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2allemand lui aussi essentiellement fournisseur de lindustrie pharmaceutique, dont lechiffre daffaires est presque compara...
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12J’oublie quelque chose qui est très important en Allemagne: ce sont les sociétés ennom personnel, qu’elles aient pour ac...
13cette hausse de TVA saccompagne dune baisse des charges sociales, quimécaniquement et de façon plus forte encore va perm...
14Il ne faut pas oublier que Montesquieu a certes dit « Comment les lois suivent lesmœurs », et lon va répétant cet adage,...
15      •    dabord davoir une réflexion sur le système fiscal global des ménages et des          entreprises;      •   en...
16baissé! Nous étions à 1,79 % du CA, et nous sommes maintenant à 1,31. LeCIR est une bêtise qui fait plaisir au Medef, au...
17   •   de renforcer le bilan de des entreprises françaises. Il ne faut pas oublier que       nous investissons beaucoup ...
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Rotary 2 octobre hl

  1. 1. 1Rotary Paris Conférence de Monsieur Henri LAGARDE du 5 septembre 2012 « France-Allemagne : du chômage endémique à la prospérité retrouvée »Bonjour. C’est un honneur d’être parmi vous. Je signale tout de suite que ceux qui ledésirent peuvent recevoir un résumé de ce que je vais dire, et surtout la totalité dema présentation, soit 39 slides + 8 pour les annexes par mail, bien que nous nenprésentions aujourdhui que le tiers, pour respecter le temps qui mest imparti.Ce que vous verrez ici est donc un résumé de résumé; Mais je pense quen nayantmême que cela, vous verrez ce dont il s’agit.La désindustrialisation de la France est un problème qui m’obsède depuis huit ansau moins. J’ai donc écrit un livre pour en parler, analyser les causes et proposer desremèdes (Cf. titre ci dessus, chez un libraire ou chez FNAC.com, Amazon...).J’avais choisi le titre de ce livre, parce qu’à l’École de Paris – c’est-à-dire les Mines –ils me lavaient fait retenir pour ne pas être trop alarmiste, alors quen fait jaurais dûen rester à mon souhait initial: "France Allemagne, (ou mieux encore, "FranceEurope du nord, Chronique et autopsie dune désindustrialisation programmée".Comme vous le verrez, notre vrai problème est celui des charges pesant surlindustrie en France, par rapport à lEurope du nord, et plus particulièrement parrapport à notre grand voisin et ami, lAllemagne. Je vous donnerai dabord quelqueschiffres, et vous verrez: A - le poids des charges qui pèsent sur lindustrie française en France, et nous verrons que nous avons là un problème vraiment gravissime; B - les raisons de ce déséquilibre, et la façon dont les pays du nord de lEurope, et certains autres pays lointains, (Nouvelle-Zélande, Australie...), ont su rebondir tels des "pays Phoenix" senior; C - et ensuite les voies que nous pouvons prendre, nous aussi, pour en sortir.Je voudrais simplement vous indiquer au préalable que j’ai retenu une méthodologiepeu utilisée en France, celle de la "micro-économie", cest à dire la comparaison deschiffres de deux "petites" entreprises de 18.125 K€ de chiffre daffaires (CA)chacune, lune française, dont je suis l’actionnaire de référence, et son cousin
  2. 2. 2allemand lui aussi essentiellement fournisseur de lindustrie pharmaceutique, dont lechiffre daffaires est presque comparable au nôtre, et qui fait le même métier dans lesacides aminés, cest à dire les 22 constituants de base de la protéine, source de viepour tout être vivant: végétal, animal ou être humain; Jai simplement légèrementcorrigé dun petit multiple les chiffres de lune, pour que toutes deux aient exactementle même chiffre d’affaires; puis en appliquant ce même multiple, jai comparé leurscharges, coûts et résultat.Et vous voyez déjà que, même à productivité égale, nous parvenons à un résultattout à fait différent. Celui des Allemands (Basse Saxe) est au moins 2,4 foissupérieur, et leur prix de revient final est inférieur dau moins 16 % à celui de cheznous (dans le Morbihan, où pourtant chacun travaille toujours beaucoup).C’est tout un ensemble de choses qui conduit à ce résultat tout à fait différent. Celui-ci est au total 2,4 fois supérieur chez eux, et leur prix de revient final est inférieur daumoins 16 % à ceux de chez nous (Cf. tableau de la page 5).A - Considérons tout dabord les prélèvements obligatoires et la fiscalité. Vousvoyez tout de suite quen France, ils sont de 4 niveaux au moins: les cotisationssociales, les taxes locales / régionales, limpôt sur les bénéfices (IS):1 - les cotisations sociales part employeur tout dabord: pour un taux de base de48 à 50 % des salaires bruts, elles sont au final en France de 38,1 % (1.406 K€) soit7,9 % du chiffre daffaires et 77,8 % du RCAI;Contre, en Allemagne, un taux de base employeur de 20,9 % (Cf. détail en annexe),un plafonnement de ces cotisations employeurs, et un réel de 16,6 % (576 K€) soit3,1 % de CA et 13,9 % du RCAI Allemand;2 - Viennent ensuite les taxes/impôts locaux/régionaux: en France, ceux-ci sontpayés avant même le calcul du RCAI (Résultat Courant Avant Impôts) et ce sontdonc des taxes, payables même si lentreprise est en pertes.Il y en a au moins une douzaine: a - dabord les Taxes, avec dabord celles de base: la CFE (Cotisation Foncière Entreprise) et la CVAE (Cotisation sur la Valeur Ajoutée Entreprise), qui ont remplacé en 2010 la mémorable taxe professionnelle, la "taxe laplus bête du monde" selon M Chirac, son créateur; beaucoup de politiciens et journalistes tendent aujourdhui à répéter avec une constance désarmante, que cette taxe a été supprimée !... Elle a été en fait remplacée, en 2010 seulement, par 2 autres (CFE et CVAE), dont le seul mérite est dêtre
