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  • 1. L’Héritage des Ancêtres : Ælwynn Wintersong (humaine, élémentaliste) : Svynge (norn, gardienne) : Nezumy (asura, ingénieur) : Pug (asura, élémentaliste) : Alia Arkady (humaine, voleuse) : Shalimar (sylvari, élémentaliste) : Ayrin Fields (humaine, guerrière) : Aboune (asura, envoûteur) : Stathor (asura, ingénieur) : Guess (humaine, élémentaliste) : Lianis (sylvari, élémentaliste) : Agaéti (sylvari, gardienne) : Altyon (sylvari, voleur) : Lazare (humain, nécromant) : Pogonar (humain, guerrier) : Gledinia (norn, rôdeuse) : Pajim (norn, rôdeuse) : Yaddle (charr, guerrière) : Oméga (asura, guerrier) : Splif (asura, élémentaliste) : Pan d’Orr ( humaine, envoûteuse)
  • 2. L’Héritage des Ancêtres Nos compagnons se relevaient un à un, dans le brouillard le plus total. Ils avaient un mal notable à reprendre leurs esprits. Maître Splif avançait à tâtons, et s’emplafonna dans le mur devant lui, en laissant quelques jurons au passage. Sans le faire exprès (enfin je pense), Yaddle lui fit un croc en jambe alors qu’elle vérifiait l’état de sa jambe. Maître Splif se retrouva au rez-de chaussée après nous avoir montrés qu’il était fort nul en galipettes. Il atterrit sur un magnifique faceplant et grogna de plus belle. Les plus rapides d’entres eux s’empressèrent de voir Svynge, s’attendant je pense à un éventuel miracle. Malheureusement, de miracle, il n’y en eût point, et Svynge nous avait bel et bien quittés. Je désirais ardemment connaître les détails de la bataille, mais je me retenais, pour ne point les brusquer. Soudain, une vision d’horreur me fit sursauter. Dans un bruit de succion notable, une chouette verte et gluante se posa sur mon épaule. Beurk. Pajim se dirigea vers elle : - Soupolé, arrête de t’essuyer sur les gens, c’est pas bien. Hein, quoi ? Qu’est-ce qu’elle raconte ? Tout le monde avait l’air de se porter plutôt bien, et je ne regrettais en rien d’avoir mis tout mon cœur à leurs soins. Une petite lumière attira mon attention. Assez vive et brillante, blanche, lévitant au-dessus du sol. L’Onitopie ? Nezumy se dirigea vers l’origine de cette lumière, lorsqu’Aboune s’écria : - Parsembleu, n’y touche pas ! Quoi quoi ? Va savoir, à ton contact Ayrin pourrait rentrer dans ta tête ! Ayrin ? Cette lumière serait l’âme d’Ayrin ? Ils l’ont ramenée ? - Qu’est-ce qu’on fait, demanda Yaddle après sa petite séance d’exercices. J’en sais très peu sur les esprits, lui répondit Agaéti, mais du peu que je sais, il ne faut jamais qu’ils restent trop longtemps à l’air libre sous peine d’errer pour l’éternité dans des limbes ? Des limbes ? Da. Qu’est-ce qu’on peut faire alors ? J’en sais rien, mais Aboune n’a pas tort, si on la touche, on risque d’avoir un problème. Il faudrait lui trouver une enveloppe corporelle, confirma Aboune en se gratouillant la tête. Ben je veux bien, mais où ? Tout le monde regarda autour de lui, sans trouver une solution satisfaisante. La lumière que dégageait Ayrin se faisait déjà un peu plus faible. - Bon, pas le choix, reprit Aboune, faut que l’un de nous se propose pour l’accueillir… J’aurais bien une idée, dit timidement Nezumy, mais bon, comme ça quoi. On t’écoute ? Si on la foutait dans Golemotuile, ça pourrait le faire non ? Tu déconnes ?
  • 3. L’Héritage des Ancêtres La vache ! Une âme, une vraie, dans un golem ! Quelle merveilleuse idée ! Oui, mais comment l’emmener au golem avant qu’elle disparaisse ? L’âme d’Ayrin faiblissait rapidement et nous n’aurons jamais le temps de la ramener au golem. D’autant plus que nous ne sommes pas sûr que ça fonctionne. Tout à coup, une chèvre passa à côté de moi. Une chèvre ? Un bouquetin plutôt. Fort jeune. Contre toute attente, l’animal saisit l’âme d’Ayrin entre ses dents. Mais ça va pas la tête ! Il est pas bien lui de bouffer les gens comme ça ? Le bouquetin fit aussitôt demi-tour, sous les yeux ahuris de tous. Lui barrant le chemin, j’essayai de le bloquer, mais dans sa course frénétique, je n’eus d’autre choix que de l’esquiver et de m’accrocher à ses cornes. D’un bond formidable, il avait traversé l’escalier, manquant de peu de piétiner Splif, qui se fit tout de même bousculer pour se faire projeter dans un tonneau de cervoise. Je m’accrochai comme une folle furieuse aux cornes de l’animal, qui traçait à travers Hoelbrak à toute allure. L’âme d’Ayrin était dans sa gueule, je pouvais la voir sans difficulté. Alors là, fallait m’expliquer en quoi un bouquetin pouvait à ce point désirer une âme ? C’est meilleur qu’une carotte ? J’essayai de détourner l’animal en lui faisant pression sur ses cornes, mais ce têtu avait la tête bien solide. Pire que Nezumy. Bon, pas le choix. Je mis mes mains devant ses yeux. Advienne que pourra. L’animal continuait de courir, totalement à l’aveuglette ! Le malade ! Nous entrâmes comme une tornade dans la demeure de Svynge. Le bouquetin se prit les pattes dans le moa rose qui dormait sur le palier et tous deux nous exécutâmes un formidable vol plané. Je terminai ma course dans un oreiller qui trainait heureusement, le bouquetin se rétama sur le sommier. Ouch. Les plumes volaient autour de nous. L’animal s’ébroua, se releva, et d’un mouvement brusque de la tête, jeta l’âme d’Ayrin dans… Golemotuile. Sérieux ? Le bouquetin me regarda, inclina la tête, puis partit aussitôt, en sautant par-dessus le moa qui continuait toujours de dormir. C’est quoi cet animal de fou furieux qui continuait de dormir après un tel bordel ? Et ce bouquetin… Ce n’est pas un simple bouquetin à mon avis. Un bruit métallique me fit retourner. Le golem était en train de se lever. Par tous les golems. It’s Alive !!! Après avoir fait mes adieux à Pandorrette et à ma petite sœur, je me retrouvai tout à coup dans la demeure de Svynge, face à Stathor qui avait les yeux plus gros que des citrouilles, rivés sur moi. Mon corps répondait mal, comme si j’avais pris un bon paquet d’années et que mes articulations était rouillées. Il manquait d’exercices probablement.
  • 4. L’Héritage des Ancêtres - Stathor ? Ca va ? T’as l’air bizarre. Oh, par tout ce qui est mécanique ! Tu… tu parles ? Bien sur que je parle, pourquoi je parlerai pas. Mais d’où c’est que j’ai cette voix bizarre ? Ah euh… Tu bouges pas hein, je vais chercher Nezu, tout est de sa faute. De sa faute ? Pourquoi, qu’est-ce qui se passe ? Surtout, ne trouve pas de miroir. À tout de suite. Et elle prit la poudre d’escampette. J’entendais sa voix à travers Hoelbrak, sommant Nezu de venir. Qu’est-ce qui se passait bon sang ? C’est quoi cette histoire de miroir ? Je sortis en précipitation de la maison en me cognant la tête au passage sur le linteau de la porte. Bizarre. Je ne me souvenais pas qu’elle était aussi petite. J’avais du mal à courir, je me sentais lourde. Un voisin norn ouvrit sa fenêtre à mon passage et me regarda. J’entendis sa remarque avant qu’il ne fermât sa fenêtre : - Inepties d’asuras… Pardon ? C’est alors que je vis, dans le reflet de la fenêtre, mon nouveau corps. Au nom de tout ce qui est bon, c’est quoi ce corps ?! Impossible, ce n’est pas moi ! - T’as vu elle bouge. Je t’avais pas menti Nezu. Bougre de bouquetin, c’est génial ! J’avoue, surenchérit Aboune, ça vend du rêve. Le nombre de concours qu’on va gagner avec ce golem ! s’exclama Maître Splif. Les asuras me regardaient avec un regard effrayant, limite malsain, ils me dévoraient des yeux avec une lueur sincèrement inquiétante. Nezumy salivait. Ils commençaient à me faire peur. - Eh oh, on se calme. C’est moi Ayrin, je suis pas un golem ! T’as vu, elle parle en plus. Fichtredieu, ce bouquetin est un dieu ! Mais lâchez-moi à la fin, je… Bordel, c’est pas fini ce bordel ?! Y’en a qui essayent de picoler ici ! La voix avait coupé net toutes les expectatives. La voix de Vorian, mon amour, qui était sorti de chez lui suite au brouhaha local. Oh bon sang, s’il me voit comme ça, je mourrai de honte… Courage, fuyons ! Bon sang de bonsoir, notre golem de la mort qui tue qui s’enfuit à toute jambe. Eh reviens ! Tous mes compères asuras et moi-même nous lançâmes à la poursuite d’Ayrin, avec la ferme intention d’étudier tout ça de plus près. - - Le premier qui l’attrape en sera le propriétaire ! Vendu Aboune.
