Etude PwC sur l'avenir de la filière photovoltaïque en France (2012)

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Etude PwC sur l'avenir de la filière photovoltaïque en France (2012)

  1. 1. Quel avenirpour la filièrephotovoltaïqueen France ?
  2. 2. Sommaire || 1. uel est l’état actuel du marché français Q du photovoltaïque ? 2 1.1. Les objectifs du Grenelle pourront-ils être atteints ? 2 1.2. uel est le niveau de maturité du marché français par rapport Q aux autres marchés européens ? 3 2. ’offre photovoltaïque française : quels atouts ? L Quelles difficultés ? 5 2.1. uel est l’état actuel de l’industrie française du photovoltaïque ? Q 5 2.2. L’environnement: une opportunité pour la production locale 6 3. Quelle filière photovoltaïque en France à horizon 2030 ? 8 3.1. ne demande en énergie en hausse U 8 3.2. Comment favoriser une filière française ? 8 3.3. Le rôle du photovoltaïque dans la construction durable 9 3.4. e rôle de l’accompagnement politique, moteur de la transition L énergétique 9Dans le cadre des études réaliséessur le sujet du photovoltaïque parPwC, nos experts énergie duStrategy Group ont mené uneconsultation auprès des acteursdu photovoltaïque français afin dedécrire l’état actuel du secteur etd’identifier les perspectives de lafilière du photovoltaïque en France.A travers une analyse de l’offre etde la demande, cet article apporteun éclairage prospectif sur lasituation française, qui vientcompléter notre étude « La filièrephotovoltaïque : ses critères decompétitivité économiques,environnementaux et sociétaux ».
  3. 3. L’industrie photovoltaïque françaisetraverse une crise dont l’issue s’avère 1. uel est l’état actuel du Qincertaine. Contrairement à l’Allemagne ouà la Chine, la France n’a pas su se doter à ce marché français dujour d’une industrie de taille suffisammentimportante et compétitive pour rivaliser photovoltaïque ?avec les leaders du secteur. Malgré unevolonté du législateur d’augmenter lapart d’énergies renouvelables dans le mix 1.1. Les objectifs du Grenelle pourront-ils énergétique français, le développement de être atteints ?l’énergie photovoltaïque en France restelimité et génère un déficit commercial Dans le cadre de la directive européenne sur les énergiescroissant. renouvelables, le Grenelle de l’environnement a fixé pour objectif de porter à 5,4 GWc la puissance électriqueLa filière photovoltaïque française photovoltaïque raccordée en France à horizon 2020. Areprésente pourtant une opportunité fin juin 2012, la puissance raccordée au réseau du parcindustrielle prometteuse qui a déjà permis français métropolitain s’est élevée à 2,93 GWc. L’atteinteà ce jour la création de l’ordre de 17 000 des objectifs du Grenelle implique donc un rythme annuelemplois. De nombreuses entreprises se sont de raccordements de l’ordre de 75 MWc par trimestre. Lepositionnées sur l’ensemble de la chaîne de rythme trimestriel moyen des demandes de raccordementvaleur, ce qui a favorisé le développement déposées était de 160 MWc entre mars 2011 et mars 2012.d’une offre locale, néanmoins fortement Il apparaît ainsi que le rythme actuel ne laisse pas présagerdépendante des importations. Le coût de « décrochage » par rapport aux objectifs du Grenelle.de l’énergie photovoltaïque devrait Néanmoins, il est aujourd’hui question de multiplier pardevenir compétitif avec les énergies quatre les objectifs de raccordements1.conventionnelles dans les années quiviennent, ce qui laisse envisager une forte Cependant il n’est pas démontré que les objectifs fixés par lecroissance du secteur à moyen terme. législateur seront suffisants pour accompagner la création d’une filière photovoltaique compétitive en France.Dans le contexte du débat sur l’énergiedevant livrer ses conclusions en juin 2013, En décembre 2010, le gouvernement français a publiéle modèle de développement de cette filière un décret suspendant l’obligation d’achat de l’électricitéest aujourd’hui remis en question. photovoltaïque pour les installations