Amibiase

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Amibiase

  1. 1. 4-1300 4-1300AKOS Encyclopédie Pratique de Médecine Amibiase J Delmont L ’amibiase est définie par le portage dans la lumière colique ou par la présence, essentiellement au niveau de la paroi colique et du foie, de l’amibe Entamoeba histolytica . L’endémie amibienne concerne 10 % de la population des régions tropicales. Cette protozoose, moins souvent observée qu’autrefois dans les pays à climat tempéré, risque de ce fait de n’être point reconnue et d’avoir une évolution défavorable, alors que des médicaments amoebicides particulièrement efficaces sont, de nos jours, disponibles. © 2000 Editions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés. Mots-clés : amibiase, abcès amibien, amoebome. s Cependant, après un temps variable pouvant D’installation brutale ou progressive, les douleurs Épidémiologie atteindre plusieurs années et pour des raisons mal sont d’intensité et de siège variables. Parfois mal connues (perturbation de la flore microbienne définies, à type d’endolorissement diffus et durable de intestinale, changement de régime alimentaire, l’abdomen, elles peuvent aussi réaliser les classiques En présence d’une symptomatologie clinique surmenage…), E. histolytica minuta peut se épreintes, douleurs expulsives violentes parcourant le évocatrice, le médecin est conforté dans son transformer en une forme histolytica (E. histolytica cadre colique avec envie impérieuse mais souvent orientation diagnostique en faveur d’une amibiase par histolytica), très mobile, munie de pseudopodes, infructueuse d’aller à la selle. Le ténesme, qui se définit la notion d’un voyage ou d’un séjour, récent ou mesurant 20 à 40 µm de diamètre et au noyau bien comme une striction douloureuse du sphincter anal, ancien, en milieu tropical ou subtropical. En effet, là visible, douée d’un pouvoir nécrotique et est plus rare. sont rassemblées les conditions les plus favorables à la hématophage [3]. Selon les résultats de récentes Le nombre des évacuations varie de quatre à six transmission de cette parasitose. Conséquence d’un recherches, seules certaines souches d’E. histolytica par 24 heures. Il s’agit plus souvent d’une diarrhée défaut d’hygiène et d’assainissement, les kystes minuta, différenciables non sur le plan morphologique banale, constituée de selles pâteuses ou liquides plutôt amibiens, éliminés avec les selles sur un sol mais par leurs zymodèmes et leurs génomes, que de l’émission de glaires mucosanglantes, afécales, constamment chaud et humide, peuvent résister posséderaient cette potentialité de transformation [5]. réalisant les classiques « crachats dysentériques ». plusieurs semaines, avant d’être ingérés par un enfant Les formes E. histolytica histolytica ne se transforment L’état général est peu altéré et l’apyrexie est ou un adulte, à la suite d’une souillure des mains ou jamais en kystes. habituelle. d’une contamination de crudités [2]. La rareté actuelle L’abdomen est discrètement météorisé ; le cadre de l’amibiase importée en France, malgré une colique est douloureux à la palpation et le foie est de s augmentation des flux de voyageurs, s’expliquerait volume normal. par des séjours outre-mer plus brefs qu’autrefois et Pathogénie peut-être par une application plus stricte des mesures ‚ Amibiase colique suraiguë ou maligne d’hygiène corporelle et alimentaire de nos Exceptionnelle en France, elle survient d’emblée sur concitoyens. Conséquence probable du faible nombre Envahissant la paroi colique, surtout au niveau de un terrain déficient (grossesse, alcoolisme, diabète) ou de porteurs de kystes amibiens dans notre pays et des ses portions cæcale, sigmoïdienne et rectale, E. consécutivement à une amibiase