permet de maintenir Vous avez du mal à vous endormirla vigilance pour le reste de la journée. Vous vous réveillez trop tôt Vous avez des sensations désagréables dans les jambes qui vous empêchentCafé, thé, cola, vitamine C retardent l’en- de dormirdormissement et augmentent les réveils Vous êtes fatigué le matinnocturnes. Vous avez des envies de dormir la journée Vous luttez pour rester actifLa nicotine est un stimulant qui retarde Votre sommeil est agité, votre entouragel’endormissement, augmente les réveils s’inquiète du ronflement et des arrêts denocturnes et rend le sommeil plus léger. la respiration au cours du sommeilL’alcool a une action sédative mais fa-vorise l’instabilité du sommeil avec deséveilsnocturnes fréquents.
  16. 16. LA PLACE DE NOTRE SOMMEILDANS NOTRE VIE QUOTIDIENNESommeil et état de veille sont étroitement atypiques tend à se généraliser par souciliés, les activités pratiquées à l’état de de rentabilité, en particulier dans le sec-veille peuvent avoir un retentissement sur teur des services où la mondialisation im-notre sommeil et vice-versa. Certaines pose des horaires décalés.peuvent lui être préjudiciables, d’autresfavorables. Les gardes de nuit génèrent des ré- veils fréquents non compatibles avec SOMMEIL ET TRAVAIL les cycles de sommeil. Elles désorga- nisent le rythme veille-sommeil, ceLe travail peut influencer à plus d’un titre qui implique un besoin de “récupérer”notre sommeil. dans la journée. Les déplacements, en particulier à L’ORGANISATION DU TRAVAIL l’étranger, provoquent un phénomène de “Jet Lag” (ou décalage horaire) quiLe sommeil est fréquemment conditionné s’additionne à un emploi du tempspar le travail et en particulier lorsque les surchargé.entreprises mettent en place des rythmesde travail souvent peu compatibles avecles rythmes biologiques. LES CONDITIONS DE TRAVAILLe travail à horaires atypiques (ex : le 20 % des personnes qui souffrent d’in-travail en 3 X 8) : les horaires sont alter- somnie mettent en cause leur emploi dunants, ce qui porte préjudice à la qualité temps surchargé, des conflits ou des li-et à la quantité de sommeil, en particulier cenciements. Les personnes concernéeslors des premiers jours de changement de par des troubles du sommeil consécutifspostes. Le sommeil de jour est moins récu- au travail entrent dans un cercle vicieux.pérateur (en général un peu plus court et La mauvaise qualité de leur sommeil aavec moins de sommeil profond) que celui souvent un retentissement non négligea-de nuit car il est peu adapté à nos rythmes ble sur leur travail :chronobiologiques.Il est aussi peu compatible avec les res- Diminution des performancesponsabilités familiales. Erreurs de jugementIl génère des dettes de sommeil (diminu- Fautes gravestion de 1 à 2 heures par jour de la quantité Accidents (somnolence desde sommeil) qui suscitent des difficultés conducteurs professionnels)d’endormissement. Le travail à horaires Absentéisme 17
  17. 17. SOMMEIL ET SCOLARITÉLe rythme scolaire et les rythmes biologi-ques de l’enfant sont-ils en harmonie ?Avec un rythme de 4 jours travaillés pour 3 UNE IDÉE REÇUE À ÉCARTER :jours de repos, on pourrait penser que les SE COUCHER TARD ET SE LEVERenfants ont largement la possibilité de ré- TARD ÉQUIVAUT À SE COUCHERcupérer. Or, les résultats d’études sur l’im- TÔT ET SE LEVER TÔTpact de la semaine de 4 jours et les cassu-res de rythme montrent le contraire : La durée de la nuit étant la même, on pourrait être amené à le pen- ser. C’est oublier que ce com- portement incite au décalage de phase du sommeil par rapport à un environnement favorable au sommeil. En effet, en deuxième partie de nuit le sommeil est plus exposé aux nuisances extérieures (lumière, bruit, température etc.). Ces facteurs environnementaux nuisent à la qualité du sommeil et la récupération s’en trouve amoin-Les journées de travail sont longues et drie.fatigantes pour les élèves (baisse de vigi- Pour garder une bonne régulationlance et de performance en classe, absen- de son horloge biologique, il esttéisme accru de l’enfant). préférable de se lever toujours à la même heure le matin, même si onLes couchers tardifs sont plus fréquents. s’est couché tard. Si la nuit a été trop courte, la récupération seraLes ruptures du rythme veille-sommeil meilleure la nuit suivante.sont également plus fréquentes en raisondes différents horaires d’endormissement L’IRRÉGULARITÉ DU CYCLEle mardi soir et le week-end. VEILLE-SOMMEIL ET LE DÉCA- LAGE DE PHASE CONSTITUENTLa régularité du rythme veille-sommeil CHEZ L’ENFANT UN RISQUE MA-semble être seule garante de la bonne JEUR DE TROUBLES DU SOMMEILforme des élèves le lendemain.
