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Des rivières sauvages, pour qui?
 

Des rivières sauvages, pour qui?

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Colloque annecy Rivières Sauvages, mai 2011

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    Des rivières sauvages, pour qui? Des rivières sauvages, pour qui? Presentation Transcript

    • Des rivières « sauvages », pour qui ? André Micoud, sociologue, directeur de recherche honoraire du CNRS
    • Plan de l’exposé
      • Préalables
      • Petit cours de sociologie
      • Pour une problématique en terme de patrimoine
    • Préalables
        • Questions de vocabulaire
        • Questions autour d’un titre
        • Ce qui m’autorise à vous parler
        • Petit exercice de lecture
    • Petit cours de sociologie
      • Les groupements humains, pour rendre compte des événements et des expériences qu’ils vivent, forgent des systèmes de représentation intégrés relativement robustes
      • que l’on appellera culture , idéologie , ordre symbolique …,
      • qui peuvent être analysés comme des combinaisons de figures , de concepts et de catégories,
      • qui s’incarnent dans des institutions (textes législatifs, dispositifs techniques, rituels, guide de savoir-vivre…),
      • Et qui décrivent en même temps le monde et les sociétés qui y vivent.
    • Exemples
      • Quand dans la chrétienté médiévale, le monde était un « Ici-bas » par rapport au « Paradis », les êtres humains étaient des « enfants de Dieu »
      • Quand le monde était un ensemble de « royaumes », les êtres humains étaient des « sujets d’un Prince »
      • Quand le monde est constitué « d’Etats-Nations », les êtres humains sont des « citoyens »
      • Quand le monde est un « grand marché » les êtres humains sont des « producteurs », des « consommateurs » bref, des « homo economicus »
    • Petit cours de sociologie (suite 1)
      • Avec le développement des sciences et des techniques appliquées, à partir du XVIIIème, les groupements humains européens,
      • organisés en Etats-nations concurrents,
      • ont inventé l’idéologie du Progrès indéfini de la maîtrise de la nature et de l’émancipation des sociétés d’avec les traditions
      • c’est-à-dire ce qu’on a appelé la «  modernité  »
    • Petit cours de sociologie (suite 2)
      • La sociologie née au XIXème dans ce contexte en a plus ou moins épousé les thèses (de l’autonomie d’un monde « éco-socio ») laissant aux sciences « dures » le soin de s’occuper du matériel
      • Et laissant aussi à l’ethnologie (ou l’anthropologie) le soin d’étudier la vie des peuplades restées « naturelles » ou « traditionnelles »
      • La « crise écologique » - depuis le début des années 60 – marque la faillite de ce modèle avec l’irruption d’un autre monde : le monde « physico-bio »
      • Et du coup, l’apparition d’une autre r eprésentation …
    • Illustration
      • Quand le monde est une « biosphère » (W. Vernadski)
      • Les êtres humains sont des êtres vivants parmi d’autres…
      • qui doivent vivre avec des ressources non renouvelables,
      • sur une planète qui ne peut ni tout fournir ni tout absorber
      • et où la notion « d’empreinte écologique » apparaît comme la mesure de la responsabilité des différentes « formes de vie humaines » à l’échelle planétaire
    • Où l’on voit donc…
      • Que les « temps modernes » ont fait leur temps.
      • Avec l’anthropocène , le développement durable , les générations futures… et le patrimoine,
      • nous entrons dans une nouvelle temporalité.
      • Question : comment un groupement humain peut-il changer d’ ordre symbolique (celui qui dit dans quel temps il habite) sans s’effondrer sur lui-même ?
    • Un modèle pour penser le changement de paradigme
      • Le recours aux figures (esthétique), parce que l’homme est un être sensible
      • La production de concepts (cognitif), parce que l’homme est un être rationnel
      • L’usage de catégories du droit (juridique), parce que l’homme est un être social
      Interactions Homme Nature Lyon 23-24 avril 2010
    • Illustrations (figures) Illustration de l’article écologie dans Wikipédia Science et vie Junior
    • Illustrations (concepts) « Ecosystemes as Circuits : Diagrams and the Limits of Physical Analogy » (Peter J. Taylor, Ann S. Blum) in Biology & Philosophy, special issue on pictorial representation in biology , vol. 6, n° 2, april 1991, kluwer Academic Publishers
    • Illustrations (catégories juridiques)
