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  1. 1. ¤¤ Le Filament magazine. Numéro 31, de juillet et août 2013 ¤¤ Journal libre et indépendant paraissant le 1er du mois SSoommmmaaiirree Editorial 1 Ombres et Lumières 2 A la une: 2 Ce que je pense… 9 Devinettes 11 Proverbes et dictons 12 Courriers des Lecteurs 13 Franc-parler 14 Paroles, musique et politique 17 Perdu de vue 18 Ce jour-là 18 Diaspora 21 Réflexions 24 Dixit 26 Encres indélébiles 26 Controverses 27 Y’en a marre 28 Actualité oblige 28 SOS 29 Le débat est ouvert 31 Matière à réflexion 31 Morceau choisi 32 La Presse des Presses 32 Sous l’art à palabres 32 Page des jeunes 33 L’Humeur d’OBQ 36 Penser l’avenir 36 Humour 41 Arts et Littérature et culture 42 Page de l’AECI 44 Le Forum du Filament 44 Sanctuaire 45 Leçon de vie 46 Etat de nos droits 47 Religion 50 Santé-Conseils 51 Amanien ?... 52 Economie & Finances 55 Livres à lire 57 Le Courrier du Golfe 60 Les Indépendances africaines 62 Le cahier littéraire 63 In Memoriam 63 Fable 64 Regards croisés 64 Vérités et contrevérités 64 Bloc-notes 65 Le bêtisier 67 Libres propos 68 A dire vrai… 68 Agenda 69 Dossier de l’Education 69 Mots et expressions 69 Le conte du mois 70 Tableau d’honneur 71 Libres propos 72 Mot de fin 73 EEEddd iiitttooorrr iiiaaalll Dans l’une de nos précédentes parutions, une de nos lectrices qui reçoit assez régulièrement LLee FFiillaammeenntt nous a posé les quelques questions suivantes : « Il est tout à fait normal que vous demandiez à chacun de participer à la production ou réalisation de votre magazine, en vous envoyant des articles. Mais, quelles sont les conditions ? Les articles rédigés étant des œuvres de l'esprit, les productions sont-elles rémunérées et à combien? ». Nous profitons de cet éditorial pour lui répondre, et par la même occasion, répondre à toutes les personnes qui ont les mêmes préoccupations, quant aux droits à la propriété et aux droits et rémunérations des auteurs. Aux uns et autres, nous faisons savoir et nous précisons que LLee FFiillaammeenntt est un journal sans aucune subvention et à but non lucratif, c’est-à-dire qui n’a pas pour objectif de générer de l’argent, mais qui vise à favoriser et faciliter la prise de conscience et de responsabilité, la prise en main de notre destin. Par ailleurs, LLee FFiillaammeenntt est entièrement gratuit, parce que nous sommes convaincus qu’on doit pouvoir s’instruire sans frais et qu’on doit pouvoir faire des réalisations grandioses sans grands moyens. Pour toutes ces raisons, les contributions ne sont pas rémunérées. Les personnes qui sont intéressées à vendre et même bien vendre leurs « œuvres de l’esprit » n’ont qu’à s’adresser à d’autres journaux et autres périodiques de chez nous ou d’ailleurs. Quant à nous, nous allons continuer, tout simplement, tout modestement, à suivre la ligne de la liberté et de l’indépendance que nous avons, à dessein, choisie et nous mettrons tout en œuvre pour vous proposer, chaque mois, un Filament plus beau, plus libre, plus enrichissant, répondant à votre attente. Et ce, grâce à vos contributions et suggestions que nous croyons pouvoir toujours utiliser à bon escient et sans but lucratif... Nous continuerons aussi à privilégier la recherche, l’investigation, l’analyse et la documentation qui nous différencient des journaux à sensations. Merci de continuer à nous aider volontiers à diffuser largement Le Filament. Excellente lecture et bonnes vacances. A très bientôt. Léandre Sahiri, Directeur de Publication. * Nous recherchons un financement pour l’impression et la distribution en kiosque de votre journal LE FILAMENT. Contactez-nous. Merci. LE FILAMENT désigne le fil conducteur qui, dans une lampe électrique, produit de la lumière au passage du courant et conditionne le temps de vie d’une ampoule. On voit donc que le FILAMENT est indispensable dans le phénomène de production de la lumière qui nous éclaire et qui sert à éclairer, à rendre les objets visibles. C’est grâce à la lumière que les ténèbres ne sont plus obscures.
  2. 2. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 2 OOOmmmbbbrrreeesss & LLLuuummmiiièèèrrreeesss LLaa lluummiièèrree eesstt iinnddiissppeennssaabbllee àà nnoottrree vviiee Bonjour à toutes et à tous, Je voudrais vous parler de l'importance de la lumière, du soleil et de leurs effets sur notre santé. La lumière est notre première source d'énergie, et nous ne pouvons vivre sans elle... C'est grâce à la lumière que le monde végétal se développe, via la photosynthèse, source de vie. Il est important de s'exposer régulièrement au soleil, ne serait-ce que 20 à 30 minutes par jour, tout en évitant les heures chaudes. Il est préférable d'aller au soleil régulièrement, lors de vos activités (jardinage, promenades, jeux dans le jardin...), plutôt que de s'exposer en continu du matin au soir sur la plage pendant vos congés d'été, sous peine d'attraper des coups de soleil et de risquer un cancer de la peau ! Sachez-le, le manque de lumière, de rayons UV, peut accentuer ou être une des causes des dépressions saisonnières, de troubles du sommeil, trouble de l'appétit, baisse de libido, fatigue chronique, etc. La lumière du soleil donne un indice d'éclairement extérieur, selon l'heure de la journée, et des saisons, et renseigne notre cerveau qui va sécréter la mélatonine, hormone grâce à laquelle nous pouvons prendre conscience de l'alternance du jour et de la nuit. Les actions de la mélatonine sont nombreuses : renfort du système immunitaire, stimulant naturel, anti- oxydant, anti-âge, protecteur cardiovasculaire, stimulant..., c'est l'hormone du sommeil. La mélatonine est sécrétée en l'absence de lumière, durant la nuit, avec une production maximum vers 2 ou 3h du matin. C'est l'hormone centrale de régulation des rythmes chonobiologiques intervenant dans la plupart des autres sécrétions hormonales. Sa sécrétion est bloquée par la lumière, qu'elle soit naturelle ou artificielle. Il est donc important de dormir dans le noir (attention aux veilleuses dans les chambres des enfants laissées toute la nuit !)… La mélatonine favorise le tonus et l'éveil, et influence de façon positive le comportement et l'humeur. Il est donc capital de veiller à respecter notre horloge biologique. Regarder la télévision ou rester devant l’ordinateur tardivement retarde la production de mélatonine. Chaque jour, faites briller la lumière dans votre cœur, soyez à l'écoute de vos rythmes biologiques ; cela vous aidera a sauvegarder votre équilibre physique et psychique. Clarisse Caron, Naturopathe LLEE FFIILLAAMMEENNTT Fil conducteur incandescent ! Ta lumière qui se diffuse lentement Se consumera surement. Noyau de la conscience ! Fibre énergétique ! Lampe incandescente de vie Source de lumière Nous baignerons toujours dans ta rivière. Éveille-nous ! Fibre calorifique ! Dans les consciences endormies De ceux qui demeurent toujours dans la pénombre Entre, agite, désenchaîne Réveille-nous! Etincelle de vie ! Au milieu de ceux qui veulent sortir de l'ombre Loin des courts-circuits Loin de ceux dont la mémoire disjoncte Loin de ceux qui veulent engouffrer ce si beau pays Que ta lumière nous éclaire toujours! Oh Filament ! Quel bel ornement ! Comme un axone Emerge de ton corps cellulaire Et que tes fibres Source de lumière Fassent la différence Avec les discours filandreux! Oh Filament ! Brin de lumière ! Incandescente lumière Demeure encore et toujours Pétillant et scintillant ! Kady Coulibaly BBiillaann àà mmii-- ppaarrccoouurrss ddee MM.. AAllaassssaannee OOuuaattttaarraa,, pprrééssiiddeenntt ddee CCôôttee dd’’IIvvooiirree Le président ivoirien Alassane Ouattara a célébré le mardi 21 mai dernier son deuxième anniversaire à la tête du pays. Après une accession au pouvoir très difficile, à la suite de violents affrontements post-électoraux en 2010, l’actuel président de la Côte d’Ivoire garde toujours espoir et se propose de sortir son pays de l’ornière dans laquelle il s’est engouffré depuis bon nombre d’années. Au-delà de la célébration de ce deuxième anniversaire de son arrivée au pouvoir, c’est surtout le bilan de ses réalisations qui intéressent les Ivoiriens. Voilà pourquoi ce sujet est à la une : Quel bilan économique et politique peut-on tirer de ces deux ans de présidence ? Mme Lydie Boka, directrice de l’agence d’analyse StrategiCo et spécialiste de la Côte d’Ivoire et Docteur Cheick Diabaté, enseignant Chercheur, a l’Université de Colorado, aux USA, nous donnent leurs opinions sur les deux ans de la présidence d’Alassane Ouattara. *
  3. 3. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 3 LLyyddiiee BBookkaa :: LLee bbiillaann dd’’AAllaassssaannee OOuuaattttaarraa eesstt gglloobbaalleemmeenntt ppoossiittiiff.. Afrik.com : Alassane Ouattara a célébré, le 21 mai dernier, ses deux ans au pouvoir, quel bilan économique et politique peut-on tirer de ces deux ans de présidence ? Lydie Boka : Le bilan est globalement positif. On sent bien que son gouvernement est au travail. Cependant, il doit faire des efforts, surtout sur le plan de la réconciliation. Sa gestion du pouvoir doit être un peu plus inclusive. Il est accusé d’avoir fait du rattrapage ethnique. Et, il doit aussi lutter contre le cumul de mandat de la plupart des personnalités politiques ivoiriennes. Sur le plan économique, il n’y a pas photo. La croissance de la Côte d’Ivoire était à -5% pendant la période post-crise de 2010. Elle est passée, en un an, à +6%. En 2013, elle atteindra 10%. Cependant, le président Ouattara doit veiller à une bonne répartition de la richesse. Le PIB doit être augmenté. Il doit accélérer la cadence et fournir de l’électricité dans certaines zones du pays. Afrik.com : Justement, en parlant d’économie, la directrice du FMI (Fonds Monétaire International), Christine Lagarde déclarait, le 7 janvier dernier, que « l’heure d’un nouveau miracle ivoirien est venu ». Fin mars, le FMI révise à la hausse la croissance économique du pays. Est-il permis sous la présidence d’Alassane Ouattara de croire à un « nouveau miracle de l’économie ivoirienne » ? Lydie Boka : Pas encore. Le délai est trop court. La Côte d’Ivoire vient tout juste de sortir d’une crise politique. Le pays doit pour le moment attirer les investissements étrangers. Le pays ne va pas se baser sur une seule matière première (le Cacao) pour se développer. Le miracle du pays passe par sa gestion. Même si le miracle est réalisable, Il faut qu’il y ait d’abord une paix durable. Afrik.com : Vous venez de souligner que la Côte d’Ivoire ne peut pas se baser uniquement sur le Cacao pour assurer son développement. Pourtant, le pays est très riche en ressources naturelles : or, manganèse, fer, bauxite, argent, cuivre… qu’est-ce qui bloque le développement de ce pays alors ? Lydie Boka : C’est un pays avant tout en développement. Dès les premières années après l’indépendance, le pays a plus misé sur l’exportation du Cacao. A cette époque, chaque pays colonisé devait exporter vers la France. Pour le Sénégal et le Burkina, c’était le coton. Pour la Côte d’Ivoire, c’était le Cacao. A cause d’un manque d’expertise local, tous ces pays (y compris la Côte d’Ivoire) se sont cassés la figure quand les cours se sont effondrés. Mais le pays est en train de miser sur d’autres ressources naturelles, telles que l’or. La Côte d’Ivoire produit environ 12 tonnes d’or par an. Les chiffres sont illustrateurs : 2800 tonnes en 2008, 6943 tonnes en 2009, 7937 tonnes en 2010, 9000 tonnes en 2011 et 12 000 en 2012. Afrik.com : Parlons un peu de politique. Un rapport de l’ONU rendu publique, il y a un mois, accable le gouvernement d’Alassane Ouattara qui est accusé d’appliquer « une justice à deux vitesses », pourquoi le président Ouattara peine- t-il à rétablir la stabilité politique et sociale en Côte d’Ivoire ? Lydie Boka : C’est la réalité de la politique africaine. Quand vous