Pratiques avancées de yoga & de Tantra - Yogani

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  • 1. PRATIQUES AVANCEES DE YOGA & de TANTRA Sommaire: 1. Qui est Yogani? 2. AYP - L'enseignement 3. Les leçons 4. Les livres 5. La traduction 6. Copyright 7. Derniers développements Ce site a pour vocation de faire connaître au public francophone l'enseignement de Yogani en traduisant en français les leçons mises en ligne par Yogani sur son site internet: http://www.aypsite.org/ Qui est Yogani? Yogani a la particularité de refuser le statut de gourou et de vouloir rester anonyme, l'important étant l'enseignement et non sa personne. Des quelques indications qu'il a données on sait qu'il est américain, qu'il s'est formé et a exercé son activité professionnelle comme scientifique, qu'il est marié et chef de famille. Il a consacré sa vie à intégrer de façon systématique les méthodes ésotériques de l'Extrême-Orient dans sa pratique journalière. Maintenant à la retraite, il a décidé de mettre son expérience par écrit afin qu'elle puisse servir aux autres chercheurs de vérité. AYP - L'enseignement: L'enseignement de Yogani est une tentative pour sélectionner dans l'immense foisonnement de la tradition yogique plurimillénaire quelques techniques, les plus efficaces possible, pour les adapter à l'homme du 21e siècle et les ordonner selon une progression logique afin de former un tout cohérent dans un seul but l'illumination pour tous. La formule choisie est l'union du silence intérieur et de la conductivité extatique, de Shiva et Shakti. Le silence intérieur sera obtenu par la méditation profonde avec un mantra et l'éveil de la conductivité extatique par le pranayama de la respiration spinale, pranayama complété par toute une série de techniques abordées au fil des leçons, siddhasana, mulabhanda, sambavi, kumbhaka, kechari, etc., y compris la maîtrise de la sexualité abordée dans les leçons de tantra. Yogani considère que les temps ont changé, que le monde a un urgent besoin de progresser, que l'heure n'est plus aux transmissions secrètes entre un gourou et quelques disciples choisis avec soin, que chacun d'entre nous est capable de gérer sa pratique pour autant que les renseignements nécessaires soient suffisamment détaillés. Chacune des leçons se termine par la formule rituelle « le gourou est en vous ». Les techniques décrites par Yogani sont puissantes, à partir du moment où elles sont mises à la disposition de tous sur internet il est indispensable de les utiliser avec sagesse et bon sens. Un des aspects les plus importants de l'enseignement sera ce que Yogani appelle « self pacing », apprendre à gérer soi-même sa pratique pour aller à son propre rythme en toute sécurité. Ce thème est abordé encore et encore à travers toutes les leçons. L'enseignement de Yogani est axé sur la pratique et ne recommande aucun style de vie ou comportement particulier, à part, bien entendu, de respecter les lois de son pays et de ne pas faire de tort à autrui. Il considère que si le désir spirituel (la bhakti) est là et si les pratiques yogiques sont faites régulièrement, deux fois par jour, tout le reste suivra automatiquement. Les leçons: Yogani a écrit à ce jour:  430 leçons principales, la première le 16 novembre 2003 et la dernière le 25 août 2010,
  • 2.  80 leçons de tantra, la première le 25 janvier 2004 et la dernière le 22 juillet 2010. Ce site s'est donné comme objectif de traduire en français la totalité de ces leçons. La numérotation des leçons sur le site français est identique à celle des leçons originales en anglais. Le lecteur peut donc à tout moment passer de la traduction à l'original en allant sur le site de Yogani. Ces leçons peuvent être utilisées comme une voie en elle-même ou bien simplement pour acquérir un supplément d'information, un enrichissement pour une autre démarche. Pour ceux qui souhaitent suivre l'enseignement de Yogani, il est recommandé de prendre les leçons dans l'ordre en commençant par la première: Le but de ces leçons L'accès aux leçons mises en ligne sur internet est gratuit, à la disposition de tous (pour plus de détail voir la rubrique copyright ci-dessous). Chacun est responsable de son progrès spirituel et des méthodes qu'il applique. Ce que vous faites des informations données par AYP est votre responsabilité. Les livres: Livres en français: Les livres de « The AYP Enlightenment Series », AYP - Série pour l'illumination spirituelle, sont traduits en premier:  La méditation profonde - Le chemin vers la liberté personnelle est parue en décembre 2012,  Le pranayama de la respiration spinale - Un voyage dans l’espace intérieur est paru en mai 2013,  Tantra- Découvrir le pouvoir du sexe pré orgasmique est prévu pour fin 2013. Voir la page spéciale Livres AYP Livres en anglais: Les leçons ont été rassemblées dans deux gros livres de plus de 500 pages avec pour certaines leçons des compléments qui ne figurent que dans la version imprimée et non sur le site internet: Advanced Yoga Practices. Easy lessons for Ecstatic Living - Volumes 1 et 2 Volume 1: leçons 10 à 235 et T1 à T35 Volume 2: leçons 236 à 430 et T36 à T80 Environ 2000 courriels mis par Yogani sur le forum entre 2005 et 2010 ont été rassemblés dans un volume: Advanced Yoga Practices Support Forum Posts of Yogani, 2005-2010 Yogani a également écrit un roman d'aventures spirituelles exposant son enseignement sous une forme romancée: The secrets of Wilder Il a également écrit toute une série de petits livres, d'environ une centaine de pages, faciles à lire, formant « The AYP Enlightenment Series », chacun de ces livres étant consacré à un aspect particulier de son enseignement:
  • 3.  Deep Meditation - Pathway to Personal Freedom  Spinal Breathing Pranayama - Journey to Inner Space  Tantra - Discovering the Power of Pre-Orgasmic Sex  Asanas, Mudras and Bandhas - Awakening Ecstatic Kundalini  Samyama - Cultivating Stillness in Action, Siddhis and Miracles  Diet, Shatkarmas and Amaroli - Yogic Nutrition and Cleansing for Health and Spirit  Self-Inquiry - Dawn of the Witness and the End of Suffering  Bhakti and Karma Yoga - The Science of Devotion and Liberation through Action  Eight Limbs of Yoga - The Structure and Pacing of Self-Directed Spiritual Practice  Retreats - Fast Track to Freedom - A Guide for Leaders and Practitioners  Liberation - The Fruition of Yoga Tous ces livres peuvent être achetés sur Amazon.fr Ou en se reportant à la page spéciale du site AYP: Books-eBooks-AudioBooks La traduction: Les leçons principales jusqu'à la leçon 221, à l'exception des leçons concernant le samyama ont été traduites une première fois de 2004 à 2007 dans le cadre d'un groupe Yahoo: http://fr.groups.yahoo.com/group/Pratiquesavanceesdeyoga/ Avec l'autorisation de ce groupe et afin de gagner du temps nous avons utilisé cette traduction. Copyright: Nous traduisons ci-dessous le texte figurant sur le site de l'AYP: Tous les écrits en ligne de Yogani sont l'objet d'un copyright. Des parties ou extraits des leçons peuvent être cités librement, copiés, imprimés, faire l'objet d'un lien internet ou partagés librement par chacun. S'il vous plaît, mettez un lien avec le site de l'AYP pour tout écrit copié sur d'autres sites Internet, lettres d'information, forum, blogs, etc. La reproduction, le chargement ou l'impression des leçons en ligne dans leur intégralité ou de façon substantielle n'est pas permise. Pour charger et/ou imprimer les leçons complètes (comprenant les ajouts postérieurs aux leçons initiales), veuillez charger les AYP eBooks. Derniers développements: Yogani se consacre maintenant à pérenniser son enseignement, toujours sans apparaître en personne, mais en suscitant des bonnes volontés partout à travers le monde pour organiser des traductions, des groupes de méditation et des séminaires. TABLE DES MATIERES DES LECONS PRINCIPALES Note: Pour les leçons complètes, avec additions, voiR: AYP Easy Lessons for Ecstatic Living Books.  1-9 (non utilisés)  10. Le but de ces leçons.  11. Le yoga et la religion.  12. Indispensable: le désir  13. Méditation-Faire germer cette graine qui est en nous  14. Méditation Q&R -Il ne se passe pas grand-chose  15. Méditation Q&R -Je ressens de l'agitation  16. Méditation Q&R -De la félicité  17. Méditation Q&R -Est-ce que je dormais?  18. Méditation Q&R -Trouver le temps  19. Méditation Q&R -Quelle tradition suivre?  20. Méditation Q&R -L'illumination sans Dieu  21. Méditation Q&R -Les supports de méditation  22. Méditation Q&R -La qualité vibratoire du mantra  23. Méditation Q&R -Surveiller l'heure  24. Méditation Q&R -Est-ce que la méditation aide à guérir?  25. Méditation Q&R -La méditation dans les situations de stress intense  26. (non utilisé)
  • 4.  27. Méditation Q&R -La localisation du mantra  28. Méditation Q&R -Est-ce que je vais devenir une chiffe molle?  29. Méditation Q&R -L'alcool, le tabac et les drogues  30. Méditation Q&R -Le régime alimentaire  31. Méditation Q&R -Pratiquer dans la nature  32 (non utilisé)  33. Méditation Q&R -Une autre façon de s'asseoir pour méditer  34. Méditation Q&R -Les problèmes du monde  35. Méditation Q&R -Les points de repère de nos progrès vers l'illumination  36. Méditation Q&R -La cinquième dimension  37. Méditation Q&R -Les groupes de méditation  38. Ou en êtes-vous?  39. Pranayama -Cultiver le sol de notre système nerveux  40. (non utilisé)  41. Pranayama -La respiration dans la colonne vertébrale  42. Pranayama Q&R- Le pranayama, est-ce bien naturel?  43. Pranayama Q&R- Le pranayama et la méditation, quelle relation?  44. Pranayama Q&R- Trouver le nerf spinal  45. Pranayama Q&R- La respiration diminue  46. Pranayama Q&R- Inspirer ou expirer en montant?  47. Pranayama Q&R- Et les chakras?  48. Pranayama Q&R- Le pranayama et la santé  49. Pranayama Q&R- La transpiration  50. Pranayama Q&R- Gérer son temps  51. Pranayama Q&R- D'étranges gargouillis  52. Pranayama Q&R- Un grand petit nerf  53. Pranayama Q&R- La lumière et le son  54. Kundalini - Un mot codé pour désigner la sexualité  55. Mulabandha - Eveiller et faire monter l'énergie  56. Sambhavi - L'ouverture du 3e œil  57. Q&R- Le gourou est en moi?  58. Q&R-Un pas après l'autre  59. Q&R- Des précisions sur le mantra  60. Q&R- Les interruptions intempestives  61. (non utilisé)  62. Q&R - La durée d'un cycle de respiration  63. Q&R - Des courants frais et chauds pendant le pranayama  64. Q&R - Le fil d'argent extatique  65. Q&R - La pinéale et la pituitaire  66. Q&R - On arrive mais on ne part pas  67. Bhakti - La science de la dévotion  68. Q&R - La relation entre la bhakti et les traumatismes  69. Q&R - La kundalini, symptômes, déséquilibres et remèdes  70. (non utilisé)  71. Les asanas du yoga: un marché florissant  72. Q&R - Dites moi exactement ce que je dois faire  73. Q&R - Un peu plus sur les chakras  74. Q&R - Pour cette vie ci et la suivante  75. Siddhasana, fontaine vive d'extase  76. Q&R - Siddhis: les pouvoirs sont ils réels?  77. Q&R - Encore un peu sur les chakras  78. Q&R - Le plaisir et le chemin  79. Q&R - Quelques rappels à propos du mantra  80. Q&R - La forme physique et le yoga  81. Q&R - Vouloir avancer trop vite  82. (non utilisé)  83. Q&R - La voilà. Je parle de la kundalini  84. Q&R - L'art de ne rien faire  85. Q&R - Un retour sur les étapes du voyage  86. Q&R - Trouver la façon de méditer qui vous convient  87. (non utilisé)  88. Q&R - La magie de la bhakti  89. Q&R - Le caducée, une photo de vous et de moi  90. Le caducée (correction), ida et pingala
  • 5.  91. Yoni mudra kumbhaka, pour nettoyer le troisième œil et plus encore!  92. Q&R - L'étoile  93. Q&R - Les temps changent  94. Quelques précisions concernant le nettoyage  95. Q&R - Stabiliser l'extase  96. Q&R - Retour sur la respiration de la colonne vertébrale  97. Q&R - Le tantra, une aide pour les maniaques sexuels et les amoureux ordinaires  98. Q&R - Le yoga et le mariage  99. Q&R - Les pratiques, en amont et en aval  100. Q&R - Qu'est-ce que l'illumination?  101. Q&R - Qu'est-ce que le brahmacharya?  102. Q&R - L'importance d'une routine de méditation confortable sur le long terme  103. Q&R - La destinée et le libre arbitre  104. Q&R - Les blocages d'énergie qui ne veulent pas partir  105. Q&R - Face à un mur avec mulabandha  106. Q&R - Le mantra et la respiration pendant la méditation  107. Q&R - Avancer selon ses possibilités dans la méditation et les postures  108. Kechari mudra - Un bond de géant pour l'humanité  109. Q&R - Bhakti, la méditation et le silence intérieur  110. Q&R - L'amour romantique  111. (non utilisé)  112. Q&R - Bhakti, intime et personnelle  113. Q&R - Félicité, extase et amour divin  114. Q&R - Kechari, "l'encombrement de la gorge" au niveau un  115. Q&R - Le mantra, le langage et la signification  116. Méditation - Premier perfectionnement du mantra  117. Q&R - Trouver un mantra sans signification?  118. Q&R - De fortes pulsations pendant la méditation  119. Q&R - D'autres approches de mulabandha  120. Q&R - "Obtenir l'illumination"  121. Q&R - Pratyahara, le déploiement des sens vers l'intérieur  122. Q&R - Etre témoin  123. Q&R - L'importance des questions/réponses  124. Q&R - Faire les choses de façon simple  125. Q&R - La chaleur due à la kundalini  126. Q&R - La relation entre pratyahara, l'intellect et la bhakti  127. Q&R - Siddhasana ou padmasana  128. Q&R - Siddhasana et la pression dans la tête  129. Nauli, faire monter la kundalini avec vos muscles abdominaux  130. Q&R - Des vibrations à la racine  131. Q&R - Coordonner sambhavi et la respiration de la colonne vertébrale  132. Q&R - Qu'est-ce que le péché?  133. Q&R - Le nectar  134. Q&R - Le yoga et la psychologie occidentale  135. Q&R - Des courants de kundalini dans les bras et dans les jambes  136. Q&R - Le Vijnana Bhairava Tantra, les 112 techniques  137. Q&R - Entrer des deux pieds au paradis  138. Q&R - Voulez vous être reconditionné?  139. Le jalandara dynamique, ou pompe cervicale (chin pump)  140. Q&R - La pompe cervicale: coordonner la rotation de la tête et la respiration  141. Annonce de Yogani (non traduite)  142. Annonce de Yogani (non traduite)  143. La pompe cervicale et ses effets dans le bas du corps  144. Q&R - La pompe cervicale, version allégée (sans kumbhaka)  145. Q&R - Trop d'asanas  146. Q&R - Shaktipat, la transmission directe d'énergie spirituelle  147. Q&R - Asanas, pranayama et méditation dans le bon ordre  148. Q&R - Pourquoi pratiquer deux fois par jour?  149. Les huit branches du yoga et le samyama, dissiper l'obscurité  150. La pratique du samyama  151. Q&R - Le samyama: s'adapter à vos sutras  152. Q&R - Réfléchir aux significations par rapport à la pratique du samyama  153. Q&R - Les traductions des Yoga-sutras, et devenir supranormal  154. Q&R - Le samyama: Laissez aller et laissez (faire) Dieu
  • 6.  155. Q&R - Le samyama: Légèreté, tressautement...et lévitation?  156. Q&R - Le muladhara/racine et l'intégration des pratiques  157. Q&R - Qu'est-ce que le silence intérieur?  158. Q&R - Trop détendu pendant la méditation?  159. Q&R - Trop de pensées pendant la méditation  160. Q&R - Une extrême sensibilité à la méditation. Que faire?  161. Q&R - Les nuits noires et l'émergence du silence intérieur  162. Annonce de Yogani (non traduite)  163. Q&R - Clarté sublime  164. Q&R - Le pouvoir de l'être humain  165. Q&R - Le désir et le changement  166. Q&R - "Payez au suivant" ("Pay it forward")  167. Q&R - Vivre seulement d'air et de lumière?  168. Q&R - La souffrance est-elle un préalable à la paix intérieure?  169. Q&R - S'agit-il de la conductivité extatique?  170. Q&R - Est-ce la kundalini?  171. Le pranayama du bastrika spinal - nettoyer votre karma au karcher  172. Q&R - L'énergie du bastrika spinal, le sommeil et la durée de la pratique  173. Q&R - Le nombre de respirations dans le bastrika spinal  174. Q&R - Sexe et sambhavi  175. Q&R - Nouvelles expériences  176. Q&R - Dissection du samyama  177. Q&R - Siddhasana avancé  178. Q&R - Le dharma  179. Q&R - L'étoile, à nouveau  180. Q&R - Prêt pour un bon départ dans la méditation  181. Q&R - Nos attentes et le temps dont nous disposons  182. Q&R - Un scepticisme salutaire  183. Q&R - Mouvements et yoga automatique  184. Q&R - Téléportation, samyama et siddhis  185. Q&R - Le rôle de l'intellect  186. Méditation - Deuxième perfectionnement du mantra  187. Q&R - Etablir et maintenir une pratique quotidienne  188. Q&R - Le mantra, structure 101  189. Q&R - Où se trouve le troisième œil?  190. Q&R - Sambhavi pendant la méditation?  191. Q&R - Comment cultiver la conductivité extatique?  192. Q&R - Des précisions concernant kechari  193. Q&R - Allonger le temps de la pratique en toute sécurité  194. Q&R - Encore des flashs de lumière  195. Q&R - Mantra, pensées, et attention  196. Q&R - Raffiner un son dans le mental  197. Q&R - Sensations dans la pratique de kechari  198. Le bastrika ciblé: un laser pour la purification  199. Réussir l'ouverture du sommet de la tête  200. Q&R - Une méditante sensible, suite  201. Q&R - Le drame d'une ouverture prématurée de la couronne  202. Q&R - Pratiques libres ou pratiques structurées  203. Q&R - Réflexions sur quelques expériences spectaculaires  204. Résumé des principes, des capacités et des pratiques  205. Q&R - A propos de kechari  206. Q&R - Différentes sortes de respiration spinale  207. Q&R - Déséquilibres du côté gauche ou du côté droit  208. Q&R - Collisions d'énergie intérieure et émotions fortes  209. Inscrire les pratiques journalières dans un emploi du temps chargé  210. Q&R - Gérer le yoga automatique et les siddhis  211. Annonce de Yogani (non traduite)  212. Q&R - Le mudra de tout le corps  213. Q&R - Le sommeil conscient  214. Q&R - Trouver son "ancrage" spirituel  215. Annonce de Yogani (non traduite)  216. Q&R - Secousses dues à la kundalini et ajustement des pratiques  217. Q&R - Etre responsable  218. Q&R - Sensibilité à la méditation et mouvements de la tête
  • 7.  219. Q&R - De l'irritabilité dans l'activité  220. Q&R - Ouvrir le chakra du cœur  221. Q&R - L'expansion de l'espace du cœur  222. Q&R - Des carillons dans l'espace intérieur?  223. Q&R - Kechari, stade un et demi? (un dialogue)  224. Q&R - Kechari automatique et visions  225. Q&R - Dissiper les nuages  226. Q&R - Améliorer notre mental  227. Q&R - Méditation, activité et sommeil  228. Q&R - Ouverture du cœur et service  229. Q&R - Respiration spinale dans l'espace intérieur  230. Q&R - Couronne et troisième œil  231. Q&R - Des pièces poussiéreuses  232. Q&R - Méditation et yoga automatique (un dialogue)  233. Q&R - Le yoga et les croyances religieuses  234. Q&R - La sagesse intérieure transparait  235. Q&R - Unir le silence intérieur et l'extase  236. Annonce de Yogani (non traduite)  237. Annonce de Yogani (non traduite)  238. Annonce de Yogani (non traduite)  239. Respiration spinale, pranayama et asanas  240. Notre idéal le plus élevé  241. Rendre facile le pranayama  242. Le tsunami et le yoga  243. Méditation et pouvoirs (siddhis)  244. Comment démarrer en douceur la méditation et le pranayama  245. Annonce de Yogani (non traduite)  246. Intelligence, bhakti et génie  247. Nausée  248. Culture, samadhi et neige  249. Annonce de Yogani (non traduite)  250. Equilibrer les pratiques et les expériences avancées  251. Visions et assoupissements pendant la méditation  252. Gestion des pratiques, abandon et illumination  253. Une liste de livres et une brève histoire de l'introduction du Yoga en occident  254. L'Un est multiple et le multiple est Un  255. Tout le monde peut enseigner le yoga  256. Le yoga pour nos enfants  257. Annonce de Yogani (non traduite)  258. L'extase divine - N'est-ce que cela?  259. Peur et illumination  260. La différence entre perfection et illumination  261. Une brusque montée de la Kundalini  262. Au-delà du cycle de la naissance et de la mort  263. Le secret de la concentration yogique  264. Projection astrale  265. Annonce de Yogani (non traduite)  266. Garder le meilleur de l'Inde  267. Au sujet du mot « Hindou »  268. Annonce de Yogani (non traduite)  269. Aller vers la pratique du samyama, mouvoir le silence intérieur vers l'extérieur  270. Annonce de Yogani (non traduite)  271. Kechari: une histoire - d'un défaut de la langue à la super autoroute du yoga  272. Addiction, conduite abusive, amour difficile et yoga  273. De l'importance de cultiver le silence intérieur  274. Quand le jeu du yoga prend-t-il fin?  275. Navi Kriya - La voie du milieu  276. Granthis - Les trois nœuds  277. Couronne, ajna et intuition spirituelle  278. (non utilisé)  279. Annonce de Yogani (non traduite)  280. Rappels concernant la kundalini  281. Yoni pompe cervicale (Yoni Chin Pump) - Produire un effet de levier en réunissant deux pratiques
  • 8.  282. Bhakti, méditation profonde et devenir le mantra  283. L'illumination est-elle une illusion?  284. L'énergie extatique dans les stades avancés de kechari  285. Equilibrer les asanas avec la méditation profonde  286. La mort yogique  287. Kundalini et stratégie pour la couronne  288. Le pranayama yoni respiration spinale (Yoni Spinal Breathing Pranayama) - Equilibrer l'énergie dans la tête  289 à 296 (non utilisé)  297. Une kundalini éveillée est-elle l'illumination?  298. Méditation profonde, purification et karma  299. Le samyama cosmique - Le yoga nidra avancé  300. Le samyama et les postures de yoga (les asanas)  301. La prière et les principes du samyama  302. Le samyama, ses effets à long terme  303. Les siddhis, les pouvoirs supranormaux  304. Alimentation, kundalini et le cycle du nectar  305. Devons-nous devenir végétariens?  306. Vitamines, compléments alimentaires et herbes médicinales  307. Hallucinogènes et yoga  308. Addictions et lubies  309. Yoga, surmonter la faim et contrôle du poids  310. Jeûner, une pratique spirituelle puissante  311. Le silence intérieur, les habitudes alimentaires et la connexion entre le mental, le corps et l'esprit  312. Shatkarmas, purification du corps et illumination  313. Le nettoyage de la bouche, des passages du nez et des sinus  314. Le nettoyage du colon  315. Le lavage intestinal  316. Davantage de shatkarmas, guide d'ensemble  317. Onze questions clés sur le samyama  318. Témoin et illumination sont-ils identiques?  319. Amaroli, l'urinothérapie  320. Kundalini et raffinement des perceptions sensorielles  321. Une enquête sur la fin de la souffrance  322. Le témoin, condition nécessaire à la recherche du Soi  323. Les rôles respectifs de la connaissance, de la philosophie et de l'expérience directe  324. La recherche du Soi - de l'inspiration à la réalisation  325. L'enquête sur le Soi, relationnelle ou non relationnelle  326. Les différentes méthodes d'enquête sur le Soi et comment franchir le fossé Chacun sait qu'il est spécial, qu'il y a quelque chose de plus que la naissance, la vie et la mort. Cela résonne quelque part profondément en nous. Nous passons notre vie à essayer d'aller au- delà de ce que nous sommes, pour être plus d'une façon ou d'une autre. Parfois cela donne du cafouillage, mais parfois aussi nous progressons. Mais bien trop souvent, nous nous contentons de nous laisser aller en espérant que quelqu'un nous ouvrira une porte. Si seulement quelqu'un voulait bien, nous nous précipiterions aussitôt. Enfin... peut-être. C'est le premier pas, et il est crucial, il faut avoir envie d'aller voir ce quelque chose en plus qui est en nous. Il faut le vouloir. Il faut le souhaiter ardemment. Il faut que cela soit une urgence. Si je suis là, c'est parce que cela a été mon cas pendant de nombreuses années, et je sais que d'autres doivent éprouver la même chose. Je veux faire connaître certaines méthodes, des méthodes qui marchent. Des outils, quoi. A votre disposition. Le reste dépend de vous. Nous parlerons de philosophie, mais pas trop. Nous parlerons essentiellement des pratiques de yoga, de la façon dont elles fonctionnent, de leurs effets et de la manière de les pratiquer. Et aussi comment on peut les associer pour obtenir, comme par
  • 9. enchantement, un effet démultiplicateur quant à leur efficacité. C'est pourquoi nous utiliserons beaucoup l'expression de « pratiques intégrées ». Ce n'est pas une idée neuve. Les Yoga Sutras de Patanjali exposent une pratique à huit membres. La plupart des traditions font essentiellement usage de l'un de ces membres ou d'un autre. Cela se comprend assez bien. Avec combien de balles pouvons- nous jongler? Mais si l'on veut véritablement progresser dans cette vie, il faut utiliser différents biais dans nos efforts pour aller là où nous le souhaitons. Il en est de même en toutes choses, la pratique spirituelle n'est pas différente. Nous aborderons de nombreuses voies qui mènent à l'intériorisation, des voies qui conduisent au divin en nous. Nous parlerons de comment vraiment nous ouvrir à cette dimension. Y êtes-vous prêts? En avez- vous vraiment le désir? Ce n'est pas le cas de tout le monde. Mais tout le monde le voudra à un moment ou à un autre. Un petit peu de pratique attise le feu du désir pour le divin. Un tout petit peu de pratique entrouvre suffisamment la porte pour que le désir divin commence à monter en nous. Ensuite quand le feu est allumé nous voulons plus de pratique et des moyens plus puissants. C'est comme une dépendance qui s'installe, une dépendance divine. Je l'avoue, je suis accro à ces pratiques spirituelles. C'est une spirale d'extase qui nous fait dépasser nos perceptions terrestres limitées. Petit à petit tout devient différent, de plus en plus. Donc si vous ne souhaitez pas devenir divinement inspiré, divinement dépendant, alors mieux vaut vous tenir éloigné. Parce que les meilleures techniques sont ici. Si vous vous y mettez avec tout votre cœur, vous pourrez y arriver. Oui. Et ensuite plus rien ne sera jamais pareil. Vous rirez à n'en plus pouvoir lorsque vous verrez comment les choses sont réellement. Ces leçons sont pour ceux qui sont avisés, pour ceux qui sont prêts à faire ce qu'il faut le temps qu'il faut. Les sages d'antan étaient ils moins impliqués dans leurs pratiques? Bien sûr que non. Nos nous émerveillons de leurs histoires, mais c'est la même chose aujourd'hui. Vous retirerez de vos pratiques ce que vous y mettez. Il en a toujours été ainsi. Pourquoi s'inquiéter de tout cela? Pour être honnête, c'est la meilleure expérience, la plus extatique que nous pouvons faire. Le plaisir est au-delà de tout ce que l'on peut imaginer. L'essence de l'expérience divine est une béatitude incomparable et sans fin ainsi qu'une paix, un silence intérieur, qui ne peut être brisée. Cela paraît contradictoire, n'est-ce pas? Il en est pourtant ainsi. Mais ne me croyez pas sur parole. Essayez par vous- même et voyez. Tout cela est en vous qui vous attend. Faites de tous petits pas pour commencer et vous vous trouverez en train de progresser par bonds. Bien entendu, c'est si vous êtes prêts, si vous choisissez de vous y mettre chaque jour pour avancer. Pensez-y, c'est la seule chose que l'on emmène avec nous quand on quitte cette vie. Les pratiques qui seront abordées comprennent:  cultiver le silence intérieur permanent au moyen de la méditation.  ouvrir les canaux subtils par le pranayama (contrôle de la respiration).  stimuler l'énergie divine au moyen de postures et moyens physiques.  cultiver le désir pour le divin.  cultiver l'énergie sexuelle pour un but spirituel.  cultiver la conscience intérieure silencieuse avec des moyens puissants. Certaines de ces pratiques sembleront familières. D'autres paraîtront radicales. Combinées entre elles de façon spécifique elles forment un système de yoga extrêmement puissant. Elles sont beaucoup trop efficaces pour être réservées au petit nombre. Elles appartiennent au plus grand nombre. Alors lancez-vous. Si vous désirez la connaissance qui vous permettra de transformer votre condition ordinaire, cela veut dire que vous êtes prêt, et vous avez trouvé le bon site. Leçon 11 Les deux mots, yoga et religion, évoquent beaucoup de choses dans notre esprit, pas toujours de façon claire et pas toujours de façon positive. Mais ne nous attardons pas sur nos faiblesses humaines. La pratique spirituelle est souvent recouverte par la coloration culturelle véhiculée par ces deux simples mots, aussi penchons nous plutôt sur ce qui est à la base, à l'origine, sur ce qui se cache derrière ce vernis culturel.
