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  • 1. Regnabit. Revue universelle du Sacré-Coeur. 1922/02. 1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 : *La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service. Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés sauf dans le cadre de la copie privée sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source Gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue par un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.
  • 2. 1" ANNÉE - N°9 FÉVRIER 1322 EN FAMILLE Amis, Agréez mes excuses : Je ne puis pas. Je ne puis pas tenir ma résolution de décembre. J'avais dit : « Nous cesserons de publier les lettres qui nous parviennent, très encourageantes toujours ». Je ne puis pas : Elles sont trop belles. * Que de mains affectueuses se tendent vers Regnabit : Pour le recevoir ; Pour le bénir. Evêché d'Aire et de Dax Dax, le 8 décembre 1921. MON CHERET RÉVÉREND PÈRE, Une de mes anciennes diocésaines de la Martinique, à Fort de France, où j'ai été évêque pendant 12 ans, m'avait écrit déjà pour me dire son enthousiasme à la lecture de votre Revue, et me la signaler comme très intéressante. - Le nom même de la Revue, « Regnabit » exprime un sentiment d'espoir, et est, pour ainsi dire, un signe de triomphe. Il nous révèle une des prédictions du Sacré-Coeur : Je régnerai malgré mes ennemis. Pour aider à l'avènement du règne du Sacré-Coeur dans le monde vous avez fondé cette revue qui nous apparaît comme une tribune sacrée, ouverte aux prêtres et aux pieux laïques, et où tous peuvent apporter des nouvelles du règne du Sacré-Coeur en France et dans les nations les plus lointaines.
  • 3. En famille 242 Les articles que vous donnez sous le titre : « les idées » renferment tout un programme de questions théologiques, historiques, liturgiques, scientifiques et de patristique, relativement à la dévotion au Sacré- Coeur et au règne du Sacré-Coeur. Je ne peux que vous féliciter, prier le Sacré-Coeur de vous bénir tout particulièrement et de donner à votre Revue vie, prospérité et succès pour la gloire de Dieu et la sanctification des âmes. Je vous prie, mon Cher et Révérend Père, d'agréer mes religieux hommages et mes sentiments tout dévoués en N.-S. MARIE-CHARLES CORMONT, DE Ëvêque d'Aire et de Dax. Lettre d'un vénérable Archiprêtre. MONSIEUR L'ABBÉ, J'ai reçu en communication le'6e n° de votre Revue « Regnabit ». que j'ai lu avec un vif intérêt. Après cette lecture, si variée et fertile en pieux enseignements, il me semble que je faillirais à mon dsvoir de prêtre, apôtre du Sacré- Coeur, si ne je vous apportais pas, avec la promesse de mes humbles prières, le modeste tribut de ma religieuse admiration et de mes voeux les plus ardents pour la plus grande extension de cette Revue, belle et évangélique que vous dirigez avec un zèle et une compétence si remarquables, en l'honneur et à la suprême gloire du Coeur adorable de Jésus, notre divin maître. je me dis respectueusement votre tout dévoué dans le coeur . de Jésus. POLI, curé archiprêtre. Sartène, le 7 décembre 1921. Lettre de Monsieur le Chanoine Maucotel, Supérieur du Grand Séminaire de Verdun. Je lis la Revue avec le plus grand intérêt et je constate avec un grand plaisir qu'elle est variée et devient de plus en plus intéressante. Il faut qu'elle soit la vraie Lumière de tous ceux qui veulent parler du SacrérCoeur et propager sa dévotion, et faire l'union de tous les vrais chrétiens et leur donner à tous espérance et réconfort en face des ennemis du christianisme, qui d'une extrémité du monde à l'autre sont unis dans un même plan de destruction méthodique, étudiée et persévérante, de l'Église du Christ. Lettre d'un Aumônier : Permettez-moi de vous exprimer la vive satisfaction que j'éprouve chaque fois que je reçois cette Revue mensuelle : je vous avoue fran- chement que je m'en donne à coeur joie en la parcourant, et que je n'ai pas encore vu de Revue plus pratique que celle-là ! Je la trouve « universelle », une vraie mine d'or pour tout apôtre du S.-C. qui désire approfondir cette belle et fondamentale dévotion. — J'espère que j'aurai le plaisir de m'y abonner pendant de longues années.
  • 4. 243 En fam|lle Je fais de fréquentes conférences sur le S.-C. à nos Religieuses et la « chère Revue » vient à propos pour le prédicateur. Encore une fois, c'est un vrai délice pour moi de la recevoir chaque mois. D'une Religieuse : Tout me plait en Regnabit : son titre, sa couleur, son format, ses gravures, son plan si simple et si vaste, sa belle tenue littéraire. Mais que dire de sa doctrine ! Puisée aux sources les plus pures de la théo- logie, de la sainte liturgie,etc, — est exposée par— apôtres au coeur elle des de feu dont la seule ambition on le sent bien est de faire aimer davantage le Sacré-Coeur. Ils y réussissent. A ce foyer de lumière et d'amour qu'est Regnabit, il est impossible de ne pas sentir son coeur s'embraser pour Jésus, impossible de ne pas éprouver un redoublement de zèle pour le faire connaître et aimer autour de soi, impossible de ne pas prendre la résolution de parler de la Revue à tous ceux qui peuvent s'y abonner et s'y dévouer. On voudrait être riche pour la soutenir et la propager à ses frais, avoir de l'influence pour la faire pénétrer dans tous les foyers. Du moins après avoir fait matériellement tout ce qu'il est possible de faire — même si ce tout se réduisait à fort peu de chose, il reste un grand moyen d'action : la prière, le sacrifice, le travail, avec l'invocation cent fois répétée : « Coeur Sacré de Jésus, que votre Règne arrive ! » Voilà, bien résumé et bien mal dit, ce que je pense de Regnabit et ce qu'en pense notre Mère qui me charge d'être son interprête auprès de vous. J'ajoute que cette lecture m'est devenue tellement nécessaire que m'en passer maintenant serait un dur sacrifice. Heu- reusement nous n'en sommes pas là. — Toute la Communauté prie pour vous. Chacune a son jour désigné pour cela. Le mien tombe un jeudi ; j'en suis heureuse : c'est le jour consacré à la sainte Eucharistie D'un Monastère de la Visitation : Regnabit ! nous l'aimons chaque jour davantage, nous ne saurions plus nous en passer, c'est une nouvelle fête chaque fois qu'il apparaît. Tout est lu: depuis la première ligne jusqu'à la dernière de la Revue des Revues, il y a des trésors cachés partout ; puis les grands, beaux articles sérieux sont relus et médités, et souvent aussi les délicieuses pages de vieux français avec leur charme naïf si prenant, leurs com- mentaires si intéressants. Ah ! mon Père, il faut être loin de la patrie comme quelques-unes d'entre nous, privées depuis plusieurs années de nourriture substantielle et ...actuelle ? pour l'âme et l'esprit, pour comprendre le bien que nous fait Regnabit et la reconnaissance émue que nous éprouvons envers celui qui nous l'envoie. Vous demandez des prières, des sacrifices, mon Révérend Père ; chacune a licence d'en faire autant qu'elle veut pour votre si belle oeuvre et la Ste Communion générale de tous les vendredis sera offerte désormais pour répondre à votre appel, pour que Regnabit soit vrai- ment la Revue universelle, lue, goûtée, aimée dans tout l'univers ; pour implorer les bénédictions les plus abondantes du Divin Coeur sur le Vénéré Secrétaire Général et ses collaborateurs.
  • 5. En famille 244 D'un bon foyer chrétien : Nous aimons Regnabit. Nous sommes trop petits et trop pauvres pour oser porter sur une pareille Revue, le moindre jugement. Nous ne savons que l'admirer, l'aimer, vouloir son extension partout afin que partout le Sacré-Coeur soit enfin connu, aimé. Nous prions, nous offrons les petits ennuis, les grosses peines pour le succès de cette publication qui nous tient au coeur comme si elle était nôtre, et plus encore. Près du berceau de l'Enfant Divin, tandis que nous dirons nos voeux au petit Jésus..., dans un Adveniat très tendre et très fort, unissant nos accents à ceux de « Béthanie », aux vôtres, mon Père, nous ajouterons tout bas, en nous pressant plus fort encore contre son Coeur... Adveniat regnum tuum par Regnabit. Il me semble que le petit Jésus dira oui. Impossible de tout citer. Terminons par cette lettre tou- chante. Laissez-moi vous dire toute mon admiration profonde pour l'oeuvre magnifique que vous avez entreprise, dans le but de faire connaître et aimer et surtout régner le Sacré-Coeur ! Oh ! comme vous avez deviné juste et compris la soif des âmes après une telle Revue ! je bénis Dieu de me l'avoir fait connaître par une sainte amie madame A***, l'ange et l'édification de notre paroisse, une âme- apôtre, s'il en est, et dont le zèle contribuera puissamment à répandre votre Regnabit si consolant et si beau. Je n'ai malheureusement ni la fortune, ni le pouvoir d'action de madame A***. Je suis une réfugiée belge que des revers et des malheurs épouvantables ont éprouvée de mille manières et ont rangée parmi les effacés et les souffrants. Mais le Bon Dieu m'a donné un grand attrait vers la prière et la résignation dans tous mes maux. C'est le seul don que je puis faire à a Regnabit» et je viens humblement vous l'offrir. J'entendrai tous les jours, à partir de demain une Sté Messe et je ferai trois Communions par semaine pour la glorification du Divin Coeur par « Regnabit ». Je me priverai dans mes dépenses déjà bien restreintes pour, en plus de mon abonnement personnel, en fournir un à un Missionnaire. Si le Sacré-Coeur me permet de trouver quelque travail (leçon ou autre) je partagerai de si grand coeur avec « Regnabit ». Je m'emploierai de toute mon âme à faire connaître « Regnabit » et j'inculquerai le même zèle à mes trois enfants. Combien je voudrais : que nous puissions, mes enfants et moi, être du nombre de ces toutes petites âmes dont parle le R. P. Mathéo dont Notre-Seigneur veut bien se servir pour le faire connaître autour d'elles ! J'aurai l'avantage de vous faire une liste des prêtres, religieux et religieuses et des dames d'oeuvres que je connais. Enfin je demanderai le plus que je pourrai des prières et des sacrifices pour le succès de votre OEuvre, à mes enfants,-à mes amies et connaissances. N'avais-je pas le devoir de dire en commençant : que de mains affectueuses se tendent pour bénir Regnabit !
  • 6. 245 En famille J'ajoute : Et combien se tendraient pour le défendre ! Un ardent ami de Regnabit — un ami de la première heure — s'est indigné qu'on ait osé dire : « Chère Revue ; mais Revue chère ». — Oui, 20 francs, c'est un chiffre pour le pauvre budget d'un curé de campagne, d'une maison de religieuses; d'un professeur, et de beaucoup d'autres de la vie civile — c'est entendu — Mais comparée aux autres Revues françaises, et à cause des néces- sités de son programme, non, Regnabit n'est pas une revue chère. Certes, Regnabit a j'en suis sûr, un éditeur aussi accommodant que possible, mais il faut tout de même qu'il paie son papier, son encre et ses typos, et c'est cela qui est cher. il faut aussi que sa Direction fasse les frais sérieux que demande la rédaction d'un organe qui correspond déjà d'un bout du monde à l'autre ! Je connais une revue d'histoire qui n'est que trimestrielle et paraît sous 80 ou 100 pages — Son directeur depuis la guerre a dû porter l'abon- nement de 12 à 15 frs. A ce prix il n'y perd plus mais n'y gagne rien. Or Regnabit est mensuel, son dernier numéro portait 144 pages et des illustrations qu'il veut augmenter parce que son accroissement en * perfection et en beauté, est une nécessité imposée par le but même qu'il poursuit. En ces conditions, non ! Regnabit à 20 frs n'est pas une revue chère, tous les publicistes qui la lisent ne peuvent qu'être absolument de mon avis. Elle l'est si peu qu'ils estimeront avec moi que le seul moyen qu'elle a de pouvoir vivre à ce prix, c'est de voir ses abonnés augmenter le plus rapidement possible et c'est un devoir pour tous ses amis de l'y aider. * * * Il est peu intéressant de parler de gros sous. Mais si les amis de Regnabit entendent redire cette invraisemblable « ob- jection », je les prie d'y répondre. Le Démon ne peut tout de même pas ne pas combattre Regnabit. Des raisons valables, il n'en saurait trouver. Il en pré- sentera de stupides. Protégez contre lui les esprits inattentifs. * * * L'exacte vérité, qu'il faut dire, la voici. Regnabit compte aujourd'hui un peu plus de mille abonnés. Ce chiffre dépasse toutes les prévisions. Et les amis de Regnabit se feront un devoir d'en remercier le Sacré-Coeur. Mais pour que Regnabit vive de ses abonnements en gardant son prix ac- tuel, il en faut trois fois plus. Jamais Regnabit ne rétrécira-son programme. Ce programme, immense comme le sujet dont il traite, Regnabit entend le réa- liser en plénitude et en splendeur. Et c'est pour cela, Amis, que vous l'aimez.
  • 7. En famille 246 Je vous dis nettement ceci : Pour que Regnabit remplisse parfaitement sa mission, en maintenant son prix actuel, il lui faut trois fois plus d'abonnés encore. A l'oeuvre donc ! Il est pourtant un procédé de propagande, employé déjà, qui n'est pas à conseiller. Pour faire connaître la Revue, plusieurs abonnés ont prêté — et perdu — leurs exemplaires personnels. C'est trop de désintéressement. Dans quelques années, la collection complète de Regnabit aura une valeur inestimable. Il sera impossible alors de compléter votre collection. Aujourd'hui, nous le pourrions encore. S'il vous manque déjà quelques nu- méros, demandez-les nous. Mais, désormais, ne donnez plus, ne prêtez plus vos exemplaires de Regnabit. Pour la propagande, qu'il faut continuer intense, demandez-nous des spécimens. Et gardez, jalousement, votre : collection. * * * L'un des avantages *de cette Collection de Regnabit, ce sera de « grouper » les documents qui, disséminés partout, sont pra- tiquement introuvables. Un autre, ce sera de les « conserver ». Il en a tant péri, déjà ! « Dans la nuit du 27 au 28 juin 1921 la foudre tombait sur le clocher de l'église de Luché, au département de la Sarthe, et allumait un incendie qui détruisit complètement la partie haute de la tour ainsi que la nef de l'église. « Heureusement, à peine un mois avant le désastre, le 30 mai, la Société historique et archéologique du Maine avait visité l'église de Luché. La disparition partielle d'un monument qui était intéressant à divers points de vue suggéra à M. Robert Trigef l'idée d'écrire une notice sur l'église de Luché. On y lit ce passage fort intéressant pour nous : « A défaut de plus grand mérite architectural, cette nef de Luché offrait enC 1, une chaire en pierre de la fin du XVIe siècle, très curieuse à certains égards. Portée sur un cul de lampe for- mé de plusieurs tores, en retrait les uns sur les autres, la tribune avait sa face extérieure ornée de la corde franciscaine et de blasons,-alternés avec le monogramme I H S. Or, l'un de ces (1) Positionsur le plan donné dans l'opuscule.
  • 8. 247 En famille blasons représentait le Sacré-Coeur, entouré de la couronne d'é- pines, et pouvait être considéré comme l'un des premiers indices(l) de la dévotion au Sacré-Coeur, déjà propagée par les Capucins français. Au haut, se déroulait en beaux caractères romains du XVIe siècle l'inscription EXIIT QVI SEMINAT SEMINARE SEMEN SVVM. En bas. OMNIS QVI (EST) EX VERITATE AVDIT VOCEM MEAM ». (2) Amis : Semez autour de vous Regnabit ; Recueillez, de peur qu'elles ne se perdent, toutes les par- celles des trésors du passé. Et demandez au Sacré-Coeur la grâce sans laquelle tous les efforts sont vains. F. ANIZAN (l Mais non ; mais non ! À la fin du XVIe siècle,ces indiceslà ne peuvent plus être les premiers.Qu'il faut doncse défier, en histoire, et quand il s'agit du Sacré-Coeururtout, de certainesidées — impressionsplutôt que convictions s — accréditées trop de manuels. par 1 Je demandai naguère à un prêtre, » *ort versé en iconographiereligieuse», s'il ne connaîtrait pas quelqueimage inéditedu Sacré-Creur, u quinzièmesiècle. a • Trèshonoréde votre demande.Je ne puispourtant pas vous répondre— m'écri- vit-il avec une désarmante candeur— : les Primitifs n'ont jamais représentéle Sacré-Coeur. PREMIER Le dessina été lait par Margueriie-Marieelle-même»M... (2) Robert Triger. L Églisede Luché(canton de Lude-Sarthe). oticehisto-, N rique et archéologique. e Mans 1921,n. 13. (Extrait de la RevueHistoriqueet L Archéologique du*Maine2e série, tome I (1921)- (Communiqué ar un des très p cherscollaborateursde Regnabit: Dom A. MÉNAGER S. B. O. Voici la traduction des deux phrases latines inscrites sur la chaire de Luché: «Celui qui s*me est sorti semersa semence.»—« Quiconqueest de la vérité, entendma voix ».
  • 9. 248 Doctrine /. - DOCTRINE LES SOUVERAINS PONTIFES ' et le Sacré-Coeur. " " Fête du Très Sacré-Ccsur de Jésus Eucharistique Sa Sainteté le Souverain Pontife Benoit XV, glorieusement régnant — Quem Deus Incolumem Servet— vient d'ajouter un nouveau fleuron à la couronne d'hommages que. l'Église Catho- lique Romaine tresse inlassablement au divin Coeur de Jésus. En effet : Par un Décret pour le diocèse de Rome, formulé par l'or- gane de la Sacrée Congrégation des Rites, en date du 9 novembre 1921, Benoit XV approuve, sous le titre du TRES SACRÉ-COEUR DE JÉSUS EUCHARISTIQUE, un nouvel Office avec Messe propre, pour le jeudi après l'octave de la Fête-Dieu, et en concède la Fête au clergé séculier de sa « Bonne Ville » de Rome, et à chacun des diocèses qui lui en font la demande. Voici, d'après les Acta Apostolicoe Sedis — n° du 23 novem- bre 1921, page 545 — le texte officiel latin de ce « Décret >>, auquel il convient de donner dans la langue originale même, la plus large diffusion. Nous l'accompagnons simplement d'une traduction litté- rale interlinéaire... Qu'on nous pardonne ce procédé qui rappelle les méthodes scolaires classiques... Mais il nous permettra de serrer d'aussi près que possible le sens de chacun des mots de cette pièce juri- dique, dont tous les termes, — qu'on veuille bien le remarquer, — sont de réelles valeurs. • Au surplus, c'est à genoux qu'il faudrait prendre connais- sance de. ce précieux document. C'est à l'église — devant le Saint-Sacrement exposé,, après une fervente communion, au cours d'une brûlante action de grâces — qu'il conviendrait de méditer et de peser « au poids de l'Amour Eucharistique » de Jésus, chacune des expressions
  • 10. Fête du T. S. Coeur de Jésus Eucharistique 249 augustes de ce Décret pontifical suggestif, qui doit faire époque dans la piété de tous, comme il fait époque dans la Sainte Église Romaine. * * Nous disions naguère — on s'en souvient — dans un ar- ticle précédent : (1) « Sa dévotion et son culte pontifical du Sacré-Coeur, à lui (le Pape) sont d'emblée les plus théologiques, les plus liturgi- ques, les plus historiques de tous ceux qui soient ». Et encore : « C'est lui qui fait, de mille manières, ex officia, la Théo- logie, la Liturgie, l'Histoire de la Dévotion au Sacré-Coeur». En voici aujourd'hui — pour ceux qui savent — une nou- velle preuve péremptoire. Recueillons-nous donc !... Et lisons pieusement... * * ROM3.N&. — Diocèse de Rome Pro feria V post octavam SSmi Corporis Christi Sacratis- Pour le jeudi après l'octave de la Fête-Dieu, un office propre simi Cordis Jesu Eucharistici officium proprium cum respondente avec messe correspondante du Très Sacré Coeur de Jésus Eucha- missa approbatur. ristiqiie est' approuvé. DECRETUM — DÉCRET Insiantibus compluribus Revmis Ordinariis Sur.les instances d'un grand nombre de Révérendissimes Ordinaires dioecesiumSanctissimus Dominus Noster Benedictus Papa XV, des diocèses, Sa Sainteté Notre Seigneur, Benoit XV, Pape, referente infrascripto Cardinali Sacrae Rituum Congregationis sur la relation du cardinal soussigné Préfet de la Sacrée Congrégation Praefecto, Officium proprium cum respondente Missa des Rites, a daigné approuver l'Office propre avec Messe correspondante SACRÀTISSIMI CORDIS. JESU EUCHARISTICI exhïbitum du Très Sacré: Coeur de Jésus Eucharistique (qu'ils ont) présenté et ab ipsa Sacra Congregatione revisum, prouti et (qui a été) revisé par la Sacrée Congrégation elle-même, telle 0 (1) Voir; RegnabitTome II, 1T année n»7 (décembre1921)pages 13 et 14.
  • 11. 250 Doctrine in separato prostat exemplari, approbare dignatus est, illudque qu'il existe dans un exemplaire sépare, (1) et il a décrété de feria V post octavam SSmi Corporis Christi adhibendumdecrevit. l'employer le jeudi après l'octave de la Fête-Dieu, Peculiaris ratio et finis huius Festi cum Officio et Missa La raison et la fin spéciale de cette Fête avec Office et Messe propriis, ad commemorandum Domini Nostri Jesu Christi amorem propres, pour commémorer l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ in Eucharistiae mysterio, enucleatius explicatur in dans le mystère de l'Eucharistie, est expliquée très à fond dans les Sacris Litteris et inoperibus sanctorum Ecclesiae Patrum et Doctorum, '.'Saintes Lettres et dans les ouvrages des Saints Pères et Docteurs de atqûe etiam innuitur in Ma pia, usitata l'Eglise, et (se trouve) aussi indiquée dans cette pieuse prière, très et a Summo Pontifice Pio VU probata oratione : Ecco fin dove en usage et approuvée par le Souverain Pontife Pie VII : Voilà jus- è giunta, etc. (2) — Insimul in iteratis qu'où est arrivée, etc. (2) — En même temps dans les prières réitérées supplicantium precibus ipsiusque Beatissimi Patris des (évêques) suppliants et dans les voeux du Très Bienheureux Père (1) Les Acta Apostolicoe Sedisdu 23 novembre1921ne l'ont pas publié. (Note de Regnabit). (2) Raccoltadi orazioni e pie opèrepar le quali sonostateconcesse Sommi dai Pontejici le santé indulgenze.Roma, 1898,p. 105, n° 73. (Note des ACTA APOSTO- LICOE SEDIS). , De ce « Recueil(officiel) e prières et d'oeuvres ies pourlesquelles nt été accor- d p o » déespar tes SouverainsPontifes les saintes indulgences nous tirons le texte origi- nal italien de la Prière mentionnée — ORAZIONE. fin doveè giunta la caritti ECCO vostraeccessiva, Gesùmio amantissimo.Voi délievosirecarni e del preiiosissimo o vostrosangue mi aveteappre&tata una mensa divina par donarmi tulto Voi stesso. Chi mai vi spinsc a tali trasportldi amore? Non aliri certamente, il vostroamo- clic rosissimoCuore. O Cuorcadorabiledel mio Oesii,fornace ardentissimadel divino amore, ricevetenella vostra Piaga sacratissima l'anima mia, affinchè in quesla scuoladi carità, io impari a riamare quelDio, citemi die provesi ammirabili dell' amorsuo ; e cosisia. Pour l'utilité du lecteur et afin de permettre la comparaisonavec l'original italien, plus expressif nous semble-t-U,nous aioutons la traduction française de cette Orazione, elle qu'elle est'donnée par l'ouvrage de BÉRINOER J. Les Indul- t S. gences,3e édition française par l'abbé Mazoyer, Paris, Lethielleux, 1905. Cette édition française est approuvée et déclarée authentique la S. Congi.des Indul- par gences,décret du 6 août 1904.Voir : Tome I, page 204, n° 89 — PRIÈRE AUTRÈS SAINTACREMENT S ETAUSACRÉ-COEUR DEJÉSUS. h ! jusqu'à quelpoint est arrivée O votreexcessive charité,Jésus très aimant ! Vousm'avezpréparé une nourriturecé- lestede votrechair et de votresang très précieuxpour vousdonnertout entier à moi. Qui vous a pousséà de tels transports d'amour ? Certes,rien autre choseque votre Coeurplein de charité.O Coeuradorablede mon Jésus, fournaise ardentedu divin amour,recevez monâme dans votreplaie sacrée,afin qu'à cetteécolede charité,j'ap- prenneà aimerenretourceDieu qui m'a donnédespreuves admirables si desa charité. Ainisi soit-il. Pie VII, par Rescrit de la Secrétaireriedes Mémoriauxdu 9 février 1818, a confirméà perpétuité l'indulgencede 100 jours, une foisle jour, pour les iidèles qui récitent cette Prière. (Raccolta cit.) — Son prédécesseurPie VI ne l'avait loc. •accordéeque pour sept ans. (BÉRINGER loc. MATOYER, cit.)
  • 12. Fête du T. S. Coeur de Jésus Eucharistique 251 votis aller finis est, mediante hoc Festo, magis excitare lui-même, il est une autre fin (à savoir : ) moyennant cette Fête, d'exciter. in Christifidelium animis fiduciam et- davantage dans les âmes des fidèles du Christ (un mouvement) de accessum in Sanctissimae Eucharistiae Mysterium, confiance et d'accès envers le mystère de la Très Sainte Eucharistie, eorumque corda ferventius inflammare igné divini amoris et d'enflammer leurs coeurs avec plus de ferveur du feu du divin amour quo Dominus Noster Jésus Christus, infinita caritate in Corde avec lequel Notre-Seigneur Jésus-Christ, brûlant dans son Coeur suo flagrans, Sanstissimam Eucharistiam instituit, suosque d'infinie charité, a institué la Très Sainte Eucharistie, et garde et discipulos in eodem sacratissimo Corde suo custodit ac diligit, aime ses disciples dans ce même sien Très Sacré-Coeur, (en) vivens et manens in eis sicut ipsi vivunt et manent in illo, vivant et demeurant en eux comme eux vivent et demeurent en lui, qui in eiusdem sanctissimae Eucharistiae mysterio se nobis (lui) qui dans le mystère de cette même Très Sainte Eucharistie s'offre offert ac donat, victimam, socium, cibum, viaticum et et se donne à nous, (comme) victime, compagnon, nourriture, viatique futurae gloriae pignus. et gage de la gloire future. Hoc autem Festum eadem Sanctitas Sua clero Or, cette Fête, Sa Sainteté la même (Benoit XV) l'a concédée par saeculari huius Almae Urbis et- bienveillance au clergé séculier de cette bonne Ville (de Rome) et à singulis dioecesibus petentibus, sub ritu duplici maiori chacun des diocèses qui le demandent, sous le rit double majeur, bénigne concessit, servatis de cetero Rubricis atque Apostolicae (demeurant) observés quant au reste les Rubriques et les décrets du Siège Sedis decretis. Nonobstantibus contrariis quibuscumque. Apostolique. Nonobstant les choses contraires qu'elles quelles soient, Die 9 novembris 1921. Le 9e jour de novembre 1921. A. CARD.Vico, Ep. Portuen, et S. Rufinae, S. R. Ç. Praefctus. A. Cardinal Vico, évêque de Porto et Sainte Rufine, Préfet de la S. Congr. des Rites. L t S Lieudu sceau Alexander Verde, Secretarîus. Alexandre Verde, Secrétaire.
  • 13. 252 Doctrine Inutile de commenter ce document, très clair p*ar lui-même, qui se déroule logiquement, dans une synthèse rigoureuse. En voici, pour l'oeil et pour l'esprit, la charpente analy- tique d'ensemble. Après le TITRE, le CORPS DU DÉCRET. Deux Parties le composent. La lre : concernant l'Appro- bation des Textes. La 2e : la Concession de la Fête. Ire partie : RPPROBRTION DES TEXTES On y fait : I — L'Exposé des Faits ; et II — celui des Motifs. I. — Les FAITS. Trois catégories de personnes y concourent : 1 — Les Évêques : par leurs instances, et l'office présenté. 2 — La S. Congrégation. des Rites : par la révision des textes, et la relation du Cardinal Préfet au Pape. 3 — Le S. Pontife : par des actes d'autorité : a) approba- tion des textes liturgiques, et b) décision de s'en servir au jour marqué. II. — Les MOTIFS. Ils sont doubles. 1 —Raison et Fin spéciale. — C'est le motif particulier propre, intrinsèque, immédiat et objectif ; pris de la Fête en soi: a) Liturgiquement : Fête avec Office et Messe propres « pour commémorer l'amour de N.-S. J.-C. dans le mystère de l'Eu- charistie ». b) Théologiquement : Selon la doctrine catholique « ex- posée à fond » dans l'Écriture, les Pères et les Docteurs de l'É- glise ; et « indiquée » dans la prière approuvée par Pie VII. 2,— Autre Fin. — C'est le motif extrinsèque, médiat, sub- jectif ; de la Fête quant à nous. Fin qui « est » positivement dans les « prières réitérées » des Évêques, et les « voeux » personnels du S. Père. — Elle vise, « moyennant cette Fête » : a) Vu l'Eucharistie : A « exciter davantage dans les âmes Un mouvement de « confiance » et d'« accès » vers elle. b) Vu le S. Coeur de Jésus Eucharistique : A « enflammer avec plus de ferveur les coeurs, du feu du divin amour » avec lequel Notre-Seigneur Jésus-Christ :
  • 14. Fête du T. S. Coeur de Jésus Eucharistique 253 1) Institue l'Eucharistie : « d'un Coeur brûlant d'infinie charité ». et 2) Garde et aime ses disciples «dans ce même Coeur» :-Y Spirituellement, par la charité : « Vivant et demeurant en eux »r comme eux en Lui. Sacramentellement, par l'Eucharistie : où il « s'offre et se donne à nous », à tous les titres, comme « com- pagnon aliment, viatique et gage de gloire future ». Ile Partie: CONCESSION DE LR FÊTE I. — Par qui ? — La bienveillance expresse de Sa Sainteté. IL — A qui ? — Au clergé séculier de la Ville de Rome et à chaque diocèse qui le demande. III. — Sous quel rite ? — Double majeur. IV. — Sous quelle réserve ? — Celle des Rubriques et des Décrets du Siège Apostolique. V. — Avec quelle clause ? — Clausule dérogatoire générale» Suivent : Les Signatures canoniquement requises, du car- dinal Préfet et du Secrétaire, avec le Sceau de la S. Congréga- tion des Rites. * * * Léon XIII, dans cette magistrale Encyclique Miroe cari- tatis sur la S. Eucharistie, du 28 mai 1902, qui est un pur chef- d'oeuvre qu'on ne vulgarise pas assez, s'écriait avec force : « La charité apostolique nous meut et en quelque sorte nous pousse... à recommander d'une façon plus instante au peuple chrétien la Très Sainte Eucharistie, ce don très divin sorti du plus intime du Coeur (1) de ce même Rédempteur qui désira d'un vif désir (2) cette union toute spéciale avec les hom- mes... Apostolica charitate movemur ac prope impellimur... ut... commendémus SS. Eucharistiam, quippe,donum divinissimum ex intimo plane Corde prolatum ejusdem Redemptoris, desiderio desi- derantis singularem hujusmodi eum hominibus conjunctionem... »3 Benoit XV « mu » par la même « charité apostolique » vient donner à cette belle parole de Léon XIII son commentaire le plus intégral et le plus autorisé par l'Office et la Messe propres du « Très Sacré-Coeur de Jésus Eucharistique ». La voix populaire l'a dénommé déjà le «Pape du Sacré- Coeur ». (1) C'est nous qui soulignons.- (2) Soulignédans le texte. (3) Voir : LettresApostoliaues deS. S. LéonXI H. Pari«,5, rue Bavard.Tome VI p. 296.
