RSLN #9 - Cloud Computing : qu'est-ce que cela va changer ?
Upcoming SlideShare
Loading in...5
×
 

RSLN #9 - Cloud Computing : qu'est-ce que cela va changer ?

on

  • 3,073 views

 

Statistics

Views

Total Views
3,073
Views on SlideShare
3,060
Embed Views
13

Actions

Likes
2
Downloads
170
Comments
0

9 Embeds 13

http://51y75u.widget.uwa.netvibes.com 3
http://51y6vj.widget.uwa.netvibes.com 2
http://51y745.widget.uwa.netvibes.com 2
http://51y72e.widget.uwa.netvibes.com 1
http://51y6x7.widget.uwa.netvibes.com 1
http://51y75t.widget.uwa.netvibes.com 1
http://51y77i.widget.uwa.netvibes.com 1
http://51y92m.widget.uwa.netvibes.com 1
http://51y99m.widget.uwa.netvibes.com 1
More...

Accessibility

Categories

Upload Details

Uploaded via as Adobe PDF

Usage Rights

© All Rights Reserved

Report content

Flagged as inappropriate Flag as inappropriate
Flag as inappropriate

Select your reason for flagging this presentation as inappropriate.

Cancel
  • Full Name Full Name Comment goes here.
    Are you sure you want to
    Your message goes here
    Processing…
Post Comment
Edit your comment

RSLN #9 - Cloud Computing : qu'est-ce que cela va changer ? RSLN #9 - Cloud Computing : qu'est-ce que cela va changer ? Document Transcript

