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Le Morbihan recherche des pistes pour redresser son aviculture

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Avec ses 861 éleveurs et ses 1,55 million de m² de bâtiments en 2010, le Morbihan demeure le premier département de volailles de chair de France. la succession de crises, le vieillissement du parc bâtiment ou encore l'exacerbation de la concurrence mondiale ont mis à mal en une dizaine d'années une filière fleuron de l'agriculture morbihannaise. Pourtant toutes les études le démontrent : l'aviculture a encore de l'avenir notamment parce que la consommation mondiale de viandes blanches ne cesse de croître. les aviculteurs morbihannais doivent dans ce concert mondial, savoir tirer leur épingle du jeu à plusieurs conditions.

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  1. 1. 18 Morbihan / 26 octobre 2012 Le Morbihan recherch Avec ses 861 éleveurs et ses 1,55 million de m² de bâtiments en 2010, le Morbihan demeure le premier département de volailles de chair de France. La succession de crises, le vieillissement du parc bâtiment ou encore l’exacerbation de la concurrence mondiale ont mis à mal en une dizaine d’années une filière fleuron de l’agriculture morbihannaise. Pourtant toutes les études le démontrent : l’aviculture a encore de l’avenir notamment parce que la consommation mondiale de viandes blanches ne cesse de croître. Les aviculteurs morbihannais doivent dans ce concert mondial, savoir tirer leur épingle du jeu à plusieurs conditions. Production mondiale de viandes : La production avicole a dégagé une la volaille franchit les 100 MT en 2011 valeur de 326 millions d’euros en 2011, Porc ce qui la place en deuxième position 120 110 MT après le lait et juste devant le porc. Une des spécificités du Morbihan est le rôle 100 majeur que joue la dinde qui, même si Volailles sa part a décliné ces dernières années 80 101 MT au profit du poulet, représente encore 60 environ la moitié des m² de bâtiments. 40 Bœuf Un secteur en recul 65 MT depuis 10 ans 20 Une production de dinde divisée par deux, un nombre d’exploitations en 0 baisse de 30 %, un vieillissement des 65 70 75 80 85 90 95 00 05 10 bâtiments et un fort recul du nombre de Source ITAVI novembre 2011 m², tout cela en l’espace de seulement 10 ans ! Les signes d’un secteur qui souffre ne manquent pas en Morbihan. Avec toutes les conséquences que cela comporte sur l’aval, notamment sur le maillon abattoir-transformation. Avant même le dernier épisode Doux, le département a ainsi vu la fermeture de pas moins de 6 usines et la perte de plus de 1400 emplois. Cette situation n’est pas spécifique au Morbihan, puisque la Bretagne a elle aussi vu sa production fortement décliner, passant de 800 000 t en 2000 à 571 000 t en 2010 (-29 %). Quant à la France, elle était très largement le premier producteur européen au début de années 2000 mais a depuis reculé et est en passe de se faire dépasser par l’Allemagne. Cette situation est d’autant plus para- doxale que la consommation de volaille est plutôt bien orientée en France et qu’elle a été multipliée par deux au niveau mondial en 15 ans. Dans ce
  2. 2. / 26 octobre 2012 Morbihan 19he des pistes pour redresser son aviculture contexte, la France est un des rares vers ses voisins européens, ce sont Evolution du parc pays au monde en décroissance. désormais eux qui gagnent des parts bâtiment morbihannais de marchés sur notre propre marché de 2000 à 2010 Des concurrents européens intérieur, notamment pour la volaille redoutables vendue dans les plats préparés et en La principale cause des difficultés de restauration hors domicile. l’aviculture française réside dans la concurrence de certains pays euro- péens, Allemagne en tête. Cette der- Arnaud Haye nière bénéficie d’un maillon abattage- Chargé détudes économiques transformation très efficace et peut arnaud.haye@morbihan.chambagri.fr s’appuyer sur une main d’œuvre très 1 555 000 m2 bon marché, souvent originaire d’Eu- en 2010 rope de l’est. Au niveau production, la France est mieux placée mais est Retrouver toutes les données sur en train de perdre son avantage com- les orientations de la filière avi- pétitif face à des concurrents qui ont coles et les perspectives d’avenir des tailles d’élevages bien plus impor- présentés à la session chambre tantes (jusqu’à 3 fois pour l’Allemagne) d’agriculture de septembre der- et des bâtiments plus récents et donc nier sur www.agriculteurs56.com plus performants. Le résultat est que (rubrique « nos positions profes- l’Allemagne a pu croître de 70 % en sionnelles). 2 450 000 m2 en 2000 10 ans. Alors que la France exportait Jean-Michel Choquet : les leviers du redressement Jean-Michel Choquet, éleveur de dindes à Trédion, est le président de la section avicole de la Chambre d’agriculture du Morbihan. Il détaille les points essentiels pour relancer l’aviculture dans le département. l Selon vous, quelles sont les solutions pour enrayer le déclin de l’aviculture ? Il faut casser le cercle vicieux qui explique la plupart des difficultés que connaît la filière actuellement : perte de parts de marché ➔ baisse de production ➔ outils in- dustriels en sous-capacité ➔ perte de compétitivité. Cela passe par un effort de compétitivité à tous les niveaux de la filière en concentrant nos efforts là où on pourra avoir le plus d’impact. l Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire pour les élevages ? Cela veut dire qu’il faut que les élevages soient autorisés à se restructurer et à s’agrandir face à nos concurrents européens qui sont en train de nous distancer. Les règles environnementales nous en empêchent actuellement, or il existe des solutions techniques qui permettent d’allier performances économiques et bons résultats environnementaux. Le plan de soutien à l’aviculture de 1,2 mil- lion d’euros du conseil général va dans le bon sens car il permettra de développer des bâtiments plus performants, notamment énergétiquement. Enfin, nous devons rechercher des innovations dans la conduite d’élevage. l Qu’en est-il du maillon industriel dont les derniers événements nous rappellent qu’il est très vulnérable ? Tout d’abord, nous militons pour qu’il y ait une harmonisation des règles sociales européennes. Il n’est pas normal que les salaires varient tant d’un pays à l’autre, ce qui crée des distorsions de concurrence. Ensuite, il faut moder- niser les usines et éviter qu’elles ne fonctionnent en sous-capacité. Notre filière bénéficie d’atouts importants : elle est dense, expérimentée avec des bonnes performances techniques. Il est encore tant de la sauver faute de quoi les catastrophes économiques que nous avons connues ces derniers temps se reproduiront dans le futur.

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