  3. 3. 3 plafonnées à 3 % de la valeur ajoutée, contre 3,5 % auparavant, ce qui fait que vous aurez "toujours" à les payer; ici en 2010, au niveau de 1,5 % du CA (268 K€ soit 1,8 du CA et 14,6 % du RCAI), et bien davantage plus tard (Cf. tableau 11), même si lentreprise est en pertes, comme en 2008, avant que nous ne la rachetions. Puis vous trouvez une dizaines dautres taxes (Cf. Annexe) dont le montant est de 322 K€ (soit 1,8 % du CA et 17,6 % du RCAI); Soit un total de 32,2 % du RCAI 2010 pour ces seules taxes locales ou régionales payables même en cas dentreprise en pertes. En Allemagne, toutes ces taxes sont regroupés dans un impôt local, la "Gewerbesteuer" de 7 à 17,25 % du RCAI, (14 % en moyenne nationale), et donc à payer que sil y a RCAI positif, donc profit;Il existe en outre dans ce pays que 4 petites taxes 1 écologiques, pesant au maximumque 1,2 % du RCAI.Il y a ensuite le prix des intrants et de la matière première qui sont autrementplus bas en Allemagne. Nous n’avons en effet par exemple plus de fabriques desoude à louest de la France et nous ne produisons que 7 % environ de la soudeeuropéenne, ce qui fait que l’acide chlorhydrique ou la soude, nos deux intrants debase, sont par exemple deux fois plus chers que chez les Allemands qui produisent45,5 % de la soude européenne; nous avons de plus et bien sûr un coût de transportexorbitant: en moyenne 50 % du prix de la soude car celle-ci ne peut voyager quencuves spéciales époxy (1,91 € du Km pour le seul transport, soit plus 50 % de sonprix !).Enfin, nous ne produisons quasiment plus ces équipements industriels trèsspécialisés en France, et devons les acheter en Allemagne ou au Danemark, ce qui,de lavis même des fournisseurs, les renchérit dau moins 5 à 15 % + SAV à distance!.3 - il y a ensuite lIS, impôt sur le bénéfice, dont le taux de base est, en France, de33,3 % (30,6 % payés en 2010), contre 15 % de base en Allemagne, et 14 %effectivement payés en moyenne dans le pays et 14 % de leur RCAI en 2010;4 - les Allemands ont ensuite un impôt très spécifique à payer, limpôt desolidarité, de 5,5 % des revenus, créé lors de la réunification du pays en 1992, quiconcerne:1 Taxe sur les voitures de cadres dirigeants, taxe sur leur carburant, sur la consommationélectrique et sur les acquisitions immobilières.
  4. 4. 4 - autrement plus les particuliers, puisque tous leurs salaires et revenus sont frappés à ce taux de 5,5 %; - que les entreprises, puisquelles ne le paient quau niveau de 5,5 % de leur impôt local, la Gewerbesteuer, soit ici 5,5 % de 11,2 % = 0,62 % de leur RCAI 2010;On voit très bien là à travers cet impôt de solidarité une confirmation du choix desAllemands davoir une fiscalité frappant surtout les particuliers et en faveur desentreprises;Au total, lentreprise française a payé en prélèvements et impôts: a - 77,8 + 32,2 + 30,6 = 140,6 % 2 de son RCAI 2010 en prélèvements divers (ou 113;9 % si nous avions les normes allemandes où les impôts locaux, la Gewerbesteuer, nest payée quaprès le RCAI et à proportion de celui-ci); !. Et encore il sagit dune entreprise française en profit ! Sinon le taux des prélèvements serait ...infini ! b - alors que lentreprise allemande naura payé que 40,9 %, soit 3,4 fois ennormes françaises (et 2,8 fois en normes allemandes) moins de prélèvementsobligatoires (Cf. mes slides 9 et 10 du diaporama)C’est tout un ensemble de choses conduisant bien sûr à un résultat tout à faitdifférent. Ce résultat est au total 2,4 fois supérieur chez eux, et leur prix de revientfinal est inférieur dau moins 16 % inférieur au notre.En revanche, nous verrons que toutes les grandes entreprises française (GEF typeCAC 40 et très internationales) ne payent quasiment pas d’impôts en France.Je me suis amusé à reprendre les chiffres de l’affaire allemande. Je prends une ETI 3française et je prends la GEF 4 (Grande Entreprise Française). Nous savons quon neparle pratiquement que de ces GEF en France, et que par exemple les 12 personnesque M. François Hollande à reçu la semaine dernière nétaient que des dirigeants ouanciens dirigeants de ces GEF. Je rappelle que ces grandes entreprises françaises,notamment celles du CAC 40, ont 4 millions de salariés à l’étranger, et 2 millionsseulement en France. Je rappelle aussi qu’elles ne payent que 8 % d’IS en moyenneen France et très peu à létranger. Avec cela, notre président a l’impression d’avoirreçu l’économie française; c’est irréaliste !Total – je l’explique dans mon livre – qui est la première entreprise du CAC 40 en2 Ou autour de 122,5 % pour une micro-entreprise, fabricant des produits, de moins 20 salariés et réalisant moins 777.000 € deCA et 75.000 € de RCAI, (et moitié moins si elle ne vend que des services), et qui ne paient que 15 % de base en IS au lieu de33,5 %) donc 122,5 % de prélèvements divers de son RCAI (ou 114 % si nous avions les normes allemandes);3 Entreprises de Taille Intermédiaire française de 250 à 4.999 salariés et moins de 1,5 milliard de CA.4 GEF: Grandes Entreprises Françaises, type CAC 40...
