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Pratique et théorie en entreprise, et ailleurs...

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Pratique et théorie en entreprise Pratique et théorie en entreprise Presentation Transcript

  • THEORIE & PRATIQUETHEORIE & PRATIQUE EN ENTREPRISEEN ENTREPRISE
  • 2 BULLE DE TAGS Socialwashing - Best Practices – Modélisation – Risk Management – Chartes – Greenwashing - Culture d'Entreprise – École – Compétences – Qualité – Valeurs – Normes – Légalité – Sécurité – Statistiques – Pratique – Théorie – Entreprise – Utopie – Préjugés – Conformité – Symbolique – RSE – Walk the talk – Audit – Connaissances Praticables – Intégration – Motivation – Engagement - Travail Prescrit – Ergonomie – Certification – Rhétorique – Idéal – Efficacité - Efficience – Stratégie – Jeux de pouvoir – Direction – Opérantes - Empirique – Continuum – Cycle – Veille – Réel - BULLE DE TAGS Socialwashing - Best Practices – Modélisation – Risk Management – Chartes – Greenwashing - Culture d'Entreprise – École – Compétences – Qualité – Valeurs – Normes – Légalité – Sécurité – Statistiques – Pratique – Théorie – Entreprise – Utopie – Préjugés – Conformité – Symbolique – RSE – Walk the talk – Audit – Connaissances Praticables – Intégration – Motivation – Engagement - Travail Prescrit – Ergonomie – Certification – Rhétorique – Idéal – Efficacité - Efficience – Stratégie – Jeux de pouvoir – Direction – Opérantes - Empirique – Continuum – Cycle – Veille – Réel -
  • 3 THEORIE ET PRATIQUE EN ENTREPRISE Et ailleurs... THEORIE VERSUS PRATIQUE ● Un antagonisme séculaire - Le mépris de la théorie - La palme de la théorie - Perceptions & Représentations REALITE DE LA THEORIE ● L'atome & le préjugé - Le cycle antagoniste - La carte n'est pas le territoire - L'apprentissage par l'expérience - Un Continuum - La démarche - Les 2 faces d'une même médaille PRATIQUES : DU MYTHE A LA REALITE ● L'organigramme d'entreprise – Travail prescrit travail réel -Culture d'entreprise – Greenwashing – Socialwashing - La Pratique de la loi UNE REALITE ACTIONNABLE ● Walk the talk - Best Practices - PDCA et Roue de Deming – L'intérêt général et particulier – ● UPP de la théorie. BIBLIOGRAPHIE
  • « La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. » Albert Einstein. 4
  • 5 THÉORIE vs. PRATIQUE ● Un antagonisme séculaire ● Le mépris de la théorie ● La palme de la théorie ● Vade retro bouquinas ● Perceptions & Représentations ● Dommages collatéraux ● Dommages organisationnels
  • 6 UN ANTAGONISME SECULAIRE Il faut bien l'admettre, notre siècle si connecté , ayant accès à tellement de données et de connaissances, peine encore à se départir de certains antagonismes séculaires : Nature versus Culture  L'inné vs l'acquis  Les anciens vs les modernes  La Théorie vs la Pratique Illustrations: www.devoir-de-philosophie.com Cet antagonisme Théorie vs Pratique occupait déjà les débats philosophiques : aux siècles de Spinoza et Kant : Baruch SPINOZA : 1632-1677 L'expérience ne nous enseigne pas les essences des choses. (extrait de Lettre à Simon de Vries) Les hommes se trompent quand ils se croient libres ; cette opinion consiste en cela seul qu'ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés. (extrait de Éthique) Emmanuel KANT : 1724-1804 Même un ensemble de règles pratiques est nommé ''théorie'', dès lors que ces règles sont pensées comme des principes ayant une certaine généralité et qu'on y fait abstraction d'un grand nombre de conditions qui ont pourtant nécessairement de l'influence sur leur application. Inversement on appelle : pratique non pas toute opération, mais uniquement la mise en œuvre d'une fin, conçue comme l'observation de certains principes de conduite représentés dans leur généralité.(extrait de Théorie et Pratique)
