Le développement durable est il un luxe ?

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Cette présentation traite de la problématique qui se pose entre le luxe et de développement durable. Dossier réalisé par Tony Vaucelle, Juliette Pogorel, Grégory Charvet, William Leroy.

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  • 1. Septembre 2008 HORS SÉRIE Etat des lieux Un constat édifiant Un engagement timideM 05385 - 26 - F: 5,60 € - RD Septembre 2008 - HORS SÉRIE - Le magazine éthique - 1
  • 2. 2 - Le magazine éthique - HORS SÉRIE - S eptembre 2008
  • 3. Le dévelop- Par G. Charvet Le magazine pement éthique durable est il un luxe? L e monde peut se voiler la face. Malheureuse- ment, la terre va mal, et Il serait vain de croire GROUPE que le Grenelle de l’environnement pourra in- ESGCI classe 2 DD verser cette tendance. Face aux changements ÉDITEUR climatiques, aux menaces sur la biodiversité, à la ra- William Leroy réfaction des sources d’énergies, à la pollution de l’air RÉDACTRICE EN CHEF et des eaux, à l’essor des pays en voie de développe- Juliette Pogorel ment… il faudra plus que le tri sélectif pour endiguer RÉDACTEURS EN CHEF ADJOINTS ce phénomène. Le fait est que plus le monde va mal, Tony Vaucelle Grégory Charvet et plus nous souhaitons de nouveaux écrans plasma et autres voitures tout-terrain. Il existe dès lors un vrai cli- DIRECTEUR ARTISTIQUE Tony Vaucelle vage entre la situation actuelle du monde et les atten- tes des consommateurs. RÉDACTION Grégory Charvet, chef de service Cependant, il existe un infime espoir. Le monde sem- Juliette Pogorel, chef d’orthographe ble se rappeler qu’il existait avant Total et les sacs William Leroy, Kes’ki se passe? Tony Vaucelle, coordination plastiques, des océans bleu azur, copieusement peu- plés de poissons divers et variés. Nous voyons même MAQUETTEJuliette Pogorel, échelle 1:0, tellement petite un regain d’intérêt des français… non pour le prix de que l’on ne la voit pas la baguette… mais pour l’écologie. Le grand Bush lui- SECRÉTARIAT DE RÉDACTION même semble en difficulté contre le mouvement éco- Correcteur d’orthographe Microsoft logique californien porté par le géant vert bodybuildé Office Windows 2007, rédacteur-réviseur de Schwarzenegger. Comme quoi… même les idiots SECRÉTARIAT changent d’avis. Tout sauf celui de l’école De bonne augure car la France reste la vitrine du luxe, SERVICE PHOTO symbole de l’opulence et du gaspillage. Ainsi Louis Vuit- Nikon P80 ton se fait peau neuve et lance sa charte éthique. Selon FABRICATION le dernier rapport Deeper Luxury de WWF, les marques L’Impression Éco de luxe ont pourtant une influence plus forte sur les comportements des consommateurs que la moyenne.Dans un soucis de respect de la nature, nous avons choisi Intéressant car…souvent pointé du doigt, ce monde ex-d’imprimer votre magazine sur du papier respectant les prin-cipes de gestion durable des forêts (norme PEFC). De même travagant tente de vendre du coton biologique pour del’imprimeur s’engage à respecter le norme Imprim’Vert qui la fourrure. L’arnaque marchera – t- elle ? Il en va degarantit une gestion écologique des produits polluants etune recherche permanente de solution de développement notre sort…durable des méthodes d’impression. Septembre 2008 - HORS SÉRIE - Le magazine éthique - 3
  • 4. Luxe et déve- durable, Fin des conflits en Afrique et fermeture des mines diaman- taires, la culture des diamants sur gazon promet un bel avenir pour le luxe4 - Le magazine éthique - HORS SÉRIE - S eptembre 2008
  • 5. loppement État des lieuxLA PLANÈTE VA MAL, IL EST TEMPS spectaculaire de 30% des ressources naturel-L DE RÉAGIR les de la planète en 30 ans : les écosystèmes forestiers ont été réduits de 12%, ceux d’eau es français entrent en scène dans le douce de 50% et enfin, les écosystèmes ma- grand débat sur l’écologie. En 2007, rins de 30%. une enquête de l’IRSN montre pour Empreinte écologique. En France, celle-ci a la première fois une nette progres- augmenté de 40% en moins de 40ans alors sion de l’intérêt des français pour la que sa population n’a augmenté que de 27%.dégradation de l’environnement et les chan- En clair, nous utilisons plus de ressources quegements climatiques. Mieux, la pollution at- nous ne pouvons produire : si le pays vivait demosphérique est en tête du palmarès des si-tuations à risque ; passant de 68% en 2004 à façon autonome, il faudrait « une deuxième75% aujourd’hui. France » pour répondre à nos besoins. Il fau-Changement climatique, pollution, épui- drait ainsi plus de 3 planètes si le monde étaitsement des matières premières, feu de fo- composé uniquement de gaulois. Nous pour-rêts, désertification, extinctions des espèces rions nous dire que nous sommes les vilainsanimales…ne sont qu’une simple liste non S O M M A I R Eexhaustive de ce qui se produit à l’heure ac- Page 5 La planète va mal, il esttuelle. La France considère donc à peine les temps de réagirrisques abyssaux que subit la planète.Une consommation abondante. Or abondan- Page 7 Le luxe partenaire officielce de biens ne nuit pas… sauf à la planète. En des mauvaises pratiqueseffet, ce style de vie à une incidence directesur notre empreinte écologique (Celle-ci per- Page 9 Quels défis à surmonter?met de calculer le nombre de planètes néces- Page 13 Un luxe durable et éthiquesaire pour combler nos besoins). Cette étude Page 14 La composante consomma-menée par la WWF est plus que préoccupan-te. Ainsi, Depuis les années 70, nous avons dé- teurpassé les capacités de la planète et vivons en Page 16 Perspectives« sur-régime» . Le résultat est une diminution Septembre 2008 - HORS SÉRIE - Le magazine éthique - 5