  5. 5. 5termes de profits (12 à 14 milliards d€ après impôts), ne paye quasiment aucunimpôt sur le bénéfice en France. Là, (Cf. slides 9 à 11 de ma présentation) vou s avezles cotisations sociales pour lesquelles ces GEF sont très favorisées par le faitdavoir au moins 70 % de leurs salariés à l’étranger; je nai pris pour taux decotisations sociales employeur à létranger, que celui de lAllemagne (20,9 % dessalaires bruts), et leurs taxes locales qui sont également fortes.Donc, en résumé, là encore, vous voyez au final un écart fabuleux: - 140,6 % dun RCAI de 10,1 % pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME) comme la notre, et ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire), c’est-à- dire entre 250 et 4.999 salariés et de moins de 1,5 milliard de chiffre d’affaires); - 62 % pour les GEF (Grandes Entreprises Françaises); et autour de 41% pour les entreprises allemandes qui sont pourtant loin dêtre les mieux positionnées en matière de prélèvements obligatoires en Europe (Ex: Danemark: 0 % de cotisations sociales employeur et 28 % (centraux + régions) pour les impôts sur le RCAI.Ces pays comme le Danemark ont en effet, des charges sociales (employeur) dezéro pour cent, et désormais il y a de plus en plus de pays qui suivent cette stratégiedu 0 %. En France, on appelle encore ces prélèvements "charges patronales »comme au XIXeme siècle !. En Nouvelle-Zélande, en Australie...etc. elles sont de 0%. Pourquoi ? Parce que ces pays ont estimé que faire payer toutes ces cotisationspar l’entreprise, c’était vraiment pénaliser l’emploi et qu’il valait mieux les faire payerpar le budget général et favoriser des emplois. Nous y viendrons un jour, m ais quand? Tous nos savoir-faire, toutes nos traditions industrielles auront alors disparu.Travaillant cette année dans les Commissions sur la Compétitivité française deBercy, j’ai eu des énarques avec moi qui ont découvert cela en commission; ils ontété très surpris, puis m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas proposer de faire comme enAllemagne, cest à dire dindexer les taxes locales sur le RCAI, parce qu’il y auraitdes années où les communautés locales auraient zéro, puisque dans ce pays, sil’entreprise perd de l’argent, elle ne paye rien. Je leur ai demandé s’ils voulaientsauver les emplois ou non. Or une entreprise qui perd de l’argent a beaucoup plusde mal qu’une entité locale administrative à emprunter ou à trouver de l’argent.Nous avons vraiment tout faux et à l’envers en France.Je passe sur toutes les remarques, sur les plafonds allemands en matière decotisation sociale (maladie, retraite...etc.), vous pourrez regarder cela à tête reposée
  6. 6. 6dans les annexes de mon diaporama. Toutes ces cotisations sont plafonnées enAllemagne; A partir d’un certain taux de salaire, lentreprise na plus à cotiser, ni pourles retraites ni pour les charges sociales...etc. Aux salariés de cotiser eux-mêmes audelà de ces plafonds sils le souhaitent.Par ailleurs, du fait qu’il y a en Allemagne beaucoup de Roumains ou de Polonais quisont à 4 à 7 francs de l’heure + charges sociales (entreprises sous-traitantes tout àfait légalisées par Bruxelles !), ce pays renforce dautant plus sa compétitivité.A linverse, en cas de crise, si toutes les entreprises européennes font un CA demoins - 30 %, l’Allemand, comme vous le voyez (slide 6) aura encore un résultatpositif. J’avais travaillé avec un Allemand qui possède des entreprises en France eten Allemagne; il est très frappant de voir comment il a pu régler ses problèmespendant la crise.En Allemagne, en 36 heures seulement, et par un seul fax, il a eu l’accord pourpouvoir diminuer ses effectifs allemands en 2009. Tout ce personnel mis auchômage, il continuait à le payer et trois semaines plus tard il était remboursé, nonseulement pour le corps du salaire, mais aussi pour les taxes sociales, et pouvaitplus tard les rembaucher, à tout moment, selon ses besoins, dans le cadre dun CDDprovisoire.En France, il a essayé d’obtenir quelque chose – quoi que ce soit – et il a arrêté sesdémarches au bout de trois mois, car c’était trop bureaucratique, trop long, tropcompliqué, et pourtant son bureau dinspection du travail en charge de donner unaccord pour mettre ces personnes en chômage technique de crise (indemnisationsqui auraient été beaucoup plus faibles quen Allemagne) étaient dans la même ville!.Bien sûr, les très grandes entreprises françaises s’en tirent beaucoup mieux, parcequ’elles ont des avocats spécialisés qui ont épaulé leurs DRH, + le chantage à ladélocalisation...etc.Dans le tableau macro-économique qui suit, vous pouvez voir quelque chosed’essentiel, qui est l’importance de l’industrie dans la vie économique dun pays.Aujourd’hui, l’industrie doit faire 11 % à 12 % du PIB français, c’est affreux (et nonpas 16 ou 18 % comme laffirment certains). Il faut savoir que la balancecommerciale de tout pays est essentiellement faite par les produits industriels.Si nous comparons les grandes masses, nous verrons que les produits agricoles etle luxe sont quasi marginaux.
