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50 ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba
 

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50 ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba : un combat politique à méditer
Par Edgard Kiganga Siroko - Avocat
Le 17 janvier 1961, cinquante ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, sept mois à peine après l’accession du Congo ex-Léopoldville à l’autonomie juridique, qualifiée de « souveraineté internationale
», l'ancien Premier ministre de cet Etat, conserve une place à part, en tant que puissant symbole de la volonté d’émancipation des peuples anciennement sous domination coloniale.

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    50 ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba 50 ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba Document Transcript

    • 50 ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba : un combat politique à méditerPar Edgard Kiganga Siroko - AvocatLe 17 janvier 1961, cinquante ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, sept mois à peine aprèsl’accession du Congo ex-Léopoldville à l’autonomie juridique, qualifiée de « souveraineté internationale», lancien Premier ministre de cet Etat, conserve une place à part, en tant que puissant symbole de lavolonté d’émancipation des peuples anciennement sous domination coloniale.Tout le monde connaît ces images de janvier 1961 de Patrice Lumumba, et deux de ses ministres JosephOkito et Maurice Mpolo, les mains liées dans le dos, brutalisés par des soldats congolais exécutant desordres illégaux.Les trois responsables politiques, destitués par un coup d’Etat militaire, ourdi avec l’assistance du pouvoircolonial belge, le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique du Nord et autres Etats européens influents duConseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies, furent assassinés par balles, sans le moindreprocès, et jetés dans une fosse commune.Craignant que du fait de la popularité de Patrice Lumumba, son lieu d’inhumation fasse l’objet de"pèlerinages " de nature à inciter à la poursuite de son combat politique, quelques jours plus tard, lessuppliciés furent sortis de terre , découpés en morceaux à l’aide d’une scie, et dissous à l’acidesulfurique…Ces crimes sont laboutissement dune longue crise liée à la tentative d’émancipation du Congo ex-Léopoldville du joug colonial belge et des menées des Etats-Unis d‘Amérique du Nord dans cet Etat.Il y a une dizaine d’ années , un documentaire d’une télévision belge a donné à voir un des exécutantsmontrer tranquillement les restes de quelques dents de Patrice Emery Lumumba, sans qu’il ne soitinquiété…Aucune justification ne saurait soustraire de leurs responsabilités les gouvernements des Etats,prétendument les plus avancés dans la pratique démocratique, des crimes commis au prix de violationstrès graves des principes de la Déclaration universelle des droits de lHomme de l’Assemblée générale del’ONU du 10 décembre 1948, et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, règle du droit internationalfixée à l’article 1 §2 et l’article 55 de la Charte des Nations Unies, ainsi que de la résolution 1514 (XV),adoptée le 14 décembre 1960 qui précisent que « tous les peuples ont le droit de libre détermination ;[…]Toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l’unité nationale et l’intégrité territorialed’un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies. »Que dire alors des justifications actuelles des mêmes Etats sur le soutien à de pires dictatures qui broientimpitoyablement leurs populations, au prétexte de contenir, hier “l’expansionnisme soviétique”, etaujourd’hui les risques de radicalisation islamiste, avec les dégâts que l’on connaît sur les libertéspubliques fondamentales dans les Etats dits en développement, notamment en Afrique ou dans le mondearabo-musulman ?Les conséquences de l’ assassinat de Patrice Emery Lumumba restent d’une brulante actualité dans lesrégions du monde, où le rôle du Conseil de Sécurité de l’ONU dans le traitement de certaines situations decrise est souvent décrié (Côte d’Ivoire), la pauvreté des populations s’est aggravée et l’expressiondémocratique, systématiquement étranglée et réprimée, bien que des éclaircies, trop rares pour être
