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Voici un magazine réalisé dans le cadre d'un projet concernant la mobilité.

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    Soli ca rity Soli ca rity Document Transcript

    • Décembre 2011SoliCARity Cambio SolidaritéDossier spécial Covoiturage Car-sharing Mobilité Economie Changement ...
    • SoliCARity Source : http://agence.ucciani-dessins.com 2
    • Un pour tous et tous pour un ? Photo prise par Benjamin Helfer, avec les mains de Sophie Thinnes (à droite) et Ivo Alho Cabral devant une station Cambio. © SoliCARityL’éditoC onsacrer un dossier à la solidarité sur la route, par les temps qui courent, cela re- vient un peu à demander à un étranger denous parler de la crise politique belge. Beaucoupen ont entendu parler, certains ont parfois un avissur la question, mais peu savent ce qu’il en ressortexactement ! Partis avec l’idée que la solidarité surla route était avant tout une utopie des pro-envi-ronnementaux, nous avons finalement découvertque côté mobilité, le mot solidarité rime surtoutavec le verbe économiser. Economie de tempsd’abord, comme on l’a vu récemment avec la pro- © SoliCARityposition d’ouvrir à la circulation, pendant l’heurede pointe, la bande d’arrêt d’urgence, sur la E313,entre Anvers et Liège, afin de fluidifier le trafic. De haut en bas et de gauche à droite : Ivo Alho Cabral, BenjaminEconomie de patience ensuite, avec le covoitu- Helfer, Sophie Thinnes, Maude Mio, Duygu Korucu, Yasmina Elrage ou les voitures partagées, trouver une place Moutouk, Benedicte Muller.de parking n’a jamais été aussi simple. Economied’argent enfin, car la solidarité implique bien sou-vent le partage des frais engagés.Mais avant tout, notre enquête s’est plus particu-lièrement orientée sur les phénomènes de car-sha-ring et de covoiturage, deux habitudes de mobilitédistinctes mais qui finalement ne pourraient fonc-tionner sans un aspect commun : la solidarité.Remerciements : Didier Dumont, directeur du bouquet transport de la STIB et administrateur de Cambio – Kristofde Maesmaker, conseiller de la ministre bruxelloise des Travaux publics et des Transports – Frédéric Van Malleghem,directeur de Cambio-Bruxelles – Raymond Willems, Mobilty manager de l’ULB – Pierre Arnold, responsable scientifiquedu Centre Interuniversitaire d’Etude de la Mobilité - les différents utilisateurs de Cambio et du covoiturage - et StéphanieGoncalves De Aranjo Passos, tutrice de notre projet multidisciplinaire 3
    • SoliCARityUn pour tous et tous pour un ? Car-sharing et covoiturage Emprunter une voiture comme on emprunte un vélo, SNCB-Holding, société faîtière du che- partager son véhicule comme on partage son logement, les min de fer belge. A l’époque, « il fallait convaincre le monde politique, les transports nouveaux moyens de transport sont sources de solidarité sur publics et les communes du potentiel de cette les routes belges. À l’heure où la société s’individualise de initiative  », explique Didier Dumont, plus en plus, des initiatives émergent pour développer une administrateur de Cambio Bruxelles. Après que l’ancien secrétaire d’Etat mobilité coopérative. à la Mobilité Robert Delathouwer ait eu vent de ce projet, une réunion a été«  Depuis une dizaine d’années, je n’ai plus cer, alternatif aux transports en com- organisée avec la société des transportsde voiture. Cela coûtait de plus en plus cher mun et au véhicule personnel, soit… intercommunaux de Bruxelles. Par laet comme j’habite en ville, je ne l’utilisais la voiture partagée  ! L’autopartage suite, des responsables de la STIB sepresque jamais…  » Annick, 49 ans, se met à la disposition de ses utilisateurs sont rendus en Allemagne pour récol-rend pour la première fois à une réu- – qu’ils soient membres d’une société ter des informations sur place. Et voilànion d’information sur le système de ou à titre individuel - une flotte de voi- que Cambio proposait déjà 15 véhiculesvoiture partagée Cambio. Comme elle, tures émanant de divers organismes. disponibles dans quatre stations diffé-ils sont de plus en plus nombreux à ve- Visiblement Cambio Bruxelles l’a bien rentes au sein de la capitale belge.nir chaque semaine Porte de Namur à compris.Bruxelles, au siège de l’entreprise, afin « Il fallait imaginer un système combinantd’y être informés sur les conditions à La société de car-sharing a vu le jour en plusieurs modes de transports pour pouvoirrespecter pour pouvoir utiliser les voi- 2002, suite à une collaboration entre se passer d’une voiture à Bruxelles » précisetures en libre-service un peu partout Cambio-Allemagne, Taxi-stop, VTB-VAB Didier Dumont. L’entreprise a alorsdans la ville. Nicolas, 24 ans, a lui aussi (Vlaamse Automobilistenbond) et la élaboré un partenariat avec la STIB.fait le choix de ne pas avoir de voiturepersonnelle, « ça me coûterait trop cher vude la consommation que j’en fais  ». Pour Interview avec des utilisateurs de Cambio.beaucoup de citadins, la voiture n’estdonc plus une solution à long terme. Lucette, 38 ans Christian, 64 ansLes transports en commun, bien que utilisatrice depuis six mois utilisateur depuis quatre moistrès développés dans la capitale, nerépondent pas non plus forcément à Pourquoi ? Pourquoi ? Essentiellement pour le travail. Pour se déplacer en ville, pourtous les besoins. « J’utilise le plus souvent aller faire les courses, et pourle bus ou le métro, mais pour faire mes courses Aime : la bonne qualité des voi- aller à des expositions...ou aller chercher ma famille à la gare, je pré- tures et laccueil agréable.fère utiliser Cambio. C’est plus pratique  » Aime : laspect pratique.ajoute Annick. Naime pas : laspect contrai- gnant et les démarches lourdes. Naime pas : la saleté de cer-De plus en plus, il semblerait qu’un taines voitures.moyen complémentaire de se dépla- 4
    • Un pour tous et tous pour un ? Cambio Bruxelles : Structure de Cambio Bruxelles© Didier Dumont © Didier Dumont Évolution du nombre de clients (2003-2010) 7000 VTB-VAB SNCB – Holding 6000 (Allemagne) Rail belge 5000 4000 Optimobil Belgique STIB - MIVB Société des transports  3000 intercommunaux de Bruxelles 2000 50,5% 49,5% 1000 Bruxelles Région capitale : Autorités locales : • Support politique • Places de parking gratuites 0 • Support financier (début) • Promotion locale ei N pt em Julii pt J e i ei pt Jue i ei pt Jue i rt Mt M rt M rt Mt M rt Mt 03 N t em Juli M 04 N t em Juli M 05 M 06 No em uli M 07 Nopt em Juli M 08 N em li M 09 No t em Juli M 10 No em li e r r be r m r m er r m r m er n r Ja ber r Ja r n r n r r n r Ja r r r aa aa aa aa aa aa aa em e Ja b e em e em e ve be Ja be be em e Ja be ve be be be M ov b ov b ov b ve b ov b ve b Optimobil Bruxelles ei n n n Ja M p p p Se Se Se Se Se Se Se Se (Limited company) Le nombre d’utilisateurs de Cambio n’a cessé de croître Les différents acteurs qui ont participé à la naissance de entre 2003 et 2010. Cambio Bruxelles. Les utilisateurs ayant une carte de vous s’assurer qu’il n’y a pas de dégâts un fort avantage financier. Cet aspect transports, obtiennent ainsi une réduc- présents sur celle-ci. Et enfin, autant économique met en lumière un autre tion sur leur abonnement Cambio. Et dire que Cambio ne conviendra pas enjeu de la mobilité  : les personnes cela a porté ses fruits. Parallèlement, aux éternels retardataires : si vous êtes au-delà de 30 ans, bénéficiant d’un d’autres entreprises de car-sharing exis- dans l’impossibilité d’être à l’heure revenu fixe, semblent se diriger vers tent mais celles-ci n’ont pas encore pour ramener la voiture à la bonne Cambio, tandis que les plus jeunes – autant d’écho que la société anonyme station , même s’il s’agit de quelques étudiants et jeunes salariés – préfèrent bruxelloise. En effet, à la question minutes, vous devrez appeler la cen- le covoiturage. «  Connaissez-vous d’autre systèmes trale à l’aide d’un ordinateur de bord, que Cambio  ?  » Nicolas, 24 ans nous auquel cas vous risquez des pénalités explique qu’il n’a entendu parler que telles qu’une amende. Enfin, dernier de Cambio, et ce grâce à la publicité no- détail qui en découragera plus d’un, la Pour en savoir plus sur le tamment dans les transports en com- voiture doit être ramenée à la station covoiturage : mun. d’origine. Cambio ne dispose, en effet, pas encore d’un système permettant à • www.vapvap.be Presque dix ans après sa création, l’en- l’utilisateur de déposer la voiture dans • www.covoiturage.be treprise compte aujourd’hui quelque n’importe quelle station de la ville. • www.covoiturage.fr 7000 clients réguliers pour 197 vé- • www.123envoiture.com hicules disponibles dans 70 stations. Mais derrière ces aspects pratiques, se L’intérêt étant d’offrir aux usagers un cache également une certaine idéo- moyen de transport adapté, sans les logie : amener le citoyen à effectuer 1, 2, 3... Tu viens avec moi ? contraintes qui vont avec. le bon choix dans une large offre de « Je fais du covoiturage depuis 2-3 ans, car moyens de transport. D’après Frédé- économiquement c’est plus rentable. Puis on Bien que l’intention y soit, ces ric Van Malleghem, directeur Cambio fait des rencontres sympas et les heures de contraintes existent pourtant. La dé- Bruxelles, « le but de Cambio n’est pas de voyage sont intéressantes.  ». Voici la ré- marche pour obtenir une voiture louer le plus de voitures le plus souvent pos- ponse de Vanessa, 23 ans, lorsqu’on s’avère être un parcours du combattant sible. Le but est d’être le chaînon manquant lui a demandé pourquoi et depuis car règles mises en application sont très en matière de mobilité  ». Responsabiliser combien de temps, elle pratique le co- strictes. Tout d’abord il est nécessaire l’utilisateur dans le choix de sa mobi- voiturage. En quoi cela consiste-t-il  ? d’assister à une « info-session » avant lité, c’est aussi-là l’intérêt du car-sha- Pour répondre à cette question, il faut de pouvoir utiliser le système. Ces réu- ring. Il faut permettre à chacun de se prendre conscience qu’il existe deux nions, dont la présence est obligatoire, déplacer autant, voire plus qu’avant, types de covoiturage  : le libre et l’or- ont pour but de présenter aux futurs tout en dépensant moins. Car même ganisé. utilisateurs le fonctionnement pra- si certains utilisent Cambio dans une tique de Cambio. Ensuite lorsqu’une démarche de protection de l’environ- Le covoiturage  libre existe certaine- voiture vous est attribuée, vous devez nement, beaucoup y voient surtout ment depuis que l’homme a créé l’au- 5
    • SoliCARitytomobile. Il émane de la volonté devoyager à plusieurs dans une même © Frédéric Van Malleghemdirection, avec le but de réduire lescoûts, de faire de bonnes rencontresou tout simplement de faciliter l’or-ganisation du quotidien. «  J’ai fait ducovoiturage avec ma voisine pour aller à l’écolequand j’étais petite, parce que ma maman de-vait arriver tôt au boulot. Ca lui permettaitd’éviter les bouchons matinaux de Charleroi »mentionne Florence, 21 ans. Le covoi-turage libre s’organise donc générale-ment entre personnes se connaissantdéjà, dans le cadre familial, profes-sionnel, ou encore estudiantin. Lescovoyageurs se caractérisent par lefait qu’ils ont un intérêt commun. Al-ler d’un point A à un point B, et celaensemble. Ici, les usagers se trouventd’abord dans la nécessité de se procu-rer une voiture pour des besoins diverset individuels.Aussi, une autre solidarité se cristal-lise dans cette pratique : les frais sontpartagés. Daniel, 21 ans, cherche deschauffeurs «  pour les longues distances deplus de 300 km » pour des raisons éco-nomiques, notamment pour « éviter letrain qui est beaucoup trop cher, lorsque tu esétudiant  ». Seulement