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  • 1. Le paysage économique du Pays Risle-Charentonne  UNE MUTATION VERS LE TERTIAIRE ENCORE EN COURS  UNE ECONOMIE PLUTOT DIVERSIFIEE ET MODEREMENT CONCENTREE  UNE TRADITION INDUSTRIELLE ANCIENNE AU CONTACT DE FILIERES DE POINTE  L’AGRICULTURE : UNE ACTIVITE QUI OCCUPE 70 % DU TERRITOIRE  UN ESPACE DE TRANSITION ENTRE OPENFIELD ET BOCAGE  UNE MODIFICATION PROFONDE DES CONDITIONS D’EXERCICE DE L’AGRICULTURE  UNE PRODUCTION AGRICOLE DE RICHESSE EN BAISSE MALGRE UNE PRODUCTIVITE EN FORTE HAUSSE  AGRICULTURE : PROBLEMATIQUES FUTURES  UNE OFFRE COMMERCIALE ET DE SERVICES PLUTOT ATTRACTIVE MAIS INEGALEMENT REPARTIE  UNE DYNAMIQUE TOURISTIQUE QUI CHERCHE SA BONNE ECHELLE  UNE OFFRE D’ACTIVITE A DEVELOPPER ET A STRUCTURER  CONCLUSION : UNE SITUATION DE TRANSITION QUI NECESSITE DES OUTILS DE DEVELOPPEMENT  INDICATEURS Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 86
  • 2. La Loi n°2 0 08- 77 6 d u 4 ao ût 2 0 08 Le paysage économique du Pays Risle-Charentonne de mo der ni sati on de l’é co nomie a pr ofo ndéme nt mo difié le se ns et la po rtée des doc ume nts d’urb anisme et notamme nt des S C OT vis-à- vis de Ce volet prolong e l’an alys e du ni ve au d’ ac tivit é du Pa ys , en se pe nch ant à l a fois sur l es l’urba ni sme c omme rcial. filières é conomi qu es et le ur lo cali satio n au sein du Pays . Un e att ention im porta nte e st fourni e sur l es fili ère s i ndustri ell es, q ui bé néfi cien t d’ une longu e Outre la modifi cat ion d es s euils de tradi tion da ns l e Pa ys , e t dont l e r ec ul en t erm es d ’e mploi c ara ctéris e l a d ernièr e pério d e : l es surfac es co mm erci ales so umis es à condi tions d u main tien de pôl es in dustri els forts da n s un contex te d e con curr enc e re dou blé e, autoris ation ( désor mais 1 000 M2), l a Loi non seul em ent à l’ éc hell e int erna tiona le , mai s en core e t plu s sp écifi qu em ent à l’ éch ell e a d ét ermin é que les S COT, qui régional e (not amm ent vi a l ’ém ergen ce du pol e d’Evr e ux) de vie nne nt les doc um ents- ca dre s en mati ère d ’ur ba nism e com mer cial , ne Ensuit e, un cha pitr e sp éci al trai te d e l’ agric ultur e, e n sa dou ble quali té d’ acti vit é é conomi qu e peu ve nt é dict er d es règle s de du t erritoire , m algré , là aussi , un r e cul d e l ’em p loi et d u nom bre d es ex ploit ations , et program matio n à cont enu é conomi qu e, d’ac tivit é o ccu p ant 70 % de l a surf ac e du Pa ys . Du point d e v ue d’ un SCOT , ins trum ent mais p eu ven t dé termi ner d es règl es «en d’ur b anism e et d’ am énag em ent , ces d eux co mpos ant es de l ’a cti vit é agri cole sont mati ère d’am énag em ent du territoir e, de import ant es, po ur dét ermin er qu elles sont le s m e sures con coura nt à l a prés erv ation d es dé velo p pem ent dur abl e et d e prote ction exploi tatio ns, d es surfa ces e t, en co nsé qu en ce , à l’ entre tie n, voire à la s auv egar de des des conso mm ate urs» au tr av ers des pa ysag es . critèr es suiv ant s : Les ac tivit és com mer cial es so nt ana lys ées , no n s eul eme nt so us l ’angl e de le ur co ntrib ution à •Pour l ’amé nag em ent d u t erritoir e : la v ale ur ajo uté e glo bal e du P ays , m ais en core en fo nction d e la sp é cificit é du SCOT , qui s ert • L’a nim ation de l a vi e ur bain e et de c adr e aux do cu men ts de p lanifi ca tion et d e r éflexion pro pre me nt d’ am én age men t rurale ; comm erci al, puis qu e les sch ém as d ’a mén ag eme n t comm erci aux , qui ont rem pl ac é les sch éma s d e d év elop pe me nt com mer cia ux, doiv ent êt re com pa tibl es a ve c le SCOT ( cf. e nc adr é • Les fl ux d e trans ports ; ci-con tre , sur l es mo dific atio ns a p porté es par l a loi de mod ernis ation d e l’ é conomi e d u • L’eff et des pro cé dur es d e t yp e 4/08/08) . OPA H et e nqu êt es pu bli qu es ZA C/DU P. Enfin, l e touris me est abor d é, comm e un pot enti el de dé velo p pe men t pour l ’ens em ble du Pa ys, da ns le res p ect de s es c ara ctéri sti ques propr es (tourism e d e na ture) , m ais ég ale men t •Pour l e d év elop p em ent dur a ble : dan s l a pers pe cti ve d e r enforc em ent d e l ’a ttra cti vit é du Pays , s ans dou te né ce ssair e pour l’en sem bl e de s es fili ère s écono miq ues e t pour son équili bre à long ter me . • Qualit é enviro nne me ntal e ; • Inser tion dans les r és eau x de trans ports coll ect ifs. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 87
  • 3. Le paysage économique du Pays Risle-Charentonne  UNE MUTATION VERS LE TERTIAIRE ENCORE EN COURS L’évolution de la structure des emplois depuis 1990 a poussé à la réduction de la part des secteurs agricoles et industriels, et à la progression du BTP, du commerce et des services. Il résulte de cette situation que le Pays Risle-Charentonne est devenu un territoire largement tertiaire, bien que la dynamique de développement des activités de services ait été, ainsi qu’on l’a vu plus haut, moins affirmée que dans le reste de la région. Le territoire du Scot demeure plus agricole et plus industriel que les moyennes du département de l’Eure ou de la Haute-Normandie, mais la majorité de ses emplois se situe désormais dans le secteur tertiaire. Les plus fortes concentrations d’emplois industriels se trouvent principalement autour des pôles urbains de la moitié nord du territoire (vallée de la Risle de Brionne à Beaumont-Le-Roger, environs de Bernay, Thiberville), ainsi, au sud, qu’autour de Rugles. Le territoire est devenu moins industriel qu’avant, bien que ce secteur représente encore, en 2005, plus de 27% de l’emploi total, contre 25% pour le département de l’Eure, 21% pour la Haute-Normandie et un peu plus de 16% pour la France entière. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 88
  • 4. De manière symétrique, les emplois agricoles se trouvent le plus concentrés dans la moitié sud du territoire, particulièrement dans les cantons de Broglie et de Beaumesnil, et dans la frange ouest du canton de Rugles. Le caractère agricole du territoire s’est atténué, bien que ce secteur regroupe encore, en 2005, 6,5% de l’emploi total, contre 3,5% pour le département de l’Eure, 2,6% pour la Haute-Normandie et 3,5% pour la France entière. En revanche, même prédominant avec 58% de l’emploi total, le tertiaire reste moins important que dans le département de l’Eure où il en représente près de 65%, aussi bien que dans la région où il regroupe 69,6% des emplois ou qu’en France, où ce pourcentage atteint 74%. L’essentiel de la différence, au sein du tertiaire, porte sur les services (en 2005, les services représentent 46 % des emplois dans le Pays Risle-Charentonne, contre 53 % dans le département, 57 % dans la région et 60 % dans la France entière). Le poids du commerce au sein du territoire, en revanche, est plus proche de ce qu’il représente ailleurs (en 2005, le commerce représente 11,8% des emplois dans le Pays Risle-Charentonne, contre 12,1 % dans le département, 12,6 % dans la région et 13,7 % dans la France entière). Cette différence dans la structure sectorielle des emplois s’accompagne d’un décalage dans le statut de ceux-ci, entre salariés et non salariés. Même si la portée de cette observation doit être nuancée, s’agissant d’une zone rurale, la pa rt des s alariés da ns le Pa ys Ri sle- Chare nto nne e st inf érie ure à ce qu’el le est part o ut ailleur s (environ 13 % de non salariés en 2005 dans le Pays, contre 9 % dans le département de l’Eure et dans la France entière, et un peu plus de 7 % en Haute-Normandie). Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 89
  • 5. De fait, la tertiarisation, au-delà d’un glissement sectoriel des activités, exprime également une évolution globale du système de production, qui tend à passer d’un monde de métiers traditionnels non- salariés à un monde salarié du commerce et des bureaux. Cette réalité est illustrée par le développement de l’emploi salarié total du territoire, qui a augmenté ses effectifs de plus de 9% de 1990 à 2005, l’emploi non salarié ayant réduit les siens de plus de 32% au cours de la même période. La régression de l’emploi non salarié a, bien sûr, intensément concerné l’agriculture. Mais elle s’est manifestée dans l’ensemble des secteurs d’emploi, notamment le BTP, le commerce ou les services marchands, où le développement de l’activité s’est surtout fait sur une base salariée et dans le cadre d’unités de production plus importantes que le petit commerce traditionnel ou que l’entreprise artisanale familiale. L’emploi non salarié, qui représente encore 13% de l’emploi total, en 2005 (contre 19% en 1990), soit 2 900 personnes environ (contre environ 4 300 en 1990), est d’abord un emploi de caractère agricole (plus du tiers des emplois non salariés), puis de services marchands (un peu moins de 30% du total), puis du commerce (environ 17% du total) et du BTP (environ 12% du total). C’est une forme d’emploi dominante dans l’agriculture (environ 2/3 des emplois du secteur), et elle représente moins de 20% des emplois dans tous les autres secteurs. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 90
  • 6. Il n’est pas surprenant, dans ces conditions, que la distribution des emplois salariés et non salariés sur le territoire du Pays Risle-Charentonne soit fortement corrélée avec l’importance du secteur agricole. Les densités les plus fortes d’emploi non salarié s’observent dans la partie sud du territoire (cantons de Broglie et de Beaumesnil, ouest du canton de Rugles et extrême-sud du canton de Thiberville). L’emploi salarié, pour sa part, est le plus fortement présent autour des pôles urbains de la moitié nord du territoire (vallée de la Risle de Brionne à Beaumont-Le-Roger, environs de Bernay, Thiberville), ainsi, au sud, qu’autour de Rugles. On notera à cet égard la présence d’emplois salariés en plus grande proportion au pourtour des petits pôles d’emploi de Montreuil-l’Argillé et de La Barre-en-Ouche. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 91
  • 7. Des différences nettes entre le territoire du Scot et la région existent également dans la structure des emplois, considérées en termes de catégories socio- professionnelles. Dans le Pays Risle-Charentonne, on note une sur- représentation des ouvriers, des artisans, des commerçants et des agriculteurs-exploitants. A l’inverse, on note une sous-représentation des employés, des cadres et professions intellectuelles et des professions intermédiaires. Leur moindre présence montre que le tissu économique est encore davantage que dans le reste de la région composé de fonctions productives directes (usines et fonctions de fabrication), avec une présence faible des fonctions de services internes ou externes aux entreprises (marketing, comptabilité, commercial, direction), l’importance des artisans étant due à l’économie résidentielle Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 92
  • 8.  UNE ECONOMIE PLUTOT DIVERSIFIEE ET MODEREMENT CONCENTREE La hiérarchie des activités dominantes sur le territoire du SCOT reflète fidèlement les grands équilibres sectoriels évoqués plus haut. Les 12 premiers secteurs d’emploi salarié au sein de la ZE de Bernay en 2003 représentent ensemble 71,5 % de l’emploi salarié, pour 70,1 % à l’échelle régionale. Les acti vités de ser vice s l’em po rte nt la rgem e nt, da ns ce classeme nt de tête : elles totalisent à elles seules plus de 44 % du total des emplois salariés, dont 24 % pour les services non marchands et 17 % pour les services marchands, ces derniers étant représentés au titre du commerce de détail pour 6,8%, des services opérationnels (aux entreprises) pour 6,1 % et des services personnels et domestiques (aux particuliers) pour 4,5 %. Le BTP figure parmi les principaux secteurs employeurs salariés de la ZE de Bernay pour 6,7 % du total des emplois salariés. L’industrie est représentée à hauteur de 20,6 % des emplois salariés, au travers de 5 secteurs groupant plus des trois-quarts des emplois salariés de l’industrie de la ZE de Bernay, et exprimant à ce titre une certaine spécialisation du territoire : chimie / caoutchouc / matières plastiques, équipements mécaniques, pharmacie/parfumerie, métallurgie, et composants électriques et électroniques. Il faut relever que le périmètre de la ZE de Bernay ne tient pas compte du p ôle métal lur giq ue de R ugles (rattaché à la ZE de Verneuil), dont la prise en considération accentue encore le poids de la métallurgie dans le profil des spécialités industrielles du territoire du Pays Risle-Charentonne. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 93
