Atelier littéraire                                  Smaïl GRIM                            A.E.C.:               Atelier d’...
Les misérablesRoman déroutant , étrange , hirsute , malgré les Flaubert , les Sainte - Beuve , lesBaudelaire , envieux de ...
Victor HUGO
RésuméAu terme d’une errance sans fin, Jean Valjean, ancien forçat,trouve asile chez Monseigneur Myriel, évêque de Digne. ...
RésuméUn innocent que l’on prend pour l’ancien forçat est bientôtemprisonné. Valjean/Madeleine, au terme d’un douloureuxdé...
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Personnages et extraits
Jean ValjeanJean Valjean est un ancien bagnard qui,une fois libéré, a décidé de devenir un honnêtehomme. Parvenu à Montreu...
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Cosette
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Les Thénardier
Les Thénardier et Cosette« Cet homme et cette femme, c’était ruse et rage mariés ensemble,attelage hideux et terrible. Pen...
Les Thénardier et CosetteNulle pitié; une maîtresse farouche, un maîtrevenimeux. La gargote Thénardier était comme unetoil...
Cosette et Jean Valjean : La rencontre
Cosette côte à côte dans l’ombre avec l’inconnu       « Cosette, nous l’avons dit, n’avait pas eu peur.       L’homme lui ...
Cosette côte à côte dans l’ombre avec l’inconnu       Et après un silence, elle reprit :       – Je crois que je n’en ai j...
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Les Misérables :la mort de Jean Valjean
La mort de Jean Valjean"....Cosette, voici le moment venu de te dire le nom de ta mère. Elle sappelaitFantine. Retiens ce ...
La mort de Jean ValjeanIl y a au cimetière du Père-Lachaise, aux environs de la fosse commune, loin duquartier élégant de ...
Javert
Portrait« La face humaine de Javert consistait en un nez camard, avec deuxprofondes narines vers lesquelles montaient sur ...
JavertIl enveloppait dans une sorte de foi aveugle et profonde tout ce qui aune fonction dans lÉtat, depuis le premier min...
Gavroche
Le petit Gavroche
Portrait                                 Portrait   « On remarquait sur le boulevard du Temple et dans les régions du Chât...
PortraitC’était un garçon bruyant, blême, leste, éveillé, goguenard, à l’air vivace etmaladif. Il allait, venait, chantait...
PortraitA cette époque, la masure 50-52, habituellement déserte et éternellementdécorée de l’écriteau : « Chambres à louer...
La mort de Gavroche
La mort de Gavroche     « Le spectacle était épouvantable et charmant. Gavroche, fusillé, taquinaitla fusillade. Il avait ...
La mort de Gavroche      Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit paratteindre lenfant feu ...
« Je suistombé parterreC’est la fauteà Voltaire,Le nez dansle ruisseauC’est la fauteà Rousseau… »
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  1. 1. Atelier littéraire Smaïl GRIM A.E.C.: Atelier d’Expression et de Créativité
  2. 2. Les misérablesRoman déroutant , étrange , hirsute , malgré les Flaubert , les Sainte - Beuve , lesBaudelaire , envieux de cet exilé à la gloire envahissante." Les Misérables " demeurent le chef – d’œuvre de Victor Hugo. " Un vrai poème "sexclama Rimbaud écolier !L’auteur lui-même dira : « Ma conviction est que ce livre sera un des principauxsommets, sinon le principal, de mon œuvre. »Un roman hors - norme quon croit connaître à travers ses adaptations mais quidéborde de beaucoup le récit en zigzag des aventures de personnages devenus descaractères types." Les Misérables " ne se réduisent pas à Fantine, la " goule prostituée ", Cosette ,lenfant martyre,Jean Valjean, le bagnard qui nen finit pas de se convertir au Bien , le Thénardier,pervers au regard de fouine et à la mine dhomme de lettres, la Thénardier, mijauréedevenue ogresse , Gavroche, le gamin de la barricade érigée lors de lémeute de1832 " angéliquement beau " et terrible révolutionnaire, limplacable Javert , droitdans ses bottes et rigide jusquau suicide , « Les Misérables », c’est le Roman delindignation contre liniquité régnante. Hugo écrit lépopée des infortunés den bas etdes infâmes den haut , des canailles et de la canaille réunis en un vocable :misérables.