d’une puissance supérieure à 3kWh pendant une durée de 3 mois. CeLa forte concurrence internationale sur les «moratoire» a été suivi par une baisse importante des tarifsproduits de l’amont (cellules, modules…) de rachat. L’Etat a instauré un système d’appels d’offre derequiert la structuration d’une filière manière a piloter le volume d’installations bénéficiant descompétitive de taille suffisante pour tarifs de rachat. La filière française du photovoltaïque entrerivaliser avec une industrie internationale dans une période post-moratoire où les baisses de tarifsqui se développe à grande vitesse. de rachat (de l’ordre de 10 % par trimestre) sont élevées, l’industrie française du photovoltaique est entrée en récession et la compétitivité de la filière photovoltaique française à l’échelle internationale est aujourd’hui plus que jamais entamée. 1 http://www.challenges.fr/elections-2012/20120510. CHA6335/francois-hollande-face-au-grand-defi- industriel-de-la-transition-energetique.html2 | Quel avenir pour la filière photovoltaïque en France ? | 2012
  4. 4. 1.2. uel est le niveau de maturité Q Figure 1 – Puissance photovoltaïque par habitant des différents pays de l’Union européenne en 2011 (Wc/hab) du marché français par rapport 350 aux autres marchés 300 européens ? 250 200 150A fin 2011, la part d’électricité d’origine 100photovoltaïque en France était de l’ordre de 500,3 % de la production totale d’électricité (contre 03 % en Allemagne). Les objectifs du Grenelle Allemagne Italie République tchèque Belgique Espagne Slovaquie Grèce Luxembourg France Slovenie Malte Suisse Autriche Bulgarie Portugal Royaume-Uni Autres pays européenspourraient porter à 80 Wc par habitant la puissancephotovoltaïque installée d’ici à 2020. Le marchéfrançais se situe par conséquent à un état peuavancé par rapport aux marchés allemands etitaliens de l’ordre de 300 Wc et 200Wc par habitant(cf. figure 1). Source du graphique : EPIA Global Market Outlook 2016 (2012) Figure 2 – Puissance photovoltaïque cumulée installée des différents pays de l’Union européenne en 2011 (MWc) 30 000 25 000 20 000 15 000 10 000 5 000 0 Allemangne Italie France Belgique Royaume-Unis Grèce Slovaquie Suisse Ukraine Portugal Autriche Bulgarie Pays-Bas Slovénie Autres paysBien que la France soit le troisièmepays européen en terme d’installationscumulées en 2011 (avec un parc Source du graphique : EPIA Global Market Outlook 2016 (2012)installé 9 fois plus petit que celui del’Allemagne), elle se situe seulement àla neuvième place sur le critère desinstallations par habitant. Ledéveloppement de l’énergiephotovoltaïque par habitant est doncrelativement faible en France parrapport à celui de ses voisins PwC | 3
  5. 5. La stratégie incitative des tarifs de rachat a permis à l’Allemagne Nous verrons en partie 2 que le faible coût dede devenir le deuxième pays producteur de modules et de cellules l’électricité en France peut cependant se traduire enphotovoltaïques au monde, développant ainsi une industrie compétitive opportunité industrielle en faveur d’une productionsur la scène internationale. locale.Cette performance industrielle est cependant à présent mise à Figure 3 – Prix de l’électricité pour les ménages demal par les faillites récentes des grands acteurs allemands du taille moyenne en 2011 (EUR par MWh)photovoltaïque Q-Cells, Solon, Solarhybrid et Solar Millenium. Cette 350crise du photovoltaïque en Allemagne est principalement due au 300manque de capacités de financement des industriels qui découle de 250réductions de tarifs de rachat et d’une surcapacité de production du 200secteur. L’Allemagne demeure toutefois l’un des leaders industriels 150du marché mondial du photovoltaïque, derrière la Chine. L’activité du 100photovoltaïque y représente toujours de l’ordre de 110 900 emplois2 50(contre seulement 17 000 en France) répartis dans environ 10 000 0entreprises. Espagne Belgique Allemagne Italie Slovaquie UE (27 pays) Rép. Tchèque FranceLe retard du marché français par