  • HOR S - S É R I E Cloud Computing Qu’est-ce que cela va changer ? Souplesse, économies, nouveaux services au citoyen… vous avez dit révolution ?
  • ÉDITORIAL par Éric Boustouller, Président de Microsoft France, vice-président de Microsoft International. sOmmAIRe Évolution ? Révolution ? Les analystes ne finis- sent plus d’en débattre… Et peut-être n’est-ce pas là le débat le plus intéressant. D’une certaine façon, nous enjeux 4 sommes déjà tous des « Monsieur Jourdain » du nuage, Cloud computing, l’informatique autrement 4 qui utilisons des webmails, conversons sur les réseaux sociaux, stockons nos photos en ligne, etc. La nouveauté Sécurité, confidentialité, souveraineté : les questions-clés du cloud 4 réside dans l’envergure que prend le mouvement du cloud Au cœur du nuage 10 computing, et dans le fait qu’à partir du grand public, il s’apprête à révolutionner l’entreprise et le secteur public. InnovatIon 12 Un accélérateur d’innovation 12 C’est là que se joue la révolution. Pas tant Un million et demi d’emplois en Europe d’ici à 2014 13 dans la technologie elle-même que dans le rapport de Lokad : analyser les ventes pour ajuster les stocks 13 chacun avec elle. Dans le coup d’accélérateur de l’innova- Captain Dash : tirer parti des données publiques 14 tion qu’elle va constituer, en permettant à toute start-up Kobojo : 2,5 téraoctets téléchargés par jour 15 de disposer, sans lourds investissements de départ, de ressources de traitement en quantité infinie aptes à gérer Le nuage à l’horizon des États 16 n’importe quelle montée en charge, qu’elle soit progressive 3 questions à Nathalie Wright « Une formidable opportunité ou par à-coups. En offrant la possibilité aux PME et TPE de pour la modernisation de l’État » 17 se doter, en quelques clics, de l’informatique d’une grande Tour du monde des pionniers entreprise. En constituant une opportunité formidable pour de l’informatique en nuage 18 la modernisation de l’État. En mettant à la disposition de open data 20 tous, avec le développement de l’Open Data, une somme Quand le cloud accélère l’ouverture de données publiques qui vont transformer le service au des données publiques 20 citoyen, tout en promettant de spectaculaires avancées de Le Canada, paradis de l’Open Data ? 22 la connaissance. Sans manquer de revisiter les questions de 3 questions à Jean-Louis Missika sécurité et de confidentialité des données, de réversibilitéRSLN - Regards sur le numérique est le laboratoire de réflexion de Microsoft France. « Un enjeu démocratique et de souveraineté. Elles appellent plus que jamais à unIl répond à notre volonté de susciter et de croiser points de vue et perspectives et de modernité économique » 23sur les nouveaux enjeux – culturels, économiques, sociétaux – du monde numérique. débat public et à un cadre réglementaire afin de garantirIl se décline en ligne sur www.RSLNmag.fr et sous la forme d’un magazine trimestriel gratuit. la transparence et de préserver la confiance. hors-série regards sur le numérique_ 3
  • < enjeux > Cloud computingl’informatique autrement L’image fait rêver. Celle d’une informatique simple, décentralisée, débarrassée de toutes ses contraintes techniques. Une informatique devenue aussi accessible que l’eau ou l’électricité. L’image prend corps : c’est un nuage. Une révolution des usages numériques reposant sur l’utilisation d’Internet et la mutualisation des ressources de calcul dans de gigantesques fermes de serveurs. souplesse, sécurité, économies... vous avez dit révolution ? EnquêtE : PiErrE Bro.
  • < enjeux > « le cloud GloSSaIre computing CLOUD COMPUtINg va permettre Le cloud computing ou informatique d’inventer Sécurité, confidentialité, en nuage consiste à fournir des capacités de traitement informatique des métiers, souveraineté : sous la forme d’un service à la demande, auquel l’utilisateur accède des services, les questions-clés du cloud grâce à une connexion Internet, sans avoir à gérer l’infrastructure impossibles à sous-jacente. Les applications et les données ne se trouvent mettre en œuvre Comment garantir la sécurité des informations stockées dans le « nuage » ? Quel régime juridique appliquer plus forcément sur un serveur auparavant. » à des données qui voyagent aux quatre coins du globe ? Le concept du cloud computing interroge sécurité informatique local mais dans un « nuage », composé de plusieurst JoannEs VErmorEl, PDG DE lokaD serveurs distants interconnectés au et souveraineté avec acuité. sein de fermes de serveurs géantes. out s’est accé- offre en direction des entreprises, sur la filtre. Rapidement 5 000 fans se présen- Si le nuage a encore une bataille à imposent notamment que l’inté- « NUAgE » PUBLIC léré en 2006. Plus base d’un service à la carte, qui a ouvert tent, puis 8 000 et finalement 15 000. Le  livrer, ce sera celle de la confiance. grité et la sécurité des données  On dit d’un nuage qu’il est de dix ans après la voie à un changement considérable cloud va permettre de redimensionner  À partir du moment où les don- soient garanties lors des trans- public quand il est opéré par des avoir lancé sa des usages. la salle en un claquement de doigts et,  nées quittent l’espace clos, connu ferts ». Évidemment, le bon sens fournisseurs de services cloud. librairie en ligne, surtout, de gérer l’installation de tous  et maîtrisé par l’utilisateur (le veut – et c’est d’ailleurs l’avis Le nuage public donne aux clients la le cybermarchand L’InfORmATIqUe AUssI ces  spectateurs  supplémentaires  », siège social de l’entreprise, le site de l’ensemble des experts – que possibilité de déployer et d’exploiter Amazon a l’idée ACCessIbLe qUe L’ÉLeCTRICITÉ explique Vincent Vergonjeanne, fonda- de l’administration centrale, le ces données soient, en réalité, des applications en ne payant de rentabiliser Quatre ans plus tard, la météorite cloud teur de la start-up Kobojo, spécialisée centre d’hébergement du pres- bien mieux surveillées chez des que pour les ressources utilisées. son parc de ser- n’a d’ailleurs pas fini de produire ses dans les jeux en ligne (voir page 15). tataire informatique...), il est légi- spécialistes des data centers que « NUAgE » PRIvé veurs, qu’il n’uti- effets. Même si certains veulent y voir L’image est éclairante. Souplesse, qua- time, pour lui, de s’interroger : ces dans des entreprises dont la sécu- On dit d’un nuage qu’il est privélise en effet à pleine capacité qu’à la l’habillage marketing d’une évolution lité de service, réduction de coûts. Voilà, informations sont-elles bien pro- rité n’est pas le métier. quand il est déployé dans le centre depériode de Noël. Pourquoi ne pas louer somme toute banale de l’offre informa- résumée en trois concepts, l’informa- tégées ? N’y a-t-il pas des risques Pour autant, force est de données du client – entrepriseces espaces à des clients le reste de tique, les faits sont là. Les géants de l’in- tique dématérialisée. Une informatique d’intrusion ? de pertes ? de dégra- constater qu’il demeure une incer- ou administration.l’année ? Pas seulement pour stocker formatique, déjà rompus au traitement qui deviendrait aussi accessible que dation ? Dans le cas de données titude juridique et réglementaireleurs données mais aussi pour qu’ils de données à distance – pensez aux l’eau ou l’électricité. gouvernementales se pose égale- dont les États doivent s’emparer. vIRtUALISAtIONfassent travailler ses serveurs. Tout ceci quelque 370 millions de comptes Hot- ment, avec une acuité renouvelée, « Le secteur privé ne peut pas  Procédé qui consiste à fairevia Internet et à la demande, en pouvant mail gérés par Microsoft – accélèrent la InvenTeR la question de la souveraineté répondre seul à ces défis. Les pou- fonctionner sur un seul serveuraugmenter en temps réel la capacité de construction de fermes de serveurs de De nOUveAUx mÉTIeRs nationale : comment s’assurer voirs publics joueront un rôle-clé,  physique plusieurs systèmestraitement et en ne payant que ce qui plus en plus gigantesques (voir page La standardisation du réseau autour du juste contrôle de données qui non seulement en se servant de  d’exploitation et leurs applicationsétait « consommé ». 