Etude PwC sur le Développement Durable 2012

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Dans un contexte de crise, alors que les résultats de la conférence Rio +20 n’ont pas été à la hauteur des attentes, PwC publie son rapport annuel « Le développement durable, synthèse et priorités à l’usage des décideurs », en partenariat avec les Ateliers de la Terre. Il dresse un bilan des avancées en matière de développement durable, et hiérarchise les priorités pour proposer de nouveaux modèles de consommation et de production.

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Etude PwC sur le Développement Durable 2012

  1. 1. Après Rio+20 Le développement durable, synthèse et priorités à l’usage des décideursÉtude publiée à l’occasion dela Global Conference 2012des Ateliers de la TerreSeptembre 2012
  2. 2. Neuilly-sur-Seine,le 1er septembre 2012Sous la direction de Maître Bettina Laville, associéeen charge du Développement Durable de Landwell& Associés, ce rapport a été corédigé par MaîtreBettina Laville et Mme Laure Allibert, Consultante.RemerciementsNous tenons à remercier les personnes qui ont accepté d’exprimerleurs points de vue dans ce rapport.Nous sommes également très reconnaissants, pour l’aide qu’ilsnous ont apportée, à M. Florent Dubois, Mme Syrine El Abed,Mme Hélène Louboutin, M. Gabriel Miche de Malleray Consultantsau sein du département Développement Durable de PwC,dirigé par Thierry Raes et Sylvain Lambert, associés, et à M. Rémide la Selle, Avocat chez Landwell & Associés.
  3. 3. | Après Rio+20 Le développement durable, synthèse et priorités à l’usage des décideursD epuis quarante ans, la dans ce domaine. Nous l’avions largement • une synthèse globale et thématique communauté internationale expliqué lors du premier rapport 2011. résultant des grandes conférences s’est mobilisée autour des internationales du développement enjeux environnementaux A partir du réseau d’échanges des durable ;planétaires. Les phénomènes extrêmes personnalités des Ateliers de la Terre • des interviews de décideurs.ainsi que les dégradations climatiques et des expertises des Associés de PwCet environnementales, de sujets de et de Landwell, nous pensons donc Il permettra ainsi de mettre enprospective et de controverses, sont utile, au vu du succès du premier, de lumière les grandes tendances d’undevenus des réalités tangibles. Les publier ce deuxième document de monde en transition souvent brutalescientifiques, qui ont longtemps alerté synthèse, tentative de hiérarchiser et de montrer que la transversalité dule monde sans être entendus se sont les priorités à l’usage des décideurs. développement durable n’exclut pas laorganisés en communautés d’influence priorisation des mesures qui s’imposent.et sont écoutés maintenant de la Ce rapport est issu de l’analyse dessociété civile comme des chefs d’Etat. progrès effectués chaque année dans Il sera présenté lors de la Global la connaissance des menaces contre Conference des Ateliers de la Terre,Cependant, le calendrier laborieux la durabilité et a pour but d’être un think tank international œuvrant à lades négociations internationales, la fil rouge pour garantir la continuité promotion du développement durable etmultiplication des urgences, la pression des décisions sur le long terme. à l’élaboration de nouveaux modèles dedes mutations économiques, la multiplicité société. L’édition 2012 illustrera aussi ledes agences mondiales empêchent Ce rapport adoptera une approche fait, qu’à l’heure où la mondialisation estsouvent les dirigeants du monde de économique en croisant : devenue une réalité et où les acteurs dedégager des priorités qui privilégieraient • une analyse de la conjoncture, des la société civile gagnent en influence, illes questions essentielles de survie au tendances géopolitiques et est primordial d’adopter une approchequotidien des peuples. Il leur est de économiques mondiales influençant de co-construction pour parvenir àplus difficile de démêler les questions les évolutions d’un développement des solutions efficaces et partagées.prioritaires étant donné les nombreuses plus durable : croissance, conflits,publications et rapports scientifiques révolutions… PwC / Ateliers de la Terre | 3
  4. 4. | Calendrier des conférences internationales2012 12 au 17 mars 2012 Marseille (France) • 6e forum mondial de 19 au 26 juin Roumanie • 11e Conférence des 8 au 19 octobre 2012 Hyderabad (Inde) • 11e conférence desAnnée internationale l’eau. parties à la convention parties à la Convention RAMSAR sur la sur la Diversitéde l’énergie protection des zones Biologique (CDB) et 14-25 maidurable pour tous humides. 1re Conférence des Bonn (Allemagne) parties siégeant en • Réunion des organes tant que Réunion des subsidiaires à la 1er au 5 octobre 2012 Parties au Protocole de Convention climat. Hyderabad (Inde) Nagoya sur l’APA. • 6e conférence des parties siégeant en 20 au 22 juin 2012 26 novembre - tant que Réunion des Rio (Brésil) Parties au Protocole de 7 décembre 2012 • Conférence des Cartagena sur la Doha (Qatar) Nations Unies sur le prévention des risques • 18e Conférence des développement biotechnologiques parties à la Convention durable (CNUDD/ relatifs à la CDB. Climat (CCNUCC). Rio+20).2013 3 au 15 mars • 16e Conférence des parties à la convention 6 au 10 mai • 6e Conférence des parties de la 1er juin • 6e Conférence des parties de laAnnée internationale CITES sur le convention de convention de commerce Stockholm (Polluants Rotterdam (PIC).de la coopération international des organiquessur l’eau espèces de faune et de persistants). Octobre flore sauvages menacées d’extinction. • 11e Conférence des Mai parties de la Istanbul convention de Bâle • 11e Forum des Nations (déchets). unies sur les forêts.4 | | 2012
  5. 5. | Calendrier de la Conférence de Rio+20 1 Décembre 2009 Mai 2010 2011 Novembre 2011 • Adoption de la • 1 conférence re • Au cours de l’année, de • Date d’envoi au résolution des Nations préparatoire nombreuses réunions Secrétariat de la Unies pour la tenue de (PrepCom) de la de préparation ont été Conférence pour des la Conférence Rio- Conférence Rio-2012. organisées dans le contributions 2012 au niveau Cette réunion fut cadre des répondant aux politique le plus élevé centrée sur le bilan de Commissions objectifs et thèmes de possible. La résolution la mise en oeuvre Economiques la Conférence, qui définit les objectifs et effective des textes des Régionales des donneront lieu à un les thèmes de Rio+20 Sommets précédents Nations Unies. document de base aux ainsi que la mise en sur l’environnement et négociations. Un place d’un secrétariat le développement processus de Mars 2011 ad-hoc pour la durable. Les deux consultation également préparation de la grands thèmes de la • 2e conférence ouvert aux acteurs de Conférence. CNUDD ont été alors préparatoire la société civile. actés : l’économie verte (PrepCom) de la dans le contexte du Conférence Rio-2012. L’idée d’une « économie Décembre 2011 développement durable et de l’éradication de la bleue » concernant les • Réunion pauvreté et le cadre océans a été ajoutée. Intersessionnelle de la institutionnel du Le processus Conférence Rio-2012. développement d’élaboration d’une durable. déclaration finale de la CNUDD a été acté. Janvier 2012 Mai 2012 16 au 19 juin 2012 20 au 22 juin 2012 • Publication du « Draft • Les Co-Chairs • Des « dialogue days », • Conférence Rio+20 en Zero » le document de élaborent un texte de journées de débats présence des chefs base des négociations compromis devant thématiques dédiés à d’Etat. à partir des servir de base aux la société civile contributions des Etats négociations. (citoyens, ONG, et des représentants entreprises, des 9 groupes majeurs. collectivités locales, 13 au 15 juin 2012 universitaires, • Dernière étape de syndicats, etc.) ont été Mars 2012 négociation entre les organisées. • Un nouveau Draft, de négociateurs des 206 pages est publié. 193 États.1. Note de Décryptage des enjeux de la Conférence Rio+20. « Mettre au monde une économie verte équitable et une gouvernance démocratique de la planète dans un cadre de développement durable ». Organisation Internationale de la francophonie. PwC / Ateliers de la Terre | 5
