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RSLN #9 - Opendata : et nous, et nous, et nous ?
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Les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie, les pays scandinaves et maintenant la France : la vague de l’Open data déferle sur le monde. L’enjeu ? Le développement d'innovations sociales ...

Les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie, les pays scandinaves et maintenant la France : la vague de l’Open data déferle sur le monde. L’enjeu ? Le développement d'innovations sociales et économiques grâce à la mise en ligne des millions de données produites par l’administration. Portées à la connaissance des citoyens, des chercheurs ou des entreprises, ces données peuvent devenir des mines d’or et peuvent donner naissance à de nouveaux services, favorisant la transparence de l’action publique.

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RSLN #9 - Opendata : et nous, et nous, et nous ? RSLN #9 - Opendata : et nous, et nous, et nous ? Document Transcript

  • premier trimestre 2011 g r a n d a ng l e Connecter les enfants hospitalisésOPENDATAET NOUS, ET NOUS, ET NOUS ? « Libérer » les données  publiques, belle idée.   Et après ? Enquête.
  • ÉDITORIAL SOMMAIRERSLN - REGARDSSUR LE NUMÉRIQUEMagazine trimestriel gratuitwww.RSLNmag.frMicrosoft FranceSAS au capital de 4 240 000 euros,39 quai du Président-Roosevelt PA R É R IC B oU s toU l l E R # 9_Premier trimestre 201192130 Issy-les-MoulineauxDirecteur de la publication   Président de Microsoft FranceÉric BoustoullerDirecteur de la rédaction  Marc Mossé oPEn (yoUR) dAtADirectrice déléguée Constance ParodiRédactrice en chef Mélanie Daboudet –melanie.daboudet@rslnmag.fr « L’information détenue par le gouvernement fédéral  Ils l’ont dIt… 2Conception éditoriale  est un bien national ! » Dès le lendemain de son investiture, 14Comfluence45 rue de Courcelles – 75008 ParisConception et réalisation  le 20 janvier 2009, Barack Obama lA VIE nUMÉRIQUE 4graphique hissait l’Open data au premier rang des En bref, l’actualité de la société numériqueJBA – 2 rue des Francs-Bourgeois75003 Paris – ph.bissieres@jba.fr priorités de son mandat. Quatre moisDirectrice artistique   plus tard, data.gov était lancé, qui ren- PAnoRAMIQUEs 10Virginie KahnOnt collaboré à ce numéro dait accessibles des données publiques La Gaîté lyrique reprend vie !Delphine Barbier Sainte Marie, de tout ordre : consommation d’énergie La vague de l’Open data déferle sur le monde,Pierre Bro, Agathe Duchamp, dans les foyers, rapports d’inspection portant en elle l’espoir de multiples innovations socialesPauline Feuillâtre, Yvane Jacob/ et économiques. « Libérer » les données publiques, à lA UnE 14Spintank, Arthur Jauffret/Spintank, des centrales nucléaires, dépenses de belle idée. Mais après ? Enquête.Chine Labbé, Caroline Marcelin,Florence Puybareau. l’État… Une petite révolution, montrant Open data, et nous, et nous, et nous ?  RemerciementsLa Gaîté lyrique et Thibaut Thomas qu’un État peut, sans perdre son pou- Publier ses données 30Photos non créditées voir, jouer la carte de la transparence Les questions à se poser 20droits réservésImprimerie avec ses concitoyens. La France de l’Open data 22Point 44 – ZA des Nations Aujourd’hui personne ne mesure Reportage aux États-Unis342 rue du Professeur-P.-Milliez94500 Champigny-sur-Marne ni l’étendue ni les conséquences de cette Data.gov, le bilan du pionnier américain 24Document imprimé sur papier issu philosophie, qui parie sur l’intelligence collective, la créativité ferti- Avec l’association Data journalisme 26de forêts gérées durablement, Docteur Souris, L’art de faire parler les chiffresavec des encres végétales. lisée par le croisement d’autant de données et d’usages à inventer. les enfants hospitalisésPoint 44 est titulaire de la marque Interview de Nigel Shadbolt 27Imprim’Vert® qui distingue Nul ne sait, mais le rêve est permis. Car des possibilités ont accès à Internet. « L’Open data oblige à plus Reportage àles entreprises de l’industrie immenses se dessinent pour créer les services et les applications de transparence politique »graphique soucieuses de la gestion la Timone, à Marseille. 34environnementale de leur activité. qui vont faciliter la vie quotidienne des citoyens, injecter une forteLes opinions exprimées dans dose de transparence dans la vie démocratique, entraîner de spec-ce magazine n’engagent que GRAnd AnGlE 30leurs auteurs et ne reflètent pas taculaires avancées de la connaissance… Docteur Souris connecte les enfants hospitalisésnécessairement celles de Microsoft.Conformément à la loi « Informatique À bien y regarder, l’Open data n’est ni plus ni moins que l’op-et Libertés », toute personne ne portunité, pour nous tous, de produire du sens, du bien-être et dedésirant plus recevoir le magazine l’intelligence à partir des tonnes d’informations amassées, classées, REndEZ-VoUs 34peut en informer la rédaction Une patronne à la cybercrim’(abonnement@ archivées et produites par nous-mêmes. Ne manquent plus que lesregardsurlenumerique.fr)qui annulera immédiatement idées pour leur donner vie… une seconde fois ! Valérie Maldonadoson abonnement.Dépôt légal à parution. est à la tête REPÈREs 36 de l’office chargé Les indicateurs de RSLN de lutter contre la cybercriminalité. PARTICIPEZ AU DÉBAT Portrait d’une lE REGARd dE… 37 SUR divisionnaire RSLNmag.fr au caractère bien trempé. Marc Mossé L’accélérateur des particules élémentaires .FR premier trimestre 2011 1
  • la vie « Le e-gouvernement n’est pas par essence différent de ceux qui le précèdent, mais correspond à la vie numérique Ils l’ont dit… l’ouverture de nouveaux espaces d’expérimentation permettant de faire évoluer nos façons d’appliquer numérique Ils l’ont dit… la démocratie. » Robin Berjon, conseil en normalisation, blogueur. Débat RSLN « Un e-gouvernement, c’est quoi ? » « Un concept nouveau  émerge, celui   de “gouvernement   « L’Internet grand public est arrivé  comme une plateforme”,   et, de manière inattendue, a remis  qui consiste à utiliser   chacun de nous à l’écriture, grâce  la technologie pour  rencontres rsLN, débat entre patrice Flichy et Andrew Keen au mail, aux forums, au chat, etc. » fluidifier les échanges  Jean-Noël Lafargue, maître de conférence associé à l’université Paris 8. économiques et sociaux  Débat RSLN « Le livre numérique, c’est pour bientôt ? » entre les citoyens. » Serge Soudoplatoff, responsable de la prospective numérique à la Fondation pour l’innovation politique. « Les jeunes ne partagent Débat RSLN « Un e-gouvernement, c’est quoi ? » pas les inquiétudes de leurs parentsrencontres rsLN avec Andrew Keen,chroniqueur et auteur du « Culte de l’amateur » sur l’usage d’Internet : ils ont un élan, une envie, « Se dire qu’il faut faire« Internet n’est plus un jeu. nous le sentiment que, grâce aux nouveaux supports du e-gouvernement, c’est avoirsommes dans l’économie de l’attentionet de la réputation. notre futur est techniques, ils peuvent pleinement appartenir une pensée sous forme dedéterminé par notre réseau. » « les amateurs agissent pour le plaisir et au monde. Notre jeunesse a moins de gadget et ne pas vouloir pour développer leurs compétences de façon autonome. les amateurs ouvrent le champ présupposés, moins peur de “l’autre” changer sur le fond. Ce n’est de la culture à la culture populaire. » Patrice Flichy, sociologue. que les générations précédentes. » Patrice Huerre, pas une affaire de technologie, rencontres rsLN avec Brian solis, psychiatre. Dîner-débat « Vie privée, première crise de conscience d’Internet ? » à Microsoft France. c’est une affaire d’approche. » Alexis Mons, cofondateur et directeur général délégué, Groupe Reflect, agence spécialiste des réseaux sociaux et du webmarketing de marketing interactif et relationnel. Débat RSLN « Un e-gouvernement, c’est quoi ? » « Parce qu’il est numérique   « Internet pose enfin aux démocraties européennes à la source, c’est une réinvention   une question qu’elles ont du livre qu’on peut imaginer : le livre   longtemps négligée : la liberté “hacké”, transformé, collaboratif,   de parole. C’est une opportunité fantastique. L’imprimerie a permis rencontres rsLN avec Clay shirky, enseignant à la New York University et spécialiste du web collaboratif par chapitre... Autant de formes  au plus grand nombre de devenir nouvelles de littérature qui vont  lecteur, Internet donne à chacun la possibilité de se penser auteur. » « l’imprimerie a contribué à forger apparaître. Avec de nouveaux modèles  Marcela Iacub, juriste, chercheuse au CNRS. la démocratie ; la radio, le fascisme. d’affaires. » Dominique Piotet, président de RebellionLab. Dîner-débat « Vie privée, première crise À quelle organisation politique le web Débat RSLN « Le livre numérique, c’est pour bientôt ? » de conscience d’Internet ? » à Microsoft France. donnera-t-il naissance ? » « Il est impossible de maîtriser un média qui évolue plus vite Pour suivre l’actualité de nos rencontres et de nos débats, abonnez-vous à notre newsletter sur www.rSlnmag.fr que notre capacité à apprendre de lui. » 2 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 3
  • la vienumérique CHIFFREs ClÉs« Les économies liées à une migration 78 %dans le “cloud” sont radicales » des internautes français sont inscrits À 37 ans, Vivek Kundra est le monsieur nouvelles technologies de Barack Obama. il porte le titre officiel sur un réseau social. de Chief information Officer des États-Unis, ou directeur des systèmes d’information, en bon français. Source : Observatoire Ifop des réseaux sociaux, octobre 2010. interview exclusive de l’informaticien le plus connu des … non informaticiens. OWNI récOmpeNsé   Le 8 février dernier,   Comment allez-vous  C’est un petit Frenchie, le site Owni, qui a remporté la vous avez publié la nouvelle  convaincre les agences   première place des prestigieux Online Journalism Awards, 65 % stratégie de cloud computing  gouvernementales de migrer  dans la catégorie du Meilleur Site d’information non du gouvernement américain.  dans le nuage ? Pourquoi avez-vous fait   Les agences gouvernementales, de anglophone. Jusqu’alors, ces Oscars du web organisés par l’Online News Association, la plus grande association des internautes ce choix d’une migration   la NASA au ministère de la Défense dans le nuage ? en passant par le ministère de mondiale du journalisme web, n’avaient récompensé Notre objectif était de passer de la gestion des infrastructures informa- l’Agriculture, vont toutes dans cette direction. Nous sommes déjà dans américains ont qu’une initiative française. www.owni.fr tiques à la fourniture de services aux le nuage, et il n’y aura pas besoin de déjà payé pour des contenus citoyens. Ces dix dernières années, les convaincre, tant les économies Les ados, Twitter le gouvernement américain a investi réalisées sont importantes. Elles ne dans un nombre croissant de centres de données. De 432 en 1998, nous sont pas de 5 ou de 10 %. Elles sont énormes, de l’ordre de 60 à 90 %. en ligne, 33 % pour de la musique sommes passés à plus de 2 000 aujourd’hui. C’est pour inverser cette tendance   Un exemple concret ? Au sein du ministère de l’Agriculture, ou des logiciels, et la vie privée en ligne que nous voulons migrer dans le nuage. Parce que le cloud compu- nous sommes en train de migrer les messageries électroniques dans le 19 % pour des jeux, ting nous offre une plus grande agi- lité, mais aussi parce qu’il garantit cloud. Pour un service aussi simple, nous allons pouvoir économiser plus 16 % pour des films. Source : Pew Internet & American Life une gestion beaucoup plus efficace de 20 millions de dollars. Projet, décembre 2010. des infrastructures informatiques (serveurs, data centers, etc.). Enfin,   Vous plébiscitez  parce qu’il permet au secteur public également le cloud computing  de tirer profit beaucoup plus faci- comme un partenaire naturel  lement et rapidement des trésors de l’Open data. Près de 300 millions d’innovation du secteur privé. Nous serons ainsi en mesure d’ex- Absolument. Le gouvernement pro- duit de plus en plus de données. de smartphones Dans un article publié le ment compréhensibles par le plus © STePheN VOSS/ReDUX-ReA ploiter réellement les technologies Aujourd’hui, ce sont des petabytes ont été vendus dans 15 février dans le Guardian, les grand nombre. Des façons de faire le monde en 2010, déjà traditionnellement utilisées de données qui sont ajoutés. Plus de chercheuses Danah Boyd et Alice qui, si elles ne sont pas nouvelles, en entreprise : solutions collabora- données numériques seront créées Marwick rassurent les parents montrent que les adolescents sont tives, d’informatique décisionnelle, de sécurité et de processus métiers. dans les cinq prochaines années que depuis la naissance de l’humanité. soit une hausse qui s’inquiéteraient de la nature publique des messages postés par finalement bien conscients du caractère public de leurs propos et Cette année, sur un budget informa- Nous allons donc avoir besoin de solu- de 72,1 % par rapport leurs enfants sur Twitter. Au-delà qu’ils adaptent leurs pratiques en à 2009. tique global de 80 milliards de dol- tions de cloud computing capables de l’utilisation de pseudos, les ado- conséquence. www.guardian.co.uk/ lars, une enveloppe de 20 milliards non seulement d’héberger ce volume lescents rédigent, pour la plupart, c o m m e n t i s fr e e/2 0 1 1 /fe b/1 5/ devrait être consacrée au cloud com- croissant d’informations mais aussi Source : Gartner, février 2011. des messages truffés de références tweeting-teens-twitter-public- puting. de les analyser et de les recouper. ou de codes, qui ne sont pas forcé- privacy4 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 5