  • 7 LE MÉPRIS DE LA THÉORIE ''ces expressions ont pris un sens pejoratif ; on en use alors pour denoncer un pretendu vide de la pensee, une ignorance du reel. Le theoricien rêve, il croit pouvoir tirer la verite de son esprit, alors, pense-t-on, qu’elle ne peut venir que des choses. On meprise le savant qui ne subordonne pas ses travaux à la pratique et le penseur ou le citoyen qui ne se regle pas dans sa vie et dans ses pensees sur ce qui se fait mais sur ce que sa raison lui dicte.'' La parole de l'Expert : Science et experience (extrait) On affiche parfois ''un mepris pour la theorie en matiere de science ou de connaissance en general Comprenons seulement qu’il est absurde de dire que ce qui est vrai en theorie ne vaut rien dans la pratique. Par exemple en physique : car une theorie en desaccord avec la pratique etant tout simplement fausse, ou du moins insuffisante, il faut lui reprocher non pas d’être une theorie mais de n’être pas une theorie ou de ne pas l’être assez. Ainsi la théorie physique du mouvement permet de calculer la trajectoire d’un boulet de canon ; mais il faut corriger cette premiere trajectoire theorique en tenant compte des frottements et de la resistance de l’air, objets d’une autre theorie.'' Extraits : http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/file/kant_muglioni.pdf C'est théorique Théoriquement ... En théorie
  • 8 ET LA PALME REVIENT À... Jules Ferry, si tu entends, on sait que tes oreilles sifflent L'ÉCOLE C'est la première cible dès qu'il s'agit de ''dénoncer la théorie''. Vous sortez de l'école et n'avez jamais travaillé, vous n'avez que des connaissances théoriques... Bac +5 à l'université, ça fait Bac+2 dans la vraie vie. On n'est pas à l'école ici, c'est fini la théorie ! Bienvenue dans le monde réel ! On est dans la réalité, ici, pas dans les bouquins ! Savoir lire , écrire , compter, c'est quand même pratique, non ? La pratique des langues étrangères, la géographie de la planète, et notre histoire : théoriques peut-être ? Enseigne-t-on les sciences et les mathématiques ''fondamentales'' à l'école ? Se débrouiller en algèbre, savoir faire un produit en croix ou résoudre une équation du 1° degré, etc. ça aide dans la vie... C'est scolaire…! École... ...bouquins  Savoir apprendre permet de continuer à progresser tout au long de la vie.
  • 9 VADE RETRO BOUQUINAS ? Au siècle de l'Économie de la Connaissance et des actifs immatériels de l'entreprise (dont ''intellectual assets''), comment expliquer ce mépris, cette défiance, voire cette répulsion envers tout ce qui est identifié de près ou de loin à : ● L'école, et tout ce qui relève de la formation, initiale ou pas ● Les livres , et tout le savoir qui en est issu ● Les connaissances, comme opposées au savoir-faire pratique. Plusieurs facteurs participent de cette chasse aux sorcières d'un autre genre, masquée sous le sceau de la ''science empirique'' des intuitifs bien pensants adeptes de la sacro- sainte pratique : ● Elle résulte parfois d'une frustration héritée de l'école, où le moindre effort relève du devoir, et donne lieu à notation, sans omettre l'échec scolaire, partiel ou total. ● Elle peut être due à ceux qui s'en tiennent aux formations obligatoires du plan ,quand il y en a, sans parfois pratiquer la veille métier qui leur incombe en tant que professionnels (érosion et obsolescence des savoirs). ● Elle est parfois due à des ego surdimensionnés (inflated), adeptes de la science infuse, de l'intuition et de l'empirisme, qui misent sur le feeling et le tâtonnement, plutôt que sur le retour d'expérience , les recherches, et les connaissances mises à jour par d'autres, et disponibles. De triste mémoire, Mao avait en son temps (Révolution Culturelle) entrepris des purges contre lesdits ''intellectuels'', et constitué des ''laogai'', camps de rééducation par le travail.