    • saluées, sont venues récemment des populations en Tunisie et peut-être bientôt avec succès en Egypte, enespérant d’autres réveils salutaires en Afrique centrale.Patrice Emery Lumumba aura incarné le courage et la volonté d‘émancipation de son peuple, avec le plusdéclat parmi les leaders de sa génération ; cependant, des interrogations sont de mise.Les forces politiques de Patrice Emery Lumumba étaient-elles préparées pour relever le défi de la luttede libération de la sujétion coloniale ?Ce combat, circonscrit dans des frontières établies subjectivement au dix-neuvième siècle pour le partagedu continent africain, pouvait-il aboutir favorablement ?LUnion Soviétique voulait elle vraiment aider le gouvernement de Patrice Lumumba dans le sens de lalibération nationale ?1. Le contexte.En 1885, le roi de Belges Léopold II obtient à la Conférence de Berlin la création pour son profitpersonnel d’un État prétendument dénommé Etat « indépendant » du Congo, qui est en réalité unecolonie.Les événements en Indochine sanctionnés par la défaite de l’armée française dans une lutte de libérationnationale en 1954, ceux de Sétif marquant le début de la guerre d’Algérie, et la répression despopulations à Madagascar ont un large écho dans les autres pays colonisés.Bien que contraints de précipiter le processus, le pouvoir colonial belge, ainsi que les puissants intérêtsfinanciers comme la Société Générale de Belgique qui par l’entremise de l’Union minière du HautKatanga gérait l’exploitation des importantes ressources minières du Congo, travaillent à installer desdirigeants qui leur soient favorables, en s’inspirant des « indépendances » des ex- colonies françaises duCameroun, Sénégal, Togo...Pour les Etats-Unis, le contrôle des innombrables ressources minières du Congo dont l’extraction estsouvent la plus élevé du monde (uranium 50 %, cobalt 75 %, étain, diamants industriels 70 %, zinc,cuivre, or, manganèse, etc) est d’une importance stratégique majeure ; on se rappelle que luranium duCongo a servi dans la fabrication de la première bombe atomique.2. Parcours politique.Patrice Emery Lumumba est né le 2 juillet 1925 à Onalua, village situé en pays batétéla, au centre duCongo ex- Léopoldville, il est un des fils d’un paysan qui cultive du coton.En octobre 1958, Patrice Lumumba crée avec Joseph Iléo, Cyrille Adoula le Mouvement NationalCongolais, parti proche de la mouvance catholique et social-démocrate en Belgique.Au scrutin national pour l’élection des parlementaires, le MNC de Patrice Lumumba obtient le plus grandnombre de sièges ; désigné Premier ministre par les parlementaires, il constitue en juin 1960, le premiergouvernement congolais.Aux cérémonies de « l’indépendance » du 30 juin 1960, auxquelles est d’ailleurs est convié l’ AbbéFulbert Youlou du Congo dit « Brazzaville », le roi Baudouin de Belgique, prononce un discours quimagnifie le rôle colonisateur de son pays et de son oncle le roi Léopold II, déclarant que l’indépendancedu Congo était "le couronnement de l’œuvre conçue par le génie du roi Léopold II". (…) Il ne sest pasprésenté à vous en conquérant, mais en civilisateur. "
    • Pendant l’allocution du roi Baudoin , Patrice Emery Lumumba met encore la dernière main au discoursqu’il entend prononcer alors que le protocole n’avait pas prévu qu’il prenne la parole.Puis, bousculant le protocole et ignorant le roi belge, Patrice Lumumba se dirige vers le micro et s’adressedirectement aux Congolais .Africains, femmes et hommes épris de liberté, écoutez et remémorez-vous le verbe digne, la voixcourageuse de Patrice Emery Lumumba !« Congolais et Congolaises, Combattants de la liberté, aujourdhui victorieux, je vous salue au nom dugouvernement congolais.(…)Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusquau plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable, pour mettre fin à lhumiliant esclavagequi nous était imposé par la force. (…)Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses;exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même.Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetésceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime dinjustice, doppression et dexploitation ?