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Où il est encore question de budget de la défense
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Où il est encore question de budget de la défense

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  • 1. Où il est encore question de budget de la Défense► Le Caïman sort la tête de leau…Le contrat « Caïman France » devrait être signé à la fin mai, a-t-on compris à Marignane, lorsde la visite de deux ministres. Aucune autre précision na été donnée, tant par Eurocopter quela Défense. Ni sur le volume (34 TTH devaient être commandés avant le 31 mars 2013), ni sur la dateprécise. Pour dégager de la marge de manoeuvre au ministère de la Défense - son principal clientmilitaire- qui en a bien besoin, on évoque même la possibilité de glissement de livraisons surles contrats en cours (Tigre et Caïman, dune tranche précédente). Ce qui aurait pour effet deménager la trésorerie de la Défense. Même si théoriquement, la société peut aussi faire jouerdes clauses de retard à lEtat-client, qui na pas commandé en temps et en heure ces 34Caïman, elle ne le fera sans doute pas, car ce type de revendication serait sans doute malcompris de la part dun tel client (qui a attendu cinq ans ses Caïman Marine). Il est doncvraisemblable que cet arrangement entre Français, qui crée une forme de précédent dans lanégociation contractuelle -à la hauteur du contexte budgétaire, dépressif - se réglera à lamiable.Deux réalités ne peuvent pas échapper à lEtat-client. De source industrielle, on indique que leNH90 (France et export) mobiliserait 5 000 salariés en France, chez Eurocopter et ses sous-traitants. A lépoque on où parle volontiers de préservation de lindustrie, et bonnes pratiquesavec les PME, il serait malvenu daller handicaper un maître doeuvre qui emploie en France etqui irrigue une région politiquement sensible. Sans compter que basiquement, larméefrançaise a tout bonnement besoin de ces machines. Le ministre de la défense a dit quilreviendrait dans deux mois, sans préciser si ce serait avec un carnet de chèques. Comme pourmontrer que les temps sont durs pour tout le monde, le ministre est venu à Marignane dans unmodeste et frêle TBM700.Le directeur exécutif France dEurocopter, Dominique Maudet, présente les hélicoptères en service dans les armées, à Marignane. (Photo Jean-Marc Tanguy) TBM700
  • 2. ► Défense : la Cour des comptes formule cinq recommandations…Alors qu’est attendu à la fin du mois le Livre blanc de la défense, la Cour des comptes vient derendre un rapport sur les intérêts stratégiques de l’Etat dans l’industrie de la Défense.« Le bilan de lEtat actionnaire est dans lensemble positif », indique la Cour des comptes dansle rapport rendu mardi 9 avril. « Il a su accompagner seul ou de concert avec ses partenairesindustriels la modernisation de loutil industriel français de défense, le plaçant parmi lesmeilleurs mondiaux du secteur », a commenté Didier Migaud, le premier président de la Courdes Comptes, lors d’une conférence de presse. Quelques faiblesses sont toutefois à déplorer.LEtat a « fait preuve de nombreuses faiblesses, se plaçant parfois en risque de perdre lecontrôle de certaines activités industrielles de défense ainsi quen ayant des difficultés à faireappliquer ses décisions, voire à sexprimer dune seule voix ».Adopter un stratégie densemble : la juridiction financière formule donc cinq recommandationsafin de mieux défendre ses intérêts stratégiques. Pour cela, « lEtat ne doit plus agir au couppar coup mais adopter une stratégie densemble, préparer les décisions futures et dire ce quilattend de ses partenaires industriels », détaille Didier Migaud. La Cour préconise par ailleursune « amélioration de la protection et du suivi des intérêts stratégiques de lEtat », desrestructurations horizontales et verticales dans le secteur, mais aussi une meilleurecoordination entre les services de lEtat ( Agence des participations et Direction générale delarmement) qui ne sont pas toujours sur la même ligne.« Une stratégie à long terme sur les partenariats avec Dassault » : la Cour des comptes estimeainsi quil faut « renforcer au sein de la direction générale de larmement (DGA) le suivi desparticipations dans les industries de défense » et proposer dans ce cadre « une stratégie àlong terme sur les partenariats avec le groupe Dassault ». « Cela concerne immédiatementThales et DCNS », où Dassault est actionnaire à côté de lEtat, « mais pourrait avoir desprolongements concernant Giat Industries, SNPE, voire Safran », poursuit la Cour.Et pour défendre les intérêts stratégiques de l’Etat, la Cour avance une autre piste : la mise enplace « en concertation avec les partenaires européens, dun dispositif équivalent àlamendement Exon-Florio américain ». Il permet au président des Etats-Unis de pouvoirexaminer limpact de rachats de sociétés américaines par des étrangères. Cette « armerégalienne par excellence (...) permet au président des Etats-Unis dexaminer limpact de touteacquisition étrangère de sociétés américaines et de sy opposer, dès lors quelle pourraitmenacer la sécurité nationale », a développé Didier Migaud.La juridiction rappelle que lEtat est actionnaire de référence de six des huit principauxgroupes de défense français et que la France se situe au quatrième rang mondial en termes debudget de défense. (Astrid Gouzik)Création : la loi du 16 septembre 1807 et le décret impérial du 28 septembre 1807. Juridiction financièrede l’ordre administratif en France, chargée principalement de contrôler la régularité des comptes publics.La Cour siège au Palais Cambon à Paris depuis 1912.
