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Ils sont entrepreneurs ou chercheurs et fortement innovants. Leur secteur ? Les textiles et matériaux souples, dont ils créent les produits de demain. Un de leurs points communs ? Ils sont ...

Ils sont entrepreneurs ou chercheurs et fortement innovants. Leur secteur ? Les textiles et matériaux souples, dont ils créent les produits de demain. Un de leurs points communs ? Ils sont adhérents du pôle de compétitivité Techtera. Portraits.

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  • Dossier de presse Les « success stories » de l’innovation Ils sont chefs d’entreprise ou créateurs de start-up, chercheurs, ingénieurs, à l’origine ou porteurs de projets de R&D, inventeurs de produits inédits… Et tous adhérents de Techtera, le pôle de compétitivité des textiles techniques et matériaux souples.Portraits de ces talents de l’innovation intuitifs, énergiques et convaincus qui ont, chacun à leur manière, révolutionné l’industrie. Décembre 2011 Contact – presse : Techtera Anne Masson 04 20 30 28 80 international@techtera.org
  • INTRODUCTIONMais qu’ont-ils donc en commun ? Une petite phrase qui revient comme un leit-motiv : « uneentreprise qui n’innove pas ne peut pas s’en sortir ! ». Et un credo : « rien n’est impossible ! ».Pour certains, une méthode : « appliquer au quotidien les principes de la créativité : laisser librecours aux idées qui émergent, ne pas dire non, trouver des voies de réalisation ». Une culture,également : « l’innovation, bien sûr, et le partenariat ». Un réseau, enfin : ils sont tous adhérentsdu pôle de compétitivité des textiles et matériaux souples, Techtera créé en 2005 pouraccompagner et développer les innovations dans son secteur.Peut-on faire un portrait-type de l’entrepreneur innovant ? « Non », répond sans hésitation PaulMillier, enseignant en management de l’innovation, à l’EM Lyon. « Cela fait des années quej’observe ceux qui innovent, j’en ai vu un certain nombre, et non, je ne peux pas dessiner deportrait-type. Ils sont tous différents. La seule chose qu’ils aient en commun, c’est leur convictionet leur passion ».Cette conviction constitue le fil conducteur de cette deuxième série de portraits d’entreprises et delaboratoires de recherche réalisée par Techtera. Une sélection non exhaustive, sans hiérarchie,parmi les 120 adhérents du pôle : - Raidlight, la course à l’innovation - Centre Technique du Papier : vers les méta-papiers de demain - Schappe Techniques, l’as du craquage - Bel Maille, la maille sous toutes ses coutures - Diatex, « made in » textiles techniques - Denis & Fils, haute couture et high-tech - Enveho, spécialité confort thermique - L’Ecole des Mines d’Alès : de la matière grise pour l’industrie - Elyt Lab, l’axe franco-japonais des matériaux intelligents - Sofileta dope l’innovation - Le LGCIE, pionnier dans le suivi environnemental des silicones
  • Raidlight, la course à l’innovation CA 2010-2011 : 3,3 M€ Croissance : 25% par an en moyenne depuis 10 ans Effectifs : 30 Brevets : 5 Produits : sacs à dos, vêtements, vestes pour le trail, la randonnée, l’escalade et l’alpinisme Marchés : sports & loisirs outdoor Marques : Raidlight, Vertical, MadeinFrance SMS : rien n’arrête la course de la petite entreprise créée en 1999 par Benoit Laval. En 12 ans, cette PME spécialiste du vêtement et accessoire pour trail s’est fait sa place, parmi les grandes marques françaises du monde des sports et loisirs, avec une gamme deproduits éco-responsables, notamment. Franchissant une étape décisive, Raidlight a engrangé dejolies performances, en 2011 : le rachat de Vertical – fabricant de sacs, combinaisons etaccessoires pour l’escalade et l’alpinisme - un déménagement au cœur du Parc Naturel de laChartreuse, la conception et le lancement de la 1ère station de trail européenne. En ligne de mire en2012, de nouvelles innovations « produits », développées de manière interactive, avec et pour lesutilisateurs.U ne année-marathon ! Onze mois Onze mois après le démarrage des auront suffi à Benoit Laval, PDG de la négociations avec la mairie de Saint-Pierre- PME Raidlight pour faire prendre un de-Chartreuse, en Isère, le résultat est là, en tournant décisif à l’entreprise qu’il a effet. Au centre de ce petit villagecréée en 1999. Top départ ? Juin 2010, avec montagnard du Parc Naturel de la Chartreuse.le rachat de la société Vertical, une marque 1 000m2 de bâtiment ossature bois, avecbien connue des pros de l’escalade et de la couverture photovoltaïque, accueillentmontagne. l’atelier de conception et de prototypage desUn site pour s’agrandir produits, le magasin d’usine, la logistique deAvec des effectifs accrus et une croissance la vente par correspondance, une salle deaffirmée, Raidlight se sent alors de plus en sport et de relaxation. Depuis juin 2011, leplus à l’étroit, dans ses bâtiments de Saint- bâtiment est aussi le lieu de rendez-Genest-Malifaux, au cœur du parc Naturel du vous des pratiquants de la course nature –Pilat, dans la Loire. Benoit Laval est en quête plus de 500 000 licenciés, en France – quid’un site susceptible de lui permettre de viennent découvrir la dizaine de parcours des’agrandir et de réaliser le projet qui lui tient 8 à 30 kms de la station trail conçue, testéeà coeur. « Il nous fallait un terrain et inaugurée par Raidlight et ses partenaires,constructible, pour édifier un bâtiment éco- la mairie, le Parc et l’association desresponsable, afin de coller aux valeurs de accompagnateurs en montagne del’entreprise. Nous voulions aussi trouver un Chartreuse. La moitié des salariés deespace naturel pour pouvoir monter notre l’entreprise s’est embarquée dans l’aventure.station de trail et des partenaires pour la La dizaine qui n’a pas pu déménager a étégérer avec nous. Enfin, le critère du cadre de remplacée. « Le plus dur est derrière nous.vie était fondamental, tant pour moi que pour Ca n’a pas été simple. Maintenant, onmes salariés. Nous avons commencé à retrouve nos repères ».chercher en 2009, dans la Loire, mais sans Parmi ceux-ci, moteur de l’entreprise biensuccès. Jusqu’à trouver quelque chose ici ». avant l’explosion de ce mode de
  • communication, l’interactivité. Une également lancé une gamme MadeinFrancecaractéristique intrinsèque qui jalonne la avec une dizaine de produits confectionnéstrajectoire de Raidlight, depuis ses premiers sur le territoire, sans surcoût excessif pourpas, au début des années 2000. « Lorsque l’acheteur ».j’ai lancé la marque, avec une gamme d’une Le parcours de l’entreprise ne s’arrête pas là.dizaine de produits vendus à l’arrivée des En ligne de mire, en 2012, le développementcourses, je faisais ça le week-end, par de la vente par correspondance en Allemagnepassion. Avec un seul objectif : améliorer et en Espagne, via des sites internet dédiés,l’équipement des coureurs et répondre à et le lancement de nouveaux produitsleurs besoins. Les utilisateurs réagissaient à innovants qui viendront compléter la gammece que je leur proposais et me donnaient des des sacs à dos, maillots, bâtons deidées ou des pistes d’amélioration. J’ai randonnée… Déjà lauréats de nombreuxensuite décidé de structurer cette relation- Trophées de l’Innovation.client en créant un espace interactif sur notre Relooker la veste Cardissite internet et un espace de test des produits, « En intégrant Techtera, nous cherchons àici, au magasin ». développer la veille et le sourcing. CelaLe « team Raidlight » devrait nous permettre, par exemple, deIngénieur textile et pratiquant assidu de trouver de nouvelles matières ».course à pied depuis l’âge de 9 ans, avec Dans les mois qui viennent, Raidlight devraitquelques belles victoires à son actif dont le commercialiser des chaussures de trailtitre de vice-champion de France, Benoit durables, avec possibilité de remplacer lesLaval a toutes les cartes en mains pour initier parties de la semelle usées, etun esprit communautaire : « plutôt que faire « customisables », avec une sériedu sponsoring comme la plupart des marques d’accessoires à adapter. De nouveaux typesde sport, nous avons créé une équipe ouverte de sacs à dos arriveront sur le marché. Laà tous. C’est le « team Raidlight » qui compte petite marque iséroise devrait aussi relanceraujourd’hui 3 000 membres. N’importe lequel la veste mythique des guides de Chamonix,de nos clients peut la rejoindre, quel que soit des pisteurs et des marins, dans les annéesson niveau, créer son blog de course sur 70 : la célèbre Cardis, avec une coupe et desnotre site, et échanger avec les autres matières mises au goût du jour.coureurs. Pour l’entreprise, c’est idéal car Enfin, last but not least, la station de trailcela nous permet de comprendre et de suivre devrait peu à peu atteindre sa vitesse deau jour le jour les attentes de nos croisière et son objectif : l’accueil, chaqueutilisateurs ». année sur ses circuits, de 10 000 à 15 000Bambou et polyester recyclé coureurs. De quoi combler le premier de sesFonds de roulement : une cinquantaine de fidèles : Benoit Laval qui continue, malgréproduits conçus par les 4 ingénieurs R&D sont tout, à courir 5 fois par semaine en montagne.à tester, tout au long de l’année. Une seule « Une belle récompense »…condition : remplir le questionnaire proposépar l’entreprise. Les nouvelles matières et Raidlightfonctionnalités ayant obtenu les suffrages des Le Bourg - Chemin de Perquelin 38 380 Saint Pierre de Chartreuseconsommateurs intègreront la gamme des Tel : 04 76 533 555produits commercialisés. Les autres seront Mail : information@raidlight.comretravaillées ou, tout simplement, Plus d’infos : www.raidlight.comabandonnées. « Nos maître-mots sont lalégèreté et l’éco-responsabilité. 80 à 90 % denos vêtements sont conçus à partir debambou ou de polyester recyclé. Nous avons
  • Centre Technique du Papier (CTP) : vers les méta-papiers de demainCréation : 1957CA 2010 : 11, 5 M€Statut : Etablissement à but non lucratifEffectifs : 135 (chercheurs et techniciens)SMS : au cœur de la Cellulose Valley, dans le bassingrenoblois, le Centre Technique du Papier (CTP)révolutionne l’industrie du papier et des non-tissés, eninnovant sur les process et les produits. Parmi lesréussites les plus prometteuses de ces dernières années,Méta-papier, un papier-peint isolant les bâtiments des ondes wifi ou encore un papier hydrophobeobtenu par chromatogénie, avec de multiples perspectives dans le secteur de l’emballage. Aucentre des enjeux de la recherche, le développement de matériaux biosourcés et la diversificationdes produits, l’étude de nouvelles applications pour l’hygiène et la santé, les emballages du futur,«le recyclage, la valorisation des déchets… Pas de doute, le papier a de l’avenir ! Le papier n’est pas mort, bien entreprises, PME et grands groupes, à la au contraire ! Avec le textile, recherche de solutions technologiques ou de il fait partie des matériaux de produits de rupture, pour l’avenir. Le centre a commodité vieux comme le accompagné les évolutions des procédés demonde, ou presque ! Aujourd’hui, il est ultra- production. « L’industrie papetière a faitinnovant. D’ailleurs, dans notre métier, d’énormes progrès. Elle fonctionne quasimentdepuis une bonne dizaine d’années, on parle en circuit fermé. Elle traite et recycle sesde moins en moins de papier et de plus en effluents et limite sa consommation d’énergie.plus de substrat cellulosique. Ce terme Aujourd’hui, nous continuons à jouer un rôleintègre les nouveaux produits et usages du moteur pour l’innovation sur les process etpapier. C’est notre rôle à nous que d’ouvrir les produits. Mais la partie produits s’estces voies nouvelles ». largement renforcée, depuis le début desAbondant sur terre années 2000 ».Guy Eymin Petot Tourtollet est un directeur Un papier peint anti-wifid’unité scientifique et technique du CTP, à Parmi les inventions les plus spectaculairesGrenoble. Pour lui, comme pour l’ensemble mises récemment au point par ses équipes etde ces ardents défenseurs du papier testées sur des pilotesregroupés sur le campus de Saint-Martin- industriels, Métapapier est un papier peintd’Hères, pas de doute, la cellulose a de dont les motifs brevetés imprimés avec unel’avenir. « C’est le polymère le plus abondant encre conductrice filtrent les ondes WIFI.sur la terre. Il est infiniment renouvelable et Utilisable comme une sous-couche à recouvrir,complètement recyclable. On est donc loin il permet d’isoler une pièce ou un bâtiment etd’avoir exploré toutes ses possibilités ». de renforcer la protection des donnéesCréé en 1957 au cœur du bassin historique informatiques, le confort d’accès au réseau,du papier pour soutenir l’industrie dans son la santé de l’utilisateur. « C’est une grandeeffort de reconstruction après la guerre, le première que nous avons développée avecCTP est la seule structure de ce type pour le notre partenaire industriel Alstrhom. Lespapier, en France. Elle consacre les ¾ de ses essais ont été réalisés en janvier 2011 avecforces vives à la R&D, au service des succès. Le produit est très novateur ».