depuis quelquesannées, ce phénomène semble s’orien-ter vers un système de covoiturage plusstructuré.Effectivement, plusieurs pays propo- Publicité pour Cambio (2010)sent désormais des sites internet decovoiturage tels que covoiturage.beou 123voiture.com. Il est loin le tempsoù l’on tendait le pouce au bord de la à qui on a à faire. Du coup, même si une offre culiers, qui précisent la destinationroute. Désormais vous pouvez sélec- m’intéresse mais que les commentaires sont du voyage, ainsi que le prix à payer.tionner à l’avance le trajet qui vous in- négatifs, j’évite de prendre ce trajet » explique Cela permet d’avoir quelques rensei-téresse, noter les conducteurs qui vous Vanessa. gnements sur votre accompagnateur,ont déjà transporté, et même évaluer comme savoir si la personne est fu-la quantité de CO² que votre voyage En effet, ces sites proposent unique- meuse ou non, si elle souhaite discuterproduira. Hugo, 22 ans, étudiant fran- ment des offres émanant de parti- pendant le trajet ou encore écouter deçais à Bruxelles, pratique le covoitu- «rage organisé via le site covoiturage.fr,qui permet notamment de « savoir si lesgens sont des conducteurs accueillants ». Sur Il n’y a jamais eu de communication »ce site, qui ne se limite d’ailleurs pasà la France, le covoiturage n’offre plus sur le côté ‘vert’ de Cambio.beaucoup de surprises aux utilisateurs.« Maintenant, je fais attention aux commen-taires qui sont laissés sur le site par d’autres Didier Dumont, directeur du bouquet transport de la STIButilisateurs et qui permettent de mieux savoir 6
    • Un pour tous et tous pour un ?la musique. L’envolée du prix du carburant expliqueraitLe covoiturage et le car-sharing ont en partie le développement exponentiel du sitedonc des enjeux qui sont principa-lement économiques, néanmoins, il covoiturage.fr.existe d’autres facteurs.Alors, économique ouécologique ? opérateurs de véhicules partagés. Pour la clientèle  ». Avis que partage KristofÀ entendre Didier Dumont, qui est Frédéric Van Malleghem, le directeur De Maesmeker, pour qui les voitureségalement directeur du bouquet trans- de Cambio, cela s’explique simplement. Cambio seraient utilisées davantageport de la STIB, «  il n’y a jamais eu de Selon lui « ces voitures électriques sont plus pour des trajets plus en périphérie, quecommunication sur le coté ‘vert’ de Cam- polluantes à produire que les voitures de les voitures électriques, notamment àbio ». Effectivement, lorsqu’on observe base  ». En plus, un second argument cause de leur autonomie réduite.les panneaux publicitaires de Cambio, s’oppose à l’adoption de voitures élec-on constate que l’aspect environne- triques : le fait que cette nouvelle ten- Mais même si Zen Car n’a pas encoremental n’y est pas du tout représenté. dance n’a pas encore percé le marché. toute sa place sur le marché, ce n’est Selon le directeur de Cambio, « il est plus pas le cas du covoiturage. En effet, ceComme les voitures mises à disposi- efficace de réduire le nombre de véhicules sur système est de plus en plus répandu.tion consomment autant que toute les réseaux routiers – via des voitures aux- Pour Laure Wagner, responsable com-autre voiture, la durabilité se crée par quelles les gens sont habitués – plutôt que de munication du site covoiturage.fr,l’utilisation de plusieurs moyens de tenter l’expérience avec de petites voitures élec- l’envolée du prix du carburant expli-transport en commun. Celle-ci pré- triques, qui ne toucheraient qu’une partie de querait en partie le développement ex-sente par ailleurs des avantages. Pre- ponentiel du site. En 2010, ce dernier anons la prime Bruxell’Air : les bruxellois connu une croissance de 150% et a at-qui renoncent à leur voiture privée et teint le nombre de 870 000 adhérents1.qui font détruire leur plaque d’imma- Un succès qui ravit les gouvernementstriculation, peuvent bénéficier de cette