GRANDÉVANGILE DE JEAN          TOME 9Révélations du Christ  à Jacob Lorber      Traduit de lallemand      par Catherine Ba...
Titre original : Johannes, das Grosse Evangelium, Band 9.               Empfangen vom Herrn durch Jakob Lorber.           ...
Le Seigneur sur la route dEssée à Jéricho                              Chapitre premier              Le Seigneur rencontre...
8. Lorsquils ont entrepris leur voyage, il y avait certes quelques malades parmices pauvres ; mais plusieurs des quelque s...
1. Sur ce, nous entrâmes dans lauberge, et, sadressant à nous avec la plus grandepolitesse, lhôte nous demanda en quoi il ...
vin. Demande-le-lui, car il paraît en savoir davantage que tous les gens de cettecontrée ! »13. Laubergiste sapprocha alor...
20. Là-dessus, la femme de laubergiste prit la cruche, en goûta le contenu etsémerveilla grandement, disant : « Ah, cest i...
possible, sa fille malade.5. Je lui dis : « Puisque tu crois, ainsi que tous les tiens, quil en soit selon votrecroyance !...
16. Ils dirent tous : « Ah, sIl est cela - ce dont nous ne pouvons plus douter -,alors, nous Le connaissons, car nous conn...
Chapitre 4                        Le Seigneur témoigne de Lui-même1. Je dis : « Ah, Mes chers enfants, cest que, préciséme...
10. Et Je leur dis dune voix aimable « Reprenez-vous, Mes enfants ! Ai-Je doncun aspect si effrayant, Moi qui suis le vrai...
Seigneur voulait bien prendre Son repas chez moi avec vous ! »3. Je lui répondis : « Ta bonne volonté vaut pour Moi l’œuvr...
dans la ville.13. Quand le publicain entendit que nous étions venus à pied dEssée à Jéricho enun seul jour, il se frappa l...
Le Seigneur à Jéricho                                   Chapitre 6                              Retrouvailles avec Kado1. ...
que Je viens darriver dEssée avec Mes disciples. Quand Jentrerai dans la salledauberge, quils ne manifestent pas trop bruy...
médecin, et cest pourquoi je voudrais te demander conseil sur ce que je dois fairepour être délivré des maux dont mon esto...
souvent de fort loin et à grands frais, car ils ne sont que quelques-uns, et si lemédecin le soulage, il le récompense par...
dune harpe, dont il jouait fort bien, et qui chantait en outre dune voix très pureles psaumes de David.2. En entrant dans ...
déloges et dapplaudissements, convenant quils navaient jamais rien entendu deplus magnifique de toute leur vie, que ce soi...
4. Cependant, notre aubergiste et Kado étaient allés chercher pour le harpiste uneaumône si considérable quil sapprêtait à...
au sens où elle les rendrait peut-être moins avisés que les méchants avec leurruse, mais à leur bonté dâme et à ce qui en ...
devienne pour vous ce quétait Jean ! »4. Les disciples furent très satisfaits de ces paroles, car ils comprenaient pourquo...
réellement ainsi en toute vérité, et de manière démontrable. Car nous autrespaïens, nous supposons quavant la formation co...
a dictés ; de plus, je convertirai des milliers de gens à ma foi ! »5. Je dis : « Fort bien. Moi qui suis un vrai Juif den...
aide peut-être davantage que par la guérison de mon estomac malade. Maispuisque jai maintenant une si grande envie de mang...
4. Mais, pour aimer vraiment Dieu, vous devez aimer votre prochain commevous-mêmes et ne commettre aucune injustice. Ne fa...
Laime par-dessus tout recevra dans son cœur lesprit de Dieu, et, par cet esprit, ilsondera les profondeurs de Dieu.10. Fai...
hommes. Si cela leur est agréable, ils peuvent certes laisser ces pauvres gensexécuter devant eux quelques-uns de leurs to...
13. Je le menaçai de nouveau, puis, comme il ne voulait toujours pas sen aller, Jelui dis : « Puisque tu ne veux pas parti...
6. Moi-même, avec Mes disciples, Je dormis dans une bonne chambre à coucherjusquà ce que le soleil fût levé ; car, à cause...
cultures.                                   Chapitre 15                              Un jugement à lauberge1. Comme nous p...
12. Or, les pieux serviteurs de Dieu eurent tôt fait de mettre à profit la crédulitéaveugle de notre mère. Ils lui peignai...
2. Nous avons souffert ainsi pendant cinq années plus que bien des esclavespaïens, et, comme on ne nous donnait presque ja...
La Grande Evangile de Jean - Vol. 9 (Jakob Lorber)
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L'œuvre principale de Nouvelle Revelation est le récit détailé des trois années d'enseignement de Notre Seigneur Jésus en 11 volumes - GRAND ÉVANGILE DE JEAN - Révélations du Christ à Jacob LorberTraduit de l'allemand par Catherine Barret - HELIOS. Titre original : Johannes, das Grosse Evangelium, Band 10. Empfangen vom Herrn durch Jakob Lorber. Lorber Verlag, Postfach 1851, D-74308 Bietigheim-Bissingen. La traduction et l’impression du livre present ont été élaborées avec le soutien des editions Lorber-Verlag et celui de l’Association de Soutien de l’Oeuvre de Jacob Lorber – D - Bietigheim

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La Grande Evangile de Jean - Vol. 9 (Jakob Lorber)

  1. 1. GRANDÉVANGILE DE JEAN TOME 9Révélations du Christ à Jacob Lorber Traduit de lallemand par Catherine Barret HELIOS
  2. 2. Titre original : Johannes, das Grosse Evangelium, Band 9. Empfangen vom Herrn durch Jakob Lorber. Lorber Verlag, Postfach 1851, D-74308 Bietigheim-BissingenPour la traduction française : © Editions HELIOS 2004 La Turinière 50530 Montviron La traduction et l’impression du livre present ont été élaborées avec le soutien des éditions Lorber-Verlag et celui de l’Association de Soutien de l’Oeuvre de Jacob Lorber – D - Bietigheim ISBN 2-88063-321-4
  3. 3. Le Seigneur sur la route dEssée à Jéricho Chapitre premier Le Seigneur rencontre une troupe de pauvres pèlerins1. Comme nous étions déjà à près dune lieue du village, les pauvres pèlerinsdont nous avons parlé arrivèrent à notre rencontre, venant de Jéricho, et nousdemandèrent laumône.2. Et Je dis aux Juifs grecs : « Donnez-leur de votre superflu ; car ils sont aussipauvres en ce monde que Moi-même, qui ne possède pas même une pierre pour yreposer Ma tête ! Les renards ont leur terrier et les oiseaux leur nid ; mais cespauvres gens nont rien que leur personne et leur maigre vêtement. Cest pourquoivous devez leur donner. »3. À ces mots, les Juifs grecs et les quelques disciples de Jean rassemblèrent àeux tous une bonne petite somme quils remirent avec joie aux pauvres. Ceux-cilevèrent les mains pour nous remercier, Moi et les donateurs, et nousdemandèrent pardon de nous avoir retardés. Puis ils nous demandèrent avecinquiétude, parce quils étaient Juifs, sils atteindraient bien Essée avant lecoucher du soleil.4. Je leur dis : « Quavez-vous à craindre de profaner le sabbat en étant sur leschemins ? Moïse et les autres prophètes ont-ils jamais dicté un commandementqui défende de voyager pendant le sabbat ? Quant aux nouvelles règles duTemple, elles ne sont pas des commandements divins et nont donc aucune valeurdevant Dieu. Cependant, il est encore tôt, et vous atteindrez le village en uneheure. Quand vous y serez, entrez dans la première auberge que vousrencontrerez hors les murs : vous y trouverez bon accueil, car Jy ai annoncévotre arrivée. Quant à savoir qui Je suis, on vous le dira bien à Essée ; sur ce,poursuivez votre route. »5. Les pauvres gens ouvrirent certes de grands yeux en entendant tout cela, mais,nosant pas Me demander comment Je savais ces choses, ils se remirent enchemin.6. Or, en chemin, les disciples Me demandèrent pourquoi ces pauvres gens serendaient à Essée. À les voir, ils ne semblaient pas malades, car jamais desmalades nauraient si bien marché.7. Je dis : « Aussi bien ne vont-ils pas à Essée pour sy faire guérir, mais pour ytrouver de louvrage et un secours, car ils sont tout à fait indigents. Desvoyageurs leur ayant appris que les Esséniens étaient récemment devenus trèssecourables envers les vrais pauvres, ils ont pris le chemin dEssée, parce quilsne trouvaient pas de travail chez eux et ne gagnaient donc pas leur pitance, ce quifait guère honneur à leur contrée, et cest pourquoi elle naura guère part à Mesbénédictions. 3
  4. 4. 8. Lorsquils ont entrepris leur voyage, il y avait certes quelques malades parmices pauvres ; mais plusieurs des quelque soixante-dix disciples que Jai envoyésen mission leur ont rendu visite dans leur contrée misérable et les ont guéris, etcest donc pourquoi il ny a plus de malades parmi eux. Ce sont également Mesdisciples qui, voyant leur pauvreté, leur ont conseillé de se rendre à Essée, où ilstrouveraient travail et assistance morale et matérielle. Et ces pauvres se sontaussitôt mis en chemin. »9. Pierre dit : « Ils ont donc dû prendre la route peu de temps après nous, pourêtre déjà ici ; car ils ne progressent sans doute pas comme nous dune manièremerveilleuse ? »10. Je dis : « Mais cela ne nous regarde en rien ! Il nous suffit de savoir quilsseront bientôt arrivés à destination, et peu importent le jour et lheure ; aussi,laissons cela ! »11. Ils se contentèrent tous de cet avis. Nous marchions dun pas alerte etavancions rapidement, ce qui était fort bien dans cette contrée, car elle était desplus désertes : à des lieues à la ronde, on ne voyait ni arbre, ni buisson, ni aucuneautre plante. Ainsi, nous ny rencontrâmes pas âme qui vive et pûmes avancer àla vitesse du vent, de sorte que cette longue route désolée fut bientôt derrièrenous.12. Quand nous fûmes au bout de ce chemin particulièrement inhospitalier, cequi, même à la vitesse du vent, nous prit malgré tout près de deux heures, car unvoyageur, même à dos de chameau, aurait mis presque tout un jour à traverser cedésert, nous atteignîmes enfin une contrée plus hospitalière, car il y avait là, aubord de la route, une auberge entourée de plusieurs habitations et bâtiments deferme, appartenant pour la plupart à des Grecs.13. En arrivant devant lauberge, plusieurs disciples dirent : « Seigneur, nousavons parcouru une très longue route, et cela nous a donné soif. Si Tu y consens,ne pourrions-nous pas nous rafraîchir un peu ici et nous faire donner de leaupour étancher notre soif ? »14. Je dis : « Nous le pouvons sans doute ; mais cest une contrée où leau estrare, et lhôte se fera bien payer pour cette eau, car cest un païen âpre au gain,comme le sont la plupart des Grecs. Si vous voulez payer pour leau, alors, nouspouvons entrer à lauberge, nous y reposer un moment et nous faire apporter deleau et un peu de pain. »15. Les Juifs grecs, ainsi que les disciples de Jean, qui avaient de largent sur eux,répondirent : « Seigneur, nous le ferons avec joie ! Et si laubergiste a aussiquelque vin qui se laisse boire, nous paierons aussi pour le vin ! »16. Je dis : « Libre à vous de le faire. Vous ferez votre part, et Je ferai la Mienne! Entrons donc à lauberge. » Chapitre 2 Un miracle à lauberge 4
