Casablanca 2010 - Atelier ELSA - Bila B
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Conditions de genre et réticences masculines à fréquenter les lieux de prise en charge des personnes infectées par le VIH (Burkina Faso)....

Conditions de genre et réticences masculines à fréquenter les lieux de prise en charge des personnes infectées par le VIH (Burkina Faso).

Atelier Plateforme ELSA, Casablanca 29 mars 2010.

Vih.org/casablanca2010

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  • Dans les structures, des conditions de PEC populaires et d’urgence, qui banalisent l’homme (conditions populaires, impartiales et sans complaisance, souvent opposées aux valeurs masculines de la PEC)
  • Homme  : Valorisation ++de la capacité, de la fierté, de la dignité pour les hommes plus que pour les femmes ; En retour, peur exacerbée de la honte ; honte de ne pas être assez capable, peur de ne pas être assez digne, etc. Femmes  : Rapport assez relativisé à la fierté, à la dignité Pour elle, la survie des enfants et leur réussite justifient tout, y compris les postures les plus dégradantes et difficilement tolérables par les hommes
  • Femmes « réhabilitées » par l’expression du souci de protection des enfants malgré tout Femmes plus accoutumées aux services de santé
  • Femmes « réhabilitées » par l’expression du souci de protection des enfants malgré tout Femmes plus accoutumées aux services de santé « Baadramba » renvoie à l’image du malade physiquement diminué, épuisement financier inhérents au VIH, d’où un sentiment de honte, d’échec, Sida comme une maladie indigne pour l’homme Grande crainte de la honte par les hommes Difficultés des hommes à faire le rang, à attendre, à suivre des directives Difficultés surtout à s’aligner avec des femmes

Casablanca 2010 - Atelier ELSA - Bila B Casablanca 2010 - Atelier ELSA - Bila B Presentation Transcript