  3. 3. Victor HUGO
  4. 4. RésuméAu terme d’une errance sans fin, Jean Valjean, ancien forçat,trouve asile chez Monseigneur Myriel, évêque de Digne. Ilprend la fuite à l’aube, chargé des couverts en argent del’ecclésiastique, mais est bien vite arrêté par des gendarmes.L’évêque décide de plaider en sa faveur malgré le vol, et cefaisant, le sauve d’un emprisonnement. Cet acte de bontédécille enfin les yeux de Valjean, qui décide de devenir unhomme de bien.Fantine est une jeune mère misérable. Elle doit élever seulesa fille Cosette. Une dispute lui vaut d’être arrêtée etinterrogée très désagréablement par le commissaire Javert.Elle est cependant relâchée sous l’ordre de MonsieurMadeleine, maire de la ville. Javert est dès lors convaincu queses doutes sont fondés : Madeleine et Valjean ne sont qu’uneseule et même personne.
  5. 5. RésuméUn innocent que l’on prend pour l’ancien forçat est bientôtemprisonné. Valjean/Madeleine, au terme d’un douloureuxdébat avec sa conscience, décide de révéler sa véritableidentité au tribunal pour sauver le malheureux. Avant d’êtreemprisonné, il assiste à l’agonie de Fantine et lui jure deprotéger Cosette. Il s’échappe finalement pour se rendre àParis.
  6. 6. RésuméCosette devient servante chez les Thénardier, couplediabolique qui s’enrichit en détroussant les morts tombés surle champ de bataille de Waterloo. Valjean de son côté a étérattrapé par Javert, mais s’est échappé une nouvelle fois enfaisant croire à sa mort par noyade. Il sauve Cosette de latyrannie des Thénardier, et se réfugie avec elle dans lacommunauté de l’Adoration Perpétuelle, rue de Picpus.Sous le nom de Fauchelevent, Valjean s’installe rue Plumet, etse lie d’amitié pour un jeune républicain, Marius. Cosette etce dernier tombent amoureux l’un de l’autre, avant queValjean soit à nouveau arrêté par Javert, emprisonnement quise soldera évidemment par une autre évasion.
  7. 7. RésuméCosette devient servante chez les Thénardier, couplediabolique qui s’enrichit en détroussant les morts tombés surle champ de bataille de Waterloo. Valjean de son côté a étérattrapé par Javert, mais s’est échappé une nouvelle fois enfaisant croire à sa mort par noyade. Il sauve Cosette de latyrannie des Thénardier, et se réfugie avec elle dans lacommunauté de l’Adoration Perpétuelle, rue de Picpus.Sous le nom de Fauchelevent, Valjean s’installe rue Plumet, etse lie d’amitié pour un jeune républicain, Marius. Cosette etce dernier tombent amoureux l’un de l’autre, avant queValjean soit à nouveau arrêté par Javert, emprisonnement quise soldera évidemment par une autre évasion.
  8. 8. RésuméNous sommes alors en 1832, et les barricades se dressent rueSt-Denis. Valjean, Marius, et Gavroche, l’archétype du petitparisien, luttent côte à côte. On remet entre les mains deValjean un policier capturé, qui n’est autre que Javert. Ildécide en son âme et conscience de lui rendre sa liberté, etsauve d’une mort certaine Marius, blessé. Une fois remis,celui-ci épousera Cosette. Après avoir révélé sa véritableidentité à Marius, Valjean devient persona non grata dans lademeure du jeune couple. Il sombre dans une mélancolieabsolue, et sera sauvé d’une mort cruelle et solitaire parCosette et Marius qui, à son chevet de mourant, l’appelleront« Père ». Heureux, il pourra enfin rendre l’âme, à la lueur deschandeliers de l’évêque.
  9. 9. Personnages et extraits
  10. 10. Jean ValjeanJean Valjean est un ancien bagnard qui,une fois libéré, a décidé de devenir un honnêtehomme. Parvenu à Montreuil-sur-Mer, il prend lenom de M. Madeleine et fait le bien autour delui. Sa popularité est telle quil devient maire. Orlancien garde-chiourme du bagne où avait étéenfermé Jean Valjean, du nom de Javert devientinspecteur de police à Montreuil-sur-Mer.