  • PERCEPTIONS & REPRESENTATIONS RAPPORTS : ● La théorie est généralement dévalorisée au profit de la pratique. Cela suppose que la théorie soit une spéculation impuissante coupée de la pratique dont on vante l'utilité et l'efficacité.Mais toute théorie n'est pas spéculation pure. ● Apparemment opposées, la pratique et la théorie sont en fait étroitement liées. Il y a complémentarité entre la capacité qu'a l'homme d'agir concrètement sur lui-même et sur son environnement matériel, et son aptitude à la pensée, source de la connaissance du réel. ● La théorie tire en effet de l'analyse de la réalité des règles d'action et des principes généraux, la pratique se nourrit de son dialogue avec la théorie pour mieux satisfaire les besoins de l'homme. ● C'est l'exercice du jugement (Kant) qui assure « le lien et le passage de l'une à l'autre » : il permet de discerner « si quelque chose est ou non le cas qui tombe sous la règle ». THÉORIE PRATIQUE D'après : texte : Baruch Spinoza, Traité théologico-politique (1677). chap. I, § 1et Il, trad S; Zac. Ed. Vrin 1968, pp. 29 -31 Source : http://www.philonet.fr/reperes/theoprat.html en théorie = d'un point de vue spéculatif, celui de la pensée génératrice de considérations abstraites. en pratique = du point de vue de l'action, génératrice de résultats concrets. 10 GÉNÉRALEMENT :
  • 11 DOMMAGES COLLATÉRAUX Organisation-Objectifs–Cibles-Résultats- Marge-ROI-Management-Production-DAS- Budget–KPI-Atteindre–Métier– Technique -Gérer-Normes-ISO SMART-Légalité- Règles-Négocier- Recruter-PDCA- Aider- Redresser- Teambuilding- Cohésion-Progresser- Gagner-Qualité-BSC- Indicateurs-Diriger-Vista-Leadership-CEO- Arbitrer-Carrière-Activité-Valeurs-Débuter Vous êtes ici Vous êtes ici : mais où ? Et comment se diriger vers le but assigné quand on ne connaît pas les règles, les fondamentaux, les tenants et aboutissants, les causes qui régissent les conséquences, bref la théorie. Dans les organisations (en entreprise) le mépris de la théorie (by misconception) conduit à s'en remettre à la seule pratique, et revient à s'exposer : ● À un défaut d'adaptabilité (problème d'apprentissage, érosion et obsolescence des savoirs, savoirs non upgradés) ● À une perte de valeur (dépréciation du capital humain et des actifs immatériels de l'entreprise, pas de KM, connaissances non fixées avant le départ de salariés détenteurs de savoirs) ● À un problème de productivité et de qualité (pratiques surannées, défaut de conformité,pas d'amélioration continue etc) ● À un problème de légalité (pratiques non conformes et illégales, veille réglementaire déficiente, SST,RH etc)
  • 12 DOMMAGES COLLATÉRAUX C'est le bordel mon capitaine ! C'est normal c'est la théorie de l'entropie.Je connais : je vais arranger ça. AVEC La théorie SANS La théorie ''Tout ça c'est de la théorie'', ''Sortez le nez de vos bouquins, de vos procédures''  Dénigrer ''la théorie'' en particulier, et les connaissances en général conduit à : ● Dénaturer l'essence même de la théorie, et la vider de son sens propre ● À lui donner un sens fantasmé qui va : ● De la logique rhétorique ● À l'idéalisme et l'utopie ● À établir la caducité de son utilité et de son opérationnalité, de sa compétence à être en phase avec le réel. Mais cela crée des dommages collatéraux pour l'entreprise
  • C'est le bordel mon capitaine ! C'est normal c'est la théorie de l'entropie.Je connais : je vais arranger ça. SANS La théorie DOMMAGES ORGANISATIONNELS © C'est le bordel mon capitaine ! Pour que cette expression ne devienne pas ''une marque de fabrique'' : il devient essentiel de lever le nez du guidon, d'arrêter de s'engluer dans la lecture du quotidien sans boussole ni repères car ''Theory is based on research & models, mere Practice on intuition or laziness''(la théorie est basée sur la recherche et la modélisation, la pratique pure et simple sur l'intuition, ou la paresse) Quand ''en théorie'' signifie ''en bonne pratique'', mais en réalité on fait comme on veut, cela s'avère nuisible à l'entreprise. 13 Avoir des responsabilités managériales sans connaître les fondamentaux du management, c'est le Principe de Peter assuré. Rembarrer un subalterne qui apprend trop vite, ou en sait trop, sert à garder un bon professionnel au niveau exécutant pour qu'il ne dépasse pas le ''chef'' : rétention de potentiel La quotidienneté des tâches n'apprend pas suffisamment à progresser.Sans apport de connaissances nouvelles gare au plafonnement de carrière.