  • 3. ► Réunion à lElysée : motus en attendant le communiqué…Eric Trappier discute avec Antoine Bouvier (MBDA) et Philippe Burtin (Nexter), à lissue de la réunion.Ils sont sortis en ordre dispersés et sans le moindre commentaire. Les sept patrons du secteur« aéronautique-défense » invités cet après-midi à lElysée sont ressortis de leur rencontre avecle président et son ministre de la Défense au bout dune heure vingt, durée de réunion plutôtau-dessus de la moyenne, à lElysée ( PDG et dirigeants des groupes Dassault, DCNS, EADS, Nexter,Safran, Thales et MBDA). Eric Trappier, le patron de Dassault Aviation, sest contenté dun brefsalut, tandis quAntoine Bouvier, patron de MBDA lançait un sourire énigmatique aux objectifs.Jean-Bernard Levy de Thales a quitté le palais de lElysée le dernier, lui aussi sans un mot,alors que la berline de Bernard Cazeneuve, ministre du budget, entrait dans la cour. LElyséedoit diffuser un communiqué sur cette réunion, indique-t-on, ce qui pourrait expliquer lemutisme des industriels. Pendant ce temps, Jean-Yves Le Drian restait en réunion avecFrançois Hollande. Depuis, les berlines dune partie des membres du gouvernement, dont celledu premier ministre et du ministre de léconomie sont arrivées à lElysée, pour une réunion quinétait pas prévue à lagenda. Peut-être pour évoquer la vente des participations de lEtat dansle secteur aéronautique défense. Un pactole estimé à au moins 12 milliards deuros. Aux coursactuels en tout cas. LEtat a décidé de vendre 3% de Safran, mais contrairement à ce quonpouvait attendre, le produit de la vente doit abonder le capital de la banque publiquedinvestissement (BPI), et non, comme certains lattendaient, le budget de la défense.► La Marine boit, l’armée de terre trinque…Alors que le budget de la défense est sauf, du moins presque ( amputé de l’inflation, tandis qu’ilreste à trouver les fameuses recettes exceptionnelles… ), c’est une véritable guerre entre les arméesqui s’est ouverte pour se répartir les crédits. Les tensions entre les états-majors n’ont jamaisété aussi grandes, et les ressentiments aussi. Une guerre interne, entre militaires, qui risque delaisser des traces.Car le grand vainqueur annoncé du Livre Blanc et de la LPM qui va suivre, c’est la Marine.Alors que l’armée de l’Air va perdre cinq bases ( Dijon, Luxeuil…) et pas loin d’une centaine deRafale, l’armée de Terre va s’alléger de 10 régiments ( 10 000 hommes, soit bien plus qu’unebrigade) et mettre en sommeil des capacités. « Temporairement » précise le Livre Blanc. Saufque le « temporaire » en termes de capacité militaire s’est toujours transformé en « définitif ».La Marine, elle, voit son format maintenu et l’ensemble de ses capacités préservées. Alors quel’armée de Terre assiste au dépeçage de son programme d’ensemble « Scorpion », aucunecoupe à prévoir dans les programmes navals. Mieux, le tonnage de la Marine nationale prendun sacré embonpoint ! En pleine guerre froide, en 1980, la Marine « pesait » 93 000 tonnes ; en2020 elle atteindra les 220 000 tonnes, laissant loin derrière la Royal Navy !
  • 4. En résumé, si la Marine s’en sort « royalement », un effort va être demandé à l’armée de l’Airtandis que l’armée de Terre déguste. Cette dernière, pourtant bonne élève dans les réductionsde formats et de coûts, devient, presque sans surprise, la victime principale des arbitragespolitiques et budgétaires. Malgré des engagements récents, qui n’ont fait que rappeler sonimportance. Pourquoi ? Première explication : la Marine met en avant la dissuasion nucléaire,sanctuarisée par le président de la République, et par extension son format, dimensionné pourl’assurer, selon elle. Car outre les SNLE (Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins), le porte-avions « Charles-de-Gaulle », à propulsion nucléaire, met en œuvre des Rafales porteurs dumissile ASMPA. La deuxième explication est bien moins glorieuse : les marins occuperaientl’essentiel des postes clefs à l’état-major des armées, favorisés par un chef qui est un amiral.Un haut gradé confiait à FOB « pour la première fois de ma carrière, je n’ai plus confiance enmes chefs ».Le réveil risque d’être brutal, y compris pour les parlementaires, qui vont découvrir qu’ils sesont fait leurrer par les paroles rassurantes du Président et qui vont réaliser, demain, troptardivement, l’étendue des fermetures de garnisons. « Un véritable hold-up naval » s’offusqueun autre responsable. Ambiance…Guillaume Belan 16/04
  • 5. ► Première diminution des dépenses militaires mondiales depuis 1998…Dans un rapport publié ce lundi 15 avril, le Sipri constate une érosion globale des dépensesmilitaires... à lexception de la Chine et de la Russie.1 750 milliards de dollars. Cest la somme qui a été réservée par lensemble des pays auxdépenses militaires en 2012, selon une récente étude du Stockholm International PeaceResearch Institute (Sipri). Elles ont donc diminué de 0,5% par rapport à 2011, une premièredepuis 1998. Le Sipri explique cette diminution par les coupes dans les budgets défense desEtats-Unis, ainsi qu’en Europe occidentale et centrale, en Australie, au Canada et au Japon.Cette tendance à la baisse a cependant été partiellement compensée par la forte augmentationdes dépenses en Asie, en Europe de lEst, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et enAmérique latine.En Europe, cette baisse est imputable aux politiques daustérité. « Depuis la crise financièremondiale de 2008, 18 des 31 États européens membres de lUnion européenne ou de lOtan ontréduit leurs dépenses militaires de plus de 10% en termes réels », analyse le Sipri. Malgré unebaisse de leurs dépenses, les Etats-Unis trustent la première marche du podium des pays lesplus dépensiers. La Chine occupe la deuxième marche de ce classement, suivie par la Russie.Ils ont tous deux augmenté leurs dépenses en 2012 : une hausse de 7,8 % ( 11,5 milliards dedollars) pour la Chine et de 16% (12,3 milliards de dollars) pour la Russie.Les autres augmentations notables ont été observées au Moyen-Orient ( 8,4%), en Afrique duNord (7,8%) et en Asie (3,3%).
