Operation serval 20

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Operation serval 20

  1. 1. MALI : OPERATION « SERVAL »► Comment partir avec une bombe de plus sans être borgne…→ Les Mirage 2000 D (assaut conventionnel) ont un tour de plus dans leur sac, comme ilsviennent de le prouver, dans lopération « Serval ». Il est à noter qu’ils sont maintenant, commeles F1CR, capables de livrer des bombes « Airburst » aux djihadistes. De nouvelles précisionssont désormais disponibles sur la configuration quils mettent en oeuvre, en utilisant les pointsintérieurs (dont celui avant gauche, prévu initialement pour le canon, renvoyé dans les limbesdu programme de « retrofit » -réaménagement (souvent sous forme danglicisme : retrofit) est unepratique dajouter de nouvelles technologies ou fonctions à des systèmes plus vieux. Il consiste àéchanger des pièces obsolètes ou usées tout en maintenant la configuration de lappareil ...). Ainsi, troisbombes peuvent être emportées, au lieu des deux sur emport double, configuration jusqualorsla plus répandue. Le point intérieur avant droit reste utilisé pour la nacelle Damocles, Atlis ouPDLCT-S, qui sert à la détection, et dans certains cas, à lidentification de la cible. Mais doncplus forcément, au guidage laser de la bombe. Explosant en altitude, les « Airburst » sont dunmeilleur rendement dans une mission antipersonnel. Les équipages des deux escadrons (1)présents dans cette zone qui se succèdent depuis 54 jours ont déjà abattu près dun millierdheures de vol.Niveau qui devrait prochainement être franchi.(1) 1/3 « Navarre » et 2/3 « Champagne », de la Base aérienne 133 de Nancy-Ochey.Un Mirage 2000 D avec, clairement visible, une « Mk82 Airburst » sur pylône intérieur (Photo EMA)
  2. 2. → Sur plusieurs photographies publiées par l’ECPAD au sujet de l’opération « Serval », l’onpeut remarquer qu’un Mirage F1CR du 2/33 « Savoie » ayant décollé de N’Djamena emporte desbombes Mark 82 « Airburst » de 250 kg, chacune dotées d’un capteur de proximité (ouproximètre). Les clichés ont été pris le 4 février depuis la loge du « boomer » d’un avionravitailleur. Ces munitions sont censées exploser à quelques mètres du sol et non à l’impact,afin de provoquer le plus de dégâts possible. Aussi, il n’est pas question de les utiliser enappui de troupes au sol ou quand il s’agit d’éviter les dommages collatéraux (cet armementreste disponible pour des opérations coup de poing contre des cibles non protégées, et dansdes scénarios où le souci d’éviter les dommages collatéraux reste secondaire.)Jusqu’à l’intervention militaire au Mali, l’armée de l’Air n’avait jamais utilisé de Mark 82« Airburst » au cours d’une opération, selon Air&Cosmos. Dans son dernier numéro,l’hebdomadaire spécialisé précise qu’une première mission avec ce type de munition avait dû« être annulée début février », sans donner plus d’indications.NB : Même si les opérations « Harmattan » (Libye, 2011) et « Serval » (Mali) ont prouvé qu’il pouvait êtreencore fort utile (mise en oeuvre des nacelles ASTAC et PRESTO (PRESTO (Pod de REco Stand-Off) pourdes prises de vue argentiques à haute altitude, exploitables dès la fin du vol. Pod ASTAC, qui permet defaire du renseignement électro-magnétique) et des bombes Mark 82 « Airburst »), le Mirage F1 CR devraitêtre retiré du service en 2014. Aussi, cet appareil vient d’entamer, sur la base aérienne 126 de Solenzara-Ventiseri, ce qui sera, en principe, sa dernière campagne de tir air-air. En effet, l’Escadron dereconnaissance (ER) 2/33 « Savoie » y a envoyé 11 Mirage F1 (dont 2 biplaces) avec 17 pilotes et 80mécaniciens. Il s’agit pour l’escadron de valider la qualification de « tir air-air » de ses pilotes. Cettedernière n’est valable que pendant deux ans. Et en 2015, le dernier Mirage F1 CR aura probablementquitté Mont-de-Marsan pour l’Entrepôt de l’armée de l’Air (EAA) 601 de Châteaudun. Le Mirage F1 CRétant à la base un avion destiné à la défense aérienne, il n’est donc pas étonnant que cet appareil puisseêtre utilisé pour mettre en oeuvre la Posture Permanente de Sécurité (PPS). La campagne de tir en coursmobilise également des Alphajet de l’Escadron d’entraînement « Côte d’Or », lesquels remorque, au boutde 500/600 mètres de câble, des cibles acoustiques « TAC 100 ». Ces dernières mesurent les ondessonores causées par le passage d’un obus de 30 mm OXL (obus d’exercice lesté) dans des sphères de 3,6, 10 et 15 mètres. La comptabilité des « coups au but » se fait au sol, en temps réel, la « TAC 100 » étantdotée d’une radio la reliant à l’escadron de ciblerie. Pour que les pilotes du Savoie obtiennent leurqualification, il faut qu’ils réalisent 2 passes avec au moins 2 obus « écoutés » dans les 6 mètres. Cettecampagne de tir permet au 2/33 « Savoie » de préparer un prochain déploiement dans les Pays baltes, oùil assurera, de mai à septembre 2013, une mission de sûreté de l’espace aérien dans le cadre de l’OTAN.Ce n’est pas la première fois que l’armée de l’Air enverra des appareils dans cette région. Maisd’habitude, c’était des Mirage 2000 qui étaient sollicités…