  • la vie LES FAVORIS DE numérique EMMANUELLE ENcOUrAgEr GAGLIARDI lE TéléTrAvAil DIReCTRICe DU MAGAZINe L/ONTOP Parce que le télétravail reste moins développé dans la fonction publique que dans le Internet, première secteur privé, le gouvernement © BARBARA BUChMANNFrançois-Daniel Migeon a demandé au Conseil généraldireCteUr de LA direCtiON gÉNÉrALe de LA mOderNisAtiON de L’ÉtAt (dgme) source d’information de l’industrie, de l’énergie et des technologies de formuler,« noUs DeVons ÊTre PrÉsenTs d’ici à la fin du printemps, des 18-49 ans des recommandations 2DAySFOREVERlÀ oÙ sonT les inTernaUTes » opérationnelles et de les présenter aux syndicats. C’est un site tout nouveau autour d’une idée que je trouve formidable : celle de pouvoir enregistrer dès aujourd’hui, en ligne, un message pour quelqu’un   Selon une récente étude de BVA, les Français  de proche et de planifier sa mise a disposition pensent que les démarches administratives sont  plus simples aujourd’hui qu’en 2008. Qu’est-ce qui  UN NUAgE à la date de son choix, celle-ci pouvant même être post-mortem ! Également génial à utiliser en simple a permis de modifier l’image d’une administration  béNéfiqUE à coffre-fort numérique ! www.2day4ever.com  trop complexe et trop lointaine ?  L’évolution depuis 2008 montre que les efforts réalisés l’ENvirONNEmENT Le cloud serait-il bon pour MADAME POP AND KIDS par l’État portent leurs fruits : la complexité perçue par la planète ? C’est ce que révèle Je craque totalement sur la possibilité, offerte par les Français a ainsi baissé de cinq points sur l’ensemble ce site, de personnaliser des coussins, des housses de l’étude menée par Accenture et des dix événements de vie étudiés (« je perds mon auto- couette, des rideaux, des tapis, des panneaux japonais WSP Environment & Energy pour nomie », « je me loge »…), et plus particulièrement et même du carrelage avec… les dessins Microsoft. Les entreprises qui sur ceux pour lesquels des mesures d’ampleur ont été de ses enfants ! www.madamepopandkids.fr feraient le choix de migrer leur engagées par l’administration. Pour l’événement de vie messagerie électronique, leur « je cherche un emploi », le niveau de complexité est INTERDIT AUx HOMMES gestion de partage de contenu ainsi passé de 42 % en 2008 à 31 % en 2010, notamment grâce à la C’est mon petit chouchou parce que c’est moi et les outils au service de la mise en place du guichet unique Pôle emploi et au développement qui l’ai lancé en 2007. Il recense les réseaux de gestion de la relation client dans des services à distance (par téléphone ou par Internet). femmes existant en France, ceux qui permettent de le nuage réduiraient d’environ 30 % leur consommation s’entraider et d’avancer dans sa vie professionnelle.   La DGME dispose d’un compte sur Twitter et d’une page  Il donne l’agenda des rencontres, des conférences, d’énergie et leurs émissions sur Facebook. Pourquoi ? des ateliers. Bref, au quotidien, c’est un véritable outil de dioxyde de carbone. Aujourd’hui, près de 20 millions de Français utilisent les réseaux de travail ! www.interdit-aux-hommes.net Et plus l’entreprise est petite, © CORBIS sociaux. Cette communication 2.0 permet d’être au plus près des plus les avantages de passer usagers et de leurs attentes. En étant présents là où sont les inter- au cloud s’avèrent importants : nautes, nous pourrons améliorer l’accès aux services en ligne et leur Bien sûr, c’est un chiffre places sur la télévision. Entre une PME de 100 utilisateurs utilisation. Le développement de communautés d’entraide d’usagers à prendre avec des pincettes, 2002 et 2007, la part de son- constitue un premier exemple de la mise en place de ces synergies. pourrait ainsi diminuer jusqu’à 90 % l’empreinte carbone mais c’est la première fois dés qui citent le Net comme échOuer Nous allons aussi étudier comment le potentiel du web social pour- de son informatique. qu’une telle tendance est mesu- première source d’information pOur mIeux réussIr rait améliorer la coopération entre agents publics, comme nous rée. D’après une récente étude est passée de 24 % à 41 % en l’ont suggéré les étudiants du projet Eva primés lors du challenge menée par le Pew Research moyenne, quand la télévi- Célébrer l’échec : l’idée peut paraître Administration 2020. Center, 56 % des hommes âgés sion, même si elle conserve saugrenue. TechCrunch France, UlTrA hAUT DébiT de 18 à 49 ans ont indiqué qu’In- sa première place, n’est plus le cabinet d’avocats Kahn & Associés   La deuxième édition de cette compétition étudiante  La Corée du Sud, déjà ternet était devenu, en 2010, plébiscitée que par 66 % des et Microsoft France l’ont pourtant organisée par la DGME vient d’ailleurs de se terminer.  Quel  championne du monde des leur première source d’informa- personnes interrogées, contre projet vous a le plus étonné ?  connexions Internet rapides, tion, juste devant la télévision 82 % en 2002. Depuis 2001, le choisie comme thème central d’une Cette année, tous les projets finalistes étaient à la fois innovants et teste actuellement, dans (55 %), les journaux papier et Pew Research Center souligne conférence, organisée sur le modèle matures. Toutefois, l’équipe Double je, composée d’étudiants de 1 500 foyers, des lignes ultra la radio (21 % et 19 %). Selon la progression constante, chez des « FailCon » américaines. Créateurs l’École nationale des finances publiques et lauréate de cette édition, haut débit à 1 gigabit par le centre de recherche, même les 30-49 ans, de l’appétence de start-up et investisseurs sont venus apporte une véritable innovation dans le paysage de l’administration seconde. D’ici à la fin de l’année si ces tendances ne sont pour pour les infos diffusées sur en développant un projet de serious game*. Cet outil est encore trop 2012, tous les Coréens devraient l’heure observées que dans le web, et seuls les « grands y raconter pourquoi un bon projet peu utilisé dans la formation des agents de la fonction publique. être raccordés et profiter des cette tranche d’âge, elles « sont  événements » (11-Septembre, n’aboutit pas toujours, et comment * Ce projet de jeu vidéo à visée pédagogique a pour objectif de former les agents lignes les plus rapides au monde, assez largement susceptibles de  Katrina, guerre en Irak…) l’échec peut façonner des de la fonction publique qui sont au contact du public au référentiel Marianne pour un abonnement mensuel se généraliser ». Petit à petit, le remettent la télévision en selle entrepreneurs plus forts et plus avisés. d’amélioration de l’accueil de l’administration. d’environ 20 euros. web gagne d’ailleurs quelques dans cette compétition.6 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 7
  • TOus uNIs cONTre le phIshINg à lIRE PLUS DE NEWS SUR la viePour lutter contre la menace croissante mémOirE SANS fAillE RSLNmag.fr numériqueque représentent les sites de phishing, Vous rêvez d’en finir avectechnique qui consiste à usurper l’identitéd’un internaute ou d’un site web, Microsoft, les trous de mémoire ? Bienvenue dans le monde de Gordon Bell. En 1998, .FRPaypal et le Cert-Lexsi ont lancé, en France, ce chercheur en informatique Le musée de la Ville de New Yorkune plateforme de signalement dédiée. de Microsoft Research aEn moins d’une heure, et après vérification par lancé, avec Jim Gemmell,les équipes du Cert-Lexsi, les sites suspects sont le programme MyLifeBits, expose ses collections en lignebloqués dans Internet Explorer, ou fermés consacré à l’enregistrement et à la numérisation despar les autorités. www.phishing-initiative.com données personnelles. Une expérience scientifique dont il est devenu le propre objet. Après avoir numérisé toutLes jeux d’action dopent son passé (correspondance, photos, brevets, articles…), Gordon Bell décidel’agilité intellectuelle d’enregistrer ses souvenirs en direct et de tenir un véritable carnet de bord, un « lifelog » consignant le moindre instant de sa vie. Dans « Total Recall », © NICOLAS FReMIOT les deux chercheurs nous retracent l’aventure de cette « e-mémoire » supposée compléter la mémoire naturelle de l’homme. Ils en explorent les bénéfices attendus dans les domaines de la recherche, de la santé, de l’éducation, etc. Un exercice fascinant, à mi-chemin entre la prospective et la science-fiction. © MUSeUM OF NeW YORK CITY Total Recall, Gordon Bell et Jim Gemmel, Flammarion, collection Documents et essais, 2011, 22 ¤. écrAN OmNiPréSENT Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les écrans, de télévision puis d’ordinateur, ont envahi nos foyers. Pourtant, La pratique régulière des analyser ce qui s’y passait, alors que l’invention du cinémajeux vidéo peut avoir des effets répondre à des questions le plus est entrée dans la légende,inattendus. Une équipe de l’uni- rapidement possible. Résultat : les origines de l’écran de secondeversité de Rochester (États- en étant en mesure de collec- génération sont moins connues.Unis), dirigée par Daphne Bave- ter des informations visuelles Divina Frau-Meigs, sociologuelier, professeur au département et auditives de manière beau- des médias, comble cette lacunedes sciences cognitives, s’est coup plus efficace, les joueurs et nous fait plonger dans l’histoire Le musée de la Ville de New York peut naviguer dans le fond photo-ainsi intéressée à une catégo- étaient en moyenne 25 % plus de sa création. De l’artefact à l’écran abritait dans ses sous-sols la plus graphique par période, choisir de Ci-dessus, photos derie particulière des jeux vidéo : rapides que le groupe témoin immersif, voire prothèse, capable importante collection de photogra- visualiser les photos d’un artiste en Berenice Abbot (1898-1891).les jeux d’action (jeux de pla- pour prendre la bonne décision. de créer une sorte d’œil interminable, phies de la ville, près de 300 000 cli- particulier, ou revivre l’histoire d’un À gauche : Herald Squareteforme, de tir ou de guerre, Selon les chercheurs, le déve- l’auteur montre comment la chés datant de 1880 à aujourd’hui. quartier. « Nous allons enfin appar- pris depuis le balconpar exemple). Elle a mené une loppement de ces nouvelles technologie façonne le récit, les loisirs, Depuis le mois de décembre, 52 000 tenir au  xxi e siècle, explique ainsi au du deuxième étage de l’hôtelétude auprès de jeunes âgés de compétences permet non seule- nous faisant basculer d’une culture d’entre eux, dont certains n’avaient New  York  Times Susan Henshow McAlpin, à l’angle sud-est de Broadway et de la 34e rue.18 à 25 ans qui ne sont pas des ment de mieux jouer, mais aussi alphabétique dans une culture visuelle, jamais été dévoilés au public, ont Jones, la directrice du musée. Nous  À droite : la church of God,joueurs réguliers. Ils ont joué d’être un meilleur conducteur, dont il nous faut maîtriser les codes. été mis en ligne sur le site web du avons pris un virage à 90 degrés. » La à l’angle de la 25e rue Estpendant cinquante heures à des de pratiquer plusieurs activités Penser la société de l’écran, Dispositifs musée. Une application, encore à version définitive de l’application est et de la 132e rue.jeux d’action. Ils ont dû ensuite en même temps, ou encore de et usages, Divina Frau-Meigs, un stade expérimental, offre déjà attendue courant 2011. On a hâtese livrer à une série d’exercices se repérer plus aisément dans Presses de la Sorbonne nouvelle, une plongée fluide dans cent trente d’y être.simples : observer un écran, l’espace. collection Les Fondamentaux, 2011, 10 ¤. années d’histoire de la ville. On http://collections.mcny.org/8 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 9