  • 6. petits canards du monde ; en cours «L’Arctique perd désormais cm depuis 1880 à cause demais, sur le même princi- pourrait ac- 10% de sa couche de attesté par la fonte des glaciers. Cecipe, les Etats-unis consom- célérer les l ’a u g m e n - engendre chaque année, d o m m a ge s glace permanente tation ob- la disparition de 100 km²meraient l’équivalent de 5planètes ! infligés par tous les 10 ans» servée des de marécages dans le del-Réchauffement Plané- les insectes températures ta du Mississipi.taire. Notre surconsom- aux récoltes et aux forêts. moyennes de l’air et de L’Arctique perd environmation vient expliquer Ainsi, Ellen Currano, étu- l’océan, la fonte généra- 10% de sa couche de glaceen partie l’ensemble des diante de troisième cycle à lisée de la neige et de la permanente tous les dixdysfonctionnements dont l’université d’État de Penn- glace et l’augmentation du ans depuis 1980. Dansnous sommes les specta- sylvanie (US) explique que niveau moyen de la mer cette région, les tempéra-teurs. Le tribu peut nous « Lorsque la température (4ème rapport du groupe tures moyennes ont aug-sembler lourd pour des augmente, la variété des d’experts intergouverne- menté à une vitesse deuxbiens industriels. Le pre- dommages causés aux es- mental sur l’évolution des fois plus rapide qu’ailleursmier effet est le réchauffe- pèces de plantes par les climats). dans le monde durant lesment de la planète. Il dé- insectes qui s’en nourris- Onze des douze dernières dernières décennies.coule de cette hausse des sent augmente aussi ». A années (1995-2006) furent Responsabilité humaine.températures un dérègle- ceci s’ajoute la menace les années les plus chaudes Cependant il convient dement de notre biosphère. autour des espèces ani- jamais enregistrées depuis rappeler que l’homme estLes océans s’étendent, les males. L’Indice Planète Vi- 1850. L’année 2005 reste son propre bourreau. Deglaciers fondent, les inon- vante confirme cette ten- la plus coûteuse sur le plan nombreux dégâts écolo-dations et les cyclones se dance. Elle a suivi au total des catastrophes naturel- giques tel que la défores-multiplient. Ces événe- 695 espèces terrestres, les météorologiques avec tation sont de Causes hu-ments seraient selon le 344 espèces dulcicoles et plus de 200 milliards de maines et pourraient êtreGIEC la conséquence de 274 espèces marines. Elle dollars de dégâts. ainsi évités.la combustion d’énergie constate avec dépit que le A l’échelle de l’humanité, Il disparaît dans le mondefossile. premier groupe a décliné une moyenne de 200 mil- chaque année depuis 15La Chine n’est pas en reste, de 31%, le deuxième de lions de personnes sont ans : 80.000 km2 de forêtelle en est l’un des princi- 28% et le dernier de 27% touchées chaque année (solde tenant compte de lapaux acteurs. Sa croissan- sur une période de 33 ans. par les catastrophes natu- reforestation), soit la sur-ce à 11% qui fait d’elle la Années chaudes. Le ré- relles. face de l’Autriche. L’Amazo-championne du monde re- chauffement du climat ne Ainsi, le niveau moyen des nie représente à elle seule fait aucun doute et est mers s’est ainsi élevé de 17 1/3 des réserves tropicalesjets de dioxyde de soufre,lui permet de rafler le titre Dis maman, çade 1er pays producteur de ressemble à quoi un poisson ? Pdioxyde de carbone. Or êche excessive et pollution menacent la quasi-to-le CO2 participe active-ment au réchauffement. talité des espèces péchées pour la consomma-Chaque année, près d’un tion humaine. Sans changement radical les poissonsmillion de chinois meu- auront disparus de la planète en 2050 ; c’est la sécu-rent prématurément de la rité alimentaire humaine qui sera fortement menacé.pollution de l’air et de la A l’heure actuelle, 29% des espèces et crustacés vontmauvaise qualité de l’eau. disparaître si nous ne faisons rien. Les prises de cer-L’atelier du monde profite taines espèces ont même diminué de 90% par rap-à l’ensemble de la planète, port aux autres années. La morue salée d’Atlantiquenéanmoins l’élimination du nord a déjà atteint son point de non retour et estdes déchets polluants coû- considérée comme quasiment éteinte.te deux fois plus cher que Il serait dangereux de considérer la mer comme uneles bénéfices récoltés. simple poubelle, bien que celle-ci absorbe nos égoutsLes effets du réchauffe-ment ne se limitent pas au et les recycle en substances nutritives. La faune etdérèglement climatique. flore sous-marine retirent les toxines de l’eau, pro-Une nouvelle étude sug- duisent de la nourriture et transforment le dioxyde de Un baleinier japonais remontegère que le changement carbone en élément de nutrition et oxygène. sa proie6 - Le magazine éthique - HORS SÉRIE - S eptembre 2008
  • 7. GREGORY CHARVET la conséquence de l’éta- aujourd’hui ? Etudiant buraliste à l’ESGCI lement grandissant des Bien qu’il soit associé à " Je pense que le monde zones urbaines et de la la discrétion et au raffi- spécialisation des espaces nement, le luxe est forte- ne prend pas assez : habiter dans un lieu, tra- ment nuisible à l’environ- conscience de la situation. vailler dans un deuxième, nement. Premièrement Nous sommes plus préoccu- faire les courses dans un parce qu’il est toujours pés par nos petits problèmes troisième, etc. en quête de matières ra- que ces grands défis environ- Le constat est clair et sans res, nobles ou précieuses nementaux. appel. Nous devons, si et que les fournir engage Comme disait Machiavel dans le prince chapitre VI, nous souhaitons un avenir l’équilibre naturel de la « la nature des peuples est changeante, ainsi il est meilleur pour nos enfants, planète. Ensuite, parce facile de les convaincre d’une chose mais difficile revoir notre copie écologi- que certaines enseignes de les maintenir dans cette conviction », surtout si que. La situation est telle du luxe n’hésitent pas à elle vient remettre en cause leur mode de vie ! que le future s’écrit en se servir de matières non- J’ai peur que l’écologie ne soit qu’un effet de mode, pointillé. Bref, beaucoup renouvelables pour le pac- de travail en perspecti- kaging des leurs produits. c’est pourquoi je pense qu’il convient d’organiser ves… Enfin, parce qu’il aura fallu des cadres réglementaires internationaux afin de attendre la loi sur les Nou- contraindre les êtres humains à appliquer des prin- velles Régulations Écono- LES MAUVAISES cipes écologiques. Après tout, la loi n’est que l’ex- miques de 2005, qui impo- PRATIQUES DU LUXE L pression de la volonté du peuple.» se aux entreprises cotées, e luxe, un luxe la publication d’un rapportde la planète et 60% de tion de certaines espèces pour la planète? « développement durablela surface totale de la fo- animales et végétales. Commerce équita- », pour que certaines mar-rêt. L’exploitation du bois, Par ailleurs, la mise à nue ble, éthique, biolo- ques prestigieuses pren-comme le défrichement à des sols, entraîne l’érosion gique et écologique : Tous nent en compte l’impor-fins agricoles et l’élevage des sols, qui engendrent à ces termes ont d’abord été tance de ce facteur. Depuisbovins, sont les principales terme les inondations. attribués à l’alimentaire 2005, le climat s’est apaisé,causes de la diminution de Enfin, l’aménagement du et à l’artisanat. Depuis mais, aux débuts de cettela surface de forêt amazo- territoire n’a pas été pensé quelques années, ils s’ap- obligation, un petit nom-nienne. L’Amazonie en est de manière écologique. pliquent à