venez au pouvoir, vous avez besoin de vous appuyer sur des personnes. C’est important la publication de ce rapport car on va assister à moins d’impunité. D’ailleurs, il a même commencé à sanctionner certains de ses partisans accusés de commettre des exactions. Alassane Ouattara ne pouvait pas le faire dès le début de son mandat parce qu’il devait consolider son pouvoir. Le processus de changement est en cours. Mais, c’est très timide. Il peut mieux faire. Et, il doit tendre la main à son camp adverse. (Source : Afrik.com) * MMaammaaddoouu KKoouulliibbaallyy :: LLee bbiillaann dd’’AAllaassssaannee OOuuaattttaarraa eesstt ttoottaalleemmeenntt nnééggaattiiff.. C’est le « système D » qui permet à ceux qui gouvernent l’Etat de Côte d’Ivoire de régner. Le « système D » en question se décline en plusieurs aspects, tous liés et auto-entretenus. D comme Démagogie, D comme Déficit, D comme Dette, D comme Désespoir, D comme Désastre, D comme Discrimination, D comme Détournement de fonds publics. Emerveillez-vous donc chaque jour de la semaine avec un D. Lorsqu’il était candidat à la Présidence de la République, le programme du Dr Ouattara était celui du «vivre ensemble». Le semestre qui a suivi son arrivée au pouvoir, il a avoué qu’il ne s’attendait pas à trouver une situation plus catastrophique que celle qu’il avait anticipée. Ses calculs se sont donc révélés faux. Le dépérissement de l’Etat était, dit- il, plus profond. La défaillance de l’Etat était au-delà de ce qu’il avait cru, lui qui a été pourtant représenté au gouvernement par plusieurs ministres – et non des moindres –, qui a partagé le pouvoir depuis le 5 août 2002, date d’entrée de son parti au gouvernement ; lui qui a eu, depuis janvier 2003, le statut de président d’Institution ; lui qui a participé à la cogestion du pouvoir et dont les hommes ont contrôlé un Etat parallèle à l’Etat de Côte d’Ivoire appelé à l’époque « zone CNO » ; lui enfin avoue n’avoir rien compris à ce qui se passait alors. N’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller : constater qu’après dix ans de règne, Ouattara avoue ne rien comprendre au pouvoir en Côte d’Ivoire ?... Dès le premier semestre, il a abandonné le programme du «vivre ensemble» pour la chasse aux sorcières de ses présumés adversaires et ennemis. Chasse qu’il a conduite jusqu’à ce qu’il se rende compte que la vengeance ne paye pas toujours en termes de stabilité, d’emploi et de croissance. Il passe, pendant le second semestre, au programme du «rattrapage ethnique», pour constater, en fin de première année, que le chômage ne baisse pas. Bien au contraire, il augmente avec le chômage ethnique et le coût de la vie de plus en plus élevé. A 30 mois de la fin de son mandat, Ouattara a un nouveau programme de gouvernement: être candidat en 2015. Il abandonne ces premières logiques impuissantes pour passer au programme de «l’émergence de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2020», grâce à de vieux
  4. 4. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 4 programmes de dépenses publiques d’infrastructures de la fin des années 70 qu’il dénomme PND (plan national pour le développement). Il fait des campagnes de communication sur la croissance économique qui serait de retour avec des taux de 10%, mais constate que la pauvreté et le coût de la vie augmentent aussi dans des proportions incalculables. Comme les chiffres qui sont utilisés pour évaluer la croissance sont faux, il lui est difficile de dire que ceux utilisés pour évaluer la pauvreté, le chômage et le coût de la vie sont eux aussi faux. A faussaire, faussaire et demi. Une fois de plus, il change, le PND est oublié et on s’engage, trente mois avant les élections, avant même qu’il nous dise combien d’habitants il y a en Côte d’Ivoire, avant qu’il ne mette en place une commission électorale sérieuse, avant qu’il ne nous permette de reconstituer la liste électorale, dans son nouveau programme de gouvernement : il sera candidat en 2015, car il ne peut réaliser ses promesses électorales faites entre 1994 et 2010, en seulement 5 ans. Il lui faut un autre mandat et dans les trente mois à venir, tel sera son programme : convaincre les populations qu’il fera en sept ans ce qu’il n’a pas fait en trois ans. Il ira en campagne ici à l’intérieur du pays et aussi à l’extérieur car, à défaut de travailler pour avoir de l’argent, il ira s’endetter pour y arriver. Le thème de campagne d’Alassane Ouattara : la nationalité et le foncier Devant notre émerveillement le président passe à la vitesse supérieure. Il faut trouver un thème de campagne qui paye, et qui, par le passé a bien payé. «Je vais régler maintenant les questions de nationalité et de foncier». Faire un traitement conjoint des questions de la nationalité et du foncier rural revient à se lancer dans une mission impossible, mais qui aura l’effet recherché de réveiller les vieux démons de l’ivoirité, de la xénophobie et de l’exclusion dans une ambiance qui suit l’annonce de la candidature du Dr Ouattara, président de la République en exercice. Depuis les violences de la crise post électorale, de nombreux Ivoiriens sont rejetés par leur État et sont réfugiés au Libéria, en Guinée, au Mali, au Burkina Faso, au Ghana, au Togo, au Benin et bien plus loin encore. Non content de négliger le phénomène et de se montrer incapable de les rassurer et de les faire revenir, Alassane Dramane Ouattara propose plutôt de régler en urgence de prétendus cas d’apatrides, c’est-à-dire des gens qui vivraient en Côte d’Ivoire depuis l’indépendance de 1960 et qui ne seraient citoyens de nulle part. Alors qu’il interdit la nationalité à de nombreux citoyens ivoiriens en exil, il cherche de putatifs apatrides auxquels il voudrait donner la nationalité. N’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller? Le président Ouattara, face à la déperdition de sa popularité et pour remobiliser ce qui était son électorat traditionnel avant son arrivée au pouvoir, tente de ressortir les démons de la division qui lui avaient été tellement favorables par le passé. Ces démons collectivistes qui entraînent les populations à choisir non plus leurs destinées propres, en tant que citoyens, en tant qu’individus, en tant que personnes humaines, mais à se définir d’abord comme groupes plus ou moins homogènes. Pour Alassane Dramane Ouattara, les habitants de notre pays appartiennent à leurs langues, à leurs ethnies, à leurs tribus, à leurs religions ; ils ne s’appartiennent pas à eux-mêmes. Le démon du repli identitaire qu’il veut attiser est celui qui nous conduit à choisir notre groupe tribal et à nous identifier à ce groupe comme entité homogène autonome. Le résultat est que chacun de nous, les partis politiques en premier, doit définir le groupe qu’il aime et ceux qu’il n’aime pas selon l’humeur du moment, selon les alliances du moment, selon les tactiques politiques du moment. Le gouvernement doit en faire autant et même donner l’exemple. Cet holisme politique, qui instrumentalise l’ethnie, la tribu, la région, la religion en les mettant à la disposition des ambitions politiques, cultive la discrimination collective, oppose les groupes ethniques, nourrit les antagonismes de groupes, les envies, les jalousies, les conflits communautaires. Lorsque vous êtes dans une catégorie peu nombreuse ou peu appréciée par le pouvoir dont la détention donne des forces, vous serez brimé parce que votre seule valeur se trouve dans votre nombre et votre identité collective, tribale. Ce collectivisme définit des catégories importantes et fortes et les impose aux catégories classées comme peu importantes et faibles. Ce système discriminatoire et tribal conduit aux conflits tribaux et ethniques. Faut-il s’en émerveiller ? Juste pour détourner l’attention des populations sur la mauvaise gouvernance et les grandes déceptions, pour remobiliser un électorat qui, par le passé, a été très sensible à son discours identitaire, la candidature annoncée et appuyée par un projet de règlement présenté comme conjoint entre la nationalité et le foncier rural... Le pillage systématique du sol et du sous- sol par des mafias politiques Combiner cette approche discriminatoire et les questions foncières, c’est nous éloigner du fond du règlement des questions foncières et, pendant ce temps, mieux organiser le pillage systématique des ressources du sol et du sous-sol par le canal de mafias politiques. Ce constat pousse à espérer que les Ivoiriens prennent conscience des dangers du système D dans la république de Ouattara, et que l’émerveillement béat et fataliste fasse place à l’éveil des consciences et à l’action. Ensemble, nous réussirons. Mamadou Koulibaly Président de LIDER DDoocctteeuurr CChheeiicckk DDiiaabbaattéé :: MMoonnssiieeuurr AAllaassssaannee OOuuaattttaarraa,, llee bbiillaann ddee vvooss ddeeuuxx aauu ppoouuvvooiirr,, ppaarrlloonnss--eenn !! • Le 3ème pont : c'est un vieux projet du Président Bédié où tout avait été fait, révisé sous le Président Gbagbo à 60 milliards de FCFA, si cela se réalisait sous fond propre et un usage gratuit. Aujourd'hui, attribué à Bouygues dans des conditions financières (coût de démarrage 180 milliards de Francs CFA avec une évolution aléatoire de ce coût). L’état contribue à hauteur de 50 milliards de FCFA et les associés à hauteur de 10 milliards. En réalité, le pont sera entièrement construit avec l’apport de l’Etat, mais le contribuable ivoirien va devoir payer, durant 30 ans, près de 1000 milliards gratuitement à Ouattara et à ses amis vendeurs. • Le barrage hydroélectrique de Soubré et l’autoroute de Bassam : deux projets du Président Gbagbo dont l'étude et le tour de table des bailleurs de fonds avaient été faits ; une société d’Etat avait même été créée spécialement par le Président Gbagbo, pour gérer le projet Autoroute Abidjan-Bassam. Il fallait le feu vert du FMI, donc de la France pour mobiliser le crédit chinois. • Le Deuxième Terminal à conteneurs du port d'Abidjan : où son attribution au consortium Bolloré-Bouygues fait des vagues au sein du gouvernement. Monsieur Jean-Louis Billon, élu président du conseil général de Hambol, par défaut de démocratie, nous joue maintenant les
