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  • 1. L’ é m a n c i p a t i o n d e s t r a v a i l l e u r s s e r a l ’ œ u v re d e s t r a v a i l l e u r s e u x - m ê m e s 6 211 228 INFORMATIONS INFORMATIONS abonnés reçoivent OUVRIÈRES nouvelle série ce numéro. Et vous ? Semaine du OUVRIÈRES N0 (2622)29 novembre au 5 décembre 2012 1,5 euro (soutien 2 euros) (page 16) ISSN 0813 9500 POI ArcelorMittal : TRIBUNE LIBRE DE LA LUTTE DES CLASSES H E B D O M A D A I R E D U PA R T I O U V R I E R I N D É P E N D A N T Actualité politique nationalisation et sociale Ecole pour garantir A propos de la réforme des rythmes scolaires. l’emploi à Florange Pages 3 et 4 Santé et dans toute la sidérurgie ? Chiche ! Page 2 et éditorial page 3 Photo DR La mobilisation des internes. Pages 6 et 14 Politique La crise de l’UMP. Page 5 Vie du parti Décentralisation La proposition de loi pour le libre choix des communes. Page 8 Actualités internationales Espagne La signification des élections en Catalogne. Page 11 Un ouvrier : La semaine prochaine, “Tant qu’on vous pourrez lire ne me dira pas le compte rendu de la conférence qu’on va nationale pour l’unité et la résistance retravailler, Lisez du 1er décembre je n’y croirai pas !” Informations ouvrières ! Abonnez-vous ! Arnaud Montebourg, face aux sidérurgistes de Florange, le 27 septembre. Photo AFP
  • 2. 2 > A la Une >>> INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 Photo AFP Des militants syndicaux réagissent à l’annonce par le gouvernement deL’ultimatum la possible“nationalisation temporaire”du site d’ArcelorMittal à Florangede Mittal expire (Moselle). Le gouvernement tiendra-t-il tête à l’ultimatum de Mittal, quile 1er décembre menace de fermer purement et simplement le site ? Des milliers d’emplois “La nationalisationDans un pays où l’on compte sont en jeu.désormais mille cinq centschômeurs de plus chaque jour, d’ArcelorMittal, à Florange,tous les regards sont tournésvers le site d’ArcelorMittal,à Florange (Moselle).Cette affaire qui met des milliers doit servir à garantird’emplois en péril (sous-traitantscompris), a pris une dimensionnationale. Au momentoù nous bouclons ce journal, les emplois”ce mardi 27 novembre en soirée,le P-DG du groupe, LakshmiMittal, est reçu par FrançoisHollande, à l’Elysée. isLe 1er octobre dernier, Arcelor- 1er déc. 2012 - ParMittal avait annoncé sa volontéde fermer une partie du sitede Florange, la filière liquide Co n f é r e n c e(la production d’acier brut pour l’UNITÉ E et la RÉSISTANCà partir de minerai de fer WALTER BROCCOLI, FRANÇOIS LOPERA, délégué CGT :et de charbon, où travaillent secrétaire général du syndicat FO « Montebourg s’est prononcé pour la nationa-environ 650 personnes). de Florange lisation ; j’espère que Hollande le suivra. Si Mit-Il avait alors laissé soixante jours « Les ouvriers s’inquiètent : qu’est-ce qu’on va tal n’est pas d’accord, qu’on nationalise Florange. faire, qu’est-ce qu’on va devenir ? Si les hauts- C’est le moyen pour défendre le maintien deau gouvernement pour trouver fourneaux ferment, le reste suivra, et on pas- tous les emplois. » Dans notre prochain numéroun repreneur pour les installa- Le 1er décembre, se tiendra à Paris sera de 2 800 salariés à 800. C’est un bras de fer : Propos recueillis par Albert DAL POZZOLO,tions en sursis, auxquelles il avait ou Mittal fait marche arrière ou le gouverne- le 27 novembre en journée I une conférence nationale « pourajouté la cokerie (cuisson ment nationalise. Nous, à FO, nous sommes l’unité et la résistance », appeléedu charbon). Ce délai expire pour la nationalisation. Depuis le début, FO l’a par 413 militants ouvriers de toutesdonc le 1er décembre. réclamée. Ainsi, on peut sauver les emplois. MaOr le gouvernement a annoncé surprise, c’est que les élus soient d’accord, et tendances.la semaine dernière avoir reçu cela me conforte. On dit au gouvernement : ne Une lettre ouverte aux députés Ils proposent de discuter des voiesdeux offres, mais seulement cédez pas, nationalisez ! » et aux sénateurs de Moselle et des moyens :pour l’intégralité du site, donc « Pour l’abrogation du TSCG JACQUES BIDARD, En Moselle, le POI, avec des élus, des militants de Merkel-Sarkozy-Hollande ;y compris le laminoir à chaud responsable CGT du PS, du PCF, des syndicalistes, avait pris l’ini-(transformation des grosses pour le groupe ArcelorMittal France tiative d’une lettre ouverte aux députés et aux — pour aider à réaliser l’unitéplaques d’acier, les brames, « Face à la destruction, quels moyens se donne- sénateurs du département, qui a recueilli à ce contre toutes les mesures d’austé-en rouleaux de tôle plus fine), t-on ? Par rapport aux déclarations gouverne- jour près de 1 000 signatures. rité prises par le gouvernementet les lignes de traitement mentales, on ne va pas faire la fine bouche : on « Repreneur ou pas, qui peut empêcher Hollande-Ayrault et sa majorité est pour la nationalisation. La question est sur que le 1er décembre des milliers de tra-et de finition de l’acier. parlementaire (souvent soutenus la table et on la soutient. Si on ne trouve pas de vailleurs ne restent sur le carreau ? Si quel-Face au refus d’ArcelorMittal solution, on va fermer. Si on échoue, les tra- qu’un peut le faire, c’est bien le par des députés de l’UMP) ;d’élargir le périmètre de la vente, vailleurs vont prendre une claque. La nationa- gouvernement. Il peut le faire, en se por- — contre toute forme de compro-le gouvernement a brandi lisation, c’est un choix politique qui doit servir tant garant du maintien de tous les mis historique remettant en causela semaine dernière la menace à garantir les emplois. » emplois sur place et du redémarrage des l’indispensable indépendanced’une nationalisation temporaire. hauts-fourneaux (…). Messieurs les dépu- des organisations syndicales etUne prise de contrôle par l’Etat YVES FABBRI, tés, les sénateurs et les maires, vous ne secrétaire général du syndicat CGT pouvez pas vous dérober : vous devez cherchant à en faire une courroieserait « respectueuse de l’Etat de Florange vous prononcer pour que le gouverne- de transmission de l’Union euro-de droit français et européen », « La nationalisation, même temporaire, c’est ment se porte garant du maintien du site péenne et du gouvernement ;a déclaré le 26 novembre bon. Il faut foncer ! La nationalisation permet- de Florange dans sa totalité et de tous les — pour en finir avec la dictaturele ministre Arnaud Montebourg. tra d’une part de protéger nos hauts-fourneaux, emplois sur place ! de la troïka (FMI, Banque centraleNotre correspondant sur place et ensuite tout ce qui est organisation de la pro- La population vous le demande expres- duction, que ce soit pour le chaud ou le froid, sément face à la catastrophe imminente ! et Commission européenne). »a recueilli les réactions et, d’autre part, de maintenir les emplois, les Prenez la tête d’une délégation de la popu- Nous rendrons compte des déci-de plusieurs syndicalistes. compétences et de réaliser les investissements lation auprès du gouvernement ! » sions de cette conférence ouvrièreY. L. nécessaires. » dans notre prochain numéro.
  • 3. INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 3François Hollande annonceEducation nationalele 20 novembre l’étalement de la réforme ÉDITORIAL é A Tout se concentre sur une questiondes rythmes scolaires sur deux ans Daniel Gluckstein, secrétaire national du POI u 1er décembre expire l’ul- timatum lancé par Arce-Nous donnons la parole à des élus, des enseignants et des syndicalistes lorMittal : passée cette date, si le gouvernementqui en expliquent l’enjeu et les conséquences. n’a pas trouvé un repre- neur, la filière chaude du site — notam-Laurence Fayard encouragerons à faire différem- par le gouvernement de réduire ficulté du gouvernement à avan- ment les hauts-fourneaux — sera ment. » les déficits publics en opérant cer dans la réalisation du consen- fermée. 629 emplois directs seraientS’exprimant au lendemain de l’an- En s’appliquant dès la rentrée pour dix milliards supplémen- sus avec les personnels et leurs ainsi liquidés, sans compter les inté-nonce par le président de la Répu- 2013 dans certaines communes, taires de coupes claires dans les organisations, et avec les élus. Rien rimaires et les sous-traitants !blique de l’étalement de la réforme cette réforme engendrerait les services publics. n’est joué. C’est dans ce contexte que ledes rythmes scolaires sur deux pires inégalités de traitement Enfants, enseignants, élus, per- Les articles que nous publions ministre Montebourg s’est prononcéans, le ministre de l’Education d’une école à l’autre et constitue- sonnels territoriaux, tous sont dans ces pages permettent d’af-nationale, Vincent Peillon, affir- rait l’une des pièces maîtresses de concernés. firmer que c’est maintenant qu’il pour une « nationalisation transitoire »,mait : « Le souhait du président la mise en œuvre de l’acte III de Mais voilà, en déclarant à l’adresse est possible de bloquer ce projet le temps de trouver un repreneur.de la République, du Premier la décentralisation et de la balka- des organisations syndicales : « On de dislocation de l’Ecole de la Deux semaines plus tôt, pourtant,ministre est que l’on laisse le maxi- nisation de la République. ne peut pas faire sans vous, on ne République. le gouvernement auquel appartientmum de place à l’autonomie Elle s’inscrit — comme les projets peut pas faire sans les parents Ces questions seront sans aucun Montebourg avait lancé son « pacte delocale, à la décision prise avec le d’abandonner aux régions l’orien- d’élèves, on ne peut pas faire sans doute débattues lors de la confé- compétitivité » inspiré du rapport Gal-conseil d’école (…). tation scolaire et la carte des for- les collectivités territoriales », rence nationale pour l’unité du lois, tout entier orienté sur la baisseNous n’interdirons pas de faire dif- mations professionnelles — dans le Premier ministre, Jean-Marc 1er décembre. du coût du travail et l’association desféremment. Au contraire, nous l’objectif récemment réaffirmé Ayrault, souligne à nouveau la dif- I syndicats à la mise en place de la flexi- bilité. Le journal Les Echos s’étonne des propos de Montebourg et leur oppose ce rapport Gallois « salué à droite comme à gauche », un rapport qui « cite une vingtaine de pistes pour redresser notre compétitivité », mais dans lequel on chercherait « en vain “Cette réforme le mot “nationalisation” ». Alors, de quoi s’agit-il ? met dangereusement en péril S’agit-il de répondre à cette attente d’un sidérurgiste cité par l’AFP : « Les la stricte séparation du scolaire propos de Montebourg ne sont pour La parole à… l’instant que des effets d’annonce.Tant et du périscolaire” qu’on ne me dira pas qu’on va retra- vailler, je n’y croirai pas » ? S’agit-il par Jacky Lüdi, conséquent de garantir le maintien de instituteur et maire tous les emplois sur Florange et plus de Millery (Côte-d’Or) généralement pour les 20 000 salariés du groupe en France ? S’agit-il à cet effet de se soustraire aux diktats deVous êtes maire de Millery. Que pensez- vail. Pour rappel, nous avons perdu 12 % de ÉCLAIRAGE l’Union européenne en procédant àvous de la réforme des rythmes scolaires ? pouvoir d’achat depuis l’année 2000 et nous une véritable nationalisation, sansEn tant que maire, depuis six ans, d’une com- ne pouvons pas vivre décemment en nousmune rurale d’un peu plus de 400 habitants, contentant des joies que nous procure notre Etalement de la réforme indemnité ni rachat, garantissant l’em- sur deux ans ploi de tous ?je refuse tout ce projet relatif aux rythmes sco- métier. Ou bien s’agit-il de suivre les res-laires. Alors même que l’Etat nous impose de Lorsque le ministre Peillon déclare : « Les gens ponsables politiques de l’UMP, du PS,nouvelles exigences de réduction des dépensespubliques, il est aberrant d’imposer à ces qui choisissent ce métier ne le choisissent pas d’abord pour l’argent, mais il serait digne de Signification, du PCF, des Verts de la région, qui, dansmêmes collectivités locales un surcoût lié àune pseudo-amélioration des conditions de les payer mieux si nous en avions les moyens… », et qu’il ajoute : « Dans ce moment budgétaire et conséquences une lettre commune à François Hol- lande, apportent leur soutien à Mon-l’enseignement. Ma commune ne dispose plus que nous vivons, nous leur demandons de reve- Le 20 novembre, devant le congrès des tebourg en précisant : « Nousd’école, mais je n’ose imaginer les retombées nir une demi-journée de plus sans les payer », maires, François Hollande a annoncé l’éta- réaffirmons notre détermination àinévitables sur le budget communal pour faire je reste, comme de très nombreux collègues, lement de la réforme des rythmes sco- appliquer les conclusions du rapportface aux nouvelles charges financières qu’im- scandalisé par de tels propos provocateurs. laires sur deux ans, en 2013 et 2014. Faure commandé par le gouverne-poserait la réforme Peillon, en augmentant le Selon Vincent Peillon, invité sur France Info, c’est une décision « courageuse (…) ment » ? Rappelons que le rapportcoût des frais de scolarisation que nous réglons Le gouvernement prétend que c’est au nom Faure met comme condition pour laaux communes voisines accueillant nos nom- de la réussite des élèves… et sage » et il ajoute : « Vous ne faites pas une réforme contre les gens, vous ne faites reprise du site que celui-ci puisse « at-breux enfants scolarisés tant dans les écoles La réussite des élèves passe avant tout pourpubliques maternelles qu’élémentaires. moi par le rétablissement des dizaines de pas une réforme de l’école contre les pro- teindre une meilleure rentabilité ». On fesseurs, vous ne faites pas une réforme sait à quoi cette exigence de « meilleure milliers de postes d’enseignant supprimés de l’école contre les collectivités locales. »Et qu’en pense l’enseignant que vous êtes (en particulier, les titulaires remplaçants, les rentabilité » a conduit à PSA, à Petro- Tel est bien en effet le problème du gou-aussi ? Rased [1]) et non par une contre-réforme des plus, à Doux, à Sanofi : à des milliers vernement. D’après le ministre, « il fautInstituteur, devenu professeur des écoles, rythmes scolaires qui voit le temps d’ensei- qu’il y ait une entente, une compréhen- de suppressions d’emplois.depuis trente-cinq années, je suis scanda- gnement auprès des élèves diminuer, alors sion, une façon d’avancer qui n’oppose Alors, de quoi s’agit-il ? Nul doutelisé par le projet de loi, qui porterait mieux le que, dans le même temps, celui desdits ensei- pas les uns et les autres, mais qui essaye que la réponse à cette question seranom de contre-réforme, sur les rythmes sco- gnants augmente encore. de les rassembler ». Autrement dit, il fau- donnée dans les prochains jours.laires. Je refuse ce « toujours plus d’austérité » au nom drait le consensus. En réponse, les res- Pour ce qui les concerne, les comi-Ce projet met dangereusement en péril la de la « dictature de la dette » qui sacrifie les ponsables du SE-UNSA ont jugé bon de tés du POI du bassin sidérurgiquestricte séparation du scolaire et du périsco- dépenses publiques, les salaires et le pouvoir saluer le « pragmatisme » de la décision de Hollande et demandé que « la mise mènent campagne depuis des annéeslaire, conduisant à une véritable mise sous d’achat pour réduire un endettement publictutelle des enseignants par les collectivités dont les salariés ne sont pas responsables. en œuvre de ce choix soit déclinée de pour la renationalisation.locales, voire diverses associations, à la faveur façon opérationnelle et concertée avec Le POI ne varie pas : nous sommesde la mise en place des « projets éducatifs Mais Hollande n’a-t-il pas donné deux ans l’ensemble des partenaires ». pour la réquisition, sans indemnité nilocaux ». Les enseignants perdraient ainsi leur aux communes ? Il n’en reste pas moins qu’à ce jour, le rachat, de la filière sidérurgique. Maisstatut de fonctionnaires d’Etat. Mais n’est-ce Après les annonces du président de la Répu- ministre ne peut pas se prévaloir d’un nous n’en faisons pas une condition.pas là, justement, l’un des buts recherchés ? blique au congrès des maires, laissant toute lati- consensus. Quelle que soit la forme retenue, le POI Mais, en fait de « pragmatisme », la déci- tude aux communes quant à l’application de soutiendra, comme il l’a toujours fait, sion prise par Hollande constituerait, siPeillon a annoncé que « les enseignants la réforme, je vois pointer le spectre d’une école tout ce qui contribuera à forger l’unité elle était appliquée, un éclatement géné-accepteront, sans doute, de travailler une territorialisée (communes riches « contre » com- ralisé de l’Ecole républicaine dès la ren- sur une exigence : maintien du site etdemi-journée supplémentaire sans être munes pauvres) en lieu et place de l’Ecole trée 2013. La décision des collectivités de tous les emplois !payés davantage »… publique laïque dans la République une et indi- locales d’en rester provisoirement à la Alors, si c’est de cela qu’il s’agit,Je reste résolument opposé à une augmenta- visible. semaine de quatre jours ou de passer, dèstion du temps de travail des enseignants en d’une vraie nationalisation garantis- 2013, à quatre jours et demi instaureraitgénéralisant, par exemple, le travail le mer- Interview réalisée le 25 novembre sant le maintien de tous les emplois et une inégalité de traitement entre les élèves,credi matin et bien souvent aussi l’après-midi. par Dominique GROS I les communes, les enseignants et les per- de tous les sites, sans crainte de déro-Il est totalement inacceptable de travailler plus sonnels territoriaux. ger aux normes de l’Union européennepour gagner moins ; il l’est tout autant de vou- Nicole FISHER I et du FMI, il n’y a qu’un mot à dire :loir aggraver l’annualisation du temps de tra- (1) Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté. chiche !
