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  1. 1. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 1 VILLE DE SOUSSE Projet Stratégie de Développement Urbain Durable. Rapport de pré-diagnostic Urbanisme 2012 Belghith Derouiche
  2. 2. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 2
  3. 3. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 3 TABLE DES MATIERES METHODOLOGIE................................................................................................................................................5 INTRODUCTION ..................................................................................................................................................6 PREMIERE PARTIE : CADRE GENERAL DE L’URBANISATION DE SOUSSE...........................9 Chapitre 1 : CADRE INSTITUTIONNEL DE LA PRODUCTION URBAINE...............................................................10 I. Outils, acteurs et échelles territoriales..................................................................................................................................10 II. Une réglementation descendante dominée par l’Etat : Quelle place de la Stratégie de développement de la ville de Sousse ? ...................................................................................................................................................................................11 Chapitre 2 : CONTEXTE SPATIAL ET HISTORIQUE DES ESPACES URBANISES.................................................13 I. L’occupation du sol ..............................................................................................................................................................13 II. La croissance urbaine..........................................................................................................................................................14 II.1. La période arabo-islamique..........................................................................................................................................16 II.2. La période coloniale.....................................................................................................................................................16 II.3. La période contemporaine............................................................................................................................................16 DEUXIEME PARTIE : LES ESPACES URBANISES.............................................................................. 20 Chapitre 3 : LA MEDINA..................................................................................................................................................21 I. Cadre institutionnel de la gestion de la médina ....................................................................................................................24 II. l’intervention sur le bâti de la médina .................................................................................................................................24 III. Les raisons socio-économiques de la dégradation du patrimoine urbain de la médina......................................................25 Chapitre 4 : LES ESPACES TERTIAIRES, INDUSTRIELS ET TOURISTIQUES.......................................................27 I. Les espaces tertiaires ............................................................................................................................................................27 II. Les espaces industriels ........................................................................................................................................................30 III. Les espaces touristiques.....................................................................................................................................................33 Chapitre 5 : LES QUARTIERS D’HABITATIONS..........................................................................................................38 I. Approche quantitatives du parc logement ............................................................................................................................38 II. Approche des quartiers d’habitations selon le mode de la production urbaine ...................................................................39 II.1. Les quartiers spontanés................................................................................................................................................40 II.2. Les quartiers réglementaires ........................................................................................................................................41 II.2.1. Le quartier Riadh..................................................................................................................................................41 II.2.2. Le quartier Sahloul ...............................................................................................................................................43 Chapitre 6 : LES URBANISATIONS PROJETEES .........................................................................................................44 I. La gare de Sousse .................................................................................................................................................................44 II. Bouhsina nord (Cité olympique) .........................................................................................................................................45 III. Sahloul 4 ............................................................................................................................................................................45 IV. Centre urbain .....................................................................................................................................................................45 V. Technopôle..........................................................................................................................................................................46 TROISIEME PARTIE : LES INFRASTRUCTURES ............................................................................... 51
  4. 4. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 4 Chapitre 7 : LE RESEAU ROUTIER................................................................................................................................52 I. L’aspect spatial du réseau routier .........................................................................................................................................52 I.1. Le noyau central............................................................................................................................................................53 I.2. La desserte des quartiers de Sousse...............................................................................................................................56 I.2.1. Les radiales ............................................................................................................................................................56 I.2.2. Les rocades ............................................................................................................................................................57 I.3. La desserte avec les autres villes limitrophes................................................................................................................60 I.4. La desserte avec les autres régions du pays...................................................................................................................60 II. L’aspect fonctionnel du réseau routier ................................................................................................................................63 II.1. Le trafic........................................................................................................................................................................63 II.2. Le stationnement..........................................................................................................................................................64 Chapitre 8 : LES RESEAUX DES TRANSPORTS COLLECTIFS..................................................................................66 I. Les transports ferroviaires ....................................................................................................................................................66 I.1. La desserte à l’échelle de la région du Sahel.................................................................................................................66 I.2. La desserte à l’échelle du pays......................................................................................................................................69 II. Les bus ................................................................................................................................................................................73 II.1. Le réseau urbain...........................................................................................................................................................73 II.2. Le réseau suburbain .....................................................................................................................................................76 II.3. Le réseau des grandes lignes........................................................................................................................................79 III. Louages et taxis collectifs..................................................................................................................................................79 IV. Les déplacements...............................................................................................................................................................82 V. Les infrastructures portuaires et aéroportuaires ..................................................................................................................83 V.1. Le port de Sousse.........................................................................................................................................................83 V.2. L’aéroport de Monastir................................................................................................................................................85 V.3. L’aéroport d’Enfidha ...................................................................................................................................................85 Chapitre 9 : LES RESEAUX PUBLICS ............................................................................................................................87 I. Le réseau électrique..............................................................................................................................................................87 II. Le réseau d’eau potable.......................................................................................................................................................88 III. Le réseau d’assainissement................................................................................................................................................88 IV. Le réseau de téléphone.......................................................................................................................................................89 QUATRIEME PARTIE : LES EQUIPEMENTS ........................................................................................ 90 Chapitre 10 : LES EQUIPEMENTS..................................................................................................................................91 I. Les équipements scolaires ....................................................................................................................................................92 II. Les équipements hospitaliers...............................................................................................................................................94 III. Les équipements universitaires ..........................................................................................................................................97 IV. Les équipements administratifs .......................................................................................................................................100 V. Les équipements culturels, sportifs et de loisirs................................................................................................................100 V.1. Les équipements sportifs ...........................................................................................................................................103 V.2. Les parcs et jardins publics........................................................................................................................................104 V.3. Les équipements d’enfance et de jeunesse.................................................................................................................105 V.4. Les équipements culturels..........................................................................................................................................105 VI. Les équipements des services publics divers ...................................................................................................................108 SYNTHESE DES OBSERVATIONS FINALES.......................................................................................111 BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................................................116
  5. 5. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 5 METHODOLOGIE Champs général de l’étude Le point central de notre travail consiste à l’élaboration d’un « rapport descriptif de la ville ». Le thème principal de ce rapport descriptif est l’urbanisme. Le focal de l’étude Dans notre étude on va d’abord commencer par décrire le cadre général de l’urbanisation de Sousse. Ceci nous permettra d’identifier la cadre institutionnel de la production urbaine, la situation spatiale des espaces urbanisés et le contexte historique de la croissance urbaine. Ensuite nous allons aborder ce travail à traves trois points de vues : -Le premier point de vue est celui des espaces urbanisés. Dans cette partie on va identifier les principales entités urbaines de la ville. Il s’agit de la médina, les espaces tertiaires, industriels et touristiques, les quartiers d’habitations et les urbanisations projetées. -Le deuxième point de vue est celui des infrastructures. Dans cette partie on va étudier le réseau routier, les réseaux de transports collectifs et les réseaux publics. -Enfin le troisième point de vue est celui des équipements. Dans cette partie on va analyser les équipements scolaires, les équipements universitaires, les équipements hospitaliers, les équipements administratifs, les équipements culturels, sportifs et de loisirs et enfin les équipements des services publics divers. Le terrain de l’étude Dans notre étude, le terrain de base est celui du périmètre communal. Néanmoins dans notre travail on va se basé également sur des périmètre plus larges à savoir les délégations dont le périmètre fait partie entièrement ou partiellement de la commune de Sousse (Sousse Medina, Sousse Riadh, Sousse Jawhara et Sousse Sidi Abdelhamid), le Grand Sousse (Sousse, M’saken, Kalaâ Seghira, Hammam Sousse, Kalaâ Kebira, Akouda, Ezzouhour, Zaouia, Ksiba Thrayet et Messaadine), le gouvernorat de Sousse et dans une moindre mesure la région du Sahel (gouvernorat de Sousse, Monastir et Mahdia) voir même parfois l’échelle nationale. L’élargissement du terrain d’étude est motivé par plusieurs raisons. D’abord l’importance de situer la place de Sousse à l’échelle régionale et nationale. Ensuite, dans plusieurs cas, les données et les statistiques disponibles concernent l’échelle des délégations ou du gouvernorat. Le corpus de l’étude Dans notre étude on va s’appuyer principalement sur deux types de matériaux. La littérature et les entretiens. Pour la première, les documents de la planification urbaine (PAU, SDA, PDU, etc.) nous ont étaient des sources riches en informations. Pour les entretiens nous avons essayé autant que possible de dégager la perception qu’on les personne interrogés sur la situation urbaine de la ville. Outre les informations déjà existantes qu’on a pu se procurer nous nous sommes appuyé sur des informations de première main. En effet, le manque de données ou leurs incompatibilité avec le périmètre communal nous on amener plusieurs fois à la fabrication de l’information. Par ailleurs, grâce à l’aspect tangible de
  6. 6. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 6 l’espace urbain nous n’avons pas hésité à procéder empiriquement en s’appuyant sur des observations personnelles. INTRODUCTION La ville de Sousse et le troisième pôle démographique de la Tunisie. En 2004, la commune de Sousse comprend 173047 habitants derrière la commune de Tunis (728453 habitants) et celle de Sfax (265131 habitants). En passant de 83500 habitants en 1984 à 173047 habitants en 2004, la population de Sousse a doublé en 20 ans. Avec 4%, la commune de Sousse enregistre donc le taux de croissance annuel le plus élevé, loin devant Sfax (1.5%) et Tunis (1.3%). En s’appuyant sur les projections démographiques à l’horizon 2030 réalisées par l’INS, « La fourchette dans laquelle, raisonnablement, devrait s’inscrire la population future de la commune de Sousse, semble devoir être comprise entre 230.000 et 250.000 en 2030 »1 . Localisée au Centre-Est du pays, sur la cote méditerranéenne, Sousse est à mi-chemin entre les deux premières grandes villes du pays : Tunis et Sfax2 . La ville est certes située en périphérie sud-est du gouvernorat mais elle bénéfice d’une position centrale par rapport à l’ensemble de la région du Sahel. Ceci confirme la position de Sousse non seulement comme un simple chef lieu du gouvernorat mais notamment comme capitale régionale du Sahel. Aujourd’hui le bâtie de la commune de Sousse est partie intégrante d’un continuum urbain qui s’étend du coté du littoral jusqu’a Hergla au nord et Monastir au sud. Du coté de l’intérieur du pays il s’étend jusqu’a Mseken en passant par Elmessaadine, Ezouhour, Elkalaa-Essoghra et Elkalaa-Elkobra en passant par Hamam-Sousse et Akouda. Cette situation est le résultat d’une urbanisation par coalescence. En effet, c’est au cours des trente dernières années que s’est opéré la soudure des tissus urbain entre Sousse et Hammam-Sousse, entre Mseken et Elmessaadine et entre Elkalaa-Elkobra et Akouda3 . La ville de Sousse est connectée à l’autoroute qui relie Tunis et Sfax. Elle est desservit par le transport ferroviaire soit directement à travers la gare de Sousse soit indirectement à travers la correspondance par la gare de Elkalaa-Essoghra. Sousse est dotée d’un port commercial situé en cœur de ville. Même si la ville n’a pas d’aéroport mais elle bénéficie de la proximité de deux infrastructures aéroportuaires. La première est celle de l’aéroport de Monastir et la deuxième et celle de l’aéroport d’Enfidha. Doté du statut de chef lieu de gouvernorat, la ville de Sousse concentre les sièges des administrations publiques. Elle comprend des équipements d’envergure régionale tels que CHU, universités, cité olympique, etc. De ce point de vue la ville est un véritable pole régional. 1 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan d’aménagement urbain de la commune de Sousse : rapport de présentation, 2007. Page 79. 2 « La relative proximité de la capitale est a la fois un handicap et un atout : handicap face au développement des fonctions de commandement et de décision, fortement accaparées par la capitale et atout de la proximité des centres directionnels et des services de haut niveau qui tendent a tirer vers le Nord les dynamiques de développement au niveau du grand Sousse ». (Schéma directeur d’aménagement du Grand Sousse, rapport provisoire de 3éme phase, Mars 2010. Page 14). 3 République tunisienne, ministère de l’équipement de l’habitat et de l’aménagement du territoire, direction générale de l’aménagement du territoire, Schéma directeur d’aménagement du Grand Sousse, rapport provisoire de 3éme phase, Mars 2010. Page 53.
