Synthese du colloque Oui au Bio dans ma Cantine
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Synthese du colloque Oui au Bio dans ma Cantine

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SE NOURRIR SAINEMENT EST UN DROIT FONDAMENTAL...

SE NOURRIR SAINEMENT EST UN DROIT FONDAMENTAL
Pourquoi est-il si important d’offrir une nourriture de qualité à nos enfants ? Quels sont les impacts de l’agriculture et de notre alimentation sur notre santé et la santé environnementale ? Comment les collectivités et la filière agricole peuvent-elles s’organiser ? Comment permettre aux agriculteurs « bio » d’accéder au foncier ?
Comment satisfaire la demande ? Quelle suite envisager pour le bio à la cantine après 2012 ?
Le WWF France vous invite à réfl échir à ces questions essentielles avec les spécialistes de la fi lière du bio à l’école, afin que le bio dans les cantines devienne une réalité !

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Synthese du colloque Oui au Bio dans ma Cantine Synthese du colloque Oui au Bio dans ma Cantine Document Transcript

  • www.ouiaubiodansmacantine.frSYNTHÈSE DU COLLOQUE OUI AU BIO DANS MA CANTINEdu 29 juin 2011, salle Victor Hugo, 101 rue de l’Université, Immeuble Chaban Delmas, 75007 Paris
  • WWF Le WWF est l’une des toutes premières organisations indépendantes de protection de l’environnement dans le monde. Avec un réseau actif dans plus de 100 pays et fort du soutien de 5 millions de membres, le WWF œuvre pour mettre un frein à la dégradation de l’environnement naturel de la planète et construire un avenir où les humains vivent en harmonie avec la nature, en conservant la diversité biologique mondiale, en assurant une utilisation soutenable des ressources naturelles renouvelables et en faisant la promotion de la réduction de la pollution et du gaspillage. En 2011, le WWF fête ses 50 ans. Depuis 1973, le WWF France agit au quotidien afin d’offrir aux générations futures une planète vivante. Avec ses bénévoles et le soutien de ses 170 000 donateurs, le WWF France mène des actions concrètes pour sauvegarder les milieux naturels et leurs espèces, assurer la promotion de modes de vie durables, former les décideurs, accompagner les entreprises dans la réduction de leur empreinte écologique et éduquer les jeunes publics. Mais pour que le changement soit acceptable il ne peut passer que par le respect de chacune et chacun. C’est la raison pour laquelle la philosophie du WWF est fondée sur le dialogue et l’action. Depuis décembre 2009, la navigatrice Isabelle Autissier est présidente du WWF France. Les équipes du WWF France dédient les actes de ce colloque© AFP à la mémoire de leur regretté ami, David SERvAn-SCHREIbER, parrain de la campagne « Oui au bio dans ma cantine » et membre éminent de l’Association des Amis de sa Fondation. Le WWF France salue la mémoire d’un ami précieux et dévoué qui a combattu avec force la fatalité du cancer et qui a longuement travaillé sur le lien entre l’environnement et la santé. « nous ne pouvons vivre en bonne santé sur une planète malade » aimait-il à dire lors de ses conférences. Qu’il soit assuré que ses paroles guident et guideront nos actions chaque jour. © Concept & design by © ArthurSteenHorneAdamson © 1986 Panda Symbol WWF - World Wide Fund For nature (Formerly World Wildlife Fund) ® “WWF” & “living planet” are WWF Registered Trademarks / “WWF” & “Pour une planète vivante” sont des marques déposées. WWF France. 1 carrefour de Longchamp. 75016 Paris. Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 2
  • SOMMAIREDISCOURS D’INAUgURATION, SERgE ORRU, DIRECTEUR géNéRAL DU wwf fRANCE 6TABLE RONDE N°1, « LE BIO, UN INVESTISSEMENT D’AVENIR » 12TABLE RONDE N°2, « COMMENT LES COLLECTIVITéS ET LA fILIÈRE PEUVENT-ELLES 20S’ORgANISER ? »TABLE RONDE N°3, « LE DéfI DU BIO à LA CANTINE » 26DISCOURS DE CLôTURE, ISABELLE AUTISSIER, PRéSIDENTE DU wwf fRANCE 32« OUI AU BIO DANS MA CANTINE », UNE CAMPAgNE POPULAIRE D’ENVERgURE ! 34SONDAgE ExCLUSIf IfOP/ wwf / VRAI DU 17 jUIN 2011 : LES fRANçAIS DISENT OUI AU BIO ! 38LE BIO DANS LES CANTINES, ET MAINTENANT ? 45REMERCIEMENTS 48 Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 3
  • SE NOURRIR SAINEMENT EST UN DROITfONDAMENTALPourquoi est-il si important d’offrir une nourriture de qualité à nos enfants ? Quels sont les impacts de l’agricultureet de notre alimentation sur notre santé et la santé environnementale ? Comment les collectivités et la filièreagricole peuvent-elles s’organiser ? Comment permettre aux agriculteurs « bio » d’accéder au foncier ?Comment satisfaire la demande ? Quelle suite envisager pour le bio à la cantine après 2012 ?Le WWF France vous invite à réfléchir à ces questions essentielles avec les spécialistes de la filière du bio à l’école,afin que le bio dans les cantines devienne une réalité !
  • © PAuline dAme Pour le WWF FrAnce
  • DISCOURS D’INAUgURATION Serge Orru Directeur général du WWF France DE SERgE ORRU C’est avec beaucoup de joie et de détermination que nous vous accueillons dans ce haut lieu de démocratie qu’est l’Assemblée nationale, pour notre colloque « Oui au bio dans ma cantine » point d’orgue de notre© zoé Fischer campagne du même nom cette année. Mais je vous rassure, nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin ! Il y a 3 ans, j’ai été totalement happé par « nos enfants nous accuseront » le film de Jean-Paul JAUD qui retrace la courageuse initiative d’une municipalité du Gard, barjac, qui décide d’introduire le bio dans la cantine scolaire du village. nous avons pensé à nos enfants, et nous avons acquis la certitude que nous ne pouvions pas ne pas agir. Que pouvions-nous faire, nous WWF, la plus grande des OnG environnementales en France, IL Y A DEUx ANS, en Europe et dans le monde, pour faire connaître à tous, enfants, LE wwf fRANCE LANçAIT parents, citoyens, décideurs, de l’importance d’une alimentation « OUI AU BIO DANS MA saine sur notre santé et celle de notre environnement ? Comment CANTINE », inverser la tendance ? Comment faire prendre conscience, à tous, de l’importance des recommandations du Grenelle de l’environnement UNE CAMPAgNE sur ce sujet ? Comment expliquer, enfin, que se nourrir, sainement, D’ENVERgURE NATIONALE est un droit fondamental que chacun doit pouvoir revendiquer ? Comment rendre nos paysans heureux et fiers ? C’est ainsi qu’est née il y a deux ans, la grande campagne de sensibilisation « Oui au bio dans ma cantine » pour inciter le grand public à demander un minimum de 20% de bio dans les cantines de nos enfants dès la rentrée 2012, conformément aux recommandations des Grenelle 1 et 2. Dans cette campagne, nous recherchons l’émulation ! L’émulation entre les villes, les élus, les décideurs de la restauration collective, tous les acteurs économiques, la société toute entière ! Dans cette démarche, nos soutiens sont nombreux : Cet événement est placé sous le haut patronage de Madame nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, Monsieur le député Serge GROUARD, président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, parrainent notre colloque, et même s’ils sont retenus par un agenda extrêmement chargé, nous les en remercions sincèrement. Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 6
  • notre campagne est parrainée par des personnalités aussiillustres qu’André CICOLELLA, Anny POURSInOFF, ClaudeAUbERT, pionnier de l’agriculture bio, Claude-Marie vADROT,David SERvAn-SCHREIbER, pour lequel nous avons une penséechaleureuse toute particulière en ce jour, Edouard CHALET,François LEMARCHAnD qui nous fait le plaisir d’être parminous aujourd’hui, Jacques PELISSARD, Jean-Jacques HAZAn,Jean-Marie PELT, Jean-Paul et béatrice JAUD, Lydia et ClaudebOURGUIGnOn, Marc DUFUMIER, Les Chefs Michel HAUSSER,Yves CAMDEbORDE et Olivier ROLLInGER, l’immense PierreRAbHI, Yann Artus-bERTRAnD, et notre présidente IsabelleAUTISSIER. beaucoup sont dans la salle, d’autres nous fontl’amitié d’apporter leur pierre bio à l’édifice de ces débats que noussouhaitons tous fructueux, car avec eux, avec vous, le bio dans lescantines deviendra un jeu d’enfants.Je veux remercier également avec beaucoup de vigueur nospartenaires financiers, la société vRAI, partenaire de notresondage, le SnRC, merci Madame DERAnCOURT (elle intervientsur la 3ème table ronde), vECTAbIO et enfin nos amis de vIvRAO/ MOn ASSIETTE bIO, MA PELLE qui sont présents à nos côtés,je les ai eux aussi aperçus dans la salle, merci à tous de noussoutenir avec autant de vigueur.De nombreux partenaires techniques et médiatiques portentégalement ce projet à nos côtés. Je ne peux malheureusementpas tous les citer, mais j’ai vu ici et là la rédaction de bio Addict,partenaire engagé au quotidien, Jean-Michel ARnAUD, lePDG du Journal Metro qui nous a réservé deux pages sur cettecampagne et le sondage « Les Français et le bio » dont vous avezles résultats dans le dossier de presse qui vous a été remis, laLigue de l’Enseignement, la FCPE, partenaire incroyable en termede réseau et d’émulation, l’Association des Maires des Grandesvilles, les CIvAM, et bien sûr et surtout, la FnAb, la Fédérationnationale de l’Agriculture biologique, partenaire ô combienprécieux et important en termes de négociation collective surtoutes, je dis bien toutes les questions de gouvernance, car quimieux que ce réseau de 8.000 agriculteurs pour porter l’autre voienécessaire et évidente du bio ?Je vais d’ailleurs laisser la parole à Julien ADDA, qui représenteici le président de la FnAb, Dominique MARIOn, pour quelquesmots, pour sceller devant vous notre action partenariale. Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 7