  7. 7. 7Ni le tourisme, ni les services (financiers et autres) ne peuvent ensuite compenserdans la balance des paiements un déficit de balance commerciale; Pas mêmelAngleterre et sa City, lEspagne ou la Grèce et leur tourisme, et bien sûr les USA etleur puissance mondiale...etc. Et dans tous ces pays déficitaires commercialement,le taux de chômage est bien sûr le plus élevé. J’ai noté pour la France 9,8 % de lapopulation active au chômage, et nous sommes maintenant à plus de 10 %, mais enfait, nous avons beaucoup plus de chômeurs que cela. Nous avons ici les chômeursde classe A, B et C, mais si je compte les chômeurs de A, B, C, D et E, c’est-à-direceux qui sont au RSA et autres formules trompeuses (pseudo auto-entrepreneurs...),toutes parfaitement recensées par Pôle Emploi, nous arrivons à plus de 16/18 %,.0n nous ment donc complètement sur les taux de chômage en France, et limage deFourastié dune économie où les emplois du futur reposeraient sur le tertiaire etnotamment les services savère fausse, car cest en fait le secondaire, cest à direlindustrie, qui alimente une grande part du tertiaire en services multiples.Vous voyez que les pays qui sont négatifs en balance commerciale sont aussinégatifs en balance des paiements. L’Italie pourtant plus industrielle que la France, laPologne, lEspagne, le Royaume-Uni, ou les USA qui sont très négatifs en balancecommerciale, ont une balance des paiements tout aussi négative, avec, bien sûr,beaucoup de chômeurs. Nous voyons que l’industrie est vraiment le socleéconomique et demplois de chacun des pays.Si nous continuons, nous voyons qu’en ce qui concerne notre balance commerciale,l’introduction des 35 heures a été un formidable accélérateur de notre déclin. En2002 et 2003 notre balance commerciale et donc notre balance des paiementsétaient encore positifs. L’an passé, nous avons été à - 69,7 milliards (dont - 40milliards pour.nos seuls échanges avec lAllemagne !); et je pense que cette année,nous serons à 80/ 90 milliards de déficit commercial. Nous sommes dans unesituation vraiment effroyable. Vous avez ici l’export et l’import, vous voyez où nousen sommes. Il y a un écart de 275 milliards d’euros avec l’Allemagne (- 70 pour nouset + 205 pour les Allemands, qui sont pourtant dans l’euro et ont quasiment le mêmesystème de protection sociale et déducation que les nôtres.Et cessons de nous plaindre de la Chine: 60 % de notre commerce extérieur se faitdans la zone euro, et près de 80 % en Europe, ce qui veut dire que lesantimondialisation sont dans lerreur la plus complète.
  8. 8. 8Je donne ici (slides 23 à 27), deux exemples de ce que j’appellerai les "pays Phoenixsenior", pays qui ont réussi à renaître en compétitivité industrielle. Ils ont connu dansles années 80 / 90 déficits, inflation pour certains et chômage...etc.Je parle des Danois tout d’abord. Poul Schlüter, en 1982-1992, qui était dailleurs,chose étonnante pour ce pays "social démocrate", un Premier ministre de centredroit, le premier depuis 81 ans; Il disait que « Capitalisme et économie de marchésont semblables à un tigre : une puissance dont nous allons utiliser la force, maisaussi nous assurer qu’il ne blesse pas le peuple ».Ses mesures furent spectaculaires: • suppressions de léchelle mobile des salaires (indexation des salaires sur au moins linflation), ce fut la première mesure qu’il a prise... Et dailleurs cela fut supprimé également en France, mais.... par la gauche, en 1983 (sauf le SMIG). • réduction massive des emplois publics, et kartoffelkur – cest à dire le dialogue avec les syndicats mais avec un objectif majeur: "ne plus manger que de la pomme de terre bouillie" tant que léconomie ne serait pas rétablie... • charges sociales ramenées à 0 %. Deux ans plus tard, ils en ont tout de même recréé une, mais à la charge seulement du salarié: 8 % pour les retraites complémentaires. • impôts (taxes locales +IS) ramenés à 28 % (et 14 % pour les coopératives); • réduction drastique du train de vie de l’État en central et en régions; • taux normal de TVA fixé à 25 %,... même pour les produits alimentaires !. Seuls sont à 8 % les médicaments, médecine, livres, transports en commun et évènements sportifs; Pour eux, ne pas avoir lalimentation à 25 % est quelque chose "crazy and démagogic"! mont ils répété. • impôt sur les personnes de 36,8 à 62,5 %; Je rappelle que nous sommes aujourd’hui autour de 55 %, et bientôt 60 % en France, c’est-à-dire 40% + CSG, ISF et divers; Nous ne sommes pas trop loin, donc de leur 62,5 %;...pour ne pas parler du 75 % ... !!! • création dun impôt écologique le punktafgifter, frappant les voitures particulières, à 100 % au moins (+ la TVA), les herbicides, chewing gum...etc.