  5. 5. 1. Sur ce, nous entrâmes dans lauberge, et, sadressant à nous avec la plus grandepolitesse, lhôte nous demanda en quoi il pouvait nous servir.2. Je lui dis : « Nous avons faim et soif, aussi, apporte-nous un peu de pain etd’eau. »3. Laubergiste : « Messeigneurs, jai également du vin. Ne préférez-vous pasboire du vin, qui, chez moi, est fort bon, plutôt que de leau, qui, dans cettecontrée, est tout juste bonne pour la cuisine ? »4. Je dis : « Il est vrai que ton vin nest pas mauvais ; mais nous ne sommes pasassez riches en biens de ce monde pour apaiser notre soif avec ce vin, qui est fortcher. Aussi, apporte-nous seulement ce que nous avons demandé, et nous nous encontenterons ! Mais prends leau de la source qui est dans ta cave, et pas celle dela citerne dans la cour de derrière ; car chez toi, on paie leau aussi, et il faut doncquelle soit bonne, fraîche et pure ! »5. Laubergiste ouvrit de grands yeux et dit : « Ami, à ma connaissance, cest lapremière fois que tu entres dans ma maison ! Comment donc sais-tu commentelle est faite ? Qui a pu te renseigner ainsi ? »6. Je dis : « Ne ten étonne pas, et apporte-nous ce que nous demandons ! Mêmesi cest la première fois que Je suis sous ton toit avec Mes amis, Je nen connaispas moins ta maison. Et Je sais bien comment cela est possible, tout comme Jesais que ta fille aînée Hélène, ta préférée, souffre depuis trois ans dune mauvaisefièvre pour laquelle tu as dépensé beaucoup dargent sans quaucun médecin aitpu la secourir, et encore bien moins aucune des nombreuses divinités de ton paysque tu as fait venir dAthènes à grands frais. Et Je sais encore bien dautres chosessur ta maisonnée ! À présent, va nous chercher ce que nous avons demandé, afinque nous puissions nous restaurer avant de repartir.7. Là-dessus, laubergiste, stupéfait, appela deux serviteurs et nous fit apporter dupain, du sel et plusieurs cruches deau fraîche.8. Quand tout cela fut sur la table et que les disciples assoiffés voulurent se saisirdes cruches, Je leur dis : « Attendez donc un peu que Je bénisse leau, afin quellene fasse de tort à personne ; car, dans cette contrée, même leau des sourcesdonne la fièvre, parce quelle renferme des esprits naturels impurs. »9. Ils attendirent donc, et, ayant soufflé sur les cruches, Je dis aux disciples : « Àprésent, leau est bénie et purifiée ; mais mangez dabord un peu de pain, etensuite seulement, buvez avec mesure, afin de ne pas être enivrés. »10. Ce que firent les disciples ; et, lorsquils eurent commencé de boire, ils direntdun air étonné et réjoui : « Oui, assurément, il faut boire de cette eau avecmesure, afin de ne pas en être enivré ! »11. Ayant entendu cela, laubergiste dit à ses deux serviteurs : « Comment ?Avez-vous donc apporté du vin à ces singuliers convives, quand ils navaientexpressément demandé que de leau ? »12. Les serviteurs répondirent : « Maître, nous avons fait comme on nous avaitdit ! Si leau est devenue du vin à présent, nous ne savons pas comment cela sestfait ; mais celui qui a soufflé dessus saura bien comment leau sest changée en 5
  6. 6. vin. Demande-le-lui, car il paraît en savoir davantage que tous les gens de cettecontrée ! »13. Laubergiste sapprocha alors de notre table, et nous lui donnâmes à boire.Quand il eut presque entièrement vidé la cruche, il Me dit avec étonnement : «Serais-tu donc quelque grand mage fameux, voire un dieu encore inconnu demoi, pour faire de telles choses ? Je ten prie, dis-le-moi ! »14. Je lui dis : « Si tu chasse tes dieux de ta maison et ne crois plus en eux, nonseulement Je te dirai qui Je suis, mais Je te montrerai le seul Dieu véritable,encore tout à fait inconnu de toi, mais qui peut sauver ta fille, si tu crois en Lui etne glorifies que Lui. »15. Entendant cela, laubergiste Me répondit : « Quelles paroles singulières !Détruire tous ces dieux ne serait pas bien difficile - mais si nos prêtres ou lesRomains lapprenaient, il pourrait men cuire ; car sen prendre à limage, neserait-ce que dun demi-dieu, est chez nous sévèrement puni. Il faudrait dabordque je me fasse Juif avec toute ma maisonnée, que je men justifie devant untribunal par un écrit scellé et par la circoncision, après quoi on me priverait demes droits de citoyen romain, que je devrais ensuite racheter fort cher, si, étantJuif, je voulais redevenir citoyen romain ! Ce que tu me demandes, merveilleuxami, est bien difficile à exécuter pour quelquun dans ma position. Mais il mevient une idée : ôte toi-même les dieux de ma maison, devant des témoins à monservice, et ensuite, avec toute ma maisonnée, je ne glorifierai plus, en secret, quele dieu que tu me désigneras ! »16. Je lui dis : « Fort bien ; à présent, va faire le tour de ta maison, et vois si uneseule idole grande ou petite orne encore lune de ses nombreuses pièces ! »17. Laubergiste nen eut pas le temps, car tous les gens de la maison accoururentvers lui, semblant au désespoir, et sécrièrent : « Un grand malheur a dû frappercette maison, car tous les dieux lont abandonnée dun seul coup ! »18. Laubergiste leur répondit bravement : « Tranquillisez-vous : ces dieux morts,faits de main dhomme, ne servaient à rien et nont jamais pu venir en aide àquiconque ; ils ont sans doute été anéantis par un vrai Dieu vivant plus puissantque tout. À leur place, il est plus que probable que cet unique vrai Dieu vivant etplus puissant que tout est entré dans notre maison, et Son serviteur que voici, lui-même déjà tout-puissant, va nous le faire connaître, ou même nous le montrer !Ce nest donc pas un malheur qui est venu sur notre maison avec la disparition deces dieux morts et sans aucun pouvoir, mais bien le plus grand des bonheurs.19. Et, afin que vous croyiez quil en est bien ainsi et que cest merveille,regardez donc ces cruches ! Mes deux serviteurs ici présents, qui peuvent entémoigner devant tous, les ont remplies deau et déposées sur cette table à lademande de ce serviteur merveilleusement puissant de lunique vrai Dieu. Cesconvives, ayant assurément grand-soif, ont voulu boire leau sur-le-champ, maisle puissant serviteur de Dieu leur a dit quils ne devaient la boire quaprès quillaurait bénie. Ensuite de quoi il a soufflé sur les cruches et sur leau, et à linstant,leau sest changée en un excellent vin. Voici encore une cruche pleine ; prenez-la, goûtez-en le contenu, et jugez si cest là de leau, ou bien un vin de lameilleure sorte ! » 6
  7. 7. 20. Là-dessus, la femme de laubergiste prit la cruche, en goûta le contenu etsémerveilla grandement, disant : « Ah, cest inouï ! Seul un Dieu a pu faire cemiracle ! Jai certes vu, à Athènes, des mages faiseurs de miracles, et quichangeaient leau tantôt en sang, tantôt en lait, en vin et toutes sortes dautreschoses ; mais jétais alors une belle et riche Grecque, et jai eu tôt fait dapprendreen détail, dun prêtre dApollon qui me faisait la cour, comment on pouvaitexécuter ces sortes de transformations apparemment merveilleuses dune manièretoute naturelle. Et cela ma ôté toute foi dans les magiciens de toute sorte et dansleurs faux miracles.21. Mais là, il est impossible de découvrir aucune tromperie cachée, et il fautdonc quil sagisse du miracle parfaitement authentique dun Dieu vivant, ce queje crois pleinement à présent et croirai jusquà la fin de mes jours. Vous tous,goûtez aussi de ce vin et jugez-en ! »22. Alors, ils goûtèrent tous le vin et trouvèrent quil en était bien commelaubergiste et sa femme lavaient dit. Chapitre 3 Hélène est guérie des fièvres1. Prenant la parole, laubergiste dit à ses gens qui étaient là : « Nous sommesdésormais convaincus que ce serviteur de lunique vrai Dieu encore inconnu denous a accompli un vrai miracle, afin de nous amener à reconnaître cet uniquevrai Dieu ; mais il mavait donné auparavant dautres preuves non moinsmerveilleuses, d’où jai conclu quil devait être quelquun de tout à faitextraordinaire, car il sait aussi bien et souvent mieux que nous-mêmes tout ce quise trouve et se passe dans notre maison, même les choses les mieux cachées.2. Cest ainsi quil connaît la maladie, incurable à ce jour, de notre très chère filleHélène, et il ma promis de la guérir si jôtais de ma maison toutes les idolesmortes, grandes ou petites, et si je voulais, avec toute ma maisonnée, me rallier àlunique vrai Dieu et Le glorifier. Comme je nosais pas men prendre à ces idolesmortes, de peur dêtre trahi et ensuite puni par les prêtres et les juges, jai dit à cemerveilleux serviteur de lunique vrai Dieu : "Ôte-les toi-même, devant témoins,de ma maison, ainsi, nous nen serons pas responsables !" Et voici quil la fait enun instant ! Les nombreuses idoles que contenait notre maison ont toutsimplement disparu dune manière tout à fait merveilleuse, nous en sommes toustémoins, et, vous le comprendrez aussi bien que moi-même, nous ne pourrons enêtre tenus pour responsables par les prêtres, encore moins par les tribunauxromains !3. Mais puisque cet événement si inattendu est soudain survenu sous nos yeux,puisse notre fille être guérie à présent, et lunique vrai Dieu nous être montré àtous, afin que nous puissions Le glorifier tous ensemble, Lui seul, et nousconformer à Sa volonté ! »4. Tous ceux qui étaient là approuvèrent pleinement laubergiste, et celui-ci,sadressant à Moi avec sa femme et ses enfants, Me supplia de guérir, si cétait 7
  8. 8. possible, sa fille malade.5. Je lui dis : « Puisque tu crois, ainsi que tous les tiens, quil en soit selon votrecroyance ! À présent, allez à la chambre de votre fille, et voyez vous-mêmes sielle est bien guérie. Ensuite, amenez-la ici, afin quelle aussi goûte de ce vin devie et apprenne à connaître Celui qui la guérie. »6. Dès que Jeus prononcé ces paroles, ils quittèrent tous en hâte la salle à mangerafin de voir si Hélène était bien guérie. Quand ils furent près delle, ils latrouvèrent en parfaite santé, et elle leur conta quun feu lavait traversée, et que lafièvre et tous ses maux, ainsi que toutes ses anciennes faiblesses, sétaientsoudainement enfuis. Alors sélevèrent de grands cris de joie, et la jeune fille, selevant sur-le-champ de son lit de malade, se vêtit et Me fut bien vite amenée aumilieu des cris joyeux.7. Quand on lui eut dit que Jétais son sauveur, elle tomba à Mes pieds et lescouvrit de larmes de joie. Et tous les autres Me rendirent grâce de même de cetteguérison miraculeuse.8. Mais Je dis à Hélène : « Lève-toi, Ma fille, et bois du vin de la cruche qui estprès de toi, afin que tout ton corps et ton âme en soient fortifiés. »9. Hélène se leva en hâte, prit la cruche avec simplicité et y but le vin fortifiant,dont elle loua sans fin la saveur excellente.10. Quand elle fut fortifiée, ils se remirent tous à Me supplier de leur enseignersans tarder lunique vrai Dieu, et aussi de Le leur montrer, si cela se pouvait.11. Je leur dis : « Eh bien, écoutez ce que Je vais vous dire très brièvement.12. De tous les Grecs qui vivent en Judée, il nen est presque aucun qui ne soitfamilier de la doctrine de Moïse et des Prophètes. Ce Dieu que Moïse a annoncéaux Juifs, ce Dieu qui, sur le mont Sinaï, au milieu de la foudre et des éclairs, aparlé à Moïse, et à travers lui et son frère Aaron, et par la suite par la bouche desprophètes et de bien dautres sages, ce Dieu, dont le nom très saint est Yahvé, estlunique vrai Dieu éternel, parfaitement sage, bon et tout-puissant, qui a créé ettiré de Lui-même le ciel avec son soleil, la lune et tous les astres, ainsi que cetteterre et tout ce qui est en elle, sur elle et au-dessus delle.13. Croyez en ce Dieu, observez Ses commandements connus de vous et aimez-Le par-dessus tout, précisément en observant ses commandements ; aimer votreprochain comme chacun de vous saime lui-même, autrement dit, faites pour euxtout ce que vous souhaiteriez raisonnablement quils fissent pour vous, et cestainsi que lunique vrai Dieu aura toujours pitié de vous et exaucera vos prières.14. Alors, Il ne sera plus pour vous un Dieu lointain et sourd, mais un Pèretoujours plus proche, qui vous aimera par-dessus tout et ne laissera jamais vosprières sans réponse.15. Cest là tout ce que lunique vrai Dieu exige des hommes dont Il est aussilunique vrai Père. Ceux qui agiront ainsi recevront non seulement desbénédictions sans fin sur cette terre, mais aussi la vie éternelle de leur âme aprèsla mort de leur corps, et ils seront à jamais là où Se tient le Père dans Son infiniefélicité. Connaissez-vous à présent lunique vrai Dieu ? » 8
