Moteurs de La Croissance Fief Paris 2009
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Moteurs de La Croissance Fief Paris 2009

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Note sur l\'international comme moteur de la croissance pour Forum International Economique et Financier de Paris 2009

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Moteurs de La Croissance Fief Paris 2009 Document Transcript

  • 1. Relancer le « 3ème moteur de la croissance » grâce à la crise ? Il aura suffi de 48 heures et 2 déclarations sur l’industrie automobile américaine et le taux de change du renmimbi au président Obama pour relancer … l’inquiétude mondiale sur le risque protectionniste. En France, la propulsion hybride est discutée aux états généraux de l’automobile mais le « troisième moteur de la croissance », l’exportation, est débrayé par les débats entre partisans du diesel de l’investissement et de l’essence de la consommation intérieure. Pourtant, 99% des consommateurs terriens vivent hors de nos frontières et si les résultats récents du commerce extérieur sont plus que mitigés, la crise offre paradoxalement une opportunité d’accélérer des réformes engagées pour relancer nos exportations (donc l’emploi). Le commerce extérieur, frein-moteur de la croissance depuis quelques années Le constat est sans appel. Les économistes évaluent à -0,6% l’impact négatif du commerce extérieur sur la croissance 2008 alors même qu’on espérait il y a encore douze mois aller « chercher à l’international ce point de croissance qui nous manque ». Le déficit commercial dépassera probablement 60 milliards d’euros, soit près de 3 % du PIB alors même que le précédent record de 40 milliards de 2007 semblait déjà d’autant plus préoccupant que notre voisin allemand confronté aux mêmes enjeux et contraintes tirait mieux son épingle du nouveau jeu économique global. Nos parts de marché ont régressé y compris en zone euro, et force est de constater que ce ne sont pas seulement les biens de consommation « made in China » qui nous concurrencent ou le niveau de l’euro qui nous handicape. Avant même l’annonce par l’OCDE et l’OMC du ralentissement du commerce mondial, les perspectives pour 2009 étaient assombries par la certitude d’un ralentissement de la demande dans les marchés proches et par l’épée de Damoclès d’une généralisation de la tentation protectionniste. Les plans de relance nationaux privilégiant l’investissement, le moment que nous attendions s’éloigne, où les nouvelles puissances économiques émergées passeront de l’achat de machines allemandes aux biens de consommation et au luxe français. Les PME françaises à potentiel de croissance semblent en outre moins bien armées pour profiter de la « 1ère grande crise de la mondialisation » selon la formule du Premier Ministre, car elles sont en général plus petites, moins capitalisées, moins connectées sur l’innovation, moins organisées en réseau et possiblement moins bien soutenues que leurs rivales européennes ou asiatiques par un état stratège mais désargenté, des collectivités engagées mais en ordre dispersé, de grands groupes internationalisés puissants mais à la solidarité à géométrie variable. Et la reconstitution de la compétitivité est un travail de longue haleine d’autant plus délicat que les concurrents ne sont pas inactifs et que l’environnement d’action économique évolue rapidement et profondément, avec ou sans crise … Hélas enfin, il y a quelque chose de décourageant à se battre à l’export si non seulement les importations de biens de consommation augmentent d’autant plus vite que notre capacité industrielle s’étiole, mais surtout que nos exportations induisent mécaniquement de plus en plus d’importations du fait de la hausse des cours des intrants (énergie, matières premières) et d’un recours croissant aux sous-traitants étrangers (ou aux délocalisations, ce qui revient au même). Pour revenir à l’exemple de l’automobile, c’est dés le 4ème trimestre 2007 que le solde net export/import du
  • 2. secteur est devenu négatif alors que le surcoût de la main d’œuvre française pour un véhicule n’est évalué qu’à 400 euros par rapport aux fabrications délocalisées en Europe, selon Carlos Gohsn aux états généraux : sans céder aux sirènes protectionnistes ou chercher à culpabiliser quiconque, on analyse différemment les tenants et aboutissants de nos déséquilibres extérieurs et de la croissance négative en sachant que l’option peinture métallisée pour une Clio est facturée … 400 euros. «Et pourtant elle tourne », car les exportateurs ont du talent et de l’énergie Le déséquilibre commercial n’a à court terme aucun impact macro-économique grâce à l’euro (tant que la balance UE restera globalement positive) et la 5ème puissance exportatrice mondiale n’a jamais autant vendu à l’étranger, avec 410 milliards d’euros sur les 12 derniers mois glissants (source douanes françaises). Les exportations ont crû de 40% depuis l’avènement de l’euro et ont encore progressé de 3 % sur les 9 premiers mois de l’année. La Coface a indiqué lors de son