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Slide 1: Le mangeur humain e c o cnsie ntre h ix o c nt e s rdé rm tio t u te ina n Jean-Pierre Poulain, socio anthropologue, professeur des Universités, CERTOP UMR- CNRS 5044, Université de Toulouse 2.
Slide 2: Plan Comment les disciplines scientifiques considèrent elle cette question ? Comment la socio-anthropologie de l’alimentation permet de la re-problématiser Quelques perspectives pour la santé publique
Slide 3: Les modèles pour penser le comportement alimentaire humain Le mangeur est mue Le mangeur est un être par des motifs qui lui rationnel échappent Nono rationalité Être biologique Pluri rationalité Être de passion Être social et culturel
Slide 4: Le mangeur est un être biologique La décision de manger est le Bien manger : c’est résultat d’un état respecter les règles de la physiologique de manque physiologie (glycémie, réplétion des cellules adipeuses, rythmes Il faut donc mettre au jour circadiens…) ces règles et les diffuser pour que les individus les Et la science progresse… apprennent et les respectent Compatible avec la lecture de Montaigne
Slide 5: Le mangeur est un être de raison Postulat : l’homme est un être Hypothèse : si un individu sait rationnel ce qui est bon pour lui (tant en termes économiques que sanitaires), il se comporte en Les décisions résultent d’un conséquences. raisonnement en termes de coûts/avantages (arbitrage Il faut accroître le stock de entre x dimensions : qualité, connaissances pertinentes des prix, temps passé, santé ou mangeurs. esthétique…). Les interventions s’orientent vers la diffusion d’informations.
Slide 6: Le mangeur est un être de passion L’alimentation s’inscrit dans l’ordre du désir. La sexualité et l’alimentation ont toutes deux pour origine la libido la première est au service de la conservation de l’espèce et la seconde de la conservation de l’individu Les mobiles qui poussent un individu à agir sont d’ordre psychologique et plus ou moins inconscients.
Slide 7: Le mangeur est un être social Le sexe L’age La position dans la hiérarchie sociale (PCS, capital économique et capital culturel)
Slide 8: Le mangeur est un être culturel L’appartenance à un groupe social détermine les choix d’un individu au niveau : Des choix des aliments De leurs préparations culinaires De leurs modes de consommation Les modèles alimentaires préexistent aux individus et s’imposent à eux.
Slide 10: Plan Comment les disciplines scientifiques considèrent elle cette question ? Comment la socio-anthropologie de l’alimentation permet de la re-problématiser Quelques perspectives pour la santé publique
Slide 11: L’espace social alimentaire (Condominas, 1980, Poulain, 1997 et 2002) Cultures Espace de liberté Les dimensions Contraintes Contraintes physiologiques et sociales de écologiques biologiques l’alimentation Impact de la Impact de la L’ordre du mangeable culture sur le culture sur le Le système alimentaire génétique biotope Le culinaire Les habitudes de consommation La temporalité alimentaire L’espace de différenciation sociale
Slide 12: La socialisation Processus par lequel un individu devient membre d’une société Il suppose l’assimilation de règles, de normes et de valeurs On distingue : La socialisation primaire dans la famille La socialisation secondaire à l’école La socialisation tertiaire dans le monde du travail Processus dialectique : Les codes sociaux préexistent à l’individu. Mais, l’individu dispose d’une certaine liberté d’usage La socialisation s’opère dans le cadre d’interactions sociales
Slide 13: Rationalité en finalité et construction de la décision Importance du discours relatif aux conséquences, Pré requis Qualité formelle de l’exposé Possibilité de vérification Concurrence entre les ≠ conséquences et pondération dans la décision Temporalité des conséquences Leviers d’action pour changer les comportements : Modification du stock d’informations des mangeurs. Lutte contre les idées fausses et diffusion renforcement des idées justes, c’est-à-dire celles qui etablissent le lien entre consommation et conséquences bénéfiques.
Slide 14: Rationalité en valeurs et construction de la décision Identification des valeurs Identification des formes de légitimation des V a le u r s P R O C E S S U S D E L E G IT IM A T IO N valeurs - C h a r is m a t iq u e Charismatique, - Tr a d it io n n e lle - R a t io n n e lle - L é g a le Associé à un personnage prestigieux C O M P O RT E M E N T Traditionnelle, C O NSE Q UE NC E S A LIM E N T A IR E Inscrite dans le temps et l’expérience des anciens R u p t u r e d u lie n Rationnelle, La science ou les scientifiques le disent Légale, Ex : label de l’AFSSA Les leviers d’action : • Renforcer ou déconstruire les formes de légitimation des mangeurs pour installer certains produits « bon pour la santé » au cœur de la logique en valeur.