  9. 9. 16. Ils dirent tous : « Ah, sIl est cela - ce dont nous ne pouvons plus douter -,alors, nous Le connaissons, car nous connaissons fort bien les Écritures ! Ladoctrine de Moïse nous a toujours plu, mais, comme nous ne voyions que tropsouvent combien les grands prêtres, surtout, la transgressaient, sans que luniquevrai Dieu leur fit jamais aucun mal pour les punir des sacrilèges quilscommettent envers leurs frères, nous nous disions : que peut-il y avoir de vraidans une doctrine dont les principaux représentants, les prétendus serviteurs deDieu, démontrent si bien par tous leurs actes quils nont pas la moindre étincellede foi ?!17. Car, en lisant les commandements de Moïse, on comprend au premier regardquils demandent quon aime son prochain comme soi-même. Mais lorsquon voitde quelle façon les représentants de la doctrine mosaïque aiment leur prochain, ilfaudrait vraiment être tout à fait aveugle pour ne pas remarquer que ce sontprécisément ceux qui la représentent qui ont le moins de foi en elle. Car unevraie croyance doit dabord se prouver par des actes conformes à la doctrine,surtout chez ceux qui représentent et propagent celle-ci. Mais lorsque ceux-cimontrent aux yeux de tous, sans vergogne et sans craindre lunique vrai Dieu,quils ne croient en rien, comment pourrions-nous, nous, étrangers, nous rallier àleur foi ?18. Voilà, très puissant et véridique serviteur et prêtre de lunique vrai Dieu, pourquelle raison nous avons toujours douté de lauthenticité de la doctrine de Moïse,tout autant que de notre polythéisme ! À cause du monde et de nos lois, nousnous y conformions sans doute, mais pour nous-mêmes, en vérité, nous necroyions plus en aucun dieu - mais seulement aux forces omniprésentes de lanature, que nos philosophes nous avaient appris à connaître un peu mieux.19. Mais, après ce que tu viens de dire et de faire, tout est désormais changé pournous tous, et nous croyons maintenant sans le moindre doute en lunique vraiDieu des Juifs, qui a pu taccorder, à toi qui as assurément toujours fait Savolonté, cette puissance purement divine et tout à fait inouïe.20. Mais nous ne serons fidèles quà la doctrine de Moïse, et en aucun cas à sesreprésentants de Jérusalem. Dailleurs, tard dans la soirée dhier, deux de cesreprésentants, venant dEssée, sont arrivés chez nous et nous ont dit pis quependre de leur propre Temple, vantant fort la grande sagesse et la puissance desEsséniens, si bien que nous pensions : "Ah, si vous dites déjà tant de mal devous-mêmes, que devrons-nous en penser, nous qui sommes des étrangers ?"Pourtant, ils nous ont plu, parce quils disaient la vérité. Ils sont repartis tôt cematin. Ainsi donc, tout irait bien pour ce qui est de la doctrine ; mais il resteencore une chose, qui est ta promesse finale.21. Nas-tu pas promis de nous montrer lunique vrai Dieu ? Cela devrait têtrepossible aussi bien que tout le reste. Et puisque, sans que nous ayons riendemandé, tu nous as déjà accordé, par tes actes, et ton enseignement, le bonheurde connaître lunique vrai Dieu, mets le comble à ce bonheur, nous ten prionsinstamment, en nous montrant ce Dieu! » 9
  10. 10. Chapitre 4 Le Seigneur témoigne de Lui-même1. Je dis : « Ah, Mes chers enfants, cest que, précisément pour votre bien, celanest pas aussi facile que vous le pensez ; mais, puisque Je vous lai promis, ilfaut donc que vous puissiez contempler lunique vrai Dieu. Mais auparavant, Jedois vous avertir quil faudra vous garder débruiter ce que vous aurez vu avantune année entière. »2. Ils Me le promirent tous très solennellement.3. Alors, Je leur dis : « Très bien, ainsi, écoutez-Moi, et ouvrez grands vos yeuxet vos cœurs.4. Cest Moi-même qui le suis, Moi qui parle avec vous, comme les Prophèteslont annoncé aux hommes ! Il Ma plu, selon Mon décret éternel, de venir enpersonne, comme une très claire lumière de vie, homme de chair et de sangparmi les hommes qui errent et se consument dans lancienne nuit des péchés,afin de les délivrer du dur joug du jugement et de la mort éternelle.5. Et Je ne suis pas venu seulement pour les Juifs, qui étaient dès lecommencement le peuple de lunique vrai Dieu et se donnent encore ce nom àeux-mêmes - bien que beaucoup dentre eux, à cause de leurs mauvaises actions,soient depuis longtemps devenus un peuple de lenfer -, mais aussi pour lespaïens, qui, il est vrai, sont issus des mêmes premiers hommes de cette terre,mais se sont laissé séduire au fil des temps par les attraits du monde, si bienquils ont renié lunique vrai Dieu et ne Le reconnaissent plus, et quils se sontfabriqué dans la matière morte et transitoire des dieux selon leur fantaisie quilsont vénérés et adorés, ce quils font encore bien souvent aujourdhui, comme vousle savez.6. Et cest donc afin que les païens aussi reconnaissent la vérité éternelle vivante,qui nest quen Dieu, que Je suis venu aussi vers les païens et que Je leur rends lalumière de vie, donc la vie éternelle, quils ont depuis longtemps perdue par leurpropre faute.7. Je suis Moi-même la lumière, le chemin, la vérité éternelle et la vie. Qui croiten Moi et vit selon Ma doctrine a déjà en lui la vie éternelle, et ne verra ni nesentira plus jamais la mort, quand bien même il mourrait mille fois selon le corps; car celui qui croit en Moi, observe Mes commandements et Maime donc par-dessus tout, celui-là est en Moi et Je suis en lui en esprit. Et celui en qui Je suis aen lui la vie éternelle.8. Ainsi donc, comme Je vous lavais promis, Je vous ai montré lunique vraiDieu. À présent, sondez vos consciences et demandez-vous si vous croyez cela :oui, vous le croyez. Aussi, demeurez désormais de vrais champions de cettecroyance, ne vous en laissez plus détourner par quiconque, et vous vivrez, et laforce de Ma volonté sera en vous et y demeurera. Ainsi soit-il ! »9. Quand Jeus adressé ces paroles aux païens présents, ils furent saisis dungrand frisson de crainte, et aucun nosa plus prononcer un mot. 10
  11. 11. 10. Et Je leur dis dune voix aimable « Reprenez-vous, Mes enfants ! Ai-Je doncun aspect si effrayant, Moi qui suis le vrai Père de tous les hommes, pour quevous trembliez ainsi devant Moi ? Il est vrai que rien ne Mest impossible car enMoi résident toute force et toute puissance au ciel et sur la terre -, mais Je nypuis rien si Je suis ce que Je suis, pas plus que vous si vous êtes ce que vous êtes! Je suis Celui que Je suis, étais et serai de toute éternité, et vous le resterez demême. Si Je vous nomme Mes chers enfants, cest que vous êtes parfaitementMes égaux, et quand vous vivrez et œuvrerez selon Ma doctrine, donc selon Mavolonté, en vérité, vous ne serez pas moins parfaits que Moi-même et pourrezaccomplir les mêmes signes que Moi. Car quelles joies des enfants imparfaitspourraient-ils apporter à un Père parfait ? Renoncez donc à ce trop grand respectenvers Moi, et remplacez-le par une entière confiance et par lamour de Moi, etvous Me serez infiniment plus agréables et plus chers !11. En vérité, celui qui Maime na rien à craindre de Moi ! Car ceux quicraignent par trop Dieu, cest dabord parce quils ne Lont pas vraiment reconnuet que leur cœur est encore loin de Son amour, et ensuite, ces enfants tropcraintifs risquent, par leur propre faute, de ségarer dans leur foi et dans leurconscience, parce que la crainte affaiblit leur courage et leur volonté de serapprocher autant que possible de Moi dans leurs cœurs afin que Je les éclaire etleur montre la vérité de la vie. Si vous avez compris cela, renoncez à Me craindreet concevez pour Moi de lamour et une vraie confiance enfantine ! »12. Quand Je leur eus dit cela, la crainte idolâtre seffaça de leurs cœurs, et,pleins de confiance, ils se mirent à chanter Mes louanges, et lamour séveilla deplus en plus en eux. Mais ils ne se croyaient pas encore tout à fait en sûreté, carlhabitude que leur avait donnée le paganisme de concevoir la divinité commeimpitoyable et dune puissance infiniment sévère ne pouvait seffacer dun seulcoup. Mais, quand Jeus passé encore une heure avec eux dans cette auberge, ilsfurent tous en confiance, et Je leur enseignai encore bien des choses quiaccrurent et fortifièrent leur amour pour Moi. Chapitre 5 Larrivée devant Jéricho1. Là-dessus, ceux de Mes disciples qui avaient de largent demandèrent àlaubergiste ce quils lui devaient pour le pain et leau de source.2. Laubergiste leur répondit : « Oh, comment pouvez-vous me demander cela, àmoi qui resterai éternellement redevable au Seigneur, et donc à vous aussi, quiêtes assurément Ses plus proches amis ? Chacune des paroles quIl nous aadressées ne vaut-elle pas infiniment plus que tous les trésors de la terre ? Envérité, quand bien même vous resteriez mille ans dans cette maison et ymangeriez jour et nuit, si je vous en demanderais seulement un statère, je nevoudrais pas même quon me jette vivant en pâture aux serpents et auxcrocodiles(*) ! Mais il nest pas loin de midi ; quel bonheur ce serait pour moi si le(*) Littéralement «dragons» (Drachen) (N.d.T.) 11
  12. 12. Seigneur voulait bien prendre Son repas chez moi avec vous ! »3. Je lui répondis : « Ta bonne volonté vaut pour Moi l’œuvre accomplie. Maisnous devons repartir, car il y a aussi en dautres lieux de pauvres enfants que Jeveux secourir. Cependant, de pauvres pèlerins arriveront bientôt ici, venantd’Essée et allant vers Jéricho. Il est vrai que, dans cette première ville, ils ontrecouvré pleinement la santé, mais ils ont peu dargent et sont affamés, assoifféset las. Donne-leur à boire et à manger, loge-les pour la nuit, et Je prendrai celacomme si tu lavais fait pour Moi. »4. Laubergiste : « Ô Seigneur et Dieu, si ces pauvres veulent rester une annéeentière, ils seront aussi bien soignés ! Et puisquils sont sur la grand-routemilitaire, je vais envoyer mes bêtes de somme à leur rencontre avec descharrettes et les faire ramener ici. »5. Je dis : « En cela aussi, ta bonne volonté vaudra l’œuvre accomplie ! Lespèlerins dont Je tai parlé sont partis dEssée hier au soir et ont déjà franchi lamontagne. Ils seront donc ici dans quelques heures, et tes bêtes de somme et tescharrettes ne leur seraient plus dune grande utilité. Mais demain, lorsquilsrepartiront, tu pourras leur rendre lun ou lautre de ces services sils en ontbesoin.6. Et à lavenir, ne te fais plus payer leau par quiconque ; car Jai égalementveillé à ce que ta source donne désormais une eau abondante et pure. Soistoujours miséricordieux envers les pauvres, et Je serai Moi aussi miséricordieuxenvers toi. Tu as reçu Ma bénédiction et Ma grâce, et tu les conserveras encontinuant dagir selon Ma doctrine ; ainsi donc, nous pouvons maintenantreprendre notre voyage. »7. Ayant dit cela, Je me levai aussitôt et sortis avec Mes disciples.8. Bien entendu, laubergiste et les siens nous suivirent un moment, non sans serépandre en larmes, en remerciements et en louanges ; mais nous pressâmes lepas, les laissant en arrière, et ils durent rebrousser chemin.9. Comme il ny avait aucun voyageur sur cette route à lheure de midi, nouspûmes cette fois encore avancer à la vitesse du vent ; mais, quand nous fûmes denouveau dans une contrée peuplée, nous reprîmes notre pas naturel, et cest ainsique, vers le soir, nous arrivâmes dans les parages de notre Jéricho.10. Il y avait là une belle prairie, où nous nous reposâmes jusquà ce que le soleilfût couché ; car Je ne voulais pas entrer dans la ville en plein jour, dautant moinsquà notre arrivée aux abords de la ville, seuls quelques arpents de terre nousséparaient encore des deux Pharisiens, que nous avions rejoints malgré leursrapides chameaux.11. Tandis que nous nous reposions sur notre prairie tout en parlant de choses etdautres, un publicain sortit du péage proche pour nous demander doù nousvenions, et si nous avions lintention de passer la nuit en cet endroit.12. Je dis : « Ni lun ni lautre ne te regardent en quoi que ce soit ; mais puisquetu veux le savoir, sache tout dabord que nous sommes venus dEssée aujourdhuimême, et ensuite que nous nous reposons seulement un peu ici avant dentrer 12
  13. 13. dans la ville.13. Quand le publicain entendit que nous étions venus à pied dEssée à Jéricho enun seul jour, il se frappa les mains au-dessus de la tête et déclara : « Oh, unchameau très rapide peut faire cela, mais des hommes à pied, cela ne sest jamaisvu ! Il faudrait que vous soyez venus en volant ! »14. Je dis : « Cela, cest notre affaire ; quant à toi, va en ville, puisque tu en as letemps, et dis à Kado, dont le père est votre chef, quil veuille bien venir Metrouver ici, car Je ly attends, Moi, le Seigneur. »15. Le publicain : « Seigneur, Kado viendra-t-il, si je ne peux lui donner ton nom?»16. Je lui dis : « Oui, il viendra ! Va, et tu en seras récompensé, car tout travailde bonne volonté mérite salaire ! »17. À ces mots, le publicain entra en hâte dans la ville et alla rapporter à Kado ceque Javais dit. 13