  • 4. 4 > L’actualité politique et sociale >>> INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012Ce que contient le projet du ministre Peillon La manifestationsur les rythmes scolaires des infirmières scolaires fait reculerLe ministre Peillon a déclaré vouloir “laisser le maximum à l’autonomie locale” avec sa réformedes rythmes scolaires et substituer à l’institution scolaire le “projet éducatif local”, plaçant l’école le gouvernementet les enseignants entre les mains des collectivités locales et du monde économique etassociatif. Nous revenons sur deux aspects de son projet.CorrespondantLA 24e HEURE HEBDOMADAIREDÉTERMINÉE LOCALEMENTPour la première fois, une forme de mise soustutelle des collectivités territoriales serait intro-duite dans les obligations de service des pro-fesseurs des écoles. Ces obligations de service,qui définissent ce que font les enseignants dans Le ministreles écoles et l’organisation de leurs heures, sont présentaitaujourd’hui déterminées exclusivement par sa réforme Photo AFPl’Education nationale. Avec la réforme Peillon, le 11 octobre.en plus de leurs 23 heures hebdomadaires d’en-seignement — contre 24 heures d’enseigne-ment dues aux élèves actuellement —, lesenseignants du premier degré devraient effec- C’est ce que confirme d’ailleurs le ministre après-midi. S’il y a classe pour les 305 le mer-tuer avec les enfants une heure hebdomadaire Peillon en déclarant que « ce temps laissé dans credi matin, et suppression d’une heure de classe« flottante » dont l’organisation (quatre fois un la journée ne devra pas être cannibalisé par chaque jour, il va nécessairement y avoir beau-quart d’heure ou deux fois une demi-heure, ou l’institution scolaire » ! coup plus d’enfants qui vont rester à la cantineencore une fois une heure par semaine), le fonc- le midi et aux activités périscolaires chaque jour.tionnement et le contenu seraient déterminés LA “DÉSACRALISATION” DE LA CLASSE Or, comme dans de nombreuses écoles, il y adans le cadre du projet éducatif local que le Le 12 novembre, le ministre a annoncé aux déjà des problèmes de locaux. Et là, on en revient Photo DRministre veut inscrire dans la loi. organisations syndicales son projet d’inscrire au projet éducatif local et à la convention tri-Ainsi, par cette 24e heure (qui n’est pas une dans la loi d’orientation sur l’école la signa- partite. L’ensemble des locaux scolaires — quiheure d’enseignement), les obligations de ser- ture de conventions tripartites sur l’utilisation sont aujourd’hui placés sous la responsabilitévice des enseignants ne seraient plus déter- des locaux scolaires entre établissements sco- unique du directeur d’école, seul habilité à en Plus de 1 500 infirmières de l’Education nationaleminées nationalement par l’Education laires, Education nationale et collectivités autoriser ou non l’utilisation — ferait l’objet — un cinquième du corps national — ont mani-nationale, mais fluctueraient en fonction des locales. Cette décision bouleverserait profon- d’une répartition. Ce qui aboutirait nécessai- festé le jeudi 22 novembre à l’initiative du SNICS-besoins et des décisions politiques prises par dément le fonctionnement des écoles, et abou- rement à la mise à disposition des salles de FSU.les collectivités locales. Les enseignants se tirait inévitablement à ce que les salles de classes pour les activités périscolaires. Sans par- Chantal Chantoiseau, secrétaire académique duretrouveraient ainsi « prêtés » par l’Education classes qui sont aujourd’hui réservées à l’en- ler des multiples conflits que cela va inévita- SNICS-FSU Paris, nous explique pourquoi.nationale aux collectivités locales. Ce serait seignement se transforment en salles d’acti- blement générer entre les différents “utilisateurs”une grave remise en cause de l’égalité des droits vités diverses (scolaires, périscolaires…). des salles de classes, cette situation va être une l s’agissait de revendiquer le maintien de la gou-des enfants devant l’instruction, qui est liée àl’existence de programmes nationaux, garan-tis par le statut national de fonctionnaire d’Etat Un enseignant, délégué à la conférence du 1er décembre, explique : « Dans mon école où il y a 305 élèves inscrits, moins de cinquante res- source de confusion pour les élèves : la sacrali- sation de la classe, c’est la protection d’un lieu qui est réservé à la transmission des savoirs, I vernance et du pilotage de la santé à l’Ecole par le ministère de l’Education nationale. Dès 2011, un rapport sur la médecine scolaire recommandaitdes enseignants. tent actuellement au centre de loisirs le mercredi donc à l’école. » I déjà de confier le pilotage aux agences régionales de santé (ARS). Lors des groupes de travail sur la “Le mécontentement des collègues INTERVIEW refondation de l’école organisés par le nouveau ministre, on a quasiment empêché les infirmières Les syndicats parisiens et des syndiqués est fort” de parler. Le 17 novembre sort un rapport de l’As- SNUipp-FSU, Snudi-FO, semblée nationale daté du 9 novembre recom- SE-Unsa et Sud Education mandant ce transfert et proposant l’entrée des professionnels de santé de l’Education nationale se prononcent pour l’abandon dans un corps interministériel de l’Etat. Dans ce du projet ministériel cadre, les missions des infirmières se seraient sur les rythmes scolaires Une syndicaliste SNUipp-FSU, membre du bureau réduites à la mise en place des dépistages systé- matiques, notamment par classe d’âge. Cette mis- de la section départementale de son syndicat sion incombait jusqu’à présent aux médecins. Les « Les syndicats SNUipp-FSU, Snudi-FO, Que penses-tu des dernières en charge des élèves lors du Le mécontentement est fort et infirmières n’auraient plus la possibilité d’exercer SE-Unsa et Sud Education affirment déclarations de Peillon sur temps périscolaire. Les discours a déjà obligé les secrétaires leur mission d’accueil des élèves des collèges et des leur opposition au projet ministériel les rythmes scolaires ? de Hollande et de Peillon devant nationaux à changer de ton. lycées au quotidien, pour quelque motif que ce soit de réforme des rythmes scolaires et Les collègues sont de plus en les maires montrent qu’ils ne On est passé de « le président ayant une incidence sur la santé ou la scolarité des réclament son abandon. Le projet plus inquiets. Si, à l’arrivée de reculent pas. Ils veulent seule- s’engage », qui était le titre du enfants et des jeunes. ministériel n’est pas acceptable. Il Peillon, beaucoup étaient prêts ment donner une « prime de journal du syndicat à la mi- Dans la mesure où le nouveau ministre ne nous dégrade les conditions de travail et à revoir les choses, même à mérite » aux communes zélées octobre, à « tout reste à faire » répondait pas sur le fait de savoir s’il conservait la d’emploi de tous les personnels. Il ne accepter les quatre jours et qui appliqueront cela dès la ren- un mois après. Mais, au fur et gouvernance et le pilotage de la santé, nous avons comporte aucune amélioration des demi si ça permettait de finir trée 2013 ! à mesure des annonces suc- lancé un appel à la mobilisation. Cet appel a été conditions d’apprentissage des élèves la journée plus tôt, avec cinq cessives de Peillon, on a l’im- massivement suivi. et n’améliorera pas leur réussite sco- heures pour les élèves, main- Quelles sont les réactions pression qu’on en est à ne Le jour même de notre manifestation, M. Pierre laire. tenant c’est terminé ! Ils com- dans ton syndicat ? revendiquer qu’une compen- Mancel, conseiller santé auprès du ministre délé- Par ailleurs, ils rappellent que les obli- prennent que ce n’est pas une J’ai un peu le sentiment que nos sation financière au coût gué, Mme George Pau-Langevin, a reçu une délé- gations de service des enseignants doi- question de « rythmes sco- dirigeants ne nous entendent qu’engendrerait le travail du gation de notre syndicat. Il avait le mandat du vent rester sous la seule responsabilité laires », que, contrairement à pas ! Ils n’ont plus conscience mercredi. Peillon dit qu’il n’y ministère pour nous répondre que le projet de corps de l’Etat. ce que le gouvernement avait de ce que faire classe veut dire : aura pas de discussion sur interministériel et le transfert de la gouvernance D’autre part, ils demandent que les annoncé, il ne cherche pas l’in- l’implication des enseignants l’augmentation du point d’in- aux ARS étaient écartés, et que des négociations professeurs de la Ville de Paris (PVP) térêt des enfants. On voit bien auprès de leurs élèves, la fatigue dice avant 2014. allaient être ouvertes sur une évolution renforcée continuent à intervenir sur le temps qu’il s’agit de donner un autre liée au fait de faire classe et de Nous n’avons plus eu d’aug- de nos missions auprès des élèves. scolaire. rôle à l’école, un rôle de gar- préparer la classe. mentation depuis 2009. Beau- Nous considérons que notre manifestation nous a Aucune modification de l’organisation derie. Certains collègues n’ont Les militants sont débousso- coup d’enseignants ont voté permis d’être entendues. I de la semaine scolaire ne doit être mise pas toujours conscience de ce lés, ils se sentent un peu seuls, pour Hollande parce qu’ils ne Propos recueillis par Michèle Lepeuve en place par la mairie de Paris à la ren- que signifie l’inscription des sachant que le SGEN-CFDT et voulaient plus de Sarkozy. On trée 2013. projets éducatifs locaux (PEL) le SE-UNSA sont d’accord avec a autre chose à faire que d’ac- Les syndicats SNUipp-FSU, Snudi-FO, dans la loi. Ils sont parfois Peillon. Je suis inquiète, car j’ai cepter ce que propose Peillon : Informée de la tenue de la conférence du SE-Unsa et Sud Education appellent incrédules quant au fait que le sentiment qu’il y a un risque travailler plus pour gagner 1er décembre, Chantal Chantoiseau a sou- les personnels à se rassembler en les maires pourraient leur réel de faire imploser le syn- moins ! Si la question de la ligné qu’« effectivement il est très impor- assemblée générale dans les arron- imposer des choses. Mais cela dicat. Dans les discussions que grève est posée, ce devrait être tant de préserver l’indépendance des dissements et à l’assemblée générale se précise : dans la grande ville nous avons entre nous, les pour dire : non au travail le organisations syndicales et la défense des parisienne du mardi 11 décembre, à du département, dirigée par camarades disent : « Il est hors mercredi ! D’autres militants revendications des personnels, quel que 17 h 30 à la Bourse du travail, pour le PS, les élus sont dans les de question de tout accepter commencent à en parler. J’ai soit le gouvernement ». décider des modalités d’actions afin starting-blocks, et ils veulent sous prétexte qu’on a un gou- tenu une réunion d’informa- Le succès de la mobilisation des infirmières de leur permettre d’être enfin enten- que la classe reprenne à vernement socialiste ! Si c’était tion syndicale cette semaine où montre que ce point de vue est largement dus (vendredi 23 novembre 2012). » 15 heures l’après-midi afin de Chatel qui avait fait ça, on cette question a été discutée. partagé. faire des économies sur la prise aurait déjà été dans la rue ! » I
  • 5. INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 5Interview Ville de ParisCatherine Remermier, collectif nationaldes conseillers d’orientation-psychologues du SNES Face à face entre les syndicats CGT et FO et les élus PS-PCF“Nous voulons garder le réseau des CIOdans l’Education nationale, Daniel Shapira G D’un coté, les syndicats CGT etgarder notre statut et nos missions” FO ont appelé les personnels de la Ville de Paris à la grève les 20 et 21 novembre, et à nouveau le 26 pour le syndicat FO. Les revendi-Quelle est la portée générale de la cations sont claires. Elles portentbataille des conseillers d’orientation- sur les salaires et les déroulementspsychologues avec leurs organisations ? de carrière, sur les postes, et la titu-Les dernières annonces du cabinet du larisation des emplois précaires.ministre Peillon, disant qu’il n’y aurait plus Au nom de la « rigueur », revendi-rien concernant l’orientation dans la future quée et appliquée par le maire PS,loi pour la refondation de l’école et que Bertrand Delanoë, tout s’accumuletout serait traité dans la loi de décentrali- contre les personnels : ainsi, le joursation, en disent long sur son devenir. On de carence s’applique sur la paievoit bien que l’orientation devient essen- de novembre, des agents ont jus-tiellement un moyen de régulation des poli- qu’à cinq jours de retenue de salairetiques d’emploi des jeunes. L’orientation qui se répercutent sur toute lades élèves — qui se fait actuellement par feuille de paie (cotisations et durée Photo DRl’intermédiaire des centres d’information de la retraite, congés, etc.) ; ainsi,et d’orientation (CIO) et des conseillers une prime de fin d’année appeléed’orientation-psychologues — serait ainsi Manifestation en janvier 2012. « reliquats », est supprimée pour Photo DRsortie de l’Education nationale et placée à certaines catégories d’agents, quiun niveau interministériel. Cela nous perdent 300 à 400 euros !inquiète beaucoup. Pour nous, la réflexion l’orientation. C’est inacceptable ! Il n’y a G De l’autre côté, Delanoë refusedes élèves sur leur orientation est une pas de meilleur label que le recrutement de répondre aux revendications Les personnels de la Ville de Paris en manifestation le 21 novembre.démarche éducative, elle s’inscrit dans les de fonctionnaires dans le service public, et, pire, il envoie, mardi 20 no-objectifs éducatifs de l’école. C’est une qui défend un travail ambitieux auprès des vembre, les CRS déloger les gré- orientations budgétaires de la Ville, niveau d’investissements. » On nedémarche qui aide les élèves à grandir et jeunes, et en particulier auprès des jeunes vistes en plusieurs endroits où ils Ian Brossat (PCF, président du peut dire plus clairement qu’il s’agit,à développer leur esprit critique, leur issus des milieux populaires. Donc, rien étaient rassemblés. groupe Front de gauche), a pour le président du groupe Frontréflexion, la compréhension du social. Cela n’a changé par rapport aux conceptions Pourquoi cette violence de Delanoë déclaré : « Soit on considère que ce de gauche, d’un bon budget !fait partie des missions de l’Education globales des réformes précédentes. contre les grévistes et leurs syndi- sont les politiques d’austérité qui Les 10, 11 et 12 décembre pro-nationale. En prenant cette décision, le cats CGT et FO ? D’une part, il a reçu nous permettront de sortir de la chains, le Conseil de Paris a à sonministre cherche à nous isoler. L’intersyndicale formule la question de le soutien des syndicats CFDT et crise, soit on considère au contraire ordre du jour l’adoption du bud-Il prétend que le chômage des jeunes est la grève en janvier et appelle à la pour- UNSA qui ont dénoncé la grève. que ce qui nous permettra de sor- get. Nul doute que le face-à-facelié au dysfonctionnement de l’Education suite de la mobilisation. N’est-ce pas Mais, de plus, ne puise-t-il pas de tir de la crise dans laquelle nous entre les personnels et leurs syn-nationale. Il n’y a aucune prise de distance un point d’appui pour l’ensemble des l’assurance dans l’appui ouvert qu’il sommes, c’est une relance de l’ac- dicats CGT et FO d’une part, et lavis-à-vis du rapport Gallois. personnels ? a reçu du groupe du Front de gauche tivité. Ce budget répond à cette ques- mairie d’autre part, va se repro-Ce qu’ils veulent, c’est supprimer les CIO. Oui. Tout d’abord, lors d’une semaine de au Conseil de Paris ? tion, lorsqu’il fait le choix d’en rester duire à cette occasion. Que ferontCe n’est même pas une question de trans- mobilisation début décembre, nous appe- En effet, lors du débat mené en à un niveau d’investissements élevé, à ce moment-là les élus du Frontfert. Mais ce que nous mesurons de plus lons nos collègues à informer largement octobre au Conseil de Paris sur les voire d’augmenter encore notre de gauche ? Ien plus, c’est que les régions vont utiliser les enseignants, les parents, les élus, à faireles personnels dans des espaces polyva- signer la pétition intersyndicale et à adop-lents, des espaces métiers, des cités des ter des motions dans les établissements. Ilmétiers… Dans cette situation, nos reven- y aura interpellation des recteurs et des Politiquedications demeurent plus que jamais. Ce présidents de régions, des conférences deque nous voulons, c’est préserver le réseaudes CIO dans l’Education nationale. Nousvoulons garder notre statut de conseillers presse… Et se posera la question de la grève en janvier si le ministre ne renonce pas. Nos collègues enseignants ne sont pas d’ac- Lorsque la crise de l’UMPd’orientation-psychologues, nos missionset continuer à travailler en amont à la pré- cord pour que les conseillers d’orientation- psychologues soient moins souvent dans devient celle de l’Etat dans son ensemblevention, comme nous le faisons aujour- les établissements scolaires. Ils ne veulentd’hui au sein des équipes éducatives et des pas prendre en charge les tâches que nousCIO. ne pourrons plus faire. Je pense qu’il faut Gérard Bauvert point de vue, pris dans un étauCette mesure concernant les CIO et les faire converger les revendications des dif- férents personnels dans l’Education natio- u cœur de la crise de “Les cercles du capital tous les partis, en particulier celui qui a été taillé dès l’origine commeconseillers d’orientation n’est-elle pasreliée à la politique d’ensemble du gou-vernement, entre autres les 30 milliards nale. Finalement, derrière l’offensive contre l’orientation, il y a un débat très idéolo- A décomposition de l’UMP qui, sous diverses formes, a assuré la « continuité » de l’UDR ne cachent plus leurs craintes” le bras armé de l’Etat via les insti- tutions gaullistes auxquelles il s’est identifié. Comme par un effetde restrictions budgétaires supplé- gique. Ce que l’on nous reproche à nous, puis du RPR, vient de franchir une mécanique, la décomposition dementaires d’ici à 2017 ? conseillers d’orientation-psychologues, nouvelle étape dont il est prati- l’UMP a nourri la dislocation deEffectivement. Le ministère avait un autre c’est de ne pas valoriser suffisamment l’en- quement avéré qu’elle sonne le l’Etat bonapartiste (et récipro-choix. Il pouvait décider de garder les CIO treprise. Mais notre rôle n’est-il pas de favo- glas du parti fondé par de Gaulle Celle-ci, naturellement, existe et quement). Ce dernier endossait àet envisager une coordination entre le ser- riser la découverte, la prise de conscience, (en tout cas tel que nous l’avons joue son rôle. Mais l’origine de la son tour la crise profonde des ins-vice public d’orientation Education natio- la connaissance de ce que font ceux qui connu), qui s’est identifié aux ins- décomposition de l’UMP est à titutions de l’Union européennenale autour des CIO et les missions locales, travaillent ? En fait, on nous reproche de titutions réactionnaires de la Ve rechercher dans la lente agonie (elles-mêmes au bord de l’explo-Pôle emploi, etc. Il a choisi une position ne pas diffuser uniquement le point de vue République depuis 1958. Rien ne d’un régime politique, celui de la sion et menaçant à leur tour d’em-radicale : la suppression des CIO. de l’employeur. sera plus comme avant. Au cours V e République, qui s’est trouvé porter chacun et tous les des décennies écoulées, même si confronté dès son origine — mal- protagonistes). C’est en ce sensVos revendications ne recoupent-elles Comment apprécies-tu le front commun la formule peut prêter à discus- gré le soutien éhonté des sommets que — par-delà les rebondisse-pas celles d’autres personnels, par des syndicats SNES, FO, CGT et SUD dans sion, le régime de la Ve République des partis se réclamant du mou- ments — la crise de l’UMP résonneexemple ceux de l’AFPA (1), qui étaient cette bagarre ? avait toujours été qualifié, du vement ouvrier et de la démocra- pour la classe dominante, pour laen grève et manifestation le 22 no- Cette unité est nécessaire, car les risques temps où il avait des opposants tie — à la résistance de la classe bourgeoisie, comme un avertis-vembre ? pour la profession, et plus globalement (en tout cas officiels), d’« Etat- ouvrière et de ses organisations sement de première importance.Oui, les personnels de l’AFPA sont confron- pour l’Education nationale, sont grands. UDR » puis d’« Etat-RPR ». que l’appareil d’Etat n’a jamais Les cercles du capital ne cachenttés à la casse de leur métier. On les empêche Les propositions sur l’orientation sont en Au moment où nous écrivons réussi à intégrer. plus — au-delà de leur exaspéra-de continuer à faire tout le travail qu’ils fai- lien avec la question de la carte des for- (mardi 27 novembre), François La nécessité de s’adapter aux ins- tion — leur stupéfaction et leurssaient auprès des usagers, un travail de mations professionnelles. En confiant l’éla- Fillon vient de constituer un nou- titutions supranationales de craintes.qualité vraiment au service du public. C’est boration de cette carte aux régions qui veau groupe parlementaire. Ce qui, l’Union européenne, les coups de Derrière les appels au « cessez-le-précisément pour cela que nous nous bat- établiront des priorités, l’Etat se prive dans la forme comme dans le fond, boutoir répétés de ces dernières feu », ces derniers comptent plustons. Nous n’en voulons pas ni pour nous d’avoir une véritable politique de forma- correspond à un acte scissionniste pour modifier le système bâtard que jamais sur les dirigeants duni pour eux. Tout cela relève de la défense tion professionnelle et technologique, car qui peut marquer l’implosion géné- du bonapartisme français pour en PS pour endosser davantagedu service public. Dans la mise en place vingt-six politiques régionales, cela n’a rale (dont la date reste à préciser) faire un outil mieux adapté aux encore la responsabilité de proté-du projet gouvernemental de « service ter- jamais fait une politique d’orientation d’un parti qui, au cours des décen- exigences du capital, ont agi ger l’essentiel. En sachant que l’im-ritorialisé d’orientation », toute une par- nationale. C’est quand même bien un pro- nies passées, a colonisé les princi- comme un puissant facteur de plosion en cours de l’UMP,tie des missions et actions faites aujourd’hui blème. Donc la bagarre à mener implique paux rouages de l’appareil d’Etat. déstabilisation générale, non seu- entraînant une déstabilisationpar le service public seraient externalisées. que nous soyons le plus possible réunis et On aurait tort de réduire les mul- lement de l’UMP (ainsi que de tous générale, vient de rendre cetteEt l’idée, c’est d’accorder des labels à des que l’on se batte sur ces enjeux-là. tiples rebondissements qui ont les partis) mais également de l’ap- tâche encore bien plus compli-organismes associatifs ou privés. Personne Propos recueillis par Laurence Fayard I lieu (et ceux qui vont avoir lieu) à pareil de l’Etat lui-même. quée. Ine vérifiera la qualification des interve- une haine farouche mettant aux Les puissantes luttes de classe dunants, et pourtant, ils pourront entrer dans (1) Association nationale pour la formation pro- prises des individus menés par une prolétariat, le référendum de 2005les collèges et les lycées pour travailler sur fessionnelle des adultes. ambition féroce. et ce qui a suivi ont, d’un certain