  11. 11. Arrivée de Jean ValjeanDans les premiers jours du mois d’octobre 1815, une heure environ avant lecoucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entrait dans la petite ville deDigne. Les rares habitants qui se trouvaient en ce moment à leur fenêtre ou surle seuil de leur maison regardaient ce voyageur avec une sorte d’inquiétude. Ilétait difficile de rencontrer un passant d’un aspect plus misérable. C’était unhomme de moyenne taille, trapu et robuste, dans la force de l’âge. Il pouvaitavoir quarante-six ou quarante huit ans. Une casquette à visière de cuirrabattue cachait en partie son visage brûlé par le soleil et le hâle et ruisselantde sueur.
  12. 12. ExtraitSa chemise de grosse toile jaune, rattachée au col par une petite ancred’argent, laissait voir sa poitrine velue ; il avait une cravate tordue en corde, unpantalon de coutil bleu, usé et râpé, blanc à un genou, troué à l’autre, unevieille blouse grise en haillons, rapiécée à l’un des coudes d’un morceau dedrap vert cousu avec de la ficelle, sur le dos un sac de soldat fort plein, bienbouclé et tout neuf, à la main un énorme bâton noueux, les pieds sans bas dansdes souliers ferrés, la tête tondue et la barbe longue. La sueur, la chaleur, levoyage à pied, la poussière, ajoutaient je ne sais quoi de sordide à cetensemble délabré. Les cheveux étaient ras, et pourtant hérissés ; car ilscommençaient à pousser un peu, et semblaient n’avoir pas été coupés depuisquelque temps.
  13. 13. ExtraitPersonne ne le connaissait. Ce n’était évidemment qu’un passant. D’où venait-il? Du midi. Des bords de la mer peut-être. Car il faisait son entrée dans Dignepar la même rue qui sept mois auparavant avait vu passer l’empereurNapoléon allant de Cannes à Paris. Cet homme avait dû marcher tout le jour. Ilparaissait très fatigué. Des femmes de l’ancien bourg qui est au bas de la villel’avaient vu s’arrêter sous les arbres du boulevard Gassendi et boire à lafontaine qui est à l’extrémité de la promenade. Il fallait qu’il eût bien soif, cardes enfants qui le suivaient le virent encore s’arrêter, et boire, deux cents pasplus loin, à la fontaine de la place du marché. Arrivé au coin de la ruePoichevert, il tourna à gauche et se dirigea vers la mairie. Il y entra, puis sortitun quart d’heure après. Un gendarme était assis près de la porte sur le banc depierre où le général Drouot monta le 4 mars pour lire à la foule effarée deshabitants de Digne la proclamation du golfe Juan. L’homme ôta sa casquette etsalua humblement le gendarme.
  14. 14. Cosette
  15. 15. BiographieDe son vrai nom Euphrasie, Cosette est la fille naturelle de Fantine etde Tholomyès, un jeune volage issu dune riche famille provinciale.Fantine est abandonnée par Tholomyès à Paris en août 1817. Poursubvenir aux besoins de son enfant, elle doit travailler et, pour cela,décide de regagner sa ville natale, Montreuil-sur-Mer, en mai 1818.Mais, pour trouver du travail, elle doit se séparer de Cosette, car, àlépoque, une mère célibataire était rejetée par la société. Danslurgence, elle confie naïvement sa fille à un couple daubergistes duvillage de Montfermeil, les Thénardier. Ces Thénardier vont savérerêtre des individus de la pire espèce. Ils vont être odieux avec lenfanten la traitant comme leur domestique tout en exigeant toujours plusdargent de Fantine qui a été embauchée comme ouvrière dans lafabrique de verroterie créée par Monsieur Madeleine (alias JeanValjean) à Montreuil en 1817.