rapport aux pays voisins s’expliquenotamment par le contexte particulier du marché français :• e coût de l’électricité est particulièrement faible en France par L Source du graphique : Eurostat rapport à celui des autres pays de l’Union Européenne. A titre de comparaison, le coût de l’électricité pour les ménages y est ainsi plus élevé de 40 % en Allemagne qu’en France. Ce faible coût est lié à la forte proportion d’énergie de source nucléaire dont les coûts de production sont sensiblement plus faibles que ceux du charbon (com- bustible majoritaire pour la production d’électricité en EU27 et en Allemagne).• ar conséquent, le surcoût pour le consommateur lié au finance- P ment de l’électricité photovoltaïque est, en proportion, particuliè- rement important en France. En 2012, malgré la faible proportion d’électricité d’origine photovoltaïque dans le mix énergétique français (0,3 % en 2011), la part de Contribution au Service Public de l’Energie (CSPE) liée au financement du surcoût de l’électricité d’origine photo- voltaïque représente de l’ordre de 3 % de la facture d’électricité des ménages français (soit de l’ordre de 10 € par ménage par an 3). En d’autres termes, l’impact sur le consommateur du surcoût de l’électri- cité lié au financement de l’énergie photovoltaïque est décuplé en France. Ce coût pour le consommateur final n’est pas négligeable et explique la volonté du législateur français de baisser progressivement les tarifs de rachat. 2 Germany Trade Invest (2011) 3 alcul PwC à partir de données EDF, CRE et négaWatt C4 | Quel avenir pour la filière photovoltaïque en France ? | 2012
  6. 6. 2. L’offre Figure 4 – Projections sur les coûts des modules du type monocristallin entre 2010 et 2015 photovoltaïque 1.8 1.75 1600 française : quels 1.6 1.64 1400 atouts ? Quelles 1.47 1200 difficultés ? 1.41 1000 1.4 1.36 1.26 800 1.20 1.2 6002.1. Quel est l’état actuel de 1.16 l’industrie française du 1.0 1.03 400 photovoltaïque ? 0.93 0.85 200L’industrie française est faiblement développée 0.8 2010 2011E 2012E 2013E 2014E 2015E 0sur l’amont de la filière (production des celluleset des modules). Plus des deux tiers des emplois Echelle constante (capacité de 350MW/an)concernés sont concentrés sur l’ingénierie et Économies déchelle fléchissant les coûts de productionl’installation, qui ne représentent au total que 20 % Taille des unités de production (MW)de la création de valeur du cycle de production Source : Mehta and Maycock, 2010des panneaux photovoltaïques4 (cf. figure 5),et ne suffisent pas à fournir le marché français.Il en résulte que la balance commerciale dusecteur est fortement négative (-1,5 milliardd’euros en 2010, -900 millions en 2009). L’amontest structurellement soumis à la concurrenceinternationale et le nombre d’acteurs sur ce Selon le rapport Charpin de juillet 2010, « les grands industriels françaissegment est encore élevé en France. Néanmoins, se sont peu mobilisés pour le photovoltaïque à ce stade, à l’exceptionaucune ligne de production de modules n’a encore d’EDF EN ». Le défit de la compétitivité de l’amont de la filière ne seraatteint en France la taille critique de rentabilité qui relevé que par l’émergence souhaitable d’acteurs en mesure de construirese situe aux alentours d’un gigawatt (cf. figure 4). des lignes de production dépassant la taille critique. A l’instar du secteurAinsi, les unités existantes ne bénéficient pas de l’aéronautique ou de celui de l’automobile, l’émergence d’un (ou ded’un effet d’échelle suffisant pour garantir une plusieurs) « leaders » permettrait de garantir des capacités de productionrentabilité qui soit durable, tant à l’export que sur le locales en assurant le développement d’un réseau de sous-traitants, cemarché français. qui générerait la création de nombreux emplois.4 apport d’information du Sénat n° 442 (Enregistré à la R Présidence du Sénat le 13 avril 2011) PwC | 5