  9. 9. 9• Je suis allé voir un de mes cousins de cousin danois établi là-bas, qui produit des porcelets, cette fiscalité ma-t-il dit ne les pénalise absolument pas Puis ce fut en 1993, un gouvernement de gauche qui créa la flexisécurité, c’est-à-dire le licenciement quasiment sans aucune formalité (dans un pays qui a un taux de syndicalisation au moins 10 fois supérieur au notre ! (plus de 65 % contre 5 à 6 % au global en France). L’homme licencié reçoit durant 12 mois 90 % du salaire s’il a un bas salaire – les hauts salaires sont beaucoup plus pénalisés – mais il a une formation d’activation obligatoire, si besoin trois écoles successives. Je peux vous dire que cela incite très fortement les gens à reprendre très vite le travail. Retourner à l’école et ne plus être payé en cas dabsence motive chacun dentre eux, et surtout les cadres supérieurs parait-il. Ils ont droit à deux refus de poste puis accepter le troisième, même si le salaire n’est pas au même niveau de leur salaire antérieur.• Suppression en 1997 de l’ISF par un gouvernement de gauche. (là encore jentendis plusieurs fois les mots "archaïc and crazy"• 90 % des impôts sont à la charge des ménages. Il est très important d’expliquer à chacun, me dirent-ils, la "théorie des impôts" : ceux-ci peuvent être payés soit par les entreprises, soit par les ménages. En fait, "cela ne revient pas au même", mexpliquèrent-ils. Car toute entreprise qui reçoit un impôt supplémentaire, si elle est en position de force, peut faire comme je l’ai fait moi-même dans ma vie professionnelle à certains moments: encore augmenter ses prix. Si par contre, cette entreprise perd structurellement de l’argent, elle arrêtera son activité; Je délocalisais mes appareils de radio à Singapour par exemple (jétais patron de la radio chez Philips en 1971) et je fermais mon usine française de Rambouillet le jour où jai compris que nous ne pourrions pas nous battre contre le Japon, puis Hong-Kong, Taiwan, Singapour, puis contre aussi la Thaïlande....et il ne reste aujourdhui aucun fabricant de radio ou télévision, dans aucun pays doccident, ce qui montre bien laveuglement de ceux qui, extérieurs à la profession, portaient des jugements péremptoires à lencontre des grandes marques occidentales de ces produits: "manque de R et D", "timorés"...etc.
  10. 10. 10La suppression des charges sociales entreprise est un moyen de mieux payer lesalarié, tout en devenant plus compétitif. J’ai rencontré deux Ukrainiens dans cetteentreprise danoise de porcelets et on ma remis copie de leur feuille de salaire:chacun deux gagnait encore 1.250 euros nets, une fois ses impôts et chargessociales payés (8 % pour la retraite complémentaire). Et jappris ensuite que 3 moisplus tard, ils quittaient cette ferme pour un meilleur salaire encore ailleurs !!Donc, la révolution danoise, c’est une pression fiscale via lIR, la TVA et les Taxes"Punktafgifters" sur tous les ménages, et un renforcement de la compétitivité desentreprises, notamment sur la base dimpôts nettement diminués. Plus de 90 % desimpôts et charges sont donc directement payés par les ménages, quasiment tousperçus à la source, donc psychologiquement moins douloureux, et sauf pour lamédecine, me dirent-ils, et pourtant "lEtat providence y est même plus fort quenFrance" !.Leur feuille de salaire est ultra simple: six lignes, prélèvements (impôts) inclus...Ils ont aussi une spécialité, le Punktafgifter, c’est le fameux impôt écologique pourtout ce qui est incivique, par exemple le chewing-gum, les voitures qui payent auminimum 100 % de taxes supplémentaires, les tabacs, les alcools, les chocolats, lesdésherbants également ... Ces contributions ne concernent bien sûr que trèsmarginalement les entreprises.Les taxes locales et lIS ne sont quà 14 % pour les coopératives, ce qui me paraitinjuste pour les autres entreprises privées....mais je ne suis pas Danois... Il y a aussi,au Danemark, de fortes entreprises familiales qui continuent à se renforcer, souventvia des trusts tel par exemple Heineken..Nous sommes dans le Morbihan en train d’acheter pour 5,5 millions un système deséchage, 2 Danois ont de loin les meilleurs appareils, en prix et en performances.Même les produits allemands sont en dessous.En Allemagne, c’est une adaptation qui a été plus graduelle. Ils ont depuis longtempsla "Tarifautonomie", ce sont les alliés qui avaient imposé de revenir à cette idée deBismarck. Ils ne voulaient plus que les politiciens interviennent dans les négociationssalariales: nombre d’heures de travail ou salaires, transformant toute négociation enguerre de religion...etc. Les politiques peuvent certes parfois se faire entendre, maisils ne vont entrer dans aucune négociation, alors qu’en France, dans toutenégociation, vous avez l’État. Automatiquement, nous créons de nouveaux cas, une