  • 9. En termes de comparaison avec les territoires environnants, la ZE de Bernay présente quelques spécificités dans le domaine des services : l’empl oi sala rié dans les se rvices pe rs o nnels et do mestiq ue s e st p rop orti o nne lleme nt sur- rep ré senté pa r rap po rt à la régi o n de Ha ute- No rma nd ie et au département de l’Eure, eux-mêmes légèrement au-dessus de la moyenne nationale sur ce segment précis des services aux particuliers (la région de Haute-Normandie est toutefois médiocrement placée dans le domaine des services aux particuliers pris dans leur ensemble). L’éducation est également sur-représentée par rapport aux autres territoires, quel que soit le niveau d’analyse. L’action sociale et la santé, comme le commerce de détail, sont globalement au niveau régional, un peu en retrait sur la moyenne nationale, mais au-dessus de la moyenne du département ; à l’inverse, l’emploi salarié dans l’administration publique est nettement moins représenté qu’aux échelles départementale et régionale, elles-mêmes caractérisées par des moyennes plus basses que sur la France entière. Enfin, la ZE de Bernay se distingue par un niveau d’emploi salarié dans les services opérationnels aux entreprises plus faible qu’aux niveaux départemental et régional, où ce secteur constitue plutôt un point fort au regard des chiffres nationaux. Dans le BTP, l’emploi salarié dans la ZE de Bernay est proportionnellement plus important que la moyenne des autres périmètres d’analyse (département, région et France entière). Dans l’industrie, trois des cinq secteurs dans lesquels la ZE de Bernay manifeste une certaine « spécialisation » se présentent également comme assez « spécifiques » de ce territoire : la ZE de Bernay présente un profil nettement plus développé que ceux du département de l’Eure ou de la région de Haute- Normandie dans les secteurs de la pharmacie-parfumerie, des équipements mécaniques, et de la chimie-caoutchouc-matières plastiques. Ce point est d’autant plus notable que le secteur de la chimie/caoutchouc/matières plastiques constitue l’une des spécificités de la Haute-Normandie et du département de l’Eure, de même que la pharmacie-parfumerie pour ce dernier. S’agissant de la métallurgie, le positionnement de la ZE de Bernay est à corriger pour le périmètre du Pays Risle-Charentonne, afin de tenir compte du pôle métallurgique de Rugles (rattaché à la ZE de Bernay), ce qui, par comparaison avec l’échelle régionale, confère au Pays une certaine spécificité dans ce secteur, l’un des points forts du département de l’Eure. Enfin, de la même façon, s’agissant des composants électriques et électroniques, la ZE de Bernay présente une certaine spécificité, par comparaison avec l’échelle régionale, dans ce secteur qui constitue également l’un des points forts du département de l’Eure. L’industrie au sein du Pays Risle-Charentonne est essentiellement polarisée sur les biens d’équipement et sur les biens intermédiaires. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 94
  • 10. Pris dans son ensemble, le système productif de la ZE de Bernay se présente comme plus spécialisé (¹) et comme plus spécifique (¹) que d’autres ZE du département ou de la région (voir indices de spécialisation et de spécificité des zones d’emploi de Haute-Normandie ci-dessous). Mais il est logique que des secteurs ruraux aient des profils plus spécialisés que des zones couvertes par de grandes agglomérations, au sein d’une région aux activités plutôt diversifiées. De fait, comparée aux autres zones rurales de Haute-Normandie (Verneuil-sur-Avre, Pays de Bray, Vallée de la Bresle, Pont- Audemer), la ZE de Bernay se présente plutôt comme plus diversifiée qu’elles. De la même façon, s’agissant de la concentration (¹), (¹) (¹) la ZE de Bernay se présente à première vue comme plutôt moins concentrée que les autres zones rurales de Haute-Normandie, au sein d’une région elle-même marquée par une concentration significative (8ème rang des régions françaises selon ce critère). Il faut toutefois noter que cette concentration a eu tendance à se renforcer depuis 1999, date à laquelle remontent les chiffres analysés dans le tableau ci- contre. En 2004, les 10 principaux établissements du secteur marchand emploient 29,4 % des salariés de la ZE (4è rang des ZE de Haute-Normandie selon ce critère). De même, pour ce qui est du périmètre du Pays Risle-Charentonne, la correction consistant à réintégrer dans l’analyse le pôle métallurgique de Rugles va dans le même sens, ce pôle industriel étant lui-même fortement concentré. ¹ L’indice de spécialisation indique si la production d’une zone est plus ou moins orientée dans quelques activités particulières. Plus le coefficient est élevé, plus une part importante de l’emploi est concentrée dans ces secteurs. L’indice de spécificité montre si une zone est spécialisée dans certaines activités, dans des proportions nettement plus fortes qu’ailleurs. Plus le coefficient est élevé, plus la zone se différencie par rapport aux termes de comparaison choisis. Les indices de concentration productive mesurent l’importance des grands établissements dans l’économie d’une zone (part des quatre ou dix plus grosses unités dans l’emploi de la zone étudiée). Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 95
  • 11. Struct ure des pôl es d’ empl oi p ar secteurs éco nomiq ue s ( 20 0 5) : Structure des pôles d'emploi par secteurs économiques Pôlesd'emploi agriculture industrie BTP commerce services services non nb. d'emplois marchands marchands (est.) Bernay 1,6% 20,1% 5,7% 15,2% 25,5% 31,9% 8 100 Serquigny 2,0% 41,2% 5,0% 10,0% 21,4% 20,4% 2 500 Brionne 2,2% 32,4% 2,5% 15,6% 22,1% 25,2% 2 200 Rugles 3,8% 48,7% 7,7% 8,4% 10,0% 21,4% 1 950 Beaumont 2,6% 43,3% 5,3% 10,1% 19,0% 19,6% 1 850 Thiberville 3,7% 25,1% 11,3% 14,9% 21,2% 23,8% 700 Broglie 5,6% 24,0% 11,1% 18,1% 15,8% 25,4% 550 Montreuil 3,7% 67,3% 4,4% 2,6% 13,7% 8,2% 500 La Barre 2,4% 9,8% 15,9% 9,3% 33,5% 29,1% 370 Beaumesnil 1,0% 22,5% 16,5% 6,9% 7,6% 45,6% 220 Composition des pôles d'emploi cartographiés : Pôles cartographiés Communes rattachées au pôle Bernay Bernay, Caorches-St Nicolas, Courbépine, Menneval, St Aubin-le-Vertueux Serquigny Carsix, Harcourt, Nassandres, Plasnes, Serquigny Brionne Commune de Brionne Rugles Ambenay, Bois-Arnault, La Neuve-Lyre, La Vieille-Lyre, Neaufles-Auvergny, Rugles Beaumont Beaumont-le-Roger, Beaumontel, Ecardenville Thiberville Drucourt, Thiberville 8 000 emplois Broglie Broglie, Grand-Camp agriculture Montreuil l’Argillé industrie Commune de Montreuil-l’Argillé 2 000 emplois BTP La Barre-en-Ouche Commune de La Barre-en-Ouche 500 emplois commerce services marchands Beaumesnil Commune de Beaumesnil services non marchands 200 emplois Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 96
  • 12. L’analyse de la répartition géographique des emplois du Pays Risle-Charentonne permet de proposer une segmentation du territoire en différents pôles d’emploi plus ou moins importants, au nombre de huit, dont la définition est donnée plus haut, et dont la sommation regroupe environ 85% des emplois du territoire (Bernay, Serquigny, Brionne, Rugles, Beaumont-le-Roger, Thiberville, Broglie, Montreuil-l’Argilé, La Barre-en-Ouche, et Beaumesnil). Parmi les pôles les plus importants, deux se distinguent par une proportion d’emplois du tertiaire (services marchands, services non marchands et commerce) supérieure à 60 % : il s’agit de Bernay et de Brionne, qui confirment leurs rôles respectifs de pôle principal et de pôle secondaire du Pays Risle-Charentonne. Parmi les pôles plus petits, trois cas méritent d’être mentionnés : il s’agit de ceux de Thiberville, de Broglie et de La Barre-en-Ouche, qui cumulent chacun un nombre d’emplois de services supérieur à 40 % du total des emplois, avec toutefois, pour Broglie, une proportion relativement faible d’emplois de services marchands. Le rôle structurant du tout petit pôle de La Barre-en-Ouche sur son environnement ressort clairement de cette analyse des emplois (le cas particulier de Beaumesnil, avec plus de 50 % d’emplois de services non marchands est dû à la présence d’un institut médicalisé pour personnes dépendantes sur son territoire). Les principa ux établissements emplo yeurs du Pays Risle-C harento nne (2 005) Eta bliss em ent Sit e effec tif est. acti vit é NE S 36 NE S 16 Géné rale Sucriè re Nassandres 280 raffinage sucre + condition. + services centraux IAA IAA Georgia Paci fic Brionne 180 papier et ouates sanitaires bois et papier Biens intermédiaires Tramico Brionne 320 mousse de polyuréthane Chimie, caoutchouc, plastiques Biens intermédiaires Arkema (fab) Serquigny 635 fab polymères techniques Rislan et Pebax Chimie, caoutchouc, plastiques Biens intermédiaires Novelis Rugles 250 tréfilerie aluminium métallurgie Biens intermédiaires Cezus Rugles 150 fab produits plats et revêtements en zirconium métallurgie Biens intermédiaires Schneider Beaumont 430 fabrication d'automatismes industriels composants électri. et électroni. Biens intermédiaires Zalkin Montreuil l'Argillé 300 fab machines capsuler pour pharmacie équipements mécaniques Biens d'équipement Eclair Pry m Menneval 100 fabrication de fermetures éclair équipements du foyer Biens de consommation YSL Bernay 220 conditionnement à façon pharmacie, parfumerie et entretien Biens de consommation Aerochi m Bernay 150 conditionnement à façon pharmacie, parfumerie et entretien Biens de consommation Arkema (R/D) Serquigny 290 R/D polymères de performance recherche et développement recherche et développement RSN Carsix 250 nettoyage industriel Services opérationnels Services aux entreprises Leclerc ( hyper) Menneval 220 hypermarché commerce de détail commerce Hôpital de Bernay Bernay 580 hôpital de proximité Santé et action sociale Education, santé, action sociale Ville de Berna y Bernay 230 commune administration publique administration Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 97