  14. 14. Le Seigneur à Jéricho Chapitre 6 Retrouvailles avec Kado1. Ayant entendu le publicain, Kado, sans perdre un instant, lui donna un denierde récompense pour son message et vint en hâte Me retrouver.2. Lorsque, quasi hors dhaleine, il arriva à la prairie où nous étions, nous nouslevâmes, et Je lui tendis la main ; mais, Me prenant dans ses bras, il Me serracontre son cœur et Me couvrit de baisers amicaux avant de dire enfin, submergéde joie et de félicité (Kado) : « Seigneur et Maître, quelle joie indescriptible Tume causes par Ton si prompt retour ! Que nous sommes heureux de Tavoir ànouveau parmi nous, pécheurs à jamais indignes de Toi ! Il ny a que trois joursque Tu nous as quittés, et ces trois jours nétaient pas loin de me paraître trois ans; car le grand regret que Tu as laissé dans notre maison a mis notre patience àrude épreuve. Si Tu nétais pas venu aujourdhui, jaurais pris dès demain à laubenos meilleurs chameaux pour Te rejoindre à Essée. Mais puisque Tu es revenu,oh, tout est de nouveau pour le mieux, et il ny a plus rien à désirer ! Mais àprésent, Seigneur et Maître, Toi notre unique amour et notre plus grand besoin,viens, suis-moi, afin de combler de bonheur toute notre maison ! »3. Je dis : « Ton amitié réconforte Mon cœur, et Je taccompagnerai ; mais nousavons encore un peu de temps ! Nous entrerons dans la ville quand il fera plussombre, afin de ne pas faire sensation auprès des foules curieuses ; car le marchéde demain a attiré beaucoup détrangers, et il ne faut pas que ceux-ci observentnotre entrée en ville et en fassent des gorges chaudes. Dautre part, deuxPharisiens viennent darriver chez ton père ; ils seront bientôt logés, et alors, nouspourrons entrer chez toi en toute tranquillité. »4. Kado en convint volontiers ; cependant, il rappela le publicain et lenvoya àlauberge, afin quil dise à ses gens de préparer un bon souper. Pour quelle raison,ils lapprendraient bientôt, pour leur plus grande joie.5. Sur quoi le publicain repartit en hâte vers la ville, où il sacquitta de samission.6. Le père de Kado dit alors : « Je pressens de quoi il sagit ! Va dire à Kado quetout sera fait au mieux ! »7. Quand le publicain vint rapporter à Kado la réponse de son père, comme lanuit était déjà assez noire, Je dis : « À présent, nous pouvons nous remettre enmarche tranquillement, sans être observés ni reconnus en chemin ; et si quel-quun nous voit, il nous prendra pour des marchands qui viennent darriver, ce quine nous gênera guère. »8. Et, de fait, nous arrivâmes sans le moindre tracas à lauberge de Kado.9. Devant lauberge, Je dis à Kado : « Entre le premier, ami, et annonce aux tiens 14
  15. 15. que Je viens darriver dEssée avec Mes disciples. Quand Jentrerai dans la salledauberge, quils ne manifestent pas trop bruyamment leur joie, afin de ne pasattirer prématurément sur Moi lattention des quelques étrangers qui sont ici.Quils ne Mappellent pas non plus "Seigneur" et "Maître", mais Me traitentcomme un bon ami ; car Je ne considère que les cœurs et non les paroles. Quant àla raison pour laquelle Je veux quil en soit ainsi, tu la comprendras fort bien danspeu de temps. Va, et fais cela. »10. Kado entra en hâte dans la maison et donna aux siens les instructions dont Jelavais chargé.11. Puis Jentrai dans la grande salle dauberge, où une grande table était déjàdisposée pour nous.12. À notre entrée, bien sûr, ils nous accueillirent tous fort aimablement. Le pèreet la mère de Kado, ainsi que sa femme et ses enfants, nous saluèrent avec la plusgrande amitié et Me prièrent de prendre place, car Je devais être bien fatigué dece long voyage. Ces paroles bien choisies néveillèrent pas les soupçons desétrangers envers Moi-même et Mes disciples. Malgré cela, dans lexcès de leurjoie, le père de Kado et le vieux serviteur fidèle, qui sappelait Apollos, ne purentempêcher les larmes de leur monter aux yeux. Mais Je fortifiai leurs cœurs sanstarder, et ils purent dès lors supporter Ma présence sans sépancher.13. Nous nous mîmes donc aussitôt à table, et laubergiste, Kado, sa femme et sesenfants, ainsi que, sur Ma demande, le serviteur Apollos, sassirent près de Moi ;quant à la mère de Kado, elle avait à faire à la cuisine, et ses frères et sœursdevaient servir les convives.14. Quand nous fûmes installés tout à notre aise autour de la table, où étaient déjàdisposés en abondance un pain et un vin excellents, quelques disciples, et JudasIscariote le premier, voulurent se servir sur-le-champ, car ils avaient grand-faim.15. Mais Je leur dis : « Si vous avez pu tenir jusquici, vous le supporterez bienencore quelques instants sans pour autant mourir de faim ni de soif ! Attendezque les plats chauds arrivent, et quand ils seront sur la table, prenez dabord unpeu de pain et de sel, puis une petite gorgée de vin, et votre souper vous fortifieraet vous rendra frais et dispos ; mais sinon, il ne fera que vous affaiblir ! Lhommedoit aussi chercher à maintenir son corps en bonne santé, sil veut garder son âmede la tristesse et de la crainte. Comme Je fais, faites vous-mêmes ! »16. Les disciples Me rendirent grâce de ce conseil, quils ne manquèrent pas desuivre. Chapitre 7 Le Seigneur et le marchand de Sidon malade1. Quelques étrangers ayant remarqué que Je donnais ce conseil aux disciples,lun deux, un marchand de Sidon, se leva, vint à Moi et dit : « Bon ami,pardonne la liberté que je prends de tadresser la parole, moi, un étranger. Maisce que tu viens de dire à tes amis me fait conclure que tu dois assurément être 15
  16. 16. médecin, et cest pourquoi je voudrais te demander conseil sur ce que je dois fairepour être délivré des maux dont mon estomac souffre depuis des années. »2. Je lui répondis : « Si tu penses que Je suis médecin, suis toi ainsi Mon conseil.Ne mange plus, comme tu le faisais jusquici, tant de viande de porc, et si grasse,ne bois pas tant de vin fort à longueur de journée, et tes maux destomacprendront fin. Tel est Mon conseil de médecin ; si tu le suis, il te sera plus utileque ce jus daloès qui débarrasse certes ton estomac, mais afin que tu puissesdautant mieux le remplir ensuite. Lhomme ne vit pas pour manger, mais ilmange pour vivre, et pour cela, il nest pas besoin de se remplir lestomac à rasbord ni de senivrer chaque jour du vin le plus fort. »3. Ayant entendu ces paroles, létranger, fort surpris, Me dit : « Mais tu nemavais encore jamais vu ! Comment peux-tu savoir si exactement comment jevis ? »4. Je dis : « En vérité, Je serais bien mauvais médecin si Je nétais capable de liresur le front dun malade la façon dont il vit et comment sa maladie lui est venue !Fais ce que Je tai conseillé et abstiens-toi de la débauche, et ton estomac iramieux ! »5. Létranger Me remercia de ce conseil et déposa trois pièces dor devant Moisur la table.6. Mais Je les lui rendis avec ces paroles : « Donne-les aux pauvres, car Je naibesoin ni de cet or, ni de cet argent que les hommes désirent avec tant dardeur!»7. Reprenant son or, létranger dit alors : « Cest maintenant que je reconnais quetu es un vrai médecin ! Si je vais mieux, les pauvres recevront cela au centuple !»8. Sur quoi il retourna à sa table, et on apporta les plats sur la nôtre.9. Ces plats consistaient en poissons fort bien apprêtés, en trois agneaux rôtis etvingt poulets également rôtis, ainsi que plusieurs espèces de beaux fruits. Nouscommençâmes à manger sans plus tarder, et, chacun trouvant fort à son goût lesplats, le bon pain de froment et le vin, il y eut bientôt à notre table une grandeanimation.10. Quand les étrangers virent toutes les bonnes choses que nous mangions,comme ils savaient aussi que la nourriture était toujours fort chère dans cetteauberge, létranger à qui le venais de donner un bon conseil pour son estomac dità voix basse à ses compagnons : « Ah, je comprends maintenant pourquoi cemédecin na pas pris mes trois pièces dor ! Des convives capables, comme lui etses compagnons, de prendre un repas aussi coûteux, sont à coup sûr plus richesque nous, et trois pièces dor sont assurément trop peu pour un médecin dunerichesse aussi considérable ! Dans cette auberge, un tel souper ne coûte pasmoins de cinq cents deniers ! Ah, celui qui est assez habile pour devenir unmédecin fameux est plus heureux et plus riche quun roi, qui, lorsquil est malade,doit dépenser de grands trésors pour obtenir laide dun tel médecin ! Car, sigrand et si puissant quil soit, un roi ne peut se guérir lui-même et se sauver de lamort lorsquil est malade et affaibli. Il lui faut faire venir le meilleur médecin, 16
  17. 17. souvent de fort loin et à grands frais, car ils ne sont que quelques-uns, et si lemédecin le soulage, il le récompense par des sommes encore plus considérables.Cest à coup sûr le cas de ce médecin-ci : il a gagné tant dargent auprès des roiset des princes quil peut certes vivre de tout autre façon que nous, pauvresmarchands de Sidon et de Tyr. »11. Mes disciples entendirent cette remarque de létranger, et Jacques le Majeurvoulut le faire taire.12. Mais Je lui dis, parlant bas Moi aussi : « Laisse-les dire ce quils veulent ànotre sujet, car, en vérité, ils ne nous font pas de tort. Quand vous prêcherezlÉvangile aux hommes en Mon nom de par le monde, vous ne pourrez pasempêcher les gens de dire sur vous toutes sortes de choses. Leurs commentairesseront sans doute aveugles et stupides, mais, tant quils ne disent rien de méchant,laissez-les parler. Mais sils commencent à dire du mal de vous, alors, vouspourrez leur en demander compte devant un juge, ou bien quitter ce lieu ensecouant la poussière de vos pieds, après quoi Je saurai bien juger Moi-même untel village et ses habitants. Ainsi donc, laissons ces gens-là nous juger comme ilsle veulent et selon ce quils comprennent ; car nul na jamais pu juger dune choseou dune quelconque circonstance au-delà de son propre entendement, pas plusquun bœuf ne peut chanter un psaume de David ni un aveugle conduire un autreaveugle ! Ne vous laissez donc plus troubler à lavenir lorsquil vous arriverapareille chose. »13. Ils Me donnèrent tous raison et Me rendirent grâce de ce conseil.14. Apollos dit alors : « Ô Seigneur et Maître, Tu as absolument raison en toutechose ; le seul inconvénient est que nous sommes malgré tout dérangés à causede ces étrangers, puisque, pour ne pas Te faire reconnaître, Tu ne peux rien nousdire de spécial, et que nous ne pouvons nous-mêmes rien Te demanderdextraordinaire. »15. Je dis : « Que cela ne tinquiète pas, ami ! Pour lextraordinaire, il ensurviendra encore beaucoup dici à minuit ; car, après une journée de travail sibien remplie, Je suis de bonne humeur, et vous devez donc lêtre vous aussi ! Àprésent, mangeons et buvons sans permettre à quiconque de troubler notrejoie ! »16. Et nous mangeâmes et bûmes tout à notre aise, de même que les étrangers àla table voisine. Chapitre 8 Un joueur de harpe chante devant le Seigneur.1. Or, il y avait à ce moment à Jéricho un marché qui devait durer sept jours, etqui attirait, en plus des nombreux marchands, toutes sortes de bateleurs,chanteurs, joueurs de flûte, de harpe et de lyre qui, le soir, allaient dauberge enauberge, jouant ou se donnant en spectacle devant les convives pour un peudargent. Cest ainsi quarriva à notre auberge un chanteur qui saccompagnait 17