  • Un gore-tex papier ou carton Avec 60 projets en cours en 2012, dont THIDL’autre réussite de l’année ? Un papier et PEPS*, labellisés par Techtera, le CTP n’ahydrophobe conçu par chromatogénie, une pas fini d’explorer les enjeux, les tendancestechnologie propre de modification et les grandes questions sociétales auxquelsmoléculaire de la surface des matériaux doit répondre son industrie : chimie desligno-cellulosiques mise au point par le CNRS. lignocelluloses, matériaux biosourcés,« Le problème de la cellulose, c’est d’être applications pour l’hygiène et la santé,hydrophile. Si vous faites un bateau en emballages du futur, électronique impriméepapier, il coule. Avec cette technologie de et papiers intelligents, valorisation desrupture, on obtient une sorte de gore-tex déchets et optimisation des procédéspapier ou carton qui ouvre d’immenses industriels… Les champs d’investigation neperspectives dans de très nombreux manquent pas. « Comme le textile, le papierdomaines : la presse et l’emballage, par peut intégrer de multiples fonctionnalités,exemple ». Des tests sont en cours pour créer des usages inédits et des débouchésl’agro-alimentaire. Ils sont réalisés sur la autres que traditionnels pour son industrie.ligne pilote de la plateforme technologique Tout reste donc à inventer ou presque ! ».TekLiCell qui regroupe 26 industriels et l’écoled’ingénieurs en sciences du papier GrenobleINP- Pagora. Reste à passer à l’échelle Centre Technique du Papierindustrielle. Domaine Universitaire 60 projets de recherche en cours Rue de la Papeterie « La plus grande difficulté dans l’innovation, 38 044 Grenoble cdx 09c’est de convaincre. Il faut avoir des Tel : 04 76 15 40 15démonstrateurs et apporter la preuve de la contact@webctp.comfaisabilité d’un produit. 90% de nos projets Plus d’infos : www.webctp.comdébouchent sur des améliorations de procédéou des produits qui sont commercialisés en * PEPS : projet d’électronique imprimée pourFrance et à l’étranger. Notre métier, ce n’est l’emballage sécurisé du futurpas seulement d’innover, c’est surtout de THID : projet de développement de tags pour lacréer de la valeur ». RFID sans puce, à bas coût et infalsifiables.
  • Schappe Techniques, l’as du craquage Création : 1853 CA 2011 : 11 M€ (dont 80% à l’export) Effectifs : 130 Brevets : 12 Produits : fils techniques et fils à coudre de haute performance Marchés : protection individuelle (EPI), automobile, aéronautique et aérospatial, défense, industrie (composites)SMS : entreprise très spécialisée, avec une technologie développée dans les années 50 : lecraquage, qui consiste à étirer jusqu’à leur rupture les filaments de fils continus pour éliminer leurpoint de faiblesse et leur apporter de nouvelles propriétés, de résistance notamment. Cible : desmarchés de niche, dans des secteurs pointus, comme les équipements de haut degré de protection,l’aviation, l’aérospatial ou la défense. Particularité : la performance. Les fils haute-technicité conçuspar Schappe sont régulièrement l’objet de récompenses attribuées à leurs utilisateurs. L’une desdernières en date : un des prestigieux awards décernés dans le cadre des Journées Européennesdes Composites (JEC) à l’équipementier aéronautique Latecoere. Mais, chez Schappe, on a lavictoire modeste.P as facile de faire parler de soi quand on « une » de l’innovation, mais aussi des PME produit des filés de fibres longues pour spécialisées dans des produits techniques. des applications techniques. Même Dernière en date, en mars 2011, pour nelorsque l’on est leader. Et fortement innovant. citer qu’un seul exemple : la porte d’avionsEt pourtant…« Si l’on devait résumer les valeurs de notre composite développée par l’équipementierentreprise, on privilégierait l’innovation et la Latecoere et récompensée par l’un desdiscrétion. Notre objectif, ce n’est pas de prestigieux JEC Awards 2011, à Paris. Lanous mettre en avant. Notre culture est celle structure dotée de préformes cousues dansde techniciens. Nous développons des fils très lesquelles on injecte la résine haute pressionspécifiques, sur cahier des charges souvent (RTM) révolutionne l’architecture etélaborés avec nos clients, pour répondre aux l’assemblage des structures d’avions enbesoins qu’ils expriment lorsqu’ils font appel réduisant le temps et les outils nécessairesà nous. C’est là l’essentiel de notre activité ». au montage. Elle utilise un fil carboneClients : les leaders mondiaux développé par Schappe, l’un des partenairesDirigeant de Schappe Techniques, depuis la français du projet.reprise de l’entreprise en 2007, Serge Piolat Historique, mais pas seulementpartage son temps entre les 2 sites sur « Nous avons sans aucun doute une véritablelesquels elle reste implantée, près de 160 ans culture de l’innovation. Historique, bien sûr,après sa création - l’usine de la Croix-aux- mais pas seulement. Aujourd’hui, nousMines, dans les Vosges et le site de Blyes, réinvestissons plus de 5% de notre chiffredans l’Ain – et ses clients : de grands d’affaires dans la R&D ». Résultat : unegroupes mondiaux dont les performances image de qualité et des produits de plus entechnologiques font le tour de la planète et la plus performants qui viennent jalonner un siècle et demi d’activité.