  7. 7. A ce jour, les conditions ne semblent demandes de raccordement. Cepen- • n tissu industriel dynamique : Upas encore réunies pour la réalisation dant, ce nombre de demandes ne l’engouement suscité par les tarifs ded’investissements massifs à court terme reflète pas le nombre de projets rachats attractifs pré-moratoires apermettant l’émergence de « leaders » pouvant être effectivement réalisés. montré la volonté de nombreuxindustriels, compétitifs sur le marché En effet, le taux d’échecs (hors acteurs de se positionner sur l’en-international. acceptation administrative) est semble de la filière des panneaux important, ce qui provoque une photovoltaïques.Plusieurs freins pénalisent les projets surestimation de la demande et par • Un potentiel d’installations impor-industriels français : conséquent une sous-évaluation des tant : la faible proportion du photo- tarifs de rachat. Les acteurs de la• a difficulté d’accéder aux finance- L voltaïque dans le mix énergétique filière interviewés nous ont indiqué ments : le coût du financement français laisse entrevoir l’existance que la baisse importante des tarifs de représente de l’ordre de 40 % du coût d’un grand nombre de sites prédispo- rachat est bien plus rapide que la final de l’installation. Les entreprises sés à des installations photovoltaïques. baisse de leurs coûts de production. françaises bénéficient difficilement de Le réservoir de croissance pour cette financements à faible coût, ce qui technologie est particulièrement élevé La France présente des atouts qui jouent explique notamment l’avantage ce qui rend crédible l’hypothèse d’une en sa faveur : compétitif de l’Allemagne. croissance forte du secteur à l’avenir si • n coût de l’énergie électrique peu U les conditions économiques sont• a taille limitée du marché local : L cher : la production des modules est réunies. contrairement à la Chine ou aux très énergivore, notamment pour les Etats-Unis qui représentent des modules de types Sc-Si (les plus marchés substantiels, la taille actuelle du marché français est limitée répandus). Le faible coût de l’électri- 2.2. L’environnement: une cité permet de limiter les coûts de (objectif à court terme : 500MWc/an). production lors de la production des opportunité pour la Ce facteur représente un sérieux handicap car la taille critique ne peut cellules. production locale ? être atteinte que par une large • ne RD innovante : bien position- U L’offre photovoltaïque bénéficie « par ouverture à l’export, ce qui implique née en termes d’innovation, la filière nature » d’un avantage environnemental un surcoût lié aux droits de douane. française pourrait devenir leader sur par rapport aux énergies les technologies à forte valeur ajoutée,• a faible contribution des « utili- L conventionnelles confirmé par l’étude notamment dans les applications ties » : les fournisseurs d’énergie quantitative. Cet avantage constitue d’intégration au bâtiment et du conventionnels seraient en mesure de l’une des motivations principales pour le stockage de l’énergie. Le gouverne- changer la donne en matière d’inves- consommateur et elle justifie en partie ment a renforcé le soutien à la re- tissements. Ces acteurs limitent pour l’intervention du législateur. L’argument cherche et au développement sur la l’instant leurs investissements car ils de performance environnemental est production d’énergie solaire en 2011 sont habitués à des performances un moyen de différenciation favorable à et 2012 notamment à travers les financières à plus court terme que la filière française, qui a pour avantage investissements d’avenir gérés par celles qui sont procurées par les de bénéficier d’un mix électrique l’ADEME et les instituts d’excellence installations photovoltaïques. faiblement carboné. Selon le rapport en énergiers décabonées gérés par Charpin, l’environnement est « au cœur• ne baisse trop rapide des tarifs U l’ANR. de la problématique, pour porter la d’achat : le dispositif en vigueur a filière française ». instauré une réévaluation trimestrielle des tarifs de rachat en fonction des6 | Quel avenir pour la filière photovoltaïque en France ? | 2012
