Pommedeterrehebdo 939

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Pommedeterrehebdo 939

  1. 1. POMME de TERRE hebdo Journal économique du marché de la pomme de terreN° 939 - 1er mai 2010 Histoire Ce numéro comprend un encart jeté sous film La production française “ Evénement RDV Techniques Arvalis”. de 1860 à nos jours Au cours des 150 dernières années, la production française de pommes de terre a connu de grands bouleversements : le volume total de la production a diminué graduellement ; les surfaces se sont fortement réduites tandis que le rendement a augmenté de façon exponentielle. C es 150 ans ont également vu le passage d’une agriculture familiale, faiblement productive et éparpillée sur l’ensemble du territoire français à une culture intensive à haut rendement, circonscrite à quelques régions et concentrée dans de grandes unités d’exploitation même si les petits producteurs-vendeurs jouent encore un rôle impor- tant dans l’approvisionnement local. Comment expliquer ces bouleversements ? 1860-1920 - Une prospérité factice La période s’ouvre sur une conjoncture favorable en termes techniques, économiques, démographiques et sociaux. Au niveau de la production de pommes de terre, on adopte de nouvelles variétés et les surfaces progressent d’un tiers entre 1860 et 1880 ; l’expansion est soutenue par de fortes exportations et par une augmentation de deux tiers de la demande intérieure. Ainsi, la France occupe le troisième rang européen en 1880 pour sa production de pommes de terre. Mais cette prospérité cache une faible productivité du sol, le rende- ment de la pomme de terre n’ayant augmenté que de 10 % à 15 % en trente ans. A partir de 1880, alors que la presque totalité de l’agriculture européenne est touchée par une crise agricole sévère, la valeur de la production française de pommes de terre aug- mente de 5,8 % entre 1875 et 1895, tandis que les surfaces progressent seulement de près d’un cinquième. A partir de 1910, les excédents de pommes de terre s’affaiblissent brutalement. En cause, les maladies de dégénérescence comme l’Enroulement et la Frisolée. Les rendements des meilleures variétés de l’époque (Institut de Beauvais, Industrie, Chardonne, Segonzac, Early rose, Saucisse) accusent une baisse alarmante alors que les Français consomment 140 kg de pommes de terre par an. Le corps scientifique s’approprie la question sans Le CNIPT a passé une convention trouver de solution durable. Puis, la première guerre mondiale est déclarée, rendant la avec l’Université François Rabe- culture de la pomme de terre encore plus difficile du fait des réquisitions et de la hausse lais de Tours afin de soutenir une des prix. étudiante en doctorat d’histoire sur le thème de l’évolution des 1920-1950 - Une production en plein changement techniques en pommes de terre. Le monde rural français sort profondément meurtri de la guerre 1914-1918. Sur une popu- Nous publions dans ce cadre le lation active agricole masculine de 5,4 millions de personnes, on compte 700 000 tués et résumé d’un premier chapitre sur 500 000 invalides, soit un paysan sur cinq inapte à la reprise du travail. De plus, dans l’an- l’histoire de la production. Le cienne zone de front, qui s’étend du Nord à l’Est sur 750 km, il faut d’abord déminer avant texte intégral est disponible sur d’envisager un premier labour des terres. L’exportation qui, avant la guerre, représentait 18 % le site cnipt.fr de la production française de pommes de terre – ce qui plaçait la France en tête des exporta- teurs européens – est devenue presque nulle.