  6. 6. | Sommaire Introduction 8 1.1. De Rio à Rio+20 : de l’utopie au réalisme 14 Un 12 20 ans après Rio, un bilan escamoté mais indispensable 14 développement page La première tentative mondiale de co-construction 19 durable ou Temps du possible ou résignation à l’impossible ? 20 une croissance 1.2. Réformes en débat à Rio+20 : quelle gouvernance, verte pour quelle économie ? 22 7 milliards Des réformes institutionnelles à minima 22 d’individus ? Verdir la croissance ou changer l’économie ? 24 01 1.3. Les perspectives de l’après Rio +20 : soyons lucides 27 Urbanisation, industrialisation et risques de crises 28 Effets de seuils dans l’altération des fonctions régulatrices essentielles de la planète 30 2.1. La dégradation des ressources s’aggrave et menace Les leviers 32 d’atteindre des effets de seuils 34 d’actions page L’eau, bien rare et menacé 34 Les pressions sur les écosystèmes naturels s’accentuent 35 des acteurs L’impérieuse conciliation de la demande énergétique et de la maîtrise du économiques réchauffement climatique 38 pour assurer la 2.2. Les leviers techniques et économiques d’une gestion durable vie humaine en des ressources naturelles 44 ménageant les L’eau comme facteur de production : vers un usage durable ? 44 ressources Réinjecter les ressources utilisées dans le système de production : vers les économies circulaire et de fonctionnalité 47 02 Produire en pratiquant l’efficacité énergétique 51 2.3. L’économie verte, libérale ou inclusive ? 56 Instruments économiques : les marchés 56 Verdissement de la croissance ou invention de l’économie verte ? 59 6 | Le développement durable, synthèse et priorités à l’usage des décideurs | 2012
  7. 7. 3.1. Les réponses technologiques sont indispensables maisPour réussir 64 insuffisantes 66Rio +30 : Mieux page 3.2. L’adaptation doit être l’inspiratrice de toutes les politiques 68co-construire Changement climatique, sécurités hydriques, alimentaires et humaines 69 Le facteur humain de la lutte, adapter les entreprises et les sociétés 73 3.3. Co-construire de nouveaux modes de production et de consommation 76 Découpler l’essor économique de la consommation des ressources 76 Changer les usages : du consumérisme à la consommation durable 78 3.4. Co-construire la Gouvernance dans le contexte de la rareté 80 La nécessaire co-construction d’une gouvernance de l’eau 80 Biodiversité, désertification et océans, quelques petites questions de gouvernance en suspens… 8303 Gouvernance du climat et de l’énergie, la trop lente politique des « petits pas » ? 85 3.5. Co-construire à 7 milliards ? 90 Qu’entendons-nous par coproduction ? 90 Conditions et méthodes de la co-construction 92Conclusion 94 page04Annexes 98 Principales données chiffrées et objectifs à long terme 99 page05 Frontières planétaires mises en jeu par la croissance mondiale 104 Tableau de suivi 2011 des objectifs du Millénaire pour le développement 105 PwC / Ateliers de la Terre | 7
  8. 8. | Introduction « Il devient urgent de La conférence de Rio+20, qui s’est tenue renouvelables, c’est-à-dire, en les utilisant de s’occuper des choses au Brésil du 20 au 22 juin 2012, devait façon « efficace et sobre », en s’appuyant sur la importantes mais il devient marquer une étape importante pour dresser chasse au gaspillage, la meilleure répartition de plus en plus important un bilan du concept et des démarches de des richesses et l’intégration partagée des de s’occuper des urgences » développement durable. Elle devait également progrès techniques. Les fondements de Rio permettre de mener des réformes autour de 1992 sont plus que jamais d’actualité : Jean Paul Delevoye, président de deux thèmes principaux : la croissance la gestion actuelle et future des ressources du Conseil Economique Social verte dans un contexte d’éradication de la doit permettre de satisfaire les besoins et Environnemental pauvreté et la réforme de la gouvernance des générations actuelles sans remettre en mondiale du développement durable. cause celles des générations futures ou les équilibres fondamentaux de la biosphère. Les résultats obtenus ne furent pas à la hauteur des attentes et des programmes Jusquil y a peu de temps, les politiques de annoncés dans un contexte de crises développement axées sur la croissance et le économiques et financières. Ces crises, en développement des richesses constituaient le particulier celle de la dette, réduisent les dogme des économistes et l’étalon du progrès capacités d’action des Etats, commencent des Nations. La tendance à l’uniformisation à déstabiliser les puissances émergentes, relative des modes de vie consécutives à encore fragiles, favorisent la tendance la globalisation, au développement des naturelle des dirigeants politiques à technologies de l’information pouvait donner repousser les échéances et semblent masquer l’illusion d’une possible universalisation la gravité des crises environnementales et des modes de vie à l’occidentale. On sait sociétales majeures qui affectent, à moyen cependant clairement aujourd’hui que et long terme, la planète et ses habitants. l’application de ce modèle de développement à l’ensemble de la planète nécessiterait des On entretient ainsi l’illusion que le mode ressources 3 à 6 fois supérieures à celles qui de vie des pays riches, « encore riches »… sont disponibles. Ces approches atteignent pourrait être maintenu voire étendu à ainsi leurs limites environnementales, l’ensemble de la planète et qu’un certain sociales, économiques et financières. « retour à la normale » sera possible lorsque les Etats auront trouvé les La croissance des populations et le ressorts nécessaires pour sortir de la crise déplacement des centres de gravité économique que nous traversons. Ce n’est démographique sont en effet en train de pas la bonne approche. Certes, il ne s’agit faire émerger de nouvelles dynamiques pas d’abandonner la voie de la recherche qui aggravent les tensions géopolitiques et de la prospérité mais de rompre avec la la pression sur les ressources. Les risques croissance fondée sur l’usage irrationnel des de crises sociales, environnementales et ressources. Car les écosystèmes n’attendent économiques augmentent également avec pas et les bouleversements majeurs qui les l’urbanisation et l’industrialisation. affectent sont sur le point d’atteindre des effets de seuil, des points de basculement Il faut cependant parvenir à concilier sur lesquels il sera difficile de revenir. protection de notre biosphère et bien être de l’humanité, sauvegarde des biens communs Les solutions durables ne peuvent être mondiaux et vie décente d’une population qui fondées que sur les ressources disponibles et compte 7 milliards d’individus aujourd’hui 8 | | 2012