  • 15. 254 Doctrine Pie IX, Léon XIII et Pie X ont maintes fois dirigé, comme lui — suaviter et fortiter — les aspirations ardentes et les pas inexpérimentés de la « dévotion au Coeur Eucharistique ». Mais c'est lui seul qui lui donne aujourd'hui, de sa main libérale, ce beau couronnement liturgique. Désormais, l'Univers catholique, devançant l'Histoire, ap- pellera Benoit XV — le premier !... — le « Pape du Coeur de Jésus Eucharistique ». Car — le premier !... — il en inaugure la « Solennité » au centre même de la Catholicité. De là, cette Fête rayonnera sur le monde entier... Le clergé séculier de la « Bonne Ville » de Rome aura des «mules partout. Et, puisque la voie des « Induits apostoliques pour l'exten- sion de la Fête » est ouverte, les Ordres religieux et les Églises particulières n'ont plus qu'à s'y engager avec confiance. Le coeur de Benoit XV et le Coeur de Jésus Eucharistique leur réser- vent le meilleur accueil... * ** Nous transcrivons ici, en hommage au Coeur de Jésus Eu- charistique, les gracieuses paroles si expressives du pape Urbain IV dans la Constitution Transiturus de hoc mundo, du S sep- . tembre 1264, pour l'institution de la solennité de la Fête-Dieu. Elles formulent, à ravir, les sentiments que la nouvelle Fête doit nous inspirer. « In hac itaque sacratissima commemoratione — dit Urbain IV — adsunt nobis suavitatis gaudium simul et lacrimoe ; quia et in ea congaudemus lacrimantes, et lacrimamur dévote gaudentes, loetos habendo lacrimas et loetitiam lacrimahtem ; nom et cor, in- genti perfusum gaudio, dulces per oculos stillat guttas. O divini amoris immensitas, divinoe pietatis superabundantia, divinoe af- fluentioe largitas... — Or donc, dans cette commémoration sacrée il y a pour nous un bonheur de suavité en même temps que des larmes ; parceque, à la fois, nous y sommes heureux ensemble quoique pleurant, et nous y pleurons quoique heureux dévote- ment ; estimant joyeuses nos larmes et notre joie qui pleure. Car, le coeur inondé d'un immense bonheur, lui aussi, distille par les yeux de douces perles de larmes. O immensité du divin amour, ô surabondance de la divine bonté, ô affluence de la divine largesse !... ». (1). (1) CORPUSJURIS, . Si Dominum, e reliq.et venerat. SS., Clem.,III 16. — C D Cité par NILLES e rationibusfestorum, tc. (éd. 1885)Vol. I, pt 504 et suiv: D e
  • 16. Fête du T. S. Coeur de Jésus Eucharistique 255 Toute la famille de Regnabit, — « revue universelle du Sacré-Coeur » (sic) — formule humblement et respectueuse- • ment à Sa Sainteté Benoit XV l'expression ardente de sa joie profonde et le cantique ému de ses plus vives actions de grâces. VIVAT BENEDICTUS XV PAPA SACRATISSIMI CORDIS JESU EUCHARÏSTICI Vive Benoit XV le Pape du Très Sacré-Coeur de Jésus Eu- charistique !... Paris, Noël 1921. MORT DE BENOIT XV 22 janvier 1922, Au momentoù s'achève l'impression lignesqui précèdent,retentit dans des l'Univers« commeun coup de foudredans un ciel serein» l'effarante nouvelle: •« Pape estmalade...Le Pape estmourant...BENOITv estmort1.. » Le x Hélas!.. En ce mondela joie s'achèvedans le deuil : Extremagaudii luctus occupât(PROV. IV, 13). C'est donc sur un cercueilque nous déposonsnotre X hommage, aignéde larmes.C'est au ciel que le Vivatde REGNABIT b rejoint, pour l'éternité, le «Pape du CoeurEucharistique que le Sacré-Coeur e Jésus s'est » d hâté de récompenser. Agenouillés u bord de cette tombe prématurée,nous vénéronsavec admi- a ration cette noble figurequi entre dans la gloire de Dieu commedans celledes hommes. BENOIT Vmeurt vaillammentà la tâche, en plein labeur. X Sa Majestéfut douce.Sa Saintetéprofonde.Son âme : simple,délicate,pru- dente et laborieuse.Son action : sereine, pacifique,charitable et conquérante. Son coeuret sa main : royalement,divinement,généreux. Le PONTIFEomina le fracas des batailles, le choc des passionshumaines, d le flot des calomnieset des calamitéspubliques,commele désarroides dynasties croulantesou l'effervescence es démocratiesen travail. Son OEuvre d pacificatrice survit à toutes les ruines.Plus clairvoyantque les Sages,plus avisé que les Cabi- nets et les Congrès,bienfaiteur universel,il fit crédit à l'avenir de l'Humanité en renouveauque le Christlui confiapour la pétrir d'Evangilede sesdoucesmains paternelles... Holocaustesublime, il donne sa vie «pour la Paix du Monde». Constantinople t Paris lui ont rendu plein hommage.Vivant, l'Orient de toutes e croyances dresseune statue ; mort, l'Histoirelui prépare pour demainun dia- lui dème sans égal. Sa profondeempreintea marquéplus d'une institutionutileou d'une initiative heureuse: en doctrine,discipline, astorale,diplomatieou bienfaisance. a Prédi- p L cationet l'Apostolat sont renouvelés,le Droit canon promulgué,la Piété et la — Charitéuniversellesavivées.Là-haut,lesSaints qu'il a glorifiés Saints antiques, r du Moyen-Age des Temps modernes,ou Saints nouveaux; ceux de France et «Mère des Saints » et ceux du Purgatoire délivrés; les Martyrs de l'Ouganda commele Patron de l'Église universelleet la « Reinede la Paix» •—lui font une escortetriomphaleau trône du CHRIST il fut, sur la terre, le VICAIRE dont toujours si miséricordieux. Qu'à JACQUES DELLA — CHIESA »français de coeur qui <regrettaitde n'être » Pasfrançaisdenaissance — le «COEUR JÉSUS » DE délices touslesSaints » daigne de accorder,selonla formuleliturgique,le repos et la lumièreéternelles. R. I. P. Em. HOFFET
  • 17. 256 Doctrine LE BIENHEUREUX JEAN EUDES précurseur de la dévotion AU COEUR EUCHARISTIQyE L'idée commence à prévaloir un peu de tous côtés que, dès le dix-septième siècle, le B. J. Eudes a été, comme porte le bref de béatification, le docteur de la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus. Et c'est avec raison. Il n'est pas, en effet, un aspect important, essentiel, de cette dévotion qu'il n'ait envisagé et approfondi. Un regard, même distrait, jeté sur la table des matières du douzième livre de son grand ouvrage « le Coeur admirable de la T. S. Mère de Dieu, suffit à en convaincre. Relations du Sacré-Coeur avec les trois divines Personnes, avec le Coeur de Marie, avec l'Église triomphante, souffrante et militante, relations aussi avec « un chacun de nous », il n'a rien oublié. Sans doute, la doctrine a parfois besoin d'être dégagée, pour ainsi dire, des pieuses effusions qui l'enveloppent et lui communiquent une onction si pénétrante ; mais elle est là tout entière, avec les lignes essentielles de la dévotion tracées de main de maître. De celle-ci même certaines formes, que d'aucuns seraient tentés de croire récentes, y sont déjà dessinées d'un trait ferme et net. Ainsi en est-il, par exemple, de la dévotion au Coeur eu- charistique de Jésus. Elle s'y trouve enseignée avec une admi- rable clarté'et précision. C'est ce que nous nous proposons d'éta- blir dans cet article avec l'espoir que les lecteurs de Regnabit saisiront mieux encore la vérité du jugement porté par le Pape X sur le rôle du B. J. Eudes, lorsqu'il l'a proclamé «le Père, le Docteur et l'Apôtre de cette suave dévotion ». (1) . Quel développement a pris de nos jours cette forme du culte du Sacré-Coeur, grâce à l'archiconfrérie établie, à Rome, dans l'église Saint-joachim, nul ne l'ignore, et cette rapide diffusion se comprend facilement, si l'on réfléchit que la dévotion au Coeur eucharistique a pour objet, selon les paroles mêmes de Léon XIII, «l'acte de suprême dilection par lequel notre Ré- (1) Aux Coeursde Jésus et de Marie.
  • 18. Le B. Jean Eudes et le Sacré-Coeur Eucharistique 257 dempteur, répandant toutes les richesses dé son Coeur, afin de demeurer avec nous jusqu'à la fin des siècles, a institué l'ado- rable sacrement de l'Eucharistie ». Un tout récent décret (1), par lequel la Sacrée Congréga- tion des Rites accorde une messe et un office propres du Coeur eucharistique de Jésus au clergé séculier de Rome et à tous les diocèses qui en feront la demande, revient sur cette idée et ex- plique que le but principal de cette fête n'est autre que de com- mémorer l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans le mys- tère de l'Eucharistie. De cet amour saint Thomas avait déjà parlé, quand il avait appelé la sainte Eucharistie « Maximae charitatis signum ». (2) Et, ce nous semble, l'Évangile lui-même nous invite à contem- pler le Coeur de Jésus dans l'Eucharistie, puisque les premières paroles du récit de la Cène rapportent à l'amour dont le divin Coeur était embrasé, comme à sa cause première, l'institution de ce sacrement. « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde il les aima jusqu'à la fin». (3) C'est ce que le B. J. Eudes a fort bien exprimé en disant que l'Eucharistie « est l'un des fruits du Coeur incomparable de Jésus ». (4) Il a, d'ailleurs, très bien analysé cet acte de suprême amour qui constitue l'objet même de la dévotion au Coeur eu- charistique. Dans/un beau passage du Manuel destiné aux prêtres de sa congrégation (5), il nous dit que Jésus est « tout coeur » dans la sainte Eucharistie, puis il nous dépeint l'intimité de cet amour : Jésus en nous ; — sa libéralité : tout Jésus en nous ; — son intensité : tout Jésus en nous, malgré la claire prévision de nos outrages et de nos infidélités. Mais c'est au livre douzième de son Coeur admirable qu'il parle lé plus explicitement du coeur eucharistique. Le seul titre du chapitre neuvième est à cet égard d'une étonnante clarté. N'est-ce pas même déjà comme la for- mule de la dévotion : « Que le coeur de Jésus est une fournaise d'amour au regard de nous dans le saint-Sacrement ? » Qu'on lise encore, dans le même chapitre, ces quelques lignes bien signifi- catives : « Votre Coeur tout aimable, ô mon Jésus, est dans ce sacre- ment tout embrasé d'amour au regard de nous, et il y est opérant mille et mille bontés ». De cet amour du Coeur eucharistique le B. J. Eudes détaille les principaux actes avec une remarquable précision ; et comme il les dépeint sous la forme de huit flammes « qui sortent conti- . nuellement de cette admirable fournaise », il est tout naturel d'exa- (1) Cf. Acta, 23 Novembre1921p. 545.' (2) 3. Q. 75. a. I. (3) IAON. III, 11. X (4) CoeurAdmirable. . XII, ch. 7, p. 242. L (5) P. IV, § 3, p. 417.
  • 19. 258 Doctrine miner, d'une façon assez complète, le parallélisme très exact qui existe entre les révélations du Sacré-Coeur à sainte Marguerite- Marie et les vues du Bienheureux relatives au coeur eucharistique. Dans la première grande révélation, le Sacré-Coeur parle à la sainte des flammes de son amour. Dans la deuxième, il lui apparaît comme dans un trône de flammes. Dans la troisième, devant le Saint-Sacrement exposé, Notre-Seigneur se montre à elle tout éclatant de gloire avec ses cinq plaies brillantes comme cinq soleils. De cette sacrée humanité des flammes sortaient de toutes parts, mais surtout de son adorable poitrine qui ressem- blait à une fournaise. Puis la poitrine s'ouvre, laissant à décou- vert « le tout aimant et tout aimable Coeur, qui était la vive source de ces flammes ». Bien plus, de ce même Coeur sort, à un certain moment, une flamme si ardente que la Sainte pense en être consumée. Qu'on relise maintenant le titre du chapitre consacré par le B. J. Eudes au Coeur eucharistique : « Que le divin Coeur de Jésus est une fournaise d'amour au regard de nous dans le Très Saint-Sacrement ». Ces quelques mots ne semblent-ils pas résu- mer tout le symbolisme des visions de sainte Marguerite-Marie ? Et, d'autre part, l'exposition très détaillée des huit flammes d'amour faite par le Bienheureux ne pourrait-elle servir de com- mentaire très éloquent et d'explication très exacte aux flammes vues par la Sainte ? C'est bien aussi sur l'amour du Coeur eucharistique au re- gard de nous — c'est le titre même du chapitre — que le B. J. Eudes insiste avec complaisance. D'après lui, le Coeur de Jésus est réellement présent sur l'autel « pour être toujours avec nous » : il y aime et glorifie son Père « pour mot » ; — il nous donne dans la sainte Eucharistie des biens immenses et infinis et des grâces très abondantes et très particulières, — il se donne lui- . même entièrement à nous par la sainte communion ; — il se sacrifie entièrement pour nous à la sainte Messe. N'y a-t-il pas là comme un écho des paroles du Sacré-Coeur de Jésus à sainte Marguerite prosternée devant le Saint-Sacrement :- « Voilà ce Coeur qui a tant aimé les hommes qu'il n'a rien épargné jusqu'à s'épuiser et se consommer pour leur témpigner son amour». Le Sacré-Coeur ajoutait : «Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes par leurs irrévérences et leurs sacrilèges et par les froideurs et les mépris qu'ils ont pour lui dans ce sacrement d'amour ! » Et, de son côté, entrant comme d'instinct dans ces vues du Sacré-Coeur, sans avoir jamais
  • 20. Le B. Jean Eudes et le Sacré-Coeur Eucharistique 259 eu connaissance des révélations faites à Sainte Marguerite-Marie, le B. J. Eudes de s'écrier après avoir parlé des merveilles d'amour du Coeur eucharistique envers les hommes : «Mais qu'est-ce-V. que nous vous rendons, mon Seigneur ? Rien que des ingra- titudes et des offenses en mille manières, de pensées, de paroles et d'effets, foulant aux pieds vos divins commandements et ceux de votre Église. .Ah ! ingrats que nous sommes !.„ Mou- rons, mourons de douleur à la vue de nos péchés, mourons de honte de ce que nous avons si peu d'amour pour lui ; mourons de mille morts plutôt que de l'offenser à l'avenir. O mon Sauveur, faites-nous cette grâce, s'il vous plaît. O Mère de Jésus, obtenez- nous cette faveur de votre Fils bien-aimé ». C'est sur cette pensée bien nette de réparation que se ter- mine le chapitre consacré par le B. J. Eudes au Coeur eucharis- tique de Jésus. On peut même ajouter que la vue de l'ingra- titude des hommes au regard du sacrement d'amour, si vive- ment ressentie par le Sacré-Coeur de Jésus, est l'une de celles qui ont le plus frappé l'imagination du Bienheureux. Et préci- sément, la huitième flamme, qui, d'après lui, s'échappe du Coeur eucharistique consiste en cette fidélité d'amour de notre bon Sauveur, qui se donne tout entier aux hommes sous les saintes Espèces, alors que les hommes cherchent à le trahir. Il déve- loppe très puissamment le contraste impressionnant exprimé par saint Paul en. ces quelques mots : « Dominus Jésus, in qua nocte tradebatur, accepit panem ». (1) et par saint Thomas dans cette strophe de son bel office : « In mortem a discipulo « Suis tradendus aemulis, « Prius in vitae ferculo « Se tradidit discipulis ». -, Le Bienheureux montre le Coeur de Jésus tout occupé à sauver les hommes, et les hommes uniquement soucieux de le livrer à ses pires ennemis : le Coeur de Jésus instituant l'Eucha- ristie, afin de rester avec les hommes et les hommes s'efforçant de l'anéantir, s'ils le pouvaient ; le Coeur de Jésus comblant les hommes de grâces, et les hommes lui préparant une croix, des clous et des opprobres de tout genre ! Ému jusqu'au fond des entrailles à la vue de tant d'amour d'une part et de tant d'in- gratitude, de l'autre, il s'écrie dans un transport de douleur : « Oh ! quelle bonté ! Oh ! qUelle charité ! Oh ! quelle ingratitude ! Oh ! quelle impiété ! Oh ! quelle cruauté du coeur humain au ' ' regard de vous !» Peut-on désirer plus complète harmonie entre les paroles (1) II Cor. XI. 23.
  • 21. 260 Doctrine de Notre-Seigneur à sainte Marguerite-Marie et la doctrine du Bienheureux? Après la doctrine, les pratiques qui en sont le corollaire. Le B. j. Eudes en recommande plusieurs, belles et faciles, en l'hon- neur du Coeur eucharistique. Tout d'abord, et d'une façon générale, il sent, entre ce Coeur et le nôtre, des relations extrêmement intimes, et il nous engage à le considérer comme « notre oracle ». C'est que pour lui, comme pour sainte Marguerite -Marie, ce Coeur est une source non seu- lement de flammes, mais de lumière. Que nous ayons besoin, profondément besoin de cette lumière pénétrante du Sacré- Coeur c'est chose indéniable. Dans la vie intime des âmes, il y a parfois, sous une surface calme et souriante, tant de doutes, d'obscurités, de perplexités, de scrupules ! Ou bien ce sont de difficiles questions à résoudre, et les lumières font défaut, et nul conseiller autour de soi pour éclairer. En pareil cas, saint Thomas allait appuyer sa tête contre le tabernacle. Imitons-le, et retenons précieusement cette pensée du Bienheureux : « Notre oracle se trouve partout où notre sauveur est présent ». Adressons- nous à Jésus sans crainte, et Jésus, nous assure-t-il, nous fera connaître ses volontés, répondra à nos doutes, éclaircira nos difficultés pourvu toutefois que nous ayons recours à son aimable Coeur « avec foi, humilité et confiance ». Foi, humilité, confiance, hélas ! ce sont là précisément des vertus qui sont absentes de trop d'âmes superbes et raides, et telle est la grande raison de l'espèce de crépuscule qui enveloppe pour elles les choses de Dieu et les vérités de la foi. L'humble abandon à « notre oracle », si ardemment préconisé par le B. J. Eudes, leur vaudrait plus de lumière. Une autre pratique eucharistique bien sanctifiante recom- mandée par le Bienheureux dans les mêmes circonstances, est la sainte Messe offerte, à tout le moins la sainte communion reçue en l'honneur du Sacré-Coeur de Jésus, «Ayons, dit-il, recours à ce très bon Coeur en disant la messe en son honneur si nous sommes prêtres, en communiant si nous ne le sommes pas, et nous ressentirons les effets de ses bontés ». (1) De notre impuissance à payer les dettes d'amour, d'ado- ration, de reconnaissance, d'expiation que nous avons contractées envers la'majesté divine, le B. J. Eudes à été pénétré plus que personne et il nous l'a décrit dans ses ouvrages en des termes d'une étonnante vigueur. Pourtant, en présence de tant de mi- sère, jamais chez lui de découragement. C'est qu'il compte,pour (1) CoeurAdmirable. Liv. XII, "4e méditation, p. 316.
  • 22. Le B. Jean Eudes et le Sacré-Coeur Eucharistique 261 y suppléer, sur la grâce, sur le Coeur de Jésus, et d'une façon plus spéciale, sur le Coeur eucharistique. Voilà pourquoi, durant son action de grâces, après la messe, se sentant incapable d'ai- mer dignement Notre-Seigneur, il répétait ces paroles enflam- mées: « Amo te, amantissime Jesu; amote, Bonitas infinita; amote ex toto corde meo » ; et par ces derniers mots « ex Mo corde meo » il entendait, non pas tant son propre coeur, que le Coeur de Jésus présent en lui, divin supplément à sa faiblesse. Dans le même ordre d'idées, il nous conseille, quand nous avons communié en état de grâce, de nous adresser aux trois personnes de la sainte Trinité et de leur offrir le Coeur eucharistique de Jésus qui s'est donné tout entier à nous pour satisfaire à toutes les obligatios , que nous avons de les adorer, louer, aimer et de leur demander pardon. Cela fait penser à la belle apparition de 1674, où Jésus, montrant son Coeur à sainte Marguerite-Marie prosternée devant le Saint-Sacrement exposé, lui dit : « Tiens, voilà de quoi suppléer à tout ce qui te manque » ; et cela montre une fois de plus la mer- veilleuse harmonie qui existe entre la dévotion du B. J. Eudes envers le Sacré-Coeur et les révélations faites à la sainte de Paray. Il faudrait encore mentionner la belle prière que le Bienheu- reux conseille de faire pendant la saint sacrifice de la messe, et dans laquelle nous demandons à Jésus de changer « la pesan- teur, froideur et sécheresse de notre coeur tout terrestre et aride en l'ardeur, tendresse et agilité des dispositions saintes et divines de son Coeur divin et céleste (1) » ; demande bien opportune qui contribuerait grandement à nous faire pratiquer ce « Sur- sum corda ! » que nous chantons si souvent de tout coeur à la Préface, mais hélas ! sans le réaliser dans notre vie. Insistons particulièrement sur une méthode de faire l'ac- tion de grâces après la sainte Communion dans et par leXoeur eucharistique, de Jésus : le B. J. Eudes la recommande d'une façon toute spéciale : « Vous pouvez vous en servir en tout temps, comme j'ai déjà dit ; mais je vous dis encore et vous exhorte de tout mon coeur de vous en servir toujours, tant que vous pour- rez, après avoir dit la sainte Messe ou avoir communié ». (2) C'est la prière bien connue faussement attribuée soit à saint Augustin soit à saint Ignace : « Anima Christi, sanctifica me ; corpus christi, salve me, etc. » Mais le Bienheureux — et c'est le point de vue sur lequel nous voulons fixer l'attention — ajoute cette invocation au Coeur eucharistique, au Coeur a que nous devons regarder en nous», suivant son expression : a Cor Jesu, pur if ica me, illumina me, accende me O Sacré-Coeur de Jésus, purifiez-moi, illuminez-moi embrasez-moi ! » Puis il con- tinue : « En disant ces paroles, donnez votre coeur au divin Coeur (1) Vie et Royaume de Jésus. P. VI, g 24, p. 460. (2) CoeurAdmirable Liv. P., ch. V, p.- 113,
  • 23. 262 Doctrine de Jésus qui est dans votre poitrine, afin qu'il le purifie, l'éclairé et l'embrase du feu sacré de cette fournaise ardente qui le brûle toujours dedans lui, et qu'il y établisse sa vie et son règne pour jamais ». Cette petite phrase : a Cor Jesu, purifica me, illumina me, accende me », est, à elle seule, une formule de prière très complète, car elle résume bien tous les besoins de la vie spirituelle : besoin de purification, besoin de lumière, besoin d'amour ; très effi- cace aussi, car elle s'adresse à la source de toute pureté et de toute lumière et à. la fournaise d'amour. C'est à peu près la même ardente supplication que le Bienheureux met sur les lèvres de ses Enfants dans YAve, Cor sanctissimum ; mais là elle s'adresse aux Coeurs de Jésus et de Marie considérés dans leur unité de pensées, de sentiments et de vertus, tandis qu'ici elle s'adresse exclusivement au Coeur eucharistique de Jésus. « Et purifica, et illumina, et sanctifica ». Ce sont aussi, du même coup, les trois voies purgative, illuminative, et unitive rattachées au Coeur eucharistique comme à leur centre et à leur foyer, et devenant, par là même, plus attirantes et plus aimables. Que si de cette brève mais importante prière l'on voulait un commentaire détaillé et exact, composé par le B. J. Eudes lui-même, il faudrait lire, au livre douzième du Coeur admirable la huitième méditation : « Que le Coeur de Jésus est une fournaise d'amour purifiant, illuminant, sanctifiait,, transformant et déi- jiant ». Nous aimons cette façon de comprendre la vie spirituelle et de la rattacher au Coeur eucharistique : elle inspire force et confiance. Car, comme le dit.très justement la Vénérable soeur Thérèse de l'Enfant Jésus, « plus on est faible et misérable, plus on est propre aux opérations de cet Amour consumant et transformant ». Fournaise d'amour transformant ! C'est bien, en effet, une transformation de notre coeur qui doit être, d'après le B. J. Eudes, le fruit de la pratique dont nous venons de parler. « En disant ces^ mots, donnez votre coeur au divin Coeur de Jésus qui est; dans votre poitrine, afin qu'il y établisse sa vie et son règne pour jamais». . La dévotion au Coeur eucharistique est donc bien, d'après le B. J; Eudes, un moyen d'établir cette «vie et royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes », qu'il a toujours désiré de toute l'ardeur de son âme. Il veut que « le Coeur de Jésus soit vivant et régnant dans notre coeur », que nous n'ayons avec Jésus «qu'une même volonté, un même sentiment, un même coeur tant corporel que spirituel» ; Jésus doit être notre esprit, notre coeur, notre amour; notre vie et notre tout. Et l'on peut croire sans présomption que si, à l'époque où il écrivait le Coeur Ad-
  • 24. Eudes et le Sacré-Coeur * 263 Le B. Jean Eucharistique mirable, c'est-à-dire au déclin de sa vie, le Bienheureux avait donné une nouvelle édition de sa « Vie et Royaume de Jésus, il l'eût intitulé : « Vie et Royaume du Coeur de Jésus dans les âmes chrétiennes ». * * * Des considérations précédentes tirons trois importantes con- clusions. La première est que, si l'on veut comprendre l'Eucharistie, il faut, de toute nécessité, penser au Coeur infiniment bon qui nous l'a donnée ; et d'autre part, c'est qu'ici-bas l'Eucharistie, et l'Eucharistie seulement, nous donne le Sacré-Coeur avec tout ce qu'il a et tout ce qu'il est. La deuxième, c'est qu'étant donnée la merveilleuse attrac- tion de l'amour, il n'y a rien de mieux pour attirer les âmes à la communion fréquente et quotidienne, à cette « consuetudo Jesu Christi», dont parle Pie X, que de leur faire clairement comprendre que, sous les voiles sacramentels, palpite, selon l'ex- pression du B. J. Eudes, le coeur d'un « père plein de tendresse ». Et notre Bienheureux aura eu la gloire de contribuer à ce ré- sultat si opportun, en se faisant l'un des précurseurs de la dévo- tion au Coeur eucharistique. La troisième, c!est qu'il n'y a pas de vraie dévotion au Coeur de Jésus réellement présent sous les saintes Espèces sans cette transformation du Coeur dont nous avons parlé tout à l'heure et que le B. J. Eudes exige de tous les vrais dévots du Coeur eucharistique. Cette doctrine est austère en apparence car toutes les fois qu'il s'agit de se réformer, de se perfectionner, notre pauvre nature se révolte ; mais, en réalité elle est douce et facile, puisque les efforts de notre coeur faible et misérable sont encouragés et soutenus par les grâces d'un Coeur dont la toute-puissance est au service d'une bonté infinie. Nous n'a- vons donc qu'à répéter avec confiance ces paroles que l'on enten- dait si souvent sortir de la bouche du Bienheureux, au cours de ses visites au Saint-Sacrement : « O amour ! ô amour ! Qui vous aimera ? O Jésus, plus de coeur, plus d'amour que pour vous ! O fournaise d'amour, échauffez, embrasez, consumez mon coeur, mon âme, mon esprit et mon corps dans vos divines flammes ». J. QAUDERON, eudiste
  • 25. 264 Doctrine LE PETIT SCEAU DESTÈME COURET (XIVe SIÈCLE) La merveilleuse collection d'art de M. le comte Raoul de Rochébrune, une des plus magnifiques de France, (1) contient un petit sceau en bronze, au nom d'Estème Couret, qui depuis longtemps a retenu mon attention. Encore inédit, je l'ai signalé en 1917, aux lecteurs de la Revue du Bas-Poitou (2), parce qu'il a été recueilli en province poitevine, au bourg de Curzon (Vendée), par le célèbre graveur- aquafortiste Octave de Rochébrune, père de l'érudit collec- tionneur qui le possède aujourd'hui. Il intéresse trop l'icono- graphie du culte rendu au Coeur divin dans la France médiévale pour qu'il n'ait pas sa place dans la somme de documents an- •cièns, relatifs à cette partie de l'Archéologie sacrée, dont Regnabit se propose de recueillir et de grouper les images. Description du Sceau de Couret. La forme générale de l'objet qui nous occupe est celle d'une sorte de cône hexagonal à pans infléchis, surmonté d'une boucle tréflée où passait une chaînette de suspension. Ce fut la forme ordinaire des petits sceaux, dits « signets », du XIIe siècle jusqu'au XVIe. La, partie gravée porte, dans une un double nimbe fait de deux cercles conjugués verticalement, un coeur, figuré en dessin au trait, et surmonte d une croix qui est plantée dans son sommet ; du pied de cette croix partent six rayons de gloire. Autour, se déroule le nom du titulaire du sceau : S' (sigillum) ESTEME COVRET. La Date du Sceau de Couret. La gravure de cet ensemble incisé dans le bronze est d'une fermeté d'exécution qui touche à la raideur, et ce caractère de rigidité m'avait paru, en 1917, se rapprocher de la facture de plusieurs autres sceaux du début du XVe siècle; depuis, j'ai remarqué la même sécheresse de trait sur nombre d'autres dont ; les dates s'échelonnent entre le XIIe siècle et la fin du XIVe. Elle ne peut donc être que le résultat de l'outillage employé (1) Au château de la Court-d'Aron, Saint-Cyr-en-Talmondais(Vendée). (2) Revue du Bas-Poitou, ann. 1917. IIIe Iivr.
  • 26. Le sceau d'Estème Couret 265 pour inciser le métal du signet, ou dépendre de la « manière » personnelle de l'orfèvre graveur, qui, du reste, fait preuve en ce travail d'une absolue maîtrise de son outil. Les lettres de l'inscription, de la forme dite « onciale », sont indiscutablement de la famille de celles qui furent com- munément employées sur les sceaux durant la première moitié du XIVe siècle ; elles furent abandonnées par les graveurs fran- çais, précise l'éminent sigillographe J. Roman, vers 1350, date où la minuscule gothique leur devient d'un usage habituel. (1) Pour attribuer au XVe siècle le sceau d'Estème Couret, il faut admettre cette hypothèse, exposée dans ma note de 1917, que le graveur ait employé pour écrire la légende de ce sceau, des poinçons beaucoup plus anciens que son temps — s'il s'est toutefois servi, comme c'était généralement l'usage, de poin- çons d'acier pour frapper la lettre avant la retouche finale du burin. — Assurément cette hypothèse ne sort pas du domaine des possibilités mais elle est si improbable qu'à moi-même qui ne l'ai jadis émise que par prudence, par souci d'exactitude chro- nologique, elle ne me paraît plus à retenir. D'érudits confrères en archéologie m'ont fait du reste judicieusement, observer, qu'à la rigueur, on la pourrait appliquer à tous les sceaux du monde, sauf à ceux, assez rares, qui portent des millésimes, ou à ceux, plus nombreux, qui appartiennent à des personnages dont la date de vie est connue. En dernier état de cause il apparaît que l'on peut, sans présomption, attribuer au XIVe siècle — première moitié, si le graveur a usé des lettres de son temps ; seconde moitié, s'il s'est servi de caractères un peu désuets — le petit signet d'Es- .- tème Couret. Le Sujet du Sceau de Couret. Pourquoi un coeur sur le signet de Couret ? Le nom patronymique Couret est le même que Coeuret, et si l'on applique à la lettre u de ce dernier nom le son latin ou, comme ce fut {ongtemps l'usage au Moyen-Age dans les pays de langue d'Oc, les noms Couret et Coeuret acquièrent une similitude de prononciation quasi totale ; étymologique- ment, l'un et l'autre sont des diminutifs du substantif coeur. En choisissant un coeur comme, motif emblématique de . son sceau, Couret faisait simplement, comme on disait alors, usage de ces « armes parlantes » qui passèrent souvent dans (1) J. Roman, correspondant de l'Institut : Manuel de sigillographie fran. iatse, p. 226. Paris, Picard, 1912.