Slide 15: La rationalité en routine Repérage Des catégories cognitives mobilisées et de la façon avec laquelle elles s’articulent en chaînages cognitifs plus ou moins implicites dans le cadre de scénarios (tant au niveau des modalités d’achat, de préparation que de consommation). De la rationalité qui a présidé à la mise en place de la routine Les leviers d’actions : Construire des messages susceptibles de déstabiliser des routines en place Participer à la construction de nouvelles routines favorables aux produits ou aux pratiques que l’on souhaite promouvoir
Slide 16: Arrière-plans culturels Relation homme animal • Biais cognitifs Relation au plaisir • Illusions perceptives Médicalisation • Construction des Judiciarisation bonnes raisons Politisation Rationalité Formes de légitimation: cognitive Types d’effets: • Charismatique • Santé • Traditionnelle • Prix • Rationnelle • Hédonisme • Légale bureaucratique • Esthétique • Spirituel Horizons temporels Rationalité Rationalité en instrumentale valeur Séquences Héritées • Niveau Construites • Achat • Institutionnalisation • Cuisine Rationalité en • Label • Manières de table • routine Système d’action
Slide 17: Les catégories alimentaires et les niveaux de raisonnement Nutriments Aliments Ingrédients Plats Compléments de table Protides Fruits Farine Entrée Huile Lipides Légumes Huile Plat Beurre Glucides Céréales Beurre Garniture Sel Minéraux Viandes Sucre Sauce de table Vitamines Poisson Sel Dessert Ketchup, mayonnaise... Eau Fromage Alcool Lait ... ... ... ... ... Niveau nutritionnel Niveau Culinaire Niveau des manières de table Source : Poulain et al.,2001
Slide 18: Qu’est ce qu’un modèle alimentaire ? Un corps de connaissances technologiques accumulées de génération en génération, permettant de sélectionner des ressources dans espace naturel, de les préparer pour en faire des aliments, puis des plats et de les consommer. En même temps des systèmes de codes symboliques qui mettent en scène les valeurs d’un groupe humain participant à la construction des identités culturelles et aux processus internes de différenciation.
Slide 19: La double détermination des pratiques alimentaires Détermination Détermination culturelle matérielle Valeurs Les systèmes de valeurs Les contextes concrets et pilotent les pratiques leurs évolutions Normes déterminent les pratiques Les systèmes de valeurs Les contextes sont sont des rationalisations façonnés par la culture Pratiques Contextes techniques et sociaux
Slide 20: Plan Comment les disciplines scientifiques considèrent elle cette question ? Comment la socio-anthropologie de l’alimentation permet de la re-problématiser Quelques perspectives pour la santé publique
Slide 21: De l’éducation sanitaire à la promotion de la santé Problématiques Stratégies et modèles Critiques - Pointer les - Informer, pointer ce qui Perspective moralisante Education comportements à « n’est pas bien » Morale de classe et propositions de sanitaire risque - Modèle individualiste règles et de comportements issues des Avant 1970 - Mettre l’accent sur la rationnel et moralisateur classes moyennes responsabilité des Les victimes sont transformées en individus coupables « victim blaming » - Passage à une vaste - Parler de la santé en termes Individualisation, internalisation du Education pour la santé perspective de la santé positifs locus de contrôle - Résultat de la Fin années critique du « victim - Informer, faire prendre 1970 jusqu’en blaming » conscience des entraves à la 1985 - « Health model liberté et à l’épanouissement believe » de l’individu Promotion de - Problématique de la Plutôt que de demander aux Rapport individu / société gestion du risque. individus de modifier leur Médicalisation comme culture la santé comportement, pourquoi ne OMS 1985 - Risque pour l’expert pas modifier l’environnement et risque pour le profane
Slide 22: Le modèle écologique D’après Davidson (Obesity reviews, 2001 2.159) Société Niveau socio- Niche écologique économique Education Habitudes nutritionnelle Relations entre Conditionnement Insécurité frères et sœurs Apprentissage Age Temps de télévision en Temps de Aliments famille travail disponibles à SédentaritéContrôle parental Apports scolaire domicile Enfant alimentaires Connaissance Activité Programme nutritionnelle d ’éducation Temps de physique Génétique Modèles d ’activités loisir parentales Encouragement Accès aux Préférences des parents Statut loisirs alimentaires Activité pondéral des familiale parents de loisirs Vagabondage alimentaire