  9. 9. et pourrait en compter 9 ou 10 Mds en 2050. Le Ainsi, les principales menaces sur la nature sontsommet de Rio, selon le principe 4 de la Déclaration l’épuisement des ressources non renouvelables,de Rio : « pour parvenir à un développement durable, la dégradation des ressources renouvelablesla protection de lenvironnement doit faire partie par les pollutions et l’altération des fonctionsintégrante du processus de développement et ne peut régulatrices essentielles du système naturel. Enêtre considérée isolément », entérinait une primauté, effet, l’utilisation des ressources renouvelablesaujourd’hui remise en cause, du développement. nécessite également l’existence de services deEnvironnement et développement ne peuvent régulation naturels qui permettent leur production.être dissociés ou hiérarchisés mais ils doivent être Or, comme l’ont démontré Christian de Perthuisconciliés. La protection adéquate des écosystèmes et Pierre Antoine Jouvet « la détérioration de ceset des biens publics mondiaux est en effet services risque de provoquer la raréfaction, voiredirectement corrélée à la capacité des populations la disparition de biens antérieurement considérésà vivre dans des conditions de vie acceptables comme disponibles en quantités infinies : l’eau,et à répondre à leurs besoins fondamentaux. l’air, la stabilité du climat, la biodiversité. » « Dans cette perspective, c’est moins l’indisponibilité deD’autant qu’à ce jour, ainsi que le montre les telle ou telle ressource qui pose problème que lerapports successifs sur le sujet, la consommation déséquilibre cumulatif introduit dans des capacitésdes ressources, les dégradations de régulatrices essentielles du capital naturel.l’environnement qu’elles engendrent, n’ont pas Restaurer ces capacités est l’enjeu de la croissancepour autant permis d’assurer le développement verte durant les prochaines décennies. » 2équilibré et le bien être des 7 Mds d’humains.Au cours des 25 dernières années, l’économie La dégradation de ces ressources etmondiale a quadruplé et des centaines de millions équilibres nuit donc aux développementsde personnes ont bénéficié, mais inégalement, humains et économiques. De plus, commede cette croissance. A l’inverse, 60 % des biens et nous l’illustrerons dans ce rapport, lesdes services écologiques majeurs dont dépendent dommages environnementaux accroissent lesles moyens d’existence se sont dégradés ou inégalités, en exerçant un impact négatif suront été utilisés sans souci de durabilité. les populations déjà défavorisées. Prenons quelques exemples parmi les plus prégnants.La dégradation des écosystèmes pèse directementsur l’offre d’alimentation humaine, les moyens L’eau est indispensable au développement humain.d’existence des plus défavorisés et plus largement Les menaces sur cette ressource soulèvent dessur l’ensemble des activités économiques. En fait questions sur la capacité à assurer la sécuritéelle les entrave. C’est pourquoi il est étonnant que hydrique et alimentaire d’une population de20 ans après Rio 92 et 40 ans après Stockholm, 9 milliards d’individus. La banque mondialedes acteurs économiques, heureusement estime ainsi que le manque d’eau sera l’un desde moins en moins nombreux, continuent principaux facteurs limitant du développementd’opposer écologie et économie. La protection économique ces prochaines années. Les usagesadéquate des milieux naturels est fondamentale agricoles, industriels et domestiques de l’eaupour la survie des populations et des secteurs doivent être conciliés et une gouvernance deéconomiques qui en dépendent ainsi que pour cette ressource doit être co-construite entreles nombreux services d’approvisionnement, les usagers, les dirigeants et les entreprises.de régulation et culturels qu’elles assurent. Le changement climatique relève aussi de la sphère de la préservation des biens publics mondiaux.2. P. A. Jouvet, C. de Perthuis, « La croissance verte : de l’intention à la mise en œuvre ». Les Cahiers de la chaire Economie du Climat. no 15 juin 2012. PwC / Ateliers de la Terre | 9
  10. 10. Il crée des contraintes physiques nouvelles, remet la société civile. L’interdépendance de ces facteurs en cause les équilibres Nord Sud et appelle à nous demande aussi de repenser nos conceptions développer de nouveaux modes de gouvernance. de la prospérité en privilégiant la sobriété. Les perspectives de croissance de la demande énergétique ne faciliteront pas la mise en œuvre L’adaptation de nos sociétés au fait que nous des mesures destinées à réduire les émissions de ayons atteint les limites de la planète passera GES. Il faudra cependant assurer cette transition en effet par l’optimisation de l’utilisation des énergétique en menant de front les deux volets ressources naturelles. Comme l’illustrait une de la lutte contre le réchauffement climatique : note de l’Organisation internationale de la l’atténuation des émissions et l’adaptation Francophonie, cette sobriété « doit être la valeur des individus, des sociétés et des Etats. centrale du XXIe siècle, tant sur le plan moral, personnel, culturel, technologique, économique que Les ressources naturelles et la biodiversité sont financier. Cela implique également la sobriété et par conséquent aujourd’hui déjà fortement le partage dans l’usage de ces ressources. Il faudra bouleversées par les activités humaines. La obtenir de chaque ressource énergétique, minérale croissance démographique, le développement ou issue de l’activité biologique de la planète, le économique et les marchés mondiaux sont meilleur usage possible au service de tous ».3 des facteurs de profondes évolutions qui, collectivement, accentuent les pressions sur La rareté peut engendrer d’autres valeurs que les ressources, en augmentant la demande celles qui ont dominé le XIXe et le XXe siècle, sans de denrées alimentaires, d’énergie et de sacrifier les progrès que ces siècles ont apportés, de matières premières, entrainant l’épuisement de façon inégale, à l’humanité. Elle peut fonder, dans certaines ressources et l’altération des fonctions le respect des écosystèmes naturels et des équilibres régulatrices des écosystèmes. Ces enjeux humains, un ordre économique nouveau, qu’il demandent aux acteurs économiques et étatiques s’agit non plus d’imposer mais de co-construire, de favoriser la co-construction de nouveaux tel est le thème de ce rapport. Après avoir évalué modes de consommation et de production et les promesses des résultats de la conférence Rio d’en améliorer la gouvernance mondiale. +20 pour la bonne marche du développement durable, nous analyserons comment l’altération Le principe no 8 de la déclaration de Rio de de la fonction climatique, aggravée par une Janeiro de 1992 sur l’environnement et le demande énergétique exponentielle peut, à travers développement durable indiquait qu’il fallait les trois grandes fonctions des écosystèmes, réduire et éliminer les modes de production et (l’eau, la biodiversité et les ressources naturelles) de consommation non viables. De nouveaux conditionner la poursuite des développements modèles durables, permettant de découpler la économiques et humains ou leur stagnation. consommation des ressources de la croissance Nous nous attacherons ainsi à partir des grandes économique, doivent être co-construits et mis en données mondiales, à mettre en exergue les leviers œuvre par les acteurs étatiques, économiques et identifiés pour parvenir à une gestion plus durable. 3. Organisation Internationale de la francophonie. Note de Décryptage des enjeux de la Conférence Rio+20. « Mettre au monde une économie verte équitable et une gouvernance démocratique de la planète dans un cadre de développement durable ». 2012.10 | | 2012
  11. 11. Nous devons tenir compte de la raretédes ressources et donc fonder de manièreradicalement différente le progrès de l’humanité,qui doit co-construire, malgré les antagonismesentre les pays, un ordre économique nouveau dela planète, guidé par le souci de la préservationdu capital commun, la production de biensessentiels et l’adaptation aux mutations diversesqui s’annoncent. PwC / Ateliers de la Terre | 11