  • 6. Les quinze pays les plus dépensiers en 20121. USA2. Chine3. Russie4. Royaume-Uni5. Japon6. France7. Arabie Saoudite8. Inde9. Allemagne10. Italie11. Brésil12. Corée du Sud13. Australie14. Canada15. Turquie► Nette baisse des exportations darmes françaises en 2012…Les exportations darmes françaises en 2012 ont atteint un niveau de 5 milliards deuros, ennette baisse par rapport à lannée précédente, a annoncé mercredi le délégué général delarmement, Laurent Collet-Billon, représentant la DGA. Le secteur connaîtrait ainsi unecompétition accrue au niveau international. Les chiffres définitifs seront annoncés cet été parle ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, a-t-il précisé pendant sa conférence de presse.Les exportations avaient atteint 6,5 milliards deuros en 2011, en hausse de près de 27% parrapport à 2010, où elles sétaient montées à 5,12 milliards. « On ne peut pas dire que soit unchiffre significativement bon, on espérait un petit peu plus », a reconnu le délégué général,« doù la nécessité absolue pour nous dêtre encore plus fort au plan technologique et au planéconomique » pour regagner un avantage concurrentiel.Concurrence forte dans larmementLaurent Collet-Billon a en effet expliqué la baisse des exportations par « une concurrenceextrêmement forte » sur le marché des armements. Elle est due à la fois au « retour desAméricains (qui se montrent) extrêmement offensifs du fait de la diminution des commandesde production » du département de la Défense, et de lémergence de pays qui accèdent à unniveau technologique qui les rend concurrentiels. Il a cité pour exemple Israël, « bientôt lItaliedans le domaine naval », et la Corée du Sud. Les exportations de matériel militaire israélienauraient bondi de 20% en 2012 pour atteindre 7 milliards de dollars ( 5,2 milliards deuros).Pour tenir la dragée haute aux Américains et à ces nouveaux concurrents, la DGA a augmentéen 2012 le montant des études en amont pour préparer lavenir des systèmes darmement, à706 millions deuros contre 695 millions en 2011. Mais, en raison de la baisse des budgets, ellea en revanche réduit ses commandes de programmes aux industriels, de 7,9 milliards en 2011à 6,3 milliards lannée dernière.Les gros contrats remportés en 2012 par les industriels françaisLe délégué général a également passé en revue les plus gros contrats remportés par lesindustriels français lannée dernière. En attendant la confirmation dune commande recordpour le Rafale de Dassault, lInde a demandé en 2012 pour plus dun milliard deuros demissiles air-air MICA (le MICA est fabriqué par MBDA, co-entreprise dEADS, du britannique BAESystems et de litalien Finmeccanica). Ils équiperont la cinquantaine de Mirage 2000 de ses forcesaériennes. Le délégué général a ensuite évoqué les ventes de six corvettes conçues par leschantiers navals DCNS à la Malaisie ainsi que celles déquipements à lArabie saoudite.