  5. 5. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 5 vierges effarouchées en se drapant d'indignation, pour s'étonner de la mauvaise gouvernance du gouvernement auquel pourtant il appartient, spécifiquement en ce qui concerne l'attribution du marché du 2ème terminal. Monsieur Billon, quand on applaudit au moment où la Françafrique bombarde notre pays, il faut savoir que les bombes ont un prix que les vendeurs réclameront tôt ou tard. • Le pont de Jacquelin : Projet conçu sous le Président Gbagbo, une société d’Etat avait été créée spécialement pour la gestion de la construction du Pont. • L'autoroute du Nord : les travaux étaient en cours d'exécution. • La réhabilitation des rues, l’échangeur de la Riviera et l’assainissement : Projets conçus et mises en œuvre par le président Gbagbo, à partir de 2009 après le point de décision du processus PPTE. • L’hôpital de Gagnoa : Projet négocié et démarré sous le Président Gbagbo. Donc, à y voir de plus près, hormis les révisions de prix pour récompenser les vendeurs, les projets ci-dessus ne font pas partie du bilan de Monsieur Ouattara. Alors, dans ce bilan de Monsieur Ouattara qu'est ce qui nous reste ? • La réhabilitation des universités : où un mètre carré (1m2) de peinture coûte aussi cher qu'un mètre carré (1m²) de bitume, voire plus. Un marché de 110 milliards attribué de gré à gré. • La cherté de la vie : le coût élevé des denrées de première nécessité est une triste et pénible réalité que personne ne peut nier. • Les unités de santé et les médicaments gratuits : les promesses concernant la santé se sont concrétisées et soldées par l’absence de médicament et les conditions désastreuses dans les hôpitaux. • La libération du cultivateur-squatteur du Mont Péko : j'ai nommé Monsieur Ouédraogo Amadé Rémi dit Ourémi Ex gradé des FRCI, armée de Monsieur Ouattara ; • Le RATTRAPAGE : terme utilisé par Monsieur Ouattara lors de l'un de ses nombreux voyages à Paris et mis en exécution. Alors que la Côte d'Ivoire a la capacité de faire travailler tous ses cadres et tous les enfants du pays, pour peu que l'on se donne la peine d'y réfléchir sérieusement. Le « vivre ensemble » s’est soldé par l’exclusion des autres groupes ethniques. • Le fait d'arme du règne de Monsieur Ouattara : C’est l'exil intérieur et extérieur, l'emprisonnement, la torture et le massacre comme celui de Nahibly des pro-Gbagbo ou supposés. Le bilan de Monsieur Ouattara se résume donc en la récompense des vendeurs de démocratie, à la destruction de la cohésion sociale et la promotion des médiocres aux postes-clés du gouvernement et de l’administration, à l’emprisonnement des cadres du pays, la contrainte à l’exil, le génocide du peuple Wè et leur expropriation économique. Malgré ce bilan, Monsieur Ouattara veut que les Ivoiriens prolongent une telle politique pour une Côte d’Ivoire sans eux et contre eux. Monsieur Ouattara, au vu de votre bilan, je me demande : pour quelles raisons les Ivoiriens vous mettront à la tête de leur pays en 2015 ? Que cela ne vous déplaise, une fois de plus, vous allez avoir besoin de la communauté internationale pour parvenir une fois encore à vos fins. Monsieur Ouattara, sous le Président Gbagbo, malgré le coup d'État échoué et transformé en rébellion grâce à la Françafrique, malgré le pays coupé en deux, malgré le simulacres sur les responsabilités du bombardement du camp militaire français de Bouaké, malgré le massacre des Ivoiriens par l'armée française devant l'Hôtel-Ivoire et sur les deux ponts, malgré les innombrables complots, la Côte d'Ivoire tenait debout, ses institutions tenaient debout, les fonctionnaires et les corps habillés étaient payés, sans apport de l'extérieur ; tous les partis politiques recevaient leur indemnité, conformément à nos lois ; les dettes intérieures et extérieures étaient payées ; les chantiers profitaient à toutes les entreprises ivoiriennes et l'argent circulait. Malgré cette rébellion, entretenue par la Françafrique, l’Etat était le reflet de la nation ivoirienne, les Ivoiriens se parlaient, riaient ensemble, dansaient ensemble, et mangeaient ensemble. Monsieur Ouattara, sous votre règne, on nous dit que l'argent travaille, et pourtant nous ne voyons rien. Sous votre règne, la nation ivoirienne a été déchiquetée. Monsieur Ouattara, j'ai l'impression qu'une lumière s'est éteinte au-dessus de notre Pays. Vous avez déclaré, dans les premiers jours de votre prise de pouvoir par les bombes françaises, que vous alliez incarner Nelson Mandela pour la Côte d'Ivoire, afin de réconcilier les enfants de ce pays. De l'Afrique du Sud, vous avez importé le Vuvuzela et vous avez remplacé la réconciliation par le bruit sur la réconciliation. La réconciliation, qui aurait dû être la colonne vertébrale des actions de votre gouvernement, a été une grosse fumisterie, pour endormir vos commanditaires, la communauté internationale et les ONG. Devant un tel bilan, pas de doute que si Monsieur Alassane Ouattara le souhaite, les Ivoiriens l'éliront, en 2015, par acclamation. Pas besoin de vote. A l’heure de la désillusion Devant un tel bilan, on voit bien que tous ceux qui ont fantasmé, en pensant que Monsieur Alassane Ouattara allait gérer la Côte d'Ivoire dans une parfaite démocratie sont désabusés. Tous ceux qui rêvaient que Monsieur Alassane Ouattara allait verser des milliards de Francs CFA pour en faire profiter à tous les Ivoiriens ont déchanté. Tous ceux qui… Alors, nous allons tourner la page sans lui, Monsieur Alassane Ouattara. Oui, en 2015, c'est sans vous Monsieur Ouattara. Nous allons construire une nouvelle Côte d'ivoire apaisée, sans exilés, sans prisonniers politiques, sans tortures, sans massacres impunis, sans justice à deux vitesses. Nous allons construire une nouvelle Côte d'ivoire avec un peuple réconcilié. Les Ivoiriens ont trop souffert et ne veulent plus souffrir. Docteur Cheick DIABATE, Enseignant Chercheur, Université de Colorado, USA. * UUnnee ppoolliittiiqquuee ééccoonnoommiiqquuee bbaassééee,, ssuurr llaa mmeennddiicciittéé dd’’EEttaatt «Notre pays étonnera le monde… ». Telle a été l’annonce prophétique faite en fin d’année 2011 par Alassane Ouattara au moment où tous ses soutiens politico- financiers extérieurs le présentaient comme le «messie» venu «délivrer la Côte d’Ivoire». En 2012, on a beau écarquiller les
  6. 6. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 6 yeux, porter des loupes, on n’a pas vu ce qui a étonné le monde. Sauf s’il est question d’exactions inqualifiables sur les partisans de Laurent Gbagbo. Lors de sa visite « historique » en Côte d’Ivoire, la présidente du Fmi, Christine Lagarde, dans un esprit de soutien à un membre du clan, a prophétisé un «deuxième miracle ivoirien, un miracle qui peut voir le jour, cela ne fait aucun doute» (discours à l’assemblée nationale). Il est peut-être trop tôt pour juger de la qualité de cette prophétie. Mais, après deux années de gestion Ouattara, on est certain que cette prophétie risque de ne jamais s’accomplir sous ce régime. Un état économique inquiétant En effet, de nombreuses données indiquent que le pays se retrouve aujourd’hui dans un état économique inquiétant, en dépit des apparences soutenues par des campagnes de communication démagogiques destinées à frapper les esprits des partisans indécrottables et un réseautage pour convaincre les investisseurs internationaux. Au nombre de ces campagnes médiatique, figure en bonne place le slogan « l’argent ne circule pas parce qu’il travaille ». Alors que si l’argent travaillait réellement, on aurait senti une vivacité de l’activité économique dans le pays et chaque citoyen aurait constaté les résultats dans son portefeuille. Que constate-t-on réellement? Une chute des recettes fiscales (un gap de 34 milliards FCFA au cours du premier trimestre) et douanières (par exemple, le trafic du Port autonome d’Abidjan a chuté de 26%, alors que ce port est considéré comme le poumon économique du pays.). On constate aussi que le niveau d’investissements est bien en-deçà des prévisions, et qu’une inflation non maîtrisée affecte le niveau de consommation des ménages, etc. Tout ceci, verni par une incompétence dédaigneuse de l’administration Ouattara (du fait d’agents de bas niveau recrutés comme récompense de guerre), une impéritie d’un régime paralysé par l’ombre omnipotent du président Laurent Gbagbo… Tous ces facteurs se conjuguent pour rendre le contexte socio-économique inextricable et inquiéter les Ivoiriens et les traditionnels partenaires de la Côte d’Ivoire. Miracle ou mirage ? Pour qu’il y ait possibilité de « miracle », il faudrait que la politique libérale choisie par Alassane Ouattara soit enrobée de substances nécessaires au progrès économique comme pouvait l’écrire Adam Smith. Parmi ces conditions institutionnelles figurent en bonne place l’Etat de droit, la bonne gouvernance économique, l’émergence d’un entrepreneuriat dynamique qui tire le progrès économique. Ce que Christine Lagarde appelle « Plus d’investissements, une meilleure inclusion et une gouvernance plus solide» (ibid). La Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara suit- elle ce modèle? On en doute fort. En effet, avec le partenariat public-privé, presque tous les secteurs importants de l’économie nationale sont contrôlés par le privé extérieur avec des investissements non marchands pour la plupart. En plus, le système économique mise sur une spécialisation de «l’économie nationale» dans quelques cultures d’exportation dont les cours fluctuent (café, cacao, bois etc.). Un tel système est voué à l’échec. Ensuite, l’entrepreneuriat local est délibérément étouffé au profit des multinationales (dont la plupart ont financé la guerre en Côte d’Ivoire). Une sorte de retour de l’ascenseur qui se gère dans les officines secrètes. Raison pour laquelle Alassane Ouattara a pris le contrôle des marchés publics. Le libéralisme dont il se prévaut n’a pas encore amélioré sa note depuis deux ans d’exercice du pouvoir dans l’index de liberté économique. On apprend, à ce propos, que dans le secteur bancaire, le gouvernement est en train de dépecer malicieusement les banques nationales, au profit des grosses multinationales. Ce qui va conduire inévitablement à de dangereux monopoles privés. Tout simplement parce que le « big business » et les gros contrats signifient corruption, favoritisme, clientélisme et passe-droits dans la Côte d’Ivoire actuelle. Exemples patents : ces forces parallèles et internes qui écument tous les pôles économiques. Pour ce qui est de l’Etat de droit, point n’est besoin de faire de longs développements. Les organisations internationales des droits de l’homme se sont longuement répandues sur la question. Outre les tortures, elles dénoncent le bâillonnement de l’opposition et les entraves à la liberté syndicale. Que dire du rattrapage ethnique qui crée un malaise profond au sein de la société, une division profonde entre «privilégiés» et «bannis». En somme, il faut être aveugle pour ne pas se rendre compte que l’économie ivoirienne va à la dérive. Des chefs d’entreprises nous confiaient récemment que, avant l’avènement d’Alassane Ouattara, ils n’ont jamais été autant éprouvés. L’Union européenne, porte- parole des partenaires techniques et financiers de la Côte d’Ivoire, n’entretient pas l’espoir. Elle qui vient de demander une fois de plus au gouvernement de revoir sa copie sur l’Etat de droit et la gouvernance économique, avant tout décaissement des fonds destinées au financement du Pnd. Or, le gouvernement ne jure que sur l’argent du Pnd (un dérivé du Dsrp élaboré par le pouvoir Gbagbo, lequel document a pesé de tout son poids dans l’atteinte du point d’achèvement) pour engager des investissements. Comme quoi, il ne suffit pas d’être un homme du milieu financier et bénéficier d’un réseautage pour décréter l’émergence de son pays. Un miracle économique est-il possible pour une économie basée, deux années durant, sur la mendicité d’Etat? On ne peut le croire. J-S Lia * AALLAASSSSAANNEE OOUUAATTTTAARRAA :: MMOOII,, PPRRÉÉSSIIDDEENNTT EENN 22001155 !! On le sait, Monsieur Alassane Ouattara était présent au Cameroun pour proposer sa fameuse patrouille conjointe pour la surveillance des côtes maritimes des pays du Golfe de Guinée, qui, en réalité, est le plan français d’occupation des espaces maritimes d’Afrique, après avoir occupé l’espace terrestre par le renouvellement des différents accords de défense. A peine descendu de son avion en provenance du Cameroun, les premiers mots de Monsieur Alassane Dramane Ouattara dit ADO sont la présentation de sa candidature pour les élections présidentielles de 2015. En plus, on a droit à son nouveau programme de campagne qui nous dit que ce Monsieur ne pourra pas réaliser pour l'actuelle mandature de 5 ans l'ensemble de ses promesses de la précédente campagne. Monsieur Alassane veut donc réviser son chronogramme 2010-2015 de 5 ans : il veut le passer à 10 ans, sans nous présenter un état d'avancement des travaux, ni un bilan de mi-parcours. Car, d'habitude, dans les pays démocratiques, ce sont les Présidents en exercice qui sont les derniers à présenter leur candidature, avec le soutien de leur parti et en se basant sur leur bilan. Docteur Cheick DIABATE, Enseignant Chercheur, Université de Colorado, USA. * CCoommmmee