européens, car il permet de réduire Source : http://iphone.comuto.comprime qui donne droit à un abonne- considérablement le nombre de véhi-ment Cambio Start (tarif de base). Ils cules en circulation, tout en ayant unjouissent en plus d’un abonnement effet positif sur l’environnement. Pargratuit pour les transports en commun exemple, si 50 personnes décident dede Bruxelles, valable pendant une an- faire du covoiturage à cinq, le nombrenée. Pour Kristof De Maesmaker, re- de véhicules en circulation se verra ré-présentant de la ministre bruxelloise duit à dix au lieu de 50 si chacun avaitdes Travaux publics et des Transports, utilisé son propre véhicule. Au-delà deBrigitte Grouwels, « Cambio a été lancé l’aspect écologique, le covoiturage adans le but d’offrir une alternative aux cita- également un impact économique.dins mobiles, qui leur permettraient de réduireles coûts d’une voiture propre et d’alléger la Partager sa voiture, c’est aussi parta-circulation beaucoup trop dense de la capi- ger les coûts. En général, lors d’un tra-tale ». jet à plusieurs, les frais à engager ne concernent que les prix du carburantAfin de parvenir à cet objectif, d’autres et éventuellement des péages. « Pour unsociétés telles que Zen Car ont été lan- voyage en train, Bruxelles – Rennes, j’en aicées. Ce service de location de véhi- Lapplication Comuto sur iPhone généralement pour 150€. Pour le même tra-cules électriques - subventionné par vous permet notamment de jet en covoiturage cela me revient seulementla Société régionale d’investissement trouver des voyages de dernières à 45€ environ  » explique Laurent, co-de Bruxelles (SRIB) - a tenté de dé- minutes, de vous géolocaliser ou voyageur régulier. De plus, le marchévelopper un aspect environnemental encore dappeler vos correspon- du covoiturage est en réelle expan-trop souvent mis de coté par les autres dants en un seul clic. sion, grâce aux nouvelles technologies.1 Avec les perturbations, le covoiturage explose. Olfa Khamira, le 22 décembre 2010, http://www.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.lefigaro.fr%2Factualite-france%2F2010%2F12%2F22%2F01016-20101222ARTFIG00533-avec-les-perturbations-le-covoiturage-explose.php&h=CAQFI3nSWAQHhw1ijhP-xYFINyS2o6G7O0NyoaTply1IuLg. Consultée le 8 décembre 2011 7
    • SoliCARityLe covoiturage permet de rendre les trajets plus conviviaux. Source : http://covoiturage.bas-rhin.fr/En quelques clics et de n’importe où, que vous coûterait votre trajet domi- disposer d’un véhicule uniquementvous pouvez désormais, depuis votre cile-travail pour autant que ceux-ci lorsque vous en avez besoin. « La flexi-smartphone, réserver un voyage en ne dépassent pas un certain plafond. bilité, est l’atout numéro 1,  » confie Fré-comparant les meilleurs prix, choisir Un plafond qui correspond au prix déric Van Malleghem, «  surtout si vousvotre voiture et votre conducteur, ou d’un abonnement de train hebdoma- avez besoin de la voiture pour une ou deuxencore recevoir des alertes personna- daire en première classe équivalent à heures et pas pour la journée  ». C’est surlisées. De leur côté, les conducteurs la distance domicile-travail, multiplié cette flexibilité que repose Cambio. Ilpeuvent déposer leurs annonces à tout par le nombre de semaines de covoitu- vous suffira de payer l’abonnement aumoment, permettant ainsi d’alimenter rage. Sur une distance de 60 km, vous départ, qui sera ensuite valable 7 jourssans cesse l’offre disponible. pouvez ainsi économiser jusqu’à 860€ sur 7 et 24 heures sur 24, pour pouvoir d’impôt. utiliser un véhicule. Selon le directeurPartager votre voiture peut également de Cambio,  « il vous faudra alors débour-être intéressant fiscalement. D’après Cependant, le covoiturage a ses limites. ser 250€ par mois pour utiliser un véhiculeCarpoolplaza, entreprise belge de ré- Il nécessite tout de même la possession Cambio, contre 400€ par mois si vousférence en matière de covoiturage, si d’une voiture et donc le paiement des possédiez votre propre voiture ». L’entre-votre compagnie a mis en place un coûts d’entretien et d’assurance. prise propose parallèlement plusieurssystème de partage de voitures, vous combinaisons d’offre, par exemplepouvez déduire l’entièreté des frais L’autopartage, quant à lui, permet de un utilisateur régulier de la STIB bé- 8