  18. 18. dune harpe, dont il jouait fort bien, et qui chantait en outre dune voix très pureles psaumes de David.2. En entrant dans la salle, il demanda aux convives la permission de se produiredevant eux en échange dun peu dargent.3. Les étrangers, qui étaient surtout des Grecs et des Romains, lui dirent : « Ah,laisse-nous donc avec tes vieilles criailleries juives ! La musique, cet art divin,nest bonne que chez les Grecs ! Si lon veut bien técouter à cette grande table-là,nous ne ten empêcherons pas, mais ce nest pas avec nous que tu gagnerasquelque chose. »4. Alors, sapprochant de notre table, le pauvre harpiste chanteur nous demandala permission de se produire devant nous, et pour nous seuls.5. Je lui répondis dun ton aimable : « Joue donc sans crainte, car Je te connais etsais que tu es un vrai chanteur à la manière de David ! Et pour cela, tarécompense ne sera pas mince. »6. Alors, sinclinant profondément devant nous, le harpiste chanteur se mit àaccorder sa harpe, et, sétonnant lui-même, dit : « En vérité, cest une bonne sallepour la musique et le chant, car jamais encore je navais entendu les cordes de maharpe rendre un son si pur et si céleste ! »7. Je dis : « Eh bien, en ce cas, tu peux commencer à chanter ! »8. Alors, touchant les cordes de ses doigts exercés, le musicien entonna unprélude fort émouvant. Quand les étrangers entendirent ces notes très pures et cesbelles harmonies, ils se turent pour écouter lartiste avec la plus grande attention.9. Dans le silence complet, lartiste, saccompagnant magnifiquement à la harpe,entonna dune voix merveilleusement pure et harmonieuse ce psaume de David :« Chantez au Seigneur un chant nouveau ; que toute la terre chante au Seigneur !Chantez au Seigneur, louez Son nom ! Proclamez jour après jour Son salut !Racontez aux païens Sa gloire, à tous les peuples Ses merveilles ! Car leSeigneur est grand, et hautement louable, Il est admirable par-dessus tous lesdieux ! Car tous les dieux des peuples sont des idoles mortes, le Seigneur seul afait les cieux. Devant Lui, splendeur et majesté, dans Son sanctuaire, puissance etlouange.10. Vous, les peuples, rapportez au Seigneur, rapportez au Seigneur gloire etpuissance ! Rapportez au Seigneur la gloire pour Son nom, apportez-Lui desprésents, venez sur Ses parvis ! Priez le Seigneur dans Son éclat de sainteté, quetoute la terre tremble devant Lui ! Dites chez les païens que le Seigneur seul estroi, que Son règne sétend sur le monde entier pour y durer, et jugez bien lespeuples ! Réjouis-toi, ciel, et toi, la terre, sois joyeuse ! Que gronde la mer, et cequi est en elle ! Que la campagne soit joyeuse, avec tout ce quelle porte, et quetous les arbres des forêts célèbrent le Seigneur ; car Il vient, Il vient pour juger laterre ! Il jugera le monde avec justice, et les peuples par Sa vérité. » (Psaume96.)11. Quand notre chanteur harpiste eut fini de chanter ce psaume, il joua encoreune dernière pièce qui conclut le spectacle. Alors, les étrangers le submergèrent 18
  19. 19. déloges et dapplaudissements, convenant quils navaient jamais rien entendu deplus magnifique de toute leur vie, que ce soit sur un instrument à cordes ou enmusique chantée. Ils lui demandèrent pardon de l’avoir si grossièrement reçu, etle prièrent même de chanter de nouveau ce psaume.12. Le chanteur Me demanda si Je le lui permettais.13. Et Je dis : « Oui, tu le peux bien, car David lui-même na jamais chanté cepsaume plus magnifiquement ! »14. Le chanteur : « Seigneur, qui que tu sois... je ne lavais encore jamais chantéainsi moi-même ! En vérité, cétait comme si Yahvé eût été tout près de moi,mécoutant avec indulgence ; et puis, il me semblait que des chœurs entiersdanges chantaient avec moi. Oh, si seulement je pouvais conserver cet art etcette voix, je serais le plus heureux des hommes de la terre, et, par mon chant, jeconvertirais tous les païens à notre Yahvé ! »15. Je lui dis : « Chante donc encore une fois le psaume 96, et sois assuré, pieuxSamaritain, que ton art et ta voix dureront jusquà la fin de ta vie sur cette terre -et au ciel, tu seras et resteras à jamais un chanteur agréable devant le trône duTrès-Haut ! Chante donc à présent. »16. Le chanteur : « Seigneur, tu dois être un prophète en toute vérité, car leshommes ordinaires ne parlent pas comme tu le fais ! Mais cest assez, car il fautque je chante ce psaume encore une fois. »17. Sur quoi il toucha à nouveau les cordes, qui rendirent un son plus clair et pluspur encore que la première fois, et il en fut de même de sa voix. Tous Mesdisciples, les gens de lauberge et même les étrangers furent émus jusquauxlarmes, mais ceux qui étaient à Ma table plus que tous les autres, car ils savaientbien à qui sadressait ce psaume. Chapitre 9 La récompense du chanteur1. Quand le chanteur eut achevé le psaume pour la seconde fois, un véritabletonnerre de louanges et dapplaudissements éclata parmi les étrangers ; ils lecouvrirent de pièces dor et linvitèrent à sasseoir à leur table pour manger etboire avec eux.2. Mais le chanteur leur répondit: « Je vous rends grâce de lhonneur que vousme faites, et des aumônes que vous mavez si généreusement accordées ; mais,bien quâgé de trente ans à peine, je suis encore un Juif attaché à lanciennepureté, et nai donc pas le droit de manger de vos mets. En outre, ce seigneur seulma accordé la permission de me produire, et je ne ferai donc que ce quil mecommandera. »3. Les étrangers louèrent lartiste pour sa loyauté, et Je lui dis de sasseoir à notretable pour manger et boire avec nous - ce quil fit aussitôt avec milleremerciements. 19
  20. 20. 4. Cependant, notre aubergiste et Kado étaient allés chercher pour le harpiste uneaumône si considérable quil sapprêtait à la refuser, disant quil avait déjà tropreçu des autres tables.5. Mais Je lui dis : « Accepte ce quon te donne avec joie ; car tu as toi-mêmebon cœur et tu partages volontiers avec les pauvres le peu que tu gagnes à grand-peine par ton art. Et si tu gagnes davantage dorénavant, tu pourras dautant mieuxdonner libre cours à ton bon cœur. Il plaît à Dieu quon fasse le bien aux pauvres,mais travailler et amasser pour les pauvres est devant Dieu une merveille quIlsaura toujours récompenser, dès ce monde et plus encore dans lautre. »6. Le joueur de harpe : « Ah, très bon seigneur, cest vrai, et je lai dailleurstoujours pensé, même si la récompense terrestre sest longtemps fait attendre,puisquil y a déjà près de quinze ans que jemploie fidèlement mes faibles talentsdans cet esprit. Mais cette fois, jai fait une riche moisson, que le Seigneur en soitloué et glorifié, Lui qui vient enfin de considérer ma pauvreté, et que toute magratitude aille vers Lui à jamais ! Mais si tu veux bien me le permettre, bonseigneur, jaimerais pourtant te poser une question. »7. Je lui dis : « Très volontiers ! Pose ta question, et Je ne manquerai pas dyrépondre.. »8. Alors, le joueur de harpe Me demanda : « Ô très bon seigneur à qui, aprèsDieu, je dois ce grand bonheur, comment donc sais-tu si exactement tout ce quiconcerne ma vie ? Pourtant, je ne parviens pas à me souvenir de tavoir jamaisvu. »9. Je dis : « Parce que ce nest pas nécessaire ; il suffit que, Moi, Je taie biensouvent vu et entendu. Vois-tu, tu viens de te produire ici, et nous tavons tousfort bien regardé. Si jamais nous nous rencontrons à nouveau, nous tereconnaîtrons fort bien, où que cela arrive ; mais toi, tu ne nous reconnaîtras pastous aussi aisément, et cela pour la raison fort simple et naturelle que même desmilliers de gens se souviennent fort bien dun homme qui sest distingué enquelque chose et lobservent bien mieux que ce seul homme na pu observer lesmilliers devant qui il sest produit. Cest déjà là une raison toute naturelle pourlaquelle Je pourrais te connaître mieux que tu ne Me connais.10. Mais il peut exister dautres raisons, que tu ne comprendrais cependant pastout à fait si Je te les disais maintenant ; cest pourquoi il vaut mieux nen riendire, à cause des étrangers. Tu as toi-même dit tout à lheure que Jétais peut-êtreun prophète, parce que tu as beaucoup mieux joué et chanté en Ma présence quejamais auparavant. Ainsi donc, si Jétais un prophète comme tu penses que Jepourrais lêtre, il se pourrait aussi que Je sache, par lesprit de Dieu en Moi, cequil en est de ta vie. Ce sont donc toujours là deux raisons, une naturelle et unesurnaturelle, pour lesquelles Je peux te connaître mieux que tu ne Me connais,Moi ou tout autre parmi nous. - Comprends-tu à présent ? »11. Le joueur de harpe : « Ah, seigneur très bon et, en vérité, très sage aussi, cenest pas en vain que je te nomme sage ! Car, dans mes pérégrinations sur cettebonne terre, jai constaté bien des fois que les hommes véritablement bons étaienttoujours des sages. Et si les hommes bons ne jouissent pas du même bonheurterrestre que ceux qui sont méchants et cruels, la faute nen est pas à leur sagesse 20
  21. 21. au sens où elle les rendrait peut-être moins avisés que les méchants avec leurruse, mais à leur bonté dâme et à ce qui en résulte, la patience, lamour de lavérité, de Dieu et même des ennemis - car, si aveugles et sourds quils soient, cesont aussi des hommes -, et cest donc finalement bien à cause de leur vraiesagesse, qui naccorde pas plus de valeur aux biens provisoires de ce monde quene leur en ont accordé de tout temps les vrais grands sages. Cest pourquoi, ô trèsbon seigneur, te trouvant si plein de bonté, je tai appelé sage. »12. Je dis : « Alors, tu dois être un sage toi aussi, puisque, Je le sais bien, tu esaussi un homme bon ? »13. Le joueur de harpe répondit très modestement : « Bon seigneur, je ne mevanterai certes jamais de cela, et je laisse aux sages le soin de me juger !Cependant, je puis témoigner que jai vu des hommes sestimant fort sages etinstruits commettre des actions bien plus stupides que je nai jamais pu le faire.Voici mon opinion : croire en lunique vrai Dieu avec la foi la plus ferme, mêmedans les circonstances les plus contraires, et observer par crainte et amourvéritables de Dieu Ses commandements sacrés, est souvent plus sage que delaisser sa foi faiblir, de tourner le dos à Dieu et, devenu un sage mondain couvertdhonneurs, de se jeter dans tous les plaisirs possibles du monde et de vivrecomme si les autres hommes navaient plus aucun droit sur cette terre, où Dieules a pourtant placés comme nous, et quils parcourent eux aussi en quête de leursubsistance et de ce qui est nécessaire à leur vie ! Mon avis est-il juste, très bonet sage seigneur ? »14. Je dis : « Parfaitement juste, et donc fort sage aussi ! Mais à présent, mangeet bois selon tes besoins ! »15. Et le joueur de harpe se mit à boire et à manger tout son soûl, car il avaitgrand-faim et soif, mais sans montrer aucune gloutonnerie, encore moinsdivrognerie. Chapitre 10 Question du Grec à propos de lhistoire de la Création1. Tandis que notre harpiste mangeait et buvait ainsi frugalement, les disciplessentre-regardaient en ouvrant de grands yeux, car ils nétaient pas peu étonnés deses sages paroles.2. Mais Je leur dis : « Quêtes-vous donc si étonnés du bon sens de notrechanteur ? Navez-vous jamais entendu dire que Dieu donne toujours la raison àceux quen vérité Il a chargés de Lhonorer ? Je vous le dis, en vérité, la fonctionde ce chanteur nest pas des moindres sur cette terre, car la grande douceur de sonchant et de sa musique attendrit les cœurs durs, afin que la parole et la véritééternelle y pénètrent plus aisément.3. Quand Saül entendit la harpe de David, son cœur de pierre samollit et lespritmalin sen enfuit, et cest pourquoi il est écrit : "Louez le Seigneur par despsaumes, des voix pures et des harpes bien accordées !" Que ce harpiste chanteur 21