l’ensemble des bre de marques de luxela principale victime avec La politique d’aménage- secteurs. Le luxe ne faisant parlaient de « contrain-la disparition de 42.5 mil- ment du territoire a une pas exception, il est même tes environnementale »,lions de m2 par an, ce qui conséquence directe sur la placé au cœur de cette preuve que le dévelop-correspond à la surface consommation d’énergie nouvelle vision. Vendre pement durable n’est pasd’un terrain de football car elle détermine les be- du rêve tout en respectant une évidence pour tous.toutes les 7 secondes. La soins en transport. la nature, est un véritable Par ailleurs, le manquedéforestation a causé, Les distances parcourues challenge. Souvent pointé de politique de dévelop-outre un désastre écolo- chaque jour par une per- du doigt, accusé de pra- pement durable explicitegique, la disparition de sonne ont augmentées tiques peu respectables, en direction des partiesnombreuses populations en moyenne d’un tiers en quelle position peut-on at- prenantes peut mêmeautochtones et la raréfac- une dizaine d’année. C’est tribuer au secteur du luxe tromper les consomma- La rivière n’est pas d’or au Parc Lorentz E n Indonésie, à côté du Parc Lorentz, site classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, il est possible d’observer un grand site d’extraction aurifère. Exploité par PT Freeport Indonesia, ce site est responsable de la destruction de l’environnement qui l’entoure dû au déversement journalier de plus de 110 000 tonnes de déchets toxiques dans la rivière qui borde le Parc. Lorsque l’exploitation sera démunie de toutes ses ressources, c’est un trou béant de 230km2 qui sera laissé à l’abandon et sur lequel il ne sera pas envisageable de renouveler la végétation. Le Parc Lorentz connaît de véritables menaces. En plus de son exploitation aurifère, le site est aussi victime du braconnage d’espèces protégées et de déforestation. Ce qui est d’autant plus inquiétant car, le Parc Lorentz est seule réserve naturelle en Asie du Pacifique à offrir écosystème si complet. Septembre 2008 - HORS SÉRIE - Le magazine éthique - 7
  • 8. teurs ou actionnaires qui signée en 2003 par unen’auraient pas eu le même quarantaine de pays que Les victimes de la Modecomportement vis-à-visde la marque manquant àses responsabilités sociales la vraie lutte contre les dia- mants issus de la guerre a commencé. Ce processus E n novembre 2006 la presse informe du décès du mannequin Ana Carolina Reston Macan. Cette jeune Brésilienne de 22 ans, déjà mannequinet environnementales. Ce impose par exemple la cer- pour Giorgio Armani, ne pesait plus que 40kg pourmanque de transparence tification des expéditions 172cm, son corps n’a donc pas eu assez de forcecache parfois des attitudes et de nombreuses mar- pour repousser l’infection généralisée qui l’avaitinacceptables. ques de luxe se sont enga- touchée. Le milieu de la Mode est par essence ce-Selon le rapport Deeper gées dans cette démarche. lui du mimétisme. Les mannequins se conforment àLuxury de WWF, l’attitude Des marques de renom tel des normes très rudes d’apparence, pour devenir cedes marques de luxe vis- que Cartier ont été incapa-à-vis de l’environnement bles de fournir des infor- que l’on appelle des modèles. Bien que leur santéest un véritable gâchis. En mations claires et précises soit en danger, les marques de luxe ne se sententeffet, ces enseignes ont un quant à leur politique pour pas responsables « de la quête de la maigreur »,fort pouvoir d’influence combattre le commerce affirme la Maison Chanel à Paris. Les agences desur les comportements des diamants du sang. Le mannequins rejettent elles la faute sur les créateurspuisqu’ils sont en général commerce de ces diamants de mode qui exigent des mannequins toujours plusprécurseurs de tendances. sales n’est donc pas to- minces. Chacun repousse donc la faute sur l’autre.Cette idée est renforcée talement éradiqué. Pour Pourtant, le problème est-il une question de faute oupar les propos de Domi- stopper ce commerce pa- de responsabilité ? Tant que les standards resterontnique Bidou, ingénieur et rallèle, des campagnes de : 180cm pour un tour de hanches de moins de 90cm,démographe de formation, préventions et de publicité le problème ne sera pas réglé.ancien directeur au minis- à destination des consom-tère de l’environnement mateurs seront diffusées. l’exploitation des histoire. Suite à l’affaire Lui-et président d’honneur Elles associent ces pierres hommes touche unique- sel Ramos, des modélistesde l’association HQE, qui précieuses à des images ment les services de pro- italiens se sont engagés enacquis la conviction que de violences et de guerre. duction. Dans le domaine décembre 2006 à ne plus«pour mobiliser nos conci- Il est triste de voir qu’il de la mode ce sont les faire défiler des modèlestoyens au développement est nécessaire d’impliquer modèles qui sont les plus portants la taille zéro.durable, il ne faut ni leur directement le consom- touchés par les mauvais Ressources. Le luxe étantdonner de leçons, ni les mateur pour qu’il prenne traitements. Il est possi- un marché où les activitésculpabiliser, mais leur en conscience que la marque ble de citer le tristementdonner envie». en laquelle il a confiance sont diversifiées, l’utilisa- célèbre exemple de Luisel tion faite des différentesLe luxe est le symbole de la est potentiellement impli- Ramos. Ce mannequin derichesse. Pas de problème quée dans la violation des ressources est décuplée. 21 ans est décédé le 2 août D’origines animale, végé-de fond quand on vit dans Droits de l’Homme. 2006 suite à un arrêt car-l’abondance, mais, que Le respect de ceux-ci ne tale, ou minière chacune diaque dû à une anorexiedire quand on vit au dessus fait pas exception au sec- de ses ressources trouve mentale. Il a été dit qu’ellede ses moyens, ce qui est teur du textile. C’est ainsi sa place dans la composi- ne s’alimentait plus pourle fait de l’humanité depuis que Kat, la marque de Kate tion de cosmétiques, dans être encore plus mince etune vingtaine d’année. Moss a été critiquée par le la confection de textiles ou enfin devenir modèle etÉthique. Les diamants de journal UK’Sunday Times. célèbre (Voir encart). Dans dans un bijou. L’or est l’unesang sont issus en ma- Ce dernier a dénoncé des le secteur du luxe, per- des matières fétiche du luxejeure partie du continent pratiques « esclavagistes » sonne n’est donc épargné et les consommateurs enafricain et alimentent les concernant le personnel en : Quand le luxe choisi, tout sont friands. En serait-il deguerres livrées par les re- charge de la production de le monde suit. La tendance même s’ils connaissaientbelles aux gouvernements. la collection. Ces derniers du luxe crée des menaces les méthodes nécessairesCes diamants sont vendus logeaient dans de minuscu- qui peuvent se répercuter à son extraction ? En ef-en toute illégalité et clan- les dortoirs et avaient pour sur le consommateur, qui fet, lorsqu’une exploitationdestinement en échange obligation de travailler sept tente d’imiter ces modèles. aurifère est dépouillée ded’armes et de munitions. jours par semaine pour ga- Un seul point positif est à toutes ses richesses, les si-C’est seulement depuis gner seulement 25 Dollars. relever de cette tragique tes sont laisser à l’abandonle Processus Kimberley, Il ne faut pas croire que et ne seront pas ré exploi-8 - Le magazine éthique - HORS SÉRIE - S eptembre 2008