10). Les chiffres commencent à donner de la norme Internet, la demande de transitent en permanence entre l’informatique dématérialisée pour  et à recréer ainsi plusieurs ordinateurs Le cloud computing, ce nuage tra- le vertige. Poussé par une croissance plus en plus importante de puissance différentes fermes de serveurs, améliorer ses services et accroître  virtuels sur une même machine.ditionnellement utilisé par les informa- annuelle que le cabinet américain IDC de calcul, le souci d’économies de la aux quatre coins du globe ? leur transparence, mais aussi en  La virtualisation, coupléeticiens pour désigner l’immense nébu- estime à 25 %, le marché mondial du plupart des entreprises, plaident en Bien sûr, le cloud compu- modernisant la législation pour  à l’automatisation des tâches,leuse du Net, prenait une dimension cloud devrait atteindre cette année faveur d’une telle évolution. Pourquoi ting n’est pas une zone de non- l’adapter à la technologie », rap- sont à la base du cloud computing.nouvelle. Non que cette informatique, 53 milliards d’euros. Pour la seule un grand groupe investirait-il en capa- droit. Comme le rappelle Arnaud pelait ainsi, en janvier 2010, Brad OPEN DAtAdite dématérialisée, ait été inconnue France, il est évalué à 1,9 milliard d’eu- cités informatiques supplémentaires David, avocat chez August & Smith, vice-président et directeur Mise à la disposition de donnéesjusqu’alors. Loin de là ! Après tout, ros par Markess international. juste pour absorber des pics d’activité, Debouzy, « les réglementations  juridique de Microsoft. D’où son publiques sur des plateformesla plupart d’entre nous « faisaient du Pourquoi un tel boom ? « Le cloud  par exemple au moment de la clôture de européennes et françaises en  appel aux pouvoirs publics, et Internet dédiées. guidée parcloud » sans le savoir, ne serait-ce computing c’est un peu comme une  ses comptes ? Et songez à l’avantage matière de protection des don- notamment à l’Union Européenne, des principes de transparence et dequ’en utilisant un service de webmail, salle de spectacle modulable en temps  pour une PME aux ressources limitées nées personnelles s’appliquent  pour mettre en place un cadre stimulation économique, l’ouvertureen stockant des photos en ligne, en réel. Imaginez que Johnny Hallyday  de pouvoir accéder aux toutes dernières au  cloud  computing,  et  plus  réglementaire cohérent dans le des données conduit à la création departageant des informations person- ait décidé de faire son retour sur scène  technologies, que, traditionnellement, particulièrement, les disposi- cloud, qui garantisse la protection nouveaux services pour les citoyensnelles sur un réseau social. Mais c’est dans un théâtre prévu pour accueillir à  seule une grande entreprise peut s’offrir. tions encadrant le transfert de  des données et le respect de leur ainsi que de nouvelles opportunitésle principe consistant à formaliser une peine 1 000 initiés. Mais l’information  Et ce, sans avoir à se Suite page 8 >>> données. Ces réglementations  intégrité. ■ FLORENCE PUYBAREAU commerciales pour les entreprises.6_hors-série regards sur le numérique hors-série regards sur le numérique_ 7
  • < enjeux > Le nUAGe À TOUs Les ÉTAGes : 4 exemPLes D’UTILIsATIOn DAns Une Pme DAns Une sTART-UP Calcul base de La start-up crée Comme une grande ! En travaillant dans le nuage, 1 plus facilement données Notre PME a accès dans notre start-up peut se concentrer son application sécurité le nuage à de nombreux sur le cœur de son application.le marché mondial Elle la développe sur une plateforme intégrant déjà des composantes grâce aux briques logicielles pré-installées services logiciels sans avoir besoindu cloud devrait de base, relatives à la sécurité, au calcul, aux bases de données… sur la plateforme de développement d’investir dans ses propres infrastructures informatiques. services mail messagerie instantanéeatteindre cette Elle loue, en fonction de ses besoins, des capacités informatiques auprès 2 dans le nuage. Elle contrôle et teste Elle les consomme à la demande et les paie à l’usage.année 53 milliards Ces outils (messagerie, d’un opérateur cloud et ne paie son application, gestion de la relation client…) que ce qu’elle consomme. la gère en temps réel. lui permettent de mettred’euros. Elle adapte sa consommation, avec rapidité et facilité, au succès immédiatement, à disposition des collaborateurs, de son application. Les pics les logiciels les plus récents, à la hausse, comme à la baisse, Intranet sans se soucier de ne posent plus de problème.>>> soucier ni de leur mise en œuvre, leur maintenance.ni de leur gestion puisque les fournis-seurs de cloud s’en chargeront. Bien sûr, cette (r)évolution impose CRmdes déplacements de responsabili-tés, au bénéfice d’une spécialisation 3 Elle modulebaisse, sa consommation comme à la à la hausse, Agenda partagéaccrue des métiers informatiques. de ressources informatiques en fonctionPrenons un directeur des services du nombre d’utilisateurs de son application.informatiques : jusqu’ici, il passait unegrande partie de son temps à gérer desinfrastructures ; il pourra désormais seconcentrer sur son cœur de métier, la DAns Une mAIRIegestion des applications propres à son Sur Internet, notre mairie a accès à un catalogue d’applications enentreprise. La nouvelle est d’ailleurs ligne hébergées dans le nuage.accueillie avec enthousiasme : 86 % Plus besoin de les développer,des DSI européens considèrent ainsi Application : ni de gérer leur hébergement, paiement cantine elle choisit celles qui l’intéressent,le cloud computing comme le modèle Application : peut les personnaliser à loisirinformatique d’avenir1. À LA mAIsOn emprunt et ne paie qu’en fonction Réseaux bibliothèque Application : La révolution cloud va aussi générer Nous utilisons tous des services des ressources informatiques de cloud computing sans le savoir. sociaux État-civil utilisées. Elle peut mettre ainsi,des nouvelles activités : « tout un éco- messagerie En consultant nos emails sur très rapidement, de nouveauxsystème est en train de se créer autour  Internet, en archivant sur le web services à la dispositiondu cloud pour accompagner les entre- des photos et des vidéos, ou encore des citoyens.prises dans cette mutation », affirme en conversant sur les réseaux e-mail Application : sociaux. Application :Denis Daull, PDG d’Altrasoft, une vidéos voirie mamairie.frsociété spécialisée dans l’infogéranceet l’hébergement. Mais surtout, elle vapermettre « d’inventer des métiers, des services, impossibles à mettre en œuvre auparavant », assure Joannes Vermorel, Photos Jeux en lignePDG de Lokad, une start-up spécialiséedans la prévision de ventes (voir page13). De là à ce que le cloud mette l’éco-nomie sur un petit nuage… ■1. Source : enquête menée par Portio Researchen mai 2010 auprès de 350 DSI européens (dont67 DSI français).8_hors-série regards sur le numérique hors-série regards sur le numérique_ 9