  • 10. Le mot yoga veut dire « joindre ». Le mot religion signifie « relier ». Hmmm... la signification est presque la même. Mais joindre ou relier quoi? Ah... nous touchons à l'essentiel. Nous sommes ou semblons être deux choses qu'il faut remettre ensemble. D'un côté nous sommes dans un monde délimité par le temps et l'espace, un monde que nous percevons par nos cinq sens, et d'un autre côté nous sommes les observateurs du monde, quelque chose à la fois à l'arrière plan et à l'intérieur de tout ça. Nous sommes conscients, et nous sommes en même temps sujet (observateur) et objet (observé). Et ces deux choses sont séparées. Mais doit-il bien en être ainsi? Ou sont elles vraiment séparées? Le yoga et la religion disent que non. C'est donc là que débute le processus qui consiste à les mettre ensemble. C'est en cela que consistent la religion et le yoga, quel que soit ce que vous en ayez entendu dire auparavant. Mais d'abord, à quoi est due cette séparation? Si les deux ne forment vraiment qu'un, alors pourquoi sont ils deux? Réfléchissez une minute. A la question « qui êtes-vous? » la plupart d'entre nous pointe du doigt le corps et dit « c'est moi ». Nous sentons bien qu'il y a autre chose, mais le mieux que nous puissions faire est d'observer notre corps et dire « C'est moi, c'est mon corps. Je m'appelle Machin Truc. Je pense et je ressens et ça fait partie de moi aussi. » Si vous deviez dire à quelqu'un: « je suis quelque chose derrière tout ce que vous voyez et aussi derrière tout ce que je pense ou ressens, je suis conscience », est-ce que cela ne semblerait pas un peu bizarre? Pourquoi bizarre? Parce que nous sommes identifiés avec les perceptions que nous avons de notre corps/mental et avec ce monde. C'est une habitude qui est inscrite en nous au niveau biologique et neurologique. Non seulement ça, mais aussi comme nous imprimons habituellement notre sens du soi sur notre corps/mental, nous voyons notre environnement comme séparé de nous. C'est ainsi que le monde devient étranger à lui-même. Au travers de notre processus de perception identifiée l'un est devenu le multiple. Le yoga et la religion ont pour objet d'effectuer la suppression de la conscience d'identification qui a conduit l'un à devenir le multiple. Non pas que le monde disparaîtra. Il sera simplement perçu pour ce qu'il est véritablement, l'écoulement du un, le vrai soi. Ainsi il devient un lieu beaucoup plus amical. Tout est là, il s'agit de trouver le bonheur dans notre vie dans ce monde. Et même si nous avons l'impression que tout se passe dans l'ombre obscure de la séparation apparente, nous ne sommes pas contraints de voir les choses sous cet angle. C'est là, la promesse du yoga et de la religion, c'est la promesse des pratiques spirituelles. Et c'est une bonne promesse. A nous de faire que cette promesse du yoga et de la religion soit tenue en utilisant les moyens qui nous sont offerts. L'union dont nous parlons ne se limite pas à une compréhension intellectuelle, bien que celle-ci ne puisse pas faire de mal. Il s'agit de changer notre fonctionnement le plus profond, sur le plan neurologique et biologique. Alors notre expérience peut devenir différente. A partir de là, nos pensées, nos sentiments et nos actions peuvent se déployer avec amour et dans un but précis. Ce qui nous manque souvent. L'identification se dissout progressivement et quelque chose de fabuleux se déploie de l'intérieur de nous même. Le yoga n'est pas simplement un processus intellectuel. C'est quelque chose de physique, comme toute personne qui a pris des cours de yoga le sait. Les pratiques de yoga agissent à plusieurs niveaux , physique, mental, émotionnel, neurologique, et dans les galaxies d'énergie interne extatique. Le processus qui conduit à l'union commence lorsque l'on entre en contact direct avec notre soi, avec notre conscience. Une fois que nous aurons créé un premier palier en établissant un rapport avec notre conscience, nous pourrons continuer en utilisant de nombreux autres moyens. Entrer en contact avec notre conscience la plus profonde de façon régulière est apaisant et agréable et peut nous procurer une détente immédiate dans notre vie affairée et agitée. Cela se fait au moyen de la méditation. Une méditation très particulière appelée méditation profonde. C'est la première pratique avancée de yoga que nous apprendrons sur le chemin qui nous mènera à l'union, à retrouver notre unité. C'est un premier pas positif qui rapporte beaucoup pour un effort quotidien minime. « Un effort quotidien? » C'est ce dont nous allons parler maintenant. Car si vous ne faites pas ce petit effort de tous les jours, vous perdrez votre temps ici, tout comme ailleurs. Leçon 12 : Indispensable désir Chacun sait bien que pour réussir ce que l'on entreprend, il faut y penser tout le temps et être prêt à faire chaque jour ce qu'il faut pour y parvenir. Regardez les gens que vous connaissez et qui sont des exemples de réussite. N'est-ce pas ce qu'ils ont en commun? Si nous nous penchons sur leur vie nous voyons qu'ils ont travaillé longtemps et avec acharnement pour parvenir à un niveau
  • 11. d'excellence dans leur domaine. En arrière plan, nous observons un désir insatiable d'aller jusqu'au bout, jusqu'à la réussite, qui leur a permis de surmonter les obstacles et d'aller de l'avant, pendant des années. Il en est de même dans le domaine du yoga et de la religion, c'est-à-dire dans l'effort qui conduit à l'union divine. Jésus a dit « bénis soient ceux qui ont soif de justice car ils seront exaucés » et il a aussi dit « cherchez et vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira ». C'est la formule magique, le désir qui nous pousse vers notre but et engendre les actions nécessaires pour atteindre ce but. Le désir continuel est comme le combustible. L'action quotidienne est comme le feu. Le mot « continuel » est important, ainsi que le mot « but ». Si les deux ne sont pas réunis, les désirs sont éparpillés, les actions ne sont pas ciblées et pas grand-chose ne se produit. Mais avec les deux on peut tout réussir. Si nous cultivons notre désir d'être tout le temps focalisé sur notre but particulier, par exemple la réalisation de l'union divine, alors c'est un type particulier de désir que nous cultivons. On le nomme « dévotion ». La dévotion est l'écoulement continu du désir vers un objet ou un but. Le concept de dévotion nous est familier. C'est ainsi que l'on peut expliquer le succès de ceux qui réussissent « oh, elle est tellement dévouée à son travail ». Egalement des grands mystiques « oh, elle est si dévouée à Dieu ». Ce n'est pas une coïncidence que l'on trouve la dévotion et la grandeur associées. La première conduit invariablement à la seconde. La seconde ne peut se manifester sans la première. Quelle que soit la façon dont vous concevez l'illumination, quelle que soit la tradition ou la croyance à laquelle vous adhérez, quel que soit ce qui vous inspire à aller vers un développement spirituel, cultivez cela. C'est le moteur de la pratique. C'est ce qui nous soutient dans notre pratique quotidienne aussi longtemps que nécessaire. Par la pratique, notre expérience spirituelle augmente ce qui fait croître notre dévotion. Une dévotion accrue intensifie notre attachement à la pratique et une pratique à laquelle on se donne davantage produit encore plus d'expérience divine ce qui accroît encore la dévotion. C'est la façon dont on progresse, la dévotion qui accroît la pratique, qui accroît l'expérience divine, qui accroît la dévotion et ainsi de suite. La dévotion maintenue à un haut niveau d'intensité par tous les moyens possibles est la meilleure compagne de l'aspirant. Ce n'est pas toujours facile dans la vie d'être en permanence consumé par la faim et la soif spirituelles, mais cela nous place sur la voie royale qui conduit à l'illumination. Une dévotion intense à transformer nos vies au moyen des pratiques avancées de yoga nous assure que ce qui doit être fait sera fait. Et puisque l'on parle de ce qui doit être fait, abordons maintenant l'étape suivante qui consiste à développer l'habitude de cultiver le silence intérieur sur une base quotidienne. Parlons de la méditation. Leçon 13 : Faire germer la graine Notre mental a une capacité naturelle à être silencieux. Lorsqu'il devient silencieux nous entrons en contact avec notre génie. Albert Einstein disait que les idées qui l'ont conduit à la découverte de la théorie de la relativité lui étaient venues lors de moments de réflexion silencieuse. Mozart entendait ses sonates et ses symphonies résonner dans les recoins silencieux de son esprit. Tout ce qu'il avait à faire c'était de les mettre par écrit. Tout le monde connaît l'histoire de Newton qui a découvert la loi de la gravité en faisant la sieste sous un pommier. Qu'une pomme lui soit réellement tombée sur la tête ou non, personne n'en sait rien, mais il ne fait aucun doute que c'est dans la tranquillité que son esprit à révélé un trésor de connaissance. Nous pourrions donner d'autres exemples encore, mais vous avez compris ce dont je parle. L'esprit silencieux a une grande créativité. Mais ce n'est pas tout. L'esprit silencieux est apaisé, plein de béatitude, sain, et ces qualités transparaissent à travers la personne et influent sur son entourage. Les gens qui savent cultiver un esprit apaisé non seulement sont en contact avec leur créativité, mais ils irradient aussi une jeunesse d'esprit et un optimisme qui affecte tous ceux qui sont proches. Ils ont de « bonnes vibrations ». Nous avons précédemment parlé de conscience (l'observateur), et du monde objectif (l'observé). La nature essentielle de notre conscience est le silence béatifique. C'est ce qui est derrière l'esprit, en arrière plan, et qui est expérimenté lorsque l'esprit devient immobile. C'est un réservoir infini des qualités citées plus haut, le royaume de ce que nous nommons Dieu, toujours présent, en nous même. C'est la raison pour laquelle dans les Psaumes nous pouvons lire: « Sois silencieux et sache que je suis Dieu ». Pour accéder au divin tout ce que nous avons à faire c'est apprendre comment accéder à ce silence.
  • 12. La méditation est le processus qui consiste à permettre de façon systématique à l'esprit de devenir silencieux à des moments bien précis chaque jour. En procédant ainsi quotidiennement pendant des semaines, des mois et des années, le silence intérieur et la conscience deviennent progressivement plus évidents lorsque l'esprit est actif en dehors des moments de méditation, enrichissant ainsi la vie ordinaire. Par la méditation, la relation entre la conscience et le monde change petit à petit. C'est le processus d'union produit par le yoga. C'est la première étape. Une fois que le silence béatifique commence à s'établir dans notre vie de tous les jours, de nombreuses autres choses peuvent être faites pour l'accroître et l'étendre davantage. Mais il nous faut en premier lieu établir une base dans la conscience, faire germer la graine du silence intérieur de qui nous sommes pour ainsi dire. Nous avons dit précédemment que notre esprit a une capacité naturelle à devenir silencieux. Dans la méthode de méditation profonde que nous allons pratiquer ici, nous nous servirons de cette capacité naturelle. En fait dans toutes les pratiques que nous apprendrons ici (et il y en a pas mal), nous nous servirons de nos capacités naturelles. L'idée est de vous montrer comment utiliser les capacités qui sont déjà en vous. Nous utiliserons seulement quelques leviers ici ou là pour activer nos capacités naturelles. Le reste dépendra de vous. Si vous mettez en application ce que vous apprendrez dans ces leçons et si vous vous y tenez, un jour vous réaliserez que vous êtes une machine à fabriquer de la béatitude de façon permanente, bien au-delà de ce que l'on peut imaginer. Oui, c'est ce que nous sommes. La méditation est la première étape, le premier pas. Des pensées nous viennent dès la première seconde après notre réveil et cela se poursuit jusqu'à la dernière seconde avant de nous endormir le soir, et il nous en vient encore pendant que nous rêvons. Et pourtant nous avons dit que le silence est une capacité naturelle de l'esprit. Comment cela est-il possible? Nous utiliserons une pensée pour y parvenir. Pas n'importe quelle pensée. Une pensée particulière que l'on appelle un «mantra ». Et nous utiliserons une façon particulière de penser ce mantra qui permet à l'esprit de faire ce qu'il sait faire facilement quand on lui en donne l'opportunité, je veux dire de s'apaiser. Il est vrai que n'importe quelle pensée peut être utilisée pour méditer, cela a été amplement démontré par les chercheurs ces trente dernières années. Mais nous utiliserons une pensée particulière qui a certaines propriétés vibratoires et qui produit un certain effet sur le système nerveux. C'est également une pensée qui permet d'accéder par la suite à des techniques plus avancées, nous en reparlerons le moment venu. Le mantra que nous allons utiliser pour commencer est le suivant: ...I AM...1 Nous ne nous focaliserons pas sur la signification de I AM (JE SUIS) pendant la méditation. Bien sûr il a une signification sacrée dans la tradition judéo-chrétienne en particulier, et il offre une similarité avec les sons sacrés que l'on trouve dans d'autres traditions. Mais ici c'est le son qui nous intéresse, pas sa signification. C'est le son que nous utiliserons, intérieurement. Nous recherchons la qualité vibratoire profonde du son quand il est utilisé correctement dans le mental et le système nerveux. C'est probablement en raison de ces effets profonds dans l'être humain que I AM (AYAM) a été révéré depuis des siècles. Pour ce qui nous concerne, nous nous attacherons à utiliser correctement le mantra dans notre pratique de la méditation. C'est ainsi que nous obtiendrons les meilleurs résultats. Voici comment l'utiliser: Installez-vous tranquillement et confortablement dans un lieu où vous ne serez pas dérangé, asseyez vous sur un siège avec un dossier de préférence. Choisissez un endroit où vous pourrez rester assis pendant vingt minutes les yeux fermés sans être interrompu. Une fois que vous serez bien installé, fermez doucement les yeux. Vous remarquerez que des pensées se succèdent dans un courant ininterrompu. Très bien, observez les sans vous en préoccuper. Puis après une minute, introduisez doucement la pensée ...I AM... (AYAM) et commencez à la répéter mentalement sans effort, facilement. Si votre esprit s'évade vers d'autres pensées ne vous en inquiétez pas, c'est normal et naturel. Simplement revenez au mantra lorsque vous vous rendez compte que vous n'êtes plus en train de le répéter. C'est tout ce qu'il y a faire. Répétez le mantra intérieurement, facilement, silencieusement, sans effort. Lorsque vous vous rendez compte que vous n'êtes plus en train de le penser, revenez-y sans effort. Le but n'est pas de se focaliser dessus. Le but est de suivre le simple processus de la répétition du mantra, de le perdre et d'y revenir quand vous l'avez perdu. Ne résistez pas si le
  • 13. mantra tend à devenir moins distinct. Penser le mantra n'implique pas une prononciation claire du mantra. I AM (AYAM) peut être expérimenté à différents niveaux du mental et du système nerveux. Quand vous y revenez, revenez à un niveau qui est confortable, sans rechercher une prononciation claire ou floue. Pratiquez de cette façon là pendant vingt minutes puis, tout en gardant les yeux fermés prenez quelques minutes de repos avant de vous lever. Pratiquez ainsi deux fois par jour, le matin avant de commencer votre journée puis avant de commencer vos activités du soir. Mieux vaut pratiquer avant les repas, car la digestion peut interférer avec le processus de méditation. Prenez la résolution de pratiquer ainsi quelques mois. Laissez à la pratique le temps d'agir. Vous serez étonné des résultats et vous voudrez pratiquer toujours davantage. C'est tout pour le moment. Dans les leçons suivantes nous entrerons dans le détail du processus et des résultats obtenus par la méditation. Après cela nous commencerons à utiliser une autre capacité naturelle que nous avons tous, notre capacité à utiliser le souffle pour faire se mouvoir le silence en nous en une extase sans fin. Leçon 16 : Il ne se passe pas grand-chose Q: Merci pour vos instructions sur la méditation, mais ça n'a pas l'air de marcher pour ce qui me concerne. Je répète le mantra et il ne se passe rien. Je pars dans mes pensées et ensuite je reviens au mantra quand j'y pense, comme vous avez dit de faire, et ça dure comme ça pendant vingt minutes. C'est parfaitement ennuyeux. Est-ce que c'est une technique qui ne me convient pas? R: Notre système nerveux est programmé pour faire l'expérience du silence divin. Nous avons été crées pour cette expérience. Personne ne fait exception. Cependant le système nerveux de chacun d'entre nous contient des obstructions qui doivent être défaites et éliminées. Des vies entières d'impuretés accumulées empêchent notre état naturel de se manifester et nous barrent la route vers l'intériorité. Le but des pratiques de yoga est d'ôter ces impuretés. Le yoga est un processus de nettoyage. C'est ce nettoyage qui amène l'union entre notre être intérieur et notre nature extérieure. Pendant la méditation, nous savons que le processus fonctionne lorsque nous perdons le mantra pour nous rendre compte quelques instants plus tard que nous sommes partis sur d'autres pensées. Pendant la pratique de la méditation, ces autres pensées sont ce qui nous montre que quelque chose a été relâché, défait. Une fois que nous nous en sommes rendu compte nous revenons au mantra et nous continuons le processus. Il est important de ne pas forcer avec le mantra, de ne pas rechercher une prononciation mentale claire, de ne pas non plus rechercher une prononciation vague, en fait il ne faut pas chercher quoi que ce soit, simplement prendre facilement comme ça vient. Si nous développons cette habitude de facilité, le mental s'installera dans son propre silence de façon naturelle. C'est un processus naturel de l'esprit que nous facilitons. Jusqu'à présent, toutes nos pensées conscientes étaient dirigées vers l'extérieur pour manifester le mental dans le monde. Le mantra I AM (AYAM) au contraire nous tourne vers l'intérieur, vers une dé- manifestation, il nous emmène à la source de nos pensées, la source de notre être, la pure conscience qui est sans limite. Mais l'expérience que nous en avons ne correspond pas toujours à cela. Bien souvent nous perdons le mantra, puis après être resté quelques instants sans pensée et sans mantra, lorsque nous prenons conscience que nous sommes à nouveau parti dans des pensées nous revenons au mantra. Le processus de nettoyage se poursuit de cette façon là. C'est une méditation parfaite. C'est l'habitude que nous voulons cultiver tous les jours car c'est elle qui nous conduit vers l'infini. Nous aurons des expériences au fur et à mesure que le processus de nettoyage se poursuit. Mais les expériences, ou leur absence, ne servent pas de mesure à la qualité de notre méditation. Le procédé est très spécifique et il se peut très bien que nous ne ressentions pas l'expansion intérieure tel ou tel jour. D'une certaine façon, c'est comme de creuser pour déterrer un trésor. Bien creuser consiste à ôter la terre d'une façon qui soit efficace pour arriver au coffret plein d'or qui nous attend. Bien sûr, l'action de creuser ne ressemble pas au trésor que nous recherchons, mais pourtant c'est bien elle qui nous mènera à l'or que nous souhaitons. Ce qui est bien avec la méditation, c'est que souvent nous aurons un aperçu du trésor pendant que l'on creuse, et même aussi lorsque l'on ne creuse pas, dans notre activité
  • 14. quotidienne. Notre expérience de l'or s'accumule ainsi avec le temps quand nous méditons tous les jours. Puis un jour nous réalisons que nous sommes nous même l'or tant recherché. Nous nous y sommes tenu pendant longtemps et tout a changé. Dès le premier jour nous commençons à voir les choses différemment, car par ce nettoyage intérieur nous devenons cela qui sous-tend le monde. Dès le tout début nous étions cela. Avec le yoga, nous nettoyons la fenêtre de notre système nerveux pour développer une perception claire de ce qu'est la vérité. C'est ce que nous sommes. Le mystère de la vie se dévoile. Nous sommes ce qui sous-tend toute chose. Nous sommes la béatitude éternelle! Alors il faut vous y tenir. Entretenez en permanence le feu de votre désir de connaître la vérité en vous. Cela vous permettra de persévérer. En cours de route vous aurez des indications positives qui se manifesteront. Continuez à suivre le processus de la méditation pendant vingt minutes tous les jours, deux fois par jour. Au fur et à mesure que votre expérience s'approfondira vous n'aurez plus envie d'arrêter, parce que c'est votre propre soi que vous révélez en facilitant cette capacité naturelle à plonger en vous- même. En temps voulu, nous ajouterons des techniques de yoga avancées qui accroîtront grandement la puissance de la méditation. Si le tuyau du jardin ne permet pas d'enlever toute la saleté rapidement, alors nous pouvons avoir recours à un jet sous pression. Leçon 15 : je ressens l‟agitation Q: Après avoir commencé, j'ai ressenti une paix et un calme agréables pendant quelques jours. Ensuite une certaine agitation s'est installée pendant la méditation et je deviens irritable pendant la journée. Que se passe-t-il? R: Bien que le nettoyage du système nerveux au moyen de la méditation semble être un processus simple, il n'en est pas moins délicat. La procédure que nous utilisons est simple, nous pensons le mantra sans effort, nous le laissons devenir plus subtil de lui même, nous perdons le mantra, puis lorsque nous nous en rendons compte nous y revenons, toujours sans effort, sans essayer de le penser clairement ou de façon vague, et ainsi de suite pendant vingt minutes deux fois par jour. Mais ne vous fiez pas à cette simplicité. Ne prenez pas cette façon de faire à la légère. C'est une technique avancée et puissante. Nous donnons la possibilité à des obstructions qui se sont accumulées profondément en nous même depuis des vies de se défaire de façon naturelle. Ce sont ces stress et ces tensions inscrits dans notre système nerveux qui restreignent notre vision de la vérité en nous et autour de nous. Nous avons certaines de ces restrictions depuis notre naissance, mais d'autres ont été accumulées dans cette vie-ci. Tout cela est défait petit à petit, morceau par morceau, pendant la méditation. C'est une vaste tâche avec des répercussions profondes. Si le processus de purification est légèrement déséquilibré, on peut ressentir de l'inconfort, de l'agitation, de l'irritabilité, des sensations physiques désagréables, de la nervosité, des pensées désagréables. Des choses comme ça. Heureusement il existe des moyens d'équilibrer le processus de méditation lorsqu'il y a de l'inconfort. La première chose à faire est de bien prendre son temps pour sortir de méditation. Même si vous avez l'impression qu'il ne se passe pas grand-chose, néanmoins un processus de nettoyage a été mis en route par la méditation, alors si vous sortez brusquement de méditation, sans période de repos intermédiaire, vous pouvez vous sentir irritables pendant quelque temps, voire même pendant toute la journée. Ne vous en prenez pas à vos proches, à vos amis ou à vos collègues de travail, voyez les choses pour ce qu'elles sont, c'est- à-dire un déséquilibre dans votre pratique. Prenez toujours quelques minutes pour sortir de méditation en ne faisant rien, détendu, sans penser le mantra. Cela permet aux stress et aux tensions libérés pendant la méditation de se dissiper doucement. Ainsi quand vous vous lèverez, vous vous sentirez léger et reposé. Si ce n'est pas le cas c'est que probablement vous ne prenez pas suffisamment de temps. Donc prenez un temps de repos suffisant à la fin de façon à ce que la transition entre la méditation et l'activité se fasse sans heurt. Vous pouvez même vous allonger un moment si vous le souhaitez. Ca dépend de chacun. Trouvez ce qui est le mieux pour vous pour sortir de méditation. Certaines personnes réagissent vite à la pratique et ont des résultats visibles très vite. C'est une bonne chose et si vous faites partie de ceux là vous êtes chanceux, mais il faut veiller à l'équilibre de votre routine pour ne pas ressentir d'inconfort en raison du nettoyage rapide que vous faites. Si de vous allonger quelques instants après vos vingt minutes de méditation ne suffit pas, alors il peut être nécessaire de réduire votre temps de méditation à quinze minutes. Et si vous ressentez toujours de l'inconfort, essayez dix minutes. Trouvez ce qui vous convient et prenez toujours le temps de sortir doucement de méditation.
  • 15. Il arrive parfois que l'on ressente un inconfort physique pendant la méditation. Ceci est habituellement un symptôme de relâchement des obstructions dans le système nerveux. Si cela interfère avec le processus de méditation, laissez le mantra quelques instants et portez l'attention sur cet inconfort. Laissez votre attention dessus un moment, cela devrait suffire à le dissoudre naturellement. Une fois que c'est fait, revenez au mantra et poursuivez la méditation. Comptez le temps passé à porter l'attention sur votre inconfort comme faisant partie de votre temps de méditation. Si la sensation ne se dissout pas, allongez vous un moment jusqu'à ce qu'elle disparaisse. C'est une bonne chose qui se produit car cela indique que l'on se débarrasse d'une obstruction importante. Laissez la partir facilement, de façon naturelle. La même chose s'applique si vous êtes submergé par une vague de pensées que vous ne maîtrisez pas et qui peut ou non être accompagnée de sensations physiques. Si vous n'arrivez pas à revenir facilement au mantra, soyez avec les pensées jusqu'à ce qu'elles se dissipent suffisamment pour pouvoir revenir facilement au mantra. Il faut bien se rappeler que la méditation n'est pas une lutte contre l'activité mentale ou physique qui se présente. Celle-ci n'est que le symptôme du relâchement des obstructions profondément ancrées dans notre système nerveux. Nous les laissons partir. Tout ce que nous avons à faire c'est de suivre la procédure facile de penser le mantra pour permettre au nettoyage intérieur de se faire. Ce n'est pas une guerre que nous menons au niveau conscient de l'esprit. On ne peut pas gagner de cette manière là, ce n'est pas possible. Nous travaillons de l'intérieur, dans et au-delà du mental subconscient. Et pour cela nous devons permettre à la capacité naturelle de l'esprit de nous conduire vers l'intérieur. Donc apprenez à penser le mantra sans effort et laissez le pénétrer. La méditation est le moyen le plus efficace d'agir profondément dans le subconscient et de le nettoyer. Avec la méditation, nous allons facilement au-delà du mental subconscient jusqu'à notre conscience sous-jacente, la source de tout ce qui est vrai et évolutif. C'est notre conscience qui ôte les obstructions intérieures, si nous lui en donnons la possibilité au moyen de la méditation. Dans le temps, au fur et à mesure que les obstructions sont enlevées, nous expérimentons de plus en plus de silence paisible dans notre vie de tous les jours. C'est le début de notre illumination, notre état naturel. Donc continuez à nettoyer la fenêtre de votre système nerveux tous les jours. Leçon 16 : de la Félicité Q: Je suis rempli de béatitude depuis que j'ai commencé à méditer. Je m'assois et je pense I AM (AYAM) quelques fois et me voilà plongé dans un silence vibrant. Hier je suis resté plongé pendant dix minutes avant que je ne m'en rende compte. J'ai pensé I AM (AYAM) et me voilà parti dans la félicité. J'ai un tel sentiment de gratitude. Je suis de tradition catholique et jusque là il m'était difficile de me relier aux traditions orientales, bien que je perçoive qu'il y a beaucoup de richesse dans ces enseignements. Cela semble être une approche merveilleuse, un pont. Je me sens plus proche du Christ. Est-ce réel? R: C'est lorsque notre expérience s'accroît, se stabilise à un niveau plus élevé, puis croît encore sans jamais cesser de s'étendre que nous trouvons la réponse à la question: est-ce bien réel? La réponse est en vous. C'est la vérité de la vie spirituelle, au fur et à mesure que nous nous ouvrons de l'intérieur, l'expérience se valide d'elle-même. Il n'y a nulle part ailleurs où aller chercher pour trouver la preuve. Une fois que nous savons, la vie devient un voyage de découverte de soi, joyeux et qui n'a jamais de fin. Dans de telles conditions, la vie humaine ressemble à un caléidoscope de félicité. Jésus a dit: « recherchez d'abord le royaume des cieux et le reste vous sera donné de surcroît ». La félicité est notre droit de naissance. Il est temps pour nous de nous avancer et de le réclamer en éveillant les capacités naturelles avec lesquelles nous sommes nés. Pour la plupart d'entre nous le voyage est long. Il nous a fallu longtemps pour arriver au point où nous en sommes, complètement coupés de notre nature véritable. Il tombe sous le sens qu'il nous faudra un certain temps pour nous ouvrir à nouveau, même avec les meilleurs outils. Parfois nous expérimenterons une vision claire de la félicité qui monte en nous comme des bulles. A d'autres moments nous aurons l'impression d'être bloqué, ou bien comme si nous n'avancions plus dans nos méditations quotidiennes. Le processus peut prendre de nombreuses formes. Avec du temps la félicité finira par l'emporter et nous finirons par voir le monde comme nous ne l'avions jamais vu. Nous verrons la félicité jaillir de partout, constamment. Un tuyau encrassé ne peut rester bouché pour toujours, surtout si nous y envoyons tous les jours l'eau pure de la conscience pour le nettoyer.