  • 5. L’Héritage des Ancêtres - Mais vous êtes pas bien vous ! s’écria Nezumy. C’est moi qu’ai monté ce golem ! De toute façon, je m’en moque plutôt pas mal, vous avez aucune chance contre moi en terme de rapidité, ah ah ! Nezumy déclencha ses bottes fusées, le rusé. Pas de chance pour lui, je donnai un petit coup de pommeau dans une de ses bottes grâce à Perte et Fracas, ce qui le fit partir totalement dans le mauvais sens. Nezumy s’emplafonna dans la fenêtre d’une demeure locale et la traversa sans autre forme de procès. Un de moins. Stathor va être un problème, elle court vite la bougresse. Je tentai un habile croc en jambe, qu’elle esquiva en sautant adroitement. Purée. Et Splif qui trichait en utilisant le vent, le malin. - Stathor, dis-je, t’as entendu ? Splif viens de dire que t’as du bide. Moi à ta place, je serai vexé. Ah, les asurettes… Stathor s’arrêta aussitôt et donna une vigoureuse claque à Splif, ce qui l’interrompit net dans sa course. Deux de moins. Plus qu’Aboune et moi. Je l’aurai ce golem, foi d’Oméga ! Il courrait vite lui aussi. Tentons le tout pour le tout : je me jetai sur l’envoûteur avec la ferme intention d’en découdre. Une chance sur deux de tomber sur un clone… Aboune s’évapora à mon contact. Le malin, un clone ! J’entendis son rire devant moi : - Mouhaha, ce golem est à moi, je suis le plus fort, la la la, je suis le plus doué, la la… Qui est à toi ? Golerin, ou Ayrem, au choix, campait derrière Aboune, les bras croisés, visiblement elle était pas contente. - Ah tiens, salut Ayrin, la forme ? Tu as une mine resplendissante, hé hé. L’envoûteur commençait à reculer, visiblement ce golem ne voulait pas de propriétaire. - Je vais tous vous étrangler, maudits asuras ! reprit-elle, furieuse. Oser me faire ça ! Vous aller le payer. Et elle commença à courir derrière Aboune. - Attends, je peux tout t’expliquer Ayrin, t’énerves pas ! Lâche-moi, lâche-moi ! Les deux jambes d’Aboune dépassaient de la neige et se débattaient tandis que sa tête étaie enfouie en-dessous après qu’Ayrin l’ait violemment secoué dans tous les sens. C’était le moment de faire profil bas et de s’éclipser genre je n’existe pas. - Oméga ? Oui madame Ayrin ? Où crois-tu filer comme ça ?
  • 6. L’Héritage des Ancêtres Nous nous sommes tous retrouvés dans la demeure de Svynge. Les asuras étaient bien là : Aboune était bleu tant il grelottait, Stathor et Splif affichaient quelques jolis hématomes, Oméga un élégant œil poché, et Nezu avait un morceau de vitre fiché dans la tête. Ils gardaient le silence et boudaient dans leur coin, même s’ils ne pouvaient s’empêcher de jeter des regards subjugués sur Ayrin. La pauvre, quelle situation… Bon, au moins elle est en vie, on finira bien par trouver une solution. Alia et Yaddle déposèrent Pan d’Orr et mon petit frère dans un même lit, et les recouvrirent d’une couette douillette. Leur état semblait s’être stabilisé. Dans l’une des ombres de la demeure, Parousir avait gardé le corps de Svynge dans ses bras, qu’il finit par déposer délicatement dans un lit. Svynge avait la peau plus blanche que du marbre et semblait si sereine en la voyant dans les ombres... Si je ne savais pas que c’était Svynge sous mes yeux, j’aurais presque l’impression de faire face à une déesse, tant sa beauté était resplendissante. C’était une statue de sérénité de toute splendeur. Je finis par m’approcher de Pug qui se contenait pour ne pas regarder le golemonorn de plus près: - - Comment vont-ils ? Leur pouls a repris un rythme normal, leur fièvre descend progressivement. Après une bonne nuit de repos, si il n’y a pas de rechute, ils devraient se réveiller en pleine forme. Laissons-les se reposer. Et maintenant ? Profitons du répit qui nous est accordé. Un peu de repos ne nous fera pas de mal à nous non plus. Effectivement. Je pris le temps de narrer les faits à Guess, Pug, Alia et Parousir, qui n’avaient pu assister à la bataille. Lorsqu’ils nous parlèrent de leur expérience, je pris conscience que tout s’était joué à peu. En l’occurrence, Zhaïtan avait assez grandi pour s’extirper du corps de Pan d’Orr, et si nous ne l’avions pas arrêté à temps, allez savoir ce qui se serait passé. Peut-être avons-eu l’honneur de sauver la Tyrie, et le plus regrettable, c’est que cette bataille ne sera jamais retranscrite dans les livres d’histoire. Regrettable ? Bof. Avais-je besoin de la reconnaissance des autres ? Mes valeureux compagnons auprès desquels je m’étais battu suffisaient amplement à nourrir mon bonheur. Je transmettrai cette histoire de taverne en taverne, de chope en chope, qui résonnera aux oreilles de mes auditeurs comme une légende de plus, qu’un conte parmi d’autres, qu’une histoire. Mais pour l’avoir vécue intégralement, c’est plus qu’une histoire. Ce sont des histoires… Les histoires de chacun de nous, nous tous qui nous nous sommes sacrifiés pour protéger ce qu’on aime, unis sous le Soleil Ailé. Aucun livre ou aucune discussion dans une quelconque taverne, ne saura retransmettre toutes les émotions qui en découlent. Ca se vit, ça se raconte pas. Allez, petit frère, repose-toi, je vais me payer une bonne chope, et dépêche-toi de te réveiller, qu’on puisse de nouveau trinquer ensemble. Ah ouais, une bonne chope, quelle excellente idée Pogo. Si en plus tu payes ta tournée, comment refuser. Quelques-uns parmi-nous désirèrent nous accompagner : Oméga à l’œil poché, Nezumy au crâne de verre, Pajim la chouettophile, et Agaéti le taciturne. Trouver
  • 7. L’Héritage des Ancêtres une bonne taverne n’était pas une chose bien compliquée chez les norns, un bon point pour eux que je n’omettrai de mettre dans mon rapport. Les babines pleines de mousse d’une bière fraîche et goûtue, Pogo, installé en face, s’adressa à moi, pendant que les autres soulevaient un sujet sans intérêt sur l’art et la manière de tuer un dragon avec une chouette. - - - Alors Yaddle, ton rapport sur les autres peuples, t’en es où ? Ça suit son cours. C’est personnel ? Non, du tout. C’est embrouillé surtout. Embrouillé ? Ouais, un vrai bordel, pire qu’une tanière de skritt. Pourquoi ? Je pensais que ce serait plus simple. Lorsque j’ai accepté cette mission, je me voyais déjà rédiger quelques lignes sur la folie des asuras, sur la naïveté des sylvaris, sur la barbarie des norns et la stupidité, enfin, des humains. Et ? Ben que dalle, j’ai tout à revoir. Les asuras m’ont surpris d’abord, rien à voir de ce qu’on dit d’eux. Que dit-on d’eux ? Que leur prétention n’a d’égale que leur intelligence. Pourtant, au plus fort du danger, aucun d’entre eux ne s’est défilé, au contraire même, tous se sont battus pour aider d’autres peuples. Étonnant ! Ces fichus asuras n’ont rien de l’égoïsme qu’on leur colle au train. Malgré leur excentricité, ce sont des compagnons auprès desquels je peux me battre sans m’inquiéter. Et pour les autres peuples ? Les sylvaris restent flous à mes yeux. Ils fricotent avec des domaines qui me dépassent. Mais est-ce un mal ? Après tout, s’ils parviennent à régler des problèmes que moi, charr, je ne comprends pas, c’est pas plus mal. Ils sont loyaux et connaissent le sens de l’honneur, ce sont des compagnons de confiance. Tout comme les norns. Je les voyais comme nous, de grands guerriers un peu brutaux, mais juste motivés à sauver leur peuple. Ils n’ont cessé de nous prouver le contraire, et Svynge restera le meilleur exemple je pense. C’est le genre de guerrière à qui je confierai ma vie s’il le fallait. Un petit moment de silence s’était imposé. Au nom de Svynge, les autres avaient interrompu aussi leur discussion. Nous trinquâmes silencieusement en pensant à elle. Au bout de quelques instants et de nouvelles chopes, Pogo reprit la parole : - Et les humains dans tout ça ? Fallait bien y venir ouais. J’avoue, c’est sur vous que j’ai accordé le plus d’attention. Ben mes salauds, je comprends pourquoi on a tant galéré a vous affronter… Rien des couards, des lâches et des traîtres que certains anciens de chez nous peuvent décrier. Vous formez probablement le peuple qui nous ressemble le plus, à tous les égards, braves, honorables, responsables, courageux… Les affres de la guerre appartiennent au passé, et j’espère