  11. 11. 11nouvelle jurisprudence, et ont séloigne de la réalité du marché et de la compétitivité.C’est très important. Syndicats et entreprises ont donc un rôle fondamental dans cepays pour tout problème de salaire ou de compétitivité.Je rappelle par exemple qu’en 1971, le Hudson Institute nous expliquait comment laFrance dépasserait en 15 ou 20 ans l’Allemagne de louest en richesse par habitant.Cela ne me faisait pas plaisir, car personnellement j’aurais préféré les dépasser dansun délai de 5 ans. Nous en sommes désormais très loin ! Pendant quelques années,ils ont eu Willy Brandt qui était un beau politicien, mais qui était très mauvais enéconomie. Ensuite, ils ont eu Helmut Schmidt, lui aussi de gauche/SPD mais trèsréaliste, qui a mis en place des plans de rigueur drastiques : réduction des coûts desLänders, réduction des salaires des fonctionnaires, mesures imposées auxentreprises. La phrase qu’il répétait au moins une fois par semaine est la suivante :« Les profits d’aujourd’hui de nos entreprises, sont leurs investissements de demainet les emplois d’après-demain ». Ce qui est intéressant, c’est que les sociaux-démocrates, c’est-à-dire Gehrard Schröder, ont continué cette stratégie, nous enparlerons tout à l’heure.Il y a encore bien d’autres pays que je nai pas le temps de citer ici, qui eux aussi ontrepris en main leur stratégie.Pour ce qui est des sociétés allemandes, les charges sociales employeur ont étébaissées en 25 ans nous lavons vu, à 20,9 %, 16/17 % en compte réel . La partsalarié est restée à 22,5 %. Il faut savoir que l’État prend en charge 30 % dubudget de la Sécurité sociale en Allemagne, justement pour soulager les entreprises.L’IS, Impôt sur les Résultats des sociétés a progressivement baissé de 56 % à 15 %.La Gewerbesteuer, dont jai déjà parlé, impôt local perçu par les Landers, a été misesous contrôle par le législateur allemand: de 7 à 17,25 % du RCAI.La taxe de solidarité, nous savons qu’elle ne coûte pratiquement rien aux entreprises(0,77 % du RCAI en moyenne).Si donc mon entreprise ne gagne plus d’argent, je paye zéro impôt , et naurais àsubir que les cotisations sociales (20,9 % de base, mais avec un plafonnement descotisations à 45.900 et 67.200 € annuels (et encore moins dans les anciens Landersde lest, Cf. Annexe 41), ce qui ramène le taux réel final autour de 16 / 17 % dessalaires...
  12. 12. 12J’oublie quelque chose qui est très important en Allemagne: ce sont les sociétés ennom personnel, qu’elles aient pour actionnaire une ou plusieurs personnes quipossèdent cette société: ils ne payent que l’impôt sur les personnes physiques, sitelle est leur option..Depuis Schröder, lui aussi de gauche (SPD), il y a eu les accord Hartz et dePforzheim et le fameux "Agenda de compétitivité 2010". Ils ont copié laflexisécurité du Danemark, réduit de 24 à 12 mois la durée de prise en charge duchômeur, et ils autorisent désormais les entreprises à négocier directementd’entreprise à salariés au lieu de devoir obligatoirement passer par les syndicats debranches. Toutes les discussions se déroulent donc autour de la même chose : "lacompétitivité de l’entreprise".Ils ont tout de même bénéficié énormément – et ils ont su l’exploiter – du réservoir del’Est, pour produire des composants Et chose dont ils ne parlent jamais, ils sous-traitent beaucoup dans les pays de lest (salaires dans ces pays), ou en Allemagneauprès de sociétés de ces pays, à 4 à 6 euros de lheure + charges à payer à dueproportion des tarifs sociaux de ces pays !...).. Par exemple, tous les composants dePorsche sont quasiment tous fabriqués à l’Est de l’Europe et ensuite montés àl’Ouest pour pouvoir dire que c’est made in Germany. Certains abattoirs que j’ai vusemploient des personnes à 4 euros de l’heure, des Roumains. Vous avez 70personnes dans un local, dont un avec un casque de couleur différente, c’est celuiqui parle allemand et transmet ordres et consignes. La salle suivante emploie despersonnes à 7 euros de l’heure, ce sont des Polonais. Vous voyez la différence. Etbien sûr, les charges sociales sont à proportion, donc très faibles.Ici, je voulais vous montrer quelque chose pour tuer une idée qui court toujours.Vous pourrez le lire chez vous beaucoup plus tranquillement. Il s’agit simplement deprendre l’évolution du taux de TVA et l’évolution de l’inflation, sur 4 pays européensAllemagne, Grande-Bretagne, France et Danemark, et année après années, sur 30ans (Cf. slides 28 et 29 ou pages 94 et 115 du livre); En résumé vous verrez, et cesont là des faits contrôlables qu’il n’y a jamais eu aucune inflation créée par la TVA,et que cela se comprend très bien sur le plan théorique (Cf. pages 115/116).Vous avez schématiquement deux façons d’avoir de linflation : soit mettre tropd’argent sur le marché, ce qui crée automatiquement de l’inflation, soit pas assez demarchandise sur ce marché. Je résume, mais j’en parle longuement dans mon livre..Pour tous les syndicats, et pour beaucoup de personnes éduquées, de droite ou degauche, la TVA c’est l’inflation. Les faits montrent clairement le contraire, surtout si