  • DOMINIQUE MARION Julien ADDA – Délégué général de la Fédération Nationale de l’Agriculture PRéSIDENT DE LA fNAB Biologique – représentait Dominique Marion – président de la FNAB – lors (REPRéSENTé PAR jULIEN ADDA) de notre colloque « Oui a Bio dans ma cantine » le 29 juin 2011. « Dominique MArION, président de la FNAB, avait prévu d’être parmi nous pour ouvrir ce colloque qui fera date dans la construction d’un nouveau plan d’alimentation (à venir) intégrant vraiment l’agriculture biologique dans les cantines, mais il ne peut l’être pour des raisons personnelles. Il m’a demandé de lire ces quelques mots devant vous. » « Le paysan de l’estuaire de la Gironde, moutonnier que je suis aussi, sera aux obsèques de Patricia GRASSIES, paysanne et moutonnière qui s’est tuée dans un accident de voiture, laissant derrière elle, une fille de quinze ans, et familles et amis dans la stupeur. Parce que l’agriculture biologique est l’agriculture du vivant et du respect de l’humain, je vous prie donc de m’excuser de ne pas être parmi vous et d’avoir mis en avant la relation amicale et territoriale avant la fonction nationale. J’aurais pu vous dire l’intérêt que le réseau FnAb et ses alliés et partenaires portent au développement de la bio dans la restauration collective comme outil d’accélération de la conversion et pour atteindre les 20% de surfaces agricoles utiles en bio en 2020. Les orateurs annoncés vous montreront, chacun à sa place, toutes les facettes que recouvrent ces actions et les avantages et intérêts que chacun et la société, dans sa globalité, pourront en retirer. A au moins deux conditions : - Que l’on sorte du stade de la seule communication et qu’on mette des moyens aux ambitions : 20% de la restauration collective d’Etat en bio en 2012 : ce n’est pas fait et ne sera pas atteint. Les régions et collectivités territoriales qui ont suivi la demande de la société civile ont fait mieux et plus vite que l’Etat dans ce domaine.Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 8
  • - Que l’on ne détourne pas les objectifs de l’alimentation bio versdes substituts non qualifiés (circuits courts, proximité, etc.).Le dernier PnA (Plan national d’Alimentation) a carrémentoublié l’agriculture biologique dans son écriture. Il n’y a pas deconcurrence entre bio et circuits courts, bio et proximité ; il y a unelogique de développement des territoires autour d’une agriculturerelocalisée et biologique que le réseau FnAb et ses partenairesdans le développement portent à travers les outils collectifs mis enplace et qui doivent se multiplier.Ce n’est pas parce que les freins (historiques et politiques) audéveloppement de l’agriculture biologique en France ne sont paslevés qu’il faut détourner les demandes des citoyens qui veulentmanger bio et local.La seule solution est un vrai plan d’accélération des conversionsà travers les pôles « conversions » en région et une place légitimepour la bio dans le dixième plan des agences de l’eau. Le ministrede l’Agriculture le sait mais n’ose pas toucher aux avantages acquisde certains. » Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 9
  • DISCOURS D’INAUgURATION Serge Orru Directeur général du WWF France DE SERgE ORRU (SUITE) Merci cher Julien pour ces quelques mots, transmettez toutes nos amitiés à Dominique et n’en doutez pas : le WWF est à vos côtés ! En effet mes chers amis, Winston CHURCHILL le disait beaucoup mieux que nous mais ses mots résonnent étrangement aujourd’hui. « Nous sommes entrés dans l’ère des conséquences ». Oui, les conséquences. Que vaut la mobilisation nationale si vous, les parlementaires, ne prenez pas le relai pour insuffler le vent du bio dans notre société ? Certes, beaucoup de chemin a été parcouru par bon nombre de municipalités. Correns, Longjumeau, Saint Etienne, Marseille… Paris peut-être ?! Le WWF y travaille !! Pourtant, il existe encore beaucoup d’obstacles à franchir pour offrir à nos enfants des repas de qualité dans leurs écoles et généraliser l’agriculture bio dans notre pays. La prise de conscience doit aussi être de votre côté, c’est votre rôle de représentants de la nation, toute la nation que d’assumer ce grand débat de santé publique qu’est la question du bio. Parce que le bio, c’est meilleur pour notre santé et notre environ- nement, Parce que le bio, c’est de l’emploi, Parce que le bio, c’est aussi l’économie du moindre impact sur notre environnement tout entier. Fort de nos succès durant ces deux années (c’est en partie grâce à notre lettre ouverte au sénateur-maire GAUDIN qui s’excuse de ne pouvoir être parmi nous aujourd’hui que les 45.000 écoliers de la ville de Marseille verront dès la rentrée 2011 leurs repas enrichis de 30% de bio chaque jour). C’est autour de questions essentielles que nous avons eu l’idée d’organiser ce colloque qui réunit les principaux acteurs de la filière bio à l’école, pour nous donner des clés, à nous tous.Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 10
  • En effet, pourquoi est-il si important d’offrir une nourriture de qualitéà nos enfants ? Quels sont les impacts de l’agriculture et de notrealimentation sur notre santé et la santé environnementale ? Commentles collectivités et la filière agricole peuvent-elles s’organiser ?Comment permettre aux agriculteurs bio d’accéder au foncier ?Comment satisfaire la demande ? Quelle suite envisager pour lebio à la cantine après 2012 ?Toutes ces interrogations, loin d’être exhaustives, vont guidernos débats cet après-midi, animés par Jean-Louis CAFFIER etDominique ARTUS. J’insiste sur ce fait : c’est par amitié et parconviction qu’ils vont nous accompagner cet après-midi, et Isabelleet moi-même les en remercions chaleureusement.Mes chers amis du bio, nous avons un objectif commun : celui detravailler en direction des pouvoirs publics pour les faire évoluersur ce thème de la santé et de l’environnement.Déjà en 1956, dans « Les racines du ciel », roman aussi foisonnant queprécurseur sur la protection des éléphants et de la nature, RomainGARY évoquait la nécessité d’agir résolument. Comme beaucoupd’écrivains d’après-guerre, il s’interrogeait sur le sort de l’Humanité,et ses élans meurtriers qui conduisent l’espèce humaine à s’attaqueraux plus gros comme aux plus petits des animaux.Son héros, François MOREL, personnifie cette sensibilité salvatrice :chez lui, l’humanité et l’animalité souffrantes ne font qu’une.Et pour le paraphraser, « Au point où nous en sommes, avec tout ceque nous avons inventé et tout ce que nous avons appris sur nous-mêmes, nous avons besoin de tous les chiens, de tous les oiseauxet de toutes les bestioles que nous pouvons trouver. Les hommesont besoin d’amitié. »Et je rajouterai, le WWF France est plus que jamais résolu etdéterminé, pour réconcilier l’Homme et la nature, SA nature.C’est ensemble que nous donnerons à nos enfants ce qu’il y a deplus précieux : des racines, et des ailes ! Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 11
  • TABLE RONDE N°1 : LE BIO, Jean-Louis CAFFIEr accueille les participants et donne la parole à Paul UN INVESTISSEMENT D’AVENIR FrANCOIS – président de l’association « Phyto-victimes » – notamment sur l’état de santé des agriculteurs ayant utilisé des produits chimiques. La france est le 3ème utilisateur de pesticides dans le monde Le président de « Phyto-victimes », lui-même victime d’une intoxication aiguë aux produits phytosanitaires, a demandé le statut de « maladie professionnelle ». Il lui a été refusé. Ce n’est que depuis quelques semaines que l’intoxication par pesticides est reconnue comme telle. Il rappelle que la France est le troisième utilisateur de pesticides dans le monde. Les conséquences d’une intoxication au monochlorobenzène, composante majeure des pesticides, sont multiples : cancers et tumeurs au cerveau, maladie de Parkinson, incidences sur le système immunitaire, leucémies. « Il y a déjà trois agriculteurs français morts d’une leucémie » précise-t-il, tout en dénonçant « l’omerta » sur cette situation : « En 1982, la firme productrice de pesticides, Monsanto, savait qu’il y avait des dangers pour l’homme avec ses produits. J’ai été intoxiqué en 2004. » Une courte exposition aux pesticides peut avoir un impact sur plusieurs générations L’animateur se tourne ensuite vers André CICOLELLA – porte- parole du Réseau Environnement Santé – en l’interpelant sur sa vision scientifique du sujet. Celui-ci constate une prise de conscience du rôle de perturbateur endocrinien des pesticides : « les toxicologues ont compris que ce n’est plus la dose qui fait le poison, mais la période ». Une exposition courte a des effets sur la santé de l’enfant, mais aussi un impact jusqu’à la quatrième génération. André CICOLELLA préconise dès lors de retirer de notre environnement tout produit phytosanitaire. Les collectivités locales doivent accompagner la transition vers le bio Si l’utilisation de pesticides à un coût sanitaire, l’animateur interroge Jean-Marie LE GUEn – député de Paris – sur le coût économique du bio. Pour ce dernier, l’une des « grandes questions politiques du jour » est de savoir comment peut-on passer du modèle actuel, « dont onSynthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 12