  • 8. L’Héritage des Ancêtres - sincèrement que plus jamais de conflit se déroulera entre nos deux peuples. Du moins travaillerai-je pour. Tu vas pas te faire allumer par tes supérieurs ? Qu’ils aillent se faire foutre si ça leur plait pas. Je leur rapporterai ce que j’ai vu, point barre. S’ils sont pas contents, on en discutera dans une arène, aussi simple que ça. Ouais, les humains, c’est quelque chose. Toi Pogo, ton frangin Lazare, l’ingénieuse Alia, la douce Guess, et maintenant Pan d'Orr, vous m’avez montrée à quel point le monde serait fade sans vous. Votre peuple a gagné en sagesse, prenez-en conscience, et ne cessez pas d’aller de l’avant, je suis sûre que vous pouvez devenir encore meilleurs. - Tu comptes faire quoi maintenant, me demanda-t-il ? Je compte poursuivre une carrière dans la diplomatie toujours et… Nezumy cracha sa bière et s’esclaffa : - Toi, dans la diplomatie ? T’as vu comment que tu parles ? Bouhaha, attends eh l’autre, trop classe, tu… Sans lui laissé le temps de finir sa phrase, le contenu de mon verre s’était comme par magie déversé sur sa tête, histoire de lui remettre les idées en place. Après sa douche fraîche et le Nezu légèrement calmé, il reprit la parole : - Ah, voilà de la diplomatie, de la vraie ! Nezu ? Si tu m’avais laissé finir ma phrase, t’aurais su que je te soutenais à fond, gâcheuse de bière. C’est vrai ? Ben ouais, t’as la classe. La diplomatie c’est nul. Une bonne baffe, c’est mieux. Ouais. J’suis bien d’accord. Désolé. T’inquiètes, la bière séchée me fait friser les cheveux. Ca va faire des p’tites bouclettes trop mignonnes, les filles vont m’adorer. Et nous avons bu une longue partie de la soirée, en l’honneur de Svynge, nous ressassant avec une grande fierté nos derniers combats. L’alcool aidant, Nezumy, Pajim et Oméga mirent l’ambiance dans la taverne en chantant et en dansant. De vrais gamins. Dans mon rapport, que ferai-je d’Onitopia ? Je garderai ça pour moi je pense, ma petite fierté personnelle, mes frères d’armes. Ma nouvelle Légion ? Le jour succédait à la nuit paisiblement. Nezumy, Oméga et Pajim furent les derniers à se réveiller. Ils dénotaient des cernes aussi profondes que des crevasses. Visiblement, ils se tapaient une belle gueule de bois. C’est ça, quand on tient pas l’alcool. Tout le monde avait l’air de bien se porter, ou du moins en apparence. Tout le monde sauf Parousir. Il n’avait pas fermé l’œil de la nuit et était resté au chevet de Svynge jusqu’au lever du jour, sans la quitter du regard. Il triturait à l’occasion Jormun-Anda que Nezumy lui avait rendue. Je décidai d’aller le voir pour essayer de lui remonter le moral :
  • 9. L’Héritage des Ancêtres - Parousir, je peux ? Si tu veux. Comment t’encaisses ? Comme si je venais de tuer ma propre fille. Autre chose ? T’y es pour rien, c’est Zhaïtan qui… Parousir se leva, il fulminait. - - Bien sur que si, bien sur que c’est de ma faute ! Si je n’avais pas refilé J-A dans les mains de Svynge, tout aurait été différent. Tu divagues Parousir, reprends tes esprits ! Que sais-tu l’asura, hein ? C’est bien J-A qui a manipulé mon enfant, qui l’a forcée à tuer sa propre sœur, une blessure qu’elle n’a jamais pu guérir ! ‘Tain, à cause de moi, Ayrin se retrouve dans une carcasse de métal et Svynge repose je sais pas où ! Parousir ? Quoi ! Sans l’aide de Svynge et de J-A, nous ne serions probablement pas là à l’heure qu’il est. Peut être serions-nous des pantins de Primordus ou de Zhaïtan, et qu’Hoelbrak aurait été rasée, voire pire… Le charr se rassit, visiblement, j’avais fait mouche. D’autant plus que mes arguments me semblaient sincères. Après un moment de silence, et que le charr semblât s’être calmé, je repris la parole. - - Parousir, je peux te demander pourquoi tu as fait don de J-A à Svynge ? Tu peux. Pourquoi tu as fait don de J-A à Svynge ? Ça ne te regarde pas. … Je voulais juste donner à cette enfant le moyen de venger ses parents, c’est tout ce que tu sauras. C’est déjà beaucoup. Pourquoi Svynge, et pas Ayrin ? Seuls de rares guerriers parviennent à porter cette arme sans sombrer dans la folie, et plus rares encore ceux qui peuvent communiquer avec elle. Quelle est son origine ? J-A ? C’est de l’essence brute de Jormag… Je l’ai arrachée à un de ses laquais après lui avoir dévissé la tête. Lorsque je me suis emparé de J-A, on s’est tout de suite bien entendus. Cette petite pétasse était imbibée du Souffle de Jormag. Bien entendu, elle a tenté de m’asservir, mais elle avait rencontré plus costaud qu’elle. Alors on a communiqué, puis on a commencé à papoter ensemble. Un jour, elle me projeta l’image des victimes qu’elle avait accumulées au fil des ans. Les parents de Svynge et d’Ayrin y figuraient, la salope. Mais je les connaissais pas ces deux gamines. Pas encore. Quand les as-tu rencontrées ? Lors de la percée des murailles d’Hoelbrak par les forces de Jormag, en cette nuit baignée de sang et de cadavres. J’avais filé un coup de patte aux norns lorsque je suis tombé sur les deux orphelines terrorisées et livrées à au froid et aux ténèbres de la nuit. Elles auraient pas passé la nuit. Sans trop savoir pourquoi, j’ai vu en elles un espoir. Aussi ai-je pris leur éducation en
  • 10. L’Héritage des Ancêtres - - main, et la suite tu la connais. Ma faiblesse aura été de trop m’attacher à elles, et cette faiblesse se sera répercutée sur elles. Même si je n’ai pas passé autant de temps que je l’aurais souhaité avec Svynge, je peux t’assurer une chose : le temps qu’elle a passé avec nous, elle en était heureuse, plus qu’heureuse. Aussi courte fut sa vie, crois moi, elle n’aurait pour rien au monde désiré une autre destinée. Elle nous parlait souvent de toi, les rares mots doux qu’elle pouvait avoir d’ailleurs. Tu as fait un choix, Parousir, et probablement un bon. Ne rejette pas la faute sur toi, ni sur J-A… Zhaïtan est le seul coupable, et leur sacrifice, à toutes les deux, nous a tous sauvés. Qu’en pense J-A ? Elle n’arrête pas de me dire que Svynge lui manque... Je m’étirais après cette remarque étonnante, puis j’allai nous verser deux gobelets de thé bien chaud, pour revenir enfin à ma place, en tendant une des tasses au charr. - Que comptes-tu faire maintenant ? J’en sais rien. Venger ces deux gamines peut être, exterminer du zombie en Orr, péter la gueule de Jormag, trouver un remède pour Ayrin… Tu veux pas rester avec nous ? Nan les gars, désolé, vous avez la classe et vous vous battez plutôt bien, mais je n’aurai pas ma place parmi vous. Pourquoi ? Je suis un solitaire. C’est comme tu veux, il y aura toujours une place au sein de la guilde pour toi. C’est noté. Je regrettais son choix, mais je n’y pouvais rien. Je sentais clairement qu’il ne me disait pas tout, et que son choix de travailler en solitaire cachait aussi autre chose. Mais qu’y pouvais-je ? Parousir partirait après les funérailles de Svynge, mais j’étais convaincu déjà que nos chemins se recroiseraient tôt ou tard. - - Allez viens, il va pas te mordre. - J’ose pas. - Fais pas ta timide voyons. - Mais t’as vu à quoi je ressemble ? Je suis immonde. - Oh, dis pas ça, moi je te trouve magnifique. À tes yeux peut être, aux yeux de Vorian je suis moins sûre. C’est vrai qu’Ayrin avait une sacrée classe dans ce corps. Quoi qu’il en soit, nous nous étions concertés ce matin entre asuras pour essayer de rattraper notre manque de tact auprès d’Ayrin. Fondamentalement, je trouvai que nous avions très bien agi mais bon, si Aboune pense qu’on a été indélicats, il doit y avoir raison. Alors on s’est dit qu’on allait l’aider à recoller les morceaux entre son homme, Vorian, et elle. On a tiré à la courte paille pour savoir qui s’y collerait, et c’est tombé sur Maître Splif bien sur, au talent irréprochable, mais sur lequel le destin cruel et sournois voulait s’acharner.
  • 11. L’Héritage des Ancêtres Ô Destin malin, vais-je me faire étriper dès que cette porte s’ouvrira ? Je voyais quatre petites têtes d’asuras et une tête d’un moa rose dépasser d’un muret enneigé, pariant déjà sur le bien de ma personne. ‘Foirés. - Rôh, dis pas ça. L’amour n’a pas d’yeux, rétorquai-je pour la rassurer. Il t’aime pour ce que tu es toi, et c’est pas parce que ton corps a un peu changé que ça changera. Un peu changé ? Mais oui, c’est que des fioritures tout ça. Mon popotin oui. Un golem qui parle et qui réfléchit, ça vaut tout le bonheur du monde ! Si Vorian la rejette, je lui ferai une tête au carré. Courageusement, maudissant le destin, je toquai à la porte. La réponse fût brutale. - Savez pas lire ? C’est fermé ! Méthode Stathor : - Excusez mon indélicatesse, monsieur le norn fort aimable, mais auriez vous la courtoisie de bien avoir la décence et l’amabilité de nous ouvrir la porte de votre charmante demeure, Ô dieu des norns. J’y suis allé peut être un peu fort. La porte s’ouvrit. Un norn massif, très très massif, se tenait maintenant de l’autre côté. - L’asura, si tu te fous de moi, tu vas passer un mauvais moment ! Ah non, tel n’est point mon intention, monsieur le norn. C’est qu’une vieille connaissance désirerait s’entretenir avec vous. Qui ça, je vois personne. Merdouille Ayrin, elle s’est faite la malle ! Ah non, ouf, je vois son pied qui dépasse de derrière ce tronc. - Ayrin, allez viens, j’te jure que t’es magnifique. Elle laissa apparaître timidement la tête d’abord, puis finit par s’approcher, pas vraiment rassurée. - Monsieur le norn, repris-je, il y a eu quelques petits soucis, mais votre femme est revenue. Je vous laisse à vos retrouvailles, hein. A bientôt, au revoir, ce fut un plaisir. L’asura ? La voix était terrifiante. - Oui monsieur le norn ? Je ne vois qu’un golem pathétique. La plaisanterie est allée trop loin, tu vas mourir. Ah non, je vous en prie. Ah ! M’écrasez pas ! Ayrin, dis lui je t’en prie ! Alors que le norn massif et barbu sortit de la demeure pour me faire la peau, Ayrin prit enfin la parole. Ouf. - Vorian, ne lui fait pas de mal. C’est moi, ton aimée.