  • 16. Donc si la félicité que vous ressentez est un trésor, qui est sûrement réel, gardez à l'esprit qu'il y aura des cycles d'expériences au fur et à mesure que vous progresserez dans votre méditation. Parfois vous vous sentirez comme vous vous sentiez lorsque vous écriviez à propos de votre félicité, à d'autres moments, vous ne percevrez guère cette félicité car un nettoyage profond sera en train de s'effectuer. Il pourra même se produire que vous ayez la sensation de ne plus avancer, comme si vous aviez atteint un palier que vous n'arrivez pas à dépasser. Continuez à méditer quoi qu'il advienne. Sur le long terme ce qui compte c'est votre pratique quotidienne. Quelle que soit l'expérience, si notre pratique est correcte et consistante, nous en obtiendrons les résultats à terme. Vous ferez l'expérience de nombreuses émotions en lien avec votre cheminement, de l'émerveillement, de la gratitude, de l'impatience, de l'ennui, de la colère, de la frustration, de la douleur... quels que soient les sentiments que nous éprouvons, qu'ils soient une incitation à nous engager encore davantage dans notre pratique. Si vous pouvez transmuer vos sentiments, quels qu'ils soient, en un désir incessant de pratiquer tous les jours, alors vous ne pourrez pas échouer. Car vous serez vraiment dévoué à votre pratique. Ceux qui sont ainsi dévoué à ce qu'ils font finissent toujours par réussir, à un moment ou à un autre. Votre désir sera toujours l'ingrédient essentiel. Cultivez le bien. Leçon 17 : Was I asleep ? Q: Je crois que je me suis endormi pendant la méditation, bien que je ne pense pas avoir perdu conscience. On aurait dit que j'étais éveillé, mais je n'avais plus conscience du temps ou de quoi que ce soit. Puis je me suis rendu compte que ma tête était sur ma poitrine, alors j'ai regardé ma montre. Il s'était écoulé trente minutes. J'avais l'impression d'être plutôt groggy et comme je sentais qu'il valait mieux que je ne me lève pas tout de suite, je me suis allongé un moment. Ensuite je me suis senti tout à fait bien. Est-ce que je dormais? R: Pas d'expérience sensorielle, pas de mantra, pas de pensée mais toujours conscient... Est-ce que vous dormiez? Probablement pas. La méditation engendre parfois un état qui ressemble au sommeil, comme celui que vous décrivez, mais avec des paramètres physiologiques différents. Le métabolisme descend beaucoup plus bas que dans le sommeil. Le cœur et le souffle ralentissent davantage que dans le sommeil, jusqu'à être pratiquement arrêtés. Le corps et l'esprit sont dans un état de complet silence alors que l'on est toujours éveillé à l'intérieur. Le niveau de repos dans le corps et l'esprit pendant la méditation est plus profond que pendant le sommeil. C'est une sorte de repos différent qui élimine les impuretés, les obstructions qui font obstacle à la conscience et que le sommeil ne peut atteindre. Cependant, la méditation n'est pas un substitut au sommeil qui a sa propre dynamique dans le cycle quotidien de récupération. Les gens qui méditent depuis des années peuvent avoir besoin de moins de sommeil en raison de la pureté plus grande de leur système nerveux. Ce n'est pas que la méditation remplace le sommeil. C'est que le corps et l'esprit se sont progressivement purifiés dans le temps et que le corps a besoin de moins de moins de purification pendant son cycle de sommeil. C'est la pureté résultant de la pratique de la méditation pendant longtemps et des autres pratiques avancées de yoga qui généralement réduit le besoin de sommeil. Avec le temps, la conscience reste présente vingt quatre heures sur vingt quatre. A ce moment là toutes les activités quotidiennes, le rêve et le sommeil profond sont comme un film qui passerait sur l'écran silencieux et plein de béatitude de notre conscience. Dans cet état nous ne sommes plus jamais endormi. Tel est le genre de liberté et de bonheur que nous sommes tous capables de réaliser de façon naturelle, notre droit de naissance inaliénable. Vous avez fait exactement ce qu'il fallait lorsque vous vous êtes allongé à la fin de votre session jusqu'à vous sentir frais et dispos. C'est un autre cas où un repos supplémentaire est nécessaire après la méditation. Beaucoup de nettoyage a été effectué pendant la méditation. Toutes sortes de choses et d'expériences peuvent se produire, allant du sublime au ridicule. Cela fait partie du même processus qui consiste à penser facilement le mantra et à le laisser s'affiner. Alors la purification se produit. Nous laissons les choses se faire. Puis lorsque nous en devenons conscient, nous revenons au mantra et nous laissons le mental plonger à nouveau. Ce procédé répété deux fois par jour pendant vingt minutes va progressivement transformer notre vie en félicité. Rappelez vous de compter les expériences que vous pouvez avoir quand vous n'êtes plus avec le mantra comme étant inclues dans votre temps de méditation. Ce n'est pas un problème que vous vous soyez rendu compte du temps passé au bout de trente minutes. Cela fait partie de votre méditation. Quand quelque chose comme ça se produit et que vous dépassez le temps, veillez à vous
  • 17. accorder un temps de repos suffisant pour finir votre session. Si vous maintenez votre méditation équilibrée avec le temps de repos adéquat à la fin, vous en ressortirez toujours revivifié et prêt pour reprendre vos activités. Leçon 18 : trouver le Temps Q: Je trouve la méditation très relaxante et j'ai envie de continuer, mais deux fois par jour ce sera difficile pour moi. Je voyage beaucoup et j'ai une femme et des enfants que j'adore et avec qui je passe du temps quand je suis à la maison. J'ai peu de temps pour la méditation. Que conseillez-vous? R: Nous qui avons une famille, une vie bien remplie et des responsabilités, nous avons un grand avantage quand il s'agit d'utiliser la méditation, en supposant que nous ayons le temps de pratiquer. Ceci parce que l'évolution de l'illumination dépend de l'interaction régulière entre la conscience et le monde dans lequel nous vivons. Comment pourrions nous connaître la nature véritable du monde si nous n'étions pas dedans, si nous ne stabilisions pas le silence béatifique dont nous faisons l'expérience dans notre activité de tous les jours? Le tout c'est d'arriver à trouver le temps de faire nos deux méditations par jour pour en retirer les bénéfices. Le fait de « trouver le temps » est le test de notre désir, de notre dévotion envers ces possibilités qui sont en nous. C'est un test auquel nous faisons tous face tous les jours, de faire les choses que nous voulons faire et qui nécessitent une certaine discipline. En vérité, cela ne dépend pas vraiment du temps que nous avons ou que nous n'avons pas. Il s'agit de décider de ce qui est important pour nous et de faire ce qu'il faut pour. Personne ne peut décider à votre place de ce qui est important pour vous. Il n'y a que vous qui pouvez le savoir. C'est votre choix, cela dépend uniquement de vous. Mais, vous savez, vous avez une petite voix intérieure. Quelque chose en vous qui vous incite à expérimenter davantage, toujours vers plus. La graine veut grandir pour devenir ce grand arbre majestueux couvert de fleurs qui embaument. Elle doit le faire. Nous sommes appelés par ce courant d'évolution qui est en nous. Quels que soient les événements de notre vie, le courant sera là. Et ce n'est pas que nous, c'est tout le monde, et nous rendons un grand service à tous en décidant de le cultiver, tout d'abord en favorisant ce désir, puis avec les pratiques qui font monter en nous la paix et la félicité de façon naturelle. Maintenant que la décision de pratiquer la méditation est prise, il faut passer aux considérations pratiques. Comment trouver le temps? C'est du domaine de la vie ordinaire. Où trouvons nous le temps de nous brosser les dents, de nous laver, de manger correctement, de faire la vaisselle, de payer les factures et de descendre la poubelle? Ce sont des choses que nous faisons parce que nous savons qu'elles doivent être faites. Nous les faisons parce que nous savons que si nous ne les faisions pas, notre vie deviendrait invivable, que nous ne nous sentirions pas bien. Nous pourrions très bien ne rien faire de tout cela pendant un certain temps, mais nous savons que, au bout du compte, nous serions rattrapés par toutes ces obligations. Les gens qui pratiquent la méditation de façon régulière savent qu'un sentiment similaire se développe. Ils savent qu'il faut s'y mettre sinon le résultat ne sera pas au rendez- vous et la vie ne leur donnera pas tout ce qu'elle peut leur donner. Ils arrivent à la même conclusion en ce qui concerne la méditation qu'en ce qui concerne le fait de se brosser les dents, de se laver ou de vider la poubelle. Donc ils font de la méditation une habitude. Mais il y a bien des circonstances où la méditation est impossible? Vous êtes en avion à cinq heures de l'après midi avec une heure de vol avant d'arriver chez vous? Facile, méditez dans l'avion. Mais il y a le bruit, les secousses de l'avion, les turbulences... Tout cela n'a pas d'importance. Dans la méditation, vous traitez tout cela comme vous traitez les autres diversions du mantra. Revenez sans effort au mantra quand vous vous rendez compte que vous êtes parti dans vos pensées, que vous vous êtes laissé attirer par le bruit, les mouvements du corps ou de l'environnement ou quoi que ce soit d'autre. Il n'est pas difficile de méditer en avion ou en train, en voiture (pas si vous conduisez !), dans des salles d'attente, où que ce soit, quand vous n'avez pas besoin d'être en relation avec les autres pendant un moment. Bien sûr le mieux c'est à la maison dans son espace habituel de méditation. Mais lorsque vous ne pouvez pas faire autrement, dès qu'il y a une opportunité, saisissez là. Si ce n'est pas possible de méditer à votre heure habituelle, alors faites le à un autre moment de la journée, plus tôt ou plus tard. Ne prenez pas l'habitude de méditer avant de vous coucher cependant. C'est mieux que de ne pas méditer du tout, mais il vaut beaucoup mieux avoir un peu d'activité après la méditation. Le processus de purification et d'intégration de la conscience dans le
  • 18. système nerveux s'accomplit mieux pendant l'activité que pendant le sommeil. En fait, si vous méditez juste avant de vous coucher, vous risquez de ne pas vous endormir tout de suite. Essayez une fois et voyez ce qui se passe. Admettons qu'en rentrant du travail vous vous souveniez que vous devez sortir dîner avec des amis et que vous devez partir dans une demie heure. C'est le temps qu'il vous faut pour caser votre méditation. Mais cette fois-ci vous ne disposez pas de ce temps. Que faire? Asseyez vous cinq minutes, dix minutes ou un quart d'heure, selon ce qui est possible. Utilisez le temps dont vous disposez du mieux que vous pouvez, tout en respectant le temps de repos à la fin, et sans rater votre rendez-vous. Il existe mille et une façons de caser sa méditation si vous le souhaitez vraiment. Que cela ne devienne pas une habitude pour autant. Si vous prévoyez à l'avance, vous aurez le temps qu'il vous faut quatre-vingt dix neuf pour cent du temps. Quand les choses ne vont pas comme vous le voudriez, vous pouvez toujours faire quelques plongées dans votre conscience de pure félicité. Cela aide à cultiver votre habitude de méditation et vous met en contact avec votre paix et votre félicité intérieures. Chaque petit moment de méditation est un grand pas en avant. Votre succès viendra de votre vouloir ainsi que de faire chaque jour du mieux que vous pouvez pour pratiquer. Si vous le faites, cela améliorera certainement votre activité dans une vie de tous les jours bien remplie. C'est l'une des meilleures choses que vous pouvez faire pour votre famille. Sur le long terme cela créera comme quelque chose de magique dans leur vie, et les résultats seront tangibles. Leçon 19 : suivre une tradition ? Q: Je pratique le yoga et la méditation depuis cinq ans (une autre sorte) et je ne suis pas sûr de la façon dont il faut procéder. Votre méditation est très bien. J'en ai fait l'expérience tout de suite. Je ne devrais même pas être ici car la tradition que je suis interdit d'apprendre d'autres techniques. Que faut il que je fasse? R: Comme nous l'avons dit dans la page d'introduction, ces leçons n'ont pas pour objet de promouvoir un quelconque point de vue sectaire. Elles ne s'opposent pas non plus à des traditions qui proviennent des enseignements d'un individu donné ou d'une lignée de maîtres. Chaque chose à sa raison d'être. C'est à chacun de peser le pour et le contre des différentes approches et de choisir avec soin une voie qui promet d'obtenir les meilleurs résultats. Chacun est différent. En même temps, chacun a le même potentiel, car nous sommes tous tissés avec le même fil divin: la pure conscience de béatitude silencieuse. Si nous entrons en contact avec elle tous les jours et que nous la cultivons sans discontinuer et avec des moyens de plus en plus puissants, nous ne pouvons pas faillir. Si votre voie vous correspond bien, restez-y. Si avec le temps vous vous y accomplissez, c'est que vous êtes au bon endroit. Cependant, si votre voie vous convient bien mais qu'il vous semble quand même qu'elle ne vous apporte pas tout à fait ce que vous en attendiez, ayez le courage et la souplesse de trouver ce manque pour le combler. Au bout du compte, c'est vous qui développerez la conscience de félicité, par vos propres efforts au moyen de la dévotion et par la mise en pratique des techniques les plus efficaces que vous pourrez trouver. Ce point de vue peut sembler aller à l'encontre des traditions qui insistent sur le fait que l'on ne peut obtenir le salut par d'autre moyen que celui qu'elles proposent. En admettant que ce soit vrai cette approche ferme la porte à l'étude et à la recherche scientifique des techniques de transformation spirituelle de l'homme. Les méthodes de la science occidentale ont beaucoup à offrir de ce point de vue ; des approches hautement intégrées et collaboratives pour découvrir et mettre en application la connaissance. Le succès de la science occidentale a été sidérant dans de nombreux domaines. Il est temps que ces méthodes de développement de la connaissance soient appliquées pour tout ce qui concerne la connaissance spirituelle. Ces leçons sont le résultat d'un travail de recherche concernant de nombreuses pratiques de yoga avancées sur une longue période. Le fruit de ce voyage a été la mise en place d'un système intégré de pratiques. Si vous trouvez ici quelque chose qui aide votre progrès, c'est très bien. Si, en même temps cela crée une friction avec votre tradition actuelle, il faudra que vous décidiez par vous- même ce qui vous convient de faire. Au bout du compte, la réponse se trouve en vous. Suivez votre cœur. Le conflit potentiel n'est pas une mauvaise chose. Il teste votre résolution et vous aide à aller vers la vérité. Les traditions spirituelles vénérables sont de grande valeur. Mais il faut bien constater que les temps changent et aujourd'hui nous voyons l'émergence d'approches plus ouvertes dans l'examen et la mise en pratique de la connaissance spirituelle et bien adaptées
  • 19. aux pratiquants spirituels avisés. A long terme, cela aura des effets profonds pour l'humanité toute entière. Il y a du changement dans l'air et c'est une bonne chose. Leçon 20 : illumination sans Dieu Q: Je suis athée. C'est un ami qui m'a parlé de ce groupe. Franchement je trouve ce qui a trait à la religion ennuyeux. Mais j'ai essayé la méditation par curiosité, et j'ai été agréablement surpris. J'aimerais continuer car ça me calme les nerfs, et je reste curieux de savoir ce que je pourrais découvrir sur moi-même. Cela ne m'empêche pas de rester athée ! L'illumination sans Dieu est-ce que cela existe? R: Il y a illumination avec ou sans Dieu. Ceci parce que l'être humain est de par sa nature susceptible d'accéder à l'illumination, d'atteindre un niveau plus élevé d'évolution, indépendamment du système de croyance utilisé. Nous pouvons dire que tout ce qui existe va dans cette direction, en commençant par les pierres et en passant par tous les règnes du vivant. Tout va de l'avant. L'humanité ne fait pas exception. En tant qu'êtres humains nous avons cette faculté supplémentaire de pouvoir consciemment accélérer le processus, de choisir une voie rapide, c'est le but des techniques avancées de yoga. Nous pouvons mettre un turbo sur le processus d'évolution. Il y a toujours eu une mystique autour de l'évolution spirituelle de l'homme. C'est une mystique pratique, une mystique avec un but. La conception de Dieu développée par l'homme a été une structure de relation nécessaire. Elle a permis à l'homme de s'abandonner à sa destinée la plus haute, et de s'en approcher avec enthousiasme. Et c'est ce qu'est la croyance en Dieu lorsqu'elle est bien comprise, une croyance dans la plus haute destinée de l'humanité, qui émerge d'abord en nous et est finalement expérimentée tout autour de nous. La croyance en Dieu aide les gens à participer personnellement à la partie la plus passionnante du voyage humain, le processus d'illumination. Est-il nécessaire de croire en Dieu pour que ce développement se produise? Non. Mais il est nécessaire de croire en quelque chose pour que nous nous dirigions vers l'illumination. Si nous sommes assis dans un café à New York, et que je vous dis qu'il y a un endroit merveilleux qui s'appelle la Californie à quatre mille cinq cents kilomètres de là et que vous devriez bien aller voir à quoi ça ressemble, pourquoi voudriez-vous y aller? Admettons que vous ne me croyiez pas, que vous ne croyiez pas qu'un tel endroit puisse exister. Où trouveriez-vous la motivation pour y aller? Ce serait difficile. Comme vous n'êtes jamais allé à l'ouest du Mississippi, vous croyez peut-être que tous ceux qui ont traversé sont tombés de l'extrémité de la terre. C'est ainsi que les européens voyaient l'océan Atlantique, jusqu'à ce que des gens comme Christophe Colomb et Magellan prouvent qu'il existait un nouveau monde de l'autre côté, et davantage. Pour que vous ayez envie de vous mettre en route, il vous faut croire en l'existence d'un but. Pour beaucoup, le voyage vers le salut est motivé par une croyance en Dieu. Mais Dieu n'est pas la seule motivation possible. Ca peut aussi être la vérité, croire qu'il existe une vérité ultime en nous et autour de nous et que nous pouvons la vivre et ne faire qu'un avec elle. Ca peut aussi être une croyance dans un processus personnel de transformation, et l'expérience que nous en faisons quand nous pratiquons la méditation et d'autres méthodes de yoga. Faire l'expérience du voyage qui se déroule de façon naturelle au moyen des pratiques peut être tout à fait suffisant comme motivation une fois que le processus s'est mis en route et que nos expériences de silence profond et de félicité allument le feu du désir d'aller de l'avant. Que nous répondions à notre expérience croissante de paix et de félicité, à l'idée de rechercher la vérité ultime de l'existence ou une relation avec Dieu, le résultat sera le même, une dévotion sans faille à l'envie de devenir un avec « Cela » qui est vrai. Jésus a dit « vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira ». Il n'est pas question de Dieu ici. Le mot « Dieu » n'existe pas dans le Bouddhisme ou le Taoïsme. Chacun a trouvé ses motivations intellectuelles ou émotionnelles pour s'approcher de l'infini en soi. Dans toutes les approches la même chose est recherchée, cette grande vérité intérieure qui se trouve profondément enfouie dans notre cœur, notre mental et nos sens. Cela en quoi nous pouvons nous immerger par des moyens directs qui, tour à tour illuminent nos cœurs, notre mental et nos sens. C'est l'union. Quel que soit le nom ou la structure de
  • 20. croyance, le résultat sera le même pour autant que l'aspirant ait trouvé la motivation d'appliquer les méthodes de transformation sur une base quotidienne. Donc peu importe comment vous en êtes venu à croire qu'il existe un endroit que l'on appelle « la Californie ». Vous pouvez même lui donner un autre nom. Si vous croyez suffisamment pour avoir envie de vous mettre en route, un pas après l'autre, vous finirez par tremper vous pieds dans l'océan Pacifique. Si vous ne croyez pas que ça existe, il n'y a aucune chance que vous fassiez l'effort pour vous y rendre. C'est aussi simple que ça. Pensez à l'illumination de la façon qui vous inspire le plus et utilisez cette inspiration pour méditer tous les jours. Soyez tolérants envers vos frères et sœurs qui chérissent des croyances différentes des vôtres. Nous développerons chacun notre propre et unique passion pour le voyage, et nous sommes tous en route vers la maison. Leçon 21 : Les supports de la méditation Q: Quelle différence y a t-il entre méditer sur un mantra, sur les chakras, une icône religieuse, une bougie etc.? R: La méditation est le pont entre l'attention sur un objet et le grand au-delà que nous connaissons sous le nom de conscience félicité, sans pensée ou expérience sensorielle externe. Le but est de faire ce voyage de façon répétée, comme une mécanique, sur une base quotidienne. La technique que nous utilisons est simple quoi que délicate, elle repose sur la capacité naturelle de notre esprit à s'apaiser. Les autres formes de méditation peuvent ne pas être aussi simples et naturelles, elles peuvent impliquer la concentration sur une signification intellectuelle ou sur de multiples objets. Ceci peut empêcher le passage de l'attention vers le vaste domaine de conscience félicité qui réside en nous. Ceci ne veut pas dire que d'autres formes de méditation ne marcheront pas. Mais dans notre approche nous mettons en avant la simplicité et l'efficacité. C'est une technique de méditation avancée que tout le monde peut pratiquer. Nous discuterons de la méditation sur d'autres objets du point de vue de la méthode que nous utilisons ici. Quelle différence y a-t-il entre le fait de méditer avec notre technique en utilisant un mantra et méditer en utilisant les chakras (centres d'énergie dans le corps), une image religieuse ou d'autres supports? A nouveau c'est une question de simplicité et d'efficacité. Le but est d'amener l'attention au-delà du processus de pensée et ainsi de la conduire au-delà de l'expérience sensorielle extériorisée. Le mental est le processus neurologique qui, en nous, relie la conscience et le monde extérieur. C'est une relation très intime. Notre attention est engagée dans la dynamique du mental et se trouve toujours à deux doigts d'expérimenter la félicité de la pure conscience. Lorsque nous permettons à l'esprit de se reposer, nous nous trouvons dans la pure conscience. Alors nous commençons avec le mental, la connexion la plus intime que nous ayons avec la conscience félicité. Nous commençons intérieurement de façon à pouvoir facilement et rapidement aller profondément en nous même. Si nous devions commencer par une localisation physique dans le corps ou un objet extérieur, nous pourrions aussi aller profondément en nous. Ce n'est pas la question. Mais c'est un voyage plus long et plus compliqué. Plus nous commençons de façon extériorisée, plus nous aurons de bagage physique, intellectuel ou émotionnel à abandonner en cours de route. C'est pour cette même raison que nous ne prononçons pas le mantra à haute voix ou que nous ne prêtons pas attention aux significations de ce qui se passe pendant que nous méditons. C'est un processus interne dès le départ. En commençant la méditation avec une pensée et en utilisant cette procédure spécifique, nous évitons les obstacles extérieurs dans le système nerveux qui peuvent lier notre attention. Ils sont finalement dissous de façon naturelle en partant de l'intérieur et en retournant vers l'extérieur, plutôt qu'en essayant de les dissoudre de l'extérieur en essayant d'aller vers l'intérieur, ce qui n'est pas facile. Nous commençons avec une pensée, sans nous focaliser sur une signification quelconque, simplement en répétant la pensée qu'est le mantra sans effort, presque sans nous en préoccuper. Nous laissons le mantra aller de lui-même de façon naturelle vers moins et encore moins. C'est la façon la plus simple et la plus efficace de plonger dans l'océan infini de conscience béatifique qui est en nous. Après avoir pratiqué ainsi de façon répétitive pendant vingt minutes, nous en ressortons baignés de paix et de félicité tout en ayant réalisé une grande purification intérieure au cours de ce processus. Avec le temps, la différence entre la conscience et les expériences extérieures s'évapore et les obstructions diminuent. Il n'y avait en réalité aucune distance ! Alors il devient naturel de faire l'expérience de nombreux aspects de la conscience béatifique en
  • 21. contemplant les chakras, des images religieuses, ceux que l'on aime, de beaux paysages, les écritures ou même en lisant un livre de physique théorique. Quand la conscience béatifique est installée, tout est vu à travers elle. Mais ce n'est pas la méthode utilisée pour méditer. C'est simplement jouir des fruits de la méditation, vivre la vie en appréciant toujours davantage ses nombreux cadeaux. Cette appréciation qui va s'accroissant nous donne l'envie de continuer encore plus loin dans notre pratique. Leçon 22 : la qualité vibratoire du Mantra Q: Vous avez parlé de la « profonde qualité vibratoire » du son I AM (ayam). Que voulez-vous dire par là? Si je choisis de méditer sur n'importe quel son qui me plaît est-ce que ça ne marchera pas aussi bien? R: Certains sons résonnent dans notre système nerveux. Profondément dans le silence de l'esprit ils ont une empreinte vibratoire qui éveille notre système nerveux de façon particulière. I AM (ayam) fait partie de ces sons. En continuant de pratiquer, vous vous rendrez compte que votre système nerveux s'éveille de façon particulière. Lorsque vous vous en apercevrez, vous vous exclamerez « mais oui ! » tellement ce sera évident. Lorsque nous apprendrons les techniques de pranayama (respiration) avancées, nous commencerons progressivement à voir et à sentir le mantra ouvrir les canaux subtils. Nous goûterons les si nombreuses saveurs de la félicité. C'est à ce moment là que la qualité vibratoire profonde du son deviendra évidente. Il y a donc une méthode pour le mantra. Ce n'est pas n'importe quel son. Néanmoins, vous pouvez méditer en utilisant le son que vous voulez. Si vous utilisez le son « banane », vous pourrez l'emmener dans les niveaux très silencieux de l'esprit. Mais il n'y a aucune garantie qu'à la fin vous n'aurez pas des bananes qui vous poussent dans les oreilles... je plaisante. Avec les progrès que vous ferez vous saurez exactement comment le mantra agit lorsqu'il vibre à travers vos canaux subtils et se répand à l'intérieur même des vastes régions extatiques qui sont en vous. En devenant familier avec vos royaumes cosmiques des options concernant l'utilisation de certains genres de sons et aussi de pensées ayant une signification deviendront apparentes. Mais il faut faire une chose après l'autre. Aujourd'hui le mantra, demain le cosmos. Il vous appartient tout entier. C'est vous tout entier. Leçon 23 : surveiller l‟heure Q: Je passe mon temps à regarder ma montre pendant que je médite parce que j'ai peur de dépasser le temps. Comment me défaire de cette habitude qui me distrait? R: Vous avez une horloge biologique qui est tout à fait précise. Donnez lui l'occasion de faire ses preuves. Il suffit de vérifier sur sa montre une fois ou deux. Avec l'habitude des méditations régulières, respecter la durée des méditations devient comme une seconde nature. Faites vous confiance. Ce n'est pas un problème si vous dépassez la durée de la méditation par mégarde. Mieux vaut cela que d'être tout le temps distrait. Abandonnez d'abord l'habitude de regarder la montre, ne pensez pas au temps tout le temps, prenez les choses de façon détendue. Votre corps sait parfaitement bien quand vingt minutes sont passées. Au bout de quelques semaines vous ouvrirez les yeux une première fois et vous constaterez que ça fait juste vingt minutes. Vous serez surpris de voir comme c'est facile. Ensuite cela se fera sans effort, de façon automatique. Leçon 24 : Meditation et guérison Q: Si je suis malade, est-ce que la méditation m'aidera à aller mieux? R: C'est possible, mais la méditation est un bien meilleur moyen de prévention que de guérison. Comme, avec le temps, quand on médite tous les jours le système nerveux devient plus équilibré, le système immunitaire fonctionne de façon bien plus optimale et les risques de tomber malade deviennent bien moindres. D'autres techniques avancées de yoga que nous apprendrons ici améliorent encore la résistance du corps aux maladies. L'équilibre et la pureté du corps et de l'esprit sont parmi les meilleures défenses du corps contre la maladie. La méditation et les autres méthodes de yoga contribuent grandement à une meilleure santé. On peut dire que la santé est un bénéfice qui découle d'une pratique de la méditation sur une longue période, une fondation sur laquelle nous construisons un édifice encore plus grandiose, l'illumination.