  • < enjeux >au cœur Une ChanCe du nuage poUr Les pMe et si… le nuage se révélait être un véritable booster pour les pMe ? À en croire l’étude menée dans 15 pays à la fin de l’année dernière par l’institut Vanson Bourne, on peut raisonnablementC’est tout simplement hors normes ! imaginez un bâtiment grand le penser. Les deux tiers descomme quinze terrains de football, où des dizaines, voire des petites entreprises interrogéescentaines de milliers de serveurs gèrent l’informatique en nuage. déclaraient utiliser un logicielComment ces data centers assurent-ils l’hébergement, la protection hébergé dans le nuage, et 40 % d’entre elles affirmaient avoiret la sécurité des données des utilisateurs dans le respect enregistré une croissance de leurde l’environnement ? chiffre d’affaires supérieurel à 30 % sur 12 mois. Logique. es data centers, simples hangars Bernard Ourghanlian, le directeur tech- Le fait de pouvoir disposer à machines comme on le pense nique et sécurité de Microsoft France. de ressources informatiques souvent ? Pas si sûr. Garants de considérables sans avoir la bonne marche des nuages PLUs De 50 000 seRveURs à investir, leur offre desinformatiques, ils sont conçus pour C’est pourquoi si, de l’extérieur, le opportunités de développementassurer la disponibilité permanente et lasécurité absolue des services et infras- centre de données ne montre pas beaucoup de signes distinctifs, en portera sur un terrain éloigné des zones sismiques, pouvant être facilement ficacité économique sera élevée : « un  data center destiné au cloud computing  le choix du considérables. De la puissance site se portera mais aussi et surtout destructures qu’ils hébergent. L’enjeu est revanche, sa conception, son aména- approvisionné en électricité et dispo- doit pouvoir héberger au moins 50 000  applicatifs sophistiquésde taille quand on sait, par exemple, queles services Windows Live (Messenger, gement et son utilisation répondent à des critères très précis qui ne sont pas sant d’une bande passante de bonne qualité. À cela s’ajoute la nécessité serveurs. Celui que Microsoft possède  à Dublin a la capacité d’en héberger  sur un terrain (notamment en matière de CrM ou gestion de la relationHotmail…) enregistrent, dans le monde,près de 2,5 milliards de connexions sans rappeler ceux requis pour les cen- trales nucléaires. Le choix du site se d’avoir un très grand espace car plus le centre de données est vaste, plus l’ef- environ 100 000. Et le data center que  nous avons ouvert l’année dernière à  éloigné des client) qui leur étaient jusqu’à présent souvent inaccessibles.chaque jour ! Chicago est encore plus grand », précise zones sismiques, C’est d’autant plus crucial que Héberger et faire fonctionner desmilliers de serveurs informatiques, Bernard Ourghanlian. pouvant être bien des pMe frôlent le point de rupture lorsqu’elles ont unec’est d’abord être assuré de pouvoir les Une TeChnoLogie aU serViCe Une COnsOmmATIOn facilement nécessité urgente de ressources De L’enVironneMenTconnecter, de disposer de circuits de ÉneRGÉTIqUe OPTImIsÉe informatiques supplémentairesrefroidissement performants, de proté- À Dublin comme à Chicago, ces data approvisionné pour accompagner leur croissance et qu’elles n’ont pas les moyensger les installations et d’avoir plusieurssystèmes énergétiques et informatiques Le cloud serait-il bon pour sur les serveurs informatiques de centers ont été conçus dans un souci de réduction de leur consommation élec- en électricité et de se les offrir. et puis, soulignequi, en cas de panne du système princi-pal, seront capables de prendre le relais. la planète ? C’est en effet ce que révèle l’étude menée l’entreprise ou dans le nuage. Les entreprises qui feraient le choix trique et d’amélioration de leur perfor- mance énergétique. Le refroidissement disposant d’une patrick Bertrand, président de l’association française« Pour nos services cloud, disponibles  par accenture et Wsp environment & energy pour de migrer ces solutions dans le nuage réduiraient d’environ des serveurs y est ainsi assuré naturel- bande passante des éditeurs de logiciels, « le cloud va pousser les éditeurs via notre plateforme Windows Azure, toutes les données sont enregistrées  Microsoft, qui a comparé l’empreinte carbone, 30% leur consommation d’énergie et leurs émissions lement via un système de free cooling – l’air chaud soufflé par les machines est de bonne qualité. à proposer des plateformes  de services qui satisferont en trois fois. Nos centres sont également  par utilisateur, de trois de dioxyde de carbone. et plus évacué par le toit, constitué d’un simple un seul point d’entrée tous les équipés de deux niveaux successifs de  applications phare en entreprise - l’entreprise est petite, plus grillage métallique, et l’air extérieur, plus besoins des entreprises, en terme redondance énergétique, l’un assuré par  la messagerie électronique, les avantages de passer au cloud frais, est soufflé à travers les machines. d’infrastructures et de logiciels des batteries pour lesquelles des salles  le partage de contenu et s’avèrent importants : une pMe Avec en ligne de mire, une équation éner- applicatifs ». De quoi simplifierentières ont été dédiées et l’autre par des  les outils au service de la gestion de 100 utilisateurs pourrait ainsi gétique idéale dans laquelle chaque kilo- leur activité informatique etmoteurs qui font chacun la taille d’un  de la relation client -, selon diminuer jusqu’à 90% l’empreinte watt livré au data center n’est utilisé que surtout faire baisser et leursimmeuble de deux étages », explique qu’elles sont hébergées carbone de son informatique. ■ pour faire fonctionner les serveurs. ■ F. P. coûts et les prix. ■ P. B.10_hors-série regards sur le numérique hors-série regards sur le numérique_ 11
  • < InnOVATIOn > accélérateur un Un MiLLion eT DeMi LoKaDanalyser les ventes pour ajuster les stocksd’innovation D’eMpLois Joannes Vermorel a du nez. C’est analyser plusieurs millions de en eUrope utile lorsque l’on se lance dans chiffres ! D’autant que la durée D’iCi À 2014 la fourniture de prévisions de ventes pour le compte d’autrui. de vie standard d’un produit étant d’environ trois ans, c’est en Parti pour deux stages aux États- moyenne dix-huit mois d’histo- Dans une étude publiée en 2009, Unis, dont un dans les célèbres rique de ventes que les serveurs Le nerf de la guerre, pour les start-up, c’est la possibilité de tester Federico etro, chercheur et enseignant Bell Labs d’AT&T, cet ancien de doivent avaler. Mais cela enrichit d’économie à l’université de Milan, et de mettre en œuvre rapidement leurs nouvelles idées. Avec le cloud, Normale Sup option maths, avait considérablement l’analyse et a conçu un modèle théorique simulant elles le font très vite et sans avoir à investir lourdement. en effet pu y mesurer à quel point permet de gérer ses stocks del les effets du cloud computing sur l’économie européenne et celle des le traitement de plus en plus fin façon beaucoup plus précise. e droit à l’erreur. Quel de faire le tri dans les offres cloud pour  d’estimer à l’avance le succès qu’une différents États-membres de l’Union. des données, rendu possible meilleur atout dans les choisir la mieux adaptée ». En d’autres nouvelle application va rencontrer selon son analyse, l’adoption rapide par les capacités de traitement aBsorBer Les VariaTions mains d’une entreprise termes, c’est tout un écosystème qui va auprès de leurs membres. Sous-dimen- du cloud computing sur le Vieux informatique toujours plus acces- De Charge qui souhaite créer de nou- se mettre en place pour que le cloud soit sionner la capacité informatique d’ab- Continent pourrait permettre la création sibles, offrait des perspectives Le recours à une solution de cloud veaux produits ou services, totalement efficient. sorption du nouveau trafic généré, c’est de centaines de milliers de nouvelles commerciales considérables. computing s’est donc très vite surtout lorsque celle-ci est s’exposer à des dysfonctionnements entreprises et par conséquent Certes, la prévision statis- imposé. « Nous avons parfois  toute jeune et dispose de s’ADAPTeR AveC sOUPLesse meurtriers sur le plan marketing. La sur- d’au moins un million et demi d’emplois. tique n’est pas une science nou- besoin de traiter en à peine une faibles moyens financiers et humains ? C’est d’autant plus décisif que le dimensionner peut dramatiquement « Le premier et principal bénéfice   velle. Elle date de plus d’un siècle. heure, des