  • 6. 6 > L’actualité politique et sociale >>> INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012Santé - Protection socialePoint de vue SÉCURITÉ SOCIALE > Premier résultat de la grève des internesLes internes ont raison Le gouvernement renonce « Ils refusent ce qu’ils appel- lent “une privatisation de la santé”. » aux remboursements différenciés des consultations C’est réconfortant de consta- ter que des jeunes compren- Photo DR nent ce risque et se battent pour conserver notre système de Sécurité sociale. Dans les mines de fer, alors“Leur combat que nous avions la gratuité, Les mutuelles n’auraient finalement pas le droit de diminuer le remboursement desest le nôtre, le patronat a tenté, il y a consultations médicales hors de leurs réseaux de soins, promet le ministre de la Santé,il a notre soutien” quelques dizaines d’années, de nous introduire une Marisol Touraine. mutuelle. Beaucoup de mineurs y ont été sensibles,Jean Markun nous indiquant à l’époque que cela leur permettraitJ’ ai pris connaissance des articles parus dans le numéro 227d’Informations ouvrières d’accéder à une chambre individuelle ; ils y voyaient une bonne démarche, alors qu’ils étaient soignés gra-concernant la mobilisation tuitement. Photo DR Photo DRdes internes et les risques de Nous nous sommes expli-la montée en puissance des qués avec eux en leur indi-mutuelles. Il y a peu parais- quant qu’il s’agissait dusait dans le journal Les Echos « premier doigt dans l’en- La proposition de loi 296,un article nous précisant que grenage », dont la finalité qui devait bouleverser,le renforcement de la Mutua- était la destruction de notre dans le silence,lité était le bon moyen d’abou- régime spécial ! notre systèmetir à la privatisation de la Ils l’ont admis, peut-être pas de prise en charge,Sécurité sociale (sic). Le en totalité, mais ils nous ont a d’oresrégime général a été instauré suivis ! et déjà du plomb Photo DRen 1945, à la suite de l’élan de Aujourd’hui, le régime dans l’aile.solidarité qui a prévalu au minier est au bord de la des-moment de la Seconde Guerre truction totale. Notre actionmondiale ; à ce moment-là, a permis cependant de la Les internes en grève ont manifesté à nouveau le mardi 20 novembre jusqu’au ministère dedéjà, les mutuelles « avaient retarder, et de récupérer des la Santé, plus massivement encore que la semaine précedente.fait la moue ». acquis vitaux. Mais les dis-Il est clair que notre protec- cussions sont en cours avec Nicole Bernard Il faut le dire : cette proposition de loi, dépo- précise, en termes assez alambiqués, que letion sociale ou, pour moi, le les représentants de Marisol sée par le chef de file des députés PS, Bruno « remboursement différencié » ne peut enrégime minier ont été des Touraine, qui refuse d’abro- Informations ouvrières a expliqué, la Le Roux, et la quasi-totalité du groupe par- aucun cas concerner les actes et prestationsgaranties importantes pour ger les décrets déjà adoptés semaine dernière, que la proposition de loi lementaire, devait passer comme une lettre des médecins.notre santé. par la droite et qui nous por- n° 296 concernant les mutuelles constituait à la poste ! Hollande s’y était engagé au Les mutuelles auraient donc le droit (ce quiCes acquis n’ont cependant tent des coups durs. une attaque frontale contre la Sécurité congrès de la Mutualité en octobre dernier. est très grave) de différencier les rembour-pas été le fruit d’une généro- Nous avons un degré de gra- sociale. Personne n’était au courant. C’était sans sements en fonction de l’affiliation des pro-sité patronale ou gouverne- tuité encore important, mais bavures. fessionnels de santé à un réseau de soins…mentale. Ce sont des acquis il ne correspond pas à ce que e président de la Mutualité française Mais les internes, par un sûr instinct, ont Mais pas pour les principaux acteurs du sys-de la lutte, parfois très dure.Ce que dénoncent les in-ternes au travers de leurs nous avions, ce qui nous a obligés à une première démarche d’adhésion à une L vient d’ailleurs de lever tous les doutes qui pourraient subsister en précisant : « Si un adhérent va chez un professionnel non compris tout de suite que cette attaque contre la Sécurité sociale était une attaque contre les malades et leurs médecins, et ils se sont tème de soins que sont les médecins ! C’est une vraie brèche dans le dispositif porté par la Mutualité française, car ce sont préci-actions pour leurs condi- mutuelle. Patronat et pou- affilié (au réseau de soins), il est toujours mis en grève. sément les médecins qu’elle veut conventionnertions de travail, c’est bien, voir y ont mis le temps, remboursé. Simplement, ce remboursement Et ils ont fait mouche. Inquiète du dévelop- grâce au « remboursement différencié ».comme nous, la destruction même si notre action a sera un peu meilleur s’il va chez un membre pement de la grève, Marisol Touraine leur a Pour la Mutualité française, les mutuelles ned’un acquis fondamental ralenti leurs prétentions, du réseau. » C’est clair et net. affirmé mardi 20 novembre « son refus de doivent plus être complémentaires de laissu de ce combat de classe ; mais le cours des choses Ce ne serait plus le conventionnement par réseaux de soins fermés », ajoutant « qu’il n’y Sécurité sociale, mais pouvoir imposer leursen dénonçant les nouvelles n’est pas stoppé. la Sécurité sociale qui déclencherait le rem- aurait pas de différence de remboursement propres règles au même titre que les assu-dispositions concernant les Les nouvelles dispositions boursement par la mutuelle, mais l’affilia- des patients ». rances privées. Et maintenant, que va-t-il semutuelles, ils dénoncent le qui interviennent sont une tion du médecin au réseau de l’assurance La logique aurait voulu que le groupe PS retire passer ? Les internes ont fait savoir qu’ilsfait que cela les rendrait menace pour les mineurs. complémentaire, qu’elle soit une mutuelle la proposition de loi dont l’unique objet est avaient besoin de voir clair dans ce qui leurdépendants de ces institu- Les internes ont raison ! Trois ou une assurance privée. d’instaurer un remboursement différencié ! Ce était proposé. On les comprend.tions. fois raison à ce niveau ; leur C’est la raison pour laquelle les internes de n’est pas encore fait. Une chose est sûre : la proposition de loi 296,« Les internes, futurs méde- combat est le nôtre, il a notre Grenoble, dans leur lettre à leurs professeurs, Les députés PS de la commission des affaires qui devait passer sans coup férir et boule-cins, refusent d’être asservis soutien. écrivent : « Nous nous battons aujourd’hui sociales de l’Assemblée nationale ont tou- verser, dans le silence, notre système de priseaux mutuelles. » I pour qu’un système de santé à l’américaine tefois introduit un sérieux bémol en ajou- en charge, a d’ores et déjà du plomb dans ne fasse pas son entrée en France. » tant à la proposition de loi un article qui l’aile. IGRENOBLE > Document ÉCLAIRAGELettre du comité de grève des internes aux professeurs des universités-praticiens hospitaliers Les syndicats FO des personnels hospitaliers du Rhône“Nous nous battons aujourd’hui pour qu’un système de santé à l’américaine soutiennent la grève des internesne fasse pas son entrée en France” (…) En autorisant les mutuelles à créer des filières, des réseaux de soins, (avec la proposition de loi 296), combinée à la réaffirmation par François Hol- lande devant le congrès de la Mutualité, le 20 octobreChers professeurs, Chers maîtres, Chers confrères, Nous nous battons aujourd’hui pour qu’un système de santé à l’amé- dernier, de sa volonté « de créer une complémen- ricaine ne fasse pas son entrée en France, pour notre liberté de pra- taire universelle », le gouvernement est dans les ous n’êtes pas sans connaître le mouvement de grève de vos tiquer une médecine libre, de qualité, non dictée par des organismesV internes ces derniers jours. Ce courrier a vocation d’infor- mation, car la plupart d’entre vous ignorent simplement lesraisons de cette colère. avides de profits. Nous nous battons pour la liberté des patients de choisir leur méde- cin. faits en train : — d’instrumentaliser les mutuelles contre la Sécu- rité sociale, accusée par Bruxelles « de ne pas res- pecter le principe de la concurrence libre et nonLes médias détournent votre attention sur le seul problème des Nous nous battons contre la désinformation et les mensonges du faussée »,dépassements d’honoraires, afin de nous faire tous passer pour des gouvernement et des médias, qui nous divisent depuis des mois, — de liquider le caractère universel et monopolis-nantis et des bourgeois. nous insultent, nous traitent de voleurs, afin de faire passer une tique de prise en charge du risque maladie par laLa réalité de notre combat, la voilà, et elle vous concerne autant que réforme qui transformera le système de santé français en industrie Sécurité sociale, de liquider la liberté du choix dunous : la ministre de la Santé actuelle a vendu la Sécurité sociale aux privatisée lucrative. praticien par le malade ;mutuelles, leur permettant de créer des réseaux de soins, mutualisés. Pour preuve : la loi 296 proposée dans quelques semaines à l’As- — de liquider celle du médecin, devenu « adhérentDans un ou deux ans, les patients n’auront plus le choix de leur semblée. d’un réseau », à qui il devra rendre des comptesmédecin, devront en référer à leur mutuelle déjà riche à milliards, sur des objectifs atteints ou pas, de soigner et dequi leur imposera un praticien sous peine de non-remboursement Soutenez-nous, nous avons besoin de vous. prescrire librement (…).(déjà valable en optique et dentisterie). Aujourd’hui, tout naturellement, FO est aux côtésBien sûr, en ce qui nous concerne, toute modification d’attitude Vos internes des internes en grève. Leurs revendications sont légi-thérapeutique devra, elle, être validée par la mutuelle en question, Pour le comité de grève : Jeremy Cognault, Anne Vendrell, times, la proposition de loi n° 296 doit être retirée.qui ne se privera pas de proposer une médecine au rabais. Philippe Junet, Eric Boyer.
  • 7. INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 7CAISSE D’ALLOCATIONS FAMILIALES > Grève nationale du 22 novembre UNION EUROPÉENNE Bruxelles veut bannir d’EuropeUne grève massive des CAF dans l’unité les tarifs réglementés de l’énergie La Commission européenne exige la fin progressive des tarifsLe ras-le-bol et l’inquiétude des personnels, l’unité des fédérations FO et CGT expliquent réglementés (c’est-à-dire fixés par l’Etat) de l’électricité et du gaz, menaçant les Etats de poursuite judiciaire !le succès de la grève, comme le rapporte notre correspondant du Val-d’Oise.De notre correspondant CGT (bientôt rejointes par la CGC) est accueilli avec enthousiasme par les sala- es suppressions d’emplois interve- riés, qui y voient l’opportunité de rompreL nues ces dernières années ont pro- duit une situation insupportabledans les caisses d’allocations familiales l’isolement et de parler d’une seule voix pour faire entendre les revendications qui sont celles de toutes les CAF : l’arrêt des(CAF), tant pour les personnels que pour suppressions de postes et des restructu-les allocataires, contraints à des attentes rations. Et, en plus, l’unité est réalisée !interminables. Une pétition reprenant les revendications de FO et de la CGT est lancée pour appuyerUne situation intolérable nos fédérations qui rencontreront le Photo DRà la CAF du Val-d’Oise ministre. Il est également décidé d’un tract aux allocataires accompagné d’une péti-Comme toutes les autres caisses d’allo- tion demandant des embauches et l’arrêt Le barrage de Grandval (Aveyron).cations familiales, celle du Val-d’Oise voit des fermetures d’accueils.ses effectifs diminuer sans fin, tandis a privatisation du secteur continuent à augmenter »,qu’augmente la charge de travail. Lesrestructurations se multiplient. En 2011,la direction avait même tenté de regrou- Davantage de grévistes qu’en 2010 pour la défense des retraites L de l’énergie ne va pas assez vite, selon la Com- écrit-elle. Photo DRper l’ensemble des salariés sur un seul mission européenne. MISE AUX ENCHÈRES Le 22 novembre, grève massive à la CAF 95 :site. Une grève massive avait alors mis en 184 grévistes, soit 40 % du personnel Dans une communication datée DES CENTRALESéchec ce projet impliquant des dizaines (davantage encore qu’au plus fort des du 15 novembre (1), Bruxelles HYDROÉLECTRIQUES Guichets fermés pour cause de grève. déplore que plus de 90 % du Concernant les centrales élec-de mutations forcées jusqu’à plus de cin- grèves de 2010 pour la défense des marché de l’électricité soient triques installées dans les bar-quante kilomètres. Toutefois, l’idée n’est Au coeur des revendications : retraites) ! Le lendemain matin, les col- encore détenus en France par rages, « la Commission presserapas pour autant abandonnée et suscite l’arrêt des suppressions de postes lèges sont enchantés : les résultats de la EDF. Et surtout, la Commission les autorités publiques de garan-l’inquiétude légitime des agents. Le recours et des restructurations grève sont déjà perçus en eux-mêmes veut en finir avec toute interfé- tir que les concessions pour lesaux CDD et aux heures supplémentaires comme une petite victoire et comme un rence de l’Etat dans la fixation installations de productionest devenu monnaie courante, de même Une pétition FO et CGT recueille, en point d’appui pour les fédérations, que le des prix de l’énergie. hydroélectrique (…) soient attri-que les fermetures d’accueils à répétition quelques heures, 257 signatures d’agents, ministre va recevoir à Marseille. Pour une « A l’heure actuelle, écrit la buées en pleine conformité avec(quinze jours par mois depuis deux ans parmi lesquels une idée commence à se fois, la grève des CAF a bénéficié d’un trai- Commission, la réglementa- les principes du traité et le droitsur les sites de Sarcelles et d’Argenteuil). faire jour : « faire quelque chose » pour tement médiatique correct, et ce n’est pas tion des prix de nombreux Etats dérivé de l’Union européenne ».Fin septembre, la direction décide de pro- mettre fin à cette situation, tous ensemble, la moindre des satisfactions pour les gré- membres empêche les fournis- Bruxelles ajoute : « La manièrelonger d’un mois la fermeture « men- dans l’unité du personnel et des organi- vistes. Justement, au soir de la grève, FR3 seurs d’offrir des services la plus appropriée d’y parvenirsuelle », soit six semaines de fermeture sations syndicales… Mais quoi ? Com- a diffusé un reportage réalisé à la CAF 95. attrayants (…). Les prix régle- devrait consister à réaliser dessur les deux sites secondaires. Conscient ment ? Pour en discuter et décider, des Dans des bureaux quasiment vides, on y mentés, même s’ils permettent appels d’offres pour ces conces-de l’incompréhension et de la colère que assemblées générales sont convoquées voit la direction déclarer que « la charge de couvrir les coûts d’exploita- sions (…), à l’aide d’instrumentscela génère parmi le public, le personnel par FO et la CGT. de travail a beaucoup augmenté », qu’on tion, n’envoient pas les signaux transparents tels que desest inquiet. Entre-temps, le 7 novembre, les fédéra- « ne peut pas coûter moins cher » et qu’elle de prix nécessaires. » enchères. » Le 25 octobre, Del-En effet, les allocataires trouvent porte tions FO et CGT sont reçues au ministère. « comprend les grévistes ». phine Batho, ministre de l’Ener-close, avec pour seule alternative de se Les deux fédérations conviennent d’un Ce subit accès de « compréhension » n’arendre à Cergy ou de renoncer à être reçus. appel national à la grève dans toutes les pas manqué de susciter l’étonnement, DES AUGMENTATIONS gie et de l’Ecologie, avait déclaréAux guichets de Cergy et aux points d’ac- CAF, le 22 novembre, premier jour de la voire l’ironie d’une grande partie du per- DE PRIX À VENIR au cours d’une audition à l’As- En conclusion, exige Bruxelles, semblée nationale, à propos decueil, restés ouverts, c’est l’affluence. A conférence annuelle des directeurs de CAF . sonnel, peu habitué à un tel discours de « les Etats membres devraient cette privatisation des barragesSarcelles et Argenteuil, fermés, les agents Dans le cadre de cette conférence, les fédé- la part de l’employeur. Les agents veulent s’efforcer de ne plus réglemen- hydroélectriques, qu’elle neappréhendent la tension prévisible à la rations seront reçues le 23 novembre par des réponses à leurs revendications. Tous ter les prix de l’électricité et du souhaitait pas « une nouvelleréouverture. Beaucoup se demandent si le ministre de la Famille. attendent maintenant avec impatience le gaz pour tous les consomma- libéralisation » et qu’elle avaitces fermetures répétitives ne seraient pas A la CAF 95, les assemblées générales se compte rendu de l’entrevue des fédéra- teurs, y compris les ménages et demandé à ses services « l’étudele prélude à la fermeture définitive et à la tiennent et rassemblent au total plus d’une tions avec le ministre. En tout état de les PME. de scénarios alternatifs ».disparition pure et simple de leur lieu de centaine d’agents sur un effectif de 600. cause, le sentiment général est : « On n’a La Commission continuera Le gouvernement décidera-t-iltravail actuel. L’appel à la grève des fédérations FO et pas fait grève pour rien ! » I d’insister pour que les calen- réellement une épreuve de force driers de suppression des prix avec Bruxelles ? « Paris va devoirHÔPITAUX réglementés soient mis en place rendre des comptes, commente dans le cadre des réformes struc- le site Internet lexpansion.com. turelles des Etats membres. Les instances