  3. 3. ► Le GTIA 2 mène l’opération « Doro »…Du 27 février au 2 mars 2013, en coordination avec les forces maliennes, le groupementtactique interarmes 2 (GTIA 2) a mené l’opération « Doro » à l’est de Gao, entre les villes deDjebok et Telatai. Commandé par le colonel Bert, chef de corps du 92 ème régiment d’infanterie(92ème RI), le GTIA 2 a été appuyé par des éléments du groupement aéromobile (GAM), du génieet du détachement multi capteur (DET MUC) de la force « Serval » stationnés à Gao.L’opération « Doro », menée quotidiennement par les forces françaises, maliennes etafricaines, a pour objectif de sécuriser le terrain, de rechercher et de détruire les groupesterroristes. Dans la région de Gao, les groupes terroristes continuent d’alimenter un climatd’insécurité.Dans la nuit du 27 février, le GTIA 2 a mené une infiltration vers la zone identifiée comme unfoyer terroriste jusqu’au village d’Imenas, à une soixantaine de km de Gao. Les groupes armésterroristes ont tenté de résister à l’action de nos forces, mais ils ont été obligés de rompre lecontact sous la pression des VBCI et des hélicoptères du GAM. Plus tard, plusieurs groupesarmés ont rejoint les abords du village d’Imenas et ont harcelé toute la journée du 1 er mars lespositions tenues par le détachement français, alors que ces derniers formaient un cordon desécurité permettant aux FAMA (Forces armées maliennes) de fouiller le village. La riposte desmilitaires français, appuyés par les hélicoptères du GAM et par un Mirage 2000 D, a permis deneutraliser une quarantaine de terroristes, de détruire un véhicule de transport de troupes BTR60 et 3 pick-up.Par ailleurs, deux IED ont été relevés les 1er et 2 mars, sur la route de Djebok. Les équipes EODles ont neutralisés et sont restées prêtes à intervenir rapidement (Quick response force - QRF)pour déjouer ces pièges et permettre au GTIA 2 de poursuivre son action.
  4. 4. ► Le commandant de la Force « Serval » à Gao…Le 3 mars 2013, le général Grégoire de Saint-Quentin, commandant la force « Serval »(COMANFOR), a rencontré l’état-major de la 3ème brigade « Serval », armé par la 3ème brigademécanisée (3ème BM) et les militaires du GTIA 2 déployés à Gao. Cette visite a permis dedresser un point de situation sur l’opération « Doro » réalisée du 27 février au 2 mars. Depuisles incidents du 21 au 22 février à Gao, les forces françaises et maliennes conduisent desopérations quotidiennes de fouille et de reconnaissance dans cette région.Au cours de cette journée, le COMANFOR s’est entretenu avec les soldats du 92 ème régimentd’infanterie pour les féliciter de leur engagement sur l’île de Khadji.En effet, des éléments du GTIA 2 et du groupement aéromobile (GAM) ont apporté leur soutienà une opération de sécurisation sur l’île de Khadji menée par les forces de sécurité maliennes(militaires et gendarmes). Il s’est ensuite rendu sur l’île où un détachement de l’arméemalienne continue d’assurer la sécurisation de cette zone, véritable verrou stratégique dufleuve Niger.Pendant que les actions des militaires français continuent dans le nord du Mali, le message duCOMANFOR est resté le même au terme de cette visite de commandement. La force « Serval »poursuivra ses missions aux côtés des Forces armées maliennes et de la MISMA à travers lepays encore plusieurs semaines.Le général Grégoire de Saint-Quentin, commandant la force « Serval » (COMANFOR)
  5. 5. ► « Serval » : deux « StraEvac »…Le CPCO a déclenché deux « StratEvac » (Strategic Evacuation), après deux évènements intervenus au Mali. Le premier évènement concerne lexplosion dune mine sur un VBL, dans lAdrar, où se déroulent les combats contre Aqmi. Deux militaires ont été blessés, dont un légèrement.Le militaire le plus grièvement blessé -on ignore son régiment et son état- fait lobjet de la première « StratEvac ». La deuxième porte sur deux blessés touchés à Tombouctou par lexplosion dune grenade dans un VBL. Deux des trois personnels ont été assez sérieusement blessés, et ont donc été « stratévaqués ». Des évènements de ce type sont déjà intervenus en Afghanistan, avec des conséquences plus graves encore. Ces deux vols médicaux ne sont pas pour autant les premiers de lopérations « Serval ». Mais ce sont par contre les premiers liés aux conséquences des combats. Les « StratEvac » sont réalisés par des avions de lETEC (Escadron de Transport, dEntraînement et de Calibration 00.065), qui concourent aussi au transport des autorités gouvernementales. En moyenne, lETEC faisait une « StratEvac » par semaine au pic dactivité de lAfghanistan.► Une nouvelle unité médicale opérationnelle pour l’armée française…Le Module de Chirurgie Vitale (MCV) : les expériences récentes montrent que les combattantsdes forces spéciales sont particulièrement exposés à des « décès évitables », dus à destraumatismes fatals considérés comme « potentiellement traitables ». La cause la plusfréquente de ces décès évitables est l’hémorragie non contrôlable par compression et sontraitement repose sur le « damage control ». Face à ce risque, la Direction des ForcesSpéciales a exprimé le souhait d’assurer à ses combattants une assistance chirurgicale réelle,en accord avec la nature de leur mission. La conception de cette nouvelle capacité a requis untravail d’équipe entre les chirurgiens généralistes, les chirurgiens traumatologiques et lesanesthésistes habitués à la médecine en opération, aidés par des infirmières de blocopératoire et des infirmières anesthésistes.NB : Parmi les missions confiées aux forces militaires françaises, certaines sont effectuées de façonponctuelle, par des unités à faible effectif et à une distance importante des bases arrière. Ce sont pour laplupart des missions des forces spéciales, celles-ci étant mandatées pour un objectif très précis tel uneaction de contre-terrorisme ou