récent colloque sur le risque-pays que le montant des grands contrats a augmenté de 51% par rapport à 2007 et son président souligne régulièrement que la France est un champion de l’OCDE en termes d’exportation par habitant. Bercy indique pour sa part que nos exportations ont fortement progressé, au moins jusqu’au déclenchement de la crise, dans les zones de forte croissance et sur les grands marchés d’avenir, notamment Chine, Inde, Russie. Plus structurellement, on commence à faire la différence entre délocalisation et externalisation destructrice d’emploi et de puissance économique et implantation offensive pour pénétrer et durer sur les marchés lointains (voir récente étude Natixis-Dauphine). La crise change la donne. Pas forcément dans le mauvais sens. Favoriser les importations n’est pas la vocation première des plans de relance par l’investissement engagés par la plupart des pays qui comptent dans le commerce mondial. Chacun, particulièrement la France qui a mémoire des expériences du début des années 80, a l’objectif implicite d’éviter que les efforts budgétaires et l’endettement ne servent plus les importations que l’emploi et la préparation de l’avenir. Les « fondamentaux » des plans nationaux sont l’entretien de l’activité et de l’emploi d’aujourd’hui par la dépense publique et si possible la préparation de la compétitivité de demain par la création ou la mise à niveau d’infrastructures, par le lancement de grands programmes, par l’intensification de la R&D et de la formation. Les grands groupes industriels internationalisés (hélas pour la France, assez peu les constructeurs aéronautiques et automobile) engrangeront certainement des commandes de biens d’équipement de pays émergents solides ou de pays « rentiers producteurs de matières premières » aux marges de manœuvres financières préservées mais la transmission vers les sous-traitants français est moins automatique que jadis et les dividendes de ces contrats serviront moins l’économie nationale que les investisseurs financiers internationaux. Surtout, les exportateurs de biens de consommation, la filière agro-alimentaire et l’industrie du luxe, voire les fournisseurs de services, souffriront de la baisse générale de pouvoir d’achat qui pourrait être amplifiée par des dévaluations dites « compétitives ». Les effets secondaires du remède pourraient en outre être dommageables puisqu’en réservant de fait directement et indirectement des débouchés nationaux aux PME, le plan français pourrait paradoxalement avoir les conséquences d’un « smalll business
  • 3. act » purement défensif et retarder leurs efforts d’adaptation et de préparation à ce qui semble devoir être un nouvel ordre économique mondial. Ceci étant, si l’impact du programme de rénovation des autoroutes américaines ou des grands travaux chinois sera au mieux négligeable pour l’emploi en France, si l’endettement public aura à terme plus ou moins proche des effets négatifs sur les conditions de financement des PME et si aucun indicateur avancé de fin de crise ne permet encore d’anticiper une reprise rapide et puissante de la demande mondiale adressée à nos entreprises, la réactivité de nombreux gouvernements (à commencer par celui de notre pays) et l’esprit de coopération qui semble dominer au sein du G20 d’une part, des états membres de l’Union Européenne d’autre part, sont des signaux rassurants. Le collapsus du système financier semble avoir été évité, on ne semble pas se diriger vers la généralisation de stratégies non coopératives ou l’engrenage de dévaluations compétitives et de mesures protectionnistes plus ou moins déguisées, les tensions bilatérales comme entre la Russie et l’Ukraine ne semblent pas faire « tâche d’huile ». Les efforts de réforme sont soutenus en France, l’entretien vaille que vaille d’un ordre commercial international viable ne semble pas menacé, le FMI parait avoir trouvé le moyen de contrôler le risque d’effet domino qu’entrainerait la faillite des états les plus fragiles (ou de banques dont la taille économique dépasse celle d’états). Mieux, ni les opinions publiques, ni les gouvernements n’ont apparemment abandonné l’ambition d’un ordre économique nouveau plus respectueux de l’environnement et on entrevoit la possibilité d’un nouveau moteur vert pour l’économie mondiale et les entreprises qui sauront prendre le virage du « greentech ». Reste à prier que la Chine ne calera pas, que les Etats-Unis redémarreront et que les solidarités européennes et mondiales ne faibliront pas. Pour revenir à la relance en France, rappelons sans préconiser la distorsion de concurrence que les soutiens à l’exportation sont généralement considérés comme une des aides à l’emploi au meilleur rapport « qualité-prix ». Les dynamiques déjà engagées dans le domaine du soutien à l’export visent, en synergie avec les autres réformes économiques, à faciliter la pénétration de marchés porteurs (programmes gouvernementaux Cap export et Force 5, initiatives sur l’intelligence économique et sur les instruments financiers notamment Oséo et le fond