européennes sur-Mobilisation pour le maintien des urgences de l’Hôtel-Dieu Elle continuera de promouvoir des prix de détail selon les prin- veillent de près le processus en cours en France. Dans ce cipes du marché, y compris en contexte, les différentes parties lançant des procédures d’in- prenantes attendent avec impa-Marie Stagliano teurs d’Informations ouvrières, dans quelle Jean-Marie Le Guen, député PS, adjoint à fraction contre les Etats tience d’en savoir plus sur les situation elle intervient. la Santé de Bertrand Delanoë et président membres. » “scénarios alternatifs” évoquésLe maire de Paris vient de prendre posi- Depuis le 12 septembre dernier, date à du comité de surveillance de l’AP-HP, lui, La Commission européenne par la ministre. » Y. L. Ition contre la fermeture du service, à l’in- laquelle la directrice de l’AP-HP a présenté avait vanté à la délégation intersyndicale ne fait aucun mystère quantverse de la position de son adjoint à la le projet du « nouvel Hôtel-Dieu », qui pro- qu’il avait reçue le 11 septembre dernier, aux conséquences, pour les (1) Pour un bon fonctionnement duSanté. La mobilisation syndicale se déve- gramme le démantèlement de cet hôpital, le nouveau projet de l’Hôtel-Dieu, que le usagers, de cette privatisation marché intérieur de l’énergie, COMloppe. en particulier la fermeture de ses urgences, journal Le Parisien avait résumé ainsi : complète : « Il est probable qu’à (2012) 663 final, Bruxelles, 15 no- la mobilisation des personnels et de ses « Un hôpital… sans lit. » l’avenir, les prix de l’énergie vembre 2012.Dans une lettre adressée le 30 octobre à organisations syndicales n’a pas cessé. « Fer- Et la commission médicale d’établisse-la directrice générale de l’Assistance mer un service qui reçoit plus de 40 000 pas- ment (CME) de l’AP-HP, sous son in-publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Ber- sages par an, alors que les urgences des autres fluence, s’est prononcée pour la fermeturetrand Delanoë se prononce pour le main- hôpitaux saturent, c’est la catastrophe assu- des urgences. EN BREFtien des urgences de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu. rée pour 400 000 habitants du centre »,Le maire (PS) de Paris écrit : estime le Dr Gérald Kierzek, responsable UNE QUESTION CENTRALE Les assureurs privés en embuscade« Le maintien pérenne du service d’accueil du service mobile d’urgence et de réani- POUR TOUTE L’AP-HP derrière la proposition de loides urgences 24 h sur 24 reste une question mation (Smur), dans Le Parisien (15 no- Les organisations syndicales, quant à elles,essentielle. J’y suis personnellement très vembre). continuent d’exiger « l’arrêt du démantè- sur les réseaux de soins des mutuellesattaché. Le périmètre et le contenu de l’offre lement de l’Hôtel-Dieu et le maintien de « Les assureurs ont un rôle à jouer dans le système de santé » : sousde soins du futur Hôtel-Dieu retiennent DÉMARCHE COMMUNE ses urgences ». L’union départementale ce titre provocateur, le P-DG d’Axa, Henri de Castries, s’est expriméégalement toute mon attention. Cette offre DES SYNDICATS CGT appelle, le 28 novembre, à un ras- dans les colonnes du site Internet latribune.fr (22 novembre).de soins au centre de Paris est indispen- A la suite d’une audience au ministère, le semblement devant l’Hôtel-Dieu : « Si « Nous vivons en France avec une organisation héritée de 1945 quisable aux Parisiens et aux Franciliens. (…) 25 octobre, les organisations syndicales l’Hôtel-Dieu fermait, ce serait neuf arron- ne semble pas forcément optimale », lâche le P-DG. Il s’est néan-Aussi, je vous remercierais de me tenir per- CGT, FO, CFTC et SUD Santé de l’AP-HP dissements parisiens sans hôpital public », moins « bien gardé d’intervenir précisément dans le débat sur lesonnellement informé des conclusions de ont adressé une lettre ouverte au ministre lit-on dans le tract d’appel. fonctionnement des réseaux de soins des mutuelles santé en France,la mission du professeur Fagon, en parti- de la Santé, Marisol Touraine, dans Ce qui est clair, c’est que la question du alors qu’une proposition de loi sur le sujet est en cours d’examenculier concernant l’actuel service d’accueil laquelle, ils réaffirment leurs revendica- maintien des urgences de l’Hôtel-Dieu est à l’Assemblée nationale », note le site latribune.fr, parlant de la pro-des urgences. » tions : « Madame la ministre, vous vous devez une question centrale pour toute l’AP-HP . position de loi n° 296 déposée par les députés du PS, contre de nous apporter des réponses et, notam- Elle est emblématique de tout le disposi- laquelle manifestent les internes en médecine (lire page 6).UN POINT D’APPUI ment, vous engager sur le maintien des tif de plans de restructuration des hôpi- De Castries a toutefois estimé que « les assureurs ont un rôle à jouerCette prise de position constitue un réel urgences de l’Hôtel-Dieu et de ses services taux parisiens. dans le système de santé », à l’instar de ce qu’ils font dans d’autrespoint d’appui. Rappelons, pour les lec- d’aval sur le site. » I domaines comme l’assurance automobile.
  • 8. 8 > La vie du parti >>> INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 Proposition de loi pour rétablir le libre choixPARTI OUVRIER INDÉPENDANT des communes dans leurs coopérations : la campagne est lancée ! Conférence de presse Loire “Rassemblons massivement “Notre des signatures détermination sur la proposition de loi” s’amplifie” Interview de Jean Bartholin, Photos DR conseiller général PS de la Loire Il y a trois semaines, la veille de la délé- de gauche qui se sont à une époque affi- gation au ministère de l’Intérieur, tu chés contre la loi sur laquelle ils s’appuient avais accordé une interview à Informa- aujourd’hui sans scrupule. tions ouvrières. Que s’est-il passé J’ai bien constaté, lors de notre délégation, depuis? que le cas roannais n’était pas isolé. Nous avons appris que notre préfète avait Et puis, il faut effectivement essayer de été convoquée mercredi dernier par les comprendre les vraies racines du mal… ministères concernés : la prise en compte Quelle mouche pique ainsi certains élus à ce niveau de notre situation est le résul- qui ne cessent de rabâcher que —sous pré- tat de toutes nos actions pour faire entendre texte de mutualiser — le salut est dans « le Pendant le congrès des maires, le 20 no- Cette loi va-t-elle reprendre les décisions notre juste cause, dont toujours plus grand », utili- vembre 2012, une conférence de presse a de Richert, ex-ministre de Sarkozy, de dis- notre déplacement récent “Notre lutte locale sant un langage qui relève été organisée (notre photo) pour présen- soudre les deux départements du Haut- avec la délégation Schivardi s’inscrit donc bien plutôt de la grande écono- ter l’action des élus pour déposer la pro- Rhin et du Bas-Rhin avec la région, dans au cabinet de M. Valls. dans un combat mie d’entreprise : les « éco- position de loi visant à rétablir le libre un conseil unique d’Alsace, prélude à la Le congrès des maires aura plus global : nomies d’échelle », la « taille choix des communes de s’associer ou de disparition des départements et des com- été une autre occasion de celui du maintien critique », la « compétiti- se dissocier librement dans le cadre de la munes, et à l’éclatement du Code du tra- renforcer cette écoute au vité »…, comme si l’action coopération intercommunale, confor- vail et de l’Education nationale ? (...) niveau national, notam- de la proximité publique relevait déjà d’une mément au mandat explicite de la popu- Je voudrais attirer votre attention sur la ment par la voix de Phi- d’une action publique logique de marché. Et effec- lation. Gérard Schivardi a fait une réponse qui nous a été faite par Mme Bau- lippe Benedetti et de Ber- pariant sur tivement — je l’ai dit devant déclasration dont vous lirez des extraits doin-Clerc, au nom de M. Manuel Valls : nard Thivend, représentant la démocratie 350 personnes —, Gérard ci-dessous. « Le président de la République et le gou- notre collectif, et cela de- et l’action locales Dumas, relais local du POI, vernement s’inscrivaient dans la continuité vant les ministres, et même a raison d’évoquer le rôle que ’est une bataille qui vient de loin. de la rationalisation de la carte intercom- auprès du président de la pour construire tient — ou que ne tient pas C Elle est enracinée dans l’attache- ment des maires à leur mandat, dans la détermination de la population à munale et, pour ce faire, il fallait aller jus- qu’au bout de l’utilisation des pouvoirs exceptionnels confiés aux préfets, tout en République. notre détermination, non au quotidien la cohésion — l’Europe, même si ce pro- Enfin, s’il fallait le prouver : de notre société” pos peut paraître bien éloi- gné de nos soucis : ce vent défendre ses intérêts avec ses élus. ayant conscience des points de blocage qui seulement ne se relâche de compétitivité, soufflé par Déjà, lorsque la réforme territoriale du pouvaient exister et en approfondissant le pas, mais elle s’amplifie encore puisque le le libéralisme mondial, est relayé par l’Eu- 16 décembre 2010 avait été publiée, deux dialogue et la négociation. » nombre de démissions envisagées « au cas rope des lobbies qui insiste pour protéger mille maires et conseillers généraux avaient Bien entendu, nous ne renoncerons à où ! » ne cesse de croître… près de deux à tout prix la libre concurrence, y compris signé un appel, qu’avec des collègues de aucune possibilité de négociation ou d’amé- cent cinquante démissions sont aujour- pour qu’elle s’applique dans les domaines toutes tendances j’avais initié. (...) liorations partielles. Mais la question qui d’hui envisagées, déjà écrites pour la plu- les plus essentiels du « vivre ensemble » ; Cette loi, adoptée, répétons-le, sous le pré- est posée est bien la suivante : la loi que part… Cela représente près de 95 % des le détricotage des services publics et autres cédent gouvernement, est contradictoire l’on nous prépare va-t-elle pérenniser l’in- élus du collectif ! périmètres de solidarité qui en résulte est avec la libre coopération communale que tercommunalité forcée de la loi du de plus en plus considéré comme « une nous avions patiemment mise en place, 16 décembre 2010 que la majorité des Lors de la réunion publique du 23 no- fatalité qui s’impose » ! que ce soient les syndicats intercommu- maires rejettent ? (...) Mme Baudoin-Clerc vembre à Saint-Forgeux-Lespinasse, tu Les partisans de l’expansion à tout prix des naux ou les communautés de communes nous a proposé de demander audience à as appelé tes collègues à signer le pro- agglomérations trouvent ringard notre atta- librement constituées. (...) Mme Lebranchu (ministre de la Réforme de jet pour le rétablissement de la libre chement à la proximité ; normal aussi qu’ils l’Etat et de la Décentralisation — NDLR), ce coopération intercommunale rédigé par considèrent comme obsolète le maillage LE GOUVERNEMENT que nous avons fait. Mais nous sommes la délégation à M. Valls, à laquelle tu as des 36 000 communes, ou anachronique CHERCHE UN CONSENSUS tous d’accord sur la défense de nos com- participé. Tu as même expliqué qu’il le maintien des départements, tout cela au Je voudrais d’abord m’arrêter sur l’acte III munes, la défense de l’intercommunalité s’agissait là, selon toi, d’un problème nom d’une prétendue modernité ! de la décentralisation, à propos duquel le librement choisie. politique national en rapport avec la Normal que leurs arrière-pensées visent à gouvernement cherche un consensus C’est pourquoi, d’un commun accord, à la politique de l’Union européenne. Peux- métamorphoser la coopération intercom- autour d’un projet de loi. Il a beaucoup de sortie de la délégation, nous avons décidé, tu préciser ? munale en un nouvel échelon territorial mal, il a déjà dû reporter sa présentation non seulement de ne pas lâcher, mais de Il faut évidemment éradiquer les causes « compétitif » qui « évaporera » la commune de l’automne 2012 au printemps 2013. On passer à une étape supérieure. Notre objec- qui valent cette situation insupportable. Et et cautionnera le retrait progressif des ins- parle maintenant de 2014 ! tif est de permettre à nos collègues élus et d’abord cette loi de décembre 2010, qui a tances de la solidarité que notre République Comment pourrait-il en être autrement ? à la population d’approcher leurs députés confié aux préfets des pouvoirs exception- avait su mettre en place ! Tellement « aveu- La première décision n’est-elle pas de et de discuter d’une proposition loi sur nels et introduit des mécanismes pervers glés » du bien-fondé de leur vision, ils n’au- regrouper autoritairement huit commu- laquelle nous allons massivement rassem- qui vont à l’encontre de la démocratie. ront pas hésité à bafouer la démocratie nautés de communes des Bouches-du- bler des signatures. Mais il est vrai que j’en veux d’abord à ceux pour qu’elle puisse ici triompher… Rhône dans la métropole Marseille, alors Vous le connaissez, mais, en guise de qui ont utilisé les possibilités offertes par Notre lutte « locale » s’inscrit donc bien qu’aucune d’entre elles n’en veut ? conclusion, je vous la lis : cette loi pour imposer leur idée fixe, à savoir dans un combat plus « global » : celui du Obliger vingt communes du Roannais à l’expansion à tout prix de leurs commu- maintien de la proximité d’une action rejoindre le Grand Roanne, alors qu’elles PROJET DE LOI. ARTICLE UNIQUE : nautés d’agglomération sur les territoires publique pariant sur la démocratie et l’ac- ont fait le choix d’une autre intercommu- voisins, méprisant ainsi d’autres élus res- tion locales pour construire au quotidien nalité, peut-il aboutir à un autre résultat “L’Assemblée nationale ponsables qui connaissent et veulent faire la cohésion de notre société, pour bâtir un qu’un soulèvement des élus et des habi- vivre les territoires, dont ils ont la préoccu- développement solidaire en faisant vivre tants ? décide de rétablir le libre choix pation, en lien étroit avec leurs habitants. notre pacte républicain. Dissoudre le Sivos (syndicat intercommu- des communes de s’associer ou C’est précisément ce qui s’est passé ici, et Il faut rétablir la démocratie. C’est pour nal à vocation scolaire — NDLR) du Jura, l’on peut véritablement parler d’« opération aller dans ce sens que j’invite mes collègues remettant en cause l’école publique elle- de se dissocier librement dans le cadre programmée d’annexion » sur la base d’une à signer notre proposition de loi pour même, peut-il aboutir à un autre résultat ? de la coopération intercommunale, coalition agglo-préfectorale engagée par- défendre le libre choix des communes dans Ou, de même, prétendre contraindre mes fois dans les arrière-boutiques des cabinets. leurs coopérations. Proposition qui est collègues de l’Ain à une intercommunalité conformément au mandat Je suis d’autant plus consterné de cette d’ores et déjà signée par de nombreux élus dont ils ne veulent pas ? explicite de la population.” façon de faire lorsqu’elle est le fait d’élus de la Loire. I
  • 9. INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 9PARTI OUVRIER INDÉPENDANT 87, rue du Faubourg-Saint-Denis, 75010 Paris - Tél. : 01 48 01 85 85 - E-mail : poi@fr.oleane.com parti-ouvrier-independant.comAlsacePour la victoire du vote non le 7 avril :une nouvelle phase de la campagnecontre le conseil unique d’Alsace s’engageLe 19 novembre, le comité contre le conseil cembre dernier par les trois assemblées et launique d’Alsace organisait une conférence de résolution soumise au vote samedi, “la régio-presse à laquelle participaient Aline Parmen- nalisation du Code du travail, la casse des acquistier, secrétaire départementale de la fédéra- sociaux du droit local, le transfert des compé-tion 68 du PCF, Jean-Claude Pelka, conseiller tences réglementaires aux collectivités localesmunicipal PCF de Wattwiller (68), Jean-Marc sont les dégâts à prévoir” avec le conseil d’Al-Dillinger, PG 68, Jean-Yves Ehlenberger, sace. “Les promoteurs du projet souhaitent êtreconseiller municipal de Brumath, conseiller exemplaires et on apprend qu’il y a des pres-communautaire du Pays de Brumath, Sylvain sions pour que le projet puisse passer avec moinsBrousse, conseiller municipal de Ostwald, PG de 25 % d’inscrits pour le référendum. Ils veulent67, Jean-Claude Val (cosecrétaire départemental modifier les règles du jeu : où est l’exemplaritédu PG 67, intervenant à titre personnel), Jean- démocratique ?”, s’interroge aussi Jean-YvesMichel Delaye et Serge Bloch pour le POI 67. Ehlenberger, conseiller communautaire duLa conférence de presse était largement cou- Pays de Brumath.verte par les médias régionaux : les deux quo- “C’est une machine pour réélire les mêmes…tidiens L’Alsace et Les Dernières nouvelles avec des vice-présidents partout”, estime Jean-d’Alsace, France 3 et France Bleu Alsace. Claude Pelka, conseiller municipal à WattwillerVous lirez ci-dessous un article publié dans le (PCF-FG 68).journal L’Alsace. Très flou, trop cher, terriblement technocra- tique : le comité contre le conseil unique d’Al- sace compte avant tout mobiliser les élusLes opposants locaux.se préparent Malgré le soutien à l’expérimentation alsa- Photo DR cienne par le gouvernement Ayrault et celuià faire campagne sous conditions des élus d’EELV Alsace. “On va fédérer à gauche”, promet Aline Parmentier. e conseil unique compte aussi des des deux conseils généraux en congrès sur le pro- secrétaire du PCF-FG 68, “la résolution dont on Même si le soutien le plus attendu reste celui“L détracteurs. Créé en avril dernier à Sélestat, le comité opposé au projet,qui rassemble des élus municipaux haut-rhinois jet ce samedi. Mais assez tôt pour faire campagne pour “la victoire du non” au référendum qui sera soumis aux Alsaciens le 7 avril prochain. a pris connaissance il y a trois jours est un chèque en blanc demandé aux Alsaciens : il n’y a rien de précis sur la politique d’avenir pour la popula- des élus locaux. “Les maires des petites communes vont vite com- prendre le projet : avec les conseils de territoireset bas-rhinois, des syndicalistes, des représen- “Nous mobiliserons toutes nos forces et celles des tion, autant sur l’économique que le social”. de vie, c’est la disparition pure et simple destants du PCF-Front de gauche 68 et du Parti élus locaux pour faire échec au projet et voter communes”, constate Jean-Michel Delaye, quiouvrier indépendant (POI), a décidé de passer à non au référendum s’il était maintenu le 7 avril”, “OÙ EST L’EXEMPLARITÉ DÉMOCRATIQUE ?” prédit “une fronde des élus comparable à cellela vitesse supérieure. Peut-être trop tard pour avertit Jean-Michel Delaye, conseiller munici- D’après le comité, qui se base sur un document contre la réforme territoriale sur l’intercom-perturber le vote des élus du conseil régional et pal (POI) de Brumath. Pour Aline Parmentier, annexe à la délibération adoptée le 1 er dé- munalité”. » IComités POI de la Haute-Vienne et du Bas-RhinCOFPA-Albany : assez de tergiversations !Il faut faire interdire tout licenciement à Saint-Junien et à Sélestat !Que le gouvernement fasse voter une loi en urgence !Lettre ouverte à François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Arnaud MontebourgLe 23 novembre 2012 à prendre des engagements de pérennisation de licenciements tombent, 16 000 licenciements Messieurs Hollande, Ayrault, Montebourg, vous et de développement du site. Cette usine, avec annoncés depuis que vous êtes ministre : PSA, avez le pouvoir, vous avez la majorité, prenezMonsieur le Président de la République, 24 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011, Sanofi-Aventis, Total, Thales, Petroplus, Arce- enfin vous aussi vos responsabilités !Monsieur le Premier ministre, affichait un bénéfice net de 4 millions, soit une lor, Michelin, Candia… et 200 salariés de COFPA- Faites voter tout de suite, en urgence, une loiMonsieur le Ministre rentabilité de 17 % ! Albany devraient les rejoindre ? Pas question ! interdisant les licenciements ! Idu Redressement productif, Mais c’est avec tout le cynisme de ces dirigeants Qu’attendez-vous, Monsieur le Ministre Mon- de groupes industriels, les yeux rivés sur la tebourg, pour utiliser cette « arme législative »
  • 10.      ercredi 21 novembre, lors du comité courbe des profits et les oreilles à l’écoute des dont vous parliez et aviez pris l’engagementM
  • 11.                    ! !" # " central d’entreprise de la société seuls actionnaires et des fonds de pension, que d’utiliser ?