  7. 7. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 7
  8. 8. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 8
  9. 9. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 9 Première partie : CADRE GENERAL DE L’URBANISATION DE SOUSSE
  10. 10. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 10 Chapitre 1 : CADRE INSTITUTIONNEL DE LA PRODUCTION URBAINE Avant d’établir un état des lieux des aspects urbains de la ville de Sousse, il convient de brosser à grand trait le cadre institutionnel de la production urbaine dans la ville. D’une part, ceci nous permettra d’identifier les acteurs directement impliqués dans l’urbanisme. D’autre part, ce travail nous permettra de situer la Stratégie de développement de la ville de Sousse dans le cadre institutionnel de l’urbanisation de la ville. I. Outils, acteurs et échelles territoriales La cadre juridique dont lequel se fait la production urbaine en Tunisie est fixé par le « code de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme » (CATU) promulgué en 1994. Ce code fixe deux branches d’urbanisme servant à la fabrication de la ville à savoir la planification d'aménagement et les opérations d'aménagements Pour ce qui est de la planification, elle s’appui sur le « Schéma Directeur d'Aménagement » (SDA)4 et le « Plan d’Aménagement Urbain » (PAU)5 . Le SDA du Grand Sousse qui date de 2010 fixe la planification territoriale à l'échelle régionale. Il est élaboré par le bureau d’étude privé URBACONSULT dirigé par Morched Chabbi et son approbation revient au ministère de l’équipement, de l’habitat et de l’aménagement du territoire (MEHAT). Le PAU de Sousse date de 2008. Il fixe la planification territoriale à l'échelle municipale. Il est élaboré par les bureaux d’étude privés de Jalel Abdelkafi et Amor Mezgar. Tout comme le SDA du Grand Sousse, le PAU de Sousse est approuvé par le MEHAT. Selon la CATU, le PAU de Sousse doit être conforme au SDA du Grand Sousse. Outre ces documents de planifications, l’urbanisme à Sousse se fait par des opérations d’aménagements à savoir les périmètres d'interventions foncières (PIF)6 et les lotissements7 . Ces opérations d’aménagements doivent êtres conformes au PAU. Les périmètres d'interventions foncières (PIF) sont crées par le MEHAT. Dans les PIF peuvent intervenir pour la réalisation d’opération d’aménagement, l'État, les collectivités locales et quatre agences publique. Pour ces derniers il s’agit de l’Agence Foncière d’Habitation (AFH), l’Agence Foncière Touristique (AFT), l’Agence Foncière Industrielle (AFI) créées en 1973 et l'Agence de Réhabilitation et 4 Code de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme (CATU), articles 5 à 9. 5 Code de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme (CATU), articles 12 à 29. 6 Code de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme (CATU), articles 30 à 39. 7 Code de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme (CATU), articles 58 à 67.
  11. 11. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 11 de la Rénovation Urbaine (ARRU) créées en 1981. L’acteur qui intervient dans les PIF se charge de l’élaboration d’un plan d'aménagement de détail (PAD). Les agences qu’on vient d’énumérée sont des établissements publics à caractère industriel et commercial et à financement autonome. Elles jouent un rôle important dans l’urbanisation de la ville de Sousse. L’AFH continue à produire les quartiers d’habitations tels que Sahloul. L’AFI est chargé de la zone industrielle de Sidi Abdelhamid. L’AFT est l’aménageur de la zone touristique sur le littoral nord de Sousse. L’ARRU intervient principalement dans les quartiers spontanés tels qu’El Matar et secondairement dans la médina de Sousse. Les lotissements sont le deuxième type d’opération d’aménagements. Ils sont approuvés par la municipalité et le gouvernorat après avis du MEHAT. Depuis 19908 , les lotissements peuvent être réalisés par des promoteurs privés. D’autres opérateurs publiques assurant la promotion immobilière et sont susceptibles d’intervenir à Sousse. La Société Nationale Immobilière de Tunisie (SNIT) créée au lendemain de l’indépendance en 1957 était l’acteur principal de la production de la ville en Tunisie (promotion foncière, promotion immobilière, financement, etc.). Dans les années 1970’ avec la création de l’AFH et la caisse Nationale d’Epargne Logement devenue Banque de l’Habitat en 1986, les activités de la SNIT sont réduites à la promotion immobilière. Outre la SNIT, la Société de Promotion des logements Sociaux (SPROLS) crée en 1977 est un deuxième opérateur public assurant la mise en œuvre de la politique de l’Etat en termes de logement social. Enfin un autre outil de planification urbaine à Sousse mérite d’êtres mentionné. Il s’agit du Plan de Déplacement Urbain (PDU) élaboré en 2006 par FORMAPLAN et commandité par la ville de Sousse dans le cadre d’une collaboration avec MedCités. II. Une réglementation descendante dominée par l’Etat : Quelle place de la Stratégie de développement de la ville de Sousse ? La lecture du cadre institutionnel de la production urbaine à Sousse nous permet de constater sa la logique descendante. En effet, au sommet se trouve la SDA du Grand Sousse. Ensuite vient le PAU de la ville de Sousse qui doit se conformer au SDA. Apres viennent les PIF et les lotissements qui doivent à leurs tours se conformer au PAU. D’autre part la production urbaine à Sousse parait dominée par le MEHAT. En effet, c’est ce dernier qui est chargé de l’approbation du SDA et du PAU. C’est également à lui que revient la création des PIF. Toute fois depuis 1990 et à travers les lotissements, un segment de la production urbaine semble s’ouvrir non seulement aux acteurs publics locaux mais aussi aux acteurs privés. Par ailleurs, le PDU de Sousse reste absent du CATU. Ceci à un impact direct sur sa mise en œuvre. Les propositions envisagées dans le PDU ne semble pas avoir vu le jour en raison de l’incapacité juridique de la commune à le faire. En effet, il s’agit de projet dont la maitrise d’ouvrage revient juridiquement à des 8 Loi n°90-17 du 26 février 1990
  12. 12. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 12 institutions tels que le ministère du transport, le ministère de l’équipement, etc. et non pas à la commune qui est le commanditaire du PDU. OUTILS DE LA PRODUCTION URBAINE NATURE DE L'OUTIL ECHELLE D'APPLICATION APPROBATION RELATION AVEC LES AUTRES OUTILS SDA du Grand Sousse planification d'aménagement régionale MEHAT - PAU de Sousse planification d'aménagement municipale MEHAT Doit êtres conforme au SDA PIF opération d'aménagement locale MEHAT Doit êtres conforme au PAU LOTISSEMENT opération d'aménagement locale Municipalité de Sousse ou Acteurs privés Doit êtres conforme au PAU PDU N’est pas inscrit au CATU Stratégie de Développement de la Ville de Sousse ? La place de « la Stratégie de Développement de la Ville de Sousse » dans le cadre juridique de la production urbaine Source : élaboration personnelle * * * * * Observation finale sur le cadre institutionnel de la production urbaine En l’état actuel des choses, la « la Stratégie de Développement de la Ville de Sousse » serait un document technique sans assise juridique ce qui entrainerait des difficultés pour sa mise en œuvre par la commune. En revanche, la politique générale de la Tunisie post-révolution tendrait vers une décentralisation. Face à ça, la Stratégie de Développement de la Ville de Sousse pourrait être un moyen pour encourager cette décentralisation.