  • PanoramiquesLa Gaîté lyriquereprend vie ! © MANUeLLe GAUTRAND ARChITeCTURe D’aucuns qualifieraient son histoire de mouvementée. Joyau du Second Empire, le célèbrethéâtre de Jacques Offenbach, inauguré en 1862, qui a accueilli par la suite les célèbres bal-lets russes de Diaghilev et les opérettes de Luis Mariano, était tombé dans l’oubli. Un parcd’attractions avait même été installé en ses murs, le temps d’une courte saison. En 2004, alorsqu’il est à l’abandon, le lieu est choisi par la mairie de Paris pour édifier le centre culturel deréférence dédié aux arts numériques et aux musiques actuelles. Endormie depuis vingt ans,la Gaîté lyrique rouvre enfin ses portes. On doit cette transformation spectaculaire à l’architecte Manuelle Gautrand. Du bâtimentd’origine, seuls subsistent la façade, le vestibule et le foyer historique. Les sept étages et les9 500 mètres carrés sur lesquels s’étend aujourd’hui l’immeuble flambant neuf ont été inté-gralement pensés pour s’adapter aux performances artistiques numériques : les plafonds, parexemple, sont équipés de haut-parleurs et de spots lumineux réglables individuellement, quipermettent de scénariser tout l’espace et font de l’immeuble un organisme réactif et intelligent. Deux salles de concerts, des espaces d’exposition, un auditorium, plusieurs studios decréation mis à la disposition des artistes, un centre de ressources documentaires… la Gaîtélyrique est composée d’espaces modulables et interconnectés, permettant de voir, d’entendre © PhOTOS : PhILIPPe RUAULTet de diffuser en simultané. L’ambition du lieu est clairement affichée : il se veut un « espace pluridisplinaire qui explore  Ci-dessus : des espaceset interroge la création à l’heure du numérique », souligne son directeur, Jérôme Delormas. d’exposition.“http://www.gaite-lyrique.net10 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 11
  • Pour l’ouverture, le collectif d’artistes Le réalisateur Yves Geleyn britanniques United Visual Artists a conçu a signé la première production une œuvre interactive qui propose une visite artistique du lieu : une vidéo ludique et immersive de la Gaîté lyrique. Utilisant qui propose une exploration la métaphore du panoptique, modèle architectural virtuelle de la Gaîté, carcéral imaginé à la fin du xviii e siècle pour aussi poétique que fantastique. observer les prisonniers à leur insu, l’installation À retrouver sur le site met en lumière une intelligence désincarnée, www.gaite-lyrique.net tour à tour mutine et effrayante. Du 21 avril au 27 mai, la Gaîté accueillera Matt Pyke, créateur du studio de design graphique britannique Universal Everything, pour une exposition intitulée « Matt Pyke & Friends : Super-Computer-Romantics ». Pour la première fois, l’artiste, entouré de complices, présentera une série d’œuvres ludiques et interactives, qui mêlent vidéos, installations visuelles et sonores, objets étonnants et portraits inattendus, dont nous vous dévoilons, en avant-première, quelques visuels. © UVA 2011 BY JAMeS MeDCRAFT - YVeS GeLeYN - MATT PYKe AND FRIeNDS12 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 13
  • À la unel’OPEN DATAET NOUS, ET NOUS, C’était un vendredi de février 2010. Le 5 précisément, en fin d’après-midi. Xavier Cinq ans après la ville de Washington, deux ans après l’État fédéral américain etET NOUS ? Crouan, directeur de l’information et son portail data.gov, qui doit beaucoup de l’innovation numérique de la ville de à Barack Obama, moins d’un an après le Rennes jette un œil à ses mails. L’un d’entre Royaume-Uni et son data.gov.uk, porté eux l’intrigue. Le patron des transports par Tim Berners-Lee, l’inventeur du web, de la communauté et par le quotidien The Guardian, c’est au urbaine y fait part tour de la ville bretonne de céder à la fièvre d’une demande inat- de l’Open data. Open data ? Libération des tendue émanant de données. Mais encore ?Les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie, les pays scandinaves   Kéolis, l’exploitant des bus et du métro Une révolution  et maintenant la France : la vague de l’Open data déferle sur le monde.   de la ville. Celui-ci qui nous concerne tous L’enjeu ? Le développement de multiples innovations sociales et économiques  suggère de mettre à disposition des admi- Au commencement étaient les donnéesgrâce à la mise en ligne des millions de données produites par l’administration.   nistrés l’ensemble des publiques produites par les services dePortées à la connaissance des citoyens, des chercheurs, des associations,   données qu’il possède l’administration, les collectivités territo- (détails du réseau, riales. Elles sont de toute nature et de plusdes entreprises, ces informations statistiques, géographiques, urbanistiques…  état du trafic, géo- en plus nombreuses : statistiques, géogra-peuvent devenir des mines d’or dès lors qu’elles sont retravaillées,   localisation des sta- phiques, urbanistiques, économiques… tions…). Les deux hommes gambergent, Ensuite, il y a leur numérisation, désor-croisées entre elles et mises en scène. Et ainsi contribuer à la création   dessinent les premiers contours du dispo- mais généralisée, et la possibilité de lesde nouveaux services tout en favorisant la transparence de l’action publique.   sitif à élaborer et réalisent très vite l’intérêt mettre en ligne via le Net. Enfin, la prise de d’une telle initiative pour une ville qui s’est conscience que tout ce matériel pourraitEnquêtE : PiErrE Bro. llustrations : laurEnt PariEnty toujours voulue à la pointe du numérique générer des choses formidables s’il était et de l’engagement citoyen. Le mardi sui- porté à la connaissance des citoyens, des vant, ils présentent une esquisse de projet chercheurs, des associations, des entre- au maire, Daniel Delaveau, qui leur donne prises… « Il existe trois moteurs principaux  son feu vert pour en annoncer le lance- au mouvement Open data, explique Daniel ment… deux jours plus tard. Au terme de Kaplan, délégué général de la Fondation huit mois de gestation, le 1er octobre, data. Internet Nouvelle Génération (Fing).  rennes-metropole.fr débarquait en ligne. L’amélioration de la connaissance,  ...14 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 15
  • … un service J’IMAGINE À la une de recherche d’appartements qui me permettrait, après que j’ai défini mes critères (surface de l’appartement, consommation énergétique, espaces verts alentour, etc.), d’être alerté dès que je passe … un outil de gestionJ’IMAGINE à proximité d’un bien susceptible pour les collectivités « la puissance de m’intéresser. Je n’ai plus qui, en agrégeant des données ouvertes comme celles de l’InSee, publique réalise qu’à me promener là où je veux vivre ! » – résultats électoraux, commerces, écoles... –, permettrait de mieux que l’information David Larlet, blogueur spécialiste des questions d’Open data (BioloGeek). comprendre les évolutions n’est pas un pouvoir qui s’opèrent au sein de chaque quartier (nombre d’habitants, mais une ressource, âge, aménagement, prix…), au même titre que et donnerait aux collectivités les moyens de mieux évaluer l’énergie. » leurs besoins en équipement. » Jean-Louis Missika, Bruno Walther, cofondateur de Captain Dash. adjoint au maire de Paris. ... par exemple  en  matière  de  compré- puissance publique réalise que l’information  York tout en mesurant leur contribution hension des territoires ; le besoin d’enrichis- n’est pas un pouvoir mais une ressource, au  environnementale, et Whoslobbying, sorte sement du débat citoyen grâce à une plus  même titre que l’énergie », décrypte Jean- d’agenda répertoriant les rendez-vous des grande transparence de l’action publique ;  Louis Missika, adjoint au maire de Paris, ministres britanniques avec tout ce qui peut la création de nouveaux services nés de la  qui a piloté le développement du portail ressembler à un groupe d’influence (indus- combinaison et d’une réutilisation originale  Open data de la capitale, mis en ligne le triels, syndicats…). de ces données. » 27 janvier dernier. Quant aux chiffres, ils font rêver : dans un récent rapport, La promesse d’avancées  Des applications   la Commission européenne chiffrait à dans la recherche  aux usages très variés  27 milliards d’euros les retombées écono- miques potentielles d’un développement La recherche d’une cohérence dans toutes Ces perspectives enthousiasmantes font significatif de l’Open data. Pas moins ! ces initiatives semble d’ailleurs préma- fleurir les superlatifs : « C’est une révolution  Alors, qu’en est-il réellement ? Comment, turée, et même inutile, aux yeux des aussi importante que l’arrivée de l’Internet  concrètement, ce « mouvement de libé- défenseurs de ce mouvement. « Bien sûr,  lui-même  », s’enflamme Bruno Walther, ration » prend-il forme ? La particularité certaines applications peuvent être consi- cofondateur de Captain Dash, une start-up de ce phénomène est son caractère diffus, dérées comme des gadgets. Mais nous n’en  qui fournit aux directions marketing un imprévisible et hétérogène. Pas facile, en sommes qu’au tout début », plaide Bruno tableau de bord dynamique permettant effet, d’établir une communauté d’ob- Walther, qui suggère de revisiter les pre- de croiser données internes (comme les jectifs entre l’application, pour le moins miers sites Internet, ceux qui furent créés ventes ou les stocks) et externes (géo- douteuse, vendue aux États-Unis par Been- il y a une quinzaine d’années. « Ce désordre  graphiques, sanitaires, météorologiques, verified.com, qui permet de localiser sur apparent peut devenir vertueux », assure politiques…), pour optimiser leurs cam- l’écran de son smartphone, par un système quant à lui Daniel Kaplan. Et de souligner pagnes. « C’est une rupture majeure, l’abou- de réalité augmentée, les adresses des que le secteur du transport constitue à lui tissement d’un mouvement de fond né il y a  délinquants sexuels répertoriées dans les seul un champ d’utilisation considérable quinze ans, qui a vu l’appropriation par tout  registres publics, et cette autre, développée pour l’Open data. Les applications dans un chacun des outils numériques dans un  en Grande-Bretagne, qui recense toutes ce domaine sont de plus en plus sophisti- monde désormais entièrement numérisé », les dépenses supérieures à 500 livres quées. Le jour n’est pas loin où l’on pourra renchérit Bernard Stiegler, philosophe des 326 collectivités territoriales. Entre savoir quel est, à l’instant T, le meilleur et directeur de l’lnstitut de recherche et Treesnearyou, qui localise et décrit cha- moyen – du point de vue de la rapidité, d’innovation du centre Pompidou. «  La  cun des 500 000 arbres de la ville de New- de la sécurité, de l’empreinte ... 16 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 17