  7. 7. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 7 ddeess AAmméérriiccaaiinnss Il y a des gens qui disent : "On doit vivre comme des Américains, On doit regarder le pays et ne pas chercher son origine". Ceci est fort est possible, Sauf que la socialisation de mon Pays s'est faite différemment Différemment de celle des États-Unis Sauf que, eux-mêmes, les Américains Dans ce melting-pot dédaléen Ils s'accrochent à leurs origines D'où, certains sont dits "Afro- américains" Et revendiquent d’être "afro- descendants" Et ils nous visitent ici En Ethiopie, au Ghana, au Nigeria, au Liberia... Pour retrouver, avec fierté et sans honte, Leurs « roots ». Comme ces Américains-là, Je suis moi-même Fière de mon origine Fière de mon histoire. Comme des Américains-là, Je ne me renierai jamais! Je suis une Grande Avikam pur-sang, Je suis originaire de Lahou-Kpanda Dans le territoire de Grand-Lahou! Là-bas dans le Sud littoral. Je suis la fille adorée de mon père Lui-même Avikam de mère Gôdié Elle-même issue d’un patelin de Kôssou Du côté de Fresco. Ha ! Mon beau Kôssou! Bourgade Perchée sur cette colline en bordure de mer Bercée jour et nuit, par les flux et reflux des vagues J’y ai mes gênes J’y ai mes traces J’y ai mon essence Toute mon ascendance y est couchée L'arrière-arrière-arrière père de mon grand-père y est né. Je suis la fille adorée de ma mère Dida de Hiré Watta Elle-même fille du chef du canton de Bouakakro Et grande mangeuse de foutou et de tchétchra devant l'éternel Mon nom est Dagault Marie-Laure Désirée, On m'appelle aussi Wassawaney! Ablé Sépi est le nom des guerrières de ma famille. Je suis ivoirienne pur-sang et fière de l'être J'ai une histoire Et mon histoire Elle coule de source parce qu'elle est vraie. Qui dit mieux ? Marie-Laure Désirée Dagault * LE FILAMENT magazine Fondateur et Directeur de Publication : Léandre Sahiri Secrétaire Gl de la Rédaction : Julius Blawa Gueye Rédacteur en Chef : Serge Grah Comité de Rédaction : Léandre Sahiri, Sylvain de Bogou, Serge Grah, Jean-René Vannier, Thomas Oholli Niamké. Julius Blawa Gueye, Djédji Monnet, G S Jonathan, Macabre Etty. Serge- Nicolas Nzi. Nikitta Kadjoumé, Cédric Marshall Kissy, Lettê naa Lettê, Marcel Amondji, Bérénice Wadé Nemlin, Zacharie Acafou. Nick de Bessou, Roche Sossiéhi,Paul Zahiri Contacts: lefilament@hotmail.com 00 44 75 56 56 33 86 / 00 44 77 71 10 30 93 www.lefilament.info * «PPaarrttaaggee ttaa lluummiièèrree aavveecc lleess aauuttrreess,, ssii ttuu vveeuuxx llaa ggaarrddeerr bbrriillllaannttee »».. ((PPaauull AArrnnaauudd)) * Comment commander cet ouvrage Ce livre est disponible à la vente au format papier et au format numérique (PDF) en librairies ou visitez le site Internet : www.monpetitediteur.com Ou : www.leandre-sahiri.monpetitediteur.com * SSaanngg C’est une douleur lancinante Qui mon sang traverse Chaque fois que je tends à oublier Mon sang, Mon teint. Le père disait : « Ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole Ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité Ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel Mais ceux sans qui la terre ne serait pas terre ». Je suis de ceux qui n’ont découvert Ni science Ni firmament
  8. 8. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 8 Ni onde Mais sans qui Gaïa ne serait pas elle- même, hellène. Quand je me remémore les paroles du père Je ne peux oublier mon identité. C’est un devoir de mémoire et de conscience. Ce sang me fonde comme je le fonde Ce sang Noir Ce sang pur, épuré, blessé, lésé, dépiauté, dépouillé, calciné, assassiné Ce sang d’Homme Le sang de mes Ancêtres, Le sang de l’opprimé Le sang du martyrisé Sang versé Mon sang Ma marque Ma scarification. C’est une douleur lancinante Qui mon sang traverse Chaque fois que je tends à oublier Mon sang, mon teint Sang noir, mon sang. Sang, notre encens. Drake * «PPaarrttaaggee ttaa lluummiièèrree aavveecc lleess aauuttrreess,, ssii ttuu vveeuuxx llaa ggaarrddeerr bbrriillllaannttee »».. ((PPaauull AArrnnaauudd)) * JJaammaaiiss lliibbrree,, ttaanntt qquuee…… Honneur et gloire à vous tous combattants d'ici et d'ailleurs ! Merci pour la libération de nos cadres politiques par le combat ! Quant à moi, depuis le 11Avril 2011, date du coup d’État de Dramane Ouattara contre les institutions ivoiriennes, je me suis senti toujours en prison. La Côte d'Ivoire, sous Dramane Ouattara, est devenue une prison à ciel ouvert. Voilà pourquoi, je ne me sentirai jamais libre, tant qu'il restera un seul Ivoirien proche du Président Gbagbo Laurent en prison; Je ne me sentirai jamais libre tant que le Président ivoirien Son Excellence Gbagbo Laurent et son épouse Simone resteront en prison. Je ne me sentirai jamais libre tant que Blé Goudé Charles, Dibopieu Jean Yves, Yavo Martial, Youan-Bi Angenor, Billaud Daniel, Guéi Patrick et autres resteront en prison. Je ne me sentirai jamais libre tant que les Généraux Dogbo Blé, Vagba Foussegny, les Colonels Aby Jean, Okou Maudy, Katet Gnatoa, les CommadantsYagba Kipré, le Capitaine Kangbe Antoine et autres resteront en prison. Je ne me sentirai jamais libre tant qu'il restera un seul ivoirien contraint de vivre hors de son pays en exil. Je ne me sentirai jamais libre tant que la Côte d'Ivoire restera menacée par des envahisseurs étrangers. Je ne me sentirai jamais libre tant que Dramane Ouattara n'aura pas été dégagé par notre lutte démocratique du fauteuil usurpé. Je combattrai jusqu'à ce qu'aucun ivoirien ne se sente menacé dans son quotidien. Je combattrai pour le droit à la liberté de tous les Ivoiriens, sans exception. Et, quand il semblera nécessaire, pour le régime de Dramane Ouattara, qu'il me ramène dans une de ses prisons. Car jamais, je ne renoncerai au combat pour la restauration de la démocratie dans notre pays. Je demeure à ce titre un candidat potentiel pour la prison parce que mon être est formaté pour le combat. Et, je combattrai au côté de tous les Ivoiriens en souffrance. Sans violence, comme sans faiblesse. Koua Justin * VViissiittee ddee SSoorroo GGuuiillllaauummee,, àà GGaaggnnooaa La visite du président de l'assemblée nationale, Soro Guillaume, prévue pour le 15 Août 2013, à Gagnoa semble poser plus de problèmes que l’on a cru. Que cache cette visite de Soro Guillaume ? Pourquoi tient-il tant à se rendre dans la région du Goh dont Laurent Gbagbo, détenu actuellement à La Haye, est originaire ? Soro serait-il en train de recherche une réhabilitation de sa conscience (s’il en a !) ou il veut-il se faire pardonner par ses victimes (cela ne se fait pas par !). Soro mérite-t-il d’avoir des honneurs à Gagnoa ? N’est-ce pas une parade des criminels de guerre à Gagnoa ? Vos analyses et commentaires dans nos prochaines parutions. * « Quand des enfants meurent de faim Je ne veux pas savoir que la lune est belle Que la fleur a un parfum exquis Je ne chante plus; Je pousse des cris séditieux ». Charles Nokan
  9. 9. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 9 Ce que je pense Une Chronique de Léandre Sahiri [Cet espace ou bloc-notes me permet d'analyser et de commenter librement les sujets d’actualité, de chez nous ou d’ailleurs. C’est, en quelque sorte, mon jardin secret. J’ai plaisir et honneur à y accueillir et à partager quelques idées avec vous]. «Beaucoup de ce que je dis peut paraître amer, mais c'est la vérité. Une grande partie de ce que je dis peut paraître comme semer le trouble, mais c'est la vérité. Une grande partie de ce que je dis peut être perçue comme une incitation à la haine, mais c'est la vérité. (Malcolm X). LLee ssyynnddrroommee ddee SSttoocckkhhoollmm Du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, nombre de nos compatriotes, dont des chefs de famille, des personnalités politiques, des cadres, des travailleurs compétents et autres, adultes ou jeunes, ont séjourné, la plupart contre leur volonté, au Golf Hôtel d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Selon des sources bien informées, ils étaient entièrement dépendants d’Alassane Ouattara, sous le couvert de RHDP. Pris en otage L’existence des pensionnaires du Golf Hôtel était liée, directement et inexorablement, à Alassane Ouattara, y compris pour chaque geste de la vie quotidienne : impossible de parler, de manger, de boire, de bouger, de satisfaire leurs besoins naturels sans autorisation préalable, sans être épiés. Il s’agissait, en fait, d’une régression au stade infantile. Ainsi donc, pris par violence, ou par ruse, ou par surprise, ces compatriotes pensionnaires du Golf Hôtel, privés de leur propre liberté, étaient pris en otage par Alassane Ouattara au Golf Hôtel qui était le QG de campagne Alassane Dramane Ouattara, et que celui-ci avait transformé, pendant la crise post- électorale, en centre de commandements et d’opérations pour la conquête du pouvoir d’état. De nombreuses personnes se sont demandé et se demandent encore et toujours qu’est-ce qui justifie cette prise en otage et pourquoi Bédié et les autres ne pouvaient-ils pas sortir, d’eux-mêmes du Golf Hôtel? La réponse est toute simple : C’était des otages. Et, comme dans toute prise d’otages, ces compatriotes pensionnaires du Golf Hôtel constituaient, pour leur ravisseur, la garantie pour obtenir la satisfaction de sa revendication, du moins l’exécution de son plan infernal de prise de pouvoir, y compris sans avoir acquis la victoire par la voie des urnes. En effet, le ravisseur tenait en laisse nos compatriotes et les utilisaient, implicitement, d’une part comme moyen de pression vis-à-vis de l’opinion internationale, en vue d’astreindre Laurent Gbagbo et le peuple ivoirien à céder à son exigence. D’autre part, c’est aux fins d’éviter d’être attaqué ou bombardé, autrement dit, c’est pour se mettre à l’abri, que le ravisseur maintenait, comme des boucliers humains, nos compatriotes au Golf Hôtel. Le choix du Golf Hôtel n’était pas fortuit Dans toute prise d’otage, le choix du lieu et des victimes n’est jamais fortuit. En général, les preneurs d’otages choisissent des lieux jugés stratégiques et des personnes sensibles. Par exemple, la prise d’otages du 13 décembre 2010 à Besançon, en France, a eu lieu dans une école maternelle. Le choix de l’établissement n’était pas dû au hasard : le preneur d’otage était lui- même issu de ce quartier de la Planoise, au sud-ouest de Besançon, dont il avait fréquenté le collège et il s’en était pris à des enfants âgés de moins de 6 ans. La prise d’otages de Manille (Philippines) en août 2010 eut lieu dans un autobus transportant un groupe de touristes venus de Hong Kong. La prise d’otages de Moscou (850 personnes), perpétré en octobre 2002, par une cinquantaine de rebelles tchétchènes eut lieu au théâtre de la Doubrovka de Moscou, pendant la comédie musicale Nord-Ost, destinée à la jeunesse. La prise d’otages du 20 novembre 1979 par des fondamentalistes islamistes et opposants à la famille royale saoudienne, eut lieu à la grande mosquée Al-Masjid al-Haram, à La Mecque (Arabie saoudite), etc. Dans le même ordre d’idées, le choix du Golf Hôtel n’était pas le fait de hasard. Jadis surnommé « l’oasis dans la ville », le Golf Hôtel d’Abidjan, 5 étoiles, situé dans le quartier résidentiel de la Riviera, à une demi- heure de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny et à 10 minutes du centre ville, est bâti sur un des plus beaux et reposants sites d’Abidjan. Il domine la lagune Ebrié et offre 306 chambres de luxe climatisées dont 11 suites et 3 appartements agréablement décorées, avec une vue sur la baie de Cocody ; ce qui ajoute un plus à son charme magique. Cet hôtel était devenu une forteresse jalousement gardée par les forces onusiennes et les rebelles. Ceux-ci, les rebelles, en avaient fait, depuis 2002, leur quartier général. Tout le monde le savait et c’était donc, en connaissance de cause, que le président du RDR avait déménagé de sa villa cossue, pourtant située à une centaine de mètres seulement de cet hôtel, pour y installer son Quartier Général, assuré d’être désormais sous la bonne garde des Casques bleus de l’ONU et des rebelles, assuré de consolider son prestige, certain de se rendre intouchable, inaccessible, inattaquable. C’est, en fait, ainsi assuré et fort de cette « barricade », qu’il pouvait tenir des discours enflammés, brandir des menaces et des sanctions, lancer des mots d’ordre guerriers et des appels à la désobéissance, sans être pour le moins inquiété, et sans que nos compatriotes qui s’y trouvent, dans les conditions précaires au goût carcéral, ne puissent en sortir, malgré les appels et en dépit des cris de détresse de leurs parents et amis. Pourquoi Bédié et les autres ne pouvaient sortir d’eux-mêmes du Golf Hôtel ? En général, les otages disposent de peu ou pas de moyens, ni de manœuvre pour fuir ou pour s’échapper. Et même, la fuite, lorsqu’elle s’avère possible n’est que rarement tentée, parce que la plupart des otages restent