  • 22. Dans notre culture occidentale, nous avons tendance à penser en terme de lutte contre la maladie lorsqu'elle survient après des mois et des années de vie déséquilibrée, au lieu de chercher à cultiver un état d'équilibre en nous qui préviendrait sur le long terme et la plupart du temps l'apparition de la maladie. Il ne fait aucun doute qu'une prévention efficace basée sur un mode de vie sain et équilibré est la meilleure voie à suivre. Mais si nous tombons malade, la méditation peut nous aider aussi. Si vous êtes alité, méditez autant que c'est confortable en alternant avec les périodes de sommeil. Prenez les choses de façon très détendue, appuyez votre dos sur des oreillers pour être confortablement installé. La méditation aidera le processus de guérison. Mais n'attendez pas qu'elle soit le médicament miracle qui vous guérira instantanément en corrigeant tout de suite une situation qui s'est installée après une période de vie déséquilibrée. Envisagez plutôt de revenir à de bonnes habitudes de vie, dont la méditation fait partie, qui vous permettront de retrouver un équilibre pour le long terme. Alors la maladie fera beaucoup moins partie des aléas de votre vie. Bien entendu, ce corps qui est le notre devra mourir et se désintégrer. Mais plus nous cultiverons la pure conscience de félicité en nous, moins la transition sera difficile et pénible. C'est la plus grande de toutes les guérisons. Leçon 25 : La méditation dans les situations de stress intense Q: Je dois faire face à un divorce difficile. Est-ce que la méditation peut m'aider à traverser cette période? R: Oui, ça vous aidera. Mais gardez à l'esprit que la méditation n'est pas un service médical d'urgence dont le but serait d'aider à traverser les crises auxquelles on doit faire face. C'est une pratique à long terme qui engendre de nombreux bénéfices. L'un de ceux- ci est le développement de la capacité à affronter les situations de stress intense. Donc la méditation vous aidera dans votre situation actuelle, mais aussi, avec une pratique régulière, vous rendra en permanence plus résistant aux situations de stress important. Pourquoi en est-il ainsi? C'est un phénomène intéressant et observable lié à l'augmentation progressive de la conscience de pure félicité dans notre système nerveux. En méditant, nous nous apercevons avec le temps qu'il y a plus de silence en nous. Ce n'est pas que nous devenons silencieux dans notre vie de tous les jours. Nous n'aurons probablement pas l'air différent des autres, si ce n'est peut être un peu plus calme. Mais intérieurement nous serons plus stable, nous ne serons pas constamment pris dans nos pensées, dans nos émotions et dans nos réactions physiques comme auparavant. Moins sur les nerfs. Cette expérience de silence intérieur continue de croître quand nous continuons à méditer tous les jours pendant des semaines, des mois et des années. Et nous nous rendons compte que les chamboulements de notre vie ne nous affectent plus autant. Ces choses qui nous affectaient ne nous touchent plus de la même façon. Nous devenons plus équilibré intérieurement. S'il se passe quelque chose d'inattendu, comme un bruit soudain, qui nous faisait bondir auparavant, maintenant nous n'y réagirons peut être même pas. Nous en ferons l'expérience d'un endroit en nous qui n'est pas touché. Cela nous traverse en ne laissant ni trace ni tension. Est-ce que nous devenons froid et indifférent? Pas du tout. Nous éprouvons toujours des sentiments et nous devenons plus compatissant qu'avant, mais nous ne sommes plus balayé, emporté par nos émotions comme avant. Le point essentiel dans le fait de ne plus être abattu par les situations de stress est ce silence intérieur, cette immuabilité intérieure. D'un point de vue spirituel, c'est bien décrit par Jésus quand il dit « l'homme sage a construit sa maison sur un roc. Et quand la pluie est tombée, que les flots sont montés et que les vents ont soufflé et battu la maison, elle n'est pas tombée, car elle était construite sur un roc ». Si vous construisez votre maison sur le roc de votre silence intérieur, rien ne pourra vous déstabiliser. C'est pourquoi la méditation est l'une des meilleures thérapies contre le stress que l'on connaisse. De même que pour la santé, la méditation est idéale pour préparer le système nerveux à l'avance à affronter les tempêtes de la vie, avant mêmes qu'elles ne se produisent, en établissant l'équilibre et le silence intérieurs. Au-delà de ces bénéfices concrets pour la vie de tous les jours, le silence intérieur est aussi la fondation sur laquelle s'élève l'extase divine dans le système nerveux ainsi que le raffinement, de façon céleste, de notre perception du monde qui nous entoure. L'augmentation du silence dans notre système nerveux est le premier niveau du processus d'illumination
  • 23. Leçon 27 : localisation du mantra Q: Faut-il penser le mantra dans des parties du corps? Parfois il se place dans des endroits du corps en moi. R: Non, nous ne plaçons pas délibérément le mantra dans un endroit du corps. C'est une question délicate parce que le mantra a une qualité vibratoire qui éveille le système nerveux de façon particulière, comme nous en avons déjà parlé dans la question sur la qualité vibratoire du mantra. Donc il est possible qu'on en fasse l'expérience à un endroit ou à un autre, comme vous le dites. Mais nous ne favorisons pas ça. Nous continuons avec la méthode simple d'utilisation du mantra que nous avons vue, toujours. Le système nerveux dans ses niveaux les plus subtils est comme un diapason, ou plutôt comme une multitude de diapasons parmi lesquels un petit nombre seulement harmonise les vibrations de tous les autres. Le mantra entre en résonance avec ces quelques diapasons là. Par la suite, nous perfectionnerons le mantra pour élargir son influence sur cet effet de diapason. Le résultat en sera un silence intérieur immuable plus vaste et plus profond également expérimenté comme la conscience de pure félicité s'élevant en nous. Si le mantra se place dans un endroit ou un autre du corps, c'est bien. Nous ne résistons pas à cela. Nous ne le favorisons pas non plus. De la même façon que nous laissons le mantra s'apaiser naturellement dans des niveaux de plus en plus silencieux, de même nous le laissons se produire dans le corps là où il se met de lui- même. Si il ne se place pas dans un endroit particulier du corps, c'est bien aussi. La localisation physique n'a rien à voir. Le mantra résonne de façon naturelle en fonction du processus de purification complexe qui se déroule en nous pendant que nous méditons. Tout ce que nous avons à faire c'est de suivre la simple procédure de penser le mantra sans effort et d'y revenir doucement quand nous nous rendons compte que nous l'avons oublié. Une autre raison pour laquelle la question que vous posez sur la localisation du mantra est délicate, c'est que bientôt nous aborderons le pranayama et que nous ajouterons une technique de respiration avancée avant chaque méditation. Cela veut dire que nous déplacerons notre attention associée au souffle de façon particulière dans le corps. Nous utiliserons deux techniques l'une après l'autre, le pranayama et la méditation, chacune bien différente de l'autre dans sa méthode. Elles se complémenteront de façon très puissante comme vous le verrez. Ce sera le début de l'intégration des techniques avancées de yoga qui est de première importance. Chaque partie sera faite indépendamment l'une de l'autre. Et pourtant, en utilisant ces méthodes à la suite l'une de l'autre, une intégration commencera à se mettre en place en nous. Le tout sera plus que la somme des parties. Au lieu d'utiliser une seule voie naturelle vers le divin en nous (l'esprit), nous en utiliserons deux (avec le souffle). Ensemble, elles transformeront notre système nerveux de façon plus rapide, ce qui se reflètera dans une plus grande purification, avec les expériences correspondantes. Ce processus d'intégration des pratiques sera progressivement élargi pour englober de façon encore plus complète tous les chemins naturels qui passent en nous pour faire émerger la pure conscience de félicité avec des moyens toujours plus dynamiques. Cette intégration des pratiques est un processus délicat, tout comme l'apprentissage d'un instrument de musique. Il faut que nous soyons capable de faire quelque chose à un moment donné puis quelque chose de différent à un autre moment. Avec certaines pratiques, nous aurons à faire plusieurs choses en même temps. Tout cela fait partie du déploiement naturel en nous, et les pratiques elles mêmes deviendront naturelles et automatiques. Les résultats obtenus ne peuvent être décrits de façon adéquate par des mots, si ce n'est peut-être par la poésie. Il faut que vous y alliez et que vous voyiez par vous-même. C'est la véritable « ultime frontière ». C'est le cosmos dans toute sa gloire et vous en êtes la porte. Leçon 28 : changement de comportement Q: Mes employés me disent que je suis moins râleur. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose. Est-ce que je vais devenir une chiffe molle en méditant? R: C'est très improbable. Vous deviendrez beaucoup plus fort grâce à la méditation, ce qui signifie que vous deviendrez vous-même, au niveau le plus fondamental. En même temps vous aurez un comportement qui sera de moins en moins tendu et de moins en moins négatif. Vous serez moins râleur et plus calmement résolu à propos des choses que vous estimez importantes. Les gens ont remarqué
  • 24. quelque chose déjà. C'est bien. Vous serez dans une bien meilleure position pour motiver vos employés parce que vous agirez depuis un niveau de force intérieure plutôt que depuis un niveau de colère et de tension. Bien sûr, il y a cette croyance que la tension est nécessaire pour motiver les gens, en particulier dans les affaires. « La crainte est le meilleur moyen de motiver les gens » dit-on. La crainte est un moyen de motivation. Mais elle n'a d'utilité que si elle incite les gens à atteindre un plus grand niveau de réalisation de la vérité intérieure, ce qui veut dire à aller au-delà de l'atteinte et de l'emprise de la peur. Si la crainte ne nous pousse pas à trouver la vérité, alors elle ne fait que nous broyer dans une roue de malheurs sans fin. Personne ne veut être pris dans cette roue, encore moins ceux qui la font tourner et rouler sur les autres. Jusqu'à présent on avait l'impression qu'il n'y avait pas d'autre alternative. Mais il y en a une et les choses peuvent changer. Plongez en vous chaque jour au moyen de la méditation et vous sortirez de cette roue. Vous aiderez les autres à en sortir également. Vous trouverez que les affaires, et toute la vie, ont bien plus de saveur quand la mauvaise humeur s'en va. Elle s'en va lorsque la conscience de pure félicité s'élève. Il n'y a alors pas de limite à ce que vous pouvez accomplir. Leçon 29 : Drogues et alcool Q: J'aime bien boire quelque chose quand je rentre du travail. Cela ne semble pas avoir un très bon effet avant la méditation, ni après d'ailleurs. Est-ce que boire est incompatible avec la méditation? R: La méditation consiste à cultiver la pureté profondément dans le système nerveux. Il en découle beaucoup de bienfaits dans notre vie. Il est évident que prendre des substances qui retardent la purification du système nerveux n'aidera pas le processus de méditation. Ce n'est pas une leçon de morale. C'est du bon sens. Plus important encore, c'est basé sur l'expérience. Si quelque chose n'est pas bon pour nous, nous finirons par arrêter de le faire. Peut être qu'avant que nous ne commencions la méditation, un verre ou deux nous donnaient un soulagement par rapport aux tensions de notre vie. Cela obscurcissait nos perceptions, ou les modifiait de telle sorte que nous en ressentions un mieux être temporaire. Après avoir commencé à méditer, l'expérience change. La paix, le bonheur et la clarté que nous découvrons venant de l'intérieur sont tout à fait différents des états chimiques temporaires dont nous avions l'habitude auparavant. Il n'y a pas de comparaison possible entre les deux et nous commençons à percevoir les choses sous un angle différent. Le plaisir transitoire de la boisson perd de son lustre à côté de la joie permanente qui résulte de la méditation. A nouveau, il ne s'agit pas de morale. Ce n'est pas un interdit. C'est votre choix, toujours. Si votre choix c'est d'obtenir davantage de votre vie, de pratiquer la voie de la méditation et les autres pratiques avancées de yoga, alors le choix est vite fait. L'accroissement de l'expérience de la conscience de pure félicité entraînera un changement dans votre attitude vis-à-vis de l'alcool. Pratiquez régulièrement pour percevoir les effets de la méditation et vous constaterez avec le temps que les choses qui ne sont pas bonnes pour vous auront tendance à ne plus vous attirer. A part l'alcool, les gens se rendent compte de la même chose en ce qui concerne les drogues, le tabac et même la caféine. Il n'y a pas de règle, juste l'expérience de la conscience de pure félicité, notre véritable nature qui se déploie. Tout ce que nous avons à faire, c'est de méditer deux fois par jour et d'écouter ce que notre silence intérieur nous dit. Nous saurons alors ce que nous devons faire. En ce qui concerne les médicaments, c'est autre chose. Suivez les instructions de votre médecin. Si vous constatez qu'un médicament interfère avec la méditation, parlez en avec votre médecin. Voyez si il y a un moyen de concilier votre besoin médical et votre besoin de méditation. Leçon 30 : le régime alimentaire Q: Si je deviens végétarien, est-ce que ma méditation sera meilleure? R: Uniquement si vous vous sentez attiré par ce régime. Lorsque l'on se force, ce n'est pas très bon parce que l'on introduit un jugement et du stress. Et à la première occasion qui se présente, le corps se précipite pour revenir vers ce qui était ses anciennes
  • 25. habitudes. C'est pourquoi les régimes alimentaires imposés fonctionnent rarement sur le long terme. Il faut que cela vienne de l'intérieur de soi. Si vous méditez régulièrement, vous vous apercevrez que, avec le temps, vous vous sentez attiré vers un régime plus léger et plus nourrissant. Vos préférences changeront de façon naturelle. Suivez les. Le corps sait ce dont il a besoin pour soutenir le processus de purification qui est engendré par la méditation. Avec le développement de la conscience de pure félicité, les habitudes alimentaires changeront d'elles mêmes. « Léger et nourrissant », c'est tout ce que nous donnerons comme description du régime alimentaire adéquat dans ces leçons. « Léger » pour faciliter le processus de nettoyage du système nerveux au moyen des techniques avancées de yoga et « nourrissant » afin de maintenir le corps en bonne santé. Trop léger n'est pas en général suffisamment nourrissant et trop nourrissant n'est habituellement pas léger. L'équilibre est la clé et la méditation régulière nous mènera de façon naturelle dans cette direction. Trop se préoccuper de son régime n'aide pas la méditation. Donc prenez les choses facilement et méditez deux fois par jour. Si vous agissez ainsi, le régime alimentaire suivra de lui-même. Leçon 31 Pratiquer dans la nature Q: Nous sommes allés à la montagne le week-end dernier et j'ai médité en pleine nature. L'endroit offrait une vue magnifique sur une grande vallée et ma méditation a été merveilleuse. J'étais rempli de félicité dans l'air doux de la montagne. Y a-t il un avantage à méditer dehors dans de beaux endroits? R: Il y a beaucoup d'avantages à aller dehors dans la nature, dans de beaux endroits, mais pas forcément d'y méditer. Etre capable d'apprécier la beauté profonde de la nature est la plus grande joie que l'on puisse avoir. Dans quel but plus grandiose pourrions- nous être ici, si ce n'est de jouir de cet océan infini d'harmonie en nous et autour de nous? La pratique régulière de la méditation cultive progressivement notre capacité inhérente à apprécier la beauté de la vie. Mais rappelez-vous ce que l'on fait quand on médite. Nous pensons le mantra sans effort et nous le laissons aller comme il veut. Puis nous y revenons quand nous réalisons que nous l'avions oublié. C'est cette procédure que nous appliquons deux fois par jour pendant vingt minutes. Nous ne méditons pas pour obtenir une expérience particulière pendant notre pratique. Le processus de purification fait son chemin. Nous ne pouvons prédire ou diriger ce processus. Nous appliquons la technique de méditation sans effort et nous laissons les choses se faire. Donc le principe de la méditation n'a pas de rapport avec le fait d'être assis au sommet d'une montagne ou dans un lieu particulier, si ce n'est pour trouver le meilleur endroit disponible lorsque c'est l'heure de méditer et pour être le moins dérangé possible. Jésus a dit « retirez-vous dans votre chambre pour prier ». C'est bien ça l'idée. La méditation est un processus interne, alors nous nous retirons pour pratiquer. Si nous sommes dans un avion, dans une salle d'attente ou au sommet d'une montagne, nous n'avons pas le choix du lieu, alors nous en prenons notre parti et nous méditons là où nous sommes. Nous en avons déjà parlé, c'est assez facile à faire. Néanmoins nous ne sortons pas exprès de chez nous pour aller méditer au sommet d'une montagne. C'est beaucoup mieux d'être dans un endroit clos où tout est calme et tranquille. Alors il nous est facile de méditer, de nous intérioriser, avec le moins de sollicitations extérieures possibles. Ensuite nous pouvons sortir et apprécier l'espace grandiose de la vallée qui s'étend à nos pieds, après nous être imprégné des qualités de la pure conscience de félicité qui permettent l'illumination de nos perceptions. Fermez les yeux à ce moment là, si vous le souhaitez, et ne faites plus qu'un avec la beauté de la nature qui vous entoure. Appréciez et savourez. La méditation nous prépare à vivre de manière plus riche nos expériences. C'est une retraite du monde extérieur dans la pure conscience de félicité en nous, de sorte que nous puissions en en sortant appréhender le monde extérieur de façon beaucoup plus
  • 26. raffinée. Si nous essayons de mélanger notre pratique de la méditation avec l'expérience du monde extérieur en même temps, les résultats ne seront pas les meilleurs qu'on puisse obtenir. D'abord l'intériorisation, ensuite allez dans le monde extérieur. Notre méditation ne consiste pas à essayer d'être intériorisé et tourné vers l'extérieur en même temps. L'état dans lequel on est à la fois tourné vers l'extérieur et intériorisé en même temps s'établira de façon naturelle si nous méditons régulièrement tous les jours. Etre dedans et dehors en même temps n'est pas la pratique de la méditation, c'est le fruit de la méditation. Soyez inspiré par la beauté de la nature. Sachez que vous pouvez faire l'expérience de la nature de façon de plus en plus fine grâce à votre pratique quotidienne de la méditation. Utilisez votre inspiration pour redoubler votre attachement à votre pratique quotidienne. Alors, avec le temps, vous connaîtrez la nature d'une manière qui vous donnera l'expérience de la béatitude de façon permanente. Alors, votre état naturel sera d'être à la fois complètement intériorisé et complètement extériorisé. Vous deviendrez la nature et le paysage qui vous entourent. C'est le fruit du yoga et de la vraie religion. C'est l'illumination. Leçon 33 : S‟assoir et méditer Q: Dans un cours de yoga où je suis allé, le professeur a dit qu'il fallait toujours s'asseoir le dos droit sans support, sur un tapis posé par terre ou sur un coussin quand on méditait. J'ai essayé et j'ai eu bien du mal. Est-ce vraiment nécessaire pour réussir sa méditation? <strongr:< strong="">En un mot, non. La méditation marche très bien quand on s'assoit sur quelque chose de souple et que l'on appuie son dos sur un dossier. Une chaise fait très bien l'affaire. Sur un lit avec un ou deux coussins dans le dos est encore mieux. Pour des raisons que vous allez comprendre. Par contre, ne méditez pas en position inclinée car vous risquez de dormir plutôt que de méditer. L'idée c'est d'être assis droit et confortablement. Il ne faut pas que l'inconfort du corps interfère avec la pratique simple de la méditation. Si c'est naturel pour vous d'être assis sur quelque chose de dur sans support pour le dos pendant vingt minutes ou plus, alors très bien pour la méditation. Mais peu de gens le peuvent et ce n'est pas nécessaire. Le manque de confort crée une distraction inutile pendant que l'on médite. Donc installez-vous confortablement.</strongr:<> Ayant dit cela, il faut pourtant ajouter autre chose. Une fois que vous serez bien à l'aise dans votre méditation quotidienne, qu'elle fera partie de votre routine et que vous vous sentirez prêt pour l'étape suivante dans votre pratique de yoga, ce serait une bonne idée de vous asseoir les jambes croisées pour méditer. C'est là que l'on appréciera d'être sur un lit. Si vous pouvez replier une jambe de façon à ce que la plante du pied soit appuyée contre l'intérieur de la cuisse de l'autre jambe, le talon près du périnée, ce serait très bien. La deuxième jambe pourra alors être repliée à son tour, la plante du pied venant se placer contre le tibia de la première jambe. Peu importe quelle est la jambe que l'on plie en premier. C'est votre choix. Avec le temps vous arriverez à échanger la position des jambes de sorte que l'une ou l'autre soit à l'intérieur pendant la méditation. C'est le confort qui doit déterminer quelle jambe est repliée en premier. Si tout ceci est nouveau pour vous, vous trouverez peut-être ça difficile. Pour la plupart des gens cela demandera un peu d'entraînement. Mais il s'agit de ne pas forcer. Il faut y aller avec douceur et de façon progressive. Il y a des raisons importantes pour le long terme qui font que nous abordons cette posture maintenant. Donc pensez-y, essayez, mais n'oubliez pas que votre pratique régulière de la méditation est le plus important. Lorsque vous essayerez pour la première fois, peut être ne pourrez- vous pas placer votre pied contre la cuisse de la jambe opposée. Ou bien peut être que vos genoux seront soulevés et ne voudront pas descendre se poser sur le lit. Faites de votre mieux pour être aussi à l'aise que possible. Vous pouvez aussi utiliser des coussins pour soutenir vos genoux si cela s'avère nécessaire pour être installé plus confortablement pour méditer. Ne vous torturez pas en vous forçant à tenir une position par trop inconfortable. Ce que nous voulons c'est amener en douceur les jambes en position croisées et en prenant le temps qu'il faudra pour y arriver. Certains y arriveront tout de suite. Pour les autres cela pourra prendre des semaines ou des mois, sans forcer, mais avec persévérance. C'est la direction où nous voulons aller. Rome n'a pas été construite en un jour.
  • 27. Quand vous serez un peu plus familiarisé avec la position de vos jambes, vous vous rendrez compte que vos genoux descendent se poser confortablement sur le lit avec plus de facilité si vous tournez légèrement la plante des pieds vers le haut. Les orteils du pied qui est à l'intérieur peuvent alors s'insérer sous la cuisse de l'autre jambe et les orteils de l'autre pied se placer sous le tibia. C'est l'avantage d'être sur un lit pour ça, car les plantes des pieds peuvent facilement se tourner vers le haut et le dessus des pieds s'enfoncer légèrement dans le matelas. Si, bien qu'ayant tourné la plante des pieds vers le haut, les genoux ne reposent toujours pas à plat sur le lit, n'hésitez pas à utiliser des coussins pour les soutenir. Mais en principe les genoux devraient descendre, c'est presque la même position que si vous vous prépariez à vous mettre à genoux sur le lit avec les genoux écartés. Utilisez un support pour le dos quand vous méditez et également quand vous adoptez cette nouvelle posture. Quand vous vous y serez accoutumé, ce qui peut demander quelques semaines ou quelques mois, en douceur, vous vous rendrez compte que cette position est confortable pour méditer. Si vous ressentez de l'inconfort dans les jambes pendant la méditation, vous pouvez étendre une, ou même les deux jambes tout en continuant à méditer. Ou bien vous pouvez interchanger la position des jambes, celle qui était à l'intérieur passant à l'extérieur et inversement. Faites ce qu'il faut pour être bien à l'aise tout en favorisant la posture jambes croisées. Avec le temps cela deviendra une seconde nature de vous asseoir comme ça et vous pourrez méditer ainsi sans même y penser. Bien entendu si cette posture vous est impossible physiquement pour quelque raison que ce soit qui vous limite, cela ne vous empêche pas de méditer dans une autre position et d'en retirer les bienfaits. Rien n'est perdu. Lorsque nous apprendrons de nouvelles techniques avancées de yoga, nous aurons le moyen de pratiquer, même si nous ne sommes pas assis jambes croisées. Les jambes croisées sont préférables mais pas obligatoires. Il est évident également que lorsque nous nous trouvons dans la situation de méditer en avion ou dans un lieu publique, un bureau, une salle d'attente etc. nous nous asseyons de façon normale sur notre siège sans position particulière pour les jambes. Mais quand nous pratiquons à la maison, nous favorisons toujours, en restant bien à l'aise, la position jambes croisées que nous avons décrite. C'est une préparation importante qui formera la base d'une autre technique avancée de yoga que nous utiliserons pour une étape essentielle de notre transformation spirituelle. Leçon 34 : les problèmes du monde Q: Il y a sûrement des choses plus importantes à penser que de répéter I AM (ayam) dans sa tête. Que faites vous des problèmes du monde comme le terrorisme, la guerre, la pauvreté ou la faim? Je ne saisis pas bien. Etes-vous sûr que la méditation n'est pas une façon d'échapper à la réalité? R: N'oubliez pas que la méditation ne consiste pas à répéter I AM (ayam) n'importe comment. Comme nous l'avons exposé en détail, c'est une méthode précise qui nous conduit aux niveaux les plus profonds de paix et de félicité en nous même et ensuite nous ramenons ces qualités à l'extérieur dans notre activité de tous les jours. La méditation n'est pas une façon de fuir la réalité. Au contraire, c'est une préparation pour y faire face. On pourrait même dire que la méditation est un révélateur de la réalité, parce que ce que nous croyons être la réalité est entièrement le produit de notre perception. En clair, voyons-nous le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein? Si nous voyons le verre à moitié plein, il y a de l'espoir. Il y a abondance d'énergie pour faire le bien, même dans les circonstances les plus critiques. Nous voyons comment faire pour que les choses s'améliorent et nous agissons en conséquence. Quand nous voyons le verre à moitié vide, il y a peu d'espoir et peu d'énergie pour agir afin d'améliorer les choses. Nous sommes malheureux et nous devenons un poids pour notre entourage. Nous devenons partie intégrante des problèmes au lieu d'être partie prenante des solutions. Donc si vous constatez que la méditation est une source de paix, de bonheur intérieur, d'optimisme et de force dans votre vie, alors c'est la formule qui vous permettra d'améliorer votre environnement, et le monde. Les résultats de la méditation sont contagieux. Quand nous méditons, les autres sont influencés non seulement par nos actions bien inspirées, mais aussi par le rayonnement invisible de la conscience de pure félicité qui émane de nous. Nous pouvons induire la paix et l'optimisme chez les autres en nous ouvrant à l'infini en nous. Jésus a dit « vous êtes la lumière du monde ».
  • 28. Si des millions de personnes se mettaient à méditer tous les jours, le monde serait illuminé. Nous pouvons tous apporter notre contribution en faisant rayonner la lumière divine qui est en nous. Ce n'est pas une fuite. C'est une responsabilité. Devenir plus ne nous concerne pas nous seulement, cela concerne tout le monde sur terre. Donc méditez tous les jours, et ensuite, de tout votre cœur, allez et faites ce qui vous parait, au fond de vous-même, le plus important. Puisse votre verre déborder pour le bénéfice du monde. Leçon 35 : les points de repère des progrès Q: Quelle est la destination ultime de la méditation, comment les expériences vont-elles évoluer en cours de route, et combien de temps faudra t-il pour accomplir le voyage? R: La destination ultime est l'illumination. De quoi s'agit-il? C'est un état d'union équilibrée entre nos deux natures: l'état de conscience de pure félicité et notre implication sensorielle dans ce monde physique. C'est la définition du yoga et le but de toute religion. L'évolution des expériences est un voyage complexe et personnel, mais selon un certain schéma qui comporte trois étapes facilement identifiables: Tout d'abord le silence qui s'installe par la pratique régulière de la méditation. On peut aussi en faire l'expérience comme d'un état de paix intérieure, de bonheur et de félicité. Mais surtout on en fait l'expérience comme état de stabilité intérieure qui n'est pas affecté par les circonstances extérieures. Le silence intérieur est la fondation des expériences ultérieures dont la venue est facilitée par des techniques de yoga avancées qui éveillent le silence de la conscience de pure félicité et le transforment en un état dynamique dans notre système nerveux. Ensuite vient l'expérience extatique qui s'élève dans le corps et dans l'environnement. Elle provient de l'éveil de l'énergie vitale dans le corps et d'un raffinement progressif des perceptions sensorielles. Par le pranayama (contrôle du souffle) et d'autres moyens, la méditation voit ses effets accrus de sorte que les sens sont ouverts bien que tournés vers l'intérieur, ce qui nous permet de percevoir les courants extatiques d'énergies qui nous parcourent et qui nous entourent. On pourrait dire que le silence bouge en nous, et cela crée une sorte d'expérience nouvelle et captivante. A ce niveau, l'appréciation du flot d'énergie divine est accrue de façon naturelle, ce qui entraîne un désir encore plus grand de se fondre dans l'expérience sensorielle qui devient de plus en plus profonde. On s'abandonne à ce processus lorsqu'il survient et cela l'accélère. La deuxième étape est comme de tomber dans un abîme d'extase sans fin. Nous fonctionnons dans le monde empli d'une joie qui va en s'accroissant et notre attention s'absorbe dans la beauté toujours présente de façon sous jacente à toutes les choses. Pour nous, les limites se dissolvent. Troisièmement, comme notre attention réside naturellement dans le silence ondulant béatifique et omniprésent en toutes choses, nous devenons cette harmonie toujours présente. Nous découvrons que notre soi est l'essence de toute chose. C'est l'expérience d'unité, d'union, d'illumination. Le monde ne disparaît pas. Il devient transparent. Les limites deviennent comme des voiles qui recouvrent finement l'essence de toute chose et que nous percevons maintenant comme une expression de notre propre nature. Pouvons nous encore agir dans le monde? Oui, mais nos motifs sont différents de ce qu'ils étaient auparavant quand nous ne pouvions nous voir que séparés. Nous agissons maintenant dans l'intérêt d'un plus grand soi et nous pouvons donner l'impression de n'avoir plus de soi. La vérité c'est que nous continuons d'agir pour l'intérêt de notre soi, mais notre soi est devenu universel, donc notre intérêt est pour l'humanité toute entière et pour la vie tout entière. Dès le tout début de la pratique des techniques avancées de yoga, et peut être même avant, nous expérimentons des bribes de ces trois niveaux en fonction de la dynamique de notre processus de purification qui est unique. Nous pouvons faire l'expérience d'éléments qui appartiennent aux trois niveaux en même temps. Avec le temps nous reconnaissons les expériences qui sont des jalons sur le chemin de l'illumination. Et il y aura bien davantage de sous- jalons dont nous parlerons lorsque nous ajouterons de nouvelles pratiques avancées de yoga. Les jalons sont là pour nous inciter à continuer, pour nous donner de l'inspiration et que nous soyons régulier dans notre pratique quotidienne de la méditation. Les jalons n'ont pas vraiment pour but de dire « ah, voilà, aujourd'hui je suis ici sur le chemin de l'illumination ». Et peut être en effet que nous en sommes à cet endroit là, mais cela ne sera
  • 29. vraiment significatif que lorsque nous aurons dépassé ce point et que notre expérience sera devenue permanente et fera partie de notre vie. Lorsque l'expérience devient naturelle et normale elle devient réelle. La vie est alors telle qu'elle doit être vécue. Les jalons se dissolvent au long du chemin. L'illumination, au bout du compte, a peu de rapport avec les jalons. C'est jouir de devenir ce que nous avons toujours été. Si vous faisiez ce voyage en Californie dont nous avons parlé plus tôt, passeriez-vous votre temps à vous émerveiller de la façon dont vous êtes venu jusque là? Probablement pas. Il vaut bien mieux apprécier la beauté de la Californie. Cependant, cela peut être utile de passer en revue les détails du voyage pour le bénéfice des autres. Après tout, tout le monde émane de la même conscience divine que nous, donc nous nous soucions que tous puissent faire un voyage rapide et sûr. Jésus a dit « faites aux autres ce que vous voudriez que l'on vous fasse ». La vérité c'est que tous les autres sont vous. Donc, ce n'est pas seulement un bon conseil moral, c'est aussi un bon conseil pratique. Avec l'expérience, nous en venons à savoir que les autres sont notre propre soi lorsque les portes qui donnent accès à nos royaumes intérieurs divins sont ouvertes. Combien de temps le voyage prend-il? Cela dépend surtout de nous, de nos actions passées qui ont produit ces obstructions logées profondément dans notre système nerveux et de ce que nous faisons à partir de maintenant. Nous ne pouvons pas changer le passé. Mais nous pouvons agir dans le présent pour modeler notre futur. Personne ne peut faire ce choix à notre place. Si nous pratiquons les techniques avancées de yoga avec une dévotion sincère, nous donnerons une autre direction à notre vie. Une fois que nous nous sommes mis en chemin sans en dévier, ce n'est qu'une question de temps. Alors nous voyons que ce n'est pas tant la destination finale qui compte. C'est l'expérience croissante de la joie chaque jour, chaque mois et chaque année qui passe. C'est un chemin de félicité, un chemin de plaisir au fur et à mesure que nous nous déployons de l'intérieur. Mettez-vous en route et commencez à apprécier le voyage dès aujourd'hui. Vous parviendrez à destination à un moment ou à un autre. Leçon 36 : la 5eme dimension Q: Quand je médite, j'ai l'impression que je suis ailleurs. C'est très agréable et ça change progressivement ma façon de voir les choses. Où suis-je quand je médite? Qu'est-ce qui m'est donné de plus? R: Quand nous méditons, nous permettons à l'esprit d'amener notre conscience hors du domaine familier du temps et de l'espace, dans le domaine inaltérable de félicité de la conscience. La conscience n'est ni le temps ni l'espace. On pourrait dire que c'est la dimension infinie qui est sous-jacente au monde que nous percevons avec nos sens physiques. En plus de n'avoir aucune limite, elle est éternellement « maintenant ». La conscience est une autre dimension au-delà du temps et de l'espace, on pourrait l'appeler une cinquième dimension. Par la méditation nous marrions progressivement la cinquième dimension de la conscience avec les quatre autres dimension du temps et de l'espace, de sorte que les cinq dimensions en viennent à coexister. Notre système nerveux est cultivé de façon à nous faire vivre progressivement l'expérience des cinq dimensions simultanément. Ceci a des implications profondes dans notre vie de tous les jours. Avant que nous ne méditions, tout ce que nous faisions était inscrit dans le temps et l'espace. Toute notre action et notre façon d'aborder et résoudre les problèmes se limitait aux quatre dimensions. Les choix qui nous étaient offerts étaient toujours limités dans le temps et l'espace. Avec la méditation, nous apportons une dimension additionnelle, la conscience. Cela fait une grande différence. Nous voyons maintenant les situations sous des angles que nous ne pouvions pas avoir auparavant. Nous pouvons influer sur le cours de la vie d'une manière qui ne nous était pas possible avant. Imaginez-vous en train de faire un puzzle sur une table. Vous le voyez en deux dimensions sur la surface plane de la table. Vous avez beau essayer, vous n'arrivez pas à associer les morceaux. C'est alors qu'une amie entre dans la pièce et dit « essaye comme ça ». Elle prend deux morceau du puzzle les rapproche l'un de l'autre au dessus de la table et ils s'emboîtent parfaitement l'un dans l'autre. En passant dans la troisième dimension, l'espace au dessus de la table, une solution a facilement été trouvée au puzzle. La vie est comme ça. Y faire face dans les quatre dimensions du temps et de l'espace représente souvent un puzzle insoluble. Nous tournons en rond et n'arrivons jamais vraiment à faire coïncider les morceaux. Lorsque nous commençons à méditer, nous ajoutons une autre dimension, une nouvelle perspective. Alors les morceaux commencent à s'assembler et tout commence à prendre du sens.
