Crise  les craquements se precisent
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Crise les craquements se precisent

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1-Crise économique. Et si c'était encore plus grave ? ...

1-Crise économique. Et si c'était encore plus grave ?
2-Repenser notre modèle socio-économique
3-Les craquements se précisent
4-La mondialisation de la finance a connu un coup d'arrêt
5-La cocaïne, coupable caché de la crise financière
6-Saviano : la mafia au service de la finance mondiale

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    Crise  les craquements se precisent Crise les craquements se precisent Document Transcript

    • 1-Crise économique. Et si cétait encore plus grave ?2-Repenser notre modèle socio-économique3-Les craquements se précisent4-La mondialisation de la finance a connu un coup darrêt5-La cocaïne, coupable caché de la crise financière6-Saviano : la mafia au service de la finance mondiale-------------------1-Crise économique. Et si cétait encore plus grave ?Bruno Colmant, 21 avril 2013Depuis le début de la crise de la dette étatique, dont les premiers chocs se sont faitentendre en 2009, je suis convaincu que la solution en sera monétaire. Il s’agirait doncd’augmenter l’offre de monnaie afin d’en diminuer le pouvoir d’achat au travers del’inflation.Cette conviction est intacte. Elle ne relève pas de la futurologie de l’économie mais des choixde politiques.
    • Je ne dis pas qu’il y aura une augmentation d’inflation : j’invoque l’inflation comme unesolution à la crise de l’endettement public. Cette intuition découle du fait que le stock dedettes publiques, dont le remboursement ordonné est improbable, correspond à undéplacement d’épargne, donc à un stock de monnaie. Toute dépréciation des dettespubliques ira de pair avec une déperdition de la valeur de la monnaie, tel qu’on a pul’observer au travers du défaut grec ou de la confiscation des dépôts bancaires chypriotes.On étudiera aussi certainement des consolidations ou des rééchelonnements de dettes dansles pays du Sud de l’Europe alors que le contrôle du secteur bancaire par le secteur publics’est renforcé. L’inflation est une solution monétaire moins brutale, en ce qu’elle diluel’ajustement économique dans le temps, pourvu que ses effets soient absorbés par lesagents économiques avec justice sociale. Au reste, l’inflation ne rend personne plus riche :elle déplace latéralement, du créancier vers le débiteur (essentiellement public, c’est-à-direles agents économiques composant la majorité de la population), la charge de l’endettementpassé.C’est ainsi que l’inflation est un facteur de rééquilibrage générationnel et social desrichesses. Le problème, c’est que l’inflation ne semble pas s’amorcer malgré les gigantesquesflots de création monétaire dont les banques centrales ont ouvert les vannes. Il semblemême qu’elle baisse au rythme de cette même création monétaire, entraînant l’or et lesmatières premières dans son repli.Nous serions alors enferrés dans le piège de la liquidité de Keynes, c’est-à-dire unecirconstance au sein de laquelle la monnaie est conservée sous forme d’encaisses plutôtqu’utilisée dans des projets d’investissement ou de consommation.Ce serait alors la déflation, cest-à-dire la baisse des prix et de lactivité économique. Si lacréation monétaire est inopérante, alors, c’est grave. C’est même tragique, car cela signifieque le monde s’enfonce peut-être dans une longue récession que j’avais pressentie au débutde cette année, en comparant l’année 2013 à 1933.En d’autres termes, l’absence d’inflation équivaudrait à une lente consumation del’économie productive.Comment sortirions-nous de cette zone économique stérile ? Sans doute au travers d’unepoursuite de l’étatisation de l’économie, c’est-à-dire d’une poursuite de l’augmentation desdettes publiques et de son refinancement par les autorités monétaires. L’absence d’inflationconduirait aussi à accélérer la mise en œuvre des actions politiques (déficit budgétaire etcréation monétaire) qui devraient susciter cette même inflation. Mon intuition est doncindemne : l’inflation est un moindre mal. Si elle ne se déclenche pas, il faudrait encore plusde création monétaire pour s’extraire d’un piège de la liquidité et d’une éventuelle déflation.En d’autres termes, l’absence d’inflation devrait exiger la création monétaire … afin desusciter de l’inflation.Un scénario inverse, fondé sur une monnaie forte dans une économie dépourvue d’inflation,conduirait à des chocs politiques et sociaux dont l’histoire nous a enseigné les méfaits. Ceuxqui, aujourd’hui, prônent la rigueur budgétaire et monétaire seraient bien inspirés d’étudierla séquence des événements économiques des années trente. Il faut bien comprendre unélément important : l’absence de solution monétaire à la crise conduit immanquablement à