  • 27. :«VB*'- 266 Doctrine les familles, de père en fils, durant des siècles* comme de vrais blasons populaires ; et le grand nombre d'armoiries nobles qui ont été «meublées» de cette façon nous montre combien au Moyen-Age, ce genre de symbolisme fut affectionné : les La Tour, comtes souverains d'Auvergne, les Créqui, les La Fare, les Mauléon, les Martel, les La Bourdonnaye, les Dupleix, pour ne citer au hasard, que ceux-là, n'ont pas blasonné autrement. Mais qu'est, en réalité le coeur du signet d'Estème Couret ? Deux suppositions seules sont admissibles : Ou c'est le coeur de Couret lui-même, ou bien, s'inclinant devant Celui qui régnait alors sur toutes les pratiques de la vie familiale — Christus régnât, Christus imperat, disaient en ce temps-là les monnaies royales de France — Couret voulut marquer son sceau du Coeur glorieux du Sauveur, le prenant tout à la fois comme un «, emblème parlant » et comme un signe protecteur, ainsi qu'à ces mêmes titres la tête de saint Jean-Baptiste était figurée, dans un linge ou sur un blason, au milieu des signets de Jean Cloche (1414) et de Jean Crête (1385), et le gril de saint Laurent sur celui de Simon Laurent (XIV s.). A la vérité, surtout vers la fin du XVe siècle, nombre d'ar- tisans, notamment les premiers imprimeurs libraires, représen- tèrent souvent, sur leurs firmes et marques professionnelles di- verses, leurs propres coeurs ; et quelquefois, tel Anthoine Vérard, , imprimeur parisien, le Coeur de Jésus et le leur, l'un au-dessus de l'autre, mais avec des attributs propres à empêcher qu'ils soient confondus l'un avec l'autre. Et ce caractère attributif me parait établi sur le petit sceau de Couret par ce fait que de l'endroit où la croix pénètre dans le coeur s'échappent des rayons. On sait que, dans l'iconographie religieuse du Moyen-Age, les rayons furent le signe spécial et réservé de l'état glorieux ; or, sur l'objet qui nous occupe, ils ne se rapportent pas à la croix, mais au coeur. S'ils étaient la glorification de l'arbre rédempteur ce ne serait pas de son pied que l'artiste les aurait fait jaillir, mais de son centre, c'est-à-dire du point de croisement du tronc et de la branche transversale,' comme ce fut toujours l'usage pour les croix rayonnantes. Assurément un artiste d'aujourd'hui ne les aurait pas superposées, mais concentrés davantage à leur point de naissance; le graveur d'alors parait surtout là s'être défié, non de son burin, qu'il maniait en maître, mais plutôt du métal qu'il travaillait et qu'il trouvait peut-être cassant. Attribués d'autre part au coeur de Couret, les rayons ne s'expliquent en aucune façon. Et s'ils ne sont applicables, en le cas présent, ni à la croix, ni au coeur du chrétien vivant qu'é- tait Couret, c'est que Celui qui est là, si fermement gravé dans.
  • 28. Le sceau d'Estème Couret 267 la chair inaltérable du bronze est bien le Coeur glorifié du Sau- veur Jésus ! Cette conclusion que je donnais en 1917, j'ai eu la satisy faction de la voir acceptée par de savants confrères en archéo- logie et par d'érudits spécialistes de l'iconographie du Coeur divin, notamment par le R. P. jésuite J. V. Bainvel. (1) Le Coeur de Jésus figuré sur un sceau du XIVe siècle cons- titue-t-il un fait qui puisse être qualifié d'insolite ? Non, assu- rément, pas plus que la figuration de ce même Coeur sacré sur la gravure murale du donjon de Chinon que j'ai signalé dans Regnabit du mois dernier (janvier 1922). Et précédemment l'article si documenté de M. Emile Hoffet, Le Sacré-Coeur au Moyen-Age en Allemagne et en France, ne prouve-t-il pas, mieux que je ne saurais le dire, combien les monuments littéraires du culte du Coeur divin nous sont restés nombreux de la piété du XIVe siècle en ces deux pays ?.. Une telle ferveur de pensée ne pouvait pas aller sans s'extérioriser en quelques monuments représentatifs. Les documents d'art de cette même époque, insoupçonnés ou presque il y a quinze ans, alors qu'on ne citait guère que le coeur divin sculpté sur le crucifix de l'abbé Trémy, de Taren- taise, (2) commencent à se montrer moins rares qu'on le croyait alors, les études actuelles et les recherches en cours.ne peuvent manquer d'accroître le nombre de ces précieux et vénérables témoins de la piété d'autrefois : Regnabit et ses amis y contri- bueront grandement, j'en ai la ferme espérance. Loudun, décembre 1921. , L. CHARBONNEAU-LASSAY. (1) J. V. Bainvel : La dévotionau Sacré-Coeurde Jésus. Append. III, pages. 640-641.Paris, Beauchesne, 1921. Eléments d'IconographieChrétienne,ch. IV, p. •84. (note) — Lille,Cf. L. Cloquet.Brouwer, 1890. (2) Desclée et de
  • 29. 268 LE COEUR EUCHARISTIQUE DE JÉSUS au Quinzième Siècle. Le coeur sacre de Jésus blessé par la flèche de l'amour - enfermé dans la couronne d'épines - percé par la lance. Le coeur eucharistique: 1) au-dessus au calice - 2) ostensoir et source de la sainte hostie. (Gravure çur bois allemande du XV" siècle, communiquéepar le R..P. Rich- staetter, S. J.)
  • 30. Le Hiéron 269 La Société du Règne Social de Jésus-Christ : à j>ctray~le-)tfonial (Suite) IV. - APOSTOLAT ACTUEL DU HIÉRON Visite expliquée (Suite) SALLE DES HOMMAGESET DES PROMOTEURSDU RÉGNE SOCIAL De tous temps, les adieux aux êtres aimés ont été une des scènes les plus touchantes de la terre. Ce sont les heures où le coeur se livre et où se font les suprêmes échanges. Le Christ Jésus, qui voulut avoir tout de l'homme sauf le péché, se soumet à cette loi commune. C'est au dernier soir de sa vie terrestre qu' 11 scella la « Splendeur du Père » sous l'humble apparence de l'Hostie et renferma le Verbe éternel dans le silence eucharistique, et cela jusqu'à la consommation des siècles (1) Pour Marguerite-Marie, sa confidente il n'agit pas autre- ment. Déjà plus de 60 fois il s'est communiqué à elle. Mais c'est en 1689, l'année qui précède sa mort, qu'il lui révêlera le grand désir' de son Coeur. H change soudain de ton avec elle. Ce n'est plus l'accent de la tristesse, du regret, de l'amoureux reproche. Il commande. Il parle en Roi. Je veux, dit-II, que mon coeur soit adoré dans les palais des grands (de ceux qui alors détenaient le pouvoir). Je veux un temple national. Je veux la consécration et les hommages (2) du Roi (3) et des Grands. Je veux que mon Coeur soit peint sur les étendards. (4) C'est ce que nous appelons avec juste motif, les grandes Révélations ou Révélations sociales. N. Seigneur en réclamant ce culte social n'innovait rien. Au moment où l'absolutisme de Louis XIV, par une cen- tralisation outrancière, menaçait d'ébranler les fondements de (1) Matth. XXVIII. 20. , 0) C'est en suivant la pensée et ies paroies de Mar?uerite-Marieque nous séparons comme elle les consécrations,actes du chrétien s'adressant à son Pieu et les hommages, ctes du citoyen qui s'adresse à J-C. en tant que Roi des Sociétés. a (3) « Le Prince, en tant que prince, n'est pas regardé comme,un homme ... particulier ; c'est un personnage public. Tout l'Etat est en lui» (Bossuetj. C'est donc bien la consécration et les hommages de l'État que réclame le Sacré-Coeur (3) Lettres de juin et du 28 août 1689de Marg.-Marieà la Mèrede Saumaise.
  • 31. 270 Doctrine la société d'une part, et de l'autre de faire perdre au Roi cons- cience de la sujétion au pouvoir moral de l'Église, J.-C. inter- venait en imposant la reconnaissance de ses Droits suprêmes auxquels la Chrétienté s'était soumise pendant neuf siècles. Cette salle toute entière confirmera notre assertion. Elle montrera aux visiteurs les hommages publics, officiels rendus par les Princes, par les Républiques, par les Rois et les Empereurs au temps de la Chrétienté à Celui qui est le Roi des Rois et te Seigneur des Seigneurs, « Dominus dominorum est et Rex regum (1) et qui aux yeux de tous, au jour du jugement général, paraîtra portant sur sa cuisse ses titres souverains. « Et habet in femore suo scriptum » : Rex regum et Dominus dominantium » (2) D'ailleurs si les sociétés, toutes visées dans la société fran- çaise, rendent à nouveauau Christ les hommages qu'il demande, Il ouvrira encore sur elles les trésors de sa miséricorde — « S'H triomphe, comme II le veut, du coeur du Roi, et par son entre- mise de celui des grands de la terre, Il abattra à ses pieds les têtes orgueilleuses et superbes, nous affirme Marguerite ; Il le rendra triomphant de tous les ennemis de l'Église,.... de tous ses ennemis visibles et invisibles. Il répandra ses bénédictions sur toutes ses entreprises (3) On sait que Louis XIV n'écouta point le message de l'hum- ble religieuse. On sait que cent ans après, au rebours de Jésus-Chrsit établis- sant ses droits en créant et rachetant l'humanité, cette pauvre hu- manité déclarait les siens d'une façon destructive et pitoyable. Elle . le faisait aux sourds grondements de la guillotine invisible des idées fausses. Ces idées fausses, en rasant dans les âmes la foi, les espoirs divins, les liens de la charité entre les classes, écrivaient leurs premiers triomphes sur les échafauds de 1793 ; elles les ont con- tinués dans les barbaries de Luther pendant la grande guerre de 1914rl918 et avec des cris d'affranchissement plus reten- tissants encore, elles atteignent leurs dernières conséquences dans le bolchevisme qui ruine, affame, torture, pestiféré un empire de 180 millions d'habitants et aspire à l'hécatombe universelle. Oui, pauvre humanité ! « Quand elle renie le Ciel, le Ciel peut se reposer sur elle-même du soin de Le venger et de la punir ; entraînée par son délire, elle tombe dans l'abîme de l'anarchie » (4) Mais Jésus-CHrist est Médiateur et Sauveur. Et dans ce désarroi (1) Apoc. XVII, 15. (2) Apoç. XIX. 16. (3) Lettres déjà citées. (4) Panég. de S?Augustin, Père de Neuville.Nous nous permettons de mettre ici au présent ce que ce penseur prédisait 45 ans avant la grande Révolution.
  • 32. Le Hiéron 271 général des consciences et des événements, tous les Catholiques se retournent vers son Coeur Sacré comme vers l'Arche de salut:. Tous, des plus grands : Léon XIII, Pie X, Benoit XV, aux plus petits : nous croyons avec certitude aux promesses politiques du Christ. Auteur et détenteur de la paix et de la prospérité, Il les rendra aux nations quand les nations se soumettront au Règne de son amour. On comprendra que devant la Ie vitrine dont les médailles, les objets d'art,le sceau authentique du Concordat de François lr et Léon X, un écrit, authentique aussi de Marguerite-Marie, les souvenirs du Roi-Martyr, rappellent les diverses phases de la religion en France, nous devions donner ainsi la philosophie générale de cette salle à des visiteurs dont beaucoup ne con- naissent l'histoire que depuis 89 et par les Manuels primaires ! . , Bien d'autres connaissent les faits, mais selon la pensée de Mr Guizot on doit les aider à rechercher les causes, à déduire les conséquences sans quoi le présent ne serait jamais pour eux Maire par le passé. Pour développer le courage de travailler à la rénovation sociale suivons-en, dans une série de Portraits, les illustres Pro- moteurs qui, « ne craignant que Dieu, libérèrent le monde » (1) C'est d'abord Constantin (305-337). Il chevauche à la tête de son armée qui s'échelonne entre Châlon et Louhans (2) dans 3a province bénie qui doit un jour recevoir la révélation du Sacré- Coeur quand à ses regards stupéfaits une lumière éclatante irradie dans les airs la Croix sacrée et il Ht les paroles mystérieuses : •«Par ce signe tu vaincras ». Obéissant à la voix divine, Constantin fait exécuter son fameux « Labarum ». Il le déploie à la Bataille du Pont Milvius que nous montre la fine gravure de Belli (n° 202) (3) où ses lé- gions électrisées fondent sur Maxence, assurant à Constantin un empire qu'il déclare hautement devoir au Christ et que, du même coup, il ouvre à tous les chrétiens, car l'étendard du La- barum portait dans ses plis l'édit de Milan (312). (1) Bossuet. Politique de l'É. Ste. (2) Les savants ont longuement discuté pour savoir où avait eu lieu la lro apparition de la Croixà Constantin. Après de sérieuses controverses,l'opinion la plus accréditée la place dans les environs des villages-de notre région, entre les hameaux de La Barre, de Lux, de Bellecroix,de Lusigny, au sud-est de Chalon- sur-Saône. ans cette incidence,on ne s'expliqueraitpas mêmele nom de Labarum, S nul n'ayant pu trouver à ce mot une racine latine ou grecque. Voir à ^ce sujet Histoiredu duché de Bourgogne,par Courtépée, Vie de S' Légerpar Dom Pitra, lé Labarum par l'abbé Canet, les six intéressantes Conférencesde M1le Chanoine Gaudeau en 1902. (3) Un sculpteur, amateur de gravures, venant l'an dernier au Musée,s'arrêta •ongtempsdevant celle-ciet déclara que pour la posséder il donnerait toute la salle.Ces paroles hyperboliques témoignent cependant de la valeur de la gravure; «lies représentant le *Triomphe de l'Eucharistie » exécutées d'après les cartons da Rubens sont encore plus suggestives.
  • 33. 272 Doctrine Voyez ici ce farouche et franc regard dominé par une force supérieure. C'est le portrait de Clovis, qui s'écrie à Tolbiac : « Dieu de Clotilde, à moi la victoire.et je t'adore !— Et Dieu donne la victoire pour qu'en tout temps, la France adore. Quel est cet autre qui assied notre patrie « comme une Reine au milieu des peuples naissants » ? Sa physionomie n'a plus rien de farouche. Mais elle en impose à tous par son carac- tère de sereine noblesse. C'est Charles le Grand (Portrait de Charlemagne 768-814) qui a voulu recevoir la couronne impé- . riale du Christ lui-même se survivant en la personne de S* Léon, pape. Étonnez-vous après que dans 53 guerres, il soit victorieux des Lombards sacrilèges, des Arabes musulmans, des Saxons, idolâtres, qu'il jette les fondements de la Chrétienté par ses inoubliables Capitulaires, affirmant l'heureuse vassalité des na- tions du Moyen-Age vis-à-vis de leur Roi suprême : « Christo Jesu régnante in perpetuum ». Elle va être, avec le signe auguste de la Trinité, la formule de tout grand acte civil pendant le Moyen-Age. Tels se patron- neront les contrats d'achats, les traités, les testaments .De Char- lemagne à Louis XII les monnaies elles-mêmes seront frappées à l'effigie ou au monogramme du Roi suprême, ainsi que nous le prouvent de beaux écus d'or et d'argent dans la 3e vitrine. Le Christ-Hostie ne préside. pas seulement aux lois qui s'inspirent alors de la morale de l'Église et respectent ses dogmes; le peuple, les grands Le reconnaissent comme le "vrai Dieu des batailles. En élevant son drapeau chargé aux cinq plaies du Christ, Alphonse Henriqùez de Bourgogne a culbuté à Ourique 5 émirs maures (1) (1139). Il nous convenait d'admirer sa tête d'extatique et de roi. Portrait d'Alphonse lr — Aux croisades, pendant tout le cours du Moyen-Age, à l'exemple de ce souverain, Jésus-Hostie est triomphalement porté dans son Char sur les champs des combats. Nous voici en 1176, à la bataille de Legnano (Grand panneau de droite). C'est un corps à corps, un cheval à cheval poignant et magnifique. Les troupes gibelines, celles de l'empereur Barberoussë semblent d'abord l'emporter. Mais, au moment le plus décisif, un moine après avoir célébré la messe sur le Char eucharistique qui se profile à l'horizon donne la béné- diction aux armées représentant le droit et les Guelfes, partisans du Pape, remportent une victoire libératrice. Maintes fois, ces années-ci nous avons eu l'occasion de faire comparer aux poilus, revenant de la grande guerre, la différence fl) Voir l'article précèdent dans RegnabitSalle des Consécrations- et tout le récit de la bataille dansGinther1.1,Cons IX «S. S. Coret nomen Iesu,utrumque scuttim inexpugnable contra omnes hostium insultus etc. page 68.
  • 34. Le Hiéron 273 de portée civilisatrice entre ce geste moralisateur qui protège le droit et unira les victimes au Sacrifice des autels, à l'acte brutal qui, au nom du progrès, lance les gaz lacrymogènes fai- sant des milliers d'aveugles, des gaz narguant tout héroïsme individuel comme les droits les plus indiscutables. Retournez-vous d'ailleurs.et jugez si la Chrétienté trouva dans l'Hostie de moindres inspirations au point de vue des arts qu'au point de vue diplomatique. Une Arche eucharistique dont s'enorgueillirait le musée de Cluny atteste le génie de l'inspiration comme celui de l'exécu- tion avec ses merveilleux ivoires représentant le duc et la duchesse d'Albano auxquels elle appartint, les apôtres, les 4 évangélistes, les symboles eucharistiques, tous les emblèmes de la Passion et plus de 80 figurines de saints et de prêtres. Pendant trois siècles, cette arche sainte porta le Dieu voilé mais tout-puis- sant au milieu des luttes entre chrétiens et turcs, guelfes bu gibelins. Elle est l'ancêtre vénérée des autels portatifs de nos prêtres soldats, supérieure en beauté intrinsèque, « oh combien ! égale en fécondité morale, en rempart contre la licence, en sur- naturelle beauté communiquée aux âmes. Comment Barberousse avait-il pu vouloir, avant Legnano, en pleine chrétienté, prévariquer contre le Pape ? Il n'avait plus présent à la mémoire l'acte de foi de son premier devancier sur le trône du Saint-Empire, acte de foi que Rubens a immor- talisé, et que Salvator Martinez Cubells, un artiste attaché au Prado (musée de Madrid) a reproduit pour le Hiéron. (1) A la vue d'un prêtre à pied portant le SMsacrement, Ro- dolphe comte Suisse cède au moine son propre coursier qu'il conduit lui-même par la bride, à travers un torrent (n° 130). Arrivé à la chaumière où il va porter le viatique, le prêtre se retourne vers Rodolphe : Mon fils, lui dit-il, Jésus-Christ ne se laisse jamais vaincre en générosité : tu lui as donné ta monture, Il te fera monter au faite du S* Empire. Et Rodolphe, de simple seigneur suisse devient empereur et fonde la dynastie des Habs- bourg. Qu'ils viennent à sa suite se ranger fièrement dans cette salle les héros qui défendirent les droits du Christ Jésus. Qu'ils nous redisent les protections divines éprouvées par eux bien avant même les promesses de Marguerite-Marie. C'est S* Ferdinand, roi d'Espagne (1217-1251) qui repousse les Maures de Cordoue et de Séville ; Jean 1er roi de Portugal qui les défait à Ceuta ; Isabelle la Catholique (1450-1504) qui termine splendidement la lutte contre le croissant dans la pé- ninsule Ibérique en lui arrachant Grenade (1492). (1) CrtEfbleau de Rubens porte au Prado le n° 1566.
  • 35. 274 Doctrine Vaincu à l'Occident, Mahomet veut au moins augmenter ses possessions d'Orient. Déjà, depuis longtemps les croisés se sont levés contre lui, tantôt avec leurs rois, tantôt avec leurs seigneurs et leurs doges. Au XVIe siècle, un grand pape surtout, S* Pie V (1) organise là flotte, stimule l'honneur de l'héroïque Bragadino (2) que nous sommes heureux de saluer en passant et met à genoux la chrétienté pour obtenir la victoire de Lépante (1571) Cinq tableaux qui s'y rapportent occupent le panneau du fond. Dans le principal, Paul Véronèse met en mouvement les deux vaisseaux amiraux des adversaires qui s'agrippent et vont s'éventrer. Mais sur celui des chrétiens, commandé par Don Juan d'Autriche, deux anges apparaissent, l'un porteur de la Croix, L'autre de l'Eucharistie. C'est assez dire. C'en est fait. Les chrétiens remportent un triomphal succès. Heureuse époque où l'on faisait appel au génie pour redire franchement aux siècles futurs que la victoire venait de Dieu ! Le catholicisme n'a point seulement à se défendre, sa grande mission est de conquérir les âmes. Inclinons-nous devant Chris- tophe Colomb (3) (f en 1505) et Vasco de Gama (4) (1525) dont le but principal en découvrant de nouveaux pays était de leur ap- porter la bonne nouvelle de l'Évangile. Par une de ces idées profondes dont il est coutumier, Vasco de Gama veut que le pre- mier Etre qui prenne possession des terres qu'il aborde, ce soit le Christ Jésus, et il fait célébrer la Sainte Messe lorsque son vais- seau est encore à l'ancre et qu'il vient d'atteindre les Indes (Curieuse marine du XVIIe s. n° 181). Non loin de là les ors fins de la coupole de S* Marc rutilent sur le fond azuré du ciel de Venise et jettent des reflets joyeux sur la vaste place couverte d'innombrables groupes qui proces- sionnent majestueusement. Le doge Cigogna a consacré la répu- blique de Venise au S* Sacrement et il a ordonné que toutes (1) Voir sa belle vie, par Falloux, en 2 volumes. (2) Bragadino résista 11 mois dans Fàmagousteassiégéepar les Turcs, afin de retenir une partie de la flotte ennemieet d assurer ainsi le succèsde Lépnnte. Héros indomptable, il vint après l'entrée des musulmanstraiter de l'embarque- ment des chrétiens sous la tente de Mustapha. Celui-ci,violant le droit des gens, , fit saisir, mutiler et écorchervif l'intrépide gouverneur.Bragadinosupporta l'af- freux supplice sans une plainte. Il agonisa, nové dans son sang, en répétant les paroles du Miserere: « Lavabis me et super nivem déalbabor... Tune acceptabis sacrificium justitia? et holocausta. » (3) Le célèbreartiste contemporain Cubellsa restitué à l'art et A l'histoire le portrait de ChristopheColombà l'occasionde son dernier centenaire. (4) On sait que Vasco de Gama dans une épouvantable tempête qui mena- çait de l'engloutir, saisit un tout petit enfant et l'élevant au-dessusdes flots en rage, s'écria : (O Seigneur, au nom de cet innocent, sauve-nous,pécheurs que nous sommes! » Les flots se turent et Vascodoubla le cap de Bonne Espérance. (5) Spera in Deo, fac bonitatem. et habita terram et pasceris in divitias ejus- (Ps. XXVI, 3)
  • 36. Lé Hiéron 275 les corporations de juges> d'hommes d'affaires, de seigneurs et d'ouvriers viennent en grand décorum accompagner Celui qui est désormais Roi de la cité. Excellente inspiration ! Que n'est-elle suivie de tous les présidents de République. Dieu n'a-t-il pas dit « Espère en Moi, fais le bien et je te repaîtrai de mes richesses»? (5) Voici que ces richesses abondent, que Venise est glorieuse sur terre, victorieuse sur les flots et qu'on la surnomme la Reine des mers (n° 138). Faut-il que le protestantisme ait jeté un tel aveuglant virus dans le regard de l'homme qu'au lieu de mettre sa vraie gloire à dépendre publiquement d'un tel Bienfaiteur, il ait osé poser sa courte raison en face et contre Lui, et en dernier ressort dé- clarer qu'il marcherait bien et progresserait sans Lui. « Mon rêve, disait un jour Jules Ferry à Paul Bert, serait de reconstruire la société sans Dieu ! » Rêve d'un fou et d'un orgueilleux. Mais d'ailleurs quel est l'orgueilleux qui n'est pas fou par quelqu'endroit. Rêve de rationalisme, fils du protes- tantisme. (1) Qui donc ouvrira les yeux de l'homme et confondra sa su- perbe ? Le grand Vivant parmi nous, Celui qui est (2) et peut nous tirer du mensonge comme II nous a tirés du néant. Rubens de son génial pinceau et par une superbe et vaste toile, la Con- version du Duc de Brunswick (n° 167) va nous le prouver. Ce farouche protestant amène à Assise sa jeune femme pour lui procurer le plaisir d'assister à cette chose curieuse qu'est une messe ; de catholiques ! Or, voici qu'après la consécration, le célébrant S» Joseph de Cupertino en personne emporté par un transport d'amour dont il ne peut se défendre, s'élève dans les airs, environné de rayons de flammes qui jaillissent de l'Hos- tie sainte, « in lumine tuo videbimus lumen » (3) Bruns- wick voit clair. Or voir clair pour l'homme, c'est s'humilier. 11 jette un genou en terre et.s'écrie : Jésus^-Christ est là dans cette Hostie, et que tous les Luther et Calvin en doutent s'ils veulent ! Moi, je serai son disciple et son apôtre ! (!) Vingt foisau coursdes siècles,le Seigneura connuce rêve de folle ingra titude, insufflé par Satan. Souvent II s'en est ri. Mais jamais peut-être par des paroles plus expressivesque cellesrci: Dans la grandeur de ta sagesse,et dans ton négoce,tu as accru ta force et ton coeurs'est enflé commes'il était le coeur de Dieu Voici donc que sur' toi, je conduiraides ennemis; ils lèveront leurs glaives nus sur l'orgueil de ta sagesseet ils détruiront ta beauté apparente; Et alors, toi qui n'es que mortel et non Dieu, devant ceux qui te tueront, diras-tu encore n Je suis Dieu » In multitudine sapientioetuoe et in negotionetua multiolicastifortitudinem tibi et elcyatum cor tuum quasi cor Dei. . 'dcirco ecceEgo adducamsuper te aliénaset nudabunt gladiossuos super put- tnntudinemsapientioe tuoeet polluentdécorum tuum. Numquiddicensloqueris: Deusegosum, coraminterficientibuse cumsis homo « non Deus. EzéchielXXVIII, 5, 7, fl. t (2) B go sum qui sum. (3) P. XXXV, 10.
  • 37. 276 Doctrine Comme Augustin et Bossuet, Rubens aime l'antithèse. D'un côté un vieux serviteur huguenot auquel Brunswick montre l'éclatant prodige, refuse de regarder et s'arrache les cheveux de désespoir. — Il n'y a tel aveugle que celui qui ne veut pas voir, dit la Sagesse des nations. De l'autre, un tout jeune homme aux yeux profonds et candides, se prosterne. « Il voit, il croit, il est désabusé »! (1) Soies, acier, brocarts, tonalité des chairs, tout est resté de même fraîcheur que lorsque ce drame vivant sortit il y a près de trois siècles de l'atelier des peintres flamands. Un sentiment de regret empoigne les visiteurs quand ils quittent cette galerie — Quand donc reverront-ils l'empreinte du Catholicisme sur les sociétés en temps de paix comme en temps de guerre ? Quand donc un homme public, roi ou prési- dent osera-t-il dire devant les ricanements des faux philoso- phes et les cris de la foule conduite, depuis deux siècles, à renier ses propres intérêts. « J'affirmerai, par un acte officiel la vérité religieuse, celle qui est le principe de tout bien ». Sans doute, pendant ces deux siècles, tout ce qui regarde le culte privé du Sacré-Coeur, les communions, les heures saintes, les gardes d'honneur, des pratiques de piété et de pénitence se sont répandues dans le monde entier depuis le Bx Eudes et Marguerite-Marie. Mais qui donc a écouté et accompli les Révé- lations sociales ? Quel homme de nos jours, même après avoir prié à l'église pour Uavènement du Règne social du Sacré-Coeur, se regarde au sortir de là comme son défenseur et son conqué- rant ? Quel homme pour rétablir les droits souverains du Christ se consacre à l'école, à la Presse, aux mandats publics. (2) Quel est celui qui a osé dire.« De ceux-là, je serai le premier ». Seul moyen d'ailleurs pour qu'il y ait des seconds et des troi- sièmes. Regardez-le. Il devait avoir sa place au Hiéron. Lèvres franches, sourcils volontaires, regard de penseur, front de lu- mière : c'est Garcia Moreno. En 1873, il promulgua la loi décla- rant l'Equateur République du Sacré-Coeur. La secte maçonnique fille de Satan « qui est homicide depuis le commencement du monde, le frappe de son poignard. 11tombe. Que lui importe ! Il s'écrie : . « Mais Dieu ne meurt pas ! — Après lui, un jeune Souverain, sympathique à la France, sent son royaume ébranlé sous les menées révolutionnaires. Il cherche son point d'appui dans les deux. Le 30 mai 1919, Al- fonse XIII voue officiellement l'Espagne au Sacré-Coeur. Puis- se-t-il continuer à l'y fixer pour toujours. (3) v (1) Polyeucte. - -(2) Nousreviendronssur ce point important : la vraie piété, la vraie religion ne peut ni ne doit rester privée : elledoit se prouver et s'épanouir en dévouement social. . (3) Le tableau est déjà commandéqui remplacera les photographiesde cet événement, un' des premiers couronnementsde la croisade de l'Intronisation, prêchéepar le R. P. Matthéo.
  • 38. 277 Le Hiéron Elle Il ne nous reste plus à envisager que la Salle Centrale. ainsi dépasse les autres parce qu'elle les résume toutes et présente à elle seule une synthèse abrégée du Règne social de J.-C. (1) GEORGES DE NOAILLAT (A suivre) Direeteur du Hiéron et de la Société du R. S. J. C. GRAVURE DE 1839. : nous y (U Nousrénétonsici que ces articles ne sauraient servir de guideleur mng sans décriionsksaSxSd'aprés la logiquede la pensée,, des. toiles et harmone de classement,conditionné souvent .par la dimension vou^ cuivre la générale.Dans cet article surtout, nous ayons vo ontairemen^introduit^ansdes salle des Hommagesdes portraits disposésactuellement d.f^ 'e Yfhbule le Eerrapton.seront Promoteurs,mais oui, si le temps desles ressourcesnous muséed instruction et prochainement lacés dans la salle p Hommages. ans un D et d'apostolat l'art doit être au servicede l'idée.