données qui arrivent L’une des clefs de l’innovation n’est-elle cloud constitue une ressource irrem- saler la facture. Avec le cloud, les pics de l’informatique en nuage,   Ce qui est plus original, c’est la en fin de journée, afin que notre pas cette possibilité de tester en gran- plaçable pour tous les créateurs. Une à la hausse – comme à la baisse… – ne c’est l’accès pour les PME   façon dont Joannes Vermorel va client puisse décider des produits deur réelle une idée, sans que cela relève ressource peu coûteuse bien sûr, mais posent plus de problème. à des ressources technologiques   aborder cette discipline lorsqu’il à charger dans les camions qui à chaque fois du quitte ou double ? « Les  surtout s’accommodant parfaitement à coût réduit grâce à la mutualisation   commence à s’intéresser aux quitteront le lendemain matin start-up dans l’univers des nouvelles  de l’incertitude qui caractérise toute Ce n’esT qUe Le DÉbUT et au partage des infrastructures  besoins des sociétés de distri- son dépôt à destination des maga-technologies ont autre chose à faire que  recherche innovante. Prenez l’exemple Simplicité, élasticité, mais aussi rapidité informatiques », précise Federico etro. bution. Celles-ci, en tout cas les sins », explique Joannes Vermorel,de se soucier de leurs serveurs et de  des réseaux sociaux, dont la plupart de réaction. On sait à quel point la faculté La création de nouvelles entreprises plus grandes, sont bien sûr rom- qui vient d’avoir vingt-neuf ans. enclencherait ainsi un cercle vertueuxles gérer. L’essentiel pour elles, c’est de  sont basés sur des solutions hébergées d’adaptation de l’offre sur ces nouveaux pues à l’exercice de l’anticipation. Aujourd’hui, toutes ces opé- – stimulation de la concurrence,pouvoir mettre en œuvre rapidement  dans le nuage. Il est toujours difficile marchés est stratégique. Et ce n’est pas Mais sur la base d’historiques de rations sont bien sûr automati- augmentation de la production,leur  projet  », s’exclame Guillaume près de se calmer ! Le développement ventes produit par produit. sées. Trois cent clients de Lokad baisse des prix – et aurait, de facto,Belmas, manager de business unit de l’Internet mobile est un vecteur pri- L’idée de Lokad, la start-up envoient régulièrement leurs un effet positif sur la consommation.chez Wygwam, un bureau d’expertise vilégié pour l’innovation. Là encore, la créée par notre mathématicien statistiques pour des prévisions rien qu’en France, on pourrait assister,technologique. Mais attention, pré- souplesse du cloud va permettre d’of- en 2007, est beaucoup plus ambi- à échéance d’une semaine, d’unvient Patrick Bertrand, président de C’est tout frir à des millions d’abonnés de nou- d’ici à cinq ans, à la création de 9 000 à 48 000 entreprises tieuse : « nous avons construit nos  mois ou même d’une année. Lesl’Association française des éditeurs delogiciels : « il est illusoire de penser que  un écosystème velles applications, d’avoir des feed- backs instantanés pour éventuellement et de 30 700 à 154 400 emplois. ■ F. P. modèles pour analyser les données  de ventes de produits, “ dans la    dix ingénieurs qui composent désormais l’équipe de Lokadtout pourra se faire systématiquement à distance et sans le moindre contact.  qu’il va falloir ajuster le tir, sans que cela nécessite des investissements considérables. Gilles largeur ”, c’est-à-dire en utilisant  toutes les corrélations pour affi- sont assez fiers de leurs perfor- mances : le taux d’erreur de leursLes prestations de cloud, qui seront de  mettre en place Babinet, cofondateur de la start-up Cap- ner les prévisions. » En d’autres clients, c’est-à-dire l’inadaptationplus en plus sophistiquées, devront, pour fonctionner le mieux possible, être  pour que le cloud tain Dash (voir p. 14), résume à sa façon l’impact du phénomène : « l’informatique  termes, il s’agit de croiser les informations concernant tous les du stock dans les magasins par rapport aux ventes qui se réali-accompagnées soit par des spécialistes chez le fournisseur lui-même, soit par  soit totalement dématérialisée,  c’est  une  formidable  opportunité offerte aux tout petits de  produits, dans tous les points de vente, sur une période donnée. sent, a diminué en moyenne de 35 %. Pas mal. Et très rentable.des intermédiaires spécialisés à même  efficient. pouvoir très vite voir très grand. » ■ P. B. L’algorithme de Lokad peut ainsi ■ P. B.12_hors-série regards sur le numérique hors-série regards sur le numérique_ 13
  • < InnOVATIOn >CapTain Dash Tirer parti des données publiques KoBoJo2,5 téraoctetsGilles Babinet sourit : «  Je  suis convaincu qu’un jour, un type pourra  dans le cloud computing. Sa théorie est simple : le phénomène d’Open Data façon très claire sur les ventes de cer- tains produits alimentaires et ce dans téléchargés par jourmonter un business de chez lui avec sa  (voir page 20), c’est-à-dire la mise à des proportions très différentes selon « nous sommes Cela a commencé dans une chambre jour. Pour s’adapter plus facilementseule carte bancaire, et faire fortune. Et encore : ce n’est pas sûr qu’il ait besoin  disposition grâce au Net de données publiques de toutes sortes, pour beau- les régions. Évident ? Pas tant que cela. « On s’est rendu compte que la plupart  passés, en moins à Dublin. Volets fermés. Vincent Ver- gonjeanne et son ami Franck Tetz- à cette montée en puissance, Kobojo choisit alors de migrer ses applica-de dépenser un sou. » Voilà commentce serial entrepreneur résume sa foi coup d’entre elles gratuites, va générer quantité d’idées de business. Et avec le des entreprises n’avaient pas d’instru- ment performant pour croiser toutes les  d’un mois, de laff s’enferment pour une semaine de travail intensif. Objectif : créer des tions dans le nuage. « Nous avons  un besoin énorme de souplesse et de  cloud, pas de problème pour les mouli- informations dont elles disposaient », 5 000 à 700 000 applications pour réseaux sociaux, capacités à absorber de très importants  ner et en tirer profit. Gilles Babinet en a déjà eu, une assure Gilles Babinet. Avec son tableau de bord qui croi- utilisateurs notamment des jeux en ligne. Et cela marche. Doucement dans un premier pics de demande, notamment entre  18 et 23 heures », explique Vincent  « un jour, un type idée, avec son compère Bruno Walther, ex-président d’OgilvyOne. Ils viennent sera à la fois des données internes à l’entreprise (ventes, stocks…) et par jour. » temps. Et puis soudain, l’explosion. Une succession de jeux qui cartonnent Vergonjeanne. Et oui, Kobojo doit être capable de répondre sans le moindrepourra monter un de créer Captain Dash, une start-up qui vise à rendre le travail des marketeurs externes (géographie, santé publique, pollution, météo, politique…) ou toute VinCEnt VErGonJEannE,   fonDatEur DE koBoJo (Docteur Love, Petits quiz entre amis et surtout Goobox) font décoller le projet. délai à la demande de ses quelque 50 millions d’utilisateurs, tous jeuxbusiness de chez plus facile et surtout plus efficace. Leur autre qui sera jugée pertinente par ses « Nous sommes passés, en moins d’un  confondus, sur le seul réseau sociallui avec sa seule analyse est simple : pas plus de 10 % des informations disponibles à l’in- clients, Captain Dash propose un outil capable d’optimiser la pression publi- mois, de 5 000 à 700 000 utilisateurs par  jour », raconte Vincent Vergonjeanne. Facebook. ■ P. B.carte bancaire, térieur des entreprises n’intéressent vraiment les gens du marketing. Le citaire. Et de permettre, par exemple, aux industriels de la cosmétique, dont Kobojo est créée en septembre 2008. L’achat de serveurs vient com-et faire fortune. » reste leur arrive de l’extérieur. Malheu- reusement, ils ne sont pas forcément les ventes de certains produits sont corrélées aux variations d’émissions pléter ceux qui étaient loués chez un hébergeur. La société a beau grossirGillEs BaBinEt,  fonDatEur DE CaPtain Dash conscients de tout ce qui pourrait être d’allergènes, de cibler leurs campagnes (elle compte aujourd’hui 14 personnes), utile à leur choix de communication et sur des zones sujettes à des pics de elle commence toutefois à être dépas- encore moins capables de les synchro- pollution plutôt que d’« arroser » sans sée par la quantité de données à gérer : niser. Un exemple ? La météo influe de discernement. ■ P. B. 2,5 téraoctets sont téléchargés chaque14_hors-série regards sur le numérique hors-série regards sur le numérique_ 15