  13. 13. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 13 Chapitre 2 : CONTEXTE SPATIAL ET HISTORIQUE DES ESPACES URBANISES I. L’occupation du sol La décomposition du périmètre communal en fonction de l’occupation du sol nous permet de distinguer les différentes parties du territoire à savoir l’espace urbanisé existant et projeté, les espaces naturels et les espaces agricoles. Pour ce qui est de l’espace urbanisé9 , à l’est, il longe presque l’ensemble du littoral en partant de la limite avec la commune de Hammam Sousse jusqu'à la limite avec Monastir. Au nord, les quartiers de Khézema assurent une continuité urbaine entre Sousse et Hammam Sousse. Tandis qu’au sud, les zones humides formées par Oued Hamdoun et la Sebkhat créent une coupure urbaine. En fin, à l’ouest l’urbanisation existante s’étend principalement à travers les quartiers de Sahloul et Riadh. L’espace urbanisé projeté comprend les différentes opérations urbaines qui sont programmées ou en cours de réalisation. Il s’agit principalement du centre urbain, Sahloul IV, Bouhsina Nord et le pole technologique. Les espaces naturels comportent les parties du territoire interdits à l’urbanisation. Se sont principalement les berges de l’Oued kharroub au nord, le périmètre du domaine public hydraulique de la Sebkhat géré par le ministère de l’agriculture et le « couloir STEG » réservé à la ligne haute tension qui part de la centrale thermique. En fin, des espaces agricoles composés essentiellement d’oliveraies sont situés au sud de la Sebkhat et à l’ouest du futur pole technologique. Aujourd’hui, l’espace urbanisé représente 3174ha alors que l’espace agricole représente 427.5ha. Cette situation s’inscrit dans le contexte général des pressions urbaines sur les terres agricoles que connait Sousse depuis des décennies10 . 9 Pour des raisons de commodité, dans la délimitation de l’espace urbanisé existant nous avons englobé volontairement les territoires dotés d’une densité bâtie faible ainsi que les petite et moyenne parcelles encore libres allant jusqu'à une surface de 1 ha. 10 Houimli explique que le cout élevé de la construction à conduit l’urbanisation des terres agricole par les processus inter-reliés de l’urbanisation réglementaire et celles illégale. Selon lui, « le manque de moyens financiers a amené les opérateurs publics comme l’AFH à augmenter le prix de vente des terrains à bâtir dans des lotissements aménagés sur d’anciennes terres agricoles, de plus en plus éloignés des centres urbains. Cette nouvelle formule a accentué l’exclusion des ménages à bas salaires de l’accession à la propriété. En l’occurrence, ces populations sont allées chercher la solution sur le marché parallèle, chez des spéculateurs fonciers privés qui opèrent souvent sur des terrains agricoles non viabilisés, en toute infraction aux lois foncières en vigueur (comme la loi de protection des terres agricoles) et aux règlements élémentaires de l’urbanisme (comme le permis de construire par exemple). Cela s’est traduit par la production importante d’un habitat de plus en plus diffus et extrêmement consommateur d’espace, transformant profondément l’espace agricole périurbain. Cela est vrai dans la mesure où les divers opérateurs publics ou privés sont tous partis à la recherche de terrains moins coûteux dans l’arrière- pays proche de la ville, ce qui a généré une forte consommation d'espace dans des zones périurbaines classées agricoles ». (HOUIMLI Ezzeddine, 2008, Les facteurs de résistance et de fragilité de l’agriculture littorale face à l’urbanisation : Le cas de la région de Sousse Nord en Tunisie, Thèse de doctorat, Ecole
  14. 14. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 14 II. La croissance urbaine Du point de vue du contexte historique, trois grandes périodes semblent caractérisées la croissance urbaine de la ville de Sousse. La première s’étend jusqu'à 1881 et concerne la formation de la médina. La deuxième s’étend de 1881 jusqu’au 1956 et concerne la formation de la ville coloniale. La dernière s’étend de 1956 jusqu’aujourd’hui et concerne les urbanisations de l’après indépendance. nationale supérieure du paysage de Versailles, Institut des Sciences et Industries du Vivant et de l’Environnement (Agro Paris Tech), Spécialité : Sciences et architecture du paysage. Page164).
  15. 15. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 15
  16. 16. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 16 Les trois périodes de la croissance urbaine Source : Elaboration personnelle II.1. La période arabo-islamique C’est aux Phéniciens que revient la fondation du premier noyau urbain de la ville de Sousse. Par la suite Hadrumète devient l’une des principales villes de la province romaine d’Afrique. Au VIIe siècle, avec l’arrivé des arabes, une médina commence à se développer. Au Moyen Age, sous les Aghlabides, la ville connait un essor grâce à son important port de commerce. Par la suite, au Xe siècle, sous les Fatimides, la ville de Sousse a perdu de son importance au profil de Mahdia. Ce n’est qu’au XVIe siècle avec les Turcs que la ville retrouve son développement. A la fin du XIXe siècle, l’espace urbanisé de la ville est constitué par les limites actuelles de la médina. Il s’étendait sur environ 32ha. II.2. La période coloniale Avec l’installation du protectorat en 1881, la médina est dédoublée par une ville européenne. Durant cette époque « Sousse a acquis des terrains autour de la médina et plus particulièrement dans le centre, autour du port, de la gare et des casernes »11 . Durant les premières années du XIXe siècle, les principales extensions de l’espace bâti se sont faites au nord à travers les quartiers de Cappace Grande et du Trocadero, à l’ouest avec les casernes et au sud par des établissements industriels. Durant les années 1950’ la ville comptait 48172 habitants12 . L’espace bâti s’étendait sur 504.8ha13 . II.3. La période contemporaine Au lendemain de l’indépendance, les urbanisations existantes on connut d’importantes transformations. La médina se paupérise et la ville européenne commence a se tertiarisée. D’un autre coté, des nouvelles extensions urbaines se sont faites dans plusieurs directions. Pendant les années 1960-1970, c’est le développement du tourisme au nord et des industries au sud. Les unités hôtelières se sont implantées d’abord au niveau de la plage de Boujaafar et ensuite entre Khezama et Hammam Sousse. Les établissements industriels étaient accompagnés par la prolifération de quartiers spontanés. A partir des années 1980’, la ville s’est développée principalement à travers les quartiers résidentiels tels que Riadh et 11 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan d’aménagement urbain de la commune de Sousse : rapport de présentation, 2007. Page 25. 12 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan d’aménagement urbain de la commune de Sousse : rapport de présentation, 2007. Page 26. 13 République tunisienne, ministère de l’équipement de l’habitat et de l’aménagement du territoire, direction générale de l’aménagement du territoire, Schéma directeur d’aménagement du Grand Sousse, rapport de 1ére phase, Avril 2006. Page 18.
  17. 17. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 17 Sahloul mis en place par les operateurs publics. Aujourd’hui la commune de Sousse compte environ 185.000 habitants14 . Selon nos estimations, l’espace bâti s’étendait sur environ 3174ha. 14 www.commune-sousse.gov.tn
  18. 18. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 18
  19. 19. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 19 * * * * * Observation finale sur le contexte spatial et historique des espaces urbanisés La ville de Sousse connait une croissance urbaine exponentielle. La surface urbanisée, on l’a vue, s’est multiplié par six en l’espace de 60 ans. Aujourd’hui, plus de 70% du périmètre communal est urbanisé. Avec les opérations à l’étude et en cours de réalisation, ce taux dépassera 80%.
  20. 20. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 20 Deuxième partie : LES ESPACES URBANISES
  21. 21. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 21 Chapitre 3 : LA MEDINA La médina de Sousse comporte des logements ainsi que des activités commerciales et artisanales. S’étendant sur 32ha elle comprend un peut moins de 2000 logement en 2004. Avec environ 60 logements à l’hectare, la médina de Sousse représente une densité plus élevé que la moyenne de la commune qui elle se situe à environ 17 logements à l’hectare. En effet la médina constitue environ 1% des espaces urbanisé de la commune alors qu’elle accueille plus de 3% des logements. Comparée au reste de la ville, la singularité de la médina réside dans son tissu urbain traditionnel véritable témoignage des villes arabo-musulmane et méditerranéenne. « Elle constitue, avec la médina de Monastir, l’unique prototype qui nous soit parvenu de l’architecture militaire côtière des premiers siècles de l’Islam »15 . Ce tissu urbain est entouré par une muraille datant du IXe siècle et érigé sur des vestiges romains et byzantins. Elle est aujourd’hui presque entièrement conservée. Une série de monuments datant également du IXe siècle est repartie sur l’ensemble de la médina (le Ribat, la Grande mosquée, la Kasbah, etc.). La trame viaire est composée de rues principales, ruelles et impasses. Elle est presque entièrement piétonne. Les principaux axes accueillent les souks. Les voies secondaires mènent aux quartiers résidentiels constitués par des maisons à patio. 15 UNESCO Médina Commune Nbr de logements* 1960 53852 % des logements 3.64 100 Surface urbanisée (ha) 32 3174 % de la surface urbanisée (ha) 1.01 100 Nbr de logements/ha 61.25 16.97 Densité des logements Source : Elaboration personnelle à partir des données INS 2004 (*)
  22. 22. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 22 Encadré : Types de logements D’après une étude de l’ARRU, effectuée en 1985, la médina de Sousse comprend trois types de logements : - 59,8 % des logements sont de type « maison traditionnelle », dont la typologie est caractérisée par la forme introvertie du logement et son organisation autour d’un patio, ainsi que par la présence d’une entrée en chicane avec un ou plusieurs espaces de transition entre la rue et le patio. On y distingue trois catégories de logements, illustrant la stratification sociale de la population et rangées par ordre croissant selon leur importance relative au sein des maisons traditionnelles : la maison « bourgeoise » (12,9 %), la maison « populaire » (41,5 %) et la maison « citadine » ou « modeste » (47,6%). - 8 % d’« immeubles européens », généralement des bâtiments à R+1 ou R+2 organisés selon le modèle européen (cage d’escalier desservant les appartements) et surtout présents dans la partie basse de la médina. - l’oukala (ou fondouk) pour seulement 0,5 % du total des logements : des « hôtels » de type traditionnel, ou anciens caravansérails, i.e. des grandes maisons à patio, les pièces d’habitation étant louées pour l’hébergement et les services utilisés en commun. Source : Agence Française de Développement, Méthodologies d'évaluation économique du patrimoine urbain : une approche par la soutenabilité, Mai 2012. Page 144-145.