  12. 12. Un développement durable ou une croissance verte pour 7 milliards d’individus ?0112 | Un développement durable ou une croissance verte pour 7 milliards d’individus ? | 2012
  13. 13. « Les humains n’aiment C’est à l’espèce humaine, qui a de leur zone de juridiction. Lepas à se plier à des limites : modelé la planète selon ses désirs, sommet de Rio, selon le principed’abord parce qu’ils qu’il incombe que cette aspiration 4 de la Déclaration de Rio : « pourappartiennent au règne des à l’absolu se conjugue avec la parvenir à un développement durable, sobriété. Après la conférence des la protection de l’environnementvivants et que toute forme Nations Unies sur l’environnement doit faire partie intégrante dude vie tend à sa propre humain, qui s’est tenue à Stockholm processus de développement et neexpansion, puisant dans les en Suède en 1972, le rapport peut être considérée isolément »ressources que lui offre son Bruntland (1987) avait mis à entérinait la primauté duenvironnement au risque jour la notion de développement développement, l’oublier ade les épuiser. Ensuite parce durable en affirmant la nécessité provoqué les mauvaises surprisesque, chez les humains, de protéger l’environnement tout de Copenhague, entre autres.5la conscience de soi s’est en assurant le développement.développée au point que La conférence de Rio+20, qui s’estchacun d’eux – chacun de En 1992, la conférence de Rio tenue au Brésil du 20 au 22 juinnous – se vit comme quelque a donné lieu à la création de 2012, sans être la catastrophechose d’absolu ». 4 l’agenda 21 ainsi qu’à l’adoption que certains craignaient, n’a pas de trois grandes conventions : été à la hauteur des attentes etCette citation, que nous mettions en sur la diversité biologique (CDB), des programmes annoncés, dansexergue à la fin du rapport de 2011, sur les changements climatiques un contexte ou les crises socialesnous paraît encore plus d’actualité (CCNUCC) et sur la lutte contre la et économiques, réduisent lesaprès la conférence de Rio 2012. désertification. Cette convention capacités d’actions des Etats, et place l’homme et non la nature les rend réactifs au très court au centre du développement terme tandis que pourtant la durable et affirme les droits des crise environnementale s’accélère Etats à la gestion des ressources mais paraît encore se situer dans de leur espace ; les Etats doivent un long terme maîtrisable, ou toutefois exploiter leurs ressources bien fatal… Les crises multiples et conduire leurs développements n’ont pas servi d’aiguillon pour en minimisant leurs externalités accélérer les réformes nécessaires. négatives et les impacts au delà4. F. FLAHAULT, « Le crépuscule de Prométhée », 2009, page 13.5. Déclaration de Rio de 1992. PwC / Ateliers de la Terre | 13
  14. 14. | 1.1. De Rio à Rio+20 : de l’utopie au réalisme 1.1.1. 20 ans après Rio, un bilan à l’occasion de Rio+20 par le Secrétaire général de l’ONU ne s’y est pas trompé : « aujourd’hui, escamoté mais indispensable notre monde et notre planète vivent le meilleur et le pire moment de leur histoire. Le monde connaît Le contexte international de « Rio 1 992 » était une prospérité sans précédent, mais la planète est bien différent de celui que nous connaissons 20 soumise à un stress inouï. Les inégalités entre les ans après ; on a pu le qualifier de « petite fenêtre de riches et les pauvres ne cessent de se creuser et plus la fin de ce XXe siècle quand même particulièrement d’un milliard de personnes vivent encore dans le mouvementé, y compris en Europe, notamment avec dénuement. Des vagues de revendications se font jour la chute du mur de Berlin. » Et nous remarquions dans de nombreux pays, en une quête universelle d’un qu’à Rio, il avait « fallu à cette occasion intégrer monde plus prospère, plus juste et plus viable ». 7 toute la partie de l’Europe centrale et de l’Est dans les négociations internationales en tant que La conférence de Rio+20 malgré plusieurs nouveaux États, mais comme tout cela n’était pas rapports, comme celui du PNUE, et celui déjà cité totalement inscrit dans les faits et que ceux-ci étaient du Groupe de haut niveau n’a pas dressé un vrai à peine naissants et n’avaient pas de réelle voix bilan de 20 ans de gouvernance de l’environnement diplomatique, ils n’étaient pas en capacité d’exercer et du développement. La Déclaration finale balaye une quelconque opposition au sein de l’Europe. » 6 d’une phrase ce qui aurait dû à notre sens faire l’objet au moins d’une session de préparation du De plus, même si le FMI pointait un ralentissement Sommet : « nous reconnaissons que les progrès de la croissance mondiale dans son rapport accomplis ces 20 dernières années, c’est- à-dire depuis de 1992, la montée des pays émergents était la Conférence des Nations Unies sur l’environnement considérée comme un atout mondial, un relais de et le développement de 1992, ont été inégaux, coopération pour les plus pauvres, et pas encore y compris en ce qui concerne le développement une menace pour les membres du G8. Bref, nous durable et l’élimination de la pauvreté. Nous avons changé de monde, et le rapport de haut insistons sur la nécessité de poursuivre la mise en niveau des Présidents Halonen et Zuma, commandé œuvre des engagements souscrits précédemment. 6. B. LAVILLE « Rio+20 : un retour sur l’histoire ». Les dossiers de l’environnement de l’INRA no 33 Juin 2012. 7. President Tarja Halonen and South African President Jacob Zuma. The Panel’s final report, « Resilient People, Resilient Planet : A Future Worth Choosing », paragraphe 1 14 | Un développement durable ou une croissance verte pour 7 milliards d’individus ? | 2012
  15. 15. Nous reconnaissons par ailleurs qu’il est nécessaire environnementaux sans précédent qui sontde progresser plus rapidement pour ce qui est en cours : la surface de la terre se réchauffe,de combler l’écart de développement entre pays la fonte de la neige et de la glace s’étend etdéveloppés et pays en développement et d’exploiter le niveau moyen de la mer augmente. 8 Lesles possibilités effectives ou potentielles offertes par émissions de gaz à effet de serre, notammentla croissance et la diversification de l’économie, dues aux modifications d’affectation des solsle développement social et la protection de et à la demande croissante en énergies fossiles,l’environnement pour parvenir au développement continuent d’augmenter. Les conséquencesdurable » (paragraphe 19 de la Déclaration finale). du changement climatique exacerbent les problèmes environnementaux existants.« Nous reconnaissons que depuis 1992, l’intégrationdes trois dimensions du développement durable a S’agissant de la biodiversité, s’il était prévu deprogressé de manière inégale et a subi des revers, sauvegarder son érosion en 2010, cet objectif n’a puaggravés par les multiples crises financières, être atteint. La demande croissante de ressourceséconomiques, alimentaires et énergétiques, qui a accru l’appauvrissement et la dégradation desont venues remettre en cause l’aptitude de tous les l’environnement. L’accès aux ressources minièrespays, en particulier des pays en développement, à est également de plus en plus difficile. 