  • « Celui qui adore la pratique sans connaître la théorie est comme le marin qui s’embarque à bord d’un navire sans gouvernail ni compas et ne sait jamais où il jettera l’ancre. » Leonardo Da Vinci. 14
  • 15 RÉALITÉ DE LA THÉORIE ● L'atome & le préjugé ● Le cycle antagoniste ● La carte n'est pas le territoire ● L'apprentissage par l'expérience ● Un Continuum ● La démarche ● Les 2 faces d'une même médaille
  • 16 ''Il est plus difficile de désagréger un préjugé qu'un atome.'' Albert EINSTEIN L'ATOME & LE PRÉJUGÉ
  • 17 LE CYCLE ANTAGONISTE On présente souvent théorie et pratique dans un antagonisme inconciliable, mais en réalité le rapport entre les deux relève plus de : la tension, l'alternance, l'articulation, la confrontation, la complémentarité, l'imbrication, l'intégration, l'alliance : Le véritable cycle antagoniste tel qu'il existe dans les faits relève davantage de cette opposition : Théorie BonnesPratiques Mauvaises
  • 18 LA CARTE N'EST PAS LE TERRITOIRE L'aphorisme d'Alfred Korzybski (A map is not the Territory) rappelle que la carte n'est pas le territoire qu'elle représente, et amène à prendre conscience d'une chose : La réalité telle que nous la voyons n'est que notre propre perception du monde, i.e. une représentation intérieure de la réalité extérieure du monde. Il y aura toujours des différences , dues à l'échelle d'inférence, aux omissions, troncations, distorsions... De là découlent deux évidences : ● Il est bon de savoir voir les choses sous un autre angle, de savoir changer de paradigme, et de voir ''The Big Picture''. ● La théorie en tant que modélisation du réel fait l'économie de la pratique superflue du tâtonnement: la règle qui rend compte des situations particulières vaut mieux qu'une méthode empirique coûteuse et chronophage.
  • 19 Sources : jacquesabecassis.wordpress.com David Kolb (1984) présente l’apprentissage par l’expérience comme un cycle à quatre temps, chaque temps correspondant à un mode d’apprentissage spécifique : L’expérience concrète : phase où l’individu réalise l’expérience, enregistre un certain nombre d’informations sur ce qu’il découvre. Phase de réception, de « préhension ». L’observation réfléchie : l’individu analyse la situation qu’il vient de vivre, la compare à des situations antérieures, essaye d’en dégager du sens. La conceptualisation abstraite : c’est une phase de réflexion théorique, où l’individu élabore des concepts permettant d’analyser l’expérience précédemment vécue. L’expérimentation active : l’individu a formulé un certain nombre d’hypothèses et va les vérifier ou les infirmer dans le cadre d’une nouvelle expérience. Le cycle peut alors recommencer. L'APPRENTISSAGE PAR L'EXPERIENCE
  • 20 THÉORIE : UN CONTINUUM http://words.steveklabnik.com/theory-and-practice Qu'on le veuille ou non, on est toujours le ''praticien'' ou le ''théoricien'' de quelqu'un : La théorie est ainsi vue comme un continuum traversant les champs et les disciplines, et gagnant en abstraction au fur et à mesure - exemples : ● Le psychologue voit la sociologie comme de la psychologie appliquée... ● Quelques étapes plus loin, le physicien se voit comme le théoricien du monde animé et inanimé... ● Quand le mathématicien lui rappelle que c'est lui qui modélise tout.