  • voit les limites », à une autre forme d’économie. Pour le député deParis, cette transition coûte cher : « on a des modes de productionsindustriels qui sont installés et moins chers. Ce n’est pas si simplede vouloir faire du bio, mais il faut être capable de reconvertir notreagriculture pour des raisons sanitaires, économiques – l’emploi –et évidemment environnementales. »Jean-Marie LE GUEn préconise donc d’opérer un changement deculture, de paradigme « pour que les jeunes agriculteurs puissents’implanter », et reconnait le rôle des collectivités territorialespour accompagner cette transition.En ce qui concerne Paris, la ville a fixé des objectifs, commel’accroissement du bio dans les cantines, mais « qu’elle a parfoisdu mal à atteindre ». Le député de Paris propose d’établir despriorités en privilégiant les aliments bio « ayant un avantagedirect sur la santé, comme les fruits et légumes ». Le rôledes collectivités est donc de « créer un marché, une offre »,d’aménager le territoire pour l’agriculture bio puis soutenir lesjeunes à s’investir dans le bio.Il considère que la difficulté ne réside pas tant dans l’accès au foncierque dans « l’amorçage de ce marché, de l’intégration de circuits courtset dans la formation des gens ». Les parents d’élèves et l’ensemble descitoyens doivent accepter « un certain prix et que l’alimentation nesoit pas le dernier résidu de la consommation des Français », notam-ment en période de crise économique. Il s’agit là, pour le député deParis, « d’un véritable projet de société ».Il n’y a pas de grande différence nutritionnelleentre le bio et le non bioJean-Louis CAFFIER sollicite la réaction de Marie-ChristineFAvROT – conseillère santé de l’Agence nationale de SécuritéSanitaire (AnSES) – sur le sujet des conséquences sanitairesdes modes de productions traditionnels et bio. Pour celle-ci,l’agriculture bio a un intérêt vis-à-vis de la santé des exploitants,de la préservation de l’environnement.L’intérêt est en revanche plus limité sur le plan nutritionnel,notamment sur les risques microbiologique et chimique. L’AnSESa rendu un rapport en 2003, dont les conclusions rejoignent cellesdu rapport de l’Académie d’agriculture de France daté de 2010 : «en termes de risques nutritionnels, il n’y a pas de grande différenceentre le bio et le non bio ». Selon le rapport, la composition d’unproduit dépend peu de son mode de production. D’autres facteurs Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 13
  • nutritionnels sont en revanche majoritairement déterminants, comme la variété, l’espèce végétale, la race animale, l’âge, le climat, le stockage des aliments, etc. L’élevage en pâture est par exemple bénéfique notamment sur la diminution du taux de lipides et l’augmentation des acides gras polyinsaturés Le nucléaire est une menace pour le bio Jean-Paul JAUD – cinéaste et producteur – réagit sur l’intervention de Marie-Christine FAvROT. Le bio à la cantine est avant tout « la préservation du vivant », en déplorant la catastrophe des centrales nucléaires de Fukushima au Japon : « Barjac, ville productrice de bio, est à 40 km d’une centrale nucléaire, c’est une menace pour le bio. » André CICOLELLA se saisit du sujet pour faire un distinguo entre la radioactivité, visualisée par un instrument de mesure, et le taux de pesticides qui est non quantifiable précisément : « c’est l’ensemble de notre écosystème qui est contaminé, et par conséquent l’Homme également ». Le président du Réseau Santé Environnement préconise donc d’éviter de disséminer des produits phytosanitaires tout en sachant que la dépollution « prendra du temps ». Les études de l’ANSES prouvent que les politiques sanitaires sont efficaces Jean-Louis CAFFIER sollicite la réaction de Paul MEnnECIER, chef du département « alimentation » de la direction générale de la santé (DGAL). L’une des missions communes des gestionnaires des risques que représentent le ministère de l’Agriculture, le ministère de la Santé et celui de la Consommation, est de définir la politique sanitaire permettant « d’assurer l’exposition la plus faible possible de la population à un certain nombre de contaminants chimiques ». Ceux- ci ont été étudiés, mais il y a encore des « connaissances scientifiques à acquérir ». Quant aux processus de contamination, des plans de surveillance de l’alimentation sont appliqués. En aval, des recommandations sont adressées aux consommateurs mais aussi des « outils contraignants », comme l’instauration de taux maximums de produits chimiques dans les aliments. L’étude « Alimentation totale », bientôt présentée par l’ANSES, donne un panorama de l’exposition des consommateurs sur la base d’une « connaissance de la consommation alimentaire et des mesures effectuées à très large échelle qui tiennent compte des effets saisonniers, géographiques, etc. » Ces études permettent,Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 14
  • selon Paul MENNECIER, de mesurer l’efficacité des politiquessanitaires mises en œuvres.Marie-Christine FAvROT précise que cette étude a été réalisée surla base des aliments « tels qu’ils sont consommés » (cuits, épluchés,lavés, etc.). Les résultats de l’enquête prouvent que les politiquessanitaires menées sont « efficaces : on retrouve relativement peude pesticides dans les aliments consommés par les Français ».Saisonnalité, proximité et qualité de productionPour Cécile OSTRIA, directrice générale de la Fondation pour lanature et l’Homme (FnH), le lien entre la santé et l’écosystèmen’est pas moins important que celui entre l’Homme et la santé.Les collectivités locales doivent s’engager dans la transformationdu foncier vers le bio au niveau local. La proximité de productionest aussi importante que la qualité et la saisonnalité des produits.La production bio locale permet ainsi de stimuler l’économie,notamment par la création d’emplois.Par ailleurs, les consommateurs doivent être sensibilisés auxproblématiques de biodiversité. En « ciblant l’assiette des Français», la FNH entend expliquer et guider le consommateur dans leuralimentation vers le bio, la saisonnalité et la qualité.90% des français consomment des résidus de pesticidesClaude AUbERT, directeur du centre Terre vivante, réagit à laposition de l’AnSES. Ayant participé à l’élaboration du rapport de2003 de l’agence, il confirme les conclusions rappelées par Marie-Christine FAVROT mais souligne deux limites à cette étude quisouffre de lacunes sur les connaissances relatives aux teneurs enoméga 3, « notamment des produits laitiers bio », et en polyphénolet autres anti oxydants. Selon lui, les conclusions de nombreusesétudes internationales donnent raison aux produits bio sur cesdeux critères. Enfin, une récente publication de l’Institut de VeilleSanitaire (InVS) affirme que 80% des Français consomment desorganophosphorés, et 90% d’entre eux absorbent des piretrinoïdesà des taux similaires ou supérieurs à ceux détectés en Allemagne etaux Etats-Unis. La consommation excessive d’organophosphoréspar les enfants contribue notamment à la diminution de leurquotient intellectuel et favorise l’hyperactivité.Marie-Christine FAvROT rejoint la position de Claude AUbERTet précise que c’est l’équilibre global de l’alimentation qui a Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 15
  • un impact sur la santé. Elle préconise donc de modifier le mode d’alimentation des enfants sur la base d’une consommation quotidienne de fruits et légumes. La conseillère de l’AnSES ajoute que les teneurs en polyphénol sont plus élevées dans les produits bio : « le rôle fondamental du polyphénol sur la santé n’est pas démontré ». Quant au piretrinoïdes, « ils sont utilisés en agriculture bio de façon exceptionnelle ». Enfin, la contamination biologique qui fait l’actualité a « plutôt été désastreuse pour les produits bio, et c’est dommage, car il n’y a pas plus de risques en agriculture biologique qu’en agriculture traditionnelle ». La contamination chimique de l’environnement se retrouve en revanche dans les deux modes d’agriculture, « même si les produits bio ont moins de traces de pesticides ». André CICOLELLA recentre les débats sur ce qui est pour lui la problématique de fond : « on ne peut plus analyser les problèmes d’aujourd’hui avec la grille d’analyse des années 1970. Si on analyse chaque substance séparément on ne voit rien, alors que si l’analyse s’effectue de manière globale, l’on obtient d’autres résultats ». C’est pourquoi le discours consistant à dire que les résidus chimiques ne sont pas importants « n’est pas acceptable » pour le chercheur. Jean-Paul JAUD revient sur la préparation du documentaire « nos enfants nous accuseront ». Seul le directeur de la qualité d’une des plus grandes sociétés de restauration collective a accepté de recevoir le réalisateur. Il lui a avoué ne plus consommer de produits issus de l’agriculture traditionnelle. Jean-Paul JAUD fait le lien avec la campagne de sensibilisation du ministère de la Santé sur la consommation quotidienne de cinq fruits et légumes et souhaite qu’il soit précisé le caractère biologique de ces produits. Les intrants ont un impact sur la biodiversité Cécile OSTRIA aborde la question de l’impact des intrants sur la biodiversité qui doit être pris en compte. Elle observe une prise de conscience des collectivités territoriales, des responsables de la restauration collective. Les ceintures vertes autour des villes en sont un exemple. Jean-Louis CAFFIER réitère sa question : pourquoi le bio est-il bon pour la biodiversité ? André CICOLELLA rappelle le lien entre la protection de la biodiversité et les perturbateurs endocriniens, et prend l’exemple de l’hermaphrodisme des ours blancs en Arctique ou des poissons dans la baie de Seine : « les troubles du comportementSynthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 16