  • 7. ► Le pourquoi du déclin de larmée française…A lheure où se finalisent les décisions sur le prochain budget de la Défense pour cette annéeet les quatre années à venir, une historienne, Catherine Durandin a expliqué à la NouvelleRépublique les raisons de son livre au titre provocateur : « Le Déclin de larmée française ».« Ce déclin nest pas celui de la qualité professionnelle des militaires français, mais une crisedu rapport entre la société et son armée, notamment depuis la suspension du servicenational », explique-t-elle. « Les Français sémeuvent sincèrement quand un soldat meurt aucombat, le pouvoir également, mais on ne comprend plus le métier militaire et on ne voit pluslarmée comme un outil de la souveraineté, permettant une liberté de décisions politiques etdiplomatiques ». Selon lhistorienne, « larmée est plutôt vue comme une ONG, nécessairepour faire tomber un tyran ».Combien coûte la paix ?On connaît ladage : « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». Catherine Durandin se demande sicela vaut encore : « Lidée de guerre ne passe plus dans notre société où on ne parle que depaix et, par conséquent, on a oublié que la paix se construit ou se maintient aussi par unearmée ». Elle en voit la traduction dans le budget alloué à la Défense : « Cest pourquoi lesbudgets de Défense ne cessent de décroître. Mais là, ce qui sannonce, ce nest plus uneérosion, mais une chute, une rupture. On veut la paix, à condition de ne pas sen donner lesmoyens ». Est-ce inquiétant ? « Cela ouvre la voie, je le crains, à la privatisation de la Défense,donc aux sociétés militaires privées ». Les militaires laisseraient-ils faire cela ? « Je doisdabord dire que je sens monter un vrai malaise. Les militaires se sentent non reconnus par lasociété, estiment que leurs « revendications » sont mal relayées par une partie de leurhiérarchie, et en ont assez de subir en silence réformes, restrictions, et dysfonctionnement,etc ». Quelles solutions pour garantir la sécurité sans faire exploser les budgets ? « Je croisquil faut repenser la sécurité intérieure (Vigipirate notamment), ne pas la faire assumer parlarmée, et je crois quil faut réfléchir à une extension de la réserve et développer un servicecitoyen obligatoire : le lien dune nation à son armée ne doit pas être le seul impôt ».Catherine Durandin : « Le déclin de larmée française » - François Bourin Éditeur, 266 pages, 22€.Lauteure est historienne, et enseigne à lInstitut national des langues et civilisations orientales (Inalco) ;elle a travaillé 18 ans au ministère de la Défense.Propos recueillis par Bruno Besson (La Nouvelle République)
  • 8. ► La prolifération des drones bon marché inquiète les experts en défense…Alors que les armées occidentales allouent des budgets considérables dans le développementde drones extrêmement complexes, les experts en défense attirent l’attention sur laprolifération des drones bon marché.Utilisés depuis plusieurs années dans divers théâtres d’opérations militaires, les drones desurveillance ont rapidement été détournés dans des versions s’adressant aux pratiquants demodélisme, expérimentés ou non. L’exemple flagrant de cette démocratisation est trèscertainement l’AR Drone de Parrot, qui certes, ne propose pas un fonctionnement totalementautonome, mais se présente comme un dispositif de surveillance compact RTF (Ready to fly).Les drones de loisir pullulent, et sont autant d’indices qui mettent en évidence la relativesimplicité de réaliser ce type d’appareil, y compris à destination des armées ou groupesrebelles. Un rapport de l’institut Project 2049 vient de mettre en évidence le déploiement d’uneflotte considérable de drones dans l’armée chinoise. Des drones issus d’un programme trèspeu coûteux et qui pourrait être négocié vers d’autres pays entretenant de bons rapports avecla Chine comme ses voisins du Moyen-Orient, dont la Syrie. Ce qui alarme les spécialistes,c’est le contraste entre les sommes colossales déployées par les forces occidentales pourconcevoir des drones technologiquement avancés, qui se révèlent finalement bien plusonéreux et longs à fabriquer que leurs homologues bon marché chinois. En outre, laprolifération des UAV devrait considérablement compliquer les opérations militaires dans lesdix années à venir, et les USA pourraient essuyer quelques renversements de situation en sevoyant pour la première fois devancée technologiquement sur les champs de bataille.Plus que jamais, les conflits de demain devraient s’orienter vers les systèmes de brouillages etautres attaques informatiques permettant de prendre le contrôle ou de désactiver ces robots.► Un calibre plus puissant pour les forces spéciales…C’est un des retours d’expériences de l’opération au Mali. A l’occasion du salon des forcesspéciales SOFINS qui s’est tenu la semaine dernière, RTD a dévoilé une version de son Sherpamuni d’un canon de 20 mm de Nexter, développé à la demande du COS (Commandement desOpérations Spéciales). Les tirs d’essais vont se dérouler cette semaine au centre de Biscarosse.Deux versions différentes sont testées : le « Sherpa forces spéciales » avec le canon P20Nexter (munitions 20-102) sur circulaire (léger, peu encombrant) et le 15B (munitions 20-139)toujours de Nexter sur affût (à l’origine naval) fixé sur un « Sherpa light carrier ». Plusencombrant ce modèle permet un tir plus puissant et porte plus loin. Ces deux canons sontéprouvés et en service dans de nombreuses configurations dans les armées françaises.Il s’agit pour RTD et Nexter de répondre à un besoin des forces spéciales suite à l’opération« Serval ». En effet jusqu’à aujourd’hui les armements ( téléopérés ou sur circulaires) mis enœuvre par les FS sont des calibres 7.62 ou 12.7 mm. Or, durant les nombreux engagements auMali, ces unités se sont trouvées pris à partie par des calibres de 14.5 mm d’origine russe, quioffrent une portée supérieure au 12.7 (1 000 mètres).