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  • 14.      COFPA-Albany réuni en Suisse, le direc- la direction COFPA-Albany vient d’annoncer la Qu’attendez-vous avec le gouvernement, depuis mise à mort des deux établissements de Saint- six mois, alors que chaque jour de nouveaux 
  • 15. 
  • 16.  
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  • 18. teur-Europe de ce groupe a annoncé la sup- 
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  • 28. pression de 75 emplois dans l’usine de Junien et Sélestat. licenciements sont annoncés, que des dizaines      
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  • 33. Saint-Junien (87) et de 125 dans celle de Séles- Monsieur Montebourg, vous êtes venu à Saint- de milliers de familles vivent dans l’angoisse de 
  • 34. !
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  • 43. tat (Bas-Rhin). Cette annonce intervient aujour- Junien en plein conflit, vous n’étiez pas ministre, rejoindre les 3 millions de chômeurs, de venir + ,  - . , ,
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  • 88. POI Je souhaite prendre contact avec le Parti ouvrier indépendant Je souhaite adhérer Nom, prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Adresse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ................................................................................. Code postal : .......................................... E-mail : .................................................................................... Bulletin à retourner à : Parti ouvrier indépendant, 87, rue du Faubourg-Saint-Denis 75010 Paris.
  • 89. 10 > L’actualité internationale >>> INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 L’événement ChroniqueINTERNATIONALEPour arrêterla marcheà la barbarieJean-Pierre RaffiLe sommet de l’Union européennequi s’est tenu à la fin de la semainedernière s’est conclu sur un constatde complet désaccord. En refusantde voter le projet de budget qui leurétait présenté, une série de paysmembres de l’Union européenne,derrière la Grande-Bretagne,ajoutent un élément, Photos AFPet pas des moindres, à la crise dans Etats-Unis : Obama aulaquelle s’enfonce depuis des moisl’Union européenne, entraînantavec elle les pays et les peuples. Chaîne de montage de General Motors, à Grand River en 2012 : les travailleurs, les jeunes et les retraités ne se contenteront pas de bonnes paroles... pied de la “falaise fiscale”Et ce sont ces institutions sans légi-timité, minées par cette crisesans fond, qui prétendent imposeraux travailleurs et aux peuplesleurs diktats : la destruction chaquejour, par milliers et milliers,des emplois salariés, des droits,des conquêtes sociales, des servicespublics de santé, d’éducation,de transport…, l’expulsion de cen-taines de milliers de familles de 4 000 milliards de dollars à gagner sur le dos des travailleurs Dleur logement, comme en Espagne.Tout cela au nom de la baissedu coût du travail et de la compéti- François Forgue Cela signifie s’attaquer aux trois piliers de crates dont se félicite le New York Times ira la protection sociale existant aux Etats- droit au cœur de millions d’Américains quitivité, et au nom de la réduction Presque immédiatement après sa réélec- Unis, la Sécurité sociale, Medicare et Medi- ont été chassés de leur logement, de ceuxdes dépenses publiques au seul tion, le président Obama s’est précipité caid qui ont perdu leur emploi, de ceux quiprofit du paiement d’une dette en Asie, passant de Bangkok à Myanmar, Au niveau des proclamations électorales, voient aujourd’hui menacées les conquêtesqui n’est en rien la leur. avec un objectif en ligne de mire, la Chine. c’est presque un principe sacré du côté du sociales qui sont indispensables à leurLe prix à payer, effroyable, est tout Manière de souligner les priorités de l’im- Parti démocrate d’assurer qu’on ne sau- simple survie lorsqu’ils sont âgés ou atteints périalisme américain. Ce serait toutefois rait toucher à ces conquêtes de la classe de maladie.entier résumé dans cette informa- une erreur que d’en conclure que les pro- ouvrière. Dans les faits, il en va tout autre- Il y a fort à parier, en réalité, que les tra-tion parue dans la presse au sujet blèmes internes aux Etats-Unis sont secon- ment : Obama s’est engagé à un plan d’éco- vailleurs, les jeunes, les retraités ne sedu l’état du système de santé en daires. Tout au contraire. nomies de 4 000 milliards de dollars sur contenteront pas de bonnes paroles et d’af-Grèce (1). « C’est M. I. qui raconte : dix ans, ce qui donne une idée de l’am- firmations optimistes. Le second mandat“Les médecins ont prescrit un traite- ès l’annonce des pleur des coupes à opérer dans l’ensemble d’Obama ne fait que commencer. On peut résultats de l’élec- des budgets sociaux. prévoir qu’il ne se déroulera pas harmo-ment à ma femme (confrontée tion présidentielle, La direction confédérale de la centrale syn- nieusement. Ià la récidive de son cancer), du côté du parti du dicale AFL-CIO, qui a apporté un appuimais comme les dépenses engagées président élu — le sans réserves à Obama, s’est bien gardée,étaient potentiellement lourdes, Parti démocrate — durant toute la période électorale, d’évo- ÉCLAIRAGEcelui-ci devait être désormais validé comme du Parti quer cette question.par une commission de médecins républicain, on Le 8 novembre, l’AFL-CIO a organisé des Démocrates-républicains : insistait sur le fait que la première tâche « réunions d’information » dans plus de l’union contre les travailleurset de responsables de l’administra- du président était d’éviter que l’économie cent villes, autour d’un tract qui déclarait :tion. Cette commission a refusé américaine ne s’écrase contre le mur — ou « Certains législateurs veulent opérer des Rétablir les conditions d’une coopération la « falaise » — fiscal. De quoi s’agit-il ? coupes dans nos retraites, reculer l’âge de « bipartite » est la tâche que s’est fixéle traitement, et quand je suis allé “M. Obama Si au 1er janvier 2013, un accord n’est pas la retraite et de l’accès à Medicare, poussant Obama et, dès son élection, dans les deuxchercher les résultats, l’un n’a pris camps, les appels à la conciliation se sont trouvé entre les démocrates et les répu- à la faillite les familles dans lesquelles sede ses membres m’a pris à part : blicains (rappelons que ces derniers sont trouverait un malade. Pourquoi ? Pour payer aucun multipliés. Les républicains sont invités à“Nous avons dû faire un choix, renoncer au dogme de la non-augmen- majoritaires à la Chambre des représen- les scandaleuses réductions d’impôts pour engagement tation des impôts, en échange de « sou-et nous allons garder l’argent tants, l’équivalent, en France, de l’Assem- les 2 % d’Américains les plus riches. Ce n’est spécifique plesse » de la part des démocrates en cepour soigner des enfants. blée nationale) pour relever le plafond du pas pour cela que nous avons voté le à ne pas qui concerne la Sécurité sociale, Medi-Votre femme a 62 ans, laissez-la déficit budgétaire, ce qui, bien évidem- 6 novembre. Disons à nos représentants care et Medicaid. C’est déjà le cas, puis- ment, doit s’accompagner d’un plan com- qu’ils doivent d’abord défendre l’intérêt des réduiredonc mourir à la maison.” » qu’il est admis que les économies prévues mun pour réduire le déficit, des coupes familles. » les dépenses par Obama comprennent, entre autres,Cela se passe en Europe, automatiques (sans votes) seront impo- Mais, le 13 novembre, le président de l’AFL- de Medicare le report de l’âge d’accès à Medicare (dedans le pays qui fût le berceau sées ainsi qu’un relèvement des impôts. CIO, Richard Trumka, la présidente du SEIU ou d’autres 65 à 67 ans), la réduction des rembour-de la civilisation ! (Service Employees International Union — sements dans le cadre de Medicaid et programmesC’est pour arrêter cette marche LES TROIS PILIERS NDLR), Mary Kay Henry, et d’autres res- une modification du système d’augmen- DE LA PROTECTION SOCIALE ponsables syndicaux se sont rendus à la sociaux” tation des retraites lié à l’augmen-à la barbarie que des militants EN LIGNE DE MIRE Maison-Blanche pour rencontrer le prési- tation du coût de la vie.ouvriers de toute l’Europe appel- Obama n’a cessé de répéter, y compris pen- dent Obama. A l’issue de cette réunion, C’est dans ces conditions que le New York Le Wall Streetlent à la tenue d’une « large confé- dant sa campagne présidentielle, qu’il avait Trumka a déclaré : « Ce fut très, très positif Journal, Times, daté du 17 novembre, indique querence ouvrière, où des délégations un plan pour réduire le déficit, plan fondé (…). Comme nous, le président tient à pré- « les leaders démocrates et républicains 14 novembre sur une baisse des dépenses publiques et server les baisses d’impôts pour les classes du Congrès ont tenu leur premièrereprésentatives de différents réunion sur la question du budget et qu’à une hausse des impôts. Il avait même pré- moyennes et à faire que les gens richescourants du mouvement ouvrier cisé durant cette campagne que pour payent une contribution correspondant à son issue, dans un rare accès de bon-débattront librement dans un chaque dollar provenant de l’augmenta- leurs moyens. » hommie bipartite, ils ont fait savoir qu’ils espéraient atteindre un accord ».objectif unique : contribuer tion des impôts, 2,5 dollars seraient éco- Le Wall Street Journal, daté du 14 novembre, Ne parions pas que l’accord se fera faci-de façon coordonnée, dans chacun nomisés sur les dépenses publiques. commentait cette réunion dans les termes lement, car la profondeur de la crise aude nos pays, à lever les obstacles Quels impôts augmenter ? Et quelles suivants : « M. Obama, dans sa rencontre sein de la représentation politique de la dépenses réduire ? Le premier déplace- avec les dirigeants syndicaux ce mardi, s’est bourgeoisie américaine rend les tenta-qui se dressent contre la réalisation ment d’Obama en direction du Pacifique, engagé à rester ferme sur la question des tives d’accords — si nécessaires qu’ilsde l’unité : pour l’abrogation où, d’après les plans du Pentagone, 50 % augmentations d’impôts pour les Améri- soient — tout aussi difficiles que le calculdes plans assassins de l’Union euro- de la Flotte américaine devraient station- cains les plus riches, mais, comme élément des résultats dans les élections internespéenne et ses traités ; ner dans les prochaines années, indique de conciliation, il n’a pris aucun engage- à l’UMP.contre la dictature de la troïka ». que ce ne sont pas les crédits militaires qui ment spécifique à ne pas réduire les dépenses Mais une chose est claire : si accord il y souffriront d’une cure d’austérité. Ce sont de Medicare ou d’autres programmes a, il ne peut se faire que contre les inté- donc les dépenses sociales qu’il faudra sociaux. » Nul doute que la « bonhommie » rêts des travailleurs.(1) Le Monde, 27 novembre. réduire. des relations entre républicains et démo-
  • 90. INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 11Espagne ItalieLe peuple de Catalogne La révolte des enseignantsse prononce pour sa souverainetéet contre les plans d’ajustementAndreu Camps ordonnance ; dans le même temps, il de l’Union européenne et de sa poli- a supprimé des milliers d’emplois (à tique. Photo DR e dimanche 25 novembre ont commencer par ceux des intérimaires) En ce qui concerne la Catalogne,C eu lieu en Catalogne des élec- tions anticipées au Parlement(rappelons que l’Espagne est compo- dans les écoles et les lycées. Pendant toute la campagne électorale, au nom de la souveraineté de la Cata- Rubalcaba s’était ouvertement pro- noncé contre l’exigence du peuple catalan d’exercer son droit à l’autodé- Manifestation à Rome, le 24 novembre 2012.sée de dix-sept régions, dont la Cata- logne, il a annoncé que les coupes bud- termination. Et ce, au nom du fédéra-logne). La participation a été massive gétaires devaient se poursuivre pour lisme, c’est-à-dire de la défense de la Lorenzo Varaldo sation, du combat pour l’unité pour(environ 70 %) et les résultats consti- atteindre l’objectif de réduction des Constitution de 1978, donc de la le retrait de la mesure.tuent une double défaite : défaite pour déficits. Artur Mas a fait sien le mot monarchie. Cela recoupe la politique Le 24 novembre en Italie, toutes les Mais il y a problème : au nom de l’ap-le gouvernement catalan, dirigé par le d’ordre : « Catalogne, nouvel Etat de du gouvernement du Parti populaire. organisations syndicales, dans l’unité, plication du TSCG et de la règle d’or,parti nationaliste de droite, Conver- l’Union européenne ! » Il a fondé toute appelaient à la grève contre une le gouvernement propose de substi-gence et Union, d’Artur Mas, qui passe sa campagne sur la division des POUR L’UNITÉ mesure de la loi de stabilité qui pré- tuer à la mesure sur les vingt-quatrede soixante-deux députés à cinquante. peuples d’Espagne, rejetant la faute DE LA CLASSE OUVRIÈRE, voit le passage à vingt-quatre heures heures des coupes budgétaires sur leDans le même temps, défaite pour le des difficultés de la Catalogne sur les GARANTIE DE L’EXERCICE d’enseignement par semaine, contre fonds des écoles, fonds utilisé pour lesParti socialiste de Catalogne qui, bien autres peuples. A la fin de la campagne, DU DROIT DES PEUPLES les dix-huit heures prévues actuelle- compléments de salaire des ensei-que dans l’opposition, passe de vingt- la situation s’est tellement envenimée Les militants organisés autour du jour- ment par le contrat national, sans gnants, au niveau de chaque école,huit députés à vingt. Les élections ont que l’un des dirigeants de ce parti, nal Informacion Obrera ont mené cam- augmentation de salaire. pour les travaux d’organisation deségalement enregistré une progression Duran Lleida, a déclaré que l’Etat espa- pagne et ont présenté une candidature Face à cette nouvelle attaque, la horaires, des classes, etc.spectaculaire des partis nationalistes gnol était un cloaque… et proposait dans le département de Tarragone sur révolte des enseignants a été immé- Face à cette position du gouvernement,radicaux, notamment la Gauche répu- en échange le « fumier » de l’Union l’axe de la défense de la souveraineté diate : multiplication des assemblées, les syndicats confirment la grève dublicaine de Catalogne (RC), parti tra- européenne ! du peuple catalan, qui est inséparable motions et appels rejetant le passage 24 novembre. Le gouvernement décideditionnel des couches populaires, non Mais les travailleurs de Catalogne, qui de la défense des conquêtes sociales à vingt-quatre heures. alors de jouer une dernière carte ; deuxdirectement ouvrières, qui réussit à se sont mobilisés en première ligne des travailleurs, pour le retrait de tous jours avant la grève, il convoque lesdoubler sa représentation parlemen- avec leurs organisations syndicales les plans d’ajustement. e jour de l’annonce de cette syndicats pour leur proposer un accordtaire, passant de dix à vingt et un dépu-tés.Ces élections ont été présentées contre les fermetures d’hôpitaux, d’écoles, qui ont participé à la grève du 14 novembre et qui ont défilé mas- Ce combat est celui de tous les peuples de l’Etat espagnol, incompatible avec le cadre institutionnel de la monarchie L mesure, le « Manifeste des 500 » a convoqué une assemblée à Turin, à laquelle ont participé quatre- sur la question du blocage des salaires : le gouvernement est prêt à débloquer les salaires… à condition de payer lescomme les plus importantes depuis la sivement le 11 septembre, lors de la et de l’Union européenne. I vingt-deux enseignants de vingt-sept augmentations avec le reliquat dumort de Franco, puisque, pour la pre- journée nationale de la Catalogne, pour écoles, représentant tous les syndicats, fonds des écoles. C’est-à-dire que lesmière fois, le pacte politique qui a la souveraineté du pays, ne sont pas qui ont lancé un appel pour l’unité augmentations salariales seraientdonné lieu à la restauration de la tombés dans le piège qu’a essayé de immédiate, pour la grève générale, payées avec… une autre partie dumonarchie et à la régionalisation en tendre le gouvernement Mas qui, au pour le retrait, sans aucune condition, salaire des travailleurs ! Et, en plus,juin 1977, a été remis en cause. Elles nom de la souveraineté, cherche à de la mesure. c’est une attaque contre le fonction-démontrent en même temps claire- poursuivre cette même politique. Grève générale Dans le même temps, les fédérations nement de l’école publique.ment qu’il est impossible de séparer dans la santé publique de l’éducation de la Confédération ita- Pressées par le gouvernement qui veutle combat pour la souveraineté des LA DÉBÂCLE DE LA DIRECTION à Madrid lienne des syndicats (CISL) et de éviter la grève du 24 novembre, CISLpeuples de la lutte contre les plans DU PARTI SOCIALISTE l’Union italienne du travail (UIL) et UIL acceptent de signer. La CGIL ned’ajustement imposés par la troïka et Bien que le Parti socialiste reste dans 75 000 travailleurs de la santé, méde- avaient convoqué une grève contre le signe pas, tout comme elle n’a pasque tous les gouvernements, central l’opposition, il perd toutes les élec- cins, personnels paramédicaux et blocage des salaires, imposé par le gou- signé la veille le pacte pour la pro-comme régionaux, appliquent en techniques de tous les hôpitaux de vernement Berlusconi il y ductivité (1). tions partielles régionales. Cela a étéEspagne. le cas le mois dernier au Pays basque Madrid se sont mis en grève les a un an et confirmé par “Non à l’“accord Il est évident que la mobili- 26 et 27 novembre et le seront de et en Galice. Aujourd’hui, c’est en Cata- nouveau les 4 et 5 décembre pro- Mario Monti. Devant la piège” ! Il faut sation dans l’unité, de laLE GOUVERNEMENT MAS logne, où le Parti socialiste, en 1999, chains. Vingt hôpitaux sont occupés multiplication des appels reprendre base jusqu’au sommet, surÀ L’AVANT-GARDE avait la majorité dans toutes les insti- depuis deux semaines et une mani- à l’unité contre les vingt- la mobilisation des mots d’ordre clairs, estDU PLAN D’AJUSTEMENT tutions et les grandes municipalités. festation massive a eu lieu le 18 no- quatre heures, d’abord les à la base du retrait d’uneDepuis sa constitution en 2010, ce gou- De 1999 à 2012, il est passé de 1 200 000 directions de la CISL et de unie jusqu’au mesure très grave qui remet- vembre qui a eu pour conséquencevernement a été à l’avant-garde de voix à 500 000. C’est le produit de la que tous les syndicats ont été obli- l’UIL, puis celle des Cobas retrait de toutes tait en cause le contrattoutes les coupes budgétaires dans les politique dite d’« opposition utile » que gés d’appeler à la grève. L’exigence (Comités de base — NDLR) les mesures national et le statut desdépenses qui relèvent de ses préroga- mène le secrétaire général, Alfredo est unanime : retrait du plan de « sau- et enfin de la Confédéra- contre l’école enseignants. De ce point detives : santé et éducation. Il a fermé Rubalcaba, qui se traduit dans la vetage » de la santé, plan de priva- tion générale italienne du publique” vue, les enseignants ontdes dizaines de services, centres des recherche systématique de pactes avec tisation décrété par le gouvernement travail (CGIL) ont dû s’unir porté un coup au gouver-urgences, a introduit le ticket modé- le gouvernement Rajoy, car son point régional de Madrid, présidé par le sur une revendication nement. Mais le gouverne-rateur et une franchise d’un euro par de départ est le respect des institutions Parti populaire. claire : une journée de ment a été sauvé par la grève, le 24 novembre, pour exiger division et la signature d’un « accord-Le 14 novembre, par milliers et l’abandon de la mesure des vingt- piège ». Pour sa part, le Manifeste desmilliers les travailleurs de Catalogne, quatre heures et du blocage des 500 a adopté une déclaration quicomme ici à Barcelone, avaient ma- salaires. affirme : « Non à l’accord. Il fautnifesté contre les coupes budgétaires Dans cette situation, la direction de la reprendre la mobilisation unie jusqu’audu plan Rajoy. CGIL, bien qu’elle soutienne officielle- retrait de toutes les mesures contre ment la grève du 24 novembre, a, dans l’école publique. » les faits, surtout mobilisé pour la grève De manière plus générale, n’est-ce pas du 14 novembre dans le cadre de la la question de l’indépendance des journée de la Confédération euro- organisations ouvrières qui est posée péenne des syndicats (CES), qui deman- de manière urgente ? C’est une dis- dait « l’assainissement des budgets », en cussion qui va être menée dans le cadre ne mettant pas en avant le mot d’ordre de la préparation de la conférence pour de retrait de la mesure des vingt-quatre l’indépendance du mouvement ouvrier heures. La CISL et l’UIL ont également que la rédaction de Tribuna Libera et appelé à la journée de la CES. le comité pour la construction d’un Malgré cet obstacle, la masse des ensei- parti indépendant des travailleurs pré- gnants se prépare à manifester dans parent, le 2 février prochain, dans le l’unité, à Rome, le 24 novembre. cadre de la conférence européenne à C’est alors que le gouvernement pro- l’initiative de militants ouvriers espa- pose au Parlement d’annuler la mesure gnols. I des vingt-quatre heures. La proposi- tion est adoptée à la Chambre et est (1) Le 21 novembre, la CISL et l’UIL ont signé, maintenant discutée au Senat. avec le patronat italien et le gouvernement, S’agit-il d’une victoire ? Si la mesure un pacte pour la productivité qui remet en sur les vingt-quatre heures est égale- cause le contrat national. La CGIL a refusé de Photo AFP ment annulée au Sénat, incontesta- signer en affirmant qu’il s’agit « d’une attaque blement, il s’agirait d’un recul du contre les travailleurs et d’une diminution des gouvernement, résultat de la mobili- salaires ».
