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Qu’est ce qu’une forêt de plantation ?Le concept de forêt de plantation, bien que mondialement re-            Lancienneté ...
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1. Reconnaissance de la forêt de plantationLa très grande majorité des pays et des ONG environnementales             Selon...
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Le constat sur le déficit de renouvellement des forêts des plan-tations en France montre les failles du système :■   Quand...
Très concrètement, on ne peut pas accepter que des                       La recherche et le législateur doivent se saisir ...
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4. PropositionsL’avenir des forêts de plantation dont dépendle futur de l’industrie en France passe par :a. Une reconnaiss...
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Manifeste en faveur des forts de plantation en france[1]
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Manifeste en faveur des forts de plantation en france[1]

  1. 1. Sommaire p.3 Qu’est ce qu’une forêt de plantation ? p.4 La forêt de plantation en danger en France ? p.5 1. RECONNAISSANCE DE LA FORÊT DE PLANTATION p.5 2. LA FORÊT DE PLANTATION FACE AUX NOUVEAUX DÉFIS a. Défi de l’économie verte b. Défi du changement climatique c. Défis de l’environnement et de la biodiversité p.6 3. COMBATTRE LES CAUSES DU DÉCLIN DES FORÊTS DE PLANTATION EN FRANCE a. Les causes financières b. Les causes technico-environnementales c. Le manque de dialogue constructif avec les ONG environnementales d. Une implication insuffisante de la recherche aux côtés des filières e. Un lien insuffisant entre la forêt et l’industrie f. La complexité croissante de la réglementation p.10 4. PROPOSITIONS a. Une reconnaissance des forêts de plantation dans la politique forestière française b. Une reconnaissance des forêts de plantation comme système de production par PEFC France c. Le développement d’une nouvelle dynamique par filière Quelles conditions pour cette dynamique ? ■ Financement ■ Contractualisation ■ Innovation ■ Protection
  2. 2. Qu’est ce qu’une forêt de plantation ?Le concept de forêt de plantation, bien que mondialement re- Lancienneté du concept de forêt de plantation ne lempêche pasconnu, semble en désuétude en France alors que le boisement de répondre parfaitement aux nouveaux besoins exprimés pardes Landes de Gascogne au XIXème siècle est considéré comme notre société : développement durable, développement deslun des modèles originels. énergies renouvelables et des éco-matériaux (développement duCe vocable doit être préféré à celui de forêt de production qui se carbone vert en lieu et place du carbone noir), réponse à laug-définit par opposition aux forêts de protection. Tout sylviculteur mentation du CO2 atmosphérique et au changement climatique,peut se prévaloir, à juste titre, dagir pour une forêt de production préservation ciblée de la biodiversité.mais tout sylviculteur nest pas engagé dans une forêt de planta- La FAO a publié dès 2007 un guide des forêts de plantation.tion. Leurs rôles sont inscrits dans les résolutions de Forest Europ. La forêt de plantation se positionne demblée dans le champ économique, elle suppose un investissement initial qui doit être rentable pour le sylviculteur et implique, le plus souvent, un lien fort avec lindustrie.La rentabilité est un élément central du concept, elle conditionnele renouvellement des peuplements et donc la pérennité du sys-tème.Comme pour toute production économique, la rentabilité duneplantation dépend :■ Des coûts de production : ce sont essentiellement les coûtsdinstallation, de mobilisation, de transport et dimmobilisationfinancière.■ De la productivité des peuplements dépendant de lessence,de la station, du climat et de la sylviculture appliquée.■ De la valorisation du produit : existence de marchés rémuné-rateurs et de proximité.■ Dun système de gestion sylvicole (durée de rotation) condui-sant à mettre sur le marché des bois en qualité et volumes de-mandés par lindustrie.