  2. 2. En 1965, le Français Mais ces lendemains douloureux sont marqués par une volonté forte et partagée par l’ensem- ble des acteurs de la société de reconstruire au plus vite et au mieux la France. Ceux-ci mangeait 95 kg de prennent conscience des faiblesses de l’agriculture française face à ses concurrents à l’exportpommes de terre fraîches qui, grâce à de meilleurs outils et à des méthodes modernes, obtiennent des rendements et une qualité supérieurs aux produits français. Les conséquences pour la pomme de terrepar an ; en 1980, 55 kg ; en française sont triples : développement de la mécanisation, utilisation accrue des engrais1996, 40 kg et aujourd’hui inorganiques et organisation de la sélection des plants contrôlés. La réapparition du dory-30 kg. En revanche, la part phore en Europe à partir de 1922 accélère ces transformations. Le nouveau débarquement de la bête du Colorado à partir de la région girondine, puis l’in-de sa consommation sous vasion progressive de la France entre 1922 et 1938 ont des conséquences comparables à la forme de produits crise phylloxérique. Dans un premier temps, le passage du coléoptère oblige le cultivateur à replanter et son choix se porte désormais sur des semences saines provenant des premiers transformés n’a fait syndicats bretons de sélection. Sur les parcelles entièrement ravagées se pose la question de qu’augmenter pour la bonne adaptation du tubercule au type de sol. Il s’en suit soit un abandon de la culture du tubéreux au profit d’autres plantes, soit un premier regroupement de parcelles afin d’amor- atteindre aujourd’hui tir les frais engagés dans le renouvellement des semences et le matériel agricole nouveau (en 25 kg/habitant/an. 1900, le parc de tracteurs en service compte 200 engins ; en 1920, 2 600 machines et, en 1940, 38 000 tracteurs). Autre conséquence notable : la création d’associations de producteurs de pommes de terre dont la plupart auront une existence éphémère à l’exception de l’UNPT. Cet élan moderne est rapidement arrêté par la seconde guerre mondiale. Pendant cette période, le passage du doryphore amplifié par l’économie de guerre réduit largement la production. 1950-2007 - Une production intégrée dans une filière moderne Après six années de pénuries et d’économie noire, l’élan moderne d’avant-guerre est ranimé par la volonté nouvelle d’inscrire « l’agriculture française sur la voie de l’industrialisation ». Le remembrement refond le cadastre de presque toute la France. Les parcelles groupées et redistribuées créent des champs plus vastes et plus accessibles au tracteur. A ce propos, le nombre de machines agricoles passe de 38 000 engins en 1940 à 1,2 million en 1970. En l’espace de dix ans (1960-1970), le nombre de tracteurs en service double. Parallèlement, avec 15 millions de tonnes, la production française de pommes de terre flirte avec son plus haut niveau depuis 1925. La comparaison entre ces deux dates s’arrête là. Alors qu’en 1925, on cultivait la pomme de terre sur 1,5 million d’hectares, en 1960, on utilise uniquement 880 000 ha pour une productivité moyenne de 17 t/ha, soit + 63 % en trente-cinq ans. Malgré ces bons résultats, après 1960, la superficie et la production diminuent spectaculai- rement. A partir de 1964, une réévaluation de la connaissance statistique de la culture de pommes de terre est débutée par le ministère de l’Agriculture, puis par l’Union européenne conduisant à une réduction des chiffres. Ainsi en 1970, le recensement général de l’agricul- ture établit avec certitude 8 millions de tonnes de tubercules pour la campagne 1970-1971. La baisse des surfaces de pommes de terre – soit une perte de la moitié des terres depuis 1970 – s’explique aussi par la diminution constante de la demande. En effet, le Français mangeait, en 1965, 95 kg de pommes de terre fraîches par an ; en 1980, 55 kg ; en 1996, 40 kg et aujourd’hui 