  • 13. Les pôles de Serquigny, de Beaumont-le-Roger, et de Rugles se présentent comme les principaux pôles à dominante industrielle du territoire, avec des proportions d’emplois industriels supérieures à 40 %, de même que le tout petit pôle de Montreuil-l’Argillé. Ces pôles industriels présentent parfois des personnalités assez différenciées : le pôle de Serquigny est marqué par les biens intermédiaires avec le pôle chimique d’Arkema, dont une importante unité de recherche et développement. C’est aussi l’un des rares pôles du territoire conservant une activité agro-alimentaire, avec la Générale sucrière, dont une composante administrative importante (services centraux du Groupe). Un ensemble de plus petites entreprises opèrent dans le secteur des biens d’équipement (équipements mécaniques, équipements électriques et électroniques) ; le pôle de Beaumont-le-Roger est caractérisé par l’importance des biens intermédiaires, avec les activités de Schneider dans les composants électriques et électroniques, et celles d’un ensemble de plus petites entreprises opérant dans le secteur de la métallurgie ; le pôle de Rugles est également marqué par l’importance des biens intermédiaires, avec les activités métallurgiques de Novelis Foil, de Cezus, mais également de plus petites unités opérant dans la tréfilerie. le petit pôle de Montreuil-l’Argillé est caractérisé par les équipements Les entreprises artisanales au 1er janvier 2005 mécaniques, avec André Zalkin. Bernay Haute-Normandie Nombre Effectif Nombre Effectif d'entreprises salarié d'entreprises salarié Par ailleurs, les pôles de Bernay et de Brionne, bien que présentant un profil en Alimentation 109 242 2 786 8 874 proportion moins industriel que les quatre précédents, offrent, compte tenu de leur taille Travail des métaux 57 576 1 251 6 516 totale, un nombre conséquent d’emplois industriels (c’est le pôle de Bernay qui, en Textile, valeur absolue, totalise le plus d’emplois industriels sur le territoire) : 8 16 162 242 habillement, cuir Bois et les emplois industriels à Bernay sont marqués par la présence d’une part ameublement 38 68 596 1 185 significative d’entreprises du secteur des biens de consommation, dont la Autres fabrications 41 147 1 125 5 491 pharmacie-parfumerie (Yves Saint Laurent, Aerochim, Ulrich de Varens,…), Bâtiment 423 965 7 396 19 506 l’édition-imprimerie et les équipements du foyer (Eclair-Prym) ; Transports, Brionne est, comme les autres pôles industriels du territoire, marqué par une réparations forte présence des biens intermédiaires, avec la chimie-caoutchouc- et autres services 245 666 6 302 15 790 plastiques (Tramico, Compin), le bois-papier (Georgia Pacific) et la métallurgie Autres activités 12 9 419 690 (Ugitech, Sim). Ensemble 933 2 689 20 037 58 294 Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 98
  • 14. RSN Georgia Pacific Ville de Bernay Tramico Hôpital de Bernay Générale Sucrière YSL Arkema (fab) Aerochim Arkema (R/D) Eclair Prym Leclerc (hyper) Schneider Cezus Zalkin Novelis Localisation des plus grands établissements employeurs du Pays de Risle Charentonne (2005) Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 99
  • 15. De manière cohérente avec la concentration modérée constatée dans les activités économiques du Pays Risle-Charentonne, le périmètre du SCOT se caractérise par une faible densité de grands établissements. De fait, la plupart des grands établissements de la région de Haute-Normandie sont installés le long de l’axe de la vallée de la Seine, et la part qu’ils prennent constitue une caractéristique de l’économie régionale : ils contribuent pour 14 % à l’emploi salarié de la région, contre 10,5 % à l’échelle nationale, et le tiers des emplois industriels est regroupé dans des entités d’au moins 500 salariés, contre 25 % en France. Le plus petit d’entre eux est Arkema à Serquigny. Ces entités sont souvent à l’origine d’un réseau dense de sous-traitance, mais elles sont souvent plus dépendantes de l’extérieur que les unités de moins de 500 salariés, et elles relèvent la plupart du temps de groupes. A cet égard, la Haute-Normandie détient le taux de dépendance le plus élevé des régions françaises : 54 % des emplois salariés y sont contrôlés par des sièges extérieurs à la région. Si l’impact de ces grands établissements sur l’emploi régional paraît relativement neutre sur le long-terme, une modification affectant l’un d’entre eux peut avoir immédiatement des conséquences très importantes sur l’emploi de façon très concentrée et localisée. En revanche, l’appartenance à un groupe facilite l’accès aux capitaux ainsi que la capacité à conduire des efforts prolongés de recherche et développement. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 100
  • 16. Au-delà de la seule présence d’établissements de groupes extérieurs sur le territoire même du Pays Risle-Charentonne, la dépendance de l’emploi local aux groupes extérieurs est aussi fonction de la densité de personnes résidant dans le Pays et travaillant dans des emplois de zones voisines qui dépendent d’établissements appartenant à des groupes extérieurs. De ce point de vue, le Pays Risle-Charentonne se présente comme assez dépendant. A l’autre extrémité du spectre de la typologie des entreprises, le taux d’entreprises créées ou reprises en Haute-Normandie représente 10,5% du parc des entreprises. Ce taux de création, qui exprime le renouvellement du tissu d’entreprises, est inférieur à la moyenne nationale (11,6%). De 1995 à 2005, plus des trois quarts des entreprises créées en Haute-Normandie l’ont été dans le secteur tertiaire, dont 31 % dans le commerce, 27 % dans les services aux particuliers, 20 % dans les services aux entreprises, 14 % dans le BTP, et seulement 9% dans l’industrie. La part des créations ex-nihilo a représenté près des 2/3 des créations (71 % au niveau national), et les reprises se concentrent dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration, du commerce de détail, de l’agro-alimentaire et du BTP. Le nombre de salariés par entreprise créée diminue régulièrement (comme au plan national). : le ratio est de 0,5 salarié par entreprise créée en 2005 (ratio de 1 en 1995), et une part de plus en plus importante d’entreprises nouvelles n’emploie aucun salarié à sa création (80% d’entre elles). Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 101
  • 17. Dans la ZE de Bernay, le taux de création d’entreprises est proche de la moyenne régionale, et plutôt supérieur aux autres zones rurales ou aux zones du littoral. On peut également observer que le taux de création d’entreprises industrielles est plutôt supérieur à la moyenne régionale correspondante, ce qui exprime une capacité de renouvellement plus rapide du tissu local. Taux annuel moyen de création d'établissements de 1998 à 2002 Taux de création pure Taux de reprise Taux global (créat. + repr.) Bernay HN Bernay HN Bernay HN France Industrie 5,1% 4,8% 4,0% 3,6% 9,1% 8,4% BTP 7,1% 8,6% 1,3% 1,5% 8,4% 10,1% Commerce 7,0% 7,3% 4,1% 4,4% 11,1% 11,7% Services 6,3% 6,9% 3,7% 3,5% 10,0% 10,4% Ensemble 6,4% 7,0% 3,5% 3,5% 9,9% 10,5% 11,6% Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 102
  • 18. Placé en périphérie de grandes agglomérations et de zones marquées par une activité intense (l’agglomération parisienne, la vallée de la Basse-Seine, la côte du Calvados), le Pays Risle-Charentonne est également dépendant de la qualité des infrastructures qui le relient à ces zones pour ce qui est du dynamisme de son économie sur le long-terme. Ces infrastructures ont évolué de manière rapide au cours des dernières années, et il convient de souligner les enjeux associés à certaines de ces évolutions : l’obtention d’une bonne qualité de liaisons routières avec Paris reste en partie subordonnée à la poursuite du contournement d’Evreux, qui, depuis Bernay, continue à jouer un rôle de verrou pour atteindre l’agglomération parisienne ; de même, le contournement de Rouen par l’A 28 constitue une condition majeure pour rendre cette autoroute pleinement opérationnelle ; l’exploitation des opportunités éventuelles en provenance de la vallée de la Basse-Seine, en liaison avec la DTA de l’estuaire de la Seine et le projet Port 2000, suppose l’amélioration des liaisons avec Le Havre, via l’axe routier Beuzeville-Pont-Audemer-Brionne ; les perspectives de développement d’activités faisant appel à des emplois métropolitains supérieurs (EMS) (dont commercial, marketing, recherche et développement, systèmes d’information, gestion) sont, en partie, liées à l’amélioration des liaisons avec les aéroports parisiens, notamment celui de Roissy ; le développement des fonctions supérieures au sein des entreprises du territoire est également en partie dépendant de la qualité des liaisons haut- débit sur le territoire (le Conseil Général de l’Eure mène à cet égard une politique de couverture totale du département). Au-delà des entreprises disposant d’une structure sur le territoire, il faut noter que la proximité de Paris et les atouts résidentiels du Pays Risle- Charentonne peuvent être de nature à accroître les enjeux liés au télétravail, pour des salariés ou pour des employeurs indépendants opérant sur des créneaux où ils ne jugent pas nécessaires de s’installer au contact immédiat des centres de décision parisiens ; le positionnement du pôle d’emploi de Rugles pose une question particulière, du fait de son éloignement de l’A 28, et de l’ouverture plus naturelle de cette partie du territoire sur les flux liés à la N 12 ; le développement de la partie sud du territoire (pôle de Rugles excepté) pose la question de son désenclavement routier. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 103
  • 19.  UNE TRADITION INDUSTRIELLE ANCIENNE AU CONTACT DE FILIERES DE POINTE Le Pays Risle-Charentonne est un territoire marqué par une tradition industrielle désormais relativement ancienne, qui remonte à la deuxième révolution industrielle, au cours de la seconde moitié du XIXème. siècle. La vallée de la Risle a été un axe privilégié de cette pénétration industrielle, depuis Pont-Audemer jusqu’à L’Aigle, et l’arrivée du chemin de fer en a été un facteur accélérateur puissant. Ce point mérite d’être souligné, car en dépit de son caractère rural, le Pays Risle-Charentonne est profondément marqué par une culture productive de nature industrielle, qui le place parmi les bassins de main-d’œuvre disposant d’atouts pour accueillir de nouvelles activités productives. La phase la plus récente de cette histoire est toutefois marquée par la décrue importante de l’emploi industriel sur le territoire du SCOT au cours des 30 dernières années, dans la logique des mutations économiques profondes à l’œuvre dans les économies développées. Cette évolution s’est notamment traduite par une série d’accidents importants sur l’emploi, qui ont marqué les esprits et qui n’ont pratiquement épargné aucune partie du territoire. Ces accidents locaux peuvent être de nature très variée : fermetures d’entreprises par suite de difficultés économiques, réductions drastiques d’effectifs d’entreprises encore présentes sur le territoire, délocalisations proches ou lointaines pour des motifs de rationalisation industrielle,… Ces accidents ont pu affecter des entreprises installées sur le territoire aussi bien que de gros employeurs de résidents du territoire localisés sur des zones d’emploi voisines. On peut, à titre d’illustration, citer pêle-mêle et sans prétendre à l’exhaustivité Télémécanique à Thiberville, la Générale Sucrière à Nassandres, Prestil (devenu Eclair-Prym), Rohmer, Robert et Carrière, Sopra, le pôle de tréfilerie de Rugles, Philips à Evreux, … Ai nsi q u’o n l’a vu p lus ha ut, la ré d uctio n des e ff ectifs em plo yé s da ns l’i nd ust rie a été sévère, notamme nt dep ui s 19 90. Sa ns q ue le Pa ys R isle- C har ent o nne p uis se êtr e consi déré c omme un « ter rito ire si nist ré » d u poi nt de vue ind ust riel, ai ns i q ue cela a pu se p r od ui re da ns certai ne s régi o ns, c’est un territ oir e q ui n’e st pas com plèteme nt pa rve nu à comp ense r la remis e e n ca use d’ une partie de so n éc onomie ma nufa cturiè re traditi o nnelle pa r le dé vel op peme nt des s ervice s, not amment de nat ure i nd ustrie lle (q ue ce soit pa r le déve lo ppeme nt des f o nctio ns terti aires a u sei n de s entre pr ise s industri elles d u territoi re o u pa r l’externa lisati o n des emplo is d e se rvices a ux e ntre pri ses ). Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 104