une libération d’otages. Jusqu’à maintenant le dispositif de prise encharge des blessés pour ces missions comportait une relève sur les lieux du combat, puis unemédicalisation par le médecin d’unité, ce dernier étant le plus souvent un médecin généraliste rompu à lamédecine d’urgence. Le blessé était ensuite évacué, sachant que cette évacuation pouvait durer plus de10 heures. Ce n’est qu’à ce moment que le blessé pouvait être opéré. Or, on connaît bien la place de lachirurgie dans le traitement des blessés de guerre, et on sait que celle-ci doit intervenir le plus tôtpossible après la blessure. La précocité de l’acte chirurgical conditionne le résultat fonctionnel, maisaussi vital : la notion de décès évitable est bien étudiée dans le domaine de la traumatologie tant civileque militaire. Les données épidémiologiques actuelles montrent que les décès évitables représentententre 20 et 30 % du total des décès au combat, et que leurs causes sont dans près de 80 % des cas deslésions curables par un geste chirurgical. Il importe donc d’apporter un soutien chirurgical au plus prèsdes blessés, y compris dans le cadre des missions des forces spéciales. Il existe depuis longtemps desunités chirurgicales mobiles : les antennes chirurgicales aérotransportables et des antenneschirurgicales parachutables. Ces unités, bien que considérées comme « légères », nécessitent pourfonctionner 12 personnels, et représentent un poids total de cinq tonnes. Cette relative « lourdeur » faitqu’elles ne sont pas utilisables pour de telles missions, et c’est dans ce contexte qu’il nous a étédemandé de travailler sur un nouveau type d’unité chirurgicale mobile. Développement du projet : dansun premier temps, le cahier des charges devait être défini. Il résultait de l’équilibre entre une « offre desoins » acceptable et des « contraintes logistiques ». L’offre de soins consiste en une capacité opératoirepour au moins 1 ou 2 blessés graves, sachant que le nombre de combattants exposés n’excèdera pasplus de 20. Les contraintes logistiques, imposées par l’état-major, déterminent le poids du matériel et lenombre de personnels. Il faut en outre que l’ensemble soit parachutable sur terre ou en mer. Après cettedéfinition du cahier des charges, le travail a été poursuivi à partir d’une feuille blanche. Il a été décidé quel’équipe comprendrait deux médecins (un chirurgien viscéral ou thoracique/vasculaire, et un médecinanesthésiste-réanimateur) et deux infirmiers spécialisés (un infirmier de bloc opératoire et un infirmier
  6. 6. anesthésiste). Concernant les équipements, ceux-ci sont regroupés par un lot, dont le premier prototypea été assemblé pendant l’été 2009.Ce lot comprend des boîtes de chirurgie et du matériel d’anesthésie et de réanimation, le tout répartisdans huit conteneurs étanches. L’abri est fourni par une tente gonflable d’une surface de 20 m², etl’électricité est fournie par un groupe électrogène de 2.4 kW – 3 kVA. La mise en place opérationnelle dumodule a nécessité un certain nombre d’étapes de validation : validation du matériel chirurgical etanesthésique, sur réacteur biologique ; validation du déploiement du module sous tente ; validation de lacapacité parachutable, sur terre et sur mer ; validation du déploiement dans un bâtiment de surface ;validation du déploiement dans un avion de transport tactique. La validation du matériel chirurgical etanesthésique a comporté la réalisation de procédures de sauvetage : laparotomie d’hémostase,horacotomie antérieure, abords vasculaires des racines de membres. Ces procédures ont été réaliséessur réacteur biologique, sur des modèles animaux, par les quatre personnels et avec les équipementsexclusivement choisis pour armer le lot. La validation du déploiement sous tente a consisté en desexercices de jour et de nuit. La tente est montée en moins de 10 mn, à l’aide d’un compresseur électrique.Sa surface est de 24 m². Des sacs présentoirs contenant les matériels et consommables sont suspenduspar lintermédiaire de sangles et disposés autour de la table opératoire et du déchocage. La tableopératoire comprend un système « porte-brancard », sur lequel on place directement le brancard dublessé. Sur la table sont fixés les appuie-bras, la table pont et deux scialytiques. Le chirurgien dispose enplus d’une lumière additionnelle par une lampe frontale. Le « délai opérationnel », c’est-à-dire le tempsécoulé entre le moment où les conteneurs sont mis à disposition et celui où un blessé peut être opéré,est de moins de 30 mn de jour, et de 45 mn de nuit. La validation de la capacité « aérolargage » s’est faitepar des tests de largage de l’ensemble du lot sur terre, puis en mer. Les équipements et leurs conteneursont été préalablement conditionnés, de sorte à supporter les différents chocs liés au parachutage (sortiede l’avion, ouverture de la voile et choc à l’atterrissage/amerrissage), puis testés à lissue des sauts.► 23 tués et 66 blessés tchadiens recensés dans lAdrar des Ifoghas…« Le 22 février 2013, le module de chirurgie vitale (MCV) de Tessalit (nord Mali) reçoit 66militaires tchadiens blessés au combat. Renfort sanitaire de tout le GTIA 4 ». (légende de laphoto de lEMA, extraite du point de situation du 25 février).Le MCV correspond à la première structure qui peut réaliser un acte chirurgical permettant lasurvie. Cest une structure légère sous tente rapidement déployable à partir d’un aéronef detransport au plus près des zones de combats.