  16. 16. Portrait« Cosette était laide.Heureuse, elle eût peut-être été jolie. Nous avons déjàesquissé cette petite figure sombre. Cosette était maigre etblême. Elle avait près de huit ans, on lui en eût donné à peinesix. Ses grands yeux enfoncés dans une sorte d’ombreprofonde étaient presque éteints à force d’avoir pleuré. Lescoins de sa bouche avaient cette courbe de l’angoissehabituelle, qu’on observe chez les condamnés et chez lesmalades désespérés. Ses mains étaient, comme sa mèrel’avait deviné, « perdues d’engelures. » Le feu qui l’éclairaiten ce moment faisait saillir les angles de ses os et rendait samaigreur affreusement visible. Comme elle grelottaittoujours, elle avait pris l’habitude de serrer ses deux genouxl’un contre l’autre. Tout son vêtement n’était qu’un haillonqui eût fait pitié l’été et qui faisait horreur l’hiver.
  17. 17. PortraitElle n’avait sur elle que de la toile trouée ; pas un chiffon delaine. On voyait sa peau çà et là, et l’on y distinguait partoutdes taches bleues ou noires qui indiquaient les endroits où laThénardier l’avait touchée. Ses jambes nues étaient rouges etgrêles. Le creux de ses clavicules était à faire pleurer. Toute lapersonne de cette enfant, son allure, son attitude, le son desa voix, ses intervalles entre un mot et l’autre, son regard,son silence, son moindre geste, exprimaient et traduisaientune seule idée : la crainte. » Victor HUGO, Les Misérables, 2ème partie « Cosette », III, 1862.
  18. 18. Les Thénardier
  19. 19. Les Thénardier et Cosette« Cet homme et cette femme, c’était ruse et rage mariés ensemble,attelage hideux et terrible. Pendant que le mari ruminait etcombinait, la Thénardier, elle, ne pensait pas aux créanciers absents,n’avait souci d’hier ni de demain, et vivait avec emportement, toutedans la minute. Tels étaient ces deux êtres. Cosette était entre eux,subissant leur double pression, comme une créature qui serait à lafois broyée par une meule et déchiquetée par une tenaille. L’hommeet la femme avaient chacun une manière différente; Cosette étaitrouée de coups, cela venait de la femme; elle allait pieds nus l’hiver;cela venait du mari. Cosette montait, descendait, lavait, brossait,frottait, balayait, courait, trimait, haletait, remuait des choseslourdes, et, toute chétive, faisait les grosses besognes.
  20. 20. Les Thénardier et CosetteNulle pitié; une maîtresse farouche, un maîtrevenimeux. La gargote Thénardier était comme unetoile où Cosette était prise et tremblait. L’idéal del’oppression était réalisé par cette domesticitésinistre. C’était quelque chose comme la moucheservante des araignées.La pauvre enfant, passive, se taisait.Quand elles se trouvent ainsi, dès l’aube, toutespetites, toutes nues, parmi les hommes, que sepasse-t-il dans ces âmes qui viennent de quitterDieu? »
  21. 21. Cosette et Jean Valjean : La rencontre
  22. 22. Cosette côte à côte dans l’ombre avec l’inconnu « Cosette, nous l’avons dit, n’avait pas eu peur. L’homme lui adressa la parole. Il parlait d’une voix grave et presque basse. – Mon enfant, c’est bien lourd pour vous ce que vous portez là. Cosette leva la tête et répondit : – Oui, monsieur. – Donnez, reprit l’homme. Je vais vous le porter. Cosette lâcha le seau. L’homme se mit à cheminer près d’elle. – C’est très lourd, en effet, dit-il entre ses dents. Puis il ajouta : – Petite, quel âge as-tu? – Huit ans, monsieur. – Et viens-tu de loin comme cela? – De la source qui est dans le bois. – Et est-ce loin où tu vas? – A un bon quart d’heure d’ici. L’homme resta un moment sans parler, puis il dit brusquement : – Tu n’as donc pas de mère? – Je ne sais pas, répondit l’enfant. Avant que l’homme eût eu le temps de reprendre la parole, elle ajouta : – Je ne crois pas. Les autres en ont. Moi, je n’en ai pas.