  • 20. Nota : le graphe ci-dessus porte exclusivement sur la ZE de Bernay, et ne tient donc pas compte du pôle d'emplois industriels de Rugles, fortement spécialisé autour de la métallurgie (plus de 700 emplois au total), et qui tend à se maintenir au cours des dernières années. Effectifs des établissements des entreprises industrielles de plus de 20 salariés (ZE de Bernay) 1999 2004 Evolution Bernay Evolution Eure Evolution HN Total des effectifs (source : SESSI Régions) 4 224 4 369 3,4% -6,5% -6,3% Dont établissements > 250 salariés (GEI) 2 335 2 280 -2,4% -11,8% -6,5% Dont établissements < 250 salariés (PMEI) 1 889 2 089 10,6% -1,5% -6,0% La période la plus récente a connu une inflexion de la tendance à la régression de l’emploi industriel sur le territoire. La ZE de Bernay se distingue, de ce point de vue, des territoires environnants, puisque dans la période comprise entre 1999 et 2004, coïncidant plutôt avec un climat de reprise économique générale, le total des effectifs a eu tendance à augmenter légèrement, tiré par la croissance des plus petits établissements. Dans la même période, le recul des effectifs a Evolution sectorielle 1993-2004 été général à l’échelle de la région ainsi qu’à celle du département. 40,00% Au plan sectoriel, sur la période 1993-2004, les secteurs dans lesquels la spécialisation du F4 territoire est la plus forte et qui emploient les 30,00% effectifs les plus importants, ont évolué de manière divergente. 20,00% E2 Dans la chimie-caoutchouc-plastiques et C3 dans la pharmacie-parfumerie, qui sont assez 10,00% concentrés autour de gros établissements, C4 F5 F3 les effectifs ont eu tendance à diminuer. C2 F6 B0 F2 C1 F3 Dans les composants électriques et 0,00% -100,00% -50,00% E1 0,00% 50,00% 100,00% électroniques où l’emploi est plutôt concentré et dans les équipements mécaniques où il ne -10,00% l’est pas, l’emploi a eu tendance à croître. Croissance de l'emploi 1993-2004 Dans le secteur de la métallurgie, la tendance est la même, y compris si on réintègre dans B0 - Industrie agroalimentaire C1 - Habillement, cuir C2 - Edition, imprimerie et reproduction C3 - Pharmacie, parfumerie et entretien l’analyse l’impact du pôle métallurgique de Evolutio n Rugles, très concentré. C4 - Industries des équipements du foyer E1 - Construction navale, aéronautique et ferroviaire sectori ell e E2 - Industries des équipements mécaniques F2 - Industrie textile 1993/2000 F3 - Industries du bois et du papier F4 - Chimie, caoutchouc et plastiques Enfin, l’évolution du secteur du bois-papier, F5 - Métallurgie et transformation des métaux F6 - Industries des composants électriques et électroniques recouvre le cas particulier de l’évolution des effectifs de Georgia-Pacific sur la période. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 105
  • 21. Sans revenir sur les domaines déjà relevés où la ZE de Bernay atteste d’une certaine spécialisation, l’analyse des effectifs occupés confrontée à une liste exhaustive des secteurs de l’industrie permet de mettre en lumière certaines complémentarités entre divers territoires voisins, de même que certaines absences. Dans les domaines des composants électriques et électroniques, et de la pharmacie-parfumerie, la ZE de Bernay s’appuie sur un environnement proche (départemental) porteur. Dans le cas de la chimie, c’est l’environnement régional, au sens large du terme, qui est porteur. Dans le cas des équipements mécaniques et de la métallurgie, c’est avec la ZE de Verneuil-sur-Avre que les synergies sont les plus fortes (une partie des activités de la ZE de Verneuil-sur-Avre dans ce secteur relèvent en fait du territoire du SCOT). A l’inverse, l’absence de l’industrie du territoire de trois secteurs mérite d’être relevée : le secteur de l’industrie automobile, le secteur du textile (d’où les entreprises du territoire se sont retirées), et l’industrie agro-alimentaire, dans laquelle la ZE de Bernay est très peu présente. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 106
  • 22. De fait, l’industrie du territoire du Pays Risle-Charentonne se trouve au contact de filières dynamiques présentes sur les territoires alentours, auxquelles elle s’intègre partiellement, dans un certain nombre de cas. L’évocation des filières d’excellence et des différents pôles de compétitivité des territoires environnants est intéressante à cet égard. La chimie constitue l’une des filières d’excellence de la Haute-Normandie : dans la chimie de base (chimie minérale et organique) où ses activités sont très spécifiques par rapport à l’industrie française, et dans la transformation du caoutchouc et des matières plastiques, qui emploie la moitié des effectifs régionaux dans le secteur de la chimie. Même si l’essentiel des moyens industriels du secteur de la chimie en Haute- Normandie est concentré autour de la vallée de la Seine, le Pays Risle- Charentonne est représenté dans la c hi mie orga nique par deux grands établissements Arkema (ex Atofina), à Serquigny : l’un a une activité de fabrication de polymères techniques, et l’autre, ExxonMobil Chemical France, à Notre Dame de Gravenchon, une activité de recherche et développement sur les polymères de performance. Dans le domaine de la p last ur gie , on trouve les entreprises Tramico (Brionne) et CEISA (Bernay). Par ailleurs, il existe deux démarches en cours tendant à l’émergence de pôles de compétitivité relatifs à ce secteur dans la région : au croisement de la chimie organique et de la pharmacie, un pôle de compétences est en voie d’émerger en Haute-Normandie sur la filière chimie-biologie-santé (Technopole CBS), et, partant du pôle de plasturgie d’Alençon, une vaste filière à l’échelle de l’ouest de la France est en cours d’organisation (Polymers Technologies). Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 107
  • 23. Dans le prolongement de la chimie fine, le secteur de la pharmacie-parfumerie est très fortement présent en Haute- Normandie et dans la région Centre. Ce secteur entretient, du reste, des relations étroites avec la plasturgie, autour des thématiques liées au conditionnement. Le Pays Risle-Charentonne est représenté dans ce secteur, au titre de la pa rf ume rie, par : YSL Beauté, Aerochim, Ulrich de Varens, et d’autres entreprises de conditionnement à façon. Il faut, en outre, noter que l’activité de la CEISA, à Bernay, est tournée vers le conditionnement. Il existe un pôle de compétitivité en développement autour de l’industrie de la beauté ( C osm etic Valle y) , centré autour de Chartres, et dont le territoire du Pays Risle-Charentonne est, de fait, complètement partie prenante. Le maillage des entreprises fabricantes et de leurs sous-traitants couvre, en effet, largement le département de l’Eure. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 108
  • 24. Les activités de l o gisti que constituent l’une des filières les plus spécifiques de la Haute-Normandie, dont les transports et l’emballage-conditionnement sont les composantes les plus significatives en termes d’emplois. La place de la logistique en Haute-Normandie est directement liée à la présence des activités portuaires, et son importance est amenée à évoluer, notamment sous l’influence du développement des activités d’accueil de grands porte-containers par le port du Havre (projet Port 2000). La logistique constitue la point d’appui d’un pôle de compétitivité en cours de développement (Logistique Seine-Normandie) sur les deux régions de Haute et de Basse Normandie. Les emplois liés à la logistique, bien que répartis du fait du caractère transverse de ces activités, sont très concentrés sur les agglomérations du Havre et de Rouen. Les perspectives ouvertes par la DTA de l’estuaire de la Seine en lien avec Port 2000 conduisent toutefois à s’interroger sur les effets sur l’arrière-pays du développement attendu des activités de ces deux ports, notamment du Havre, qui dispose de capacités foncières très limitées. Sans que le Pays Risle-Charentonne, du fait de son éloignement relatif, apparaisse aussi concerné, à première vue, que les pôles de Lisieux et de Pont-Audemer, la connexion avec l’A 28 peut constituer un facteur de localisation d’activités en lien avec le développement de la filière logistique. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 109
  • 25. Le Pays Risle-Charentonne se trouve placé sur les marges d’une des régions agricoles les plus prospères en France, marquée par les grandes cultures céréalières et industrielles, et où les i nd ust ries a g ro-al imentai res sont très présentes. Le territoire du SCOT est toutefois caractérisé par le fait que la plupart des débouchés industriels de son agriculture se trouvent à l’extérieur, réserve faite de l’exception constituée par la présence de la Générale sucrière à Nassandres. Une dynamique semble toutefois engagée autour de la recherche de nouveaux débouchés propres à améliorer la valeur ajoutée tirée des produits agricoles, dont des signes sont donnés par l’établissement récent, à Ecardenville-la-Campagne, d’Arvalin, pour y poursuivre des travaux de recherche et développement autour des sous- produits du lin, par le projet de création d’un pôle d’excellence rurale autour des bio-carburants (projet Novéol). Ces éléments sont à mettre en rapport avec la proximité du pôle du Neubourg, l’une des zones leader en France autour du traitement du lin, et, plus généralement, du voisinage du pôle de compétitivité en développement en Champagne-Ardenne-Picardie autour des thématiques liées à la transformation industrielle des produits agricoles (Industries et agro-ressources). Des synergies peuvent éventuellement exister, de nature à revitaliser le tissu industriel du Pays Risle-Cnarentonne autour de l’agro-alimentaire. Il convient de relever, pour mémoire, et en dépit de l’absence d’activités liées à l’industrie a uto mo bile sur le territoire du Pays Risle-Charentonne, le lancement du P ôle de c ompétiti vité M o véo dans le secteur de l’automobile et des transports collectifs, qui implique l’ouest parisien et les deux régions normandes. Enfin, il faut souligner que les activités présentes dans le Pays Risle-Charentonne liées aux éq ui peme nts mé cani que s , se développent dans le contexte d’une continuité de son territoire avec l’ouest de l’Ile-de-France et la région des Pays de la Loire, qui constituent l’un des principaux pôles industriels dans ce secteur en France après la région Rhône-Alpes. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 110
  • 26. Parmi les caractéristiques du tissu économique à prendre en compte dans le cadre d’un SCOT, figure l’existence éventuelle de contraintes liées à des risques industriels. Dans le territoire du SCOT du Pays Risle- Charentonne, les établissements facteurs de risques sont en nombre limité, surtout dans le cadre d’une région marquée par la présence intense de l’industrie pétrochimique : Le territoire du SCOT ne comprend qu’un se ul établis seme nt à ri sq ue f ort, classé Se ve so 2 se ui l haut . Il s’agit de l’activité de plasturgie de Tra mico, à Br io nne . L’ usi ne d’ Aeroc him, à Ber na y, est, par ailleurs, classée Seveso 2 seuil bas, et l’usi ne de S pr int Métal, à Bri onne est qualifiée d’établissement présentant des risques significatifs. (Ces que stions so nt e xp licit é es d ans l’Et at I nitial de l ’En vironn em ent (E IE) qui constit ue l a piè ce 1 .2. du r a pport de pr és ent ation du SCOT). Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 111
  • 27. Au total, il apparaît que les activités industrielles présentes sur le territoire du SCOT s’inscrivent pour nombre d’entre elles dans des dynamiques de filières de pointe porteuses de développement. L’une des composantes essentielles de ces dynamiques est constituée par la capacité pour les entreprises présentes sur le territoire à y conduire des efforts continus de recherche et à y disposer des fonctions stratégiques nécessaires (et disposer notamment de ressources d’encadrement par des emplois métropolitains supérieurs). A cet égard, au sein d’une région caractérisée par un effort relativement soutenu de Recherche et Développement, le Pays Risle-Charentonne n’apparaît pas comme totalement dépourvu. Il dispose du centre de recherche de taille significative d’Arkema à Serquigny, et plus récemment, du petit centre d’Arvalin à Ecardenville-la-Campagne. Le territoire a perdu, en revanche, le centre de recherche d’YSL Beauté à Bernay, depuis le désengagement du groupe Pinault en 2006. De manière plus générale, le territoire dispose de fonctions supérieures, notamment au sein des grandes entreprises qui y sont présentes. On peut citer les cas de Schneider à Beaumont-le-Roger, principalement centré sur la mise en série et le prototypage, ou encore de la Générale Sucrière à Nassandres qui héberge les fonctions centrales du Groupe. Cette évocation met en lumière l’un des paradoxes attachés à la présence de grosses entreprises sur le territoire : sans que la totalité des fonctions supérieures ou de l’effort de recherche réalisé sur le territoire soit nécessairement concentré au sein de ces grosses entreprises, elles constituent tout de même une protection réelle contre un risque éventuel de « déclassement » du territoire en termes de qualité d’emploi ; c’est en même temps un facteur de fragilité, en raison de la dépendance à l’égard de centres de décision situés à l’extérieur du territoire qui en résulte, et lorsqu’ils viennent à se réaliser, les risques sur l’emploi peuvent être de premier ordre ; Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 112