■ De ladaptation aux aléas : prévention des risques, diversité etsouplesse des itinéraires… « Les forêts de plantation sont reconnues en tant que système spécifique dans de nombreux paysAprès lépisode remarquable et précurseur des Landes de Gasco- et par les grands systèmes de certificationgne, il a fallu attendre les années 1920 pour voir sinstaller en internationaux (FSC, PEFC) car elles répondentAfrique du Sud, Chili, Nouvelle-Zélande et Sud Est des États-Unisdes programmes de plantations à grande échelle dessences à aux besoins de bois mondiaux et constituentcroissance rapide à vocation industrielle. Ces pays ont été suivispar le Japon, la Corée et la Chine. une parade à une déforestation massive. »La France a développé, pour sa part, une politique forestièreambitieuse au début des années 50 en instaurant le Fonds Les chiffres de la FAO sont éloquents : en 2006, les forêts plantéesForestier National (1947-1997) qui a permis de planter 2 millions couvraient 271 millions dhectares, soit 7 % des superficiesdhectares de forêt sur lesquels repose aujourdhui lapprovi- boisées mondiales et participaient à hauteur de 66 % des volu-sionnement dune grande partie de lindustrie. Par la suite lessor mes de bois commercialisés dans le monde. On estime quendes forêts de plantation dans le monde sest fait, à linitiative du 2030, les forêts plantées (dont la superficie ne cesse de sagrandir)secteur privé, plutôt en zone tropicale et principalement en participeront pour 80 % aux volumes commercialisés dans leAmérique du Sud. monde. Page 3
  3. 3. La prédominance des forêts de plantation dans lemarché du bois se retrouve au niveau français etaquitain.La forêt de Pin maritime des Landes de Gascogne représente55 % de la surface forestière Aquitaine et 6 % de la surfaceforestière nationale, elle contribue pour 90 % à la récolte de boisen Aquitaine et pour 23 % à la récolte nationale (chiffres avanttempête 2009). Cette tendance est une menace pour la France qui doit affronter les défis de léconomie du 21ème siècle qui se veutLa forêt de plantation moins carbonée. Alors que le secteur du bois est le deuxième poste déficitaire de la balance commerciale française (6 milliards €), que le Grenelle de lenvironnement prévoit dintensifier laen danger en France ? récolte de bois par une politique volontariste et que lon sait que la récolte se fait très majoritairement dans les forêts de plan- tation, on refuse de reconnaître le déclin des forêts de plantationCette question fait lobjet du document « De lurgence dinvestir sur lesquelles sappuie loutil industriel. On préfère communi-en forêt » (2010) qui montre la baisse dramatique des plantations quer sur une pseudo croissance de la forêt française, à partirforestières en France : hors Pin maritime la quantité de plants daccrus arborés sur terres délaissées et oublier quétat boisé neforestiers mis en terre est passée de 110 millions en 1994 à 28 signifie pas production économique de bois.millions de plants en 2009. Le Pin maritime représente 29 millionsde plants sur les 57 millions de plants plantés cette même année.Ces quantités doivent être comparées aux 345 millions de plantsinstallés par an en Suède, 300 millions de plants plantés par an enAllemagne, un milliard de plants en Pologne et en Turquie. La Le combat pour la défense des forêts de plantationFrance dispose des surfaces et se situe dans les conditions écolo-giques les plus favorables au niveau européen pour développer concerne toutes les forêts plantées en France (forêts dedes plantations forestières. Pin, Douglas, Peupliers, Epicéas, Chênes, Noyers, Robinier…) adossées à une valorisation économique et à un outil industriel. Elle concerne au premier plan les sylviculteurs engagés dans ce type de forêt mais aussi les industriels du bois qui y puisent leur approvisionnement.Page 4