  • chez l’Homme se retrouvent aussi chez l’animal, c’est la survie del’espèce qui est en jeu ». Il est donc nécessaire, selon lui, d’agir surles deux fronts.Paul FRAnCOIS apporte quelques précisions sur les méthodesd’exploitation agricole : « notre façon de cultiver a forcément unimpact sur l’environnement ». Si les pesticides ne se retrouventque de manière résiduelle dans les analyses alimentaires, ils ontassurément « un impact direct et massif » sur la biodiversité lorsde l’épandage : « nos méthodes traditionnelles ont bouleversél’écosystème. Avec les nôtres, le gibier réapparait ».ECHANgES AVEC LA SALLEL’intérêt d’une agriculture sans impact positifLe conseiller municipal de Clamart en charge du dossier « restaura-tion municipale » organise la distribution de produits alimentaires,dont 50% sont bio. Il interroge Marie-Christine FAvROT sur l’intérêtd’une production bio si son impact n’est ni négatif, ni positif. Celle-cirappelle qu’au plan sanitaire et nutritionnel, il n’y a pas de différence «significative » entre les deux types de produits. Pour l’ANSES, le plusimportant est d’apprendre aux enfants à se nourrir : « je pense parailleurs qu’il vaut mieux manger cinq fruits et légumes d’agricultureconventionnelle que de ne pas en manger ».Paul MENNECIER partage la position de tous les intervenants :« l’éducation à l’alimentation diversifiée est importante ». Il rassured’ailleurs Dominique MARIOn, lequel craint que l’agriculture bione soit oubliée de la politique d’alimentation du gouvernement :« nous avons élaboré un fascicule récapitulant l’ensemble desactions menées autour de quatre axes de travail, notamment ceuxqui visent à faciliter l’accès de tous à une alimentation de qualité,ainsi qu’à informer et promouvoir les ‘’classes du goût’’ ». Enfin, PaulMEnnECIER précise que les modes de production sont prévus dansles axes de programmes, « et le bio y figure en très bonne part ».Alimentation et espérance de vieJulie LASnE – Communication et Information Ethique – évoqueune étude américaine publiée il y a quelques mois qui démontreune baisse de l’espérance de vie due aux nouveaux modes de vie,dont celui de la consommation. Marie-Christine FAvROT connait Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 17
  • cette courbe, mais émet quelques réserves : « peut-être que l’on est sur un plateau, c’est tout à fait possible, mais les facteurs sont multiples » et soulève l’exemple de l’obésité, facteur indépendant du mode de production agricole. Un potager bio dans les écoles Christina vIEIRA – magazine bioaddict.fr – ne comprend pas le discours de l’AnSES et de la DGAL qui consistent à privilégier une alimentation diversifiée issue d’une agriculture traditionnelle plutôt qu’une alimentation bio déséquilibrée. André CICOLELLA précise qu’alimentation équilibrée et alimentation saine ne se contredisent pas. Jean-Paul JAUD propose d’ailleurs d’éduquer les enfants en in- stallant un potager bio dans chaque cours d’école maternelle et pri- maire.Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 18
  • © PAuline dAme Pour le WWF FrAnceJean-Marie Le Guen, Député de Paris préconise un changement de culture, de paradigme «pour que les jeunes agriculteurs puissent s’implanter », et reconnait le rôle des collectivitésterritoriales pour accompagner cette transition. Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 19
  • TABLE RONDE N°2 : Dominique ArTuS accueille les participants de cette deuxièmeCOMMENT LES COLLECTIVITéS ET LA fILIÈRE table ronde et donne la parole à Jacques PELISSArD – député- maire de Lons-le-Saunier – sur AgRICOLE PEUVENT-ELLES S’ORgANISER ? l’organisation des filières agricoles dans sa circonscription. Créer une demande solvable en bio pour stimuler l’émergence d’une offre Jacques PELISSARD introduit ses propos en soulignant qu’organiser la filière agricole prend du temps. Son action politique dans le bio a débuté en 1990 « pour arriver à un dispositif à peu près équilibré ». Pour ce faire, il a fallu traiter les nappes d’eau phréatiques contre les intrants chimiques, signer des conventions avec les agriculteurs, notamment pour supprimer les pesticides. La Mairie de Lons-le-Saunier a, dans un second temps, permis la production de farine bio pour la fabrication du pain distribué en restauration scolaire. Il a fallu par la suite envisager cette mutation par une approche plus globale. Les restaurations municipale et hospitalière ont donc fusionné pour créer une demande solvable « qui prend du temps à naitre », ce qui a stimulé « l’émergence de l’offre en produits bio ». Cette production a été généralisée à la viande, aux produits laitiers, et aujourd’hui aux légumes. Pour obtenir ce résultat, la collectivité, administrée par Jacques PELISSARD, a constitué des filières, en regroupant éleveurs et agriculteurs. Le député-maire évoque également le principal frein, le prix du bio, que la Mairie a pris en charge. Ces initiatives se répandent sur tout le territoire national mais Jacques PELISSARD rappelle que « cette démarche prend du temps, et l’exemplarité commence à porter ». L’émergence du bio local suppose progressivité, long terme et partenariats Julien LAbRIET – chargé de mission « restauration collective et circuits courts » de la FnAb – travaille lui aussi sur le bio local. La FnAb l’envisage comme un levier de structuration et de développement de la filière au niveau national. L’exemple de Lons- le-Saunier est intéressant parce qu’il s’inscrit dans « une démarcheSynthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 20
  • de progressivité, de long terme et de partenariats ». Pour illustrerson propos, il évoque les 21 OEPb (Organisations Economiquesde Producteurs bio) spécialisées dans la restauration collectiveet structurées en SCIC (Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif).Cette forme d’organisation permet d’intégrer autour d’un projetcommun les producteurs, les consommateurs, les salariés de lastructure et les collectivités territoriales.forte demande des agriculteurspour la transformation des terres conventionnellesPour l’animateur, ces sujets sont liés à celui de l’accès desagriculteurs au foncier. Sjoerd WARTEnA – président del’association « Terre de liens » – déplore le manque de moyenspour atteindre les objectifs du Grenelle de 20% de produits bio en2020. La thématique « bio » est selon lui « totalement négligée »dans la recherche et la formation.Il revient par ailleurs sur les propos du député Jean-MarieLE GUEn qui minimise le problème foncier. L’associationconstate régulièrement la forte demande d’agriculteurs pour latransformation des terres conventionnelles et le regroupement en« AMAP » (structures rassemblant producteurs et consommateurspour définir la diversité et la quantité de denrées à produire pourla saison).Organiser la filière agricole bio à l’échelon régionalClaude GRUFFAT – président-fondateur de biocoop – partageson expérience et sa position. Biocoop est « un réseau coopératifd’acteurs en bio : les magasins, les groupements de producteurs,les associations de consommateurs, et les salariés. Regrouper cesintérêts divergents nécessite un projet commun ».Pour le développement du bio, le plus important est doncd’établir la jonction entre le marché public et le regroupementdes producteurs agricoles. Il est nécessaire d’organiser dans unsecond temps la filière au niveau régional à travers des conventionssignées par les collectivités territoriales et des réponses groupéesd’appels d’offres. Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 21
  • La france souffre d’une spécialisation exagérée de notre agriculture Dominique ARTUS interpelle Marc DUFUMIER – agronome – sur les coûts et l’organisation des circuits courts. Pour celui-ci, le produit bio est plus cher pour « nourrir l’emploi ». En effet, le coût de la collecte est plus élevé en raison de la dispersion géographique de la production : « le vrai défi est d’organiser localement des circuits courts, mais de taille critique », pour limiter l’importation des produits bio et réhabiliter une agriculture bio plus diversifiée. La France souffre, selon l’agronome, d’une « spécialisation exagérée de notre agriculture qui nous coûte extrêmement cher ». Il propose dès lors de ventiler une part croissante des subventions de la PAC (Politique Agricole Commune) à l’agriculture bio « moyennant un cahier des charges pour la restauration collective ». Sjoerd WARTENA redoute que cette mesure soit difficile à réaliser. Les initiatives, « hétérogènes », ne sont « pas capables de se réunir, d’être canalisées, pour être forces de propositions et organiser un vrai rapport de force ». Produire d’abord les légumes localement Claude AUbERT propose d’établir des priorités d’actions. Il est nécessaire avant tout de produire localement les légumes (aliments périssables et aux coûts de transport élevés) et de créer à nouveau des ceintures maraichères diversifiées. Pour Claude GRUFFAT, le premier frein est de « trouver des producteurs organisés qui ont les outils de transformation locaux pour cultiver bio ». En finançant ponctuellement certaines structures agricoles, biocoop « compense un manquement d’une politique qui devrait aider les filières à se structurer ». Il est donc nécessaire de rediriger les flux financiers vers l’économie locale bio. Jacques PELISSARD réaffirme la nécessité de produire du bio localement. Il considère par ailleurs que les collectivités territoriales peuvent avoir « un rôle important » dans la mise en place de « légumeries », c’est-à-dire des plateformes d’accueil, de conditionnement et de distribution des légumes. Ces plateformes doivent s’inscrire dans une approche cohérente et globale de production bio dans les collectivités, tout en tenant compte de « caractéristiques des territoires ».Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 22
  • Julien LAbRIET rejoint le député-maire sur la nécessité d’uneapproche globale de la production bio : protection de la zone decaptage, du bassin versant, réduction des émissions de gaz à effetde serre, promotion et développement de l’agriculture biologique,etc. Cette démarche doit s’accompagner d’une mise en placed’indicateurs pour évaluer l’externalité positive et les coûts réelsde cette politique.ECHANgES AVEC LA SALLESurcoût financier du bioUn parent d’élève de velizy (Yvelines) interpelle les orateurs sur lecoût financier du bio supérieur aux produits issus de l’agricultureconventionnelle et l’absence de foncier disponible pour l’agriculturebio. Claude AUbERT conseille avant tout d’observer les différentesinitiatives locales pour lever ces deux obstacles.Julien LAbRIET observe de nombreuses inquiétudes sur les coûtsmais déplore un manque de visibilité des solutions. La FnAb tra-vaille sur ce recensement d’expérience et souligne l’exemple deCharleville-Mézières qui réalisent des économies sur les produitsnon alimentaires, comme le format des barquettes. Cette méthodeleur permet de compenser le surcoût.gestion directe / gestion déléguéeUne responsable de la restauration collective de Bagneux(Hauts-de-Seine) précise qu’il est plus difficile d’initier le bioen restauration scolaire déléguée qu’en gestion directe. ClaudeGRUFFAT conseille aux communes de conserver la gestion directedes cantines, notamment pour maintenir, voire baisser, le coûtdes aliments bio.Marchés publics : un frein juridique ?Christine vIROn – présidente-fondatrice de l’association « La biod’Ici » – constate un frein dans le code des marchés publics, quiest « dans une logique libérale et européenne » et ne privilégie pasle producteur local. Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 23