  • 28. Le Pays Risle-Charentonne étant caractérisé, comme on l’a vu, par une propension plutôt supérieure à la moyenne à renouveler son tissu industriel au travers du processus des créations ou des reprises d’entreprises, aucune politique économique ne peut se désintéresser des moyens de nature à re nf orce r la pré sence d’em plo is straté giq ues s ur le territo ire , à l’occasion de la création d’entreprises ou de l’implantation de petites unités innovantes. Trois thématiques génériques apparaissent comme essentielles pour favoriser le renforcement du tissu des emplois métropolitains supérieurs du Pays : l’offre de services aux entreprises qui viennent s’implanter sur le territoire. Il faut rappeler, à cet égard, que le territoire se caractérise par une densité des services opérationnels inférieure aux moyennes régionale et départementale, et à ce que son développement industriel conduirait à attendre ; l’offre de services aux habitants, nécessaire pour compléter l’attractivité liée au cadre de vie que peut offrir le territoire aux catégories socio- professionnelles titulaires d’emplois supérieurs ; la veille stratégique et technologique, et l’animation des réseaux de décideurs, en liaison avec le tissu des entreprises locales et les acteurs extérieurs (institutionnels, professionnels, universitaires, …) La nécessité d’adopter une posture pro-active en la matière soulève la question du portage et de l’organisation à terme de la politique économique du territoire, déclinée dans le champ de la stratégie industrielle. Cette interrogation paraît d’autant plus justifiée que rien ne permet de dire que le territoire serait désormais à l’abri de risques industriels de premier ordre, du type de ceux qui se sont déjà réalisés par le passé. La p r ude nce suggère, au contraire, de souligner que certains des pôles d’emploi majeurs du pays présentent des fragilités de nature à inquiéter. C’est particulièrement le cas pour le pôle de Brionne, mais également pour celui de Serquigny, compte tenu de leur forte dépendance respectivement à l’égard de Tramico et d’Arkema. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 113
  • 29.  L’AGRICULTURE : UNE ACTIVITE QUI OCCUPE 70 % DU TERRITOIRE… L’espace du territoire du Pays Risle-Charentonne apparaît, avant tout, comme un territoire agricole : en 2000, dernière année connue avec précision, 9 0 0 00 de s 1 30 00 0 hectares d u pér imètre, s oit 6 9,5 % 1 étaie nt utili sés par les e xpl oitati ons agri cole s. Cette proportion monte à 81 % dans le canton de Thiberville, mais descend jusqu’à 50 % pour la communauté de communes Risle-Charentonne, en raison de la surface importante des activités économiques non agricoles. Elle monte à 75 % pour la communauté de communes de Bernay et des environs, seule la commune de Bernay présentant moins de 50 % de son territoire utilisé par les exploitations agricoles. Le te rritoi re du SC OT est d onc no n se uleme nt un territoi re fo rteme nt rural , mais encore un territoire profondément agricole, ce qui se marque à la fois par la part de l’agriculture et de la forêt dans l’activité économique du Pays, mais encore par son caractère omniprésent au sein des paysages du territoire. Cette double caractéristique de l’agriculture (agent économique et « tenant » du territoire, des sols et des paysages) est à la base de son analyse dans un diagnostic de SCOT, les deux éléments étant très importants pour la compréhension du fonctionnement du territoire. La place de l’agriculture dans le paysage et, plus généralement, dans l’occupation du sol dans le territoire fait l’objet d’une analyse dans l’état initial de l’environnement du SCOT et le Harcourt : openfield , c éréal es et boisem ents , présent chapitre ne reviendra pas sur ces aspects et se concentrera sur le caractère cara ctéristiqu es du nord du territoire économique des activités agricoles. 1 Les chiffres du présent chapitre sont essentiellement issus du recensement agricole réalisé par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche (AGRESTE). Le dernier recensement agricole a eu lieu en 2000, les recensements antérieurs datant de 1988 et 1979. Les catégories du recensement agricole sont des catégories spécifiques, qu’il n‘est pas aisé de rapprocher de celles de l’INSEE, indépendamment même des dates qui ne sont pas identiques. Toutefois, pour ce qui est des surfaces et des productions agricoles, le recensement agricole reste le principal outil de connaissance, car il autorise des comparaisons valides entre périodes intercensitaires en raison du caractère homogène et suivi de sa méthodologie. Les résultats, cependant, peuvent être altérés par l’application du secret statistique dans les cas ( nombreux pour les communes rurales) où le nombre d’exploitations agricoles est faible (moins de 10) : dans ce cas, les résultats ne sont pas communiqués et l’addition de ces cases blanches peut modifier à la marge les résultats de l’ensemble du territoire. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 114
  • 30.  UN ESPACE DE TRANSITION ENTRE OPENFIELD ET BOCAGE La seconde caractéristique de l’agriculture du Pays Risle-Charentonne est sa situation Le Pays Risle- géographique et pédologique : le territo ire e st Charentonne entre marq ué pa r la tra nsiti o n ent re platea ux grande culture et bocage… du bas si n pa risie n et b oca ge, q ui reco upe largeme nt l’ opp os itio n e ntre gra nd e c ulture cé réaliè re et éle va ge. Cette transition s’illustre dans les différents « pays » (au sens ancien du terme, aujourd’hui, souvent, appelés « petites régions agricoles » dans la statistique agricole). Le périmètre du SCOT appartient à nombre d’entre eux, avec des caractéristiques très variées : en secte ur est, des plateaux céréaliers et de campagne ouverte, intégrés de plain-pied dans le bassin parisien, avec le plateau d’Evreux au sud-est, et le plateau du Neubourg à l’est, ce dernier pénétrant dans la partie est du Pays, jusqu’à la vallée de la Risle (les villes de Brionne et de Beaumont-le-Roger sont placées sur cette ligne de partage). A l’ o uest de la vallée de l a Ri sle , on trouve un secteur central, dont la partie sud (délimitée au nord par la vallée de la Charentonne) appartient au pays d’Ouche, au sol sableux et argileux, et boisé dans sa partie est. Le pays d’Ouche déborde au sud sur le Pays d’Avre, d’Eure et d’Iton. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 115
  • 31. A u nor d de ce secte ur ce nt ral et de la vallée de la C hare nt onne , on trouve le Lieuvin, qui forme la rive ouest de la Risle jusqu’à son confluent avec la Seine. Le Pays d’Ouche et le Lieuvin sont des zones à tradition bocagère et d’élevage. Enfin, e n b ordure o ue st d u Pa ys d’O uc he et d u Lie uvin, le Pays d’Auge déborde marginalement sur le Pays Risle-Charentonne (la ville de Thiberville est juste placée sur cette limite). Les régions agricoles de l’Eure Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 116
  • 32. Les orientations agricoles du Pays Risle-Charentonne peuvent donc être résumées ainsi : La part du Pays Risle-Charentonne occupant la frange ouest du platea u d u Ne ub ourg se rattache à la tradition agricole forte de ce dernier, autour d’une agriculture industrielle et à orientation céréalière. Une activité industrielle s’est historiquement développée en lien avec celle-ci : le berceau du Groupe Saint Louis se trouve à Nassandres. La partie du Pays d’Ouche comprise dans le Pays Risle-Charentonne s’est principalement tournée vers l’industrie à la fin du 19ème siècle, le long de la vallée de la Risle (depuis Pont-Audemer, Brionne, Serquigny, Beaumont, Rugles et jusqu’à Laigle). Cette zone, moins favorisée au plan agricole, est restée principalement bocagère et dédiée à l’élevage. Les parties du Lieuvin et du Pays d’Auge comprises dans le périmètre du Pays de Risle Charentonne ont principalement orienté leur agriculture vers l’élevage laitier. Cette situation est évidemment favorable à la diversité des situations agricoles dont la variété constitue une des grandes caractéristiques du Pays. L’agriculture du Pays Risle-Charentonne emprunte aussi bien à la grande culture céréalière du bassin parisien qu’à l’élevage du bocage du « grand ouest » français.  UNE MODIFICATION PROFONDE DES CONDITIONS D’EXERCICE DE L’AGRICULTURE Trois éléments doivent être retenus sur le plan économique : les s urf aces affectée s à l’ag ric ulture bai sse nt très se nsi bleme nt ent re 19 7 9 et 198 8, et surto ut entre 1 98 8 et 20 00 : le territoire du SCOT connaît une régression de la somme des surfaces agricoles utilisées (SAU1) communales disponibles de 1979 à 1888 ( - 1 121 ha), puis une nouvelle baisse de 1 400 hectares de 1988 à 2000, portant le déficit 1979/2000 – 2 521 ha., soit 3 % de la S.A.U. de 1979. Cette diminution globale, sensible dans toutes les communautés de communes (à l’exception de celles de Broglie et de Beaumont-le-Roger), s’accompagne de redistributions importantes à l’échelle de la commune : la superficie agricole de certaines communes augmente très fortement, tandis que celle d’autres localités, parfois proches, baisse de façon importante. Ces évolutions ne sont pas imputables directement à un type précis d’activité agricole, mais témoigne d’une instabilité générale dans l’utilisation des terres, liées à des modifications importantes dans les process de production et au développement d’une certaine déprise agricole. Si la proportion de terrains urbanisés a de toute évidence progressé, l’urbanisation et la pression urbaine (que ce soit pour les activités résidentielles ou les activités économiques) n’est pas le principal facteur d’évolution des surfaces agricoles, qui témoignent plus d’une réorganisation interne au monde agricole que d’une pression extérieure. 1 La Surface Agricole Utilisée ne comprend pas les sols des bâtiments agricoles et des cours, les landes non productives, les bois et forêts, les surfaces improductives. Elle comprend les grandes cultures, les surfaces toujours en herbe, les légumes frais, les fleurs, les cultures permanentes, les vergers et jardins familiaux. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 117