  • 91. 12 > L’actualité internationale >>> INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012EgypteMorsi-MoubarakCorrespondant milliers de sympathisants. « Dans cette nouvelle loi, a-t-il prévenu, il e 21 novembre, le cessez-le- n’y a guère de place pour les blocagesL feu est annoncé au Caire, dans une conférence de presse tenueen commun par le ministre des de routes ou l’asphyxie de la pro- duction », faisant référence à la vague de grèves, de sit-in et de manifesta-Affaires étrangères du président de tions ouvrières qui sévit depuis plu-la République, Mohamed Morsi, et la sieurs mois.secrétaire d’Etat américaine, HillaryClinton. La Maison-Blanche publie A NOUVEAUun communiqué réaffirmant « l’étroite SUR LA PLACE TAHRIR...association » de Washington avec Le Le 22 au soir, à l’annonce de la décla-Caire et annonce que « le président ration du président, des centaines de(Barack Obama) a remercié le prési- manifestants se sont rassemblés nondent Morsi de ses efforts pour réaliser loin de la place Tahrir au Caire, pour Photo AFPun cessez-le-feu durable et pour avoir dénoncer le coup de force du prési-dirigé personnellement la négociation dent. « Nous n’avons pas mené uned’une proposition de cessez-le-feu ». révolte pour remplacer un dictateur par un autre », disaient des manifes- Beit Lahia (nord de la bande de Gaza), le 26 novembre : un père et son enfant devant les ruines de leur immeuble.LE COUP DE FORCE DE MORSI tants. Et le 23, des centaines de mil-G Le 22 novembre, moins de vingt- liers de manifestants ont convergéquatre heures après, le président vers la place Tahrir, mais aussi à PalestineMorsi publie une déclaration consti- Alexandrie, à Port-Saïd et à Suez, àtutionnelle par laquelle il s’attribue l’appel d’une trentaine d’organisa-des pouvoirs exorbitants. Simple coïn- tions et de groupes politiques.cidence ? Avec les nouvelles préro- Les manifestants ont scandé :gatives qu’il s’octroie, ses décisions« sont définitives et exécutoires et nepeuvent être contestées de quelquefaçon ou par quelque entité que ce soit, « Le peuple veut renverser le régime ! », « A bas le guide suprême des Frères ! », « A bas Mohamed Morsi-Moubarak ! » et « Le pain, la liberté, à bas l’Assem- Deux armées financées par les Américainsjusqu’à l’approbation de la Constitu- blée constituante ! »tion et l’élection d’une nouvelle Assem- La nuit venue, au moins dix mille per- François Lazar se trouvent dans la zone dite « de sécu- loir ses propres intérêts, c’est toujoursblée du peuple » (article II de la sonnes ont occupé la place Tahrir et rité », c’est-à-dire le « no man’s land » la politique américaine qui dicte sadéclaration). entendaient y rester jusqu’à l’annu- ne semaine après la fin de imposé en permanence par l’armée loi. Selon le site Huffington PostLe projet de Constitution est enpanne ? La commission des Cent,chargée de sa rédaction, est boycot- lation de la déclaration constitution- nelle du président Morsi. Les organisations salafistes, telles U l’agression militaire israélienne « Pilier de défense », au cours de laquelle 162 Palestiniens, pour la israélienne. Comme à l’accoutumée, les médias complaisants parlent de « réplique » (26 novembre), « les violences de Gaza relancent le spectre d’une guerre éten- due à tout le Moyen-Orient », et, pour-tée par la quasi-totalité des partis non Nour et Gamaa Islamiya, qui prônent plupart des civils, ont été tués, plu- israélienne, mettant en avant les décla- rait-on ajouter, le sort du peupleislamistes et des forces vives du pays. une interprétation stricte de la loi isla- sieurs questions restent ouvertes sur rations attendues de Barack Obama palestinien à Gaza montre ce qui pour-La semaine écoulée a vu des dizaines mique, la charia, dans la Constitu- la signification de cette opération. ou de François Hollande sur le « droit rait arriver à tous les peuples de lade ses membres non islamistes la quit- tion, ont apporté leur soutien à la Plus de 200 bâtiments détruits, dont d’Israël de se défendre ». Les éléments région. Le Huffington Post poursuit :ter ? Ils demandent sa dissolution. déclaration présidentielle. plusieurs écoles, sont venus se rajou- qui viennent d’être évoqués montrent « Alors que l’attention du monde entierUne quarantaine de recours contre sa ter aux ruines, toujours là, causées par que le seul droit qui s’applique à l’en- est rivée sur les combats à Gaza, il y alégitimité ont été déposés devant la GRÈVE OUVERTE la précédente offensive israélienne il contre des populations palestiniennes, eu une montée de la tension militaireHaute Cour constitutionnelle qui doit DES MAGISTRATS y a quatre ans (au cours de laquelle c’est le « droit » de l’Etat d’Israël de ter- à travers la région depuis quelquesse prononcer très prochainement ? Le 24 novembre, le club des juges 1 400 Palestiniens avaient trouvé la roriser, d’attaquer et de détruire. La mois. La guerre civile qui fait rage enPeu importe ! L’article V de la décla- d’Egypte a appelé à une grève immé- mort). A la suite des bombardements trêve négociée par l’intermédiaire du Syrie a attisé la violence le long de laration du président Mohamed Morsi diate dans tous les tribunaux et par- intensifs de l’hiver 2008-2009, plus du président égyptien, Mohamed Morsi, frontière avec la Turquie, dont le sta-stipule qu’« aucune instance judiciaire quets et exige du président de la tiers des terres agricoles de la bande ressemble à ces périodes de calme rela- tut de membre de l’OTAN requière l’aidene peut dissoudre le Conseil de la Shura République qu’il retire sa déclaration de Gaza demeurent inutilisables. En tif entre deux attaques israéliennes, américaine si elle est sollicitée. La Syrie(Chambre haute du Parlement) ou constitutionnelle. 2011, les divers tirs israéliens dans la avec leurs tentatives de répliques du a abattu un avion turc en juin. L’Iranl’Assemblée constituante ». Les magistrats d’Alexandrie ont bande de Gaza ont provoqué la mort côté palestinien. a descendu un drone espion américain,Et pour couronner le tout, l’article VI immédiatement entamé une grève de 108 Palestiniens, dont 15 femmes et, la semaine dernière, Israël a tiré surprécise que « le président peut prendre ouverte. Le Conseil suprême de la jus- et enfants, et en ont blessé 468 autres, RÉPÉTITION GÉNÉRALE la Syrie après que des tirs de mortiersles mesures nécessaires pour protéger tice, la plus haute autorité judiciaire dont 143 femmes et enfants. AVANT UNE CONFLAGRATION syriens ont atteint le plateau du Golanle pays et les objectifs de la révolu- d’Egypte, a dénoncé les nouvelles pré- Au mois de septembre 2012, les armes RÉGIONALE ? (occupé) dans le nord d’Israël. »tion ». rogatives du président comme « une israéliennes avaient provoqué la mort L’Egypte des Frères musulmans Répétition générale avant une confla-G Le 23 novembre, une « nouvelle attaque sans précédent contre l’indé- de 55 Palestiniens et en ont blessé comme l’Etat d’Israël ont un point gration régionale ?loi » visant à « restaurer l’ordre » en pendance du pouvoir judiciaire et ses 257 autres. 20 % d’entre eux étaient commun fondamental, c’est que leurs Quels qu’en soient les prétextes, c’estEgypte a été évoquée par le président jugements ». des femmes et des enfants. armées, leur armement, de manière bien le mouvement émancipateur desqui s’est exprimé devant quelques I Aujourd’hui, 39 % des Gazaouis vivent différenciée, c’est-à-dire leur capacité peuples, encouragés par les révolu- sous le seuil de pauvreté et 10 % des d’action militaire dépendent très lar- tions égyptienne et tunisienne, qui est enfants souffrent de malnutrition. 14 % gement du budget américain. Même dans le collimateur.Tunisie du territoire (48 % des terres arables) si chaque Etat cherche à faire préva- I SyrieLe gouvernement signe un nouvelaccord avec l’Union européenne La marche au chaos e gouvernement tunisien, n’a jamais été publié au Journal offi- ussitôt après sa création début de conflit, quatorze groupes parami-L représenté par son ministre des Affaires étrangères, a signélundi 19 novembre, à Bruxelles, dans ciel tunisien, comporte notamment un article qui interdit à l’Etat tunisien de subventionner ses entreprises A novembre à Doha (capitale du Qatar) — après quatre jours de réunion à huis clos — la nouvelle litaires se sont démarqués publique- ment de la nouvelle coalition, en proclamant leur volonté d’édifier unle cadre de la neuvième session du publiques pour ne pas fausser la libre « Coalition nationale syrienne des Etat islamique en Syrie. De nombreuxConseil d’association Tunisie-Union concurrence. forces de l’opposition et de la révolu- indices montrent que la coalitioneuropéenne, le mémorandum qui tion » a été reconnue par le gouver- « représentative », qui vient de créerconsacre la Tunisie en tant que par- UN CHÔMAGE DEVENU nement français comme représentante son service de sécurité, est largementtenaire privilégié de l’Union euro- ENDÉMIQUE légitime du peuple syrien. concurrencée à l’intérieur du pays etpéenne. La conséquence de cette politique Dès sa constitution, cette coalition a que des groupes d’opposants se com- Photo AFPBen Ali avait frayé la voie en 1995 en poursuivie depuis la fin des années demandé des armes et un soutien battent les uns les autres.signant l’accord d’association avec 1990 est un chômage qui est devenu logistique occidental. Dans un article Dans le nord, des organisations kurdesl’Union européenne, ouvrant large- endémique et la désertification éco- publié le 11 novembre, le journal amé- viennent de créer leurs propres forcesment le pays aux investisseurs euro- nomique des régions de l’intérieur. ricain Los Angeles Times notait, dans armées. Pendant ce temps-là, l’OTAN,péens, qui se sont vus accorder des Le chômage atteint aujourd’hui, selon une des très rares analyses publiées vasion américaine ait évincé l’homme en l’occurrence l’armée américaine, aavantages et des exonérations doua- les données officielles, le taux de 25 % par la presse sur ce sujet : « Beaucoup fort irakien, Saddam Hussein, en 2003. » commencé à déployer des missilesnières et fiscales, en plus de la priva- et dépasse les 40 % pour les jeunes de Syriens craignent que la chute d’As- « Patriot » en Turquie et semble se pré-tisation de la grande majorité des diplômés. C’est cette politique qui sad puisse libérer un chaos et un car- L’OTAN DÉPLOIE SES MISSILES parer à l’éventualité d’une interven-entreprises nationales et publiques. est à l’origine du déclenchement de nage fanatique, équivalent à celui qui En Syrie, une semaine après la réunion tion militaire en Syrie.Cet accord d’association, dont le texte la révolution en décembre 2010. I a ébranlé l’Irak voisin après que l’in- de Doha, qui s’est tenue loin des zones F. L. I
  • 92. INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 13U N E S E M A I N E D A N S L E M O N D ESLOVÉNIE CHINE30 000 manifestants Russie : “Consultations”contre l’austérité et “négociations”Plus de 30 000 manifestants se sont ras-semblés à Ljubljana le 17 novembre, à l’OIT recommande dans une usinel’appel des principaux syndicats, contrela politique d’austérité du gouverne-ment. Arrivés en bus de toute la Slové-nie dans le centre de la capitale, ils ont la libération C’est China Labour Bulletin, association de défen- seurs des droits ouvriers en Chine basée à Hong Kong, qui rapporte cette histoire. A l’usine Shi- du syndicaliste roki, à Canton, une société japonaise qui fabriquemanifesté derrière des banderoles pro- des pièces pour le secteur automobile, lesclamant : « Nous voulons vivre, pas sur- 500 ouvriers en avaient plus qu’assez de travaillervivre », « Politique d’austérité = réces- vingt minutes de plus chaque jour, et « à l’œil »,sion », ou encore, « Le gouvernement Valentin Ourousov ! pour rattraper le temps de repos légal. Car la direc-perd la tête, la Slovénie sa jeunesse ». tion ne considérait pas cette coupure comme du« Les droits sociaux, les salaires, les temps de travail…retraites et les bourses d’étude ne sont Pendant un an, les délégués syndicaux que lespas responsables de la crise actuelle, travailleurs avaient élus tout à fait démocrati-c’est le capitalisme avide qui l’a cau- quement en 2003, accompagnés de représen-sée », a déclaré en début de manifesta- tants de la fédération du syndicat officiel ACFTUtion Dusan Semolic, dirigeant de de Canton, ont discuté avec la direction, mais sansl’alliance des syndicats indépendants succès réel, puisqu’il s’agissait de « consultationsslovènes (ZSSS). collectives », comme le prévoit la loi, et non de « négociations collectives ». La nuance est impor-ARGENTINE tante, comme on va le voir. Le 1er février dernier, alors que les consultationsUne grève générale piétinaient, les syndiqués votèrent la fin des « vingt Photo DR minutes gratuites ». Dans les deux heures qui sui-de 24 heures bloque virent, la direction céda et émit un communiqué de confirmation. Un vote qui, par la seule menacetous les accès de la Valentin Ourousov dans la colonie pénitentiaire de Yakoutie où il est détenu. de l’action, fit en quelques heures plus que des mois de « consultations » !capitale Buenos Aires orsque l’on parle des libertés démocratiques au Comité des libertés syndicales de l’OIT en jan- Depuis une dizaine d’années, explique China Labour Bulletin, face au développement des mani-« Il y a des centaines de barrages dans toutle pays », a déclaré le 20 novembre l’un L en Russie dans les grands médias, c’est pour s’indigner du sort du groupe punk Pussy Riot ou de celui du milliardaire Khodorkovski vier 2010 par la Confédération du travail de Rus- sie (KTR), plainte soutenue par de nombreuses organisations syndicales, y compris la Fédération festations et des grèves ouvrières, les officiels ont pesé de tout leur poids pour modérer les conflits. Actuellement, rapporte encore China Labour Bul-des responsables de la grève, appelant (emprisonné après avoir tenté de passer un accord des syndicats indépendants de Russie (FNPR, ex- letin, on constate parfois que les officiels et lesle gouvernement à « changer de cap ». financier juteux de pillage du pétrole russe avec syndicats officiels). dirigeants du syndicat ACFTU laissent l’action desDes barrages bloquaient en effet les accès des amis de Georges W. Bush, dans le dos du Krem- Cette plainte qui décrivait les nombreuses viola- travailleurs se développer pour que le patron soitde la capitale. Les transports ferroviaires, lin, dont il était pourtant le protégé). Mais le sort tions des libertés syndicales dans la Fédération de contraint d’ouvrir des négociations. Cela ne vale métro étaient bloqués, tandis que tous des militants ouvriers jetés en prison pour avoir Russie, avait accordé une place importante au cas pas sans risque de répression, devant un tribunalles vols intérieurs étaient annulés. construit des organisations syndicales indépen- de Valentin Ourousov, un jeune militant syndical ou par un licenciement — « comment protéger lesLa grève était organisée par la Centrale dantes ne fait pas, lui, partie des préoccupations dans l’industrie d’extraction du diamant de Yakou- délégués ouvriers reste un vrai grand problème »,des travailleurs argentins (CTA) de Pablo de la « grande presse ». Son indignation contre tie (région de Sibérie orientale), emprisonné depuis dit un défenseur des travailleurs migrants —, mais,Micheli et par la CGT de Hugo Moyano, « l’autoritarisme » du régime russe est donc à géo- 2008. finalement, explique-t-il, avec le soutien des tra-le dirigeant des camionneurs, qui était métrie variable… Rappelons que, depuis 2008, une campagne inter- vailleurs et des associations de défense, les délé- 1,33allié de la présidente Kirchner avant de Nos correspondants du journal Rabochie Izves- nationale a été engagée pour demander sa libé- gués finiront par être protégés.rompre avec elle en 2011. Ils exigent tiya en Russie nous informent que le 19 novembre ration, campagne à laquelle ont, entre autres, ,notamment une baisse de l’impôt sur le dernier, l’Organisation internationale du travail participé l’Entente internationale des travailleursrevenu qui pèse de plus en plus lourd sur (OIT) a rendu ses conclusions et ses recomman- et des peuples et le Comité international contreles salariés. dations, à la suite de la plainte (n° 2758) déposée la répression. Dominique FERRÉ I CHIFFRE On trouve ces informations dans La Lettre d’information Chine, publication bimen- Le rapport de l’OIT décrit le véritable coup monté suelle de la commission d’enquête Chine. Abonnement : 10 euros par an (22 numéros) ; soutien : 15 euros et plus. utilisé pour faire condamner Valentin Ourousov Chèques à l’ordre de « Commission Enquête Chine ». Alain Denizo, 25, rue Ledion, 75014 Paris. eprenant à son compte les termes de la fiants du district de Mirny. M. Ourousov fut contraint, BANGLADESH C’est, en milliard de dollars, la somme qu’un juge fédéral de l’Etat de New York vient R plainte de la KTR, le rapport de l’OIT rap- pelle que « Valentin Ourousov est actuelle- ment condamné à six ans de prison. La KTR a rappelé sous la menace, d’écrire des aveux selon lesquels la drogue se trouvait dans sa poche avant son arres- tation. 