30 kg. En revanche, la part de sa consommation sous forme de produits trans- formés n’a fait qu’augmenter pour atteindre aujourd’hui 25 kg/habitant/an. De plus, la pomme de terre est remplacée par le maïs dans l’alimentation des animaux tandis que le blé est substitué au tubercule dans l’alimentation humaine. Enfin, les efforts d’équipement des coopératives, du négoce et des producteurs permettent d’enrayer les pertes. Par ailleurs, on assiste à la disparition des stocks familiaux qui étaient à l’origine de pertes sensibles. La pomme de terre française est désormais au troisième rang européen pour la production et au premier rang européen pour les exportations avec 4,6 millions de tonnes en 2008-2009. Quels challenges reste-t-il à relever ? Des défis technologiques tels l’application du Grenelle de l’Environnement ; diversifier les utilisations alimentaires et non alimentaires du produit ; avant tout, produire une pomme de terre de qualité ce qui augmenterait en valeur les ventes en France et à l’Etranger. n Anne-Pauline Sébille Sources : Statistique agricole annuelle, FAOstat, archives INA, La pomme de terre française.2 1er mai 2010 - N° 939 - POMME de TERRE hebdo
  3. 3. Primeurs italiennesUne commercialisationqui devrait être harmonieuseL es opérateurs des principales régions de production de pomme de terre primeur prévoient une forte baisse des surfaces en Sicile et en Campanie tandis que celles des Pouilles semaintiendraient.La Sicile (199 200 t récoltées en 2009) verrait ses surfaces se réduire de 30 % en 2010. Cettebaisse serait le contrecoup des cotations peu intéressantes du produit alors que les coûts deproduction sont élevés. Les arrachages ont débuté en mars dans de bonnes conditions. Laqualité est au rendez-vous mais les tubercules récoltés sont de petit calibre. En Campanie(103 000 t), les emblavements seraient également inférieurs de 30 % à ceux de l’année der-nière. Les plantations se sont déroulées dans de bonnes conditions climatiques et les plantessont actuellement en floraison. Dans les Pouilles (69 600 t récoltées en 2009), les surfacesseraient stables. Les arrachages seraient prévus pour mi-mai. Les variétés les plus précocesont été endommagées par le gel et l’on s’attend à une baisse de production de 50 % pour cesvariétés. Les variétés les plus tardives ont été épargnées.Cette année, les opérateurs de primeurs italiennes se veulent optimistes car contrairement à2009, les calendriers des trois régions productrices sont complémentaires. n (Source:Ubifrance) BrèvEs emblématique de l’île – le 8 mai avec Récoltées en début de campagne, avant dégustations et chants marins. complète maturité, ces pommes de PRIMEURS terre primeurs peleuses seront disponi- Les régalades 2010 bles de mi-mai à mi-juin chez les gros- Les producteurs de l’île sur l’île de ré sistes, primeurs et en GMS. Issues du de Noirmoutier à Nantes Les pommes de terre primeurs AOC de parc naturel de Camargue, elles sont Les producteurs de Noirmoutier ont l’île de Ré sont présentes depuis une sélectionnées parcelle par parcelle, ouvert la campagne de la pomme de quinzaine de jours chez les primeuristes triées à la main lors de la mise en caisse terre primeur de l’île en allant à la ren- de l’île. Mais le véritable démarrage de et conditionnées non lavées. contre des consommateurs dans les rues la saison avait lieu les 30 avril et 1er mai Leur conditionnement en caisses bois de Nantes, le vendredi 16 avril. avec la manifestation des Régalades. souligne leur caractère “terroir” sur le Accompagnés de leurs enfants, une Une vingtaine de chefs rétais ont, pen- point de vente. La variété choisie se pré- vingtaine de producteurs se sont instal- dant ces deux journées, ajouté à leur nomme Anoé ; il s’agit d’une variété à lés dans différents points stratégiques menu des recettes spécifiques élaborées chair ferme idéale en cuisson vapeur, en