  • 21 THÉORIE : LA DÉMARCHE La théorie sert à la modélisation du réel. La théorie tire en effet de l'analyse de la réalité des règles d'action et des principes généraux, ensuite applicables aux situations particulières (reproductibilité) : ANALYSERANALYSER L'EXISTANTL'EXISTANT COMPRENDRECOMPRENDRE THÉORISERTHÉORISER ENSEIGNERENSEIGNER METTRE ENMETTRE EN ACTES LESACTES LES COMPÉTENCESCOMPÉTENCES NÉCESSAIRESNÉCESSAIRES Les compétences : Rappelons que les compétences , même si elles relèvent de l'actualisation, ne sont pas que pratiques : COMPETENCES = SAVOIR (connaissances) SAVOIR FAIRE SAVOIR ÊTRE
  • 22 THÉORIE – PRATIQUE : DEUX FACES D'UNE MÊME MÉDAILLE ''There is always a tension between Theory and Practice. These two separate realms are connected through a process of abstraction and application...To explain this relationship by way of practice :Theory is abstracted Practice, and Practice is applied Theory''.* *http://words.steveklabnik.com/theory-and-practice La pratique est une théorie appliquée : Tout praticien, même celui qui s'en défend, est un impénitent consommateur de théories, dans la mesure où théorie signifie organisation et mise en ordre de concepts... Toute pratique est une intelligence des choses. Dès qu'elle se systématise, se réfléchit, s'organise et se gère, elle prend rang dans une visée Théorique. B.Schwartz, Une autre école. La théorie est une abstraction de la pratique : La théorie est une pratique spécifique qui s'exerce sur un objet propre et aboutit à son produit propre : une connaissance. Tout travail théorique suppose donc une matière première donnée, et des « moyens de production » (les concepts de la « théorie » et leur mode d'emploi : la Méthode). L. ALTHUSSER
  • 23 PRATIQUES : DU MYTHE A LA RÉALITE ● L'organigramme d'entreprise ● Travail prescrit - Travail réel ● Culture d'entreprise ● Greenwashing ● Socialwashing ● La pratique de la loi
  • 24 ORGANIGRAMME L'organigramme établit la structure formelle de l'entreprise, et en cela il est très symptomatique de la tension organisationnelle entre théorie et pratique : L'organigramme, c'est la ''théorie'' de l'entreprise , sa représentation structurelle et fonctionnelle - quand il est mis à jour - ainsi que les professionnels qui la composent et remplissent lesdites fonctions. En réalité, chacun sait (la recherche l'a prouvé et la ''théorie'' l'explique très bien) qu'il existe : ● Un organigramme officiel, et un organigramme officieux (personnes sur la touche, jeu des chaises musicales, personnes sur le départ mais qui l'ignorent encore...) ● Un sociogramme, modèle plus puissant que le simple organigramme fonctionnel, et qui parfois le neutralise (sociométrie, modèle de Moreno) ● Les jeux de pouvoir , courants plus ou moins visibles (réseautage, alliances, contrôle des ressources) qui interfèrent avec la représentation que l'entreprise veut bien se donner. ● La stratégie des acteurs, et les ''comportements politiques''. Organigramme Sociogramme
  • TRAVAIL PRESCRIT - TRAVAIL RÉEL ● Tout d'abord, n'en déplaise aux pourfendeurs impénitents de la théorie (vs la sacro-sainte pratique) l'Ergonomie , qui prend en compte l'homme dans l'intégralité de ses dimensions (biologiques, sociales, psychiques et cognitives) nous rappelle sans cesse que : ''Tout travail manuel exige un travail intellectuel : prise d'informations sur l'environnement de travail, analyse de ces informations, traitement, prise de décision, choix-alternatives, recours à la mémoire, à des représentations mentales etc. '' ● Ensuite l'ergonomie nous enseigne une distinction pertinente et lourde de sens entre travail prescrit (théorique), et travail réel : http://travailcollaboratif.typepad.com/methode_main 25 TRAVAIL PRESCRIT Ce que l'on doit faire, ce qui est formellement demandé,organisé, et contrôlé.Consiste à prévoir, ordonner, coordonner, outiller l'action individuelle et collective avant qu'elle n'ait lieu. TRAVAIL PRESCRIT Ce que l'on fait vraiment, à partir, et parfois en dépit du travail prescrit. Désigne cette part d'intelligence mise dans le travail, au-delà de la prescription. C'est l'effort de renormalisation de la prescription. TRAVAIL RÉALISÉ Ce que l'on a fait finalement.C'est le résultat du travail réel (processus), obtenu grâce ou en dépit du travail prescrit. C'est ce qui doit être évalué et fonde le sens de l'action. TRAVAIL VÉCU Le sens que l'on donne,ou que l'on ne peut pas donner, au travail en cours, mais aussi Avant (travail prescrit) et après (travail réalisé).Concerne l'activité au Travail, mais aussi les conditions de réalisation.Spécifique à chaque individu.