  • 39. 278 Doctrine La Théologie du SacrérCoeur et le Protestantisme 1. -Les Premiers Réformateurs (Suite) - d) Les Mystiques C'est un fait bien remarquable que les Mystiques catho- liques, loin de se sentir gênés et comme enchaînés par l'ensei- gnement dogmatique de l'Église, ainsi que parfois on l'insinue, se sont toujours montrés au contraire et avec la plus parfaite aisance les disciples les plus dociles et les plus dévoués de l'Épouse de Jésus-Christ. Un saint Bernard, une sainte Thérèse, à qui l'on ne peut certes refuser le titre de mystiques éminents, un saint Bonaventure, un saint François d'Assise n'ont point l'idée d'opposer leurs révélations privées, leurs intuitions, leurs expériences à la doctrine officielle de l'Église. Ils savent et ils proclament que cette doctrine, immortelle et infaillible, juge les inspirations et n'est point jugée par elles. Ils savent que toute vraie mystique repose sur l'obéissance, l'humilité, la foi. Luther avait dit cela, à maintes reprises, au début de son enseignement à Wittemberg, jusqu'à 1514, environ. Mais rapidement, le sens propre, dont se défiaient si jus- tement les grands Mystiques du passé, l'avait entraîné à des déviations, chaque jour grandissantes, puis l'avait obstinément attaché à ses erreurs, Par une logique fatale, son exemple était devenu conta- gieux. A peine avait-il opposé le principe biblique à la règle et à la loi de l'Église, que la Bible qu'il brandissait triomphale- ment contre le Pape, vicaire de Jésus-Christ, devenu pour lui l'Antéchrist, donnait lieu à mille interprétations diverses. Chacun la traduisait à sa guise. Les opinions et les sectes pullulaient. La vraie mystique se muait en illuminisme. Le protestantisme était condamné à se balancer entre un littéralisme biblique, des- séché autant qu'arbitraire, et un mysticisme affranchi de toute règle, de tout contrôle et, la plupart du temps, de toute raison. Ceux, que nous appelons ici les mystiques protestants ne sont guère que des illuministes. Luther, qui avait donné le signal à toutes leurs rêveries, en était venu bien vite à les détester et à les condamner. 11 les appelait « les fanatiques », les « vision- naires », les « extravagants » — Schwarmer, Schwarmgeister, « les esprits de tapage ». Contrairement à ce qu'on vient de dire des mystiques ca- tholiques, les mystiques protestants ont l'horreur de toute or- thodoxie. La marque de l'inspiration pour eux c'est de dire au-
  • 40. Les mystiques v 279 protestant? . trement que les autres. Ils ont renversé les normes tradition- nelles dans l'Église. On disait jusque là : nouveauté, signe de mensonge. Pour eux, nouveauté est signe de vérité. L'Esprit qui les animé se plaît dans les contradictions. II n'y a pas grand chose à glaner dans les écrits échevelés et boursouflés de ces cavaliers de la chimère. Si parfois, on y trouve une pensée ou une expression heureuse, on peut être sur qu!ils l'ont volée aux mystiques du Moyen-Age, dont ils s'inspirent plus qu'ils ne l'avouent et plus qu'ils ne croient peut- être. Ou bien encore, c'est qu'en s'opposant à Luther et à l'or- thodoxie protestante, ils sont revenus, souvent sans le savoir et sans le vouloir, à quelque point de l'orthodoxie catholique. Quelques indications sommaires sur l'école illuministe ou mystique protestante suffiront à nous montrer une fois de plus que notre magnifique dévotion au Sacré-Coeur ne pouvait naî- tre, se développer et se maintenir, en sa pureté parfaite, qu'au sein de l'obéissance et de la discipline doctrinales, réalisées par Jésus-Christ dans son Église, hiérarchisée et visible, l'Église catholique romaine. * * Les deux plus remarquables représentants du mouvement mystique, parmi les protestants de la première génération, fu- rent Caspar Schwenkjeld et Sébastien Franck. Schwenkfeld appartenait à une noble famille de Silésie. Il était né, six ans après Luther, en novembre ou décembre 1489. Ses études l'avaient promené en Allemagne, notamment à Co- logne, à Francfort-s-1'Oder. Le duc de Silésie l'avait attaché à sa cour de Liegnitz. C'était un esprit aventureux, inquiet, ami des nouveautés, comme il n'en manquait pas alors en Allemagne. Ce sont de tels esprits qui ont fait le succès du Luthéranisme, puis qui l'ont limité en le dépassant. Schwenkfeld, en effet, passa avec enthousiasme à la doctrine de Luther, dès que celui- ci eut été mis au ban de l'Empire, à la diète de Worms (1521). L'entêtement du Réformateur lui faisait une auréole. Schwenk- feld devint le chef du mouvement luthérien, en Silésie. Mais quand éclata la querelle sacramentaire entre Luther et Zwingli, à propos du dogme de la présence réelle, Schwenkfeld prit parti contre Luther et se vit dès lors en butte aux persécutions achar- nées de son ancien maître. Il dut quitter sa patrie, errer de ville' en ville à travers l'Allemagne. Il ne cessa cependant de prêcher et de se faire des adhérents : Opposé à toute organisation ec- clésiastique, il se contentait de grouper ses disciples en petites congrégations, dont quelques unes se sont maintenues, en Al- lemagne, et aussi en Amérique, presque jusqu'à nos jours.
  • 41. 280 Doctrine Le principe fondamental de Schwenkfeld est l'union directe, intime et, profonde, de chaque homme avec Dieu. C'est le mys- ticisme sans contrôle, sans frein, sans règle, le mysticisme/indi- viduel et anarchique. Schwenkfeld aurait voulu — comme il le devait logiquement, — supprimer toute prédication et tout sacrement. Mais ce qui nous intéresse ici, — au point de vue du culte de l'humanité et notamment du Sacré-Coeur de Jésus, — c'est le néo-eutychianisme de Schwenkfeld. On sait que par une réaction excessive contre le rationa- lisme de Nestorius, Eutychès avait enseigné, au début du Ve siècle, la doctrine de la divinisation de l'humanité dans le Christ. Le Concile de Chalcédoine avait condamné, en 451, après de mémorables incidents, cette erreur assez grossière. Le mono- physisme s'était perpétué quand même, en de vastes régions de l'Orient. Or, Schwenkfeld revient à une doctrine à peu près sembla- ble. Il s'oppose notamment à la Christologie de Zwingli, qui à force de séparer, les deux natures, humaine et divine, dans le Christ, en faisait équivalemment deux personnes distinctes, à peu près comme Nestorius. Il unit si étroitement la chair du Christ à sa divinité, qu'il veut qu'elle ait été progressivement déifiée, déjà au cours de sa vie terrestre, avant de l'être complètement et définitivement, après sa mort et sa résurrection, dans la gloire céleste. Dans ces conditions, notre culte s'adresse aussi bien à l'hu- manité du Christ qu'à sa divinité qui ne font plus qu'une seule chose. Le Sacré-Coeur serait adorable, en lui-même, et non pas seulement en tant que nous conduisant et appartenant à une personne divine. . Schwenkfeld, à vrai dire, n'a pas eu l'occasion de tirer cette conclusion. Empêtré dans des formules mystiques qu'il emprunte, en les modifiant à sa guise,, soit à Maître Eckart, soit à Tauler, soit à la Théologie allemande, il remplace par des rêveries sans consistance et sans suite les salutaires disciplines qu'une dévo- tion sincère impose à l'âme. . C'est du reste le caractère de cette fausse mystique qu'elle s'épuise en formules bizarres et incohérentes, sans aboutir au perfectionnement moral dé l'individu. Or, ce sont les fruits qui révèlent principalement la valeur d'une doctrine : « Gardez- vous des faux prophètes qui viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans, ce sont des loups ravisseurs. A leurs fruits vous les reconnaîtrez... » (Math. VII, 15. 20) Cette parole de Jésus est l'une des règles essentielles du ' « discernement des esprits ».
  • 42. Les mystiques protestants 281 La vie du mystique protestant Sébastien Franck ne fut guère moins agitée que celle de son contemporain Caspar Schwenkfeld :; nouvelle preuve que la mystique non catholique est presque toujours condamnée à être en marge des églises, ce qui lui vaut, du reste, l'admiration, des historiens à la Michelet. Sébastien Franck, né en 1499, à Donauworth (Souabe) est surtout remarquable, comme historien populaire, chroniqueur et conteur intéressant. Mais sous le couvert de l'histoire, — historia indocta, disait Mélanchthon, — il faisait passer son es- prit de révolte et ses invectives contre les autorités établies, tant spirituelles que temporelles. Il professait une sorte de doc- trine panthéistique et mystique, également opposée à l'église hiérarchisée de Rome et à l'église bibliciste de Wittemberg. Il disait volontiers que Luther n'avait fait que substituer un «Pape de papier » — la Bible, — au Pape romain. Luther de son côté appelait Franck « le calomniateur — Lastermaul ! — pré- féré du diable ». Chassé de Strasbourg, d?Ulm, d'autres lieux encore, pour ses attaques contre les « trois fois » (Luther, Zwingli, Calvin), il propageait inlassablement ses idées, sans pour cela vouloir fonder-d'église, au moyen de ses petits pamphlets, très vivants, très étranges et très lus : « Les 280 Paradoxes » — « L'Arche d'or » — « Le Livre martyrisé », etc. Il mourait à Bâle, obscu- rément, vers 1542. La Christologie de Franck est assez différente de celle de Schwenkfeld. L'Esprit qui lui parlait n'était sans doute.pas le même. L'humanité du Christ y est nettement distinguée de sa divinité. Franck a même peur que nous nous arrêtions trop longtemps à la chair. La chair du Christ n'a d'autre raison d'être que de nous conduire à sa divinité. L'essentiel pour le Mystique, c'est d'atteindre l'éternel Logos. Le Jésus de l'histoire n'en est « qu'une ombre et une figure ». Le Logos a du reste agi puissam- ment déjà dans l'esprit des païens les plus sages. Aussi Franck recueille-t-il précieusement dans ses « 280 Paradoxes », les maxi- mes des penseurs païens, avec le même soin que les sentences de la Bible e.t les enseignements des Pères. C'est un électique. Quelques extraits de ses Paradoxes donneront une idée de sa mystique spéciale : « Remarque bien, Christ est en nous et non pas hors de nous, Notre justice, notre salut, notre vie, en sorte que nous devenions conformes à son image et que nous suivions ce modèle qui nous est présenté, bien plus, pour que lui-même vive' en nous. Car de même que Christ est notre chair, de même il doit en nous.naître, vivre, mourir, ressusciter et monter au Ciel,
  • 43. ^282 Doctrine refaire toute son histoire et sa glorification dans tous ses membres C'est ainsi que vivant et souffrant en lui, nous sommes tous, des Christs, car c'est la condition pour monter au ciel. Christ doit donc nous prendre, toi et moi, devenir notre chair et notre sang et devenir le Verbe en nous qui sommes chair, un Verbe qui naît, souffre, meurt, ressuscite et monte au ciel en Christ. Lorsque le Christ, qui a souffert en Abel, naît en toi, en moi, et dans tous ses membres, devient chair, vit, chasse Adam, il s'introduit, enseigne, souffre, meurt, ressuscite, monte au ciel et nous présente tous et nous soumet au Père ; alors seulement sa fonction, sa vie, sa souffrance et sa mort sont pleinement accomplies. Christ n'est rien aussi longtemps qu'il est hors de nous et n'est adoré, louange que de loin. II faut qu'il soit unifié à notre coeur et avec notre âme. C'est pourquoi, saisis seulement le Christ en Dieu et Dieu dans le Christ, soupire après lui cherche-le en esprit, au ciel, dans son essence invisible et non plus dans la chair ou la Lettre (de la Bible), dans l'Écriture ou à Jérusalem. Oui, cherche en toi, dans ton coeur et dans sa parole qu'il est lui-même et par laquelle il a promis de rester dans sa Société jusqu'à la fin du monde » « Lorsque l'Esprit-Saint nous donne de comprendre ainsi le Christ, il le forme dans nos coeurs et répand si bien en nous le fruit de sa Passion que nous saisissons le Père dans le Christ et par le grand Sacrement de la Chair du Christ nous nous tournons vers Dieu et nous montons vers le coeur paternel, parce que Christ a mérité selon la chair. Alors disparaît le sacrifice, le symbole, le Sacrement. Ainsi nous oublions, avec Paul, notre connaissance antérieure du Christ selon la chair et par un chemin et une porte (c'est-à-dire par le Christ selon la chair) nous arrivons à l'unité avec Dieu, nous connaissons le Christ en Dieu et saisissons Dieu en lui». (Paradoxes, 109, 113, 137, 140) * Ces citations suffisent à nous faire toucher du doigt la na- vrante incohérence d'une mystique, qui a gardé des ailes, mais qui a perdu le sens de la direction et qui vole, à l'aventure, sans savoir où elle va, ni où elle peut et doit arriver. Un seul mot nous a touchés au passage : « Nous saisissons le Père dans le Christ et par le grand Sacrement ( = symbole) de la chair du Christ, nous nous tournons vers Dieu et nous mon- tons vers le Coeur paternel ». Cela n'est point de Franck. Il l'a . emprunté aux grands mystiques orthodoxes du Moyen-Age, peut-
  • 44. Les mystiques protestants 283 être sans le savoir ni le vouloir, et cela, c'est une belle formule très facile à employer, dans notre théologie du Sacré-Coeur. Nous aussi, nous voulons par le Sacrement ou Symbole du Coeur de Jésus monter vers le coeur paternel du Verbe, monter vers l'A- mour infini et lui rendre amour pour amour. L; CRISTIANI. Image « Coeur ivin du d danssa formenaturelle — De l'excellence Dévotion ». dela au Coeur dorable e Jésus-Christ, le Père de GALLIFET. a d par 1743.
  • 45. 284 Piété IL-PIÉTÉ i Deliciae mes esse cum filiis hominum •('> .• • Cette parole est tirée du livre des Proverbes. C'est donc un de ces mots proférés au cours des siècles par la sagesse divine; nous révélant les dispositions de l'adorable Trinité à notre égard. Mais n'est-ce pas surtout la parole de l'Hôte divin de nos tabernacles, de Celui qui est venu, qui a fixé Sa demeure au milieu de nous, et qui, avant même de descendre du ciel, à tenu à prendre le nom d'Emmanuel, « Dieu avec nous » ? Et Son langage n'est-il pas une fois de plus l'expression de Son amour infini ? Comment cependant, non content de nous aimer, va-t-II jusqu'à dire que Ses délices sont d'être avec les enfants des hommes? C'est qu'il trouve en l'homme Sa créature I. - LA PLUS CHÈRE. a) L'homme n'est sans doute que poussière : « de limo ter- rae », et le nom même du premier homme, Adam, c'est-à-dire « terre rouge », ne rappelle que trop son humble origine : Mais jusque dans cette argile Jésus aperçoit la marque et pour ainsi dire la main du divin statuaire ; et la merveil- leuse beauté du corps humain, préparé dès l'origine à devenir Son propre corps, Le charme et le ravit. « L'homme, dit Buffon, se tient droit et élevé : son attitude est celle du commandement : sa tête regarde le ciel et présente une face auguste sur laquelle est imprimé le caractère de sa dignité : son port majestueux, sa démarche ferme et hardie annoncent sa noblesse et son rang. » Et chez les païens, un Ovide n'avait-il pas, comme Cicéron et Senéque, fait la même remarque? « Os homini sublime dédit, coelumque tueri « Jussit... » (2) (Métam. I. 84.) b) Mais ce que Jésus aime surtout dans l'homme, c'est son âme : — cette âme que le Créateur a tirée de son coeur, comme un souffle de Sa poitrine : « Inspiravit in faciem épis spiracu- lum vitae » ; (3) (1) « Mesdélicessont d'être avec lesenfantsdes hommes. (Prov. VIII, 3 t.) » (2) « Une main a tourné sa face en haut et l'obligeà regarderle ciel.» (3) « 11répandit sur sa face un soufflede vie. » (Qen. II. 7.)
  • 46. peliciae meae 285 — cette âme qu' Il a faite à Son image et à sa ressemblance : « Creavit Deus hominem ad imaginem suam » ; — cette âme, sî grande par la pensée : « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. II ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser. Une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt ». — cette âme, capable par ses propres ailes de s'élever jus- qu'à Dieu, et par là si infiniment supérieure à l'animal : « L'âme humaine connaît Dieu, et voilà déjà par ce seul mot l'animal au-dessous d'elle jusqu'à l'infini. » (Bossuet) — cette âme délicate et sensible, capable de sympathiser, de compatir, de souffrir, et, par amour, d'accepter, de chérir et de bénir sa souffrance ; — cette âme généreuse et forte, capable d'oubli de soi, de sacrifice et d'héroïsme ; — cette âme noble et fière, naturellement tournée vers la vertu et l'honneur, comme l'aiguille aimantée vers le pôle ; — cette âme toute pénétrée, même chez les moins instruits, de l'appel et des préceptes divins, et par là, si riche de son pro- pre fonds : « opus legis scriptum in cordibus suis » (1) — cette âme enfin, pour laquelle Lui-même n'a pas hésité à verser Son sang : « Dilexit me, et tradidit semetipsum pro me » ; (2) et donc, dans le mesure où elle participe à sa propre ré- demption, jeune : animée d'une vie nouvelle, supérieure, surnaturelle et divine ; belle, comme une fille de lumière, « ut filii lucis » arrachée aux ténèbres du mal et de la mort ; splendide de l'éclat de la grâce, c'est-à-dire parée de la justice même de Son Sauveur ; radieuse, épanouie par l'amitié, les faveurs et les bénédic- tions divines; divine par son union avec l'auteur de toute vie et de tout bien : « In Ipsa vivimus et movemur et sumus » ; (3) fe (1) « Ce qui est prescrit par la loi, est écrit dans leurs coeurs.» (S' Paul aux Romains H, 15). . „ (2) « Il m'a aimé et s'est livré Lui-mêmeà la mort pour moi. » (S*Paul aux «alates II, 20). »„•S^ "c'est eH Lui que nous vivons, que nous nous mouvons et que nous existons (Actesdes ApfitresXVII, 28.) ».
  • 47. 286 Piété quelle créature a été de la part du Créateur l'objet de fa- veurs si insignes, de privilèges si exceptionnels ? L'homme est donc la créature de prédilection de Jésus. Il est aussi Sa créature IL - LA PLUS ATTACHANTE. a) non certes en raison de ses perfections et de ses mérites : L'homme en effet est — un révolté : A peine sorti des mains du Créateur, il écoute ie conseil du premier rebelle, et, pour se rendre semblable à Dieu, mange du fruit auquel il lui avait été expressément dé- fendu de toucher : « Dieu sait que vos yeux seront ouverts, et vous serez comme des dieux» (Gen. III. 5) — un condamné à mort : L'ordre avait été formel : « Ne mangez point de l'arbre de la science du bien et du mal : «ar du jour où vous en mangerez, vous mourrez. » (Gen. II. 17.) La sanction ne l'est pas moins : « Vous êtes poussière, et vous retournerez en poussière ». (Gen. III. 19.) — un banni, chassé par le Seigneur du paradis de délices : « Emisit eum Dominus Deus de paradiso voluptatis». (Gen. II 1.23) — un déchu : « Fait pour commander aux poissons, aux oiseaux, aux bêtes et à toute la terre », (1) l'homme est, depuis sa désobéissance, voué à un travail pénible et souvent stérile : « Vous mangerez votre pain à la sueur de votre front... La terre sera maudite à cause de ce que vous avez fait... Elle vous produira des épines et des ronces. » (Gen. III, 17, 19.) sujet à Yignorance et à l'erreur : L'homme, qui, au soir de la création, pouvait nommer de leur véritable nom les diffé- rentes espèces animales, et qui était en mesure de plier à ses désirs les êtres soumis à sa domination, ne parvient aujourd'hui que de loin en loin à découvrir, lambeau par lambeau, les lois ou les secrets de la nature. Et ses généralisations sont souvent contredites par d'autres découvertes. Ses connaissances sont bor- nées et provisoires. « Il sait peu de chose, dit Bossuet et le peu qu'il sait, il le sait bien peu ». (1) Praeslt piscibus maris, et volatilibus coeli. et bestiîs, uhiversaeque terrae. » (Gen. I. 26.) -
  • 48. Deliciae meae 287 Enclin à l'égoïsme qui fait de « l'homme un loup pour l'hom- :jne»; — un malheureux enfin, en butte à toutes les épreuves phy- siques et matérielles, en proie à toutes les crises et à toutes les détresses morales ; car « l'homme, né de la femme, vit peu de jours, et ses jours sont remplis de misères » (Job. XIV. I.) De sa perfection et de sa félicité premières il ne reste plus à l'homme, selon le mot du poète, qu'un poignant regret, un accablant souvenir : « L'homme est un dieu tombé qui se souvient des deux. » Si l'homme incline vers lui le coeur de Dieu, ce n'est donc pas par sa vertu. b) mais par sa misère même : Quelle tâche divine en effet de relever et de restaurer cette * âme en ruines » 1 Quel ministère plus sublime et plus doux pour Jésus que d'être par Son sacerdoce, le lien béni entre le ciel et la terre ré- conciliés ; par Ses révélations et les miracles qui les confirment cha- que jour, la lumière qui luit dans les ténèbres, l'astre qui éclaire tout homme venant en ce monde, le Soleil des esprits ; par Sa morale, la semence féconde qui produit les mois- sons dorées des vertus ; par Sa grâce, la sève généreuse qui ranime les rameaux flétris de la vigne, et leur fait porter des grappes vermeilles ; par Son corps divin, le pain de vie que partagent les mem- bres de la grande famille chrétienne ; le viatique qui soutient et répare leurs forces au cours du voyage de la vie ; par Son précieux Sang, le vin qui fait germer les vierges, l'ambroisie qUi fait les immortels ; par Ses sacrements, le remède à toutes les blessures, l'an- tidote contre toutes les contagions ; par Sa loi suave, l'autorité qui groupe chaque jour plus nombreuses les âmes de bonne volonté, altérées de pain et de bonheur : « Regnabit » ; par Son amour, le foyer qui embrase le monde, et enflamme Routes les nobles énergies : Bref, quoi de plus délicieux pour Jésus que d'être par Son
  • 49. 288 Piété Coeur Sacré la source ce toute vie, de toute grâce, de toute con- solation et de toute bénédiction ? Enfin l'homme est pour Jésus la créature m. - LA PLUS TOUCHANTE DANS SA PIÉTÉ. Ce qui Le ravit surtout dans les nombreuses manifestations de la piété humaine, c'est — Yadhésion spontanée des âmes à Sa foi et à Sa loi ; infi- niment plus douce à Son coeur d'Époux que le « oui » de la fian- cée au jeune homme qui lui demande son coeur et sa main ; — la persévérance des justes qui Lui restent fidèles en dé- pit des sollicitations et des exemples du monde, et des railleries, des scandales et des vexations de l'impiété ; — le retour à Son église des pécheurs et des infidèles, plus consolant et plus réjouissant pour Lui, que pour l'homme de l'Évangile le retour au foyer paternel de l'enfant prodigue ; — la confiance sans bornes et l'admirable simplicité des consciences coupables, découvrant aux intendants de Sa misé- ricorde leurs faiblesses, leurs iniquités, leurs désordres, leurs hontes ; — les joies profondes de l'intimité partagée avec les familles qui l'honorent et qui L'intronisent, et qu'il bénit en protégeant la fidélité mutuelle des époux, en écartant les passions et les cal- culs égoïstes susceptibles de les désunir, et en inspirant à leurs enfants la, vénération et l'affection qui font leur récompense et leur bonheur ; —- Yinnocence du jeune âge soustrait à l'influence maudite de Satan et des suppôts de l'enfer ; — les sacrifices secrets, et d'autant plus héroïques, des coeurs de vingt ans ; — la ferveur de l'élite empressée chaque matin au pied des Tabernacles poUr saluer, son Roi, L'adorer, Le recevoir et le fêter : — la prière des pauvres attendant de Lui leur pain quotidien ; — le zèle des apôtres dévoués à Sa gloire jusqu'à la mort et à la mort de la croix ; 1— la généreuse immolation des Vierges — celles qu'abrite le cloître, et celles que le devoir retient dans le mondé — éga- lement heureuses de sacrifier à Son amour toute autre incli- nation de leur coeur, toute autre destination de leur vie ;
  • 50. Deliciae meae 289 Rien de beau à cet égard comme Ses propres déclarations au sujet d'une sainte Gertrude : « Vous ne sauriez jamais me trouver dans un lieu qui me plaise et qui me convienne davantage, que dans le sacrement de l'autel et ensuite dans le coeur et dans l'âme de Gertrude, ma bien-âimée ; car c'est vers elle que j'ai tourné d'une manière admirable toutes mes affections et toutes les complaisances de mon divin amour. » « Elle est ma chère colombe qui n'a point de fiel, parce qu'elle rejette de son coeur comme du fiel toute l'amertume du péché. C'est elle qui est ce lis choisi que j'accepte de porter entre mes mains ; parce que je fais mes délices et mes plaisirs de me reposer dans la pureté et dans l'innocence de cette âme chaste. C'est elle qui est ma rose dont l'odeur est si agréable ; parce que sa patience dans toutes les adversités, et les actions de grâce qu'elle m'en rend, m'apportent, en montant à moi, la senteur des parfums les plus doux. Elle est cette fleur du printemps qui ne se flétrit jamais, et que je prends plaisir à regarder; parce qu'elle conserve et entretient sans cesse dans son sein un désir passionné non seulement pour lès vertus, mais aussi pour l'achèvement de toutes les perfections. Elle est enfin cette douce harmonie qui flatte l'oreille des Bienheureux, et qui est composée de toutes les souffrances qu'elle endure avec tant de fermeté ». • ••••••••••••••••à** '•••'• •••••* « Je me plais si fort dans cette âme que souvent, lorsque les hommes m'offensent, j'y entre en secret pour y trouver quelque repos, et je fais souffrir à son corps quelque douleur, ou quelque peine à son esprit, et alors, comme elle reçoit cette pénitence que je lui fais endurer pour les péchés des autres, avec les mêmes sentiments d'actions de grâce, d'humilité et de patience, qu'elle a accoutumé de recevoir tout ce qui lui vient de ma part, et qu'elle me l'offre en s'unissant à mes propres souffrances, elle apaise entièrement mon courroux, et elle oblige ma miséricorde à pardonner pour l'amour d'elle à un nombre innombrable de pêcheurs. » Quel beau et séduisant langage ! Que de telles révélations sont précieuses à recueillir et utiles à méditer ! Le partage de Gertrude n'est-il pas le plus enviable ? sa vie, la plus féconde et la plus heureuse ? Quel stimulant pour les bonnes volontés ! O Jésus, faites connaître à tous ceux qui veulent Vous aimer le secret de Vous plaire comme Gertrude et de faire, comme elle, les délices de votre coeur. CONCLUSION Celui qui nous témoigne une telle prédilection ne doit-Il pas être en retour l'objet dé notre prédilection ? Mais nos fautes, nos habitudes^ nos inclinations, notre nature grossière ne sont- dles pas des obstacles à la conformité de nos sentiments avec les Siens ? Conjurons-Lè donc
  • 51. 290 Piété — de nous faire comprendre la misère et le néant des créa- tures en présence de Sa grandeur, de Sa beauté et de Sa bonté; — de nous attacher à Lui, sinon par Ses adorables perfec- tions dont le sentiment nous confond et nous accable, du moins par le souvenir constant de Sa condescendance et de Sa fai- blesse à notre égard : Son Eucharistie après Son Incarnation et l'effusion de Son Sang ; — enfin de nous toucher par Sa grâce et de faire de chacune de nos âmes « un, de ces cieux mystiques, dont parle S* Bernard, dans lesquels Jésus fait Sa demeure comme dans un trône semé d'étoiles » ; afin que tous, unis à Lui et vivant de Sa vie divine, nous soyons en effet — selon le mot de Satan, mais contrairement à ses prévisions, —«semblables à Dieu», et pour jamais, dans l'éternité, réintégrés dans l'amitié et les délices de Dieu. CHOMPRET.
  • 52. * Les deux Coeurs 291 LES DEUX COEURS de la Médaille miraculeuse Nous sommes heureux d'annoncer aujourd'hui la création d'une nouvelle rubrique, qui sera très appréciée des âmes pieuses: Désormais, nos Pages de Piété comprendront des études, vi- sant toutes à l'édification, sur les Amis du Sacré-Coeur. Le Sacré- Coeur en sera glorifié. Les Saints s'en réjouiront au ciel. Nous y trouverons des raisons nouvelles d'aimer le Sacré-Coeur. Nous jetterons d'abord un long et affectueux regard sur la Vierge. Le coeur de Jésus se réjouira de cette excellente prépara- tion au mois béni pendant lequel nous honorerons Marie. Dès aujourd'hui, ravivons notre désir d'unir dans notre amour le coeur de la Mère à celui de son Fils. *** ' « Sentite in vobis quod et in Christo Jesu » — Cette parole de saint Paul caractérise d'un trait la dévotion au Sacré-Coeur : «Que vos sentiments soient ceux du Christ Jésus». Aimer le Sâcrér-Coeur, c'est aimer ce qu'il aime : c'est aussi, à son exemple, aimer sa Mère. Il nous paraît tout naturel que Notre-Seigneur ait pour Marie la piété filiale que nous avons pour notre mère. Mais ce qui nous.échappe, c'est l'intensité de l'amour d'un tel Fils pour une telle Mère, c'est la grandeur des desseins qu'il forme pour l'associer encore et de plus en plus à sa gloire, c'est le prix qu'il attache à ce que^nos coeurs battent, à son égard, à l'unisson du sien. I ^Depuis des siècles des peuples entiers ont rejeté le culte de Marie, Notre piété sent-elle, comme elle le devrait, cet affront fait à notre Mère, à notre Reine ? A lire les grands mystiques qui ont écrit depuis le protestantisme,, il semble que Notre-- Seigneur, sensible surtout à l'outrage adressé à Marie, à la mé^ connaissance de sa piété filiale, veuille exiger, pour accorder la renaissance du monde, tout d'abord une réparation à Notre-Dame, la reconnaissance de la place éminente que son amour lui a réservée dans le gouvernement de son empire.
  • 53. 292 Piété Aucun catholique n'oublie la très sainte Vierge, mais l'idée de sa Royauté est-elle aussi nette, de nos jours, dans les âmes, qu'aux âges de foi, où l'on connaissait si bien toute la valeur de ces deux vocables : Notre-Seigneur, Notre-Dame ? Des do- cuments pontificaux, de notre époque, confirment que l'influence de Marie doit grandir encore pour ramener l'humanité à Dieu et au Christ Rédempteur. «Depuis longtemps déjà, écrivait Léon XIII, en 1898,Nous désirons faire reposer le salut de la société humaine sur l'ex- tension du culte de la divine Vierge Marie comme d'une cita- delle inexpugnable ». Pie X était non moins affirmatif en 1904 : « Pour tout restaurer dans le Christ, nombreuses sont les choses que nous désirons voir conservées et accrues dans le peu- ple chrétien. Parmi les premières, il faut placer la piété envers l'auguste Mère de Dieu : tant qu'elle n'aura pas poussé de pro- fondes racines dans les âmes, il n'y aura aucun fruit de vertu et de sainteté pour correspondre aux fatigues du laboureur ». Dans une allocution de 1919, sur la prochaine canonisa- tion de Jeanne d'Arc, S. S. Benoît XV rappelait que toutes les grâces nous viennent par Marie. Désormais, une fête, le 31 mai, prolongera jusqu'à la fin des temps, avec ce haut enseignement, cet hommage de notre Grand Pontife à Marie médiatrice uni- verselle. II Il y a des madones célèbres : nous les prions et avec les foules nous allons les honorer. Nous gardons toutefois le culte de la Notre-Dame de notre Région, de celle que vénérèrent nos ancêtres. Ne brisons aucun des liens qui nous unissent à Marie. Mais, comme le disait le pieux abbé Desgenettes, nous ne saurions refuser de contracter avec elle une union plus intime. Devant chacune de ses statues, dans chacun de ses sanctuaires, nous pouvons méditer sur la bonté de la très sainte Vierge et parler à son Coeur le langage du coeur. « Un précieux avantage de la dévotion au Coeur de Marie, expliquait le R. P.< LintelÔ, c'est qu'elle nous force à nous pé- nétrer des idées profondément dogmatiques de la Corédemp- tidn. Alors l'Immaculée apparaît non seulement éommé la plus gfâridé sainte., ctimme la Mère de DieU... mais comme l'asso- ciée providentielle d'Urié oeuvre de saHctificatiotl et de salut qui se poursuit sans cesse. Alors Marié commencé à faite aussi prdiôndéfriërit partie de notre vie que de la vie de l'Église elle- même», (le:Saint Coeur de Mûrie pp. 44-45.)