    • Un pour tous et tous pour un ?« Sans parler de solidarité, il existe plutôt essentielle et suffisante pour gérer le » réseau de voitures Cambio.un sentiment de communauté. Avant de sombrer dans les interpréta- Didier Dumont, directeur du bouquet transport de la STIB à propos du car-sharing tions les plus farfelues concernant ce que peut signifier la solidarité au sein de Cambio, faisons le constat suivant : il est plus adéquat de parler d’un devoirnéficiera d’une réduction de 25% sur intérêt à développer ce concept. Elles moral que de solidarité, puisque Cam-l’abonnement Cambio Bonus. Mais l’ad- n’ont plus à acheter et entretenir une bio satisfait avant tout une nécessitéministrateur de Cambio auprès de la flotte de voitures de société et peuvent matérielle.STIB cherche avant tout à amener le s’appuyer uniquement sur le systèmepublic à combiner différents modes de de voitures partagées. Malgré tout, latransport, de la marche à pied, au mé- pratique reste assez limitée. Certainstro, en passant par Cambio. Cela com- regrettent que les opérateurs de car-mence à fonctionner, indique Didier sharing ne fassent pas davantage de Source : www.carsharing.beDumont,  «  25% de nos clients Cambio communication à destination de leurdéclarent qu’ils utilisent plus ou beaucoup potentiel client. «  Redbull organise ré-plus qu’avant les transports publics ». gulièrement des actions coup de poing sur le campus. Pourquoi ne pas faire la même choseDans le même esprit, la compagnie de avec les transports  ?  » s’interroge Ray-voitures partagées propose des parte- mond Willems, avant d’ajouter quenariats avec différentes entreprises pri- «  malheureusement beaucoup passent devant Les voitures Cambio ne s’ouvrentvées. Siemens a par exemple implanté les stations sans même savoir ce que c’est ». pas avec une clé, mais avec laune station Cambio au pied de son carte Cambio. La clé de la voituresiège social de Saint-Gilles depuis juin Quelle solidarité pour quelle se trouve à l’intérieur dans la boite à gants.2004. Les employés affiliés au système mobilité ?peuvent dès lors bénéficier de réduc- «  Sans parler de solidarité, il existe plutôt untions sur les abonnements Cambio. La sentiment de communauté » estime Didier Il existe cependant une solidarité quebanque Dexia a également sa propre Dumont. En réalité, le but de Cambio l’on pourrait appeler solidarité ex-station, permettant à ses employés de n’est pas de rapprocher les gens mais terne. A première vue, il est possibleréserver une voiture directement via plutôt de les pousser à se respecter de croire que celle-ci est plus humainel’intranet de l’entreprise. Les direc- entre eux. Pour cela, Cambio a mis en et personnelle, notamment parce quetions insistent donc auprès de leurs place un système de « Smiley  ». Ces tous – y compris les différents acteursemployés pour amener ces derniers petits autocollants au visage jaune politiques et économiques du systèmeà abandonner leurs voitures person- et souriant sont destinés à être collé – voguent vers le même objectif  : asso-nelles au profit des transports collec- sur les endroits endommagés par un cier plusieurs modes de transport pourtifs. Par ailleurs, d’autres institutions conducteur afin que le suivant n’en minimiser l’usage d’un véhicule privésuivent le même exemple, c’est no- endosse pas la responsabilité. à Bruxelles. On appelle «  mobilitétamment le cas de l’ULB. Raymond combinée » cette procédure à laquelleWillems, le