    • de nouvelles formulations sociales, dont le spectre s’étend du meilleur au pire.L’immobilisme monétaire ou l’attentisme budgétaire constituent des capitulations socio-économiques.2-Repenser notre modèle socio-économique11 avril 2013Le rôle de léconomiste nest pas de mesurer la distance parcourue par la corde à nœuds,mais plutôt, telle une vigie, de monter sur un mât et de sastreindre à lexercice de visiondes scénarios de futurs.Quimporte, finalement, quil ne se souvienne de rien. Ses yeux fatigués par limmensité desfuturs confondent parfois les terres et les mers. Son intuition est son seul guide. La seulequestion qui se pose est de déceler les aboutissements plausibles dune crise dont la finitudeest indécise. Mon intuition est que nous courons, les yeux ouverts, vers un ampleajustement socio-économique. Je nen connais pas le foyer de déflagration, ni londe dedestruction. Cest tout un modèle qui montre sa fin : celui de lEtat-providence, devenu uninstrument de déresponsabilisation personnelle et collective. Cet État-providence, né enFrance sous la deuxième République, en Allemagne sous lEmpire bismarckien et enAngleterre dans la ldoctrine de Beveridge, repose sur la croissance économique et latolérance de son financement. Il est donc capable damortir des chocs conjoncturels, maispas de triompher des inversions structurelles.
    • Trop dEtat, trop de providence. Trop dEtat-providence.Ce qui est navrant, cest que la finitude de notre Etat-providence aura été consommée parune crise quil aurait dû aider à surmonter. Sous cet angle, la crise économique engage laquestion existentielle de notre modèle. Elle est systémique. Les sources de la dérive sontanciennes : la construction dun modèle dEtat social qui na pas survécu à la plongée dansléconomie tertiaire, le maintien dun tropisme local contraire à la plongée dans lamondialisation et un manque de vision collective, conjugués à la perte de certainescontraintes morales associées à la vie en communauté.Face à ces funestes réalités, la réponse à la crise économique me semble relever dunetrajectoire ambiguë. En effet, la crise de lendettement conduit à empêcher toute politiquede relance étatique et à faire suffoquer la croissance sous une austérité qui alimente lechômage. On applique donc un multiplicateur budgétaire négatif à la croissance, ainsi que leFMI l’a récemment admis. En dautres temps, les Etats auraient dévalué leurs monnaies (aureste, peut-être de manière chaotique) afin dajuster le maintien des patrimoines à lafaiblesse de léconomie productive. Malheureusement, les contraintes de leuro nouscoupent cette voie.Alors que va-t-il se passer ? De nombreux responsables politiques sattendent à uneinéluctable tempête sociale et à des marchés financiers qui se déchaînent. Mais après ? Amon sens, il faut, de manière constructive, mettre en œuvre plusieurs chantiers qui relèventde la morale commune.1.Le plus important est celui de la vérité des chiffres. Il est impossible dalimenter le déni duréel, dont nous semblons tous découplés. Il faut, par exemple, comprendre que la dettepublique nous est consubstantielle. Elle nest pas un facteur étranger à nos réalitésfinancières individuelles. La dette publique, cest la nôtre. Elle sengouffre dans notreéquation fiscale.2.Il faut diminuer à tout prix, de manière structurelle, le poids de lEtat dansléconomie. Ce dernier brasse déjà plus de la moitié de la richesse nationale. Cettenécessaire baisse du poids de lEtat me semble constituer la contrepartie indispensable à ceque je pressens être un glissement naturel vers létatisation.3.Il faut sortir des clivages traditionnels et repenser un contrat fiscal et social. Cest à ceniveau que les tensions seront les plus fortes : le travail voudra faire payer le capital par unecapture des patrimoines et une dépréciation de lépargne, tandis que le capital voudramaintenir son rendement à travers une absorption de la crise par le chômage.Tout le monde aura raison et tort. Il faudra prendre de la hauteur.3-Les craquements se précisentlundi 22 avril 2013 Bruno bertezLes signes de transition d’une phase du système global à une autre se multiplient.