aiguë d’apparence progrès de l’assainissement, on assiste à la quasi- histolytica histolytica détermine des ulcérations, bénigne et de ce fait négligée ou insuffisamment disparition de l’amibiase autochtone, qui survenait à la responsables de microhémorragies et, de façon traitée. Elle est caractérisée par l’association d’un suite de contacts avec des sujets infectés chez des exceptionnelle, de perforations intestinales. syndrome dysentérique avec signes de déshydratation personnes qui n’avaient jamais quitté la métropole. À partir de la paroi colique, les amibes E. histolytica et de toxi-infection. Elle s’associe souvent à un abcès histolytica peuvent migrer par voie portale vers le foie du foie. Son pronostic, malgré la réanimation, est où elles créent des foyers de nécrose hépatocellulaire souvent fatal, en raison de la survenue d’hémorragies s qui, par confluence, forment un ou plusieurs abcès et de perforations intestinales responsables d’une Cycle biologique hépatiques. Progressant par contiguïté à travers le péritonite asthénique. diaphragme ou empruntant la voie sanguine, elles peuvent atteindre l’appareil pulmonaire, deuxième ‚ Colopathie postamibienne Une fois les kystes amibiens ingérés, leur polarité extra-intestinale de l’amibiase, plus rarement Celle-ci est caractérisée par des troubles du transit membrane est dissoute par les sucs digestifs, donnant d’autres viscères. intestinal avec alternance de diarrhée et de naissance dans la lumière colique à des formes minuta constipation, dyspepsie, sensibilité de l’abdomen à la (Entamoeba [E.] histolytica minuta), peu mobiles, de 14 palpation avec perception fréquente d’un cæcum s à 16 µm de diamètre et au noyau peu visible. Ces distendu et d’un sigmoïde spasmé. Moins constatée amibes saprophytes peuvent persister des années Clinique aujourd’hui qu’autrefois, chez des Européens ayant dans la lumière colique, se transformant de temps à séjourné outre-mer, elle se manifeste, après plusieurs autre en kystes de 10 à 15 µm de diamètre et à quatre épisodes d’amibiase intestinale aiguë, par la survenue noyaux, éliminés dans le milieu extérieur avec les ‚ Amibiase colique aiguë récurrente de symptômes non spécifiques, l’identifiant selles. Ce cycle de l’amibiase infestation n’a aucune Elle se manifeste par des douleurs abdominales et à une colopathie fonctionnelle. En cas de doute, une traduction clinique. des perturbations du transit intestinal. coloscopie sera pratiquée. 1
  2. 2. 4-1300 - Amibiase s‚ Amibiase hépatique être différenciés des kystes d’amibes non pathogènes, Elle est plus rare que l’amibiase intestinale aiguë. les plus fréquemment observés étant ceux d’E. coli. Diagnostic différentielElle peut être contemporaine d’une amibiase colique Une coproculture est toujours effectuée poursymptomatique, succéder à plus ou moins long terme éliminer une infection bactérienne associée, en particulier une shigellose, caractérisant la forme ‚ Pour l’amibiase intestinaleà un épisode intestinal aigu, ou apparaîtreindépendamment de tout épisode classique amoebobacillaire, d’évolution préoccupante. Chez un malade dysentérique, l’absence d’E.intestinal [1]. La rectoscopie, douloureuse lors d’un épisode aigu, histolytica histolytica dans les selles doit faire Dans sa forme typique, l’amibiase hépatique se objective une muqueuse œdématiée, érythémateuse, rechercher une autre étiologie que l’amibiase, entraduit par l’apparition brutale ou rapidement fragile au contact, parsemée d’ulcérations particulier un cancer, même si des kystes ou desprogressive de douleurs lancinantes de l’hypocondre punctiformes ou en « coups d’ongle », à bords épais et formes minuta sont découverts.droit, irradiant en « bretelle » vers l’épaule droite, recouvertes de