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Prévention et vieillissement : éléments économiques de débats, T.Barnay

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  • 1. Prévention et Vieillissement Fondation Nationale de Gérontologie Auditorium de l’Institut Pasteur, vendredi 2 février 2012 Prévention et vieillissementéléments économiques de débats Thomas BARNAY Maître de conférences en sciences économiques ERUDITE – TEPP (FR CNRS 3126) Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne barnay@u-pec.fr 1
  • 2. Définir et quantifier la prévention : la quête du Graal ? (1/3) l’auto-protection qui vise à réduire la probabilité de sinistre(vaccination, pratique sportive, comportements « vertueux »,…) Prévention primaire / mais problème d’ « aléa moral », demande sous-optimale l’auto-assurance dont l’objectif est de limiter l’extension dusinistre en cas de survenue (mammographie pour la détectionprécoce du cancer du sein). Prévention secondaire / mais problème d’inégalités d’accès aux soins+ Le contrat d’assurance peut d’une certaine manière constitueraussi un levier d’action. [Cf. Dervaux et Eeckhoudt, 2004] 2
  • 3. Définir et quantifier la prévention : la quête du Graal ? (2/3) La prévention dans les comptes de la Santé La prévention individuelle (primaire et secondaire)Les bénéficiaires sont des personnes identifiables (vaccination organisée, dépistage -tumeurs, infections sexuellement transmissibles, tuberculose, SIDA et hépatites -examens de santé, bilans bucco-dentaires, Protection Maternelle et Infantile,médecine scolaire, médecine du travail,…) On la retrouve dans l’agrégat CMT : Consommation Médicale totale La prévention collectivePérimètre limité aux dépenses sanitaires « non individualisables ».- Comportements : addiction (drogues, alcool, tabac), campagnes (vaccinations) et desdépistages ainsi que léducation à la santé ;- Environnement : lutte contre la pollution, la prévention des AT, recherche en préventionsanitaire, les dispositifs et organismes de surveillance, veille, alerte, la sécurité sanitaire delalimentation,… On la retrouve dans l’agrégat plus large DNS : Dépense Nationale de Santé 3
  • 4. Définir et quantifier la prévention : la quête du Graal ? (3/3) Prévention en 2010 5,9 milliards d’euros (2,5 % de la Dépense Courante de Santé -DCS) 92 € par habitant Financés à 60 % par l’État et les collectivités locales Sous-évaluation des dépenses de prévention1/ Etude IRDES/DREES (Méthodologie des comptes par pathologies) pour ajouter lesdépenses de prévention incluses dans la Consommation de soins et biens médicaux. Pour 2002, les dépenses de prévention totales sont estimées à 10,5 milliardsd’euros, soit 6,4% de la DCS.2/ Multiples canaux de transmission autres que médicaux : sécurité routière,éducation, environnement, logement,… 4
  • 5. La prévention : un outil du « mieux vieillir » ? Les « points faibles » français - Une mortalité prématurée élevée avant 65 ans - des écarts d’espérance de vie entre catégories socio-professionnellesDe fortes inégalités d’espérances de vie selon la PCS…EV (65 ans) (Cambois, Laborde, Robine, 2008) 11,1 ans pour les cadres (59 % en bonne santé) 4,6 ans pour les ouvriers (37 % en bonne santé)…qui risquent de s’accentuer Augmentation du renoncement aux soins (effet « franchises ») Augmentation du nombre de chômeurs en fin de droits (effet « revenu » sur l’état de santé)En jeu sans doute les facteurs de risques (tabac, alcool, habitudes alimentaires) renvoie à « l’auto-protection » / prévention primaireet les dépistages de cancers renvoie à l’auto-assurance /prévention secondaire 5
  • 6. La prévention est-elle « rentable » ?Au niveau de la collectivitéRecours à des analyses coût / avantagesSur 279 stratégies préventives (Cohen et al, 2008), Seules environ 20 %d’entre elles permettent de faire des économies : Le dépistage du cancer colorectal chez les hommes entre 60 et 64 ans est « cost-saving » Mais le dépistage du diabète chez toutes les personnes âgées de 65 ans est unestratégie coûteuse par rapport à un dépistage ciblé sur les personnes hypertendues.Ratios coût/efficacité des actions préventives et curatives sont similaires [Note n°167 du Centre d’Analyse Stratégique, S-L Gerber, mai 2010] [Cohen et al., (2008), New England Journal of Medicine]. 6