  • 9. tés par la suite . re. Ce phénomène de com- autre car, les bénéfices tirés critères sociaux et envi-Biodiversité. La Conven- mercialisation de produits ne financent pas de réelles ronnementaux de hautetion Internationale pour créés en toute illégalité est actions en faveur de l’éco- qualité, le Luxe apporteraitprotéger les espèces en courant. En Juillet 2007 à logie et parfois même pire, une nouvelle justification àvoie de disparition (CITES) Londres, le propriétaire ont un bilan écologique né- ses prix élevés et s’ouvriraita pour rôle de surveiller d’une boutique de fourrure gatif. C’est par exemple le même la porte à des profitsde près les espèces pou- a été condamné pour dé- cas de la marque Oméga. plus importants. La raretévant être mises en danger tention -avec intention de Celle-ci récolte des fonds –ou gâchis pour certains-à cause d’une surexploita- les vendre- des manteaux en exposant des portraits qui caractérise aujourd’huition. Grâce à l’intervention en peaux de tigres, de léo- de femmes célèbres pour le secteur du luxe peutdes Douanes ou Brigade pards et d’ocelots. financer un projet d’avion être remplacé demain parspécialisée, le contrôle Greenwashing. Même si fonctionnant à l’énergie so- un engagement social etest permanent. Pourtant une partie de l’industrie laire. Certes, son action est environnemental profonddes activités illégales per- du luxe a reconnu le be- louable mais manque de de l’entreprise. L’assuran-sistent et les saisies sont soin d’offrir une dimension crédibilité lorsque l’on sait ce pour ses clients qu’enparfois très impression- sociale et environnemen- qu’elle ne communique achetant un produit de lanantes. Les espèces les tale, cela se résume sou- aucunement sur de réelles marque, ils se différencientplus touchées sont, d’après vent à ce que l’on nomme questions ayant rapport car aident à améliorer leles saisies effectuées : les la « Glam Philanthropie avec le développement du- devenir de la planète et decrocodiles et les serpents, » ou le « greenwashing ». rable, telles que la diversité ses habitants. Ainsi les mar-pour leurs peaux, et l’an- Ces deux types d’actions de ses chaînes d’approvi- ques de luxe sont celles quitilope du Tibet, pour sa désignent des procédés sionnement ou encore sur sont à même de pouvoir lelaine d’une douceur si rare. marketing utilisés dans le ses performances en ma- mieux incarner le conceptAujourd’hui, les spécialis- but de donner à l’opinion tière d’écologie. de développement durabletes n’estiment plus qu’à publique une image écolo- en reprenant à leur comp-100 000, le nombre d’anti- gique et responsable d’une DES DÉFIS À te les valeurs que véhiculelopes Serow dans la natu- marque. La réalité est tout SURMONTER cette notion, pour en faire B un critère de différentia- JULIETTE POGOREL ien évidemment, tion haut de gamme. Etudiante à l’ESGCI toutes les entre- A l’heure ou la contrefaçon " Je pense que le développement durable est un sujet qui nous concerne tous. Chacun, au niveau prises du Luxe ne se comportent pas en pollueurs invétérés. de vêtements et accessoi- res de luxe devient un réel manque à gagner pour les personnel peut intégrer à cette dé- Le développement durable grands groupes, pourquoi marche, en faisant le tri sélectif ou semble, à priori, opposé ne pas baser la notoriété aux valeurs véhiculées par de la marque sur une dif- en consommant bio par exemple. le secteur du luxe. Cepen- férentiation sociale et éthi- Mais, je pense qu’il ne faut pas oublier que pour es- dant une évolution éthique que plutôt que sur un logo pérer des effets positifs à long termes, il faut que la et écologique de ce dernier ? Assurément, la contrefa- démarche durable soit à l’initiative des entreprises, ne serait pas source de çon serait plus difficile, et ou au moins qu’elles répondent en ce sens. Le sec- préjudice. Un certain nom- le consommateur plus res- teur du luxe, de part la diversité des activités qu’il bre de nouveaux « ovnis » ponsabilisé. propose (cosmétique, mode, tourisme, gastrono- ont même réussi jusqu’ici à Incompatibilité. Les va- mie…) a un important rôle à jouer dans la diffusion démontrer l’inverse. Le dé- leurs séculaires véhiculées de ces valeurs. Les grandes enseignes du luxe ont veloppement durable est il par le luxe dans les sociétés un fort pouvoir financier pour mener des actions en destiné à devenir un argu- occidentales se heurtent à faveur du développement durable et toucher tous ment de vente ? des facteurs sociaux, reli- les secteurs. Leur position d’initiateur de tendances Défis. A en croire le rap- gieux et culturels contra- doit aider à influencer les comportements. C’est vrai port « Deeper Luxury » dictoires sur ses nouveaux que ce rang les placera comme propulseur de la publié par l’ONG WWF, le marchés. Le luxe étant un secteur du luxe ne devrait mode de consommation démocratisation, ce qui n’est ni commun, ni en adé- pas craindre de se mettre relativement nouveau, il quation avec l’image que le luxe souhaite véhiculer, au vert car il aurait tout à est amusant de voir com- pourtant, cela semble indispensable aujourd’hui. " y gagner. En affichant des ment il est remis en cause. Septembre 2008 - HORS SÉRIE - Le magazine éthique - 9