  8. 8. Introduire des critères environnementauxdans les appels d’offres est sansdoute un moyen de privilégier desproducteurs locaux, si ceux-ci mettenten avant l’avantage environnementalde leurs produits. Ce dispositif, bienque controversé, pourrait s’avérerpositif à terme pour les entreprises enmesure de démontrer leur performanceenvironnementale. Or la pondérationdes critères environnementaux dans lecahier des charges des appels d’offresest aujourd’hui relativement faible et laméthode de calcul est considérée parcertains acteurs comme peu fiable.La prise en compte des impactsenvironnementaux constitue un levierimportant pour favoriser le développementd’une filière performante d’un point de vueenvironnemental et peut ainsi s’avérer êtreun avantage comparatif dans un contextefortement concurrentiel, ceci tant à l’exportque pour des installations en France.Figure 5 – Décomposition en valeur ajoutée et en emplois de la filière photovoltaïque française Équipement Matériaux Cellules Ensembliers + Matériel Installateurs/ RD de solaires + composants Modules électrique ingénierie production Wafer structures Répartie sur la chaine de valeur 9% + 14% 16% + 21% 20% 20% 16 680 Emplois 1 220 680 600 1 910 1 670 2 150 (68%)Source : Rapport de la concertation avec les acteurs concernés par le développement de la filière photovoltaïque 2011. PwC | 7
  9. 9. 3. uelle filière Q Ces projections impliquent un rythme d’installations de l’ordre de 1 à 2 GWc par an, soit de deux à quatre fois plus que le rythme fixé par les photovoltaïque objectifs du Grenelle de l’environnement. Ces perspectives d’accélération de la demande, quelles que soient les perspectives de croissance, en France à pourraient ouvrir la voie à un marché de taille suffisante pour attirer l’implantation de sites de production locaux. horizon 2030 ? L’ADEME estime le potentiel photovoltaique de la France à 60 GW en 2050.3.1. ne demande en énergie U en hausse Figure 6 – % d’électricité d’origine photovoltaïque dans le mix de production d’électricité en France)L’évolution du marché international depuis les % de photovoltaïque dans le mix électrique françaisannées 1990 a montré que la taille du marchéintérieur est un élément déterminant pour le 6%développement industriel et commercial d’une 5% Seuil critique pour le développement« filière » photovoltaïque performante. Dans le dune filière photovoltaïque compétitivecas de la France, les objectifs actuels en termes 4%de marchés ne suffisent pas à stimuler unecroissance du secteur. Dans le cas où la France 3%atteindrait le niveau de capacité installée actuellede l’Allemagne, la part de l’électricité d’origine 2%photovoltaïque pourrait être portée à 4% du mix de 1%production électrique. L’atteinte de cette proportionpourrait stimuler de manière importante le secteur, 0%permettant d’envisager une filière performante à Mix RTE RTE ADEMEl’export tout en limitant les importations. électrique Croissance Croissance forte gisement actuel faible (TCAM de 1,1%) mobilisable (TCAM de 0,0%)Selon les scénarios de croissance et de transitionénergétique envisagés par RTE (cf. figure 6),la part de la production d’électricité d’origine 3.2. Comment favoriser une filière française ?photovoltaïque pourrait être portée à hauteur de2 % à 6 % du mix énergétique français d’ici 2030. En 2010, la balance commerciale française des énergies renouvelablesDans un contexte de réduction (ou tout au plus de était déficitaire. Celle-ci s’est néanmoins améliorée dans toutes lesmaintien) de la part de la production d’électricité filières par rapport à 2009, à l’exception du solaire photovoltaïqued’origine nucléaire, la décroissance des prix des (augmentation du déficit de la filière de 96 % de 2009 à 2010). Lainstallations photovoltaïques et la hausse du croissance et la durabilité du secteur sont conditionnées par unecoût des matières premières fossiles devraient réduction de ce déficit. Nous avons vu que cette réduction du déficitfavoriser une forte croissance du photovoltaïque au découlait nécessairement de la structuration d’une filière compétitive dedétriment des énergies fossiles. l’amont.8 | Quel avenir pour la filière photovoltaïque en France ? | 2012