  4. 4. 1. Reconnaissance de la forêt de plantationLa très grande majorité des pays et des ONG environnementales Selon ce principe, la forêt française pourrait être classée en forêtreconnaissent, au niveau mondial, les forêts de plantation de protection, forêt de production et forêt de plantation. Cescomme un système de production différencié des forêts dites différentes forêts maillent le territoire ; chacune répond à unenaturelles. On assiste à un mouvement contraire en France où la logique différente souvent complémentaire assurant la multi-loi et les référentiels liés à la certification ont tendance à intégrer fonctionnalité attendue de lensemble.les forêts de plantation dans les forêts en général pour constituerun vaste ensemble obéissant aux mêmes règles. Lamalgame est Il est illusoire et dangereux de vouloir appliquer les mêmesdangereux et peut conduire, si on ny prend garde, à la disparition critères de gestion ou atteindre les mêmes indices de biodiversitédes forêts de plantation. dans des forêts qui visent des objectifs différents. La nature et les exigences des espèces plantées, les sols qui les supportent, lesLa bonne vision est celle de léquilibre (et non de aléas qui leur sont propres sont autant de raisons pour adapter lalopposition) entre les forêts gérées selon des principes sylviculture et les référentiels aux objectifs poursuivis et attei-dits naturels et les forêts de plantation. gnables.La gestion durable des forêts de plantation permet de préserveret de moins solliciter les forêts « naturelles » qui assureront mieuxleurs fonctions de réservoir de biodiversité, denvironnement,daccueil, de paysage…Les mêmes fonctions seront assurées par « Chaque système a ses forces et ses faiblesses :les forêts de plantation dans un cadre et avec des objectifs qui lavenir de la forêt française reposeleur sont propres. sur une vision densemble cohérente respectant des systèmes de production diversifiés. »2. La forêt de plantation face aux nouveaux défisa. Défi de l’économie verteOn assiste à une prise de conscience de la finitude des énergies On peut mieux mobiliser mais il est illusoire de penser que lonfossiles et de lavenir des bio-ressources. Nous sommes au début pourra atteindre les objectifs du Grenelle de lenvironnementdune ère où les usages du bois sont appelés à se développer : le (mobilisation de 20 millions de m3 supplémentaires en 2020) àbois de structure, de décoration, demballage, pour le papier ou partir de la forêt actuelle.les panneaux continuera à se développer sur des marchés où il Les forêts les plus contributives seront les forêts de plantationna pas déquivalent. Les nouveaux usages de la biomasse pour pour la plupart créées avec les fonds du FFN, encore faudrait-illénergie mais surtout pour produire des bio-matériaux ou que leur renouvellement se fasse.comme constituant de la chimie renouvelable vont connaître unecroissance dont la pente est annoncée vertigineuse.Il est stratégique de tenir sa place dans un marché qui doitdonner un nouveau souffle aux économies mondiales. Pour celail faut disposer dune ressource mobilisable à un prix concurren-tiel avec les énergies fossiles mais aussi avec les autres sources debiomasse. Nous disposons en France dune ressource importantedont le coût de mobilisation est souvent trop élevé pour pouvoirconcurrencer dautres gisements. Les industriels ont besoin debois normés, homogènes, correspondant à leur cahier descharges. Ils trouvent ces bois dans les forêts de plantations dontlexploitation est mécanisable alors quune proportion grandis-sante de forêts voit leurs produits en décalage avec la demande. Page 5
  5. 5. b. Défi du changement climatique c. Défi de l’environnementLe changement climatique est avéré (augmentation de la et de la biodiversitétempérature, baisse de la pluviométrie estivale, brutalité des phé- On reproche aux grandes plantations dêtre moins bio-diversesnomènes météorologiques). On connaît le rôle joué par les forêts que les forêts naturelles. Il faut travailler à améliorer la biodi-pour latténuer. versité naturelle : lisières, bordures de cours deau, préservation des zones humides, bouquets de feuillus préexistant… Il fautLa brutalité de cette modification ne permettra pas aux espèces aussi prendre en compte ce critère dans le cadre dune visionde sadapter naturellement au rythme annoncé. Le dépérisse- élargie