(…)Le roi des Belges et les autorités coloniales prirent ombrage de ce qui constituait pour eux un crime delèse-majesté. Cependant, Patrice Lumumba ne faisait quexposer la vérité des faits historiques.Le roi Léopold II de Belgique avait mené l’exploitation du Congo au prix d’une répression inouïe , et avaiteut recours à un véritable système d’esclavage par le travail forcé et par la terreur, les colons commettantdes actes de torture avec mutilations atroces ( mains coupées) pour contraindre les populations du Congoau travail...Qui peut sérieusement douter que le colonialisme avait pour objectif primordial la recherche du profit,même si il s’est toujours servi de paravents humanistes relatifs à une « mission civilisatrice » ?Malheureusement des gouvernements en Afrique commettent de véritables fautes contre l’Histoire, enélevant des mausolées en écho aux propos du roi Baudouin , en n’accordant même pas l’aumône d’uneconsidération , par la préférence donnée aux colons, à des hommes qui font encore la dignité du combatpour la liberté , à l’instar de Toussaint Louverture , Simon Bolivar , Jose Marti , Marcus Garvey , Gandhi ,Martin Luther King , Samory Touré , Boueta Mbongo , Mabiala Ma Nganga , André Grenard Matsoua ,Simon Kimbangou , Barthélémy Boganda , Ruben Um Nyobé , Albert John Luthuli , Félix Moumié ,Ernest Ouandié , Ossende Afana , Amilcar Cabral , Edouardo Mondlane , Kwame Nkrumah et autresPatrice Emery Lumumba.Pour ces gouvernements, l œuvre coloniale, notamment française dans certaines contrées en Afrique, seserait significativement démarquée de celle des Belges au Congo, par sa mission exclusivement humanisteet civilisatrice, au motif que quelques protestions avaient été élevées contre les agissements descompagnies concessionnaires.Est-il besoin de rappeler que les exploiteurs des compagnies concessionnaires dont c’était précisément lamission, connue de tous à l’époque, avaient pris pied en Afrique dans le sillage des « explorateurs » quidéjà avaient pénétré en Afrique par effraction, sans aucun titre historique, ni juridique pour y circuler ouséjourner, comme lEurope lexige maintenant aux lointains descendants des Africains jadis "explorés" ?
    • 3 . Le coup d’Etat contre le gouvernement de Patrice Lumumba.Deux semaines après l’indépendance, des troubles apparaissent au sein de l’armée du nouvel Etatessentiellement tenue par des officiers belges et, profitant de la situation, le pouvoir colonial belge,favorise la sécession de la riche province minière du Katanga, qui est « protégée » par des troupes venusde Belgique et des mercenaires, pour certains français.Désemparé, Patrice Lumumba croit devoir demander l’aide de l’ONU pour l’envoi des casques bleus afinde restaurer l’intégrité territoire du Congo, sous peine de solliciter l’aide de l’Union Soviétique…Le bouclier onusien attendu allait se transformer en glaive !En faisant pression sur la mission de l’ONU au Congo, le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique duNord, de la France et celui de la Belgique poussent les casques bleus à violer le mandat défini dans lesrésolutions du 14 et du 22 juillet 1960 du Conseil de sécurité, qui avait pour objectif de mettre un terme àla sécession du Katanga et de rétablir la légalité constitutionnelle du Congo.En désespoir de cause, Patrice Lumumba se tourne vers lUnion Soviétique et obtient un soutien logistiqueeffectif, sous forme de mise à disposition d avions et des véhicules pour transporter les troupescongolaises loyalistes.Pour le camp dit "occidental", c’est le casus belli : Joseph Kasa-Vubu, Président de la République à lafonction essentiellement honorifique, déclare le Parlement dissous, et démet Patrice Lumumba de sesfonctions de Premier ministre et de ministre de la Défense.Patrice Lumumba destitue à son tour Joseph Kasa-Vubu de ses fonctions; c’est l’impasse juridique avecdeux légitimités qui s’affirment… Rien de nouveau sous le soleil en Afrique au regard de la situationactuelle en Côte dIvoire !Le 14 septembre 1960, Joseph Kasa-Vubu nomme Joseph-Désiré Mobutu commandant en chef de larmée,qui le même jour exécute un coup dEtat militaire.Illégalement destitué, privé de visa pour les Etats-Unis, Patrice Lumumba ne peut participer aux débatssur la représentation du Congo à