      • Rapport Bruntland (WCED, 1987) sur le Sustainable Developpement
      • Convention de Rio sur la Diversité Biologique (CDB), 1992
      • Le réseau européen Natura 2000
      • Le principe de précaution dans la Constitution française, fév 2005…
    • Pour une problématique en terme de patrimoine
      • Après les « temps modernes », avec la prime donné au changement, quelle nouvelle temporalité pour les sociétés humaines ?
      • Une temporalité qui prenne en compte la co-évolution des formes de vie humaine, articulée avec celle de l’’histoire naturelle.
      • D’où le caractère problématique des termes de « sauvage » et de « renaturation »,
      • qui présupposent le retour à un temps d’avant les hommes.
    • Définition du patrimoine
      • Ensemble de biens et de valeurs venant du passé,
      • qu’un groupement humain donné,
      • à un moment particulier de son histoire,
      • choisit d’extraire du commerce ordinaire des choses, pour en prendre soin,
      • parce qu’il estime qu’ils sont gages de son avenir (ou de son identité-dans-le-temps)
      Interactions Homme Nature Lyon 23-24 avril 2010
    • Avec le patrimoine naturel « Les p’tites fleurs et les p’tits oiseaux »
      • Nous reconnaissons que nous dépendons de ce qui nous environne (au moins en partie)
      • Ce qui vient remettre en cause la croyance en une capacité de maîtrise infinie de la nature.
      • Est-on vraiment sûr de savoir reconstruire des rivières « sauvages » ? (Celles qui, en crue, peuvent aussi tout détruire sur leur passage).
    • Avec le patrimoine culturel « Les vieilles pierres et les vieux papiers »
      • Nous reconnaissons que nous procédons de ce qui nous précède (au moins en partie)
      • Ce qui vient remettre en cause la croyance en une émancipation totale d’avec les traditions
      • Les rivières « sauvages » n’en sont-elles pas qui pourraient faire oublier les travaux patients que les hommes anciens ont dû parfois déployer pour les apprivoiser ?
    • « Nous » reconnaissons….
      • Mais qui est donc ce «  nous  » ?
      • Il est celui qui se forme collectivement dans le moment même où ses membres reconnaissent ce qui leur importe de préserver :
      • du monde physico-biologique qui les environne
      • de l’histoire culturelle dont ils procèdent ensemble,
      • et des projets qu’ils souhaitent partager pour le futur
    • Des vertus de la notion de patrimoine
      • On n’est pas propriétaire d’un patrimoine, on ne peut en être que titulaire (l’objet patrimoine et le sujet qui en est titulaire sont inséparables)
      • Le patrimoine (objet) est toujours le patrimoine de…(sujet)
      • Art. 1 de la loi du 30 décembre 2006 « L’eau fait partie du patrimoine commun de la nation »
      • Qui oblige à ce qu’un « nous » se constitue pour la préservation de ce patrimoine commun.
    • Et les rivières « sauvages » alors ?
      • Pas de problème à ce que l’eau soit « le patrimoine commun de la nation »…
      • Mais le Chéran, la Diosaz, la Valserine, le Gier… ?
      • De qui ces rivières sont-elles le patrimoine commun ?
      • Des naturalistes, des pêcheurs, des irrigants, de ceux qui souhaitent y installer des micro-centrales, des ethnologues et des historiens qui veulent conserver les traces de leurs anciens usages, des amoureux de leur paysage, des officines de tourisme pour un développement doux des territoires, des riverains ordinaires qui doivent les entretenir…?
    • Et les rivières « sauvages » alors ?
      • La DCE, la LEMA, le Grenelle de l’Environnement… sont autant de nouveaux cadres prescriptifs invitant à prendre en compte la question de la qualité écologique des cours d’eau.
      • Il s’ensuit la multiplication de projets de « renaturation », de « restauration », de « rétablissement de la continuité écologique ou biologique »…des cours d’eau,
      • Qui ne pourront se faire que pour autant qu’aucun membre du collectif ne sera exclu de la négociation autour de la définition de ce patrimoine commun localisé.
    • Une rivière…
      • N’est pas qu’un cours d’eau « vif et courant », ou un « corridor biologique »,
      • Ni seulement un lit mineur ou majeur,
      • Elle est inséparable des paysages et des groupements humains de la vallée qu’elle traverse et qu’elle a façonnée au cours des temps.
      • Si l’on prend en compte tout ce patrimoine, alors oui. Mais plutôt que de re-naturalisation, parlons d’une requalification, d’une ré-interprétation.
      • Qui fasse droit au vivant qui dure, biologique et humain.
    • Je vous remercie de votre attention