  13. 13. 13cette hausse de TVA saccompagne dune baisse des charges sociales, quimécaniquement et de façon plus forte encore va permettre de baisser les prix exportqui sont toujours en Hors Taxes. D’autant plus que la TVA est une dévaluation, sansaucun des aspects négatifs de la dévaluation qui sont la répercutions sur touteimportation de cette dévaluation, puis sur les salaires doù création dun cycleinflationniste pluriannuel. Vous avez au contraire automatiquement les produitsétrangers qui vont payer une TVA plus chère, donc devoir baisser leurs prix dentréeHT, ou baisser leur prix dentrée en France et en tout état de cause davantageremplir nos caisses fiscales et devenir un peu moins compétitifs; nos produits serontpar contre moins chers à fabriquer (baisse des charges et séries plus longues), etvous n’avez pas, comme pour l’échelle mobile de renouvellement d’année en annéed’une nouvelle hausse de TVA, de cycles dinflation pluriannuelle.Mais, selon ladage de Gresham ("La mauvaise monnaie chasse la bonne") lecitoyen préfèrera toujours les raisonnements les plus simples aux analyses plussubtiles....alors quil suffit dexaminer tous les pays qui ont opté pour la TVA et labaisse des charges (Danemark, et désormais bien dautres pays...). Et pourtant, laTVA fut une invention française (Maurice Lauré en 1954...qui fut aussi linventeurdu ...PMU !).Il nous faut donc savoir mettre fin à ce mythe dont parlent tant de gens, à gauchecomme à droite, de hausse TVA = hausse de prix = injustice sociale. Pour moi, quenous soyons de gauche comme de droite, on ne peut que reconnaitre que avonscréer nos problèmes depuis 1974, avec M. Chirac et son fameux plan de relance dela consommation. Seul M. Barre a essayé de redresser, et il était en train de le faire,en 1981 ou 1982 nous aurions été positif en budget, mais depuis, cela a été pire, etnous avons bien sûr toujours eu un budget négatif. M. Sarkozy n’a été guère plus fortque les autres, et avec la crise mondiale, cela a été horrible. Et je me refuse à parlerici de Messieurs Mitterrand ou Chirac...Y a-t-il une fatalité culturelle ? Je ne le crois pas. Quand j’en parle, on me dit quec’est normal parce les Allemands sont un peuple "très nationaliste et très civique".Mais il s’agit en fait de tous les pays d’Europe du Nord, le plus souvent encore plusexportateurs par tête dhabitant que lAllemagne, même en faisant abstraction deleurs exportations de gaz ou pétrole, de même que de la Nouvelle-Zélande ou duCanada; et déjà les balances commerciales de l’Italie, lEspagne ou le Portugaltendent à se redresser....
  14. 14. 14Il ne faut pas oublier que Montesquieu a certes dit « Comment les lois suivent lesmœurs », et lon va répétant cet adage, mais personne ne lit trois chapitres plus loinquand il dit : « Comment les lois peuvent contribuer à façonner les mœurs, lesmanières et le caractère d’une nation »; Nous changeons nous aussi: - que ce soit pour fumer – on ne fume plus maintenant en France; - pour avoir des enfants: nous avons, depuis 1932 lune des meilleures natalités dEurope; - et sur nos routes, on roule désormais à une vitesse totalement différente...On peut aussi, par la loi, changer des choses et les mœurs, c’est très important àdire.Je ne vais pas vous raconter mes autres histoires ici, cela prendrait un peu detemps, mais au GIFAM (Groupement des Industries Françaises des Arts Ménagers,cest dire, essentiellement de lélectroménager), en 1983 déjà, plutôt que dedemander à ladministration de baisser la TVA, comme le voulaient tous mescollègues, je proposai une hausse de la TVA de 3 points soit 450 millions de F,contre la suppression de la taxe professionnelle: 300 millions de F. Le gouvernementaurait gagné beaucoup plus d’argent (50 % en plus), et cétait très clair, les prixpublics auraient baissé. Cela a été un dialogue de sourds, bien entendu... De même, en matière de force dun cheval de trait, tout provient dubon harnachement : tant que l’on a mis au cheval une sangle, il ne pouvait tirer que150 kg sans sétrangler. Quand on lui a mis un collier, il a pu tirer 500 kg. Donc, enquelque sorte, on a changé le harnachement du cheval, mais lui est resté le même,et notre gain fut de 3,3 fois. Je l’explique aussi dans mon livre, car il en va de mêmeen matière de fiscalité.Je ferai quelques réflexions, pour ce que j’appelle rentrer par la fenêtre, c’est-à-direrentrer par la fiscalité et changer les choses. Vous verrez aussi, mais je ne veux pasm’en mêler, car je ne suis pas compétent dans ce domaine, dans l’annexe durapport, lextraordinaire potentiel déconomies que lon a sur les charges de l’État etdes régions.Au préalable je propose de changer radicalement les règles du jeu fiscalfrançais:
  15. 15. 15 • dabord davoir une réflexion sur le système fiscal global des ménages et des entreprises; • ensuite de remettre syndicats et entreprises au centre du jeu, et de sortir lEtat dont le rôle doit se limiter, comme dans les pays du nord, à fixer les grandes règles du jeu; et nul ne peut prétendre que ces pays soient moins sociaux ou moins démocratiques que nous. Je me suis toujours merveilleusement entendu avec les syndicats. Ils avaient confiance, et j’avais leur confiance. Je leur disais la vérité et je vous assure, vous avez des gens très raisonnables, qui comprennent aussi bien que nous les vraies voies à suivre. Pas la première fois, certes, mais au terme de 3 rencontres où nous sommes toujours dit, non pas tout, mais la vérité seulement. Je parle des syndicats du privé, que je connais. A titre d’exemple, je demande 6 choses en matière de fiscalité: 1 - à court terme une hausse de l’IR (IRPP) pour les gens nantis comme nous, tant que nous n’avons pas redressé nos comptes. 2 - La suppression de l’ISF ensuite: nous sommes le seul pays au monde 5 à avoir cet impôt électoraliste, archaïque, très contre-productif pour les ETI. Ceux qui ne gèrent pas l’entreprise partent en Belgique, c’est simple. J’ai moi- même passé six ans en Belgique, je le précise. Pourquoi ? Parce que j’avais tellement de stocks options, avec des affaires qui ont très bien marché, que je ne me voyais pas payer 65 %. (Pour lever mes stock options, et faire toutes donations que jentendais faire). C’était le prix des stocks options, plus les donations à mes enfants et à deux fondations (je ne parle pas des petites donations). Alors que jaurai pu rester en France, dépenser et créer des richesses si nous avions eu une fiscalité "normale et intelligente". Je le dis clairement pour que pour les gens ne mentent pas et se disent vraiment les choses. Mentir est complètement stupide car la vérité vous rattrape tôt ou tard. 3 - suppression de la grande majorité des régimes spéciaux et des centaines de niches spéciales. Je suis par exemple contre le CIR. Je ne vois pas ce qui peut justifier que l’État aille se mêler de la recherche dentreprise. D’ailleurs, depuis que le CIR a été créé, la recherche des entreprises a5 avec le Luxembourg où existe un tout petit "ISF de recensement" de 0,25 % par an;
  16. 16. 16baissé! Nous étions à 1,79 % du CA, et nous sommes maintenant à 1,31. LeCIR est une bêtise qui fait plaisir au Medef, aux patrons qui nont pas réfléchiet .aux fonctionnaires qui voient leur rôle élargi. Avec un IS à 15 %, au moins les grandes PMI et les ETI serapprocheront pour leur IS des 8 à 10 % payés par les GEF (GrandesEntreprises Françaises type CAC 40 et internationales à 70 à 80 %).4 - suppression, comme au Danemark, en Nouvelle-Zélande, enAustralie, de tout ou partie des charges sociales. Si jétais en Allemagne,je serais à 20,9%, mais en fait beaucoup moins avec les plafonnements de lacotisation part employeur, les apprentis et surtout les pays de lest. Dansbeaucoup dautres pays, je suis à zéro, et je crois que c’est intelligent, puisqueles charges sociales payent en quelque sorte la maladie, la retraite, lavieillesse, le transport, la construction, la formation ou lincapacité....deschoses qui sont à faire prendre en charge par le budget général de lanation.5 - remplacement de toutes les taxes locales et régionales diverses par unimpôt d’un montant égal, mais très clairement indexé sur le résultat del’entreprise. Au moins les élus vivraient au diapason des entreprises quisont les vrais créateurs de richesses et demplois de leur zone.6 - dernière chose : ajustement de l’impôt sur les bénéfices à 15 %.Cela ne peut pas être accepté psychologiquement du jour au lendemain ; lesgrandes entreprises françaises ne payent que 8 %, il n’y a que les petites oules ETI qui payent l’impôt autour de 30 % au moins. Donc, nous passons à15 %, mais nous sauvons la face de chacun en faisant comme pour laparticipation : pendant cinq ans, on ne touche pas à l’impôt de 33,3 % actuel,mais tout ce qui est au-dessus de 15 %, cela reste dans l’entreprise pendantsans impôt, et ne peut être versé ni en dividende, ni en rachat dactions ouautre action, et reviendra dans 5 ans à lentreprise ce qui permettrait:
  17. 17. 17 • de renforcer le bilan de des entreprises françaises. Il ne faut pas oublier que nous investissons beaucoup moins en recherche parce que nous ne gagnons pas d’argent. • de lutter contre la financiarisation de notre industrie. Pour expliquer pourquoi je suis contre le LBO, c’est surtout pour une raison fort simple: à la fin d’un beau LBO, on vend souvent laffaire brillante à celui qui paiera le plus cher, souvent un étranger si lentreprise est belle, et on ne peut le reprocher à personne. En Allemagne, ils ont une chose très intelligente. Les LBO créent beaucoup de frais financiers. Donc dès que vous êtes au-dessus de 30 millions d’euros de frais financiers, ceux-ci sont ajoutés au RCAI et paieront donc IS et Taxes locales (équivalant à la "Gewerbesteuer"). 7- TVA à 25 % sauf pour la médecine, les médicaments, les transports en communs; Comme au Danemark en fait. ...et soutien maintenu ou même accru pour ceux qui sont dans le vrai besoin, bourses plus accessibles...etc.Voilà ce que j’avais à dire pour les entreprises françaises.

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