  10. 10. La transition énergétique passera par le conditions, qu’un Etat s’abstraie de ses En France, les tarifs de rachat sontdéveloppement d’une filière compétitive obligations d’ouverture des marchés si incitatifs pour ces solutions, bien que lesdu photovoltaïque en France si des l’objectif est de préserver l’environne- contraintes d’admissibilité soient fortes.« leaders » industriels émergent et ment. Dans une optique d’accompa- La filière photovoltaïque de demainatteignent la taille critique nécessaire gnement de l’industrie du photovol- devra relever le défi de l’intégration aupour une compétitivité à l’échelle taïque vers un niveau de compétitivité bâtiment de manière à bénéficier duinternationale (cf. figure 6). Parmis élevé, ce scénario réglementaire relais de croissance considérable quetous les scénarios d’évolution possibles, pourrait s’avérer bénéfique pour la représentent les applications BIPV5.nous envisageons ci-dessous quelques filière française. Il nécessiterait une L’innovation devrait être tant financièrescénarios « de rupture » pour 2030, fiabilisation des critères environne- que technologique.Les synergies entrefavorables pour la filière française : mentaux ainsi qu’une traçabilité les producteurs de modules et les accrue du « passif environnemental » entreprises du secteur de la construction• Coopération accrue entre les acteurs de la production des modules instal- et du bâtiment constitue un enjeu du secteur : la création d’une « coopé- lés. clef au développement de la filière rative de production des modules » photovoltaique. permettrait de mutualiser les coûts de production. Cette coopération entre les acteurs aurait un impact positif sur 3.3. Photovoltaique et les coûts finaux, permettant à l’en- construction durable : 3.4. e rôle de L semble des producteurs français de de nouvelles l’accompagnement bénéficier d’effets d’échelle considé- rables. Elle permettrait aux industriels opportunités de politique, moteur de la de mutualiser par le même biais leurs synergies transition énergétique coûts de financement. La mise en place d’un tel dispositif présente Les applications photovoltaïques Le rôle du législateur apparaît central cependant des difficultés, notamment ne se limitent pas à la production pour l’avenir de la filière photovoltaïque concurrentielles, car elle implique une d’électricité faiblement carbonée de française, plus particulièrement sur les coopération accrue en termes de manière centralisée. Elles s’inscrivent points suivants : partage du savoir-faire industriel des aujourd’hui aussi dans la mutation de • ssurer la transition énergétique : les A principaux acteurs de l’amont (ceux-ci la ville en « ville durable ». La solution objectifs de renforcement de la part du étant parfois implantés à l’internatio- photovoltaïque offre l’avantage de renouvelable dans le mix énergétique nal). s’intégrer à l’environnement urbain et dans les années qui viennent et les contribue à des solutions de bâtiments arbitrages sur le futur de la production• enforcement du « protectionnisme R à énergie positive. Les modules à partir de l’énergie nucléaire condi- environnemental » : le conditionne- photovoltaïques sont alors à considérer tionneront fortement les perspectives ment de la réalisation des projets à des comme des matériaux de construction de marché pour le photovoltaïque. En critères environnementaux est un permettant de limiter, voir de effet, comme cela a été le cas en moyen de favoriser une offre de compenser, la consommation d’énergie Allemagne, et plus récemment au production locale et performante d’un des bâtiments. Japon, la taille du marché se révèle point de vue environnemental tout en respectant les règles de l’OMC. En être un catalyseur pour les investisse- effet, l’OMC permet, sous certaines ments sur l’ensemble du cycle de vie des installations.5 uilding-integrated photovoltaics B PwC | 9