  • 54. Les Deux Coeurs 293 La dévotion au Coeur de Marie sera donc un renouveau pour notre piété mariale. Loin de rejeter dans l'ombre les autres vocables de la Sainte Vierge, le vocable de son Coeur leur sert de trait d'union et les éclaire tous d'une lumière douce et péné- trante. Les actes de miséricorde que perpétuent les autres voca- bles n'ont-ils pas été autant de manifestations de son amour, autant d'effusions de son Coeur maternel et royal ? Notre Mère du ciel est aussi notre Reine, mais la Royauté de Notre-Dame, est une royauté d'amour comme celle du Sacré-Coeur de son Fils. Tous les courants de piété mariale, tout en conservant leurs caractéristiques, peuvent se réunir, dans un geste d'ensem- ble, sous la bannière du Saint et Immaculé Coeur de Marie. Et c'est aussi le vocable qui, joint à celui du Sacré-Coeur, rappelle le plus sensiblement pour tous, le principe traditionnel de l'union constante de Jésus et de Marie. Le peuple, pour gar- der des idées abstraites a besoin de signes concrets. Ce principe d'union, le ciel l'a gravé, dans un double symbolisme — la Croix et l'M et les deux Coeurs — au verso de la médaille miraculeuse. Jésus et Marie sont inséparables sous la réserve de }a distinc- . tion des cultes : il en sera des Coeurs comme des personnes. III Plus souvent que nous, nous devons le reconnaître, nos Pères se plaisaient, en invoquant le Coeur de Jésus, à rappeler, ce souvenir du Coeur de sa Mère. Pourquoi ne pas reprendre cette douce tradition ! Toujours opportune est cette prière d'un confesseur de la foi de la fin du XVIII siècle ; « Que la France trouve grâce auprès de vous, très adorable Trinité et que vous soyez bénie et glorifiée avec le très adorable Coeur de Jésus et celui de sa sainte Mère ». Tout ce qu'il est possible de présenter au Christ et à son Coeur, recours, confiance, reconnaissance, amour, réparation, hommage, tout, sauf l'adoration réservée à Dieu et à l'Homme- Dieu, nous pouvons l'offrir à Marie et au Coeur de Marie. Pour méditer les relations qui existent entre les deux dévotions, notre piété s'inspirera des principes traditionnels de la théologie ma- riale. Marie est la voie la plus sûre pour aller à Jésus : Per Mariam ad JesHm.,Nous pouvons dire de même : Par le Coeur de la Mère allons au Coeur du Fils : Per Cor Matris ad Cor Filii. Notre- Dame des Victoires et la basilique de Montmartre concrétisent cette première harmonie des deux dévotions. Le Coeur de Marie a établi son trône au centre de Paris pour se rappeler à tous, pour rester à la portée de tous. Et pourquoi le Coeur de Marie veut-il conquérir des Coeurs ? Pour les porter au Coeur de Jésus et les plonger avec le sien dans cette fournaise d'amour divin.
  • 55. 294 Piété Cependant, si belle qu'elle soit, la devise : «Per Mariam ad Jesuni ne suffit pas pour caractériser tous les rapports entre Jésus et Marie. « C'est Marie seule à qui Dieu a donné les clefs des celliers du divin amour, expliquait le grand serviteur de la Vierge, Grignon de Montfort. Le Très-Haut l'a faite la trésorière et la dispensatrice de ses grâces pour anoblir, élever et enrichir qui elle veut ». Marie est médiatrice universelle : par elle nous viennent toutes les grâces : de Jesu per Mariam. Mais, toute l'histoire de Notre-Dame des Victoires l'atteste, Notre-Seigneur est disposé à accorder par le canal du Coeur glorifié de sa Mère les grâces les plus variées et. les plus abondantes. Du Coeur de Jésus par le Coeur de Marie, nous pouvons espérer des grâces de choix pour un prompt relèvement social ; « Coeur Sacré de Jésus, redirons-nous avec S. S. Benoit XV, selon l'ordre que vous nous en donnez vous-même, nous vous demandons, par le Coeur Immaculé de Marie, de convertir la France et de la rendre fidèle à sa vocation ». (1) A, s'en tenir à ces deux rapports notre piété paraîtrait par trop intéressée. Nous devons glorifier Marie pour ses perfec- tions et dans sa haute dignité de Reine : « Il ne faut pas mêler la dévotion à la sainte Vierge avec la dévotion aux autres saints, lisons-nous encore dans le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge. Marie est la Reine du ciel et de la terre, par grâce, comme Jésus en est le Roi par nature et par conquête » — Maria cum Jesu régnât — La gloire du Christ-Roi s'accroît et s'achève par la gloire de la Reine sa Mère. Notre-Seigneur, Notre-Dame : l'Église n'a jamais séparé ces Royautés associées. L'hommage,' rayonnement social de la dévotion, épanouissement de la piété sur le terrain social, sera d'autant plus parfait et efficace qu'il se rapprochera davantage de cet idéal. L'extension d'un hom- mage populaire aux deux Coeurs ne serait-elle pas de nature à compenser la carence d'un hommage officiel au Sacré-Coeur de Jésus ? Dès 1904, au nom de la tradition, dans un tract ho- noré d'approbations épiscopales et de la bénédiction de Pie X, le vice-amiral de Cuverville sollicitait les catholiques de France d'associer, dans leur hommage, au Coeur Sacré de Jésus le Coeur Immaculé de Marie. * * * . Uni au Coeur de Marie, le Coeur de Jésus n'apparaît-il pas plus vivant, plus accessible, plus proche de nous ! L'âme popu- laire comprend la joie que peut éprouver un fils à voir le coeur (1) Invocationextraite de la Prière lue dans la chapellede la Visitation de Paray-le-Monial, ar ordre de SS. Benoit XV (1917). p
  • 56. Les Deux Coeurs 295 de sa mère associé à ses triomphes comme il le fut à ses douleurs. A cette reconnaissance du Droit Mariai le Sacré-Coeur ne réservait-il pas des grâces plus abondantes de lumière, de fer- veur, de persévérance ? Le Père Ronsin était déjà un apôtre du Sacré-Coeur, tout dévoué à promouvoir sa gloire : «mais ce zèle, constatait-il lui-même devint plus ardent et plus effi- cace par une consécration spéciale que je fis aux Sacrés Coeurs de Jésus et de Marie, lors de mon entrée chez les Pères de la. Foi en 1803 ». Dans la synthèse simple et lumineuse des Coeurs Sacrés nous trouvons aussi comme une réfutation populaire des prin- cipales erreurs de l'âge modene. En vain, le protestantisme a voulu sépareF Marie de Jésus : en vain, le jansénisme a tenté de nous faire douter de leur amour comme de celui de Dieu ; en vain encore, le naturalisme social leur dénie le droit à une souveraineté transcendante et mon- diale. Le monde a besoin d'une leçon de choses ; les peuples comprendront lorsqu'ils verront l'hommage de la France par- ticulièrement béni du ciel. Ces deux Coeurs remettront en relief les grandes vérités traditionnelles. Jésus sera toujours le Roi Immortel des siècles. Toujours, il associera la Reine sa mère au gouvernement de son empire. Et leur règne d'amour, le règne de leurs Coeurs, reflétera sur la terre celui du Père des miséri- cordes. . «Tous nos efforts —: ne pouvons-nous conclure ainsi avec le R. P. Lintelo ? — tous nos efforts doivent donc tendre à l'établissement solide d'une véritable dévotion aux deux coeurs de Jésus et de Marie. Tel est le vrai moyen de hâter l'heure du triomphe invinciblement espéré » (Le Saint Coeur de Marie p. 95.) S'.* * Je discutais dans le train en 1913, avec une apôtre du Sacré- Coeur... Finalement je lui dis.. « Vous avez sur vous la médaille miraculeuse ? — Toujours — Veuillez me la montrer» qu'y a-t-il dessus ! — La Vierge aux mains étendues — Retournez-la et regardez au bas — C'est vrai : les deux Coeurs : je ne l'avais jamais retournée — Et pourquoi deux Coeurs? — Je ne puis le dire, mais cela se sent ». —- Et depuis, cette personne est une ardente apôtre des deux Coeurs. N'en serait-il pas de même de la France catholique., si on lui apprenait à retourner la mé- daille, à lire ce verso ?. Il est vrai que des éditeurs, sans scru- pules, ont remplacé l'écriture du ciel par des modèles de fan- taisie ! — Je crois que ce serait le moment de regarder au verso de la médaille miraculeuse et aussi sur le scapulaire de la Pas-
  • 57. 296 Piété sion révélé en la semaine de l'apparition de la Salette... Le ciel ne voulait pas, semble-t-il, que les vocables historiques qui al- laient surgir ( La Salette, Lourdes, Pontmain, Pellevoisin) fis- sent oublier les deux coeurs... L. PAULUS, Pr. Gravure bois,inédite, u canif,de L. eHARBCNHEAU-LASSAY. sur a
  • 58. Les Belles Prières 297 LES BELLES PRIERES Sunjmi %egis Cor ctveio (Suite) Nous ne pouvons pas laisser en suspens la citation du « Pre- mier Poème » consacré au Sacré-Coeur, le « Rythme » du B. Hermann Joseph de Cologne,, vers 1200-1240. (1) On nous Ta dit (2) ; c'est une série de 10 strophes en salu- tations aux divers membres du Sauveur. Après les chants ad peçtus (à la poitrine) et ad cor (au coeur), donnons, aujourd'hui ceux adressés aux pieds, aux genoux et au côté du Crucifié. Jîd pedes - (/MXpieds. Salvemundi sqlutare, Je te salue, salut du monde, Salve, Salve, Jesu chare. Oui salut à toi, très cher Jésis. Crueliuoeme aptare Sur ta croix je voudrais m'étendre, Vellem vere,tu scis quare; Vraiment : tu sais bien pourquoi ; Da mihi tui copiant. Afin de pouvoir enfin te prendre. Ac si proesens accedo sis, Me voici comme en ta présence : Immote presentemcredo. Oui je te crois ici présent O quam mundumte cerno! Présent dans ta pureté immense EccetiU me prosterna Oh ! je t'adore prosterné Sis facilis ad veniam, Confianten tes pardons si prompts. Clavospedum,plagas duras Sur tes pieds, qu'en plaies si dures Et tam graves impressuras Les clous percent.de déchirures, Circumplector um affecta c Mes baisers affectueux ; Tuo pavens in aspectu, Oh ! quel spectacle affreux, Tuorummemorvulnerum. Oh ! quel souvenir de tes blessures ' Gralestantôtcharitati Quels mercis pour ta charité Nos agamus vulnerati, Nous te devons, divin Blessé ; O amatorpeccatorum, Aimant ainsi les pécheurs. Reparatorconfractorum, Guérissantles membres brisés, O dulcispater pauperum 1 Père si doux des pauvres 1 Quidquid in me conjracium, est Membres-brisés ui sont en moi. q Dissipatumaut distràdum Vie qui se dissout et se résout : DulcisJesu, tptumsana, Mon doux Jésus, guérissez tout Tu restaura, tu complana, Refaites-moifort et bien vivant, Tarn pio mèdicamïne, Par votre pieux médicament. Te in tua cruce quoero, Sur ta croix donc je te cherché. Prout quco,cordemero, Tant que je puis, d'un coeursincère ; Me sanabis hic, utspero ; Là tu me guériras, j'espère ; Sana meet satyus en, Guéri par toi, je suis sauvé. In tuo lavons sanguine. Purifié dedans ton sang. (1) Regnabit, I, 251, sq. (21 Regnabit, I, 252.
  • 59. 298 Piété Plagas tuas rubicundas Et puis tes plaies sanglantes El fixuras tant profundas Profondesplaies qui te suspendent, Cordimeofac inscribijm Oh ! grave-lesdedans mon coeur, Ut configar lotostibi, 4ts Qu'entièrementfigé sur toi Te modisamansomnibus. Je t'aime enfinsans limite. DulcisJesu, pieDeus, Doux Jésus, 6 Dieu pieux, Ad te clamolicetreus : Je crie vers toi, bien que coupable, Proebemihi te benignum, Sois-moimiséricordieux Ne repellasme indignum N'écarte pas mon rien misérable De tuis sanctispedibus. Du baiserde tes piedsdivins. Coramcruceprocumbentem, Devant ta croix couché Hosque pedescomplectentem, Pour embrassertes pieds Jesu bone,non mespcrnas O bon Jésus, ne me rejette pas ; Sed de crucesqnctacernas Maisde fa croix jette un regard Compassionis ratia. g De compassion moi. sur In hac crucestansdirecte Debout sur cette croix Videme,o mi dilecle, Regarde-moi, Bien-Aimé ô ; Ad te totummecouverte ; Attire-moibien tout à toi ; Esto sanus, die aperte, Dis-moiclairement! soisguéri, Dimittotibi omnia. Toustes péchéste sont remis. jffd Çenua. ~ )ux Genoux. Salve,Jesu, RexSanctorum, Sa'ut, Jésus, ô Roi des Saints, Spesvotivapeccatorum Espoir désirédes pecbeurs. Crucisligno tanquemreus, • Sur ta croix commeun coupable, PendenshomoveraxDeus. Hommependu,pourtant vrai Dieu, Caducisnutans genibus, Aux genouxfléchissants soustoi. O quampauper,o quantnudus1 Quel dénuement,quellenudité i Qualises in cruceludus Te voilàen croixun jouet Derisorum totus factus; Tout entier livré aux moqueurs; Spontetamen, non coactus, Mais, c'est toi-mêmequi t'es livré, Attriius membrisomnibus. Pour te faire broyertous lesmembres. Sanguistuus abundanter, Ton sang en ruisseau abondant, Fusus fluit incessantér, Sort et roule sans s'arrêter, Totuslotusin cruote Pour te faire un bain sanglant Stas in maximodolore Un habit de douleurineffable Proecinctus ili tegmine. v Sur ton dépouillement isérable. m O Ma/estasinfinita i O Majestéinfinie! O Egestasinaudita! O Misèreinouïet Quis pro tanta charitate Qui doncenfin pour tant d'amour Quoerit in veritate te Voudra te donner le retour Dans sanguihempro sanguine ? Du sang donné pour le sanç ? Quidsumtibi responsurus, Et moi,que vais-jete répondre? Actuvilis,cordedurus ? Viehonteuseet coeurqui ne Yeuttondre Quidrependant amaiori Devant l'amour qui pour moi Quielegitpro memori, A choiside mourir Ne dupla mortemorerer? Pour m'éviter l'éternel périr. Amprtuus,amorforlis Oui ton amour est un amour fort Quem- nonviheuntjura mortis Qui ne cède à nulle puissancede mort, O qiiampiame sub cura Pour me garder en compassion Tua foves,in pressura. Et protégerpar ta passion Ne morsumortisvulnerer. Detoute morsuremortelle.
  • 60. 299 Les Belles Prières Maisvoici qu'enfinpour t aimer Ecce proeamore tuo Bien que honteux je t'embrasse Tecompledor rubore cum Je me serre sur toi, diiigemer Mecoapto evidenter Tu sais bien pourcmoi. Tasciscausant Oh ! laissefaireet ne dis rien. Sedsiifferet dissimula. nonte gravet Hecquodagoet me lavet Sans te causerde peine Sedme sanet Rends mon âme cane et pure, et Pauvre malade de souilUire, inquinatum oegrotum Que ton sang roule st>relle Sanguis fluenshic per totum Pour en laver toutes les taches. Ut non supersitmacula. In tiaccrucete cruenttim Oui sur ta croixde sang Tecontemptum distentum et De honte et de brisement me VIrequiram impelle Fais que je te cherche; Et hocimpiemeumvelle Répondsainsi à mes soupirs, Facturus uoddesidero. q Accomplis enfin mes désirs. Uttequoeram mentepura Déte chercherd'un coeurpur Su hoec prima cura ; mea Que soitenfintout monsouci; Nonest labor.née gravabor Travail ou peine : peu m'importe Sedsanaboret mundabpr Si guérisonet purification Cumte complexus juero. Ton doux embrassement 'apporte. m jîd Xatus - }u coté. SalveJesu, summeBonus, Salut, Jésus,Bonté suprême, M parcendum nimis pronus. A pardonnertoujours trop prompt. Membra macilenta tua Ton pauvre corps tout amaigri, Quam acerbesunt distenta Qu'il est cruellementendu t In ramocrucislorrida. Sur l'arbre brûlant de la croix. Salve Salvatoris ledits Salut, ô Côté du Sauveur, In quoMet metdulcorts Où se cachetant de douceur, In quopatetvisamoris Qui montre un si fort amour Ex quoscattifans cruoris D'où se répand le flot de sang Quicordalavâtsordida. Qui lave lestaches du coeur. Eccetibi appropinquo ; Voicique je suis près de toi ; ParceJesu, si delinquo, Pardon, Jésus, si je t'offense Verecunda quidemfronte, Le front honteux assurément, Adte tamenveni sponte, Je viens,mais d'un coeurconfiant Scrutari ua vulnera. t Pour scruter tes blessures. Salvemitis apertura, Salut, douce ouverture, Dt qua manatvéna pura ; D'où coulel'onde pure ; Porta païenset profunda Porte ouverte et profonde, Superrosamrubicunda Plus qu'une roserubiconde Medela salutifera. , D'où vient le baumesalutaire» Odpruas superviniim. t Ton parfum bien mieux'qu'un nectar Viruspettens serpentihum Détruit le virusinfernal. rotustuus, patus vite : O liqueur,breuvagede vie ! Qotsititis,hue venite, Les assoifés, ccourezdonc ; a Tu dulce vulnusaptri. Toi, ouvre ta douce blessure. Plagarubens,aperire Rougeplaie, ouvre toi ; Fac cormeumte sentire, Que mon coeurtout ému ynemeintetransire, Puisse en toi s'introduire velkmtotusinlroire; Et tout entier y pénétrer ; Pulsantipandepaùperl. Je frappe, ouvre à ton mendiant.
  • 61. 300 Piété Ore meote contingo Sur toi fixant meslèvres Et ardenîerad me stringo Ardentes,ie me serre ; In te meumcor intingo En toi baignantmoncoeur Et ferventi orde c lingo: Brûlant, pour le désaltérer, Me totumIn te trajice. En toi je voudraism'absorber. O quantdulcissapor iste Oh ! douxenivrement! Qui te guslat,Jesu Christe, A te goûter, Jésus, Tuovictusa dùlcore D'extasianteivresse Meri posset rst amore p On s'en va défaillant Teunum amans unice, D'amour pour ton amour 1 In hac fossamereconde En la grotte profonde Infer meumcor profunde Plongeet cachemon cceur Ubilalensincalescal Pour qu'à ton intimechaleur Et in paceconquiescat Il s'embraseet puis se repose Ncc prorsusquemquam timeat Sansplusjamais rien craindre. Hora mortismeuxflatus Et qu'en ma mort mpn derniersouffle Intret, Jesu, tuumlotus, Expire en ton côté,Jésus ; Hinc expironsin te vadat De là monâme en toi ira, Ne huneko truxinvadai Loindes griffesdu noir lion, Ledaptid te permaneat. Demeurer jamais en toi ! à P. R. O.M.T. Motifde la 1" pagedu Manuel del'Association l'Adoration de per- - premier pétuelle u Sacré-Coeur. d monastèrede la Visitationde Marseille.Édition 1744. de Le zélé Directeur du Service de Bibliographie de Regnabit, Dom P. SÉJOURNÉ, O. S. $,, me communique une belle vieille prière, trouvée par lui « à la dernière page d'un manuscrit de M. le comte de Contenson, daté de 1450, et originaire d'une province du nord de la France ou de Belgique» : Oraison à dire a leleuation ou après en aultre part QuicPn' que le dira deuotement aura autant de indulgences de jours que aueroit en de plaies au corps de Jésus autant autant (=au temps) de sa passion qui furent six mil VI cent et LXV1, lesquelles in- dulgences gregoire pape III* de ce nom.a conferre a linstànce d'uni Royne dengleterre.
  • 62. Les Belles Prières 301 Te prie tressaime seigneur Jhesuchrist pour icelle illustre charité de quelle le gendre humain aues aimé, quant vous Roy céleste pendies en la croix auec deificque vision et charité, auec ton ame très humble, auec triste geste les mains espanys, auec menbres fremissans, vaines estendues, auec clameur seuereuse, auec voix enrauée, auec face palle, auec mortel couleur, auec yeulx larmoieux, auec yertin en doleur de cerueau, auec gemebonde gorge, et désirs sitibondes, auec amere gous- tance de fiel et chief enclin, mort encontree auec diuision du corps et de lame, auec corps transuerbere et coer transfigé, auec plaies sanguinaires, auec (auec) ruisseaux deflottans, auec origmation vivante. En icelle charité vous prie très piteux sei- gneur Jesuchrist de telle charité dequelle ton amoureux coer se entailli, que soies a moy placable sur le multitude de mes pechies, ainsi et bonne fin de ma vie et aussi gratleuse et joieuse résurrection par vostre treslarge miséricorde vostre dignation me viengne atribuer qui viues et règnes avec Dieu en Unité du saint esperit, Dieu par tous siècles des siècles. Amen. DOM P. SÉJOURNÉ, O. S. B,
  • 63. 302 Chronique III— LES FRITS FRANCE — MONTMARTRE. Principaux pèlerinages de septembre et d'octobre 1921. Signalons celui du diocèse de Strasbourg : 1053 pèlerins d'Alsace conduits par Monseigneur Ruch. Et le Syn- dicat des employés du commerce et de l'industrie, qui a coutume de fêter son saint Patron, l'archange S* Michel, à la Basilique de Montmartre. Les cérémonies de clôture du triduum solennel du Tiers- Ordre franciscain, à Paris, eurent lieu à Montmartre. — Le 27e Congres de la Bonne Presse clôtura également ses séances dans le sanctuaire du Sacré-Coeur. Monsieur le Chanoine Crépin « in- téressa vivement l'assistance en lui contant les victoires répétées du Sacré-Coeur, l'afflux toujours plus grand des pèlerins vers la sainte colline, l'ardeur des adorations, l'empressement de tous à se mêler à ces adorations : polytechniciens, centraux, étu- diants en médecine, normaliens, travailleurs de toute catégorie, jeunes gens et vieillards, parisiens et provinciaux ». , Pèlerinage des Pères de famille chrétiens. « En proclamant le règne social de Jésus-Christ les chefs de famille s'engagent à l'établir chez eux par l'éducation qu'ils donneront à leurs enfants ». Le 23 octobre, la société médicale de Saint Luc, Saint Corne et Saint Damien, célébrait sa fête patronale. — Les Postiers catholiques, plus de 250 délégués dont plusieurs venus de Pro- vince, représentaient les divers groupements catholiques que réu- nit la Fédération. PARIS. — LA MILICE DU SACRE-COEUR. — Un ami nous communique 4 pages sur cette organisation dont le centre est en plein Paris. Nous voudrions tout citer tellement elles sont prenantes. Jugez en par quelques extraits : Sa DEVISE : «Au Sacré-Coeur par le Saint Evangile. « Les Miliciens s'enga- gent à méditer les pages de l'Évangile afin de mieux connaître les trésors de l'amour de Jésus pour les hommes». SON BUT : « Comme son nom l'indique, la Milice du Sacré- Coeur se présente avec l'allure guerrière. C'est la petite armée de Gédéon, alerte, active, décidée, prête à foncer sur l'ennemi. Elre accepte le mot d'ordre de Celui qui a dit : «Je régnerai malgré Satan et ses suppôts ». Les Miliciens veulent être les in- trépides auxiliaires du Sacré-Coeur, les défenseurs de ses droits, les chevaliers de sa cause, les propagateurs de son culte.
  • 64. France 303 SES STATUTS: ARTICLE 1er. — La Milice du Sacré-Coeur se propose : 1° La sanctification de ses membres par la dévotion au Sacré-Coeur ; 2° Le culte d'amour et de réparation que Notre-Seigneur a demandé à Sainte Marguerite-Marie ; 3° L'apostolat dans le monde par la prière, la pénitence et l'action. ART. II. — Sont admis dans la Milice prêtres et fidèles qui ont la volonté de poursuivre le but susdit. ART. III. — Les principaux moyens, par lesquels doit être obtenue la fin de l'Association, sont : 1° L'étude du saint Évangile ; 2° Le retour à l'esprit de charité des premiers chrétiens ; 3° Une dévotion particulière au Sacré-Coeur, laquelle se manifeste chez les prêtres par diverses pratiques, et surtout par l'apostolat recommandé dans les manifestations de Paray- le-Monial ; 4° Pour les fidèles : adoration du Saint Sacrement, acte d'oblation, amende honorable, heure sainte, communion répa- ratrice du premier vendredi du mois... ; 5° Pour tous, l'exercice du zèle en faveur des « infidèles •baptisés ». ART. IV. — La Bonne Nouvelle sert de trait d'union entre les Miliciens. AVANTAGES— Entre autres précieux avantages, les Mili- ciens participent pendant leur vie et après leur mort, à tous les biens spirituels de la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée ; ils ont part aux messes, prières, offices, travaux, pénétiences de ces vaillants apôtres de l'Évangile^dis- séminés dans les cinq parties du monde. Prière d'adresser toute communication à Mr le Chanoine Thiriet 15, rue du Louvre, Paris, 1er. ROUEN. — Voici en quels termes Mgr l'Archevêque du Bois de la Villerabel annonçait à ses diocésains la consécration d'un autel au Sacré-Coeur dans sa cathédrale : !H « Avant la grande guerre, Mgr Fuzet, de vénérée mémoire, avait commandé un autel de marbre pour la chapelle du Sacré- Coeur à la Cathédrale. Le 2 août 1914, l'ouverture des hostilités bouleversa tous les projets, car la mobilisation appelait les ar- tistes à d'autres travaux que ceux de l'art. Le fusil remplaçait dans leurs mains le ciseau. Les années s'écoulèrent, nous amenant *nfin la victoire, l'armistice et la paix. Les sculpteurs se remirent
  • 65. 304 Chronique à l'oeuvre. L'autel du Sacré-Coeur Nous arrivait enfin ces temps derniers, après une si longue attente, pendant laquelle Mgr Fuzet était descendu dans la tombe et S. E. le cardinal Dubois avait passé du siège de Rouen à celui de Paris. «Pour consacrer cet autel, Nous avons fait appel à notre vénéré prédécesseur, afin qu'ayant aimé Notre Cathédrale, il. contractât avec elle un nouveau lien et revécût pendant quel- ques heures des années douces à son coeur et au vôtre. » Cette cérémonie eut lieu dans la plus grande pompe le 17 octobre 1921 en la fête de Sainte Marguerite-Marie. Monseigneur l'Archevêque de Rouen renouvela du haut de la chaire la con- sécration de son diocèse au Sacré-Coeur. La veille, dans le palais archiépiscopal, on avait procédé à l'Intronisation d'une statue du Sacré-Coeur dans l'oratoire privé de sa Grandeur. Voici le texte de la belle consécration composée et lue par Mgr l'Archevêque : « COEUR SACRÉ DE JÉSUS, en ces premières Vêpres de la fête- de sainte Marguerite-Marie, votre servante de prédilection, nous nous souvenons que vous lui avez témoigné le désir de régner sur les familles chrétiennes et dans les palais des dépositaires de l'autorité. Cet antique manoir des Archevêques de Rouen adhère si intimement à la Cathédrale qu'il la continue, comme les loge- ments des lévites s'accolaient au temple de Jérusalem. Véri- table Maison de Dieu, il doit l'être par une consécration de tous ses hôtes au service de Notre-Seigneur et au culte de son Sacré- Coeur. Voilà pourquoi nous affirmons votre royauté souveraine, ô divin amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, beaucoup moins sur ces murailles que sur tous les habitants dé l'Archevêché, afin que leurs coeurs, leurs volontés, leurs vies Vous appartien- nent sans réserve. Que nos travaux, nos fatigues et nos souf- frances nous associent par la pureté de nos intentions et notre générosité à votre passion rédemptrice ; que notre prière monte incessante vers vous, non seulement dans cet oratoire, mais encore dans toutes les parties de ce vaste palais ! Que nos vies s'y écoulent en conformité avec votre loi sainte, dans un constant désir de vous plaire et dans un abandon total à votre divine bonté ! Qu'il soit pour chacun de nous, par votre miséricorde et le don de votre grâce, le vestibule du paradis ! Daignent le Goeùr Immaculé de Marie, le glorieux patriar- che saint Joseph, nos glbrieux patrons et nos saints glorieux de Normandie présenter eux-mêmes à votre Coeur adorable, ô mon Jésus, cette consécration, afin que vous l'ayez pouf agréable et que vous nous accordiez là force de tenir notre parole ! »
  • 66. France 305 MARSEILLE. — LES DEFENSEURS DU SACRE-COEUR. Cette association, essentiellement religieuse, fondée en 1896, a pour but d'entreprendre une sainte croisade en faveur du Sacré-Coeur de N. S. J. C A Marseille, ville du Sacré-Coeur, cité privilégiée, cette association s'est formée pour grouper tous les chré- tiens ardents, sincères et résolus, les engageant à s'unir comme un faisceau indissoluble pour saisir toutes les oc- casions qui peuvent se présenter pour manifester leur foi envers le Coeur- Sacré et Eucharistique de Jésus et défendre cette noble cause de toute l'énergie de leur amour pour Dieu, soit par la parole, soit par la presse des Insigne DéfenseursSacré-Coeur. surtout par la prière et l'édifica- du et MarseilLe. tion, en assistant en grand nombre, sous r étendard du Sacre-Coeur, aux Offices et Processions qui se font dans l'église et arborant sur la poitrine les insignes véné- rés du Coeur de Jésus. Le siège de l'Association est à la Paroisse de Notre-Dame-du-Mont.. Le drapeau des Défenseurs du Sacré-Coeur a flotté à Lourdes, à Montmartre, à Paray, à La Salette, à N.-Dame de France. Maintenant que se bâtit à Marseille une église du Sacré-Coeur, qui sera le centre régional de la dévotion au Sacré-Coeur,|.les Défenseurs du Sacré-Coeur, affiliés à Montmartre depuis longtemps, seront des plus zélés réalisateurs du Montmartre marseillais. des Drapeau Défenseurs u Sacré-Coeur. d Marseille.
  • 67. 306 Chronique *** Avant de quitter Marseille, nous sommes heureux de reproduire une page édifiante, que veut bien nous transmettre la Supérieure du premier monastère de la Visitation : la Révérende mère M. Aimée Martin-Laval, très obligeante pour tous, et si dévouée à « Regnabit ». Ce fait montre que !e Sacré-Coeur a toujours béni les efforts faits pour Lui donner la place qu'il doit prendre au foyer. LA FÊTE DU SACRÉ-COEUR EN L'ANNÉE 1881 îrYu Premier Monastère de la Visitation de Marseille. « Avant la messe votive Mgr était entré pour confirmer nos élèves dans la chapelle du Pensionnat. Nous lui soumîmes le projet de la Consécration des Familles au Sacré-Coeur, projet qui fut approuvé et encouragé par une indulgence de 40 jours que sa Grandeur concéda à tous les membres parents des familles consacrées. Il fut décidé que chaque année, le jour de la fête du Sacré-Coeur, après la messe du Voeu, on ferait solennelle- ment la consécration projetée. Motifcentraldu tableauoffertaux famillesconsacrées au ' Sacré-Coeur, ansLd chapelledu premier monastèrede la d de — Visitation Marseille. Le tableausur Lequel été pris ce a dessin est daté du 29 Juin 18B3.