  • 30. Leçon 37 : méditer en groupe Q: Si je rencontre d'autres personnes qui font cette pratique, pouvons nous méditer ensemble en groupe? J'ai entendu dire qu'il y avait des avantages à le faire. R: Les groupes de méditation sont de bonnes choses. Tout regroupement qui a pour but d'étudier et d'encourager les voies de développement spirituel peut être bon pour vous. Si vous pouvez échanger et partager avec d'autres qui ont un intérêt similaire au votre, vous en retirerez des bénéfices significatifs, en particulier en ce qui concerne l'envie d'aller de l'avant dans votre pratique de tous les jours. Il ne fait pas de doute que vous aussi vous donnerez aux autres l'envie de pratiquer. C'est une bonne chose de méditer pendant environ dix minutes au début ou à la fin d'une réunion de groupe. Vous pouvez structurer votre propre groupe de discussion, ou vous pouvez participer au groupe de quelqu'un d'autre. De toute façon vous remarquerez que les méditations de groupe ont une qualité qui leur est propre. Elles peuvent être particulièrement profondes car lorsque plusieurs personnes apaisent leur esprit ensemble en même temps elles se renforcent l'une l'autre. C'est un effet que l'on remarque et qui rayonne sur l'environnement. C'est une bonne chose si les membres du groupe font la même technique, mais ce n'est pas obligatoire, du moment qu'ils pratiquent silencieusement ensemble pendant la même durée. Les méditations de groupe sont bonnes pour les méditants personnellement et pour l'amélioration du monde. Certaines personnes suivent des « méditations guidées ». Vous vous rendrez compte que ce genre de méditation de groupe n'est pas compatible avec l'utilisation du mantra, parce que votre pratique a pour but une intériorisation rapide et efficace. Lorsque votre méditation sera devenue une habitude, vous serez intériorisé profondément aussitôt que vous aurez fermé les yeux et entendre quelqu'un guider la méditation sera contre-productif pour vous. Il en est de même pour les méditations qui utilisent la musique, le chant, les rythmes etc. Elles ont toutes un but et un bénéfice qui leur est propre, mais elles ne sont pas compatibles avec le fait d'emmener le mantra rapidement et intérieurement vers la pure conscience de félicité. Ceci ne veut pas dire que vous ne pouvez pas participer à des méditations guidées, à des groupes de chants etc. Mais ce sera un procédé totalement différent de votre méditation quotidienne qui utilise le mantra. Vous trouverez les groupes qui vous conviennent parmi les nombreux groupes qui existent. Ou peut être démarrerez-vous votre propre groupe selon l'approche ouverte des techniques avancées de yoga. Voyez ce qui est le mieux pour vous. Jésus a dit: « là où deux sont réunis en mon nom, je serai présent parmi eux ». Cette citation n'est pas donnée d'un point de vue sectaire. Elle décrit un principe bien connu. Quand les gens se rassemblent dans un but spirituel, la conscience est stimulée et s'élève. Cette élévation peut être expérimentée comme un silence qui va s'approfondissant et la présence de la conscience de félicité. Cette expérience se produit dans toutes les religions, dans tous les rassemblements pour un idéal spirituel élevé, dans tout rassemblement pour la vérité. L'expérience du silence de la conscience félicité dans un groupe est maximum pendant les méditations de groupe, lorsque l'esprit de nombreuses personnes est amené de façon systématique a expérimenter l'état de tranquillité. Les méditations de groupe ne remplacent pas vos méditations bi- quotidiennes. Votre pratique individuelle est votre pratique principale, et il devrait toujours en être ainsi. Cela place votre destinée individuelle entre vos mains, dans votre pratique de tous les jours, quelles que soient les circonstances. Les groupes vont et viennent. Les méditations de groupe sont de merveilleuses incitations, mais elles vont et viennent aussi. Ne fondez pas votre pratique principale sur elles. Considérez les comme un plus. La vie extérieure change tout le temps. Assurez vous que votre pratique quotidienne fasse partie intégrante de votre vie intérieure et ne soit pas soumise aux aléas des événements extérieurs. Nous avons parlé des différentes manières de pouvoir méditer quand nous nous trouvons dans circonstances peu propices. Garder la régularité de votre pratique est très important lorsque vous traversez les différentes péripéties de la vie. Quelque soit la pratique que vous choisissez, cela doit demeurer sacré. C'est votre principal chemin d'intériorité. Vous pouvez compter dessus car vous le pratiquez chaque jour sans faillir. Tout le reste n'est que paysage qui défile, inspirant parfois, moins inspirant à d'autres moments. Allez vers ce qui est inspirant, que cela allume le feu de votre désir de progresser, et que votre pratique quotidienne continue le travail de purification que vous avez commencé. Nous ajouterons d'autres pratiques que vous pourrez utiliser. Vous construirez votre propre routine. Une routine quotidienne est la clé. C'est le chemin le plus sûr vers l'illumination.
  • 31. Allez dans les groupes et participez aux discussions sur la transformation spirituelle. Vous êtes entré dans un nouveau domaine de citoyenneté, la citoyenneté spirituelle. Amenez votre conscience de pure félicité à chaque réunion, à chaque méditation de groupe. Et rappelez-vous que vous construisez votre maison, chaque jour, sur le rocher de la conscience de pure félicité. Leçon 38 : Où en êtes vous ? Nous avons un dilemme. Par rapport au temps. Nous sommes maintenant prêts à nous lancer dans la suite des techniques avancées de yoga. La question est de savoir si vous êtes prêts. « Oui », dites vous, « j'aimerais bien lire la suite ». Le dilemme n'est pas tant par rapport à l'envie de lire. C'est par rapport à la mise en application de la connaissance, comment y arriver. Les leçons exposées ici résultent de dizaines d'années d'expérience du yoga. Il faudra six mois environ pour décrire complètement les plus importantes techniques avancées de yoga, dire comment les faire et quels seront leurs effets. Une fois que tout sera mis par écrit et terminé, vous pourrez les lire en quelques jours seulement. De toute évidence il ne serait pas très conseillé de commencer toutes les pratiques en aussi peu de temps qu'il faut pour les lire. Cela ne serait pas possible. Chaque étape de la pratique nécessite une période d'acclimatation substantielle avant que le niveau suivant puisse être abordé avec succès. Si l'on essaie de courir avant même de savoir marcher suffisamment bien, il y a de fortes chances que l'on se retrouve le nez par terre. C'est également vrai des techniques avancées de yoga. Une progression graduée n'est pas un luxe, c'est une nécessité. Donc, voilà le dilemme. Après avoir reçu tout cet enseignement d'un coup, comment construirez-vous votre pratique de façon correcte dans la durée. Cela revient à trouver le rythme de progression qui vous est propre et à être méthodique dans l'élaboration de votre pratique, en veillant bien à ne pas trop en faire d'un coup. Chacun est différent et a une capacité différente à absorber de nouvelles pratiques. Il vous faudra trouver votre rythme, la vitesse de progression qui vous permettra d'avancer tout en restant bien stable. Avant, la difficulté était d'arriver à trouver les enseignements. Ici, la difficulté est de les mettre en application aussi vite que vous le ressentez, sans en faire trop et tomber de la voiture en marche pour ainsi dire. Dans les temps anciens on disait qu'il valait mieux recevoir les techniques spirituelles puissantes trop tard plutôt qu'une minute trop tôt. Les pratiques étaient données au compte goutte sur de longues durées et sur une base individuelle. Ceci ne convient guère à l'époque dans laquelle nous vivons, avec son rythme rapide et l'information de masse, et lorsque dans de nombreux domaines les nouvelles applications de la connaissance supplantent les anciennes au bout de très peu de temps. Il y a une nécessité d'accélérer la transmission et l'intégration de la connaissance des techniques avancées de yoga. Il faut qu'elles soient simplifiées et codifiées de manière à ce qu'elles s'inscrivent dans le courant de cet âge scientifique. Il faut qu'elles soient mises à la disposition des gens et que les gens décident comment elles doivent être mises en oeuvre pour le plus grand bien des générations présentes et futures. Il faut que cela se passe ainsi, sinon les méthodes de transmission de cette connaissance resteront arriérées et peu de gens pourront en bénéficier. Le monde ne peut plus se permettre de ne pas disposer de méthodes efficaces et accessibles pour le développement de la nature intérieure de l'humanité. Il y a ceux qui disent « il ne faut pas jeter de perles aux pourceaux ». Il y a deux mille ans c'était peut être un bon conseil à donner à ceux qui détenaient la connaissance spirituelle. Si elle avait été exposée ouvertement, ils auraient été attaqués et mis à mort par la multitude superstitieuse. De nos jours, il nous faut une approche plus ouverte. Nous nous trouvons à un tournant important de l'histoire. Pouvons nous continuer à rester à l'écart et à considérer l'humanité comme une foule ignorante, comme des pourceaux, qui ne mérite pas la connaissance qui peut la transformer? Non, l'humanité est plus que ça, elle mérite d'avoir les moyens d'expérimenter sa vraie nature. Il est temps que les choses changent.
  • 32. Nous nous trouvons au bord d'un changement radical de la conscience humaine. Ses conséquences dépassent de loin la réalisation, il y a plusieurs siècles, que la terre était ronde et non plate et que le soleil était le centre du système solaire et non la terre. La réalisation qui se produit actuellement c'est la compréhension que l'intérieur de l'être humain est le lieu de l'expérience divine, de Dieu et de la vérité. Celle-ci n'est nulle part ailleurs. Les expériences extérieures, qu'elles semblent divines ou pas, ne sont que le reflet de l'expérience intérieure de l'être humain. Chaque être humain est une fenêtre, un portail qui permet de passer de ce monde vers l'infini et de l'infini vers ce monde. Ces leçons vous donneront les outils les plus importants pour la transformation humaine, le moyen d'ouvrir ce portail en vous. La décision du choix des pratiques dépend de vous. Ce n'est pas différent de l'application de toute autre forme de connaissance. Nous sommes tous familiarisés avec l'apprentissage prudent et bénéfique de l'utilisation de technologies puissantes, l'automobile, l'électroménager, la médecine moderne, l'électricité, l'information illimitée sur internet…Nous pouvons les utiliser de façon efficace après une durée d'apprentissage suffisante. Vous trouverez ici un manuel pour apprendre les techniques avancées de yoga. Les pratiquants avisés sauront ce qu'il faut faire, les autres laisseront passer et incuber un certain temps, cela fait partie du processus d'éveil également. La connaissance est là. Nous vous suggérons d'en prendre connaissance. Mais n'essayez pas de tout faire en même temps tout de suite. Faites une chose après l'autre. Attendez de vous sentir à l'aise dans une pratique avant d'en ajouter une autre. Plus nous aurons avancé dans notre pratique et plus elle sera devenue confortable, plus il sera facile d'ajouter quelque chose de nouveau. Il faut du temps. Nous avons déjà ajouté la posture jambes croisées à notre routine. Avez-vous bien progressé par rapport à ça? Nous allons maintenant nous embarquer pour une nouvelle étape du voyage, le pranayama. Le pranayama évoluera par la suite en une pratique complexe aux effets très profonds. Nous le ferons progresser par étapes successives, simples et logiques. Malgré cela, si vous n'êtes pas très stable dans votre méditation et si vous êtes toujours en train d'essayer de vous habituer à la position jambes croisées, rajouter le pranayama fera trop. Beaucoup trop. Attendez que la pratique de la méditation jambes croisées soit devenue stable. Peut être avez-vous décidé de ne pas prendre la posture jambes croisées. C'est très bien. Néanmoins assurez-vous que votre méditation est confortable et que votre routine est bien établie avant de commencer le pranayama. Ce message vous disant de faire les choses de façon progressive sera répété de nombreuses fois, et à de nombreuses reprises au fur et à mesure que, dans très peu de temps, nous franchirons des éons de connaissance spirituelle très puissante pour ouvrir vos portes intérieures. Le dilemme du bon moment se résoudra de lui-même si vous respectez la puissance et la délicatesse de cette connaissance, et si vous la mettez en œuvre de manière responsable dans votre vie. Nous vous recommandons de toujours conserver une pratique régulière et stable. Ne vous lancez pas inconsidérément dans les pratiques nouvelles. Si vous en faites trop et que vous vous sentez instable, revenez en arrière à votre pratique précédente dans laquelle vous trouviez votre stabilité. Là vous pourrez vous re- stabiliser et prendre votre temps avant d'envisager une nouvelle progression. La méditation est la pratique de base, fondamentale. Rien qu'avec elle vous irez loin. Tout le reste a pour but d'accélérer le processus de méditation, d'accélérer le courant de conscience de félicité à travers le corps et dans votre environnement. Si la méditation seule vous intéresse ce sera suffisant. Si davantage vous intéresse, alors vous trouverez beaucoup dans ces leçons. Leçon 39 : Pranayama cultiver le sol de notre système nerveux Chacun sait bien que lorsqu'un ami est bouleversé par quelque chose, mais vraiment bouleversé, c'est une bonne chose de lui dire de respirer, de faire des respirations lentes et profondes pendant un moment. Celles-ci ont un effet calmant sur le système nerveux, le mental et les émotions. Pour quelle raison? Parce que cela détend les nerfs. La tension contracte les nerfs, ce qui restreint l'écoulement de la conscience en nous. Respirer lentement et profondément détend les nerfs, facilitant l'écoulement de la conscience en nous et ceci procure l'effet relaxant recherché.
  • 33. Dire que la conscience coule en nous est une simplification. Puisque, en réalité, tout est écoulement de la conscience, il serait plus exact de dire que la « force de vie » coule en nous. Qu'entendons-nous par force de vie? C'est la première manifestation de la conscience dans la matière. On l'appelle « prana », ce qui signifie « unité première ». Dans la théorie de la physique moderne, les filaments minuscules d'énergie subatomique que l'on pense être les briques à la base de toute la construction de l'univers pourraient bien être analogues au prana. Quoi qu'il en soit, nous savons qu'en agissant sur le prana (la force de vie) dans le corps humain, nous obtenons des effets conséquents sur notre système nerveux et sur notre expérience. La méditation est un moyen d'influencer le prana à partir du mental. L'esprit humain, le mental, s'élève à partir d'un flot d'énergie qui parcourt les nerfs du cerveau. Dans la méditation, nous permettons systématiquement à cette énergie (prana) de s'apaiser, ce qui nous conduit à la cause sous-jacente de cette énergie. Nous en faisons l'expérience sous forme de conscience de pure félicité. Dans la méditation, l'attention est facilement conduite au-delà du mental et au-delà du prana. C'est une capacité extraordinaire que nous avons là. A part la méditation, il existe d'autres moyens d'influencer le prana pour faciliter la purification du système nerveux dans le but d'unir notre nature extérieure et notre nature intérieure. Comme nous l'avons dit, en utilisant le souffle nous pouvons agir de façon remarquable sur notre expérience. En restreignant le souffle d'une certaine manière nous produisons certains effets prévisibles. C'est la science du « pranayama», mot qui veut dire « maîtrise du prana ». En termes de ce que nous faisons concrètement, cela s'appelle contrôle du souffle. Mais le pranayama c'est bien plus qu'un contrôle physique de la respiration. D'autres actions sont ajoutées qui approfondissent et élargissent les effets de la respiration. Le mental est impliqué, ainsi que le corps, en plus du contrôle du souffle. Mises ensemble, ces actions délient et cultivent le système nerveux d'une manière qui augmente grandement les effets de notre pratique de la méditation. Imaginez le système nerveux comme un sol, et la pure conscience de félicité comme une graine. Nous avons éveillé la graine silencieuse par notre méditation régulière et quotidienne. Maintenant nous allons cultiver le sol, notre système nerveux, de sorte que la graine de pure félicité puisse grandir en nous, vigoureuse et dynamique. Comment le souffle affecte t-il le courant de prana dans le corps? Il y a une relation électromagnétique dans le corps entre le souffle, l'esprit, le courant de prana et tous les aspects de notre fonctionnement biologique. Tous sont reliés. C'est la raison pour laquelle lorsque nous méditons, le souffle s'apaise automatiquement et tout le métabolisme ralentit. Pendant le pranayama nous ralentissons consciemment le souffle et nous lui faisons suivre un parcours particulier. Nous agissons sur le courant de prana dans ce parcours. C'est une sorte d'induction. C'est comme si on induisait un courant électrique dans un fil avec un aimant. Donc, en utilisant le souffle coordonné au mental, nous pouvons entamer une purification sélective d'un canal particulier de notre système nerveux qui joue un rôle majeur dans la venue de l'illumination. Ce canal est ce minuscule nerf, fin comme un fil, qui s'élève à l'intérieur de la colonne vertébrale et qui traverse le cerveau. On l'appelle « sushumna ». Purifier et ouvrir ce nerf est l'objectif du pranayama et d'autres pratiques avancées de yoga qui seront ajoutées. Nous allons commencer avec une technique respiratoire qui doit être pratiquée juste avant la méditation. Ensuite, quand nous serons à l'aise avec cette technique, nous ajouterons des éléments nouveaux, l'un après l'autre, qui accroîtront grandement la puissance de notre pratique. Leçon 40 : Pranayama vertebral Nous allons maintenant commencer une technique de pranayama avancée que l'on appelle respiration de la colonne vertébrale (spinal breathing). Elle comprend plusieurs parties et on la pratique juste avant notre méditation quotidienne. La façon de méditer ne change en aucune manière. D'abord nous faisons le pranayama. Ensuite la méditation. Asseyez-vous confortablement, le dos soutenu par des coussins, et fermez les yeux comme lorsque vous méditez. La pratique se fait la bouche fermée, respirez lentement et profondément par le nez, sans aller jusqu'à votre maximum. De façon détendue et sans effort. Il s'agit de respirer aussi lentement et profondément qu'on le peut, sans inconfort. Pas besoin d'être héroïque. Faites débuter chaque respiration dans le ventre et monter ensuite dans la poitrine jusqu'en haut, aux clavicules, ensuite redescendez lentement en expirant. Maintenant, avec chaque inspiration, déplacez votre attention en la faisant monter à l'intérieur d'un filament minuscule,
  • 34. ou d'un tube si vous préférez, que vous visualisez comme démarrant au périnée, se continuant dans la colonne vertébrale, au centre, jusqu'à la base du cerveau, au centre de la tête. Au milieu de la tête ce nerf minuscule décrit une courbe qui l'amène vers l'avant au point entre les sourcils. En une respiration lente et profonde laissez votre attention se déplacer dans ce nerf, voyager du périnée jusqu'au point entre les sourcils. A l'expiration, parcourez le chemin inverse, du point entre les sourcils redescendez jusqu'au périnée. Puis avec l'inspiration suivante montez à nouveau jusqu'au point entre les sourcils, ensuite redescendez jusqu'au périnée en expirant et ainsi de suite. Au début faites cette respiration dans la colonne vertébrale pendant cinq minutes avant la méditation elle-même. Ne vous relevez pas après le pranayama avant de méditer. Restez assis où vous êtes et enchaînez avec la méditation lorsque vous avez terminé le pranayama. Prenez environ une minute pour la transition, puis commencez à penser le mantra sans effort comme vous l'avez appris. Lorsque vous vous serez bien habitué à faire le pranayama suivi de la méditation, vous pourrez augmenter la durée du pranayama à dix minutes. Ce qui veut dire que vous ferez dix minutes de pranayama et vingt minutes de méditation deux fois par jour, tous les jours. Continuez ainsi. Dans une semaine environ, ou bien lorsque vous serez suffisamment familiarisé avec les dix minutes de pranayama suivies de la méditation, vous pourrez ajouter ce qui suit: à l'expiration laissez la glotte se resserrer légèrement pour créer une légère restriction de l'air qui quitte les poumons. La glotte est la porte, dans votre gorge, qui ferme automatiquement la trachée lorsque vous retenez le souffle ou lorsque vous avalez. En la fermant partiellement quand vous expirez, cela produira un son, comme un léger sifflement dans la gorge. Cette respiration s'appelle « Ujjayi ». Cela se fait automatiquement, sans effort. Conservez le rythme lent et profond de la respiration auquel vous êtes habitué lorsque vous ajoutez cette petite restriction de l'air à l'expiration. A l'inspiration laissez la gorge se détendre et s'ouvrir davantage. Ne restreignez pas l'air qui entre dans les poumons. Au contraire, permettez à la partie la plus profonde de votre gorge de s'ouvrir largement et confortablement. Ne modifiez pas le rythme lent et profond de votre respiration que vous aviez jusqu'à maintenant. Gardez la bouche fermée pendant le pranayama. La seule exception c'est si vous avez le nez bouché et qu'il ne vous est donc pas facile de respirer par le nez; dans ce cas utilisez la bouche. Bien que tous ces détails de ce qu'il faut faire puissent sembler compliqués au premier abord, ils deviendront vite une habitude avec de la pratique. Une fois habitué, tout ce que vous aurez à faire pendant le pranayama, ce sera de laisser l'attention monter et descendre dans la colonne vertébrale avec votre respiration longue et profonde. Si vous vous rendez compte que votre attention s'est évadée et n'est plus sur le trajet du souffle qui monte et qui descend sans effort dans la colonne vertébrale, alors ramenez là doucement. Tout cela se fait sans forcer et sans tension. Nous revenons simplement au parcours utilisé dans le pranayama, de la même façon que nous revenons sans effort au mantra pendant la méditation. Ce pranayama va avoir un effet calmant sur le système nerveux et procurer un terrain fertile pour la méditation. Avec ce début de la pratique de la respiration dans la colonne vertébrale, nous mettons également en place les fondations nécessaires pour des techniques qui accroîtront grandement le courant de prana dans notre corps. Lorsque nous aurons stabilisé les pratiques que nous avons apprises jusqu'à maintenant, nous serons prêts à éveiller en douceur l'énorme réservoir de prana qui se trouve près de la base de notre colonne vertébrale. Leçon 41 : le Pranayama est bien naturel ? Q: Je lutte pour incorporer toutes les techniques que nous avons vues dans la respiration de la colonne vertébrale et je n'en tire pas grand-chose jusqu'à présent. Cela me paraît contradictoire avec le fait que vous dites que ces techniques devraient être «naturelles ». C'est vraiment très différent de la méditation, que je trouve facile et agréable. Est-ce que le pranayama est censé être facile et agréable aussi? R: Oui, le pranayama deviendra facile. Et agréable est un euphémisme. Extatique est une meilleure description de ce que le pranayama deviendra. Ca peut prendre du temps pour y arriver cependant. Prenez votre temps pour y parvenir. Laissez le temps à votre pratique de produire ses résultats, vous ne le regretterez pas. D'autres éléments de pratique vont venir à votre aide et rendre le pranayama beaucoup plus agréable à faire. Vous apprendrez à tout embraser de l'intérieur. Mais commençons par le commencement. Mettez les fondements de la pratique en place. Avec le temps cela va devenir plus facile et plus plaisant. La
  • 35. méditation est facile et plaisante dès le début pour la plupart des gens. En ce qui concerne le pranayama, cela peut demander un peu plus de temps. Le pranayama est-il naturel? Il ne fait aucun doute que le pranayama, avec tous ses morceaux qui s'ajoutent, est une technique complexe, et on peut avoir l'impression au départ que ce n'est pas très naturel. Pourtant, tout comme la méditation, le pranayama met en œuvre une capacité naturelle qui est inhérente en nous. Dans le cas de la méditation, il s'agit de la capacité naturelle qu'a l'esprit de s'apaiser et de faire l'expérience de la conscience de pure félicité. Il suffit de mettre l'esprit dans les conditions qui conviennent pendant la méditation pour qu'il s'apaise de lui-même. En ce qui concerne le pranayama, nous mettons à profit la capacité naturelle du système nerveux à se raffiner et à générer de l'extase de lui-même. La mise en place des conditions initiales est plus difficile. Mais une fois que nous avons franchi les étapes nécessaires au moyen du pranayama, l'extase est générée de façon naturelle. Une fois que le processus est mis en route, cela devient complètement automatique. A ce moment là, vous savez sans aucun doute que votre corps a été conçu pour vivre l'extase divine, et c'est toute une révélation. De la même façon que la conscience silencieuse de la félicité est l'état naturel vécu grâce à la méditation, de même l'extase rayonnante est l'état naturel que nous fait vivre le pranayama. Une fois éveillé par le pranayama, ce rayonnement extatique s'approfondit dans la méditation. Le pranayama cultive le sol de notre système nerveux jusqu'au point où la méditation est capable d'engendrer un épanouissement dynamique de conscience de félicité pure. Le pranayama permet à la graine silencieuse que nous éveillons dans la méditation de croître pour devenir un rayonnement extatique qui déborde généreusement dans notre vie. Notre objectif ici est de structurer les techniques avancées de yoga pour qu'elles soient aussi faciles que possible, mais aussi agréables et plaisantes. Autrement bien peu de gens auront envie de s'en soucier. Dans les débuts de la pratique, lorsque l'on apprend, il faut faire preuve d'un peu de patience et de persistance. En vous adonnant quotidiennement à la pratique, les expériences vont s'approfondir. Il viendra même un moment ou, vous vous précipiterez vers votre siège de méditation tellement l'extase que vous vivrez là sera grande. Alors avant que vous ne réalisiez ce qui se passe, l'extase sera partout. Vous verrez le monde entier se transformer devant vos yeux pleins d'amour. Leçon 43 : Relation pranayama – meditation Q: J'ai des expériences merveilleuses de félicité pendant mes premières pratiques de pranayama, et elles débordent sur le temps de ma méditation. Mon corps se balance et je ressens des vagues de plaisir monter dans ma colonne au point d'en avoir la chair de poule. J'ai remarqué que mon attention revenait sur la respiration dans la colonne vertébrale pendant la méditation. Est-ce que c'est bien? Quel rapport y a-t-il entre le pranayama et la méditation? Le pranayama est-il une sorte de méditation? Est-ce que l'on peut garder uniquement le pranayama comme pratique sans faire la méditation comme on l'a apprise? R: Vos premières expériences sont magnifiques, un avant-goût merveilleux des choses à venir. Puissent-elles vous inciter à poursuivre ce chemin qui conduit à l'illumination. Avec une pratique régulière du pranayama et de la méditation, vos expériences vont devenir beaucoup plus profondes. S'il se produit des mouvements pendant le pranayama ou la méditation, ne vous en préoccupez pas trop. Ceci, que les mouvements soient agréables ou désagréables. Revenez simplement et sans effort à la pratique que vous faites, que ce soit le pranayama ou la méditation. Si les mouvements persistent au point que vous ayez du mal à revenir facilement à votre pratique, alors laissez votre attention se porter sur les mouvements quelques instants, en veillant bien à ne pas les favoriser, ni à leur résister. Une fois qu'ils se sont calmés un peu, vous devriez pouvoir revenir à votre pratique sans effort. Des mouvements agréables, et des sensations agréables sans mouvement, cela peut être trompeur lorsqu'ils se produisent pendant le pranayama et la méditation. Nous avons tendance à nous laisser attirer par eux. C'est naturel. Là où il ne faut pas se laisser prendre, c'est de confondre le plaisir qui se manifeste avec la pratique, et de se focaliser à tort sur le plaisir. Gardez bien à l'esprit que ses expériences ont lieu en raison d'une pratique correcte du pranayama et de la méditation. Mais pour progresser, nous devons continuer nos pratiques et ne pas en dévier en portant une attention excessive sur les expériences extatiques qui se produisent. Ce qui ne veut pas dire que ces expériences ne sont pas bien venues. Elles le sont. Nous faisons ces pratiques de yoga avancées pour pouvoir vivre dans un état d'extase! En poursuivant nos pratiques quotidiennes, les expériences extatiques déborderont et feront
  • 36. partie intégrante de notre vie de tous les jours. C'est ce que nous recherchons. Donc, si elles se présentent pendant notre pranayama ou notre méditation, nous les accueillons avec joie et nous revenons à notre pratique. C'est ainsi que nous favorisons la manifestation de l'expérience extatique dans notre vie. Nous aurons l'occasion de reparler plus en détail de la façon de maintenir l'intégrité de nos pratiques lorsque nous expérimentons des vagues d'extase un peu plus tard. Avec le temps, l'extase deviendra l'expérience dominante pendant nos pratiques, et cela représente un défi à surmonter sur la route qui conduit à l'illumination. Mais c'est un défi très agréable. Il peut arriver aussi parfois que nous nous trouvions en train de faire le pranayama pendant la méditation et vice versa. Quand cela se produit, nous revenons simplement à la pratique que nous devrions être en train de faire à ce moment là. Nous ne devons pas essayer de faire les deux en même temps. Les deux sont basés sur la simplicité de l'attention, c'est-à-dire de favoriser sans effort le mantra pendant la méditation, ou de favoriser sans effort la respiration dans la colonne vertébrale pendant le pranayama. Si nous essayons de favoriser les deux en même temps, nous divisons l'attention et ceci n'est bon pour aucune des deux pratiques. Donc, en premier nous faisons le pranayama, puis après nous faisons la méditation. C'est la formule pour obtenir le maximum d'effet. La méditation et le pranayama sont deux pratiques distinctes qui ont des buts différents. La méditation instille en nous le silence de la conscience de pure félicité. Le pranayama relâche les nerfs subtils et stimule le flot de prana de façon particulière. Ceci procure à la conscience de pure félicité l'opportunité de s'écouler de façon dynamique dans le système nerveux. Au début, on en fait l'expérience sous forme d'un accroissement sans fin d'extase en expansion, puis plus tard comme de la manifestation de la conscience du soi, universel et béatifique. Le pranayama est très proche de la méditation, mais ce n'est pas de la méditation. La méditation est très proche du pranayama, mais ce n'est pas du pranayama. On pourrait dire que chacun d'eux vient d'un bord opposé jusqu'à toucher la frontière subtile qui existe entre la conscience de pure félicité et le prana qui est partout en nous. En pratiquant le pranayama et la méditation, l'un après l'autre, nous dissolvons la frontière par les deux côtés. Nous faisons coup double. C'est le grand bénéfice que l'on retire de faire les deux pratiques. Le pranayama sous ses différentes formes à une importance énorme et nous en ferons un grand usage. C'est l'une des clés principales pour ouvrir le système nerveux humain à l'expérience divine. Mais le pranayama ne remplace pas la méditation. Ce n'est que par la méditation que le système nerveux peu s'imprégner de conscience de pure félicité. Le pranayama, et les autres techniques dont nous parlerons, aident grandement à créer le terrain qui permettra à la conscience de pure félicité à se manifester, ce sont aussi les moyens qui permettront son expansion vers l'extérieur, mais ce ne sont pas la cause première de son apparition. Celle-ci est la méditation. Pour cette raison, le pranayama n'est pas recommandé comme pratique seule, sans la méditation. La méditation, elle, peut être pratiquée toute seule. C'est une pratique complète qui conduira à un plein épanouissement de la conscience de pure félicité chez le pratiquant, sur une période de temps assez longue. C'est pourquoi nous avons dit que la méditation était suffisante pour ceux qui ne désirent pas pratiquer d'autres techniques avancées de yoga pour accélérer le voyage. La méditation est la meilleure pratique que l'on puisse faire quand on ne veut pas en faire plusieurs. D'autre part, la pratique du pranayama tout seul sans la méditation peut laisser le pratiquant vulnérable d'une certaine façon. Imaginez que vous soyez en train de labourer un champ, de retourner ce sol riche encore et encore. Il se trouve exposé, fertile et prêt à être ensemencé. Mais quelle graine allez-vous semer là? Si vous méditez profondément avec une méthode efficace, vous ensemencerez le champ avec la graine de la conscience de pure félicité. Et elle germera et grandira, vigoureuse, emplissant le champ de joie. Et si vous ne méditez pas, si vous ne plantez rien de particulier dans votre champ de pranayama fertile? Que va-t-il pousser? Quelque chose poussera. Mais quoi? Tout ce qui se trouve à proximité. Des désirs, des pensées, des émotions, quoi que ce soit qui souffle sur ce champ. Pour dire la vérité, beaucoup d'herbes pourront y pousser parce qu'il n'y a pas de graines de conscience de pure félicité pour remplir le champ. C'est pourquoi le pranayama pratiqué seul pendant des mois et des années peut conduire vers moins au lieu d'aller vers plus. Chez certaines personnes ce genre de pratique déséquilibrée peut conduire vers une rigidité accrue, de l'égoïsme, de l'anxiété, de la colère ou tout simplement de la malchance. Méditez chaque jour après avoir fait le pranayama et vous ferez l'expérience du contraire, et à profusion, la flexibilité, la compassion, la paix, la joie et beaucoup de chance. C'est ainsi que cela fonctionne. Leçon 44 : trouver le nerf spinal