110 employés meurent d’ordonner à l’Argentine de verser à des fonds que l’organisation Profsvoboda, membre du syndi- cat des travailleurs de la métallurgie Sotsprof, avait Du 3 au 9 septembre, il fut détenu par la police des stupéfiants de Mirny. C’est seulement le 4 septembre, dans un nouvel incendiespéculatifs détenteurs de dette été créée le 16 juin 2008 pour représenter les tra- vailleurs de la compagnie d’extraction de diamant vingt-quatre heures après son arrestation, qu’on lui servit un repas. Après ce repas il fut envoyé passer d’une usine textile publique, qui avaient refusé Alrosa. M. Ourousov a été le fondateur, le dirigeant des tests pour vérifier s’il avait consommé de la l’échange de leurs titres après et le représentant de cette organisation syndicale. drogue. Le test indiqua qu’il avait ingéré de la mor- Des milliers d’ouvriers ont manifesté la décision de l’Argentine Les travailleurs du dépôt de véhicules n° 2 de l’usine phine. Aucun test n’a été effectué avant son place- au Bangladesh pour réclamer de ne pas payer la dette de transformation de minerai d’Oudachny, sous- ment en détention, et lors de son témoignage devant traitante d’Alrosa, avaient à plusieurs reprises défini la cour, le médecin qui a effectué le test a affirmé de meilleures conditions de sécurité,du pays lors de la crise de 2001. et présenté leurs revendications d’augmentation de que l’ingestion de morphine détectée avait pu avoir après la mort, le week-end dernier, salaires, particulièrement bas pour cette région du lieu deux heures avant le test. » de 110 employés, dont de nombreuses femmes, Grand Nord, d’amélioration des conditions de tra- Le rapport de l’OIT décrit ensuite comment ce véri- ERRATUM vail et d’exigence de convention collective, revendi- table coup monté fut utilisé pour faire condamner dans le pire sinistre qu’ait connu Dans l’article « Brésil : un jugement d’exception », cations systématiquement ignorées par l’employeur. Ourousov, le 26 décembre 2008, à six ans de prison le secteur textile dans le pays. publié en page 11 de notre précédente édition, A la mi-août 2008, les conducteurs du dépôt n° 2 pour « possession de narcotiques ». Ces faits acca- Plus de mille employés, qui travaillaient pour ont envoyé à l’employeur une lettre annonçant le blants (sans même parler de l’inculpation ulté- deux erreurs de traduction se sont glissées. Dans le premier paragraphe il n’était pas début d’une grève de la faim, et se mirent en grève rieure de l’un des policiers impliqués dans ce des firmes occidentales telles que le groupe exact d’écrire qu’en plus de José Dirceu à partir du 25 août. guet-apens pour violence et corruption), qui néerlandais C&A, le français Carrefour et José Genoino, le tribunal a condamné Le 28 août, une réunion syndicale convoquée sur la peinent à masquer qu’il s’agit là de répression anti- et le suédois Ikea, ont été piégés « trente-cinq autres dirigeants du PT ». place de la ville rassemblait 200 ouvriers. A l’ini- syndicale, ont finalement conduit l’OIT à deman- En réalité, le nombre total de personnes tiative du comité syndical dirigé par M. Ourousov, der au gouvernement de la Fédération de Russie par les flammes. jugées était de trente-sept. Vingt-cinq les revendications furent transmises à l’employeur. « d’engager immédiatement une enquête indépen- Les firmes étrangères « savent depuis d’entre elles ont été condamnées, parmi lesquelles quatre dirigeants du PT : les Cependant, les représentants de la direction de l’en- dante sur ces soupçons, et si cette enquête révèle que des années que nombre des usines treprise Alrosa refusèrent de rencontrer les salariés, l’arrestation de M. Ourousov est due à des motifs ex-présidents du parti, José Dirceu et José et commencèrent à employer la violence contre les antisyndicaux, à prendre les mesures nécessaires avec lesquelles elles choisissent Genoino, le député João Paulo et l’ex-tré- membres du syndicat. pour sa libération immédiate ». de travailler sont des pièges mortels », sorier Delubio Soares. D’autre part, dans le dernier paragraphe, Le matin du 3 septembre 2008, Valentin Ourousov Rappelons que c’est en des termes à peu près simi- a dénoncé Ineke Zeldenrust, fut attaqué par des individus habillés en civil. Ils le laires que l’OIT s’était exprimée concernant les le président de la Centrale unique des tra- passèrent à tabac, le jetèrent dans une voiture, atta- syndicalistes mineurs emprisonnés en Roumanie porte-parole de Clean Clothes Campaign, vailleurs (CUT), Vagner Freitas, et José Genoino n’ont pas confirmé leur présence, ché par des menottes, déposant dans sa poche un qui avaient finalement été libérés. Il est donc plus une association de défense des travailleurs à la Ve Rencontre du groupement « Dia- paquet de narcotiques. que jamais temps d’exiger du gouvernement de la du textile. « Le fait qu’elles n’agissent pas Ultérieurement, il apparut que ces individus étaient Fédération de Russie que ces recommandations logue pétiste », mais au meeting pour la membres du Département de la police des stupé- soient suivies d’effet immédiatement. s’apparente à de la négligence défense du PT qui ouvrira cette rencontre. criminelle », a-t-elle ajouté.
  • 93. 14 INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 > Tribunes libres < SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012Nous écrire : INFORMATIONS OUVRIÈRES 87, rue du Faubourg-Saint-Denis, CS 30016 75479 Paris cedex E-mail : informations-ouvrieres@fr.oleane.com InterviewTRIBUNE LIBREDES COURANTS Une jeune interne en grève (1)Résistancescommunistes, Quelques questions politiquesn° 85 auxquelles sont confrontés les internes en médecine(novembre-décembre2012), édité par des mili- Les mutuelles n’auront donc pas ce moyen de pres- européenne. Le même gouvernement qui en appelletants communistes et le sion sur notre pratique médicale. Nous conservons, à la responsabilité des collectivités locales et de lacourant « Rencontres à première vue, notre liberté de prescription. Obte- Sécurité sociale dans la réduction des dépenses etcommunistes » nir ce recul, ce n’est pas rien dans le contexte actuel, de « la dette », mais qui poursuit les exonérationsvient de paraître. où l’Union européenne exige que les réformes soient patronales concernant les cotisations sociales. DepuisPrix : 3,10 euros. menées tambour battant, ce à quoi se plie le gou- plus de vingt ans, ces exonérations réduisent les vernement. recettes de la Sécu à peau de chagrin. Du coup, ce En revanche, les dentistes, les opticiens et les audio- « trou de la Sécu » justifie toutes les attaques contre prothésistes restent concernés par cette loi. Il per- l’un des droits les plus élémentaires : le droit aux L’avenant n° 8 de la dernière convention médi- siste donc un danger : il suffira de modifier la loi par soins. Cela a des conséquences dramatiques pour cale, signé par trois syndicats de médecins, rap- de nouveaux amendements pour inclure à nouveau tous les malades et pour le personnel soignant. Les pelle, notamment dans son article 7, le cadre les médecins dans ce dispositif. Je pense que c’est la exonérations de cotisations patronales seraient indis- continu dans lequel s’inscrivent tous les gouver- raison pour laquelle beaucoup d’internes sont pour pensables, car il faut réduire le coût de travail pour nements en matière de santé : « Afin de favori- le retrait pur et simple de cette loi. aider les entreprises. On a bien vu que cela ne les ser l’accès aux soins des assurés sociaux et Parmi certains d’entre eux, une idée commence à empêche pas de délocaliser et de licencier ! réduire le reste à charge (...), une revalorisation émerger : le problème auquel ils sont confrontés est Que ce soit dans le public ou le privé, c’est la même régulière des tarifs opposables (...) est néces- un aspect particulier d’une offensive plus vaste diri- histoire. Que ce soit le plan d’austérité de septembre saire (...) dans le cadre d’évolutions compatibles gée contre toute la population ; ils voient aussi qu’il ou le pacte de compétitivité de la semaine dernière, avec la croissance économique de moyen terme ne règleront pas cela seuls. C’est pourquoi ils com- d’un côté les services publics sont détruits, de l’autre, de notre pays et l’objectif de dépenses voté mencent à s’adresser aux patients. Dans plusieurs les entreprises ont des facilités pour faire des plans annuellement par le Parlement ». Un vote, cette hôpitaux, ils ont rédigé des tracts et des affiches d’in- de licenciements, plus ou moins déguisés en plans année, qui représente une diminution globale formation pour les malades. Le 20 novembre, plu- de « reconversion ». Les gens recherchent une issue des dépenses de santé autorisées... sieurs internes distribuaient des tracts exigeant le et sont prêts à se battre pour leur survie. L’une des Exactement, mais du point de vue du gouvernement retrait de la proposition de loi Le Roux (n° 296) en difficultés auxquelles nous nous heurtons tous, c’est et de ses soutiens, c’est « compatible » avec les enga- bordure de la manifestation. Sur une pancarte était que nos propres organisations subissent des pres-AU SOMMAIRE : gements européens... Le projet de loi de financement inscrit : « Médecins seniors, internes, externes, patients, sions extraordinaires pour les conduire à prendre en de la Sécurité sociale (PLFSS) tous unis contre la loi 296, unité contre la privatisa- charge ce travail de destruction.G Union européenne : une 2013, rédigé par le gouver- tion de la santé. » Mais qui dit pressions, dit aussi résistance et débat.arme de destructions mas- nement, ce sont 657 millions “Nos propres C’est la raison pour laquelle je serai à la conférencesives d’économies sur les hôpitaux, C’est donc encore d’une attaque contre la Sécu- du 1er décembre pour l’unité et la résistance. DansG Un drame ! Et après ? donc des suppressions de organisations rité sociale qu’il s’agit ? tous les secteurs, nous sommes confrontés aux mêmesG Emplois d’avenir postes, de lits et de services, En effet, il s’agit bien d’en finir avec la Sécurité sociale problèmes. Nous devons donc nous unir et nous orga- subissent LG En deux ans, 36 milliards la poursuite des franchises de 1945, c’est la traduction dans le domaine de la niser de façon indépendante pour nous battre. Id’économie sur le dos du sur les actes et médicaments. santé d’une offensive d’ensemble contre la popula-peuple Ce même gouvernement dit des pressions tion, pour le profit des capitalistes, le tout orchestré (1) Suite de l’interview publiée dans notre précédent numéroG Le changement budgé- agir pour l’intérêt des par le gouvernement Hollande, aux ordres de l’Union en page 5.taire, c’est pour… patients, au nom duquel il extraordi-G Gonflement de 23 % des veut nous faire avaler l’ave-recettes de l’impôt sur le nant 8 et la remise en cause naires pourrevenu (IR) de la liberté d’installation.G Handicap et dépendance Par ailleurs, Marisol Touraine les conduire Pierre Cise, économistetransférés au départe- refuse d’abroger la loi HPSTment ? (loi Bachelot, du gouverne- à prendre Dette et austéritéG Exigence de la nationali- ment Sarkozy), une véritablesation du secteur bancaire machine de destruction et en chargesans rachat ni indemnités d’asphyxie des hôpitaux.G La démocratie territoriale, Cette loi irait même dans le un travail a réduction des déficits, créateurs du PIB. Un an plus tôt, elle était de 1 696 milliardsacte III de la décentralisa- bon sens, selon le ministre ! de dette, est devenu l’impératif d’euros, soit 86 % du PIB, 137 milliards d’euros detion Pour faire passer tout cela, le de moral suprême devant lequel plus en douze mois.G La grande illusion. Rien gouvernement a besoin de toutes les revendications et toutes Selon l’OFCE (2), l’année 2013 sera celle de la « débâclene change pour les tra- boucs émissaires, nous, mé- destruction” les souverainetés doivent abdi- de l’austérité » pour l’ensemble de l’économie mon-vailleurs ! decins. quer. Mais tout cela n’est que pré- diale, et plus particulièrement pour la France, avecG SNCF : emploi, la réalité Le monde médical et para- texte. Prenons la Grèce. Ce pays une prévision de croissance de 0 % et un taux de chô-des recrutements médical est bien obligé de est actuellement massacré par la mage à 11 % (contre 10,8 % aujourd’hui). Et pour-G Quelques souvenirs de s’interroger quand on constate que ces mesures sont troïka parce que les déficits publics étaient jugés abys- tant, la dette continuera à progresser pour atteindrel’été prises par un gouvernement PS, et que les organisa- saux et l’endettement insupportable. Le peuple grec 92 à 93 % du PIB.G Histoire de la résistance tions qui sont censées nous représenter, nous, per- est soumis à des politiques Pourquoi la dette continue-t-elle d’augmenter ? Parceen Bretagne sonnel soignant, médecins, patients, laissent faire, d’austérité sans précédent que, d’une part, les exonérations fiscales accordéesG Demandez la carte des voire participent activement à tout cela. En un mot, qui, à coup de « réformes “Les capita- aux patrons se poursuivent. Au nom du pacte de com-déserts la « méthode du dialogue social ». Comment com- structurelles », a fait régres- pétitivité, le gouvernement actuel en annonce deG Solidarité sociale et auto- prendre la signature de l’avenant 8 par trois syndi- ser le pays douze années en listes n’ont massives. D’autre part, parce que, comme le POI l’anomie individuelle cats de médecins ? Ils se sont mis à dos une grande arrière, selon une étude de montré, l’essentiel de cette dette sert à payer les inté-G Vont-ils nous sauver ou partie de leurs adhérents, ouvrant une crise sans pré- l’hebdomadaire du capital aucun intérêt rêts aux banques sur la dette passée, à des niveauxnous couler ? cédent en leur propre sein. Comment comprendre financier anglais The Econo- largement supérieurs à la croissance de l’économie.G Appel de la conférence du la prise de position de la CGT santé (médecins = pri- mist (1). Un nouveau train de à ce que la Certes, aujourd’hui, ces taux sont historiquement1er décembre. vilégiés, et attendons un « grenelle de la santé ») ? mesures vient encore d’être bas (un peu plus de 2 % pour un emprunt à dix ans), Deux professeurs émérites et médiatiques font éga- adopté au nom de « sacrifices dette publique mais ils restent supérieurs aux taux prévisionnels de lement signer une pétition contre la grève, sur le pour qu’il y ait de l’espoir croissance de l’économie qui décollent difficilement thème : on devrait avoir honte de faire grève dans ce pour les générations futures », se réduise” du 0 %. Mais surtout, derrière les discours moralisa- contexte de crise où tout le monde doit faire des selon le ministre grec des teurs, il y a une réalité : les capitalistes n’ont aucun efforts. Finances et pour obtenir un intérêt à ce que la dette publique se réduise. D’abord, Comme le disait une manifestante le 12 novembre : nouvelle tranche de « l’aide » de la troïka. Mais un la dette publique est une valeur refuge quand la plu- « Ce qui se prépare, c’est pire que Sarkozy. » Oui, Hol- rapport intitulé « Cadre de stratégie des finances part des autres actifs, principalement les actions, lande mène la même politique que Sarkozy, une poli- publiques à moyen terme (2013-2016) », a été déposé s’annoncent moins rentables compte tenu des pré- tique guidée par la « nécessaire réduction des déficits le 31 octobre dernier au Parlement grec. Tout en appe- visions économiques. Ensuite, la dette publique est publics », pilotée par l’Union européenne et concré- lant à la poursuite des « réformes structurelles dans une question vitale, notamment pour les fonds de tisée par le traité européen d’austérité TSCG. Ce n’est le secteur public », il souligne qu’après tous les plans pension qui investissent largement les économies pas un hasard si des mesures similaires frappent tous d’austérité, la dette grecque avait continué à aug- des retraités dans ce genre de titres. Enfin, une dette les secteurs et tous les pays européens (Grèce, menter. Le principal facteur de cette augmentation publique forte, c’est le moyen d’aliéner encore plus Espagne, Portugal), dressant contre les gouverne- est justement les différentes tranches « d’aide » accor- la souveraineté des Etats par le renforcement du pou- ments qui les orchestrent toute la population. dées par la troïka. En 2016, selon ce document, la voir de tutelle des organismes supranationaux, dont dette devrait s’élever à 220,4 % du produit intérieur la troïka est le représentant en Europe, et, bien sûr, La semaine dernière, la mobilisation des internes brut (PIB), alors qu’elle est aujourd’hui à 175,6 %, soit c’est le levier de toutes les attaques contre les droits a arraché le retrait de la proposition de loi Vigier, 194 milliards d’euros. et acquis des peuples. mettant en cause leur liberté d’installation, et la Prenons la France. Depuis un an, de nombreuses Exiger l’annulation de la dette, ce n’est pas une ques- proposition de loi Le Roux n° 296, qui aurait auto- mesures d’austérité, décidées par le gouvernement tion idéologique. C’est le seul chemin de la préser- risé les mutuelles à moins rembourser les assu- Sarkozy-Fillon, et non remises en cause par le gou- vation des travailleurs eux-mêmes et de l’ensemble rés en cas de consultation en dehors des réseaux vernement Hollande-Ayrault, ont été mises en œuvre. du mouvement ouvrier. de soins, a été amendée, promet le ministre… Mêmes si elles sont sans commune mesure avec celles 19 novembre 2012 I Oui, nous avons forcé le gouvernement à reculer, qu’impose l’adoption du TSCG et de la « règle d’or », puisque le niveau de remboursement des patients elles étaient censées réduire les déficits et la dette. (1) The Economist, 25 février 2012. sera le même qu’ils consultent un médecin du réseau Or, depuis un an, la dette publique a continué d’aug- (2) La débâcle de l’austérité, perspectives 2012-2013 pour l’éco- de leur mutuelle ou non. menter. Selon les données de l’Insee, fin juin 2012, nomie mondiale, revue de l’Observatoire français des conjec- cette dette était de 1 833 milliards d’euros, soit 91 % tures économiques (OFCE), octobre 2012.