  • 33. La pression urbaine sur l’agriculture, qui, comme partout, existe au niveau des conflits d’usage, bien que de façon limitée dans le Pays Risle- Charentonne, reste faible dans un territoire à « tonalité » agricole forte. la st ruct ure de l’é co nomie ag ric ole a été t rès prof o ndéme nt mo difiée par la diminution du nombre des exploitations et, malgré la diminution des surfaces agricoles, par l’acc ro is seme nt importa nt de la s urfa ce mo ye nne des ex plo itations : depuis 1979, 33 % du total des exploitations et 48 % des exploitations professionnelles ont disparu à l’échelle du SCOT. Cette diminution drastique a affecté toutes les communautés de communes dans des proportions voisines, ce qui révèle le caractère général et fondamental pour l’économie agricole de cette mutation, ce que confirme l’exemple du département de l’Eure, où 32 % des exploitations professionnelles et 32 % de toutes les exploitations ont disparu pendant cette même période. Reste que le Pays Risle-Charentonne, en raison de la place importante de l’élevage dans ses productions, a été plus atteint par le mouvement de concentration des exploitations que la moyenne départementale. Dans ces conditions, la surface moyenne est passée de 30,3 ha. en 1979 à 44,4 ha. en 2000 pour l’ensemble des exploitations, chiffre qui reste cependant faible au regard des moyennes départementales (50 ha. par exploitation dans l’Eure en 2000). Tout atteste que depuis 2000, le nombre des exploitations a encore diminué : les chiffres du recensement ne sont pas disponibles après 2000, mais les valeurs départementales font montre d’un nouveau fléchissement de 24 % de toutes les exploitations et de 13 % des exploitations professionnelles de 2000 à 2005 (avec une surface moyenne qui passe de 50 à 64 ha.). les terres lab o ura ble s o nt fo rtement p r og res sé , les surfac es fo ur ra gère s et notam ment le s s urf aces to uj o ur s en he rbe (S T H) rég res sa nt co nsi dérableme nt , tout comme le cheptel qui est passé de 93 000 bovins en 1979 à 63 000 en 2000. Cette progression des terres labourables s’est opérée esentiellement au profit du blé tendre, dont les surfaces ont augmenté de 10 000 hectares. Les cultures industrielles (betteraves, lin, colza) et la pomme de terre ont également progressé. La péri ode réc ente a d o nc vu un b o ule ve rseme nt c om plet de l’agr ic ulture , dont tout indique au demeurant qu’il n’est pas achevé et que les tendances à l’oeuvre depuis les années 80 et plus encore depuis les années 90 continuent de produire des effets, à un rythme cependant plus difficile à apprécier à l’échelon local. La période a été marquée par la crise de l’EBS (« vache folle ») qui a marqué l’élevage, par la réorientation des aides européennes et par une montée des thématiques environnementales dans l’agriculture. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 118
  • 34. La quasi-totalité des conditions d’exercice a donc été modifiée, et le « bilan agricole » actuel est avant tout celui d’une profonde mutation : souvent vécue comme pénalisante pour les individus, cette évolution, sur le plan économique, doit être analysée avec les mêmes critères que les autres activités économiques pour discerner les grandes tendances susceptibles d’affecter le territoire à terme.  UNE PRODUCTION DE RICHESSE EN BAISSE MALGRE UNE PRODUCTIVITE EN FORTE HAUSSE Dans ces conditions, au plan économique, l’agriculture a connu une bais se no n né gli geab le de sa val eur ajo utée totale à l’é che lle du Pa ys, passant de 1 0 2 à 86 m illi o ns d’ Euros de 1990 à 2005. Cette évolution provient de l’évolution des prix agricoles pour une production totale potentielle en accroissement, liée à des surfaces agricoles encore très importantes, mais en fonction d’une production réelle qui, dans certains secteurs (productions animales notamment) évoluent en fonction de quotas d’origine européenne qui constituent à long terme des incertitudes qui s’ajoutent au fonctionnement quelquefois erratique des marchés. La valeur ajoutée de l’agriculture a connu une augmentation jusqu’en 1992, puis une régression importante et même un effondrement en 2000/2001, qui peut être lié aux conséquences de la première et de la seconde crise de la « vache folle » (Encéphalite Bovine Spongiforme). Le « rebond » en 2003 a été suivi d’un nouvel effondrement, encore plus net. Cette évolution à baisse doit être analysée dans le cadre de celle de la valeur ajoutée totale du Pays Risle-Charentonne, qui a beaucoup progressé pendant la période. L’agriculture est en effet passée de 13 % de la valeur ajoutée totale en 1990 à 8 % en 2005 (- 38 %). Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 119
  • 35. En termes économiques (mais pas en termes de « tenue » du paysage et du territoire qui demeure très majoritairement agricole), l’agriculture est donc devenue résiduelle dans le Pays Risle-Charentonne : elle ne représente plus que le douzième de la création de richesses du Pays. Il s’agit donc d’une activité en crise, avec une profonde contradiction entre sa place territoriale et sociale, et sa place économique. En termes d’emplois, l’agriculture représentait en 2005, 6,7 % des emplois du territoire (1 522 emplois), contre 12,1 % en 1990 : la diminution très sensible des emplois agricoles (- 44 %, surtout pour les exploitants, le nombre – faible par ailleurs – des salariés ayant même augmenté) a accompagné l’agrandissement des exploitations et c’est donc bien à cause de l’accroissement important de la productivité que l’emploi a régressé, avec une augmentation importante de la valeur ajoutée par emploi au cours de la période. En effet, la valeur ajoutée par emploi (la « productivité apparente du travail1 ») a constamment progressé, passant de 37 400 euros en 1990 à 56 700 euros en 2005. La productivité agricole est désormais extrêmement élevée, supérieure à celle de l’industrie et du tertiaire.  PROBLEMATIQUES FUTURES L’avenir de l’agriculture en Pays Risle-Charentonne, qui dépend largement, à long terme, des décisions concernant la Politique Agricole Commune (PAC), doit être posée de manière alternative : Co nce rna nt l’é vol uti o n de s s urfaces :  le mouvement de concentration ira-t-il en s’amplifiant, et jusqu’à quel niveau ? (Cette évolution est plus marquée en zone céréalière, où la notion d’économies d’échelles a plus de sens et est plus facile à mettre en œuvre que dans le cas d’exploitations laitières, ce qui entraîne le recul des exploitations laitières. Celles qui restent se concentrent, et on assiste à la disparition quasi-totale des micro-exploitations non professionnelles, autrefois très nombreuses en zone bocagère).  Ira-t-on vers des friches importantes, qui poseraient alors la question de leur entretien, alors qu’aujourd’hui la plupart des surfaces non urbanisées est entretenue par l’agriculture dans le cadre de ses activités ? (actuellement, on note une tendance à la déprise agricole dans les parties de la zone céréalière non exploitables à ce titre : jachères déclarées, mais aussi herbages donnant lieu à des fauches d’entretien et à des trocs avec des éleveurs…) Co nce r na nt l’é vol uti o n éco nomi que gl oba le de l ’activité a gric ole :  des réflexions sont engagées autour de l’enrichissement de la valeur ajoutée industrielle liée aux productions industrielles : bio-carburants, création du Centre de recherche du lin à Ecardenville-la-Campagne (en lien avec la coopérative linière du Neubourg/établissement Lemerand, premier pôle français de commercialisation du lin) ; cette réflexion est liée à l’anticipation de la poursuite de la baisse des prix des céréales, avec la survenance à terme des limites du gain lié aux effets de la concentration.  la recherche de produits agricoles à plus forte valeur ajoutée : fraise, élevage ovin (création du Centre d’allaitement ovin à Ecardenville-la-Campagne), mais avec une faible typicité en termes d’agriculture de terroir, réserve faite du cidre (mais sans différenciation aisée pour ce dernier, par rapport à d’autres zones agricoles également et parfois mieux positionnées sur ce créneau) ; 1 Valeur ajoutée rapportée à l'emploi total. Son évolution peut résulter d'une plus grande utilisation de capital et le qualificatif "apparente" prévient qu'il ne faut pas en attribuer les causes à la seule productivité. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 120
  • 36. L’emp loi ira-t-il e n se co nt ractant e nc o re ?  certains avancent l’idée qu’une « pause » dans les processus en cause est possible à court terme, mais la situation actuelle ne permet pas de tirer des conclusions sur ce point. Les premiers chiffres à l’échelle départementale et régionale ne sont guère encourageants.  la situation économique de l’agriculture lui commandera-t-elle d’aller vers une diversification de ses produits et de ses activités, et/ou vers un développement des « signes de qualité » (jusqu’ici peu présents) permettant éventuellement des circuits de distribution plus courts et une meilleure identification des produits par le consommateur final ? Ces dernières questions dépassent le seul intérêt de la profession : en particulier, la diversification pourrait jouer un rôle dans le développement : du tourisme (accueil à la ferme, gîtes ruraux, nombreux dans le territoire et pour lesquels la proximité de l’Ile-de-France et du Pays d’Auge peut constituer une opportunité à saisir) de l’entretien du paysage (et, par exemple, des chemins ruraux, des talus et des haies bocagères) tandis que le développement des produis soumis à signes de qualité pourrait contribuer au développement du tourisme, par exemple par la vente directe… Au-delà des questions purement économiques, l’évolution de l’agriculture a également profondément bouleversé sa structure spatiale :  le remembrement a profondément bouleversé les paysages et considérablement déstructuré le bocage dans tout le pays d’Ouche et dans le sud du Lieuvin ; de plus, la poursuite du recul du bocage est engagée partout où la mise en culture céréalière a un sens, surtout dans la partie centrale du Pays Risle-Charentonne  le tracé de l’A28 tend à constituer désormais un nouveau point d’appui pour établir une ligne de partage entre les zones de campagne ouverte et ce qu’il reste des zones bocagères (dégradées). Il y a donc eu un recul vers l’ouest du bocage, allié à une dégradation de sa qualité. Ces tendances, si elles ne sont pas annonciatrices de tensions particulières au titre des concurrences entre l’économie agricole et l’urbanisation (sauf dans le Lieuvin et franges du Pays d’Auge où se développe une tendance au rachat des micro-exploitations laitières non professionnelles pour rénovation et transformation en résidences secondaires) n’en sont pas moins problématiques en termes de préservation à terme de ce qu’il reste des paysages et de l’environnement naturel. Cela est particulièrement vrai dans un pays déjà marqué par une extrême dispersion de l’habitat et la disparition du cloisonnement bocager. Les centres agglomérés sont parfois impossibles à identifier visuellement au-delà de la présence du panneau du lieu-dit, ou parfois même de la commune, le paysage étant marqué par la continuité à perte de vue d’une marqueterie de parcelles occupées par des maisons individuelles dispersées. Ce qui est en cause, au-delà des modes productifs agricoles, c’est la typicité du Pays Risle-Charentonne, facteur essentiel de son attractivité potentielle. C’est ainsi que le devenir de l’agriculture interpelle tous les thèmes du développement du Pays, dans le cadre d’une « dérive » potentielle de son cadre de vie, contre laquelle des mesures d’urbanisme (par exemple : replantage, conservation et entretien des haies et des talus, comme vient de le mettre en oeuvre le département du Calvados tout proche, confronté à la même problématique, mais d’ampleur moindre) peuvent être prises, mais en faveur de laquelle la préservation d’une agriculture productive continuant d’étendre son emprise sur la majeure partie du territoire est la meilleure garantie à terme. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 121
  • 37.  UNE OFFRE COMMERCIALE ET DE SERVICES PLUTOT ATTRACTIVE MAIS INEGALEMENT REPARTIE Le Pays Risle-Charentonne s’inscrit dans une région qui n’est pas très bien positionnée, s’agissant du commerce, ainsi que des services de proximité ou de gamme intermédiaire aux habitants. Occupant la 20ème. place parmi les régions françaises pour l’ensemble des services à la population, la Haute-Normandie se situe entre les 13ème. et 15ème places pour les différents types de commerce, et entre les 17ème et 20ème places pour les services à la personne (services personnels et domestiques, services de gamme intermédiaire, hébergement et restauration, loisirs et culture). Rang Au sein de la région, les pôles ruraux sont France mieux pourvus qu’ailleurs dans l’ensemble des champs du commerce et des services aux particuliers, sauf les transports de voyageurs et les fonctions stratégiques (intermédiation financière, immobilier, formation continue, enseignement supérieur, …). Les supermarchés y sont très présents, et moins les hypermarchés. En termes de comparaison avec le reste de la France rurale, les zones rurales de Haute- Normandie sont mieux pourvues en services personnels et domestiques (blanchisserie, soins de beauté et corporels, coiffure, …), mais moins bien dotées en hôtellerie et restauration. Réserve faite de la côte, la Haute-Normandie, s’inscrit, à cet égard, dans un tableau général au quart nord-est de la France, peu attractif en termes touristiques. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 122