  • 37. Q: J'ai du mal à imaginer le nerf dans la colonne vertébrale. Est- ce qu'il ressemble à un nerf ou à un tube? Vous avez parlé des deux. A-t-il une couleur, un goût, un ressenti ou toute autre caractéristique sensorielle? R: Sans effort, nous imaginons le nerf de la colonne vertébrale comme un canal tubulaire minuscule qui part du périnée (le point qui se trouve entre l'anus et le sexe) et va jusqu'au point entre les sourcils. A l'inspiration, nous le suivons en montant jusqu'au centre de la tête où nous tournons vers l'avant jusqu'au centre entre les sourcils. A l'expiration, nous suivons le même trajet, mais en sens inverse, en descendant jusqu'au périnée, et nous recommençons ainsi de suite pendant tout le temps de notre pratique du pranayama. Si nous nous rendons compte à un moment que nous ne sommes pas en train de suivre le nerf de la colonne vertébrale, nous ramenons simplement notre attention dessus, sans effort. Nous ne forçons pas l'image mentale du nerf spinal. Nous la favorisons en douceur. Les détails se mettront en place d'eux même. Qu'est-ce que c'est que ce nerf de la colonne vertébrale? Qu'est-ce que c'est que cette sushumna? Est-ce quelque chose qu'il faudra toujours continuer d'imaginer pendant notre pranayama et rien d'autre? Heureusement non. Imaginer le nerf de la colonne vertébrale, et le parcourir en montant et en descendant, n'est que le début. D'abord, c'est comme de tracer la carte d'un territoire où on nous a dit qu'il y avait un gisement d'or important. Ensuite nous commençons à creuser, et bientôt nous trouvons l'or. Alors l'image que nous nous en faisons mentalement revêt une qualité différente. Nous réalisons que nous sommes dans le filon d'or et nous n'avons plus besoin de le chercher. Nous savons où il est, il brille devant nous. La réalité remplace l'imagination. Donc, imaginer le nerf de la colonne vertébrale n'est que le début, il faut bien commencer quelque part. A force de parcourir ce chemin avec le souffle, quelque chose commence à se passer. Quelque chose commence à monter. Ca peut être des sensations. Ou bien des couleurs. Ou encore des sons. Nous ferons l'expérience de quelque chose. Nous ne détournons pas notre attention vers les sensations qui apparaissent, nous continuons à pratiquer. Tous les sens sont à l'œuvre dans les royaumes intérieurs, et nous les ouvrons progressivement. La façon dont nous percevrons le nerf de la colonne vertébrale au début dépend de notre constitution particulière, de la manière dont la purification s'effectue pendant le pranayama et la méditation. Mais quelle que soit la spécificité de notre processus de purification, nous mettons à jour la même chose, la sushumna, le nerf spinal. Et ce faisant, nous ouvrons l'autoroute qui conduit vers l'infini. Dans la respiration de la colonne vertébrale nous trouvons le nerf spinal et nous l'ouvrons simultanément. Nous le trouvons en l'ouvrant et ensuite nous continuons de l'ouvrir. Ca ne restera pas au niveau de l'imagination pendant très longtemps. Bientôt nous ajouterons des éléments puissants à notre pratique du pranayama qui aideront à ouvrir le nerf de la colonne vertébrale plus rapidement. La respiration et l'imagination recevront de l'aide en abondance. Quand vous creusez pour trouver de l'or, il peut être utile d'utiliser de la dynamite. Nous avons beaucoup de dynamite à notre disposition. Nous vous en fournirons très bientôt. Alors vous pourrez découvrir rapidement quelque chose de très réel en pratiquant la respiration de la colonne vertébrale. Le nerf spinal deviendra tangible, à l'intérieur, palpable. Il y aura moins besoin de l'imaginer. Vous serez dedans, vous expérimenterez les dimensions intérieures de vous-même. Le rayonnement extatique vous remplira et commencera à vous étirer de l'intérieur. A un moment donné, vous vous rendrez compte de quelque chose qui est à la fois réconfortant et qui fait peur en même temps. Vous réaliserez que pendant que vous recherchiez le nerf spinal, le nerf spinal vous recherchait aussi. En trouvant le nerf spinal, le nerf spinal vous a trouvé. Alors il y aura comme un renversement. Avant, c'était vous qui cherchiez, qui creusiez encore et encore. Lorsque vous trouvez le nerf spinal, cela change. C'est maintenant le nerf spinal éveillé qui cherche, qui se répand partout en vous, purifiant chacune de vos cellules. Vous devenez le témoin d'un vaste déploiement de nettoyage cosmique et vous tombez dans un abîme d'extase sans fin. C'est une expérience qui donne de l'humilité et qui est très gratifiante. Maintenant vous voyez par vous- même ce qui a été mis dans les écritures spirituelles de l'humanité depuis des milliers d'années. C'est comme cela de trouver le nerf spinal. C'est comme d'être trouvé. Ensuite nous passons à un mode d'abandon, recevant le processus divin et le laissant s'accomplir à l'intérieur, car nous ne sommes plus seul dans cette quête. Nous ne l'avons jamais été. Nous ne nous contentons pas de ne rien faire. Il y a encore beaucoup à faire, beaucoup d'autres moyens à appliquer pour faciliter la transformation. Alors nous continuons nos pratiques quotidiennes et nous ajoutons d'autres techniques de yoga avancées au fur et à mesure que nous sommes capables de les assimiler. Nous ne nous reposons pas sur nos lauriers. Nous sommes peut-être emplis d'extase, mais il y a plus, et nous ne nous arrêterons pas.
  • 38. Leçon 45 : Respiration slows down Q: Depuis que j'ai commencé le pranayama, ma respiration a changé. Au début, je n'arrivais pas à trouver un rythme, et souvent je me trouvais manquant d'air car je respirais lentement. Mais récemment, les choses rentrent dans l'ordre. J'ai suffisamment d'air bien que je ralentisse ma respiration de plus en plus. Parfois ma respiration semble se suspendre à certains moments du cycle. Est- ce normal? Est-ce que je me fais du mal lorsque ma respiration diminue au point de pratiquement s'arrêter? R: Votre expérience est très bonne. Elle montre qu'un raffinement de votre système nerveux a lieu en dessous et que la force de vie monte de l'intérieur pour compenser votre consommation réduite d'oxygène. C'est pourquoi vous vous sentez à l'aise avec le ralentissement de votre respiration, et qu'il n'y a pas de tension. C'est une conséquence normale du pranayama et cela ne peut vous nuire tant que vous ne forcez pas le processus. Un grand principe naturel est en jeu ici. C'est pour cela que le pranayama est si efficace pour cultiver le système nerveux. Rappelez- vous que « pranayama » signifie « restriction de la force de vie ». Quand nous restreignons la force de vie de manière simple et sans effort, quelque chose est créé. La restriction douce du souffle crée un effet de vide biologique, une petite succion sur la force de vie en nous. Le corps doit gérer ce déficit léger de force de vie d'une façon ou d'une autre. Il le fait en puisant dans le vaste réservoir de prana qui est dans le corps, et ce prana s'écoule des profondeurs du système nerveux. C'est une nouvelle dynamique du système nerveux, et l'écoulement de prana qui vient de l'intérieur agit sur les nerfs avec un effet de relâchement et un effet de purification. Ce processus est au cœur de tous les effets qui découlent du pranayama. Juste derrière le flot de prana qui se manifeste lors du pranayama, vient le flot généreux de conscience de pure félicité, si nous pratiquons notre méditation tous les jours. Nous sommes tous familiers avec les bénéfices que l'on peut retirer de l'application du principe de restriction dans différents domaines de notre vie. Si nous restreignons doucement ce qui semble être notre besoin immédiat, nous en retirons immanquablement des bénéfices d'une façon ou d'une autre. C'est particulièrement vrai si nous en avons trop fait pour combler nos besoins apparents, comme nous avons tendance à le faire dans notre mode de vie occidental orienté vers la consommation. Il y a une grande sagesse dans le fait de dire qu'il faut « de la modération en toute chose ». Un exemple simple et évident, c'est par rapport à la nourriture. Si nous restreignons modérément la quantité de nourriture que nous ingérons, nous commençons à brûler la graisse de notre corps pour compenser la réduction de nourriture. Ceci a un effet purifiant pour le corps et améliore notre santé pour autant que nous ne poussions pas à l'extrême au risque de devenir anorexique. Ce principe de restriction se retrouve dans de nombreux domaines de notre vie. Si nous restreignons nos dépenses, même un peu, nous trouvons que nous avons plus d'argent. Si nous perdons notre emploi, ce qui n'est pas toujours perçu comme un événement positif, très souvent nous nous retrouvons avec un meilleur emploi. La vie a une façon de compenser ce qui est restreint, souvent avec quelque chose de mieux. Il ne fait aucun doute que si nous modérons nos excès, nous tirerons davantage de la vie. Dans de nombreux domaines, nous remarquons que moins est mieux. Ce principe s'applique aussi à la méditation. Quand nous favorisons le mantra sans effort, nous restreignons doucement les flots de pensées sans fin dans lesquels nous sommes presque toujours immergés. Dans la méditation, nous créons un état dans lequel l'attention n'est pas focalisée sur du sens. Et pourtant nous maintenons le mental actif avec le mantra. Nous n'avons pas mis le mental en sommeil. Donc, avec moins d'opportunité pour l'attention de s'accrocher au sens, une sorte de vide est créé dans l'esprit. Que se passe-t-il alors? Et bien vous le savez. L'attention va vers des niveaux de plus en plus tranquilles, jusqu'à ce que le mental devienne totalement tranquille dans la grande étendue silencieuse de la conscience de pure félicité. En restreignant le flot de l'esprit, nous créons un vide qui aspire la conscience de pure félicité en nous. On a dit que « la nature a horreur du vide et se précipite pour le combler». C'est vrai. Une bonne partie du yoga est basée sur l'application de ce principe pour stimuler le système nerveux humain afin qu'il atteigne des niveaux de fonctionnement et d'expérience plus élevés. Nous ne sommes pas d'habitude enclins à restreindre volontairement les choses que nous considérons comme fondamentales pour notre existence. Pourtant, si nous comprenons le principe de compensation qui est à l'œuvre partout, nous trouverons les opportunités d'aller de l'avant avec habileté dans notre vie. Le pranayama est un exemple éclatant de
  • 39. l'application de ce principe. Comme vous le verrez, le pranayama a une influence profonde sur l'essence de ce que nous sommes, et joue un rôle majeur pour nous révéler et nous permettre de devenir rayonnants d'extase. Leçon 46 : inspirer ou expirer en montant ? Q: Pourquoi monte t-on dans la sushumna à l'inspiration et descend- on à l'expiration? Est-ce que cela ne marcherait pas aussi bien dans l'autre sens, en descendant à l'inspiration et en montant à l'expiration? R: Lorsque l'on est dans les débuts, le pranayama peut fonctionner d'une façon ou de l'autre. Si on en reste à la respiration de base dans la colonne vertébrale, on peut défendre une approche ou l'autre. Cependant, plus tard, il devient clair qu'apprendre la respiration de la colonne vertébrale en montant à l'inspiration et en descendant à l'expiration est l'approche qu'il faut favoriser. Cela deviendra évident lorsque nous aurons de nouvelles pratiques de yoga avancées qui impliquent des suspensions délibérées du souffle lorsque les poumons sont pleins. A ce moment là, il sera nécessaire que l'attention soit près du haut de la sushumna pour accomplir les pratiques dans le haut du corps. Egalement, il viendra un moment où le souffle sera suspendu, de lui même, automatiquement, avec les poumons vides, en relation avec la biologie interne du prana qui sera libéré de son vaste réservoir qui se trouve près de la base de la colonne vertébrale. Ceci se manifestera par le fait que les poumons se vident et que l'énergie est tirée vers le haut depuis cette région qui est près de la base de la colonne vertébrale. Nous apprendrons des moyens qui facilitent ce processus automatique qui se produit lorsque les poumons sont vides, donc l'attention sera près de la base de la colonne vertébrale à ce moment là et non au sommet. Ces deux types de suspension du souffle sont des éléments essentiels pour déterminer le sens dans lequel nous devons aller lorsque nous pratiquons la respiration dans la colonne vertébrale. Quand notre respiration s'arrête, nous n'avons aucun doute sur la façon de respirer vers le haut et vers le bas. Ce qui fait que, au final, la direction que prend le souffle dans la sushumna n'est pas du tout arbitraire. Nous entrerons dans davantage de détails concernant la suspension du souffle, que l'on appelle « kumbaka », plus loin dans ces leçons. En montant avec votre attention dans la sushumna à l'inspiration et en descendant à l'expiration vous établissez les fondations correctes pour ce qui est à venir. Leçon 47 : & les chakras ? Q: J'ai entendu parler de l'importance des chakras dans la pratique spirituelle. De quoi s'agit-il et comment en tient-on compte dans ces leçons? R: Les chakras, que l'on connaît aussi comme centres d'énergie spirituelle, sont des composants de notre anatomie énergétique, correspondant à différents aspects de notre système nerveux. Ce sont des mécanismes internes vitaux par lesquels la conscience, en tant que prana, fonctionne en nous. Philosophiquement, on les trouve en bonne place dans les religions orientales, et on peut aussi les trouver dans le christianisme, par exemple dans l'Apocalypse. Quelle est leur importance dans les pratiques avancées de yoga? Ils sont importants, mais pas dans le sens qu'ils doivent être compris intellectuellement pour que l'on puisse faire le maximum de progrès spirituel. Pensez à votre voiture quelques instants. Quand vous la prenez le matin, il n'y a qu'un petit nombre de choses à faire pour pouvoir démarrer et partir. Vous tournez la clé, passez la première, appuyez sur l'accélérateur et vous voilà parti. Ensuite, vous avez à tenir le volant, appuyer sur le frein et ainsi de suite. Conduire une voiture est quelque chose que pratiquement tout le monde arrive à faire facilement. Mais supposons que pendant que vous conduisez vous ayez à vous occuper de tous les détails de ce qui se passe sous le capot pour que la voiture puisse avancer. Imaginez que vous ayez à pomper l'essence dans le réservoir pour la faire aller jusqu'au moteur, ou que vous ayez à envoyer le courant dans les bougies, à faire monter et descendre les pistons et à suivre la transmission jusqu'aux roues depuis l'arbre à cames. Imaginez également que vous deviez simultanément superviser tout ce qui se passe dans le système de refroidissement, dans le système de lubrification, dans le système électrique, l'air conditionné etc. Serait-il possible de conduire la voiture alors? Probablement pas. La raison qui fait que nous pouvons conduire notre voiture facilement c'est
  • 40. que nous savons utiliser les principales commandes. Tout le reste fonctionne tout seul automatiquement sous le capot. Nous n'avons même pas à y penser. La voiture a été conçue pour être facile à conduire, même si la technologie à l'intérieur est complexe. C'est exactement pareil avec les techniques avancées de yoga. Sur le plan spirituel, nous avons été conçus pour être facile à conduire. Nous pouvons utiliser les commandes principales et tout le reste vient automatiquement. Nous n'avons pas besoin d'être impliqué dans tous les détails. Pour sa plus grande part, le fonctionnement des chakras est « sous le capot . Nous avons tous cette tendance à vouloir connaître tous les détails des choses. Nous sommes une espèce curieuse et nous voulons savoir comment les choses fonctionnent. Nous aimons bricoler. C'est très bien, mais ça n'a pas grand-chose à voir avec le fait de s'engager dans une pratique spirituelle efficace, c'est-à-dire conduire la voiture. Ces leçons concernent principalement la conduite de la voiture, pas l'analyse du moteur qui se trouve sous le capot. Ceci dit, jetons un coup d'œil rapide sur la manière dont les principales commandes que nous avons apprises jusque là affectent les chakras. Dans la méditation, nous calmons rapidement toute la mécanique interne et nous allons droit à la source, le silence de la conscience de pure félicité. Donc l'effet de la méditation sur les chakras, c'est de les calmer, de les apaiser. Dans la méditation, la purification se passe selon les obstructions particulières rencontrées dans le système nerveux. Les chakras sont concernés par ça, mais pas de façon prévisible. La purification va là où il faut qu'elle aille, et tout ce que nous faisons c'est de suivre la méthode simple de la méditation. Dans le pranayama, nous parcourons l'intérieur de la colonne vertébrale vers le haut et vers le bas avec le souffle. La moelle épinière, ou sushumna, est la principale autoroute de notre système nerveux. Tous les autres nerfs sont influencés par ce qui se passe dans la moelle épinière. C'est le nerf principal qui régit les milliers d'autres nerfs de notre corps. Les chakras sont situés dans la moelle épinière, répartis tout le long, du bas jusqu'en haut. Donc lorsque nous montons et descendons, en purifiant ainsi la moelle épinière et en augmentant le flot de prana dans le système nerveux, nous purifions et nous vivifions également les chakras. C'est automatique. En progressant dans nos pratiques avancées de yoga, nous accroîtrons la stimulation de la moelle épinière de façon particulière. En agissant ainsi, nous influencerons aussi les chakras. Cela se fera au moyen de pratiques qui sont à la fois physiques et mentales. Nous ne nous occuperons pas des chakras comme faisant partie de nos pratiques. Mais nous agirons sur eux de manière très forte néanmoins lorsque nous utiliserons les principaux leviers de commandes. Il se peut que nous mentionnions un chakra ou un autre à l'occasion dans ces leçons lorsque nous parlerons des différentes expériences qui peuvent se présenter. Trop se focaliser sur les chakras peut être une distraction par rapport à notre pratique, tout comme de trop penser au moteur de la voiture peut nous distraire de notre conduite. Nous faisons déjà beaucoup avec les chakras dans la méditation et le pranayama. Tout se passe sous le capot de façon automatique. Prenez les choses comme elles viennent et appréciez le voyage. Leçon 48 : Pranayama et santé Q: Est-ce que faire du pranayama a des effets bénéfiques pour la santé? On dirait que c'est le cas. R: Oui. Tout comme la méditation, le pranayama favorise la purification du système nerveux. Etant donné que c'est un processus physique, il a aussi un effet direct sur le corps et nous pouvons le remarquer nettement avec la progression de notre pratique. Il présente des effets positifs pour les poumons, le cerveau, le système digestif, le cœur et les organes génitaux, pour n'en nommer que quelques uns. Il stabilise aussi le mental et les émotions. Avec l'accroissement de l'écoulement du prana dans le corps, une énergie palpable, brillante, irradie de la peau, créant une « aura » de santé et de force qui peut être bénéfique pour les autres. Mais tout cela ne se produit pas du jour au lendemain, ni si la pratique du pranayama est irrégulière. Ca ne se produit pas non plus par une pratique sporadique, on ne pratique rien pendant des jours ou des semaines, et d'un coup, une quantité excessive de pranayama est faite, sous le coup d'une impulsion, pour essayer de faire un grand pas en avant en une seule fois. Cela ne fonctionne pas comme ça. De ce point de vue, le pranayama est comme tout autre type de culture physique. Un peu de pratique deux fois par
  • 41. jour est de beaucoup supérieur à beaucoup de pratique à quelques jours, ou quelques semaines, d'intervalle. Cette dernière façon de faire n'a rien à voir avec la culture physique et risque d'être dommageable pour la santé. Si vous décidiez de devenir coureur de fond, est-ce que vous vous mettriez à courir une fois par semaine, ou bien quand vous en avez envie, en essayant de courir cinq ou dix kilomètres d'emblée? Si c'était le cas, votre carrière de coureur ne ferait pas long feu. Pour avoir de meilleures chances de réussir, vous commenceriez à courir sur de petites distances tous les jours, en augmentant progressivement la distance sur quelques mois pour vous rapprocher de votre but. La culture physique requiert une pratique régulière et mesurée. C'est ainsi que les athlètes sérieux s'entraînent. La pratique spirituelle est comme l'athlétisme en ce sens que nous entraînons progressivement notre corps et notre système nerveux à conduire et à irradier un niveau grandement accru de conscience de pure félicité. C'est une vaste entreprise qui peut s'accomplir par de petites étapes quotidiennes sur une longue durée. Les bénéfices d'une telle approche sont cumulatifs et se remarquent le long du chemin. Les pratiques avancées de yoga favorisent la purification et l'équilibre en profondeur du système nerveux, et un certain nombre de résultats se remarquent pratiquement aussitôt après que l'on ait commencé la pratique. L'un des bénéfices facilement reconnaissables est l'amélioration de la santé. Alors, oui, le pranayama accentue la tendance à aller vers une bonne santé que nous avons commencée lorsque nous nous sommes mis à la méditation. Il faut insister sur le fait que le pranayama n'est pas une cure miraculeuse qui fera disparaître instantanément les résultats d'années de vie déséquilibrée. En fait, si un mode de vie déséquilibré a sérieusement compromis la santé, il est possible que l'on ne puisse pas se mettre au pranayama tout de suite. Un certain niveau de santé, en particulier du système respiratoire, est nécessaire pour entreprendre le pranayama. Nous ne devons jamais aller au-delà de nos capacités dans le pranayama. Notre pratique doit être adaptée à notre niveau de capacité. Si nous sommes faibles, le pranayama devrait être minimum, ou bien nous ne devrions pas en faire du tout. Si nous sommes vigoureux, nous pouvons en faire davantage. Réfléchissez toujours soigneusement avant de vous lancer à un certain niveau de pratique du pranayama. La méditation peut être pratiquée par quasiment tout le monde quelle que soit sa santé sans que cela n'ajoute un fardeau pour le corps. Le pranayama est différent. Il nécessite un minimum de santé pour être effectué sans danger et efficacement. Gardez cela à l'esprit et mesurez toujours votre pratique de pranayama à l'aune de votre condition physique actuelle pour ne pas faire porter un fardeau inapproprié à votre corps. Par exemple, alors que la méditation peut être une aide lorsque l'on est malade, ce ne sera pas le cas du pranayama, en particulier s'il s'agit d'une maladie respiratoire. Quand les poumons souffrent, ne leur demandez pas d'effort. Pas plus que nous n'irions courir un mille mètres si nous étions malades. Si vous combinez le bon vieux bon sens avec votre pratique du pranayama, vous en retirerez de nombreux bénéfices, y compris une meilleure santé. Leçon 49 : pranayama et transpiration Q: Le pranayama avant la méditation c'est super. Je vois vraiment la différence depuis que nous avons commencé le pranayama. Lorsque je fais la respiration de la colonne vertébrale, j'ai vraiment l'impression qu'il se passe quelque chose de concret. Après avoir respiré doucement pendant dix minutes, je me retrouve parfois tout en sueur. Je ne suis pas essoufflé, je n'ai pas chaud non plus ou quoi que ce soit d'autre. Mon cœur ne s'accélère pas. Je transpire juste, énormément. Est-ce une expérience normale? R: Oui, c'est normal. C'est une bonne chose. C'est un symptôme direct de la purification qui se produit dans votre système nerveux quand le prana coule en quantité plus importante. Vous n'êtes pas en train de faire un exercice d'aérobic ou quelque exercice physique qui provoquerait une telle transpiration. C'est l'exercice interne du prana qui se déplace dans vos nerfs qui provoque cette transpiration du corps, entraînant les impuretés avec elle. Cette transpiration ne durera pas toujours. Progressivement, comme le corps sera davantage purifié, la transpiration diminuera. D'autres expériences se manifesteront qui indiqueront aussi une purification. Celles-ci seront plus subjectives, des expériences sensorielles internes. Avec le pranayama nous commençons par le physique et nous allons vers l'intérieur, en ouvrant et en vivifiant la moelle épinière qui est le levier de commande qui maîtrise tout le système nerveux. Avec la méditation, nous plongeons complètement au-delà du mental et du corps et nous retournons vers l'extérieur en ramenant la conscience de pure félicité. Avec ces
  • 42. deux approches, nous encerclons les obstructions profondes et nous les rejetons en grandes quantités. Parfois nous le voyons se produire concrètement sous nos yeux. D'où la transpiration. Si de l'inconfort, de l'agitation ou de l'irritabilité accompagnent le processus de purification, assurez vous de prendre suffisamment de temps pour vous reposer à la fin de la méditation. L'importance d'un repos adéquat à la fin de la pratique a déjà été traitée dans les questions/réponses sur la méditation. D'habitude, le pranayama ne génère pas d'inconfort dans la méditation. Il a presque toujours un effet calmant et approfondissant. Mais tout est possible avec la purification du corps, donc veillez bien à suivre les conseils donnés pour faire face aux expériences inconfortables qui peuvent se produire de temps à autre. C'est tout le processus de purification, et chacun de nous l'expérimentera de façon différente. Donc il est important que chacun surveille sa pratique. Nous devons connaître nos points forts et en tirer parti. Nous devons aussi connaître nos limites et rester bien à l'intérieur. D'un point de vue pratique, si vous êtes trempé de sueur à la fin du pranayama, vous pouvez prendre quelques minutes pour vous sécher avant la méditation. Changez de vêtements si cela vous permet d'être plus à l'aise. Vous n'êtes pas obligé de méditer dans une mare de transpiration. Mais ne retardez pas le début de votre méditation de plus de quelques minutes après avoir fini le pranayama. Nous voulons amener les effets du pranayama dans notre méditation. Leçon 50 : Gérer son temps Q: J'adore le pranayama et la méditation, mais je dispose de si peu de temps. Je pars travailler à 7h30 le matin et je ne suis pas de retour avant 6h le soir. Ca paraît impossible. Que faut-il que je fasse? R: Comme le dit le proverbe, « quand on veut, on peut ». Dans les tout débuts de ces leçons nous avons fait valoir le fait que le désir est l'ingrédient indispensable. C'est vraiment la clef. Nous pouvons avoir toute la connaissance du monde, mais si la volonté de l'utiliser n'y est pas, elle ne sert à rien. Ce que nous choisissons chaque jour déterminera notre chemin, et les résultats. Si nous nous trouvons dans une situation où nous ne pouvons pas agir selon nos désirs les plus chers, alors, tôt ou tard, il faudra que la situation change. Avec un désir continu, c'est-à-dire de la dévotion, et un engagement à agir, nous trouverons les moyens de contourner tous les obstacles. Comment trouvons-nous le moyen de pratiquer deux fois par jour? Il y a beaucoup de possibilités. Cela requiert de la flexibilité afin de saisir les opportunités qui se présentent. La routine actuelle est de dix minutes de pranayama et vingt minutes de méditation. Si l'on ajoute le repos à la fin, cela fait environ trente-cinq minutes, deux fois par jour. Avec une longue journée de travail comme la votre, cela fait peut-être trop. Pas trop de pratique, mais trop de temps, surtout le matin. Vous avez la possibilité de faire plus court. Ce n'est pas l'idéal, mais cela vaut beaucoup mieux que de ne pas pratiquer du tout, ou que de se précipiter pour arriver à tout faire en trop peu de temps. Il est très important de faire « quelque » pratique deux fois par jour, le matin et le soir. Deux courtes sessions valent mieux qu'une longue. Le matin c'est là que le temps est le plus précieux, tandis que le soir vous aurez peut-être plus de temps, mais peut-être que vous êtes fatigué et que vous n'avez pas envie de faire quoi que ce soit, même pas de méditer. Décidez de combien de temps vous pouvez disposer le matin, même si c'est très peu, et faites avec ça. Peut-être vingt minutes, peut être seulement quinze. Quoi que ce soit, utilisez ce temps. Si c'est vingt minutes, faites cinq minutes de pranayama, dix minutes de méditation et cinq minutes de repos. Si c'est seulement quinze minutes, faites quelques minutes de pranayama, dix minutes de méditation et quelques minutes de repos. Une stratégie qui peut marcher pour vous, c'est de faire votre pratique au lit aussitôt que vous vous réveillez, avant de vous lever. Cela place votre pratique en premier sur la liste le matin, comme ça vous ne risquez pas de l'oublier. Quand vous vous réveillez, asseyez-vous tout simplement et commencez le pranayama. Ensuite faites votre méditation. Ainsi votre pratique sera faite avant que vous ne quittiez le lit pleinement rechargé en conscience de pure félicité. Le soir vous aurez peut-être un peu plus de flexibilité en ce qui concerne le temps. Si vous êtes fatigué, sachez que le pranayama et la méditation vous redonneront de l'énergie. Ce sera particulièrement vrai lorsque nous ajouterons les prochains niveaux des pratiques avancées de yoga. Prenez l'habitude de vous asseoir pour méditer dès que possible lorsque vous rentrez chez vous. Si ce n'est pas possible de pratiquer avant le dîner, fait vos pratiques une heure ou deux après manger, ou juste avant d'aller au lit si vous ne pouvez faire autrement. Ce n'est pas idéal mais c'est mieux que de ne pas pratiquer le soir. Si vous le pouvez, faites les trente cinq minutes complètes le soir. Mais n'essayez pas de compenser la séance courte du matin en en faisant une excessivement longue le
  • 43. soir, pas à ce niveau où vous débutez. Cela créerait de l'inconfort. Plus tard quand vous aurez plus d'expérience et que votre système nerveux sera davantage purifié, vous pourrez vous engager dans des sessions plus longues sans créer d'inconfort. A ce niveau et dans votre situation actuelle, faites du mieux que vous pouvez pour faire le plus possible de ces trente-cinq minutes de pratique, matin et soir. Si vous n'avez pas le temps, établissez une routine plus courte à faire deux fois par jour. C'est à vous de décider. Dans les questions / réponses sur la méditation, nous avons vu comment faire pour méditer quand on voyage, ou que l'on se trouve ailleurs que chez soi. Ces suggestions s'appliquent aussi au pranayama que l'on ajoute au début de nos sessions. Le pranayama peut se faire discrètement dans les lieux publics. De l'extérieur ça ressemble à la méditation, une personne juste assise là, les yeux clos. Nous sommes détendus lorsque nous pratiquons le pranayama. Notre respiration lente et profonde peut à peine être remarquée par un observateur extérieur. Donc il est possible de faire votre routine tout entière dans un lieu public. Nous ne nous assiérons probablement pas les jambes croisées dans un lieu public. Ce n'est pas un problème. Le monde n'est pas parfait. Pourquoi ne pas pratiquer en conduisant votre voiture? Beaucoup d'entre nous passent une heure ou davantage dans la circulation pour aller au travail tous les jours. C'est une grande partie de notre temps qui est ainsi engloutie. Pourrions-nous en faire quelque chose d'utile? Pas avec les yeux fermés. Bien sûr. Cela élimine la méditation. Mais le pranayama? Mieux vaut faire le pranayama avec les yeux fermés. Néanmoins on peut tirer quelques bénéfices à faire le pranayama avec les yeux ouverts, parce que c'est une pratique physique. Le faire tout en conduisant la voiture est loin d'être idéal, mais on peut le faire avec quelque profit. Vous pouvez envisager d'essayer de faire quelques respirations longues et profondes pendant environ dix minutes pendant que vous rentrez du travail. Vous pouvez aussi parcourir la colonne vertébrale en montant et descendant avec le souffle, les yeux ouverts. Gardez l'attention sur la conduite de la voiture. Dites vous que le pranayama passe après. Prenez les choses facilement. Le pranayama avec les yeux ouverts est moins distrayant que d'écouter la radio. Votre première responsabilité est de conduire de manière sûre. Mais vous pouvez ajouter quelques pranayamas, en arrière plan. Si vous faites le pranayama dans la voiture, n'en faites pas trop. Quand vous arrivez à la maison, asseyez vous au moins dix minutes pour méditer et semer la graine de la conscience de pure félicité dans votre champ fertile de pranayama. Nous ne voulons pas que des mauvaises herbes prennent racine dans ces nerfs cultivés qui sont les vôtres. Si vous êtes vraiment attaché à votre transformation spirituelle, ce sera votre priorité que de caser deux pratiques par jour. Il y a de nombreuses façons de faire ça. Soyez créatif, et pratiquez toujours de façon sûre. Bien évidemment, la situation idéale c'est d'avoir tout le temps dont nous avons besoin le matin et le soir. Les gens qui travaillent à leur compte ou qui sont retraités peuvent accorder aux techniques avancées de yoga le temps nécessaire pour en retirer le maximum de bénéfice. Avec davantage d'expérience, ils peuvent aussi accroître progressivement la durée de leur pratique pour accélérer encore davantage leur progrès. Les pratiquants avancés qui ont un travail ont aussi la possibilité de faire des sessions plus longues pendant les vacances et les week-ends, peut être même tous les jours avant et après le travail. Il y a de nombreuses façons de s'y prendre. Plus tard, nous discuterons des possibilités de faire des pratiques plus longues lorsque vous aurez avancé sur le chemin. La gestion du temps dont on dispose pour les techniques avancées de yoga est un point important à considérer, à la fois pour établir une pratique biquotidienne régulière au début, puis pour allonger la pratique au fur et à mesure que des niveaux plus avancés de transformation se présenteront. Soyez conscient du temps dont vous disposez dans cette vie, et faites en le meilleur usage possible. Leçon 51 : D‟étranges gargouillis Q: Le pranayama se passe très bien pour moi, et ma respiration devient très lente. Mais il se passe quelque chose d'étrange. J'ai l'impression que l'air s'accumule dans mon ventre, et mes intestins font de drôles de gargouillis. Ce n'est pas tout. J'ai remarqué là aussi une sensation brillante comme un trésor. Que se passe t-il? R: C'est un excellent signe de progrès. Cela veut dire que le prana est tiré de la région du bassin vers le système digestif, et de l'air y est conduit pour se mélanger au prana. Le prana, l'air et la nourriture, ces trois éléments mettent en route un nouveau processus qui se passe dans votre système digestif alors que votre corps se transforme et accède à un niveau supérieur de fonctionnement.