au niveau du territoire.ment de certaines forêts suite aux sécheresses estivales desdernières années est un signe précurseur dune évolution qui Le rôle des forêts de plantation en faveur de lenvironnement estpourrait saccélérer. souvent passé sous silence : lutte contre lenvahissement desLes forêts de plantation sont lune des clés pour répondre au défi sables et remise en valeur de zones marécageuses comme dansdu changement climatique : les Landes de Gascogne, amélioration de la qualité des eaux grâce au reboisement de bassins versants…■ Les révolutions peuvent être raccourcies pour diminuer linter-valle entre 2 générations et mieux sadapter au risque. Il faut éviter de rentrer dans des systèmes complexes qui vont diminuer lintérêt économique : les mélanges despèces ou dob-■ Lutilisation de nouvelles variétés, provenances ou espèces per- jectifs au sein dun même peuplement aboutissent souvent à desmettra de répondre, voire danticiper le changement climatique. échecs techniques et économiques. De même vouloir améliorerPour autant on ne devra pas oublier que les grandes plantations le paysage en supprimant lalignement des lignes ira aux dépensmonospécifiques sont souvent plus exposées aux risques de la réduction des coûts dinstallation et dexploitation. Enfin ladinsectes, de maladie ou dincendies que les forêts naturelles. Les limitation, sans justification, de la surface des coupes rases etsystèmes de défense existent. Ils sont régis par une réglemen- donc du chantier de reboisement entraînera une dégradationtation sévère et sont plus faciles à mettre en oeuvre quen forêt dune rentabilité déjà fragile.naturelle à condition dadmettre le principe de ces traitements.3. Combattre les causes du déclin des forêts de plantation en Francea. Les causes financièresElles sont réelles : la disparition du Fonds Forestier National amarqué un brusque arrêt des plantations forestières en France « Il faut mettre en place de nouveaux dispositifs de financement (Fonds Carbone, reboisementssauf dans les Landes de Gascogne où la coupe dun peuplementest toujours suivie de sa régénération. compensateurs…) ciblés vers les forêts deLaide de lÉtat est essentielle pour initier le système notamment plantation. Pour autant, la rentabilité attenduepour remplacer une forêt sans valeur par une production écono- des forêts de plantation doit assurer, par la suite,mique créant de la valeur ajoutée. leur renouvellement sans nouvelle contribution (sauf accident) de lÉtat. »Page 6
  6. 6. Le constat sur le déficit de renouvellement des forêts des plan-tations en France montre les failles du système :■ Quand les coûts de plantation ne sont pas maîtrisés, leurévolution par rapport aux recettes provenant de la coupedevient peu incitative pour le sylviculteur qui est tenté par lerenouvellement du peuplement par régénération naturelleexigeant un moindre investissement initial (linvestissementpersonnel important et les nombreuses interventions pourmener à bien une régénération naturelle aboutissent à un coûtsouvent plus élevé). Dans les Landes de Gascogne, les efforts derecherche et développement et la rationalisation des techniquesont permis de contenir les dépenses dinvestissement et déviterquelles suivent la courbe du coût de la vie. Linteraction entrelexploitation et le reboisement est essentielle : une exploitation La mécanisation forestière permet dabaisser de manière signifi-soignée et la valorisation énergétique des rémanents sont des cative les coûts dexploitation qui dépendent de lhomogénéitéfacteurs favorables à labaissement des coûts de plantation. des peuplements, du volume prélevé à lhectare, du volume prélevé sur le chantier et des conditions topographiques (pente…). Les coûts dexploitation sont sensiblement inférieurs dans les forêts de plantation que dans les autres types de forêt. « Il faut rentrer dans des logiques industrielles pour abaisser les coûts de plantation : plus on Le coût du transport peut être plus élevé que le prix du bois payé au producteur : loptimisation des coûts se fera plus facilement dans les régions où se sont développées des forêts de plantation et des outils industriels permettant de massifier et doptimiser les plante,moins la plantation est chère,moins on transports. plante, plus les coûts augmentent. Il importe Le raccourcissement des révolutions permet de produire des bois de casser le cercle vicieux dans lequel sest faisant lobjet dune demande forte des marchés et améliore la installée la forêt française qui ne reboise plus. » rentabilité pour les sylviculteurs.