Slide 23: Du colloque singulier au contexte concret La relation médecin le malade est aussi un malade est structurée acteur social qui a des par des rôles (celui du rôles multiples (épouse, ménagère, mère, fille…) médecin celui de malade) Se caractérise par une Comment transférer les asymétrie décisions prise dans le contexte de la relation médecin malade dans le Est orientée vers système de vie l’intérêt du malade
Slide 24: Food Itinerary, Consumption and Usage Scales Social Class, Consumption/ lifestyle, Interaction/ way of life Itinerary System of Action Microsocial scale Decision Travel to Culinary Food Consumption Arrangement, Storage at home retailer preparation Table Manners purchase Disposal Time Objects Actor, gesture Imaginary Arbitration Source: D. Desjeux
Slide 25: La modernité alimentaire et ses interprétations Un large consensus sur la modernité alimentaire Affaiblissement de l’appareil normatif qui encadre l’alimentation Réflexivité de la relation à l’alimentation Qui semble déboucher sur la nécessité de développer des actions d’éducation Mais les sociologues militent pour le passage de l’éducation nutritionnelle à l’éducation alimentaire qui prenne en compte les dimensions socio-culturelles
Slide 26: Les liens entre modèle alimentaire et image du corps « Pour que le modèle de la minceur puisse s’imposer au point d’influencer, de motiver, à l’exclusion de tout autre préoccupation, les comportements alimentaires individuels, il faut (…) sans doute que l’encadrement social des conduites alimentaires soit affaibli » (Fischler 1990) En même temps, la nutritionalisation de l’alimentation érode les modèles alimentaires, en faisant la promotion d’un mangeur seul devant son assiette et rationnel en finalité
Slide 28: Médicalisation de l’alimentation quotidienne La médicalisation est la substitution de raisons médicales à des raisons sociales, morales, gastronomiques. Elle transforme la hiérarchisation des horizons de l’acte alimentaire : plaisir, socialité, santé Elle est un facteur d’érosion des modèles alimentaires et peut avoir des effets boomerang (ruines nutritionnelles)
Slide 29: Pour une articulation du conseil nutritionnel sur les dimensions sociales de l’alimentation « Au risque d’être caricatural, nous proposons de « démédicaliser » les messages de prévention, c’est-à-dire de ne pas faire référence à la maladie mais plutôt au bien être. Il faut valoriser la culture culinaire et les aspects positifs des modèles alimentaires qui ne favorisent pas l’obésité. » Basdevant (expertise INSERM, 2000) B. Démédicaliser la prévention ne veut pas dire exclure les connaissances issues des sciences de la nutrition des programmes d’éducation, mais les inclure dans les dimensions socioculturelles de l’alimentation De l’éducation nutritionnelle à l’éducation alimentaire
Slide 30: Conclusion Pour passer de l’éducation nutritionnelle à l’éducation alimentaire Avancer dans la recherche Sciences de la nutrition, mais aussi ; Psychologie, sociologie et anthropologie pour mieux comprendre le fonctionnement des modèles alimentaires et leurs conditions d’apprentissage Mettre en place des mesures d’évaluation des actions d’éducation pour capitaliser les expériences Mettre en place une gestion consensuelle du savoir nutritionnel Consensus scientifique sur le scientifiquement fondé à l’échelle pluridisciplinaire Consensus social entre scientifiques, consommateurs, producteurs, politiques…
Slide 31: « Nous ne mangeons par avec nos dents et nous ne digérons pas avec notre estomac ; nous mangeons avec notre esprit, nous dégustons selon les normes culturelles liées au système d’échanges réciproques qui est à la base de toute vie sociale. C’est pourquoi chaque peuple se définit par ses pratiques alimentaires et ses manières de table aussi nettement, aussi sûrement, que par sa langue, ses croyances ou ses pratiques sexuelles » (Moulin 1975). Léo Moulin, L’Europe à Table, 1975
Slide 32: Pour en savoir plus J.-P. Poulain, Sociologies de l’alimentation, PUF, 2005. J.-P. Poulain et E. Neirinck, Histoire de la cuisine et des cuisiniers, Lanore, 2004. J.-P. Corbeau et J.-P. Poulain, Penser l’alimentation, entre imaginaire et rationalité, Privat, 2002. J.-P. Poulain, Manger aujourd’hui, Attitudes, normes et pratiques, Privat, 2001. J.-P. Poulain, « Eléments de sociologie de l’alimentation et de la nutrition », in A. Basdevant, M. Laville et E. Lerebours, Traité de nutrition clinique, Flammarion, 2001. « French gastronomie, french gastronomies », in Goldstein D. et Merkele K., 2005, Culinary cultures of Europe Identity, Diversity and dialogue, Éditions du Conseil de l’Europe, p. 157-170. Site Internet : lemangeur-ocha.com



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