  22. 22. devienne pour vous ce quétait Jean ! »4. Les disciples furent très satisfaits de ces paroles, car ils comprenaient pourquoile harpiste avait parlé si sagement.5. Cependant, les païens, à qui le sens du psaume avait échappé, se disaient entreeux : « Quel dommage que cet artiste, avec sa voix dune pureté divine, ne veuillepas chanter nos dieux à la manière dHomère, tel un second Orphée ! À Athèneset à Rome, il serait vénéré et amasserait de grandes richesses ! »6. Lorsquils eurent échangé quelques autres de ces propos parfaitement vains, lemême étranger à qui Javais auparavant donné un conseil pour son estomacsapprocha de notre table, et, ayant fort loué encore une fois le chanteur, nous dit: « Pardonnez-moi si je vous importune peut-être ; mais enfin, puisque noussommes ensemble dans cette salle dauberge, et que nous navons en vérité aucunmotif dhostilité entre nous, quil nous soit permis, en cette occasion en véritéaussi magnifique quinattendue, déchanger quelques paroles amicales ! Car, pourmoi du moins, cela ne fait aucune différence, selon la véritable valeur humaine,que nous soyons païens et vous juifs, et, à cet égard, il me semble que noussommes du même avis, vous et moi. »7. Je lui dis : « Ami, tout homme peut parler librement devant Moi, et donc aussibien toi-même et tes compagnons. Si tu as quelque chose à dire, parlefranchement. »8. Le Grec : « Nous autres Grecs, qui sommes instruits et avons une grandeexpérience du monde, nous sommes revenus depuis bien longtemps de tous nosmythes divins, et il se peut que les meilleurs des Juifs ne fassent guère plus decas du Temple de leur Dieu unique que nous, Grecs et Romains, des temples denos multiples dieux. Ce joueur de harpe a chanté un psaume que je ne suis passans connaître de lancien roi des Juifs appelé David, qui était le deuxième dansla succession de vos rois. Ce poème est plein dune théosophie cachée ; mais cequi y apparaît clairement, cest que ce grand et puissant roi, vaillant et victorieuxdans les combats, voulait conquérir tous les païens pour les convertir à sacroyance en un Dieu unique, parce que son gouvernement en eût été grandementfacilité et son prestige fort accru auprès de tous les peuples. Quant à savoir si, enlui-même, il était aussi sérieusement attaché à ce Dieu unique quil le fait paraîtredans ses poèmes, cest une tout autre question ! C’est bien possible...maiscertaines de ses actions pourraient aussi faire penser le contraire ! Quoi quil ensoit, David demeure un grand homme dont il faut se souvenir pour beaucoup debonnes raisons, un roi comme la terre nen a sans doute guère connu de pareils, etje ne peux que louer ce chanteur davoir choisi pour objet de sa musique et de sonchant, étant un vrai Juif de lancienne foi, les psaumes de ce grand roi.Cependant, malgré toutes ses perfections, il se restreint quelque peu à ne vouloirchanter que David. Sil pouvait aussi, tel un Orphée avec sa lyre, chanter nosanciens poètes, et venir ainsi à Athènes ou à Rome, il gagnerait des trésors ! Maislaissons cela, et venons-en à lessentiel.9. Un passage de ce psaume ma particulièrement frappé, celui où il est dit: "Tousles dieux des peuples sont des idoles mortes ; mais le Seigneur (donc le Dieuvivant et unique des Juifs) a fait le ciel et la terre." Dis-moi donc sil en est 22
  23. 23. réellement ainsi en toute vérité, et de manière démontrable. Car nous autrespaïens, nous supposons quavant la formation complète de la Terre et du ciel, ilexistait une matière chaotique à partir de laquelle certaines forces inconnues denous et plus ou moins intelligentes, dont limagination des hommes a par la suitefait des dieux, ont peu à peu constitué la Terre avec tout ce quelle porte, et demême le ciel ; mais vous, vous faites créer tout cela par un Dieu unique à partirde rien, en six jours ou peut-être six périodes de temps. Laquelle de ces deuxchoses est vraie ? Dans toutes les parties dun monde que nous connaissons fortbien, dinnombrables hommes croient, à peu de chose près, à ce que nousconsidérons nous-mêmes, à la suite des anciens Égyptiens, comme une véritéquasi démontrable ; mais vous, vous en êtes aussi éloignés que le ciel lest de laterre ! Qui donc a raison, quelle est la vérité ? Si tu peux démontrer la vérité devotre doctrine, nous renoncerons à notre croyance, mes compagnons et moi, etnous ferons Juifs ; mais sans cela, nous resterons ce que nous sommes et nedemanderons plus à ce chanteur de venir à Athènes ou à Rome. » Chapitre 11 Le Seigneur guérit les maux destomac du Grec1. Je dis : « Ami, ce que tu Me demandes là est bien singulier ! Ta raison est bientrop emplie de choses de ce monde, cest-à-dire matérielles ; comment pourrait-elle comprendre le spirituel ? Nous qui sommes dauthentiques juifs de lanciennevraie foi, notre raison est au contraire emplie de choses spirituelles, et cestpourquoi nous comprenons facilement ces choses et les trouvons parfaitementdémontrables.2. Il y a bien une correspondance entre le spirituel et le matériel. Si tu étais versédans cette science, il te serait facile de prouver que nous seuls, Juifs purs,sommes tout à fait dans le vrai, et que les païens sont dans lerreur et le faux,malgré toute leur philosophie ; mais cette science profonde vous est étrangère, etil sera bien difficile de vous prouver par un autre moyen que nous seuls, Juifs,sommes dans la vérité.3. Si David a chanté lunique vrai Dieu, cest parce que non seulement il croyaiten Lui, mais quil Le voyait et parlait sans cesse avec Lui. Et notre chanteur, quiest lui-même un Juif pur, a bien raison de dire quavec sa harpe et son chant, il nerend gloire quà Celui à qui toute gloire est due de toute éternité. Voilà pourquoi,devant les païens que David, déjà, rappelait à lantique vérité, il ne doit chanterque les psaumes de David, afin dattendrir et douvrir leurs cœurs pour quilsreconnaissent et adorent lunique vrai Dieu éternel, qui nest pas tant un Dieucaché et inaccessible aux hommes véritables que ne le sont vos propres dieux, envérité purement imaginaires, et modelés ensuite de main dhomme dans lamatière morte. Et nous pouvons tous te prouver, et même dune manière pratique,quil en est ainsi, bien que cela ne puisse te faire toucher de plus près la véritéprofonde, qui est spirituelle et ne vit donc quen elle-même. »4. Le Grec : « Ami, donne-moi cette preuve pratique, et, avec tous mescompagnons, je croirai au Dieu des Juifs et observerai les commandements quIl 23
  24. 24. a dictés ; de plus, je convertirai des milliers de gens à ma foi ! »5. Je dis : « Fort bien. Moi qui suis un vrai Juif dentre les Juifs, qui connais fortbien lunique vrai Dieu et Seigneur du ciel et de la terre et sais aussi quIl est, etcomment Il est, Je peux te mettre sous les yeux sans plus tarder une telle preuve !Tu souffres encore de lestomac, raison pour laquelle tu nas presque rien osémanger ni boire, bien que tu aies encore grand-faim et grand-soif. Que desacrifices nas-tu pas faits sur les conseils des prêtres, et combien de remèdesnas-tu pas avalés ! Tes souffrances en ont-elles été atténuées si peu que ce soit ?"Pas le moins du monde", réponds-tu ! Mais Moi, en invoquant intérieurementlunique vrai Dieu des Juifs, Je vais te guérir de telle sorte que tu nauras plusjamais mal à lestomac ! »6. Le Grec : « Ami, si tu peux faire cela sans aucun remède, non seulement je necroirai plus quen votre Dieu et Lui rendrai gloire sur-le-champ, de même quetous mes compagnons, mais je te ferai donner la moitié de mon bien, qui nestpas petit ! »7. Je dis : « Je nen ai pas besoin, ami, car Mon unique vrai Dieu tout-puissantMe donne toujours et nous donne à tous ce qui nous est nécessaire. Nous navonsdonc pas besoin comme vous, païens, de richesses terrestres ; car les trésors delesprit de Dieu en nous sont infiniment supérieurs à ce que vaut la terre entière ettout le ciel visible, ce dont tu vas te rendre compte à linstant. Vois, en Moi-même, Jinvoque le Seigneur en silence et Lui demande de guérir et de fortifierton estomac... dis-moi maintenant sil va mieux. »8. Surpris au-delà de toute mesure, le Grec répondit : « Ah, à présent, je croissans le moindre doute que votre Dieu est le seul vrai ! Car à peine avais-tu, ami,prononcé ces paroles à ladresse de votre Dieu, que mon estomac a ressenti unbien-être comme je nen avais encore jamais éprouvé, même dans les meilleuresannées de ma jeunesse, et je continue de me sentir si bien que ce nest quàprésent que jai vraiment faim et soif. Désormais, et jusquà mon dernier jour, jene vouerai plus quà lunique vrai Dieu toute ma gratitude, toute gloire, le plusgrand respect et une complète soumission à Sa volonté sacrée et toute-puissante !Oh, quIl veuille nous éclairer, nous, païens, comme Il vous éclaire, afin que nouspuissions Le connaître toujours plus intimement et ne rendre quà Lui seul lajuste gloire qui Lui plaît !9. Et toi, très excellent chanteur des psaumes, tiens-ten à cet art bon et vrai,chante toujours et en tout lieu la gloire de lunique vrai Dieu qui peut absolumenttout ; car à Lui seul revient toute la gloire, non seulement de la part des humainsque nous sommes, mais, comme le dit ce psaume, de toutes les créatures. Car jevois bien à présent que Lui seul a tout créé, le ciel, la terre, le soleil, la lune et lesastres sans nombre. Comment, cela, je ne le demanderai jamais, car il me suffitmaintenant de savoir que Lui seul est la cause première de toute chose, et que lavraie substance de toute existence nest rien dautre que Sa volonté seule. Cestdans cette croyance que je vivrai, penserai et agirai dorénavant, et j’y mourraiaussi.10. Et je te remercie aussi, très cher ami empli de lesprit de Dieu, qui mas sijustement enseigné ce qui est le plus essentiel pour la vie, me venant ainsi en 24
  25. 25. aide peut-être davantage que par la guérison de mon estomac malade. Maispuisque jai maintenant une si grande envie de manger et de boire, je vais merasseoir à notre table, afin de restaurer mon corps avec mesure et de le fortifier !»11. Je lui dis : « Fais-le sans crainte, et, avant de manger, prie Dieu dans toncoeur, pour toi et pour tous les hommes, afin quIl bénisse votre nourriture etvotre boisson ; Il exaucera toujours une telle prière, et après cela, toute nourriturequi convient aux hommes te sera profitable, et elle nourrira et fortifieravéritablement ton corps. Ainsi soit-il ! »12. Après ces paroles, le Grec, plein de reconnaissance, retourna à sa table,demanda à Dieu Sa bénédiction, puis mangea et but de bon cœur sans plusredouter que la nourriture ou quelque boisson pût lui faire du tort. Et ce quefaisait ce Grec, ses nombreux compagnons le firent aussi, se remettant à mangeret à boire avec le plus grand plaisir ; en même temps, ils parlèrent beaucoup entreeux de la réalité de lexistence du Dieu des Juifs, et sémerveillèrent aussi sans finde ce que le vrai Dieu des Juifs soutînt si bien de Sa puissance les hommes quicroyaient vraiment en Lui, mettaient en Lui toute leur confiance et observaientSes commandements, que, pour un peu, on eût pu croire quils étaient eux-mêmesdes dieux.13. Quand ils eurent ainsi conversé pendant un moment, que nous utilisâmes àparler entre nous de ce qui était arrivé à Essée, les Grecs, à présent tout à faitrassasiés, se levèrent pour rendre grâce de Ses bienfaits au vrai Dieu des Juifs, etpour Lui demander de ne jamais leur retirer Sa bénédiction, à eux comme à tousles hommes qui Len prieraient avec foi et confiance. Chapitre 12 Le Seigneur donne ses recommandations au Grec1. Alors, revenant à Moi, le Grec Me demanda : « Très cher ami, avons-nousbien prié et rendu grâce comme il le fallait ? »2. Je lui dis : « Tu as chez toi des enfants que tu chéris fort. Sils ont faim et tedemandent du pain, vas-tu leur refuser ce pain, qui est un bienfait de ton amourde père, parce quils auront peut-être demandé en répétant bêtement une phraseapprise? Toi-même, en tant quhomme et païen, tu ne considères chez tes enfantsque leur cœur, et leurs balbutiements ont pour toi plus de valeur que les bellesparoles dun rhéteur. Comment Dieu, le seul vrai père de tous les hommes, neconsidérerait-Il pas leurs cœurs à bien plus forte raison, et non de vaines paroles,si joliment formulées soient-elles !3. Même revêtue de paroles simples, votre prière et votre action de grâcevenaient de votre cœur, et cest pourquoi elle a véritablement plu à Dieu, le seulvrai Père céleste des hommes. Restez ainsi, et, en temps utile, une lumièresupérieure vous viendra des cieux. Adressez-vous toujours à Dieu, le Père célesteéternel, dans le très grand amour de vos cœurs, et Il Se tournera toujours versvous, avec la lumière vivante de la vérité éternelle qui est en Lui ! 25