9réaliser le développement durable. À cet égard, ilest essentiel de ne pas revenir sur les engagements En outre, l’environnement marin est de plus en plussouscrits lors de la Conférence de 1992. » dégradé et les ressources en eau s’appauvrissentFinalement la Déclaration des chefs d’Etat lie alors qu’un tiers de la population mondialeimplicitement les difficultés de l’après Rio aux devrait être touché par la rareté en eau en 2025.crises actuelles : « nous reconnaissons également que Certains PVD sont particulièrement affectés parles conséquences des multiples crises qui frappent la désertification et la dégradation des sols.le monde aujourd’hui sont l’un des principauxproblèmes auxquels doivent faire face tous les L’exposition aux substances dangereusespays, en particulier les pays en développement. » (pesticides, déchets dangereux) se poursuit dans(Paragraphe 20 de la déclaration finale). les pays en développement et les économies émergentes, malgré les progrès enregistrés dans laLe paragraphe 22 émet plutôt un satisfecit sur la mise en œuvre des conventions internationales.manière dont avance le développement durabledans les différents pays : « Nous prenons acte des Or, les systèmes sociaux et biophysiquesprogrès réalisés sur la voie du développement durable peuvent atteindre des points de basculementaux niveaux régional, national, sous-national au delà desquels les impacts sont graves, pluset local. Nous notons que les politiques et plans rapides et potentiellement irréversibles.régionaux, nationaux et sous-nationaux traduisentles efforts déployés en faveur du développement Le résumé pour les décideurs du rapportdurable, et que la détermination accrue des du programme des Nations Unies pourgouvernements depuis l’adoption d’Action 21 s’est l’environnement de 2007 10 établissait ainsi quetraduite par l’adoption de mesures législatives et la « ces changements sans précédent sont causés parcréation d’institutions ainsi que par la conclusion des activités humaines dans une société mondialisée,et l’application d’accords et d’engagements industrialisée et interconnectée, provoquésinternationaux, régionaux et sous- régionaux. » par des flux croissants de biens, de services, de capitaux, de populations, de technologies,Les chambardements écologiques d’informations, d’idées et de travail et affectent même des population isolées ». Le « développementPourtant, les rapports successifs sur ce sujet, déjà humain » est ainsi mis en péril. Les populationscités, mettent tous en exergue les changements pauvres restent les plus vulnérables.8. Résumé pour les décideurs du rapport « Avenir pour l’environnement mondial, GEO 4, l’environnement au service du développement », du Programme des Nations Unies pour l’Environnement de 2007.9. Communication de la Commission Européenne, « Rio+20: vers une économie verte et une meilleure gouvernance ». 20 juin 2011.10. Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Résumé pour les décideurs du rapport « Avenir pour l’environnement mondial, GEO 4, l’environnement au service du développement ». 2007. PwC / Ateliers de la Terre | 15
  16. 16. Un développement humain durable ? Au cours des 30 dernières années, l’espérance de vie a augmenté de 10 % dans le monde passant de Le développement humain durable est lié 62,5 ans en 1980 à 68,9 ans en 2008. De grandes directement à la promotion de la dignité humaine inégalités demeurent néanmoins notamment en et au respect de tous les droits fondamentaux, Afrique où l’espérance de vie a même reculé dans économiques, sociaux, culturels, civils et politiques. certains pays à cause du VIH/Sida. Les décès Il s’agit de la réactualisation du premier principe imputables au paludisme ont baissé de 20 % dans de la déclaration de Rio : « les êtres humains sont au le monde en dix ans. Des progrès importants centre des préoccupations relatives au développement ont ensuite été accomplis dans la lutte contre durable. Ils ont droit à une vie saine et productive, la mortalité infantile (diminution supérieure à en harmonie avec la nature ». Environnement un tiers) mais une proportion croissante de ces et développement sont indissociables, la décès se trouve en Afrique sub-saharienne. 12 protection adéquate des écosystèmes et des biens publics mondiaux est notamment directement Figure 1. Esperance de vie par région de l’OMS et groupe de revenus corrélée à la capacité des populations à vivre dans des conditions de vie acceptables et à Pour les deux sexes répondre à leurs besoins fondamentaux. 1990 2009 Plages de valeurs par pays Cependant, à ce jour, la consommation des Minimum 36 47 ressources, les dégradations de l’environnement Médiane 68 72 n’ont pas pour autant permis d’assurer le Maximum 79 83 développement équilibré et le bien être des 7 Mds d’humains ainsi que l’illustre l’état Régions de l’OMS de réalisation des Objectifs du millénaire Région africaine 51 54 pour le développement (OMD). En cela, Région des Amériques 71 76 les années 2000, en séparant, au sein des Région de l’Asie du Sud-Est 59 65 institutions internationales, le traitement Région européenne 71 75 de la pauvreté de celui du maintien des Région de la Méditerranée orientale 61 66 équilibres environnementaux, a constitué une Région du Pacifique occidental 69 75 régression qui n’a pas été assez remarquée. Groupe de revenu Les huit OMD furent définis pour la première fois Faible revenu 52 57 lors du Sommet du Millénaire des Nations Unies Revenu moyen inférieur 63 68 en septembre 2000. Ils établissent des objectifs Revenu moyen supérieur 68 71 mondiaux pour réduire l’extrême pauvreté et la Revenu élevé 76 80 faim, améliorer la santé et l’éducation, autonomiser les femmes et assurer un environnement durable Mondial 64 68 d’ici 2015. 11 L’état d’avancement des OMD est très inégal géographiquement, certaines Statistiques sanitaires mondiales OMS 2012. régions se trouvent à la traine et aucun des OMD n’a été atteint dans les Etats fragiles. 11. cf. en annexe tableau de suivi 2011 des OMD. 12. G8 France 2011. Nouveau monde, Nouvelle idées. Rapport de Deauville sur la redevabilité. Engagements du G8 pour la santé et la sécurité alimentaire : bilan et résultat.16 | Un développement durable ou une croissance verte pour 7 milliards d’individus ? | 2012
  17. 17. Les statistiques publiées par le Stockholm La croissance des populations et le déplacementInternational Peace Research Institute (SIPRI) des centres de gravité démographique sont enpermettent clairement de montrer qu’il y a train de faire émerger de nouvelles dynamiques.aujourd’hui deux fois moins de guerres qu’il y a Les tensions géopolitiques et la pression sur les20 ans (17 en 2009 et 35 en 1989). Les conflits ressources sont aggravées par l’augmentationinterétatiques ainsi que les guerres civiles ont continue de la population mondiale ainsidécliné depuis les années 1970 alors que les que par l’élévation du niveau de vie des paysconflits internes et les nouvelles formes de émergents et leur désir naturel d’accéderviolence se sont multipliés. 13 Les conflits armés aux conditions de vie occidentales. 16et la violence ont déraciné plus de 4 millions depersonnes en 2011, à l’intérieur ou à l’extérieur Figure 2. Taux de scolarisation dans le primairedes frontières de leurs pays. La violence post Taux net ajusté de scolarisation dans le primaire*, 1999, 2004 et 2010 (pourcentage)électorale en Cote d’Ivoire, la situation dégradée Afrique subsaharienneen Somalie ou les soulèvements du « printemps 58 68arabe » ont tous été des facteurs contributifs. 14 76 Asie de l’Ouest 84Environ 1,4 Md de personnes vivent encore dans 89 92des conditions de grande pauvreté mais on Asie du Suds’attend à ce que d’ici à 2015, le taux mondial 77 89de pauvreté, qui était à 45 % en 1990, passe 93sous la barre des 15 % (alors que la cible était Caucase et Asie centrale 9423 %). 15 Cette tendance planétaire reflète 94,5essentiellement la croissance rapide de l’Asie de 93,9 Amérique latine et Caraïbesl’Est. En revanche, l’Afrique sub-saharienne reste 94 95en retard. Le monde a atteint la cible consistant 95à réduire de moitié la proportion de personnes Asie du Sud-Est 92n’ayant pas accès à une eau potable améliorée 94mais la faim et la persistance, voire l’augmentation 95 Afrique du Norddes inégalités demeurent un défi mondial. 