  11. 11. • évelopper les investissements publics D • enforcer les modalités extra-finan- R Conclusion ou semi-privés : l’acteur public a la cières des appels d’offre : nous avons possibilité d’accompagner l’évolution vu précédemment que les modalités Les entreprises françaises du secteur du photovoltaïque en extra-financières des appels d’offre, du secteur du photovoltaïque France à travers ses capacités de finan- notamment sur les critères environne- sont confrontées, aujourd’hui cement et sa participation au sein mentaux, permettront probablement plus que jamais, à la d’EDF (la part de la participation de d’accompagner le secteur de manière à recherche de nouveaux l’Etat dans EDF s’élève à 84,40 %). renforcer la différenciation des relais de croissance. Les Dans le cadre des « investissements entreprises françaises sur un contexte opportunités industrielles et d’avenir », le gouvernement a engagé international fortement concurrentiel. commerciales du secteur sont des fonds publics qui contribuent au Cette voie est évoquée dans la feuille nombreuses : l’innovation financement des entreprises les plus de route pour la transition écologique sur les segments de marchés innovantes du secteur. C’est à travers rédigée à l’issue de la Conférence de d’avenir, le développement ce type de dispositifs que l’Etat peut se l’environnement de septembre 2012. d’offres de haute qualité substituer aux investisseurs « clas- Néanmoins, l’impact de ces critères (notamment de modules à siques », de manière à ouvrir aux apparaît encore faible au regard des haut rendement), l’excellence acteurs un accès à des investissements autres critères de notation et la environnementale… sur une stratégie de long terme méthodologie reste controversée. L’un Néanmoins, le secteur doit permettant d’assurer le développe- des principaux facteurs de succès de la s’appuyer sur des perspectives ment d’une offre locale, notamment filière est donc d’explorer le renforce- de marché national sur l’amont de la chaîne de valeur. ment de ces critères pour favoriser la ambitieuses, justifiées par production locale des modules une stratégie de retour à installés en France. l’équilibre de la balance commerciale du secteur. Pour être compétitive à horizon 2030, la filière, accompagnée par le législateur dans sa progression, devra rechercher des synergies à un niveau suffisant pour atteindre des tailles de lignes de production supérieures à la taille critique (1GWc/ an). Des alliances à l’échelle européenne pourront par ailleurs être recherchées, également dans un but d’efficacité économique et environnementale.10 | Quel avenir pour la filière photovoltaïque en France ? | 2012
  12. 12. Les auteurs de l’article Olivier MULLER Tiphaine MASSÉ Directeur Energie Consultant Changement Climatique Pôle Stratégie Pôle Stratégie / Développement Développement Durable Durable PwC France PwC France +33 (0)1 56 57 86 35 +33 (0)1 56 57 80 44 +33 (0)6 02 04 08 71PwC Développement durable Sylvain LAMBERT Associé Pôle Stratégie Développement Durable PwC France +33 (0)1 56 57 80 83 PwC | 11
  13. 13. Les informations contenues dans le présent document ont un objet exclusivement général et ne peuvent en aucun cas être utilisées comme un substitut à une consultation renduepar un professionnel. En tout état de cause, en aucun cas la responsabilité de PricewaterhouseCoopers Advisory et/ ou de l’une quelconque des entités membres du réseau PwCne pourra être engagée du fait ou à la suite d’une décision prise sur la base des informations contenues dans le présent document.© PricewaterhouseCoopers Advisory 2012. Tous droits réservés.
  14. 14. Contact Tiphaine MASSÉ Consultant Pôle Stratégie Développement Durable PwC France +33 (0)1 56 57 86 35 +33 (0)6 02 04 08 71 tiphaine.masse@fr.pwc.comwww.pwc.fr

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