  • … un service pour … un véritable J’IMAGINE J’IMAGINE À la une faciliter l’accès aux suivi du traitement lieux touristiques des déchets et culturels. Fourni par la ville, grâce à l’agrégation de toutes il mettrait à disposition les données concernant le tri des visiteurs toutes les données sélectif : information rue par rue, d’affluence en temps réel. poids des déchets, pourcentage le centre Pompidou est bondé ? de riverains effectuant le tri, etc. » Cela s’est beaucoup fait outre-Atlantique direction Versailles, Nicolas Kayser-Bril, « data journaliste » grâce à des rencontres baptisées « hacka- et en covoiturage, grâce au service à Owni.délivrées brutes, ton », pendant lesquelles les participants de “microparticipation” affilié. »les données sont, doivent développer des applications dans Christophe Tallec, un temps limité (souvent une journée). designer de services interactifs.la plupart du temps, … une application J’IMAGINE Ou bien dans le cadre de concours d’une durée plus longue lancés par des collecti- de visualisationillisibles par les vités locales. La France n’échappe pas à la règle. La compétition ouverte par Rennes du débat politique, comme en convient Danielle Bourlange :  Mais n’est-ce pas la question écono-citoyens, qui ne a fait émerger une cinquantaine de projets, qui me permet de suivre tous « Nous faisons beaucoup de sensibilisation  mique qui, in fine, aura raison ou pas desmaîtrisent pas les et Paris a organisé la sienne à la fin du mois afin d’expliquer aux services les enjeux éco- obstacles dressés sur le chemin de l’Open les échanges parlementaires de février. nomiques et sociaux de l’Open data. Nous les  data ? Le contexte est favorable, car une et les réactions qu’ils suscitent.outils informatiques Mais cela suffira-t-il à créer une dyna- mique suffisante pour que l’enthousiasme arbres au bord des routes ! Et nous avons  elle cartographie ainsi rassurons notamment sur les garanties qu’un  système de licences adapté peut apporter pour    bonne partie des débouchés commer- ciaux réside dans les applications pourindispensables des débuts ne retombe pas ? Claire Gallon, cofondatrice de LiberTIC, une association une  école  statistique  reconnue  dans  le monde entier. » Danielle Bourlange, direc- les discussions, la propagation des controverses, les opinions, la bonne utilisation de certaines données. » Au niveau local, s’ajoute une contrainte smartphone. Et là, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 54 millions d’unités ontà leur traitement. nantaise qui milite pour l’ouverture des trice générale adjointe de l’Agence du et me permet d’observer comment politique encore plus prégnante. Xavier été vendues dans le monde en 2009, plus données publiques et le développement patrimoine immatériel de l’État (APIE), sont votées les lois, en m’alertant Crouan le reconnaît bien volontiers : de 300 millions l’an dernier. En France, un de l’e-démocratie, est formelle : « La valo- réfute toute pusillanimité en la matière : dès que mes sujets favoris sont « Dans un premier temps, nous avons décidé  tiers des 24 millions de portables écoulés risation des données passe par l’animation  « De nombreuses initiatives ont été prises,  abordés. » de rendre gratuitement accessibles des don- en 2010 était des smartphones, selon l’ins- d’une communauté transversale des acteurs  et certains ministères ont déjà ouvert des  nées publiques très pratiques liées au ter- titut GfK ; ils représenteront la moitié des Caroline Goulard, cofondatrice de Dataveyes,... carbone… – de se rendre d’un du  territoire  :  designers,  développeurs,  répertoires de données et des portails d’ac- start-up de visualisation de données. ritoire.  Notamment  celles  qui  concernent  ventes en 2011, et très vite les simples télé-endroit à un autre. L’Open data promet entreprises, associations, citoyens et usa- cès. C’est le cas de Bercy, ou de la Justice avec  le transport, la vie quotidienne, la géoloca- phones deviendront un marché marginal.aussi des avancées considérables dans gers. » En d’autres termes, il faut trouver Justimemo, une plateforme multimédia qui  lisation de services ou d’objets sur l’espace  Voilà pour le cadre.la recherche, car le volume des données les moyens de faire se rencontrer et fonc- permet de mieux comprendre le fonction- public. C’était indispensable pour lancer la  Reste à imaginer des modèles qui puis-rend possibles des corrélations nouvelles tionner ensemble ces différentes sources nement  de  la  justice  en  France.  » Preuve dynamique et convaincre les services de la  sent faire tourner la machine. D’abord,et de beaucoup plus grande ampleur. Voilà d’invention, afin de mixer les données et de l’importance désormais accordée au collectivité du bien-fondé de ces initiatives.  la décentralisation du mouvement est depour les projets les plus ambitieux. Il en est les idées de façon originale. mouvement, l’équipe chargée du projet Nous devrions  ensuite passer  à  des infor- nature à favoriser l’innovation. La proxi-de plus modestes, tout aussi utiles. Ainsi Open data du gouvernement sera directe- mations  plus  en  relation  avec  la  décision  mité, la souplesse sont des atouts consi-Xavier Crouan, le monsieur Open data La France reste timorée  ment rattachée au Premier ministre. C’est politique, comme des données budgétaires  dérables. La première phase du projet dede la ville de Rennes, songe à un service dans ses initiatives Séverin Naudet, conseiller web de Fran- précises. » Rennes, qui a coûté 100 000 euros, ...qui permettrait d’établir un parcours opti- çois Fillon, qui conduira Etatlab, le data.misé, évitant les pièges de la rue, pour les La volonté politique peut aussi jouer un gouv français.personnes handicapées, par exemple les rôle-clef dans cette entreprise. Avec des En réponse à ceux qui reprochentnon-voyants. ressorts idéologiques de natures très diffé- à l’administration de trop tergiverser, Le gisement est énorme, reste à enextraire le bon minerai et à le valoriser. rentes : « Pour Barack Obama, il s’agit d’es- sayer de faire vivre une utopie progressiste,  notamment sur le thème de la gratuité des données, Danielle Bourlange précise : lA bANqUE mONDiAlE EN PrEmièrE ligNEL’une des premières difficultés est de don- forgée par une idée précise de ce que doit être  « Nos réflexions continuent, car la matière  Le phénomène Open data mis en accès gratuit sur à l’environnement ou à l’égalité et à sensibiliser les autresner une visibilité à ces données. Délivrées une véritable démocratie citoyenne, analyse est  complexe.  D’ailleurs,  la  Commission  gagne les grandes institutions son site au printemps dernier. des sexes. Les propositions utilisateurs du réseau social.brutes, elles sont dans le meilleur des cas Bernard Stiegler, alors que dans l’esprit du  européenne a lancé une étude sur ce sujet,  internationales, qui ont Résultat : plus de 100 dossiers sont extrêmement variées : Après une première évaluationindigestes, et la plupart du temps illisibles néolibéral David Cameron, en Grande-Bre- dont les résultats devraient être disponibles  compris que leur audience venant de 36 pays – un tiers une application pour par un jury international,(c’est le cas, par exemple, des données tagne, l’objectif est assez différent dans la  à la fin du premier semestre 2011. » constitue un formidable desquels était africain – ont smartphone qui permet les internautes sont invitésgéographiques et urbanistiques), faute, mesure où la démarche consiste, en partie, à    réservoir à idées pour été déposés. Les applications d’évaluer les progrès eux aussi à voter avantpour la majorité des citoyens, de posséder court-circuiter les services publics. » Vaincre les réticences   exploiter leurs statistiques. soumises devaient répondre, enregistrés par les différents la proclamation des prix,et de maîtriser les outils informatiques Et en France ? En apparence en tout de l’administration Le concours lancé par d’une façon ou d’une autre, aux pays dans la mise en œuvre d’un montant totalindispensables à leur traitement. D’où la cas, les initiatives nationales restent la Banque mondiale, baptisé objectifs de développement de ces objectifs, ou Treepet, de 45 000 dollars, prévuenécessité de passer par l’étape des déve- timorées. Un paradoxe pour un pays qui, La tâche des décideurs politiques est aussi « Apps for development », du millénaire définis par l’ONU un jeu sur Facebook au mois d’avril.loppeurs, qui, par leur travail de défrichage comme le rappelle Bruno Walther, a été de convaincre une administration parfois qui s’est clos le 10 janvier en l’an 2000. Objectifs qui dont le principe consisteet de mise en scène des données, dessinent « pionnier en matière de collecte de données  rétive à lâcher ce qui « fait » son pouvoir. dernier, visait à valoriser touchent autant à effectuer au quotidien http://appsfordevelopment.le champ de leurs utilisations possibles. publiques.  Depuis  Colbert,  on  compte  les  Un travail d’éducation indispensable, les quelque 2 000 indicateurs à l’éducation qu’à la santé, un geste pour l’environnement challengepost.com/18 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 19
  • À la une... ainsi été financée à 80 % par despartenaires extérieurs. Xavier Crouan s’ex- pUBLier ses dONNÉes forcément le plus facile à utiliser, notamment par les développeurs qui veulent concevoir des servicesplique : « Les grands prestataires publics,  ou des applications. Ces derniers doivent en effet les QUesTionscomme  la  CAF,  la  SNCF  ou  La  Poste,  les  héberger les données chez eux et les « reprogram-groupes de médias, comme Ouest France,  mer » avant d’envisager une quelconque exploitation.mais aussi les entreprises privées engagées  ➜ Pour faciliter le travail des développeurs et lesdans la prestation de services, comme Kéolis,  encourager à utiliser les données, il est possible À se Poserqui a déjà mis à disposition les données de  de publier des API (interfaces de programmation)Vélo STAR [service de vélopartage rennais],  qui vont leur permettre de faire directement dessont intéressés par le bouillonnement créatif  requêtes au sein des données, sans avoir besoin dequi peut naître de cette libération des don- les télécharger intégralement. Seul bémol : les APInées publiques. » sont spécifiques aux données publiées. En d’autres De plus en plus      uelles données publier ? Q termes, il existe autant d’API que de jeux de données, Un paradigme fondé sur  de collectivités  En théorie, la réponse est simple : toutes les données ce qui ne va pas dans le sens d’une mutualisation des l’intelligence collective publiques d’une collectivité peuvent être publiées, efforts des développeurs qui voudraient utiliser les locales  à l’exception des données nominatives, de celles données de plusieurs sources différentes.Bernard Stiegler va encore plus loin en envisagent    qui relèvent de la vie privée et de la sécurité. La ➜ Enfin, on peut avoir recours à un protocole basépréconisant un changement majeur de de mettre    pratique s’avère beaucoup plus complexe. D’abord, sur des standards du web, qui permet d’utiliser leparadigme : «  L’intelligence  collective  est  certaines données sont à la frontière du public et du même langage et le même format quelles que soientdevenue la principale valeur économique.  en ligne leurs  privé. Se pose ensuite la question de la dangerosité les structures de données. L’avantage de cette solu-Les meilleures idées naissent dans ces ter- données  potentielle de certaines informations : les plans tion, c’est qu’elle permet de développer plus rapi-reaux fertiles qui n’ont pas nécessairement  publiques,   des conduites de gaz, par exemple, sont des don- dement des applications et favorise l’émergencede modèle immédiatement rentable. C’est  nées publiques… et hautement sensibles à la fois. d’un écosystème de développeurs autour des jeuxle rôle de la puissance publique de favoriser,  à l’instar    Une analyse juridique préalable est donc préférable de données. Parmi ces protocoles, on peut citerpourquoi pas dans le cadre de partenariats  de Rennes    avant toute publication. SPARQL, développé par l’organisme de standardi-public-privé, la création d’espaces capables  et de Paris.   