  • L’histoire de Schappe commence en effet au produire des fils plus gonflants et plusXIXè siècle avec, déjà, une « originalité » : propres à l’imprégnation ».l’entreprise recycle et valorise les déchets de Convaincu de ces atouts lorsqu’il arrive auxsoie. Dans les années 1950, avec l’essor des manettes en 2007, Serge Piolat décide defibres artificielles et synthétiques, elle pousser l’avantage et de renforcer ledéveloppe la technologie du craquage, à positionnement haut de gamme dedestination des secteurs traditionnels de l’entreprise sur ses marchés principaux telsl’habillement et de l’ameublement. La que la protection individuelle et lesmaîtrise de ce savoir-faire permet composites. Le portefeuille d’activités estnotamment des mélanges intimes de ainsi profondément modifié avec unematières premières qui vont, par exemple, croissance à 2 ou 3 chiffres sur certainsaccroitre la souplesse et le confort secteurs clefs en 2011.d’utilisation des vêtements. En aval du Partenaire de Textilubcraquage, la filature met en œuvre des Pour parvenir à ces résultats, Schappeopérations variées : assemblage, guipage, Techniques accroît ses efforts en matière decâblage, imprégnation, raclage… qui lui R&D. La filature centenaire initie des projetsdonnent une stature et un positionnement lui avec l’aide d’OSEO et s’implique égalementouvrant des marchés diversifiés. « L’activité dans de nombreux projets collaboratifs,de Schappe s’est beaucoup développée dans labellisés par les pôles de compétitivité. Aules années 60-70. L’entreprise a été rachetée, sein de Techtera, elle est par exemple l’unpuis revendue après le premier choc pétrolier des partenaires du projet Textilub, porté parde 1973. Dans les années 80, elle a pris un SKF Aerospace et lancé en 2008 pour unevirage », retrace Serge Piolat. durée de 3 ans. Objectif : développer uneRecentrage sur les fils techniques nouvelle génération de composites textilesInnovation, en effet, à nouveau, en amont du auto-lubrifiants pour les articulationsXXIè siècle, avec le développement du aéronautiques. Des travaux dont les résultatscraquage et de la filature de filés de fibres pourraient être connus en 2012.techniques. Au fil des années, la sociétéachève sa mutation, pour se concentrer surles fils techniques, et prendre la place de Schappe Techniques Parc Industriel de la Plaine de l’Ainleader dans le secteur des filés de fibres Allée des Erableslongues, avec une large gamme de produits. 01 150 Blyes« Le craquage a de multiples atouts : il 04 74 46 31 00permet de réaliser des fils très fins et sales.rd@schappe.comd’associer de façon intime et dans des Plus d’infos : www.schappe.comproportions précises des matièrespremières qui présentent des caractéristiquescomplémentaires; il donne un très bon niveauet une régularité de résistance aux fibreslongues, pourtant discontinues ; il permet de
  • Bel Maille : la maille sous toutes ses coutures Création : 1956 CA 2010 : 17 M€ (dont 45% à l’export) Production annuelle : 4 millions de mètres Effectifs : 100 Produits : création, développement et fabrication de tissus maille pour l’habillement, la lingerie et de mailles techniques dans les domaines de la protection des personnes, du médical, du sport (fonctions disolation thermique, transfert dhumidité, non feu, anticoupure, automobile,maille 3D, membranes imper-respirantes).Marchés : habillement, lingerie, protection individuelle (EPI), marchés administratifs etinstitutionnels, automobile, médical, industrie, sports & loisirs.SMS : l’entreprise de Riorges, dans la banlieue de Roanne, est d’une espèce en voie de disparition.Elle est actuellement l’une des rares françaises et la seule de la Région Rhône-Alpes à être 100%spécialisée dans la maille. Depuis plus de 50 ans en effet, Bel Maille tricote : à l’origine, pour leprêt-à-porter, aujourd’hui de plus en plus pour des marchés consommateurs de produits à hautetechnicité qui représentent 25% de son chiffre d’affaires. Reprise en 2009 par Stéphane Ziegler, laPME roannaise poursuit avec succès la diversification de ses activités.C hez Bel Maille, on a plusieurs vies. Et 100 nouvelles mailles sont mises au point sur plusieurs métiers. La PME implantée à demande ou cahier des charges de clients Riorges, à côté de Roanne, est un bel venant de l’industrie, la protection de laexemple. Une vitrine de son secteur personne, le médical, la compétitiond’activités. Ses 11 000 m2 sont un condensé automobile, la défense… Points communsde l’histoire textile de ces 50 dernières entre les deux branches de l’activité : laannées. Une histoire en marche. créativité, la réactivité et la facultéPartie de la maille pour le prêt-à-porter d’adaptation. Mais aussi, et surtout, la mailleféminin – dont la lingerie et le maillot de bain, et les 70 métiers à tricoter circulaires desfer de lance dès les années 90 -, elle a opéré ateliers qui tournent sans discontinuer.une mutation profonde et développé une Chaque jour, sont conçues 3… nouvellesgamme de mailles techniques, d’abord pour mailles.les sports et loisirs et les vêtements d’image, Un métier très particulierpuis pour l’automobile, la santé et des « Le métier de tricoteur est très particulier.marchés de plus en plus diversifiés. Nous sommes très peu en France à êtreLes sièges de lA380 et des gymnases 100 % spécialisés, comme nous. Tout estdes JO de Londres en 2012 fabriqué, ici sur place, dans l’usine. C’estAujourd’hui, au sein de l’entreprise, la mode l’une de nos spécificités ». Ex-cadre decoexiste avec des matériaux non-feu, les grandes marques d’habillement, Stéphanestylistes avec les ingénieurs, la création avec Ziegler a racheté l’entreprise à la famille Bel,la R&D, le laboratoire de contrôle de la en 2009. Depuis, il accentue la diversificationqualité avec le show-room parisien. Chaque et la modernisation. « C’est une entrepriseannée, 600 tissus différents sortent de l’usine, qui s’est beaucoup transformée au cours deen direction des confectionneurs des grandes son existence. Lorsque Jacques Bel l’a crééemarques de prêt-à-porter. Tandis que 50 à en 1956, elle faisait du tricotage à façon,
  • exclusivement pour le marché féminin concurrentiel. Lorsqu’il reprend les mannettesfrançais. Avec l’arrivée de ses enfants, elle de la PME, Stéphane Ziegler en est biens’est lancée dans la création et s’est conscient. Pour survivre, il faut innover etdéveloppée, notamment à l’export, et en créer sans relâche à tous les niveaux. En untechnicité, avec des produits pour le mot, relever de nombreux défis.sportswear et pour la protection. En 1989, un Dans l’usine, les process de productionincendie a ravagé l’ancienne usine. Elle a été doivent intégrer les exigencesreconstruite sur le site actuel ». environnementales, liées notamment auAprès ce drame et dans les années suivantes, recyclage et à la valorisation des déchets. Unle virage est définitivement pris : Bel Maille programme de lean management destiné àmonte son bureau de style, tricote ses développer les meilleures pratiques est mispremiers sièges pour la Mégane et la Clio et en place. La formation des 41 opérateursconçoit des tissus de protection individuelle. salariés de la production est optimisée.La partie apprêts – lavage, blanchiment, Des derma-textiles durablesapprêts mécaniques et chimiques, séchage - A l’étage au-dessus des ateliers, chez lesest intégrée. Une station de traitement des stylistes, au marketing et à la R&D, pas derejets industriels est installée. En 2006, le relaxe, non plus. Le logo et la chartechiffre d’affaires des textiles techniques est graphique de l’entreprise sont relookés. Lamultiplié par deux. La petite Roannaise se fait politique commerciale se veut plus agressive.une spécialité en lançant des produits Dans les bureaux dédiés à la maille techniqueperformants pour les chaussures, les casques, et sur les machines, on se concentre sur lesles gants et les doublures de combinaisons. demandes très spécifiques des clients et desElle investit dans un parc de machines de appels d’offres de plus en plus pointus. Avechaute technicité, avec des jauges permettant un leit-motiv : « Bel Maille cest la technicitéde sortir toutes tailles de mailles et des au service de la créativité de ses clients ».machines de tricotage 3D. De nouvellesmatières écologiques et équitables sont Bel Mailleutilisées en production, avec, à la clé, le 32 rue Paul Forgelancement d’une ligne « eco-friendly » en ZI La Villette2008. 42 153 RiorgesPour survivre, il faut innover Tel : 04 77 44 09 70« A mon arrivée, l’outil industriel m’a séduit, Contact : tissumaille@belmaille.frc’est certain. Mais aussi le mélange entre les Plus d’infos : www.belmaille.frcréatifs et les techniciens ». Si elle a un bonpotentiel, Bel Maille doit cependant maintenirsa place dans un univers fortement
  • Diatex, «made in» textiles techniques Création : 1986 CA 2010-2011 : 12 M€ (dont 40% à l’export) Effectifs : 25 Produits : agro-textiles, gaines de filtration et filtres pour équipements automobiles, industrie pharmaceutique, purification d’eau, pièces pour l’aéronautique légère, toiles de parachute et aérofreins, toiles pour ballons gonflables et dirigeables, doublures degilet pare-balles, bagagerie technique, consommables films et textiles pour le moulagesous vide des composites…Marchés : agriculture, aéronautique et aérospatial, bâtiment, industrie, événementiel,protection individuelle, nautique de plaisance et compétition automobile, énergieéolienne…Répartition du CA par secteur : composites (50%), textiles techniques (30%),agriculture (17%), aéronautique légère (3%)SMS : pas de passé soyeux ou d’ancêtre tisseur. En démarrant son activité dans les années 80, laPME de Saint-Genis-Laval, dans la banlieue sud de Lyon, s’est concentrée à 100 % sur les textilestechniques. Depuis, elle joue la diversification, non pas toutes catégories, mais dans 4 secteurs-clé : l’agriculture, l’aéronautique, les textiles techniques et les composites. Avec des réussitesmarquantes. Quelques exemples : la filtration des bâtiments des Jeux Olympiques de Pékin, lefuselage arrière de l’A380 et le réservoir à kérosène d’Ariane 5…. L’usine de tissage qu’elle areprise dans le Vercors il y a une dizaine d’années tourne à plein régime, 7 jours sur 7.L ’histoire de Diatex commence avec… équipe des débuts, installée dans des Une toile moustiquaire ! Et, pourtant, bureaux au centre de Lyon, apporte une rien de très exotique dans le parcours réponse innovante.de cette PME-modèle des textiles techniques. Dès sa naissance, Diatex se concentre à« L’origine de l’entreprise, ce sont les agro- 100 % sur les textiles techniques. Pastextiles, des tissus pour la protection des question de produire des tissus pourcultures, du type des filets anti-insectes ou l’habillement ou pour la décoration. Sides brise-vents, des tissus à maillages l’entreprise joue la carte de la diversification,différents qui ont un impact sur la c’est uniquement sur des marchés techniques,pollinisation des plantes ». Lorsque Philippe à forte valeur ajoutée.Gouthez crée Diatex en 1986, il a une idée en Avions légers : le seul Françaistête : développer un nouveau type de filets Très vite, Diatex se distingue et investit desplus performants pour la protection agricole. secteurs hyper-spécialisés. Son métier ?Challenge ? Adapter la maille aux exigences Répondre aux cahiers des charges qui lui sontde porosité à l’air, de durabilité et de confort soumis par ses clients ou ses prospects etd’installation des systèmes de protection. Un développer avec eux de nouveaux produits,défi 100 % technique auquel la toute petite souvent complexes. A la fin des années 80,