lAssemblée générale de l’ONU, qui est revendiquée en même temps parson gouvernement et celui de Kasa-Vubu.Du fait d’importantes pressions des Etats influents du Conseil de Sécurité, les votes de la plupart des paysinitialement en faveur de Patrice Lumumba se reportent sur le gouvernement issu du coup d’Etat militaire; cette délégation est reconnue représentation légale du Congo...En octobre 1960, Mobutu tente de faire capturer Patrice Lumumba à son domicile ; mais Lumumba estprotégé par les soldats africains de la mission de lONU au Congo à qui est lancé un ultimatum pour qu’ilsoit remis à larmée dirigée par Mobutu.Après s’être joué de la surveillance autour de lui, Patrice Lumumba tente le 27 novembre 1960 de serendre Stanleyville (actuellement Kisangani) pour réinstaller son gouvernement au pouvoir, mais il estarrêté en décembre 1960 .Sur cette période Patrice Lumumba dira : "Certains ont voulu utiliser lONU, soi-disant pour placer leCongo sous le statut international. Le Congo ne deviendra jamais une colonie de lONU et ne sera jamais
    • un pays sous la tutelle de lONU. Et nous renonçons à toute assistance de lONU. Ceux qui croyaientsintroduire encore au Congo sous le couvert de lONU ne vont plus entrer."4. Réflexions.Cinquante ans après son assassinat, le discours de Patrice Lumumba est malheureusement toujoursd’actualité pour bon nombre dAfricains et de défenseurs de la liberté dans le monde: « (…)Les puissancesqui nous combattent ou qui combattent mon gouvernement, sous le prétexte fallacieux danticommunisme,cachent en réalité leurs véritables intentions.Ces puissances européennes ne veulent avoir de sympathies que pour des dirigeants africains qui sont àleur remorque et qui trompent leur peuple. Certaines de ces puissances ne conçoivent leur présence auCongo ou en Afrique que dans la mesure où ils savent exploiter au maximum leurs richesses par letruchement de quelques dirigeants corrompus. (…) »En effet, la plupart ex- colonies qui ont depuis accédé à la « souveraineté internationale » formelle sonttoujours sous la domination des puissances étrangères , et la sujétion économique des sociétéstransnationales qui continuent de contrôler le commerce des matières premières extraites de leur sol.Mais le changement était il possible dans le Congo des années suivant immédiatement la décolonisation ?L’histoire nous enseigne que les difficultés politiques de Patrice Lumumba étaient prévisibles.En effet, hormis la fin tragique de Lumumba, la similitude est frappante avec la situation que connut septans auparavant, en août 1953, Mohammad Mossadegh , Premier ministre dIran, qui fut démis de sesfonctions sous la pression du gouvernement Britannique au motif qu’il était dans le camp de l’UnionSoviétique.En réalité, après que Mossadegh ait nationalisé les gisements pétroliers dIran et exproprié limportantecompagnie pétrolière Anglo-Iranian Oil Company, l’ancien colon britannique avait organisé le boycott dupétrole iranien; ce qui aggrava la situation économique de ce pays.En août 1953, Mossadegh est victime d’un coup dÉtat militaire soutenu par le services spéciauxaméricains, britanniques, ce qui permet le retour du Shah .LAnglo-Iranian Oil Company qui recouvra alors le monopole d’exploitation qu’elle n’avait pas voulupartager , est l’ancêtre de la British Petroleum (BP) qui s’est signalée en 2010 par l’explosion d’une plate-forme pétrolière aux Etats-Unis d’Amérique du Nord qui a causé une catastrophe environnementale degrande ampleur.Il apparaît que nouveau Premier ministre du Congo n’avait pas de soutiens de poids ; il était isolé, et laconjonction de complots politiques finira par avoir raison de sa détermination.Au lieu de s’adresser au Conseil de sécurité qui ne pouvait que lui être hostile, Patrice Emery Lumumbaeut pu peut être impliquer plus avant la Chine, lInde, lÉgypte, le Ghana, la Libye, la Turquie , leCambodge , le Japon, la Yougoslavie, lÉthiopie le Soudan et le Libéria, Etats animateurs de la conférencede Bandoeng d’avril 1955, qui avait précisément prôné, la lutte contre le colonialisme , le respect de lasouveraineté et de lintégrité territoriale, la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays, deplus, à une époque où lAlgérie était engagée dans sa guerre dindépendance.