glaires, qui sont recueillies par L’examen parasitologique des selles comporte deassociées à une fièvre élevée à 39 ou 40 °C. Le foie est écouvillonnage au moyen d’un coton cardé. Ces manière systématique la recherche d’une parasitoseaugmenté de volume, douloureux à la palpation, lésions peuvent être observées dans des rectocolites associée, et la coproculture, également systématique,sinon à la manœuvre de l’ébranlement provoqué qui d’autre nature que l’amibiase. éliminera une dysenterie bacillaire ou unesera pratiquée avec prudence. Parfois, un syndrome La coloscopie n’est surtout justifiée qu’en cas de salmonellose.pleuropulmonaire de la base droite accompagne cette doute sur le diagnostic d’amibiase. Cependant, elle La biopsie de la muqueuse colique élimine, sisymptomatologie. Rarement est observé un ictère, le permet la découverte d’un exceptionnel amoebome besoin est, une rectocolite hémorragique, maisplus souvent de nature rétentionnelle, suite au dont les biopsies montrent des amibes au sein d’un l’amibiase peut s’associer à cette colopathie dont elledéveloppement d’un abcès comprimant la voie biliaire tissu granulomateux. peut provoquer une poussée.principale. La séro-immunologie, à la recherche d’anticorps Il faut différencier E. histolytica des autres espèces L’évolution spontanée conduit à la rupture de antiamibiens est négative ou faiblement positive, sauf d’amibes, notamment E. coli, considérées comme nonl’abcès dans le péritoine, la plèvre, les bronches, ou en cas d’amoebome. pathogènes.plus rarement la cavité péricardique, mettant en jeu lepronostic vital. ‚ Amibiase hépatique ‚ Pour l’amibiase hépatique Les formes atypiques, à symptomatologie atténuée Une hyperleucocytose par polynucléose Il faut distinguer les abcès intrahépatiques à germesou incomplète, telle une fièvre isolée prolongée, sont neutrophile et une vitesse de sédimentation des pyogènes, qui surviennent dans des tableauxrares. hématies très accélérée (supérieure à 80 mm à la septicémiques et pour lesquels il n’y a pas d’anticorps première heure) sont des anomalies hématologiques antiamibiens.‚ Amibiase pleuropulmonaire constantes et précoces auxquelles s’associe parfois Les diagnostics de kyste hydatique surinfecté et de une augmentation modérée du taux des transamina- cancer du foie sont facilement éliminés en confrontant Elle s’observe chez 30 % des malades atteints ses hépatiques. les résultats fournis par les divers examensd’amibiase hépatique, mais peut aussi résulter de la La radiographie pulmonaire révèle, lorsque l’abcès complémentaires.migration sanguine directe d’emboles amibiens. Elle se développe à la partie supérieure du foie, unes’exprime sous forme d’une pleurésie sérofibrineuse surélévation localisée de la coupole diaphragmatique,ou sérohématique, d’une pneumopathie aiguë ou s sous la forme d’une image en « soleil couchant ». Lesubaiguë, parfois d’un abcès amibien pulmonaire,dont la rupture provoque un pyothorax ou une cliché pulmonaire peut montrer un petit épanchement Traitement pleural droit avec un infiltrat parenchymateux associé.vomique de couleur classiquement chocolat. Cesmanifestations douloureuses, évoluant sur un mode L’échographie abdominale, de réalisation simple etfébrile, peuvent dominer la scène clinique. rapide, visualise une ou plusieurs lacunes hépatiques, ‚ Médicaments antiamibiens des formations liquidiennes arrondies, dont la Les nitro-imidazolés, amoebicides tissulaires, ont Les autres localisations de l’amibiase sont toutes localisation et le volume (2 à 20 cm de diamètre), supplanté la 2-déhydroémétine qui n’est plusexceptionnelles : pourraient être précisées, les jours suivants, par une commercialisée. D’absorption rapide, dès la partie – localisation cutanée ; tomodensitométrie. Il est à signaler qu’à un stade proximale de l’intestin grêle, ils sont très diffusibles par – péricardite amibienne par rupture d’un abcès du d’évolution précoce, l’échographie peut être voie sanguine dans tous les tissus, et donc trèslobe gauche du foie ; normale [4]. efficaces sur E. histolytica histolytica lorsque celle-ci a – abcès amibien du cerveau ou de la rate. Les examens séro-immunologiques, hémaggluti- envahi la muqueuse colique ou au-delà d’autres tissus nation indirecte, Elisa et surtout immunofluorescence de l’organisme. Les nitro-imidazolés sont métabolisés indirecte (positivité supérieure au 1/100), dont les dans le foie et s’éliminent par la bile dans l’intestin sous s résultats sont d’obtention plus tardive, montrent des forme d’un métabolite partiellement actif sur les Diagnostic taux élevés d’anticorps sériques. Des faux positifs ont amibes de la lumière colique. été signalés en cas de carcinome hépatocellulaire, de Le plus ancien, mais encore le plus utilisé, des nitro- métastases hépatiques ou d’abcès à pyogènes. Les imidazolés est le métronidazole (Flagylt). De nouveaux faux négatifs sont rares si l’on associe deux techniques dérivés, le tinidazole (Fasigynet), l’ornidazole (Tibéralt),‚ Amibiase intestinale différentes, mais il peut s’agir d’un retard à l’apparition le secnidazole (Flagentylt) se sont révélés de demi-vie L’examen parasitologique des selles doit être des anticorps. De toute façon, lorsque le tableau plus longue et mieux tolérés. Leur pouvoir amoebicideeffectué avant tout traitement par un biologiste clinique est typique, on n’attend pas les résultats pour tissulaire au moins égal au nitro-imidazole permet deexpérimenté. pratiquer une épreuve thérapeutique les administrer en cures plus brèves, mais leur coût est Dans l’amibiase intestinale aiguë, il est médicamenteuse. plus élevé (tableau I).indispensable que les selles soient émises au mieux au La ponction, inutile dans la majorité des cas, L’action des nitro-imidazolés sur les amibeslaboratoire même ou qu’un échantillon y soit apporté montrerait que la lésion renferme un liquide épais, intraluminales reste imparfaite.dans des délais très brefs pour éviter refroidissement et stérile, inodore, de couleur chocolat ou jaunâtre, fait Des effets secondaires fréquents mais générale-dessiccation, en raison de la fragilité des amibes d’un mélange de tissu hépatique nécrosé et de sang, et ment modérés, surtout digestifs, sont atténués par lahématophages. ne contenant pas ou peu d’amibes. fragmentation de la dose et la prise au cours des repas. Le prélèvement à examiner immédiatement au L’examen parasitologique des selles peut être L’absorption d’alcool doit être évitée.microscope entre lame et lamelle porte de préférence positif. Cependant la mise en évidence d’E. histolytica Les amoebicides dits de contact ont une actionsur des glaires mucosanglantes. dans les selles est inconstante et sa présence intraluminale colique prolongée car ils ne sont pas En cas de négativité d’une première recherche, la éventuelle ne constitue pas un argument absolu en résorbés par la muqueuse intestinale. Ils détruisent lesrépétition au moins deux autre fois de l’examen faveur d’une localisation hépatique de la parasitose. formes minuta du mucus et du bol fécal. Il en existeparasitologique des selles est indispensable. La séro-immunologie doit toujours être associée à aujourd’hui peu de non absorbables (tableau II). Leur S’il découvre des kystes d’amibes, le biologiste doit l’imagerie médicale pour porter avec certitude le efficacité partielle engage à répéter les curespréciser leur nature : les kystes d’E. histolytica doivent diagnostic d’amibiase hépatique. thérapeutiques. 2