■ La productivité des peuplements ou leur qualité nont pastoujours été au niveau attendu diminuant dautant les recettes « Chaque maillon de la chaîne de production doit être travaillé pour abaisser les coûts etdu sylviculteur : inadéquation du couple station- variété, manquedentretien, élagage inapproprié…sont autant de raisons de mieux valoriser le bois produit par le sylvi-décourager linvestissement sylvicole. culteur. » « Le sylviculteur doit être accompagné dans ses investissements par la recherche puis par le b. Les causes technico-environnementales Les systèmes forestiers se doivent dêtre respectueux de lenvi- développement forestier pour éviter les erre- ronnement et de contribuer à lamélioration de la durabilité des ments connus dans le passé. » écosystèmes (air, sol, eau, biodiversité…). Le forestier joue ce rôle génération après génération. Lavenir des forêts de plantation passe aussi par la maîtrise dune culture qui doit assurer la productivité et la santé des peuple- ments mais pour autant la pression environnementale ne doit■ La valorisation insuffisante des produits de la forêt par pas sy exercer de façon irrationnelle.lindustrie comparée à linvestissement initial induit un découra-gement : les forêts de plantation demandent un couplage avec Le maintien des forêts de plantation en France supposedes débouchés industriels de proximité assurant une bonne que lon dispose des mêmes atouts que les autresvalorisation de lensemble des produits de larbre et une juste forêts de plantation établies au niveau mondial béné-rémunération de linvestissement réalisé. La valorisation du ficiant dune écocertification.producteur est dépendante des coûts dexploitation et detransport, mais aussi dun système de gestion sylvicole condui-sant à mettre sur le marché les bois demandés par lindustrie. Cespoints, souvent négligés, sont essentiels. Page 7
  7. 7. Très concrètement, on ne peut pas accepter que des La recherche et le législateur doivent se saisir du problème : on nepratiques sylvicoles certifiées gestion durable en peut accepter de compromettre des investissements dont lesAmérique Latine, au Chili, ou en Nouvelle-Zélande, ne effets induits sont très positifs sur léconomie et lenvironnementsoient pas acceptées en France par les mêmes organis- parce que nous ne disposons plus du produit efficace pour lutter contre des pestes. Lutilisation dintrants doit rester limitée etmes de certification : contrôlée en forêt mais doit également tenir compte de la néces- sité de protéger la production forestière lorsque cest nécessaire.■ Travail du sol assurant croissance et stabilité desplants. Ces pratiques, essentielles à la vitalité et à la pérennité dela forêt, font lobjet dattaques en raison du relargage rapide ducarbone du sol dans latmosphère après son aération. c. Le manque de dialogue constructifOn sévertue à limiter le travail du sol au juste nécessaire (labour avec les ONG environnementalesinitial une seule fois dans la vie du peuplement, entretienssuperficiels par la suite) sans compromettre linstallation des Le rapport de force qui a pu sétablir avec certaines ONG envi-peuplements. Les dernières tempêtes ont mis en relief limpor- ronnementales doit être remplacé par le dialogue et la recherchetance du travail du sol sur la stabilité des peuplements et la de solutions acceptables pour tous.nécessité de continuer à améliorer les techniques de reboise- Il faut valider des schémas cohérents dans lesquels chacunment et dentretien ainsi que les outils correspondant. pourra se retrouver :■ Utilisation raisonnable dintrants : la fertilisation phos- ■ La prise de conscience du