  • 12. L’Héritage des Ancêtres - Maudits asuras ! N’avez-vous donc rien de mieux à faire que de vous jouer d’un pauvre norn solitaire ! Vorian, je te jure. Si ce n’était pas moi, comment saurais-je que ton petit nom est mon Roudoudou d’amour ? Comment ? Seule Ayrin m’appelait comme ça. C’est moi, je te le promets, mon aimé. La brute finit par me lâcher. Pourquoi la méthode Stathor n’a-t ’elle pas marché sur lui ? Aurais-je mal stathorisé ma demande courtoise ? Mon Rondoudou d’amour ? Sérieux ? Ils finirent par rentrer dans la demeure, à mon grand soulagement. Je ne voulais pas connaître la suite, ce norn est trop effrayant. Du coin de l’œil, je vis Stathor empocher le pactole. Elle avait parié sur moi, et il avait bien raison. Je revins vers eux, pectoraux en avant, les cheveux dans le vent. - Vous avez vu le boulot les mecs. Vous pouvez m’appeler Maître maintenant. Comment que ça s’est passé alors ? J’en sais rien. Laissons parler l’amour. Ouais ça me semble pas mal. Stathor, tu payes le repas ? Et puis quoi encore. Ouah, oh la la quel rêve mes enfants ! Que je vous raconte : J’étais en osmose avec mon aimée. Dé fée… Un vrai conte. Plus de barrière, à livre ouvert, à cœur ouvert, tout simplement Nous nous aimions, délicatement, tendrement. Ah ouais, ce fut fichtrement beau ! Trop court malheureusement. Ah tiens, quelqu’un dort à côté de moi ? Qui est-ce ? … Ma Reine ! Mon Ange ! Mon Amour ! Si près de moi ? Elle est si belle. J’en reste coi. … Ah ! Pourquoi me souvins-je de rien ? Qu’ai-je fais-je ? Ne me dites pas que… Que… Oh non aurais-je ? Non impossible. Tout bonnement impossible ! Oh la la, Lazare, rappelle-toi, bon sang de bois, t’es pas de ce genre là ? Non si ? Au secours ! - Ah tiens, t’es réveillé ? Comment te portes-tu ? La jolie Alia me regardait de ses délicats yeux de velours. - Je, euh, je… Ornithorynque ? Pardon ? Tu me fais un résumé s’il te plait ?
  • 13. L’Héritage des Ancêtres Et elle me raconta tout. La grande bataille, la souffrance de ma tendre, La sacrifice de Svynge, et la vie qui reprenait son cours après les cendres. Nous sommes revenus de loin, mon amour et moi, paraît-il. Mais tout était flou, embrumé, brouillardeux, les souvenirs difficiles. - Lazare, tu te souviens de rien ? Je crois que non. Strictement rien. C’est étrange. Comment se porte mon ange ? Elle a failli ne pas s’en sortir, mais sois rassuré, son état s’est bien stabilisé. J’ai l’impression que tu l’as aidé à vivre, mais je ne saurais dire comment. Ah vi ? Vi. J’en suis ravi. Moi aussi. Divine Pan d’Orr, aurais-je eu l’honneur de t’aider ? Pour toi, tu le sais, je me sacrifierais. Allez hop, m’attend mon petit déjeuner, Mais avant de partir un petit baiser… - Lazare ? Alia ? Tu fais quoi ? Je témoigne mon affection. C’est ma petite sœur. C’est l’élue de mon cœur. Oui mais c’est ma petite sœur. Si tu la touches, t’es un nécromant mort. Mais si je contiens mon amour, je suis un homme mort. Mais non. Mais si. A toi de voir si tu veux mourir d’une dague dans la tête ou d’une flèche dans le cœur. Ah Alia, que tu es cruelle avec moi, n’as-tu donc aucune pitié ? Malheur ! Pas quand il s’agit de ma petite sœur non. Regarde, je me dépéris, je souffre j’agonise ! Argh ! Ô monde cruel L’histoire retiendra Alia comme la tortionnaire, la méchante, la cruelle ! Allez sors de ce lit et va manger, je te prépare un thé chaud. C’est ça, fais ton office bourreau. Les préparatifs pour les funérailles de Svynge se terminaient. Oh pas grand-chose, ce n’est pas dans nos coutumes que de célébrer avec faste le départ d’un être cher. Nous ne construisons point de mausolée à l’instar des humains, nous n’enterrons point nos
  • 14. L’Héritage des Ancêtres dépouilles pour qu’elles retournent à la terre nourricière, comme le veulent les coutumes sylvaris. Point non plus de départ à travers un portail asura, ou de rituel guerrier particulier. Non, nous restons simples. Lorsque l’esprit d’un norn quitte son corps, on sait qu’il rejoint le monde des esprits. Un monde meilleur. Reposant. Auquel aspire tous les nôtres. Alors on sépare l’esprit de son corps auquel il est rattaché, comme Svynge a pu le faire avec sa sœur dans la caverne du phare. Le feu restait l’élément le plus adapté pour cela. Et aussi, il fallait l’avouer, ça évitait les désagréables surprises, comme celle de revoir un être cher se relever d’entre les morts par la volonté des Dragons pour se retourner contre son ancienne famille. Et puis c’était la fête, coutume norn oblige. Nous ne sommes pas non plus du genre à porter le deuil des années durant. Le norn qui s’en va ne demande qu’une chose : que l’on continue à profiter de la vie. Et Svynge plus que tout autre peut être. Nous avions installé le bûcher dans le bosquet du Renard Argenté, un endroit aux dires de Parousir et d’Ayrin qui avait beaucoup de significations pour notre défunte. Le soleil commençait à se coucher à l’horizon, baignant la forêt dans de douces couleurs pastel. Petit à petit, les nôtres arrivaient. Tout le monde gardait le silence par respect pour le départ. J’en faisais autant. Parousir portait dans ses bras le corps de notre gardienne, au visage emprunt d’une telle quiétude qu’il était difficile bizarrement de garder le regard posé sur elle. Il la déposa sur le bûcher. Je lui tendis la torche puis me retournai. Tout le monde était là. Tiens ? Même Pan d’Orr, en retrait. Elle se tenait seule et de ce que je voyais dans son attitude, elle tenait à rester seule. Même Lazare n’insista pas et alla rejoindre les autres sans esbroufe particulière. Parousir se tourna vers nous. Peut être avait-il envie de prononcer des mots, surement qu’une foule de pensées traversaient son esprit, mais il garda le silence, inclina respectueusement la tête, et dans le silence le plus respectueux, alluma le bûcher. Les flammes s’élevèrent aussitôt, sous le regard des innombrables étoiles qui brillaient ce soir là plus que de coutume. Pajim entonna le chant d’adieu, auquel je me joignis, ainsi que Vorian, Ayrin et même Parousir, à ma grande surprise, qui semblait connaître nos coutumes plus que je ne m’en serai douté. Le petit Nezumy se tenait au plus prêt du bûcher. Avec une certaine maladresse, il s’assit devant les hautes flammes, et seuls quelques mots de sa prière personnelle me parvinrent : - Adieu ma belle. A jamais tu resteras dans mon cœur. Effectivement, pour nous tous Nezu, t’en fais pas. Les adieux ont duré plusieurs heures avant que les flammes finissent par perdre leur éclat. Petit à petit, chacun s’en retournait à Hoelbrak, pour aller festoyer honorablement le départ de cette grande guerrière. Je faisais partie des dernières à partir, tout comme Aboune, Nezumy, Parousir, Ayrin et Pan d’Orr. Cette cérémonie nous a fait à tous un petit mal, pour un grand bien. Enfin nous pûmes prononcer à notre manière nos adieux à cette personne qui nous était chère. Je ne pus m’empêcher de remarquer que le trident sur le bouclier de Nezumy, qui se portait de plus en plus pale, avait fini par totalement disparaître. Svynge nous avait bel et bien quittés, sans
  • 15. L’Héritage des Ancêtres l’ombre d’un doute, avec la lumière d’une révélation. Gledinia, Nezumy, Ayrin, Parousir , Pan d’Orr et moi-même étions les premiers à ne pas être partis. Discrètement, je m’approchai de Pan d’Orr, sans remarquer que les autres firent de même. - Pan d’Orr, comment te portes-tu ? Ça va. Je peux ne pas te parler ? Si tu veux. Elle affichait une telle tristesse sur son visage ! - - De quoi tu ne te souviens pas ? Je sais pas… Tout est embrumé, tout est flou. Je me souviens m’être battue contre Alia et Parousir, les souvenirs les plus perceptibles. Mais d’autres images me parviennent, une sorte de combat épique contre un dragon qui m’est familier, auquel vous preniez tous part. Laisse-moi te raconter. Pan d’Orr s’assit, un peu perdue, devant les braises rougeoyantes du bûcher qui nous réchauffait d’une chaleur amicale. Nous fîmes de même, et alors je commençai à lui raconter toute l’histoire, de notre première rencontre jusqu’à notre présence en ce lieu. Au fil de ma narration, son intérêt allait grandissant, entremêlé de chaude larmes et de stupéfaction mariée à du désespoir. A la fin de mon récit, le bûcher crépitait pour couper le silence, mais la petite Pan d’Orr avait visiblement du mal à respirer, et à reprendre ses esprits. Finalement : - Par ma faute, elle est morte. Je suis tellement désolée. Parousir l’interrompit aussitôt : - T’as rien à voir la dedans, gamine, c’est ce dragon qui a pourri nos vies, et la tienne par la même occasion. Toi, t’y es pour rien. Si j’avais été plus forte… T’as été super forte, intervint Nezumy, moi perso, si j’avais eu un dragon dans la tête, elle aurait explosé en deux secondes, foi de Nezu. Pourtant, c’est tellement vide dans ton crâne, remarqua Parousir. Au contraire, mon bon charr, au contraire. Elle est déjà trop pleine, d’où le sproutch du Nezu. À coup sur. Pour mon plus grand plaisir, Pan d’Orr émit un discret gloussement, les bêtises de mes compères, de haut niveau j’avoue, l’aidaient à reprendre ses esprits. - Te souviens-tu de quelque chose Pan d’Orr ? Tu m’as tout raconté déjà. Non avant, avant ton apparition parmi nous, que faisais-tu ? Difficile de me souvenir, là aussi je n’ai que des bribes. Je me souviens avoir été très proche de pap… De Zhaïtan. Des années durant peut être. Comme si… Comme si… Je sais pas ! Comme si tu étais dans un œuf, et que ses pensées te parvenaient sans aucune barrière. Oui. Oui. Quelque chose comme ça. Quand je me suis réveillée, il y avait une sorte de coquille de laquelle je m’étais extirpée.