  • 10. Ainsi la Chine et l’Inde, qui Quelle belle leçon de mo-représente le plus gros po- rale pour nos entreprises Double concept du luxe en Chinetentiel de croissance pourl’avenir, n’ont pas hésitéà prendre des mesures à de luxe que de se faire recadrer par les pays en développement, que l’on E n Chine, le concept de Luxe renvoie au concept confucianiste de « visage », ou réputation per- sonnel. Il y a 2 aspects à visage : « mien-tzu » et «l’encontre des ces valeurs pensait dominer. Signe lien ». Le premier faisant référence au prestige ma-jugées non conformes au qu’en occident, nous avi- tériel et l’étalage de ses richesses, alors que le se-développement qu’ils sou- ons peut être oublié cer- cond correspond aux valeurs morales, avec la pertehaitent pour leur pays. taines valeurs contraires à desquelles il est difficile de vivre dans la sociétéEn Chine, le maire de Bei- la construction d’une so-jing à remis en cause les ciété plus égale. chinoise. Le mot luxe peut être traduit en Mandarinpublicités pour les pro- Selon Michael Burke, Pré- par « exposer ses richesses », nous indiquant queduits de luxe, comme « sident de Fendi, « plus les la consommation est actuellement conduite par lene conduisant pas à une marchés vont devenir ma- concept de « mien-tzu ». A l’avenir, elle devrait êtreharmonie ». Dans un pays tures, et plus ils devien- dirigée par la notion de « lien ».ou le socialisme est omni- dront discriminants », alorsprésent, les affichages met- la demande se portera Tiffany & Co, le célèbre nement vers un passage autant en avant une idée de sur du « vrai luxe » plutôt joaillier et fabriquant de développement durable.différence de statut, n’ont que sur un « pseudo luxe montres américain, s’est De la même manière unpas trouvés un bon écho. ». Mais alors comment le associé à WWF US pour certain nombre d’organi-En conséquence, la totalité luxe va-t-il devenir plus ac- participer à un programme sations -gouvernementa-des publicités en faveur des ceptable socialement dans de protection de l’Indo-Pa- les ou non- proposent uneproduits de luxe ont été re- une société à fortes inéga- cific Coral Triangle, une des aide à la mise en place detirés de la ville, au nom de lités ? Tout simplement en plus importantes sources processus durables pour lesla préservation d’une ho- créant plus de valeur pour de perles au monde. Au entreprises. C’est un bonmogénéité sociale. toutes les personnes impli- delà de cette participation moyen de mettre un piedEn Inde, c’est le premier mi- quées ou affectées par la financière, Tiffany & Co et à l’étrier pour le secteurnistre qui à lancé un appel production de ses produits WWF mettent en place un du luxe car il bénéficieraità « éviter la consommation ; en veillant à protéger la cercle de réflexion pour ainsi de conseils pertinentsdiscriminante » et invite les beauté et biodiversité de définir et encourager une dans son domaine et d’uneentreprises « à promouvoir notre planète ; et en créant politique d’extraction mi- expertise de qualité. Il fautdes messages et causes de nouveaux procédés, nière respectueuse de se méfier cependant dusociales pertinentes » dans techniques et matériaux l’environnement. WWF ap- Greenwashing, comme vuleurs publicités. La taxe sur en accord avec le dévelop- porte en plus un conseil à précédemment, où les en- treprises se donnent bonne conscience en sponsorisant des projets écolos, ce qui est loin d’être suffisant. Ressources. C’est un point clé du développement du- rable pour le secteur du luxe. De nombreuses initia- tives sont à saluer dans ce domaine, particulièrement concernant les ressources minières, végétales et ani- males. C’est dans ce contexte que fut mis au point le Kimber- L e classement ci-contre propose une évaluation des 10 plus grands groupes deles produitsmondiaux sur leur implication dans le développement durable. Le top 3 du et luxe de luxe en Inde pement durable. l’entreprise américaine classementde 114%, un par des groupes français, ce qui révèle une préoccupationest désormais est constitué Accompagnement. Depuis l’aide dans l’amélioration ly Process. Créé suite à la campagne Global Witness contre les conflits liés aux particulière de la France dans ce domaine. Cocorico !record. maintenant plus de 2 ans, de sa chaîne d’approvision- diamants, le Kimberly Pro- cess vise à lutter contre le10 - Le magazine éthique - HORS SÉRIE - S eptembre 2008
  • 11. Septembre 2008 - HORS SÉRIE - Le magazine éthique - 11
  • 12. recyclage des diamants de la poubelle dans les 2 ans. ment cette composante sources passe aussi par lasang dans le circuit tradi- Cela est du à un phénomè- est inscrite dans un pro- recherche de nouveauxtionnel. C’est un système ne de mode très gourmand cessus de conservation du matériaux, plus respec-volontaire auquel adhèrent en ressource qui nécessite client, mais elle n’en reste tueux de la biodiversité. Deles entreprises présentent de produire sans cesse de pas moins environnement bonnes idées ont ainsi faittout au long de la chaine en nouveaux modèles ten- friendly. Comme l’expli- surface tel le cuir de pois-s’engageant à ne pas ache- dances. Difficile à inscrire que Kyojiro Hata, direc- son, les tissus en fibre deter des diamants provenant dans une démarche de dé- teur Louis Vuitton Japon, « bambou ou soja, les bou-de zones de conflits. Cela veloppement durable. Ce Nous ne pouvons offrir des teilles plastiques recyclées,fut un grand pas en avant n’est heureusement pas le produits incassables, maiset de nombreuses marques cas des articles de luxe, qui nos services de réparation ou encore l’emploi de mo-se sont publiquement en- se veulent indémodables. peuvent assurer une durée lécules végétale prélevéesgagées à ne recourir qu’à Pour cela les marques de de vie infinie. L’améliora- sur des espèces non mena-des pierres certifiées par luxe proposent des servi- tion de ce service après cées. Nombre de nouvellesle Kimberly Process. Certai- ces de retour et réparation vente est cruciale pour la marques apparaissent etnes sont même allées plus permettant de prolonger satisfaction client. » proposent ces nouveauxloin en s’imposant un sys- la vie du produit. Évidem- L’optimisation des res- matériaux étonnants.tème d’audit complémen-taire, telle Tiffany & Co, quicontrôle toute sa chained’approvisionnement.Earthworks et Oxfam, deuxorganisations, ont mis aupoint une liste de « Règlesd’Or » concernant l’extrac-tion minière aurifère. Cesrègles proposent le respectde critères sociaux, envi-ronnementaux et humainspour une production d’orplus responsable. Leurcampagne No Dirty Goldencourage les marques etdétaillants à supporter ces Le cas LVMH Lrègles et persuader leurs e groupe LVMH fait figure de précurseur dans le domaine des bonnes pratiquesfournisseurs à les respec-ter. Ces derniers étant bien environnementales et éthiques. Dès 1992, le groupe mit en place une démarchesouvent peu soucieux de environnementale. En 2004, Louis Vuitton expérimenta un système de mesure del’environnement et des ses émissions