  • 44. En fait il s'agit de l'activation du chakra du ventre. En sanskrit, la langue de l'antique sagesse de l'Inde, on l'appelle « manipura », ce qui veut dire « la cité des joyaux » et qui fait référence à la sensation brillante que vous décrivez. Les chinois sont moins romantiques et, dans le taoïsme, ils l'appellent « le chaudron », ce qui fait allusion au mélange et à la cuisson qui ont lieu dans le ventre. Quel que soit le nom, c'est un processus tangible, dans le corps, qui est stimulé par des progrès dans le pranayama et la méditation. Comme notre corps et notre système nerveux se purifient progressivement, le souffle a une tendance naturelle à se suspendre, et un nouveau type de biologie se met en place en nous. Mais dans quel but? Nous savons que le corps et l'esprit sont reliés. L'état de notre système nerveux détermine ce dont nous pouvons faire l'expérience. Les pratiques avancées de yoga oeuvrent à la purification et à l'ouverture de notre système nerveux. Ce n'est pas séparé de notre fonctionnement biologique. Avec notre transformation neurologique, des transformations biologiques ont lieu aussi. Dans les écritures anciennes, il y a des références à l'alchimie intérieure et à des substances magiques appelées « soma » et « nectar » qui sont secrétées dans le corps. Ce sont des substances biologiques qui sont produites lorsque le corps se transforme et passe à un état plus élevé. Le processus qui se passe dans le système digestif est l'un des producteurs premiers d'essences biologiques raffinées dans le corps. A partir du système digestif, ces essences se diffusent et jouent un rôle central dans des transformations biologiques et neurologiques ultérieures qui se produisent dans le corps entier. Nous pouvons facilement observer ces essences à l'ouvrage dans notre corps, à la fois pendant notre pratique et dans notre activité de tous les jours. Nous percevons la transformation qui se produit intérieurement au moyen de nos sens qui se raffinent. Avec le temps, la distinction entre le corps et le témoin (notre conscience de pure félicité) devient floue. Ils ne forment plus qu'un continuum. Cette transformation est tout autant biologique que spirituelle. Ce sont les deux aspects d'une même réalité. Donc nous ne devrions pas être surpris que des transformations biologiques se passent en nous en rapport avec notre cheminement. Nous remuerons le ciel et la terre en entrant dans notre nouvelle vie en yoga, l'union. Pendant des milliers d'années, l'humanité a considéré l'illumination comme quelque chose réservé à une petite minorité d'élus, quelque chose qui venait d'ailleurs, ou de quelqu'un d'autre, une bénédiction spirituelle mystérieuse qui arrivait comme par magie à la porte de ceux qui étaient choisis. C'est une vision incorrecte de l'humanité et de ses capacités. C'est un point de vue limitant. Dans cet age scientifique, nous connaîtrons le processus de la transformation spirituelle pour ce qu'il est réellement, c'est-à- dire le résultat d'une application systématique d'une connaissance spécialisée. La vérité, c'est que nous avons tous accès de façon égale à la vie divine à travers notre système nerveux. Vous pouvez choisir de faire partie des bénis si vous avez la volonté de faire le travail que cela implique, le travail qui consiste à mettre en application la connaissance de la transformation humaine, ce qui veut dire de faire vos pratiques spirituelles tous les jours. Leçon 52 : un petit grand nerf Q: C'est la chose la plus étrange. Je suis en train de faire la respiration dans la colonne vertébrale, je monte et je descends dans le minuscule petit nerf, et me voilà, avant de me rendre compte de quoi que ce soit, dans cet immense espace plein de félicité, je pense que je continue à monter et à descendre, mais je n'en suis pas sûr. Je ne suis même pas sûr que je suis encore en train de respirer, mais il n'y a aucun inconfort. Au contraire, c'est une sensation fantastique. Suis-je encore dans le nerf quand cela se produit? R: Oui, vous êtes encore dans le nerf. C'est un très grand petit nerf. Un paradoxe stupéfiant. Sa dimension intérieure contient des galaxies. Et pourtant vous êtes assis là, sur votre siège, à faire ce simple pranayama dans un canal si minuscule dans votre corps. Si votre souffle est suspendu de façon naturelle dans cette situation, c'est très bien. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Le souffle reviendra à son rythme normal dès que vous reviendrez au fonctionnement normal du corps. Nous ne forçons pas le souffle. Il trouve son propre niveau en fonction de l'état de notre système nerveux pendant les pratiques. Parfois le souffle ne diminue pas beaucoup pendant le pranayama. C'est bien. Nous l'accompagnons simplement là où il est, en respirant aussi lentement et aussi profondément que nous le pouvons confortablement. A d'autres moments, il peut s'apaiser d'emblée. Cela dépend du processus de nettoyage qui se fait en nous à ce moment là.
  • 45. Soyez doux avec vous-même lorsque vous faites le pranayama. Les bénéfices ne viennent pas en pratiquant de façon héroïque dans une session. Ils viennent d'une pratique confortable et régulière comme un mécanisme d'horloge dans les nombreuses sessions que nous faisons pendant des mois et des années. C'est un mystère magnifique, ce système nerveux humain que nous avons, notre portail vers l'infini. Tout ce que nous avons besoin de savoir c'est quels leviers actionner chaque jour. Dans quelques leçons, nous commencerons à explorer des moyens supplémentaires pour éveiller de façon systématique ce grand royaume qui est en nous. En continuant de pratiquer, le jeu de la conscience de pure félicité deviendra de plus en plus dynamique à l'intérieur. Elle deviendra aussi de plus en plus perceptible dans nos activités quotidiennes. C'est là que l'on nous verra chanter et danser dans la rue sans raison apparente! Leçon 53 : la lumière & le son Q: Parfois je vois des lumières colorées pendant le pranayama, et j'entends des sons aussi. Hier j'ai entendu un son comme un fracas dans ma poitrine et tout est devenu d'une couleur dorée brillante. Ensuite j'étais empli d'un bourdonnement délicieux. C'était si beau. Que suis-je censé faire quand ces expériences se produisent en moi? R: De telles expériences sont magnifiques. Avec le temps, elles vont se mélanger avec notre activité quotidienne pour notre plaisir constant. Pendant la pratique, nous les accueillons et nous revenons doucement à notre technique de pranayama, notre respiration dans la colonne vertébrale. Gardez à l'esprit que nous sommes engagés dans un processus qui comprend les causes et les effets de la pratique. Si nous favorisons la cause, la technique, les effets grandiront à la fois pendant la pratique et en dehors. Si nous favorisons les effets (les lumières, les sons, et tout ce qui peut survenir d'autre), nous ne serons plus alors engagés dans les causes, et le progrès ultérieur sera entravé. Dans notre pratique actuelle nous faisons deux choses. D'abord, dans le pranayama, nous ouvrons et purifions le nerf dans la moelle épinière, nerf qui à son tour cultive tous les autres nerfs de notre corps. Deuxièmement, dans la méditation, nous imprégnons notre corps tout entier de conscience de pure félicité silencieuse. Tout le reste découle de ces deux actions. Comment et quand cela se manifeste est fonction du processus de purification, qui nous est propre, à l'œuvre dans notre système nerveux. Ce processus est unique parce que chacun de nous a sa propre répartition des obstructions et des obstacles dans son système nerveux. Comment ceux- ci seront levés ne peut être prédit. Mais cela se fera si nous continuons à pratiquer le pranayama et la méditation. Ceci ne veut pas dire que les expériences de lumière et de son n'ont pas de valeur. Pas du tout. Si elles sont du genre « expérience suprême », vous pouvez les considérer comme des aperçus de la vérité que vous voyez pointer derrière les nuages. Dans la pratique nous nous occupons d'enlever les nuages. En faisant cela nous avons ces aperçus. Plus nous enlèverons de nuages, plus ces aperçus seront fréquents. Après un certain temps, il ne restera plus de nuage, et la vue de cette beauté extatique sera constante. Alors toute notre existence sera une expérience suprême. Les expériences qui surviennent sur le chemin de l'illumination devraient être considérées comme des bornes, des indicateurs de progrès qui nous incitent à poursuivre notre pratique. Une fois que nous les avons dépassées, elles ont rempli leur rôle et nous sommes déjà plus loin, à un autre niveau. Peut-être voudrons nous une fois de temps en temps nous arrêter pour jouir de la vue. Si nous nous arrêtons pour regarder, très bien. Bien vite nous serons de nouveau dans la voiture pour continuer notre route. Certaines traditions portent beaucoup d'attention aux expériences de lumière et de son, et les utilisent comme objets de méditation. Lorsqu'on ne les a pas, alors on les imagine et on médite dessus. Cela devient un but d'avoir certaines visions. Bien que cela puisse être une approche valable pour certains, ce n'est pas la pratique que nous faisons ici, dans ces leçons. Notre but est de faire en sorte que cela reste aussi simple et efficace que possible. Nous souhaitons utiliser un minimum de leviers, les principaux seulement, ceux qui enclenchent les capacités naturelles que nous avons, qui nous permettent d'ouvrir les portes intérieures. Nous ne pouvons faire qu'un nombre limité de choses à la fois si nous voulons les faire bien. Si notre attention est accaparée par un trop grand nombre de
  • 46. choses, nos progrès peuvent facilement s'arrêter. C'est pourquoi nous faisons en premier la technique simple du pranayama, puis nous faisons la technique simple de la méditation. Si nous les faisons correctement, tout le reste viendra automatiquement. Lorsque les frères Wright essayaient méthodiquement d'inventer le premier avion qui vole vraiment, un des plus gros défis qu'ils aient eu à relever fut de trouver le nombre minimum de leviers nécessaires pour contrôler le roulis et le tangage de l'avion. Après beaucoup d'essais et d'échecs, ils arrivèrent à limiter le nombre de leviers à quelques uns, que tout le monde pouvait réussir à maîtriser avec un peu d'entraînement. Les principes que les frères Wright réussirent à maîtriser sont encore en usage de nos jours dans l'aviation moderne. Nous faisons ici la même chose. Si nous essayons de nous occuper de tout ce qui se passe pendant le pranayama et la méditation, nous n'aurons aucune chance de succès. Si nous identifions les leviers principaux qui sont nécessaires pour ouvrir pleinement le système nerveux à la conscience de pure félicité, et que nous les utilisons avec confiance, et bien alors, tout devient possible sans limitation. Les principes naturels qui gouvernent la transformation spirituelle humaine ont toujours été, et ils existeront toujours. Ils existent en chacun de nous. Trouver les leviers a été une question de chance pour l'humanité pendant des milliers d'années. Il est temps maintenant pour nous, l'espèce humaine, de nous y mettre tous ensemble. En parlant de leviers, nous allons ajouter un niveau de nouvelles pratiques à notre session de pranayama. Mais avant cela, il faut donner quelques explications pour comprendre le but de ces pratiques. Donc, prenons notre élan et faisons le grand plongeon à l'extrémité profonde de la piscine. Etes-vous prêts? Leçon 54 : kundalini mot codé pour sexualité Kundalini est un mot que l'on entend partout dans les innombrables communautés spirituelles à travers le monde aujourd'hui. Il contient en lui tous les éléments qui attirent: la connaissance, le pouvoir, le mystère, l'intimité, l'excitation, l'alchimie, le romantisme, l'aventure, le danger, l'extase et bien davantage encore. Mais qu'est-ce que la kundalini véritablement? Pour dire les choses simplement, la kundalini est la relation qui existe entre la sexualité et la transformation spirituelle. Il y a des milliers de façons de décrire cela, mais au bout du compte, cela se résume à l'expansion de notre fonctionnement sexuel dans l'arène spirituelle, c'est-à-dire, vers le haut à travers notre système nerveux. Certains disent que c'est une « transformation » de la fonction sexuelle, mais cela sous-entend que l'on abandonne notre vie sexuelle actuelle. Evoquer une « expansion » de la fonction sexuelle est une meilleure description du phénomène. En encourageant consciemment la dimension spirituelle de la sexualité, peut-être laisserons-nous la sexualité ordinaire derrière nous, ou peut-être que non. Personne ne peut en décider, sinon nous-même. C'est notre choix. Abandonner le sexe n'est pas un prérequis pour entrer dans l'expérience spirituelle avancée, pas dans ces leçons, et pas dans la vie. Depuis des milliers d'années, les traditions spirituelles du monde ont essayé de maintenir le couvercle sur le sexe, habituellement au détriment de leurs adhérents, et parfois avec des résultats désastreux. Pourquoi? Parce que le sexe est la plus grande force de l'humanité. Si il n'est pas conduit dans une direction productive, il peut être destructeur. Manquant de moyens fiables pour permettre l'utilisation de la sexualité dans un but de transformation spirituelle, la tendance des traditions spirituelles a été d'essayer de l'écraser. C'est une tentative vaine et stérile que d'essayer de l'écraser. Le génie trouve toujours le moyen de sortir de la bouteille. On ne peut pas le garder enfermé longtemps. Quand il ne sort pas pour faire des bébés, il s'exprime d'autre manière dans l'humanité, comme amasser de l'argent, pourvoir aux besoins de la famille, les arts, la philosophie, la science, la politique, bâtir un empire, la charité, les guerres, les abus, la délinquance. Et d'autres encore. Beaucoup de ces manifestations sont bonnes. Certaines sont horribles. Pour le meilleur ou pour le pire, tout cela est l'expression de la force de vie dans les êtres humains, l'expression du prana humain. Le grand réservoir de prana dans l'homme se trouve dans son anatomie sexuelle. La clé qui permet de gérer la sexualité de façon spirituelle ne consiste pas à l'écraser, mais à lui donner un canal naturel pour s'écouler dans ce qui satisfera ses instincts évolutionnaires. Cela nécessite d'être fait avec conscience. Il nous faut quelques leviers de plus dans nos techniques de yoga avancées pour faciliter l'expansion de l'énergie sexuelle dans une direction nouvelle et naturelle. Jusqu'à présent nous avons contourné la question du sexe dans ces leçons. Nous avons mentionné « l'énorme réservoir de prana » proche de la base de la colonne vertébrale. Nous avons parlé du prana qui était « tiré de la région du bassin » pendant le
  • 47. pranayama. Nous avons décrit les débuts de l'expérience extatique lorsque le prana monte par la moelle épinière et se répand en nous. Et nous avons parlé de la conscience de pure félicité que nous apporte la méditation, nous illuminant intérieurement de joie pure en passant à travers notre système nerveux, que nous avons cultivé au moyen du pranayama. Dans tout cela nous avons contourné le mot « sexe ». Nous pourrions continuer à l'éviter tout en abordant des techniques de yoga avancées qui stimulent directement notre fonctionnement sexuel, le font s'élever à un niveau plus haut de manifestation durant le processus de transformation spirituelle. Mais quel serait l'avantage de cet évitement constant? Certainement pas votre avantage. Nous vivons à une époque scientifique. Par-dessus tout, nous voulons connaître la vérité des choses, de façon à mieux l'appliquer dans notre vie et la vie des autres. Jésus a dit « vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous libèrera ». Ne le savons nous pas? Voyez ce que la science (l'application systématique de la vérité) a fait pour nous dans tous les domaines de l'activité humaine. Ce que l'humanité a fait avec la vérité jusqu'à maintenant est spectaculaire. Nous avons pris un retard important dans un seul domaine, l'application systématique de la vérité spirituelle inhérente à notre système nerveux. La réussite dans l'application de la vérité spirituelle aura des effets immédiats pour résoudre les problèmes éthiques et moraux du monde, ainsi que le sentiment si répandu d'insécurité et de vide qui affecte tant de personnes parmi nous, bien que nous vivions dans le confort matériel. Les enjeux sont élevés, et nous ne pouvons pas nous permettre d'éviter quoi que ce soit qui a un rapport avec l'application de la connaissance spirituelle de manière fiable. Alors, nous parlerons beaucoup de l'énergie sexuelle en rapport avec le développement spirituel? Vous avez bien compris. Beaucoup de choses en dépendent. Nous le ferons de façon élevée. Considérez cela comme une extension de ce que vous avez appris sur les bébés qui naissent dans les roses et les choux. Maintenant nous parlerons des roses, des choux et des anges. Ce sera notre approche. Et en nous y penchant nous aurons quelques surprises stupéfiantes. C'est comme de commencer une deuxième puberté. Il y a beaucoup plus à dire concernant la kundalini, et l'expansion du fonctionnement sexuel, à propos de sa dynamique interne. Nous en parlerons lorsque nous commenterons les expériences directes. Pour l'instant, focalisons nous sur la manière de laisser ce génie féminin sortir de la bouteille et suivre une direction qu'il aime naturellement prendre et qui consiste à monter dans notre système nerveux cultivé par le pranayama. C'est sa demeure, c'est son temple. Elle a tellement de choses à y faire. Nous lui apporterons beaucoup d'aide. En plus de vouloir nettoyer en profondeur la maison, elle y cherche son amoureux, et nous allons lui amener son bien aimé. Et nous avons plutôt intérêt à le faire. Elle nous créera toutes sortes d'ennuis si nous ne le faisons pas. Nous parlerons de cela aussi. Nous parlons avec des métaphores simples d'un processus qui est incrusté dans notre système nerveux, un processus d'évolution qui est complètement naturel. Lorsque nous ferons certaines choses bien précises dans notre pratique de tous les jours, la nature prendra le relais. Le langage métaphorique de la kundalini n'est rien d'autre que la description de la dynamique interne de notre système nerveux. Il en est de même du langage métaphorique de toute tradition spirituelle. Il concerne toujours le système nerveux humain. Le système nerveux est le lien commun, la chose qui transcende toutes les différences, la chose qui donne à chacun un accès égal au divin, quelle que soit sa race, sa culture, sa religion, son éducation, ou sa position sociale. Tout le monde peut sentir la vérité en lui-même. Chacun peut sentir à quel point il est particulier. Nous sommes toujours sur le point de savoir qui nous sommes et ce que nous sommes. C'est si proche, cela fait partie de nous, mais apparemment cela demeure toujours hors d'atteinte. Plus maintenant. Si vous le voulez vraiment, vous pouvez connaître la vérité et être libéré, comme Jésus l'a dit. L'ingrédient essentiel est votre désir. Vous pouvez ouvrir le portail de l'infini si vous en décidez ainsi. Leçon 55 : Eveil & montée de l‟énergie sexuelle Maintenant nous sommes prêts à ajouter de nouveaux éléments à notre pratique de pranayama. En tout cas, nous sommes prêts sur le papier. En ce qui concerne la pratique proprement dite, cela va dépendre pour beaucoup du temps dont vous disposez. Vous pouvez vous référer à la leçon 38 « où en êtes-vous? » et revoir ce qui avait été dit à ce sujet.