sation W3C, ou OData, adopté, par exemple, par lade les valoriser. C’est ce que l’on pourrait      uelle licence choisir ? Q ville d’Edmonton, au Canada.appeler le développement de “capabilités”. » Petit vademecum  Le choix de la licence est important pour encou- L’enjeu n’est pas mince, si l’on veut évi- avant de   rager et protéger en même temps les utilisateurs     ù héberger les données ? Oter que l’Open data ne se résume à la mise se lancer. potentiels. La licence définit ainsi le caractère Reste enfin la question de l’hébergement des don-en scène de sujets spectaculaires : à peine payant ou gratuit de l’exploitation des données, le nées. L’Open data suppose une plateforme capableouvert, le 1er février dernier, le site britan- Par FlorEncE degré de liberté accordé aux utilisateurs, les moda- d’héberger un nombre croissant de données et d’ap-nique recensant rue par rue les délits de PuyBarEau lités d’accès aux données, ou encore les contraintes plications, totalement sécurisée, accessible à toustoute nature relevés par la police n’a pas pour l’émetteur concernant la mise à jour des et en mesure de supporter de forts pics de trafic.résisté aux 18 millions de requêtes qu’il données. Aujourd’hui, plusieurs types de licence Le « nuage » s’impose de plus en plus ici comme unrecevait chaque heure. Valoriser l’Open coexistent, proposant différents cadres de réutilisa- partenaire naturel. « Notre métier, ce n’est pas de faire data est un défi qui n’a rien d’insurmon- tion. En complément, l’APIE a élaboré deux modèles de l’informatique, encore moins de la maintenance de table dès lors que les bénéfices pour la de licence type pour les administrations lorsque la serveurs, mais de proposer de meilleurs services aux transparence et l’apprentissage démocra- réutilisation est soumise à des conditions parti- citoyens », explique Chris Moore, le directeur des sys-tiques sont réels et clairement présentés. culières et/ou au paiement d’une redevance. tèmes d’information d’Edmonton. Edmonton a ainsiEn témoigne le succès, toujours outre- choisi d’héberger les données et les applications hors     omment publier les données ? C Il faut une plateforme capableManche, de « Where does my money go », des serveurs de la ville, en s’appuyant sur les techno-qui détaille les dépenses budgétaires des Trois cas de figure sont possibles. logies de cloud computing de Microsoft. « Nous vou-régions avec une interface particulière-ment efficace ; ou bien l’écho rencontré ➜ Le plus simple : la publication sous la forme de fichiers dits « plats », fichiers Excel par exemple, que lions aller vite », souligne Chris Moore, qui explique que, grâce à cette solution, trois semaines seulement d’héberger un nombre croissantchez nous par le site nosdeputes.fr, créépar le collectif RegardsCitoyens.org, qui RETROUVEZ TOUS NOS l’utilisateur télécharge intégralement. Ce mode de publication convient aux données cartographiques. ont été nécessaires à la publication des premiers jeux de données. « Le choix d’infrastructures propres aurait  de données et d’applications,scrute l’activité et l’assiduité de nos élus. ARTICLES OPEN DATA SUR Mais pour les données plus complexes, comme celles été beaucoup trop long et fastidieux. Le cloud nous a  totalement sécurisée et en mesureDes sites citoyens, qui dessinent le meilleurde l’Open data. RSLNmag.fr qui sont livrées en temps réel (le temps d’attente dans la file d’un musée par exemple), il n’est pas semblé une solution naturelle, une manière logique  d’étendre notre écosystème en ligne. » de supporter de forts pics de trafic. .FR20 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 21
  • PAriS ET lES À la une À la fin du mois de janvier, la capitale a mis en ligne une série de données très variées, qui vont des statistiques de prêts dans les bibliothèques AUTrES… Depuis que la fièvre Open data à la fréquence des prénoms relevés dans les registres d’état civil, en passant s’est emparée de l’hexagone, par les détails des reliefs naturels ou l’implantation des arbres d’alignement. nombre de collectivités « Un premier test », pour Jean-Louis Missika, l’adjoint au maire à l’initiative territoriales ont manifesté du projet, qui croit « à la vertu de l’exemple » pour amorcer la pompe. leur intention, sans qu’elle Du coup, à l’instar de Rennes, la municipalité parisienne a organisé soit encore formalisée, un concours d’idées, et un partenariat avec le site Paris.fr pourrait déboucher de suivre le mouvement.la France De l’oPen DaTa sur la création d’une plateforme dédiée aux applications pour smartphone. Parmi elles, on compte Strasbourg, Lyon, Le havre, Lille et le Nord-Pas-de-Calais, Saint-Maur, Besançon, le département de l’Isère… Et l’Hexagone dans tout cela ? Le mouvement est lancé, un peu partout, souvent   à l’initiative d’associations militantes, comme LiberTIC, à Nantes, ou Regards citoyens.  Charles Népote, responsable à la Fing du groupe « Réutilisation des données publiques »,  qui accompagne les territoires dans la mise en œuvre de leurs projets,   est confiant : « Les responsables locaux qui n’en avaient pas conscience   bOrDEAUx L’originalité du projet en cours est au début commencent à voir tout le parti que l’on va pouvoir   qu’il va d’emblée réunir trois collectivités, tirer de ces initiatives. »  qui mettront en commun, dans un premier temps, leurs données de transports : la communauté urbaine de Bordeaux, le conseil général de la Gironde et la région Aquitaine. Lancement prévu au mois de juin. brEST La démarche de la métropole bretonne est pour le moment limitée à la mise en ligne de données à caractère cartographique. rENNES mONTPElliEr La pionnière. Depuis le 1er octobre 2010, Une application est Dans le cadre du programme « Montpellier on trouve sur data.rennes-metropole.fr en cours de test avec Territoire numérique », la ville a commencé à publier, une série de jeux de données concernant les agents de la collectivité, au mois de février, des données relatives à l’espace la vie quotidienne, l’urbanisme et surtout sur le modèle anglais de public (voirie, assainissement), aux espaces naturels les transports. Une quinzaine d’applications « Fix my street ». Celle-ci (parcs, arbres), aux transports… elles sont, pour smartphone ont déjà été développées, permet de signaler en ligne dans un premier temps, mises à la disposition toutes relatives à Vélo STAR, le service tous les désordres urbains d’un cercle restreint d’utilisateurs, avant de vélo en libre-service de Rennes. (véhicules abandonnés, une ouverture au grand public prévue en avril-mai. Un concours, doté de 50 000 euros graffitis, dégradations Les créateurs d’applications pourront solliciter de prix, qui s’est clos le 21 février, a suscité de la chaussée…) des aides financières de la ville en contrepartie 43 propositions. La plupart d’entre elles et de les localiser. de la fourniture gratuite de leurs services. ont trait aux transports, à l’image de « Tout Rennes bouge », une application pour smartphone qui permet de consulter les horaires de passage des bus ou des métros, de les visualiser sur une carte, mArSEillE de s’informer des perturbations du réseau... C’est l’événement « Marseille, capitale européenne de la culture en 2013 » qui a stimulé le projet Open data de la région. NANTES Marseille Provence 2013, la structureSOURCeS POUR LA CARTe : LIBeRTIC eT FING chargée du projet, a en effet pris conscience Jean-Marc Ayrault, le maire de la ville, a annoncé, le 3 février, qu’il lui faudrait multiplier les ressources le lancement du projet Open data, une initiative qui doit beaucoup pour pouvoir proposer des applications au travail de l’association locale LiberTIC, très active sur ce sujet. numériques originales et de qualité Nantes étant désignée « capitale verte de l’Europe » en 2013, aux millions de visiteurs annoncés. Du coup, l’axe environnemental sera privilégié dans le projet. là aussi, plusieurs collectivités territoriales Ouverture de la plateforme à l’automne, pour de premières vont se réunir pour mettre en commun leurs applications attendues à la fin de l’année 2011. données. Premier test attendu début 2012. 22 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 23
  • À la une dAtA.gOVle bilan DU PionnieraMÉricain Précurseur    « L’information détenue par le gouvernement  Si sept personnes travaillent à temps plein sur de l’Open data,    fédéral est un bien national. » Au lendemain de son le projet data.gov, c’est dans les agences gouverne- investiture, le 20 janvier 2009, Barack Obama donne mentales que se décide ce qui est publié sur le site, data.gov,  le ton. Quatre mois plus tard, data.gov est lancé. et à quel rythme : au sein de ces dernières, 396 fonc- le portail  Avec une ambition forte : faire évoluer les mentali- tionnaires aident à sélectionner et à mettre en ligne de données  tés au sein des agences fédérales. « Aujourd’hui, les  les données. Selon les agences, le tableau diffère fonctionnaires rassemblent des données, et, parfois,  donc sensiblement. Si la NASA et l’Agence de protec- publiques  ils se hasardent à les rendre publiques, confie Jeanne tion de l’environnement mènent la danse, d’autres, américain, a été  Holm, évangélisatrice officielle comme le ministère de la Défense, mis en ligne    du site. Nous  voulons  changer  ce  font encore preuve de résistance, une liste des produits rappelés par le gouverne- développe des outils basés sur les technologies du paradigme : qu’ils partagent leurs  craignant, entre autres, « l’effet ment pour raisons sanitaires ou de sécurité. Mais ce web sémantique. « Avec des technologies tradition- le 21 mai 2009.  données par défaut, et que, parfois  mosaïque » : cet effet de croisement chiffre ne reflète qu’une partie de la réalité. Difficile nelles, réaliser des visualisations un peu complexes  Aujourd’hui,  seulement, ils les protègent. » l’équipe qui fait que deux jeux de données en effet de tracer toutes les applications dévelop- mixant plusieurs sources de données coûte cher, prend  près de 400  Depuis son lancement, le gou- vernement américain a investi de data.gov individuellement inoffensifs peu- vent, dès lors qu’ils sont associés, pées grâce à data.gov. Difficile aussi de savoir si elles auraient pu voir le jour sans cette plateforme. du temps et nécessite d’avoir dans son équipe quelqu’un  qui  connaisse  très  bien  les  données, explique Jim aide les fonctionnaires  9,2 millions de dollars dans le mettre en lumière des informations Toujours dans le but de booster l’utilisation Hendler, professeur au RPI. Mais avec ces nouveaux  contribuent    projet data.gov. Environ 3000 jeux potentiellement dangereuses. des données publiques, l’équipe de data.gov a, par outils, la tâche devient accessible au grand public. » à alimenter    de données brutes et plus de 300 000 données géospatiales universités Jeanne Holm reste confiante. Pour elle, la libération de données ailleurs, eu l’idée de créer des communautés d’in- térêt autour d’une même thématique, comme la Pour preuve : la majorité des 100 mashups créés par son équipe a été conçue par des étudiants sans la plateforme,    sont téléchargeables sur le site. De à former supplémentaires n’est qu’une ques- santé ou l’éducation. Quatre communautés ont déjà formation technique particulière. L’un de ces qui héberge plus  de 3000 jeux    la consommation d’énergie dans les foyers au sexe des prisonniers, la prochaine tion de temps. Le véritable défi, c’est d’encourager leur utilisation été lancées et 21 autres sont attendues en 2011. Parmi elles, data.gov/restorethegulf indexe toutes mashups permet de comparer, par État et par an, le nombre des fumeurs, le prix des cigarettes, et le de données.    