de carbones émanant de ses activités de détail. Il en découla l’arrêthommes. La campagne est de l’utilisation de sacs plastiques pour emballer les produits achetés par ses clients.supportée par une poignée Cette mesure permis à elle seule de réduire de 20 tonnes la consommation dede marques de luxes dont plastique de l’entreprise par an.Cartier, Piaget, Tiffany & Co L’année dernière, l’ensemble des collaborateurs du groupe se virent offrir l’abonne-et Van Cleef & Arpels. Le ment Vélib’. De cette manière les salariés sont sensibilisés et impliqués au respectnombre d’initiatives de ce de l’environnement. Cette mesure rejoint l’incitation au co-voiturage déjà en vigueurtype semble se multiplier, dans l’entreprise, ainsi que d’autres mesures telles que le tri partiels, l’emploi deindiquant une réelle prise gobelets et papiers recyclables, etc.de conscience des enjeuxenvironnementaux et hu- La même année, Louis Vuitton s’est associé à la fondation d’Al Gore, prix Nobelmains par les groupes de de la Paix 2007, en reversant à son « Climate Project » les cachets des célébritésluxe, et leurs volontés de apparaissant dans sa campagne de communication. Par ailleurs, parmi ces spots,s’impliquer. l’on a pu constater l’apparition de Mikhaïl Gorbatchev, témoignant d’une approche90% des vêtements que plus humaine du consommateur.nous achetons finissent à12 - Le magazine éthique - HORS SÉRIE - S eptembre 2008
  • 13. TONY VAUCELLE l’unité. Reste à savoir si les Sorbet Berthillon, Le Bleu Etudiant à l’ESGCI matériaux utilisés pour la Terre Apollo 17, Le Blanc " A l’heure où le luxe est pointé du construction de la voiture sable de la Plage de Hyams et des batteries sont écolo- Beach, L’Ocre Tour Eiffel doigt par de plus en plus d’orga- giques. et l’Anthracite unique du nisations, celui-ci commence lente- Même si pour le moment la Caviar du Beluga Royal ment mais surement à évoluer. Bien quasi-totalité des concepts de la Maison Kaspia ont évidemment, les grandes maisons sont développés par de pe- déjà conquis les peoples ne peuvent changer leurs politiques de communi- tites structures, leur succès français. Comme quoi avec cation du jour au lendemain, au risque de froisser ne devrait pas tarder à atti- un peu d’imagination, de les consommateurs actuels. Elles commencent rer de gros poissons accé- savoir faire et une bonne donc timidement à s’impliquer dans des œuvres de lérer les choses. dose de volonté, vendre du mécénat de sponsoring, sans oublier bien sur leurs Concurrence. Depuis quel- luxe responsable n’est pas employés, véritable force de communication au ques années maintenant, impossible. quotidien. Cependant, si l’on peut comprendre qu’il de nouvelles entreprises Mine de rien, ici et là de pe- est difficile de se détacher des valeurs défendues vertes se créent dans le tites révolutions s’opèrent domaine du prêt à porter dans le monde du luxe. Gi- depuis leurs créations, nous pouvons reprocher aux de luxe et les accessoires. venchy propose désormais marques leur laxisme et la lenteur avec laquelle el- Leur point commun ? Mar- une recharge pour son par- les opèrent le changement de leurs processus de quer la différence avec les fum Ange ou Démon, Yves fabrication. Les problèmes d’éthiques soulevés ré- grands noms du luxe en Saint Laurent lance sous le cemment –et qui risquent de s’accentuer- peuvent promouvant de nouvelles nom de Stella McCartney à terme, espérons-le, amener à une amélioration valeurs et une nouvelle une gamme de soins éco- significative. » façon de consommer le logiques entièrement bio, luxe. Et ça marche ! Jean non testé sur des animaux. LES NOUVEAUX s’agit d’une réelle oppor- Gabriel Causse, ex direc- D’ailleurs le site internet de tunité pour l’avenir, et le teur artistique de l’agence la marque propose tout un ACTEURS DU LUXEC reste du secteur ne devrait de communication DDB et tas d’astuce pour préserver oncernant l’éthi- pas tarder à s’engager fran- Thierry Becet, ex modéliste l’environnement au quoti- que, une tendan- chement dans cette voie. chez Vuitton, Hermès et dien. ce semble s’être Tendance. Le développe- Givenchy se sont associés Mais attention, les grands amorcée dans ment durable dans le luxe pour créer Bluebretzel. La ne sont pas si inactifs quele secteur du luxe où cer- ne se borne désormais marque connaît un franc l’on peut le croire, ils onttains acteurs font figure plus uniquement aux vête- succès. Elle a su créer tout même les moyens de réa-de précurseurs. Quelques ments et accessoires. Fleu- un univers grâce à des cou- gir très rapidement si ilsgroupes ont mis en place rissent un peu partout de leurs mythiques et un coton pressentent une évolutiondes chartes visant à défi- nouveaux concepts éten- biologique. Les tee-shirts de la demande. Mais en at-nir un environnement so- dus au secteur du tourisme Bluerbretzel sont labélisés tendant, ils procèdent à uncial plus sûr et plus juste (cf. encart), de l’habitation, Max Havelaar et les cotons changement tout en dou-pour leurs salariés. Ainsi, des transports, etc. Cela de tissage proviennent des ceur, prenant une mesuresl’Oréal, numéro 1 mondial prouve bien l’intérêt du Plaines de Kita au Mali et par-ci, signant une chartedes cosmétiques, à rédigé secteur. Citons par exemple sont garantit sans OGM. par-là, tel PPR, 7ième auune charte éthique qui doit La Fisher Karma, présentée De plus, les tee-shirts sont classement des groupes deêtre respectée par l’en- au salon de l’automobile de tricotés, teintés, brodés et luxe les plus engagé danssemble du groupe. Celle-ci Detroit. Cette sportive de sérigraphiés à Tourcoing, ils le développement dura-prévoit des obligations tant luxe atteint les 100 km/h sont donc « Made in France ble (cf. encart). Celui-cipour l’employeur que pour en 6 secondes, et ce pour ». Les créateurs voulaient est partenaire de l’Ethicalle salarié. Il est rassurant une consommation de 0 L donner à leur marque une Fashion Show, salon réu-de constater que l’entre- d’essence. En effet, ce boli- dimension onirique, de nissant les différents ac-prise qui dispose de la plus de marche à l’électricité et légende, éthique et éco- teurs de la mode éthique.vaste force marketing –car dispose d’une autonomie logiquement responsable. Un bon moyen de préparernuméro 1 mondial- s’orien- de 50 miles. Le construc- Pari réussi : Le Vert Citroën les nouvelles collections ette vers un développement teur espère vendre 15 000 2CV, Le caramel de l’Iris de tisser un réseau de fournis-durable. Cela signifie qu’il de ses modèles à 80 000$ Mona Lisa, Le Framboise seurs potentiels, juste au Septembre 2008 - HORS SÉRIE - Le magazine éthique - 13