  • 16. L’Héritage des Ancêtres Parousir intervint : - - - Il a du te garder ainsi pendant des années, pour qu’une fois arrivée à maturité, tu puisses le servir comme il l’entendait. Manque de bol pour lui, il s’est fait péter la gueule un peu trop tôt. C’est possible, intervins-je. Quoi qu’il en soit, ça me semble important de vérifier l’état des lieux. Dès demain, je compte me rendre en Orr pour explorer la dite caverne. Je demanderai aux autres s’il y a des motivés pour m’accompagner. Pan d’Orr ? Oui Aboune ? Une nouvelle vie commence pour toi. Ne te pose pas de question, nous tous t’accueillons sans aucune animosité. Personne ne rejette une quelconque faute sur toi. Profite de ce nouveau départ, vis comme tu l’as toujours voulu, laisse tes rêves te bercer, et non plus tes cauchemars. C’est ce que Svynge aurait désiré. Après un long moment de larmes et de désespoir de sa part, et qu’Ayrin l’ait prise dans ses bras, elle nous chuchota un simple : « Merci, merci pour tout ». Allez hop, deuxième chouille en deux jours, le rythme est parfait. Svynge, pour toi ! Et puis, il est prouvé que pour devenir une grande norn, faut se bourrer la gueule. Ça va, à ce niveau, je gagne du galon. J’ai très vite trouvé mes compagnons de chope avec Splif, Oméga et Lazare, qui se révélaient être des compagnons de beuverie exceptionnels. Un norn anonyme vint à notre encontre : - Dites-donc, il y a une raison à une telle démonstration de joie et d’ivresse ? Ouais mon bon monchieur, ouais, y’a une raison. Le norn attendait visiblement plus. - Pajim ? Splif ? J’pense qu’il aimerait plus de détails. Ah ouais. Après m’être rincée le gosier, je lui donnai les détails, au cher monchieur : - Bon alors voilà. D’abord… Hips… D’abord, y’a eu le vilain dragon. On lui a pété la gueule sans champignons et pouf, l’était tout mort. Pajim ? Splif ? T’es allée un peu vite je pense. Ah ouais. Après m’être rincée le gosier, voilà les détails, mon cher monchieur : - Ouais, c’est vrai. Elle s’est élancée, avec Jormag dans la main, alors que… Hips… Alors qu’on lui bourrinait la tronche au Zhaïtan. Et là, paf ! Le miracle. Soupolé s’est élancée, a picoré le dragon et pouf, l’était tout mort.
  • 17. L’Héritage des Ancêtres - Pajim ? Splif ? Une chouette ne peut terrasser un dragon. Moi j’te dis que si. Moi j’te dis que non. Faut jamais sous estimer un quaggan. Qu’est-ce qu’un quaggan vient foutre dans cette histoire ? Une chouette, c’est comme un quaggan. Non. Si. Non. Si. Parce que c’est rond. Parce que c’est rond, une chouette c’est comme un quaggan ? Ouais. C’est un argument, va falloir que j’y réfléchisse. Ouais. Le norn nous regardait, visiblement amusé. J’sais pas s’il a pris conscience de toutes les souffrances et des bonheurs qu’on a pu endurer, mais ce soir, c’pas bien grave. Pour résumer : - M’chieur le norn, sachez qu’on a gagné, au nom du Rêve, et qu’on a perdu une amie qui nous est très chère pour en sauver une autre. V’là. Vous m’payez une bière ? Pourquoi pas. Et la soirée s’est prolongée jusqu’au petit matin. Ça, si c’était pas fêter un départ comme il se doit ! Il y avait un désert sans limite. Ni vent, ni mouvement, ni son, tout était vide, à part les dunes de sable qui s’étendaient à l’infini. La nuit était belle, jamais je n’ai vu briller autant d’étoiles. Il y avait un nombre incroyable de constellations que je ne connaissais pas. Au milieu de ce désert se dressaient deux Sphinges aussi grandes que des Dragons. Elles étaient assises dans le sable, l’une en face de l’autre, bustes en avant, figées dans l’immobilité la plus totale, comme deux statues immortelles, comme si elles se contemplaient depuis l’éternité. Leur peau de pierre était polie, bleue et transparente comme l’océan. Leurs ailes magnifiques s’élevaient haut au-dessus de leurs corps de lionne, formant un arc de cercle parfait. Elles ornaient sur un visage de femme humaine une couronne avec un serpent en diadème. Les deux statues se tenaient, immobiles, comme deux grandes reines fières, magistrales et puissantes. À mon approche, les Sphinges tournèrent la tête dans ma direction. Leurs paroles cristallines et féminines résonnaient comme une infinité d’échos, me parlant lentement avec une voix suave, neutre et totalement intemporelle. - Ne crains rien… Nous ne te voulons pas de mal…. Nous t’attendons depuis longtemps, Lianis. Vous m’attendez ? Oui. Qui êtes vous ?
  • 18. L’Héritage des Ancêtres - Nous sommes… l’Essence. L’Essence ? Oui. Qu’est-ce que l’Essence ? Un tout. Que voulez-vous dire ? Soyez plus clairs ! Nous sommes… Le Monde… Les pierres se fissurèrent en haut de leur crâne, une petite partie de leurs visages respectifs se détacha et quelques morceaux des statues tombèrent au sol dans un bruit mat. - Que voulez-vous de moi ? Nous ne te demandons rien. Nous t’informons. M’informer ? M’informer de quoi ? La Tyrie… meurt. Les Ancêtres la détruisent. Bientôt… Elle ne sera plus. Les Ancêtres ? Qui sont les Ancêtres ? Tous Ceux que vous nommez… Dragons. Les Dragons ? Oui. Mais nous venons de vaincre Zhaïtan ! Les Dragons ont échoué ! Oui, nous le savons. Alors pourquoi notre monde serait-il en danger ? Vous avez provoqué la colère des Ancêtres. L’Héritage les dépasse… Ils ne le tolèrent. Les hauts des ailes des deux Sphinges se brisèrent, et chutèrent au pied des deux statues. Une sombre inquiétude montait en moi. - L’Héritage ? La Création des Ancêtres. Que contient-elle ? Toi, tes amis… Tout. Tout ce que tu connais. Tout ce que tu as vu. Tout ce que tu verras. Tout ce en quoi tu crois. Nous faisons tous partie de l’Héritage ? Oui. Dois-je comprendre que nous sommes la Création des… Ancêtres ? Les Enfants des Dragons ? Oui, Oracle. Pourquoi les Ancêtres veulent nous détruire ? Répondez-moi ! Leur Héritage leur échappe. Les enfants s’émancipent et deviennent puissants. Les Ancêtres en ont peur maintenant. Cette peur les pousse à détruire ce qu’ils ont crée. Une nouvelle fissure apparut dans leurs ailes. - Que puis-je faire pour sauver la Tyrie ? Il te faut… Atténuer la colère des Ancêtres. Atténuer leur colère ? Mais comment ? En t’adressant à eux. Je devrais parler aux Dragons pour sauver la Tyrie ?