  • elle a quitté le bitume lyonnais pour petits moules-pilotes. Marchés concernés :s’installer dans des locaux plus grands, au les bateaux de plaisance et de compétition,cœur de la zone industrielle du sud de la ville. les éoliennes, la compétition automobile, lesNouvelle adresse, nouveau marché : coffrets électriques… Et, surtout,l’aéronautique légère. A partir d’une toile l’aéronautique.polyester haute ténacité, la PME conçoit les En un peu plus de 10 ans, à partir de la finailerons et la partie arrière de petits avions des années 90 et du rachat d’une usine dede tourisme. Un marché de niche sur lequel tissage dans le Vercors, Diatex enchaîne leselle est aujourd’hui le seul acteur français. développements, multiplie par 4 ses effectifs« Nos produits sont plus légers et plus et aligne les réussites à son palmarès. Dontrésistants, ce qui est bien sûr essentiel. Notre quelques exemples sont marquants.clientèle, ce sont les aérodromes. De petits Fuselage arrière du gros porteurconstructeurs et beaucoup de particuliers. Ca « Nous sommes allés sur des produits dene représente pas de gros volumes, mais plus en plus techniques, parmi lesquels l’unc’est l’une des divisions historiques de de nos produits-phare entrant dans lal’entreprise ». conception du fuselage arrière de l’A380. EnDes gaines pour les JO travaillant pour Airbus, nous avionsHistorique, et presque culturelle, aurait-on l’obligation d’obtenir la norme aéronautiqueenvie d’ajouter. Car après un démarrage au EN 9100 très contraignante, bien sûr, maissol, Diatex s’est rapidement élevée dans les elle nous a ouvert des portes…». Lesairs. Avec 3 marchés-clé : la filtration, consommables pour composites Diatexl’événementiel et l’aéronautique. entrent aussi dans la conception du réservoirA la fin des années 90, la PME lyonnaise met à kérosène d’Ariane V. Et des pièces pour lesau point ses premières gaines de ventilation voitures du Paris-Dakar.textiles – là aussi, à partir d’une toile de 1 500 m2 de stockageparachute. Les produits sont légers, lavables, Aujourd’hui, les composites représentent pluscolorisables, personnalisables et déclinent de 50 % du chiffre d’affaires. Mais ce n’esttout un panel de propriétés : anti-statiques, pas pour autant le seul secteur enanti-bactériens… Résultat : les gaines signées développement. A 25 ans, Diatex poursuit saDiatex, devenu leader français, équipent en diversification et consolide ses atouts : forte2008 une partie des bâtiments d’accueil des présence à l’export à travers un réseau deJO de Pékin. distributeurs de consommables, importanteQuatre ans plus tôt, en 2004, l’entreprise a capacité de stockage des produits, service delancé des membranes pour ballons gonflables découpe… L’aventure se poursuit avec, auet dirigeables qui deviendront aussi l’une de titre des nouveautés les plus récentes, uneses spécialités. En jeu pour ces textiles bâche textile permettant de mouler descomplexes : résister aux UV, à l’hélium, à pièces en béton en leur donnant des formesl’arrachement et, last but not least, ne pas particulières. En projet, en 2012, des textilesjaunir. Objectif atteint, grâce à des encore plus performants pour lestechniques de contre-collage et d’enduction équipements de protection individuelle et lesconçues par les équipes du tisseur lyonnais. toiles de parachute. Suivis par les trèsL’ascension continue. En 2009, nouvelle attendues mises en service des Airbus A 400entrée dans la gamme, avec les aérofreins et A 350…des avions de chasse.Des innovations high-tech DiatexMais pourtant, c’est bien avant ces succès 58 chemin des Sourcesque l’experte en textiles techniques a ZI La Mouchevéritablement pris son envol. L’année 1994 a 69 230 Saint-Genis-Lavalmarqué un tournant, avec le démarrage Tel : 04 78 86 85 00d’une activité 100 % nouvelle : les Contact : info@diatex.comconsommables films et textiles utilisés dans Plus d’infos : www.diatex.comle moulage sous vide des matériauxcomposites. Le process est complexe.L’entreprise apporte des innovations high-tech conçues et testées sur place, sur de
  • Denis & Fils, haute couture et high-tech Création : 1956 CA 2010 : 5,5 M€ Effectifs : 38 Produits : textiles pour l’habillement, textiles de fibres optiques Marchés : habillement, ameublement, bâtiment, transports, communication, santé Production annuelle : 840 000 mètresSMS : quel est le point commun entre un sari haut de gamme et une toile lumineuse constituée defibres optiques ? A priori, pas grand-chose. Et pourtant, si. Dans la Loire, une petite entreprisefamiliale tisse à la fois pour le marché du luxe et pour des textiles techniques high-tech dont elleest l’une des seules – voire la seule – en France à maîtriser la technique. Aux commandes, la 2e et3e génération des Denis fait perdurer la tradition familiale de l’entreprise et se bagarre avec succèspour le maintien de l’industrie locale. Résultat : une « pépite » à découvrir au détour du village deMontchal. Une PME qui recèle de trésors.V ous ne le croirez sans doute pas, collection hiver 2012-2013. « Une mais Christian Denis pourrait avoir cinquantaine de nouveautés par saison », sa place dans les magazines de la compte Françoise Faure, la styliste depresse people. Pourtant ce n’est pas le l’entreprise. Mousseline, satin, veloursgenre de ce patron d’une PME textile lancé découpé, crêpe de soie… et, biensituée dans le petit village de Montchal, sûr, soie naturelle constitueront lesdans la Loire. Non, son credo, ce serait lignes « soir », lingerie, jacquard,plutôt l’innovation et le développement ameublement et tweed qui feront le tourdurable. Pas le papier glacé. Chez des salons internationaux et serontDenis& Fils, par exemple, toutes les proposées aux amateurs, notamment àétapes de production des textiles sont l’export, dans les pays du Golfe, maisintégrées - du fil de soie au produit fini aussi en Inde, en Chine et en Corée duet contrôlé en laboratoire – ou réalisées Sud. Les échantillons présentés seront,localement. s’il le faut, retravaillés, pour répondre àMannequins et stars la demande du client. Ou recréés exN’empêche, dans les couloirs de nihilo en fonction de cahiers des chargesl’entreprise, les murs accueillent spécifiques.quelques belles photos de mannequins De la haute précisionou de stars arborant les vêtements haute « Le textile, c’est la création, bien sûr.couture et la lingerie créés avec les Mais c’est surtout l’innovation. Pour moi,tissus de la petite entreprise familiale qui ai baigné dedans dès l’enfance, c’estligérienne. « L’une de nos spécialités, évident. Si l’on faisait du tout venant, onc’est la soie naturelle. Nous sommes ne serait plus là ! Notre métier est trèsdonc très présents sur le marché du luxe, exigeant, de la haute précision »,à travers des partenariats avec de explique Christian Denis.grandes marques qui remontent, pour Pour preuve, l’autre « spécialité »certains d’entre eux, à plus de 20 ans », développée par l’entreprise au début desrésume Christian Denis. Mais, chut, pas années 2000 : le tissage de la fibrequestion de donner des noms ou de optique. La PME de Montchal est l’unerévéler des secrets de fabrication ! Dans des rares – voire la seule - entreprisesl’atelier de stylisme, on prépare la françaises à maîtriser cette technique qu’elle a mise au point en partenariat
  • avec le chef de file des textiles lumineux aïeuls, il a le textile dans le sang.lyonnais, Brochier Technologies, « Enfant, je faisais du vélo entre leségalement adhérent de Techtera. métiers ! ». Comme eux aussi, il est bienUn véritable défi. La fibre optique est décidé à se battre pour maintenirfragile. Il a fallu des mois d’essais et l’industrie et les compétences locales surd’adaptation des machines à tissage leur territoire d’origine.Jacquard pour parvenir à la positionner Marque de fabrique : la familleet à la travailler sans l’abîmer ou la Dans les années 90, Denis & Fils acasser. racheté une petite entreprise de lisage etUn prototype de 6 tonnes pris des participations dans l’entrepriseAujourd’hui, sur les 48 métiers que d’ennoblissement Hugo Soie. En 2007,compte l’usine lovée dans un creux du rebelote. Soucieux de préserver labourg de Montchal, l’une des machines – chaîne textile, la maison acquiert desun prototype unique pesant 6 tonnes - parts, à hauteur de 35%, dans lestisse de la fibre optique à plein temps, Moulinages de Riotord spécialisés dans lepour de futures applications dans les moulinage de fibres, notamment de soie.transports, le bâtiment, les vêtements De la fibre au produit fini, le processcommunicants, la santé… Le high-tech industriel dans son ensemble est intégré.côtoie la haute couture. Le passé de L’usine compte 5 ourdissoirs, pourl’entreprise rejoint son présent. Aux dévider les bobines de fils avant lemanettes depuis le milieu des années tissage. L’échantillonnage est réalisé sur2000, la 3e génération des Denis reste place. Les contrôles qualité des produitsfidèle à la philosophie et à l’histoire finis sont faits au labo.d’une entreprise 100% familiale. « L’avenir, maintenant, c’est Bruno etDu vélo entre les métiers Fabienne ! ». La 3e génération des DenisUne histoire qui commence en 1956. est un tandem : celui formé par le neveuAndré, le père de Christian, artisan et par la fille de Christian. A l’un, latisseur, décide de s’installer à son responsabilité du développement decompte et reprend un atelier de tissage à nouvelles innovations high-tech. A l’autre,façon pour la soierie lyonnaise. Le village la maternité d’une ligne de foulards,de Montchal compte encore près d’une créés et confectionnés sur place, et dontcentaine de métiers à domicile. Chez les les 2 collections annuelles sontDenis, très vite, on s’agrandit. Le fils présentées dans le show-room de l’usine.aîné, Jean-Paul, intègre l’équipe formée « C’est une des marques de fabrique depar ses parents et 2 salariés. La SARL notre maison, la famille ! Pas seulementest créée en 1969. La 1ère usine est les Denis, mais celle formée par tous lesconstruite en 1984. Elle est équipée de salariés qui nous sont très fidèles. Ca amétiers plus modernes. L’année suivante, plutôt l’air de nous réussir, même si çaDenis&Fils lance sa première gamme de n’a pas toujours été facile ! ».produits.« Je suis arrivé dans l’entreprise, en Denis & Fils2000. Nous nous étions beaucoup Le Bourgdéveloppés. J’étais conducteur de 42 360 Montchaltravaux à la DDE. Je consacrais mon Tel : 04 77 28 60 21temps libre à aider mon frère. Mais cela www.denisfils.frne suffisait plus ! ». Christian n’est pasun petit Denis pour rien. Comme ses