  • 14. cas où… habitudes et les exigences L’écotourisme à le vent en poupe sont prises au sérieux par Après le tourisme de masse, les weekends à la Bau- le, voici venus pour les puristes, les éco ressorts. INFLUENCE ET les entreprises du luxe qui CONSOMMATEUR vivent grâce à cette clien- L Nouveaux arrivants dans l’hôtellerie, ces établisse- tèle. Le service rendu à ce ments mêlant luxe et respect de l’environnement e luxe est un envi- type de clients est différent surfent sur la vague de l’écologie. ronnement particu- des autres secteurs. Il fonc- Longtemps inspirés des idées écolo-hippies des lier prônant un style tionne sur la recherche des premières heures ; l’hôtellerie verte tend à se pro- de vie correspon- besoins qui sont la plupart fessionnaliser. Les grands groupes se lancent ainsi dant à des goûts recherchés du temps personnalisés et non aux besoins ordinai- progressivement dans des hôtels soucieux de pré- pour tel type de clientèle res de la vie. Il est acces- correspondant à une at- server l’environnement naturel et social tout en of- sible à une certaine partie frant des prestations haut de gamme à ses clients. tente différente selon l’âge, de la population dont les la culture, le pays. Le luxe Ces éco ressorts se caractérisent par une capacité est donc a l’écoute de ses d’accueil de plus de soixante cham- clients et doit les satisfaire bres ; contrairement aux écolodges selon leurs envies. qui peuvent ne compter qu’une hutte L’avantage que peuvent ou une tente. Preuve de cette profes- avoir certaines marques sionnalisation grandissante, l’organis- est la notoriété qu’elles me de labellisation Small luxury hotels ont su acquérir au court du of the world (SLH) - plus de 440 hô- temps, nous voulons dire tels dans 70 pays - créé en 2005 son par cela que des marques premier label écologique : le Caring comme Louis Vuitton réa- Luxury Award. lisent leur chiffre d’affaire Les clients sont également au rendez- grâce à des produits sem- blables vendus par millions vous. Ainsi, l’organisme d’éco touris- me constate que la catégorie hôtelière Orchid, un maison qui à travers le monde et fa- valait 9 millions briqués en série. Certai- « éco » s’est développée trois fois U nes entreprises du luxe ne plus vite que la filière traditionnelle. ne maison écologique devrait pro- travail que sur des pièces De même, les américains, grands chainement être édifiée dans une uniques, ils doivent donc consommateurs de produits hôteliers, réserve naturelle, près de Cotswold répondre à des attentes du s’approvisionnent déjà à hauteur de Cirencester au Royaume-Uni. Son client exigeantes et très 2% en nourriture biologique. A terme, prix : 9,1 millions d’euros, soit 38210 précises. On peut donc se cet engouement peut conduire les hô- euros le mètre carré -le double de celui poser la question de l’im- tels à se convertir au développement demandé pour une maison à Beverly pact de l’arrivée du déve- durable. Hills et à Manhattan ! loppement durable dans Si le groupe Marriott aux États-Unis Surnommée Orchid, la maison pour le luxe pour sa clientèle. le moins particulière prend son inspi- Quelle réaction le consom- ou Accor en France sont toujours ré- ration dans la forme d’une plante que mateur va-t-il avoir face à ticents à cette évolution, Le président ce changement ? Difficile à de Virgin, Charles Branson, s’applique l’on trouve sur le site même. Il s’agit dire pour le moment, mais déjà à devenir plus écosensible. Après de l’orchidée abeille. Créée à partir de certaines pistes sont envi- les avions au biocarburant, celui-ci lamelles et de tuiles en bois plaqués, la sageables. lance la construction de 20 villas dans maison devrait produire plus d’énergie Dans un premier temps les iles moustiques. Les plans incluent qu’elle n’en consomme. En effet, cel- nous pouvons penser que notamment une intéressante combi- le-ci dispose de panneaux solaires, de la clientèle soucieuse de naison d’énergie éolienne et solaire. pompes géothermiques, d’éoliennes et l’environnement va tout Enfin, tous les aliments seront issus de récupérateurs d’eau de pluie. à fait comprendre et sera de la production locale, et les trans- Selon la presse anglaise, La maison sans doute très fière d’af- ports motorisés seront actionnés par a été récemment vendue sur plan au ficher des produits de luxe couple Angelina Jolie et Brad Pitt. qui ont été inventés, crées, biofuels. produits, commercialisés14 - Le magazine éthique - HORS SÉRIE - S eptembre 2008
  • 15. Septembre 2008 - HORS SÉRIE - Le magazine éthique - 15
  • 16. CATHERINE JUBIN fasse plus partie de l’éli- consommation. Consultante indépendante et direc- te riche et privilégiée; le En l’Europe de l’Est, la trice générale de l’Association des changement auquel nous tendance globale est aus- assistons est perceptible si en faveur de la bonne professionnels du luxe « au point de vue des com- conscience environnemen- A quoi correspond une marque de portements et des attentes tale et sociale. En Lituanie, luxe aujourd’hui ? » de fond. Le consommateur le plus célèbre magazine La réponse n’est pas aisée. C’est le client du luxe aujourd’hui appor- de mode, IEVA a lui aussi qui définit ce qu’est le luxe à ses yeux et tera autant d’importance à exécuté des publications il y a sur ce point des différences extraor- la rareté et à la cherté du sur l’écologie. L’un des ar- dinaires suivant les marchés et les pays.» produit qu’aux valeurs qu’il ticles se présentait sous véhicule, afin de mettre en le titre : « Je veux être unpar le biais d’une charte éti- des entreprises. avant leur aspiration à un snob », qui pose commeque rentrant dans une poli- Par ailleurs une clientèle à monde meilleur et son im- principe fondamental quetique de développement la recherche d’un produit plication sur les questions le respect de l’environne-durable. Il s’agirait en fait unique qui nécessite de environnementales. Bien ment influerait sur le statutde remplacer les valeurs du faire travailler des hommes que ces nouveaux consom- social individuel.luxe actuelle par une forme au péril de leur vie, qui mateurs du Luxe soit prin-de prestige social. participe à la destruction cipalement Occidentaux, PERSPECTIVESComme nous l’avons dit de la biodiversité existera cette attitude tend à se pro-précédemment le luxe est toujours. Cette clientèle pager en Europe de l’Est, Inégalité. Nous l’avons vu,un univers cher, accessible ne se préoccupe pas de en l’Asie et en Amérique le luxe même