  • Conditions de genre et réticences masculines à fréquenter les lieux de prise en charge des personnes infectées par le VIH Symposium Plateforme ELSA, CASABLANCA 29 mars 2010 l’impact du genre sur la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH en Afrique Bila B. 1 1 IRSS (Burkina Faso), CReCSS/UPCAM (France)
  • Introduction
    • Vulnérabilité reconnue des femmes à l’infection et à ses conséquences
      • L’évidence des chiffres: 61% PvVIH en Afrique sub.
      • Vulnérabilité biologique et sociale à l’infection et à ses conséquences
    • Faible visibilité des hommes dans la problématique de l’infection
      • Peu d’études de prévalence prenant en compte les hommes
      • Faiblesse des effectifs masculins sur les lieux de PEC, par rapport à celle des femmes
  • Introduction 2
    • Aucune mesure spécifique/hommes,
    • Nécessité d’une analyse des déterminants socio-culturels de cette différence
  • Objectifs de l’étude
    • Analyser les déterminants socio-culturels de la faible représentation des hommes sur les lieux de prise en charge des PvVIH
      • Spécifier le rôle des représentations de genre dans la compréhension de cette situation
  • Méthode & Matériels
    • Première partie du terrain de thèse réalisée à la faveur d’un programme ANRS
    • Observation directe, entretiens individuels semi-structurés, entretiens de groupe de 2003–2008
    • Participants contactés à travers leurs réseaux sociaux
    • 53 PvVIH don 35 femmes et 18 hommes à Ouagadougou et Zorgho
    • Traitement manuel des données par analyse de contenu
  • Contexte
  • Accès aux structures = accès au médicament
    • Prévalence infection à VIH: 2% en 2006 (UNAIDS)
    • Initiative national d’accès aux ARV
        • De l’inaccessibilité à l’accès aléatoire à partir de 2001,
        • Puis de l’accès différentiel en 2007 à la gratuité en 2010, une politique nationale mise en oeuvre au sein des structures d’accès public vs cliniques privées
    • Pauvreté; accès aux ARV conditionné par l’accès aux structures d’accès public
    • Forte prégnance de la culture moose marquée par la position dominante de l’homme
  • Des conditions de prise en charge populaires et indifférenciées
    • Des structures de santé publiques et associatives agréées pour la prise en charge des PvVIH;
    • Des structures ouvertes à tous;
    • De fréquentes lignes d’attente pour tous (hommes et femmes);
    • Un personnel associatif comportant souvent des bénévoles non qualifiés
  • Une domination masculine ancrée dans le système social
    • Au niveau du statut social
        • Un statut masculin prépondérant
          • Entité de base
          • Seul relais possible de la reproduction sociale
        • Un statut féminin d’étrangère dépendante
          • Etrangère / concessions paternelle et maritale
          • Légitimation ++ par le statut d’épouse et de mère
    • Au niveau de la position sociale
          • Des hommes assignés à préserver leur position dominante
          • Des femmes dont la survie sociale est rattachée à l’homme et à la survie des enfants
  • Résultats
  • Faible présence des hommes sur les lieux de soin
    • Sex-ratio de l’accès dans 7 structures :
      • 10.004 PvVIH = 6.787 women (68%) & 3.217 hommes (32%)
    • Sex-ratio des PvVIH enregistrées:
      • 3 à 5 femmes pour 2 hommes
    • Sex-ratio des personnes sous ARV
      • 3 à 6 femmes pour 2 hommes
    • Prevalence de l’infection à VIH pour les 15–49 years au Burkina:
      • 1.8 pour les femmes; 1.9 pour les hommes (EDS 2004)
  • Des représentations négatives de l’infection à VIH
    • Le “sida” comme une maladie de femme
    • Le “sida” synonyme d’épuisement financier et d’infortune
    • Les “baadramba,” une catégorie sociale “négativisée” en tant que:
      • Malades et en detresse financière et souvent sociale
      • Atteints d’une maladie socialement négativisée
    • Les structures de prise de “large accès” comme:
      • des lieux de regroupement des personnes affaiblies par la maladie, l’épuisement financier, et en besoin d’aide;
      • des lieux de charité
  • Discours de femmes
    • “ Les femmes n’ont pas honte de s’aligner, à cause de leurs enfants…. A cause de tes enfants, tu ne vas pas te cacher” ( Vve, 45 ans, entretien de groupe, fév 2007).
    • “ Certains hommes (malades du sida) ne vont pas à la consultation, même s’ils vont mourir….” (Femme mariée, 30 ans, entretien de groupe, fév 2007).
  • Discours d’hommes
    • « Ce n’est pas une maladie digne. Dire ça à quelqu’un, il va se demander comment toi-même tu t’es arrangé. C’est ça qui fait le plus mal» . (Mathieu, 41 ans, fonctionnaire), Février 2004
    • « Un homme ne peut pas marchander sa dignité comme une femme » ( Entretien de groupe, Février 2007).