  • Enveho : spécialité confort thermique Création : 2007 CA 2010 : 196 000 € Effectifs : 3 Métier : prestataire de services (laboratoire, R&D). Expertise, Recherche & Développement pour le textile de protection et le confort de l’HommeMarchés : habillement, EPI (Equipement de Protection Individuelle), sports & loisirs,bâtiment, ameublement, industrieSMS : installée en plein campus de la Doua, au cœur du pôle scientifique de Villeurbanne (69),Enveho – pour ENvironnement VEstimentaire autour de l’HOmme – est une jeune sociétéprestataire d’essais et de R&D. Avec une spécialité bien à elle : la protection et le confortthermique. Créée en 2007 par un tandem féminin, la TPE a développé un logiciel de mesure duconfort thermique, CASETO® qui permet à ses clients – des PME en grande majorité – decaractériser leurs produits et de les adapter à leurs cibles.«L e confort thermique est une 2007, elle décide de voler de ses propres notion subjective qui prend en ailes et de créer son entreprise : Enveho. Le compte les transferts nom de la société est l’acronymethermiques entre l’homme et son d’Environnement Vestimentaire autour deenvironnement et la perception de l’Homme. Une idée qu’elles ont eue à deux :chacun, liée notamment à des données c’est en effet le tandem qu’elle forme avecpsycho-sociales. La recherche sur ce sujet est Amandine Souply, ingénieur textile, qui est àrécente. Elle a débuté dans les années 70, l’origine du projet et du développement deseulement. Avec un précurseur, Fanger, un l’entreprise.chercheur danois qui est l’un des premiers à Conductivité thermique et propriétésavoir modélisé mathématiquement le corps radiativeshumain. Dans notre domaine, c’est la Conçue autour d’une thématique trèsréférence ». Sabine Varieras, 40 ans, est une spécifique, la TPE exerce plusieurs métiers :spécialiste du confort thermique. Docteur en les tests et les analyses, réalisés au sein duénergétique et transferts thermiques, elle a laboratoire installé à Feyzin, dans la banlieueconsacré sa thèse aux échanges thermiques sud de Lyon, le développement de produitsdans l’automobile, puis ses premières années nouveaux, aux côtés des industriels, et laprofessionnelles au développement de caractérisation du confort thermique, encoreproduits textiles prenant en compte bien souvent inédite.protection et confort. Au labo, le duo Sabine-Amandine évalue lesDu sur-mesure performances des vêtements de travail ouDans l’industrie, où elle a occupé un poste à des équipements pour les pompiers et lesla R&D pendant 3 ans, la jeune scientifique militaires et vérifie leur conformité auxconstate un manque : celui de petites normes. Elles réalisent aussi des essais sur lastructures réactives offrant conseils et conductivité thermique et les propriétésprestations sur-mesure à des entreprises radiatives des textiles.soucieuses de tester et de caractériser leurs Constituée d’appareils de mesure et de bancsproduits ou d’en développer de nouveaux. En d’essais développés « sur-mesure », leur
  • plateforme technologique leur permet de intègrera la variable féminine et proposerafonctionner comme un centre de R&D des calculs adaptés à chacun des sexes.externalisé accompagnant les industriels du « Chaque étape est assez longue à mettre entextile ou d’autres secteurs, tels que le place. Depuis son démarrage, notre activité abâtiment, dans leurs innovations. Pour ce beaucoup évolué. Notre projet est aussi defaire, elles s’appuient en partie sur le logiciel compléter ces études par des aspects liés àde caractérisation du confort thermique l’ergonomie des produits et de nousqu’elles ont lancé en 2009 : Caséto®. diversifier sur d’autres secteurs d’activités ».Coter le confort thermique Ergonomie des activités physiques «La problématique de départ était de coter le En 2009, Enveho a agrandi sa petite équipeconfort thermique. Le confort, c’est ne pas et recruté un jeune chercheur préparant saavoir chaud, ne pas avoir froid, ne pas sentir thèse sur l’ergonomie des activités physiquesde courant d’air gênant. Mais il n’existe pas et l’ingénierie-conception des produits. Au filde normes, comme c’est le cas pour la des mois, l’activité de la TPE a investi deprotection. Il fallait donc que nous nouveaux champs d’application, dont ledéfinissions des indicateurs de mesure tels bâtiment, via l’isolation et l’ameublement.que la chaleur, les caractéristiques du textile, « L’homme est toujours au centre de nosla gestion de l’humidité, l’activité de la préoccupations. C’est lui que l’on protège,personne et son environnement… C’est cela, que ce soit dans sa maison, ou, pourquoi pas,la base de notre logiciel ». Et le point de dans ses modes de transports », conclutdépart de la société. Amandine Souply. Avant d’ajouter : « notreDevant son écran informatique, l’utilisateur rôle est important car nous intervenons dansentre les informations requises : la conception d’un produit. On a démarré sixcaractéristiques textiles (Ret, Rct*, taux de mois avant la crise, pour avancer autant direreprise..), activité, environnement (ambiance, qu’il a fallu construire notre crédibilité !vent..), … En quelques secondes, le logiciel Parfois, c’est du sport, mais c’est une bellelui restitue des données précises sur la aventure ». Témoin, à l’entrée de l’entreprise,sensation thermique et ses variations, en une citation d’Aristote, affichée sur la porte :fonction des paramètres environnementaux « il n’y a pas de génie sans un grain deet d’activité (température de la peau, folie ! ». Prémonitoire, non ?température de l’étoffe, rayonnement,mouillure). « Cela permet à nos clients Envehod’asseoir le positionnement et le discours Centre d’Entreprises et d’Innovationmarketing de leurs produits sur des valeurs 66 boulevard Niels Bohrscientifiques et techniques, fiables et 69 100 Villeurbannevérifiables, qui sont de toutes façons étayées Tel : 04 72 70 84 99par des essais grandeur nature, au porter. Contact : amandinesouply@enveho.comPour le grand public, c’est de plus en plus Plus d’infos : www.enveho.comimportant », résume Amandine Souply. Pourles industriels, aussi, puisque cela leurpermet de valider leurs démarches et/ou *Ret : résistance à la vapeur d’eaud’adapter leurs produits à leurs cibles. Rct : résistance thermiqueDepuis deux ans, Caséto® tourne à pleinrégime, avec des améliorations à la clé.Elaboré à partir de modèles vestimentairesuni-couche, le logiciel intègre aujourd’hui leport de vêtements multicouches. En 2012, il
  • L’Ecole des Mines d’Alès : de la matière grise pour l’industrieCréation : 1843Effectifs : 376Nombre d’élèves : 813Nombre d’ingénieurs diplômés : 181 (chiffres 2010)Budget : 31,4 M€CA des activités de recherche partenariale : 2, 7 M€Nombre de contrats de recherche : 127Publications internationales : 43SMS : l’Ecole des Mines d’Alès ou EMA est l’une des plus anciennes des 7 écoles des Minesfrançaises. Créée au XIXème siècle pour répondre aux besoins de main d’œuvre d’une industrieminière en plein essor, elle a suivi l’évolution de l’histoire et a su accompagner les mutationsindustrielles. Elle accueille aujourd’hui 800 élèves ingénieurs, la plupart généralistes, et se classedans le peloton de tête des écoles d’ingénieurs françaises. A la pointe de l’innovation, ses 3 centresde recherche travaillent sur les matériaux avancés, l’environnement et la gestion des risques et lesnouvelles technologies de l’informatique et de la communication. Les propriétés psychosensoriellesdes matériaux : Odeur, couleur et toucher… sont passées au crible pour des applicationsindustrielles, dans le secteur textile notamment. Mais pas seulement.L a rentrée 2011, 260 nouvelles recrues théorique et pratique et permettre à de jeunes ont intégré la prestigieuse Ecole des travailleurs expérimentés connaissant Mines d’Alès, en formation initiale ou bien leur métier de gravir les échelons de lacontinue, 166 ans après leurs aînés. Ceux-là promotion sociale. Pari tenu, jusque dans lesmêmes qui constituaient les rangs de la années 60, marquées par le déclin despromotion-baptême de l’Ecole des Maîtres- charbonnages français l’école devient alorsOuvriers-Mineurs, en 1845. Ecole Nationale Technique des Mines d’Alès. ElleCar l’Ecole des Mines d’Alès est l’une des plus a commencé sa mutation. En plus d’un siècle etanciennes des 7 écoles des Mines Françaises demi, la transformation sera radicale.avec qui elle constitue d’ailleurs une grande Ingénieurs-entrepreneursfamille : le Groupe des Ecoles des Mines. Aujourd’hui, l’Ecole des Mines d’Alès propose àHistorique, comme sa petite sœur de Douai, ses élèves des cursus d’ingénieurs-ouverte en 1878… L’ordonnance royale de entrepreneurs, en 3 ans, ouverts surcréation de l’établissement cévenol avait été l’international, avec une pluralité d’options et deédictée en 1843 pour faire face à la pénurie de parcours qui leur permettront de s’orienter verscadres dans les mines languedociennes. le milieu professionnel de leur choix, au seinObjectif, à l’époque : répondre aux besoins de des cinq départements de l’établissement :main d’œuvre d’une industrie en pleine Génie Civil, Ingénierie des matériaux etexpansion en formant des maîtres-mineurs mécanique, Management des risques etcompétents possédant un savoir à la fois. environnement, Ingénierie des systèmes de production et Génie des systèmes d’information.« Notre marque de fabrique, si l’on peut dire, classement, dans les 20 à 30 premièresou notre activité la plus ancienne, c’est le grandes écoles, c’est cela qui, pour nous estgénie civil et la construction. C’est cela qui important ». Responsable des relations avecattire le plus d’élèves. Nos résultats sont très les pôles de compétitivité, Mireille Fouletierbons : 94% de nos jeunes diplômés sont est professeur, dans une discipline qui estaujourd’hui en poste 4 mois après l’obtention l’un des fleurons d’Alès : les matériaux dede leur diplôme, pour 1/3 d’entre eux dans le grande diffusion. « Nos élèves reçoivent unesecteur du bâtiment,. Plus que notre formation généraliste qui leur permettra