coordinateur mobilité En outre, la collaboration entre of- Cambio a pris part. De ce système dede l’Université bruxelloise, a réussi à freur et demandeur de voiture doit moyens de transport alternatif sontconvaincre Cambio d’installer une sta- être efficace et s’avère comme telle, nés des concepts comme STIB-Villo,tion sur le campus du Solbosch. «  Je notamment grâce aux multiples ca- Collecto-Noctos et STIB-Cambio. Il s’agitleur ai demandé s’ils étaient prêts à implanter naux de communications que sont là d’une belle alliance entre les pou-une station au Solbosch, si en échange, j’ar- les GSM, les emails et l’ordinateur voirs publics et les autres acteurs ayantrivais à convaincre l’ULB de leur fournir de bord. Effectivement, il n’y a au- pris part au projet, d’autant que lades espaces » confie-t-il. Le président de cune relation interpersonnelle entre coopération ne s’arrête pas là. Commel’université a rapidement été convain- les différents utilisateurs. Un appareil le précise Didier Dumont «  Cambiocu, et ainsi depuis 2008, le personnel propre à Cambio, intégré dans la voi- a réussi à tisser de vrais partenariats, nonde l’université peut profiter d’impor- ture, permet d’entrer en contact direct seulement avec la STIB mais aussi avec latantes réductions sur les abonnements avec la centrale. Au cœur du système Région de Bruxelles-Capitale et ses com-Cambio, en plus d’un parc de véhicules de communication, elle est le lieu vers munes  ». Visiblement, il s’agirait plusmis à leur disposition. lequel tous les appels sont dirigés. Il d’une multitude de partenariats plutôt s’ensuit alors une relation « organisa- que d’actes de solidarité, une solidaritéEn bref, les entreprises ont donc tout tion-client  » bidirectionnelle, qui est impersonnelle et matérielle. Enfin, les 9
    • SoliCARity «© SoliCARity Passer un bon moment où les conducteurs sont aussi demandeurs de rencontres agréables.  Vanessa, adepte du covoiturage » éloignée de ce que chacun pourrait at- tendre d’une conduite solidaire. Esprit de partage Contrairement au car-sharing, où les usagers n’ont aucun contact entre eux, le concept de covoiturage développe davantage les relations humaines et la convivialité. Pour Vanessa, 24 ans, il est important de «  passer un bon mo- ment où les conducteurs sont aussi deman- deurs de rencontres agréables  ». Laspect pratique nest donc pas la seule raison qui pousse les gens à partager leur voi- ture, il y a aussi la volonté de sentrai- der, que ce soit avec des amis ou des inconnus. La solidarité est d’autant plus impor- tante au quotidien lorsqu’on prend en compte la tranche d’âge concernée. Là où le car-sharing touche générale- Trois voitures Cambio garées à une station d’Ixelles. Il s’agit du plus petit mo- dèle proposé par la société de car-sharing. ment les plus de 30 ans, le covoiturage rassemble en majeure partie des étu- diants, ou des personnes n’ayant pas communes ne sont pas à la traîne en un peu plus les conducteurs à aban- de voiture. Il est donc primordial pour matière de car-sharing. donner leur voiture personnelle au ces personnes de pouvoir compter sur profit d’un véhicule partagé. ce genre de démarche. La commune d’Ixelles – à titre d’exemple – propose un parking tota- Il existe donc une forme de solida- De même, un autre aspect de cette so- lement gratuit aux utilisateurs de Cam- rité dans l’utilisation du car-sharing, lidarité est le fait qu’il y ait deux rôles bio. Ceux-ci n’ont donc pas à utiliser tant entre les utilisateurs, qu’entre les lors d’un trajet commun. Il y aura tou- les parcmètres présents un peu partout fournisseurs. Mais celle-ci reste tout jours un conducteur, et un/des passa- dans la ville, manière d’inciter encore de même limitée, et peut-être assez gers. Ceux-ci peuvent donc alterner 10