  • 26 CULTURE D'ENTREPRISE Maurice Thévenet, spécialiste Français de la Culture d'entreprise définit cette dernière comme un ensemble de rites, de tabous et de règles, et une réalité formée de tout ce qui constitue l'histoire et le quotidien de l'organisation. Une culture d'entreprise motivante est une culture cohérente : mais en réalité on observe souvent un hiatus, voire un schisme entre valeurs affichées , et valeurs opérantes : Source :Maurice Thévenet – Professeur au CNAM et à l’ESSEC -Journal du Net 16 10 07 ''une culture d'entreprise forte peut ne pas être adaptée aux défis qu'elle a à relever."Une culture forte motive les gens si elle s'appuie sur un fonctionnement cohérent.Si la question de la culture de l'entreprise est le plus souvent considérée comme très stratégique, c'est parce qu'en véhiculant ses valeurs, elle développe le sentiment d'appartenance du salarié, ce qui va servir de levier de motivation. versusValeurs affichées Valeurs opérantes Moins visibles, et qui sous-tendent la réalité du fonctionnement au quotidien : ● Pratiques éloignées des ''règles de l'art'' en matière sociale (RPS, inégalité des chances...) ● Valeurs apparentes (posture) ciblées clients et grand public (branding) ● Façade : adhésion symbolique RSE ou Social Media etc ● Velléité organisationnelle : vœux sincères sans moyens efficaces derrière . De l'ordre du déclaratif, de la communication, ou visant un objectif de progrès : ● Charte entreprise, et/ou RH ● Ouverture : social media, 2.0 , portes ouvertes, communication institutionnelle ● Qualité-conformité :Certifications, RSE, ISO 14001,reporting,etc. ● Dialogue social:accords collectifs, animation des instances ● Convivialité:manifestations,projet d'entreprise, de service, etc. En théorie En pratique
  • 27 GREENWASHING ''Le reporting RSE consiste en la publication régulière d'informations sur la manière dont l'entreprise appréhende les impacts économiques, environnementaux et sociaux de ses activités (rapport développement durable, sites internet). Cependant la diffusion d'informations environnementales et sociales s'apparente plus souvent à une opération de communication qu'à un rapport sur les conséquences effectives des activités de l'entreprise. Les informations publiées construisent alors une image positive et gomment les impacts négatifs'' Source : La Responsabilité Sociale d'Entreprise, M.Capron et F.Quairel L'écoblanchiment, greenwashing, a pour but de donner à l'entreprise une image éco-responsable en se créant une légitimité toute symbolique : on est loin de l'éthique environnementale, de l'écoconception, et du C2C (cradle to cradle). Le reporting dans ce cas s'inscrit dans une stratégie pour défendre la légitimité de l'entreprise quand elle fait face à une crise, ou en vue d'améliorer sa réputation, ou bien encore afin de se créer un avantage concurrentiel (écolabel) capable de séduire les parties prenantes (actionnaires, clients,public,etc) ● Un bon rapport RSE ne signifie pas forcément de bonnes performances effectives en matière de RSE ● Il ne faut pas confondre audit des rapports RSE (représentation) et audit des pratiques et du management (entreprise) ● L'entreprise choisit elle-même le périmètre de l'audit et peut ainsi laisser dans l'ombre des pans entiers de son activité.