  23. 23. Cosette côte à côte dans l’ombre avec l’inconnu Et après un silence, elle reprit : – Je crois que je n’en ai jamais eu. L’homme s’arrêta, il posa le seau à terre, se pencha et mit ses deux mains sur les deux épaules de l’enfant, faisant effort pour la regarder et voir son visage dans l’obscurité. La figure maigre et chétive de Cosette se dessinait vaguement à le lueur livide du ciel. – Comment t’appelles-tu? dit l’homme. – Cosette. L’homme eut comme une secousse électrique. Il la regarda encore, puis il ôta ses mains de dessus les épaules de Cosette, saisit le seau, et se remit à marcher. Au bout d’un instant, il demanda : – Petite, où demeures-tu? – A Montfermeil, si vous connaissez. – C’est là que nous allons? – Oui, monsieur. Il fit encore une pause, puis recommença : – Qui est-ce donc qui t’a envoyée à cette heure chercher de l’eau dans le bois? – C’est madame Thénardier.
  24. 24. Cosette côte à côte dans l’ombre avec l’inconnu L’homme repartit d’un son de voix qu’il voulait s’efforcer de rendre indifférent, mais où il y avait pourtant un tremblement singulier : – Qu’est-ce qu’elle fait, ta madame Thénardier? – C’est ma bourgeoise, dit l’enfant. Elle tient l’auberge. – L’auberge? dit l’homme. Eh bien, je vais aller y loger cette nuit. – Conduis-moi. – Nous y allons, dit l’enfant. L’homme marchait assez vite. Cosette le suivait sans peine. Elle ne sentait plus la fatigue. De temps en temps, elle levait les yeux vers cet homme avec une sorte de tranquillité et d’abandon inexprimables. Jamais on ne lui avait appris à se tourner vers la providence et à prier. Cependant elle sentait en elle quelque chose qui ressemblait à de l’espérance et à de la joie et qui s’en allait vers le ciel. Quelques minutes s’écoulèrent. L’homme reprit : – Est-ce qu’il n’y a pas de servante chez madame Thénardier? – Non, monsieur. – Est-ce que tu es seule? – Oui, monsieur.
  25. 25. Cosette côte à côte dans l’ombre avec l’inconnu Il y eut encore une interruption. Cosette éleva la voix : – C’est-à-dire il y a deux petites filles. – Quelles petites filles? – Ponine et Zelma. L’enfant simplifiait de la sorte les noms romanesques chers à la Thénardier. – Qu’est-ce que c’est que Ponine et Zelma? – Ce sont les demoiselles de madame Thénardier. Comme qui dirait ses filles. – Et que font-elles, celles-là? – Oh! dit l’enfant, elles ont de belles poupées, des choses où il y a de l’or, tout plein d’affaires. Elles jouent, elles s’amusent. – Toute la journée? – Oui, monsieur. – Et toi? – Moi, je travaille. – Toute la journée? L’enfant leva ses grands yeux où il y avait une larme qu’on ne voyait pas à cause de la nuit, et répondit doucement : – Oui, monsieur. Elle poursuivit après un intervalle de silence : – Des fois, quand j’ai fini l’ouvrage et qu’on veut bien, je m’amuse aussi. – Comment t’amuses-tu?
  26. 26. Cosette côte à côte dans l’ombre avec l’inconnu •– Comme je peux. On me laisse. Mais je n’ai pas beaucoup de joujoux. Ponine et Zelma ne veulent pas que je joue avec leurs poupées. Je n’ai qu’un petit sabre en plomb, pas plus long que ça. •L’enfant montrait son petit doigt. •– Et qui ne coupe pas? •– Si, monsieur, dit l’enfant, ça coupe la salade et les têtes de mouches. »
  27. 27. Les Misérables :la mort de Jean Valjean
  28. 28. La mort de Jean Valjean"....Cosette, voici le moment venu de te dire le nom de ta mère. Elle sappelaitFantine. Retiens ce nom-là : Fantine. Mets-toi à genoux toutes les fois que tu leprononceras. Elle a bien souffert. Elle ta bien aimée. Elle a eu en malheur toutce que tu as en bonheur. Ce sont les partages de Dieu....Je vais donc men aller,mes enfants. Aimez-vous bien toujours. Il ny a guère autre chose que cela dansle monde : saimer....Je meurs heureux. Donnez-moi vos chères têtes bien-aimées que je mette mes mains dessus."Cosette et Marius tombèrent à genoux, éperdus, étouffés de larmes, chacunsur une des mains de Jean Valjean. Ces mains augustes ne remuaient plus.Il était renversé en arrière, la lueur des deux chandeliers léclairait; sa faceblanche regardait le ciel, il laissait Cosette et Marius couvrir ses mains debaisers; il était mort.La nuit était sans étoiles et profondément obscure. Sans doute, dans lombre,quelque ange immense était debout, les ailes déployées, attendant lâme.