    • Chacun sait que la situation économique des Etats issus de la décolonisation en général, et de laRépublique « Démocratique » du Congo en particulier est très difficile ; elle pose légitimement laquestion de la viabilité du modèle des Etats-Nations que précisément le Panafricanisme tend à dépasser.Chaque Etat, malgré quelques exemples d’intégration politique (Union Africaine) et d’intégrationéconomique ( Cedeao, Cemac etc…), continue en réalité à défendre ses intérêts particuliers, perpétuantainsi le tracé subjectif des frontières qui a été réalisé dans l’ intérêt des colonisateurs et qui conduit àdes impasses géographiques et humaines .Malheureusement le principe de lintangibilité des frontières qui vise à assurer le respect des limitesterritoriales des Etats au moment de leur « accession à l’indépendance » est un principe reconnu du droitinternational, et même par l’Union Africaine…La Conférence de Bandoeng de 1955 qui reconnaissait la nécessité dencourager le développementéconomique de la zone afro-asiatique et d’une coopération économique sur la base d’ intérêts mutuels,offrait un cadre plus vaste de possibilité de développement économique, se projetant hors des limitesétriquées des Etats issus du processus de décolonisation.A notre sens, lUnion Soviétique navait pas l’intention daider objectivement le gouvernement de PatriceEmery Lumumba dans le combat de la libération de la domination coloniale.L’intérêt de sa présence en Afrique était, et a été de nature géostratégique face au bloc occidental ;lURSS a aussi soutenu des dictatures, notamment en Ethiopie. Même la Chine est présente en Afriqueprincipalement pour sécuriser son accès aux matières premières indispensables à son développementéconomique.Mais les responsabilités sont aussi et surtout africaines ; le pillage a souvent changé de mains, carbeaucoup d’Etats sont tombés aux mains doligarchies tribales ou claniques qui en disposent à leur gré, aumépris du bien-être des populations et aggravent les dettes publiques.Les plupart citoyens continuent d’être exclus de la participation à la vie politique de leur pays, véritablesproscrits intérieurs, et du partage des revenus tirés pourtant des richesses nationales.La République « Démocratique » du Congo a connu des guerres civiles qui ont causé des millions demorts. Des Etats africains limitrophes ont même tiré profit de ce chaos pour, à l’instar de l’ancien pouvoircolonial, sapproprier illégalement ses ressources minières.Mais les Africains ne sont pas condamnés à subir ces difficultés.Ils s’en sortiront principalement par eux-mêmes, en prenant toute leur part dans la mondialisation, maisaussi par leur capacité d’imagination et d’invention des solutions adaptées à leur situation pour conquérirune autre place que celle de simples pourvoyeurs de matières premières dont les prix sont d’ailleurs fixéspar les acheteurs, au mépris d’un ordre économique juste.Les élites africaines de par le monde, en liaison avec les populations et le sociétés civiles sur le continent,doivent jouer un rôle moteur pour l’instauration d’une véritable culture démocratique qui transcende lesparticularismes ethnolinguistiques , impulser la construction d’ une intégration africaine véritable avec desmarchés autonomes, et bâtir des stratégies de développement économique concertées.Le vrai tombeau des martyrs, c’est le cœur des vivants.( Jean Cocteau)
    • Edgard Kiganga SirokoAvocat