  3. 3. Amibiase - 4-1300Tableau I. – Amoebicides tissulaires : nitro-5-imidazolés. Traitement des amibiases coliques et extra-intestinales. Spécialité Flagylt Fasigynet Tibéralt Flagentylt Dénomination commune internatio- métronidazole tinidazole ornidazole secnidazole nale Présentation cp 250 mg et 500 mg, cuillère-mesure cp 500 mg cp 500 mg, ampoule injectable de cp 500 mg 125 mg, flacon ou poche 500 mg pour 500 mg et 1 g pour perfusion IV perfusion IV Posologie 3 × 500 mg/j (cp ou perfusion IV) chez l’adulte, 30 mg/kg/j chez l’enfant pendant 5 jours pour l’amibiase colique, 10 jours pour l’amibiase hépatique (des durées plus courtes de traitement, soit 1 à 3 jours, sont possibles, surtout avec le tinidazole, l’ornidazole et le secnidazole, mais rarement adoptées) Effets indésirables Fréquents : inappétence, perturbation du goût, nausées, vomissements, gastralgies, diarrhée, céphalées, asthénie, vertiges, somnolence, effet antabuse. Exceptionnels : confusion, paresthésies, polynévrites sensitivomotrices, incoordination des mou- vements, ataxie, éruption cutanée, leucopénie Contre-indications Hypersensibilité aux imidazolés, antécédents d’affections neurologiques périphériques ou centrales, grossesse, lactation, leucopéniecp : comprimé ; amp : ampoule ; IV : par voie intraveineuse.Tableau II. – Amoebicide de contact. Traitement de l’amibiase-infestation et complément du traitement par un amoebicide tissulaire. Spécialité (DCI) Présentation Posologie Effets indésirables Intétrixt (tiliquinol- gélule à 500 mg 2 × 2 gélules/j chez l’adulte pendant 10 jours Hypertransaminasémie, neuropathie périphérique et tilbroquinol) atteinte du nerf optique, en cas d’insuffısance rénale ou hépatiqueDCI : dénomination commune internationale.‚ Indications Colopathie postamibienne guérison, elle est toujours associée au traitement médicamenteux dont elle accroît l’efficacité. De traitement uniquement symptomatique, laAmibiase-infestation Lorsque la ponction est impossible ou dangereuse, colopathie postamibienne peut aussi bénéficier de la l’évacuation chirurgicale devient nécessaire. De même, En dehors des régions d’endémie, c’est-à-dire si le réalisation de cures thermales. la chirurgie s’impose pour des abcès perforés ourisque de recontamination est très faible ou nul, le menaçant de se rompre dans la cavité péritonéale outraitement fait appel à une ou plusieurs cures d’un Amibiase hépatique thoracique, ou pour ceux ne réagissant pas auamoebicide de contact. Le déparasitage des porteurs Le traitement est avant tout médical et vise à traitement amoebicide, aidé ou non de ponctions. Ausains a le double avantage de les mettre à l’abri d’une détruire les parasites. La chirurgie n’intervient qu’en drainage isolé avec aspiration continue, il est parfoisamibiase-maladie et de supprimer le danger de cas de complications ou de menace de leur survenue . préféré l’hépatectomie réglée, par une voie d’abordcontamination de l’entourage. L’amibiase hépatique relève d’un amoebicide dépendant du siège de l’abcès. tissulaire, administré par voie orale ou, en cas de Amibiase pleuropulmonaireAmibiase-colique aiguë non compliquée vomissements irréversibles, par voie parentérale. Si les Un drainage pleural (ponction ou pleurotomie) est Elle est traitée par un amoebicide tissulaire. Après 2 douleurs puis la fièvre cèdent le plus souvent souvent nécessaire dans les formes pleurales, en plusà 3 jours, les signes cliniques et les amibes rapidement (1 à 3 jours), si la polynucléose s’amende du traitement amoebicide. Les séquelles bronchiques en 7 ou 10 jours et si la vitesse de sédimentationdisparaissent ; après une dizaine de jours, les lésions ou parenchymateuses pouvant être traitées sanguine diminue de moitié chaque semaine, lesont cicatrisées. Ce traitement