changement climatique doit impo-phatée du Pin maritime est nécessaire à sa croissance en sols ser des changements de gestion : on ne peut continuer à prônerpauvres : elle est utilisée à dose modérée (40 à 80 unités par ha comme voie royale la régénération naturelle et des révolutionssoit 90 à 120 kg dengrais par hectare pendant toute la vie du longues en ayant connaissance de lévolution inévitable de nospeuplement) et lengrais est fixé par le sol. On pourrait étudier et climats et de ses conséquences sur un grand nombre de forêtsfavoriser lemploi dengrais spécifiquement forestiers dans qui vont se trouver hors station.lesquels seraient incorporées les cendres issues de la combustionde la biomasse… La limitation de lusage de produits phyto- ■ On ne peut être pro actif pour développer les éco produits etpharmaceutiques en forêt est devenue contraignante et problé- condamner les productions spécialisées de bois répondant àmatique pour lavenir de nos productions. Pour le Pin maritime, léconomie verte de demain.larrêt de la commercialisation du Velpar (Hexazinone), non rem- ■ On ne peut souhaiter substituer les énergies fossiles par laplacé par un produit équivalent, augmente sensiblement le coût biomasse en limitant de manière draconienne la récolte desdes entretiens et freine la croissance initiale des peuplements. La rémanents.gamme des produits insecticides utilisables en forêt se réduit aufil du temps condamnant le forestier à être spectateur de lévo-lution de mortalités causées par les ravageurs.Le secteur forestier est peu attractif pour les firmes phyto-pharmaceutiques en raison de létroitesse du marché souventlimité aux forêts de plantation. La complexité et le coût desautorisations de mise sur le marché refroidissent les firmes pourle renouvellement ou la sortie dun nouveau produit. On peut seposer légitimement la question de la logique de lautorisation devente dun produit en agriculture (avec une utilisation massiveannuelle et systématique) et de son interdiction en forêt (où il vaêtre utilisé une fois et non systématiquement dans la vie du peu-plement).Page 8
  8. 8. d. Une implication insuffisante de la recherche aux côtés des filièresNous disposons dune recherche forestière de qualité et dechercheurs brillants dans leurs domaines respectifs de plus enplus spécialisés. Nous avons aussi besoin de généralistesintégrateurs pour aider au développement de nouveaux systè-mes. Les pays en pointe dans les forêts de plantation disposentdéquipes travaillant pour la mise en place de systèmes cohérentsrespectant des objectifs économiques et environnementaux.Lamélioration génétique des espèces est lun des facteurs lesplus efficaces pour le développement des forêts de plantation.Comment prôner la régénération naturelle quand on dispose,comme pour le Pin maritime dans les Landes de Gascogne, devariétés assurant 40 % de gain sur la production et autant sur laforme ? Et pour demain des variétés adaptées au changementclimatique… ?La recherche sur les techniques culturales, sur labaissement descoûts de production et de mobilisation doit être reprise etdynamisée : la mécanisation de la sylviculture et de lexploitationforestière, le développement des Techniques dInformation et deCommunication pour lorganisation et la logistique sont des en-jeux majeurs qui ont été abandonnés par la recherche.Il faut créer un lien plus fort entre la recherche et les acteurséconomiques pour relancer la dynamique sur les forêts deplantation et contrôler le bien fondé des nouvelles pratiquesproposées. Lexemple du Pin maritime peut être étendu auxgrandes essences de reboisement françaises (Douglas, Peu- f. La complexité croissantepliers,…) sur lesquelles repose lessentiel de lapprovisionne-ment des outils industriels. de la réglementation Les forêts de plantation sont par essence des lieux dactivité. Cette activité est de plus en plus réglementée au point que lese. Un lien insuffisant entre la forêt entreprises ou les sylviculteurs sont toujours dans la crainte de ne et l’industrie pas respecter un texte dont ils nauraient pas connaissance ou restent