  18. 18. SOMMEIL ET ACTIVITE PHYSIQUEDe nombreuses études sur la présence oul’absence d’activité physique au quotidienont donné lieu à plusieurs conclusions.L’absence d’activité physique entraîne : Des études montrent que la pratique ré- gulière d’une activité physique (1h à 1h30Sédentarisation d’activité 3 fois par semaine pendant 4 mois, ou 30 à 45 minutes par jour) suffitDiminution de la qualité et de la quantité à améliorer la qualité du sommeil, la vi-de sommeil gilance diurne et les performances auxDiminution de l’envie de se dépenser tests cognitifs et psychomoteurs.physiquement C’est pourquoi l’activité physique est re-Diminution de la vigilance à l’état de veille commandée pour favoriser un sommeil deMise en place d’un cercle vicieux menant qualité, particulièrement chez les person-à l’insomnie nes âgées.Problèmes de mémoire et de concentra- Cependant, pour être réellement efficace,tion l’activité physique doit être :Maux de tête, douleurs musculaires De préférence une activité d’endurance : vélo, natation, marche à pied, courseÀ l’inverse, une activité physique D’intensité modérée et d’allure régulièrerégulière implique : Régulièrement pratiquée : 1/2 heure mini-Endormissement plus rapide mum au moins 3 à 4 fois par semaine et auRéveils nocturnes moins fréquents mieux tous les joursAugmentation du sommeil profond(le plus récupérateur) Pratiquée en fin d’après-midi avant 19 heures, surtout en cas d’insomnieStades et cycles de sommeil plusréguliers Pratiquée à l’extérieur, afin de profiter deAugmentation de la durée de sommeil l’exposition à la lumière du jourAugmentation de la vigilance diurne 19
  19. 19. SOMMEILET FACTEURSENVIRONNEMENTAUXLorsque l’on dort, l’organisme est au repos LA LUMIÈREmais il continue à recevoir des stimuli dumonde extérieur. C’est pourquoi le som- C’est l’obscurité la plus complète qui favo-meil est fragile et susceptible d’être per- rise la meilleure sécrétion de mélatonineturbé par de nombreux facteurs environ- et un sommeil de bonne qualité. Maintenirnementaux. une lumière même faible peut favoriser les éveils la nuit. Par contre le matin, la possi- bilité de lumière extérieure entrant dans la chambre favorise un bon éveil. LE BRUITLes personnes interrogées mettent le plusfréquemment en cause le bruit. Il peutprovoquer des réveils conscients ou in-conscients suivis par de nouvelles diffi-cultés d’endormissement au cours de lanuit. Une diminution de la vigilance diurneet la nécessité de repos compensateurs(sieste) en résultent. Les conséquencesmédicales d’une exposition prolongée au L’ENTOURAGE ET L’ÉDUCATIONbruit sont aussi importantes : insomnie,mais aussi conséquences cardiovasculai-res (hypertension) et psychiques (dépres- Les relations parents-enfants, l’environ-sion, anxiété). nement, la régularité de l’organisation in- fluencent l’avenir du dormeur, la tendance à dormir plus ou moins et à être du soir LA TEMPÉRATURE ou du matin. Il a été démontré que des in- terventions trop fréquentes la nuit de laLes Français s’en plaignent moins que le part des parents encouragent le bébé àbruit mais ses effets ne sont pas moin- s’éveiller complètement et à signaler sondres. L’être humain a perpétuellement be- réveil.soin de réguler sa température à un niveau En conséquence, pour que les jeunes en-stable (37 °C). Aussi, toute fluctuation im- fants prennent l’habitude de se rendormirportante de la température externe génère rapidement, mieux vaut les rassurer avantdes réactions physiologiques de maintien le sommeil et ne pas trop céder à leursde cette température qui sont de nature à pleurs.perturber le sommeil.