88 95 96L’éducation est considérée comme l’un des Asie de l’Est 96vecteurs pour améliorer cette situation. Ce 97,3sont certains des pays les plus pauvres qui 96,6 Régions développéesont connu les plus grandes avancées dans le 97domaine de l’éducation notamment en Afrique 97 97subsaharienne (de 58 % à 76 % de 1999 à 2010). Régions en développement 82Concernant l’égalité des genres, dans 2 pays 88sur 3, elle est atteinte à l’école. De larges fossés 90subsistent cependant en ce qui concerne l’accès 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100des femmes à des emplois rémunérés, dans au 1999 2004 2010 * Défini comme le nombre d’élèves, ayant l’âge de fréquenter l’école primaire, inscritsmoins la moitié de toutes les régions du monde. dans une école primaire ou secondaire, exprimé en pourcentage de la population totale dans ce groupe d’âge.13. L’Iraq et l’Afghanistan ne font pas partie de cette catégorie.14. Rapport 2012 sur les OMD.15. Rapport 2012 sur les OMD.16. PwC. « Développement durable, aspects stratégiques et opérationnels ». Editions Francis Lefebvre. PwC / Ateliers de la Terre | 17
  18. 18. Le point de vue Yann Queinnec Sans surprise, les droits de l’homme n’ont pas donné lieu à des innovations marquantes au sortir de Rio+20. Tout au plus figurent-ils en fond d’écran du projet de résolution « L’avenir que nous voulons », partout et nul part dans une longue succession d’appels à l’action des Etats et des parties prenantes. Le grand mérite de l’exercice est toutefois de rappeler, comme l’ont fait les principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme adoptés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU (résolution 17/4 du 16 juin 2011), une réalité fondamentale que le paragraphe 43 de la résolution exprime en insistant sur le fait « qu’une large participation du public et l’accès à l’information comme aux instances judiciaires et administratives sont indispensables à la promotion du développement durable » en précisant que « le développement durable implique la participation active et concrète des organes législatifs et judiciaires aux niveaux régional, national et infranational (…) ». En creux c’est reconnaître qu’en l’état actuel de nos connaissances et des relations géopolitiques, il est vain d’espérer aboutir à des outils de gouvernance mondiaux dotés des pouvoirs et moyens adaptés aux enjeux. Cette nouvelle invitation faite aux Etats à prendre des initiatives audacieuses est moins paradoxale qu’il n’y paraît. Elle encourage une régulation venant d’en bas. Cette perspective est particulièrement parlante appliquée au rôle que peuvent jouer les entreprises transnationales et la régulation de leur activité. Ce serait donc au niveau national qu’une législation ou une jurisprudence bien inspirée pourrait créer des précédents utiles, se propager dans d’autres systèmes de droit et contribuer ainsi à l’amélioration des pratiques à l’échelle globale. L’arrêt de la Cour suprême de Californie du 2 mai 2002 dans l’affaire Kasky v Nike Inc, celui de la chambre criminelle de la Cour de cassation du 9 novembre 2010 dans le dossier dit des « biens mal acquis », ou encore le dossier Kiobal v. Royal Dutch Petroleum sur lequel la Cour Suprême américaine doit se prononcer le 1er octobre sont à ce titre emblématiques. De même une obligation pesant sur les sociétés mères de grands groupes peut-elle constituer un formidable vecteur de propagation du global au local. Une telle ambition, fondée sur une initiative nationale, ne serait pas envisageable sans les apports hétérogènes que représentent les normes publiques internationales telles que la convention tripartite de l’OIT, les principes directeurs de l’OCDE, le Pacte et les principes directeurs de l’ONU ou encore la norme ISO 26 000 et le GRI qui toutes servent à leur manière le respect des droits de l’homme dans la globalisation. Ainsi, bien appliquée, l’obligation de reporting social et environnemental récemment réformée en France peut-elle devenir un outil efficace de prévention et réparation des atteintes aux droits de l’homme, dans l’ensemble des filiales et jusqu’aux partenaires dispersés sur toute la chaine de valeur. L’Union Européenne vient aussi de s’engager sur cette voie… Ce rapprochement des échelles global/local par l’effet de textes nationaux est sans doute sous-estimé et assurément sous-exploité par les parties prenantes des entreprises. Leur utilisation constructive conditionnera et constituera le terreau d’une gouvernance mondiale assumée et efficace. Yann Queinnec, Directeur associé d’Orientation Durable18 | Un développement durable ou une croissance verte pour 7 milliards d’individus ? | 2012
  19. 19. la participation active du secteur privé, notamment1.1.2. La première tentative dans le cadre des partenariats public-privé, quimondiale de co-construction constituent un outil précieux, peut contribuer au développement durable. Nous sommes favorables àActeurs étatiques, entreprises la mise en place de cadres nationaux, notammentet société civile dans le domaine réglementaire, qui permettent aux entreprises commerciales et industrielles d’adopterNous l’observions dans notre étude de 2011, des initiatives en matière de développement durable,en 1992, les ONG agissaient comme aiguillon en tenant compte de leur responsabilité sociale.des négociations mais pas comme parties Nous lançons un appel au secteur privé afin qu’ilprenantes, rôle qu’elles occupent aujourd’hui mette en œuvre des pratiques responsables, tellesmédiatiquement et quasi-institutionnellement. que celles encouragées par le Pacte mondial. »Les collectivités locales n’étaient pas organiséessur le développement durable comme elles le sont Au delà de la Déclaration finale, leaujourd’hui par les Agendas 21. Elles sont aussi « bouillonnement » à Rio en 2012 n’a pas dedevenues des acteurs à part entière. Ceci est encore commune mesure avec 1992, qui restait uneplus vrai après Rio+20, car les conclusions de la Conférence onusienne classique, certes sur un sujetConférence ont consacré leurs rôles respectifs. nouveau : La Terre, mais dominée par les Chefs d’Etats. Or, en 2012, les dirigeants de grands paysLe paragraphe 42 de la déclaration finale du manquaient et le Brésil a confisqué leur débatSommet insiste sur le fait que « les organismes sur la Déclaration finale. Les innovations, débatspublics et législatifs, à tous les niveaux, ont un rôle sociétaux ou rencontres décisives ont été, cette foisclef à jouer dans la promotion du développement la, organisés du coté des évènements périphériques,durable. Nous reconnaissons en outre les efforts par exemple par les collectivités locales,déployés et les progrès réalisés aux niveaux local lesquelles avaient leur Sommet, les entreprises,et sous-national, ainsi que le rôle non négligeable (qui organisaient le « Corporate Sustainabilityque les autorités locales et sous- nationales et les Forum » à l’initiative du Global Compact, et lecollectivités peuvent jouer en vue du développement Business day le 19 juin), les juristes avec le Congrèsdurable, notamment en se rapprochant des citoyens Mondial de Justice (sur le thème Gouvernanceet des parties prenantes et en leur fournissant les et Droit pour la Durabilité Environnementale)informations nécessaires, selon qu’il convient, sur et les ONG avec le Sommet des peuples.les trois dimensions du développement durable… » Le Sommet des peuplesLe paragraphe 53 est moins dynamique, car ilprend acte de la réalité : « Nous prenons note de Rio+20 a également vu l’ascension de la sociétéla contribution précieuse, potentielle et effective civile, quatre des huit jours du Sommet lui ayantdes organisations non gouvernementales à la été consacrés. Mais c’est surtout les échangespromotion du développement durable, du fait de par le Net qui ont donné à cette conférence leleur expérience, longue et variée, de leur savoir- retentissement mondial au niveau des citoyens.faire et de leurs capacités, notamment en matière C’était d’ailleurs une volonté de l’ONU, commed’analyse, de partage de l’information et du savoir, le disait le Secrétaire Général de Rio+20, M. Shade promotion du dialogue et d’appui à la mise Zukang, dans un entretien exclusif pour DAESen œuvre du développement durable. » Mais la News « cela va être une conférence internationalereconnaissance des ONG sera plus importante dans comme aucune autre auparavant. Par ailleurs,les institutions onusiennes issues de Rio +20. la Conférence va se caractériser par la taille et l’engagement fort et sans précédent de GrandsLe secteur privé trouve une place accru à travers Groupes de la société, acteurs non étatiques,l’économie verte et les technologies, et aussi comme dont le rôle est fondamental dans la constructionpartenaire à part entière, selon le paragraphe 46. du futur que nous voulons. En outre, Rio+20« Nous reconnaissons que le développement durable sera différent de la CNUED en 1992 en ce que lessuppose une participation active du secteur public Grands Groupes font à présent partie de la réunioncomme du secteur privé. Nous sommes conscients que officielle, intervenant et prenant part aux tables PwC / Ateliers de la Terre | 19
  20. 20. rondes aux côtés des Etats membres une crise économique, sociale mais aussi traitement de la crise, et le temps deet des organisations internationales. morale, dont l’Europe est devenue un des la considération du long terme « pourLors de la Conférence de Rio en 1992, principaux foyers. La généralisation d’un assurer le bien être des générationsles Grands Groupes étaient largement modèle de développement insoutenable actuelles et futures, nous devonsconfinés dans un forum mondial pour la pour la planète et la surexploitation des voir au-delà de la crise économiquesociété civile dans le Parc de Flamengo. ressources naturelles ont engendré des immédiate. Nous reconnaissons qu’ilLe grand fossé entre les acteurs non changements climatiques provoqués est important de trouver comment laétatiques et les Etats membres a été à par l’être humain sans équivalent à croissance économique, la protectionprésent largement comblé » et d’ajouter : l’échelle de l’histoire géologique. Les de l’environnement et l’intégration« la Conférence Rio+20 concerne chaque politiques d’austérité généralisée sociale pourraient se compléter etfemme, homme et enfant sur la planète instaurées en Europe se révèlent se renforcer mutuellement. »autant que ceux qui ne sont pas encore socialement douloureuses et jusqu’icinés. C’est votre Conférence, même si vous économiquement inefficaces. De même, Finalement, sur le plan international,ne serez pas physiquement présents à Rio. les plans européens de relance opérés le concept de développement durableRejoignez le débat mondial. Connectez- en réponse à la crise financière de 2008 sert à maintenir une vision de longvous à la Conférence au travers les medias ont généralement cherché à relancer terme dans un monde où la crisesociaux et notre site internet. Faites le système économique sur les mêmes donne le tempo des urgences.part de vos opinions à vos délégations bases inefficaces que par le passé.officielles et à vos Grands Groupes favoris.Lancez vos propres initiatives pour un Une quantité de signaux d’alertes 1.1.3. Temps du possible oudéveloppement durable, qu’elles soient témoignent que le système économique résignation à l’impossible ?grandes ou petites. Engagez-vous pour actuel est à bout de souffle. Nos chargesconstruire l’avenir que nous voulons. » financières n’ont d’équivalent que nos Mais peut-on ainsi dissocier l’action dettes écologiques. Les inégalités sociales de court terme et la vision de longUn Sommet de toutes les crises ne cessent d’augmenter, tandis que terme ? Alors que l’élaboration et la des centaines de millions de personnes mise en œuvre de solutions durables20 ans après 1992, les forces en continuent, au Nord comme au Sud, à demanderaient d’établir un consensusprésence, tant au niveau des Etats vivre dans la misère et l’extrême pauvreté. et de prendre le recul nécessaire,que des groupes majeurs, ont donc Il est illusoire d’espérer sortir de la crise l’urgence et l’exigence politique ne leconsidérablement changé. Malgré la systémique à l’œuvre en approfondissant permettent pas. Comme nous le disionsprise de la conscience de la nécessité les mesures qui l’ont provoquée. La nature déjà l’année passée, sommés de répondrede co-construire les changements, la et l’ampleur de cette crise nécessitent aux urgences, en particulier lors demise en œuvre des réformes nécessaires au contraire de changer de paradigme. catastrophes environnementales ouselon les agendas internationaux La prospérité d’aujourd’hui n’a pas de bien de périls financiers, les décideursau sein de l’ONU est cependant sens si elle hypothèque celle de demain privilégient le court terme à un rythmefreinée par le contexte des crises et si elle n’est une réalité que pour une de plus en plus accéléré. Paradoxalement,écologique, financière, économique, minorité de la population mondiale. » ils sont accusés de négliger lessociale et alimentaire. Depuis 2008, générations futures, de ne pas mener lesla crise monétaire puis économique Pourtant le G20 des 18 et 19 juin à actions de long terme, correspondantet celle de la dette souveraine ont Mexico, lequel se tenait en même temps en particulier au temps de la nature.enfermé les dirigeants dans des que le Sommet RIO+20, reconnaissaitcontraintes de court terme, parfois aussi que « depuis notre dernier Sommet, Christine Lagarde estime ainsi que « lamême à un rythme quotidien, selon la reprise mondiale continue d’être constitution d’une gouvernance mondialeles fluctuations des marchés. confrontée à un certain nombre de bute [sur] « la désynchronisation défis. (…) L’économie mondiale reste des temps ». Le temps politique estUn collectif belge donnait peu avant vulnérable, entraînant des répercussions un temps très court, où l’horizon seRio+20 une description assez juste du négatives sur la vie quotidienne des mesure en fonction des prochainescontexte où elle se déroulait : « le début populations du monde entier et affectant élections. (…) le temps institutionneldu XXIe siècle est caractérisé par une l’emploi, le commerce, le développement à l’inverse est beaucoup plus long etsuccession de crises globales. La crise et l’environnement. » Mais il ajoutait, en étiré, opposé symétriquement à celuifinancière la plus importante depuis la établissant du coup deux temporalités des marchés, beaucoup plus courtSeconde Guerre mondiale a débouché sur nécessaires à la décision, le temps du (…). La gouvernance mondiale doit17. Extraits de « Pour une gouvernance mondiale » (Autrement 2010) de Jean Marc Vittori. Le Monde économie 30 juin 2011.20 | Un développement durable ou une croissance verte pour 7 milliards d’individus ? | 2012