  • Le conseiller municipal de Clamart en charge du dossier « restaura- tion municipale » rejoint le constat de Christine vIROn, reprochant au code des marchés publics de dresser un cadre très contraignant aux collectivités. Par ailleurs, les élus de petites communes ne sont pas formés à l’élaboration de cahiers des charges : « pour l’anecdote, les délégataires m’adressent des cahiers des charges intégralement rédigés pour les reconduire l’année suivante ». Il reproche également aux délégataires de s’octroyer des « marges arrières ». Julien LABRIET y voit un faux problème. La FNAB a rédigé, en collaboration avec des cabinets d’avocats, des guides et des modèles de cahiers des charges. Par ailleurs, il ne faut pas opposer la gestion directe à la gestion déléguée : « quand les pouvoirs publics se donnent les moyens de fournir un cahier des charges très exigeant, cela peut fonctionner ». La FnAb est également mandatée par l’IForm (Institut de Formation du ministère de l’Ecologie) et l’IGPDE (Institut de la Gestion Publique et du Développement Economique) du ministère de l’Economie pour proposer des formations du personnel, notamment des cuisiniers, aux sociétés délégataires. Dominique ARTUS recommande au public de se diriger sur le site www.ouiaubiodansmacantine.fr, rubrique « Ressources ». De nombreux documents informatifs et pédagogiques sont publiés à destination des élus, responsables de services de restauration collective, des enseignants, des parents d’élèves, etc.Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 24
  • © PAuline dAme Pour le WWF FrAnceSjoerd WARTENA Président de l’association Terre de liens : « La France souffre d’unespécialisation exagérée de notre agriculture ». Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 25
  • TABLE RONDE N°3 : Jean-Louis CAFFIEr accueille les participants de cette dernière table ronde et donne la parole LE DéfI DU BIO à LA CANTINE à François VEILLErETTE – vice-président de la région Picardie en charge de l’Environnement, de l’Alimentation et de la Santé – pour commencer le tour de table des participants au sujet de leur expérience locale. Celui-ci rappelle que la Picardie est actuellement composée de moins de 1% de surfaces utiles bio, et évoque le problème foncier. Le foncier public permet de libérer « un peu » de surfaces, qui accompagne ainsi « la volonté de produire localement pour alimenter les écoles et les maisons de retraite ». Il faut dépasser l’objectif de 20% de bio Anny POURSInOFF – députée des Yvelines – précise qu’en moyenne, 2% des aliments cuisinés les cantines françaises sont bio. Elle déplore ces « petits chiffres » et souhaite que l’on cesse « de tenter de prouver si c’est bien ou pas pour la santé des consommateurs » dès lors que ce mode de production est créateur d’emplois, stimule l’économie et préserve la biodiversité. Il y a en outre un décalage financier entre les subventions pour l’agriculture conventionnelle (10 milliards d’euros) et l’agriculture bio (19 millions d’euros), chiffres symbolisant la « frilosité » des Français et des élus. Il est nécessaire de dépasser l’objectif de 20% de surfaces bio en 2012 pour arriver à 20% de surfaces agricoles conventionnelles. La région Rhône-Alpes a une dynamique extrêmement forte Gilles PELURSOn – directeur régional de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) de Rhône-Alpes – évoque le lancement en 2010 d’une enquête réalisée auprès de 5.700 restaurants collectifs de la région. L’étude démontre que 34% des cuisines collectives (représentant la moitié des produits servis) s’approvisionnent occasionnellement ou régulièrement en produits issus de l’agriculture biologique. Les produits proposés sont pour l’essentiel des produits laitiers (72%), des légumes (63%), des fruits (62%) et du pain (51%). Ces cuisines appartiennent très majoritairement au domaine de l’enseignement (87%). Cette enquête montre donc « une dynamique extrêmement forte dans cette région » et a permis de constituer une base de travail partagée avec le secteur associatif et les collectivités pour identifier les différents freins. Ils résident essentiellement dans le droit des marché publics et la crainte du bio importé. Sous l’autorité du préfet de région, la DRAAF a ainsi élaboré un guide proposant des recommandations pratiques et juridiques.Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 26
  • Sortir du débat antinomiquequi oppose gestions directe et déléguéeL’animateur interpelle Elisabeth DERAnCOURT – représentantedu SnRC (Syndicat national de Restauration Collective déléguée)– au sujet du discours consistant à dire qu’il est impossible decuisiner du bio en gestion déléguée. Celle-ci rappelle que le SnRCsoutient, « financièrement et dans les actes », la campagne duWWF depuis son origine. Il soutient également d’autres initiatives,comme Corabio, réseau d’associations et d’agriculteurs de la régionRhône-Alpes qui œuvrent au développement de l’agriculturebiologique. Il faut donc sortir, selon Elisabeth DERAnCOURT, dudébat « antinomique » opposant gestion directe et gestion déléguée: « la société de restauration collective ne peut rien seule, sans lepartenariat de la collectivité pour travailler avec l’ensemble desacteurs du bio ». Elle prend l’exemple de grandes villes déléguantleur service de restauration collective, comme Lyon et Strasbourg,qui « ont des taux de produits bio locaux assez élevés ». En France,la restauration collective déléguée a fourni en moyenne 2% de biodans ses menus, mais rappelle que ce chiffre englobe toutes sortesde restaurations collectives : établissement scolaires, de santé,entreprises, etc.La transition au bio doit s’accompagnerd’une vraie demande sociétaleJean-Jacques HAZAn – président de la FCPE (Fédération desConseils de Parents d’Elèves) – souligne que « l’Etat n’appliquepas les chiffres qu’il impose à tous ». Etant également directeur derestauration scolaire, il identifie quatre freins au développementdu bio.Le premier est la transition d’une production traditionnelle à uneproduction bio, passage qui doit s’accompagner d’une « vraiedemande sociétale ». Un autre frein est celui de la règlementationnationale et européenne relative à l’hygiène, qui exige notammentl’agrément des producteurs bio. Le coût est également un obstacleimportant mais « inévitable et qu’il faut supporter ». Enfin, ledernier frein soulevé est logistique : « Il est difficile d’acheminerdu bio local à prix compétitifs. Il est de la responsabilité descollectivités de trouver des solutions ».Elisabeth DERAnCOURT évoque un autre obstacle à l’amélioration Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 27
  • de la qualité alimentaire, celui de la formation du personnel. Les cahiers des charges imposés aux sociétés délégataires ne permettent pas parfois de payer des cuisiniers expérimentés Accompagner la filière agricole dans une stratégie globale et partagée Pour François vEILLERETTE, le bio à la cantine doit s’intégrer dans « une chaîne de problématiques, qui part du foncier à l’assiette ». Il est nécessaire de mettre en relation la santé, l’environnement, l’agriculture et l’alimentation au niveau local : « il s’agit de bâtir un projet global sur un territoire pour fournir une alimentation bio et de qualité à tous plutôt qu’à une élite ». Anny POURSINOFF souligne la difficulté de reconversions des agriculteurs. Ceux-ci doivent être expérimentés, avoir un projet économique viable. C’est pourquoi il est nécessaire de déployer « une politique d’accompagnement, allant de l’enseignement aux subventions, en passant par la recherche agronomique ». La députée des Yvelines avait été mandatée par le président de la région Île- de-France, Jean-Paul HUCHOn, pour atteindre l’objectif de 3% de production bio. Elle a obtenu principalement la prise en charge par la Région de 20% des surcoûts liés au bio dans les cantines. Mais elle déplore le manque de volonté politique et l’absence d’émulation de l’ensemble des acteurs, à l’instar de la région Rhône-Alpes. Pour Gilles PELURSOn, la première condition pour amorcer une dynamique positive est de partager le plus largement possible la base de travail et d’informations existante. Il est également nécessaire d’accompagner la filière agricole à travers « une stratégie globale, en amont et en aval, qui associe tous les acteurs du secteur agroalimentaire ». Le directeur de la DRAAF rappelle que 2.300 exploitations bio (6% des exploitations) en Rhône-Alpes : « c’est le résultat d’une agriculture très vivante, diversifiée et d’un bassin de population de 6 millions d’habitants ». Les investisseurs sont l’Etat (45%), l’Union Européenne (30%) et les collectivités (25%). Celles- ci soutiennent majoritairement la restauration scolaire. La Région Picardie collabore quant à elle avec l’Etat, avec la DRAAF Picardie, et déploie des agents dans les lycées pour encadrer les cuisiniers des lycées. Cette dernière mesure fonctionne, selon François vEILLERETTE, « assez bien ». La Picardie étant une région de grandes cultures, il faut lutter contre l’hyperspécialisation desSynthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 28