  20. 20. LES PATHOLOGIES DU SOMMEILLES PATHOLOGIESDU SOMMEILSONT ENCOREINSUFFISAMMENTCONNUES ET Pour diagnostiquer ces maladies, le mé-PEUVENT AVOIR decin généraliste est essentiel et l’avis d’un spécialiste du sommeil peut être né-DE GRAVES cessaire. Pour beaucoup de troubles du sommeil (insomnies, décalage de phase,CONSÉQUENCES. horaires atypiques), l’agenda du sommeil est un outil de dialogue précieux car il est le témoin de la quantité et de la qualité du sommeil ressentie par la personne. Dans certains cas spécialisés, un enregis- trement du sommeil sera nécessaire. Ces maladies se caractérisent par : anormale de la durée du sommeil qualité du sommeil survenue d’épisodes de somnolence à des moments inappropriés (en pleine journée) 21
  21. 21. L’INSOMNIE L’anxiété, le stress et la dépression sontL’insomnie est une à l’origine de plus de la moitié des insom- nies.maladie grave, Chez l’anxieux, il s’agit le plus souvent de difficultés d’endormissement. La personneplus ou moins ne parvient pas à se relaxer, de nombreu- ses pensées et préoccupations survenantchronique, qui au moment du coucher. En cas de stress, les difficultés prédominantes touchent latouche 1 Français seconde moitié de nuit avec l’impression de somnoler à partir de 4 ou 5 heures dusur 5. matin.9% en souffrent La dépression se traduit principalement par des éveils précoces en milieu et fin desévérement. nuit. L’insomnie peut être le premier signe d’une dépression.Elle se manifeste par des diffi-cultés d’endormissement, des L’insomnie peut parfois être secondaire àréveils au cours de la nuit avec différentes maladies telles que le refluxdifficultés pour se rendormir, gastro-œsophagien, la dépression, l’asth-un réveil trop précoce le matin me nocturne, des douleurs, les troubleset/ou une sensation de sommeil prostatiques ou endocriniens.non récupérateur survenant aumoins trois fois par semaine L’insomnie peut être liée à l’environnementdepuis au moins un mois. de vie (bruit, température, rythme de vieElle s’accompagne toujours de défavorable, abus d’alcool ou de médica-conséquences dans la journée : ments).fatigue, difficultés de concen-tration ou d’attention, irritabilité, L’insomnie psychophysiologique pour la-altération de la qualité de vie. quelle on ne retrouve pas de cause est fré- quente. Elle apparaît généralement après une pé- riode d’insomnie dont la cause est connue. Alors que la cause a disparu, l’insomnie persiste par un mécanisme de condition- nement qui s’auto-entretient essentielle- ment par la peur de ne pas dormir. Elle évo- lue ensuite pour son propre compte.