  21. 21. répondre à deux impératifs : représentativité Le vrai bilan de Rio +20, c’est encore une foiset efficacité. Elle reste à inventer ».17 le rapport « résilient people, résilient planet » 20 qui l’a le mieux traduit, en opposant la bonneLe rapport de Davos de 2009 estimait déjà que diffusion du concept de développement durableles tensions géopolitiques et l’incertitude des et le défaut de volonté politique soutenuemarchés financiers pourraient conduire les pour en imposer sa déclinaison : le rapportentreprises et les gouvernements à négliger Brundtland avait raison à l’époque et il a encorecertains risques moins immédiats comme le raison aujourd’hui. Le problème, c’est que,changement climatique, même si « l’inaction 25 ans plus tard, le développement durablesur les risques à long terme affaiblirait la reste une notion généralement admise, maiscapacité mondiale à gérer les défis futurs ». qui n’est pas mise en pratique au quotidien.Or, le choix de la temporalité de l’action paraît Les auteurs se sont demandés quelle enessentiel à l’efficience de celle-ci. Nous disions la était la raison et quelles mesures pouvaientmême chose en conclusion de Rapport de 2011 : être prises pour remédier à cet état de« Aussi voit-on émerger un temps de la décision fait et de donner deux explications :qui pourrait être appelé « le temps du possible », Le développement durable a indubitablementlequel ne satisfait personne, puisqu’il n’est pas assez « souffert du manque de volonté politique. Peu deopérationnel comparé par exemple à la rapidité voix s’élèvent contre le développement durable,dévastatrice des instruments boursiers ou bien mais rares aussi sont les mesures qui sont prisesdes phénomènes extrêmes, ni assez efficace, selon pour le mettre en pratique, nos orientations, nosles projections scientifiques et économiques, pour politiques et nos institutions privilégiant le courtassurer le bien-être des générations futures. » 18 terme de façon disproportionnée. Autrement dit, les bénéfices sont à long terme et courent sur plusieursIl faut cependant dans ce « temps du possible », générations, mais il faut que la volonté politiqueavec une capacité d’action réduite par les se manifeste dès aujourd’hui. » (Paragraphe 10crises, parvenir à concilier environnement et du rapport « résilient people, résilient planet »)développement, protection des biens communsmondiaux et bien être d’une population qui Il y a une deuxième explication à la question decompte 7 milliards d’individus aujourd’hui et savoir pourquoi le développement durable nepourrait en compter 9 ou 10 Mds en 2050. s’est pas encore concrétisé, une explication qui suscite des discussions passionnées : « la notionComme nous le remarquions il y a quelques de développement durable n’a pas encore trouvé samois dans un article de la Revue Vraiment place dans les débats généraux menés aux échelonsDurable, « l’adaptation aux mutations diverses, nationaux et internationaux sur les orientationsenvironnementales bien sûr, mais aussi économiques économiques. La plupart des décideurs économiqueset « géo-locales » auxquelles nous sommes contraints, considèrent encore que le développement durabledoit modifier la mesure que nous avons du temps, n’entre pas dans le cadre de leurs fonctions liées àcar elle doit être… rapide, mais il ne s’agit pas de la gestion macro-économique ou à d’autres typesla même vitesse. (…) La vitesse qui nous détruit de politiques économiques.(…) Pendant tropn’est pas comparable à celle qui nous protège, nous longtemps, les économistes, les défenseurs des droitsreconstruit. Celle-ci sert une urgence rationnelle sociaux et les spécialistes de l’environnement setandis que la première relève de la démesure ».19 sont livrés à un dialogue de sourds. Le moment est venu d’unifier les disciplines, de mettre au pointLe Sommet Rio +20 n’a pas échappé à cette un langage commun qui réconcilie les parties encontradiction, mais a tenté de donner des présence et qui place le développement durableéchéances en tout cas pour ce que l’ONU au cœur de l’économie. La classe politique et lesmaîtrise à peu près, c’est à dire son propre décideurs auront ainsi beaucoup plus de mal àcalendrier institutionnel : des échéances ignorer la question. » (paragraphe 11 et 12 duprécises pour les institutions nouvelles, et rapport « résilient people, résilient planet »)pour les Objectifs de développement durable.Un peu mieux qu’à Copenhague… Magistral bilan, qu’il aurait fallu lire aux Chefs d’Etat à Rio+20….18. Extrait de « Le développement durable, synthèse et priorités à l’usage des décideurs » étude PwC -2011.19. Extrait de l’« urgence immobile », article de Bettina Laville, revue Vraiment Durable, n° 1, page 74.20. President Tarja Halonen and South African President Jacob Zuma. The Panel’s final report, “Resilient People, Resilient Planet : A Future Worth Choosing”, paragraphe 1. PwC / Ateliers de la Terre | 21
  22. 22. Deux thèmes principaux avaient été identifiés lorsque, par sa Résolution 64/236 du 24 décembre 2009, l’Assemblée Générale des Nations Unies avait lancé le processus de préparation de la Conférence sur le Développement Durable (CNUDD) à Rio de Janeiro en juin 2012 : le cadre institutionnel du développement durable ainsi que l’économie verte dans le cadre du développement durable et de l’éradication de la pauvreté. Plus tard, la Présidente du pays hôte, le Brésil avait insisté sur la prééminence du thème de la pauvreté.| 1.2. Réformes en débat à Rio+20 : quelle gouvernance, quelle économie ? 1.2.1. Des réformes de rendre des comptes en ce qui concerne la mise en œuvre des politiques convenues, l’absence d’une institutionnelles à minima voix forte et faisant autorité au sein du système mondial de gouvernance, ainsi que le manque de La gouvernance mondiale du développement ressources humaines et financières sont autant mondial est rendue difficile par le fait que pour d’éléments qui expliquent cette situation. En outre, assurer la gestion commune des ressources les nouveaux rôles et responsabilités des économies terrestres, des mécanismes de régulation doivent émergentes ne sont pas suffisamment définis. » 22 être mis en place par les Etats. Or, chacun est tenté d’adopter la stratégie du « passager Ce constat des faiblesses de la gouvernance clandestin » ou de gérer les autres crises qui mondiale du développement durable faisait s’imposent économiques, sociales, qui donnent la l’unanimité mais les opinions divergeaient sur fausse illusion que les enjeux environnementaux les réformes à mettre en œuvre pour la renforcer. ne réclament pas de solutions immédiates. Les Certains plaidaient pour un renforcement du difficultés à obtenir des avancées concrètes dans PNUE actuel, d’autres pour la création d’une OME les mécanismes d’accès au partage des bénéfices (Organisation mondiale de l’environnement) ou de la biodiversité ainsi que dans la répartition d’une ONUE (Organisation des Nations Unies des efforts dans la lutte contre le réchauffement pour l’Environnement), comme l’UE à l’initiative climatique, en sont des exemples probants.21 de la France, ainsi qu’une centaine de pays africains qui paraissaient avoir rejoint cette La Commission Européenne estime à cet égard que position. Les pays émergents et les États-Unis « par rapport aux structures économiques existant voyaient cependant d’un mauvais œil la création à l’échelle mondiale, en matière d’environnement, de ce qui aurait pu être le pendant de l’OMC, en la gouvernance internationale est déficiente. La introduisant des régulations contraignantes. fragmentation institutionnelle, la non-obligation 21. PwC « Développement durable, aspects stratégiques et opérationnels ». Editions Francis Lefebvre. 22. Communication de la Commission Européenne, « Rio+20: vers une économie verte et une meilleure gouvernance ». 20 juin 2011. 22 | Un développement durable ou une croissance verte pour 7 milliards d’individus ? | 2012

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