  7. 7. Le MCV du COS utilisé pour les Tchadiens : le module de chirurgie vitale (MCV) a été utilisé au profit des blessés tchadiens du week-end ( photo EMA) apprend-on. Encore peu connu, cet équipement a été développé par et pour le commandement des opérations spéciales (COS) avec le concours des personnels médicaux insérés dans les unités, et le service de santé des armées. Le MCV permet de mettre en place une bulle chirurgicale au milieu de nulle part, ce qui était pour le coup le cas ce week-end. A ma connaissance, ce serait son premier emploi opérationnel. Le module est cependant taillé pour une durée très limitée, et en aucun, pour un afflux massif de blessés, ce qui semblait être le cas ce week-end. Il est entièrement parachutable au-dessus des terres, voire en mer. Sa genèse est typique du cycle dinnovation des forces spéciales, qui anticipent des besoins, ou les définissent sur un délai court, sur la base de retex issus des théâtres dopérations. Plusieurs années auraient néanmoins été nécessaires dans ce cas-ci. A plusieurs reprises, notamment grâce à lAfghanistan, la médecine de terrain a fait des bonds très importants. Plusieurs MCV seraient actuellement déployés dans la zone malienne.► Retex : livre « Ma blessure de guerre invisible »…Brisant le silence, ce militaire qui a depuis « déposé son treillis » témoigne de ces momentsterrifiants et incompréhensibles, qu’il a vécus, après son retour de sa mission en Afghanistan.Une blessure de guerre invisible a sournoisement transformé le combattant en un hommeabattu, enfermé dans une bulle asphyxiante. Il tente de comprendre les raisons et lesmécanismes qui ont déclenché, sans qu’il ne s’en rende compte, sa descente aux enfers dansl’univers du stress post traumatique. Une interview à fleur de peau.Quel était votre état d’esprit avant de prendre part à cette mission en Afghanistan ?« Heureux ! Je sentais monter l’envie, une sorte d’ivresse, d’exaltation, à l’idée que je vivraibientôt sur le terrain, parmi mes camarades, ce pourquoi je m’étais engagé dans l’armée deTerre, par conviction et vocation. J’avais en mémoire des images de soldats français desdifférentes guerres et je souhaitais poursuivre ce qu’ils n’avaient jamais cessé de faire : mebattre pour les libertés ! En m’engageant, je voulais devenir l’un des humbles maillonscombattants au service de la Patrie, et m’inscrire, à mon niveau, dans l’histoire de mon pays.Pour me dire aussi, plus tard, comme tout homme qui se penche sur son passé : j’ai servi mapatrie, j’ai été utile à mon pays ! ».Comment a réagi votre entourage en apprenant votre départ ?« En 2008, lorsque je me suis porté volontaire pour une mission de 6 mois en Afghanistan, lesréactions furent plus que sceptiques : « on n’a rien à faire là-bas. Après tout on n’est pasenvahi. Ce n’est pas notre problème ! Toutes ces troupes envoyées en Afghanistan cela coûtecher au pays ! C’est du gaspillage...». Il fallait que je me justifie en permanence ! Moi, j’étaisconvaincu du bien-fondé de notre intervention. Nous partions encadrer, former l’arméeafghane pour lui permettre de repousser les attaques de talibans et des terroristes qui, àl’époque, s’entraînaient dans les camps et bien sûr préserver la France menacée. Risquer savie pour préserver celle des autres était une cause noble à mes yeux. Protéger les libertés detous était un devoir. Honneur, sentiment du devoir accompli, aider son prochain, servir lesvaleurs de la République, tel était le sens de mon engagement, depuis 19 ans ! ».Cette mission était donc l’aboutissement rêvé ?« Oh oui ! Là je devais mettre en pratique mes aptitudes, maîtriser les savoir-faire ! Bonheurssimples, camaraderie, fatigue, conditions précaires, risque de mourir, angoisse, colère, fatalité,tout ce que j’ai éprouvé au cours de ma mission, je le raconte simplement dans les 95premières pages de mon livre. Je n’étais qu’un parmi mes frères d’armes, tous unis par cequ’on appelle la cohésion, l’esprit de fraternité, qui au sein d’une OMLT, dans des conditionsde vie précaires, un isolement géographique, un environnement hostile, forgeaient notre force.