  • < InnOVATIOn > le nuage > > 3 QUesTions À naThaLie WrighT > « Une formidable opportunitéà l’horizon des États pour la modernisation de l’État » Le cloud computing est un enjeu stratégique pour l’informatique. en quoi cela concerne-t-il le secteur public ? réduire les dépenses publiques. L’objectif est dans la ligne de mire Le cloud computing représente une formidable des administrations des pays du monde entier. Dans le domaine du secteur public, opportunité pour accélérer la modernisation de l’État. les enjeux du cloud computing sont stratégiques si l’on en croit une étude fondée En offrant des ressources technologiques dématéria- sur l’expérience de sept collectivités locales américaines. Leurs économies liées lisées et à la demande, il permettrait de rationaliser« à l’utilisation du nuage ont été estimées entre 25 et 50 %. saisissant ! les moyens technologiques de l’État sans pour autant abandonner aucun territoire. Plus besoin d’infrastruc- tures informatiques lourdes et complexes, rarement Les services fondés sur  Élément stratégique central de électroniques de la ville de Carlsbad, en exploitées au maximum de leurs possibilités. Une le cloud computing vont  cette politique : le cloud computing. Californie, au stockage de l’ensemble simple connexion Internet suffit pour améliorer les révolutionner la manière  «  Fragmentation,  mauvais  suivi  des  des données nécessaires à l’unité de services rendus aux citoyens et leur proposer de nou- dont les nouvelles tech- projets,  poids  des  systèmes  dépas- l’armée de l’air chargée d’encadrer les velles applications en ligne dans tous les domainesnologies fonctionnent, mais également  sés  mais  toujours  utilisés  :  ces  fac- missions de la NASA, à Cap Canaveral. possibles (santé, éducation…). Avec le cloud compu-permettre d’économiser les dollars des  teurs  ont  longtemps  empêché  le    Ses résultats sont saisissants : en ting, l’informatique gagne en agilité au service d’un dans laquelle elle pourrait puiser à volonté et trouver nathaliecontribuables américains. » Cette petite secteur public de bénéficier des gains  moyenne, les dépenses informatiques renouveau de la relation avec le citoyen. un modèle de site prêt à l’emploi, personnalisable en Wright,phrase aux allures de programme a été de  performance  liés  aux  nouvelles    de ces agences ont diminué de 25 à fonction de ses besoins. Les démarches lui seraient directrice secteurlancée dans le débat public outre-Atlan- technologies, alors que le privé en béné- 50 %. Darell West, vice-président de Concrètement, comment cela pourrait-il se considérablement facilitées ! Voilà, à travers deux public detique il y a désormais un peu plus d’un ficiait. [Le cloud] a le potentiel de [les]  la Brookings Institution et signataire traduire ? exemples très simples, un aperçu de tout ce que le Microsoftan – elle a, très précisément, été publiée réduire », précise-t-il dans un grand de cette étude, liste quelques-uns des Prenons l’exemple d’une petite mairie. Aujourd’hui, cloud computing peut apporter. France.le 15 septembre 2009, sur le blog officiel document programmatique, « State facteurs pouvant expliquer ces diffé- il est souvent bien compliqué, pour elle, de doter sesde la Maison Blanche. of Public Sector Cloud Computing », rences : « l’étendue et la rapidité de la  agents d’une boîte mail, de plateformes d’échange Dans ce cas, qu’est-ce qu’on fait des outils Vivek Kundra, son auteur, est le publié en mai 2010. migration, le choix de cloud public ou  et de partage de fichiers, voire d’une messagerie et des applications déjà développés ?« monsieur nouvelles technologies » du privé, le degré de sécurité ou de confi- instantanée. Ces services, nécessaires au bon exer- Il est tout à fait possible de faire coexister deuxprésident américain, Barack Obama – il RÉDUIRe Les DÉPenses dentialité des données retenu. » cice de leurs fonctions, existent dans le nuage. Notre systèmes, l’un traditionnel, l’autre dans le nuage,porte le titre officiel de « Chief Informa- InfORmATIqUes En France, la révision générale des mairie peut d’ores et déjà y accéder, via une simple ou bien de migrer tout ou partie des applicationstion Officer » des États-Unis, ou « direc- Le CIO des États-Unis ne s’est pas politiques publiques a fixé comme connexion Internet et ne paiera qu’en fonction de ce existantes dans le nuage. Dans ce cas, le processusteur des systèmes d’information », en encore engagé sur un chiffrage précis objectif une baisse de 10 % en trois qu’elle consommera. Cela permet à n’importe quelle est plus ou moins long en fonction de la complexitébon français. En un an à peine, il est des économies potentielles réalisées ans des dépenses de fonctionnement petite mairie de donner à ses agents les outils les plus de l’application et de ce qu’on souhaite en faire :probablement devenu l’informaticien par une migration vers le cloud compu- de l’État et l’application de nouvelles modernes, sans investir lourdement. À cet égard, le de la simple externalisation de son hébergementle plus connu au monde… des non- ting. D’autres, néanmoins, ont passé en règles de gouvernance, au bénéfice cloud computing permet une égalité de traitement à sa transformation complète en service cloud.informaticiens ! Raison de cette noto- revue les différentes expériences réa- d’une mutualisation des fonctions entre les agents. C’est, d’une certaine manière, la Avec comme bénéfices à la clé : la mutualisationriété : depuis la Maison Blanche, il a lisées au niveau local, à l’échelon de support. Sans doute des idées à trouver réduction de la fracture numérique au sein de la fonc- des anciennes applications, leur disponibilité à laengagé une politique de réduction des villes ou dans certains départements dans le nuage… ■ ANtOINE BAYEt tion publique. demande et leurs mises à jour facilitées. Selon ledépenses informatiques du pays, un d’agences fédérales. La Brookings Poursuivons notre exemple : notre petite mairie degré de confidentialité des informations qu’ellesposte qui pèse 76 milliards de dollars Institution, l’un des think tanks amé- souhaite lancer un portail Internet, sur lequel elle pro- traitent, ces applications pourront être hébergéespar an, dont 19 milliards consacrés aux ricains les plus réputés, a ainsi diffusé, poserait aux habitants de sa commune un ensemble de dans un nuage public – externalisé –, privé – interneinfrastructures. en février 2010, une étude comparant services en ligne (gestion de ses emprunts à la biblio- à l’administration concernée –, ou une combinaison les économies réalisées dans sept thèque, paiement de la cantine en ligne, demande de des deux. Ce qui compte, c’est que quelle que soit expérimentations distinctes (Saving permis de construire…). Imaginons qu’elle ait accès l’option choisie, ce soit en totale transparence pour Money Through Cloud Computing) – à une bibliothèque d’applications informatiques, l’utilisateur final. ■ de la migration des boîtes aux lettres16_hors-série regards sur le numérique hors-série regards sur le numérique_ 17