  • 38. Le Pays Risle-Charentonne se caractérise, ainsi qu’on l’a vu plus haut, par un développement général de son activité commerciale qui le place pratiquement dans la moyenne régionale, au terme d’une période d’intense rattrapage de son retard antérieur. Le territoire reste, en revanche, marqué par un développement dans les services inférieur à la moyenne régionale. En termes de densité de services à la population, cette situation revêt un visage différent selon que l’on considère le territoire du pays dans son intégralité, ou qu’on distingue par bassins de vie. Au-delà de la vision d’une couverture médiocre des besoins du territoire pris globalement, l’analyse par bassins de vie permet de mettre en lumière des contrastes assez prononcés au sein même du pays entre une zone plutôt bien couverte autour de Bernay, et des situations beaucoup plus problématiques en divers autres points du territoire. De fait, l’agglomération de Bernay joue un rôle structurant majeur dans l’offre commerciale et de services sur le territoire. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 123
  • 39. De fait, le Pays Risle-Charentonne est caractérisé par la présence sur son territoire d’un pôle commercial particulièrement important pour sa structuration interne. Avec un chiffre d’affaires, en 2004, de 122 M€, le pôle commercial de Bernay agglomération constitue, en effet, l’un des pôles principaux du département de l’Eure. Avec Pont-Audemer, qui lui est très comparable, et une zone de chalandise de près de 37 000 habitants en 1999, l’agglomération de Bernay constitue un élément de structure important de la partie ouest du département de l’Eure. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 124
  • 40. La zone de chalandise principale du pôle de Bernay est constituée des secteurs de Bernay, Serquigny et Broglie, sur lesquels l’emprise globale du pôle de l’agglomération de Bernay s’élève à 61 %. Attraction du pôle de Bernay : Taux emprise sur zone de Bernay/Serquigny/Broglie : secteurs taux d'emprise % cumulé CA Alimentation 69,0% Bernay 79,0% 34,0% Equip. personne 57,0% Serquigny 54,0% 58,0% Equip. maison 47,0% Broglie 53,0% 81,0% Culture / Loisirs 57,0% Brionne 22,0% 88,0% Lieurey/Cormeilles 14,0% 94,0% Ensemble 61,0% Beaumont 6,0% 96,0% Au niveau global, la situation de Bernay apparaît comme équilibrée et homogène, avec une évasion plutôt inférieure à ce qui est observé sur les autres pôles majeurs (tous les produits ont une emprise au moins égale à 35%). Seule la famille des équipements de la maison est faible par rapport aux autres familles de produits. Comme pour le reste du département de l’Eure, les principaux pôles d’évasion se situent au nord de la zone, dans le département de la Seine-Maritime (Rouen-Elbeuf et agglomération parisienne). Par ailleurs, le sud de la zone est concurremment attiré par Laigle pour le secteur de Rugles, par Conches pour le secteur de Beaumesnil, par Le Neubourg pour le secteur de Beaumont, et par Orbec ou Lisieux pour les secteurs de Broglie et Thiberville. Conches Les profils privilégiés d’évasion parmi les habitants de l’Eure est celui de ménages plutôt aisés (CSP Cadres, commerçants ou artisans)très consommateurs de produits d’équipement de la maison (décoration, Hi fi, …), et présentant des demandes particulières autour du haut de gamme et des marques. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 125
  • 41. Structure com parée des chiffres d'affaires du com m erce L’analyse du chiffre d’affaires 2004 du pôle de Bernay révèle une (SDC 2004) prédominance de l’alimentaire. Comme d’autres zones rurales, le pôle de Bernay ne présente qu’un déficit 60,0% atténué sur les équipements de la personne, mais il confirme l’existence d’une 50,0% faiblesse sur les équipements de la maison. 40,0% En termes de formes de commerce, sur Bernay, la part de marché des 30,0% grandes surfaces est la plus élevée de l’ensemble des pôles majeurs, l’impact étant subi par les commerces traditionnel et non sédentaire, qui ont les parts 20,0% de marché les plus faibles des pôles majeurs. 10,0% Sur l’alimentaire, les hypermarchés ont la part de marché la plus importante 0,0% (64 %), et qui est supérieure à leur part de marché à l’échelle départementale Alimentaire Equipement Equipement maison Culture, loisirs personne (40 %), et, de manière symétrique, les supermarchés ont une part de marché (15 %) inférieure à la moyenne départementale (29 %). Bernay Eure France Le commerce traditionnel a la part de marché la plus faible par rapport aux autres pôles majeurs (13% contre 15%). Sur le non alimentaire, la part de marché du commerce traditionnel est un peu inférieure à ce qu’elle est sur les autres pôles majeurs (30% contre 33%). Les hypermarchés devancent les grandes surfaces spécialisées, et leur part de marché est supérieure à la moyenne départementale. Form es de com m erce (alim entaire) Form es de com m erce (non alim entaire) 100,0% 80,0% 80,0% 60,0% 60,0% 40,0% 40,0% 20,0% 20,0% 0,0% 0,0% Commerce tradit. Grandes surfaces Autres commerces Commerce tradit. Grandes surfaces Autres commerces Bernay Eure Bernay Eure Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 126
  • 42. A l’échelle du Pays Risle-Charentonne pris dans sa globalité, la répartition et les densités des surfaces commerciales installées révèlent bien la concentration sur le pôle de Bernay de la part la plus importante de l’offre commerciale du territoire : près de 75% des surfaces de vente y sont localisées (dont l’unique hypermarché du territoire), et plus de 60% du nombre de magasins. La densité commerciale moyenne en grandes surfaces s’élève à 863 m2 pour 2 000 habitants (moyenne départementale de 910, et nationale de 986). S’agissant de l’offre de proximité, la densité constatée pour le Pays Risle-Charentonne est proche de la moyenne départementale (7,18 commerces pour 1 000 habitants sur le territoire, contre 6,97 dans le département). Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 127
  • 43. Le développement commercial du Pays Risle-Charentonne a pourtant été très réel au cours des 15 dernières années, et le nombre de communes équipées de grandes surfaces y est passé de quatre à sept. Mais le commerce de proximité, notamment alimentaire, a toutefois tendance à rencontrer des difficultés à se maintenir dans les centres des principaux chefs- lieux de cantons (Rugles, Beaumont-le-Roger, Thiberville), ainsi que dans les communes secondaires où il est demeuré jusqu’à présent. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 128
  • 44. L’im po rtance de l’arti sa nat constitue l’une des caractéristiques du tissu économique et de l’offre commerciale ou de services du Pays Risle-Charentonne. On trouve, sur le territoire du pays parmi les taux les plus élevés de présence d’entreprises artisanales (156 entreprises artisanales pour 1 000 habitants dans l’arrondissement de Bernay pour 144 dans le département et 139 en moyenne nationale). Ces entreprises sont majoritairement présentes dans les communes rurales. Cette situation s’inscrit dans un contexte de croissance du nombre d’entreprises et de personnes employées. C’est le BTP le secteur le plus important au sein de l’artisanat, suivi des services puis de l’alimentation. La croissance de l’artisanat a été principalement tirée par le BTP au cours des 10 dernières années. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 129
  • 45.  UNE DYNAMIQUE TOURISTIQUE QUI CHERCHE SA BONNE ECHELLE Le Pays Risle-Charentonne se trouve placé dans une région où le tourisme ne constitue pas une activité de premier rang. La Haute-Normandie s’inscrit, de ce fait, dans un ensemble de régions du quart nord-est de la France qui sont les plus pauvres en infrastructures touristiques, notamment d’hébergement (environ cinq lits au Km2). Si on considère le critère du nombre de lits touristiques, tous types d’hébergement confondus, l’e sse ntiel de s capac ités exista ntes de puis la baie de la So mme jus q u’a u Cal vad os s e tro uve s ur la côte. Le Pays Risle-Charentonne est placé dans une zone intermédiaire entre les importantes capacités du littoral et les approches de l’agglomération parisienne où les infrastructures touristiques se densifient à nouveau. Les hôtels et les campings dominent l’offre d’hébergement à l’échelle de la région (80 % des lits répertoriés). Mais les capacités hôtelières sont de loin les plus utilisées et sont à l’origine de cinq fois plus de nuitées que les campings. En revanche, on recense relativement peu d’établissements classés. En outre, la Haute-Normandie a particulièrement développé sa capacité d’accueil en chambres d’hôtes (4ème rang régional). Sur la seule base de la fréquentation des hôtels et des campings (l’hébergement non marchand n’est pas pris en considération), le tourisme en Haute- Normandie apparaît plutôt comme un tourisme de court séjour, mais dont la saisonnalité est relativement atténuée. La fréquentation étrangère est importante, mais les 2/3 des visiteurs proviennent d’un rayon de 250 à 300 km. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 130
  • 46. Dans ce contexte, le développement touristique du Pays Risle-Charentonne peut recouvrir au moins trois enjeux distincts et combinables : l’émer ge nce d’ une acti vité éc o nomi q ue a uto ur du t o uri sme rural (dont il ne faut toutefois pas sur-estimer la richesse en création d’emplois) ; l’inve stiss eme nt s ur un vecte ur d’ima ge et de not oriété pour le territoire dont les retombées potentielles s’apprécient en termes de gain d’attractivité ; la mise e n œ uvre d’une dynam iq ue de nature à stimule r le dé vel op peme nt d’em plo is de s ervices sur le territoire (une forte corrélation positive existe, en effet, entre la croissance des services à la population et l’intensité de l’activité touristique : à titre d’exemple, il n’existe qu’un seul cinéma sur le territoire, à Bernay). Au regard de ces ambitions, le Pays Risle-Charentonne ne dispose pas de tradition touristique établie. Il dispose, en revanche, d’atouts liés au patrimoine fortement présent dans le territoire : des attr aits p ays ag ers servi s p ar un rés eau de s enti e rs de ran donn é es (se ct eurs bo cag ers e ncor e rela tiv e ment prés erv és , vall é es et co urs d’ea u, bois em ents ) des c entr es é qu estr es, plusi eurs seg men ts de voi es v erte s si tué es sur le terr itoire, quel qu es sit es maj eurs (l es ch ât eau x de B eau me snil , du Ch am p d e Bat aill e, d ’H arco urt, le s ab b ay es d e Berna y et du Be c-H ellouin) , d es musé es et un gra nd nom bre d’ édifi ce s civils et r eligie ux, des e nse mbl es urb ain s de q uali té (Ber na y et Brionn e) , u n pote nti el de touris me in dustri el … La proxi mité de Pari s constitue un atout majeur. Plus récemment, certaines modifications de l’environnement peuvent conforter la position du territoire : la mise en service de l’A28 ainsi que les réflexions des acteurs locaux du Pa ys d’A uge autour de la mise en réseau de leurs actions avec des territoires comme le Pays Risle-Charentonne en mesure d’apporter les ressources d’un arrière-pays de caractère à une partie de leur clientèle. Enfi n, de nom bre uses actio ns so nt mené es dep uis de s a nnée s par les i nsta nce s du Pays et le s i nterc omm unalité s, en liaison avec leurs partenaires (Conseil Général et Région) pour valoriser le patrimoine de celui-ci, notamment son petit patrimoine rural, développer et diversifier l’offre d’hébergement (avec un nombre significatif de gîtes ruraux), développer l’information et l’accueil, animer les infrastructures, … Dans l’état actuel des choses, le tourisme sur le territoire continue à souffrir de certains handicaps très pénalisants pour son essor : les atouts naturels dont dispose le Pays restent insuffisants par eux-mêmes, quel que soit leur intérêt ou le caractère majeur de certains sites, pour permettre de dépasser le seul horizon d’un tourisme de proximité et de passage. La mise en œuvre d’actions d’animation et de manifestations de premier plan paraît difficilement contournable à cet égard ; Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 131