  • 68. Belgique ^ 307 « 8 Familles donnèrent leur nom pour être inscrites les pre- mières. Au moment désigné, 80 familles se présentaient deman- dant à être consacrées... Nous n'avions préparé que 25 tableaux. Monsieur le Chanoine Gastand, notre supérieur, touché" de ce pieux empressement, permit de renouveler cette cérémonie devant le S1 Sacrement exposé tous les vendredis de juin. Le R. P. Boeffard, (O. M. I.) prédicateur de l'Octave, mon- tra les avantages qu'on pouvait tirer de .cette consécration. Avant la fin du mois 1003 familles donnèrent leurs noms et re- çurent un tableau, qui honorablement placé dans leur maison contribue à étendre la dévotion au Sacré-Coeur. Ces tableaux nous avaient été envoyés par nos Soeurs de Toulouse dont l'em- pressement à nous seconder nous donna le moyen de contenter la piété des fidèles ». (Tiré des Annales du 1er Monastère de la Visitation de Marseille, Année 1881. p. 335-336). BELGIQUE STATISTIQUE SUR LES CONGRÉGATIONS QUI, ÉTA- BLIES EN BELGIQUE, PORTENT UN NOM QUI LES DÉDIE . AU SACRÉ-COEUR. i (suite) Nous nous empressons de publier les réponses que six nou- velles Communautés ont bien voulu nous faire parvenir. Aux Supérieurs, ou aux Supérieures de ces Communautés nous of- frons nos remerciements les plus sincères. Que le Sacré-Coeur verse d'abondantes bénédictions sur leur personne, leurs OEuvres et la Congrégation à laquelle ils appartiennent : * * * I. — Quel est le nom exact et complet de votre congrégation ? 1 — Société des Filles du Coeur de Jésus. 2 — Congrégation des Servantes des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie. 3 — Congrégation des Soeurs du Sacré-Coeur de Jésus. 4 —- Congrégation du Coeur Agonisant de Jésus et du Coeur Compatissant de Marie. _ . _ 5 — Congrégation des S. S. C. C. de Jésus et de Marie et de l'Adoration Perpétuelle du T. S. Sacrement (Picpus). 6 — Congrégation des Prêtres du Sacré-Coeur de Jésus.
  • 69. 308 Chronique II. — Quelle est sa devise ? 1 — Oportet Illum regnare 2 — Charité 3 — 4 — 5 — Vivat Cor Jesu Sacratissimum ! 6 — Amour et Réparation au Sacré Coeur de Jésus ! III. — Quel est son but? 1 — Réparation au Coeur de Jésus, Prêtre et Victime, dans le T. S. Sacrement de l'autel. 2 — Enseignement du Catéchisme aux enfants des deux sexes pour la Ie Communion et la Confirmation ; Direction des Écoles : Primaires, Ménagères, Gardiennes. Surveillance des Patronages et des Congrégations. 3 — Préserver les jeunes filles moralement exposées et ra- mener au devoir les jeunes filles dévoyées. . 4 — Culte spécial de Dévotion et de Réparation au Coeur Agonisant de Jésus et au Coeur Compatissant de Marie pour ap- peler la miséricorde divine sur les mourants. 5 — Retracer les quatre phases de la vie mortelle de Notre- Seigneur et propager la dévotion envers les Coeurs Sacrés de Jésus et de Marie. 6 — Adoration et OEuvres diverses. IV. — En quelle année, ou, par qui a-t-elle été fondée ? 1 — en 1872 ; à Berchem-lez-Anvers ; par la Vénérable Mère Marie de Jésus, (Deluil-Martiny). 2 — En 1866 ; à Anvers ; par Mr l'Abbé Pierre Bogaerts, Curé de S* Augustin d'Anvers et par la R. M. Jeanne Françoise (Wilhelmine Telghins). 3 — En 1817 ; à Anvers ; par Madame Van Celst. 4 — En 1859; à Mende ; par la R. M. Marie-Madeleine du Coeur Agonisant de Jésus (Mme Trapadoux) et par le R. P. Lyonnard, S. J. 5 — En 1800 ; à Poitiers ; par Mr l'Abbé Joseph Coudrin. 6 — En 1877 ; à S* Quentin ; par le T. R. Père Dehon. V. — Si votre société n'est pas d'origine belge, où, et en quelle année fut faite, en Belgique, la première fondation ? 1 — A Berchem-lez-Anvers, en 1872. — " 2 3 — 4 — A Tervueren (Bruxelles) en 1901. 5 — A Louvain, en 1840 6 — A en 1889
  • 70. Belgique 309 VI. — Où se trouve, en Belgique, votre maison principale ? 1 — A Berchem-lez-Anvers, Avenue de Mérode. Noviciat à Namur, Avenue de Salzinne. 2 —; A Anvers, Rempart Saint Georges, 142. 3 — A Bruxelles, rue Terre-Neuve, 198. 4 — A Tervueren (Bruxelles) 22, Avenue Verte. 5 — A Braine-le-Comte ; Noviciat à Tremeloo ; Maison- Mère à Louvain. 6 — A Bruxelles, rue Eugène Cattoir, 18 ; Noviciat à Bru- gelette. VIL — Combien votre Société compte-t-elle de membres vivants? 1 — 2 — 150. 3 — 80. 4 — 5 _ 660 Profés. 6 — 650. VIII. — Combien a-t-elle d'établissements en Belgique ? 1—2 2 — 3 3 — 3 4—1 5 — 7 6 — 8 IX. —Combien en a-t-elle hors de la Belgique ? 1—7 2 — 3 — 4 — 5 — 28 6 — 40 X. — Est-elle approuvée par Rome ? si oui, par quel Pape ? en quelle année ? 1 — Par Léon XIII, en 1902. 2 — 3 — 4 — Par Léon XIII, en 1886. 5 — Par Pie VII, en 1817. 6 — Par Léon XIII (Décret Laudatif) en 1888 ; par Pie X (Décret d'Approbation) en 1906. XI. — Si elle est diocésaine, par quel Evêque, et en quelle année a-t-elle été approuvée ?
  • 71. 310 Chronique 1 — 2 — Successivement par S. E. le Cardinal Sterckx, en 1866; par S. E. le Cardinal Deschamps en 1878 ; par S., E. le Cardinal Mercier en 1919. 3 — Par S. E. le Cardinal Sterckx, en 1849. 4 — 5 — ... 6 — Cette nomenclature est nous le savons, incomplète. Elle est incomplète : 1° parcequ'il nous a été impossible de nous pro- curer l'adresse de tous les Couvents qui, en Belgique, abritent des personnes religieuses consacrées au Sacré-Coeur; 2° parce que plusieurs Communautés auxquelles nous avions adressé notre questionnaire n'ont pas cru devoir nous transmettre les ren- seignements que nous leur demandions. Qu'on veuille donc nous pardonner rtos omissions! Elles sont tout à fait involontaires ; et volontiers nous les réparerons le jour où l'on nous mettra à même de combler des lacunes que nous regrettons plus que n'importe qui.
  • 72. Espagne , 311 ESPAGNE VITORIA. — Intronisation du Sacré-Coeur de Jésus à l'Hô- tel de Ville. Voici encore un triomphe, et des plus beaux, à l'actif de « l'Union de Damas Espanolas del Sagrado Corazon ». Ce sont elles qui ont préparé le terrain, ce sont elles qui ont obtenu le beau succès qu'on va voir. Le conseil municipal de Vitoria, dans sa séance du 14 avril 1921, avait voté à l'unanimité l'intronisation du Sacré-Coeur à l'Hôtel de Ville. Une maladie de l'Évêque de Vitoria en retarda l'exécution, qui fut renvoyée au 17 octobre, fête de Ste Marguerite-Marie. La veille de ce jour une ordonnance du maire, Mr Herminio Madinaveitia, fut affichée dans toute la ville. Elle disait entre autres choses : « Accourez, venez rendre un hommage d'af- fectueux respect et d'amour sincère au Sacré-Coeur de Jésus Demandez-lui le glorieux triomphe des armes espagnoles en Afrique Pavoisez vos maisons toute la journée Prenez . part à toutes les démonstrations qui vont avoir lieu, afin de proclamer la grandeur de l'acte qui va s'accomplir dans l'édi- fice où tient ses séances votre conseil municipal ». Nous voici au 17 octobre. Toute la ville est pavoisée. De tous les villages de la province est accourue une foule nombreuse. Le matin, messe célébrée par Monseigneur et communion générale très nombreuse. Dans la matinée les foules continuent d'affluer, désireuses de prendre part à la manifestation. La procession du soir fut quelque chose d'indescriptible. Une foule immense où toutes les classes sociales étaient présentes. Il y avait là toutes les Confréries avec leurs bannières, tous les enfants des écoles et des asiles, les Séminaristes, le clergé séculier et régulier et les croix de procession de 44 paroisses de la ville et de la province, les musiques militaires et municipales. On y voyait le Comité de P-«Union de Damas Espanolas del Sagrado Corazon», ayant à sa tête Mme la Marquise de Unzâ del Valle, fondatrice et présidente générale de l'« Union ». Toutes montraient sur leur poitrine l'insigne de l'« Union » ; la présidente portait en plus la Croix d'or «Bene merenti» que S.S. le Pape Benoit XV lui a conférée récemment (3 déc. 1920). Puis les autorités : Monseigneur avec le chapitre et le clergé de la Cathédrale, le Conseil municipal au complet, présidé par
  • 73. 312 Chronique le Maire ; le Président du Conseil général avec tous les conseil- lers ; le Gouverneur civil de la province (Préfet), le Gouverneur militaire et les• représentants des Tribunaux, de l'Institut, des Collèges, de la Chambre de Commerce, des Banques, des Postes, Télégraphes etc. etc. En un mot, toute la ville était là. La statue du Sacré-Coeur qui devait être intronisée est portée sur un magnifique carosse. Pour fermer le cortège, un piquet de cavallerie avec musique et clairons. Vive le Sacré-Coeur de Jésus ! est le cri unanime et reten- tissant de l'immense foule au moment où le carosse entre sur la place. Les vivats sonores se confondent avec les salves d'accla- mation, pendant que la foule, prise d'un enthousiasme délirant et d'amour pour le Christ Roi, agite des mouchoirs blancs pour saluer le Coeur de Jésus. Ce fut un moment d'émotion profonde très intense. Un magnifique trône sur fond de damas attendait à l'Hô- tel de Ville la statue du Sacré-Coeur. A peine est-elle placée que la musique et les clairons du régiment de cavalerie attaquent la marche royale. Puis le Maire, s'avançant au balcon principal, aux côtés de Monseigneur, lit, avec une émotion intense un très bel acte de consécration, que Monseigneur qualifia de véritable filigrane littéraire et religieuse. La lecture achevée, du sein de l'immense foule, qui remplit la place et les alentours, s'élève une formidable explosion de vivats et d'acclamations au Sacré-Coeur. Un très beau et très éloquent discours de Monseigneur mit fin à cette inoubliable journée. Nous profitons de l'occasion pour dire un mot en passant (nous promettant d'en reparler plus longuement) sur l'« Union de Damas Espanolas del Sagrado Corazon ».. C'est une institution que Dieu bénit visiblement et qu'il semble avoir inspirée pour de grandes choses. . Elle en a mené beaucoup et de très grandes à bonne fin pendant les douze ans d'existence qu'elle compte déjà. Et cela non seulement dans le champ de l'action catholique et sociale, où elle a travaillé beaucoup, mais aussi dans celui de l'action religieuse, en donnant ainsi un peu de vie surnaturelle à toutes ses oeuvres. . Le. Pape .aime et apprécie hautement cette institution. Le Nonce Apostolique et les Évêques d'Espagne ne l'ai- ment et ne l'apprécient pas moins.
  • 74. ,313 Espagne^ Nous voyons que par elle s'accomplissent quelques uns des désirs exprimés par le Sacré-Coeur à Ste Marguerite-Marie. On se rappelle que lors du Congrès Eucharistique de Madrid, Notre-Seigneur vit se réaliser son désir d'entrer triomphalement dans le Palais des Rois. Ce fut par l'initiative de l'« Union des Dames Espagnoles » que se fit la première consécration de l'Espagne au Sacré-Coeur dans le salon du trône du Palais Royal, en présence de leurs Majestés, de leurs Altesses Royales, de toute la Cour, du Gou- vernement, etc. etc. Quelques jours après l'« Union » obtint la désignation d'une église comme temple national au Sacré-Coeur dans la capitale de l'Espagne. Ce qui vient de se passer en Afrique ( voyez la chronique du Maroc Espagnol) n'est-ce pas un acheminement à la réali- sation du désir du Sacré-Coeur de voir son image sur les drapeaux nationaux ? C'est encore l'« Union des Dames Espagnoles du Sacré- Coeur»qui la première accueillit avec enthousiasme l'oeuvre du R. P.Mateo Crawley, SS. CC. et a travaillé sans cesse à la pro- pager. Elle a obtenu des milliers et des milliers d'intronisations non seulement de familles, mais aussi de villages, de villes, de provinces, préparant ainsi le triomphe du Sacré-Coeur au « Cerro de los Angeles ». PALMADE MALLORCA (Baléares). — Une chapelle est dédiée au Sacré-Coeur de Jésus. Au Tribunal de Palma de Mallorca une chapelle vient d'être dédiée au Sacré-Coeur, par les soins et le zèle de D. Valentin Diez de la Lastra, président du Tribunal. C'est Monseigneur l'Évêque de Palma qui bénit la chapelle. Aussitôt après une messe y est célébrée par D. Felipe Cirer, Recteur del Real Palacio de la Almudaina. Le président du Tribunal lit ensuite une belle prière qui est en même temps une consécration, et qu'il a composée lui-même ' ' pour la circonstance. . CARRION DE LOS CONDES. — Congrès Eucharistique ré- gional. •-..•- La Section de l'Adoration Nocturne de Carrion de los Condes, au diocèse de Palencia, désireuse de célébrer solennellement ses Noces d'argent, organisa, avec l'assentiment et la bénédic- tion de l'Ordinaire, un Congrès Eucharistique régional. , A h eut lieu du 23 au 26 septembre, sous la présidence "des évêques de Palencia et de Salamanca.
  • 75. 314 Chronique Les Congressistes se partagèrent en trois sections : la Ire fut chargée d'étudier le thème suivant -.L'Adoration Nocturne et' lès Tarsicius ; la 2e prit à son sompte. Les OEuvres Eucharis. tiques ; et la 3e Le Culte Eucharistique en général, Le dernier jour, procession solennelle du T. St.-Sacrement. Toutes les autorités civiles et militaires y prirent part, ayant à leur tête le Gouverneur Civil (Préfet) le Président du Conseil Général et le Lieutenant Colonel de la Garde Civile (Gendar- merie). Du haut d'un balcon de l'Hôtel de Ville, l'évêque de Sala- manca donna la bénédiction aux assistants et lut l'acte de con- sécration au Sacré-Coeur de Jésus. "~~ Avant l'assemblée de Carrion de los Condes on avait vu celles d'Alba de Tormes, Penaranda. Ces sortes d'assemblées eu- charistiques régionales tendent de plus en plus à se multiplier. BIBLIOGRAPHIE. — Le R. P. Leceta, S. J. a publié der- nièrement quatre brochures : 1° Consagracion de las familias al Sagrado Corazon de Jésus ; 2° Instruction sobre el Sacra- mento de la Comunion ; 3° Primera Comunion de los ninos ; 4° Resumen de la vida de Santa Margarita Maria. D. Emilio Sanchez Martin, prêtre, vient de nous donner un ouvrage précieux : La Vida eucaristica de Santa Teresa de Jésus. D. F. Velasco, chanoine de Malaga, a fait paraître il y a peu de mois son excellent ouvrage : La devocion al Sagrado Corazon y los Ejercicios de San Ignacio.
  • 76. garoc Espagnol ,315 Maroc Espagnol 1 MELILLA. — L'image du Sacré-Coeur de Jésus sur le dra-r I peau. L'« Union de Damas Espanolas del Sagrado Corazon », qui 4 travaille avec tant d'activité et de zèle à étendre le règne social du Coeur de Jésus, a obtenu que l'image du Sacré-Coeur soit -i placée sur les drapeaux. * Le fait s'est passé sur les hauteurs de Bas-Medua le jour ï où nos troupes prirent d'assaut cette position. | Le drapeau espagnol de la Légion Étrangère et celui des i troupes indigènes y furent arborés aussitôt. 1 Sur ces drapeaux qui flottaient entrelacés, le R. P. Revilla I plaça l'insigne du Sacré-Coeur. C'était une image du Coeur de i Jésus richement et artistiquement brodée sur une large bande, | destinée à la fixer aux drapeaux. '! Tous les soldats présents défilèrent devant les drapeaux *, et baisèrent religieusement et avec ferveur l'image du Sacré- J Coeur. L'initiative de cette belle et pieuse manifestation est due i à Mme la Marquise de Unza del Valle, fondatrice et présidente générale de l'« Union de Damas Espanolas del Sagrado Corazon ». Elle se servit de l'entremise de Mme la Marquise de Caval- canti, dont le mari était alors généralissime de notre armée de Melilla. La Marquise de Cavalcanti, à son tour, chargea de l'exé- cution le R. P. Revilla, O. F. M. C, ancien officier et intrépide aviateur, et actuellement aumônier volontaire de la Légion Étran- gère d'Espagne. CEUTA. — Intronisation du Sacré-Coeur de Jésus à l'Hô- pital de la Croix Rouge. D* Amparo Pons, V' de Colomés, deT« Union de Damas Espanolas del Sagrado Corazon » nous décrit la belle et émou- vante cérémonie qui a eu lieu en septembre dernier à l'Hôpital de la Croix Rouge de Ceuta. Le matin du jour désigné, messe de communion générale. Le soir procession solennelle avec assistance de toutes les autorités ecclésiastiques, civiles et militaires. On porta en procession la statue qui devait servir à l'in- tronisation. Elle parcourut toutes les salles de l'établissement, PUis les allées du jardin, s'àrrêtant aux artistiques reposoirs, dressés ça et là, vraies forêts de drapeaux espagnols et de la Croix Rouge, de plantes et de fleurs.
  • 77. 316 Chronique Après les prières du Rituel de l'Intronisation, un choeur très nourri chanta un hymne écrit pour la circonstance par D. Juan Sirvent et mis en musique par D. Ramon Lorente, tous deux colonels d'artillerie. La musique de la Légion Étrangère prit part à la proces- sion et accompagna les chants. COSTA-RICA Voici quelques faits que nous extrayons d'une lettre du R. P. Ohlemùller, C. M., directeur de l'Apostolat de la Prière de San José de Costa Rica, et d'un rapport de la Secrétaire gé- nérale de l'OEuvre. « Dans cette république de Costa Rica on a une grande dévotion au Sacré-Coeur de Jésus. La fête est célébrée avec grande solennité. Hors de la capitale, dans les villages, cette fête est chômée ; personne ne travaille ce jour-là. Après la. Grand Messe, le Très Saint-Sacrement reste exposé toute la journée ». La Secrétaire générale, dans son rapport annuel sur l'A- postolat de la Prière, rend tout d'abord un hommage de recon- naissance et d'admiration à Mgr Stork, prédécesseur du R. P. Ohlemùller, C. M. dans la direction de l'Apostolat. Mgr Stork, mort depuis peu sur la brèche, était un infa- tigable apôtre du Sacré-Coeur. Quand il s'agissait du Sacré-Coeur, il oubliait tout, il s'oubliait lui-même, il oubliait ses fatigues, ses souffrances. La Secrétaire continue ensuite son rapport. En analysant la vie active de l'Apostolat, je puis vous dire que vous n'y trouverez rien de nouveau. Il ne nous appartient pas d'introduire des innovations. Un fait acquis est que cette année 389 nouveaux asssociés ont été inscrits dans l'Apostolat de la Prière. Par conséquent
  • 78. Costa-Rica 317 389 prières de plus qui chaque jour implorent du Sacré-Coeur le remède à tant de maux existants, 389 âmes qui honorent et ado- rent le Coeur de Jésus, et attirent par leurs prières et leurs bonnes oeuvres, grand nombre de grâces sur notre société. Cinq nouveaux Centres ont été fondés : Palmarès, San Roque de Grecia, San Miguel de Santo Domingo, San Isidro de Puriscal, Villa Quesada. La dévotion au Sacré-Coeur y a pris de ce fait un grand développement. Huit nouvelles zélatrices sont venues s'enrôler sous le dra- peau de l'Apostolat, et travaillent avec ardeur à étendre le règne du Sacré-Coeur de Jésus. Le mois du Sacré-Coeur est célébré chaque année avec so- lennité : Messe de communion, sermon et salut tous les jours. En 1920 ce fut encore Mgr Stork qui le prêcha dans la ca- pitale, et qui par sa parole toute de feu remua tous les coeurs et en enflamma beaucoup de la plus tendre dévotion au Sacré- Coeur. C'était le chant du cygne. La même solennité accompagne les cérémonies des premiers vendredis du mois. A tous ces exercices on vient d'ajouter celui de l'« Heure ' Sainte », pratique si chère au Coeur de Jésus. Mais par dessus tout cela, quelque chose de très consolant et de très encourageant c'est le nombre de communions. Rien que pour le centre de la capitale, ce nombre s'élève cette année à 86.953. Sans aucun doute c'est l'amour au Coeur de Jésus qui pousse les âmes à.la communion fréquente. Depuis le mois de septembre 1920 l'Apostolat est sous la direction du R. P. Ohlemùller, CM. A cette occasion nous avons pu admirer une fois de plus la miséricordieuse bonté du Coeur de Jésus, qui a daigné choisir pour l'Apostolat un homme selon son coeur : un homme prudent, plein de foi et d'amour, enflammé de zèle pour la gloire de Dieu et la salut des âmes. Quant à l'Intronisation du Sacré-Coeur dans les foyers nous n'avons pas de données exactes, car l'oeuvre n'est pas encore bien organisée et il n'y a pas de registre, mais nous pouvons affirmer que dans plus de 700 maisons de la Capitale le Sacré- Coeur de Jésus a été proclamé Roi. , Nous ne pouvons passer sous silence le fait d'un modeste 'instituteur d'un village très éloigné de tout centre. Nous ne le gommons pas pour ne pas blesser son humilité. Il est à la tête û un choeur de 30 associés à l'Apostolat. Il fait célébrer une messe ^n l'honneur, du Sacré-Coeur toutes les fois qu'il peut trouver Un Prêtre qui s'en charge.
  • 79. 318 Chronique Les honoraires de cette messe sont couverts en partie par lui et en partie par une souscription faite parmi ses élèves. Le maître et .ses élèves, au nombre de 50 environ, assistent à cette messe et y reçoivent la sainte communion. Tous les ans il se charge — et le fait admirablement — de préparer de 20 à 25 enfants à la première Communion. Que n'avons-nous beaucoup d'instituteurs comme celui-là ! On voit par ce qui précède que la dévotion au Sacré-Coeur est florissante dans notre petite République de Costa Rica. Mais ce qui le prouve d'une façon encore plus évidente c'est le grand événement qui a eu lieu en novembre dernier : la Con- sécration officielle de la République au Sacré-Coeur de Jésus. Nous espérons pouvoir en parler dans le prochain numéro. Empire Britannique, et Pays de langue anglaise ANGLETERRE Voici quelques chiffres qui donneront une idée du progrès du catholicisme en Angleterre. Il y a eu, depuis le rétablissement de la hiérarchie, plus de 600 gradués d'OxpORD qui se sont con- vertis, reprenant, en cela, la foi des fondateurs de ce grand. Centre intellectuel. A l'Université de CAMBRIDGE, le nombre des re- tours à la foi catholique a été d'environ 400, tandis qu'il attei- gnait 500 dans les autres grands Collèges. Beaucoup de minis- tres protestants ont suivi le mouvement. Pourtant, c'est une chose difficile pour eux ; et, il suffit de lire les conversions de Newman, et du Cardinal Manning pour s'en rendre compte. Leur formation cléricale, leurs études, leur mariage, leUt foyer sont presque d'invincibles obstacles. On compte, cepen- dant, plus de 630 d'entre eux qui se sont convertis. Avec eux, sont venus à l'Église près ,de 900 épouses, filles ou fils de pas- teurs protestants. On cite encore 450 membres de la noblesse,
  • 80. Empire britannique 319 430 officiers etc. etc. Ce fut le grand désir de Léon XIII, c'est celui de ses successeurs sur la Chaire de S* Pierre, de voir l'An- revenir à la foi de celui qui, avant d'apostasier, mérita gleterre le titre de DEFENSOR FIDEI. Prions le Sacré-Coeur pour la réa- lisation de cette oeuvre de conversion qui ajoutera à sa gloire et agrandira son règne d'amour. En attendant, il est curieux de constater, comme je l'ai déjà mentionné dans une précédente chronique, qu'il s'est fondé des Ligues pour procurer l'union de tous les fidèles du Christ sous l'autorité d'un seul Pasteur ; et, que le grand moyen pro- posé pour atteindre ce but a été la diffusion du culte du Sacré- Coeur. En 1915, une Revue protestante publiait un sermon-mé- ditation sur le Coeur de Jésus dont l'idée lui avait été suggérée par un petit scapulaire du Sacré-Coeur vu auprès du lit d'un soldat anglais, dans un hôpital des Flandres. Un enfant belge n'avait rien trouvé de mieux, un jour que ce soldat passait, que dé lui donner ce talisman sur lequel étaient écrits ces mots : Arrête, le Coeur de Jésus est là ! Il pensait que Jésus protégerait le soldat qui défendait sa patrie. Ce dernier, ne sachant pas le français, avait accepté et porté le scapulaire. Et voilà que, main- tenant qu'il était blessé, il voyait l'aumônier protestant prendre cette image, il l'entendait lui traduire en anglais les paroles protectrices, et il était tout ému d'avoir été sauvé de la mort. Quels furent les effets qui suivirent? Je ne le sais. Si ce n'est que l'amour du Sacré-Coeur de Jésus est devenu un sujet de";sermon et de méditation dans des milieux tout à fait protestants. Re- gnabit. Il régnera ! — Ces derniers mots me rappellent ceux d'un Apôtre du Sacré-Coeur qui, dans le feu de son éloquence, disait^: « Il ne faut pas dire qu' Il régnera. Il règne ». Hélas, pas assez, ni partout encore ! Et l'on peut continuer de réciter, dans la belle prière sortie des lèvres du Sauveur lui-même : Ad- veniat regnum tuum.. que votre règne arrive. Et, l'on doit aimer lé titre de notre belle Revue REGNABIT: Il RÉGNERA,qui est un témoignage de notre foi dans l'amour triomphant de Jésus. IRLANDE On parle beaucoup, dans les journaux, de la division pro- fonde qui existe entre l'Irlande et l'Ulster. Voici, à titre, d'in- formation, ce que je lis dans la Semaine Religieuse de Paris : On sait que les protestants du nord de l'Irlande demandent ^séparation de six comtés (l'Ulster) où ils sont en majorité, Qavec le reste de l'Irlande et le gouvernement de Dublin. Les
  • 81. 320 Chronique catholiques irlandais, qui sont la très grande majorité du pays, demandent au contraire le maintien de l'unité de l'Irlande. « Les protestants du nord, disent-ils, ont été implantés de force dans le nord de l'Irlande par Cromwell qui les emmena d'Ecosse pour leur donner les propriétés des catholiques ; ils doivent accepter la loi irlandaise. D'ailleurs, ajoutent les. catholiques, dans l'Ulster; séparatiste se trouve la ville d'Arnagh, qui est le siège primatial de 1!Irlande ; il est impossible qu'elle soit séparée de l'Irlande catholique». Le journal catholique anglais The Universe écrit à ce sujet : « Arnagh est la capitale ecclésiastique de l'Irlande. C'est le siège de saint Patrice. Aucune nation ne tolérerait que l'on sépare la capitale religieuse de la mère-patrie ». Puisse le Sacré-Coeur de Jésus exaucer la belle prière qui est sur les lèvres de tous les catholiques Irlandais et faire régner, dans leur beau pays, une ère d'humanité, de paix et de pros- périté. CANADA Le Canada, surtout dans son élément français est un pays foncièrement catholique. Nous avons déjà dit sa foi dans le Sacré-Coeur de Jésus. Un des fruits de la religion des canadiens français est la bénédiction de Dieu dans leurs foyers. Les sta- tistiques récemment publiées par le gouvernement canadien, établissent que la province de Québec, province catholique, a eu, à elle seule, en 1920, 83.466 naissances pour une popu- lation de 2.400.000 habitants, alors que toutes les autres pro- vinces n'ont eu ensemble que 163.753 naissances pour une popu- lation de 7 millions d'habitants. — C'est-à-dire que les familles catholiques qui forment un peu plus du quart dé la population ont, à elles seules, fourni la moitié des naissances. Ce fait a été relevé par le bulletin maçonnique de DENVER, au COLORADO (États-Unis) « THE SQUARE AND COMPASS en ces termes : « Nous » croyons devoir rendre hommage à qui il est dû. L'Église catholi- que romaine prêche en chaire, à toute occasion, contre l'indé- cence des exhibitions féminines ; elle enseigne que la maternité est une bénédiction. Elle exalte la chasteté et la continence et fut le premier prédicateur de la pureté. De tout cela on ne saurait trop la louer». Les résultats du recensement de 1921 ne sont pas encore officiellement publiés. On sait, cependant, que la population du Canada est montée de 7.206.643 habitants, en. 1911, à environ 9.235.000 en 1921. L'augmentation serait plus forte, sans le mouvement d'immigration qui entraîne beaucoup de Canadiens aux États-Unis. Si tous ceux qui ont émigré au siècle dernier étaient restés au Canada, la population de ce pays dépasserait, aujourd'hui, 25 millions d'habitants.