  26. 26. 4. Mais, pour aimer vraiment Dieu, vous devez aimer votre prochain commevous-mêmes et ne commettre aucune injustice. Ne faites pas à autrui ce que vousne souhaitez pas que lon vous fasse ! Jentends cela dans un sens raisonnable etsage ; sans quoi un meurtrier pourrait réclamer quon ne le cherche pas pour leremettre à la justice, puisquil ne poursuit personne dans une telle intention - etde même pour toutes les absurdités de cette sorte.5. Ainsi donc, celui qui aime loyalement et raisonnablement, donc véritablement,son prochain, aime également Dieu et sera aimé de Lui en retour. Mais celui quinaime déjà pas son prochain, quil peut voir, comment aimerait-il Dieu, quil nepeut ni voir de ses yeux, ni entendre de ses oreilles ?6. Vous qui êtes marchands et changeurs, vous préférez un gros bénéfice à unplus petit, qui serait plus équitable ; mais Je vous le dis : à lavenir, soyezéquitables en toute chose, songez combien vous préférez quun autre soit juste etéquitable envers vous, et soyez vous aussi justes et équitables envers votreprochain selon le prix, le poids et la mesure ! Car, selon la mesure, le poids et leprix dont vous aurez usé envers votre prochain, Dieu, le Seigneur et Père céleste,vous rendra mesure pour mesure. Car Dieu ne considérera pas ceux qui aurontmenti et trompé dans les circonstances de cette vie terrestre, et ils nentreront pasdans Son royaume de la vie éternelle. Si Je peux vous dire cela, cest parce que Jeconnais bien ce Dieu, Son royaume, Son trône de souverain éternel et Sa volonté.7. Si vous avez compris cela, agissez en conséquence, et la vraie grâce vivante nevous sera pas reprise. Lorsque, dans un royaume, un homme connaît les lois duroi et sy conforme fidèlement, le roi, le sachant, sera bien disposé envers cethomme, le respectera, laimera et pourra fort bien lui confier une charge enrécompense de sa loyauté. Ainsi, à présent que vous connaissez par Moi lavolonté de lunique vrai Dieu, agissez en conséquence, et vous trouverez grâceauprès de Dieu ! »8. Le Grec dit : « Ami, nous te remercions de cet enseignement véritablement desplus sages et te promettons de nous y conformer désormais fidèlement dans notrevie et nos actes. Mais, puisquil nest pas encore très tard dans la nuit, et que tesparoles et ce que tu as fait pour moi montrent que tu connais fort bien Dieu etque, vivant et agissant toi-même selon Sa volonté, tu jouis de Sa faveur et de Sonamitié, tu peux sans doute encore, grâce à cette lumière divine qui est en toi,nous donner quelque petite idée de la façon dont Dieu a pu créer cette terre en latirant de Lui-même, sans le secours daucune substance ni daucune matière. Jaicertes déjà dit que la matière dont est faite toute chose consiste dans la volontétoute-puissante de Dieu ; pourtant, la façon dont substance et matière ont punaître de la seule volonté de Dieu me donne encore à réfléchir. Si les Grecs quenous sommes pouvaient en avoir ne serait-ce quune petite idée, ce serait pournous une satisfaction extraordinaire. »9. Je dis : « En vérité, vous demandez des choses que la raison de lhomme nepourra jamais appréhender pleinement ; et, quand bien même il comprendraitdavantage les mystères les plus profonds du royaume de Dieu, cela ne lerapprocherait pas de lamour de Dieu ! Car nul autre que lesprit de Dieu ne peutsavoir ce qui est en Dieu ; mais celui qui observe les commandements de Dieu et 26
  27. 27. Laime par-dessus tout recevra dans son cœur lesprit de Dieu, et, par cet esprit, ilsondera les profondeurs de Dieu.10. Faites donc ce que Je vous ai conseillé, cela vous mènera à toute la sagessesupérieure, et tout ce qui vous paraît à présent impossible à comprendre vousdeviendra aussi simple et facile que les jeux de vos enfants !11. Mais afin que vous ayez une nouvelle preuve de la manière dont la volontéde Dieu est tout en elle-même, en tant que pur esprit dabord, que substance etmatière ensuite, prenez sur votre table une cruche parfaitement vide, et apportez-la-Moi. »12. Aussitôt, un autre Grec prit une cruche et la posa devant Moi sur la table,disant : « Ami de Dieu, voici une cruche vidée jusquà la dernière goutte ! »13. Je dis : « Fort bien, soyez donc attentifs. Prenez la cruche en main voyez, elleest encore vide, et même sèche. À présent, par la volonté de Dieu qui est en Moi,Je veux que cette cruche, qui est assez grande, semplisse à linstant du vin le pluspur et le meilleur, que vous pourrez boire ensuite pour vous fortifierspécialement ! »14. Et, dès que Jeus achevé ces paroles, la cruche fut emplie dun excellent vin.15. Les deux Grecs, ayant bien regardé, sécrièrent avec la plus grande surprise :« Ah, à présent, nous voyons véritablement de nos propres yeux que la volontéde lunique vrai Dieu est absolument tout ! À Lui seul toute gloire ! Nous navonspas besoin de savoir le comment de cela, il nous suffit de savoir quil en est ainsiet ne saurait en être autrement. »16. Je leur dis : « Eh bien, puisque vous avez ce vin, qui, de même que celui quepossédez en grande quantité chez vous dans des outres, nexiste que par lavolonté de Dieu, buvez-en, et dites-Moi sil est à votre goût ! »17. Les Grecs goûtèrent le vin, et, une fois de plus, sémerveillèrent sans fin deson excellence et de sa force. Chapitre 13 Les gymnastes impudents, et leur juste punition1. Tandis que les Grecs chantaient encore les louanges du miracle survenu à leurcruche, dautres Grecs arrivèrent à lauberge, une sorte dartistes dont lartconsistait à exécuter toutes sortes de mouvements gymniques et de sauts. Ilsdemandèrent à laubergiste, quils connaissaient bien, la permission de montreraux convives leurs piètres tours.2. Cette fois encore, laubergiste Me demanda sil devait le leur permettre.3. Je lui dis : « Dans ta maison, tu es le maître et peux faire comme bon tesemble ! Cela ne nous regarde pas, et nous ne nous soucierons guère de cespectacle païen. Je dois supporter avec patience et longanimité bien des folieshumaines ; pourquoi ne supporterais-Je pas aussi cette sottise ? Mais demandeaux Grecs sils souhaitent voir ce spectacle vain et parfaitement inutile pour les 27
  28. 28. hommes. Si cela leur est agréable, ils peuvent certes laisser ces pauvres gensexécuter devant eux quelques-uns de leurs tours ; mais sils ny tiennent pas, ilspeuvent renvoyer ces gymnastes.4. Sur quoi laubergiste alla sentretenir avec les Grecs.5. Ceux-ci (les Grecs) lui répondirent : « Ami, nous venons ici dentendre et devoir le plus haut de tous les arts. Nous sommes désormais tout occupés delunique vrai Dieu des Juifs, et ce nest plus le lieu pour nous de voir ces sortes detours stupides, dont les hommes ne tirent aucun profit. Par ailleurs, nousconnaissons depuis longtemps ces gymnastes et leurs exploits, et navons pasenvie de faire une fois de plus connaissance avec eux. Pour ce qui est de nous, ilspeuvent donc bien sen retourner comme ils sont venus. »6. Ayant reçu des Grecs ce fort bon avis, laubergiste dit aux gymnastes : «Puisque personne ici ne souhaite rien voir de vos tours inutiles, vous pouvezrepartir comme vous êtes venus. »7. Cet avis ne contenta guère les gymnastes, dont le chef déclara : « Maître, nousavons parcouru près de la moitié du monde avec notre art, et partout, on nous abeaucoup admirés ; on ne nous avait encore jamais refusé le droit de nousproduire ! Nous sommes pour le moins de véritables demi-dieux, les premiersfavoris du grand dieu Mars ainsi que dApollon et des neuf Muses. Ils sevengeront sur cette maison de loffense qui nous a été faite ! »8. Cela mit 1’aubergiste de fort bonne humeur, et il répondit : « Depuis que nousavons tous appris, dans cette maison, à connaître lunique et seul vrai Dieu desJuifs, en vérité, nous néprouvons plus la moindre crainte des dieux morts desÉgyptiens, des Grecs et des Romains ! Vous pouvez donc nous menacer tant quevous voudrez avec vos idoles sans que cela trouble le moins du monde notretranquillité.9. Mais si, comme vous le dites, vous avez parcouru la moitié du monde et àcoup sûr acquis ainsi de grandes richesses, puisque vous êtes de vrais demi-dieux, parcourez donc lautre moitié du monde et faites-vous vénérer tant quilvous plaira, mais laissez-nous en paix ! Et si vous vouliez faire quelque scandaleici parce que personne ne veut y voir vos tours, cela pourrait vous coûter un peutrop cher ; car il y a ici à ma table un très puissant Seigneur à qui rien nestimpossible, et qui serait assurément fort capable de vous faire regretter votreinsistance ! Il vaut donc mieux pour vous quitter de bonne grâce cette maison. »10. Le chef dit avec fureur : « Si tu nas plus aucune crainte des dieux les plusinsignes, si tu les déclares nuls et sans vie comparés au dieu chimérique desJuifs, qui nest quune vaine fabulation, sache-le donc, contempteur des dieux: jesuis le dieu Mars en personne, et je saurai détruire ce pays par la guerre, lafamine et la peste ! Et le dieu que je suis ne craint certes aucun Juif tout puissantqui serait à ta table ! »11. Alors, Je dis au chef-dieu Mars : «Prends garde, insolent païen, quitte ce lieu,sans quoi il te faudra goûter à la puissance de lunique vrai Dieu des Juifs !»12. À ces mots, le chef devint véritablement grossier et voulut sen prendre àMoi. 28
  29. 29. 13. Je le menaçai de nouveau, puis, comme il ne voulait toujours pas sen aller, Jelui dis : « Puisque tu ne veux pas partir quand Je te le demande, Je vais, par laforce et la puissance du Dieu des Juifs, tenvoyer à linstant, avec tescompagnons, à cent jours de voyage dici ! Là-bas, tu pourras te faire adorercomme dieu Mars par les Noirs ! À présent, disparaissez ! »14. Dès que Jeus prononcé ces paroles, les méchants gymnastes disparurent sur-le-champ et furent transportés en Afrique, chez les Noirs dont nous avions fait laconnaissance à Césarée de Philippe. Là, ils furent bientôt instruits dans Madoctrine, et devinrent ainsi Mes disciples eux aussi.15. Quant à nous, nous continuâmes à parler de bien des choses, et aussi de ladisparition rapide des prétendus demi-dieux.16. Cest ainsi quil était près de minuit quand nous nous retirâmes pour la nuit.17. Le chanteur harpiste resta avec nous, car il commençait à comprendre devantqui il avait chanté ses psaumes, et son amour pour Moi devenait toujours plusgrand. Chapitre 14 Les Grecs sinquiètent de la disparition des gymnastes1. Cependant, les Grecs ne se couchèrent pas de la nuit, ne pouvant comprendrecomment les gymnastes avaient si soudainement disparu. Ils sinterrogeaiententre eux, se demandant si Javais vraiment fait aux Grecs ce que Je leur avaisdit, ou si, par Ma force divine, Je les avais simplement envoyés dehors et chassésvers quelque autre partie de la ville.2. Le premier orateur déclara : « Pour moi, je pense que ce puissant ami delunique vrai Dieu ne prononce jamais une seule parole qui soit de pure forme,mais que ce quil dit en accord avec la force intérieure de Yahvé qui demeure enlui arrive tel quil la prononcé, sans le plus petit changement. Les gymnastesdoivent donc à présent se trouver à lendroit quil leur a assigné, peut-être au finfond de lAfrique ! »3. Un autre répondit : « Sils y ont été envoyés à travers les airs - ce qui est leplus probable -, et cela plus vite que léclair, un tel voyage na pas dû leur faire leplus grand bien ! »4. Le premier Grec reprit : « Je ne minquiète pas pour cela ; car, dans ses parolesénergiques, il ne semblait pas quil fût question de faire le moindre mal à cesgymnastes ; je crois donc quils ont dû se sortir sains et saufs de leur voyagemiraculeux. Quant à ce qui leur arrivera dans ce nouveau lieu tout à fait étranger,cest bien sûr une tout autre question. Mais qui sait pourquoi il a fait arriver cela? Peut-être en résultera-t-il malgré tout quelque bien pour ces misérables artistes?»5. Les autres Grecs se rangèrent bientôt à cet avis, et, ainsi conversant, ils finirentpar sendormir à leur table à lapproche de laube. 29