  • productions pour développer le bio, bien que les intérêts de la plupartdes agriculteurs et des collectivités soient divergents : « il faut sebattre sur le territoire pour avoir plusieurs formes d’agriculture.Ayant 150 agriculteurs bio en Picardie, nous avons une marge deprogression certaine. »former les cuisiniers et sensibiliser les élèvesLes sociétés délégataires sont, selon Elisabeth DERAnCOURT,confrontées à deux types d’interlocuteurs :« ceux qui veulent du bio pour leur image politique, et ceux quis’inscrivent dans une démarche globalement responsable ». Cesderniers « voient plus loin que le seul enjeu du bio et travaillesur l’approvisionnement, la problématique de l’eau, la logistique,l’emploi local, etc. » Il est également primordial de sensibiliser etformer les cuisiniers, et ce, dès le lycée. Enfin, les enfants doiventêtre aussi sensibilisés par des animations à la cantine. Des « kitspédagogiques » réalisés en partenariat avec des associations sontproposés dans les restaurations scolaires déléguées.Pour associer et sensibiliser les parents, Jean-Jacques HAZAnprécise qu’ « il faut prouver que le bio, c’est bon ». Le levierprincipal étant de faire une cuisine de qualité. Anny POURSInOFFajoute que 70% des produits « qu’un adulte consomme sont lesmêmes que ceux qu’il consommait à la cantine étant enfant ».ECHANgES AVEC LA SALLEImpliquer les mairesLaurence de vERSEIn – parent d’élèves à Ermenonville (Oise) – estinterpellée par les propos de Jean-Jacques HAZAn. Elle déplorel’absence de bio dans les cantines picardes de ses enfants et s’interrogesur la manière d’encourager les maires pour la distribution de bio.François vEILLERETTE précise que la Région n’a aucun pouvoir au-près des maires sur ce sujet. Il décline cependant quelques structureslocales d’accompagnement : « il y a le GRAB (Groupement Régionald’Agriculture bio) qui accompagne les maires volontaires, nous avonsaussi une plateforme d’approvisionnement et j’invite les parentsd’élève à se diriger vers ces entités pour apporter des solutions. » Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 29
  • Sjoerd WARTEnA ajoute que la Picardie est une région où il est très difficile de trouver des terres disponibles. Anny POURSInOFF confirme ce constat. Elle propose par ailleurs « d’échanger la taxe d’héritage en cession de quelques hectares pour installer de nou- veaux agriculteurs bio ». François vEILLERETTE s’efforce toutefois de « monopoliser du foncier public » en récupérant ici ou là quelques hectares. Anticipation et régularité de l’approvisionnement Christine vIROn – présidente-fondatrice de l’association « La bio d’Ici » – revient sur les problématiques de logistique. Deux facteurs majeurs de succès sont, selon elle, évidents : « le premier est l’anti- cipation, le deuxième est la régularité ». Les exploitations bio étant de petites tailles, il est nécessaire d’anticiper sur la base d’abonne- ments, de calendrier des menus à moyen terme, etc. Le conseiller municipal de Clamart en charge du dossier « restau- ration municipale » prévoit pour la restauration de sa commune le tonnage exact des produits jusqu’à six mois à l’avance et commande trois semaines avant l’échéance : « on n’est jamais tombé en panne de livraison ». Un élu de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) reconnait, à l’inverse, qu’aucun menu n’est prévu dans les cantines de sa municipalité. Celle-ci produisant elle-même ses produits bio, la Mairie constate qu’il est « très difficile de prévoir pour chaque jour ». Il est donc utile que la restauration collective « accepte, de son côté, un peu de souplesse ». Quant à la régularité de l’offre, Elisabeth DERAnCOURT ajoute que le SnRC s’efforce de s’engager sur des menus dans la durée. Pour certains produits, il est parfois nécessaire d’anticiper sur douze mois, comme la volaille. Cette organisation « suscite une dis- cussion très en amont entre le producteur agricole, la commune et la société de restauration ». Le bio et la petite enfance Sylvette AMESTOY – maire adjoint au développement durable de Courdimanche (val d’Oise) – attire l’attention sur le thème de la petite enfance. Le maire adjoint a été confronté à de nombreuses difficultésSynthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 30
  • réglementaires pour l’approvisionnement des crèches et des mater-nelles. La ville de Courdimanche s’est dès lors rapprochée d’une com-mune du sud de la France expérimentée sur ce sujet, mais déplorel’absence d’étude et d’information sur ce sujet.Claude AUbERT recommande à nouveau de mettre en place un po-tager dans chaque école.faut-il créer des filières régionales de producteurs bio ?Jean-Michel bEAUFRETOn – commercial d’un groupement de pro-ducteurs de porcs bio – est confronté aux appels d’offres groupés,porcs conventionnels / porcs bio, ce qui « ferme généralement desportes aux petits fournisseurs » et interroge les intervenants sur lapertinence de créer des filières régionales, notamment dans les zonesde monocultures, pour développer les circuits courts.Elisabeth DERAnCOURT élargit la problématique en abordant lasaisonnalité des produits qui est une composante de la plupart descahiers des charges : « il faut décliner les menus par saison ». Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 31
  • DISCOURS DE CLôTURE Isabelle AuTISSIEr, Présidente du WWF France L’enquête IFOP pour le WWF sur le bio, relayée dans le quotidien Metro, rejoint ce qui a été dit lors de ce colloque. 51% d’enfants et 47% d’adultes mangent un peu de© zoé Fischer bio dans les cantines. Cela n’augmente pas très vite, tout comme la production de bio, au point de ne pas atteindre en 2012 les objectifs du Grenelle. Et lorsqu’on écoute tous les intervenants de cet après- midi, ils nous disent des choses que l’on savait plus ou moins, mais qu’il était nécessaire de rappeler. Oui, le bio protège la biodiversité, la structure des sols, l’eau, l’air, les variétés culturales, la santé évidemment – celle des producteurs et des consommateurs. C’est un merveilleux apprentissage de ce qu’est la nourriture, de la manière dont on se nourrit, de ce qu’est la nature. Par ailleurs, l’enquête montre également que 77% des «NOUS NE POUVONS VIVRE parents n’ayant pas de bio dans la cantine de leurs enfants en EN BONNE SANTé SUR UNEveulent. On se pose dès lors la question de savoir pourquoi cette demande n’accélère pas le processus. PLANÈTE MALADE» LE MESSAgE DE NOTRE AMI Cette observation peut être mise en relation avec un autre chiffre : DAVID SERVAN-SCHREIBER 29% des personnes interrogées ont des difficultés à trouver des RéSONNE PLUS QUE jAMAIS produits bio. Malgré cela, il existe des solutions qu’il faut mettre en œuvre. Il est souvent reproché au bio de ne pas être suffisamment varié, mais il est nécessaire de prendre en considération le rapport avec la terre, avec la saison, avec le terroir. Ces rapports nous permettent de consommer des aliments qu’on avait peut-être oubliés ou qu’on ne mangeait plus, de consommer des variétés locales. Ce mode de consommation nous ramène également à réinstaurer la cuisine dans la restauration collective, souvent oubliée par les collectivités locales. 80% des gens affirment également manquer d’information sur le bio, ses avantages et ses inconvénients. nous avons ces informations, ce n’est donc qu’une question de volonté pour les mettre en œuvre. Le public s’interroge aussi sur les moyens et la méthode pour faire pression auprès de leur maire ou encore diminuer les surcoûts de production bio. nous avons entendu ici qu’on pouvait notamment modifier l’assiette pour que, globalement, le bio ne soit pas plus cher. Mais il faut aussi accepter qu’une patate bio soit plus chère qu’une patate traditionnelle. Parce qu’il y a plus de travail, que l’on a mieux traité la terre, les plantes et les hommes. Cela ne vaut-il pas la peine de payer 30% plus cher, tout en connaissant les contraintes économiques actuelles ? Oui, je le pense. Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 32
  • Cultiver du bio, c’est aussi créer des emplois et des richesses auprès desproducteurs. C’est aussi réaliser des économies sur les dépenses de santéliées à l’obésité et à la pollution des sols.Si l’on veut que le bio réussisse, il faut évidemment être concret, sur le terrain,mais prendre aussi beaucoup de recul. Il faut être capable dans la campagne« oui au bio dans ma cantine » d’intégrer une vision globale de la chainedes coûts, à l’échelle de la collectivité. En effet, il faut aussi voir loin car lesenjeux, les résultats et les conséquences s’inscrivent dans le moyen et longtermes.En temps que présidente de WWF, voir loin permet avant tout d’agir pourune planète vivante, pour la construction d’un monde humainement durable.nous devons mobiliser les consciences, apporter des solutions aujourd’huiet demain. De nombreux et magnifiques exemples présentés ici doivent êtreportés pour défendre les bénéfices de ce mode de production, plus sain, plusheureux, plus vrai et en phase avec la nature.En temps que citoyens, nous avons tous le choix par notre bulletin de vote,notre porte-monnaie, et aussi par notre assiette. Quels choix fait-on pour nosenfants ? Qu’est-on capable de leur offrir ? Former leur rapport à la nature,avec la terre n’est-il pas moins important ? Cela ne mérite pas de l’énergie,des moyens et de l’intelligence ? Mobilisons-nous.C’est la lourde et belle responsabilité du WWF d’apporter notre pierreà l’édifice. nous sommes ravis d’avoir pu contribuer à ce débat, que l’oncontinuera à soutenir fermement, et remercions l’Assemblée nationale, ledéputé Serge GROUARD, tous les intervenants, les animateurs et les équipesdu WWF, qui ont beaucoup œuvré pour ce colloque.Poursuivons notre mobilisation et « oui au bio dans nos cantines » ! Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 33