  29. 29. La mort de Jean ValjeanIl y a au cimetière du Père-Lachaise, aux environs de la fosse commune, loin duquartier élégant de cette ville des sépulcres, loin de tous ces tombereaux defantaisie.....une pierre. Leau la verdit, lair la noircit....Cette pierre est tout nue.On a songé en la taillant quau nécessaire de la tombe, et lon a pris dautresoin que de faire cette pierre longue et assez étroite pour couvrir un homme.On ny lit aucun nom.Seulement, voilà de cela bien des années déjà, une main y a écrit au crayon cesquatre vers qui sont devenus peu à peu illisibles sous la pluie et la poussière, etqui probablement sont aujourdhui effacés: Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange, Il vivait. Il mourut quand il neut plus son ange; La chose simplement delle-même arriva, Comme la nuit se fait lorsque le jour sen va. »
  30. 30. Javert
  31. 31. Portrait« La face humaine de Javert consistait en un nez camard, avec deuxprofondes narines vers lesquelles montaient sur ses deux jouesdénormes favoris. On se sentait mal à laise la première fois quonvoyait ces deux forêts et ces deux cavernes. Quand Javert riait, ce quiétait rare et terrible, ses lèvres minces sécartaient, et laissaient voir,non seulement ses dents, mais ses gencives, et il se faisait autour deson nez un plissement épaté et sauvage comme sur un mufle de bêtefauve. Javert sérieux était un dogue ; lorsquil riait, cétait un tigre. Dureste, peu de crâne, beaucoup de mâchoire, les cheveux cachant lefront et tombant sur les sourcils, entre les deux yeux un froncementcentral permanent comme une étoile de colère, le regard obscur,la bouche pincée et redoutable, lair du commandement féroce.Cet homme était composé de deux sentiments très simples, etrelativement très bons, mais quil faisait presque mauvais à force deles exagérer : le respect de lautorité, la haine de la rébellion ; et à sesyeux le vol, le meurtre, tous les crimes, nétaient que des formes dela rébellion.
  32. 32. JavertIl enveloppait dans une sorte de foi aveugle et profonde tout ce qui aune fonction dans lÉtat, depuis le premier ministre jusquau gardechampêtre. Il couvrait de mépris, daversion et de dégoût tout ce quiavait franchi une fois le seuil légal du mal. Il était absolu etnadmettait pas dexceptions. Dune part il disait : - Le fonctionnairene peut se tromper ; le magistrat na jamais tort. - Dautre part ildisait : - Ceux-ci sont irrémédiablement perdus. Rien de bon nenpeut sortir. - Il partageait pleinement lopinion de ces espritsextrêmes qui attribuent à la loi humaine je ne sais quel pouvoir defaire ou, si lon veut, de constater des damnés, et qui mettent un Styxau bas de la société. Il était stoïque, sérieux, austère ; rêveur triste ;humble et hautain comme les fanatiques. Son regard était une vrille.Cela était froid et cela perçait. Toute sa vie tenait dans ces deuxmots : veiller et surveiller. »
  33. 33. Gavroche
  34. 34. Le petit Gavroche
  35. 35. Portrait Portrait « On remarquait sur le boulevard du Temple et dans les régions du Château-d ’Eau, un petit garçon de onze à douze ans qui eût assez correctement réalisécet idéal du gamin ébauché plus haut, si, avec le rire de son âge sur les lèvres, iln’eût pas eu le cœur absolument sombre et vide. Cet enfant était bien affubléd’un pantalon d’homme, mais il ne le tenait pas de son père, et d’une camisolede femme, mais il ne la tenait pas de sa mère. Des gens quelconques l’avaienthabillé de chiffons par charité. Pourtant il avait un père et une mère. Mais sonpère ne songeait pas à lui et sa mère ne l’aimait point. C’était un de ces enfantsdignes de pitié entre tous qui ont père et mère et qui sont orphelins. Cet enfantne se sentait jamais si bien que dans la rue. Le pavé lui était moins dur que lecœur de sa mère. Ses parents l’avaient jeté dans la vie d’un coup de pied. Ilavait tout bonnement pris sa volée.