    • Dans notre dernier article sur la chute de l’or, nous avons évoqué la possibilité et laprobabilité assez fortes d’un changement en cours dans le paysage économique et financiermondial. La cassure sur l’or nous paraît suffisamment importante pour témoigner d’autrechose que d’un phénomène de marché. Si la monnaie mondiale réelle, la vraie, pas le dollar,mais l’or, chute, cela veut forcément dire quelque chose au sujet de l’état de l’économieréelle. Ce diagnostic est confirmé par la rupture en cours de nombreuses corrélations.L’une de nos hypothèses est que nous sommes dans une phase de transition. Transitiond’une phase du système global à une autre. Les signes, en dehors du comportement dumarché de l’or, se multiplient. Ainsi le pétrole décroche fortement et l’on commence àparler de réunion de l’OPEP pour soutenir les prix. Ainsi les matières premières accélèrentleur baisse. Le cuivre en particulier, et vous savez qu’il constitue un indicateur avancé, paraitbien malade pour un docteur. Vous savez qu’en langage financier, le cuivre est souventappelé Docteur Copper. Le Docteur vient de connaître sa plus forte baisse depuis 18 mois, ilest sur le seuil des 20% de baisse, seuil qui ouvre la porte à ce que l’on appelle un marchéprimaire baissier.
    • Et puis, il y a d’autres chutes aussi symboliques que celle de l’or. Il y a Apple par exemple quipasse sous les 400 dollars. Il y a la bourse allemande qui fait un flash crash inquiétant. EnChine, les mini-krachs localisés sur le crédit se multiplient. La mécanique financière desprovinces se grippe. Tout cela constitue certes de petits phénomènes qui ont chacun leurexplication, mais qui mettent la puce à l’oreille. Cette accumulation constitue une sorte decraquement dans l’édifice. De multitudes petites fissures se dessinent, se multiplient,apparemment sans relation entre elles. Et pourtant, elles en ont une qui ne se manifesterapeut-être que plus tard: elles fragilisent la construction.
    • L’une des hypothèses qu’il est possible d’émettre est que ce que nous voyons passer, c’est leretour subreptice des forces déflationnistes. Le taux de rendement du 10 ans US redescendvers les plus bas, la performance du 10 ans non indexé redevient meilleure que celle desTIPS, les emprunts garantis sur l’inflation. L’inflation, même si elle est trafiquée, a tout demême une valeur comparative et la tendance ne trompe guère. On revient maintenant plusprès de 1,5% que des 2% qui avaient prédominé jusqu’alors. Autre signe qui est passé quasiinaperçu en raison des plus hauts enregistrés sur les indices boursiers, dans le denier rally, cesont les valeurs défensives qui ont sur-performé au détriment des valeurs dynamiques. Toutceci était la thèse d’un retour à la prédominance du risk-off.
    • La reprise de l’immobilier logement et de la construction aux Etats-Unis, la bonne tenue del’automobile, ces deux éléments distordent peut-être la réalité de la conjoncture américaine.Depuis le début d’année, le sentiment dominant est que la reprise s’enclenche et qu’elle ades jambes solides grâce à la construction. Il s’agit peut-être d’une apparence trompeuse. Lehousing et la construction pourraient en effet être considérés, non pas comme un élémentde la conjoncture, mais comme un élément de la politique de la FED. Sa meilleure tenueserait à ranger dans la même catégorie que la bonne tenue des autres assets, elle serait doncà interpréter comme une tentative de s’opposer au retour de la déflation plutôt que commele résultat positif des mesures de relance. Un récent article a développé l’idée que l’on utilisele regonflement des prix de l’immobilier pour s’opposer à la déflation de la même façon quel’on souffle dans le prix des autres assets. L’immobilier locatif remonte, mais ce n’est pas unerésultante, c’est une manipulation gigantesque. Ce jour, nous apprenons que Calpers, lagrande institution californienne, vient d’acheter d’un coup de crayon pour 400 millions dedollars dans Manhattan.
    • Ce qui nous incite à retracer le cadre déflationniste, c’est la tendance détestable de laconsommation américaine et des ventes au détail. L’interprétation reste à vérifier mais onpeut imaginer que la bonne tenue du secteur automobile, le regain du housing, la hausse desloyers, tout cela détourne du pouvoir d’achat, ponctionne le disponible des ménagesaméricains et finalement, au lieu de soutenir la conjoncture, se traduit par unalourdissement des tendances déflationnistes. En quelque sorte, ce qui est mobilisé etdétourné au profit du housing et de l’automobile, au lieu de s’ajouter la capacité deconsommation viendrait la réduire.