en passant par la liste des trem- blements de terre qui se sont pro- génération de par le grand public. Une utilisa- tion dont il est encore difficile de les données liées à la marée noire dans le golfe du Mexique. Jeanne Holm travaille en outre avec les nombre d’établissements qui interdisent de fumer. De quoi faire ressortir des corrélations intéres- Deux ans après  duits dans le monde sur les sept derniers jours, on y trouve de tout. développeurs. mesurer l’étendue. Au cours des deux dernières années, le gouver- écoles et les universités pour les inciter à utiliser la plateforme gouvernementale et les aider à former santes. « Ces données historiques semblent montrer  que, pour réduire le tabagisme, une hausse du prix  son lancement,  Mais peu de données sensibles ou nement a organisé et sponsorisé la prochaine génération de développeurs. Enfin, sur des cigarettes est moins efficace que l’interdiction de quel premier bilan  nouvelles, soulignent développeurs et militants. de nombreux concours et événements pour soute- le plan technique, la prochaine version de data.gov, fumer dans les restaurants et les bars », souligne Jim pouvons-nous  « Le bilan est mitigé », reconnaît Jeanne Holm. Trop nir la création d’applications, mashups* et autres prévue pour mai, fournira des interfaces d’accès Hendler. Le chercheur prévoit que les outils sur tirer ? heureuse de voir le gouvernement fédéral libérer visualisations, à partir des données publiées. À ce pour faciliter l’exploitation des données. lesquels il travaille seront accessibles au grand des données, « la communauté des militants passion- jour, l’équipe de data.gov en a identifié 236. Parmi public d’ici un à deux ans. DE notrE nés de l’Open data est prête à donner la moyenne au  elles, on trouve FlyOnTime.us, qui permet de com- Des applications   En attendant, data.gov constitue un précédent corrEsPonDantE gouvernement, estime Kevin Merritt, président de parer les heures d’arrivée prévues et réelles des vols plus faciles à concevoir politique fort aux États-Unis. Vingt-trois États à nEw york Socrata, une entreprise qui conçoit des plateformes sur les principales compagnies commerciales, ou et 8 villes ont emboîté le pas au gouvernement de publication de données. Mais, honnêtement, il  encore CPSC Recalls, qui offre aux consommateurs Pour permettre à chacun de créer facilement des fédéral et lancé un site de données publiques. chinE laBBé. n’y a pas assez de données, et surtout pas assez de  applications croisant différents jeux de données, « Nous sommes quelque part entre les graines et les  données  de  qualité,  pour  rallier  le  grand  public  à  *Un mashup est une application qui combine les données un groupe de chercheurs du Rensselaer Polytech- premières pousses d’une révolution », conclut Kevin l’initiative. » provenant de plusieurs sources différentes. nic Institute (RPI), au nord de l’État de New York, Merritt.24 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 25
  • À la une À la une dAtA JOUrNALisme « L’Open data oblige à plusl’arT De Faire de transparence politique »Parler les chiFFres nigel shadbolt a été, avec Tim Berners-Lee, l’architecte du portail data.gov.uk, qui rend >> > accessibles aux internautes des milliers de jeux de données publiques britanniques. Un an après Journaliste, un métier en pleine mutation ? Plutôt deux fois qu’une. À côté du journalisme   le lancement du site, ce professeur d’intelligence artificielle à l’université de Southampton de récit, le journalisme de données (data journalism, en anglais) monte en puissance.   nous livre sa vision du chemin parcouru et des futurs développements du mouvement Open data. Les données constituent de véritables pépites pour la presse car, une fois décortiquées,  analysées, recoupées et mises en scène, elles permettent de nouvelles constructions  narratives. Focus sur trois exemples emblématiques. Par agathE DuchamPDes graphes des pertes Une topographiebritanniques en Afghanistan des accidents de Au Royaume-Uni, le quotidien The Guardian est un chantre du data jour-nalism. À partir des informations publiées par le ministère de la Défense et par la route en NorvègeWikiLeaks (pas moins de 92 201 lignes dans la base de données), il a publié ses En Norvège, le quotidien Bergens Tidende, « war logs », une représentation graphique du nombre de militaires britanniques principal journal de la deuxième ville du pays,morts ou blessés en Afghanistan, mois après mois, depuis le début du conflit. Bergen, a entrepris d’enquêter sur la fréquence etRésultat : des cartes détaillées, des graphiques et même une fresque réalisée avec la cause des accidents de la route, particulièrementles photos des 350 soldats tués depuis 2002. Des présentations très visuelles qui nombreux dans l’ouest du pays. Les journalistespeuvent quasiment se passer d’explications écrites, mais qui ont un impact aussi ont dû rappeler à l’administration norvégiennefort qu’un long article rédigé. WWW.GUARDIAN.CO.Uk/NEWS/DATABLOG/2009 l’existence d’une loi sur la liberté de l’information pour obtenir l’accès au registre répertoriant l’en-Une cartographie des sources semble des accidents. L’analyse d’un fichier Excel très détaillé (lieu, nombre de victimes, nature desde pollution des eaux américaines blessures, conditions météo, état de la route, limi- tation de vitesse, heure de l’accident...) et com- portant pas moins de 11 400 incidents s’est révélée Le New York Times est lui aussi un adepte du data journalism. Parmi ses fructueuse. Le Bergens Tidende a finalement mis enréalisations emblématiques, il faut citer son enquête sur les sources de pollution ligne une carte interactive répertoriant l’ensembledes eaux aux États-Unis. Le journal a compilé les données issues de 200 000 entre- des accidents du pays entre 2000 et 2010. Chaqueprises et installations ayant l’autorisation de déverser des polluants dans les cours semaine, plus de 500 000 personnes consultentd’eau, d’agences de protection de l’environnement et de surveillance de l’eau. cette carte, alors même que Bergen ne compte queLoin de s’en tenir à cette collecte, le New York Times a demandé à chaque État des 260 000 habitants. Désormais, le Bergens Tidendecompléments d’information : nombre de permis de polluer accordés, nombre de s’efforce de mettre un visage sur chaque victime decontrevenants sanctionnés, équipes affectées à la surveillance des eaux, etc. État la route, dans son projet « Killing roads » (routespar État, des cartes interactives indiquent les sites où la loi est, ou n’est pas, respec- tueuses). Objectif : inciter les autorités à améliorertée. Il suffit de saisir un code postal pour visualiser le degré de pollution des eaux la qualité du réseau routier. Voici l’exemple parfaitdu site. Bilan ? Il s’avère que les entreprises polluantes ont violé le Clean Water d’un sujet hyperlocal qui finit par intéresser un © PhOTO COURTeSY OF eLON UNIVeRSITYAct plus de 500 000 fois à l’échelle du pays. Erin Brockovich a encore du pain sur pays tout entier.la planche... hTTP://PROJECTS.NyTIMES.COM/TOxIC-WATERS/POLLUTERS WWW.BT.NO/NyhETER/LOkALT/DODENPAAVEIENE/kART26 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 27
  • EN QUELQUES © PhOTO COURTeSY OF eLON UNIVeRSITY RETROUVEZ L’INTÉGRALITÉ DE L’INTERVIEW SUR À la une DATES RSLNmag.fr • 1956 : naissance à Londres .FR • 1983 : entre au département de psychologie de l’université de Nottingham après des études en philosophie, en psychologie et un doctorat en intelligence artificielle • 2000 : rejoint l’université de Royaume-Uni). Simple coïncidence   Southampton, où il est professeur ou poids d’une culture particulière ? d’intelligence artificielle et directeur C’est une question intéressante. Cer- du département électronique tains vous expliqueraient que cela tient aux et informatique différences entre les systèmes parlemen- Un an après son lancement,  fait de ces informations brutes, qui peu- • 2000-2007 : dirige un programme taires anglo-saxons, marqués par une oppo-quel premier bilan tirez-vous du portail  vent facilement être manipulées dans un de recherche sur les technologies sition forte, où les données sont utilisées pardata.gov.uk ? sens ou dans l’autre pour étayer n’importe du web sémantique les deux camps comme autant de preuves Après la publication, fin novembre,  Un premier indice de succès est de voir quelle thèse. Il est donc nécessaire d’édu- • 2006 : crée, notamment avec Tim pour mettre l’autre face à ses responsabi- des premiers câbles par WikiLeaks, que nous faisons des émules. Car le modèle quer le citoyen, et ce dès l’école, afin qu’il Berners-Lee, le Web Science Trust lités, et les démocraties continentales, qui Hillary Clinton a prôné le droit au secret que nous avons imaginé pour data.gov.uk sache exploiter les données intelligem- pour promouvoir la science du web ont pu souffrir d’une histoire dans laquelle et à la confidentialité pour les États,  inspire de nombreux pays, régions et villes, ment et avec discernement. • 2006-2007 : est nommé l’information a été utilisée contre elles quelques semaines après qui se sont lancés ou envisagent de se lan- de manière plus coercitive. Je ne suis pas avoir déclaré que « les réseaux cer dans l’Open data. Le mouvement s’est Sur les forums de data.gov.uk,  président de la célèbre British Computer Society convaincu par cette explication. d’information contribuent à rendre les  « Il est nécessairedémocratisé : ce n’est plus une chimère,c’est un objectif que l’on peut raisonnable- une critique revient régulièrement,   qui souligne le fait que les données  • 2008 : publie, avec Kieron O’hara, Je pense que cela est surtout dû au fait qu’il existe une porosité entre les pays anglo- gouvernements plus responsables ».  Pensez-vous que les actions  d’éduquer le citoyen, The Spy in the Coffee Machinement atteindre. livrées sont « sans risque » pour   saxons : les idées se diffusent rapidement et de WikiLeaks puissent nuire au  En un an, les progrès réalisés sont le gouvernement. Qu’en pensez-vous ? • 2009 : est chargé, avec Tim facilement des uns aux autres. N’oublions mouvement de publication de données ?significatifs. Nous avons publié des mil-liers de jeux de données qui ont une vraie Les militants de l’Open data – n’en- tendez aucune connotation péjorative Berners-Lee, du projet data.gov.uk. par le gouvernement anglais pas que le Royaume-Uni, le Canada, l’Aus- tralie et la Nouvelle-Zélande partagent un Dans l’Open data, les données sont publiées par des gouvernements animés et ce dès l’école,pertinence pour les citoyens : du montant ici, car je me considère comme l’un des • 2010 : est nommé au Conseil vaste héritage commun, s’agissant notam- par une réelle volonté d’ouverture : le prin- afin qu’il sachedes dépenses publiques aux informationssur la structure ou le fonctionnement du leurs – sont d’éternels insatisfaits. C’est d’ailleurs ce qui fait leur charme. Ils cher- de la transparence, chargé du développement de l’Open data ment de leurs systèmes légal et administra- tif. Cependant, on constate que le mouve- cipe est que les données appartiennent aux citoyens et qu’ils ont donc le droit d’y accé- exploitergouvernement, en passant par les tauxd’infection dans les hôpitaux ou les résul- chent constamment à élever le niveau, à aller de l’avant, parce qu’ils sont engagés, au Royaume-Uni. ment ne se limite pas à ces pays : les travaux en cours à Rennes, en Catalogne ou en Ita- der et de les utiliser. Il faut bien évidem- ment mettre à part les cas où la sécurité les donnéestats des écoles, par exemple. Au-delà de la mise en ligne de données, parce que ces thématiques les touchent. Pour autant, je ne pense pas que lie montrent que des citoyens de différents pays et de différentes cultures vont dans le nationale est mise en danger, et ceux où les individus sont personnellement identi- intelligemment etnous avons aussi amené le gouvernement l’on puisse dire des données relatives au Se pose aussi la question de la qualité même sens. Au final, même s’il existe des fiables. Mais, en dehors de ces situations, avec discernement. »à faire montre de plus de transparence budget de l’État, à la criminalité ou aux des données. Il faut y prêter attention au écarts notables entre nos démarches, nous pourquoi ne pas publier les données ?dans sa manière d’informer les citoyens, infections dans les hôpitaux, qu’elles moment de leur publication, mais égale- partageons clairement des idées, des envies Le problème de WikiLeaks réside dansde communiquer. soient particulièrement flatteuses pour le ment en amont, en associant les citoyens et des réalisations. l’origine et la provenance illégales des gouvernement. À l’inverse, le fait de les au processus. Je crois beaucoup aux vertus données publiées. Je ne pense pas que les En Grande-Bretagne, l’Open data  publier contraint les responsables poli- du crowdsourcing* en la matière. Comment parvenir à initier  actions de WikiLeaks puissent affaiblira-t-il déjà amorcé une transformation  tiques à plus de transparence sur leurs Enfin, nous devons poursuivre nos un mouvement d’Open data à l’échelle  le mouvement de l’Open data, car il nede la relation entre citoyens   actions, et engage aussi davantage leur efforts pour rallier à l’Open data les minis- européenne ? répond pas aux mêmes logiques.et gouvernants ? responsabilité. tères et les hommes politiques encore Les pays membres de l’Union collec- La liberté d’information n’implique C’est en tout cas ce que l’on observe réticents, et pour encourager les bonnes tent énormément d’informations sur leurs pas que toutes les informations doiventavec la publication des dépenses des élus La technologie est disponible,  pratiques. S’il est facile de publier les don- citoyens. Pourquoi, en effet, celles-ci ne être disponibles, ni que la sphère privéelocaux, par exemple. Les citoyens s’en la plateforme est en place,   nées des gouvernements précédents, il est seraient-elles pas partagées ? La Com- n’existe plus. Le concept de vie privée aemparent et demandent désormais des les données sont accessibles.   