  • 7. La prévention : la panacée ? (1/4)La mise en place d’une prévention efficiente pour favoriser le vieillissementen bonne santé pourrait reposer sur cinq piliers :1. Cibler les mesures (ou les groupes à risque) de prévention sur despopulations dès 50 ans.2. Mener des politiques globales sur l’ensemble du cycle de vie3. Diversifier et coordonner les acteurs de la prévention (professionnels desanté, entreprises, État, associations, aidants,…)4. Améliorer l’accès aux soins (financier, géographique, information,…)5. Établir des critères d’évaluation hiérarchisés permettant un suivi régulierdes actions menées et in fine une aide à la décision publique. 7
  • 8. La prévention : la panacée ? (2/4)1. Cibler les mesures de prévention sur des populations / secteurs /maladies ou risques psycho-professionnels particuliers Populations Critère d’âgeFemmes de 50 à 74 ans : - dépistage organisé du cancer du sein : de 33% en 2003 à 52% en 2010 (INVS) - dépistage organisé du cancer colorectal : 37 % de la population cible en 2009-2010 (contre 31 % chez les hommes) (INVS)Personnes âgées de 65 ans ou plus : - Taux de couverture vaccinale contre la grippe = reste insuffisant à 64 % (Cnamts) Critère d’âge + statut socio-économiqueLes hommes ouvriers de + 50 ans ou les mères de familles de + 50 ans à revenus modestes. SecteursSecteurs d’activité à forte sinistralité : le BTP, la Grande Distribution et l’Intérim (CNAMTS, 2009-2012) 8
  • 9. La prévention : la panacée ? (3/4)1. Cibler les mesures de prévention sur des populations / secteurs /maladies professionnelles ou risques psycho-professionnels particuliers Pathologies professionnelles jugés prioritaires TMS, cancers d’origine professionnelle, risque routier, risques psychosociaux (CNAMTS, 2009-2012) Critères de pénibilité : le travail de nuit en horaire alternant, le travail à la chaîne ou souscadences imposées, le port de charges lourdes et l’exposition aux produits toxiques (Struillou,2003 ; Lasfargues, 2005) 9
  • 10. La prévention des risques : la panacée ? (4/4)2. Mener des politiques globales sur l’ensemble du cycle de vie poursortir d’une politique stricto sensu de soins (politique de l’emploi, de formation, desanté au travail,…) Ex : Investir dans une politique de formation continue dès l’entrée sur lemarché du travail (taux de formation continue des 25-64 ans = 7,2 % en France,17% aux Pays-Bas, 20 % au R-U, 30 % au Danemark et en Suède,…) et de(ré)insertion des personnes handicapées sur le marché du travail3. Diversifier et coordonner les acteurs de la préventionLes individus, les entreprises (plan d’action relatif à l’emploi des salariés âgés,politique de bonus/malus), les organismes de Sécurité sociale, les professionnelsde santé : rôle du médecin du travail, des médecins libéraux dans la prévention(question de la rémunération) 10
  • 11. Conclusion le maintien en bonne santé : un objectif économique et socialUne priorité : La prévention auprès de la population des 50-64 ans directementaffectée par la crise économique avec des risques élevés à terme de dépendancepsychique et physique.La crise économique peut par ailleurs s’accompagner de changementstechnologiques importants qui seront défavorables à l’emploi des seniors(Aubert, Caroli et Roger, 2004) Accélération de l’inemployabilité de certains salariés de plus de 50 ans du secteur industriel et de la précarité dans l’emploi. Fort effet de sélection des « plus productifs » et évincement d’une population plus nombreuse, en mauvaise santé via les dispositifs de préretraites d’entreprise ou d’inactivité (invalidité, chômage,…)Investissement nécessaire dans la « santé au travail », dans la prévention desmaladies les plus incapacitantes (AVC, maladies cardio-vasculaires,…) maisrisque d’être jugé comme non prioritaire en période de crise et coûteux 11

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