  • A S O Ci L G A H N S i W SOCIALWASHING ''Le « social washing » consiste à masquer de mauvaises pratiques internes et de mauvaises conditions de travail, par exemple derrière des services aux salariés. Il s'étend à l'ensemble des prises de parole et des positions qui amènent à considérer une distorsion entre le discours socialement responsable et la situation dans l'entreprise. En matière de responsabilité sociale des entreprises, le socialwashing est au volet social RSE ce qu'est le greenwashing à la responsabilité environnementale. 28 La santé au travail et les risques psychosociaux sont au cœur de cette responsabilité. Un sujet particulièrement sensible, puisque les organisations ont un devoir de résultats en la matière. La publicité qui accompagne les condamnations (arrêt SNECMA 05/03/2008, etc) montre qu'une entreprise peut rapidement être dénoncée pour social washing ''.(source:www.editions-tissot.fr) ● En matière de RSE, ''les stratégies d'évitement déguisent la non-conformité par l'élaboration d'une image de conformité'' (RSE, M.Capron p 79) ● Les politiques et les accords de QVT (qualité de vie au travail)sont parfois des tentatives de dédouanement en matière de RPS (cf article ci-dessus) ● La loi et les accords collectifs signés sont bafoués par des pratiques de ''discrimination douce'', fausse égalité des chances, etc. Les techniques de ''blanchiment'' (argent, socialwashing, greenwashing, sciencewashing) partent toujours d'une ''bonne théorie'' qui sert de masque et d'alibi à l'élaboration, la compensation ou le camouflage de mauvaises pratiques (malpractices) :
  • 29 LA PRATIQUE DE LA LOI Le plus frappant dans la ''tension entre théorie et pratique'' en entreprise, c'est le nombre de fois où ''en théorie'' signifie ''en bonne pratique, on ferait cela, mais en réalité ,donc dans la pratique locale et quotidienne, on fait autrement, comme on veut, comme on peut.'' La théorie, invoquée dans ce discours, représente en fait : la loi, la convention collective, le règlement intérieur, le manuel de qualité, la réglementation, les normes, les procédures, les règles de bonne conduite, les règles de l'art, etc... La théorie a bon dos et mauvaise presse, mais elle n'a rien à voir avec ces pratiques, et renvoie dos à dos  bonnes et mauvaises pratiques, voire même pratiques illégales : BEST PRACTICES vs. MALPRACTICES Exemples : ● En RH ne pas/ou tarder à déclarer les salariés ; discrimination au recrutement; travail dissimulé pour non paiement d'heures sup. ;inégalité des chances etc. ● En SST absence d'exercice et formation incendie,non port des EPI, banalisation des pratiques à risque, formes de tolérance à l'alcoolisme, etc. ● En production etc non respect des normes et procédures amenant à la non qualité et même parfois aux accidents produit (ex toxicité), ou accidents d'activité (AZF, marées noires...)
  • 30 UNE RÉALITÉ ACTIONNABLE ● Walk the talk ● Best Practices ● PDCA : Roue de Deming ● L'intérêt général et particulier ● UPP de la ThéorieCHALLENGE
  • 31 WALK THE TALK CHALLENGE Rue du bla-bla, les promesses et les effets d'annonce vont bon train : ● On signe des accords QVT, RPS, pénibilité du travail, égalité des chances à tout va; on offre des numéro verts aux salariés, et on les invite à répondre aux enquêtes de satisfaction au travail ● On lave plus blanc que blanc avec la RSE, le social et le green washing... Et on se retrouve à faire les gros titres des journaux, ou condamnés par les tribunaux (ex cours sociales), épinglés par les ONG, vilipendés par les parties prenantes internes et externes, et parfois même récompensé aux Pinocchio d'Or (Amis de la Terre). Le 1er Challenge Organisationnel est résolument d'appliquer la règle du Walk the talk Joindre la parole aux actes, faire ce qu'on dit (et dire ce qu'on fait)