  • 9. Le 20 mm permet de faire mouche jusqu’à 2 000 mètres. Sur base Sherpa, cette version canonde 20 mm pourrait être une déclinaison du programme PLFS.► Les futurs véhicules des forces spéciales…Les forces spéciales françaises n’ont jamais été autant sollicitées ces dernières années.Opération « Sabre » au Sahel puis dans la reconquête du Mali depuis janvier au sein del’opération « Serval », jusqu’à 500 FS se sont retrouvées engagées simultanément . Du jamaisvu. Cette force, très souple d’engagement, discrète, avec une faible empreinte au sol mais auxeffets démultiplicateurs est devenue indispensable à tout engagement. A tel point qu’elle seretrouve de plus en plus massivement engagée dans les conflits modernes. « Serval » est ence sens emblématique : les FS ont précédé les forces conventionnelles dans la reconquête duterritoire Malien. Résultat : alors que les forces conventionnelles devraient voir leur voilureréduire dans les décision à venir (on évoque la suppression d’une brigade de l’armée de terre ), desefforts seront au contraire consentis pour les FS. Et c’est concrètement déjà le cas avec lelancement dès cette année de l’acquisition de nouveaux véhicules.VLFS : léger et rapideLes FS françaises vont lancer deux appels d’offres pour remplacer leurs flottes de véhicules.Le premier vise à remplacer la flotte de véhicules légers, aujourd’hui essentiellementconstituée des poussives P4 SAS et de quelques VPS (Véhicules Patrouille Spéciale de Panhard,groupe RTD). Ce dernier véhicule récemment acquis est bien plus puissant que la vieillissanteP4, mais seuls 51 ont été livrés. Doté d’un moteur performant, le VPS est cependant fragile.Pas moins de cinq de ces véhicules auraient été perdus durant « Serval » dû à des accidentsou à des tirs adverses, le VPS n’ayant aucune protection. Ce programme de remplacements’appelle « Véhicules Légers Forces Spéciales » ou VLFS et doit fournir aux FS françaises prèsde 240 véhicules de la classe des 3 à 4 tonnes extrêmement mobiles et puissants pourpermettre des avancées rapides avec une forte autonomie. L’appel d’offre est attendu cetteannée et un choix pourrait être fait dès l’année prochaine. Le groupe français RTD qui a produità la fois la P4 et le VPS devrait « candidater » avec son ALTV, le VPS n’étant plus au catalogue(le châssis Mercedes n’est plus produit). Déjà vendu à 60 unités en version FS (dont les forcestchadiennes), l’ALTV, sur un châssis Nissan, dispose d’une bonne mobilité et surtout d’une trèsintéressante charge utile de 1.4 tonnes permettant d’amasser armements et réserves diverses(eau, essence…).PLFS : robuste et autonomeL’autre appel d’offre est le « Poids Lourds Forces Spéciales » (PLFS) qui doit venir remplacerla vénérable base de vie roulante des FS, le VLRA. Ce dernier, véritable mule, indestructible,rustique, passant partout, commence à accuser le poids de l’âge. Produit par ACMAT (groupeRTD), près de 200 VLRA sont en service dans les forces spéciales, qui devraient êtreremplacés par 200 PLFS, à partir de 2015. Et là, ce n’est pas ACMAT qui devrait « candidater »mais sa maison mère, RTD avec son « Sherpa ». Déjà, le groupe français a prêté l’annéedernière aux forces spéciales françaises trois de ces véhicules : deux en version FS (versionouverte, toit bâché) ainsi qu’un en version « Scout », blindé.
  • 10. Ces trois véhicules ont été immédiatement déployés au Sahel dans le cadre de l’opération« Sabre » pendant 6 mois. Les retours sont bons avec de très nombreuses objections sur lesaménagements internes, pris en compte par l’industriel. Le PLFS sera dans la gamme des 8 à10 tonnes. Si pour ces deux appels d’offre, de très nombreux compétiteurs devraient« candidater », le fait que Renault et ses filiales Panhard et ACMAT fournissent déjà l’essentieldes véhicules des FS lui donne un avantage certain. Outre un dialogue qui fonctionne bien, lefait d’être français et de pouvoir assurer un service après-vente sur mesure devraient être unaspect important. D’autant plus qu’il s’agit de petites productions adaptées et déclinées endiverses versions.Leurs équipements actuelsLes forces spéciales françaises disposent principalement de deux véhicules: le VLRA(Véhicule Léger de Reconnaissance et d’Appui) et le VPS (Véhicule de Patrouille Spéciale),ainsi que quelques poussives P4 modifiées. Alors que le VLRA joue le rôle de mule (ou plutôt dechameau), le VPS est lui le lévrier.Le VLRA (1500 véhicules en service dans l’armée française dont environ 200 pour les forces spéciales ),est un véhicule robuste et rustique. Simple, il offre une très haute capacité de franchissementet est parfaitement adapté aux théâtres africains et désertiques. Peu rapide ( 90 km/h) il offrecependant une autonomie quasi-inépuisable avec une forte charge utile ( munitions, réservoirsd’eau…). Il permet l’engagement dans la durée. Son châssis très costaud permet l’emportd’armement jusqu’au 20 mm.Le VPS est lui un véhicule rapide mais fragile. Son moteur de 180 chevaux peut le propulser àdes vitesses bien au-delà des limites autorisées ( 180 km/h). 