  23. 23. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 23
  24. 24. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 24 La médina de Sousse I. Cadre institutionnel de la gestion de la médina Le code de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme et le code du patrimoine archéologique, historique et des arts traditionnels sont les deux principaux instruments législatifs qui encadrent la production urbaine de la médina. La réglementation urbaine est définit dans le PAU. Ce dernier fixe pour la médina une zone avec des règles spécifiques16 dont le périmètre coïncident avec la muraille. En 2010, à la demande de l’ICOMOS17 , le périmètre de cette zone est élargit à travers une « zone tampon » d’environ 200 mètres au-delà des murs de la médina. Aujourd’hui les travaux de réhabilitation se font sans un cadre réglementaire fin et précis fixant la méthode de l’intervention dans le patrimoine urbain. Le projet d’un plan de sauvegarde pour la médina serait aujourd’hui en gestation. La gestion de la médina est partagée entre plusieurs institutions. Au premier plan on a la commune de Sousse assistée depuis 1978 par l’association de la sauvegarde de la Médina (ASM). Depuis sont inscription comme patrimoine mondial en 1988, le ministère de la culture intervient à travers l’Institut national du patrimoine (INP). L’Agence de Réhabilitation et de Rénovation urbaine (ARRU) quand à elle joue plutôt un rôle opérationnel. « Aujourd’hui la médina doit être doté d’un atelier d’architecture et d’urbanisme, l’atelier de la médina, qui doit être le principal acteur responsable de sa gestion. C’est un peut ce que fait l’ASM à Tunis qui comportent des architectes spécialisés dans le patrimoine urbains, des historiens, etc. j’ai déjà fait cette proposition au maire et j’espère qu’elle va se concrétiser »18 . II. l’intervention sur le bâti de la médina Depuis les années 1980’, la commune, l’ASM et l’INP collaborent dans la réhabilitation de la médina. L’intervention de l’ARRU à commencé principalement depuis les années 2000’. Les différentes interventions ont concerné le repavage de certaines rues, le ravalement de certaines façades et la 16 Avec un COS de 0.75 et un CUF de 1.5, le bâti autorisé dans la médina ne dépasse pas en général deux étages. 17 Le Conseil International des Monuments et des Sites (ICOMOS) est une organisation non-gouvernementale internationale qui œuvre pour la conservation des monuments et des sites dans le monde. 18 Moez Naija. Directeur des Travaux. Municipalité de Sousse. Entretient réalisé le 12/12/2012.
  25. 25. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 25 réhabilitation ponctuelles des réseaux publics19 . Les principaux monuments ont étaient restaurés et selon une étude du CMI20 leur majeur partie est aujourd’hui sauvées. Certains édifices publics ont étaient restaurés et réaffectés à d’autres activités tels que Dar El Gaied qui accueille l’arrondissement municipal et Dar Echaraa qui devrait accueillir un centre culturel. Depuis 2010 un projet de réhabilitation de la médina est lancé. Il est financé par la commune, l’AFD et l’Union Européenne. La maitrise d’ouvrage est assurée par l’ARRU. Le projet consiste à la rénovation des réseaux publics et le ravalement de façades le long d’un circuit identifié. En octobre 2012, une rencontre avec la société civile a était organisée par la commune pour discuter du projet. Elle a révélé certaines réticence voir même des oppositions. Aujourd’hui le projet semble maintenu avec quelques modifications. « Ce projet constitue une opportunité pour se mettre à l’abri du risque de déclassement de la liste du patrimoine mondial auquel est soumise la médina de Sousse depuis quelques temps »21 . Environ 70 propriétés privées « immeuble menaçant ruine » (IMR) ont étaient récemment réhabilités par la commune assistée par l’ASM. Cependant, malgré cet effort, il reste plusieurs logements privés dégradés que la commune n’a pas les moyens de les réhabiliter. S’ajoute à ça le manque de mécanisme de collaboration entre la commune et les habitants pour les incités à la réhabilitation de ces bâtiments tout en préservant leur caractère patrimonial. Par conséquence, le rythme de la dégradation du bâti dans la médina est loin d’être maitrisé. Une étude de l’AFD22 rapporte que le nombre des IMR de la médina de Sousse est passé de 217 en 1985 à 336 en 2004. Parmi ces IMR, ceux qui étaient irrécupérables (à démolir) sont passés de 19 en 1985 à 119 en 2004. Dans les IMR récupérable en 2004, 123 étaient moyennement dégradé et 94 fortement degré. Toujours selon la même source, « En supposant que les taux de dégradation se maintiennent à ce niveau, on peut ainsi estimer que, net des reconstructions déjà entreprises (et si elles suivent le même rythme que précédemment), seulement 2,79 % du patrimoine architectural de la médina de Sousse aura disparu au cours des 20 années suivantes, ce qui correspond tout de même environ à 50 immeubles destinés à l’habitation et au commerce (contre 118 sans reconstruction envisagée) »23 . III. Les raisons socio-économiques de la dégradation du patrimoine urbain de la médina La difficulté de la préservation du bâti qu’on vient de citer, s’inscrit dans le contexte générale de défiguration et de dégradation du patrimoine urbain de la médina de Sousse dont les raisons sont d’ordre social et économique. Au lendemain de l’indépendance, selon HOUIMLI Ezzeddine (2008) la ville de Sousse à connu trois types de mobilité démographique « Pendant la deuxième moitié du XXe siècle, Sousse a connu, à l’instar 19 Les réseaux concernés par la réhabilitation sont ceux de l’assainissement, l’alimentation en eau potable et l’électricité. En revanche, la médina de Sousse souffre toujours de l’inexistence presque totale d’un réseau d’évacuation des eaux pluviales ce qui entraine des problèmes d’humidité responsable de la dégradation du bâti. 20 Le Centre pour l’Intégration en Méditerranée, « Médinas 2030 », Etude documentaire, novembre 2010. Page 296-303. 21 Moez Naija. Directeur des Travaux. Municipalité de Sousse. Entretient réalisé le 12/12/2012. 22 Agence Française de Développement, Méthodologies d'évaluation économique du patrimoine urbain : une approche par la soutenabilité, Mai 2012. Page 145-168. 23 Agence Française de Développement, Méthodologies d'évaluation économique du patrimoine urbain : une approche par la soutenabilité, Mai 2012. Page 169.
  26. 26. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 26 des autres villes tunisiennes notamment la capitale Tunis, un triple mouvement des populations qui a eu des répercussions importantes sur le devenir de la ville (…). En effet, le départ des étrangers vers leurs pays d’origine a généré une importante mobilité interne des populations soussiennes entre la médina et la ville européenne. (…) cinq années (1956-1961) ont suffi pour l’accomplissement de l’essentiel des deux mouvements. Parallèlement, l’«hémorragie» humaine qu’a connue la médina a créé un appel de population. De fait, la médina récemment désertée par ses habitants ancestraux, a attiré des populations d’origine rurale de l’intérieur du pays, venues à la recherche d’emplois »24 . Cette mobilité de la population a était suivit par un dépeuplement de centre historique. En effet, la population de la médina était d’environ 20 milles habitant dans les années 1930’. Elle est passé à environ 10 mille habitant dans les années 1970’. Entre 1994 et 2004 elle est passée de 5941 à 5281. Durant cette période, c’est le seul arrondissement municipal qui ne connait pas une croissance positive de la population. Aujourd’hui selon l’étude de l’AFD25 déjà cité, la population de la médina semble majoritairement âgé et à faible revenue. Arrondissement 1984 1994 2004 Taux de croissance annuel 1984-1994 Taux de croissance annuel 1994-2004 Sousse Medina 7225 5941 5281 -1,94 -1,17 Sousse Nord 31371 40330 56075 2,54 3,35 Cité Riadh / 19131 34447 / 6,06 Sousse Sud 44913 59588 77244 2,87 2,63 Total commune de Sousse 83509 124990 173047 4,12 3,31 Croissance de la population Source : SDA Grand Sousse (2010) La conséquence de ce dépeuplement est la dégradation du bâti déshabité. Le régime de l’indivision de la propriété alimente ce phénomène. D’un autre coté, ce dépeuplement est interallié avec la prolifération des échoppes de souvenir qui défigurent le cadre bâti. Dans son étude26 , le CMI parle de « dévitalisation » et de « soukalisation ». Les produits vendus contrefaits et importés d’Asie sont destinés aux touristes. Pour ces derniers, la médina n’est qu’un lieu de transit pour des visites guidées de quelques heures en suivant les deux circuits touristiques aménagés à cet effet. Face à ça l’activité artisanale véritablement ancrée dans le patrimoine de la médina à du mal à survivre. Il semble que le développement d’un tourisme culturel dans la médina souffre de la réputation internationale dominante de la ville de Sousse pour ce qui est du tourisme balnéaire de masse. * * * * * Observation finale sur la médina Le patrimoine urbain de la médina de Sousse est assez conservé grâce à la réhabilitation des monuments et la réaffectation des édifices publics. Mais les propriétés privées sont confrontées à la dégradation et à la défiguration. Du point de vue institutionnel la médina 24 HOUIMLI Ezzeddine, 2008, Les facteurs de résistance et de fragilité de l’agriculture littorale face à l’urbanisation : Le cas de la région de Sousse Nord en Tunisie, Thèse de doctorat, Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles, Institut des Sciences et Industries du Vivant et de l’Environnement (Agro Paris Tech), Spécialité : Sciences et architecture du paysage. Page 132. 25 Agence Française de Développement, Méthodologies d'évaluation économique du patrimoine urbain : une approche par la soutenabilité, Mai 2012. Page 142-148. 26 Le Centre pour l’Intégration en Méditerranée, « Médinas 2030 », Etude documentaire, novembre 2010. Page 294.