  10. 10. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 10 inhibés par la peur d’être éliminés, par le doute, et de surcroît, par la fascination pour leur situation dont ils désirent intensément connaître l’évolution ou dont ils espèrent ardemment une issue heureuse. Et puis, les otages sont parfois aussi coincés par la honte publique (ce que Pierre Amédée appelle le « Zéguiré zo »), tentés qu’ils sont de se protéger des sanctions possibles à leur sortie (exécutions, exclusion, etc.), eu égard à leurs propres antécédents. Par ailleurs, au cours de leur captivité, certains prisonniers développent ce qu’on appelle le « syndrome de Stockholm ». C’est le phénomène psychique qui, curieusement, incite des individus pris en otage à manifester une certaine sympathie vis-à-vis de leur (s) ravisseur(s). Ce syndrome, qui a été décrit en 1978 par le psychiatre américain F. Ochberg auquel on doit cette dénomination, porte le nom de la capitale suédoise, parce qu’il a été observé pour la première fois, en août 1973, dans cette ville, chez plusieurs employés de banque du Crédit suédois. En effet, bien qu’ils aient été, malgré eux, les victimes d’un hold-up manqué, ces employés de banque du Crédit suédois avaient défendu leurs agresseurs qui les avaient pris en otage, des heures durant ; et même, lors du procès qui a suivi l’arrestation de ces preneurs d’otages, certains employés avaient témoigné en faveur de ceux-ci. Qui plus est, une employée du Crédit suédois était allée même, par la suite, jusqu’à devenir la femme d’un des attaquants de la banque. Comme on le voit, le « syndrome de Stockholm » peut parfois être d’intensité si forte qu’il conduit certaines victimes à épouser la cause des ravisseurs ou des terroristes, du moins à participer à leurs actions, comme l’atteste la déclaration de M. Henri Konan Bédié du 21 décembre 2010. Ce jour-là, M. Bédié disait à l’endroit de celui qui le tenait en otage au Golf Hôtel, et je cite : « je voudrais d`abord et avant toute chose, réaffirmer mon soutien total au nouveau Président de la République de Côte d`Ivoire, SEM Alassane Ouattara ». Il est même arrivé que le meurtre d’otages ou de policiers n’ait pas pu remettre en cause ce puissant courant d’empathie ou de sympathie. Ce fut, par exemple, le cas de Patricia Hearst, qui n’avait pas hésité à attaquer une banque avec ses anciens agresseurs devenus complices. Ce fut aussi le cas de certains passagers qui avaient également développé des sentiments positifs envers leurs ravisseurs, en décembre 1999, pendant le détournement de l’avion indien, qui avait connu de multiples escales imprévues entre New Delhi, Lahore et Dubaï... Ce fut aussi et surtout le cas de nos compatriotes pensionnaires du Golf Hôtel, pris en otages au Golf Hôtel qui, par honnêteté par rapport à leur propre inconscience, proclamaient, haut et fort, M. Ouattara vainqueur des élections, alors même qu’ils savaient que les résultats avaient été anormalement proclamés hors-délai et au QG de l’un des candidats ; alors même qu’ils connaissaient fort bien les subterfuges et les faux dont M. Ouattara avait fait usage et qui, conséquemment, refusait systématiquement le recomptage des bulletins de votes et la vérification des Procès-verbaux du scrutin du 28 novembre 2010. Les p ren eu rs d ’ot ages En général, les preneurs d’otages sont des forcenés, c’est-à-dire des individus qui présentent de trouble (physique et/ou moral) de la personnalité et qui se comportent, d’abord et avant tout, comme des hors-la-loi. Rappelons, par exemple, que le preneur d’otages de Besançon était un dépressif, qui « n’avait pas pris son traitement ». Quant au preneur d’otages philippin, Roland Mendoza, c’était un ancien policier honoré en 1986 comme un des dix meilleurs officiers du pays, mais qui avait été renvoyé en 2008 de la police, étant accusé de vol, d’extorsion et d’infractions liées à la drogue... Les troubles psychologiques, souvent importants, dont les preneurs d’otages souffrent ont un rapport direct avec leurs origines, leurs identités, leurs frustrations, leurs enfances, leurs déficits sociaux, sexuels et sanitaires au plan physique et psychologique, et autres ; c’est cela qui les amène, bien souvent, à prendre leurs rêves pour la réalité et à embarquer, dans leurs aventures plus ou moins suicidaires, des personnes innocentes et fragiles. Ces troubles, qu’on nomme, en psychologie, « paranoïa », appartiennent au groupe des psychoses et se caractérisent, entre autres, par un délire systématisé. Ces troubles n’affaiblissent généralement pas les capacités intellectuelles. Mais, ils donnent à l’orgueil une dimension si démesurée qu’on aboutit à une surestimation de soi-même. On parle alors d’« hypertrophie du moi », laquelle est mêlée de susceptibilité, d’angoisses de persécution, de jugement faux, de déni ou rejet de son identité réelle, de mensonges, de raisonnement apparemment logique mais reposant sur des postulats faux et parfois grossiers, de relents d’agressivité, de désir permanent de vengeance, etc. A cela s’ajoutent l’obsession du pouvoir, la violence, les violations des droits et libertés, les références permanentes à l’argent, à la communauté internationale, etc. C’est ce que je pense. Léandre Sahiri. * « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire ». (Voltaire). * « Quand on veut répondre à un intellectuel, c’est par des arguments bien étayés qu’on procède et non par des injures, ni par des arguties de bas étage ». (Julius Blawa Gueye). * Les propos injurieux, diffamatoires, racistes, etc., sont strictement interdits, entre autres conditions, pour la publication des textes dans « Le Filament ». Nous privilégions le débat d’idées et la courtoisie. *
  11. 11. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 11 TTrraapppp''aaiissee Papa n'aime pas le bonbon, Il dit que ça donne des caries; "ah bon!" dis-je et j'en ris; Alors papa dit: "si enfance savait!", le bonbon suçant, moi je vais... Maman aime à faire des plats mi-salés et quand je me mets à râler, elle me dit de ne pas en faire une particulière affaire car dans toute chose devient salée toute borne trop déplacée; Grand'pa et grand'ma, ces deux-là aiment trop les mâts, ces hauts lieux où ils font flotter les conseils, juste, disent-ils, pour me tenir à l'œil, moi le friand des mets vermeils; et moi je les porte au coin de l'œil quand je vois m'échapper tant de merveilles; Et qui a raison? Et qui a tort? Chacun a déjà son bord face à ces questions à foison: alors que décider quand nous sommes tous décidés face à ce contentieux à vider? Cédric Marshall Kissy * * DDD eee vvv iii nnn eee ttt ttt eee sss « Les énigmes et les devinettes font appel à notre imagination, à notre créativité, à notre bon sens, a notre capacité à résoudre des problèmes… Il s’agit de déjouer les apparences, imaginer des solutions innovantes. Parfois, les énigmes et les devinettes sont un bon prétexte pour apprendre, pour délier l’esprit et l’exercer au jeu de la symbolique ». (E. Tououi Bi Irié). * Il y'avait un couple très amoureux qui vivait au campement. L'époux avait un chien de chasse. Le maître et son chien allaient un matin au champ lorsque le chien dit à son maître : « Maître, veux- tu que je te montre notre secret ? ». Le maître, étonné, lui rétorqua : « mais, dis-moi, depuis quand j'entends ce que tu dis ? ». Le chien répondit : « à partir de cet instant, tu entendras tout ce que disent et diront les oiseaux, les animaux et tous les objets de la nature »… De retour au campement, un homme vient annoncer à son épouse le décès de sa mère. Dans ses pleurs et ses mouvements, la femme heurta la porte d'entrée de la maison. « Qu'ai-je fait dans la mort de ta mère pour que tu me bouscules ? », s'interrogea la porte. Le mari qui comprend et entend tout ce qui est dit par les objets, se mit à rire. Or, le pacte signé avec le chien était de ne jamais dévoiler le secret, même s’il lui arrivait d’avoir un fusil pointé à son nez. La femme qui a vu son mari rire alla raconter à ses parents que son mari s'est moqué de la mort la mère de sa femme. Comme sa femme ne revenait plus après l'enterrement, l'époux s'y rendit avec son chien. C'était l'occasion pour les parents de régler le différent. Quand il s'est agi de passer la parole à l'homme pour s'expliquer, le chien a commencé à tourner sur lui-même et dit a l’homme : « souviens-toi de notre pacte-secret. Rappelle-toi que le dévoiler équivaut à ta mort ». Il se trouve ainsi que l’homme a un choix à faire : soit, il dévoile le secret et il meurt ; soit, il ne dit rien et perd sa femme. A la place de cet homme, qu’auriez- vous choisi ? (Devinette proposée par Mathurin Inza Mandela). Proposez des devinettes * Si vous connaissez des personnes qui méritent de figurer dans notre «Tableau d’honneur», n’hésitez pas à nous en faire part. * Discutons sur le fond Nous nous réservons le droit de ne pas publier les textes qui ne sont pas suffisamment argumentés ou qui contiennent des affirmations sans preuves, des injures gratuites et inutiles… Merci. MMMAAATTTIIIÈÈÈRRREEE ÀÀÀ RRRÉÉÉFFFLLLEEEXXXIIIOOONNN QQuuii iinntteerrrrooggeerr aa AAllaassssaannee OOuuaattttaarraa ssuurr ssee ss ccrriimmee ss ?? Selon le ministère de la Justice ivoirien « Près de 200 personnalités de l’ancien régime sont concernées par ces auditions », dont le chef du Front populaire ivoirien Pascal Affi N’Guessan, le parti de Laurent Gbagbo. Dans une parodie de justice, Laurent Gbagbo a été auditionné, sans ses avocats, le samedi 7 mai 2011. La justice ivoirienne l’accuse « d'exactions, d'appels à la haine et de concussion après l'élection du 28 novembre ». Président installé par la France néocoloniale de Sarkozy, qui entend bien toucher les dividendes de son intervention armée, Ouattara fait d’ores et déjà figure d’usurpateur et de criminel, arrivé au pouvoir, non par la voie des urnes, mais par la voie des armes. Il a du sacrifier des milliers de vies humaines pour parvenir a ses fins : occuper le fauteuil présidentiel de cote d’Ivoire. Qui interrogera Alassane Ouattara sur ses crimes ? Verd i *