51 de ces véhicules sont en servicedans les forces spéciales. Certains ont été équipés depuis 2005, dans le cadre de l’opération« Sabre », de mitrailleuse Gatling rotative, augmentant significativement leur puissance de feu.Il dispose également de « griffes de tirs » permettant de tirer depuis l’arrière du véhicule desmissiles antichar Milan. Ce missile de 2 km de portée est filoguidé, c’est à dire qu’il doit êtreguidé jusqu’à sa cible par le tireur. Précision redoutable, exposition maximale. Et pouvoir tirerdepuis le véhicule signifie pouvoir dégager de sa position très rapidement.Divers armements sont fixés sur ces véhicules FS : de la 7,62 mm au 12,7 mm voire 20 mm ( tirprécis et rapide mais sensible au sable…). Également en service dans ces forces, le mortier de 81mm et surtout des équipements de visions nocturnes très efficaces ( JIM LR notamment). Lesforces spéciales sont également capables de faire du guidage pour des bombardementsaériens, depuis le sol (JTAC).Mais rappelons le, les forces spéciales n’ont pas la capacité de survivre au feu, ce n’est pasleur rôle. Leurs véhicules ne sont pas protégés. Pour ce qui est des capacités offensives et derésistance au choc, c’est le rôle de la cavalerie et de l’infanterie. Car en face, les djihadistesdisposent de 4X4 Toyota ou Nissan sur lesquels divers armements d’origine russe ont étédisposés : ZPU de 14,5 mm ou ZSU de 23 mm, bi ou quadritube, des armements à l’origineconçus pour faire de la défense aérienne. Mais utilisés contre de l’infanterie ou des véhiculesmême très blindés, les dégâts sont assurés. Efficaces mais peu précis jusqu’à 2 000 mètres,ces calibres sont eux aussi sensibles au sable et à la poussière. Sans oublier le RPG, roquetteredoutable contres des blindés. Des armements bien connus des français, mais qui demeurenttrès dangereux.
  • 11. L’ALTV en version forces spéciales qui pourrait remplacer les P4 SAS et VPS présenté au salon SOFINS
  • 12. VLRA
  • 13. VPS
  • 14. Mitrailleuse Gatling rotative (M134 Minigun) en fonctionnement.ZPU 14,5mm ZSU 23mm
  • 15. ► LEtat et EADS vont conclure un pacte dactionnaires …Selon un avis de lAutorité des marchés financiers publié mardi 16 avril, lEtat français et EADSvont conclure un pacte dactionnaire d’une durée de 90 ans pour permettre au premier decontinuer à peser sur la stratégie du constructeur aéronautique Dassault Aviation. Uneréponse aux critiques récentes de la Cour des comptes.Dans le cadre de la réorganisation du capital et de la gouvernance d’EADS annoncée le 5décembre 2012, lEtat français va acquérir une action de Dassault, qui lui permettra de formerce pacte. Dans ce cadre, il bénéficiera dune priorité pour racheter les titres d EADS si cedernier devait vouloir céder tout ou partie des actions quil détient dans le constructeur duRafale.Dans un rapport publié début avril, la Cour des comptes soulignait la perte dinfluence de lEtatsur les groupes de défense comme Dassault Aviation aussi bien en termes de contrôlestratégique qu’actionnarial. Concernant le fabricant du Rafale, les Sages de la rue Cambonestimaient que l’Etat « a choisi de ne pas exercer ses pouvoirs sur cette entreprise sans quecette décision ne soit étayée par des motifs d’intérêt général ».► Budget de la Défense : des universitaires mettent en garde…Alors que le sondage réalisé en ligne par Marine & Océans révèle quune très large majorité(84,1 %) des visiteurs y ayant participé considère que « la défense de la France nest pas unservice public comme un autre » (contre 15,9 % qui pensent le contraire ), nous publions ci-dessous lappel duniversitaires français en réaction aux menaces qui pèsent, selon eux, sur laDéfense nationale.« La variable dajustement qua toujours été le budget de nos armées risque une nouvelle foisdêtre utilisée avec la préparation du prochain Livre blanc. Nous prenons acte des déclarationsdu Président de la République concernant le maintien de leffort de défense et la reconductiondes crédits de 2013 pour 2014, mais de fait les crédits seront néanmoins rognés par linflation.En effet, la sanctuarisation du budget de la défense en euros courants ( et même constants) nepourra pas permettre à nos armées de continuer à remplir les nombreuses missions qui leursont assignées. Cest donc bien une réduction des crédits qui est envisagée alors que lesdépenses actuelles sont déjà insuffisantes dans la mesure où avec seulement 1,5% du PIB, lesefforts actuels sont en dessous des normes de lOTAN (2%). Au moment où les pays depremier plan (Etats-Unis, Russie), ou émergents (Chine, Inde, Brésil), maintiennent ou augmententleurs budgets militaires, les signataires voudraient rappeler le caractère essentiel etmultiforme de ce que recouvre la Défense.La Défense, ce sont des contrats passés avec une industrie qui, dans les trois domaines dunaval, de laérien et du terrestre, reste à la pointe de notre recherche et développement, et dontles savoir-faire pourraient disparaître faute de programmes nouveaux.La Défense, cest la protection des citoyens français, aussi bien sur le territoire de la Francequà létranger, contre des menaces qui, loin de disparaître, prennent chaque jour des formesnouvelles.La Défense cest la protection des richesses de nos espaces de souveraineté, notammentmaritimes, qui seront toujours plus importants pour notre nation dans les années à venir.La Défense, cest la possibilité pour la France, État souverain, de répondre, comme elle le faitau Mali, aux obligations qui résultent de ses accords de coopération.