  • OUI AU BIO DANS MA CANTINE, Oui au bio dans ma cantine est une campagne du WWF UNE CAMPAgNE POPULAIRE D’ENVERgURE ! France, première association de protection de l’environne- ment qui fait écho aux lois Gre- nelle 1 et 2 et qui a pour objec- tif d’encourager les décideurs publics à porter à 20% minimum la part de bio dans les repas des cantines d’ici 2012. Le WWF souhaite accompagner le grand public dans son droit à demander que la part de bio soit portée à 20% dans les cantines des enfants de primaire par les municipalités en charge des appels d’offres et de la restauration scolaire. En effet, cette campagne repose sur deux lois du Grenelle de l’environnement, et il ne reste plus qu’une année pour que les municipalités instaurent un minimum de 20% de bio dans leurs cantines d’ici décembre 2012. Certains sont d’ores et déjà allés plus loin. En mai 2011, la ville de Marseille s’est engagée à porter à 30% la part de bio dans les menus des petits phocéens. Saint-Etienne a déjà atteint les 60% depuis plus d’un an. A travers cette campagne ouverte, tous les enfants peuvent faire entendre leur voix via leurs parents ou leurs enseignants - invités à signer la pétition en ligne du WWF - et dire « OUI AU bIO dans ma cantine ! » Le sondage exclusif IFOP / WWF / VRAI les Français et le bio, paru le 17 juin 2011, montre qu’aujourd’hui les Français sont de plus en plus enclins à dire « Oui au bio ! », et 73% d’entre eux pensent qu’il n’y a pas assez de produits bio dans les cantines scolaires et la restauration collective. Cette prise de conscience est relativement neuve, puisque aucun comparatif n’existe et que cette question n’avait jamais été posée auparavant. Parce que ce passage au bio des cantines municipales se heurte malgré tout souvent à la méconnaissance de ce qu’est réellement une alimentation saine, saisonnière, biologique et /ou locale et au manque d’outils pratiques et théoriques pour le mettre en place, le WWF s’est aussi donné pour mission de vraiment expliquer ce qu’est une alimentation et une agriculture durables, respectueuses des saisons et de la santé humaine et de faciliter le passage au bio des cantines en donnant à chaque, maire les clés théoriques et les points de passage pratiques pour réussir cette mini révolution.Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 34
  • Cette année, nous voulons que pour les maires aussi le passage au biodevienne un jeu d’enfant !Aujourd’hui par ailleurs, il est aussi possible de s’inspirer du passageau bio des cantines scolaires de villes pionnières comme Clamart,Bagneux, Longjumeau, Correns, Saint-Etienne ou Rome. Pousséepar le WWF, la ville de Marseille reste pour nous un des meilleursexemples français à suivre dans la mesure où elle a su passer avecintelligence et en suivant la plupart de nos recommandations au biosans surcoût ni pour la municipalité ni pour les parents.Le WWF s’est donc fixé chaque année des objectifs à atteindreen matière d’incitation à consommer une alimentation saine etsans pesticides dans la restauration scolaire. La Fondation WWFenvisage par ailleurs déjà de nouveaux défis dès 2012 :« Osons le bio au bureau, au resto, à l’hosto ! »Un minimum de 20% de bio en 2012, 100 % de chances que çàréussisse !Le cadre législatif, même s’il est non contraignant, donne des clésaux collectivités pour engager cette démarche. Dans la Circulaire du2 mai 2008 NOR: PRMX0811950C, l’Etat s’engage à utiliser 10% debiologique dans ses services de restauration en 2010 et 20% en 2012.Cette circulaire repose sur des préoccupations environnementales,mais aussi économiques :- une alimentation biologique repose sur une agriculture qui a des résultats positifs sur l’environnement- réduction de l’azote et du phosphore,- meilleure protection de la biodiversité, des sols et de la qualité de l’eau,- économies d’énergie- baisse des émissions de gaz à effet de serre- résultats positifs en termes de création d’emplois locaux.La dimension d’engagement de l’Etat est donc claire, et les objectifschiffrés. Elle s’inscrit dans la stratégie nationale de développementdurable qui prévoit que l’Etat s’applique à lui-même la démarchede développement durable qu’il entend promouvoir auprès descollectivités territoriales, des particuliers et des entreprises. Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 35
  • une alimentation saine et sans surcoût pour les collectivités Marseille est exemplaire de part ses engagements et parce qu’elle a aussi selon nos recommandations réussi le pari de substituer à hauteur de 30% le bio dans les menus scolaires sans changer son budget « cantines ». L’effort au final a surtout porté sur une réflexion autour de ce qu’est une alimentation biologique et l’intégration de nouveaux critères dans le cahier des charges de la ville à ses fournisseurs. n’ayant pas changé de budget dans son appel d’offre cantines en 2011, il a incombé au final aux entreprises de réfléchir à de nouveaux fournisseurs en local et aux menus des enfants à partir de 2011 pour s’adapter au nouveau cahier des charges de la ville. La cantine bio, un jeu d’enfants pour les élus Changer de cantine est plus simple qu’on ne le pense. Le WWF met à leur disposition des outils accessibles et pratiques. Dans le livret pédagogique, co-édité par le WWF et le syndicat national de la restauration collective, « Du bio à la cantine », toutes les clés d’un changement de cantines sont données. Il est librement téléchargeable et facile d’accès. Pour donner quelques exemples, voici quelques-unes des astuces existantes pour repenser des menus plus sains sans surcoût : • diminuer les quantités de viande (la viande bio contenant moins d’eau, il y a moins d’évaporation à la cuisson, donc une valeur nutritive équivalente), • proposer des repas végétariens riches en protéines végétales (lentilles, pois…), • privilégier les aliments de saison et locaux, toujours moins cher que le hors saison, • s’adresser à des fournisseurs spécialisés en bio pour éviter trop d’intermédiaires… Aujourd’hui, il convient également pour les collectivités de s’inspirer de villes qui, de manière concrète, ont su réussir leur passage au bio sans perdre d’argent. Et les exemples sont nombreux !Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 36
  • © istockSynthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 37
  • SONDAgE ExCLUSIf IfOP/ wwf / VRAI Interrogés par l’Ifop pour WWF et vrai, 47% des Français DU 17 jUIN 2011 : déclarent acheter souvent ou de temps en temps des aliments LES fRANçAIS DISENT OUI AU BIO ! « bio », soit 6 points de plus qu’en 2008, et même 14 points de plus qu’en octobre 2000. En progression constante depuis le début des années 2000, cette propension reste toutefois irrégulière : seuls 11% des personnes interrogées disent ainsi en acheter « très souvent » (+5 points), contre 36% « de temps en temps » (+1). De même, l’achat d’aliments « bio » reste globalement parcellaire, 20% des interviewés n’en achetant jamais. Dans le détail, les femmes (50% contre 43% des hommes), les professions libérales et cadres supérieurs (58% contre 30% des ouvriers) et les habitants de la région parisienne (53% contre 45% dans les communes rurales) apparaissent comme les acheteurs les plus réguliers.(1) Sondage Ifop / Métro réalisé du 20 au 21 février 2008 auprès d’un échantillon national représentatif de 1005 personnes.(2) Sondage Ifop / Dimanche Ouest France réalisé du 17 au 18 octobre 2000 auprès d’un échantillon national représentatif de 952 personnes .(3) Sondage Ifop / Santé Magazine réalisé du 13 au 14 août 1998 auprès d’un échantillon national représentatif de 1002 personnes.Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 38
  • Un Français sur deux (50%) fait confiance à l’appellation « bio » surles produits alimentaires. A l’inverse, l’autre moitié n’accorde pas saconfiance à l’appellation, 13% n’ayant même pas du tout confiance.Dans un contexte de crise de contamination des légumes en Europe,le niveau de confiance recule de 20 points assez logiquement parrapport à février 2008. Les personnes ne consommant jamais de« bio » apparaissent à ce sujet comme les plus sceptiques (près de16% de confiance), tandis que près des trois quarts de ceux qui enconsomment « souvent ou de temps en temps » font confiance àl’appellation (73%).notons que par rapport à 2008, la part de personnes ne consommantjamais de « bio » et faisant confiance à cette appellation a reculéde 29 points. On souligne également que la confiance est supérieureauprès des femmes (53% contre 46% des hommes) et des professionslibérales et cadres supérieurs (62% contre 44% des ouvriers), deuxcatégories parmi les plus consommatrices d’aliments « bio ». Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 39
  • Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 40
  • Confrontés à diverses affirmations sur le « bio », les Français continuentà penser que les produits sont trop chers mais reconnaissent de plus enplus la variété de la gamme et la facilité à accéder aux produits. Ainsi,93% des personnes interrogées estiment que les produits « bio » sonttrop chers (-1 point) et 81% que l’on manque d’informations claires etprécises sur les avantages et les inconvénients des produits. De plus,56% des interviewés jugent que les produits « bio » ne sont pas assezvariés, même si cette opinion est en reflux de 8 points par rapport à2008.Constituant par ailleurs un élément positif, seuls 29% d’entre euxestiment que les produits sont difficiles à trouver (-9 points parrapport à 2008 et -14 par rapport à 1998, signe d’une diffusion etd’une visibilité beaucoup plus importantes aujourd’hui). Enfin, seulun peu plus d’un quart juge que les produits « bio » sont suffisammentprésents dans les cantines et les restaurants d’entreprise (27%).Si le prix excessif des produits semble faire consensus auprès desdifférentes catégories de population, notons que pour les autresdimensions, les hommes se révèlent systématiquement plus sévèresque les femmes, de même que les interviewés âgés de 65 ans et plus,et qu’une corrélation logique se fait jour entre les personnes les plussévères et celles n’ayant pas confiance dans l’appellation bio. Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 41
  • Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 42
  • Spontanément, pour près d’un Français sur deux, « consommer bio »est avant tout un phénomène de mode (44%) avant d’être un moyende préserver sa santé (25%) ou l’environnement (19%).néanmoins, en considérant le total des citations, le premierargument est la préservation de l’environnement, cité au globalpar 58% des personnes interrogées, devançant ainsi le phénomènede mode (52%) et la préservation de sa propre santé (50%). Enfin,40% des interviewés jugent que c’est un moyen de privilégier le goûtauthentique des aliments.Au-delà de l’évocation spontanée d’un effet de mode, les Françaisreconnaissent donc l’intérêt écologique et de santé des aliments bio.Spontanément, près d’un homme sur deux évoque l’effet de mode(48%), un sentiment également partagé par 57% des sympathisantsde droite contre 34% des sympathisants de gauche, et par lesnon-consommateurs quand les adeptes des produits bio y voientdavantage un moyen de préserver leur santé. Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 43
  • Enfin, 59% des personnes interrogées estiment justement que les agriculteurs français produisent moins de produits « bio » que les Français en consomment, 17% pensant au contraire qu’ils en produisent davantage que la demande, et 24% autant que le besoin de la population. Ce déséquilibre perçu entre l’offre (jugée insuffisante) et la demande apparaît nettement plus marquée auprès des interviewés âgés de 65 ans et plus (69%), des professions libérales et cadres supérieurs (64%), en région parisienne (63%) ainsi et surtout que parmi les consommateurs réguliers (82%). En dépit de l’impact de la récente affaire de contamination de légumes en Europe sur l’opinion, influant logiquement sur le niveau de confiance accordé aux aliments bio, cette étude confirme le développement de la consommation de ces produits, engagée depuis le début des années 2000. A l’instar des mesures précédentes, les Français regrettent néanmoins le niveau des prix et l’opacité entourant les produits, mais reconnaissent cependant accéder plus facilement aux aliments bio qu’auparavant. Signe que les habitudes de consommation évoluent, près d’un Français sur deux évoque spontanément un effet de mode lorsqu’il évoque le bio, mais plus de la moitié des interviewés reconnaît par ailleurs l’impact positif du bio sur la santé et l’environnement.Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 44
  • LE BIO DANS LES CANTINES, Les success stories du bio dans les cantines ET MAINTENANT ? Lesbio dans madu Grenelleont leursla campagne « Oui au directives cantine » 1 et 2 et succès stories, des « Oui timides » et des « Oui francs ». Longjumeau, ville de la ministre nathalie KOSCIUSKO-MORIZET est exemplaire en la matière. Saint-Etienne détient le record du bio dans les repas des menus scolaires en France avec 60%. En comparaison, la capitale italienne peut se prévaloir de 70% de bio dans ses cantines scolaires. Le petit village de Correns dans le var a été l’une des premières villes à convertir ses cantines au bio et surtout à une alimentation locale, dans un pourcentage très encourageant. Situé à proximité de Marseille, il a aussi le mérite d’avoir été un exemple à suivre pour la grande cité phocéenne, dernière ville en date (mai 2011) à avoir repensé son appel d’offre en s’appuyant sur les objectifs visés par le Grenelle : grâce à la lettre ouverte du WWF France au Sénateur- Maire Gaudin, les petits marseillais peuvent aujourd’hui bénéficier de repas comprenant 30% de bio local ! Le bio dans les cantines sans surcoût, c’est possible ! • à Lons le Saunier (Jura, 39), où l’on sert 600 000 repas annuels, on est à plus de 40% en bio et le coût matières premières est de 1,90€. • à Trets (Bouches-du-Rhône, 13), le passage à plus de 30% en bio local, n’a pas entrainé le moindre surcoût. • à la halte garderie « Les Diablotins » à Saint-Nizier-du-Moucherotte (Isère, 38), le passage d’un sous-traitant à l’embauche d’une cuisinière permet de réaliser 12 000€ d’économie, ce qui a permis la mise en place de repas 100% bio. • à Saint-Etienne (Loire, 42), au renouvellement du contrat de délégation de service public, un cahier des charges très strict à permis l’introduction du bio et de baisser les tarifs de 10%. En 2009, 50% des composants alimentaires étaient d’origine biologique, objectif 100% en 2014. • à Vernouillet (Eure et Loire, 28), parce que le responsable des cantines a installé un atelier de boucherie et qu’il achète lui-même ses carcasses, le prix des denrées alimentaires est de moins de 1,80€ par repas (proportion de bio non connue). Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 45
  • Des exemples comme ceux-là, il en existe des dizaines en France, prouvant que l’on peut proposer des menus équilibrés et biologiques pour une grande part à des prix tout à fait « compétitifs » ! Osons le bio au bureau, à l’hosto, au resto ! Si changer d’alimentation et d’agriculture est favorable pour la santé et l’environnement sans surcoût, le « oui au bio ! » des français doit s’amplifier et demain être entendu sur le lieu de travail des salariés du privé et à l’évidence dans les lieux de santé. A nous aussi de prouver aux restaurateurs que se fournir local et de saison ne revient pas plus cher et même au contraire correspond aux attentes des consommateurs. beaucoup de restaurateurs l’ont déjà compris, certaines grandes surfaces aussi ! Avec le WWF France rejoignez la campagne « Oui au bio dans ma cantine » !Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 46
  • © PAuline dAme Pour le WWF FrAnceBeaucoup de chemin a été parcouru par bon nombre de municipalités. Pourtant, il existe encore denombreux obstacles à franchir pour offrir à nos enfants des repas de qualité dans leurs écoles etgénéraliser l’agriculture bio dans notre pays ! Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 47
  • REMERCIEMENTS Isabelle AuTISSIEr, Présidente du WWF France, et Serge Orru, Directeur Général du WWF France, remercient tout particulièrement : Les journalistes Dominique ARTUS et Jean-Louis CAFFIER, animateurs des 3 tables rondes de ce colloque, Les intervenants Claude AUbERT, directeur du centre Terre vivante, André CICOLELLA, porte-parole du Réseau Santé Environnement, Elisabeth DERAnCOURT, du Syndicat national de la Restauration Collective (SnRC), Marc DUFUMIER, agronome, Marie-Christine FAvROT, directrice de l’évaluation des risques nutritionnels et sanitaires à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (AnSES), Paul FRAnCOIS, agriculteur et président de l’association « Phyto-victimes », Jean-Paul JAUD, réalisateur et auteur de nos enfants nous accuseront, Jean- Jacques HAZAn, président de la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE), Julien LAbRIET, chargé de mission « restauration collective et circuits-courts » de la Fédération nationale de l’Agriculture biologique (FnAb), Jean-Marie Le GUEn, député de Paris, Claude GRUFFAT, président-fondateur de biocoop, Paul MEnnECIER, chef du service de l’alimentation à la direction générale de l’alimentation du Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, Cécile OSTRIA, directrice générale de la Fondation pour la nature et l’Homme (FnH), Jacques PELISSARD, député-maire de Lons-le-Saunier, Gilles PELURSOn, directeur régional de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt de la région Rhône-Alpes, Anny POURSInOFF, députée des Yvelines, François vEILLERETTE, vice-président de la Région Picardie en charge de l’Environnement, de l’Alimentation et de la Santé, Sjoerd WARTEnA, président de l’association Terre de Lien. Et enfin Madame nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des transports et du logement pour avoir accordé son haut patronage à cet événement, ainsi que Monsieur Serge GROUARD, Député du Loiret, Président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale pour son parrainage.Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 48
  • Le wwf france remercie ses partenaires Mon assiette bio, ma pelle Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 49
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  • NOTES.............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................. .................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................. Synthèse du colloque oui au bio dans ma cantine page 51
  • SYNTHÈSE DU COLLOQUE OUI AU BIO DANS MA CANTINE • SYNTHÈSE DU COLLOQUE OUI AU BIO DANS MA CANTINE 29 jUIN 2011 1973 année de la création du bureau français du WWF87 imprimé sur cocoon silk 250g (couverture) et 115g (intérieur), papier 100% recyclé, imprimé à 3000 exemplaires. bilan carbone du tirage : 330g équivalent co2 par exemplaire.salarié(e)s du WWFFrance engagé(e)s auquotidien pour offriraux générations futuresune planète vivante 180 000 5 000 donateurs du WWF France au 1er novembre 2010 bénévoles en réseau à travers toute la France RETROUVEZ-NOUS SUR le site internet wwf.fr la communauté planete-attitude.fr la fan page www.facebook.com/wwffrance et suivez nos actus sur Twitter @wwffrance Notre raison dêtre Arrêter la dégradation de lenvironnement dans le monde et construire un avenir où les êtres humains pourront vivre en harmonie avec la nature. SMARTPHONE toute l’actualité du WWF France www.wwf.fr tient dans ce code wwf.fR© 1986 Panda Symbol WWF - World Wide Fund For nature © nAsA(Formerly World Wildlife Fund) ® “WWF” & “living planet” are WWF Registered Trademarks /“WWF” & “Pour une planète vivante” sont des marques déposées. WWF – France.1 carrefour de longchamp. 75016 Paris.