  22. 22. LE SYNDROMEDES JAMBES SANS REPOSLe mécanisme de cette pathologie, quitouche 5 % de la population adulte, n’estpas connu. Cependant il semble qu’uneactivité insuffisante de certains neurones,une carence en fer, une insuffisance rénaleou encore un diabète peuvent en être lacause.Quatre éléments définissent ce syndrome :Les impatiences : souvent difficiles à défi-nir avec parfois des sensations douloureu-ses au niveau des membres inférieurs, el-les surviennent ou s’aggravent nettementle soir ou la nuit donnant un rythme parti-culier à ce symptômeLes impatiences sont favorisées par l’im-mobilité, d’où leur exacerbation en positionallongée le soir au lit entraînant la possibleapparition d’une insomnie d’endormisse-ment.Elles sont plus ou moins soulagées par lemouvement.Dans 80% des cas, sont constatés la nuitdes mouvements involontaires périodiquesau cours du sommeil dont la personne n’apas conscience. Ils touchent surtout lesmuscles des jambes et se manifestent parune flexion du pied et des orteils. Ces mou-vements inconscients sont responsablesd’une désorganisation et d’une fragmenta-tion du sommeil qui peuvent entraîner unealtération de sa qualité. 23
  23. 23. LES APNÉES DU SOMMEILElles affectent environ 4 % des hommes et Les apnées du sommeil peuvent être déce-2 % des femmes et sont plus fréquentes lées grâce au conjoint (en raison des ron-après 50 ans (environ 10% des personnes flements par exemple).à 50 ans). Elles consistent en une obstruc- Les pathologies associées sont l’hyperten-tion du pharynx empêchant le passage de sion artérielle et les atteintes cardiovascu-l’air. Cette obstruction provoque un arrêt laires en général. Le risque d’accident vas-de la respiration qui ne peut recommen- culaire cérébral est augmenté de 2 à 3 fois.cer qu’à la faveur de micro-éveils très fré- Des enregistrements du sommeil sont àquents : plusieurs dizaines, parfois des même de confirmer le diagnostic.centaines d’apnées sont observées dansune même nuit.Les facteurs favorisant les apnées Différentes solutions existent pour lutterdu sommeil sont essentiellement le contre cette pathologie :surpoids ou une morphologie particuliè-re (menton court rejeté vers l’arrière par Le traitement de référence est la mise enexemple). L’excès d’alcool et la prise de place d’un masque nasal qui insuffle decertains médicaments peuvent également l’air dans les voies aériennes empêchantfavoriser les apnées. ainsi le ronflement et la fermeture du pha- rynx. Il s’agit d’un traitement dit en « pres- sion positive continue ou PPC ».Plusieurs symptômes peuvent caractériserles apnées du sommeil : L’amélioration des comportements alimen- taires est recommandée: en particulierDes ronflements très bruyants qui se supprimer l’alcool le soir, limiter si possi-répètent sur une partie ou toute la nuit ble certains médicaments notamment les somnifères, perdre du poids.Une impression de ne pas avoir “récupéré”pendant la nuit La mise en place d’un appareil dentaire spécifique « l’orthèse d’avancée mandibu-Souvent une somnolence dans la journée, laire » uniquement la nuit est possible pouren particulier en cas d’inactivité les cas peu sévères.Des troubles de la mémoire et de Un traitement positionnel peut être envisa-l’attention gé lorsque les apnées ne surviennent que sur le dos.Une irritabilité et une baisse de la libidoUne envie d’uriner la nuit