  • 47. la capacité d’ hé ber geme nt reste tr op étr oiteme nt b ridée , notamment l’offre d’hébergement hôtelière ; La densité de cette offre est très inférieure au taux régional, lui-même de niveau limité, ainsi qu’il a été dit plus haut. Les ressources d’hébergement du territoire restent encore peu diversifiées et très liées à des types particuliers, notamment les gîte s, qui constituent une originalité et participent au maintien d’une certaine « typicité » liée au terroirs, constituent de ce fait un avantage, notamment pour la clientèle étrangère, et qui peuvent aider à la diversification des exploitations agricoles et maintenir le revenu de certains agriculteurs, mais qui sont les formes d’hébergement qui sont les moins créatrices d’emploi. L’acc roi ss eme nt de la capacité hôteli ère , par construction neuve ou par transformation de certains bâtiments (immeubles, fermes à l’architecture traditionnelle normande) représente donc le premier enjeu de développement touristique du Pays Risle-Charentonne. Il en va de même de la nécessaire rénovation/réhabilitation de certains hôtel, notamment dans les centres urbains. Le « bouclage » et la mise en réseau des chemins de randonnée et pistes cyclables, qui peuvent constituer une offre complémentaire à celle représentée par la filière équine, dans l’optique d’un to uri sme de nature à connotation sportive, ludique et récréative, représente également un enjeu pour un développement touristique, qui, outre ses effets économiques directs, est susceptible de participer à l’affirmation d’une image positive et d’une attractivité générale du territoire. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 132
  • 48.  UNE OFFRE D’ACTIVITE A DEVELOPPER ET A STRUCTURER Le Pays Risle-Charentonne compte un certain nombre de zones d’activité, réparties dans la plupart des pôles urbains. 20 sites ont été répertoriés : Com mune (s) Nom de la ZAE Superficie Disponible Artisanat Industrie Commerce Tertiaire Com mentaires totale (ha.) (ha.) Beaumont-le-Roger Zone Industrielle 12,1 0 Schneider. Zone ancienne Beaumontel Coutures 2,6 0 Bernay ZA des Canadiens 19,1 0 Zone ancienne .(YSL devenu SDPP) Bernay Z. de l’Aérodrome 6,3 0 Zone artisanale Bernay-Menneval-Courbépine Zone des Granges 80 16,52 1ére. tranche : 17 ha. Village d’entreprises Bernay Le Bois du Cours 6 0 Commercial. Récent et saturé Bernay La Malouve 34 4,9 Garages et PME. Ancienne et saturée. Bernay La Petite Malouve 7 0 Zone ancienne Bernay Vallée de la Couture 12,7 0 Surface importante liée a une jardinerie Brionne Espace Economique 4,9 0,42 Brionne Zone commerciale 4,8 0,39 Broglie L’Arquerie 12 0,6 Disponibilités La Barre-en-Ouche Zone Artisanale 3,85 1,1 CC de Beaumesnil La Vieille-Lyre ZA des Houssières 6,3 3,08 Montreuil-l’Argillé Les Fossés de l’Orme 2 0,9 Nassandres Parc Industriel et Artis. 12,5 0 Petite industrie. Remplie Rugles ZI du Moulin à Papier 27,8 0 Rugles Le Petit Hanoy 5,7 2,1 Serquigny Le Grand Hamel 3,2 0 Arkema Thiberville ZA 12 0 Petites entreprises. Zone saturée Total 20 site s 274,85 30,01 Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 133
  • 49. Ce tableau conduit à plusieurs constats : Les dis po ni bilité s s o nt relati veme nt fa ible s (10,9 % pour l’ensemble du Pays) : la fluidité des rythmes de commercialisation, donc de création d’entreprises et d’emplois, s’en ressent nécessairement Les surfac es d’ une certai ne im po rta nce n’e xi stent q ue da ns la zo ne de s Gra nge s à proxim ité d e Ber nay, les autres disponibilités ne correspondant pas véritablement à une offre organisée. Il n’exi ste pa s vé ritab leme nt de st ruct uratio n d e l’off re à l’éc hell e d u Pa ys, ni en ce qui concerne la gamme des surfaces disponibles (petites, moyennes, grandes entreprises, etc…), ni en ce qui concerne la typologie des cibles (tertiaire, mixte, industriel, commercial, artisanal) ni en ce qui concerne les services, l’offre d’un village d’entreprises dans la zone des Granges étant la seule à représenter autre chose que la seule vente d’un foncier aménagé. Toujours à l’exception de la zone des Granges, la q ualité de ces zo ne s (qui, pour certaines, sont plus des sites industriels que des zones d’activité) est f aible et ne correspond pas à la demande actuelle, qui s’oriente vers de véritables parcs d’activités avec services. Les zo nes arti sa nales , qui correspondent à une offre rurale nécessaire et souvent présente dans les pôles de proximité, sont peu nombreuses et les disponibilités y sont également faibles. L’armature économique du territoire est donc globalement insuffisante, de faible qualité, et est un des facteurs explicatifs de l’atonie de la création d’emploi qui a été précédemment notée. Cependant, un certain nombre de pr ojets a été avancé, à des stades variés de réflexion ou de réalisation : Mais on R ouge s ur l’éc ha nge ur à Bo s ro bert , en continuité avec les ZAE du Roumois. Projet « porté » par la communauté de communes des communes rurales de Brionne. Perrie rs- La- Campa g ne : 5 à 6 ha. (terrains acquis sur l’ancienne RN 13) Malbr o uck / Ca rsix : projet à l’intersection N 13 / N 138, portée par la communauté de communes Risle Charentonne. Thibe rville : 5 ha (terrains acquis le long de l’ancienne RN 13). En revanche, le projet envisagé sur l’échangeur de Broglie reste en suspens. Ces projets seraient évidemment de nature à modifier la nature et la forme de l’offre économique du Pays Risle-Charentonne. Il faut évidemment noter l’importance des sites liés aux trois diffuseurs (Orbec, Brionne et Bernay) sur l’A 28. Plusieurs des projets nouveaux y sont localisés, mais le Pays Risle- Charentonne arrive tard dans la compétition autour du développement potentiel le long de cet axe majeur… Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 134
  • 50. La zo ne d’acti vités des Gra nges, la pl us a va nc ée, est sit uée à Berna y-Me nne val- Co urbé pi ne, à e nvi ron 4 km de l’a uto ro ute au carrefour des Granges sur la déviation de l’ancienne RN 138 autour de Bernay. Les p roj ets de B os ro be rt et de T hi ber vill e s o nt à cet éga rd st ratégi ques pour l’ensemble du Pays, dans l’optique d’une offre participant à la dynamisation du tissu économique local. P hot o : le f ra nc hi sseme nt Trac é des d iffuseurs de de la Ri sle par l’ A 28 l’A28 : Orbe c, en h aut Berna y, au ce ntre Brionne , en b as Ces diffu seurs doiv ent donn er lieu à u ne réflexio n sur l’i mpl an- tation d’ acti vit és à proximi té .  Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 135
  • 51. La question fondamentale, pour l’économie du Pays Risle-Charentonne, sera, dans les années à venir, de disposer : d’une off re fo nciè re et i mmo biliè re ef fecti veme nt disp o nib le à c o urt te rme, assurant une fluidité de la commercialisation, et permettant de créer les bases d’un schéma des sites économiques du Pays, avec une hiérarchisation des sites et une capacité à couvrir l’ensemble des types de demandes potentielles. de rése rve s fo nciè re s à mo ye n et lo ng te rme, permettant d’éviter les ruptures dans le temps, et fournissant une visibilité aux acteurs économiques du territoire. d’une off re q ua litative, vé ritabl es p arc s d’acti vité mode r nes, bénéficiant d’une bonne accessibilité, d’une bonne insertion paysagère, d’une capacité de location immobilière, de services sur place où à proximité, permettant de faire face à la concurrence régionale. d’une o ffre req ualif iée s ur les s ites a nc iens, dont l’évolution devra être envisagée à court/moyen terme selon les cas, afin de ne pas être « en décrochage » par rapport aux sites nouveaux. Ces questions, essentielles pour l’avenir économique du Pays Risle-Charentonne, conduiront inéluctablement à une réflexion sur les échelles, les moyens et les outils de la promotion économique et du « portage » des sites d’activité, dans une optique de complémentarité et de non concurrence à l’intérieur du Pays. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 136
  • 52. Le paysage économique: conclusion Une situation de transition qui nécessite des outils de développement Les ca racté risti que s éc onomi q ues d u L’éc onomie d u Pa ys Ri sle- Chare nto nne est ca ractérisée pa r une te rtiarisati o n rapid e mai s territ oire inac he vée (le tertiaire ne représente encore que 58 % des emplois), et, en conséquence, par un système industriel composé d’unités de production directe, souvent anciennes mais non dépourvues de liaisons avec les secteurs de pointe. La spécialisation des entreprises du Pays, cependant, est faible, ce qui n’a pas limité les reculs industriels dont le risque est toujours présent. Les pôles de compétitivité, par exemple, ne concernent le territoire qu’indirectement ou à travers des centres de décision éloignés. Si les fonctions commerciales et celles des services à la personne sont plutôt au-dessus de la moyenne, les autres secteurs des services ne sont pas parvenus à créer des emplois en nombre suffisant pour suppléer à la diminution de l’emploi industriel et agricole. Une tra nsitio n diff icile L’économie du Pays Risle-Charentonne est donc une économie en transition, non exempte de fragilités, notamment dans les pôles les plus industriels, et qui peine à se développer dans un contexte concurrentiel régional récemment avivé. Les surfaces d’activité actuellement disponibles ne facilitent pas cette transition, ni par leurs disponibilités, ni par leur qualité. Perspecti ve s … L’évolution du Pays Risle-Charentonne sera largement conditionnée par les outils de développement, d’animation et de promotion (incluant les parc d’activités modernes à aménager, l’axe A 28 étant à cet égard stratégique) qui seront créés : la réflexion sur les modalités et les échelles de leur construction sera à n’en pas douter un élément fort de la réflexion sur la stratégie économique et industrielle du Pays. La q ue stio n e sse ntiel le, p our l’a ve ni r éc onomi que d u territoi re, e st sa ca pacité à mettre en pl ace les i nstrume nt s d’ un mo de de dé vel op peme nt choi si à l’éc hell e d u Pays. Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 137
  • 53. Le paysage économique: les indicateurs Les g ra ndes caracté ri stiq ues répartition des emplois entre grandes catégories (industrie, agriculture, services marchands et non éco nom iq ues d u ter ritoi re marchands) proportion de non-salariés (par secteur) répartition entre CSP Secte urs d’acti vité part des différents secteurs économiques et comparaison avec la région proportion d’entreprises de plus de 100 salariés (par rapport à l’emploi total) évolution de la valeur ajoutée de chaque secteur proportion d’emplois touristiques (par rapport à l’emploi total) Reve nus évolution du revenu disponible brut par habitant (RDB), par commune et comparaison avec la région et la moyenne de la France de province proportion des revenus émanant de la redistribution dans le RDB des communes Syndicat Mixte du Pa ys Ri sle-Charentonne - Elaboration du SCOT – Diagnostic – réalisation : PROSCOT 138