  • 94. INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 222 228 > La page quinze < SEMAINE DUSEMAINE DU 18 AU 5 DECEMBRE 2012 29 NOVEMBRE AU 24 OCTOBRE 15 Réédition d’un texte essentielLes classiques du marxisme de la SélioLéon Trotsky :“Leur morale et la nôtre” Prix : 4 euros. Les précédents « Classiques » en vente à la Sélio Karl Marx et Friedrich Engels, Le Manifeste Classiques du Marxisme KarlMARX du Parti communiste FriedrichENGELS Le texte fondateur du marxisme. Ses principes essentiels. Son actualité, Manifeste plus d’un siècle et demi du Parti communiste après sa rédaction. SELIO Prix : 3 euros. Photo DR Léon Trotsky, Le marxisme et notre époqueLa Société d’édition et de librairie et leur solidarité ; sont immoraux led’Informations ouvrières (Sélio) mensonge, le trucage, la destruc- Trotsky présente, à l’inten-publie depuis plusieurs années la tion de la démocratie ouvrière qui tion de lecteurs américains,collection des “Classiques du ont toujours pour but d’entraver le de nombreux extraits dumarxisme”. Le marxisme est une combat pour l’émancipation des Capital de Marx.méthode de pensée et d’action travailleurs au profit de la domina-ayant pour objectif l’émancipation tion du capital et de sa préservation. Prix : 2 euros.des travailleurs, en finir avec le La publication de cet ouvrage, savieux monde de l’exploitation et de diffusion, sa discussion arrivent àl’oppression. C’est une référence point nommé. Ithéorique pour le mouvement Léon Trotsky,ouvrier, y compris ceux qui, en son La Révolution d’Octobresein, ne partagent pas forcémenttous les engagements des auteurs Le texte d’une conférencedu Manifeste de 1848. La caracté- “Le Parti bolchevique, de celui qui futristique de la collection de la Sélio le parti le plus honnête l’un des principauxDest de toujours rappeler les condi- dirigeants de la révolution de l’histoire” Photo DRtions historiques de leur élabora- russe de 1917.tion et en quoi ils sont aujourd’hui « La fin du Parti bolchevique —d’actualité. La Sélio publie cette épisode de la réaction mondiale Prix : 2 euros.semaine la septième brochure de Lénine et Trotsky pendant la révolution d’Octobre. L’accusation — ne diminue pas son importancesa collection, un texte de Léon d’“amoralisme” portée par les “commis des classes dirigeantes” dans l’histoire du monde. ATrotsky dont la discussion concerne contre Lénine et le Parti bolchevique est un “compliment l’époque de son ascension révo- pour les ouvriers conscients”. lutionnaire, c’est-à-dire quand iltous les militants de notre parti, les Karl Marx,travailleurs et les militants avec représentait réellement l’avant- Salaire, prix et profit garde prolétarienne, il fut le partiqui ils discutent. La brochure publiée par la Sélio rec- L’hypocrisie coule à flots pour ten- le plus honnête de l’histoire. tifie les erreurs de traduction et com- ter de dissimuler les plans destruc- Une présentation claire Chaque fois qu’il l’a pu, il a natu-Par François Péricard prend la réponse au « prière teurs de la troïka (Commission rellement trompé les classes enne- et ramassée des questions d’insérer » calomniateur. Le texte européenne, Banque centrale euro- mies ; par ailleurs, il a dit la vérité liées à la loi de la valeur initial est accompagné de notes péenne, Fonds monétaire interna- aux travailleurs, toute la vérité, que Marx développe ans le cadre de explicatives en bas de tional), et intégrer les rien que la vérité. C’est seulement dans le Capital. ses rééditions page, permettant au organisations de la grâce à cela qu’il a conquis leur des « Classiques du marxisme », lecteur d’accéder plus facilement à sa lec- Est moral classe ouvrière (syndi- cats et partis) dans la confiance dans une mesure jamais réalisée auparavant par un autre Prix : 3 euros. la Sélio publie en brochure ce ture qui est datée dans le temps. ce qui renforce « gouvernance » visant à augmenter l’exploi- parti au monde. Les commis des classes diri- Lénine, texte de Léon Trotsky, qui ré- Une présentation rappelle les événe- la confiance tation des travailleurs et maintenir le pillage geantes traitent d’“amoralistes” les bâtisseurs de ce parti. Aux yeux L’Impérialisme, stade des ouvriers conscients, cette accu- suprême du capitalismepond à une campagne internatio-nale visant à présenter le marxisme ments qui consti- tuent le contexte des travailleurs du capital financier par tous les moyens, bap- sation est un compliment. Elle signifie que Lénine refusait de Essentiel : commentcomme une « position immorale ».Publié en russe dans le Bulletin de dans lequel se mène cette polémique : en leur propre tisés « pacte de stabi- lité », « pacte de reconnaître les normes de morale le capitalisme se survit établies par les esclavagistes eux- et devient « la réactionl’Opposition en septembre 1938, cetexte sortira en français en mars répression féroce contre le mouvement force, renforce croissance », « pacte de sécurisation de l’em- mêmes. Il appelait le prolétariat sur toute la ligne » à étendre la lutte des classes au au début du XXe siècle.1939 dans une traduction trufféed’erreurs et précédée d’une note ouvrier par le fas- cisme en Allemagne, leur solidarité. ploi ». Les guerres pour le pétrole, on nous le domaine de la morale. Celui qui s’incline devant les règles établies Prix : 5 euros.« prière d’insérer », déformant les en Italie, en Espagne ; claironne, sont désor- par l’ennemi ne vaincra jamais cetpositions de l’auteur. Ce qui conduit terreur stalinienne mais devenues des ennemi !alors Trotsky à compléter par un avec les procès de Moscou en 1936- « guerres humanitaires ». Et l’Union L’“amoralisme” de Lénine, c’est- Léon Trotsky,nouveau texte de juin 1939 son pre- 1938. Les coups pleuvent sur les européenne ne vient-elle pas de à-dire son refus d’admettre une Europe et Amériquemier argumentaire en répondant à ouvriers et ceux qui entendent com- recevoir le prix Nobel de la paix ? morale au-dessus des classes, necette attaque glissée au sein même battre pour leurs droits en construi- A cette morale hypocrite et sour- l’empêcha pas de demeurer toute Pourquoi et commentde la publication de son écrit. Face sant l’Internationale. Au-delà des noise, Trotsky oppose la morale des sa vie fidèle à un seul et même la place des Etats-Unisau flot de calomnies et de men- différences d’époque, la polémique combattants de l’Internationale idéal ; de se donner entièrement s’est modifiée dès la finsonges déversés contre lui et son menée par Trotsky a un caractère ouvrière (« Il n’est pas de sauveur à la cause des opprimés. » du XIXe siècle et a boule-courant politique, Trotsky entendait très actuel. Il ne manque pas de dis- suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun, (Léon Trotsky, Leur morale et la versé les rapports entrey opposer les faits pour répondre et cours pour nous présenter la « mora- producteurs sauvons-nous nous- nôtre, 1938, page 51 de notre édi- les « grandes puissances ».faire face. C’est cet ensemble de lisation » du capitalisme comme la mêmes », dit L’Internationale). Esttextes qui va constituer Leur morale seule voie pour sortir de la crise d’ef- moral ce qui renforce la confiance tion.) Prix : 4 euros.et la nôtre. fondrement du système. des travailleurs en leur propre force
  • 95. INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012INFORMATIONS OUVRIÈRES ou formation politique qui entend sincèrement • Rédacteur en chef : Lucien Gauthier. • Rédaction : Informations ouvrières, • Administration-abonnements :Tribune libre de la lutte des classes, combattre pour l’émancipation des travailleurs. • Siège : 87, rue du Faubourg-Saint-Denis, 75010 Paris. 87, rue du Faubourg-Saint-Denis, Maïté Dayan.hebdomadaire du POI. Dans le cadre Cela sous leur propre responsabilité. • Imprimerie : Rotinfed 2000, Paris. CS 30016 - 75479, Paris CEDEX 10. Tél. : 01 48 01 88 22 ;de sa tribune libre, Informations ouvrières, L’hebdomadaire est édité par l’association • Tirage : 20 000 exemplaires. Tél. : 01 48 01 89 23. 01 48 01 88 41.fondé par Pierre Lambert, offre la possibilité (loi 1901) Informations ouvrières. • Commission paritaire : 0909 C85 410. Fax : 01 48 01 89 29. E-mail : diffusion-io@fr.oleane.comde s’exprimer librement à tout groupement Daniel Gluckstein, directeur de la publication. • ISSN : 0813 9500. E-mail : informations-ouvrieres@fr.oleane.com • Dépôt légal : à publication.L’HUMEUR > Tribune libre < Télévision Au nom d’Athènesde Michel Sérac « CLarmes Marc Gauquelin Un documentairede crocodiles de Fabrice Hourlier (24 novembre, Arte)patronales Grain de sable…Deux salariésd’une aciérie d’Imphy, commune de Tenerife, expulsée le sés — avec d’autant plus de hâte que,dans la Nièvre, appar- 28 septembre par Bankia, décidait d’en- comme en fait état la même agence detenant à Mittal, tamer une grève de la faim devant la presse (AFP), sous la pression des évé-sont morts. Ils avaient porte de la succursale de la banque, nements dramatiques auxquels ils sont62 et 43 ans. Ces tragé- comme beaucoup l’avaient déjà fait. confrontés, l’extension de ce débatdies du travail s’élèvent ette fois, c’est en Mais là, le maire de la commune décide touche un nombre grandissant de Espagne... Le 15 no- de taper du poing sur la table, dénon- maires, comme celui de Saragosse quià 1 100 morts par an, vembre dernier, le çant le refus de Bankia d’entendre rai- vient d’annoncer que la police localeaccidents et maladies lendemain du jour son : « “Le lundi 5 novembre, j’ai averti ne participera plus à ce genre d’expul-professionnelles, où quatre millions la presse que s’il n’y avait pas de solu- sions. u Ve siècle avant notre ère,et 65 000 incapacitéspermanentes. Durantun siècle, jusqu’à la loi de travailleurs s’é- taient retrouvés dans la rue à l’appel tion, je retirais 1,5 million d’euros” pla- cés (réserves de la commune — NDR) chez Bankia. Un accord est trouvé avec Aux maires s’ajoutent des juges qui, de plus en plus nombreux, refusent d’or- donner des expulsions, et même le syn- A Athènes vole au secours des cités grecques d’Asie Mineure révoltées contre le roi de Perse, Darius.de 1898, le patronat de leurs confédérations syndicales, le l’antenne locale de la banque, mais rejeté dicat majoritaire de la police (SUP), Les expéditions punitives ne vont pas gouvernement espagnol a par la direction à Madrid. qui soutient ceux de ses membres qui tarder...a farouchement refusé “Le jeudi, j’ai donné l’ordre décident de ne pas expulser. annoncé en catastrophe un Lors de la première guerre médique,toute réparation desaccidents du travail. « gel pendant deux ans des “Ce qui vient de retirer l’argent” et le ven- Bref, ce qui vient de se passer à Santa Athènes vient de chasser son tyran et expulsions pour les proprié- dredi un accord a été trouvé Cruz de Tenerife révèle le degré d’ex- d’instaurer la démocratie : dans la citéLe principe juridique taires surendettés les plus vul- de se passer pour que Carmen Omana trême fragilité atteint par le pouvoir de et dans l’univers. Son armée, com-était que le salarié, nérables ». La décision du puisse retourner dans sa ces banques parasites qui dictent leurs posée de citoyens-soldats, va enen signant le contrat, gouvernement est interve- à Santa Cruz maison » (AFP, 15 no- ordres aux gouvernements successifs découdre avec les « Immortels », leacceptait « librement » nue trois jours après une vembre). de la monarchie espagnole. Mais sur- corps d’élite de l’armée perse. Le stra-les risques ! décision similaire des de Tenerife est L’appartenance politique tout, elle indique aux travailleurs de tège Miltiade attaque à Marathon banques. de ce maire n’est pas toute l’Europe comment l’acte limité (« champ de fenouil » en grec), à laVoilà le vrai motif La dépêche de l’AFP qui rend une indication connue et elle n’a, en elle- d’un maire inconnu, menaçant ouver- tête de ses fantassins poussant leurdes larmes de croco- compte de ce brusque revi- même, pas une impor- tement de récupérer les dépôts auprès cri de guerre : « Au nom d’Athènes ! »diles patronales, rement d’attitude, après des pour les tance décisive. Mais quel des banques récalcitrantes, ouvre la (comme on criera plus tard : « Vive la »qui émeuvent mois de refus brutal opposé qu’il soit, ce maire vient de voie à la « confiscation » des fonds de Nation ! »). Il arrache la victoire (- 490).tant Hollande par les banques comme par travailleurs de faire une démonstration la banque, et peut devenir un puissant Deuxième guerre médique : Xerxès le gouvernement aux innom- d’une profondeur sans instrument de cette « forte pression succède à Darius et Thémistocle àet ses ministres :les patrons brables demandes faites en toute l’Europe” égale. sociale ». Miltiade. Il dote Athènes, cité dépour- ce sens, tente une explica- L e s b a n q u e s, q u i o n t Elle indique comment peut être ouverte vue de remparts, d’une « muraille deentendent revenir tion : « Sous une forte pres- donné sans sourciller une brèche dans la forteresse du pou- bois » (une flotte de guerre).à cette « liberté » sion sociale, l’Espagne a annoncé jeudi 350 000 ordres d’expulsions depuis 2008 voir et, par là même, la direction qu’il Xerxès proclame : « Nous marcheronsd’exploitation. un gel pendant deux ans des expul- (chiffre qui a augmenté de 20,6 % en faudra emprunter pour dégager une sur la mer et nous naviguerons sur laExagération ? Voyons sions », écrit-elle. 2012) ne craignent qu’une chose : c’est issue véritable. terre ! » Et il fait percer un canal dansles faits. Des milliers de S’il ne fait aucun douteque la « pres- que l’on touche à leurs avoirs et que Rajoy est ébranlé... pas seulement lui ! l’isthme de l’Athos pour ses navires, sion sociale », notamment les milliers l’idée puisse cheminer qu’il suffirait de puis il jette un pont de bateaux surcapitalistes ont licencié de manifestations pour empêcher les les confisquer pour protéger la société les Dardanelles pour ses troupes. Ildans leur pays pour expulsions, a fortement augmenté en du chaos dans lequel elle s’enfonce. conquiert ainsi la plus grande partieinstaller leur produc- Espagne ces dernières semaines, cette Elles tentent, par cette « grâce » qu’elles de la Grèce. Les Athéniens se sonttion dans l’Eldorado formule générale peut cacher l’essen- accordent à leurs débiteurs, de les réfugiés à Salamine, dont la petitede la « compétitivité » : tiel. Une autre dépêche fournit, en effet, détourner de cette « extrémité ». Elles baie est un espace resserré, où lesla Chine. 9 000 morts de un détail qui a toute son importance. ont improvisé un « gel » provisoire des navires perses s’éperonnent mutuel-salariés par mois, soit, Le 5 novembre, une mère de famille (de expulsions — jugé, par ailleurs, fort lement. deux filles) au chômage, habitant une insuffisant par les principaux intéres- La victoire de Salamine donne àrapporté à la popula- Athènes l’hégémonie sur la mer Egée. C’est pourtant vrai !tion, dix fois plus qu’en Quelques années après avoir failli dis-France. paraître, la Grèce va devenir le ber-Des dizaines de milliers ceau de la civilisation occidentale. Lede grèves ont contraint Selon l’association pharmaceutique panhellénique, du fait des coupes budgétaires, poète Eschyle pourra écrire dans Lesle régime policier 300 médicaments sont quasi introuvables, notamment ceux pour les problèmes Perses : « Les femmes perses, aban- cardiaques et le cancer. données, se livrent aux tendres regretschinois à une loi du compagnon de leur couche auxde sécurité sociale molles draperies... » Daniel HUET Idepuis… 2011.Même si la bureau-cratie corrompue INFORMATIONS OUVRIÈRESl’applique, les cotisa-tions patronales pouraccidents resteront CHOISISSEZ VOTRE FORMULE Autorisation de prélèvementcinq à dix fois moindres Dans tous les cas, remplir lisiblement et en lettres majuscules vos nom, prénom et adressequ’en France. Quant J ’autorise l’établissement teneur deaux ouvriers accidentés ᮀ Par prélèvement mensuel : 5,80 euros ( ᮀ 9,50 euros pour les plis clos) mon compte à effectuer les prélève- ments chaque fin de mois de 5,80 eurosdevenus invalides (datez et signez l’autorisation de prélèvement ci-contre en joignant un relevé d’identité bancaire ou postal) présentés par Informations ouvrières.permanents (80 à 100 % OU : Je pourrai suspendre à tout momentdu salaire par mois ᮀ 5 numéros “découverte” : 7 euros • ᮀ 12 numéros : 17 euros • ᮀ 4 mois (17 numéros) : 24 euros ces prélèvements par simple lettre.dans notre Sécurité ᮀ 6 mois (25 numéros) : 33 euros • ᮀ 1 an (51 numéros) : 65 euros • ᮀ 1 an, pli clos : 110 eurossociale), le forfait Date : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .le plus élevé d’indemni- Comité : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Département : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Signature (obligatoire) :sation prévu estde vingt-sept mois de Nom, prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .salaire (salaire moyen :moins de 100 euros N° : . . . . . . . . . . . Rue, bd, ave., etc. : . . . . . . . . . Nom de la voie : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .par mois). La vied’un ouvrier au plus .......................................................................................................bas prix, n’est-ce pas… IMPORTANT : n’oubliez pascompétitif ? de joindre un relevé d’identité Code postal : . . . . . . . . . . . . . Ville : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . bancaire ou postal,Le pacte de compé- de dater et signer votretitivité, auquel Hol- ET TOUJOURS... autorisation de prélèvement.lande veut enchaîner Numéro national émetteur : 442543les syndicats, n’est que 12 numéros : 10 euros pour tout premier abonnement ᮀréaction anti-ouvrière. Bulletin à renvoyer à : Informations ouvrières, 87, rue du Faubourg-Saint-Denis, CS 30016, 75479 Paris Cedex 10. Chèque à l’ordre d’Informations ouvrières