    • Le FMI vient de réviser en baisse ses perspectives pour l’économie mondiale.Jusqu’à présent, le ralentissement de la conjoncture globale semblait pouvoir êtrepartiellement compensé par le regain américain. On aurait eu une sorte dedésynchronisation. C’est peut-être cet espoir qui est en train de disparaître.4-La mondialisation de la finance a connu un coup darrêt28/02/2013Selon une étude du cabinet McKinsey Global Institute, la croissance de la valeur des actifsfinanciers sest fortement ralentie, et les flux transfrontaliers se sont effondrés.La crise financière aurait-elle mis fin à la mondialisation de la finance ? Selon une étude deMcKinsey Global Institute (MGI), cette dernière se développe bien moins lentement depuisle début de la crise. Ainsi, McKinsey évalue à 225.000 milliards de dollars, en 2012, la valeurcumulée des actifs financiers mondiaux : actions, obligations dEtats, dentreprises oufinancières, prêts titrisés ou non titrisés.Depuis 2007, la croissance annuelle de cette valeur est de 1,9%. Entre 1990 et 2007, elleétait de 7,9%. "Il est frappant de constater que ce ralentissement concerne aussi bien leséconomies matures en phase de désendettement que les économies émergentes", constatele MGI.
    • Corrections des bullesLes actions sont les plus touchées par cette chute en valeur des actifs : alors quellesconnaissaient une croissance annuelle de 8% en moyenne entre 2000 et 2007, elles baissentdésormais de 5,5% en moyenne par an. Les prêts titrisés sont passé dune croissanceannuelle moyenne de 15,9% à une lente baisse de -0,7%."Certaines de ces évolutions constituent des corrections par rapport aux excès ayantentraîné le gonflement de bulles, commente McKinsey, néanmoins, dautres évolutionsauraient des conséquences néfastes pour linvestissement privé et les perspectives decroissance à long terme".Chute des flux transfrontaliersEn plus de cette lente croissance de la valeur des actifs, le MGI a constaté une chute de 61%des flux de capitaux entre différents pays. De 11.800 milliards de dollars sur lannée 2007, ilsdevraient sélever à 4.600 milliards de dollars en 2012 selon leurs estimations. "LEuropecompte pour 70% de ce reflux", relate le cabinet qui ajoute : "ce sont les banques centralesqui alimentent 50 % des flux financiers transfrontaliers au sein de la zone Euro".Au niveau mondial, les banques, confrontées aux nouvelles exigences de fonds propres, sesont repliées sur leurs marchés géographiques ou sur leurs lignes de métier prioritaires.Croissance des flux dans les pays émergentsSi les pays émergents ont vu leurs marchés financiers cesser de se développer depuis 2008,létude met en avant le fait que les flux de capitaux entrants ou sortants dans ces pays ont"significativement rebondi", "dépassant leur point culminant pré-crise dans de nombreuxpays émergents".Selon le rapport, deux scenarios se profilent désormais. Le premier décrit un système basésur la formation de capital essentiellement à léchelle domestique. Le second prévoit undéveloppement plus soutenable des marchés financiers et de leur développementinternational.5-La cocaïne, coupable caché de la crise financièreGeraint Anderson 19 avril 2013Des décisions insensées prises en plein délire mégalomane causé par la drogue. La cocaïne,dont raffolent certains banquiers et traders, serait, elle aussi, responsable de la crisefinancière, avance un ancien analyste financier.