  27. 27. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 27 ne dispose ni d’un cadre réglementaire ni d’organisme de gestion approprié. Du point de vu social elle souffre du dépeuplement. Enfin du point de vue économique l’activité artisanale se voit substituée par les échoppes de souvenir. Chapitre 4 : LES ESPACES TERTIAIRES, INDUSTRIELS ET TOURISTIQUES I. Les espaces tertiaires Autant l’existence d’un limite physique constituée par la muraille nous a aidé a identifié avec précisons le centre historique, la délimitation claire du « centre ville » nécessite le croisement de plusieurs sources. Sommairement le « centre ville » est une entité urbaine qui s’tend autour de la médina. Plusieurs sources s’accordent qu’il comprend à l’est l’épaisseur urbaine intercalée entre le centre historique et la zone portuaire27 . A l’ouest il est matérialisé principalement par la nouvelle régénération urbaine de la caserne28 . Limité au sud, il s’arrête entre la rue du 18 janvier et la rue de Tripoli. Par contre au nord il s’étend jusqu’au Bv. Abdelhamid El Kadhi29 . Cette délimitation qui résulte du recoupement de plusieurs sources semble confirmée par le PAU qui en fait une zone dotée de règlement d’urbanisme spécifique30 . Du point de vue fonctionnel, le « centre ville » est caractérisé par la concentration des activités tertiaires. En effet, c’est l’entité urbaine où se localise les administrations publiques, les sièges sociaux des entreprise, les établissements financiers (banques, assurances, etc.), les bureaux accueillant des professions libérales ainsi que des activités commerciales et de loisirs. La constitution de ce « centre ville » à travers les activités tertiaires s’est faite en plusieurs phases. Le premier noyau date de l’époque coloniale. Représenté par la ville européenne il comprend les ilots situés entre la médina et le port ainsi que les urbanisations au niveau de la plage Boujaafar. Ce territoire « (…) est pratiquement pris en étau entre le littoral longtemps désaffecté de la plage Hadrumète, le port, la gare, la place Farhat Hached, le parc Charles Nicolle et le quartier dégradé de Cappace Grande »31 . Par la suite, bloquée à l’est par le port et à l’ouest par les casernes, la saturation de la ville coloniale à entrainé l’extension des activités tertiaires vers le nord entre la Corniche et l’avenue Mongi Slim en relation avec le développement des activités touristique et qui étaient « l’une des rares directions favorable à 27 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan d’aménagement urbain de la commune de Sousse : rapport de présentation, 2007. Page 34. 28 République tunisienne, ministère de l’équipement de l’habitat et de l’aménagement du territoire, direction générale de l’aménagement du territoire, Schéma directeur d’aménagement du Grand Sousse, rapport final de 3émé phase, Septembre 2010. Page 55. 29 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan des déplacements urbains (PDU) de la ville de Sousse, Document 6 : diagnostic de la situation actuelle. Septembre 2005. Page 33. 30 Avec un COS de 0.75 et un CUF de 4.5, le bâti autorisé dans cette zone est de 6 étages. 31 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan des déplacements urbains (PDU) de la ville de Sousse, Document 6 : diagnostic de la situation actuelle. Septembre 2005. Page 33.
  28. 28. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 28 l’extension du centre moderne »32 . Durant les dernières années, cette extension s’est poursuivit le long de la RN1. Elle s’est accompagné par un « (…) processus d’affinage du centre repoussant l’habitat des catégories sociales pauvres, incapables de résister devant la concurrence d’activités plus rentables, telles que le commerce et les activités de bureau »33 . 32 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan des déplacements urbains (PDU) de la ville de Sousse, Document 6 : diagnostic de la situation actuelle. Septembre 2005. Page 33. 33 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan des déplacements urbains (PDU) de la ville de Sousse, Document 6 : diagnostic de la situation actuelle. Septembre 2005. Page 33.
  29. 29. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 29
  30. 30. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 30 Par ailleurs il faut faire mention de deux états de fait concernant le développement de ces activités tertiaires. Le premier est que leurs naissances et leurs extensions sont le résultat d’un processus « spontané »34 . Le deuxième est que ce processus arrive à saturation. En effet, selon le SDA de 2010, « Sousse est caractérisée par un espace central qui a peu évolué au cours des 30-40 dernières années »35 . Selon le PAU de 2007, en raisins des obstacles créés par certains équipements, « il n’est pas sûr que les mécanismes de l’affinage du centre fonctionnent spontanément à l’ouest et au sud de la médina »36 . D’un autre coté, la saturation du « centre ville » par les activités tertiaires n’est pas un phénomène récent. En faisant note « d’asphyxie et de congestion du centre ville de Sousse »37 , il y a déjà 20 ans on raconte que « cette hyper concentration des fonctions tertiaires dans un quadrilatère d’une cinquantaine d’hectare, est à l’ origine du congestionnement du centre de la ville, et des problèmes de circulation qu’il connait »38 . II. Les espaces industriels L’implantation des premiers établissements industriels dans la ville de Sousse a commencé au début du XXe siècle dans le quartier Suisse39 . En contact direct avec les limites sud de la zone portuaire, cette partie du territoire d’environ 30 ha est insérée entre le littoral et la route de Monastir et s’étend jusqu’au Oued El Hallouf. Datant de l’époque coloniale elle a connu l’implantation du comptoir général de bâtiment, la coopérative oléicole de Sahel, l’office des céréales, etc. Le développement de l’activité industrielle au sud de Sousse s’est poursuivit après l’indépendance avec l’installation des grandes entreprises publiques. En effet, à partir des années 1960’, des établissements tels que AMS, SITEX, SOMATRAL on vu le jour dans les quartiers de Ksibet Chott, El Ghodrane et El Aouinet40 . D’autres établissements se sont développés au gré des opportunités foncières et en profitant de la proximité des infrastructures. Les industries situées à Sidi Kacem en sont un exemple. Lors de leurs implantions ces industries étaient situés en dehors de la ville. Aujourd’hui, rattrapées par l’urbanisation, elles se sont trouvées enclavées à l’intérieur de quartier polyfonctionnel et d’habitation. « Ces industries deviennent en même temps "la victime et le bourreau" du développement urbain et économique de la ville. Bourreau, car elles étouffent l’extension urbaine et la verrouillent. Victime, car elles doivent être délocalisées et désaffectées »41 . La mise en place de l'agence Foncière Industrielle (API) en 1973 a permis la création de la premier zone industrielle planifiée à Sousse. Il s’agit de la ZI de Sidi Abdelhamid. Le périmètre à était définit en 1975 et la viabilisation s’est terminé dans les années 1980’. Composé de deux zones, Sidi Abdelhamid 1 et Sidi Abdelhamid 2, sa superficie et d’environ 97ha. Elle s’inscrit entre la route de Monastir et la voie ferrée. 34 République tunisienne, ministère de l’équipement de l’habitat et de l’aménagement du territoire, direction générale de l’aménagement du territoire, Schéma directeur d’aménagement du Grand Sousse, rapport final de 3émé phase, Septembre 2010. Page 55. République tunisienne, Commune de Sousse, Plan d’aménagement urbain de la commune de Sousse : rapport de présentation, 2007. Page 36. 35 République tunisienne, ministère de l’équipement de l’habitat et de l’aménagement du territoire, direction générale de l’aménagement du territoire, Schéma directeur d’aménagement du Grand Sousse, rapport final de 3émé phase, Septembre 2010. Page 55. 36 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan d’aménagement urbain de la commune de Sousse : rapport de présentation, 2007. Page 36. 37 CHABBI Morched, Livre blanc du Grand Sousse, 1990. Page 60. 38 CHABBI Morched, Livre blanc du Grand Sousse, 1990. Page 32-33. 39 CHABBI Morched, Livre blanc du Grand Sousse, 1990. Page 27. 40 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan des déplacements urbains (PDU) de la ville de Sousse, Document 6 : diagnostic de la situation actuelle. Septembre 2005. Page 43. 41 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan des déplacements urbains (PDU) de la ville de Sousse, Document 6 : diagnostic de la situation actuelle. Septembre 2005. Page 43.
  31. 31. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 31 Au nord elle est limitée par la cité Bâtiment. Au sud elle s’étend jusqu’aux installations de la STEG. D’ailleurs il semble que l’aspect industriel de cette partie du territoire a était préalablement incité par
  32. 32. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 32
  33. 33. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 33 l’existence de la centrale thermique de la STEG. Sidi Abdelhamid est aujourd’hui la plus grande ZI du gouvernorat42 . La création de la ZI de Sidi Abdelhamid à permis non seulement l’installation de nouveaux établissements mais surtout la délocalisation des anciennes usines enclavées dans la ville. C’est dans ce cadre que les industries du quartier Suisse sont aujourd’hui presque entièrement désaffectées. D’après le PAU, le quartier Suisse, la zone industrielle Sidi Kacem et les espaces accueillant les établissements industriels crées par l’état à partir des années 1960’ sont destinées à être convertis pour accueillir des logements et des activités tentiaires. Ils constituent donc aujourd’hui des réserves foncières fortement mutables. ZI de Sidi Abdelhamid D’un autres coté et afin d’appuyer l’affinage du centre de la ville des établissements industriels, le PAU prévoit le dédoublement de la ZI de Sidi Abdelhamid à l’ouest jusqu’au-delà de la voie ferrée sur un territoire de plus de 90ha. « La ZI de Sidi Abdelhamid est aujourd’hui presque saturée. Mais l’extension prévu dans le PAU est difficile à mettre en ouvre en raison de sa coupure par la voie ferré »43 . A l’échelle du gouvernorat l’activité industrielle passera à une vitesse supérieure avec la ZI offshore projetée à Enfidha. L’aménagement de ce district industriel qui s’étend sur 200ha a déjà commencé et des entreprises on commencé a s’y installé. Il est inscrit dans la cadre d’un programme global l’articulant avec l’aéroport d’Enfidha qui vient d’être mit en exploitation et le port eau profonde projeté. III. Les espaces touristiques Avant de regarder les espaces touristiques dans la ville de Sousse, il est utile de s’arrêter un instant sur la place du tourisme soussien dans le contexte économique nationale et la situation des espaces touristiques de la ville dans l’activité touristiques régionale. 42 Les autres ZI du gouvernorat de Sousse sont : Kalaa Kébira I : 7 ha, Kalaa Kébira II : 15 ha, Enffidha I : 38 ha, Enfidha II : 37 ha en cours d'aménagement, Bouficha:18 ha, Kondar : 14 ha et Sidi El Hani : 30 ha en cours de réalisation. Source : Agence de Promotion de l'Industrie et de l'Innovation. www.tunisieindustrie.nat.tn 43 Afif Mhiri. Directeur de l’urbanisme. Municipalité de Sousse. Conversation personnelle. 18/12/2012.