  12. 12. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 12 BBBiiieeennn dddiiirrreee Chronique de Zougouri Guy Martial Lohourougnon ----------------------------------------------- Il est bon de dire simplement les choses et de bien les dire, plutôt que de vouloir dire autrement et de saper son langage du fiel du ridicule et de tournures rébarbatives. -- Il me semble important, par ces temps de rudes compétitions à tout point de vue, d'inciter à mon humble niveau tous les francophones et autres francophiles à prendre désormais la décision de s’exprimer et d'écrire bien. Même s'il est vrai que la langue française n'est pas la langue maternelle de tous; il n'en demeure pas moins que l'on doit avoir un langage dépouillé des scories d'une ignorance écervelée et d'un scandale langagier à tous crins. Je voudrais, loin d'être prétentieux, m'atteler à restaurer le bon usage de l'expression suivante : On n’écrit pas les médias, mais les media, (sans le /s/ et sans accent) comme dans l'emploi des pluriels maxima, ultima, referenda, desiderata dont les singuliers se font en /um/. Désormais, ne dites plus : avoir comme l'impression. Dites plutôt: Avoir l'impression: j'ai l'impression que cet homme veut me rouler dans la farine. Désormais, ne dites plus : cotiser de l'argent.... Dites plutôt: Se cotiser. Puisque la notion de se cotiser induit déjà celle de l'argent. Ce serait un grotesque pléonasme. Exemple : se cotiser pour offrir un cadeau d'anniversaire... Désormais, ne dites plus : c'est de ma faute ou ce n'est pas de ma faute. Dites plutôt: C'est ma faute ou ce n'est pas ma faute. Exemple : c'est ma faute si les élèves s'expriment de plus en plus mal. Ne nous méprenons pas. Quand vous entendez dire : "Parle et je te dirai qui tu es". Cela signifie que la façon de parler, de s'exprimer est indubitablement liée à la façon d'être, de savoir-être et de savoir-faire. Prenez soin de votre langue et de celui des autres. A bientôt! Zougouri Guy Martial Lohourougnon * PPeeiinneess eett ddoouulleeuurrss Les peines m'ont souillée Les douleurs m'ont blessée Blessée jusqu'au cœur de mon âme Ma chair en a pâti A la douleur, elle a compati Dans les peines et douleurs Une vie volée, une vie violée Volée en éclat, violée de ses droits Accentuée par des omissions Remplie de démissions Abusée de soumissions Une vie toute en suspension Désuète de l'amour d'un père protégée de l'amour d'une mère Seule, sans défense Sans parfois finance Alors, quand de moi la vie s'est détournée Vers elle je me suis tournée Forte, fière et femme J'ai fondé de mon destin les contours dans l'action, avec foi, toujours En sachant que rien ne serait facile Car habituée à me battre seule Depuis les chemins tortueux Jusqu'au chemin de la réussite. Kady Coulibaly La petite sirène ("Confidences de femmes"). * * LLLiiibbbrrreeesss PPPrrrooopppooosss Cette rubrique est la vôtre. Elle vous est réservée pour vous exprimer. Librement. Pour vous prononcer sur les sujets d’actualité. Librement. Pour faire partager vos opinions et vos thèses... LL’’aannaallpphhaabbééttiissmmee eesstt ll’’uunnee ddeess pprriinncciippaalleess ccaauusseess ddee llaa ddéélliinnqquuaannccee jjuuvvéénniillee Le niveau d’analphabétisme au sein de la communauté ivoirienne en Angleterre, à l’image de notre pays d’origine, reste encore très élevé malgré l’abondance des infrastructures scolaires et la profusion des structures de formation. Or, l’analphabétisme est l’une des principales causes de la délinquance juvénile dans la majorité des cas au sein de la communauté ivoirienne de l’Angleterre, notamment à cause des parents analphabètes qui ne peuvent pas aider leurs enfants à faire les devoirs de maison, encore moins collaborer avec les enseignants ou participer aux réunions d’encadrement scolaires. De telles lacunes exposent les enfants à l’échec scolaire, au chômage et aux comportements déviés. Par ailleurs, l’abandon scolaire est un problème sans frontières qui affecte notre société, d’une manière générale. Ses effets peuvent être très graves, contribuant à la délinquance juvénile répandue, au chômage, au crime, etc. L’échec scolaire est en rapport direct avec la déscolarisation des mineurs. L’inadaptation scolaire habitue à vivre en marge des règles sociales, l’apprentissage se fait alors dans la rue, parfois au contact de plus grands ayant eux-mêmes connu l’échec scolaire. Pourtant l’école est un lieu d’instruction et de socialisation ; c’est l’antichambre de la société adulte. D’autre part, tout comme l’autorité du père, le respect du professeur risquerait d’être aboli un jour proche, si rien n’est fait. Car, pour un jeune en voie de marginalisation, l’enseignant pourrait être vu comme un simple représentant d’une institution ou de la société qu’il rejette. Ainsi, tous ces jeunes se retrouvent plus facilement en situation d’échec sociale, situation qui fait le lit de la délinquance et de la violence. L’absence de la scolarisation peut avoir un impact négatif par rapport aux jeunes dans la mesure où ceux-ci n’intériorisent pas certaines valeurs scolaires et morales. Ce qui peut les pousser dans la délinquance. Dally Gogognon, Psychologue * « Élevons-nous au-dessus des contingences immédiates et comportons-nous en êtres pensants et intelligents ». (Félix Houphouët-Boigny) *
  13. 13. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 13 Proposez des proverbes et dictons que nous publierons dans cette rubrique. Veuillez en fournir l’origine ou la source, une signification brève ou une petite illustration. D’avance merci. 1 « On n'acquiert pas la renommée sur un lit de plumes ». (Proverbe turc). Explication : Dans la vie, on n’a rien sans effort ! Ce n'est pas en restant couché ou en se dorant la pilule au soleil, que l'on va construire son avenir et se faire un nom. Un proverbe anglais dit : « Rien ne vient sans peine, sauf la pauvreté ». 2 La dernière goutte est celle qui fait déborder le vase. (Proverbe français cité par Thomas Fuller, 1652- 1734). Explication : Ce proverbe est utilisé pour dénoncer les effets de l'excès. Trop, c'est trop ! La patience a ses limites, et face à une personne qui ne sait pas s'arrêter, on finit par craquer. 3 « Bons nageurs sont à la fin noyés ». (Ancien proverbe français). Explication : Ne sous-estimez pas un danger et restez prudent. Une trop grande confiance en soi peut être fatale, même si vous jugez être un expert en la matière. Un proverbe grec dit : « Celui qui aime le danger finit par y trouver sa perte ». 4 « Pour faire taire autrui, commence par te taire ». (Proverbe latin de Sénèque, 64 ap. J.-C.) Explication : Ce proverbe est une sagesse et un conseil à la fois. Lors d'une dispute, si vous souhaitez y mettre un terme, commencez vous- même par vous taire. Jean-René Vannier * CCCOOOUUURRRRRRIIIEEERRRSSS DDDEEESSS LLLEEECCCTTTEEEUUURRRSSS Nous recevons beaucoup de courriers. Nous vous en remercions. Continuez à nous écrire. @ Félicitations pour ce numéro très riche. (Debora d'Eburnie). @ Merci Léandre - J'ai déjà lu une partie entre autre les articles de Paul, que j'avais déjà lus mais que j'ai tant de plaisir à relire, et puis les poèmes de ma sœur Béatrice. Sans oublier l'excellent Macaire, mais aussi Patrice G et Thomas et plein d'autres nouveaux... Ainsi que les nouvelles rubriques croustillantes comme "Parole de Claudus" ... Un excellent numéro que je vais encore trop vite dévorer. Bérénice Wadé Nemlin. @ Ce numéro est riche, vraiment riche...Merci maître! (Macaire Etty)J’ai commencé à lire ce filament il prend de plus de confiance, je suis tjrs avec vous je veux parler de ton équipe. J’ai eu un moment où je lisais rapidement car j'avais d'autres soucis mais maintenant tout va bien à bientôt mon frère. (Michel Zahibo). @ Bonne initiative grand frère le manque de connaissance est une mort pour un peuple. Le filament est une superbe idée grd frère et je te félicite pour ça très enrichissant. Agba Franck Fagnidi. @ Bonjour mon frère Sahiri. Je te remercie de m'avoir compté parmi les personnes auxquelles tu as voulu faire partager la bonne nouvelle concernant la naissance du "Filament". J'espère vivement qu'il nous aidera à être illuminés par toute forme de bon savoir. Mais cela, pourvu que nous voulions nous exposer à sa lumière salvatrice - sourire. J'adresse toutes mes félicitations à toi et à ton équipe éditoriale. C'est un pas de géant que vous êtes en train de placer. Seuls des individus au cœur noir pourraient vous souhaiter une mauvaise chance. Mais, je suis convaincu que votre volonté et votre intelligence les vaincraient sans doute au finish. Oui, c'est surtout la fin qui compte. Sans quoi, tout chemin n'est jamais bien nettoyé... Je vous vois tout à fait prêts à affronter le pire pour parvenir au meilleur. Et, en toute indépendance, une ligne majestueuse que vous avez choisi d'embrasser. Encore bonne chance au "Filament" et au plaisir d'en prendre connaissance au fil du temps. Toute ma sincère considération.Ton frère Nohoré Gbodiallo Guikou Bilet Zafla @ Merci prof pour mon numero de Filament. Sois béni et courage. Pasteur Jean Kousso. @ Merci pour le magazine, très intéressant. Agnès Lorougnon. @ Merci à vous. Le Filament s'améliore visiblement à chaque parution. Une rubrique Afrique de l'Ouest est à envisager... Une rubrique « Afrique de l'Ouest » est à envisager... Ndiaye Malick. @ ATTENTION ! Des individus mal intentionnés sont en train de diffuser dans les emails et sur Facebook des films à caractère pornographiques à notre insu. Nous ne nous en apercevons pas, mais nos correspondants les reçoivent comme si nous étions à l'origine de la publication, et parfois même avec un petit commentaire. Si vous voyez une chose de ce genre sur mon profil ou dans votre boite de réception, avisez la personne supposée être l’expéditeur, surtout ne cherchez pas à l'ouvrir car c'est un VIRUS. Copiez et faites passer, ce message. Scannez maintenant vos ordinateurs si vous avez des anti-virus! *
  14. 14. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 14 FFFRRRAAANNNCCC--- PPPAAARRRLLLEEERRR Une rubrique du Doyen Thomas Oholli Niamké, pour nous aider à y voir clair dans les problèmes et situations que nous vivons au quotidien. LLaa ssoorrcceelllleerriiee nn’’eesstt qquu’’uunn mmyytthhee Nous Africains, avons encore du chemin à parcourir pour nous défaire de cet état d'esprit négatif qui consiste à croire que la sorcellerie existe, alors qu’il s’agit, en vérité d’un fait que je qualifierais de « dépression mentale », pour ne pas dire de conte de fée Le mythe de la sorcellerie africaine. En effet, la sorcellerie n’est qu’un mythe. Et, ce mythe nous amène très souvent à entend re des confessions, voire même des accusations incroyables de ces soi- disant sorciers contre eux-mêmes, et la société dite réfléchie et pas dépressive qui écoute ces derniers éprouve du plaisir à les condamner, souvent en public, et parfois même avec l'appui ou la complicité de la justice moderne. Mais, quant à l'explication du fonctionnement de la sorcellerie, ceux-là mêmes qui y croient n'arrivent jamais a expliquer rationnellement de quoi il s’agit. Comment peut-on être en possession de tant de pouvoirs mystiques et se faire frapper dès le premier round sur le ring ou dans un combat ou dans une compétition quelconque ? Comment peut-on être si naïfs, si ignorants, au point de ne pas pouvoir demeler le faux du vrai, l’imaginaire du réel, le fictif de la logique et du rationnel?... Ici, questions et réponses resteront confondues! Africains, la sorcellerie est un état d'esprit, tout comme croire en l'existence d'un Dieu qui, d'un avis franc, est un mensonge universel pour démunir certains humains, notamment les plus faibles d’esprit et les plus naïfs d’entre nous, de leurs facultés de réflexion. Croire en la sorcellerie, c'est tout simplement accepter l'ignorance et le sous-développement. Africains, il est grand temps de nous débarrasser de cet état d'esprit négatif, si nous tenons à notre développement sous toutes ses formes (social, politique, économique, culturel, industriel, etc.). De mon berceau de naissance, j'ai entendu tant de confessions de soi- disant sorciers. Il y a ceux de l'odyssée qui prédisent et situent même la fin de vie de certaines personnes à des dates précises, mais peut-être par erreur de calcul, beaucoup de ces condamnés à mort ont vécu plus de 90 ans. Comment alors expliquer ces prédictions? Il y a les soi-disant sorciers scientifiques; Ceux-ci prétendent être des fabricants d'avions nocturnes. J’en connais encore un autre qui, de mon berceau de naissance jusqu’à ce jour, soit depuis plus de quarante années, continuent de collecter et rassembler toutes sortes de matériaux pour la construction, dit-il, d'un avion nocturne ; mais, toutes les pièces détachées se voient en plein jour... Il n’y a que ceux qui refusent de réfléchir