  8. 8. Chaque jour, 2 soldats de la coalition tombaient au combat, dans une embuscade ou dans uneexplosion. Les drapeaux en berne faisaient désormais partie de ma vie…et je me demandaisqui se souviendrait de leurs noms. Ce n’était pas la peur de mourir que je ressentais mais bienla crainte de l’oubli, car oublier ceux qui, au nom de la Nation, se sont sacrifiés, c’est commes’ils étaient morts pour rien, en vain ! ».Comment s’est passé votre retour ?« J’appréhendais les retrouvailles, sans trop savoir pourquoi. J’allais enfin pouvoir profiter desjoies simples familiales et amicales, faire partager ma fierté d’avoir participé à une tellemission. Mais très vite je me suis rendu compte que je me faisais des illusions ! A mon retourj’ai été vite confronté à cette même incompréhension voire à des critiques et reproches. Nousavions risqué notre vie au nom des valeurs de la République et personne n’en n’avaitconscience ! Autour de moi s’exprimait l’incompréhension quant à notre intervention. A cetteméconnaissance totale s’ajoutait le manque d’intérêt sur nos conditions de vie, sur ces 6 moisvécus en Afghanistan. Très vite je sentais, après les premières questions, que j’ennuyais mesinterlocuteurs. Alors on abordait d’autres sujets de conversations aussi futiles quesuperficielles à mes yeux. Je me sentais blessé, meurtri, coupé du monde, dans un autremonde ».Que pensiez-vous de la manière dont les medias relayaient ce qui se passait sur les théâtres d’opérations extérieures ?« J’avais le sentiment que l’opinion publique vivait dans le déni comme si, nous, soldats,étions invisibles et inutiles, sauf lorsque nous dépolluions les plages ou intervenions en casde tempête ! Les gens semblaient préférer suivre les aventures des people qui faisaient deplus en plus la Une des media. Parfois un bandeau défilait, neutre et lapidaire, annonçant lamort d’un soldat français en Afghanistan. Je m’interrogeais alors, révolté : le sacrifice d’un demes frères d’armes ne valait-il donc seulement que quelques secondes dans un journaltélévisé ? Dans cette course au spectaculaire, à l’audience, les péripéties amoureuses ou lescomportements de telle ou telle célébrité arrivaient premiers au hit-parade de l’information.J’avais la rage au fond de moi ! Dans quel monde vivons-nous ? Quelles valeurs les mediastransmettaient-ils ainsi aux jeunes générations en accordant la primeur à des scandales ou àdes faits mineurs ? Pendant ce temps là…des milliers de militaires français déployés surplusieurs théâtres d’opérations extérieures se battaient pour le maintien de la paix, par devoir,au nom d’une certaine idée de la France ».Vous étiez donc profondément touché par le non regard des autres ?« Pire que cela ! Je me sentais incompris, solitaire, et j’ai plongé peu à peu dans un sombredésespoir. Alors j’ai dans ma tête, continué à vivre, à penser, à rêver Afghanistan. Lecombattant aguerri que j’étais s’était transformé en un homme irascible, hypersensible,épuisé, manquant de confiance, enfermé dans une bulle asphyxiante, angoissante, un hommeque personne, pas même moi, ne reconnaissait ! Au cours de cette descente sournoise auxenfers, les sept premiers mois, je me suis, comme tant d’autres, voilé la face, ne pouvant toutsimplement pas croire une seconde que le vaillant soldat que j’étais pouvait être atteint d’uneblessure de guerre invisible ! C’est encore au sein de l’armée de Terre qu’une porte grandeouverte m’a permis de comprendre ce qui m’arrivait. Dans cette famille où l’esprit decamaraderie n’est pas un simple mot, il y a toujours une main fraternelle qui se tend : c’était cejour-là celle du médecin qui m’accueillit, me rassurant, m’expliquant que j’avais besoind’évacuer un trop plein de stress suite à une mission. C’est ainsi que grâce au savoir-faire deséquipes médicales du service psychiatrique de l’hôpital des armées, j’entamai le processus decicatrisation de cette blessure. J’ai ainsi appris à vivre avec cette cicatrice qui fait partie demoi…en une tache indélébile. Souffrant toujours cruellement d’un manque de reconnaissance,j’éprouvai un besoin viscéral d’exhorter cette mission. Je me suis alors lancé dans l’écriture,au pouvoir libérateur. Ce livre exutoire pourra peut-être aider certains de mes frères d’armesqui vivent la même blessure sans oser en parler ou se l’avouer…
  9. 9. Ce modeste ouvrage va permettre de participer concrètement aux actions de la cellule d’aideaux blessés de l’armée de Terre (CABAT) puisque l’intégralité des droits d’auteur lui estreversée ».« Ma blessure de guerre invisible », Sylvain Faviere, éditions Esprit com’► « Serval » : 34 réservistes mais...Une présentation consacrée aux réserves ce matin au MINDEF faisait état de 34 réservistesengagés au profit de lopération « Serval ». Evidemment, cétait un peu trop pour pouvoir êtrecompris comme le fait que 34 réservistes avaient les pieds au Mali, ou au moins, dans la zone.En fait, ils ne seraient pas 15% de ce volume réellement engagés sur place...Si lon ne compte que les forces conventionnelles, car on sait que la gestion des réservistes duCOS ou de la DGSE peut être différente. Un autre chiffre, que lon nose pas contester, celui-là,80% des personnes sondées par la DICOD ne savaient pas quil existe une réserve en France.Evidemment, on peut comprendre que cela constitue un frein à lexpansion de cettepopulation, qui compterait néanmoins 60 000 ressortissants. Après des années dindifférence,les réservistes devraient cependant connaître un regain de reconnaissance dans les annéesqui viennent. Cest quune fois quune énième réforme aura réduit larmée à sa portion congrue,il faudra bien que quelques uns remplissent les missions...► Lérosion des soutiens dans les sondages sur « Serval »…Lopinion publique, modélisée par les sondages est en train de se retourner : mi-janvier : 63%de soutiens (IFOP 12/13 janvier) puis 65 % (IFOP 17/18 janvier) ; début février : 73% ; débutmars : 60% (IFOP pour Atlantico 17 fév/1er mars, 1151 sondés). Par conséquent, loppositionnaura jamais été aussi forte (40%).