    • Un pour tous et tous pour un ? La crise économique, la prise de conscience écologique et l’envolée du prix du pétrole poussent les gens à chercher des moyens alternatifs pour se déplacer. lors de longs trajets, et ainsi raccour- rage classique, cette société a élaboré coopératifs, souvent oubliés dans une cir la durée du voyage en évitant les des programmes intégrant des per- société qui devient de plus en plus in- arrêts dûs à la fatigue. Néanmoins, « il sonnes différentes mais qui ont des in- dividualiste. Par ses aspects solidaire et faut voir avec la personne qui fait du covoi- térêts communs. L’exemple de School- économique, pratique et convivial, le turage, si elle roule prudemment, et si c’est pool, un système de covoiturage pour covoiturage a encore de beaux jours quelqu’un de sérieux. Moi personnellement, les élèves, l’illustre parfaitement. Le devant lui. Du moins, tout nous pousse je ne fais pas du covoiturage avec quelquun service n’est disponible qu’en Wallonie à le croire. que je ne connais pas » précise Claudine, pour le moment et les utilisateurs ont 30 ans. Le covoiturage peut également accès à un nouveau site en ligne depuis La solidarité sur la route à amener à une responsabilisation du le Printemps de la Mobilité 2011, qui s’est l’heure du bilan conducteur et donc à une augmenta- déroulé du 9 au 12 mai dernier. L’idée De nombreux facteurs laissent penser tion de la sécurité sur la route. Il est étant destinée à amener des écoliers que nous nous trouvons à l’âge d’or du à espérer qu’une personne conduisant – ou leurs parents – à s’inscrire via ce covoiturage et du car-sharing. La crise avec quatre passagers redoublera de site pour organiser les trajets jusqu’à économique, la prise de conscience prudence. Car il est évident que le co- l’école. Plusieurs communes partici- écologique et l’envolée du prix du pé- voiturage se fonde avant tout sur une pent déjà à ce projet pilote, tout en es- trole poussent les gens à chercher des confiance commune, qu’il faut donc sayant de convaincre encore des écoles moyens alternatifs pour se déplacer. entretenir et ne pas briser. Ceci ex- d’en faire la promotion. A tel point Les particuliers comme les entreprises, plique notamment que le covoiturage que les Régions flamande et bruxel- tous semblent avoir compris que la repose, en grande partie, sur la bonne loise ont depuis fait part de leur intérêt solidarité sur la route est une réalité. volonté des participants. pour le projet. Elle est présente, mais différentes selon les pratiques. D’une part, le car-sharing Parallèlement, d’autres initiatives inté- promeut la disponibilité d’un véhicule ressantes continuent de voir le jour. Fe- à n’importe quel moment et accentueTaxisstop […] a élaboré duco est l’une d’elles. Créée en 2008, la nécessité de responsabiliser le ci- la Fédération française du covoiturage, toyen quant au bon usage de l’objetdes programmes présidée par Edouard Duboille, ras- partagé. Une solidarité, qui créera semble les acteurs de droits privés qui éventuellement un esprit de commu-intégrant des personnes font du développement du covoiturage nauté, de respect peut-être. D’autre leur principale activité. Au travers de part, le covoiturage, qui au-delà dedifférentes mais qui ont campagnes de communication, elle l’aspect matériel, promeut le fait que promeut l’avancée de ce système vieux « plus on est de fous, plus on rit »… etdes intérêts communs. comme le monde, et pourtant trop moins on paye. souvent négligé. A l’instar de la Journée Au delà du covoiturage libre ou or- sans voiture, Feduco a prévu d’organiser ganisé, de plus en plus de sociétés une journée annuelle de covoiturage visent à promouvoir ce moyen de dé- afin de sensibiliser la population sur placement. Une tendance qui trouve les avantages de cette pratique. Le but écho notamment dans les projets de n’étant pas de culpabiliser mais d’ou- Taxisstop. Dépassant l’idée du covoitu- vrir les yeux à des types de mobilité 11