  24. 24. LES HYPERSOMNIESLa narcolepsie,une maladie rareElle est probablement d’origine auto-im-mune. Elle se caractérise par des endormis-sements incontrôlables, parfois dans dessituations très actives comme au travail ou L’HYPERSOMNIE IDIOPATHIQUEau cours de discussions en famille ou avecdes amis . Cette maladie est beaucoup plusPlus rarement peut survenir un relâche- rare. Elle est caractérisée par unment musculaire brusque ou cataplexie allongement pathologique duinduit par une émotion ou un fou rire, des temps de sommeil, une somno-paralysies du sommeil (la personne se lence diurne importante et unréveille et ne peut plus bouger pendant sommeil non récupérateur.quelques instants), des hallucinations (auréveil ou lors de l’endormissement) et desperturbations du sommeil nocturne.Cette maladie est attribuée à la perturba- Les hypersomnies peuvent êtretion de sécrétion d’un neurotransmetteur: d’origines psychiatriques, infec-l’hypocrétine. Elle a pour conséquence un tieuses, neurologiques ou endo-fonctionnement anormal des mécanismes criniennes.de régulation du cycle veille-sommeil. L’ori- Les solutions passent par des sti-gine de cette disparition n’est pas connue, mulants de l’éveil qui sont effica-elle pourrait être d’origine génétique ou im- ces.munologique.Sa prise en charge implique une bonnegestion du sommeil avec notamment lapratique de siestes diurnes qui sont ra-fraîchissantes. Différents traitements mé-dicamenteux permettent de stimuler lavigilance. La prise en charge de cette pa-thologie permet une nette amélioration dela qualité de vie. 25
  25. 25. SOMMEIL, VIGILANCE ETCONDUITEUne altération ou une diminution de la AU POSTE DE TRAVAILqualité et de la quantité de sommeil peu-vent entraîner une baisse de vigilance.Ceci explique l’augmentation de compor- Certaines fonctions ou conditions de tra-tements dangereux, en particulier au vo- vail au sein de l’entreprise favorisent lalant et dans certaines circonstances de somnolence diurne. La baisse du niveautravail. de vigilance modifie la perception, l’ap- préciation de la gravité d’une information pertinente avec pour conséquence une AU VOLANT prise de décision erronée, inadaptée ou trop tardive. L’impact est surtout sensible pour les conducteurs de poids lourds et lesLa somnolence est un facteur de risque utilisateurs de machines-outils pour qui lamajeur d’accidents de la route. Elle est en conséquence est immédiate (accident). Ilcause dans 20 à 30 % des accidents selon peut également générer des erreurs gravesle trajet. dans le cas de fonctions plus sédentaires.Sur autoroute, c’est la première cause Les répercussions sont alors moins immé-d’accidents mortels (30% des accidents) diates mais plus insidieuses, favorisant ledevant l’alcool et la vitesse. développement du stress.Elle entraîne un ralentissement du temps On connait également des grandes catas-de réaction, une modification du champ trophes industrielles qui sont survenues lavisuel ou des troubles du jugement avec nuit par manque de vigilance.pour conséquence la prise de risques in-considérés.La privation de sommeil, l’alcool, les mala-dies du sommeil, les médicaments du sys-tème nerveux central, la durée de conduiteaugmentée, en particulier chez les profes-sionnels de la route, sont des causes clai-rement identifiées d’accident.C’est pourquoi, des initiatives de préven-tion et de sensibilisation sur les problèmesde vigilance au volant sont régulièrementmises en place. Certains médicaments sont signalés par des vignettes pour leurs conséquences possibles sur la somnolence au volant.
  26. 26. LES TROUBLESDU SOMMEIL ONTPOUR CONSÉQUENCEUN SYMPTÔMEMAJEUR PARFOISNON PERÇU :LA SOMNOLENCEDIURNE EXCESSIVE(SDE) QUI AFFECTEENVIRON 10% DELA POPULATIONGÉNÉRALE.
  27. 27. Pour ensavoir plus…www.institut-sommeil-vigilance.orgwww.sfrms.orgwww.prosom.orgwww.reseau-morphee.frPour nous écrire :Institut National du Sommeil et de la Vigilance7, rue Corneille75006 Pariscontact@insv.org

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