  30. 30. 6. Moi-même, avec Mes disciples, Je dormis dans une bonne chambre à coucherjusquà ce que le soleil fût levé ; car, à cause de la foule des marchands, Je nevoulais pas Me rendre trop tôt avec Mes disciples dans des lieux publics oùJaurais fort bien pu être reconnu - ce qui aurait fait sensation dans la ville en Mefaisant connaître avant Mon temps. Cest pourquoi Je restai à lauberge jusqueprès de midi.7. Quand Jentrai dans la grande salle avec Mes disciples, nos Grecs, déjàéveillés, y étaient assis à leur aise devant le repas du matin quon leur avaitpréparé, et ils Me saluèrent très amicalement.8. Comme notre repas aussi était prêt, nous nous mîmes aussitôt à table pour leprendre.9. Leur repas terminé, les Grecs Me questionnèrent sans tarder sur le sort peut-être tragique des gymnastes, brusquement projetés Dieu sait où, et Je ne manquaipas de leur dire ce qui leur était arrivé, ce qui leur arriverait ensuite et ce quilsferaient à lavenir.10. Satisfaits de Ma réponse, les Grecs Me demandèrent encore une fois labénédiction de Yahvé, après quoi ils allèrent vaquer à leurs affaires au marché.11. Cependant, Je leur dis de ne pas ébruiter Ma présence auprès de leurscollègues marchands ce matin-là, chose quils Me promirent, et ils tinrent leurpromesse aussi bien que possible.12. Quand nos Grecs furent partis, les disciples Me demandèrent : « Seigneur, ilreste encore plusieurs heures jusquà midi. Les passerons-nous dans loisiveté, ouavons-nous quelque chose à faire ? »13. Je leur dis : « Il y a déjà près de trois ans que nous sommes ensemble, et vousnavez guère eu autre chose à faire que Me suivre partout, Mécouter et vousémerveiller de Mes actes ; pendant ce temps, vous navez jamais souffert de lafaim ni de la soif et nêtes jamais allés nus. Si vous avez supporté de rester silongtemps sans rien faire de particulier, vous le supporterez bien encore .jusquàce midi !14. Vous aurez bien assez à faire quand Je ne serai plus parmi vouscorporellement et que Je vous transmettrai Ma mission ; pour le moment, votretâche consiste à être Mes témoins partout où Je vais. Cependant, nous netarderons pas à avoir quelque chose à faire ici même, et le temps ne vous paraîtraque trop court ! »15. Ainsi rassurés, Mes disciples restèrent tranquillement à table, sentretenantavec les disciples de Jean.16. Quant à Mon disciple Jean, il tira son écritoire du sac quil emportait toujoursavec lui et prit quelques notes très brèves sur notre voyage et nos actes de Jérichoà Essée, puis au retour vers Jéricho.17. Moi-même, Je Mentretins avec laubergiste, son fils Kado et son vieuxserviteur Apollos de diverses questions essentiellement terrestres et utiles dans lapratique de lagriculture, ce dont ils Me remercièrent fort tous trois, parce quilsignoraient tout à fait jusque-là ces sortes de moyens de faire prospérer les 30
  31. 31. cultures. Chapitre 15 Un jugement à lauberge1. Comme nous parlions ainsi depuis près dune heure, un vacarme inhabituelséleva sur la place devant notre auberge, où une foule de gens sassemblèrent enquelques instants. Cela attira aussi quelques-uns de Mes disciples à la fenêtre dela salle.2. Mais Je les rappelai en disant : « Pourquoi cette curiosité ? Nous apprendronsbien assez tôt ce qui se passe ! Rien de très édifiant, assurément, et lon apprendtoujours-trop vite, même si cest avec retard, les mauvaises nouvelles. »3. Sur quoi les quelques disciples curieux revinrent à notre table.4. Et de fait, quelques instants plus tard, plusieurs marchands, le visagecourroucé, entrèrent dans la salle dauberge, amenant trois voleurs solidementliés de cordes. Dans la bousculade, ces trois fieffés coquins avaient volé delargent et dautres objets à ces marchands, qui voulaient les faire juger parlaubergiste : en effet, celui-ci était dans cette ville une sorte de bourgmestre et dejuge de commerce, et il devait entendre les voleurs avant de les remettre autribunal principal pour quils soient punis.5. Cependant, à cause de moi, cette affaire déplaisait fort a laubergiste, mais quyfaire ? Il lui fallait entendre les marchands et dautres témoins, puis faire mettresous bonne garde ces trois voleurs, déjà connus de tous.6. Quand les marchands furent rentrés en possession de ce quon leur avait pris,ils regagnèrent leurs échoppes sans sattarder davantage.7. Alors, Je dis à laubergiste : « Ami, puisquil ny a plus que nous ici, fais sortirles trois voleurs de leur cachot et amène-les-Moi, car Je veux parler avec eux ! »8. Laubergiste le fit sur-le-champ, et ses valets nous amenèrent les voleurs.9. Quand ils se tinrent devant Moi, Je leur parlai ainsi : « Vous qui êtes des Juifsde la région de Bethléem, navez-vous pas appris cette loi divine où il est ditquon ne doit pas voler ? Qui vous a permis denfreindre la loi de Dieu ? Parlezlibrement et en toute franchise, si vous ne voulez pas encourir un châtiment plusdur que celui qui vous attend déjà pour vos crimes ! »10. À cette apostrophe, lun des trois voleurs répondit : « Seigneur, aie pitié denous, et je te dirai tout sans rien te cacher ! Voici : nous sommes trois frères, et ilest vrai que nos parents possédaient une maison et des terres au voisinage de lacité de David. Avec nous et nos quatre sœurs, qui étaient vraiment les plus bellesde toute la contrée, cétaient de fort bonnes gens, fort pieux, et aussi, en vérité,très fortunés.11. Mais notre père mourut, quelques années avant notre mère, qui avait toujoursfait le plus grand cas des prêtres, surtout de ceux de Jérusalem ; tout ce quils luidisaient avec des mines pieuses valait pour elle la parole de Dieu. 31
  32. 32. 12. Or, les pieux serviteurs de Dieu eurent tôt fait de mettre à profit la crédulitéaveugle de notre mère. Ils lui peignaient la gloire du ciel sous les couleurs lesplus splendides, et lenfer (Schéoul), en revanche, comme le lieu le plusépouvantable et le plus rempli de tourments quun esprit humain maléfiquepuisse imaginer. Afin de sassurer dès ce monde la pleine possession du ciel,notre mère, selon le conseil de ces prêtres dune piété vraiment effroyable, devaitvendre tous ses biens et offrir largent en sacrifice au Temple ; elle devait aussiremettre nos quatre sœurs au Temple, qui veillerait sur elles et les garderait dansune pureté et une chasteté virginales. Car si une seule de ses filles se donnait à unhomme avant le mariage, ce péché enverrait lâme de notre mère pour léternitéau plus profond de lenfer. Mais si notre mère suivait le conseil de ce prêtre quiparlait chaque jour avec Dieu et connaissait Sa volonté, non seulement elle iraitau paradis céleste dès sa mort terrestre, mais le Temple laccueillerait daborddans son saint hospice des veuves, où il prendrait grand soin du salut de son âme,car, les jours de sabbat et de grande fête, les plus pieuses des veuves y étaientservies par les anges, et aucun diable nosait plus sapprocher dune telle âme pourla séduire.13. Ce discours eut sur notre mère le même effet que si Yahvé lui avait parlé duhaut du Sinaï au milieu de la foudre et des éclairs.14. Nous, ses trois fils, qui avions déjà quelque peu percé à jour les menées destempliers, nous déconseillâmes à notre mère de leur obéir, mais rien ny fit: Ellevendit tout en peu de temps, et nous dûmes encore laider à porter au Templelargent, qui pesait fort lourd.15. Alors, le supérieur nous donna trois deniers dargent, et à chacun une sorte depetit paquet renfermant quelques reliques, puis il nous dit : "Avec ces troisdeniers, vous pouvez vivre une semaine, et la force divine présente dans les troispetits paquets consacrés vous aidera à réussir dans toutes vos entreprises. Enpossession de ces paquets, vous pouvez même voler, mais non pas tuer, sauf, encas de nécessité, un riche païen ou même un samaritain, et Dieu ne vousimputera pas cela à péché, parce que vous êtes déjà justifiés devant Lui, et mêmesanctifiés à légal des anges, par laction pieuse de votre mère, qui Lui estparticulièrement agréable ! Là-dessus, il nous frôla de son bâton, puis nousrenvoya. » Chapitre 16 Histoire de la vie des voleurs1. (Les trois voleurs :) « Au début, nous fûmes fort tristes et regagnâmes enpleurant notre contrée afin dy chercher un logis. Nous trouvâmes certes delouvrage, mais dans les places les plus misérables qui fussent. Nulle part ilnétait question de salaire. Nous devions travailler durement presque jour et nuitpour une nourriture dont les cochons nauraient pas voulu, sans jamais recevoirque reproches et insultes pour prix de notre zèle ; et si nous cherchions ailleursdans lespoir de trouver une meilleure place, cétait encore pire. 32
  33. 33. 2. Nous avons souffert ainsi pendant cinq années plus que bien des esclavespaïens, et, comme on ne nous donnait presque jamais dargent et que nouscomprenions bien, aussi, que les gens du Temple nous avaient honteusement volétous nos biens sous prétexte de glorifier Yahvé, comme, de plus, nous voyionstoujours plus clairement que le Temple de Jérusalem nétait pas la maison deDieu, mais véritablement un lieu de rapine et de meurtre, nous avons perdu toutefoi en Dieu. La doctrine de Moïse et des prophètes nétait plus pour nous quuneinvention humaine qui avait permis à des hommes astucieux et trop paresseuxpour travailler de se faire bâtir par les pauvres et par ceux qui croyaientaveuglément une forteresse doù ils pourraient asservir les gens et les fairetravailler pour eux tout en sengraissant et en menant joyeuse vie.3. Pensez-vous que, durant ces cinq années de misère, nous nous soyonsaventurés à voler ? Pas du tout ! Notre croyance en un Dieu omniscient nousretenait encore. Mais, au bout de ce temps-là, nous avons commencé à nousdemander sérieusement si Dieu existait vraiment, et notre expérience nousrépondait chaque jour plus fort : il ny a rien ! Tout cela nest que mensonge ettromperie, inventés pour leur bien-être terrestre par des oisifs pleinsdimagination ! Nous seuls, qui sommes devenus pauvres sans quil y ait de notrefaute, devons observer les lois et croire en Dieu, mais les riches et les paresseuxnen ont pas besoin, parce quils savent quil ny a pas un mot de vrai dans cettehistoire de Moïse et des prophètes. Sans cela, ils devraient bien croire eux aussiet observer les lois, qui sont certes fort bonnes en soi pour la vie en commun deshommes sur cette terre, mais nont pour autant aucune valeur morale ni spirituelle; car, si elles en avaient une, les prêtres, pour commencer, seraient bien obligésde sy conformer strictement et de donner lexemple aux laïcs aveugles.4. Bref, comme nous bercions notre misère de toutes ces considérations etquaucune des innombrables prières que nous adressions au ciel dans les larmesnétait jamais exaucée, mais surtout, quand nous apprîmes que notre mère avaitconnu une mort misérable et surprenante, si peu de temps après son entrée àlhospice que lon sait, et que les Pharisiens avaient violé presque à mort nossœurs si belles, cen fut fait à jamais de notre foi, et nous résolûmes de nousvenger de la méchanceté des hommes et de ne plus être les dupes crédules etaveugles de leur bon plaisir.5. Nous commençâmes donc à nous en prendre aux biens des riches. Grâce ànotre ruse, nous nous en tirions toujours sains et saufs, ce qui, malgré tout, nousrendit une certaine confiance dans les petits paquets que lon sait. Pendantquelques années, nos affaires ont fort bien marché. Nous navons pas été assezprudents cette fois et nous sommes fait prendre, mais, en vérité, cela ne nous faitrien, car nous sommes habitués à toutes les misères possibles. Il y a longtempsque nous sommes tout à fait dégoûtés de la vie, et nous nattendons tous trois quela mort. Mais avant que, peut-être, on nous mette en croix, nous hurlerons detoutes nos forces les pires imprécations ! Maudite soit toute la terre, les hommeset toutes les autres créatures, le soleil, la lune, les astres, les forces naturelles quisont la cause de notre misérable existence ! Nous montrerons aux hommes quelcrédit il faut accorder à leur unique vrai Dieu, à Ses lois et à Ses prêtres !6. Il est vrai que, jusquici, nous navons commis aucun meurtre, mais cest parce 33

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