effrayés par sa complexité. La prise en compte de zonagesCe lien est source de progrès et doit rassurer à la fois le sylvi- qui se multiplient, de la loi sur leau, de la législation du travailculteur et lindustriel sur lintérêt de leurs investissements parta- toujours plus contraignante et complexe à appliquer en forêt, desgés. Ce lien est évident dans les grandes forêts de plantation qui déclarations de chantiers… sont facteurs de progrès mais pèsentsont intégrées à lindustrie, il est à créer ou à développer en très lourdement sur le système. La décentralisation, dont onFrance. La contractualisation et le dialogue entre producteurs et connaît par ailleurs les vertus, a rétabli des frontières intérieuresutilisateurs sont la base de ce lien. On se souviendra que qui sont un véritable handicap de compétitivité pour le transportlétablissement des principes de sylviculture moderne en de bois.Aquitaine a coïncidé avec lintérêt porté par de grands groupesindustriels à la forêt privée (Cellulose du Pin, Papeteries de A lheure où le politique souhaite mettre en place des actionsGascogne). favorisant la sortie des bois du petit parcellaire, il devrait se pencher sur la somme dénergie dépensée par les forestiers avantDe nouveaux modèles de contractualisation doivent être déve- de couper un arbre ou de reboiser.loppés avec notamment des engagements à plus long terme etun renforcement des garanties pour le sylviculteur.Ces réflexions sur le couplage forêt-industrie doivent êtreégalement menées de façon collective au niveau des Interpro-fessions régionales qui seront dautant plus efficaces et soudéesquelles partage-ront les mêmesobjectifs au niveaudes systèmes de Limplication de lindustrie dans lamont et leproduction fores- développement de la contractualisation sonttière. des voies à privilégier pour renforcer la motivation des sylviculteurs pour les forêts de plantation Page 9
  9. 9. 4. PropositionsL’avenir des forêts de plantation dont dépendle futur de l’industrie en France passe par :a. Une reconnaissance des forêts de plantation dans la politique forestière françaiseCest une étape importante qui permettrait, à partir de critères c. Le développement d’une nouvellesolidement établis, de faire reconnaître différents systèmes de dynamique par filièreproduction sur lesquels on pourrait envisager une politiqueadaptée. Ces systèmes ne devront pas nuire à la cohérence de la Lexemple du Pin maritime, qui doit être défendu, mérite dêtrepolitique forestière française mais la dynamiser à partir de mesu- suivi par dautres filières en particulier celles du Douglas et dures spécifiques adaptées à chacun des types de forêt qui la Peuplier mais aussi par toutes les forêts résineuses ou feuilluescomposent : la question de la multifonctionnalité des forêts doit visant un objectif identifié de valeur ajoutée. Les enjeux sontêtre posée, comme cest le cas dans de nombreux pays, au niveau vitaux pour le maintien du tissu social en milieu rural et desdun territoire voire dune région ou au niveau national et non au industries, en particulier pour celles qui sinstallent ou se déve-niveau dune forêt et encore moins dune parcelle. loppent à partir des reboisements du FFN des années 50 à 80.La forêt française est riche de la diversité de ses milieux, de sessystèmes de production et enfin de sa structure de propriétés.Les forêts de plantation sont constitutives de cette diversité, ellesdoivent être défendues et renouvelées pour répondre aux futursbesoins en bois et assurer léquilibre des autres forêts. Ceci pour- Quelles conditionsrait passer par des mesures daides et un arsenal législatif spéci-fiques. Pour créer ces conditions favorables au développementdes forêts de plantation, lÉtat doit assumer ses responsabilités pour cette dynamique ?avec lensemble des organisations professionnelles aussi bien ducôté producteur (Syndicat National des Propriétaires ForestiersSylviculteurs, Union de la Coopération Forestière) que du côté ■ Financementdes industriels utilisateurs et des ONG environnementales. Le lancement de cette nouvelle dynamique doit sappuyer, comme