    • “ certains hommes préfèrent mourir plutôt que de remettre en cause leur dignité. Un homme ne peut pas marchander sa dignité comme une femme. C’est naturel à lui. Ici, nous disons, ,”kuum sao yande” mieux vaut la mort que la honte (Homme, 32 ans, entretien de groupe, Fév 2007).
  • Discours d’hommes 2
    • Victor, 38 ans, justifie ainsi en janvier 2009, que les hommes restent découragés malgré l’évolution favorable de la situation d’accès aux ARV: « Le problème des hommes pour s’aligner, ça continue. Et en plus, pour avoir la place, il faut se lever à 4h du matin, sinon tu ne gagnes pas…Et ceux qui n’ont pas eu, il faut revenir demain … »
  • Discours de soignant
    • « Généralement, quand on voit les hommes dans la salle d’attente c’est qu’ils ont vécu des situations qu’ils ont supportées très difficilement. Tant qu’ils peuvent ne pas venir, ils ne viennent pas….», contrairement aux femmes jugées plus promptes. (Janvier 2006 Un des plus anciens médecins chargé de la prise en charge du VIH dans une structure publique de référence, 2005)
  • Discours de responsable associatif
    • « L’homme a peur de descendre de son piédestal. Tant qu’il n’est pas au pied du mur, il ne vient pas. Mais la femme se lève vite car elle n’a pas de problèmes (d’honneur). Elle pense plutôt à ses enfants ». Il ajoute : « La honte, l’infamie, c’est ça que les gens craignent, et ils en meurent réellement  » (Août 2006; le président d’une association de prise en charge des PvVIH, Ouagadougou août 2006).
  • Analyse
  • Des valeurs et des espaces différents selon le genre
    • Des valeurs qui déterminent le rapport différentiel à la honte
        • Les hommes
          • Valorisation ++ de la capacité, dignité, fierté, honneur
          • Valorisation particulière de la dignité et crainte de tout ce qui peut l’entâcher: la honte par exemple
          • Le « zaksoba », chef de famille doit « être capable » vs faiblesse l’épuisement financier associés à la maladie
        • Les femmes
          • Rapport moindre à la fierté et à la dignité
          • L’intérêt pour les enfants prime sur tout, y compris sur l’honneur
    • Des espaces sociaux culturellement différents
  • Des valeurs qui « réhabilitent » les femmes sur les lieux de trt
    • Statut d’étrangère et de dépendance à l’homme // Un rapport relativisé à la honte à être vu sur les lieux de PEC des PvVIH, comparativement aux hommes
    • Responsabilité maternelle dans la survie de l’enfant // Une expression du « souci de protection des enfants malgré tout » qui honore les femmes sur les lieux de prise en charge
    • Des femmes plus accoutumées que les hommes aux services de santé
  • Des valeurs masculines en opposition avec l’image du malade
    • Nécessaire capacité de l’homme (physique, éco., force de la personnalité) // opposition avec l’image de l’homme physiquement et économiquement affaibli par la maladie
    • Valorisation particulière de la dignité // peur d’être aperçu sur les lieux de PEC “yande”, (honte)
  • Masculinité et vulnérabilité des hommes sur les lieux de PEC
    • Valeurs masculines // opposition avec l’image de “baadramba”
    • Valeurs masculines // difficultés des hommes à être en posture de demande, et à accepter d’être aidés;
    • Peur de la honte // plus grande sensibilité des hommes au “regard social” dans les structures;
    • Séparation trad. des espaces // difficultés particulières des hommes à s’aligner avec des femmes;
  • Masculinité et vulnérabilité des hommes sur les lieux de PEC 2
    • Faible accoutumance des hommes aux services de santé en général, et aux structures de prise en charge des PvVIH en particulier; difficultés ++ à s’aligner pour attendre une consultation, et pour suivre des directives;
    • Survie de l’enfant = ++ resp. féminine // Hommes peu motivés à conduire les enfants sur les lieux de soin (approche individuelle de la santé); eux, ne peuvent pas dire comme les femmes “… à cause des enfants…”
  • Conclusion
    • L’opposition entre les valeurs masculines et les représentations sociales de l’infection à VIH et des structures de prise en charge des PvVIH est un déterminant de la faible présence des hommes sur ces lieux.
    • Plusieurs facteurs tels que
      • la notion de “capacité” associée à la masculinité,
      • Les représentations négatives de l’infection à VIH
      • La vulnérabilité des hommes au “regard social”
  • Conclusion(2)
        • L’organisation égalitaire de la prise en charge des hommes et des femmes dans les structures
    • Constituent des obstacles socialement construits à l’accès au traitement;
    • Ces obstacles réduisent les possibilités des hommes à bénéficier du continuum de soins imposé par la prise d’un trt ARV.
    • Nécessité de revoir les politiques de PEC en penant en compte la vulnérabilité masculine dans l’accès des PvVIH au traitement.