  • 32 BEST PRACTICES On l'a vu, en entreprise comme ailleurs, ce n'est pas tant la théorie qui pose problème, mais la tension entre bonnes et mauvaises pratiques : BEST PRACTICES  VS.  MAL PRACTICES ● La notion de Best practice : résulte de l'analyse des meilleures pratiques observées dans un secteur, une industrie, une profession donnés, afin d'en répandre l'utilisation, dans le but de monter en compétence, en qualité, et de favoriser l'amélioration continue ● Contrairement au ''One Best way'' taylorien, les bonnes pratiques sont évolutives et intègrent le retour d'expérience. ● Les Best Practices ou Good Practices donnent lieu à la création de GBP,Guides de Bonnes Pratiques (ex Bonnes Pratiques Cliniques, Médicales, informatiques,agricoles,de Fabrication,de technologie,etc) ● State-of-the-art, elles permettent l'amélioration continue et le Benchmarking. La boucle de bonnes pratiques CHALLENGE
  • PDCA : ROUE DE DEMING CHALLENGE Au-delà des bonnes pratiques, il s'agit d'adhérer réellement et sincèrement aux idées de responsabilité (sociale, sociétale, environnementale) et de management (risk management, QSE, SST etc) , et les objectifs afférents. Les stratégies de l'entreprise passent par une réelle démarche d’amélioration continue et de progrès constant, illustrée par la fameuse roue de Deming : 33 http://www.ddline.fr/qualite-securite-environnement/
  • 34 L'INTÉRÊT GÉNÉRAL & PARTICULIER CHALLENGE ● En entreprise comme ailleurs, la confiance ne se décrète pas, elle se construit.Pas avec des stratégies factices du type socialwashing etc. Nul n'est dupe, et même s'il faut parfois composer avec les forces en présence, le boomerang finit toujours par revenir. Au final, il en va de la motivation et de l'engagement des hommes et des femmes au travail. ● Mettre en application l'abstraction (idée,vision,théorie) qui guide les projets et stratégies relève de la responsabilité de chacun dans ses pratiques quotidiennes : comme la qualité est l'affaire de tous, la ''théorie'' (dans tous les sens abordés ici) est l'intérêt de tous – intérêt de l'organisation (entreprise), et intérêt des hommes qui la composent et l'animent. LA THÉORIE ! C'EST L'INTÉRÊT DE TOUS LA QUALITÉ ! C'EST L'AFFAIRE DE TOUS ● Enfin ce que certains professionnels allergiques à la ''science des bouquins'' nomment ''théorie'' a encore beaucoup à apporter à l'entreprise, comme le prouvent : ● Les organisations apprenantes, et qualifiantes (Senge, Argyris-Schön) ● Le Knowledge Management : management des connaissances, qui consiste à capitaliser toutes les connaissances et compétences produites dans l'entreprise.Car''l'organisation est une sorte de milieu où tout un tas de connaissances circulent, se créent.Il faut éviter que ces connaissances disparaissent du fait de la mobilité, interne ou externe, des salariés'' . (Psychologie du travail et des organisation – Philippe Sarnin).
  • 35 U.P.P. DE LA THÉORIE : USAGE PRATIQUE & PERSONNEL CHALLENGE Ce que d'aucuns appellent avec condescendance ''la théorie'', la ''science des bouquins'', a un usage pratique et personnel : ● La théorie sert individuellement à apporter des réponses et ● À expliciter et expliquer ce qu'on sentait confusément au fond de soi, sans pouvoir l'exprimer de façon à faire intellectuellement autorité. La théorie, pour recycler l'expression de Woody Allen, c'est : ''Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur tout sans jamais oser le demander''...
  • ''La joie de''La joie de regarder et deregarder et de comprendre estcomprendre est le plus beaule plus beau cadeau de lacadeau de la nature''nature'' Albert Einstein.Albert Einstein. ''La joie de''La joie de regarder et deregarder et de comprendre estcomprendre est le plus beaule plus beau cadeau de lacadeau de la nature''nature'' Albert Einstein.Albert Einstein. 36
  • 37 BIBLIOGRAPHIE ● Baruch Spinoza, Traité théologico-politique (1677). chap. I, § 1et Il, trad S; Zac. Ed. Vrin 1968, pp. 29 -31 ● Emmanuel KANT ,Théorie et pratique, 1793, Vrin, 1967, p. 11. ● hhtp://ife.ens-lyon.fr/publications/edition- electronique/recherche-et-formation/RR011-10.pdf ● www.editions-tissot.fr ● Ergonomie, Pierre Falzon & alii. Management Malpractice: How to Cure Unhealthy Management Practices That Disable Your Organization Craig R. Hickman La Responsabilité Sociale d'Entreprise M.Capron et F.Quairel