  • 19. L’Héritage des Ancêtres - Oui. Ne vous moquez pas de moi, comment voulez-vous que je m’adresse à eux ? Tu n’es pas seule. L’Onitopie et tes amis t’aideront. Leurs visages se fissurèrent, les serpents qui ornaient leurs couronnes se brisèrent dans un sinistre craquement, avant de tomber froidement au sol . L’Incarnation de la Tyrie se disloquait morceaux par morceaux sous mes yeux ! - Si tu veux sauver notre monde, hâte toi… Nous ne savons pas combien de temps encore nous pourrons résister aux Ancêtres. Paniquée, je courus dans l’autre sens. La Tyrie s’écroulait derrière-moi, pierre par pierre, irrémédiablement. Combien de temps avais-je ? Pouvais-je ne serait-ce qu’avoir l’espoir de sauver notre monde ? Lianis se réveilla en sursaut. Son cœur battait à rompre sa poitrine. - Lianis ? Elle suffoquait et j’essayais tant bien que mal de la rassurer. - Notre monde se meurt ! Il faut un trouver un remède ! Calme-toi voyons, explique-moi tout. Et elle me raconta sa vision. Des chimères bizarres, bleues, qui s’écroulaient petite à petit, et qui parlaient de la fin du monde. N’était-ca pas exagéré ? Si j’avais fait ce rêve, oui, ce serait exagéré… Mais ce n’est pas moi qui ai rêvé de tout ça, mais l’Oracle. Du coup, évitons de sous estimer ce songe. - L’Essence tu dis ? Oui… C’est la première fois moi aussi que j’entends parler de cette… entité. Ce serait la Tyrie elle-même qui se serait adressée à toi ? En partie… Il y a quelque chose d’indéfinissable en plus, mais oui, on peut penser que c’est la Tyrie. Pourquoi toi, et pas l’Arbre ? J’en sais rien. Es-tu sûre que ce n’est pas qu’un simple mauvais rêve ? Certaine, Aga ! Crois-moi, je t’en prie. D’accord d’accord, je suis désolé. Tu dis que notre monde s’écroule ? L’Essence semblait consacrer ses forces à résister, mais perdait la bataille petit à petit. Comme si elle… Se désagrégeait. A cause des dragons… des Ancêtres ? Oui. Quoi ? Mais on vient de tuer Zhaïtan ! Nous avons provoqué la colère de ses frères. Merde, les autres ne vont pas être ravis de la nouvelle. Combien de temps avons-nous ? Trop peu…
  • 20. L’Héritage des Ancêtres - Que pouvons-nous faire ? Parler aux Ancêtres. Pardon ? Il nous faut nous adresser à eux si nous voulons sauver notre monde. Bien sur. Pas de soucis. Faisons ça… Notre discussion se termina sur cette pointe de sarcasme. Lianis me griffonna sa rencontre : deux sphinges d’allure royale. Tous deux ne trouvâmes point le sommeil cette nuit-là. Je l’accompagnais au lever du jour pour l’aider à exposer son songe aux autres. Ce fut comme une douche froide pour ceux qui se remettaient péniblement de la cuite d’hier. Lianis ne se sentait pas très bien. Je ne me souvenais pas l’avoir vue abuser de la boisson hier. Mon intuition me laissait croire qu’il y avait encore du mauvais rêve derrière cette attitude, et lorsqu’elle nous exposa les faits, j’aurais préféré sincèrement qu’elle fasse un bon vieux cauchemar que ça. Ca ronchonnait sévère derrière moi au fil de l’histoire. Je voyais du coin de l’œil Pan d’Orr se recroqueviller au nom des Ancêtres, dans un coin de la demeure de Svynge, tremblante et apeurée. Alia s’assit à côté d’elle et la prit dans ses bras. - - Conneries, ouais, intervint Parousir. On l’a buté le Zhaïtan, vous avez de la boue dans les yeux ou quoi ? On lui a pété la gueule, point. Si on en a explosé un, alors on va tous les exploser, qu’on arrête les esclandres ! Je sais, mais pourtant… Une connerie de rêve à la con, comme on peut en faire tout le temps. Lianis reculait, effrayée par le charr. - - - Parousir, calme-toi, finis-je par reprendre. Rêve ou discussion, j’ai l’impression qu’il faut y accorder un intérêt manifeste. Ces deux sphinges bleus, je les ai déjà vues quelque part, intervint Pug, qui tenait le dessin de Lianis dans les mains. Vents et furvents, dans l’Antre du Flammotaure, ça me revient ! Il y avait une salle bizarre, ces deux bestioles entouraient un autel… Je les ai croisées aussi, dit Alia auprès de sa sœur, même disposition, dans une salle de Rata Louran. A quoi servaient ces lieux ? demanda Aboune, curieux. Aucune idée, lui répondirent-ils conjointement. Il serait peut être bon d’y retourner… Vous n’y pensez pas ? sursauta Pug. Dois-je vous rappeler qu’on vient de taquiner les laquais des dragons dans leur propre demeure ? A mon avis, les propriétaires sont sur le qui-vive, pas vraiment motivés à nous servir le thé. Que fait-on alors ? Pour ma part, dit Aboune, je vais me rendre en Orr pour vérifier deux-trois petites choses. Si jamais il y a des motivés.
  • 21. L’Héritage des Ancêtres Les autres se regardèrent. Nezumy, Gledi , Pajim, Pug et Guess levèrent la main. - Départ cette après-midi, confirma Aboune. On va où, demanda Pajim, la tête encore embrumée par les festivités de la nuit. En Orr, Pajim, tu as levé la main pour ça. Quoi, sérieux ? Je croyais qu’il fallait lever la main pour avoir un thé bien chaud. Aboune se tapa le front de la main. - Non non non. Quand on a parlé de thé, c’était pour savoir si les dragons nous en serviraient ou pas. Pourquoi un dragon nous servirait du thé ? Mais parce que ils ne vont pas nous en servir ! Mais tu viens de dire qu’ils allaient nous servir du thé ! Aboune n’était pas loin de se taper la tête sur le mur. Il reprit, posément : - Bon alors, tu viens ou tu viens pas ? Ben si j’ai accepté, je viens, pourquoi viendrais-je pas. Parce que tu voulais un thé bien chaud à la base. Ah c’est vrai qu’un thé bien chaud, ce serait pas du luxe. Tu veux un thé bien chaud ou partir en Orr ? Les deux, ça me pose aucun problème. Aboune devenait fou. Oh, pas bien méchamment certes, mais je lui souhaitais bonne chance intérieurement. Avec Nezu et Pajim dans ses pattes, il n’aura pas le temps de s’ennuyer. De mon côté, on avait beaucoup de travail. Lianis n’arrivait toujours pas à se reposer, même après la chute de Zhaïtan, et son dernier songe n’allait pas arranger les choses. Il était temps pour nous de trouver un remède avant que son état ne s’empire trop. J’aurais apprécié la présence de Shalimar pour donner son avis, mais nous devions faire sans. Je repensai à elle d’ailleurs, où pouvait-elle bien se trouver à l’heure qu’il est ? Pendant que je me préparais à manger, des griffons survolaient le ravin dans lequel je me trouvais. Je jouais avec eux pendant le repas en manipulant le vent pour leur donner des courants ascendants et descendants afin de leur donner une vélocité exceptionnelle. Ces créatures gracieuses et rapides, aussi grosses que des dolyaks, avait un corps roux de lion, des ailes blanches et une tête d’aigle. L’un d’eux se posa magistralement à mon niveau. Je lui lançais un lapin que j’avais récemment capturé, qu’il dévora aussi sec. Le griffon, curieux, me regardait imperturbablement après son repas, en clignant rapidement des yeux. L’intelligence de ces créatures n’était plus à remettre en question, je regrettais seulement de ne pouvoir communiquer avec elles. Le griffon émit un cri strident, comme pour me remercier, avant de reprendre son envol et disparaître de mon champ de vision. Il était temps effectivement de reprendre la route.