beaucoup plus délicat de publier celles de mission européenne a déjà manifesté son d’ailleurs été pensé d’un point de vue phi-comptes à leurs élus sur le coût de la déco- Quelles sont les prochaines étapes ? son propre gouvernement. intérêt pour le sujet et devrait être l’un des losophique pour permettre aux citoyensration de leurs bureaux ou de leurs der- Plusieurs points réclament une atten- acteurs majeurs du mouvement. D’ailleurs, d’avoir des opinions politiques différentes,niers voyages. Les citoyens s’impliquent car tion particulière. L’accessibilité des don- La plupart des pays les plus en  sans les directives européennes, data.gov. et pour leur garantir un droit au secretil s’agit d’argent public ; la responsabilité nées, d’abord : nous devons continuer à pointe en matière d’Open data sont   uk n’existerait pas. La Commission va-t-elle tout en assurant la transparence de laest en train de changer avec la démocrati- réfléchir à des standards pour rendre les des pays anglo-saxons (États-Unis,   publier elle-même des données ? Va-t-elle puissance publique. La démarche d’Opensation de l’accès aux données. données toujours plus faciles d’accès. Canada, Australie, Nouvelle-Zélande,   contribuer à faciliter structurellement et data s’inscrit tout naturellement dans cette La mise à disposition des données rend Ensuite, il faut concevoir des outils pour techniquement les efforts autour de l’Open logique et ne signifie, en aucune manière, * Le crowdsourcing désigne le fait de faire appelpossible l’émergence d’un débat public aider la communauté des développeurs data dans l’Union ? Ces interrogations la fin de la vie privée. PROPOS RECUEILLIS aux compétences des utilisateurs (par exempleplus informé et documenté. Il faut toute- à exploiter les données de manière plus les internautes) pour participer à la conception devraient rapidement trouver des réponses. PAR ARThUR JAUFFRET.fois rester attentif à l’interprétation qu’on efficace et innovante. ou à l’amélioration de contenus et de services.28 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 29
  • grand-angleDocteur Souris connecteles enfants hospitalisés Depuis septembre dernier, grâce à l’association Docteur Souris, 200 ordinateurs connectés  à Internet équipent l’hôpital pour enfants de la Timone, à Marseille. Un véritable changement  dans la vie des jeunes patients, souvent coupés de leur famille et du monde extérieur.  rEPortagE : yvanE JacoB. PhotograPhiEs : BErnarD lachauD C’est une petite ville dans la ville, qui en leur permettant de communiquer entre  tructure technique permettant un accèsdéborde d’activité avec ses 250 lits, tou- eux et avec leurs familles, parfois très éloi- sécurisé à Internet pour les enfants. Lejours pleins, ses 150 médecins, toujours gnées. » projet est élaboré en concertation avecoccupés, et ses dix services pédiatriques En 2003, il crée l’association Docteur les services informatiques de Necker. « La répartis sur dix étages. Bienvenue à l’hôpi- Souris. Son objectif : non seulement four- première solution a été développée par des tal pour enfants de la Timone, à Marseille, nir du matériel informatique à l’hôpital, consultants  de  Microsoft,  puis  elle  a  été au cœur du plus grand centre hospitalier mais également construire une infras- régulièrement améliorée pour intégrer les de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. technologies logicielles les plus récentes », Neuvième étage, service de chirurgie résume Roger Abehassera.orthopédique. Docteur Souris a pris ses « Je ne pense plus  quartiers ici à la fin de l’été dernier. « Une chance ! » s’exclame Chantal Faletto, édu- au neuvième étage, à la douleur… »catrice à l’étage. Nul petit rongeur derrièrece nom, mais une association qui met où les séjours durent Retour à la Timone. Douzième hôpital àgratuitement des ordinateurs portablesconnectés à Internet à disposition des souvent plusieurs bénéficier du soutien de l’association, il accueille un dispositif informatique horsenfants hospitalisés. semaines, la mise en norme, le plus important déployé à ce UN DISPOSItIF UtILE à tOUtE LA FAMILLE L’idée est née au début des années2000 dans l’imagination de Roger Abe- place des ordinateurs jour : 200 ordinateurs portables connec- tés à Internet en wifi, équipés de webcams L’ordinateur et Internet offrent aux enfants hospitalisés la possibilité de s’évader, de se focaliser sur autre chose que la maladie et la douleur. Mais Joséphine, 15 ans, n’est pas la seule à se réjouir de pouvoir surfer sur le web :hassera, alors directeur général adjointde Microsoft France, lors d’une rencontre est ressentie et de casques. Au neuvième étage, où les séjours « Quand je dormirai tout à l’heure, je sais que ma mère va me piquer l’ordi ! » sourit-elle. en effet, les parents d’enfants comme un cadeau hospitalisés profitent également du dispositif. La Timone accueille nombre d’enfants venus d’outre-mer ou de l’étrangeravec le personnel de l’hôpital Necker, à durent généralement plusieurs semaines, pour se faire opérer. « Internet permet à leurs parents d’échanger avec le reste de la famille ou de se changer les idéesParis. « Une éducatrice m’a confié son rêve :  l’arrivée des ordinateurs a été ressentierompre l’isolement des enfants hospitalisés  extraordinaire. comme un cadeau extraordinaire. ... pendant les opérations », explique Chantal, éducatrice au neuvième étage.30 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 31
  • UNE AIDE à LA ScOLARItÉ Oumar souffre d’un handicap qui l’oblige à faire de fréquents séjours à l’hôpital. grand-angle Comme il ne peut pas se déplacer, il suit ses cours sur ordinateur, depuis son lit. Une solution plus pratique que le centre scolaire hospitalier, car le dispositif n’impose pas d’horaires fixes. Les plus grands peuvent travailler le soir, par exemple. Docteur Souris pourrait même avoir fait naître une vocation chez Oumar : « J’aime bien fouiller dans l’ordi. Plus tard, je crois que j’aimerais être informaticien. »DOcTEUrSOUriS ENchiffrES UN DÉRIVAtIF qUI ADOUcIt L’hOSPItALISAtIONDepuis sa création, ... Les enfants et les adolescents, ali- créer son profil, avec sa photo, son âge, Avant l’arrivée de Docteur Souris, parents et enfants se relayaient devanten 2003, l’association tés tout ou partie de la journée, peuvent la liste de ses passions, et parler avec les les deux seuls ordinateurs disponibles dans la salle de jeux du service.Docteur Souris a équipé rarement se déplacer, les journées sont copains des autres chambres… Ce service L’arrivée des 200 ordinateurs portables a transformé la vie à l’hôpital, et les enfants80 services pédiatriques longues, et les programmes télévisés ne est particulièrement utile pour les enfants ne s’y trompent pas : « Tous les remerciements prouvent la valeur du service aux yeuxdifférents dans 12 hôpitaux séduisent pas. «  Jusqu’à  présent,  nous  qui ne peuvent pas se déplacer ou avoir de des enfants. Je reçois des dessins, glissés dans les pochettes des ordinateurs.en France. 900 ordinateurs Issam, un jeune garçon hospitalisé après un accident, m’a même écrit un slam le jour avions seulement deux ordinateurs connec- contact avec l’extérieur, comme c’est le casont ainsi été placés de sa sortie », raconte Chantal Faletto. tés au web pour tout le service, souligne en chambres stériles.à la disposition desenfants et adolescents Chantal Faletto.  Docteur  Souris  a  tout  À la Timone, les ingénieurs de l’asso-hospitalisés. Chaque année, changé.  En  particulier  pour  nos  patients  ciation ont d’ailleurs imaginé un systèmece sont 10 000 enfants qui adolescents, qui vivaient la coupure avec  inédit pour ces derniers : « L’ordinateur bénéficient de ce dispositif. Internet comme une seconde punition. » reste à l’extérieur de la chambre, car on ne Selon son premier À ses côtés, Joséphine confirme. À peut pas le décontaminer. L’enfant utilise, à  et parfois de leur état de santé. Les jeunesbaromètre sur l’équipementinformatique des services 15 ans, la jeune adolescente, qui souffre depuis sa naissance d’une malformation l’intérieur, une souris et un clavier sans fil,  et l’ordinateur est relié à un écran de télé- « l’arrivée de docteur souffrant d’anorexie, par exemple, n’ont pas accès aux forums consacrés à cettepédiatriques français, seuls27 % des établissements des rotules, est hospitalisée pour deux vision, pour une bonne qualité d’image », Souris a tout changé maladie. Chantal, elle, n’a pas souhaitéproposent à leurs jeunes semaines : « J’ai pu dire à mes copains que  j’étais là. Certains sont venus me voir, m’ont  explique André Kessas, cadre de santé au service d’oncologie pédiatrique. dans le service. en imposer d’horaires : «Les jeunes peuvent se  connecter dès qu’ils en ont envie, je leur fais  d’une formation spéciale, dispensée par particulier pour nospatients d’utiliser apporté des cadeaux, et j’ai aussi reçu beau- confiance. » Au final, le personnel de l’hô- l’association. Des binômes inédits ontun ordinateur dans coup de messages. » Elle reviendra dans le Un système sécurisé,   pital se montre conciliant, préférant amé- été créés à cet effet : au neuvième, c’est patients adolescents,leur chambre. Alors que,si la solution Docteur Souris service pour les suites de son opération. mais pas rigide nager les règles d’utilisation au cas par cas, Yasmina, une élève ingénieur embauchée « Avant d’avoir le PC, je n’avais rien à faire.  selon la durée d’hospitalisation de l’enfant par Docteur Souris, qui a formé Chantal. qui vivaient laétait développée de manièreplus industrielle, « ce déficit Maintenant, je chatte, je joue, et je ne pense  Comme dans les collèges et lycées, l’accès et le degré d’éloignement de sa famille. Elle lui a appris à installer les ordina-pourrait être comblépour le prix d’un café par plus à la douleur. » à Internet est sécurisé. Un filtre bloque les sites affichant des contenus indésirables coupure avec Internet Un personnel formé pour  teurs dans les chambres, à enregistrer les enfants dans le programme, à leur fournirjournée d’hospitalisation »,souligne Roger Abehassera, Créer du lien   au sein de l’hôpital (violence, pornographie, etc.). Les ordi- nateurs sont programmés par les référents comme une seconde encadrer le programme des codes de connexion. Et elle continue ses interventions, deux fois par semaine,président de l’association. Avec Docteur Souris, les jeunes patients de l’association, en concertation avec les parents. Les horaires de connexion et les punition. » Du matériel informatique sans personnel formé pour s’en servir, c’est ce que Doc- afin d’assurer une maintenance du pro- gramme, et d’aider les enfants à retisser sont également connectés entre eux grâce sites sur lesquels les enfants peuvent se Chantal faletto, éducatrice au service teur Souris voulait à tout prix éviter. Les leur réseau de liens avec les autres et le au réseau social interne. Chacun peut y rendre sont définis en fonction de leur âge de chirurgie orthopédique pour enfants équipes de la Timone ont donc bénéficié monde extérieur, loin de la maladie.32 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 33