pour admettre que ce dernier est sorcier. Je soutiendrais, moi, que ce dernier est plutôt dépressif et qu’il a besoin d'aide de ceux qui réfléchissent et qui ont encore la pleine possession de leurs facultés mentales. Enfin, il y a les soi-disant sorciers socialistes ou philanthropes, ceux-là qui, d'après leurs récits, protègent et défendent les cas des vulnérables de leurs confréries et entourages. Voici tant de propos qui devraient nous soumettre à la réflexion. Mais, bien au contraire, ces propos nous conduisent vers la plus grande ignorance et à un tel degré que nous n'arrivons plus à faire la distinction entre les plus dépressifs qui prétendent être réfléchis et les dépressifs qui sont des pauvres innocents qui ont besoin de notre aide. Voici pourquoi les interventions des illustres personnages tels que Montesquieu, Mandela, et bien d'autres, qui affirment que " L'Education est l'arme la plus efficace a être utilisée pour changer le monde", sont à prendre au sérieux et à intégrer dans nos vies. Ceci est tellement vrai que tout personne qui n’est pas éduqué, va, dans la majorité des cas, réagir négativement contre tous propos au-delà de son entendement, parce que la faculté d'analyse rationnelle lui fait défaut. Et, si remède n'y est pas porté à temps, ces personnes vivront une mort en sursis dans la société. Africains, acceptons que les Européens, pour parvenir à ce niveau de développement, ont accepté l'instruction, pour sortir de l’obscurantisme et écarter tous les obstacles qui favorisent l'ignorance. Africains, il nous appartient de suivre ces bons exemples pour accéder aux changements positifs. En conclusion, la sorcellerie n’existe pas. C’est tout simplement un mythe. Très souvent, ce sont des dépressifs ou malades mentaux que, naïvement, nous appelons sorciers. La sorcellerie et le diable africains sont des fléaux négatifs qui freinent notre développement sous toutes ses formes et qui nous mènent à persister dans notre sous-développement. Nous avons encore un choix, nous instruire, nous éduquer pour nous offrir des chances de salut. Le doyen Thomas Oholli Niamké, Londres I n f o Si vous avez des difficultés pour rédiger un article, n’hésitez pas à nous contacter, nous pouvons vous accompagner dans la correction, rédaction, mise en page (syntaxe, plan, insertion de photo…). Contactez-nous par email ou par téléphone. lefilament@hotmail.com
  15. 15. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 15 AAddiieeuu ssoolliittuuddee Ô démente et insolente solitude Dans ma vie souvent tu fis tempête Imposant de néfastes habitudes Auxquelles je dus me soumettre. Tu as aleviné ma vie si longtemps, Naguère j’ai même cru vain et perdu L’espoir, un beau matin de printemps, D’un allégeant rendez-vous avec l’élu. Ô sournoise et grossière solitude Tu songeais à jamais, dans ton donjon, Me garder captive de ta servitude, Moi douce et docile Cendrillon. Tu peux encore venir me harceler Mais tes multiples et fourbes efforts Seront manifestement à l’échec, menés, Cette fois l’Amour sera le plus fort. Ô malveillante et cruelle solitude Dans mon cœur la passion fait rage Je sais aujourd’hui avec certitude Que je serai affranchie de ton esclavage Mon valeureux Prince est en chemin Et le cœur léger je te crierai Adieu Car quand il me prendra enfin la main Contre toi, lui et moi serons deux. Bérénice Wadé Nemlin La Luciole d'Abidjan * LLLiiibbbrrreeesss PPPrrrooopppooosss Cette rubrique est la vôtre. Elle vous est réservée pour vous exprimer. Librement. Pour vous prononcer sur les sujets d’actualité. Librement. Pour faire partager vos opinions et vos thèses... BBêêttiissee qquuaanndd ttuu nnoouuss ttiieennss…… Le président Alassane Dramane Ouattara a bouclé sa tournée dans le Nord du pays, région dont il se présente comme natif et qu'il a appauvrie avec sa rébellion, près de dix années durant. A MBengué, M. Ouattara a dit ceci et nous citons : « J'invite chaque Ivoirien à se comporter comme un Américain, à ne pas parler de son origine. La Côte- d’Ivoire est au-dessus de chacun d’entre nous ». Quand j'ai écouté ce bout de phrase, sorti de la bouche de M. Ouattara, j'ai eu des frissons et je vais vous dire pourquoi : 1- Faisons comme les Américains et ne parlons pas de nos origines : je me demande si Ouattara a vraiment vécu aux États-Unis. Pour sa gouverne, dans ce pays, bien qu'ils soient tous fiers d'être Américains, chacun revendique son appartenance à une communauté et fait toujours référence aux origines de ses parents. Les populations vivent souvent dans les quartiers selon leurs origines: les Chinois dans Chinatown, les Italiens dans Little Italia, et ainsi de suite. Mais, ils sont tous aussi fiers, les uns et les autres, d'être Américains. La preuve Barack Obama, qui est le président de ce pays, rappelle, tous les jours, ses origines kényanes. Arnorld Swarzeneger rappelle tous les jours qu'il est autrichien de naissance. Madeleine Albright, qui fut secrétaire d'État américain, rappelle toujours qu'elle est Tchécoslovaque de naissance. Et, les exemples sont légions, comme par exemple, dans le sport avec les Monica Seles, Pete Sampras ou André Agassi. Par ailleurs, ceux qui ont vécu aux États-Unis savent la ferveur autour de la fête de la St-Patrick où des millions d'Américains célèbrent leurs origines irlandaises... Alors, de quel pays appelé États-Unis parle Alassane Dramane Ouattara? Celui sorti, sans doute, de son imagination, et dont JFK est, selon lui, l'auteur de la phrase ''I have a dream''. On comprend mieux Ouattara. Il n'est pas, du tout, fier de ses origines, a tel point qu'il a renié sa propre mère pour s’en fabriquer une. Il a renié son père. Il a renié son pays de naissance : le Burkina Faso. 2- « La Côte d'Ivoire, est au-dessus de chacun d'entre nous » , a dit Ouattara. Koutoubou! Toi Ouattara, tu peux dire ça, aujourd'hui. Pardon si tu n'as pas honte, il faut avoir pitié de toi et te rappeler, pêle-mêle, tes déclarations passées. Qui a dit dans ce pays ''Je rendrai ce pays ingouvernable'', ''il faut que l'ECOMOG vienne faire la guerre pour m'installer'', ''On refuse que je sois candidat parce que je suis du nord et musulman'', ''Les FDS ont été idiots'',''il faut mettre la Côte-d'Ivoire sous tutelle de l'ONU'', ''je fais le rattrapage des gens du nord'', etc. Qui a dit ? En ce moment, la Côte-d'Ivoire n'était pas au-dessus de tout, n'est ce pas? Quand on a plus de 70 ans comme Ouattara, ça se comprend qu'on soit victime, de temps en temps, de trous de mémoire. Mais, pour lui, sérieusement, c'est exagéré. Et, ici, nous tenions à lui faire ces petits rappels. Mais, permettez-moi de terminer en mettant en exergue ce qui caractérise Alassane Ouattara: il dit une chose et fait son contraire. Celui qui ne veut pas que les Ivoiriens parlent de leurs origines déclare gaillardement à chacune des étapes de sa tournée qu'il est est en visite chez lui, au Nord. Bêtise quand tu nous tiens ! Moriba Fofana, Natif de Kani et fier de l'être. * CCCooonnnssseeeiiilllllleeezzz ««« LLLeee FFFiiilllaaammmeeennnttt »»» ààà vvvooosss pppaaarrreeennntttsss,,, ààà vvvooosss cccooonnnnnnaaaiiissssssaaannnccceeesss,,, ààà vvvooosss cccooollllllèèèggguuueeesss,,, ààà vvvooosss aaammmiiisss……… *
  16. 16. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 16 CECI EST VOTR E PA GE PUBLICITAIR E POUR VOS ANNONCES TTTAAAMMM---TTTAAAMMM,,, SSSOOOUUURRRCCCEEE DDDEEE MMMEEESSSSSSAAAGGGEEESSS SSSOOONNNOOORRREEESSS,,, TTTAAAMMM---TTTAAAMMM……… ANNONCES Bientôt se tiendra à Londres, en Angleterre, une grande conférence internationale sur l’actualité en Côte d’Ivoire. Thème : « Information et débat sur la situation sociale et politique en Côte d’Ivoire » * Chanteuse Professionnelle et mère d’un enfant autiste, Présidente- Fondatrice de l’ONG AEAA (Aide aux Enfants Autistes d’Afrique), Yao Rose a besoin de vos conseils, de vos idées et suggestions, mais aussi de votre apport de tout genre pour ouvrir un centre d’accueil et d’éveil de son ONG à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Pour plus d’informati on, contactez Yao Rose a besoin de vos conseils, de vos idées et suggestions, mais aussi de votre apport de tout genre. * SAMEDI 29 JUIN 2013. MANIFESTATION GRANDIOSE DES RESISTANTS DE LA DIASPORA POUR BLE GOUDE A PARIS. * Opportunités et Offres L’Association AFUSE Propose des cours d’initiation et de maintenance informatique (Cours en groupe ou individuel à votre domicile). Accompagnement des personnes en difficulté pour les démarches administratives et sociales. Contact : 06 26 03 26 13 / 06 27 29 59 23 Email : afusebrunoy@yahoo.fr * L’espace Anibwé L'Espace Culturel Panafricain Anibwé propose : librairie, Edition, manifestations culturelles tout au long de l'année. 52 rue Greneta 75002 Paris. France Tel/Fax: 0033(0)1 45 08 48 33 Email: k2inter@voila.fr www.anibwe.com * Découvrez la librairie en ligne : livres et auteurs issus de toute l'Afrique, ainsi que la Revue des bonnes nouvelles d'Afrique qui vise à répandre l'AFROPTIMISME. www.diasporas-noires.com * Surprise-surprise- visitez le site: www.city2visit.com * A Londres. Chaque mois, votre journal gratuit AAFFRROO LLOONNDDOONN NNEEWWSS Contact : Tel. 08432899053 or Mob. 07853 41 42 89 Email:afro.london@gmail.com * * Appel à contribution pour un projet d’ouvrage collectif. Libérez votre créativité ! (inscrire la mention ouvrage collectif) Pour toute information, veillez prendre contact avec nous : Ghislaine Sathoud Responsable du projet de publication gsathoud @hotmail.com * CETTE PAGE PUBLICITAIRE VOUS EST RESERVEE POUR VOS ANNONCES
  17. 17. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 17 PPaarroolleess,, mmuussiiqquuee eett ppoolliittiiqquuee [Nous publierons des textes en rapport avec la vie des artistes. Nous vous invitons à proposer pour cette rubrique des textes de chansons qui vous ont plu ou qui ont une certaine portée (morale, civique, politique par exemple) ou qui reflètent l’actualité. Vous pouvez les accompagner d’un commentaire. D’avance merci]. PPaabblloo UU--WWaa,, uunn aarrttiissttee eennggaaggéé L’engagement, entre autres définitions, consiste pour un artiste ou un écrivain à avoir conscience qu’il ou elle est investi(e) d’une mission, qu’il ou elle a un devoir : participer à l’évolution du monde, à l’amélioration des conditions de vie dans la société. Dans ce sens, l’artiste ou l’écrivain qui se veut être engagé ne considère pas son œuvre ni comme un beau mensonge, ni comme un simple jeu de mots ou de sons destinés à divertir ou a amuser la galerie. Bien au contraire, l’artiste ou l’écrivain qui se veut engagé(e) conçoivent leur musique, leur livre, entre autres, comme une expression privilégiée au service de l’idée de progrès, en aidant l’être humain à prendre conscience de sa dimension humaine, à se libérer des pressions et oppressions sociales, culturelles et politiques qui l’asservissent. C’est cette attitude que l’écrivain Albert Camus appelle « se mettre au service de ceux et celles qui subissent l’histoire, refuser le mensonge et résister à l’oppression ». Dans ce sens, Aimé Césaire présente l’engagement comme une noble mission qu’il symbolise en ces termes : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche ; ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent dans le cachot du désespoir ». C’est que Césaire a fait sienne la célèbre « théorie du voyant » ou de la « voyance poétique » de Rimbaud qui confère à l’artiste ou à l’écrivain la mission sacrée de mage : « être voyant, se faire voyant »1 , en vue d’éclairer et non pas d’obscurcir… Dans le même ordre d’idées, l’écrivaine sénégalaise Aminata Sow Fall précise que la responsabilité de l’artiste ou de l’écrivain engagé(e) est d’éveiller les consciences, de soulever les problèmes de l’heure, de contribuer à ouvrir les yeux sur les situations politiques et sociales du moment. Par