  • 22. L’Héritage des Ancêtres Ælwynn, ma chère, enfin je t’ai retrouvée. Ce matin, je suis tombé sur l’un de vos campements. Mon double, trop confiante maintenant, se permettrait quelques erreurs ? Non, j’en doute. Si elle est comme moi, elle n’aurait pas laissé de telles preuves aussi flagrantes. Il devait se passer autre chose pour qu’elle n’ait pas le temps d’effacer leurs traces. Elles étaient pressées, et ça n’allait pas pour me rassurer. Où l’emmènes-tu, double de moi ? Que veux-tu d’elle ? Ælwynn va vite finir par comprendre que tu ne te diriges pas vers le Prieuré. Si elle ne l’a pas déjà réalisé d’ailleurs. Et ensuite ? Que feras-tu quand elle comprendra que tu n’es pas moi ? J’hâtai le pas. Elles avaient un jour d’avance. Si je me dépêche, sans dormir, je pourrais être à leur niveau demain. Sois patiente Ælwynn, ne prends pas de risque, ne réveille pas le monstre qui sommeille en toi, je me dépêche de venir t’aider. Shalimar se comportait bizarrement ces derniers temps. Toujours à regarder derrière elle, elle affichait une nervosité qui me mettait mal à l’aise. Était-ce à cause de mon fardeau ? Fardeau qui se montrait de plus en plus présent, de plus en plus difficile à contenir. Mes rêves m’entraînaient dans des paysages de feu, où les lits des rivières n’étaient que lave, où les montagnes n’étaient que volcan fumants et bouillants, où l’arbre n’existait pas. H’Any Sedjet tenta à plusieurs reprises de s’adresser à moi, mais je l’en empêchais autant que faire se peut. D’autant plus qu’à mon réveil ce matin… Non, impossible, c’était impossible ! Le fruit d’un mauvais rêve… Il nous fallait vite arriver au Prieuré, j’avais besoin de me reposer et vite. Pourtant, nous continuions de le contourner, sans pour autant nous en rapprocher, ni nous en éloigner. Je finis par réellement m’en inquiéter : - Shali ? Oui ? Je pense que nous nous sommes assez détournées de notre chemin. Si Pan d’Orr était vraiment sur nos traces, elles nous serait déjà tombée dessus. Ce n’est pas de Pan d’Orr que je me méfie. De qui ? Dis le moi, ne reste pas aussi mystérieuse. Shali marqua un silence assez déplaisant, puis reprit : - Nous sommes suivies, une bande de pillards, une demi douzaine. Que dis-tu ? Ils nous suivent depuis ce matin. J’escomptais rejoindre l’Arche avant la tombée de la nuit, puis remonter sur le Prieuré ensuite. Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? Je ne voulais pas t’inquiéter plus que nécessaire. J’aurais préféré être avertie Shali, tu me connais. Tu es bizarre ces derniers temps. Elle ne répondit rien, comme elle en avait la fâcheuse manie ces derniers jours. Nous reprîmes notre route, en essayant d’accélérer le pas. En fin de journée, après une marche harassante, les lumières
  • 23. L’Héritage des Ancêtres de l’Arche se pointaient à l’horizon alors que la nuit commençait à tomber. Mais une douleur terrible au ventre me força à m’arrêter. Je vomis le repas du midi, et dus me reposer quelques minutes. Mon Cycle était perturbé, j’avais le pire des mauvais pressentiments. - Ca va aller, Ælwynn ? Je ne sais pas. H’Any Sedjet te fait souffrir ? Non, non, pas pour le moment. Alors quoi, dis-le moi ? Mon Cycle est perturbé. C’est-à-dire ? Je crois que… Je suis enceinte… Cela faisait trois jours maintenant que nous fîmes nos adieux au petit groupe qui s’en allait chercher des informations dans les dangereuses régions d’Orr. Parousir nous avait quittés le même jour, emportant Jormun-Anda avec lui. Ses motivations restaient énigmatiques et vous le connaissez autant que moi, quand il avait décidé de rester silencieux, pas même des litres d’alcool, que dis-je, des tonneaux de bière, le feraient parler. La vie avait retrouvé sa sérénité. J’avais décidé de rester quelques temps au niveau d’Hoelbrak, guère motivée à retourner au Promontoire je l’avoue. J’étais bien ici, entourée de mes compagnons, près de ma petite sœur qui se portait mieux de jour en jour, et ça me faisait plaisir à voir. Elle s’épanouissait et goûtait aux joies d’une vie nouvelle. Tout était source d’émerveillement pour elle, de la plus petite invention de nos compères asuras – aussi inutiles soit-elle – à la plus minuscule bête qui soit. Elle prenait un soin irréprochable à tout analyser avec le plus grand des respects. Ça mettait de la baume au cœur de la voir vivre sa propre vie, et que les affres de la guerre semblaient loin derrière nous. Ce furent des jours ou nous vécûmes d’insouciance et de moments simples, si rares ces derniers temps. Cela nous faisait un bien fou. Les jours s’écoulaient et nos vies se reconstruisaient, nous remettant petit à petit des douleurs endurées : les blessures de guerre, la perte d’amis et de parents qui nous étaient chers, l’absence d’êtres aimés. Je passai le plus clair de mon temps à retaper la maison de Svynge (maintenant que Nezumy était parti, les travaux avançaient bien bizarrement) et à apprendre à lire à ma petite sœur. Elle apprenait à une vitesse exceptionnelle avec cette joie enfantine de découvrir des mots écrits et leur signification, ce qui la mettait d’excellente humeur. Ayrin et Vorian participaient activement aux travaux, et ça me faisait plaisir de les voir se retrouver ainsi, dépassant le stade de l’amour charnel pour nous prouver qu’il y a bien plus entre eux. Nous n’avions toujours pas trouvé de solution pour le corps d’Ayrin, mais elle s’accommodait pour le moment de ce nouveau corps. Pan d’Orr passait beaucoup de temps avec elle, et l’image qui en ressortait d’elles deux était touchante. Pan d’Orr grandissait de jour en jour, pas en taille je vous rassure, mais en esprit. Elle gagnait en maturité tout en nous abreuvant de sa joie infinie à se retrouver parmi nous. Parfois, son visage marquait une profonde tristesse, dans ses rares moments d’absence, mais ça ne durait jamais bien longtemps, ou jusqu’à ce qu’elle prenait conscience qu’elle pouvait être observée. C’était un visage qu’elle voulait dissimuler, et je ne cherchais pas pour le moment à la brusquer en lui demandant des
  • 24. L’Héritage des Ancêtres détails. Ses nuits restaient agitées et elle se réveillait souvent, trempée de sueur. Zhaïtan hantait ses rêves constamment. Oh, Lazare a bien essayé de se glisser sous sa couette à plusieurs reprises, pour la rassurer comme il disait, mais c’était sans compter sur la présence de la grande sœur qui veillait au grain. Un peu trop protectrice peut-être, mais je m’en accommodais très bien. En parlant de cauchemars, Lianis n’avait plus été sujette à de quelconques rêves ces derniers temps, ce qui n’était pas plus mal. Elle se reposait plus ou moins et la fatigue un peu moins marquée sur son visage. Mais nous ne pouvions oublier son dernier songe et déjà envisagions plusieurs modus operandi pour l’avenir, une fois que tout le monde aura récupéré. Dès que nous aurons des nouvelles du petit groupe en Orr, peut être aurons-nous de nouveaux éléments qui nous permettront d’agir. En attendant… Les jours s’écoulaient, bienheureux, chacun s’affairant à ses tâches : la réparation d’une demeure, la création d’une machine à temps pour exploser, au dire de son concepteur, les vilains trucs en écailles, les plans d’un désassembleur rotationnel à plaque d’encaissement secou-sismiques pour, aux dires de sa conceptrice, avaler tout cru un dragon, et cetera. Les projets aussi farfelus soient-ils allaient bon train, ce qui me prouvait que l’ardeur de mes compagnons ne s’était nullement éteinte, bien au contraire. L’Onitopie ne s’était manifesté depuis la chute de Zhaïtan. Il sommeillait probablement, même si nous sentions sa présence autour de nous. D’ailleurs, quelque chose m’interpellait : les Sphinges bleues avec lesquels Lianis s’était entretenue semblaient connaître notre compagnon onirique. Il y at-il une relation entre tous ces éléments ? Probablement une réponse que je n’aurais pas tout de suite. Poum poum poum, pas folichon folichon le paysage ici. C’est austère, ça sent le pâté. Moisi. Le cadavre quoi. Y’avait du cadavre ici et là, mais pas du cadavre classique qui bouge pu non, mais des aberrations mortes qui continuaient de se mouvoir. Nous les esquivions tant bien que mal mais ne pouvions éviter leur contact à l’occasion. On en faisait de la purée vite fait bien fait, ah oui oui, ça explosait super bien, ça mouchetait de la chair putréfiée un peu partout, mais ça nous ralentissait. - Nezu ? Aboune ? T’étais obligé d’emmener le moa rose avec nous ? Ché pas. Tu ché pas ? Tout à fait. C’est lui qu’a voulu venir. Il a voulu ? Oui oui. Puis on sait jamais, si y’a un message urgent à transmettre, il pourrait faire ça vite fait, bien fait. C’est pas faux. Qu’est-ce que t’as pas compris ?
  • 25. L’Héritage des Ancêtres Nous approchions de la montagne sombre et menaçante et froide et ténébreuse et inquiétante… En bref, ce que Pan d’Orr nous avait décrit. L’ancienne Antre de Zhaïtan. Les cadavres ambulants n’étaient pas aussi nombreux qu’on le pensait. Nous n’eûmes guère de difficultés à trouver l’entrée d’une caverne sombre et menaçante et froide et ténébreuse et inquiétante. Les couloirs sombres et menaçants et froids et ténébreux et inquiétants étaient parcourus de courants d’air nauséabonds et glacés, pas de quoi en faire une tanière digne de ce nom. Ils étaient déserts en grande partie, à l’exception d’une araignée décharnée, sombre et menaçante, et froide et ténébreuse, et bien hideuse, qui se révéla plus coriace que nous ne le pensions. Elle finit par tomber, son abdomen sombre et menaçant et froid et ténébreux (et inquiétant aussi) explosa et les boyaux de l’animal aspergèrent Soupolé. Pauvre petite chouette, décidément, elle attire tout ce qui est vert et gluant. Non loin de l’Antre sombre et menaçante et… enfin bref, vous avez compris, de l’araignée, nous trouvâmes ce pour quoi nous étions venus. Diantre que je parle bien ces derniers temps ! Il y avait là une coquille vide, spongieuse, verdâtre, à taille humaine, reliée à la paroi par d’anciennes veines maintenant desséchées qui se perdaient dans les profondeurs de la terre. Bref, le cocon de Pan d’Orr, sans l’ombre d’un doute. Aboune examinait méticuleusement la coquille tandis que nous farfouillâmes les environs. Pug fut le premier à prendre la parole, par un magistral « Oh oh » qui résonna dans la caverne. - Oh oh ? Venez voir, je crois qu’on a un problème Nous le rejoignîmes prestement, bon sang de bon sang je parle de mieux en mieux, qu’est-ce qui m’arrive ? Je fus vite refroidi en voyant en face de Pug deux autres coquilles brisées, en tout point similaires à l’autre. - - Qu’est-ce que cela signifie ? Pas besoin de tergiverser. Notre petite Pan d’Orr n’est pas seule. Tu veux dire qu’il y en a d’autres comme elle ? Oui, la famille est plus grande que prévue. Papa Zhaïtan n’a pas qu’un seul enfant… C’est catastrophique. Ils ont du avoir le temps de se nourrir depuis tout ce temps. Nezu ? Aboune ? Envoie ton moa en direction d’Hoelbrak, laisse un message autour de son cou pour prévenir les autres que Zhaïtan continue de se balader. On ne trouvera rien de plus ici. Ne perdons pas de temps et essayons de retrouver les enfant de Zhaïtan avant qu’il ne soit trop tard. C’est beau ce que tu dis. Purée, écris ce message au lieu de rêvasser. Hay hay chef ! Et le moa fila a toute allure, courant plus vite que le dolyak qui souffle en tempête. Ah que j’étais fier de lui, mon beau petit moa moa, plus rapide que l’éclair… - Nezu ? Aboune ? Ton moa, là, il ne part pas dans le bon sens. A dire vrai, il va totalement à l’opposé d’Hoelbrak. Fichtredent, tu as raison !