  • rendez-vous VAlÉRIE MAldonAdo est à la tête de l’office chargé et, après un crochet par la Division nationale des infractions financières, de lutter contre la cybercriminalité en France. y revient pour en prendre la direc- Une mission au cœur de l’actualité pour une divisionnaire tion pendant cinq ans. « Le hasard des  postes qui se libèrent », assure-t-elle avec au caractère bien trempé. modestie. Lorsqu’elle arrive, début août 2010,Une patronne à l’OCLCTIC, la menace cybernétique est chaque jour plus présente. Simple hasard, comme elle le prétend, ou suite logique d’un parcours ambitieux et sans faute, Valérie Maldonado se trouve, à la cybercrim’ une nouvelle fois, au bon endroit au bon moment. Plus l’enjeu est de taille, plus elle est à son aise. C’est une spé- © GUILLAUMe PeRRIN cialiste reconnue par ses pairs, capable de résoudre des problèmes de grande échelle. Si elle confesse ne pas être «  blindée  de  diplômes  informatiques  », elle apprend vite. Véritable éponge, elle Loin du mythique 36, quai des Orfèvres, c’est à Cette capacité à gérer des situations tendues, elle s’imprègne de la cyberculture. Films, Nanterre, dans un bâtiment du ministère de l’Intérieur l’explique par un parcours qu’elle qualifie de « clas- livres, vidéos, musique : tout ce que lui soumet son book. L’escroquerie peut être très bien fice- que siège l’Office central de lutte contre la criminalité sique », mais qui, manifestement, a forgé, poste après équipe technique est avalé, décrypté, enregistré. lée, mais « on finit toujours par trouver une  liée aux technologies de l’information et de la commu- poste, une personnalité que l’on devine confiante et « Équipe » est peut-être le maître mot de son parcours. « Pour faille, assure la cybercommissaire. La per- ce boulot, nication, l’OCLCTIC. Une secrétaire nous conduit dans déterminée. Après des études de droit, elle entre, à À chacun des postes qu’elle occupe, elle fait confiance, sonne aura beau prendre toutes les précau- un dédale de couloirs vitrés. Des stores à moitié bais- 23 ans, à l’École nationale supérieure de la police. délègue aux autres et s’inspire d’eux. tions pour qu’on ne remonte pas à elle, à un  sés laissent entrevoir des équipes de trois ou quatre hommes vissés à leurs ordinateurs. Les téléphones Fille du chef de la crim’ de Clermont-Ferrand – bri- gade où elle débute –, elle est séduite par le dyna- Wikileaks au cœur   il faut posséder moment donné, elle va vérifier son système  une énième fois, et ce sera la fois de trop. » sonnent, les imprimantes fonctionnent à plein régime. L’état-major est en réunion, mais la « patronne » ne misme et la solidarité qui règnent au sein de la police judiciaire. Elle se spécialise à la section économique de ses préoccupations  un sacré mental, À la cybercrim’, Valérie Maldonado applique les méthodes policières clas- tarde pas à nous recevoir. et financière du SRPJ de Lyon, où elle participe à des L’inventivité des hackers l’étonne et la fascine. Elle et surtout siques : établir des profils, relever les iden- ne pas avoir un La quarantaine, blonde, élégante, la poignée de enquêtes politico-médiatiques comme l’affaire Bot- parle de la psychologie de ces génies passionnés d’in- tités, joindre aux preuves techniques les main et le sourire francs, Valérie Maldonado met ins- ton, et travaille sur des dossiers « plutôt voyous » de formatique qui, par défi, appliquent des idéologies mesures classiques de recoupement d’ho- tantanément son interlocuteur à l’aise. Son accent et les deux posters du Puy-de-Dôme accrochés aux murs fausse monnaie. Nice, ensuite, constitue une autre étape marquante de sa carrière. Toujours à la bri- anarchistes. Elle nous montre une photo du masque du héros de V pour Vendetta, le film auquel se réfère tempérament raires, de vidéosurveillance. Son récit est ponctué d’anecdotes, d’histoires de flics de son bureau trahissent ses origines auvergnates. Elle a sous ses ordres une soixantaine de policiers. gade financière, elle est de nouveau confrontée à des dossiers atypiques, la Côte d’Azur abritant les le collectif Anonymous. Ceux qui se revendiquent de ce mouvement, explique-t-elle, ont la capacité, effacé. » et de voyous, de références cinématogra- phiques. Elle raconte avec passion et force Leur mission est aussi infinie que l’étendue de la Toile. grands escrocs et la mafia italienne. Elle acquiert pour défendre des causes qui leur sont communes, détails le modus operandi de tel grand Arnaques, fraudes à la carte bancaire, cyberattaques, une formation technique et une vue généraliste du de générer des attaques massives sur les systèmes faussaire, les réunions internationales à pédopornographie, détournements de données per- métier grâce aux permanences qu’elle effectue à informatiques de sociétés ciblées. Ces offensives liées Naples, dans une zone de non-droit. sonnelles... : pour tous ces faits, ils aident aux inves- la crim’. Elle reste cinq ans dans le Sud, où, confie- à l’affaire WikiLeaks constituent l’une de ses préoccu- Quand, pour finir, on lui demande si tigations des services de police, de gendarmerie, de t-elle, elle prend le temps de faire deux enfants. pations majeures du moment. le fait d’être une femme lui a posé problème dans un répression des fraudes. Lutter contre cette criminalité Valérie Maldonado évoque aussi ces escrocs d’un univers majoritairement masculin, elle jure n’en avoir complexe, sans frontières et en constante mutation est Imprégnée de la culture du web  tout autre genre qui sévissent sur le Net. Par le biais jamais souffert. « Pour ce boulot, nous dit-elle, il faut  la priorité sécuritaire d’un grand nombre de gouver- sous tous ses aspects de courriels manipulateurs, ils parviennent à souti- avoir des qualités qui sont communes aux deux sexes :  nements. Les services secrets, Interpol, Europol, pour rer les coordonnées bancaires de leurs victimes. Cer- posséder un sacré mental, savoir investir son territoire,  ne citer qu’eux, sont les interlocuteurs réguliers de Direction Paris ensuite, où elle découvre « un autre  tains avec un goût affirmé pour la provocation. Pour le défendre, argumenter. Et surtout ne pas avoir un tem- l’OCLCTIC. C’est peu dire que la pression est forte à monde » : la direction centrale de la police judiciaire. preuve, la patronne de l’OCLCTIC nous tend le CD pérament effacé. » Elle admet toutefois qu’il faut faire Nanterre. Mais la divisionnaire Maldonado ne semble Elle entre à l’Office central pour la répression du faux de chanteurs « bling bling » qui se vantent de leurs moins d’erreurs que les autres.« Ça, conclut-elle en pas trop s’en émouvoir. monnayage au moment sensible du passage à l’euro arnaques dans leurs chansons ou sur leur page Face- souriant, c’est clair. » CAROLINE MARCELIN34 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 35
  • au dernier trimestre 2010, 71 % À la une des Français sont des internautes* repères et 64 % des foyers disposent le regard de… d’une connexion Internet haut débit. Marc MossÉ * On considère comme internaute toute personne âgée de 11 ans et plus s’étant connectée au moins une fois au cours du dernier mois. direCteUr des AFFAires pUBLiQUesPAR ÂGE en pourcentage PAR SEXE en pourcentage et JUridiQUes de miCrOsOFt FrANCe 11-15 ans 16-24 ans 25-34 ans FEMMES HOMMESlA PéNéTrATiON91 89 D’iNTErNET PAr PrOfil AU 4 90 e TRIMeSTRe De 2009 eT De 2010 « Il est clair que les “digitalSource : L’Observatoire des usages Internet, Médiamétrie, 4 trimestre 2010. e 88 2009 2010 84 2009 2010 84 2009 2010 2009 2010 2009 2010PAR ÂGE en pourcentage PAR SEXE en pourcentage 75 natives” ne 69 modeler. Le martyr de jeunes s’immolant, tués ou 11-15 ans 16-24 ans 25-34 ans 66 FEMMES 61 HOMMES pourront plus torturés, aura, chronologiquement, symbolisé une foi démocratique que les technologies n’ont pas inventée. 91 90 se contenter Mais Internet a joué un rôle essentiel d’amplifica- 89 de démocraties tion. Le phénomène semble classique si l’on se sou- © MANUeLLe TOUSSAINT 88 PAR CATÉGORIE SOCIO-PROFESSIONNELLE 2009 2010 84 2009 2010 84 2009 2010 2009 en pourcentage 2010 2009 2010 vient de l’impact de la Glasnost, politique de trans- 75 atones. » parence facilitant la libre circulation des idées et des 35-49 ans 50-64 ans 65 ans et plus CSP + 69 CSP- 66 61 personnes puis la chute du mur de Berlin. Il reste que le temps numérique accélère les par- d 2009 2010 91 ticules élémentaires à l’œuvre dans nos sociétés. 90 epuis plusieurs semaines, l’Histoire est en L’ouverture, l’échange des informations, le partage 82 21 2009 2010 2009 2010 PAR CATÉGORIE SOCIO-PROFESSIONNELLE 2009 2010 2009 2010 marche sur les rives de la Méditerranée. La d’une même soif de liberté font chanceler des régimes en pourcentage 77 31 part prise par les réseaux sociaux et Inter- autoritaires. La forteresse du pouvoir pyramidal est 68 35-49 ans 50-64 ans 59 65 ans et plus CSP + 76 CSP- net dans ces révolutions en cours est évi- soumise à la guérilla de la démocratie en réseaux. 64 dente. À côté des chaînes d’information en Mais au-delà de ces révolutions, faut-il considérer continue, le web aura réaffirmé son rang de que le temps de l’hypercitoyen est venu ? L’invention 91 2009 2010 moyen essentiel d’exercice des libertés et des droits fon- de ces nouvelles formes de participation peut modifier 90 82 21 damentaux. Doit-on pour autant considérer les réseaux l’équilibre des pouvoirs institués. Comme le montre 2009 2010 2009 2010 2009 2010 2009 2010 sociaux comme l’origine et la solution ? À cet égard, en la démarche de Wikileaks. Toutes les fois où la trans- 77 31 68 les censurant, ces régimes menacés scandent l’hommage parence progresse, les pratiques politiques changent. 59 76 64 du vice à la vertu. Il serait cependant exagéré d’attribuer Mais il arrive que les pouvoirs s’adaptent et digèrent à ces technologies un pouvoir qu’elles n’ont pas. des évolutions subies. La Tunisie, l’Égypte, la Libye vivent des moments Internet n’est finalement qu’un outil et comme tel, trouvant leurs sources dans une crise économique, ambivalent. Certes, le rôle joué dans ces révolutions sociale et culturelle qu’Internet peut révéler mais non par une jeunesse éduquée et connectée nous incite à l’optimisme tant il est clair qu’ici et ailleurs les L’accélérateur desl’éqUiPEmENT NUmériqUE DES fOyErS frANçAiS AU 4 e TRIMeSTRe 2009 eT 2010 digital natives ne pour-Source : La Référence des Équipements Multimédia, GfK–Médiamétrie, 4 trimestre 2010. e ront plus se contenter de démocraties atones.PART DES FOYERS FRANÇAIS en pourcentage Mais alors que l’accès à particules élémentaires Internet n’est pas uni- versel, cela suppose que tout un chacun puisse bénéficier de 72 37 ces outils et d’une édu- 68 45 69 63 59 48PART DES FOYERS FRANÇAIS en pourcentage 64 40 cation forgeant leur 51 53 usage critique. Pour équipés d’un disposant d’un disposant d’une disposant d’un disposant de la disposant d’une que le citoyen éclairé devienne ce vrai contre-pouvoir ordinateur accès Internet connexion Internet lecteur MP3/MP4 technologie console de jeux souhaité par Alain. haut débit portable de voix sur IP vidéo de salon Au-delà d’une démocratie d’opinion, parfois tentéeAu dernier trimestre 2010, on comptait 18,8 millions de foyers bénéficient d’une connexion haut débit (+ 9 % par rapport37 par le règne de l’émotion, la puissance de ces techno- 72 68connectés à Internet (69 %), 63 une progression de près 69 soit 59 45 au dernier trimestre 2009). La téléphonie sur IP poursuit sa 48 logies ouvrirait ainsi sur le temps d’une démocratie 64 40de 11 % en un an. 93 % d’entre eux, soit 64 % des foyers, percée avec plus d’un foyer sur deux équipé (+ 18 % en un an). 51 53 continue. équipés d’un disposant d’un disposant d’une disposant d’un disposant de la disposant d’une ordinateur accès Internet connexion Internet lecteur MP3/MP4 technologie console de jeux haut débit portable de voix sur IP vidéo de salon36 premier trimestre 2011 premier trimestre 2011 37