  • d’évoluer tout au long de leur vie centres de recherche de l’école est longue.professionnelle et sortent avec un double « Nous avons plusieurs grands thèmes, enprofil : technologique et métier, qui les rend quelque sorte des chevaux de bataille.rapidement opérationnels. Au fond, nos Concernant les matériaux, nous travaillonsmissions n’ont pas tant changé que ça, beaucoup sur la durabilité, le cycle de vie etmalgré les bouleversements historiques. le recyclage des polymères. L’une de nosNotre fonction est toujours celle de répondre spécialités, c’est aussi le comportement auaux besoins des industriels. Tant en matière feu. Certains de nos travaux portent sur lesde formation des élèves que de recherche ». propriétés mécaniques des textiles :Couleur et propriétés tactiles des textiles l’élasticité, la résistance... Nous avons mis auA Ales, à Nîmes et à Pau, où l’école déploie point par exemple un dispositif deses 3 sites et ses centres de recherche, la photomécanique très innovant qui nousdevise est en effet immuable : être à permet de suivre les déformations desl’écoute des besoins de l’entreprise, textiles et d’établir des lois de comportement.considérée comme un partenaire. Adhérente Le LGEI a une équipe importante sur lede 8 pôles de compétitivité et acteur à part thème des odeurs et des composésentière de l’Institut Carnot qui regroupe les 7 organiques volatils, qui met au point desécoles sous le nom de M.I.N.E.S, l’EMA place filtres biologiques pour la décomposition desla recherche collaborative appliquée et le odeurs. Nous avons aussi une grosse équipedéveloppement économique au cœur de ses qui travaille sur les risques naturels etpréoccupations. industriels », résume Mireille Fouletier.En témoignent ses 3 centres de recherche : Le plus ancien incubateur technologiquele Centre des Matériaux de Grande Diffusion français(CMGD), le Laboratoire de Génie de Partenaire du projet de R&D Doseless, co-l’Environnement Industriel et Naturel (LGEI) labellisé par les pôles Techtera et Trimatecet le Laboratoire de Génie Informatique et pour le développement d’équipements deIngénierie de Production (LGI2P). Ils ont protection individuelle plus performants endémarré leurs activités dans les années 80, matière de radioprotection des personnels deautour de thèmes liés aux nouvelles santé et du nucléaire, l’EMA se distingue sanstechnologies, à l’environnement industriel et aucun doute par ses relations étroites avecaux matériaux, avec, dans ce domaine les industriels. « L’école s’est singulariséeincluant les textiles, des spécificités très très tôt par une pédagogie tournée versfortes. Durabilité, cycle de vie et l’entrepreneuriat. Nos élèves ont chaquerecyclage année des missions de terrain en entreprises,Ainsi, le CMGD étudie-t-il, entre autres, les implantées localement ou dans toute lapropriétés psycho-sensorielles des matériaux, France et même à l’étranger».au premier titre desquelles… La couleur. Attestant de ces liens solides entre le campus« Nous avons commencé par l’étude de la et l’industrie, l’incubateur de l’EMA est ainsi lecouleur des poudres minérales puis élargi nos premier incubateur d’entreprises innovantesrecherches à d’autres propriétés et d’autres français. Créé en 1984, il trouvera unmatériaux. Nous nous intéressons à la prolongement avec la création de l’hôtelformulation des couleurs et des effets visuels d’entreprises Science Park sur le site d’Alès,pour mettre au point une modélisation dont la première pierre a été posée fin 2010.prédictive de l’aspect visuel d’un matériau. Objectif : accueillir jusqu’à 30 jeunesC’est très novateur ». Et tout à fait entreprises qui bénéficieront de la proximitéstratégique pour les industriels concernés, du de l’incubateur et des équipements desbâtiment à la cosmétique, notamment. laboratoires. Affaire à suivre…Psycho-sensorielles, aussi : les propriétéstactiles – des textiles, par exemple - sur Ecole des Mines d’Alèslesquelles les une dizaine de chercheurs du 6, avenue de ClavièresCentre travaillent en collaboration avec 30 319 Alès cdxl’Université de Pau. Tel : 04 66 78 50 00Avec 127 contrats en cours, la liste des Plus d’infos : www.mines-ales.fractivités et les champs d’investigation des 3
  • ELyt Lab, l’axe franco-japonais des matériaux « intelligents »Création : 2008Effectifs : environ 150 (étudiants et chercheurs)Statut : Laboratoire International Associé (L.I.A) du C.N.R.SEntités impliquées : INSA de Lyon, Ecole Centrale de Lyon, Université du Tohoku (Japon)Domaines de recherche : biosciences et ingénierie, durabilité et fiabilité dans l’énergie et dansles transports, nano et micro-matériaux, dynamique des fluides, transferts de chaleur et micro-fluides, tribologie.Secteurs d’application : santé, industrie, transports, électronique, énergie, environnement…SMS : ELyT Lab –pour Engineering and Science Lyon Tohoku Laboratory- est un exemple unique enFrance de laboratoire de recherche public associant 2 pays, la France et le Japon. Créé en 2008 auterme de plus de 20 ans de collaborations diverses entre les 3 écoles et universités impliquées, celabo franco-japonais se distingue par la multiplicité de ses champs d’études et par le nombre dechercheurs et d’étudiants participant à cette aventure biculturelle. Résultats attendus ? Desprogrès pour la recherche fondamentale sur les matériaux intelligents et leur multifonctionnalité(tribologie – science du frottement et de l’usure –, réactivité, propriétés mécaniques et thermique)permettant d’envisager de nombreuses applications ; des relations plus étroites entre les 2 pays.En mars 2011, les deux écoles lyonnaises se sont mobilisées pour apporter leur aide à leurconsoeur du Tohoku à Sendaï, située au nord de l’archipel, région la plus touchée par le tsunami.«P our moi, c’était comme un laboratoires reconnus dans leur domaine, des signe. Une coïncidence deux côtés de la planète. Avec – et c’est ce exceptionnelle. En 2007, qui en fait une réussite exemplaire - unl’Ecole Centrale de Lyon a fêté son 150 e parti-pris original : la multidisciplinarité.anniversaire, l’Université du Tohoku son 100e Depuis 3 ans, ELyT lab se distingue par leanniversaire et l’INSA de Lyon, son 50e nombre d’étudiants et de chercheursanniversaire. Nous étions alors en pleine impliqués dans ses projets, par la diversitéréflexion sur les axes de travail de notre futur des sujets traités et par son dynamisme. Lelaboratoire conjoint qui a été créé en 2008. succès ne s’est pas fait attendre.Nous avons donc participé ensemble aux Une Histoire bien ancrée…festivités, à Lyon et au Japon ! ». Le « Notre histoire, en fait a 25 ans. Elle achercheur japonais Pr. Tetsuo Shoji cité ici, commencé avec la générationest l’un des 3 co-responsables scientifiques précédente. Nos laboratoires, que ce soit end’ELyT Lab, le laboratoire de recherche France ou au Japon, ont toujours été trèsfranco-japonais mis en place, sous l’égide du actifs dans les secteurs de la tribologie et desCNRS, par l’Université de Tohoku, qu’il matériaux intelligents. A l’époque, 4 de nosreprésente, l’INSA de Lyon et l’Ecole Centrale professeurs renommés internationalement sede Lyon. Il est celui qui, avec ses collègues retrouvaient régulièrement dans desJean-Yves Cavaillé et Philippe Kapsa, a conçu, symposiums. Ils partageaient des atomesédifié et dirige ce laboratoire unique en son crochus scientifiques et éprouvaient de lagenre. Un laboratoire sans murs et sans sympathie les uns pour les autres. C’est cela,équipements propres, comme tous les les débuts d’ELyT Lab », se rappelle Jean-Laboratoires Internationaux Associés (L.I.A) Yves Cavaillé. A l’époque, ce chercheurdu CNRS, reposant sur le travail en commun spécialisé en Science et Ingénierie deset l’énergie des équipes de plusieurs Matériaux était membre de l’équipe du
  • Professeur Gobin, à l’INSA de Lyon. L’un des Centrale de Lyon. Un an de brainstorming4 mousquetaires d’origine. En quelques scientifique aura en effet suffi à définir lesannées, le quatuor met en place les thèmes de recherche du laboratoire, avec unpremières collaborations, des échanges de leitmotiv : la multidisciplinarité, et undoctorants et multiplie les contacts. En 1997, objectif : agréger l’excellence mutuelle pouril organise le premier colloque franco- démarrer des projets inédits.japonais soutenu par le CNRS sur les Cinq groupes de travail fédérés autourmatériaux intelligents. Les équipes des de cinq thèmes: biosciences, durabilité etlaboratoires impliqués sont mobilisées. sécurité dans les domaines de l’énergie etL’aventure biculturelle démarre véritablement. des transports, micro et nano-matériaux,Elle fédèrera dès lors un nombre croissant de dynamique des fluides, tribologie. En 3 ans,participants. ils seront le terreau de 21 projets deLeur point de ralliement ? le campus de recherche conjoints, sur des sujets très variés.l’INSA de Lyon, à Villeurbanne, au premier Un exemple ? Dans le secteur médical, leétage du Laboratoire MATEIS, un bureau : le développement de biomatériaux innovantsbureau de liaison. 