privé Capital Export doté de 100 MEUR), à augmenter le nombre de PME actives à l’international (mobilisation-coaching par les chambres de commerce de 10 000 nouveaux exportateurs notamment d’entreprises innovantes et en création- transmission, consolidation des actions des exportateurs « irréguliers ») et à consolider et étendre par les plans sectoriels et l’adossement aux pôles de compétitivité les réussites des PME « championnes », du « Mittelstand » français dont les produits, les technologies, les moyens, les équipes, les réseaux et l’expérience permettent un déploiement mondial. Sans singer un « modèle » allemand efficace mais pas nécessairement transposable ni figé en l’état dans le monde nouveau qui se dessine, le système français a amorcé un double mouvement, d’union nationale et de partenariat régional. L’alliance entre Ubifrance et les chambres de commerce (CCI) est une étape importante. Elle vise plus d’efficacité (y compris budgétaire, car le low-cost ne concerne pas que l’automobile) et de lisibilité pour les entreprises en donnant notamment au réseau
  • 4. des CCI locales et régionales le rôle de contact avec les entrepreneurs et de point d’entrée. Elle organise la répartition des rôles entre Ubifrance, le réseau consulaire, les missions économiques et les CCI française à l’étranger. Cette alliance est ouverte à d’autres acteurs comme Coface, Oséo, les pôles de compétitivité, les conseillers du commerce extérieur, les fournisseurs privés. La synergie avec les acteurs territoriaux du développement économiques, au premier rang desquels les régions, est organisée et 22 conventions régionales de partenariat signées en quelques mois s’inscrivent dans cette logique : dans plusieurs régions, le réseau consulaire allié à Ubifrance est déjà maître-d’oeuvre du programme régional de soutien à l’exportation. Un jeu collectif « à l’allemande » pour une équipe de France de l’export « new look » et ambitieuse présentée par Christine Lagarde et Anne Marie Idrac à Paris le 15 janvier à près de 800 entrepreneurs et institutionnels de l’appui à l’internationalisation des PME. Et dont se félicitent déjà par exemple près de 200 PME innovantes parties au Japon, en Corée et au Brésil fin 2008 avec le soutien collectif d’Ubifrance, des CCI, de la Chambre française au Brésil, d’Oséo, des Conseillers du Commerce Extérieur et de plusieurs partenaires privés. Pour revenir à la métaphore automobile et aux moteurs de la croissance, le système français d’appui à l’exportation évolue dans la bonne direction intégrant un peu de technologie germanique et associant les énergies étatiques, consulaires, publiques territoriales et privées. En ayant « changé de braquet » selon la formule d’Anne Marie Idrac, le 3ème moteur n’est plus en position de frein. Reste à inventer une technologie de croissance hybride façon « Prius » mettant en synergie non pas deux mais les 3 moteurs de la relance. Sans exclure d’injecter plus de « carburant budgétaire » dans le 3ème moteur dans un contexte global où d’une part les plans de relance font bouger les lignes des déficits pertinents et d’autre part le retour sur investissement de l’aide à l’internationalisation d’avenir peut sembler plus prometteur que le saupoudrage de soutien à des filières en difficulté. Et en gardant à l’esprit la perspective européenne puisque si la métaphore automobile est d’actualité, c’est bien d’un Airbus, et peut être d’un Galileo de l’export dont auront besoin les PME pour conquérir un nouveau monde post-crise dont les contours sont encore flous mais dont on sent bien que ni les Etats-Unis, ni l’Asie, ni même nos concurrents européens ne le laisseront s’organiser sans chercher à pousser leurs avantages. * Au forum financier asiatique qui a rassemblé un bon millier de décideurs financiers, politiques et économiques la semaine dernière à Hong Kong, on s’interrogeait moins sur les probabilités d’une éventuelle défaillance du moteur chinois, sur la destruction créatrice accélérée dans le Guandong ou sur le taux de chômage à Hong Kong (passé … de 3 à 4%, on rêverait de tels problèmes) que sur les modalités pour l’Asie de tirer son épingle du jeu du changement en cours et de profiter de son expérience de pilotage de la crise de 1997. Entre le « préparez vos mouchoirs » occidental et le « sharpen your knifes » asiatique, on voit assez clairement que la garantie d’un avenir prospère et de la croissance de PME à potentiel ne résulteront pas de la seule augmentation des parts étrangères autorisées pour les garanties Coface, du Prêt pour l’Export d’Oséo ou de la réduction des tarifs pour les PME sur les pavillons français organisés par Ubifrance sur les salons internationaux. Il faut lancer le turbo de la croissance en 2009 en accélérant les réformes du système français de soutien à l’export, et en dopant les appuis à l’exportation. Sur ce dernier point, il suffirait de quelques « pour mille » du prochain plan de relance pour faire bouger les lignes. R. Favier 26 janvier 2009 pour Forum International Economique et Financier de Paris.