exemple, en tant qu’écrivain engagé, Emile Zola a pris position, au moment de l’Affaire Dreyfus, notamment avec son fameux « J’accuse ». Au regard de toutes ces définitions et en scrutant quelque peu ses chansons, on peut affirmer, sans risque de se tromper, que Pablo U-Wa est un artiste engagé. Comme Césaire, faisant de sa bouche la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche et de sa voix, la liberté de celles qui s’affaissent dans le cachot du désespoir, Pablo U-Wa utilise sa musique pour revendiquer les libertés et les droits de l’homme, en particulier le droit à la vie et l’autodétermination des peuples. Pablo U-Wa dénonce la suprématie des pays du Nord sur les pays du Sud, suprématie qui met à nu le déficit déconcertant de justice, basé inéluctablement sur l’exploitation des ressources naturelles et humaines des pays du tiers-monde l’expoliation, avec comme principe la loi du plus fort... Au total, Pablo U-Wa est un artiste militant, engagé, qui porte un regard critique sur le monde, qui dit sa « part de vérité ». Sa musique se situe aux antipodes des créations-marchandises qui visent à distraire le public, à l’abêtir, à le domestiquer. Sa musique est loin des futilités superficielles qui abaissent parfois 1 Arthur Rimbaud. – Lettres du Voyant. la qualité de la production de certains artistes de talent, plutôt que de les élever. Léandre Sahiri (Extrait de « Pablo-U-Wa, un artiste engagé ») * A lire dans notre prochaine parution : LL’’iinntteerrvviieeww hhiissttoorriiqquuee dd’’AAllpphhaa BBlloonnddyy (Avec un franc-parler décapant, l’artiste parle d’Alassane Ouattara et du RDR, de feu Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo, ainsi que de Mme Dominique Nouvian Folleroux Ouattara...). * « La musique, c’est du bruit qui pense ». (Victor Hugo) ><>< LL''oorraaggee L'orage a été violent Il a duré une partie de la nuit Alors je plains les gens Qui ne trouvent pas un abri En ce siècle où nous sommes Cela ne devrait plus exister Aussi je pleure sur les hommes Qui essaient de subsister Pour certains la vie est un enfer Ils n'ont vraiment pas le choix L’expérience qu'ils ont sur terre Dans la nature qui fait force de loi Car quelle que soit la saison Des humains en toute innocence Même quand ils font attention Perdent le goût à l'existence L'orage a été violent cette nuit Je dois dire qu'il n'a pas été gentil Pour certains il leur a tout pris Leur terre, leur bien et même la vie. Béatrice Koungou
  18. 18. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 18 P o i n t d e v ue LLee nniivveeaauu ddee ccuullttuurree ggéénnéérraallee ddee nnooss hhoommmmeess ppoolliittiiqquueess llaaiissssee àà ddééssiirreerr La sclérose de l'esprit aidant, l'escroquerie intellectuelle et le banditisme politique ne peuvent que prospérer et triompher. Plus on écoute nos hommes politiques, plus on constate, avec effarement, qu'ils ne lisent absolument rien. Leur niveau de culture générale laisse à désirer et va même en s'affaissant. Ils n'ont pas d'idées originales, et semblent plutôt se méfier de toute innovation pensante. En ce sens, l'histoire et la philosophie politique ne les intéressent pas et ne les attirent pas. Leurs réflexions, dans ces domaines, sont approximatives ou nébuleuses. Manifestement, la pensée est un exercice pénible pour eux et ils n’aiment pas penser. Ils détestent la contradiction et la contestation et ils sont vindicatifs, avec la rancune tenace. Ils adorent trop les louanges pour encaisser les critiques, sans souffrance, et les attaques, sans désir de vengeance. Dans l'ensemble, ils ne possèdent aucune éloquence personnelle. Ils improvisent, lamentablement, leurs discours, ou s'appliquent à les lire et à les débiter, d'une manière mécanique, sans aucune conviction oratoire. Leurs propos sont juste moyens et d'une rhétorique passe- partout. Les articulations peuvent véhiculer tous les sujets et s'adapter à n'importe quel auditoire. Tant les rythmes, les cadences et les intonations, sont les mêmes. C'est à pleurer de rires, bien souvent! Pau l Zah iri, Politologue, philosophe * Indignez-vous "Le motif de base de la résistance c'est l'indignation" (Stéphane Hessel). * MMaall ddee GGuueerrrree Tirs assourdissants traversant Le lourd sommeil de mon peuple dormant, Cris mélancoliques d'enfants disant adieu, Corps gisant dans la marre de sang, Les cloches de ta guerre ont sonné et moi j'ai mal. Une femme implore ton pardon; Hélas » ! Elle ne l'obtiendra jamais! Son mari est déjà atteint dans la poitrine. Son bébé coupé en deux. Car ta guerre a frappé et moi j'ai mal. Comme un tonnerre de désespoir, Ta guerre a grondé! Une pluie de sang a aussitôt inondé Plaines et montagnes. Tout vole aux éclats sous le crépitement des kalachnikovs. Car le vent de ta guerre a soufflé pour ravager mon peuple. Et moi j'ai mal. Mon peuple aux mains nues face à tes chars et obus! Succombant sous le poids des tirs sans raison, A part la raison du plus fort! Et moi j'ai mal car tu as tort. Ô Nostalgie des années colonialistes! L'écho de ton impartialité Me parvient en fanfare de criminalité, Comme pour, de toi, faire Une puissance meurtrière. Politique d'un ère impérialiste L'apologie du mensonge étant le noyau de ta force d'interposition, Comme pour, de toi, faire Une politique mensongère. Et moi j'ai mal. Insensible force dominatrice J'ai mal de toutes tes guerres d'horreur, Conduites par ton capitalisme sans honneur! Dictateurs et Africanistes des temps révolus! J'ai mal de toutes vos atrocités sans pitié, Qui génèrent veuves et orphelins. Pour ces familles brisées, Ces amputés et ces affamés, J'ai mal et puis j'ai mal... Rosalie Kouamé («Roska») Nota : Poème écrit en 2004 en hommage aux victimes tombées sous les balles de l'Armée Française en guerre contre la Côte d'Ivoire depuis le 19 Septembre 2002. Les 4, 5, 6 Novembre 2004, les soldats français ont ouvert le feu et ils ont tué près de 200 jeunes, dans le but de pouvoir renverser le Régime du Président Laurent Gbagbo. ** CCCEEE JJJOOOUUURRR---LLLÀÀÀ……… Une rubrique pour rappeler des faits historiques marquants. Envoyez- nous vos textes. LLee 1100 jjuuiilllleett 11994400 10 juillet 1940 - 10 juillet 2013! Voilà 73 ans qu'après avoir accepté l'armistice, devant l'Allemagne nazie, le Président du Conseil, Philippe Pétain se faisait attribuer les pleins pouvoirs à Vichy. Par une écrasante majorité de députés qui l'avaient bien suivi, soit 569 voix contre 80 et 17 abstentions. Ce vote marquait donc la fin juridique de la 3° République française. Qui sera abrogée au profit de "l'Etat français" ayant pour "Chef de l'Etat" le Maréchal Pétain. Il imposera une dictature administrative chargée d'appliquer les clauses léonines de l'armistice. Les français décimés, et la France sortie exsangue de la première guerre mondiale, ne s'estimèrent pas, du tout, capables, en majorité, de résister aux armées hitlériennes. Ils s'inclineront ainsi, de la manière la plus lamentable, devant cet état de fait avec leur pays coupé en deux. Seule une petite minorité refusera l'armistice, avec à sa tête le Sous- secrétaire à la Guerre, Charles De Gaulle, qui constituera à Londres le Gouvernement provisoire de la République française, après son fameux « appel du 18 juin ». C’est le premier discours prononcé par le
  19. 19. Le Filament magazine n° 31 juillet et août 2013 Email : lefilament@hotmail.com Page 19 général de Gaulle à la radio de Londres, sur les ondes de la BBC, le 18 juin 1940, dans lequel il appelle à ne pas cesser le combat contre l'Allemagne nazie et dans lequel il prédit la mondialisation de la guerre. Ce discours – très peu entendu sur le moment, mais publié dans la presse française le lendemain et diffusé par des radios étrangères – est considéré comme le texte fondateur de la Résistance française, dont il demeure le symbole. Paul Zahiri Merci de nous envoyer à publier vos textes. * LLLeeeçççooonnnsss dddeee vvviiieee (Des histoires vraies et inspirantes que vous saurez apprécier, des conseils simples et justes que chacun de nous devrait s'approprier dans sa vie). ~~~~ Aristide Gnaléhi * « Ce n'est pas en te plaignant sur facebook que les choses changeront. La résistance doit rentrer dans sa phase active sur le terrain... Réveillons nous! » (Lazare Koffi Koffi). * LLLiiibbbrrreeesss PPPrrrooopppooosss Cette rubrique est la vôtre. Elle vous est réservée pour vous exprimer. Librement. Pour vous prononcer sur les sujets d’actualité. Librement. Pour faire partager vos opinions et vos thèses... LLaa tteerrrree,, CCoommmmee ll’’êêttrree hhuummaaiinn,, nn’’aa ppaass ddee pprriixx Dans un commentaire sur Abidjan.net, Monsieur Ali Aladji Gbingnin a affirmé que les terres que ses parents d’origine étrangère occupent aujourd’hui sont des biens qu’ils ont achetés aux autochtones. A cela, j’aimerais demander à Monsieur Ali Aladji Gbingnin : combien vos parents ont-ils acheté ces terres ? Savez-vous que la terre, comme l’être humain n’a pas de prix ? Savez-vous que la dot n’est pas le prix que vaut un être humain ? Savez-vous que la dot ne vous fait pas propriétaire d’une femme, même si elle vous donne certains droits, comme par exemple : la garder à votre domicile, coucher avec elle pour faire des enfants (« rentabilité »), lui faire exécuter certains travaux pour subvenir aux besoins de la famille, etc. Monsieur Ali Aladji Gbingnin, tel est aussi le cas de la terre. On a des droits sur une terre, parce qu’on a payé une certaine somme pour l’acquérir, mais on ne devient pas propriétaire de cette terre qui est un « legs », c’est-à- dire un patrimoine, un héritage. C’est pourquoi les milliardaires Saoudiens ou autres, quelle que soit leur fortune, ne pourront jamais acheter, ni la France, ni la Côte d’Ivoire, ni le Brésil, ni l’Angleterre, ni le Burkina Faso, etc. Vous comprenez. Monsieur Ali Aladji Gbingnin, nos parents ont accueilli, GÉNÉREUSEMENT, en toute hospitalité, vos parents sur nos terres que nos ancêtres nous ont léguées. Nos parents ont cédé, à vos parents, des terres cultivables non cultivées pour qu’ils puissent y bâtir leurs maisons, des commerces, des ateliers, pour qu’ils puissent y travailler et avoir des ressources pour ne pas mourir de faim, pour améliorer leur bien-être et devenir ce qu’ils n’étaient pas dans leurs régions ou pays d’origine. A mon avis, cela mérite de la part de vos parents et de vous- même de la reconnaissance à nos parents. Mais voilà. Au lieu de dire MERCI à nos parents, votre ingratitude vous excite et vous incite à insulter nos parents, en les traitant de « fainéants » qui ont vendu leurs terres et qui passent leurs temps à jouer au damier ou au ludo ; en les traitant d’« individus de mauvaise foi » qui, sans honte aucune, vendent leurs terres et viennent ensuite les réclamer ; en les traitant de « gens hypocrites » qui veulent récupérer leurs terres, de force, après que les acheteurs (càd vos parents) les aient rendues rentables. Dites-moi, Monsieur Ali Aladji Gbingnin, comment vos parents ont- ils rendu ces terres rentables ? nos parents sont-ils devenus fainéants depuis l’arrivée de vos parents et comment peut-on expliquer que des paresseux qui passent leurs temps à jouer au damier aient pu avoir assez de moyens financiers pour se bâtir de belles maisons, pour avoir de grandes plantations de café et cacao, pour scolariser leurs enfants qui comptent parmi l’élite de notre pays? Monsieur Ali Aladji Gbingnin, continuez à vociférer, à cracher dans la soupe. Continuez à refuser de reconnaître que l’accueil réservé à vos parents est insignifiant. Continuez à proclamer que l’hospitalité de nos parents à vos parents ne vaut pas que vous nous exprimiez votre gratitude, au regard des sommes colossales que vous parents ont payées pour acheter les terres qu’ils occupent. Merci beaucoup. Léandre Sahiri. * *
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