20m² qui tiennent lieu pour les catheters, dans le cadre du projet‘’d’ambassade’’ née en 2004 d’un accord Biocat, se basant notamment sur lesformel entre les 3 établissements. C’est dans compétences en tribologie des chercheursces murs que sont accueillis les étudiants qui lyonnais ou des alliages innovants constitutifspréparent le double diplôme ouvert en 2006 de prothèses de hanches disposant deet, depuis fin 2008, les chercheurs japonais microstructures spécifiques développées pard’ELyt Lab en mission à Lyon. A 10 000 kms les métallurgistes de l’INSA de Lyon.de là, à Sendaï, la configuration est Les projets, le plus souvent orientés sur laidentique : comme en France, le bureau de recherche fondamentale, donnent lieux à desliaison est le lieu de représentation physique publications internationales signées ELyt Labdes accords qui lient les écoles françaises et dans des revues scientifiques. Pour autant, ilsl’université japonaise. L’adresse où suscitent l’intérêt de grands groupes commechercheurs et étudiants se retrouvent pour Total ou EDF, côté français, les premierstravailler. partenaires industriels du labo, mais pas lesLes débuts d’une aventure collective… seuls…Les premiers projets de recherche communs Une première Elyt Schooln’ont cependant pas attendu des bâtiments « Pour nos 3 établissements, ce laboratoiredédiés et des accords officiels pour démarrer. est aujourd’hui la collaboration internationaleLes travaux ont débuté bien avant la création de loin la plus importante », explique le triod’ELyT Lab. Dès 1990, des élèves de l’Ecole en chœur. « Pour ses avancées scientifiquesCentrale ont rejoint les équipes de Tohoku bien sûr, mais aussi parce qu’il démontre cetravaillant sur la durabilité des bandes dont nous sommes convaincus depuis lemagnétiques vidéo. En 2003, un projet de départ : la confrontation entre les culturestaille plus importante est lancé par le CNRS est source d’innovation. Elle est forcémentet son homologue le TSPS. Les jalons du créative ».laboratoire commun sont posés. L’idée fait Pas de doute, au-delà des aspectsson chemin. En mars 2008, l’INSA de Lyon et scientifiques, ELyt Lab est une aventureCentrale déposent un dossier de Laboratoire culturelle et humaine. En 2009, le laboratoireInternational Associé au CNRS. Au Japon, les a tenu sa première école d’été : ELyT School,démarches administratives sont initiées en organisée chaque été depuis 3 ans. Pour uneparallèle. La signature officielle de l’accord de trentaine de participants, alternativementnaissance de ce LIA aura lieu le 8 décembre côté français et côté japonais, elle permet2008, à Sendaï. Elle sera suivie d’un colloque aux étudiants et aux chercheurs descientifique organisé, pour la première fois, s’immerger pendant 10 jours dans la culturesous la dénomination d’ELyT Lab. de leur pays partenaire, avec un programmeUn exemple : les biomatériaux innovants de conférences scientifiques, de visites et« Finalement, nous sommes allés vite, malgré d’échanges et une sensibilisation aux aspectsles aspects administratifs », se souvient culturels de la contrée hôtesse.Philippe Kapsa, du laboratoire de tribologie et « Il faut du temps, beaucoup de temps, maisdynamique des systèmes (LTDS) de l’Ecole nous voyons bien que nos liens sont de plus
  • en plus forts ». Témoin de ces relations, à partir des relevés faits après le 11 mars enl’élan de solidarité parti de l’INSA et de travaillant, notamment, sur la dissipation deCentrale en direction de Tohoku, dès les l’énergie maritime. Des étudiants dupremières heures qui ont suivi le séisme du Département de Sciences et Génie des11 mars 2011. La Fondation de l’INSA a fait Matériaux de l’INSA de Lyon travaillent déjàun don à l’association d’étudiants japonaise sur des projets d’innovations dans laHaru pour l’aider à reconstruire les prévention des tsunamis et le premier Atelierlaboratoires abîmés ou détruits par le consacré à ce thème de recherche esttsunami. L’Ecole Centrale de Lyon a accueilli programmé, fin 2012. Techtera y seraun petit groupe d’étudiants privés de locaux : étroitement associé.avec 40 000 m² de bâtiments endommagés,l’Université japonaise a dû mettre les Elyt Lab – Bureau de liaisonbouchées doubles pour remettre ses INSA de Lyoninfrastructures sur pied et poursuivre ses 69 221 Villeurbanne cdxtravaux. Tel : 04 72 43 81 84Au-delà des échanges scientifiques… Plus d’infos : www.insa-lyon.frEvénement majeur, le tsunami du 11 mars /Laboratoires/GEMPPM/ang_index.htmlsera sans doute aussi un tournant pour ELyTLab. Un programme scientifique internationalrassemblant les chercheurs du laboratoire etun réseau bien plus large de compétences,en Amérique du Nord, en Asie et en Europesera lancé en 2012, à l’Université du Tohoku.Objectif : étudier de nouvelles solutions deprévention des dommages liés aux tsunamis
  • Sofileta dopel’innovationCréation : 1911Effectifs : 235CA 2010 : 55 M€Métiers : ourdissage, tissage, tricotage, teinture,ennoblissement, enduction, contrecollageProduits : textiles pour vestes de pompiers, combinaisons de pilotesautomobiles, protection contre l’arc électrique, textiles fonctionnels pour le sport, textilesrafraîchissants et énergisants, composants pour l’aéronautique…Marchés : sport, lingerie, habillement mode, bagagerie, protection individuelle,aéronautique, automobile et médicalSMS : Sofileta fait partie d’un Groupe familial qui, de la préparation du fil à l’apprêt final de tissusmono- ou multi-couches, maîtrise de nombreux métiers du textile. A l’origine du Groupe, il y a toutjuste 100 ans, le métier d’origine était le travail de teinture à façon pour la soierie lyonnaise.Aujourd’hui, Sofileta repose sur une structure industrielle composée de plusieurs sites deproduction isérois grâce auxquels la PME de Bourgoin-Jallieu prépare le fil, tisse, tricote, ennoblit…Et lance chaque année un nombre important de produits innovants, sur ses marchés privilégiés : lesport et la protection individuelle. En croissance, malgré la crise, cette entreprise-modèle appliqueses savoir-faire à de nouveaux horizons, dont l’aéronautique.U nique en son genre. Tel pourrait être textiles techniques et fonctionnels. Par en résumé le profil de la PME familiale ailleurs, les usines iséroises du Groupe Sofileta. Implantée à Bourgoin-Jallieu, familial réalisent l’ourdissage, le tissage, leà une cinquantaine de kilomètres à l’est de tricotage et l’ennoblissement et sontLyon, elle repose sur une structure implantées dans d’autres zones duindustrielle intégrant sur plusieurs sites département. « C’est un choix que nousisérois la quasi-totalité des métiers du textile. avons fait.. Nous aurions pu délocaliser, à unUne intégration industrielle complète en moment ou à un autre. Nous avons faitmoins de 100 ans. Qui dit mieux ? l’inverse et préféré asseoir notre réussite surUn patrimoine industriel un outil industriel français. Pour cela, il a fallu« Il existe en France très peu d’entreprises et il faut encore beaucoup de courage et detextiles conjuguant comme nous les deux ténacité ».techniques du chaîne et trame et du tricotage, 70% à l’exportavec une activité très équilibrée entre les 100 % française, l’entreprise SOFILETA estdeux ». Président du directoire depuis 2007, structurée autour de business unitsBenoit Bouret représente la 3e génération constituées par marchés : Sofileta Advancedfamiliale. Aujourd’hui aux commandes, aux Textiles pour la protection individuelle,côtés de son père Jean-Claude Bouret, le Sofileta Advanced Materials pour lesjeune dirigeant, diplômé de HEC en 2007, a applications industrielles et Sofiletabien conscience d’être à la tête d’un ActiveWear–Bodywear-Fashion pour le sport,patrimoine industriel. « Sofileta, c’est un la lingerie, le prêt-à-porter et la bagagerie.condensé de toute l’histoire du textile. Des entités distinctes, ayant chacune leursL’entreprise l’a suivie et s’y est adaptée managers opérationnels, leurs équipes dedepuis l’origine. Nous sommes centenaires et R&D et de commerciaux. Objectif : simplifierfidèles depuis de nombreuses années à notre et clarifier la structure et les activités destratégie d’intégration et de diversification. l’entreprise en direction notamment desNotre Groupe, c’est d’abord et avant tout un clients à l’international. Sofileta a réalisé, enformidable outil industriel.». 2010, 70% de son chiffre d’affaires à l’export.Le métier de Sofileta, c’est de concevoir, de Difficile de décliner la totalité des produitsdévelopper et de commercialiser des produits commercialisés en Europe, notamment de
  • l’Est, en Asie et en Amérique du sud. Deux Lorsque le grand-père de Benoit Bouret ades spécialités de l’entreprise ont fait sa rejoint Sofileta, peu de temps après larenommée : le sport et la protection création de l’entreprise en 1911, et en a prisindividuelle, domaines dans lesquels Sofileta la direction, la petite société n’avait qu’una apporté des innovations majeures. L’une seul métier : teinturier à façon, pour lades dernières en date ? Le Sofileta Cooling soierie lyonnaise. Elle a opéré sa mutation,Fabrics®, une technologie exploitant les au fil des grandes transformations du secteur,propriétés rafraichissantes d’un polymère avec l’arrivée des fibres artificielles puisrévolutionnaire : il absorbe l’humidité synthétiques, et connu une expansion rapideprovenant du corps humain lorsqu’il pratique dans les années 60, jusqu’à une date-clé :une activité physique et apporte de la 1969 où elle a racheté une importante usinefraicheur en échange. Ce produit conçu en de tissage. « A partir de là, nous avons cessépartenariat avec l’entreprise belge Luxilon, d’être de simples façonniers. L’entreprise afabricant du filament, a remporté un prix de conçu et vendu des produits finis, dans lel’innovation, en mai 2011, dans le cadre du secteur de l’habillement, uniquement, ausalon international de référence Techtextil à départ. Notre produit-phare à l’époque étaitFrancfort. « Ce qui est très innovant aussi, la doublure acétate dont nous étions l’un desc’est le travail de caractérisation accompli sur plus importants producteursles textiles utilisant ce polymère. Des tests européens ». Pas question pour autant decomparatifs ont été conduits en laboratoire s’endormir sur ces résultats. Au début dessur un mannequin simulant le corps humain années 90, par exemple, Sofileta intègre uneavec ses échanges en chaleur et humidité. première unité de tricotage et lance deUne différence de température à la surface de nouvelles gammes de produits. Avant dela peau comprise entre 1,4°C et 3°C a été développer des textiles de plus en plusmesurée après 60 minutes d’effort physique, complexes par leurs propriétés et leurspar rapport aux tissus existants actuellement fonctions.sur le marché pour l’équipement des sportifs. Une usine flambant neuveNous ne sommes pas dans des effets Prochain rendez-vous : en 2013. A 102 ans,d’annonce ». le Groupe s’offrira en effet le luxe de célébrerAéronautique, automobile et médical son centenaire et, surtout, d’écrire unAutres exemples de produits-stars : la nouveau chapitre de son histoire. Si lesgamme Sofil’Arc® destinée à l’industrie obstacles administratifs ne retardent pasélectrique, pour la protection contre l’arc excessivement le projet, une usine flambantélectrique, l’innovation Diamond neuve ouvrira ses portes, en Isère. High-Technology® qui apporte, par son tissage tech et « propre », elle concentrera desspécifique, des fonctionnalités et des technologies nouvelles moins énergivores,performances nouvelles aux textiles des process optimisés, plus respectueux deprotégeant du feu et de la chaleur, ou encore l’environnement et à la pointe de lala technologie SofiShield® qui est sur le point technologie. Elle contribuera sans doute àd’être commercialisée en Europe, après 2 ans doper les succès de la PME iséroise. Parmide recherche, et qui confère aux textiles ceux à venir, dès 2012, le Sofileta Energizingtraités des résistances exceptionnelles à Fabrics®, une technologie qui pourrait, si lesl’abrasion sans altérer la respirabilité et la essais en cours le confirment, conférer dessouplesse. propriétés amincissantes et énergisantes à deDepuis 2 ans, Sofileta ajoute une corde la lingerie ou des vêtements portés près dusupplémentaire à son arc. Avec le corps. Comme quoi, conclut le jeune patrondéveloppement de technologies induisant de de l’entreprise, « il y a toujours des choses ànouveaux procédés de fonctionnalisation des inventer ». En l’écoutant, on n’en doute pas.supports textiles, l’entreprise centenaireinvestit de nouveaux marchés: l’aéronautique, Sofiletaet le médical. « Notre culture est celle de la 25, Petite Rue de la Plainediversification. Ce qui fait notre histoire, ce 38 311 Bourgoin Jallieusont les défis techniques auxquels nous Tel : 04 74 43 55 00avons répondu. Nous sommes donc cohérents Contact : contact@sofileta.comavec notre passé ». Plus d’infos : www.sofileta.com