  36. 36. PortraitC’était un garçon bruyant, blême, leste, éveillé, goguenard, à l’air vivace etmaladif. Il allait, venait, chantait, jouait à la fayousse, grattait les ruisseaux,volait un peu, mais comme les chats et les passereaux, gaîment, riait quand onl’appelait galopin, se fâchait quand on l’appelait voyou. Il n’avait pas de gîte,pas de pain, pas de feu, pas d’amour; mais il était joyeux parce qu’il était libre.Quand ces pauvres êtres sont des hommes, presque toujours la meule del’ordre social les rencontre et les broie, mais tant qu’ils sont enfants, ilséchappent, étant petits. Le moindre trou les sauve.Pourtant, si abandonné que fût cet enfant, il arrivait parfois, tous les deux outrois mois, qu’il disait : Tiens, je vas voir maman! Alors il quittait le boulevard, leCirque, la Porte Saint-Martin, descendait aux quais, passait les ponts, gagnaitles faubourgs, atteignait la Salpêtrière, et arrivait où? Précisément à ce doublenuméro 50-52 que le lecteur connaît, à la masure Gorbeau.
  37. 37. PortraitA cette époque, la masure 50-52, habituellement déserte et éternellementdécorée de l’écriteau : « Chambres à louer », se trouvait, chose rare, habitéepar plusieurs individus qui, du reste, comme cela est toujours à Paris, n’avaientaucun lien ni aucun rapport entre eux. Tous appartenaient à cette classeindigente qui commence à partir du dernier petit bourgeois gêné et qui seprolonge de misère en misère dans les bas-fonds de la société jusqu’à ces deuxêtres auxquels toutes les choses matérielles de la civilisation viennent aboutir,l’égoutier qui balaye la boue et le chiffonnier qui ramasse les guenilles. »
  38. 38. La mort de Gavroche
  39. 39. La mort de Gavroche « Le spectacle était épouvantable et charmant. Gavroche, fusillé, taquinaitla fusillade. Il avait lair de samuser beaucoup. Cétait le moineau becquetant leschasseurs. Il répondait à chaque décharge par un couplet. On le visait sans cesse,on le manquait toujours. Les gardes nationaux et les soldats riaient en lajustant.Il se couchait, puis se redressait, seffaçait dans un coin de porte, puis bondissait,disparaissait, reparaissait, se sauvait, revenait, ripostait à la mitraille par despieds de nez, et cependant pillait les cartouches, vidait les gibernes et remplissaitson panier. Les insurgés, haletants danxiété, le suivaient des yeux. La barricadetremblait ; lui, il chantait. Ce nétait pas un enfant, ce nétait pas un homme ;cétait un étrange gamin fée. On eût dit le nain invulnérable de la mêlée. Lesballes couraient après lui, il était plus leste quelles. Il jouait on ne sait queleffrayant jeu de cache-cache avec la mort ; chaque fois que la face camarde duspectre sapprochait, le gamin lui donnait une pichenette.
  40. 40. La mort de Gavroche Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit paratteindre lenfant feu follet. On vit Gavroche chanceler, puis il saffaissa. Toutela barricade poussa un cri ; mais il y avait de lAntée dans ce pygmée ; pour legamin toucher le pavé, cest comme pour le géant toucher la terre ; Gavrochenétait tombé que pour se redresser ; il resta assis sur son séant, un long filet desang rayait son visage, il éleva ses deux bras en lair, regarda du côté doù étaitvenu le coup, et se mit à chanter : Je suis tombé par terre, Cest la faute à Voltaire, Le nez dans le ruisseau, Cest la faute à... Il nacheva point. Une seconde balle du même tireur larrêta court. Cettefois il sabattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âmevenait de senvoler. »
  41. 41. « Je suistombé parterreC’est la fauteà Voltaire,Le nez dansle ruisseauC’est la fauteà Rousseau… »
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