  34. 34. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 34 La ville de Sousse est l’expression territoriale de la focalisation de la politique économique nationale sur le tourisme balnéaire. En effet, depuis les années 1960’ Sousse-Monastir constitue avec Hammamet-
  35. 35. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 35
  36. 36. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 36 Nabeul et Djerba-Zarzis les trois principaux pôles touristiques du pays. C’est dans ce contexte économique national que se situent les espaces touristiques de la ville de Sousse. En 2001-2002, la ville de Sousse est la première ville touristique de la Tunisie devant Djerba et Hammet44 . A l’échelle régionale, les activités touristiques à Sousse font parties de toute une zone qui s’étend du centre de la ville jusqu’au limite de Hergla sur environ 28km du littoral45 . Cette urbanisation touristique linéaire présente des densités variées et les deux principales concertations en sont Sousse et Kantaoui. Le processus de la formation de cette zone exprime l’évolution morphologique des espaces touristiques passant d’une logique d’hôteliers dans la ville vers une logique de station intégrée qui semble inchangé depuis des décennies. La description de l’Atlas de Sousse (1996) en est la preuve. Pour la ville de Sousse, les espaces touristiques occupent l’ensemble du littoral nord en partant de la plage Boujaafar jusqu'à la limite communale avec Hammam-Sousse. S’étendant sur environ 130ha ils accueillent principalement des hôtels et des activités de loisir et d’animation. La zone touristique 44 République tunisienne, ministère de l’équipement de l’habitat et de l’aménagement du territoire, direction générale de l’aménagement du territoire, Schéma directeur d’aménagement du Grand Sousse, rapport de 1ére phase, Avril 2006. Page 67. 45 CHABBI Morched, Livre blanc du Grand Sousse, 1990. Page 30. Encadré : La répartition géographique des activités touristiques Exclusivement littoral, le tourisme présente une dynamique des localisations qui s’exprime par la mobilisation continue des côtes. Quatre zones se distinguent : -La première est celle de Sousse-ville où les établissements hôteliers sont intégrés au tissu urbain et fonctionnent en relation avec les équipements et les services de la ville. Sa capacité total pour les hôtels 2 étoiles et plus est de 1750 lits. -La deuxième est celle de la Corniche qui est une zones exclusivement touristique, aveu une densité de 400 lits par hectare. Elle comprend 5 hôtels et une capacité totale de 1664 lits. - La troisième zone est située entre la Corniche et Oued El Hammam. Elle est l’exemple type des sites de deuxième génération, avec des densités relativement faibles et une organisation en deux secteurs hôteliers : un secteur de front de mer et un secteur de « seconde ligne » (ou arrière-zone balnéaire). Sa capacité est de 8774 lits dont 1067 lits dans l’arrière-zone. - La quatrième zone est celle d’El Kantaoui qui, avec une capacité d’hébergement prévue de 20.000 lits, est indépendante de la ville de Sousse dont elle est éloignée de neuf kilomètres. Sa capacité actuelle est de 8633 lits. Source : Atlas de Sousse. 1996. Page 30.
  37. 37. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 37 Cette entité urbaine peut être divisée en deux parties en fonction de la densité bâtie et de l’articulation avec l’environnement immédiat. Une partie est insérée entre l’Av. Hedi Chaker et le Bv. la Corniche. Elle est dotée d’un COS de 0.5 et un CUF de 3. L’articulation avec le reste de la ville se fait directement par le Bv. la Corniche en revanche l’Av. Hedi Chaker la sépare de la plage. La deuxième partie est dotée d’une épaisseur plus large. Elle part de l’Oued Blibane jusqu'à la limite communale nord. Avec un COS de 0.25 et un CUF de 2 elle présente une densité plus faible. L’articulation avec le reste de la ville se fait indirectement par la « route touristique » (Av. 14 janvier). En effet, l’accessibilité se fait par des passages transversaux à la route. En revanche, les établissements hôteliers sont en contact direct avec la plage. Aujourd’hui le littoral nord de Sousse est presque entièrement urbanisé. C’est en fonction de ça qu’a était définit les orientations de la planification locale et régionale pour appuyer les activités touristiques. Selon le PAU, la dernière réserve foncière destiné à accueillir les espaces touristiques est la zone des Oliviers. Située à l’extrémité nord de la commune elle est intercalée entre les hôtels et Khézama est elle s’étend sur environ 20ha. Le SDA du Grand Sousse (2010) quand à lui recommande d’augmenter la capacité des espaces touristiques existants. « La densification des zones touristiques existantes qui se situent entre la limite de la commune de Sousse et El Ménchia. Les extensions des hôtels se font en hauteur tout en respectant le COS afin d’atteindre une densité de 220lits/ha afin de rattraper le retard et de répondre à la demande internationale et nationale »46 . La confirmation de l’activité touristique dans le gouvernorat de Sousse tend à se poursuivre avec les zones touristiques programmées. A Hergla une station intégrée d’ampleur régionale voir même nationale est programmée sur 450ha. * * * * * Observation finale sur les espaces tertiaires, industriels et touristiques La territorialisation des activités dans la ville de Sousse peut se résumer dans la localisation des activités tertiaires dans le « centre-ville », les activités touristiques au nord et les activités industrielles au sud. Le développement de ces activités s’est fait de différentes manières. Les activités tertiaires se sont localisées spontanément dans le centre. Les activités touristiques se sont localisées au nord dans le cadre d’une planification publique. Les activités industrielles se sont localisées au sud, d’abord spontanément (depuis l’époque coloniale) ensuite de façon planifiée (ZI aménagée par l’AFI). Par ailleurs, en dépit de ces différents processus de localisation, un point commun semble réunir la territorialisation des activités dans la ville de Sousse à savoir la saturation. En effet, le littoral est presque entièrement urbanisé. Le « centre-ville » n’a pratiquement pas changé depuis de décennies. Il reste peu de foncier libre à vocation industrielle. 46 République tunisienne, ministère de l’équipement de l’habitat et de l’aménagement du territoire, direction générale de l’aménagement du territoire, Schéma directeur d’aménagement du Grand Sousse, rapport final de 3émé phase, Septembre 2010. Page 152.
  38. 38. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 38 Chapitre 5 : LES QUARTIERS D’HABITATIONS I. Approche quantitatives du parc logement Le nombre de logement dans la commune de Sousse est passé de 18426 en 198447 à 31552 en199448 pour atteindre 53852 en 200449 . Entre 1994 et 2004 en passant d’une densité d’environ 7 logements à l’hectare à 12 logements à l’hectare, le nombre de logement dans la commune de Sousse à connu un taux de croissance annuel de 5.5%. C’est une croissance supérieure à la moyenne du Grand Sousse (4.3%) ainsi qu’a la moyenne nationale (2.96%)50 . Arrondissement Population Ménages Logements Sousse Atika 5281 1532 1960 Sousse Nord 56075 15161 20600 Cité Riadh 34447 8293 10660 Sousse Sud 77244 17980 20632 Total commune de Sousse 173047 42966 53852 Population, ménages et logements par arrondissement Source : INS (RGPH 2004) En s’appuyant sur les données de 2004 disponible de l’INS et qui concernes les délégations dont le périmètre fait partie entièrement ou partiellement de la commune de Sousse, quelques remarques méritent d’êtres évoqué pour ce qui est des caractéristiques du logement. Le caractère balnéaire de la ville de Sousse et le développement des activités touristiques essentiellement estivale semble avoir un impact direct sur l’occupation des logements. En effet, environ 80% des logements sont occupé en permanence. Le reste est soit des logements secondaires soit des logements vacants. La délégation de Sousse Médian où sont concentrées les activités touristiques est la plus touché par ce phénomène. Le type de logement dominant à Sousse est le logement individuel (villa). Avec 46% du nombre total des logements, il s’agit d’un taux plus élevé que la moyenne à l’échelle du gouvernorat (42.4%). Le taux 47 CHABBI Morched, Livre blanc du Grand Sousse, 1990. Page 11. 48 République tunisienne, ministère de l’équipement de l’habitat et de l’aménagement du territoire, direction générale de l’aménagement du territoire, Schéma directeur d’aménagement du Grand Sousse, rapport final de 3émé phase, Septembre 2010. Page 36. 49 INS (RGPH 2004). 50 République tunisienne, ministère de l’équipement de l’habitat et de l’aménagement du territoire, direction générale de l’aménagement du territoire, Schéma directeur d’aménagement du Grand Sousse, rapport final de 3émé phase, Septembre 2010. Page 36.
  39. 39. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 39 élevé des villas dans la délégation de Sousse Jawhara où la vocation résidentielle est dominante51 le prouve. Cette forme d’habitat est connue par sa densité bâtie faible et ipso facto par sa consommation importante de l’espace. Cette consommation spatiale par l’habitat semble se confirmé par la taille dominante des logements. La domination des logements de 3 pièces de la même manière dans les quartes délégations prouve qu’il s’agit d’une tendance générale et non pas d’un phénomène concentré dans certaines parties du territoire. Délégations Logement occupé Logement secondaire Logement vacant Sousse Medina 71.1 8.7 20.3 Sousse Riadh 81.1 3.5 15.5 Sousse Jawhara 79.6 4.7 15.7 Sousse Sidi Abdelhamid 86.4 3.6 10 Total "Ville de Sousse" 79.6 5.1 15.4 Répartition des logements selon le mode d'occupation (en pourcentage) Source : INS (RGPH 2004) Délégations logement traditionnel villa ou étage de villa Studio appartement Sousse Medina 0.6 33.8 23.6 42 Sousse Riadh 0.4 47.9 39.9 11.7 Sousse Jawhara 0.2 53.3 23 23.4 Sousse Sidi Abdelhamid 1 49.1 37.8 12 Total "Ville de Sousse" 0.6 46.0 31.1 22.3 Répartition des logements selon le type (en pourcentage) Source : INS (RGPH 2004) Délégations 1 seule pièce 2 pièces 3 pièces 4 pièces 5 pièces ou plus Sousse Medina 3.3 23.6 41.6 22.7 8.8 Sousse Riadh 3.6 25.2 44.3 21.2 5.6 Sousse Jawhara 3.6 25.6 38.3 23.1 9.4 Sousse Sidi Abdelhamid 3.5 24.6 45.1 20.3 6.4 Total "Ville de Sousse" 3.5 24.8 42.3 21.8 7.6 Répartition des Logements selon le nombre de pièces (en pourcentage) Source : INS (RGPH 2004) II. Approche des quartiers d’habitations selon le mode de la production urbaine Les quartiers d’habitation de la ville de Sousse peuvent êtres reparties en deux catégories selon leurs modes de production. D’un coté on a les quartiers qui se sont développés progressivement avec des noyaux qui s’agrandissent petit à petit dans des terrains interdit à l’urbanisation. Ce développement se fait 51 La délégation de Sousse Medina concentre des activités touristiques. La délégation de Sousse Sidi Abdelhamid comprend des activités industrielles. La plus grande partie de la délégation de Sousse Riadh ne fait pas partie de la commune de Sousse.