  • 82. Canada , 321 — ALBERTA SASKATCHEWAN. Voici quelques renseignements communiqués par un Rév. Père Oblat de Marie Immaculée de la Province d'Alberta-Saskatechewan : « Notre Province com- prend de nombreuses paroisses et missions dans les trois dio- cèses de Prince Albert, de Calgary et d'Edmonton. La popu- lation est composée de représentants de toutes les langues. Nous la divisons, surtout, en deux races : les blancs et les indiens. Parlons d'abord de la dévotion du Sacré-Coeur, chez les blancs. 1° Églises. Une des manifestations publiques les plus signifi- catives en l'honneur du Sacré-Coeur est certainement celle de construire une église en son honneur. Dans le diocèse d'Edmonton nous comptons quatre églises paroissiales dédiées au Sacré-Coeur; dans le diocèse de Calgary, trois ; dans le diocèse de Prince Al- bert, la.cathédrale et plusieurs autres églises. Je ne compte pas, ici, les chapelles de missions bien plus nombreuses que les églises et dont un très grand nombre sont dédiées au Coeur aimant du Sauveur. 2° INSTITUTIONS.Le diocèse d'Edmonton compte, en outre, parmi son clergé, des Rév. Pères de la Congrégation du Sacré-Coeur, de S* Quentin, qui, par vocation, s'appliquent à étendre le règne du Coeur de Jésus. Dans le diocèse de Calgary, se trouve un pensionnat-école dédié au Sacré-Coeur et desservi par les Révérendes Mères de la Congrégation des Fidèles Com- pagnes de Jésus. 3° OEUVRES.Dans les différents diocèses, nom- més ci-dessus, l'OEuvre de l'Apostolat de la Prière est très pros- père et compte de nombreux adhérents. Le Messager du Sacré- Coeur édité par les Révérends Pères Jésuites est lu dans presque toutes les paroisses des grandes villes, tant en anglais qu'en fran- çais. 4° PRATIQUES DE PIÉTÉ. Dans toutes nos paroisses l'on s'efforce de solenniser le plus possible le premier vendredi du mois, ou, du moins, le premier dimanche. Je connais des paroisses où l'assistance est aussi nombreuse qu'aux jours de grandes fêtes. Je pourrais même citer telle ou telle petite mission de Sashatcke- wan où j'ai vu des personnes faire 10 à 15 milles pour avoir le bonheur de faire la communion du premier vendredi, en l'hon- neur du Sacré-Coeur. Ordinairement, il y. a exposition du Très SMSacrement le premier dimanche de chaque mois avec : l'Heure- Sainte, la Consécration au Sacré-Coeur, sermon de circonstance, bénédiction très solennelle ». Le Révérend Père termine cet aperçu de la dévotion au Sacré-Coeur chez les blancs par ce désir de son coeur d'apôtre : Comme je voudrais voir s'établir chez nous les splendides manifestations de l'Adoration nocturne °u de^ l'oeuvre des hommes' du Sacré-Coeur, de la Consécration des villes, des provinces, de l'intronisation dans les familles, comme cela existe dans l'Est du Canada, et, surtout, à S* Sau-
  • 83. 322 Chronique veur de Québec ». Les lecteurs de Regnabit prieront aux inten- tions-du missionnaire afin qu'il ait le bonheur de voir s'établir des oeuvres si agréables au Coeur de Jésus. DÉVOTION DU SACRÉ-COEUR CHEZ LES INDIENS. Parlant de ce qu'il a vu chez les indiens, il dit : « J'ai eu le plaisir de cons- tater que la dévotion au Sacré-Coeur est très en honneur parmi eux. D'abord l'idée du Sacré-Coeur, d'un Dieu-Amour, bon, misé- ricordieux, est très chère aux indiens. Selon ce que j'ai pu ap- prendre de nos vétérans dans l'apostolat, le Dieu-Suprême pour eux est l'Esprit-Bon, l'Esprit-Bienfaisant. Sans doute que, dans la conception païenne, c'est plutôt un dieu bonasse qui ne s'of- fense de rien et ne se venge jamais, et qui, par conséquent ne demande pas de sacrifices pour être apaisé. Mais enfin, cette idée d'un Dieu suprême dont l'attribut, par excellence est la charité, les rend singulièrement disposés à accepter la doctrine du Sacré-Coeur de Jésus, Dieu fait homme, aimant l'humanité d'un amour infini. Les Indiens invoquent volontiers le Sacré- Coeur de Jésus dans leurs peines et dans leurs deuils. Le premier vendredi est connu et célébré, chez eux, grâce aux instructions et à l'enseignement qu'ils ont reçu dans nos écoles et nos églises. Il existe même, chez les Cris, une Revue du Sacré-Coeur, éditée et imprimée dans la Réserve de Hoblema (Alta) par le Rév. Père Moulin O. M. I. Elle est très lue et fort goûtée des indiens, auxquels, en dehors de l'Évangile et des intérêts du Sacré-Coeur, elle donne toutes les nouvelles et instructions qui peuvent leur être utiles ». Je regrette de ne pas connaître le nom du Mission- naire qui nous a donné tous ces intéressants détails ; mais, au nom des lecteurs de «.Regnabit» je lui dis un cordial merci. CAP-DE-I,A MADELEINE. — Sur les bords de S* Laurent, dans un site enchanteur, se trouve un sanctuaire qui est devenu le Pèlerinage National de la Très Sainte Vierge. On l'appelle Notre-Dame du Cap de-la-Madeleine. La vieille église, qui existe encore, a été fondée en 1714. La Très Sainte Vierge est invoquée, dans cet endroit, sous le beau titre de Notre-Dame du Rosaire. Avec Elle, le Sacré-Coeur de Jésus a sa place d'honneur dans la Basilique et dans l'église paroissiale. Les premiers vendredis de chaque mois y sont célébrés par de nombreuses communions et de belles cérémonies. Ce sont les Révérends Pères Oblats de Marie Immaculée qui ont la desserte de ce Pèlerinage. Comme à S* Sauveur'de Québec, et, partout, dans le Canada, ils sont les apôtres de Marie Immaculée et du Sacré-Coeur de Jésus. Je sais cela pour l'avoir vu de mes yeux, et, par les récits que m'apporte
  • 84. Canada , 323 les très intéressantes ANNALES DE NOTRE-DAME DU CAP dont le Révérend Père A. Joyal, O. M. I. est le pieux et savant ré* dactèur. Pour aller à Notre-Dame du Cap, en venant de Québec, ' je me suis arrêté à la ville de Trois-Rivières. Là, sur une place publique, bien en évidence, à la place d'honneur, se dresse une grande statue du Sacré-Coeur de Jésus étendant les deux bras. Sur le piédestal, sont quatre lampadaires portés par des anges, j'avoue que la vue de cette statue me fut une douce surprise et que je ne pus m'empêcher de penser à la bénédiction promise par Jésus aux endroits où son Image serait honorée. Dans le dernier numéro des Annales de Notre-Dame du Cap, se trouve un touchant appel de Monseigneur Breynat. Cet évêque est un ardent apôtre du Sacré-Coeur et je crois faire plaisir aux lecteurs de REGNABIT en le citant intégralement, avec la réponse de son Éminence le Cardinal Bégin, archevêque de Québec : Québec, presbytère de S^Sauveur, 31 octobre 1921. A Son Eminence le Cardinal L.-N. Bégin, Archevêque de Québec. Eminence, Connaissant le bienveillant intérêt que Votre Eminence porte à nos Missions de l'Extrême-Nord, je viens, en foute confiance, Lui de- mander l'autorisation de faire parmi ses ouailles si catholiques une tour- née de recrutement. J'arrive de nos pays de neige. Partout j'entends parler des grandes questions du jour : chômage, surproduction, insuffisance des salaires, etc. Il me semble que le moment est on ne peut plus propice pour tenter une levée d'ouvriers généreux dont le besoin est si pressant dans notre immense champ d'apostolat. Chez nous, la besogne surabonde. Nos prê- tres ne suffisent même pas aux besoins du ministère. Dans bien des cas, ils sont obligés de consacrer la meilleure partie de leur temps à pourvoir à leur nourriture et à leur logement. Pêche, chasse, travaux de ferme, construction d'églises, etc., pourquoi de bons jeunes gens à bras solides et au coeur vaillant ne viendraient-ils pas s'en charger ? Enrôlés sous la bannière des Oblats de Marie Immaculée comme Frères convers ou coadjateurs, revêtus, après les épreuves du noviciat, de l'habit et de la Croix du missionnaire, ils seront eux-mêmes de vrais missionnaires ; leurs travaux, de vrais travaux apostoliques; ils concourront très effi- cacement au développement de nos oeuvres.et au salut des âmes les plus déshéritées. Et chez nous, la surproduction n'est pas à craindre : nous avons du travail pour tous ceux qui en veulent. Mais, il nous faut des ouvriers qui sachent vivre de privations et de renoncement et se dévouer avec d'autant plus de générosité. De tous c°iés, en effet, les appels à la charité sont si nombreux, si pressants, que, la mO-lgré pauvreté de nos missions, }e ne me sens pas le courage de ten- dre la main. Assez riche je m'estimerai, si je trouve, commenous en avons aélà, des ouvriers qui savent se passer d'argent et dont l'abnégation est une prédication constante. Le salaire est surabondant : travailler uni-
  • 85. 324 Chronique quement pour le ciel, le gagner non seulement pour soi, mais pour une foule d'autres, accumuler assez de richesses pour ajouter à son honneur la joie de faire des milliers d'heureux pour l'éternité, n'est-ce pas s'as- surer un trésor des plus douces consolations qui nous sera surtout pré- cieux à l'heure suprême ? Eminence, ils sont nombreux dans les villes et les campagnes ds votre diocèse, où la foi est encore si vivace, les coeurs généreux qui gémis- sent dans les liens du monde. Ils n'attendent que l'appel du Maître les invitant au travail dans ses vignes les plus éloignées. Un mot de vous, Eminence, avec une paternelle bénédiction, et je pars leur porter la bonne nouvelle du Sacré-Coeur, sollicitant leur coo- pération à notre oeuvre d'apostolat. Que votre Eminence daigne agréer, avec mes humbles remercie- ments, le respectueux hommage des sentiments de vénération avec lesquels i'ai l'honneur d'être, De Votre Eminence, le serviteur affectueusement dévoué; F. BREYNAT, Ev. d'Adr., Vie. Apostolique du Mackenzie Je recommande de grand coeur l'oeuvre de recrutement des. Frères Coadjuteurs que le digne et vénérable Mgr Breynat, évêque du Mac- kenzie, vient promouvoir dans l'archidiocèse de Québec. Je lui souhaite plein succès, comme à tous les labeurs apostoliques des excellents Pères Oblats de Marie Immaculée dans l'Ouest Canadien. Que Dieu bénisse son oeuvre et lui fasse trouver partout bon accueil et de nombreux ouvriers auxiliaires dans la vigne du Seigneur. L.-N. CARD.BÉGIN, Arch. de Québec. ÉTATS-UNIS TEXAS-BROWNSVILLE. - Il est une ville du Texas qui m'est — chère. Brownsville est son nom. Si vous consultez une carte des États-Unis, vous la trouverez tout en bas, le long .du Golfe du Mexique, presque à l'embouchure du Rio Grande. Je me rappelle que lorsque, jeune missionnaire, je vins l'habiter, elle m'apparut
  • 86. Etats-Unis 225 comme une oasis, une ville mystérieuse cachée là loin des yeux. A cette époque, il n'y avait pas encore de chemin de fer. Les plaines immenses s'étendaient tout à l'entour avec, de ci de là, quelques Ranchos et d'humbles petites chapelles que les- mis- sionnaires allaient visiter à cheval. Brownsville avait une église magnifique. Elle était l'oeuvre d'un architecte, devenu Mission- naire Oblat de Marie Immaculée, qui mourut, perdu dans la plaine, et dont le corps fut dévoré par les aigles et les ioups. C'est dans l'église de Brownsville que j'ai commencé à exercer le saint ministère. Je me souviens des belles cérémonies et des nombreuses communions qui honoraient le Sacré-Coeur de Jésus - le premier vendredi de chaque mois. Mais, j'ai voulu avoir des précisions sur ce qui avait pu se faire depuis que j'ai quitté le Texas, et, voici ce que le bon Père Janvier O. M. I. m'a écrit : « La dévotion au Sacré-Coeur de Jésus, a pris, en ces derniers temps, de belles proportions dans notre paroisse de l'Imma- culée Conception. Toutes les fêtes en l'honneur de ce Divin Coeur y sont célébrées avec beaucoup de solennité : Fête liturgique du Sacré-Coeur, mois du Sacré-Coeur, premiers vendredis de chaque mois. Dans notre église, le Sacré-Coeur a eu sa statue et son autel, dès les premiers jours de sa construction. En fait, son image se trouve dans toutes, ou presque toutes, les églises et chapelles de nos missions. En 1919, la Confrérie du Sacré-Coeur, en affiliation avec Montmartre, a pris la forme de l'Apostolat de la Prière. Les fruits actuels prouvent la sagesse du changement. Un plus grand nombre de fidèles, considérant la facilité des obli- gations! à remplir, ont donné leur nom et leur coeur au divin Maître. Les zélateurs et zélatrices sont devenus plus nombreux, plus actifs, les communions ont augmenté. Bien édifiant est le spectacle que présente notre église les premiers jeudi et ven- dredi du mois. Le jeudi, quatre Pères se tiennent constamment au confessionnal pendant de longues heures, et jusque tard dans la nuit. D'abord viennent les enfants de nos écoles paroissiales .(le recensement fixe le nombre à 800) ; puis, viennent les employés à la sortie de leurs travaux, les pères et mères de famille. Le soir du vendredi, il y a grande réunion à l'église. On dit le rosaire, on explique, du haut de la chaire, l'intention du mois, on lit l'acte d» consécration au Sacré-Coeur, puis, l'on donne la Béné- diction solennelle du Très Saint-Sacrement.. Celle-ci est immé- diatement suivie de la réunion, des associés de. l'Apostolat de la Prière où l'on traite des affaires courantes et de l'admission des nouveaux membres. Et cela chacun des 12 mois de l'année. Jusqu'à présent, depuis janvier, nous avons distribué à la pa- roisse plus de 25.000 communions. Espérons que la marche en avant ne se ralentira pas, que les associés deviendront plus nom- breux, plus instruits de la vraie dévotion au Sacré-Coeur ». Ce souhait du Missionnaire Texien est aussi le mien. Puisse
  • 87. 326 Chronique le Sacré-Coeur de Jésus devenir le divin Roi de Brownsville et de tout le beau Texas! PULLMAN. — (État de Washington) — Au QUESTIONNAIRE envoyé par REGNABIT on a donné les réponses suivantes : « Notre église était autrefois un temple protestant. On l'a dédiée au Sacré-Coeur de Jésus. Nous avons, dans notre paroisse, la Ligue du Sacré-Coeur qui est florissante. Chaque premier vendredi du mois, et durant tout le mois consacré au Sacré-Coeur, nous avons des exercices et des solennités en son honneur ». DÉTROIT. (Michigan). — La dévotion au Sacré-Coeur se développe rapidement dans cette ville grâce à la Ligue de l'A- postolat et du Sacré-Coeur de Jésus. Dans les deux dernières années, six nouveaux centres ont été établis. Le MESSENGER OF THE SACRED HEART y est beaucoup lu. Comme cela existe dans presque toutes les églises des États-Unis, ces Messagers sont mis à la disposition des fidèles, avec d'autres Revues]fca- tholiques, sur une table à la porte de l'église. —- * * * WILMINGTON. (Del). — Du Monastère de la Visitation, de Wilmington, on nous écrit que le livre de Monsieur l'abbé Anizan, EN LUI a été fort apprécié, aimé. Puis, on ajoute ces paroles : « La dévotion au Sacré-Coeur est tellement celle des PEUPLES des États-Unis que presque tous les périodiques ordinaires don- nent place à- quelques faits sur le Sacré-Coeur. Pour nous, nous serons heureuses de mettre notre petite obole à votre TRÉSOR SPIRITUEL pour le succès de REGNABIT, oeuvre qui ne peut qu'ê- tre chère à toute Visitàndine ». C'est un grand espoir pour le règne du Sacré-Coeur, aux États-Unis et dans tout l'univers, que fait naître la pensée que, dans les cloîtres, on prie et l'on se sacrifie pour la gloire de Jésus et le triomphe de son amour !
  • 88. : . ".:..; 3'27 ;.; Etats-Unis ';'-. ;, AFRIQUE NATAL. — Du 16 au 20 mai, s'est tenue à Centocow. (Natal) chez les missionnaires de Marianhill, une assemblée assez cbhsii dérable d'indigènes, réunis en Congrès eucharistique. Ce fut une belle manifestation de la part du jeune âge. « Laissez venir à moi les petits enfants », avait dit le Maître... Bientôt ce sera le tour des adultes. Un millier d'enfants de dix à seize ans étaient arrivés par groupes et à pied d'une distance de six à douze heures. Avec les enfants de Centocow, ils furent plus de 1.200 à profiter du tridùurh eucharistique. La spacieuse église du Sacré-Coeur avait été dignement ornée. Tous les jours on avait ménagé aux visiteurs une messe solennelle, de 7 à 9 h. messes basses, une communion générale, des visites en commun .du Très Saint-Sa- crement, de 4 à 5 sermons eucharistiques. Une dizaine de prêtres de la Mission, plus de 40 maîtres et maîtresses, l'inspecteur en chef et l'inspecteur de district des écoles gouvernementales étaient présents ainsi qu'un tout petit nombre d'Européens. Les fêtes se terminèrent par une messe pontificale que célébra le T. R. Abbé Gérard Wolpert, et par une procession solennelle du Très Saint-Sacrement à laquelle prirent part les quelques 1.000 jeunes Africains. Admirable manifestation, unique jusqu'ici dans l'Afrique du Sud. Spectacle vraiment beau que ces petits nègres, dont les prières et les chants emplissaient les airs. L'im- pression fut profonde dans le coeur des enfants et des spectateurs BASUTOLAND. Mission Sainte-Monique. — Au beau jour — de la Fête-Dieu, les Révérends Pères Thommerel et Romestaing O. M. I. ont eu la joie de faire un baptême de 168 catéchumènes qui reçurent leur première communion le jour suivant. Pour la fête du Sacré-Coeur, bien qu'elle ait lieu, là-bas, en hiver, et qu'il y eut alors beaucoup de malades, les commu- nions furent très nombreuses. Il en fut de même le dimanche suivant. Pour la procession solennelle du Très Saint-Sacrement, le missionnaire plaça ses nouveaux chrétiens, qui avaient com- munié le matin, immédiatement devant l'ostensoir. C'était pour le Sacré-Coeur Hostie un pieux et touchant cortège. CEYLAN MORATUWA.— On me communique une lettre du Rév. Père Joseph Milliner, directeur de la mission de MORATUWA. H dit, d'abord, ces choses élogieuses, et, méritées par celui
  • 89. 328 Chronique à qui elles s'adressent : «Je ne vous ai pas encore remercié de l'envoi de vos deux livres et de REGNABIT. Je le fais bien cor- dialement .J'avais déjà, le VERS LUI. J'ai donc passé votre volume à nos Franciscaines Missionnaires qui en ont été enchan- tées. Votre REGNABIT vient bien régulièrement. C'est admirable comme il a été bien reçu dans le monde entier. Il est de fait, très intéressant..... La dévotion au Sacré-Coeur est fort répandue dans lMle de Ceylan ». Le Rév. Père Milliner O. M. I. ajoute qu'il serait curieux de savoir combien de milliers de commu- nions se distribuent, chaque premier vendredi, rien que dans le diocèse de Colombo. Ce nombre, dit-il, doit être phénoménal. Pour lui faire plaisir, je tâcherai de le savoir. Apôtre du Sacré- Coeur, il a introduit à MORATUWA qu'il avait réalisé, autrefois, ce dans le district de NEGOMBO. Chaque dimanche qui suit le pre- mier vendredi, il a une réunion des membres de la Confrérie, avec chants, litanies, sermon et quelques prières. Tout cela en honneur du Sacré-Coeur. « Cela fait énormément de bien ». dit le Père Milliner. Comment en serait-il autrement ? Pour attirer les âmes à Jésus, il n'y a qu'à parler de son amour pour elles. COLOMBO.— Le diocèse de COLOMBOa une population catholique de 265.000 âmes. On peut dire que chaque mission- naire a à sa charge une moyenne de 3.300 catholiques. Il n'y avait, en 1908, que 258.000 confessions et 632.000 communions ; tandis, qu'à la fin de 1919, on comptait 739.000 confessions et 2.348.000 communions. INDES — CHETHIPUSHEY, CHANGANACHERRY. Le Prieur du Mo- nastère du Sacré-Coeur, Fr. Jean de Jésus et Marie T. O. C. D.
  • 90. Indes 329 remercie pour l'envoi de REGNABIT et fait des voeux pour que notre Revue établisse solidement le règne de Jésus dans les âmes, parlant des troubles qui, actuellement, ont lieu à Malabar et dans presque tout le sud de l'Inde il dit que les fanatiques mu- sulmans mettent tout à feu et à sang, que les ruines s'amon- cellent en bien des endroits, que l'indigence et la famine font de nombreuses victimes. Il ose solliciter des lecteurs de REGNABIT un souvenir tout spécial auprès du Sacré-Coeur de Jésus en faveur de son monastère et de sa maison d'études apostoliques. Puisse le Sacré-Coeur lui accorder tout ce qu'il désire ! AUSTRALIE Colonie anglaise, l'Australie est la plus grande île de l'Océa- nie. C'est un vaste plateau en grande partie désert à l'intérieur, mais bordé à l'est, par de hautes montagnes appelées les Alpes Australiennes. Elles atteignent 2.000 mètres d'altitude. Le fleuve principal s'appelle le Darling. La population s'élève à environ 4.900.000 habitants. Plus de la moitié sont des Européens attirés par les mines d'or, de cuivre, de charbon de terre et l'élevage des bestiaux. L'Australie jouit du privilège des Dominions ; elle est autonome et s'administre librement sous la suzeraineté de l'Angleterre. Nous avons connu la bravoure, l'héroïsme des Australiens pendant la dernière guerre. Ils sont, pour la plupart, protestants, mais nous avons vu ,dans leurs rangs, beaucoup de bons et fer- vents catholiques. Je reçois de Melbourne THE AUSTRALIEN MESSENGER OF ÏHE SACRED HEART, rédigé comme tous les Messagers, par les apôtres du Sacré-Coeur, les Révérends Pères de la Compagnie de Jésus, avec de Monseigneur Daniel Mannix, l'imprimatur archevêque de Melbourne. L'Apostolat de la Prière, la Ligue du «acré-Coeur rayonnent à travers toute l'île et attirent les âmes divin Sauveur. Quel merveilleux instrument de l'amour de <ju est Jésus l'apostolat de la Prière ! Ses membres sont, actuelle-
  • 91. 330 Chronique ment, dans le monde, au nombre de 40.000.000 .11 publie piUs de 50 Messagers du Sacré-Coeur, en trente langues différentes avec plus de 5 millions de lecteurs, chaque mois. La consécration des familles australiennes au Sacré-Coeur a pris un vaste déve- loppement à Melbourne, Sydney, Adélaïde, Ballarat, Perth Beisbane etc. etc. Dans les listes nombreuses que publie le Mes- sager Australien du Sacré-Coeur, pour les envoyer à Paray-le- Monial, Brisbane et Rocklay (N. S. W.) se distinguent, tout spécialement, grâce au zèle du Clergé. Dans le district de Bris- bane plus de mille familles ont donné leurs noms. Mais, comme le fait remarquer le Messager, il y a des milliers de personnes et de familles qui ont fait cette consécration sans être connues de lui. - J'espère que la lecture mensuelle de cette belle Revue m'ap- portera de nombreux faits, à la gloire du Sacré-Coeur, qu'il me sera doux de faire connaître aux lecteurs de-REGNABIT. — J.-B. HOREAU
  • 92. JNotre Courrier ». 331 Courrier de "REGNABIT" Merci au Sacré-Coeur A quelques jours d'intervalle, deux prêtres, l'un de France, l'autre de Chine, m'ont exprimé exactement le même désir. «Pour rendre la Revue plus utile et surtout plus utilisable en vue des prédications, me dit l'un d'eux, j'aimerais bien qu'elle soit un peu plus pratique. Je m'explique. . - . « Elle contient surtout la Doctrine du Sacré-Coeur. Elle est fort belle et magistralement enseignée. En maintenant la théorie, ne faudrait-il pas ajouter la pratique, c.a.d. les faits authentiques de grâces obtenues du Sacré-Coeur (changement 1 de genre de vie, union retrouvée dans une famille, retour au moment de la mort, détermination d'une vocation hésitante, guérison de l'âme et du corps) tout cela obtenu par le Sacré-Coeur. «Ce serait l'ornementation de la revue, la fleuriture: elle paraîtrait plus attrayante aux chrétiens qui la lisent et les Pfê-v très y trouveraient des exemples se rapportant au Sacré-Coeur, à exposer aux enfants et aux fidèles ». — Chers amis de Regnabit, dites-nous toujours, fraternel- lement, tous vos désirs. Vous le savez: nous voulons que la Revue Universelle du Sacré-Coeur soit parfaitement digne et du maître qu'elle sert et des âmes qu'elle veut Lui amener. Nous sommes heureux de publier aujourd'hui deux récits de grâces obtenues du Sacré-Coeur.. . Lettre prêtre : d'un .' Je dois vous dire qu'auprès des mourants le Sacré-Coeur m'a été d'un secours extraordinaire pour vaincre des âmes irréductibles. Un exemple entre beaucoup d'autres : Dans une paroisse où j'étais vicaire je me suis présenté Chez un malade atteint de tuberculose pulmonaire au dernier degré — Je tus mal reçu par le malade (un, père de famille de 30 ans) qui me dit : «Quand j'aurai besoin du Curé, je le ferai appeler ». ^ Je né me laissai pas rebuter ; je priai le Sacré-Coeur et lui con- fiai mon malade. — Comme son état empirait, je revins lé voir et
  • 93. 332 Nôtre Courrier lui parlai du Sacré-Coeur, de l'amour de Jésus, de ses souffrances. Aussitôt la glace se rompit ; il commença à me faire ses confidences. Je lui proposai une neuvaine au Sacré-Coeur qui commencerait par une bonne Communion « et vous prierez, dis-je au malade, le Sacré- Coeur dans votre coeur et votre âme ». — Le malade accepte, fait une bonne communion. Je vins le voir tous les jours, il se rendit compte de son état et l'accepte avec résignation ; il communia le dernier jour de la neuvaine, je lui donnai tous les sacrements. C'était le vendredi Je revins, il communia le dimanche matin, jour de la Première Com- munion de sa fillette, et mourut le dimanche soir à deux heures en priant le Sacré-Coeur. Voilà, Monsieur l'Abbé, une des plus grandes consolations de ma vie. J'en aurais bien d'autres à vous citer, si je n'avais peur d'être trop long et peut-être indiscret.... * * * Lettre d'une chrétienne : MONSIEUR L'ABBÉ, Puisque Regnabit veut faire connaître « tout le mouvement des âmes vers le Sacré-Coeur »il me semble que je dois vous écrire la grande grâce que notre famille vient de recevoir. Depuis de longues années, j'avais le chagrin de voir mon fils unique éloigne de toute pratique religieuse, de plus, le pauvre enfant vivait bien tristement. Que de larmes au foyer à cause de lui. Et nos efforts, nos prières pour ressaisir cette âme restaient vains — sa triste situation semblait bien de plus en plus enracinée — Mais incapable de me résigner à cet état de choses, je demandai à toute notre famille de faire avec moi une neuvaine pour la fête du 8 décembre — Je sentais qu'il était impossible que le Coeur de Jésus ne nous donne pas le retour de cette âme vers Lui — ne le désirait- Il pas plus que nous !... infiniment. Et dans cette certitude absolue, puisque nous savons son amour et sa toute puissance, je demandai que l'on termine la Neuvaine par le Magnificat— Oui, car je me di- sais « que le Sacré-Coeur submerge mon pauvre enfant sous ses. flots de miséricorde : immédiatement ?... ou dans 20 ans ?... ou à l'heure de sa mort ?... ce que je sais c'est que l'ayant demandé à son amour, je suis sûre d'avance qu'il nous le donnera» — Et nous avons chanté le Magnificat Magnificat ! pour cette conversion que le Sacré-Coeur réaliserait un jour — Je pleure en vous traçant ces lignes, Monsieur l'Abbé — nous n'avons pas voulu attendre le jour de la conversion pour remercier le Sacré-Coeur — Et Lui n'a pas voulu nous faire attendre cette heure de bénédiction — mon pauvre enfant peu de jours après le 8 décembre., m'écrivait pour me parler de son désir de revenir à une vie régulière et chrétienne — Pensant que d'autres familles ont à obtenir comme nous «le mouvement d'une âme qui leur est chère vers le Sacré-Coeur » je vous
  • 94. Notre Courrier .333 laisse libre Monsieur l'Abbé, de publier ma lettre si vous le jugez bon -r- îlles auront une nouvelle preuve qu'elles peuvent espérer la fin de leurs tristesses — Pour aider c< » Regnabit « Merci de m'associer à votre apostolat ». 10 fr. « Mes étrennes à « Regnabit ». — Coeur Sacré de Jésus, que votre règne arrive » 60 fr Une image bleue, pour vos images noires, qui sont jolies. 50 fr. Des plaines normandes. 20 fr. Pour la tirelire des missionnaires (Isère). 10 fr. « Pour vos clichés » 100 fr. « Je viens de gagner deux francs. Permettez- moi, monsieur le Directeur, de vous les offrir pour ai- der à faire parvenir « Regnabit » à un pauvre mis- sionnaire. Je demande au bon Dieu que cette petite obole en attire d'autres, plus grandes ». 2 fr. * Missionnaires abonnés à Regnabit : R. P. HÉRAULT, Tchenchutang, Chine ; R. P. SEGUIN, Koui Yang, Chine ; Mission de Nsessé, Afrique ; Secrétariat de l'Intronisation, Lima, Pérou ; Secréatriat de l'Intronisation, Montevideo, Uruguay ; R. P. EUDEL, Guadeloupe; R. P. FUL- GENCE,préfet apostolique de PUbanghi ; R. P. VAN DE VELDE, Hokiaa, Mongolie Occidentale ; R. P. JAYNA RIBENS, Macao, Chine ; N N. S S. les Vicaires Apostoliques de Diego Suarez, Madagascar ; Hué, Cochinchine ; Bnh-Dinh, Cochinchine ; Oui- da, Dahomey ; R. F. JOHN OF JÉSUS AND MARY, India. *** Il faut qu'il règne. Il régnera. F. A. L'abondance des matières nous oblige à reporter au numéro de . Mars de nombreuses et lettres de nos fort intéressantes vaillants missionnaires.
  • 95. 334 Bibliographie IV., — BIBLIOGRAPHIE BIBLIOGRAPHIE DU SACRÉ-COEUR. I. — LIVRES DE DOCTRINE Abbé FÉLIX ANIZAN. ers Lui. Nouvelle édition, 44e mille. 5 fr. 75. V — En Lui. Nouvelle édition. 6e mille. 6 fr. 75. — Vers Elle. Nouvelle édition. 12e mille. 4 fr. 50. Chan. B. GAUDEAU.La Mission actuelle de Sainte Marguerite- Marie. Collection « Dieu à sa place », n° 1. Paris, Bureaux de la « Foi catholique », 25, rue Vaneau, 1922. Brochure de 32 p.. Prix : 2 fr. Nous avons attendu, pour signaler aux lecteurs de Regnabit les ( ouvrages de son zélé Secrétaire général, que l'opinion catholique se déclarât à nouveau à l'occasion des rééditions qui viennent de paraître. Je pensais, je l'avoue, que ma tâche de recenseur en serait simplifiée ; et voici, en effet, que parmi les nombreux témoignages favorablesi je n'ai que l'embarras du choix. Mais il n'est pas mince. J'y trouve des éloges signés par des évêques, des théologiens, des directeurs de revues, de pieux fidèles, heureux de dire à d'autres les fruits de dévotion qu'ils ont cueillis dans ces quatre volumes, pour vivre par Marie en Lui, en Jésus. Cette unanimité, n'est-ce pas la marque d'un bon ensei- gnement, clair et profond, parlant à l'esprit et au coeur? C'est, d'ailleurs, l'impression générale : il suffit d'ouvrir l'un de ces livres pour y trouver la moelle de la doctrine théologique ou spirituelle, mais exprimée en termes bien simples, bien français : idéal atteint sans contrainte appa- . rente — je ne dis pas sans études ni efforts personnels, — par l'abbé Anizan, et qu'il prêche à ses collaborateurs de Regnabit, pour maintenir cette Revue universelle à la hauteur du public très étendu qui lui a donné sa confiance. Je pense ici à cet exposé du triple objet de notre culte : coeur de chair, amour, personne de Jésus, qui est si simplement donné dans Vers Lui : « Que nos consciences soient très pures,: nous avons à voir plus que ne voyait Moïse au désert, mieux que ne décou- vraient les trois apôtres au Thabor. Sur la poitrine de Jésus resplendit son coeur de chair... Nous voilà comme dans l'enceinte du temple : voyez cet amour... » Ici durant une dizaine de pages nous méditons sur la charité du Christ, avant d'entrer dans le sanctuaire où « nos âmes recueillies vont trouver la personne même de Jésus. » Il faut bien le constater : malgré ce que cet enseignement a d'élevé — et de neuf pour bien des personnes, qui verraient assez volontiers dans le Coeur de chair le fond intime de la dévotion — on n'est pas habitué à entendre la théologie parler ce langage, simple et qui va au coeur. Ceci est vrai surtout des deux derniers ouvrages : après nous avoir montré dans Vers Lui, l'idéal l'objet de la dévotion, M. Anizan nous prêche En Lui l'idéal de la vie d'union au Sacré-Coeur, et Par Lui, nous incite à croître en charité : ce sont donc de vrais manuels de vie intérieure, d'abord adoratrice, réparatrice autant qu'il le faut, tandis que y ers Lui est plutôt un livre de doctrine,, mais d'une science « qu' se tourne à aimer ».