  • 16. La Défense cest la possibilité de pouvoir jouer un rôle majeur dans les opérations de sécuritéinternationale engagées sous légide de lONU où la France doit tenir son rang de membrepermanent du conseil de sécurité.La Défense est le prix à payer pour un État qui a toujours porté les valeurs des libertésfondamentales, dans un monde où elles sont sans cesse remises en cause.La Défense enfin est seule garante de nos libertés et de notre indépendance.Toutes ces missions, impliquant des choix rapides et clairs, relèvent de la seule Défensenationale et elles ne pourraient être assumées dans un cadre supranational bien incapable dese déterminer résolument sur les grands problèmes.La Défense française, des armées à lindustrie, a déjà accepté une restructuration drastiquequaucune autre administration na connue, appliquant à la lettre les directives imposées parleffort de rigueur. Le seuil limite est désormais atteint alors même que les menaces les plusdiverses ne cessent de croître, du terrorisme et de la déstabilisation au Sahel jusquauxgesticulations nucléaires de certains pays. Avec les missions devenues irréalisables faute demoyens, ce seraient des pans entiers de notre souveraineté qui disparaîtraient.Universitaires et chercheurs, conscients que la Défense est le prix de la liberté et la preuvedune volonté cimentant notre projet commun, nous mettons solennellement en garde contrele risque de son affaiblissement irrémédiable ».(Marine et Océans - Coordination : Observatoire détudes géopolitiques)Signataires :Christophe Boutin, professeur à luniversité de CaenCharles Saint-Prot, directeur de lObservatoire détudes géopolitiquesThierry Rambaud, professeur de droit public à luniversité Paris Descartes et à Sciences-PoVincent Cattoir-Joinville, professeur à luniversité Lille2André Decocq, doyen honoraire, professeur émérite (Panthéon-Assas Paris)Michel Degoffe, professeur de droit public à luniversité Paris DescartesSophie Gaultier-Gaillard, maître de conférences HDR et référent Défense de luniversité Paris 1Panthéon SorbonneOlivier Gohin, professeur et référent Défense à luniversité Panthéon-Assas – ParisNicolas Haupais, professeur de droit public à luniversité dOrléansGrégory Houillon, maître de conférences à luniversité de PoitiersJean-Jacques Lehot, professeur et référent Défense de luniversité Lyon 1Anne-Marie Le Pourhiet, professeur à luniversité Rennes 1Jean-François Poli, doyen honoraire (université de Corse)Frédéric Rouvillois, professeur de droit public à luniversité Paris DescartesMichel Ruimy, professeur déconomie à lEscp-Europe et à Sciences-Po ParisCatherine Sarlandie de La Robertie, ancien recteur de lacadémie de Caen, professeur et référentDéfense de luniversité de RennesJoanne Schmidt, professeur émérite à luniversité de StrasbourgChristian Vallar, professeur agrégé des universités, doyen de la faculté de droit et de science politiquede NiceHenri Védie, professeur émérite au Groupe HECPierre Villalongue, professeur à luniversité de Perpignan Via Domitia
  • 17. ► SOFINS, un séminaire pour inventer les équipements militaires de demain …Le "Special operations forces innovations network seminary" (SOFINS) sest déroulé du 9 au11 avril 2013. Rencontre entre les forces spéciales françaises et étrangères et lunivers delindustrie et de la recherche français, la manifestation est une première en Europe.Le Commandement des opérations spéciales (COS) a organisé le « Special Operations ForcesInnovations Network Seminary » sur le terrain d’entraînement du 13ème régiment de Dragonsparachutistes (13ème RDP), le camp militaire de Souge en Gironde. Ce premier séminaireeuropéen a réuni les forces spéciales françaises et étrangères et le tissu des entreprises dusecteur de la recherche, notamment les Petites et Moyennes Entreprises (PME).Objectif : inventer les équipements militaires de demain en proposant des solutionsinnovantes et en développant des équipements qui répondent aux besoins opérationnels desforces spéciales. Le général de division Christophe Gomart, commandant les opérationsspéciales, nous parle de ce premier séminaire du genre en Europe.Pourquoi le COS a-t-il lancé cette initiative ?« Le COS fait travailler les forces spéciales en opération sur des missions ponctuelles etdélicates. Les 3 000 soldats des unités des forces spéciales emploient des modes d’action etdes équipements très spécifiques. Pour parvenir à surprendre l’adversaire de demain, nousdevons chercher à anticiper et être toujours à la pointe. C’est ce qui nous permet d’êtreréactifs, discrets et efficaces. Il existe pour cela, au sein de chacune des unités des forcesspéciales, des petites cellules d’expérimentation qui cherchent à innover, chacune dans leursecteur : la vision nocturne, le tir de précision, l’avionique, les équipements de l’homme…L’idée de cette manifestation est de faire se rencontrer le monde des forces spéciales aveccelui des PME françaises, qui savent réaliser des petits « ’joyaux technologiques »’. Nousmettons ainsi en corrélation le rêve de l’ingénieur et celui de l’opérateur des forces spéciales,pour imaginer et produire un outil performant, correspondant à nos attentes. Il n’existaitjusqu’à présent que deux grands rendez-vous de ce type, le « Special Operation ForcesIndustry Conference » (SOFIC) aux Etats-Unis et le « Special Operation Forces Exhibitions »(SOFEX) en Jordanie. Le SOFINS est le premier séminaire d’échanges et de coopération dansle domaine des forces spéciales en Europe ».Pourquoi le COS a-t-il besoin de cet équipement « hors norme » ?