  40. 40. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 40 dans un processus d’auto-construction sans l’existence préalable de voirie et de réseaux publics. C’est les quartiers spontanés. D’un autre coté on a les quartiers développés de façon additive par la juxtaposition de morceaux de ville dans le cadre de la viabilisation des terrains par l’AFH. C’est les quartiers règlementaires. II.1. Les quartiers spontanés Les premiers noyaux des quartiers spontanés se sont implantés à Bir Chobbek au sud de la médina. Par la suite durant les années 1960’ d’autres quartiers se sont développés à l’Aouinet à proximité des grands établissements industriel publics. Après dans les années 1980’ les quartiers El Ghodrane et El Matar se sont développés aux alentours de Oued El Hallouf. Selon CHABBI Morched (1990), pendant les années 1990’ la concentration la plus importante des logements spontanés dans la ville de Sousse s’étend au sud jusqu'à la route ceinture. Elle est localisée à Ksibet Echatt, Ettathir, El Ghodrane, El Aouinet, et Boukhzar. D’autres implantations se situent à Sidi Abdelhamid et Oued El Kharroub. De multiples raisons interreliés sont à l’origine de la prolifération de ces quartiers. Tout comme les autres grandes villes en Tunisie, l’attractivité la ville de Sousse due au développement économique a entrainé une forte immigration rurale. Cette population à faible revenue et en raison de son non solvabilité s’est trouvée exclut du marché foncier et immobilier réglementaire. Pour s’installer à Sousse elle s’est tournée vers le marché parallèle. Pour cette population, le territoire sud de la ville offre les conditions favorables à l’installation. En effet, d’une part il s’agit de terrain bon marché puisqu’ils sont interdits à l’urbanisation tels que les zones inondables ou destinés aux activités industrielles. D’autre part, ils se trouvent à proximité des bassins d’emplois qu’offrent les activités industrielles. Ce processus a eu un impact direct sur la planification urbaine. Au sud de Sousse, plusieurs terrains étaient voués aux activités industrielles dans le PAU de 1978. Avec la prolifération des quartiers spontanés dans ces terrains, le PAU de 1988 est venu les requalifiées en zones d’habitats pour les régulariser. Cette démarche semble se poursuivre avec le dernier PAU de 2008. « La plan d’aménagement n’est pas une stratégie pour le futur mais une sorte de « recollement » des infractions effectuées. Le prochain PAU n’échappera pas à cet état de fait puisque même lorsque le PAU de 2008 était en cours d’élaboration, le non respect de la réglementation urbaine était toujours à l’œuvre »52 . Depuis sa création en 1981, l’Agence de Réhabilitation et de Rénovation urbaine (ARRU) est le principal acteur public opérationnel dans les quartiers spontanés en Tunisie. Son intervention concerne la voirie, l’éclairage public, les réseaux publics, la rénovation des logements et l’installation d’équipements. A Sousse l’ARRU est intervenue dans les quartiers de Bouhsina, Boukhzar, Kazmet et Aouinet notammaent à travers le programme national de promotion des quartiers populaires dans les grandes villes. Mais c’est le quartier El Matar (146ha) qui constitue l’intervention la plus innovante de l’ARRU à Sousse. 52 Afif Mhiri. Directeur de l’urbanisme. Municipalité de Sousse. Entretient réalisé le 9/11/2012.
  41. 41. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 41 Le quartier El Matar C’est un « projet pilote » de réhabilitation et d'aménagement urbain. Il s’agit de la première expérience de partenariat avec les habitants. La commune de Sousse comme maitre d’ouvrage et l’ARRU comme maitre d’ouvrage délégué financent les aménagements principaux. Ces financements sont destinées à être remboursés par les habitants sous forme de participation. Les habitant financent les aménagements secondaires. Cependant ce montage opérationnel et financier a eu des difficultés de mise en œuvre : « Les habitant qui étaient très peu au départ on vendu leurs terrains ce qui a entrainer la multiplication des propriétaires. Les autorités publiques se sont trouvés face à plusieurs interlocutoire ce qui a rendu difficile l’établissement d’un accord communs conciliant les différents intérêts. Aujourd’hui les aménagements principaux prévus par l’ARRU sont réalisé. En revanche, les aménagements secondaires prévues par les habitants n’ont pas vu le jour »53 . II.2. Les quartiers réglementaires Dés leurs créations dans les années 1970’, les opérateurs publics sont devenues les principaux acteurs de la production des quartiers d’habitation en Tunisie. « A Sousse, heureusement, que la plupart des lotissements sont réalisés par les agences publiques (AFH, AFI, ARRU, etc.). En effet, à la différence des lotisseurs privé, ces agences sont les seules qui aménagent les espaces publics (raccordement au réseaux publics, trottoirs, éclairage public, etc.) dans les opérations qu’elles réalises »54 . Dans la ville de Sousse, l’action des opérateurs publics s’est traduite principalement par l’intervention de l’AFH dans la naissance de véritable « banlieue résidentielles » de Sousse. Les quartiers de Riadh et Sahloul en sont la parfaite illustration. II.2.1. Le quartier Riadh Le quartier Riadh est un veritable morceau de ville. Il est situé à l’extrémité ouest de Sousse où le périmètre communal en est sa frontière. A l’est le quartier est limité par la route ceinture. Au nord et au sud il est situé respectivement entre la RL820 et la RN12. Le quartier Riadh s’étend sur environ de 330ha 53 Afif Mhiri. Directeur de l’urbanisme. Municipalité de Sousse. Entretient réalisé le 9/11/2012. 54 Afif Mhiri. Directeur de l’urbanisme. Municipalité de Sousse. Entretient réalisé le 9/11/2012.
  42. 42. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 42 soit environ 6% de la surface totale de la commune et presque 10 % de la surface urbanisé. Avec 34447 habitant, 8293 ménages et 10660 logements en 2004, le quartier Riadh concentre environ 20% des habitants, des ménages et des logements de Sousse. La densité des logements est le double de la moyenne communale. Riadh Commune Nbr de logements* 10660 53852 % des logements 19.79 100 Surface urbanisée (ha) 330 3174 % de la surface urbanisée (ha) 10.40 100 Densité logements/ha 32.30 16.97 Densité des logements Source : Elaboration personnelle à partir des données INS 2004 (*) Réalisé en cinq phases, l’aménagement du quartier à démarré au début des années 1980’. Durant cette décennie a était réalisé les deux premières tranches le long de la RN12. Durant les années 1990’ a était réalisé la 3éme et la 4éme tranches le long de la RL820. Chaque tranche s’étend sur environ 50ha. La dernière tranche quand a elle s’étend sur plus de 100ha le long de la limite ouest du périmètre communal. Avec cette dernière, la soudure urbaine s’est effectuée avec Ezzouhour. Le quartier Riadh Dans la cité Riadh, l’AFH à programmé une grande variété de typologie de logements (individuel, semi- collectif, collectif) et selon des formes urbaines et des densités différentes (isolé, en bande, jumelé, etc.). L’aménagement prévoit des équipements publics de proximité notamment dans les ilots au centre des quartes premières tranches. La vente des terrains viabilisé a était effectué aussi bien directement par l’AFH pour des particulier que par l’intermédiaire de la SNIT pour ce qui est des logements sociaux. « Au total, Cité Riadh a été une réussites dans la production massive de logements sociaux pour les classes moyennes en assurant un mélange entre les différents strate sociales par le biais des lotissements et des logements construits par la SNIT. L’offre de terrains aménagées et de logements bâtis à des prix inferieurs à ceux du marché privé a contribuer a freiner la spéculation foncière, du moins dans les banlieues occidentales de Sousse devenues les banlieues-dortoirs des ouvriers de l’industries et des services et des employés du tertiaires »55 . 55 République tunisienne, Commune de Sousse, Plan d’aménagement urbain de la commune de Sousse : rapport de présentation, 2007. Page 49-50.