  10. 10. ► 130 djihadistes tués dans lAdrar…Souvent avare des entailles effectuées dans les rangs des djihadistes, lEMA a néanmoinsrevendiqué un chiffre de 130 morts infligés en quelques jours chez ladversaire. Ce chiffrecomprend 90 tués par les Tchadiens, et 40 par les forces françaises. Laviation seraitresponsable dune bonne partie. Une soixantaine de sorties ont été réalisées en une semaine,mais aucune consommation de feu na été dévoilée. LEMA assure cependant quune trentainede plots logistiques ont été détruits, ainsi quune quinzaine de pick-up, et un BRDM-2, quisajoute à celui déjà touché par une patrouille de Mirage F1CR en janvier. Selon cette mêmesource, les combattants actuellement combattus par la France dans lAdrar appartiennent à Al-Qaïda, ce qui pourrait expliquer leur motivation et leur niveau de détermination. LEMAconstate que ces combattants ont « valorisé » le terrain par des postes de défense, et sansdoute, des stocks divers. 1 200 Français, soit un peu moins du tiers des effectifs français auMali est engagé dans lAdrar, aux côtés de 800 Tchadiens. Cette zone daction, dont certainspoints sont difficiles daccès, ferait environ 25 kilomètres sur 25, avec des pics culminant àmoins de 600 mètres.► Voici le PC de « Serval » à Bamako (actualisé)…Pas de quoi faire rêver les fans dopen space. Voici une vue dune partie du PC de lopération« Serval », dont la photo a été diffusée sur le compte Twitter de Jean-Yves Le Drian. Notonsque pour gérer un volume de soldats équivalent (plus de 4 000 au Mali), le PC de « Serval » nefait pas dans le grand luxe, et ne sest pas non plus beaucoup étalé, par rapport à sonéquivalent en Afghanistan (1). Pour ce quen montre la photo, le PC est cependant assezconforme de ce quon peut voir en opérations : de la construction locale, les incontournablesalgecos et KC20, et, jamais très loin, les forêts dantennes satellites. Ne restons pas forcémentà cette vue côté cour. Côté jardin, linstallation est plus rustique encore. Mais la conduite desopérations bénéficie, elle, dinstallations plus idoines et récentes.(1) mais qui, pour le coup, ne disposaient daucune base arrière dans la région (le rôle de Douchanbe estspécifique), ce qui nest pas le cas en Afrique : Dakar, NDjamena, Abidjan sont là en cas de besoin.Post-scriptum : une autre photo diffusée par la même source permet de mesurer la créativité du soldatfrançais en opérations. A Bamako, et faute destrade, on a réquisitionné deux palettes en bois, et unepalette métallique pour élever le ministre.
  11. 11. ► Le Harfang…
  12. 12. Comme cétait le cas à Bagram, des commandos parachutistes de lair et des barbelés protègent ledétachement « rens » français.Drone Harfang sur la base aérienne de Niamey (Niger)Retour de mission Cabine de contrôle Mise en œuvre
  13. 13. ► « Les réticences sur les drones armés sont tombées »…Marie Récalde (photo : assemblée nationale) est la députée SRC de la 6ème circonscription deGironde. On y trouve des fabricants davions, de drones, de missiles stratégiques, mais aussides PME innovantes, et des unités engagées au Mali, comme le CSFA, le CPA 30 et le 13 èmeRDP.Comment comprenez-vous les retards pris par les différents dossiers de drones en France ?« Le retard est phénoménal. Alors que dans la 6 ème circonscription de Gironde, on bénéficiedun gisement de compétences civiles et militaires. Jai donc interrogé le ministre de ladéfense à lassemblée nationale, mais aussi le ministre du redressement productif pourpouvoir valoriser ce gisement de PME et de grands groupes. On narrivera pas à rattraper leretard quon a avec les Israéliens et les Américains. Que, soit dit en passant, on a la chancedavoir, car sans eux, on aurait eu du mal en Afghanistan, et encore maintenant au Mali. Cenest pas avec nos trois drones et demi qui suffisent. Autre problème, on na pas non plus dedrones de combat ».Quelles solutions préconisez-vous ?« Sur le tactique, on prendra vraisemblablement une décision en juillet 2013, en faveur deWatchkeeper britannique ».Avec du travail en vue pour l’industrie bordelaise…« Exactement. Et sur le « MALE », la décision est renvoyée au livre blanc et à la loi deprogrammation militaire. Toutes les options seront étudiées. Pour les drones armés, on voitbien que les réticences sont tombées. Cest notamment lié au résultat obtenu par ces dronesen Afghanistan. Pour les drones de combat, on se dirige vers une coopération franco-britannique. Cest un sujet auquel le ministre est très attentif ».