  • 96. Les Livres; 335 Ce volume a été, comme les suivants, complété dans la dernière édition, corrigé et mûri : il y a plus de perspective dans l'histoire de la dévotion au Coeur Sacré. Mais il est toujours jeune de souffle et de ton original. L'aperçu par lequel il s'ouvre, de la guerre entre Satan et le Sacré-Coeur de notre Dieu, a été mis en haut relief dans le discour' éloquent prononcé par le R. P. Gaudeau à la clôture du Jubilé de canonisation de Sainte Marguerite-Marie, où il donne le Sacré-Coeur comme «le remède au laïcisme contemporain», et montre toute la portéesociale de cette dévotion. Édité par la revue <i.LaFoi catholique» il a été publié à part dans une collection « Dieu d sa place», qui est destinée à ranimer notre tiédeur renaissante. IL— BROCHURES DE DÉVOTION l Chan. BOUCHÂT. u Sacré-Coeur de Jésus. Namur, imprimerie A Woitrin. 7 fr. 50 le cent. Le Sacré-Coeur régnera, d'après sainte Mar- '- guerite-Marie. Lille-Paris, Desclée, 1920. Dans ces deux brochures, il ne s'agit pas, comme dans le discours ; du P. Gaudeau, du règne social du Sacré-Coeur de Jésus par le retour officiel Dieu », mais de la domination de Jésus dans certaines âmes à appelées ;<à l'esclavage d'amour » à son divin Coeur. La doctrine, autorisée des paroles de la Sainte de Paray, du Bx de Montfort et du Bx Jean Eudes, est à méditer par les apôtres et l'élite des fidèles du Coeur de Jésus. R. HENRY,C. SS. R. L'intronisation du Sacré-Coeur de Jésus dans les familles chrétiennes : son histoire, ses merveilles, sa pratique. 10a mille.Piqûre de 1 fr. 25. — Intronisons le Coeur de Jésus roi de nos foyers. Notice et céré- monial. 0 fr. 40. —-Le divin Rendez-vous de 9 heures du matin et de 4 heures du soir dans le Coeur de Jésus. —-Les neuf offices du Coeur de Jésus. Pratique de dévotion très sanctifiante et trop oubliée. — Le petit courrier du Sacré-Coeur. Bulletin mensuel minuscule . de 4 pages. 2 centimes le n°. Malgré ce que ces pratiques ont de très recommàndables, et les noms vénérables dont elles s'autorisent, nous nous permettons de rappelerle conseil des maîtres de la vie spirituelle, de ne pas s'encom- brer de trop de pratiques secondaires. III. — REVUES Messager du Coeur de Jésus, (décembre 1921) P. GALTIER.Les unfaits du Sacré-Coeur. L'auteur prend texte de la belle oraison du acré-Coeur : et * qui ne doit eorum (beneficiorum) actu pariter deledemur unfructw pas se traduire : « que nous y trouvions à la fois e joie et des fruits de salut sujet », mais bien : « que nous trouvions joie ans les initiatives bienfaisantes .du Seigneur dans le passé et aussi les fruits de grâce à en retirer aujourd'hui. » II. ajoute en note : ^ans le mo* actu' dans lora'son de la messe vise-t.-il aussi l'action eu vf'~^r&- cnaristique, dans laquelle se. résument en effet les principaux bien-
  • 97. 336 Bibliographie faits du Christ. » Il n'y a pour moi pas de doute que cette belle doctrine ne soit celle de la Sainte Église. Je l'établis en deux équations. 1) fin de cette oraison du Sacré-Coeur est copiée sur la postcommunion La du Samedi des Quatre-Temps de la Pentecôte. Or 2) cette oraison dont lé sens est très net, se réfère (comme la postcommunion du Vllié dimanche après la Pentecôte, etc..) à la distinction que fait Tertullien entre la célébration matérielle du culte liturgique et ses effets spiri- tuels : « Ipsius baptismi carnalis actus quod in aqua mergimur, spiritalis effedus quod delictis liberamur. » De Baptismo, chap. VII. Mais cette idée me paraît si intéressante que je m'en tiens là, me réservant revenir quelque jour. d'y REVUE DE PRATIQUE LITURGIE DEMUSIQUE ET SACRÉE (Novembre 1921) Dom G. DÉMARET.Les portraits anciens de N.-S. Jésus-Christ. Cette étude fait suite aux articles sur la beauté du Christ signalés précédem- ment dans la même revue. — Dom J. BAUDOT. a fête de Noël à travers L les âges. LA ÏIE SPIRITUELLE (Dec. 1921) R. GARRIGOU. 'appel général L à la vie mystique. — A. VIEL. La beauté du Christ. Même sujet que ci-dessus, étudié avec l'Évangile et la théologie plutôt que par les Pères. — La revue a été honorée d'un bref de S. S. Benoît XV, qui approuve explicitement la direction donnée à la Vie spirituelle par le R. P. BÈRNADOT nous l'en félicitons et nous réjouissons avec lui, ; Dom PAUL SÉJOURNÉ,o. s. B. BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE. I. — SPIRITUALITÉ 1. Saint THOMASD'AQUIN. Les moeurs divines. Traduction nou- velle par R. Maritain. Paris, à la librairie de l'Art catholique, 1922. Brochure in-18 de 44 pages, avec deux gravures sur bois. 2. Bx ALBERTLE GRAND.Le Paradis de l'âme, ou petit livre des vertus, traduit par le P. Vanhamme. Collection des «Chefs d'oeuvre ascétiques?). Saint-Maximin (Var), 1921. In-16 de 224 pages. 3. A. D. SERTILLANGES. vie catholique. Deuxième série. Paris, La Gabalda, 1922. In-12 de 305 pages. Prix : 8 francs. 4. J. LABORDE,S. J. L'esprit de saint François Xavier. Paris, Téqui, 1922. In-12 de 274 pages. Prix : 5 francs. 5. Dom G. MORIN. L'idéal monastique et la vie chrétienne des premiers jours. Paris, Lethielleux, 1921. In-12 de 185 pages. Prix : 4fr. 6. M. RICARD. Jésus étudié dans l'Evangile. « MecUm ». Édition Casterman, Paris, è6, rue Bonaparte. I vol. in-12 de 400 pages. Prix : 4 fr. 50. 1. Nous avons à signaler en ce mois de février une série d'oeuvres ou de traductions nouvelles, qui toutes à l'ancienne manière, analysent la sève chrétienne en ses composants, je veux dire : en ses vertus constituantes, prises soit dans un saint, soit dans une famille religieuse' Mais il-est de bonne théologie d'inaugurer cette revue pieuse par latonsidération des « moeurs de Dieu » même : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.» Ainsi débute l'opuscule LXII de saint Thomas, que nous présente M. Maritain, en une traduction pl"s
  • 98. Les Livres 337 française que ses aînées. Il nous décrit en termes précis l'amour de Dieu, sa miséricorde et sa générosité, sa véracité et sa justice : c'est le bréviaire des âmes contemplatives. L'ouvrage n'est peut-être pas de saint Thomas, mais reflète sa pensée et sa piété théologique. 2. Le Paradis de l'âme est une de ces perles du moyen-âge finissant qu'on a généreusement prêté à l'un des grands accapareurs d'anonymes, Aibert le Grand. L'hypothèse du traducteur, qui l'attribue à l'école franciscaine, demanderait à être prouvée autrement que pariquelques emprunts à ce prêteur universel que fut saint Bonaventure. La doc- trine, au demeurant, est « habituellement exacte, parfois un peu exagérée», comme l'a remarqué dans ses notes le R. P. Vanhamme, O. P. Il ne faut pas y chercher les ornements du style, — bien que l'auteur affecte de donner de chacune de ses 30 vertus des exemples concrets — ; ni l'artifice de la composition, mais des paragraphes tous pareils sur la nature, les motifs, les signes et les fonctions de chacune des vertus. Clarté de la doctrine et justesse de l'observation, voilà ce qui transparaîtra dans la traduction du R. P. Vanhamme. 3. Un peu semblable pour la distribution des chapitres et pour l'objet même de sa nouvelle série sur la Vie catholique, qui passe en revue les différentes vertus et leurs manifestations variées dans la vie chrétienne du jour, le R. P. Sertillanges, O. P., a pour lui la finesse de l'observation — qui parfois confine à la subtilité — et la distinction du style, qui, au service d'une pensée moins déliée> passerait pour de la préciosité ; mais ce ton est voulu et telle de ses consignes y achemine, manifestement : « La vie est trop précieuse et notre formation trop partielle toujours, pour laisser nos contacts à une telle inutilité, au lieu d'en faire une conjonction d'astres » (p. 100). Au reste, la pensée du P. Sertillanges plane au-dessus des mesquineries.de la vie mondaine, et les conseils qu'il donne aux jeunes gens du monde en feront de vrais et fermes catholiques, qui feront aimer leur religion. 4. Voulez-vous retrouver ces mêmes vertus conquérantes, avec un accent plus particulièrement zélé et chevaleresque, ouvrez le beau livre du R. P. Laborde, S. J. sur l'Esprit de saint François Xavier. C'est qu'en « dehors même de l'ordre mystique, il y avait en lui une grandeur, qui sur le plan simplement humain, se fût manifestée. » Cette remarque est de Bellesort, qui est cité assez souvent, ainsi que lesautres biographes du saint. Mais l'auteur complète et réforme au besoin les dires de ces vieux professeurs de rhétorique, en recourant aux documents. L'ouvrage a d'ailleurs le mérite de mettre en plein relief les dons intérieurs de dévotion^ de pénitence et d'humilité, et les qualités de vaillance et de prudence qui ont fait de François Xavier un saint et un apôtre. Ces deux côtés de sa physionomie morale se résumeraient assez bien dans les deux mots qu'il disait à Dieu : « Des insolations, Seigneur, pas plus, assez, assez I » (p. 84) ; « des travaux et des souffrances, amplius, Domine, amplius. » (p. 266). 5. Que dire du livre de Dom Morin : L'idéal monastique et la vie chrétiennedes premiers jours ? Que c'est un parallèle forcé et un plai- der pro domo? Gardez-vous de le croire. L'idée neuve de comparer a vie bénédictine à celle des 'en d'autres premiers chrétiens aurait dû venir à religieux parlant à leurs confrères, et ils auraient eu les etnes chances de réussite, car ils auraient trouvé dans cet idéal primitif
  • 99. 338 Bibliographie les grandes lignes de leur vie religieuse, qui est essentiellement la vie Chrétienne idéale. Il faut bien dire pourtant que la pauvreté monas- tique et l'obéissance bénédictine sont plus directement que toutes autres copiées sur la chrétienté de Jérusalem : « A certains théologiens modernes, observe Dom Morin (p. 29), l'obéissance apparaît sous un aspect qu'on pourrait appeler négatif... Pour nous, au contraire c'est l'oboedientiae bonum que nous cherchons avant tout en venant à l'abbaye : abbatem sibi praeesse desiderant. » Il est tel autre chapitre sur la joie religieuse où des fils de Dom Guéranger reconnaîtront l'esprit et les paroles mêmes de leur père. 6. Après l'éloge qu'en a fait le P. Poulain, S. J., il reste peu de choses à dire sur les -méditations de Melle Ricard. « Elles exhortent, dit-il, aux vertus solides, à l'abnégation ». et aussi à la vie d'union à Jésus. Claires, calmes, courtes, pratiques, elles semblent le résidu impondérable d'une méditation très élevée et très simplifiée. Dom P. S. o. s. B. La collection « Pax », qui avait excellemment débuté par la réédi- tion de « l'Ordre monastique » de dom U. Berlière, (Voir Regnabit de janvier, p. 236) et de « l'Idéal monastique » de dom G. Morin, annoncé ci-dessus, se continue heureusement, par les nouveautés suivantes : Collection Pax. Vol. II. — Traité de l'amour de Dieu par saint Bernard. Traduction nouvelle par H. M. DELSART. aris. P. Lethielleux, P 10. rue Cassette. — Desclée,de Brouwer et Cie, rue Saint-Sulpice, 30.— 1921. in-12 de 96 p. : 1 fr. 80. s Vol. IV. H. M. DELSART. La dernière Abbesse de Montmartre, Marie-Louise de Montmorency-Laval, 1723-1794. In-12 de 128 p. : 3 fr. Quand on parle de Traité de l'amour de Dieu, on songe aussitôt au livre célèbre que Saint François de Sales a écrit sous ce titre; mais on ignore d'ordinaire que Saint Bernard, pour répondre aux désirs d'un de ses amis, le Cardinal Aimeric, avait composé un petit traité sur le même sujet. C'est la traduction de ce chef-d'oeuvre du saint abbé de Clairvaux que la Collection « Pax » nous présente aujour- d'hui ; et il faut lui savoir gré de nous avoir donné une bonne traduction française aussi littérale que possible. Il y a pourtant des nuances qui n'ont pas été rendues ; ainsi à la page 25, au lieu « Dieu mérite donc d'être aimé pour lui-même par l'infidèle », S. Bernard dit : « même par l'infidèle», et d'autres cas analogues ; mais ce sont là critiques de détail. Certaines pages sont délicieuses ; elles sont écrites dans ce style propre à S. Bernard, formé uniquement, peut-on dire, de paroles de la Sainte Écriture. En lisant son 4» degré de l'amour, on retrouve sinon les expressions de S. Grégoire le Grand, du moins ce que ce Pontife disait des âmes appelées par Dieu aux sommets de la contem- plation ; le rapprochement est frappant. Le volume IV de la même Collection « Pax » nous donne en"trois chapitres une monographie de la dernière Abbesse de Montmartre, guillotinée à' la Révolution. C'était assurément une grande âme que cette Montmorency-Laval ; et l'on regrette en lisant ces quelques pages de n'avoir que peu de renseignements sur son compte. Nous venons d'apprendre que, depuis la publication de son livre, l'autei' à; trouvé de nouveaux documents qui mettent mieux:en relief la' figure: de.»
  • 100. Les Livres 339 Abbesse; la prochaine édition nous fera, nous l'espérons, bénéficierde ces grande ». trouvailles '. . M. o. s. B. Dom A. II. — BIOGRAPHIES 1. F. PRAT, S. J. Saint-Paul. Collection « les Saints ». Paris, Oabaida, 1922. Prix : 3 fr. 50. 2. L. GAUTHIER.La belle Procession des Saints tertiaires franr ciscains. Paris, Librairie Saint-François, 1922. Prix : 2 fr. 50 ; franco : 2fr. 75. 3. MARTHEAMALBERT.Geneviève de Goutel. Paris, Beauchesne, 1921. In-16 de 260 pages. Prix : 7 francs. 4. Y. D'YSNÉ.Silhouettes de vaillants tombés au champ d'honneur . 1914-1918.Paris, Lethielleux, 1921. In-8 de. VIII - 358 pages. 8 frs. 1. Saint-Paul par le P. PRAT : ces deux noms s'appellent dans l'esprit de tous ceux qui ont étudié un peu sérieusement l'enseignement du grand Apôtre. Ils accueilleront avec sympathie et reconnaissance le travail biographique que l'auteur vient de consacrer à saint Paul. Sous un petit volume, de prix très modeste, ils trouveront tous les détails connus sur la vie et les voyages de l'Apôtre des Gentils, et même les grandes lignes de sa doctrine, qui n'est que l'écho de son enseignement quotidien et de sa vie intérieure. On n'y trouvera ni considérations sur le caractère de saint Paul, ni discussions sur son oeuvre, mais seulement un sobre exposé de la discussion et, tout au plus, un bref aperçu des motifs rejeté d'ordinaire en notes. Mais qui- conque a parcouru les deux gros volumes du P. Prat sur la Théologie (teSaint Paul, se persuadera que l'auteur s'est décidé en connaissance de cause. 2. M. Goyau nous donnait dernièrement quelques silhouettes franciscaines (Voir Regnabit, I. p. 532). La Librairie Saint-François présente à ses tertiaires la « belle procession » de leurs aînés qui furent mis sur les autels : Sainte Elisabeth de Hongrie, sainte Angèle de Foligno, saint Louis, le bienheureux Vianney, et 50 autres: ce sont autant de courtes biographies qui font de ces 200 pages le développement du calendrier franciscain publié der- nièrement par la même librairie. 3. Nous avons tous connu de ces âmes généreuses, qui, non con- tentes d'être les anges du foyer familial, et sans renoncer à en fonder un à leur tour, ont cherché dans les oeuvres sociales à dépenser le surcroît de dévouement dont le Seigneur semblait rie pas vouloir Pour la vie religieuse. « Vies sacrifiées », dit le Père Sertillanges, dans 'a préface du volume ; sacrifice plein de bénédictions et de fruits de salut, comme on peut le voir dans l'essai de M. Amalbert. Ceux qui °nt connu de plus près Geneviève disent que cet essai ne donne qu'une Idée incomplète des richesses de cette âme : il suffit cependant pour Provoquer l'admiration et l'émulation. L'héroïne qui fut dans sa jeu- nesse, uncardente Sillonniste, tomba au champ d'honneur au chevet des contagieux en Roumanie : elle serait donc à joindre au groupe de vaillants qui fait l'objet de la publication suivante. Dom P. S. o. s. B.
  • 101. 340 Bibliographie 4. Silhouettes dé vaillants. C'est bien le titre qui convenait à pareil ouvrage, où l'auteur, en quelques traits rapides, nous dessine de main de maître, le portrait d'une quarantaine de jeunes gens, ia fleur de France. On voudrait citer des noms, et on ne peut le faire car ce serait faire injure à ceux qu'on ne mentionnerait pas, il faudrait les citer tous. Tous ont leurs traits distinctifs, et tous ont unirait corn- mun ; ils étaient vraiment Français, parce qu'ils étaient profondément chrétiens. Ce livre est un de ceux qu'on désire voir se répandre J profusion. Mgr LANDRIEUX, évêque de Dijon. — L'Histoire et les Histoires dans la Bible. Les Pharisiens d'autrefois et ceux d'aujourd'hui. 2e édition. Paris. P. Lethielleux. 10, rue Cassette. In-12 de 112 pages : 2 fr. 50, Faire parmi les récits bibliques un travail de sélection pour en dégager l'Idée fondamentale, pour montrer que lé peuple juif a été un instrument dans la main de Dieu pour l'oeuvre de la Rédemption, tel est le but de la première partie de l'ouvrage. Dans la seconde, Mgr Landrieux veut faire voir ce qu'ont fait les juifs depuis la venue du Messie. II nous lés montre toujours agriffés aux flancs de l'Église, travaillant d'une manière occulte et permanente ; en un mot ils sont le moteur caché des luttes antireligieuses au cours des siècles. Dom A. M. o. s. B. III. — ENSEIGNEMENT THÉOLOGIQUE 1. Abbé P. BUYSSE.Vers la Croyance. Dieu, l'âme et la.religion devant la raison et le coeur de l'homme. Bruxelles, 1922. Action catho- lique, 79, chaussée de Haecht. In-8 de 300 p. Prix : 8 francs. 2. J. HUBY. Christus. Manuel d'histoire des Religions. Paris, Beauchesne, 1921. Troisième édition revue. In-12 de 1332 pages. 3. Mgr LANDRIEUX. divin Méconnu. Deuxième édition. Paris, Le Beauchesne, 1921. In-12 de 209 pages. Prix : 5 francs. 1. Il est toujours bon que les choses de théologie — comme toutes les sciences spéciales — soient traitées par des gens de métier. C'est le cas des trois bons ouvrages signalés plus haut. M. Buysse, professeur d'apologétique à Gand, nous donne ici la première partie de son cours : elle me paraît excellente, fond et forme: ensemble d'idées claires, de motifs puissants de croire, de constatations prises sur le vif et l'actuel; exposition littéraire, disposée en paragraphes nets, et progressant jusqu'au seuil de l'acte de foi. C'est, en effet,.« l'apolo- gétique du seuil » qui est faite dans ce premier volume : Dieu, VàiM et la religion ; d'aucuns diraient même que la dernière partie seule ressort proprement à la science apologétique : si tant est que celle-ci ait pour raison d'être la justification de l'acte de foi à la révélation, les notions essentielles sur Dieu et l'âme doivent être supposées dé- montrées et acceptées à l'issue de la philosophie rationnelle, de même que la question de la religion naturelle. Il faut bien se dire toutefois que la réalité donne, au logicien de fréquents démentis, et que les objections positivistes et agnostiques qui interdisent à bien des esprits dévoyés l'accès de là révélation chrétienne, leur interdisent pareil- lement de se prononcer au sujet de Dieu et de l'au-delà. Ces objections sont donc à leur place ici, et sont résolues d'une façon diàlectique
  • 102. Les Livres 341 pourrait-on dire, par les conséquences qu'elles entraînent et-leur contradiction avec la science et l'expérience : il y aurait peut-être une réfutation plus scientifique, celle qu'a donnée ne savantes thèses latines le R, P. Garrigou-Lagrange dans son De Revelatione, mais qui pourrait être traduite en langage accessible aux jeunes qui pensent. La dernière partie, qui met en oeuvre le programme du P. Gardeil, va plus au fond des questions de surnaturel et de révélation. Pourtant, à propos de l'insuffisance de la raison humaine, il faudrait dire d'un mot — le mot de saint Thomas dans le Contra Gentes III, 38 — l'insuf- fisance du simple bon sens, avant de montrer celle de la raison cultivée. Au contraire, on ne saurait trop louer l'auteur d'avoir enfin réalisé pour son compte « l'objet intégral de l'apologétique », en développant les raisons du coeur et en synthétisant raisons et motifs dans un faisceau puissant. M. Buysse se donne comme « un humble vulgarisateur » ; disons avec Bourget, qui en a écrit la préface que son apologétique est «très vivante, donc très moderne, afin qu'elle soit plus efficace, plus directe. » 2. Nous passerons plus rapidement sur Christus, dont le mérite n'est pas moindre, mais c'est un manuel reconnu désormais indispen- sable. Cette troisième édition, sur beau papier indien, fait honneur à la librairie G. Beauchesne, qui se hâte de revenir au matériel d'avant- guerre. 3. Le divin Méconnu c'est le Saint-Esprit, étudié dans la Trinité, dans l'Église, dans les âmes, où il déploie son action par les sept dons. L'exposé théologique en est clair et facile ; les fruits de cette lecture en seront inestimables chez les âmes attentives. . IV. — MORALE CHRETIENNE 1. L. Rouzie. Le contenu de la morale. Paris, Lethielleux, 1921. 2 vol. in-32 de 200 et 216 pages. Prix de chaque vol. : 2 francs. 2. R. P. JANVIER,o. P. Exposition de la morale catholique. Carême de 1921. La vertu de tempérance. Paris, Lethielleux, 1921. In-8 écu de 358 pages. Prix : 8 francs. 3. A. MICHEL.Questions théologiques du temps présent. La question Sociale et les principes théologiques. Paris, Beauchesne, 1921. In-8 couronne de 290 pages. Prix : 7 francs. 4. H. MdRiCE. La femme chrétienne et la souffrance. Paris, Tèqui, 1922. In-12 de 264 pages. Prix : 5 francs. 5. E. CLERC Portraits de jeunes filles. Barbie-Duc, imprimerie Saint-Paul, 1921. 2 vol. in-8. Prix : 4 fr. 75 et 4 fr. _ 6. Pour le salut des 40.000 mourants de chaque jour. Alençon, imprimerie alençonnaise, 1920. Sur les deux premiers de ces ouvrages, nous ne dirons rien, parce qu'ils sont trop avantageusement connus. Qui n'a vu ces petits volumes gentiment encadrés de rouge, où l'aumônier de la « Rue des Postes» cristallise, pour ceux qu'il ne peut atteindre, ses directions du soir. ? Ici, c'est la 5e série — la morale chrétienne, — qui se continue avec lé même brillant et la même clarté que dans les précédents volumes, et montre }a base de la morale dans le dogme chrétien : grave enseigne-
  • 103. 342 Bibliographie ment de Saint Thomas, de Bossuet, de tous les vrais théologiens, et que notre génération pragmatiste serait tentée d'oublier. 2. Qui n'a entendu le P. Janvier dans la chaire de Notre-Dame ? Là aussi, c'est la morale basée sur le dogme, et sur la théologie tho- miste, mais aussi sur la Constatation attristée dés ravages du vice. Or, dans les conférences du dernier Carême sur la tempérance, ces dernières considérations demandaient à être constamment assai- nies par la pensée de Dieu : c'est ce qui fait leur attrait et la magnifi- cence de ce discours sur la Virginité qui conquit l'auditoire au jour de la Passion. 3. L'abbé Michel également poursuit une série théologique et morale, sur les questions infiniment délicates de la justice légale et de la charité en matière sociale. Pour lui « la justice sociale » — que les anciens appelaient justice générale — « commande aux devoirs de charité comme aux devoirs de justice »... 4. Les deux derniers ouvrages sont destinés aux femmes et aux jeunes filles. Le ton de l'abbé Morice est plus élevé, plein de force à la fois et de douceur, comme il le fallait pour parler de la souffrance à des mères chrétiennes. 5. Les Portraits de M. Clerc sont vus et vivants : ils n'hésitent pas pourtant à citer saint Thomas et les psychologues modernes ; ils sont pleins d'avertissements utiles pour les jeunes filles et leurs mères. V. — LITURGIE & PRÉDICATION 1. P. L'EBRALY. Pour aider à mieux entendre la sainte Messe. Paris, Beauchesne, 1921. In-16 de 625 pages. Prix : 12 francs. 2. Abbé R. DÉCROUILLE. Messe, les Vêpres et le salut. Paris, La Haton, 1921. In-18 de 216 pages. Prix : 2 francs. 3. E. BISHOP. Le génie du rite romain, traduit et annoté par dom A. WILMART.Paris, Art catholique, 1922. In-16 de 110. pages. 4. Abbé A. SICARD.La parole du Maître. Paris, Gabalda, 1921. In-12 de 496 pages. Prix : 7 fr. 70. 5. J. MILLOT.Plans de Sermons pour les fêtes de l'année. Paris, Téqui, 1921. In-12 de 375 pages. Prix : 7 fr. 50. 6. A. V. Accompagnements à mesures rythmiques du manuel des Processions R. P. Paris, Hérelle, 1921. 7. G. DE LIONCOURT. cantiques de R. GUYON.Paris, Bureau 21 d'édition de la Schola cantorum, 1921. 8. Le Paroissien compris sans Grammaire: Paris, Librairie Saint- ' 1921-1922. ' François, 9. Dom I. VANHOUTRYVE. iturgie de Noël. Louvain. Au bureau L des OEuvres liturgiques. Abbaye du Mont-César, 1921. Brochure in-12 de 146 pages. Prix : 2 fr. 50. 1. La méthode de P. L'Ebraly, — ou plutôt les sept méthodes successives,— par lesquelles il passe pour apprendre aux enfants à se servir de leur livre de.messe, est peut-être un peu compliquée; mais aux mains d'un prêtre zélé et à court d'idées, elle fournira de multiples procédés pour intéresser les enfants aux cérémonies, au sacrifice^qui s'offre, et aux prières qu'il suggère. Rien ne vaudra d'ail- ieure ici la vue d'un prêtre sachant lui-même assister à la messe et
  • 104. Les Livres 343 disant, montrant aux enfants ce qu'il fait, comme le préconisait der- nièrement l'abbé Villetard dans les A*ts liturgiques. 2. L'opuscule de l'abbé Décrouille, plein de doctrine comme ses autres ouvrages s'adresse plutôt aux personnes pieuses, et..se re- commande par la clarté de son langage, qu'aurait pu encore souligner une disposition typographique plus variée. Plusieurs de ses considé- rations mystiques seraient à éclairer ou à réformer d'après l'histoire liturgique, selon l'esprit d'E. Bishop, dont nous allons parler. 3. Le « paper » de ce grand liturgiste sur le génie pratique et positif du rite romain, a été mis à la portée du public français par une traduction et des notes copieuses de Dom Wilmart, qui a su mettre en relief tout ce que son maître suppose connu dans cette maîtresse conférence. 4 et 5. L'abbé Sicard et l'abbé Millot : deux personnalités bien connues du clergé parisien. On y trouvera, plus encore que des idées neuves, la manière de les dire aux auditoires fatigués de nos messes du dimanche. Le curé de Chaillot prêche sur les Évangiles du début de l'année, et le vicaire général de Versailles, sur les Fêtes de la fin de l'année liturgique. L'un et l'autre parlent au coeur en même temps qu'à l'esprit. 6 et 7. On trouvera original d'accoster sous la même rubrique. un accompagnement de plain-chant et un recueil de cantiques français. J'en dirai une première raison : c'est pour être bref ; en voici une seconde, qui n'est pas moins réelle : plusieurs des pièces accompagnées par A. V. et composées par R. V. sont de style tout à fait moderne et déparent un recueil grégorien d'ailleurs très bien composé ; et d'autre part les cantiques de G. de Lioncourt sont tous d'inspiration grégorienne, avec un souffle, un élan que la musique moderne atteint rarement, surtout dans le cantique populaire. Plusieurs de ces airs sont de petits chefs d'oeuvres, paroles et musique : tout au plus dira- t-on que nos mots français et leur rythme naturel défigurent un peu les fragments grégoriens faits pour des paroles latines. 7. Qu'est ce Paroissien compris sans grammaire du R. P. DE SÉRENT? Une méthode didactique pour comprendre le latin ? Vous n'y êtes point. Le R. P. ne procède pas par préceptes. Il ouvre, son paroissien devant vous à la première page, et traduit mot à mot YIntroït du 1er Dimanche de l'Avent ; dès la seconde pièce, il se trouvera plusieurs mots déjà rencontrés : à vous de les suppléer dans la version, si vous avez retenu la leçon précédente, c'est-à-dire si vous en avez rédigé le Vocabulaire. En quelques leçons, on saisit tous les noms, adjectifs et participes. Les verbes viendront à leur tour. 8. Approuvé par dom Vandeur et dom Lottin, qui nous ont donné deux excellents manuels, l'un sur la Messe, l'autre sur « l'Ame du culte», dans la même collection Liturgie et Ascèse, l'opuscule de D. v. H. sera bien accueilli des fidèles, qui y trouveront, après les notions historiques indispensables (où l'auteur ne prend pas parti entre Vacandard et Duchesne), le texte complet des offices de Noël, et du temps qui suit, avec de brefs commentaires d'allure ascétique et mystique, mais fidèles au texte. Dom P. SÉJOURNÉ,O.S.B.
  • 105. 344 Bibliographie VI.— VARIÉTÉ A. ALBALAT. omment il ne faut pas écrire. Paris, PIon-Nourrit, C 1921. In-12. Prix : M. Antoine Albalat continue, dans Comment il ne faut pas écrire, l'oeuvre d'assainissement qu'il commença jadis dans L'Art d'écrire enseigné en vingt leçons. Ce dernier ouvrage fit un peu scandale et souleva d'assez vives critiques : il atteint sa 27e édition, et c'est une réponse triomphante. L'auteur nous a déjà habitués à ce travail de dissection minutieuse et comme microscopique du style des grands écrivains : c'est le même procédé qui est mis en oeuvre dans son nouveau volume. Les préférences, les recettes, les trucs, les manies des artisans de la plume y sont révélés par une analyse dont la bonne humeur n'atténue qu'en partie la pointe ; et il en résulte que certains parmi ces colosses écrivent bien, parce qu'ils possèdent à fond leur métier ; et qu'il en est d'autres, même dans les rangs de ceux dont la réputation se ne conteste pas, qui écrivent mal, parce qu'ils ignorent l'art de constituer à leur style une musculature puissante, saine et personnelle. Il en est même qui n'écrivent pas en français, parce qu'ils le savent insuffisamment ou qu'ils se donnent la tâche d'en bouleverser l'ordonnance traditionnelle. II en est dont toute l'habileté consiste à s'assimiler le parler d'une époque ou même d'un auteur, et de l'employer sans plus de discer- nement qu'un copiste insuffisant en face d'un chef d'oeuvre, Que M. Albalat atteigne de-ci de-là le paradoxe, il n'y a pas lieu de s'en étonner : en un pareil sujet traité à ce point de vue spécial, c'est de l'absence de paradoxe qu'on pourrait se montrer surpris. Ce qui demeure, c'est que l'apprenti qui utilisera avec discernement les manuels, essentiellement pratiques, de M. Albalat, y apprendra un métier consciencieux, et évitera comme Une contagion cette lamen- table déliquescence de la grammaire, du style et de la pensée qui est tout le mérite de tant de nos oeuvres contemporaines. Dom PAUL CHAUVIN; . S. B. O L'Imprimeur érant:TH. WIRT G Imp. TH. HIRT <g Fils, 4, rue du Faubourg Cêrès - Riems,

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