on la vu, par une reprise du financement dactions ciblées correspondant au modèle à promouvoir. La taxe Carbone doit être prioritairement orientée vers lextension des forêts deb. Une reconnaissance des forêts plantation tout comme les mesures liées au reboisement com- de plantation comme système pensatoire consécutif au défrichement des zones boisées (déve- loppement urbain, implantation dinfrastructures…). Des de production par PEFC France formules nouvelles de financement (Plan Épargne Forêt…) par les sylviculteurs ou via la contractualisation par les industrielsLes négociations sur le nouveau référentiel PEFC, applicable au 1er doivent être encouragées.janvier 2012 pour cinq ans, ont montré la difficulté de concilierlensemble des situations françaises dans un seul et mêmeréférentiel. Il convient de préparer dès maintenant le référentiel ■ Contractualisationspécifique, applicable aux forêts de plantation au 1er Janvier 2017 LÉtat ne peut investir sans contrepartie de retour. Cela supposeen proposant pour lensemble (ou chacune ?) des grandes de renforcer les liens entre les sylviculteurs et leurs organisationsespèces plantées un référentiel adapté aux forêts de plantation. économiques et entre ces mêmes organisations économiques etAu niveau international, PEFC Council prévoit, dans son annexe 1, lindustrie. Au delà du prix, ces nouvelles relations seront gage deune application aux forêts de plantation (cf. : PEFC International performance et dadaptation au marché.Standard 2010-11-26 SFM Requirements A1). ■ Innovation Des liens plus étroits entre les acteurs économiques et la recher- che constituent lune des clés du succès de la nouvelle dyna- mique à mettre en oeuvre pour les forêts de plantation Le succès de la démarche repose sur sa cohérence et une masse critique au niveau national qui permettront de relancer la production de variétés améliorées ainsi que la recherche sur la diminution des coûts dinstallation et de mobilisation.Page 10
  10. 10. ■ ProtectionLes forêts, et plus particulièrement, les forêts de plantation doi-vent être protégées (prévention des feux, plan de lutte contre lespestes). La prévention peut et doit saccompagner dun systèmeassurantiel adapté aux caractéristiques de linvestissement fores-tier.La forêt française, dans son ensemble, bénéficiera des effortsconsacrés aux forêts de plantation : le développement desacteurs économiques en sylviculture, exploitation ou trans-ports relancera la gestion et la valorisation de lensemble desforêts environnantes et contribuera ainsi à léquilibre et à lapréservation des territoires ruraux. « Les forêts de plantation répondent aux enjeux de gestion durable et de développement de léconomie du bois dans un contexte de changement climatique quelles pourront affronter grâce à leur capacité dadaptation. Elles méritent quon leur accorde une place particulière dans la politique forestière nationale, de lutte contre les gaz à effets de serre, de développement des énergies renouvelables, et dans les systèmes de certification favorisant les bio-matériaux. » Crédit photos : ALLIANCE Forêts Bois, Laplante, France Douglas Conception graphique : S.Digit 05 40 120 120 Impression : Imprimerie Laplante 05 56 97 15 05 Document imprimé sur du papier issu de forêts gérées durablement, 100 % PEFC Janvier 2012 Page 11
  11. 11. Siège social : 80 route d’Arcachon - Pierroton- 33610 CESTAS Tél. 05 40 120 100 - Fax : 05 40 120 101 E-mail : contact@allianceforetsbois.fr CAFSA - Coopérative Agricole et Forestière Sud-Atlantique 63, rue Ernest Renan 33082 Bordeaux Cedex Tél. 05 40 120 100 - Fax : 05 40 120 101 E-mail : info@cafsa.fr - www.cafsa.fr COFOGAR - Les Forêts du Sud 125, chemin de Tournefeuille - BP 13112 31026 Toulouse Cedex 3 Tél. 05 62 13 55 00 - Fax : 05 62 13 55 10 E-mail : contact@cofogar.com - www.cofogar.com FORESTARN - Coopérative des Sylviculteurs Tarnais Maison de la Forêt - 10, allée des Auques 81200 Aussillon Tél. 05 63 97 73 13 - Fax : 05 63 97 73 10 E-mail : siegemazamet@forestarn.com - www.forestarn.com

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