« Le fait de disposer de ces équipements performants permet aux forces spéciales de disposerd’un rapport de force favorable sur l’adversaire, de conserver ce « coup d’avance ». Les forcesspéciales sont en recherche constante de matériels légers, hautement technologiques maisaussi robustes et fiables. Nos opérateurs emmènent tout sur eux ou presque. Il faut doncalléger la charge, et dans le même temps, remplir de plus en plus de missions. Il existe denombreux exemples concrets en termes de camouflage, d’appareils photo, de jumelles devision nocturne, de tir de précision, etc. On peut d’ailleurs dire que le monde des PMEfrançaises est similaire à celui des forces spéciales : Il faut savoir être flexible, léger ethumble. Ces deux mondes-là étaient faits pour se rencontrer, pour le bien des uns et desautres ».Quel bilan faîtes-vous de cette première édition du SOFINS ?« Plus dune centaine d’entreprises et 35 délégations étrangères étaient présentes sur le salon.Tous ont pu dialoguer ensemble. L’idée est de renforcer le partenariat avec les PME et lesindustriels français, de favoriser la collaboration entre la communauté des forces spéciales,les centres de recherche, les pôles universitaires, de créer un réseau avec les forces spécialesdu monde entier. Cette première édition de SOFINS a permis de montrer ce que l’on estcapable de faire, à travers cette vitrine technologique que sont les opérations spéciales ».
  • 18. Le pacte « DÉFENSE PME »SOFINS est un exemple concret de la mise en œuvre du pacte DÉFENSE PME lancé le 27novembre 2012 par le ministre de la défense. Le COS entretient des liens étroits avec lesentreprises de taille intermédiaire (ETI) et les PME. La réactivité, la flexibilité et la capacitéd’innovation de ce type d’entreprises sont des atouts indéniables pour répondre, dans desdélais réduits, aux besoins capacitaires des forces spéciales.La Direction générale de l’armement (DGA) a mis en place différents dispositifs d’aide aux PMEpour soutenir l’innovation et les technologies que ces entreprises développent et faciliter leuraccès aux marchés de défense.► Lindustrie aéronautique allemande sinquiète…Jusquen 2009, Tital générait plus de la moitié de son chiffre daffaires dans la défense. Lannéedernière, la PME allemande de 570 employés a vu cette part tomber à 29 %. « Heureusement,laéronautique civile a pris le relais et représente maintenant 75 % de notre activité, déclarePhilipp Schack, directeur général de ce fabricant de produits moulés à partir dalliages detitane et daluminium. Mais toutes les entreprises nont pas saisi cette chance ».Pour la Fédération allemande des industries aéronautiques, spatiales, de défense et desécurité (BDLI), qui a présenté hier son bilan annuel, la tendance est alarmante. En 2012, lechiffre daffaires de ses membres réalisé dans la défense a reculé pour la deuxième annéeconsécutive. Les entreprises ont enregistré des ventes en baisse de 0,5 %, à 6,4 milliardsdeuros. Plus grave, les effectifs ont reculé de plus de 2 %, à 21.900 employés. « Cest ni plusni moins lavenir de lindustrie aéronautique de défense en Allemagne qui est en jeu », adéclaré Lutz Bertling, patron (partant) dEurocopter et président du BDLI, qui attend unestratégie claire du gouvernement.En cause : la réforme de la Bundeswehr, qui a imposé des mesures déconomies, la fin decertains programmes, ou le retrait de certaines sociétés. Faute de correction, la tendancedevrait se confirmer. Le gouvernement vient de revoir à la baisse ses achats dhélicoptèresTigre et NH90, il a réduit ses commandes davions de transport Airbus A400M, et il hésite sur lasuite du programme Eurofighter.Le tableau est plus encourageant dans laéronautique civile, qui a progressé de 14,2 % landernier, à 19,6 milliards deuros. Le défi ne consiste pas à signer des contrats mais à lesexécuter. Idem dans le spatial, qui a augmenté de près de 12 %, à 2,4 milliards deuros.
  • 19. Au total, les entreprises allemandes du secteur tirent un bilan très positif des dernièresannées. Depuis 2005, leur chiffre daffaires a progressé de 53 %, à 28,4 milliards deuros. Sur lamême période, leurs effectifs ont bondi de 24 % et dépassé pour la première fois en 2012 leseuil des 100.000 employés.« La stratégie du gouvernement en matière aéronautique et spatiale porte ses fruits, sestfélicité Peter Hintze, secrétaire dEtat au ministère de lEconomie en charge du secteur.LAllemagne fait bien de continuer à renforcer sa position dans cette industrie clef ».(Thibaut Madelin - Correspondant à Berlin – Air Défense)Le gouvernement allemand hésite sur la suite du programme Eurofighter. – ( Photo Guenter Schiffmann/AFP)