  • < INNOVATION > Tour du monde des pionniers de l’informatique en nuage Nom de code : « G-cloud » pour nuageÉTATS-UNIS DANEMARK gouvernemental, le nouvel axeTrente-sept pages pour un « État des lieux du cloud dansl’administration » : en mai 2010, Vivek Kundra, le Chief Infor- ROYAUME-UNI À bien des égards, le Danemark, avec ses 5,5 millions d’habitants et son taux de pénétration d’Internet d’investissementmation Officier des États-Unis, publiait une feuille de route qui est l’un des plus forts au monde, fait partie des technologique dunourrie, fixant les objectifs de l’utilisation du cloud par lesecteur public dans le pays. « D’ici à septembre 2013, tous C’est une feuille de route pour un régime d’athlète. Le rapport pionniers européens du cloud computing. La NITA (Agence nationale des nouvelles technologies) a déjà gouvernement JAPONles investissements technologiques des agences fédérales « Government ICT strategy », expérimenté la migration dans le nuage de deux de ses anglais.devront avoir été examinés sous l’angle du cloud. Dès que présenté par le gouvernement plus importantes plateformes informatiques. Comme le Royaume-Uni, le Japoncelui-ci sera moins coûteux qu’une autre solution, il devra britannique à la fin de l’année 2009, La première, Digitaliser.dk, est un réseau a choisi de créer, d’ici à 2015,être privilégié », peut-on notamment y lire. fixe les grandes orientations d’échanges, entre administration et communauté un nuage gouvernemental destiné Dès septembre 2009, la Maison Blanche avait mis en du gouvernement en matière informatique, sur la modernisation numérique de l’État à accueillir les différentes institutionsligne le site Apps.gov à destination des administrations d’investissements technologiques (au menu : discussion sur l’Open Data, les formats et gouvernementales japonaises.fédérales. En proposant un catalogue d’applications et de d’ici à 2020. Pilier de cette stratégie ? les standards, etc.). Baptisée « Kasumigaseki cloud »,services de cloud computing, fournis par des prestataires Le cloud computing. Première étape : La seconde, NemHandel, est un service gratuit du nom du quartier de Tokyodéjà référencés par l’État, il simplifie considérablement le diminuer drastiquement qui permet à tout prestataire de l’État d’envoyer ses dans lequel la plupartprocessus d’achat. Autre piste envisagée : le recours à des le nombre de fermes de serveurs factures dans un format électronique standard, comme des ministères sont situés,services de messagerie et d’agenda, hébergés dans le nuage, du gouvernement pour passer l’impose la loi danoise. Lancé en 2007, ce service a pour l’initiative permettra de consoliderpour près de 100 000 fonctionnaires dès 2011. de 130 aujourd’hui à une dizaine objectif de permettre aux 300 000 PME danoises, plus les ressources informatiques seulement. Cet ensemble porte habituées à envoyer des factures papier à leurs clients, de l’État au sein d’un seul nuage UN CONSEIL FÉDÉRAL POUR FACILITER même un nom : « G-Cloud », de travailler pour le gouvernement. privé. Au-delà de la réduction L’ADOPTION DU CLOUD pour « nuage gouvernemental ». Devant le succès du service, la NITA a choisi de des dépenses informatiques,Vivek Kundra a également mis en place un « Conseil de sur- Cette rationalisation sera l’héberger dans le nuage pour en accélérer le déploie- le projet vise égalementveillance du cloud », réunissant les chefs des systèmes d’in- accompagnée du lancement ment (déjà 60 000 utilisateurs en décembre 2009, soit à privilégier une informatiqueformation de chaque agence fédérale. Ce dernier a notam- d’un « magasin applicatif », 20 % des entreprises danoises). plus respectueuse de l’environnement.ment donné naissance au programme Fedramp, un système permettant le partage d’applications Le « Kasumigaseki cloud » faitde certification unique des prestataires IT du gouvernement et de services, pour lequel ASSOCIER LES MAIRES À LA DÉMARCHE partie d’un plan plus généralet de ses agences. Son objectif : faciliter l’adoption du cloud 500 millions de livres d’économies Prochaine étape pour la NITA : convaincre l’équivalent d’investissements dans les nouvellescomputing. Comment ? En garantissant aux agences que sont attendus en 2020. I de notre association des maires, qui réunit 98 munici- technologies, auquel le gouvernementles prestataires auxquels elles feront appel respecteront palités danoises, d’adopter le principe de NemHandel japonais consacre un budgetl’ensemble des critères de sécurité requis par le gouverne- et d’intégrer le cloud computing dans leur stratégie de 100 milliards de yensment (les agences n’ayant ainsi pas besoin de procéder à leur numérique. Une étude préalable au transfert de ces (environ 1 milliard d’euros). Ipropre évaluation du fournisseur). Simple en apparence, mais deux systèmes dans le nuage tablait sur une économielourd de conséquences ! I de 71 % avec la migration. I18_HORS-SÉRIE REGARDS SUR LE NUMÉRIQUE HORS-SÉRIE REGARDS SUR LE NUMÉRIQUE_ 19
  • < Open DATA > Quand le cloud accélère Partout dans le monde, le mouvement « Open Data » ou « données ouvertes » commence à faire parler de lui. son principe : rendre accessible à tousl’ouverture des des volumes d’informations qui, parce qu’on ne savait pas quoi en faire ni comment les traiter, prenaient la poussière sur les étagères d’administrations. Il trouve, dans le nuage, un partenaire d’évidence. données publiques « notre métier, ce n’est pas À quelle heure les voies d’accès aux métropoles de faire de quel logiciel. Le mouvement Open Data, largement engagé aux États-Unis, britanniques sont-elles la maintenance commence d’ailleurs à se développer en de serveurs le plus congestion- France (voir l’interview de Jean-Louis nées ? Et par consé- Missika page 23). quent : quand ai-je intérêt, moi, patron mais de proposer Le cloud, facilitateur de l’Open Data ? Chris Moore, le CIO d’Edmon- d’une entreprise de transport routier, à de meilleurs ton, première ville à avoir fait le choix du services aux faire circuler ma flotte de 38 tonnes ? En développement d’une politique d’Open Grande-Bretagne, les réponses à toutes Data basée à 100 % sur des technolo- ces questions se trouvent en ligne. Ou, plus précisément, dans des données citoyens » gies cloud (voir notre article sur ces pionniers canadiens page 22), en est publiques, accessibles à tous, citoyens, Chris moorE, Dsi D’EDmonton, CanaDa  convaincu. « Notre métier, ce n’est pas  scientifiques, entrepreneurs… de faire de l’informatique, encore moins  Lancé le 21 janvier 2010, data.gov.uk de créer de nouvelles opportunités de  de la maintenance de serveurs. Mais de  regroupe plusieurs milliers de jeux de business, assurait de son côté Stephen saisir tout le potentiel de la technologie  données qui, habituellement, prennent Timms, le ministre britannique du pour proposer de meilleurs services aux  la poussière sur les étagères d’adminis- Numérique. L’industrie va pouvoir uti- citoyens », explique-t-il. Edmonton a trations. Il s’inspire du précédent des liser ces données de manière créative,  ainsi choisi d’héberger les données et États-Unis, où l’administration Obama pour développer de nouveaux services  les applications hors des serveurs de la a initié, quelques mois plus tôt, un chan- et en retirer une valeur économique. » ville. « Nous voulions aller vite ! », sou- tier similaire, avec le site data.gov. L’ob- ligne Chris Moore, qui explique que, jectif premier, évidemment, est bien de TRAnsfORmeR grâce à cette solution cloud, trois petites développer la transparence, raconte, Les DOnnÉes en DATA semaines seulement ont été néces- dans une tribune-programme, publiée Collectivités territoriales et autres saires à la publication des premiers jeux dans le Guardian,Tim Berners-Lee, l’un agences de développement écono- de données. « Le choix d’infrastructures  des pères du web, qui a largement ins- mique sont évidemment parmi les propres aurait été beaucoup trop long et  piré la réflexion ayant conduit au lance- premières concernées. Détentrices fastidieux. Le cloud nous a semblé une  ment du site, en janvier. Les internautes de milliers de données non exploitées, solution naturelle, une manière logique  peuvent y consulter toutes sortes de parfois diffusées depuis de longues d’étendre notre écosystème en ligne.  données, depuis la performance des années mais dans des formats relati- Tout cela était vraiment presque décon- établissements scolaires jusqu’au taux vement inadaptés à un travail de pro- certant de facilité... » ■ A. B. de criminalité comté par comté. Ils sont grammation, elles doivent en faire de également largement invités à les diffu- véritables datas. Comprenez par là des ser, à les publier. données informatiques exploitables à Mais l’enjeu citoyen n’est pas le seul partir d’un programme informatique, ayant conduit à cette mise en ligne : avec une publication dans un format « Publier ces données, c’est l’occasion  standard, utilisable depuis n’importe20_hors-série regards sur le numérique hors-série regards sur le numérique_ 21