  14. 14. Quelle est l’identité de votre filière « drones » à Bordeaux, car d’autres régions en Francedisent aussi avoir la leur…« Cest la présence de grands groupes, on a aussi le seul centre européen dessais en vol dedrones civils et militaires, à Souge. Et évidemment, la connexion entre les grands groupes etles PME. Leur coopération est réelle, même si on avance discrètement, peut-être parfois tropdiscrètement, sans faire valoir les résultats ».La mission d’information sur le retrait d’Afghanistan et les suites du traité franco-afghan vabientôt s’achevez. Que retenez-vous de votre déplacement sur place ?« On a rencontré le ministre afghan de la défense, un proche de Massoud, et cette rencontre nenous a pas laissés indifférents. Cest une personnalité imposante. On a ressenti de lamitié, unsentiment favorable envers la France. Il y a un vrai sentiment francophile parmi les élites. Ilssont intéressés par la suite, notamment lapport de la gendarmerie. Ils ont compris lapport dela gendarmerie, et notamment du modèle de la gendarmerie départementale française, dont lemaillage territorial permet de faire remontrer le renseignement.Pour nous aussi, le fait daller sur place permet de bien sentir les choses, là où des auditionsformelles à Paris ne nous permettent pas forcément davoir toutes les données. La France peutêtre fière de ce quelle a fait là-bas, mais je reste inquiète pour ce pays. On leur demande ausside faire en 10 ans ce qui nous a pris, à nous, 300 ans. Il faudrait que les Afghans puissentsouffler, récupérer enfin ».Vous faites partie des 60% de députés de la commission de la défense à avoir été élus en maiou juin pour la première fois. Comment avez-vous vécu ces premiers mois de mandat danscette commission ?« Pour moi, cétait assez naturel de siéger dans cette commission car la circonscription estassez militaire, tant par la présence de sites industriels ou des armées. Je ne mimaginais passiéger ailleurs, le député auquel jai succédé, Michel Sainte-Marie, y siégeait déjà. Cest aussiune commission dans laquelle on travaille à lindépendance de la France. Je suis fille demilitaire, la rigueur militaire ne me surprend pas. Jy suis depuis le 20 juin. On est entrés vitedans les sujets, avec le vote du budget 2013, la préparation du livre blanc et de la loi deprogrammation militaire, et je suis intervenue sur la dissuasion nucléaire. Depuis le début delopération « Serval », le ministre de la défense vient nous voir chaque semaine... »Précisément, plusieurs unités de la circonscription sont engagés dans « Serval », et pourcertaines mêmes, avant le début de cette opération. Quel regard portez-vous sur leurengagement, et les familles viennent-elles vous voir pour avoir des informations ?« Les familles, directement, non, mais je sollicite beaucoup les militaires présents sur lesbases. Ce lien est important pour moi, et pour eux aussi je pense. Toute la partie infrastructureest très importante. Au Mali, il ny a rien, et les problèmes sanitaires vont commencer à seposer très rapidement pour nos troupes. On a sur la BA 106 des spécialistes de linfrastructureen opération (GAAO), cest un travail de bénédictins quils mènent. Jai pu les rencontrer lasemaine dernière, et constater leur travail de fourmi, énorme et fondamental. De même, lespersonnels du CPA 30 sont aussi très professionnels, que ce soient les commandos, maisaussi, ne les oublions pas, les maîtres-chiens ».► « Serval » : 180 sorties en une semaine …Les moyens aériens ont effectué 180 sorties en une semaine, a annoncé lEMA. Ces dernièresse répartissent en trois tiers égaux : chasse, soutien (notamment ISR et tankers) et transport.30 objectifs ont été traités a-t-il été aussi assuré, en évoquant des bases logistiques, ainsi que10 véhicules (blindés, pick-up) ou moyens dartillerie.