  43. 43. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 43 II.2.2. Le quartier Sahloul Le quartier Sahloul constitue l’extension nord-ouest de la ville de Sousse. Il s’inscrit entre la route ceinture, la bretelle d’accès à l’autoroute et la RL818 qui le sépare de Khézama. Dans sa partie sud, ses récentes extensions s’entendent jusqu’au Oued El Kharroub. Ce quartier achève la jonction au nord entre Sousse et Hamma-Sousse. S’étendant sur environ 250ha il constitue environ 8% de la surface urbanisée de Sousse. Divisé en quatre tranches, la première et la deuxième se sont développées autour du CHU. La troisième et la quatrième tranche sont aménagés plus au sud. L’étude du projet par l’AFH a démarré dans les années 1980’ mais ce n’est que durant les années 1990’ que se sont faites les principales urbanisations. En effet, l’AFH a eu des difficultés dans la préemption des terrains. La situation favorable du site tant par rapport au réseau routier (accessibilité de l’autoroute et connexion avec le centre ville) que par rapport aux quartiers aisé de Khézama à entrainer l’augmentation de la valeur du foncier. Face à ça, les propriétaires des terrains on refusé de vendre selon les prix proposé par l’AFH qui a finalement acheté a des prix assez élevés. Toutes ces conditions (situation favorable et prix du foncier élevé) ont fait de Sahloul un quartier destiné à la classe moyenne et aisé. La programmation par l’AFH de typologie de logement dominée par l’habitat individuel a alimenté encore plus cette tendance. Le quartier Sahloul * * * * * Observation finale sur les quartiers d’habitations D’un point socio-spatial les quartiers d’habitation de la ville de Sousse peuvent être divisés en trois catégories. En effet, « à Sousse, la nature des groupes sociaux change du sud vers le nord. Au sud, on a les quartiers populaires : Souisse, Koudiet Malek, Bir Chebak à forte
  44. 44. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 44 densité. A l'ouest, on a les couches moyennes : Bouhsina, Ezzahra, et plus populaires Et- Taamir, El Aouina, Souafa, Oued El Kharroub. Au nord, on a les quartiers aisés : Khezama Est et Ouest, zone des plages »56 . Si on croise cette fragmentation socio-spatiale avec les autres entités urbaines de la ville, force est de constater que les quartiers populaires se sont implantés dans les territoires industriels au sud. Les quartiers des couches aisées se sont développés en contact des activités touristiques au nord. Entre les deux, c’est la classe moyenne qui s’est implantée à l’ouest. Les premiers se sont développés à travers une urbanisation spontanée. Les deux autres on était créées à travers une urbanisation réglementaire. Chapitre 6 : LES URBANISATIONS PROJETEES Outre l’urbanisation existante, d’autres espaces urbanisés projetés sont soit à l’étude soit en cours de réalisation. Dans ce cadre, cinq opérations importantes, soit du point de vue la surface que du point de l’activité structurante, méritent d’être mentionnées. La gare de Sousse, le quartier Bouhsina nord (cité olympique), le quartier Sahloul 4, le centre urbain et le technopole. I. La gare de Sousse Il s’agit d’un projet urbain autour de la gare SNCFT. En 2007, une SEM (société d’économie mixte) dont la commune de Sousse en est l’un des actionnaires, est créée pour assurer la maîtrise d’ouvrage du projet. L’opération s’étend sur environ 6ha. Le programme comprend un hôtel, une tour de 40 étages, des immeubles de bureaux et le réaménagement de la gare. Aujourd’hui le projet est en panne et la SEM est presque en veilleuse. Selon Moez NAIJA57 , un appel d’offre internationale sera lancé pour attribuer le projet à un promoteur. Un tuniso-canadien est un turc seraient intéressés. 56 HOUIMLI Ezzeddine, 2008, Les facteurs de résistance et de fragilité de l’agriculture littorale face à l’urbanisation : Le cas de la région de Sousse Nord en Tunisie, Thèse de doctorat, Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles, Institut des Sciences et Industries du Vivant et de l’Environnement (Agro Paris Tech), Spécialité : Sciences et architecture du paysage. Page 169. 57 Directeur des Travaux. Municipalité de Sousse. Entretient réalisé le 12/12/2012.
  45. 45. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 45 II. Bouhsina nord (Cité olympique) Il s’agit d’un quartiez résidentiel. La maîtrise d’ouvrage est assurée par l’AFH à travers un PIF. Le terrain est situé entre la RL819 au nord, la route ceinture à l’ouest et les équipements sportifs de la cité olympique à l’est. Il s’étend sur environ 80ha. L’étude serait achevée mais il semble que l’exécution n’a pas encor démarré. III. Sahloul 4 Sahloul 4 est la dernière phase des quartiers déjà réalisé de Sahloul 1, 2 et 3 qu’on a déjà évoqués. Le lotissement est situé entre le quartier de Sahloul 3 au nord et Oued EL Kharroub au sud. « Le quartier sera enclavé. L’accessibilité principale est assurée uniquement par l’Av. Khalifa El Karoui qui est déjà saturée. La solution pourrait résider dans la fameuse rocade projetée. Le foncier destiné à de cette voie est disponible. Par contre sa réalisation nécessite des ouvrages de franchissement au niveau de la voie ferré et du Oued »58 . Il s’étend sur108,9 ha. A vocation résidentielle, il comprend de l’habitat individuel (22,7ha), de l’habitat collectif (16,9ha), des équipements administratifs (25,05ha), et des parcelles comprenant des équipements et de l’habitat collectif (10,4ha). La viabilisation des terrains est achevée. Les parcelles vendues commencent à êtres construites. IV. Centre urbain L’implantation des casernes à l’ouest de la médina date de l’époque coloniale. L’idée de leur reconversion en quartier polyfonctionnel remonte au PAU de 1976 et celui de 1988. Le PAU de 2000 prévoyait la démolition des deux casernes nord et sud. La création d’une voie de 50m de large tout autour. La programmation d’équipement administratifs (sièges du gouvernorat, de la municipalité et du rectorat) un complexe culturel (salle de cinéma, théâtre, etc.), un hôtel, des logements, des bureaux et des commerces. Cependant, la voie de 50 m a était abandonnée, la caserne sud est maintenue et le réaménagement de la caserne nord en quartier polyfonctionnel est confié à l’AFH. Le projet est lancé en 2003. Aujourd’hui il est toujours en cours de réalisation. 58 Afif Mhiri. Directeur de l’urbanisme. Municipalité de Sousse. Entretient réalisé le 9/11/2012.
  46. 46. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 46 Le Centre urbain Activités projetés Source : Plan des déplacements urbains (PDU) de la ville de Sousse. Document 6 : diagnostic de la situation actuelle. Septembre 2005. Page52-53. V. Technopôle Les technopoles s’inscrivent dans une politique nationale qui vise à travers la création d’une série de pôles technologiques dans plusieurs villes à favoriser l’innovation et la compétitivité de l’industrie. Le technopole de Sousse est spécialisé dans les domaines de l’Informatique, la Mécanique et l’Electronique. Il est situé à l’ouest de la ville à l’extérieur des espaces urbanisé et en contact direct avec la route ceinture. Lors de sa définition en 2003, la gestion du projet était confiée à une société publique. Le périmètre s’étendait sur 55ha et l’achèvement des travaux était prévu pour 2010. Cependant, en 2009 la gestion du
  47. 47. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 47 projet est assurée en partenariat public-privé par la société SPCS. Cette dernière gère également la zone Industrielle et la zone d’offShoring situées à Enfidha. Avec ces changements, le périmètre du technopole de Sousse est destiné à s’élargir pour englober les terrains libres de Hammam-Maarouf au sud. Aujourd’hui seulement l’Ecole Nationale d'Ingénieurs de Sousse, la pépinière d’entreprise SoftTech et le Centre de recherche en microélectronique et nanotechnologie sont déjà réalisé. * * * * * Observation finale sur les urbanisations projetées À travers les opérations qu’on vient d’évoquer, les urbanisations projetées manifestent une domination des activités résidentielles et tertiaires. D’un autre coté force est de constater que parallèlement à la poursuite de l’engagement de l’AFH sur plusieurs front (Centre urbain, Sahloul, etc.), des opérations en partenariat public-privé sont en gestation. Enfin il faut faire mention que les urbanisations projetées s’opèrent aussi bien par des nouvelles urbanisations dans des terrains libres que par la régénération d’urbanisations existantes dans des terrains déjà construits. Encadré : Activités projetés Le pôle est constitué de : Un espace dédié à la formation et la recherche scientifique : -L’Ecole Nationale d’ingénieurs de Sousse. -Un Centre de Recherche spécialisé en Nanotechnologie et Microélectronique doté d’une salle blanche -Un centre de Ressources Technologiques en Microélectronique destiné à compléter la chaine de valeur en mettant à la disposition des entreprises un centre de prototypage rapide. Ce CRT est géré par le CETIME. Une pépinière d’entreprise IME SOFTECH (valorisation de l’innovation) géré par l’APII Un espace de production et de développement de 35 ha destiné aux entreprises innovantes dans les domaines IME. (Location de bureaux et d’ateliers ainsi que des parcelles de terrains). Un espace des services communs comprenant le siège de la société, une base de vie et un centre d’affaires. Source : www.technopole-sousse.com
  48. 48. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 48
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  50. 50. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 50
  51. 51. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 51 Troisième partie : LES INFRASTRUCTURES
  52. 52. Ville de Sousse : Stratégie de Développement Urbain Durable Rapport de Pré Diagnostic URBANISME Février 2013 Page 52 Chapitre 7 : LE RESEAU ROUTIER Par réseau routier nous entendons dire l’ensemble de la voirie qui assure les déplacements en général et ceux motorisés en particulier. Nous traiterons ce réseau selon deux points de vue. D’abord d’un point de vue spatial afin de dégager la structure du réseau et la hiérarchie de ses différentes composantes. Ensuite le point de vue fonctionnel nous permettra de comprendre l’utilisation de ce réseau à savoir le trafic et le stationnement. I. L’aspect spatial du réseau routier Avant de faire l’état des lieux du réseau routier de la ville de Sousse, il est utile de rappeler d’abord la classification administrative des routes en Tunisie et ensuite de présenter les composantes principales du réseau routier de la ville de Sousse. Le réseau routier en Tunisie est administré d’une part par les municipalités et d’autre part par le ministère de l’équipement, de l’habitat et de l’aménagement du territoire (MEHAT). Les municipalités s’occupent des voies municipales. Les routes classées en routes nationales (RN), routes régionales (RR) et routes locales (RL) sont sous la tutelle du MEHAT. Les voies municipales assurent la desserte des différents quartiers de chaque ville. Les RL assurent les dessertes entre les différentes villes à l’intérieur de chaque région. Enfin les RN et les RR assurent la desserte entre les différentes régions du pays. Généralement les RN connectent plusieurs régions alors que les RR connectent seulement deux ou trois régions. Pour ce qui est de Sousse, selon le PDU, la ville s’inscrit dans un système urbain qui « s’est formé à partir d’un réseau dense de villes satellites de taille variable qui s’articulent autour d’un pôle dominant: la ville de Sousse »59 . Toujours selon la même source, ce système urbain « se structure le long du réseau routier radial et concentrique »60 et permet de dégager « sept couloirs de mobilité au départ et en direction de Sousse »61 . C’est en fonction de ces « couloirs de mobilité » que le PDU de Sousse identifie les principales voies du réseau routier de la ville (RN, RR, RL et routes municipales). 59 Plan des déplacements urbains (PDU) de la ville de Sousse. Document 6 : diagnostic de la situation actuelle. Septembre 2005. Page 12. 60 Plan des déplacements urbains (PDU) de la ville de Sousse. Document 6 : diagnostic de la situation actuelle. Septembre 2005. Page 15. 61 Plan des déplacements urbains (PDU) de la ville de Sousse. Document 6 : diagnostic de la situation actuelle. Septembre 2005. Page 15.

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