s’il n’est pasà une faible partie de la l’environnement et du dé- Latine où le marché glo- le meilleur dans ce domai-population. Il n’y aura donc veloppement durable, elle bal tend d’ailleurs à adop- ne s’inquiète tout de mêmepeu d’influence sur le fait souhaite les plus belles ter des comportements « des questions liées au dé-que le client se sente lésé pièces en passant par n’im- verts ». Pour exemple, à veloppement durable. Leà la vu d’un produit qu’il porte quels moyens pour Hong Kong en avril 2007, secteur de l’hôtellerie estcroirait accessible à tous les avoirs. le magazine Cosmopolite particulièrement bien re-car dit soucieux de l’envi- Nouvelles attentes. De- a distribué en supplément présenté devant la moderonnement. Le luxe est et puis quelques années, on un fascicule sur l’éco-con- et le textile, la bijouterie serestera un domaine pour peut observer une sorte de sience et l’importance de plaçant en queue de file. Ilune clientèle privilégiée nouveau consommateur la vie-verte dans les com- y a un secteur du luxe quiquelque soit la politique du luxe. Non pas qu’il ne portements et le mode de peine à se positionner en WILLIAM LEROY Étudiant à l’ESCGI «De plus en plus de personnes ont accès au luxe engendrant une augmentation de la demande ce qui est dangereux car le luxe utilise des matières premières noble qu’il faut tout de même préserver dans un but de développement durable, d’écologie. Le luxe est une activité comme une autre, qui a ses avantages mais aussi ses risques comme tout autre secteur. Pour limiter les risques qui sont principalement la hausse du prix des matières premières due à la diminution des ressources naturelles il faut mettre en place des solutions, des moyens d’action permettant de préserver ces ressources dans un but de développement durable. Les diverses activités du luxe sont souvent issues d’une création familiale (horlogerie, bijouterie etc.) et qui ont donc comme objectif de pérenniser l’activité comme le principe même d’une famille qui est de la faire durer. Dans une vision de développement durable le but est d’en laisser pour ceux qui arrivent et donc de ne pas avoir une attitude égoïste. Le luxe voit donc dans le développement durable une voie pour la suite. En pensant des à présent aux activités de demain, le luxe, dans cette démarche, préserve ce qui sera le pain de ses successeurs. D’ores et déjà on remarque divers acteurs du luxe qui se font connaître par différentes actions engagés. Elles peuvent être directes avec la réalisation de produits respectant des chartes éthiques et de déve- loppement durable mais aussi indirectes avec l’implication de certains groupes dans des organisations environne- mentales. Le luxe doit poursuivre ses efforts afin de protéger l’environnement.»16 - Le magazine éthique - HORS SÉRIE - S eptembre 2008
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  • 18. tant qu’élément fort de la res issues du Commerce faisant réellement partie le secteur du luxe ne doitdémarche durable quant équitable et biologique. de la culture « développe- pas être délaissé ou méditaux produits qu’il commer- Mais, pourquoi ne pas aller ment durable ». à cause de certaines de sescialise : l’automobile. Fer- plus loin en intégrant cette Les grandes enseignes pratiques hors champs durari compte faire figure de volonté d’agir en faveur pourraient aussi générali- développement durable.marque « durable ». Son du développement dura- ser le bilan carbone annuel Mais, il faut, comme leprésident Luca di Monte- ble en investissant dans que font certaines d’en- précise D. Bidou « lui fixerzemdo a pour objectif de des infrastructures plus tre elles. Cela prouverait, des objectifs ambitieux, àréduire les émissions de propices à la préservation d’une part leur réel enga- la mesure du prestige qu’ilCO2 de 40% d’ici à 2015. des énergies. Louis Vuit- gement et les pousserait à doit dégager. »Pour le moment, le modèle ton, aux vues de sa Charte être toujours plus écologi-le plus écologique de la éthique souhaite placer le ques. D’autre part, les par-marque est le F430 Spider, développement durable ties prenantes auraient lefonctionnant au bio étha- au cœur de son activité et libre choix de consommer faire partager cette vison ou non les produits d’unenol 85 et diminuant de 5% à l’ensemble de ses colla- marque en fonction de celes émissions de CO2. Fer- borateurs. Bien que toutes barème de notation écolo-rai prend le bon pas, mais ces initiatives vues précé- gique.le chemin sera encore long demment soient louables, Le luxe joue un rôle pré-avant d’atteindre cet objec- Louis Vuitton, peut, grâce à dominant dans l’avance-tif ! sa force financière, investir ment du développementAller plus loin. De nom- dans des infrastructures vi- durable. Présent sur tousbreuses enseignes du luxe sant à réduire les consom- les continents, ayant l’in-ont donc adopté un com- mations d’énergie. L’instal- fluence et la capacité fi-portement responsable, lation de panneaux solaires nancière pour intégrer desen mettant en place des sur les boutiques Vuitton, démarches environnemen-Chartes Éthiques, en utili- montrerait un engagement tale, sociétale et éthique,sant des matières premiè- SOURCES http://luxetdd.canalblog.com/archives/3__comportements__l_esprit__vert_et_responsable_/index.html www.bluebretzel.com/ http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/expositions/developpement-durable/presentation-exposition-changer- ere/textes-de-l-expo/etat-de-la-terre.php http://moniblogs.lemoniteur-expert.com/developpement_durable/2007/12/luxe.html http://www.fairluxe.com/fairmag?tag=Bluebretzel http://www.luxe-magazine.com/default.php?FCT=A&A=1182 http://www.doukyo.com/actualites.html#news_159 http://luxetdd.canalblog.com/archives/3__comportements__l_esprit__vert_et_responsable_/index.html http://www.ecologuide.com/mode-ethique/vetement-bio-adulte/mode-ethique-marcher-citoyen-la-chaussure-ethi- que-de-fabrication-fran-2.html http://www.leguidedelauto.com/2008/new.php?num=218 www.simpleshoes.com http://www.autourdubio.fr/?post/Du-foie-gras-ethique-sans-gavage-force http://www.passionluxe.com/index.php/?2006/09/15/147-16em-monaco-yacht-show-du-20-au-23-septembre http://www.Eco-Life.fr http://madame.lefigaro.fr/loisirs-et-voyages/en-kiosque/237-le-luxe-ecolo http://www.leblogluxe.com/2008/05/une-maison-colo.html Magasine STRATÉGIES 1478 du 22/11/2007 (page 33) Rapport « Deeper Luxury », WWF 2007 Baromètre IRSN 200718 - Le magazine éthique - HORS SÉRIE - S eptembre 2008
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