de la capitale de Loire-Atlantique pour à partir de la primeur AOC, associée à salade ou rissolées. présenter leur produit, leur savoir-faire d’autres produits du terroir rétais. En Pour plus d’informations et de rensei- et leur terroir. Cette opération a permis parallèle, les deux coopératives de l’île gnements : www.pom-alliance.fr d’exprimer leur volonté d’échanger et ont organisé différentes animations de d’expliquer la nécessité de maintenir la promotion (balades à vélo comprenant survie de leur produit, notamment pour arrêt aux champs pour discuter avec les Fedepom : Assemblée leurs enfants : « Il faut à tout prix pré- producteurs tout en dégustant la pri- générale le 4 juin server la pomme de terre primeur. C’est meur, marché fermier). L’Assemblée générale annuelle de pour cela que nos enfants sont là. Nous (Source : www.pharedere.com) Fedepom se tiendra le vendredi souhaitons leur transmettre notre 4 juin à Paris et aura pour thème : amour du métier, la valeur du terroir et Les Primeurs de Camargue “Négociant en Pomme de Terre, un un bel avenir. » bientôt disponibles métier incontournable pour conqué- Pour fêter la nouvelle campagne, la Pom’Alliance présente de nouvelles pom- rir l’avenir”. coopérative de Noirmoutier organise mes de terre primeurs dans sa gamme des renseignements et inscriptions prochainement dans ses murs sa tradi- caisses en bois “Les Gourmandes 5 kg” : les auprès de Fedepom. tionnelle fête de la Bonnotte – primeur Primeurs de Camargue en vrac.POMME de TERRE - 1er mai 2010 - N° 939 hebdo 3
  4. 4. LEs MArCHÉs PHYsIQUEsCotations France (sNM) Cours du 28 avril 2010 - /tonne- stade expédition (logé, palettisé)Variétés de consommation courantesBintje Bassin Nord non lavée cat. II 40-75 mm sac 25 kg 100-130 (Ó)Div. var. cons Bassin Nord lavée cat. I 40-70 mm sac 10 kg 220 (Ó)Agata France lavée cat. I + 35 mm carton 12,5 kg 400-460 (∑)Variétés à chair fermeCharlotte France lavée cat. I + 35 mm carton 12,5 kg 420-480 (∑)Rouge France lavée cat. I + 35mm carton 12,5 kg 420-470 (∑)NB: Les flèches tiennent compte de l’évolution hebdomadaire du prix moyen. A ne pas confondre avec la moyenne des deux chiffres de la fourchette de prix.- Export stade expédition (27 avril 2010) Agata France lavable cat. I 40-70 mm sac 1 tonne, le kg 160-270 (∆) Div. var. cons France lavable cat. I 40-70 mm sac 1 tonne : le kg 150-220 (∑) Div. var. cons France non lavée cat. II 50-75 mm sac 20 kg : le kg 115-150 (∆) Rouge France non lavée cat. II 50-75 mm sac 20 kg : le kg 80-115 (∆)Marchés de gros- rungis (27 avril 2010) - Industrie (vendredi 23 avril 2010) Moyenne Nord-seine Charlotte lavée 35 + mm cart. 12,5 kg 400-500 (∑) Tout venant 35 + vrac fritable 90-110 (Ó) Div. var. cons. lavée cat. I 40-70 mm sac 10 kg 280-320 (Ó) Bintje 28-40, vrac grattage NC Agata lavée 60 +, cart. 12,5 kg – Bintje 40 + vrac fritable NC L’intégralité des cotations du SNM peut être retrouvée sur www.snm.agriculture.gouv.frCotations marchés étrangers /tonne et au 08 92 68 67 82 (0,337 /min)rotterdam (Fiwap/PCA) le 27 avril 201040 mm +, fritable 85-110 (Ó)Lavables, Global-Gap, 40-70 mm NC Sté d’édition SCIPTExport, argile, 45 mm 95-115 (Ó) 43-45 rue de Naples 75008 Paris Tél : 01 44 69 42 10Belgique (SNM) Grande-Bretagne (Cours BPC) Fax : 01 44 69 42 11le 26 avril 2010 le 23 avril 2010 Directeur de publication : Jean-Luc GosselinBintje 35 mm- + 70-90 (∆) Prix moyen 90,88 (∆) Prix du numéro : 2 (tout venant, départ, hors TVA) production Abonnement 1 an : 53  Edition déléguée : FLD Hebdo (Abc SA)LEs MArCHÉs À TErME Imprimerie : RPN 36/40 bd R. Schuman rMX Hanovre-Industrie 20/04/2010 21/04/2010 22/04/2010 23/04/2010 26/04/2010 93190 Livry-Gargan Avril 2010 97 97 97 100 100 Dépot légal : à parution Juin 2010 120 118 117 119 122 ISSN n° 099133351 1er mai 2010 - N° 939 - POMME de TERRE hebdo

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