  • < Open DATA >le Canada, paradis regards sur le numérique Hors-série de l’open data ? novembre 2010 www.rsLnmag.fr Microsoft France - SAS au capital de 4 240 000 euros - 39 quai du Président- > > 3 QUesTions À Jean-LoUis MissiKa > Roosevelt 92130 Une politique d’open Data bien menée, c’est un équilibre complexe. adjoint au maire de Paris, chargé de l’innovation, de la recherche et des universités. Issy-les-Moulineaux nous sommes allés jeter un œil à ce qu’ont entrepris • Directeur de la publication « Un enjeu démocratique Éric Boustouller les municipalités de Vancouver et d’edmonton, deux exemples réussis • Directeur de la rédaction au Canada, en identifiant trois facteurs-clés de succès. Marc Mossé et de modernité économique » • Directrice déléguée Constance Parodi Une VoLonTÉ à mener formalisent, noir sur blanc, tiques, en voyant ce genre d’appli- • Rédactrice en chef l’une des politiques d’Open Data cations, et les économies qu’elles  en juin 2010, le conseil municipal technique et d’utilité. Il s’agit, par exemple, Mélanie Daboudet - redaction@ poLiTiQUe ForTe les plus ambitieuses adoptées peuvent permettre, sont incités à  de paris a adopté une délibération du catalogue des bibliothèques munici- regardsurlenumerique.fr • Rédaction La scène se passe au conseil muni- par une collectivité locale. David accélérer le processus. Plus de don- consacrant le principe général pales, du plan de voirie, du rattachement Antoine Bayet / Spintank, cipal de Vancouver, le 19 mai 2009. Eaves, 35 ans, l’un des rédacteurs nées, ce sont plus d’applications,  d’une « diffusion progressive des immeubles aux différents bureaux de Pierre Bro, Florence Puybareau Dans une démarche alors totale- de cette charte, est un « gourou » du donc plus de start-up mobilisées. Et,  des données ». Différents travaux vote... • Conception éditoriale ment inédite, les élus de cette ville mouvement Open Data au Canada. au final, de meilleurs services rendus  devaient être entamés en ce sens. Pour l’instant, ce sont principalement Comfluence - de 600 000 habitants de la côte ouest « L’un des objectifs était, à court  au citoyen ! » où en est-on ? des domaines grand public. Nous procè- 34 rue du Faubourg- du Canada, s’accordent pour voter terme, de consacrer un engagement  Nous avons engagé un travail de recense- derons à des mises en ligne progressives : Saint-Honoré - 75008 Paris une « charte » solennelle, consacrant permettant de lancer des travaux  MoBiLiser ment des données, mené avec une double certains jeux de données vont nécessiter • Conception et réalisation l’engagement de la ville à ouvrir ses concrets, et d’aboutir à des réali- dimension : la recherche de bases de don- un petit travail d’amélioration de la qualité graphique JBA - 2 rue données. Onze « considérants », sations rapidement », explique-t-il. Un ÉCosYsTèMe nées techniquement utilisables, et socia- technique, qui n’est pas gratuit. des Francs-Bourgeois 75003 Paris - ph.bissieres@jba.fr trois grands principes, et six actions Tout cela suppose toutefois une lement utiles. Nous avons progressé rapi- • Directrice artistique L’exeMpLe condition de taille : la formation dement et nous avons identifié un certain Quels sont les bénéfices attendus Virginie Kahn d’un écosystème de développeurs. nombre de données que nous allons mettre de cette politique ? par La preUVe C’est lui qui, en construisant des en ligne avant la fin de l’année 2010. Le premier enjeu est évidemment démo- • Secrétariat de rédaction Dominique Choffel Même les données les plus triviales applications, jouera le rôle de Ce temps a également été l’occasion cratique. Ouvrir les données, c’est un enga- • Illustrations 500GLS en apparence peuvent trouver un médiation entre les citoyens et d’une sensibilisation, en interne, à la ques- gement de transparence. Mais si l’on y • Photographie « plus de données, intérêt immédiat pour la collectivité. Exemple avec l’application Van- les données. Il s’agit donc à la fois d’une création de sens et de valeur. tion de l’ouverture des données. Après une première réaction plutôt réservée, regarde bien, il ne s’agit de toute façon que de rendre aux citoyens ce qui leur appar- P. 2 R. Frankenberg/Interlinks- Image. - P. 17 E. Larrayadieu/ ce sont plus Trash, qui propose aux habitants «  À Vancouver,  la  communauté  notamment au regard des contraintes tient : les bases de données, ce sont eux qui Interlinks-Image • Infographie Didapix d’applications, de Vancouver un système d’alerte pour les avertir du jour de passage Open Data, qui préexistait à la poli- tique municipale, a été mobilisée  techniques, les équipes concernées ont été plutôt enthousiastes, et ont adhéré à les ont financées, via l’impôt ! L’enjeu est également économique. • Imprimerie Point 44 donc plus de ZA des Nations - des éboueurs dans leur secteur. Cela dès les premières réflexions, lors  cette volonté. Attention, nous n’avons pas pour objectif 342 rue du Professeur-P.-Milliez n’a l’air de rien en apparence, mais, à de la rédaction de la charte adoptée  L’Open Data soulève de nouveaux principal de faire de l’argent en vendantstart-up mobilisées. mesure que les habitants utiliseront en conseil municipal, notamment.  enjeux, que nous continuons encore à des données, mais de stimuler la com- 94500 Champigny-sur-Marne Document imprimé sur et au final, ce système, l’efficacité des tournées programmées par la municipalité Mais  nous  programmons  égale- ment des réunions, au format ate- explorer en interne : la sécurité des don- nées publiées, la question du respect de la munauté des développeurs, des start-up. C’est une invitation à innover, à investir. papier issu de forêts gérées durablement, avec des encres de meilleurs sera renforcée et cela lui évitera de devoir envoyer des « tournées » de lier, associant à la fois politiques,  communauté de développeurs et  vie privée, l’anonymat. Aux États-Unis, le marché de l’Open Data représente plusieurs milliards de dollars. végétales. Point 44 est titulaire de la marque Imprim’Vert® services rendus ramassage des poubelles supplé- citoyens : tout le monde est invité  Concrètement, quelles données Certaines start-up pourront peut-être qui distingue les entreprises de l’industrie graphique soucieuses au citoyen ! » mentaires, et très coûteuses. « C’est  le début d’un vrai cercle vertueux », à donner des idées, une forme de  mobilisation nouvelle et efficace », pourraient être diffusées ? Nous avons identifié une vingtaine de jeux d’ailleurs acquérir des avantages compa- ratifs décisifs en développant des process de la gestion environnementale de leur activité. DaViD EaVEs, Consultant En oPEn Data décrypte David Eaves. « Les poli- conclut David Eaves. ■ A. B. de données répondant à ce double enjeu de de valorisation des données. ■ A. B. Dépôt légal à parution.22_hors-série regards sur le numérique