  15. 15. Les fouilles, effectuées notamment par le 6ème RG, ont, quant à elles, permis de collecter 1 000roquettes, 60 000 munitions, 1 500 obus et 20 armements lourds. Assurances encore quelessentiel provient de stocks de larmée malienne, et une moindre part, de Libye.► Point de situation du 11 mars 2013 (du 07/03 18h au 11/03 18h)…Les opérations aériennes se sont poursuivies principalement dans la région de l’Adrar avecprès de 120 sorties. Une trentaine d’entre elles a été dédiée aux frappes et à l’appui destroupes au sol. Un pick-up a notamment été détruit par un Tigre.Plus d’une quarantaine de sorties a été consacrée au transport aérien, permettant à la fois leravitaillement logistique de nos éléments dans le nord du pays et le rapatriement de plusieurssoldats légèrement blessés vers Bamako puis la France.Dans la région de l’Adrar des Ifoghas, les opérations de fouilles sont désormais terminéespour le GTIA 3 et le GTIA TAP qui poursuivent néanmoins leurs investigations pour localiserd’éventuelles zones refuge. Depuis le 7 mars, plusieurs positions ennemies aménagées pourdurer mais désertées par les combattants terroristes ont été reconnues et nettoyées dans lavallée de l’Ametettaï et plus au sud. Ces opérations de ratissage ont donné lieu à laneutralisation d’une dizaine d’ennemis et permis de mettre la main sur d’importants stocksd’armes et de munitions qui sont progressivement détruits sur place ou acheminés jusqu’àTessalit.Parallèlement, une opération est conduite depuis le 7 mars dans le nord-est du massif desIfoghas. Engageant un escadron blindé sur AMX 10RC appuyé par des avions de chasse, ellevise à déstabiliser les sanctuaires terroristes qui auraient pu s’implanter plus au nord-est versla frontière algérienne par une action de reconnaissance offensive jusqu’aux localités deBoughessa et Tin Zaouatene. C’est au cours de cette mission de reconnaissance qu’un blindéAMX 10RC a été endommagé par une mine ancienne abandonnée, sans causer de blessésparmi les militaires. Après avoir établi le contact avec la population de Tin Zaouatene le 10mars et y avoir rencontré les responsables locaux d’ONG, le détachement poursuit sa missiondans le nord-est du massif.Dans la région de Gao, les patrouilles conjointes des forces françaises, maliennes etnigériennes se poursuivent pour contribuer à sécuriser cette ville et ses alentours. Cespatrouilles ont permis la découverte puis la destruction d’un IED et de roquettes de 122mmpouvant constituer une menace pour la ville. Plus à l’est, à Ménaka et à Kidal, les patrouilles desécurité se poursuivent dans les villes et leurs abords afin de renforcer le contrôle de zone.Enfin, à Tombouctou, une opération de reconnaissance offensive en coordination avec lesforces maliennes a été conduite le long de la rive nord du fleuve Niger jusqu’à la localité deGourma Rharous pour localiser et détruire d’éventuels groupes terroristes. Après avoircontrôlé méthodiquement les villages et points de franchissement sur le fleuve, l’escadron arejoint Tombouctou et repris ses missions de contrôle de zone. Au bilan, ce sont près de 4 000militaires français qui sont déployés au Mali aux côtés de 6 300 soldats africains.
  16. 16. ► Hommage national au caporal-chef Cédric Charenton…Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, était cet après-midi au 1 er régiment dechasseurs parachutistes (1er RCP) de Pamiers (Ariège), pour présider l’hommage funèbrenational, des civils et des militaires, rendu au caporal-chef Cédric Charenton, mortellementtouché le samedi 2 mars en fin de journée par un tir ennemi, dans le massif de l’Adrar, au norddu Mali.Le caporal-chef Charenton, promu au grade supérieur à titre posthume, a été fait chevalier dela Légion d’honneur par le ministre lors de cet hommage. Le CEMAT lui avait remis auparavantune citation comportant l’attribution de la Croix de la Valeur militaire avec palme de bronzeainsi que la Médaille militaire.« Je reviens du Mali, et notamment de Tessalit, où vous étiez il y a dix jours encore », asouligné le ministre lors de son éloge funèbre. « Aux côtés de vos frères d’armes, au plus prèsdes combats qui les opposent aux djihadistes réfugiés dans l’Adrar, j’ai plusieurs fois pensé àce que je connaissais de vous : votre nom, votre régiment, votre courage. Ils sont à jamaisgravés dans la mémoire de la Nation, dans le cœur de nos armées, et notamment de tous voscamarades du 1er RCP », a déclaré monsieur Le Drian lors de son éloge funèbre.Jean-Yves Le Drian a rappelé le parcours du caporal-chef Cédric Charenton, entré dans l’arméede Terre comme engagé volontaire au 1er RCP en décembre 2009. Il aura ensuite connul’Afghanistan, en juillet 2011, dans le cadre de l’opération « Pamir » dans la vallée de Kapisa.
  17. 17. Fin 2012, il est projeté au Gabon avec sa compagnie au sein du 6 ème bataillon d’infanterie demarine avant d’intégrer, le 25 janvier dernier, l’opération « Serval ».Pour le ministre de la Défense : « Votre sacrifice, comme celui de vos frères d’armes, le chefde bataillon Boiteux, l’adjudant Vormezeele et le maréchal-des-logis Pingaud, rappelle à laNation la dureté des combats que nos forces livrent en ce moment même, au Nord du Mali,contre ces groupes terroristes qui nous menacent. En retour, votre sacrifice suscitel’admiration et la reconnaissance de tous ».Cette cérémonie rappelle à la Nation la dureté des combats que nos forces livrent en cemoment même, au Nord du Mali.

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