  • 26. L’Héritage des Ancêtres Je sifflai le moa, qui revint au galop à notre niveau. Je lui donnai les instructions claires et tout ce qu’il y a de plus compréhensibles : - Allez, va moa moa, par là, pas par là, mais par là, t’as bien compris ? Par lààà, pas par là. Attends, si tu lui dis d’aller pas par là, mais par là, tu vas lui embrouiller l’esprit. Mais non, s’il va par là, et pas par là, c’est qu’il ira par là, et pas par là, ni par là, mais par là. Dis-lui juste d’aller par là. Mais si je lui dis juste d’aller par là, il pourrait aller pas par là. Mais non, s’il va par là, il n’ira forcément pas par là. Même s’il y a tellement de pas par là qui pourraient amener au par là, je préfère lui montrer les pas par là qu’il faudrait éviter. Mais si tu lui montres le seul par là intéressant, il n’ira pas voir pas par là ! Il ne faut jamais sous estimer l’imagination de ces créatures. Je n’en doute pas. Le moa rose regarda un peu partout, un peu perdu, puis s’en alla à toute vitesse vers le bon par là, vers Hoelbrak quoi, portant son précieux message vers nos compagnons. Pour nous, c’était une longue semaine de marche qui nous attendait, avec des inquiétudes qui de nouveau embrouillèrent nos esprits, aussi ingénieux soient-ils. Il y en avait d’autres comme Pan d’Orr. Le savait-elle ? Je pense pas. Les autres, les enfants de Zhaïtan, peut être que eux savent. Nous devions nous dépêcher ! Euh, le chemin du retour, c’est par où ? Les parfums enivrants du marché ne cessaient de m’émerveiller, et je m’empressais de passer d’un stand à l’autre, cherchant les mets les plus délicats pour leur préparer un repas digne de ce nom. La vie avait un goût si délicieux, que chaque minute passée était une source de joie et d’enivrements. Les membres d’Onitopia, malgré les blessures que je leur avais causées, m’accueillaient à bras ouvert. Ma grande sœur passait une grande partie de son temps libre avec moi, à m’apprendre les beautés de ce monde. La moindre des chose était de les aider, dans la limite de mes moyens. Cela faisait maintenant deux semaines depuis le départ du petit groupe vers Orr que j’essayais de m’acquitter modestement de mes dettes, en préparant les repas, en prenant soin de la demeure de Svynge, en… Oh, les légumes avaient l’air murs à point ici, quelques tomates pour ravir un asura, deux trois carottes, un peu de… - C’est elle. T’es sur ? Elle me semble bien faible. Je me retournai. Deux frères de race aux visages menaçants, inquiétants, marqués de blessures de guerres peu ragoutantes, conversaient entre eux en me fixant du regard. Leurs yeux étaient verts, d’un vert que je n’aimais pas du tout. - Bonjour, je peux vous aider ? Tu ne nous reconnais pas grande sœur ? Non, désolé, à qui ai-je affaire ? Le plus grand des deux me huma, comme un prédateur vérifiant si son repas serait bon ou pas.
  • 27. L’Héritage des Ancêtres - Elle ne l’a plus ! Que dis-tu ? lui répondit son voisin. Père n’est plus en elle ! Quoi ? Impossible ! Elle ne porte plus Père ! Le plus petit des deux se jeta sur moi, je n’eus même pas le temps de voir son déplacement. Avant que je puisse réagir, sa main puissante m’enserra le cou. - Traîtresse, qu’as-tu fait ? Je suffoquais. - De quoi parlez-vous ? Où est Père ? Zhaïtan ! Où est-il ? Il est mort. Je vous en prie, lâchez-moi ! Tu vas payer ta trahison ! Sa main se serrait inéluctablement sur ma gorge. Si seulement j’avais gardé mes pouvoirs d’antan, je n’aurais sans l’once d’une difficulté pu les affronter, mais ce n’était plus le cas. J’étais faible, sans force, et je sentais la vie s’échapper de mon corps. Alors qu’enfin j’avais le droit de profiter de la vie, que j’avais retrouvé ma tendre sœur, que j’avais des amis qui m’aimaient et que j’aimais, tout allait se finir ainsi, sous les griffes de Zhaïtan qui n’était pas mort finalement ! J’en étais désespérée, mais au moins, le peu de vie qui me fut accordée fut belle. Une voix à l’intérieur de ma tête se fit entendre : - Eh, bats-toi bordel, te laisse pas faire. … Fous leur un bon coup de pied dans les couilles merde, dégage-toi de là ma grande, et vite ! Sans réfléchir, je projetai mon pied en avant, ce qui eu le mérite de faire plier en deux le monstre qui m’empoignait. Je reculais, effrayée. - Tire-toi de là, en vitesse, me dit de nouveau la petite voix. Va chercher les autres, ça urge ! Je fis demi-tour et pris la poudre d’escampette, mais c’était sans compter la vélocité du grand gaillard. Il se retrouva aussi vite devant moi et sortit sa lame : une épée dentée si menaçante ! Je reculai devant lui, pour me retrouver au pied du mur. Je ne voyais pas d’échappatoire lorsqu’une ombre se glissa derrière mon adversaire. Le gaillard se prit un rude coup sur la tête : deux poings de métal liés qui s’abattirent sur son crâne, le sonnant et le jetant au sol. - Oh là oh là, dit le golem qui se tenait maintenant derrière lui, faudrait voir à pas faire chier ma fille. Ayrin ! Pan d’Orr, tu vas bien ? Je crois oui. Qui sont ces gens. Des fils de Zhaïtan.
  • 28. L’Héritage des Ancêtres - Quoi ? Comme… Comme ton ancien toi ? Oui. Aïe. Les deux individus se relevaient, de la fumée verte que je reconnaissais que trop bien sortait de leurs yeux maintenant. Ayrin me prit par la main et toutes les deux commençâmes à courir, talonnées par ces monstres. Au loin, je vis Alia sur la palier de la porte, en face du moa rose de Nezumy, tenant un parchemin dans les mains. En nous voyant, elle sortit ses lames aussitôt, et se précipita à notre secours alors que les deux fils de Zhaïtan n’étaient plus qu’à quelques pas de nous. Je sentais leur haleine fétide, glaciale et mortelle, sur ma nuque. Sans l’ombre d’une hésitation, elle se jeta sur nos adversaires. A ce moment-là, je compris une chose… En voyant la détermination de ma sœur qui se battait furieusement pour nous protéger, je compris que même si j’avais perdu mes pouvoirs et ma toute-puissance, je n’en étais que plus forte, car maintenant, j’avais une famille et des amis, sur lesquels je pouvais compter. L’Amour qui m’était donné et que je partageais dépassait en toute chose tous les pouvoirs du monde. Je compris que tant qu’il y aura de l’Amour en ce monde, l’Héritage des Ancêtres ne pourrait être détruit. Aujourd’hui, avec Onitopia, auprès des êtres qui me sont chers et que j’aime, je me battrai, non plus pour détruire l’Héritage, mais pour le protéger, protéger ce qui maintenant donnait un sens à ma vie : mes amis, ma famille, mes rêves. Enfants des Dragons, réveillons-nous ! Soyons maîtres de notre Destinée, laissons s’exprimer nos rêves, montrons à nos Pères la force de nos convictions et donnons à ce monde un nouvel Héritage ! Ah, ça, c’est bien envoyé ! Vas-y ma belle, pète-leur la gueule, révolte-toi, casse du dragon. Et passe le bonjour de ma part aux autres. Ouais, c’est un livre qui se ferme - bien ravie d’y avoir contribué - c’en est un autre qui s’ouvre, aux pages blanches. Il ne tient plus qu’à toi de l’écrire. J’te fais confiance. Je suis sur qu’il sera passionnant. Car quand on sait écouter ses propres rêves et respecter les rêves des autres, alors de monde, il n’y en aura jamais de plus beau. T’as bien raison, suis tes rêves ma petite, ils te racontent tellement de choses intéressantes. C’est pas tout ça, mais la relève étant assurée, je vais aller me taper une petite sieste. Sur ce Messieurs Dames, Écoutez-bien vos rêves, puissent-ils vous guider vers de chouettes contrées. On se retrouvera là-bas le moment venu. ‘Celsior à vous.

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