  • Le LGCIE, pionnier dans le suivi environnemental des siliconesCréation : 2007Effectifs : 88 enseignants-chercheurs et personnel administratif, environ 50 doctorantsDomaines de recherche : génie civil et urbanisme, analyse environnementale desprocédés et des systèmes industriels, hydrologie urbaine, traitement et valorisation desdéchets, sols, sédiments pollués.SMS : c’est ici, dans ce laboratoire de Villeurbanne, sur le campus de l’INSA de Lyon que la sciencedu traitement des déchets a fait ses premiers pas, au début des années 70, sous la houlettevisionnaire des professeurs chimistes Alain Navarro et Jean Véron. L’approche chimiste initiales’est enrichie ensuite par l’intégration de chercheurs en génie des procédés. Puis en janvier 2007,l’équipe s’est associée à d’autres entités distinctes, de l’INSA et de l’UCBL Lyon1, pour créer leLaboratoire de Génie Civil et d’Ingénierie Environnementale (LGCIE) et les recherches ont fait desavancées significatives. Aujourd’hui, l’un des sujets-phare de l’équipe porte sur la digestionanaérobie des déchets organiques et la valorisation énergétique des biogaz ainsi produits. C’estdans ce cadre que l’équipe a conduit les premiers travaux menés en France sur la dégradation dessilicones présents dans d’innombrables produits de grande consommation.L e saviez-vous ? Chaque Français utilise systèmes industriels – ont commencé à en moyenne 1 kg de silicone par an, défricher le sujet dès 2004. sous forme de produits cosmétiques ou « Nous sommes partis de rien. Lespour la santé, de produits ménagers, de connaissances étaient au degré zéro ! Ce quishampooings, de peinture, d’adhésif nous a lancés là-dessus, c’est un problèmerepositionnable, de joints de salle de bains, rencontré sur le terrain par la filière dede moules de cuisine, d’isolant électrique, de valorisation énergétique de biogaz, ce gazcoque de téléphone portable… Un (plus de 50% de méthane) produit par ladéveloppement récent mais exponentiel : fermentation des déchets. Des dépôts dedepuis leur découverte après-guerre, ces silice (abrasive) inexpliqués sur les pistonsproduits issus de la chimie des dérivés du des moteurs de valorisation énergétiquesilicium et de la silice – le sable – ne cessent étaient susceptibles de les endommager.de faire des petits. Leurs applications sont Nous avons analysé ces dépôts et remonté lainnombrables. Rien d’étonnant : leurs chaîne jusqu’à constater qu’ils provenaient depropriétés, de résistance notamment, les la dégradation des silicones contenus dansclassent au premier rang des polymères les déchets. C’est comme cela que nosperformants. Leur croissance mondiale travaux ont démarré ». Sept ans après,actuelle ? 6 à 7 % par an. En un mot, ils sont Patrick Germain, professeur et responsablepartout. Et ils ont un avenir certain. du master sciences de l’environnementPartis de rien… industriel et urbain de 2005 à 2010, dresseLes silicones sont aussi au centre des travaux un bilan enthousiaste. « Ici, dans notreconduits par le laboratoire de génie civil et laboratoire, une dizaine de chercheurs sontd’ingénierie environnementale (LGCIE) de concernés par la méthanisation, le biogaz etVilleurbanne sur le campus LyonTech de la les silicones ! Il faut dire que, depuis 2004, leDoua. Les équipes de l’INSA de Lyon et de contexte général a beaucoup évolué. L’intérêtl’Université Claude Bernard Lyon I qui se sont pour ces sujets est plus important qu’àregroupées en 2007 sous cette dénomination l’époque ». La 1ère thèse mondiale sur les– mettant en commun leurs champs liens entre la dégradation des silicones et lesd’investigation respectifs en matière de génie problèmes technico-économiques engendréscivil, d’urbanisme et d’analyse a été soutenue au LGCIE en 2008. Une 2 èmeenvironnementale des procédés et des
  • thèse a suivi, en 2011. Un brevet a été à terme, de la piloter avec des super-déposé sur la méthode d’analyse des biogaz. bactéries ou d’aller vers des siliconesUn procédé d’épuration a été développé et biodégradables. Si tout va bien, le siliconetesté sur le terrain. Aujourd’hui, le LGCIE est finira en sable, la matière la plus répanduele seul laboratoire français travaillant sur la sur la planète. Mais nous, chercheurs etthématique de la dégradation et de l’impact industriels, nous connaîtrons les étapes quienvironnemental des silicones. Avec succès. l’ont conduit jusque-là ».« Notre différence tient à notre Hydrologie, environnement, génie civilpluridisciplinarité. Quand on a commencé à Décortiquer la question environnementaleparler de science des déchets dans les pour améliorer sa prise en compte dansannées 70, seuls les chimistes se mobilisaient. l’aménagement des espaces construits etPuis on a recruté des biologistes, des mieux maîtriser les risques de pollution : telgéologues, des statisticiens. Nos recherches pourrait être, en résumé, la définition globalesur les silicones associent des compétences des travaux réalisés par le LGCIE. Trèsmultiples. Cela nous donne un autre regard. présent sur le terrain, qu’il s’agisse desChez nous, 1 + 1 égale 3 ». réseaux d’assainissement, des stationsRéférence mondiale du secteur d’épuration ou des décharges, dans lesquellesL’équation démontre la valeur de l’addition les chercheurs effectuent des prélèvementsdes talents. Les industriels l’ont vite compris. réguliers, le labo intervient sur une multitudeDont, bien sûr, la référence mondiale du de sujets, en partenariat avec les collectivitéssecteur : Bluestar Silicones. L’un des locales et les industriels des filières depremiers fabricants de silicones, avec un traitement et du BTP.leadership sur des marchés à haute valeur Son rôle ? Relever, analyser et étudier desajoutée, tels que les élastomères pour le solutions de valorisation. Pour cela, lesparamédical et l’industrie automobile, l’anti- équipes mettent en oeuvre l’ensemble deadhérence pour les emballages et les adhésifs, leurs compétences : hydrologie, génie deet l’enduction textile pour les airbags, les l’environnement, génie civil. Les exemplestextiles techniques et la lingerie. Dès sa foisonnent. Ainsi, dans l’agglomérationnaissance, en 2007, de la reprise par le lyonnaise, le LGCIE assure-t-il le suivi engroupe Bluestar de l’activité silicones du continu de nombreux paramètres physico-chimiste Rhodia, la nouvelle entité se chimiques des eaux usées et pluviales dansrapproche du laboratoire villeurbannais. les réseaux d’assainissement. Il réalise aussiObjectif : mesurer l’impact de ses produits des prélèvements spécifiques pour sesdans la filière de traitement des déchets. La travaux de recherche sur l’impact des aléasrèglementation européenne impose à climatiques ou des activités humaines. Ainsil’industrie des silicones de revoir ses encore, ses équipes travaillent-elles sur laprocédés de production en utilisant de transformation des déchets d’orduresnouveaux types de catalyseurs sans étain, ni ménagères en matériaux utilisables dans lescomposés mercuriels. Bluestar Silicones sous-couches des routes ou dans le bâtiment.s’empare de cet enjeu environnemental et Enjeu, à terme : une valorisation accrue deséconomique pour lancer un projet de déchets. « Aujourd’hui, on ne réutilise querecherche collaboratif, labellisé par Techtera 30% de la production de biogaz. Avecen 2009 : ECOMAT. Avec, pour partenaires, 4 l’explosion des énergies renouvelables, ceindustriels et 3 laboratoires de recherche, pourcentage va augmenter considérablement.dont le LGCIE. L’un des objectifs de ce projet Il est nécessaire de travailler pour étudier,soutenu par l’Etat français est d’évaluer puis éliminer les verrous technologiques aul’impact environnemental et d’étudier la sein de ces nouvelles filières de valorisationdégradation des silicones produits avec ces des déchets ».catalyseurs nouvelle génération. LGCIE – Laboratoire de Génie Civil etConclusion ? Trop tôt pour le dire. Les d’Ingénierie Environnementaletravaux de recherche sont en cours. Mais les Tel : 04 72 43 82 76perspectives sont séduisantes. « ECOMAT Contact : patrick.germain@insa-lyon.frélargit nos champs d’investigation et nous lgcie@insa-lyon.frpermet de mieux comprendre la Plus d’infos : http://lgcie.insa-lyon.frdécomposition des silicones. Peut-être même,
  • TECHTERA : FAITS ET CHIFFRESTechtera est le pôle de compétitivité des textiles et matériaux souples de la RégionRhône-Alpes. Un réseau d’industriels, de chercheurs et d’acteurs de l’enseignementsupérieur regroupés autour d’un objectif : développer des projets de R&D collaboratifs(rassemblant au minimum 2 entreprises et 1 laboratoire). Centré sur son métier,l’innovation, le pôle propose à ses adhérents un ensemble de prestations dédiées audéveloppement de nouveaux produits, process et technologies : Ateliers-Innovation,groupes de travail « projets », recherche de partenaires et de financements, suivi desprojets de R&D financés, communication et développement international…Création : juillet 2005Nombre d’adhérents : 110, dont 80 % d’industriels et 70 % de PME (chiffres 2010)Nombre de projets accompagnés par le pôle : 204Nombre de projets labellisés par le pôle : 1104,5 partenaires (industriels, laboratoires de recherche, centres techniques) en moyennepar projetBudgets de R&D pour l’ensemble des projets financés, depuis la création du pôle : 137ME.55 % des industriels adhérents du pôle sont partenaires d’un ou plusieurs projets.En 2009, ils ont investi à ce titre, sur leurs fonds propres, plus de 11 M€ dans la R&D.nfo@ltc-jacquard.cominfo@ltc-jacquard.com