spécifique doit être secondairement par la chirurgie. traitement peut n’être que médicamenteux, d’autantassocié à un traitement symptomatique (antispasmodi- plus que la réalisation d’échotomographies Amoebomeques, protecteurs de la muqueuse) et à un régime successives permet d’attester de la régression Le traitement amoebicide entraîne une guérisonpauvre en fibres végétales. Il est conseillé de prescrire progressive puis de la disparition des images rapide de la tuméfaction ; sinon, en cas de persistanceensuite une cure d’un amoebicide de contact. Les anormales en 3 à 6 mois, des anticorps antiamibiens de la lésion, on recourt à l’exérèse chirurgicale.examens des selles vérifiant le déparasitage ne en 6 mois à 1 an. Une cure d’un amoebicide de contact sdoivent être pratiqués qu’une quinzaine de jours après est toujours prescrite pour éviter des rechutes, même sila fin du traitement. Conclusion l’amibiase colique concomitante est asymptomatique. Le seul traitement médicamenteux suffit à guérirAmibiase-colique maligne les trois quarts des amibiases hépatiques. Il faut savoir évoquer le diagnostic d’amibiase en Dans un service de soins intensifs, elle nécessite La ponction évacuatrice, réalisée sous échographie présence de symptômes coliques ou hépatiques. Lal’administration d’un amoebicide tissulaire et d’une et en milieu chirurgical, n’est pratiquée d’emblée que mise en évidence du parasite lors des localisationsantibiothérapie à large spectre (quinolone) par voie pour les abcès très volumineux (> 10 cm), en particulier coliques ou la conjonction d’une sérologie positive etparentérale. De plus, il faut mettre en place une du lobe gauche et ceux d’accès facile car superficiels. d’une image évocatrice en cas d’amibiase hépatiqueaspiration gastrique et une sonde rectale, veiller à Elle peut aussi être pratiquée en cas de doute constituent les moyens du diagnostic.l’équilibre hydroélectrolytique et à un apport diagnostique, évoquant la possibilité d’un abcès à Grâce au nitro-imidazole et à ses dérivés, laalimentaire parentéral et, au besoin, pratiquer des pyogène, ou, en l’absence d’une amélioration après guérison est obtenue de façon simple et rapide dans latransfusions sanguines. La décision d’une colectomie 48 heures malgré un traitement amoebicide bien plupart des cas. Des formes graves persistentpartielle ou totale peut être prise. conduit. Insuffisante à elle seule pour amener la cependant, imposant le recours à la chirurgie. 3
  4. 4. 4-1300 - Amibiase Jean Delmont : Professeur des Universités, praticien hospitalier, service des maladies infectieuses et tropicales, hôpital Nord, chemin des Bourrelys, 13915 Marseille cedex 20, France. Toute référence à cet article doit porter la mention : J Delmont. Amibiase. Encycl Méd Chir (Editions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS, Paris, tous droits réservés), AKOS Encyclopédie Pratique de Médecine, 4-1300, 2000, 4 p Références[1] Algayres JP, Valmary J, Maurel C, Lapprand M, Herody M, Daly JP et al. [4] Leonetti P, Moncany G, Soubeyrand J. L’abcès amibien du foie. Apport deL’amibiase hépatique. Concours Méd 1990 ; 112 : 2539-2544 l’échographie au diagnostic évolutif à propos de 983 cas. J Radiol 1987 ; 68 : 259-264[2] Aubry P, Lecamus JL, Andre LJ. Amibiase. Encycl Méd Chir (Éditions Scien-tifiques et Médicales Elsevier SAS, Paris), Maladies infectieuses, 8-083-A-10, [5] Picot S, Ambroise-Thomas P. Facteurs et conditions de pathogénicité d’Enta-1988 : 1-22 moeba histolytica. Lettre Infect 1994 ; 9 : 317-322[3] Léger N, Danis M. Amibes et amibiases. Encycl Méd Chir (Éditions Scientifi-ques et Médicales Elsevier SAS, Paris), Maladies infectieuses, 8-500-A-10, 1995 :1-14 4

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