    • "Wall Street a pris une cuite" : voilà comment George W. Bush avait commenté, avec sonstyle incisif, lirruption de la crise financière en juillet 2008. Deux ans plus tard, le gouverneurde la Banque dAngleterre, Mervyn King, déclarait que "le rôle dune banque centrale enmatière de politique monétaire [était] de cacher l’alcool lorsque la fête bat son plein". (Cequi, a-t-il convenu, n’avait pas été fait.)Mais peut-être ne faut-il pas incriminer lalcool. Selon les déclarations du très controverséDavid Nutt, spécialiste en toxicomanie au Sunday Times, ce sont les banquiers cocaïnomanesavec leur "culture de lexcitation perpétuelle qui les conduit à en vouloir toujours plus (...)qui nous ont mis dans ce pétrin". Je suis assez daccord. La cocaïne (j’en sais quelque chose)est une substance qui vous plonge dans un état dexubérance excessif et vous conduit àparler avec beaucoup de conviction de choses dont vous ignorez tout.Aujourdhui, tout le monde admet qu’une bulle du crédit s’est formée au milieu des années2000, et qu’elle était la conséquence directe de ce qu’Alan Greenspan, ancien président dela Réserve fédérale (Fed), qualifiait d"exubérance irrationnelle". On pourrait égalementavancer quil était sans doute plus facile pour les traders de vendre ces armes de destructionmassive quétaient ces produits financiers absurdement complexes après avoir pris desexcitants capables de décupler leur assurance. En outre, seuls des bouffons ravagés par lacocaïne pouvaient acheter des milliards de dollars de titres adossés à des créditshypothécaires dont il était évident quils allaient exploser en même temps que la bulleimmobilière.Un ou dix rails chaque soir
    • Jai vu pas mal de nez renifleurs et de mâchoires contractées dans les bars de la City [àLondres], le jeudi. Et au cours de mes douze années de carrière dans la banque, jai souvententendu des jeunes gens débiter des sornettes avec un aplomb stupéfiant. On racontaitaussi beaucoup dhistoires sur ces pointures de la finance, à New York, qui s’enfilaient un oudix rails chaque soir.Le bureau de [l’escroc] "Bernie" Madoff avait apparemment été surnommé "le pôleNord" en référence aux quantités gargantuesques de "neige" que l’on pouvait y trouver. Et ilétait de notoriété publique que lancien PDG de la banque Bear Stearns, Jimmy Cayne, avaitun flacon de médicament destiné à calmer ses aigreurs destomac qui était en réalité remplide cocaïne.Des décisions irrationnelles inspirées par la mégalomanieSelon le docteur Chris Luke, un spécialiste des urgences à lhôpital universitaire de Cork, enIrlande, qui a étudié les effets de la cocaïne sur les banquiers, "certaines personnalités envue dans les cercles politique et financier ont pris des décisions irrationnelles inspirées par lamégalomanie que provoque la cocaïne. (...) Les gens prenaient des décisions insensées enpensant avoir raison à 110 %, ce qui nous a conduits au chaos actuel."La cupidité, légoïsme, l’ignorance et la détermination impitoyable ont également compté,mais je pense quil serait stupide de ne pas voir le rôle joué par la cocaïne dans la création decette bulle spéculative. Cet instinct grégaire, qui redouble en période d’incertitude,sexplique mieux quand on prend en compte linsécurité permanente et le manque dediscernement qui accompagnent la consommation de cocaïne.Mais cette histoire navrante se termine bien. Daprès mes anciens collègues et clients quitravaillent toujours à la City, la plupart des traders ne se risquent plus à sniffer de lacolombienne. Les banquiers samusent sans doute moins, mais cela ne peut conduire qu’àun système financier plus mesuré et plus raisonnable.6-Saviano : la mafia au service de la finance mondiale27 août 2012A la demande du New York Times, lécrivain et journaliste italien Roberto Saviano aenquêté sur les rapports entre le crime organisé et la crise mondiale. Deux articles, publiéssimultanément le 27 août dans le New York Times et dans La Repubblica, rendent comptede son travail sous les titres : "Où la mafia dissimule-t-elle son argent ?" (pour le New YorkTimes) ; "Le crime organisé patron de la finance" (pour La Repubblica).
    • Roberto Saviano: journaliste italien, auteur de Gomorra, best-seller qui évoque lessor de la Camorra,la mafia napolitaine."Les capitaux du crime organisé tirent profit de la crise économique européenne et plusgénéralement de la crise économique de lOccident pour infiltrer léconomie légale", affirmeSaviano dans La Repubblica, qui montre aussi comment la finance mondiale a tiré etcontinue à tirer profit de largent du crime organisé. Comme laffirmait déjà en 2009 AntonioMaria Costa, alors directeur exécutif de lOffice des Nations unies contre la drogue et lecrime, les capitaux du crime organisé ont été la principale source de liquidités pour lesbanques américaines au moment de la crise financière de 2008."Ainsi les prêts interbancaires ont-ils commencé à être systématiquement financés par delargent provenant du trafic de drogue et dautres activités illicites", écrit Roberto Saviano.Léconomie mondiale est donc dopée par les fonds du crime organisé. Cette dépendance des
    • banques vis-à-vis de largent de la mafia explique pourquoi "dans de nombreux paysoccidentaux, la lutte contre le trafic de drogues se fait à reculons, surtout en temps de crise,quand la liquidité monétaire est vue comme une oasis dans le désert", suggère lécrivain.