  • 48. Chacun de nous est différent, et vous ne devriez commencer de nouvelles pratiques qu'en fonction de vos capacités. Cela veut dire que vous devriez être stable et à l'aise dans votre routine de pranayama et de méditation avant d'entreprendre de nouvelles techniques. Si vous êtes limite et que vous vous lancez dans de nouvelles pratiques, vous vous rendrez bien vite compte si vous en faites trop. Ce n'est pas un problème. Si vous vous rendez compte que vous en avez trop fait, revenez simplement à un niveau de pratique confortable et réessayez plus tard. Etablissez une approche plus progressive pour ce qui vous concerne. Il n'y a pas de mal à ça. Le président américain Teddy Roosevelt avait coutume de dire que « ce qu'un homme tente de saisir doit se trouver un peu plus loin que ce qu'il peut attraper ». Bien entendu cela concerne aussi les femmes. C'est ainsi que nous faisons des progrès. Mais n'y laissez pas un bras. Utilisez votre bon sens et ne prenez que ce que vous pouvez assimiler dans un laps de temps raisonnable. La connaissance sera disponible ici lorsque vous serez prêts. Il nous faut insister sur le fait que les techniques dont nous allons parler ici ne sont pas recommandées sans une pratique quotidienne du pranayama et de la méditation. Si vous les essayez sans pranayama et sans méditation, vous n'en tirerez pas grand- chose. Et vous risquez de ne pas aller dans la bonne direction, qui plus est. Donc, ceci étant dit, nous allons voir une pratique qui s'appelle « mulabandha ». La traduction en est: la fermeture de la racine. Les mots sont bien plus forts que ne l'est la pratique elle même. Ici, tout doit être fait en douceur. Une douce persuasion, pourrions nous dire. Nous voulons amener notre système nerveux à un niveau de fonctionnement plus élevé en le sollicitant gentiment. Pas en le forçant. Mulabandha est simple à faire. Pourtant, il nécessite un peu d'habitude. Dans pratiquement toutes les techniques avancées de yoga que nous entreprenons de faire, il faut traverser une phase d'habituation au cours de laquelle la pratique semble étrange, jusqu'à ce qu'elle devienne habituelle. Il en est ainsi de la plupart des choses que nous essayons pour la première fois. Nous devons passer par une phase d'habituation pour pratiquement tout ce qui est nouveau. Rappelez-vous la première fois où vous avez démarré un ordinateur. Pour pratiquer mulabandha, nous nous asseyons pour le pranayama comme nous le faisons d'habitude. Nous contractons légèrement les muscles de notre sphincter anal et nous maintenons. Légèrement. A peine plus que l'intention dans la sensation physique. Ce que nous voulons, c'est développer l'habitude de maintenir cette très légère contraction du sphincter anal pendant toute la durée de notre pranayama. En même temps, tout en faisant cela, nous contractons et nous tirons très légèrement au dessus du sphincter anal, qui est légèrement contracté, en remontant à travers le bassin jusqu'à notre bas ventre. Ce sera très peu physique, juste un peu au-delà de l'intention, juste suffisamment pour créer une habitude physique. Plus tard, la plus petite intention suffira à envoyer notre énergie sexuelle vers le haut. Ce que nous faisons maintenant est le commencement du développement d'une nouvelle sensibilité dans la région du bassin. Comme nous l'avons dit plus haut, dans les leçons précédentes, le pranayama tire le prana vers le haut depuis le bassin par un processus biologique qui est en rapport avec une légère restriction de l'oxygène dans le corps. Nous aidons maintenant le prana à s'élever avec une stimulation directe qui amplifie son écoulement vers le haut. Mulabhanda est une pratique physique qui deviendra rapidement une habitude. Au début, votre attention sera attirée par les sensations sexuelles qu'elle produit. Cela distrait l'attention un peu pendant un temps. C'est normal. L'énergie sexuelle éveillée peut vouloir se diriger vers le bas tout autant que vers le haut, au début. C'est normal aussi. Nous continuons simplement notre pratique du pranayama comme toujours, en favorisant sans effort la respiration dans la colonne vertébrale. Ceci fait monter et descendre l'énergie dans la moelle épinière. Avec le temps, nous ressentirons des sensations agréables plus haut dans la colonne, ensuite il deviendra rare que l'énergie sexuelle cherche à se diriger vers le bas, et même jamais. Combien de temps faudra t-il? Des jours? Des semaines? Des mois? Cela dépend du pratiquant. Cela viendra avec la pratique et en fonction du schéma de purification, unique à chacun, qui a lieu dans le système nerveux. A certains moments, pendant la pratique, nous remarquerons peut-être que nous avons relâché la contraction de mulabandha. Ce n'est pas un problème. Lorsque nous le remarquons, nous rétablissons simplement et sans effort l'intention de contraction et nous continuons notre respiration dans la colonne vertébrale. Le fait de relâcher occasionnellement et d'avoir à reprendre la contraction est tout à fait normal. Cela porte un autre nom « asvini mudra ». Nous ne le pratiquerons pas délibérément maintenant. Ca viendra automatiquement. Avec le temps, une ondulation très subtile se produira naturellement dans la région du bassin et au dessus. Beaucoup de plaisir et de luminosité y sont associés. Avec la montée de l'énergie sexuelle à travers le corps, un nouveau
  • 49. fonctionnement se met en place de lui-même, une nouvelle biologie. Nous la déclenchons par ces pratiques de yoga avancées. Une fois enclenchée, elle s'entretient toute seule dans le corps, à la fois pendant la pratique et en dehors de la pratique. C'est ainsi que nous en venons à faire une expérience d'extase continue. La montée du plaisir est une bonne chose. Elle indique la montée naturelle du fonctionnement biologique extatique intérieur. Nous poursuivons nos pratiques comme auparavant, et nous remarquerons que de plus en plus de plaisir en découle. C'est comme ça que ça marche. La pratique de la méditation après le pranayama est toujours aussi importante. Pendant la méditation, nous ne faisons pas délibérément les pratiques que nous faisons dans le pranayama. Si nous réalisons que nous sommes en train de faire mulabandha pendant la méditation, nous ne le favorisons ni ne le rejetons. Nous revenons simplement et sans effort au mantra. Nous cherchons à garder notre méditation aussi simple et pure que possible, juste l'utilisation simple du mantra. Vous pourrez peut-être remarquer un changement dans les expériences pendant la méditation, car davantage d'énergie extatique coule naturellement à travers le corps après le pranayama. L'extase est juste une chose de plus qui peut se produire pendant la méditation, comme les pensées, les émotions et les sensations physiques. Nous favorisons simplement le mantra, nous le laissons se raffiner et disparaître encore et encore. Ceci rendra la montée des essences sexuelles d'autant plus agréable dans le système nerveux subtil. La méditation ne sera que plus efficace lorsque la conscience de pure félicité se manifestera, se répandant et s'imprégnant dans les énergies extatiques qui parcourent le système nerveux. Quelle joie extraordinaire! Allons maintenant à l'autre extrémité du nerf spinal, au point entre les sourcils, et faisons quelque chose là aussi. Croyez le ou pas, cela a un rapport avec la stimulation de la montée de l'énergie sexuelle aussi. Leçon 56 : Shambavi & l‟ouverture du 3ème œil Dans la dernière leçon nous avons exposé la pratique de mulabandha qui consiste à stimuler directement l'extrémité inférieure du nerf spinal (sushumna) pour éveiller et faire monter l'énergie spirituelle. Maintenant nous allons à l'extrémité supérieure du nerf spinal pour commencer à établir une connexion à cet endroit là. Une connexion avec quoi? Il s'agit là de l'une des choses les plus extraordinaires lorsque l'on travaille avec le nerf spinal. Au fur et à mesure que le nerf spinal se purifie grâce au pranayama et à la méditation, un nouveau type d'expérience devient possible. Nous commençons à éveiller l'énergie spirituelle près de la racine, et à lui faire prendre une direction montante, et ensuite nous créons une connexion entre les extrémités supérieures et inférieures du nerf spinal. Cette connexion est réelle et peut être ressentie clairement par le pratiquant comme une sorte de conductivité dans le nerf spinal, une « conductivité extatique » si vous voulez. Le nerf spinal devient un conducteur de l'expérience extatique. A partir de là celle-ci se répand dans tous les nerfs du corps. Ceci est perçu directement à travers les cinq sens qui agissent à l'intérieur du corps. L'expérience de la conductivité extatique va ensuite plus profondément dans chacune des cellules du corps, entraînant les sens avec elle, vers l'intérieur. L'expérience est si plaisante et si fascinante que les sens ne peuvent résister et se laissent entraîner. C'est une situation unique, dans laquelle les sens s'introvertissent volontiers au lieu d'aller vers l'extérieur. Dans la terminologie du yoga, cela s'appelle pratyahara, le retrait des sens vers l'intérieur. C'est une situation parfaitement naturelle dans laquelle les expériences d'un plaisir intérieur immense conduisent les sens vers l'intérieur. C'est très plaisant. Certains disent que c'est beaucoup plus plaisant que les relations sexuelles ordinaires. En tout cas, c'est à vous d'en juger. Avec mulabandha, nous avons mis en route le processus qui stimule directement la conductivité extatique dans le corps. Quand nous commençons cette pratique, c'est à la fois stimulant sexuellement et cela a tendance à distraire de la pratique. Les essences vitales s'élèvent davantage et progressivement, éveillant les centres d'énergie qui se trouvent plus haut dans le corps. Avec le temps, l'expérience devient beaucoup plus expansive que les sensations associées à la sexualité ordinaire. Pour faciliter le processus, nous emploierons d'autres pratiques avancées de yoga. Chaque niveau d'expérience se met en place naturellement, une fois que la porte a été ouverte, ne serait-ce qu'un peu, en utilisant les leviers nécessaires. Le corps a été conçu pour l'extase, et même un avant goût suffit à convaincre les sceptiques. Rien ne vaut l'expérience directe. Le but de ces leçons est de vous permettre de faire l'expérience par vous-même, ainsi vous vous engagerez dans des pratiques sur la base de votre propre expérience, non parce que vous
  • 50. connaissez la théorie par cœur, ni parce que vous avez une foi aveugle. Votre progression dans les pratiques avancées de yoga est prévue pour se faire sur la base de votre expérience. Donc, ce que nous allons faire maintenant, c'est stimuler le nerf spinal au point entre les sourcils. Cette stimulation s'appelle «&;psbnsambhavi ». Nous la ferons pendant notre pratique de pranayama habituelle, en même temps que nous faisons tout le reste que nous avons appris. Assurez-vous d'être bien stable dans votre pratique de pranayama avant d'envisager de faire sambhavi. Peut-être que vous trouvez mulabandha encore un peu difficile. Ca ne pose pas de problème d'introduire sambhavi lorsque l'énergie sexuelle se cantonne encore dans le bas du corps, dans la mesure où sambhavi va aider à faire monter cette énergie sexuelle plus haut et où elle deviendra plus stable. Sambhavi et mulabandha fonctionnent ensemble pour stimuler et stabiliser l'énergie sexuelle qui parcourt le nerf spinal, vers le haut et vers le bas, pendant la respiration de la colonne vertébrale. Il y a deux composants principaux de la pratique de sambhavi. Le premier est un léger froncement des sourcils, du point entre les sourcils. Il consiste à resserrer légèrement les deux sourcils vers le centre. C'est à peine physique, essentiellement juste une intention. En fait, c'est juste assez physique pour former une habitude. Dans des circonstances normales, un observateur extérieur ne pourrait rien percevoir. Peut-être juste un peu, au tout début. Avec la pratique, vous découvrirez que c'est en réalité un mouvement interne qui débute dans le centre du cerveau, qui tire le centre du cerveau en avant, vers le point entre les sourcils. Nous commençons cette pratique intérieure avec l'impulsion donnée par le léger froncement des sourcils que nous avons décrit. Elle évoluera d'elle- même par la suite, avec l'accroissement de la conductivité extatique. Vous la sentirez à l'œuvre dans votre tête. La deuxième partie de sambhavi consiste à lever les yeux, physiquement, vers le point où nous avons effectué le froncement, c'est-à- dire le point entre les sourcils. La sensation de ce froncement au point entre les sourcils indique là où le regard doit se porter. Cela implique que les yeux soient levés et centrés. Nous gardons les yeux confortablement clos en faisant cela. Nous ne forçons pas avec les yeux. Au début ils n'iront peut-être pas aussi loin que nous voudrions. Ce n'est pas un problème. Ne les forcez pas. Laissez les simplement graviter naturellement vers la sensation de froncement au point entre les sourcils. Là encore il s'agit d'une habitude physique subtile que nous cherchons à cultiver. Une fois l'habitude bien installée, l'attention sera libre pour se porter sur la respiration de la colonne vertébrale. Tout le pranayama est une habitude physique, sauf l'attention qui se déplace, très simplement, vers le haut et vers le bas dans le nerf spinal, avec le souffle. Lorsque nous serons bien entraînés tout se fera automatiquement, notre attention sera alors complètement libérée pour monter et descendre sans effort dans le nerf spinal, que nous verrons se transformer sous notre regard intérieur. En faisant ces deux choses simultanément, le léger froncement au centre des sourcils et le regard levé et centré sur ce point, entre les sourcils, nous continuons le reste du pranayama comme avant. Il faut bien comprendre que lorsque l'attention monte et descend dans le nerf spinal avec le souffle, les yeux restent fixés sur le point entre les sourcils. Nous ne suivons pas le déplacement de notre attention avec les yeux. Notre attention monte et descend dans le nerf spinal. Nous n'essayons pas de regarder le point entre les sourcils avec notre attention, en y fixant les yeux. Les yeux sont physiquement tournés vers ce point, mais notre attention monte et descend dans le nerf spinal. En fait, nos yeux ne font rien d'autre que de prendre cette position, c'est musculaire. Quand ils se dirigent vers le point entre les sourcils, les yeux stimulent physiquement le nerf spinal d'une extrémité à l'autre, du point entre les sourcils jusqu'au cerveau et en descendant jusqu'en bas de la colonne vertébrale et au périnée. Nous utilisons nos yeux de manière physique pour éveiller le nerf spinal. Pendant ce temps, notre regard (notre attention) est dans le nerf spinal qu'il traverse en montant et en descendant sans effort, à l'intérieur. C'est une nouvelle façon de regarder que nous commençons à mettre en place, un regard intérieur. Selon où vous en êtes de la purification du nerf spinal par le pranayama, lorsque vous ferez sambhavi, vous ressentirez peut-être une sensation qui descend jusque dans la région du bassin. Ou peut- être pas. Quoi qu'il en soit, le nerf spinal est stimulé et purifié par les effets combinés de toutes les pratiques que nous avons vu jusqu'à maintenant. Ce n'est plus qu'une question de temps pour que la conductivité extatique commence à se produire et que nous commencions à « voir », vraiment voir. Après que cela se soit produit nous verrons encore bien d'autres bornes qui jalonneront le chemin qui nous ramène à la maison. Tout d'abord nous percevrons le nerf spinal comme un fil extatique. Puis il deviendra comme une ficelle extatique. Ensuite ce sera comme une corde extatique. Plus tard, comme une grande colonne d'extase qui emplit entièrement notre corps. Finalement, il sortira dans toutes les directions pour englober en douceur tout ce que nous percevons en dehors du corps. Tout cela émane du nerf spinal. Donc vous voyez l'importance de parcourir le nerf spinal et de cultiver la conductivité extatique.
  • 51. Même avant que nous ne fassions les pratiques avancées de yoga, cette biologie différente dont nous parlons existait déjà. Il est possible que, dans le passé, vous ayez ressenti des sensations agréables dans la région du bassin alors que vous louchiez. Il est bien connu que les yeux ont tendance parfois à loucher et à regarder vers le haut pendant les relations sexuelles. C'est un instinct. Quelque chose en nous sait comment élever l'énergie sexuelle par le centre du système nerveux. C'est une capacité inhérente que nous avons, une réaction naturelle que l'on peut observer même avant de commencer le yoga. Avec mulabandha et sambhavi, nous favorisons consciemment une capacité naturelle que nous avons déjà, tout comme nous l'avons fait pour toutes les autres pratiques de yoga avancées dont nous avons parlé depuis le début. Et il en sera ainsi pour toutes les pratiques dont nous parlerons dans l'avenir. Nous éveillons systématiquement ce que nous avons déjà, notre nerf spinal, l'autoroute qui mène au ciel. Le point entre les sourcils est appelé « troisième œil ». Pourquoi? Que pouvons-nous voir à travers lui? Dans le langage des chakras, on l'appelle « ajna », ce qui veut dire « commande » ou «contrôle ». Ces deux noms indiquent l'importance de cette dynamique d'énergie qui monte dans notre tête du fait de la pratique des techniques avancées de yoga. Non seulement nous commençons à voir quelque chose à cet endroit là, mais aussi nous contrôlons les choses. Jésus a dit: « si votre œil est unique, votre corps sera rempli de lumière ». Cette phrase est habituellement interprétée de façon figurative pour signifier que si, dans notre dévotion, nous sommes focalisés, nous serons emplis de la lumière de Dieu. C'est certainement vrai. Nous avons souligné l'importance de la dévotion dans le voyage spirituel. Si nous n'avons pas une dévotion sans faille pour notre transformation spirituelle, et pour l'action qu'elle implique sous forme de pratique quotidienne, il ne se passera pas grand-chose. Ces paroles de Jésus ont aussi une signification littérale, une signification à prendre au pied de la lettre. Si votre attention se concentre dans le canal du nerf spinal (sushumna), et le parcourt en venant, de façon répétée, se placer au point entre les sourcils, votre corps se remplira de lumière. C'est comme ça que cela se passe. Sambhavi est l'un des moyens les plus importants pour ouvrir le troisième œil. Lorsque l'on ouvre le troisième œil, tout ce qui est en dessous est activé. Sambhavi a une influence directe sur l'énergie sexuelle à travers le nerf spinal. Au fur et à mesure que la purification du système nerveux s'effectue, sambhavi nous procure un degré élevé de contrôle sur la culture et l'augmentation de l'énergie sexuelle. Ce qui, à son tour, donne naissance à l'expérience d'extase accrue dans le corps, expérience qui comprend de profondes expériences de lumière divine se répandant à travers chacun de nos nerfs. Notre corps est « empli de lumière ». Avec la poursuite de cette transformation, nous commençons aussi à voir au-delà du corps. Nous nous apercevons que le nerf spinal ne s'arrête pas au point entre les sourcils, mais s'étend bien au-delà à l'extérieur. Lorsque nous observons cela, notre respiration dans la colonne vertébrale prend une nouvelle dimension. Le troisième œil s'ouvre! Leçon 58 : Un pas après l‟autre Q: Ma question porte sur le fait de combiner les méthodes que vous recommandez avec celles auxquelles je suis habitué. Est-ce qu'elles vont se renforcer ou bien se contrarier? Par rapport à votre dernier ajout, sambhavi, tout ce que je peux dire c'est Whoa! En tout cas on peut dire que je suis en plein dans la période où il faut s'habituer aux techniques! La capacité de maintenir la légère contraction du sphincter anal, respirer avec un sifflement à l'expiration, les yeux qui louchent tout en se dirigeant vers le troisième œil… tout en même temps… c'est vraiment beaucoup de choses à faire, sans parler de les faire de façon détendue. R: Bien sûr, vous choisissez ce que vous voulez pratiquer. Si vous suivez déjà un enseignement précis, il n'y aucun désir d'interférer avec ça. Dans ce cas considérez simplement ces leçons comme « matière à réflexion ». Si vous essayez de mettre les morceaux ensemble par vous-même, alors voici quelques conseils. Tout d'abord, moins c'est plus, dans la pratique spirituelle. La clé, c'est la simplicité. Essayer de mettre ensemble des morceaux disparates qui se chevauchent et viennent de diverses sources ne vous aidera pas, à moins que vous ne soyez avancé et que vous ne complétiez ce qui manque dans votre pratique. Vous ne semblez pas être dans ce cas, mais vous le serez si vous persévérez suffisamment longtemps.
  • 52. Il est suggéré de simplifier ce que vous faites. Vous saurez que vous pratiquez au niveau qui vous convient si vous avez de la stabilité (et du plaisir!) au lieu de vous cogner en essayant d'en faire trop. La meilleure mesure de la stabilité de votre pratique c'est comment vous vous sentez après, dans votre vie de tous les jours. Si vous vous sentez irritable pendant la journée, revenez en arrière et stabilisez votre pratique à un niveau confortable. Veillez toujours à vous reposer suffisamment à la fin de votre méditation. Rappelez-vous que nous travaillons avec des capacités naturelles inhérentes à notre système nerveux. Leur accès est délicat, et ne fonctionne pas bien si nous brouillons les choses avec une attention trop divisée. Ces capacités naturelles sont les suivantes: 1. La capacité de notre esprit à s'apaiser, ouvrant ainsi notre système nerveux au champ infini de conscience de pure félicité. 2. La capacité de notre souffle et de notre attention à cultiver notre nerf spinal, permettant à notre système nerveux tout entier de devenir un terrain fertile pour la croissance de la conscience de pure félicité en nous. 3. La capacité qu'a notre énergie sexuelle de s'élever et de vivifier notre nerf spinal jusqu'à obtenir une conductivité extatique qui entre en expansion dans tout notre système nerveux et au-delà. 4. La capacité qu'ont les sens de se raffiner et d'aller vers l'intérieur, le long des nombreuses voies de l'expérience extatique. 5. La capacité d'expansion de la conscience de pure félicité en nous et au-delà jusqu'à atteindre un niveau unifié de conscience qui englobe toute l'existence. Nous cherchons à stimuler toutes ces capacités pour qu'elles se manifestent de façon normale. C'est la voie de l'illumination. Mais nous ne pouvons pas réussir en commençant tout en même temps. Rome n'a pas été construite en un jour. Nous devons développer chaque niveau de pratique jusqu'à ce qu'il soit bien stable. Il en est de même pour l'application de toute connaissance. Nous développons une habitude stable à chaque niveau de connaissance. Nous commençons d'abord par la première étape. Nous la faisons jusqu'à ce qu'elle soit bien établie. Ensuite nous pouvons y ajouter la deuxième étape, la stabiliser et ainsi de suite. Si nous essayons de faire les étapes un à dix toutes en même temps, nous avons peu de chance de réussir. C'est la même chose pour tout ce que nous entreprenons. C'est ainsi dans l'enseignement des matières académiques. Nous passons d'une classe à l'autre, en commençant tout au début et en progressant jusqu'à la fin. La différence, c'est qu'ici tout est donné très rapidement, beaucoup plus rapidement que ce que l'on peut faire de façon normale. Pour d'autres points de vue concernant la façon de mettre en place sa progression je vous suggère de relire la leçon 38 « où en êtes vous? » Si vous voulez utiliser les pratiques avancées de yoga comme votre ligne directrice principale, alors, à ce stade, il vaut mieux ne pas mélanger votre pratique avec d'autres méthodes. Commencez doucement avec la méditation. Installez bien votre pratique. Ensuite, après quelques semaines ou quelques mois, ajoutez la respiration de la colonne vertébrale simple. Habituez vous à la pratique. Ensuite, plus tard, vous pourrez ajouter les techniques des leçons suivantes. Ajoutez une pratique à la fois, pas toutes en même temps. Ceci est répété très souvent dans les leçons. Avant, la difficulté s'était de trouver la connaissance. Maintenant, c'est de l'appliquer de façon ordonnée. C'est à vous de le faire. Leçon 59 : Précisions sur les Mantras Q: J'ai des questions sur le mantra I AM (ayam). Qu'est-ce que je fais si j'ai déjà reçu un mantra de quelqu'un d'autre? Est-ce que I AM (ayam) a le même effet qu'OM? Est-ce que je peux chanter I AM à haute voix? Est-ce que je peux l'utiliser pendant la journée quand je suis au travail? Puis-je l'utiliser quand je m'endors le soir? Vous dites de ne pas utiliser I AM (ayam) pendant le pranayama. Que pensez-vous de l'utilisation du mantra So-ham avec le souffle pendant le pranayama? En plus du matin et du soir, est-ce que je peux pratiquer la méditation avec I AM (ayam) au milieu de la journée? R: Si vous suivez un autre enseignement ou une autre tradition, et que cela vous convient bien, continuez comme ça. C'est également valable pour n'importe quel autre mantra que vous avez reçu. Dans ce cas, considérez simplement ces leçons comme « matière à réflexion ». Nous n'avons ici aucun désir d'interférer avec des systèmes de pratique existants. Ces leçons ont pour but de présenter un « système ouvert » de pratiques spirituelles intégrées qui peuvent être utilisées par quiconque, au niveau qu'il le
  • 53. souhaite. Les débutants peuvent démarrer au début et aller jusqu'au bout, au moyen de ces leçons. Les pratiquants avancés peuvent prendre ce qui les intéresse, là où ça les intéresse. Ca marche de cette façon là. Si vous avez décidé de prendre ces leçons comme source principale de votre pratique, alors le mieux c'est d'arrêter toute pratique qui fait double emploi et de suivre les leçons de façon précise. On ne peut pas tout faire en même temps. Comme vous pouvez le voir, il y a ici beaucoup de pratiques à assimiler. Si Yahoo le permet, il y aura encore beaucoup d'autres pratiques avancées de yoga dans l'avenir. Faites les choses simplement, l'une après l'autre. Si ces leçons doivent être la base de votre pratique, vous aurez largement de quoi faire. Nous ne laisserons aucun aspect dans l'ombre. Le mantra I AM (ayam) est semblable à OM, mais n'est pas exactement pareil, donc ses effets sont quelque peu différents. I AM (ayam) a des qualités à la fois linéaires et circulaires en lui, tandis qu' OM est uniquement circulaire. « I » (prononcez « aïe » n.d.t.) est la qualité linéaire de I AM (ayam). « AM » est la qualité circulaire du mantra I AM. Donc vous voyez que I AM a quelque chose de plus. Qu'est-ce que ce quelque chose de plus? C'est une polarité. OM est bien connu pour être le son de la kundalini se déplaçant dans le corps, le système nerveux s'éveillant lorsque les essences sexuelles circulent plus haut et qu'un nouveau fonctionnement biologique se met en place. Beaucoup peuvent l'entendre. OM est le son de Mère Nature en nous, et elle est félicité extatique. Aahhh… OM est la mère. Mais où est le père? Lorsque nous accédons à l'illumination, une histoire d'amour divine a lieu en nous, une union. Dans le mantra I AM, le « I » (prononcez « aïe ») est la vibration du père et le AM est la vibration de la mère. Rappelez vous que le mot yoga signifie « unir ». Ceci se produit de nombreuses façons et à de nombreux niveaux. Dans la méditation, nous raffinons les vibrations du mantra tous les jours jusqu'à l'apaisement, au silence, et à la conscience de pure félicité, de façon répétée. En utilisant le mantra I AM, nous cultivons la conscience de pure félicité dans tout le système nerveux, en imprégnant la polarité naturelle qui existe en nous. Nous éveillons à la fois les qualités divines masculines et les qualités divines féminines en nous en même temps. Ceci a un rapport direct avec la dynamique du nerf spinal et la dynamique de la kundalini. Nous en parlerons plus en détail plus tard. Ce qu'il faut bien comprendre ici, c'est que I AM a des caractéristiques spéciales. Cela peut paraître théorique, mais cela se vérifie concrètement par l'expérience, dans le temps. Au fur et à mesure que votre expérience progressera, vous découvrirez que la qualité vibratoire du mantra a une correspondance directe avec les expériences extatiques intérieures; celles-ci constituent une consumation des polarités qui se produit dans le système nerveux. C'est un processus complexe, mais automatique, que nous stimulons dans notre pratique quotidienne. Continuez d'être détendu et à l'aise dans vos méditations. Toute cette théorie ne vaut rien comparée à la méthode si simple de la méditation. Oubliez toute cette signification quand vous méditez. Si toute cette théorie vous vient à l'esprit quand vous méditez, traitez la simplement comme n'importe quelle autre pensée. Revenez sans effort au mantra. Méditez tous les jours et tout le reste viendra naturellement. Avec le temps, vous ferez l'expérience, en vous-même, de ce qui a été évoqué ici. Chanter I AM n'est pas recommandé si vous l'utilisez dans votre méditation de tous les jours. La raison en est que nous utilisons le mantra pour nous intérioriser, pour apaiser le mental et le corps. Le chant est une activité extérieure. Nous voulons créer l'habitude de nous tourner vers l'intérieur avec le mantra. Avec le temps, vous penserez le mantra une fois et vous partirez aussitôt dans la conscience de pure félicité. Votre système nerveux sera habitué à plonger dans l'état méditatif à la plus petite impulsion, une capacité merveilleuse à avoir dans ce monde agité. Si vous aimez chanter, trouvez autre chose à utiliser. Le chant a ses propres bénéfices et est merveilleux, surtout en groupe. Attachez vous à utiliser le mantra I AM pour vous intérioriser avec cette méthode de méditation simple, mais puissante. Si vous aimez utiliser I AM au moment de vous coucher, très bien, mais intérieurement. Ne perdez pas de vue qu'il peut être très stimulant pour certaines personnes, en particulier lorsque nous éveillerons davantage la kundalini. Cela pourrait vous maintenir éveillé. Bien sûr, il n'y a pas de problème à utiliser I AM dans une conversation normale en anglais. C'est très bien comme ça. On se situe au niveau de la signification. La méditation est au-delà de la signification verbale, dans des niveaux de raffinement intérieur de la vibration de la pensée, là où il y a beaucoup plus d'énergie. Penser le mantra pendant la journée dans notre activité n'est pas recommandé. Quand vous êtes dans le monde, soyez dans le monde. Quand vous êtes en méditation, soyez en méditation. Votre activité permettra à la conscience de pure félicité de se stabiliser dans votre système nerveux. Cela se produira naturellement si vous méditez deux fois par jour. D'une façon générale, gardez la
  • 54. méditation et l'activité bien séparées. Chacune a son rôle. De la même façon, nous n'utilisons pas délibérément le mantra lorsque nous faisons le pranayama, et vice versa. La raison pour laquelle nous n'utilisons pas le mantra pendant le pranayama, c'est que nous mettons déjà en place de nombreuses autres habitudes de pratique liées à la respiration de la colonne vertébrale. Il existe des mantras liés à la respiration comme So-ham que les gens utilisent pendant le pranayama. C'est très bien comme pratique pour débuter, quand l'attention ne se déplace pas en montant et en descendant dans le nerf spinal et que l'on n'est pas en train de mettre en place les autres habitudes qui sont nécessaires pour les pratiques avancées de yoga. Du fait que, dans ces leçons, nous commençons par la respiration de la colonne vertébrale, nous sautons la pratique du début qui est la respiration avec le mantra. A la place, nous faisons le pranayama en premier et la méditation en second. Dans ces leçons nous ne faisons pas les deux en même temps. Deux fois par jour, c'est la formule pour la méditation. Si le matin et le milieu de l'après midi vous conviennent mieux que le matin et le début de soirée, alors faites comme ça. Prenez un bon moment de repos lorsque vous sortez de méditation de sorte que l'activité se passe bien. Si vous pratiquez trois fois par jour, vous risquez d'être irritable. Si vous avez un weekend ou des vacances, et que vous n'avez pas de responsabilités, vous pouvez essayer de faire trois méditations pendant un jour ou deux. N'oubliez pas que vous utilisez des techniques puissantes qui libèrent les obstructions et les impuretés de votre système nerveux. Si elles sortent trop vite, cela peut devenir inconfortable. C'est pourquoi nous nous reposons après la méditation, et qu'ensuite nous nous plongeons dans l'activité pour stabiliser la conscience de pure félicité dans notre système nerveux. Trouvez ce qui vous convient et faites en une routine. La régularité dans la pratique, sur la durée, est le gage du progrès. Une pratique intense courte d'un jour par ci, un jour par là ne fera pas une grande différence. C'est ce que vous faites jour après jour pendant des mois et des années qui fera la différence. Alors le silence de la conscience de pure félicité s'installera et imprègnera tous les aspects de votre vie. Leçon 60 : Interruptions intempestives Q: Que dois-je faire si ma pratique est interrompue de manière inattendue? R: Si quelqu'un crie « au feu! » ou bien si votre belle mère s'en prend à vous, faites ce que vous devez faire. Une fois l'interruption finie, alors, si c'est possible, revenez et reprenez là où vous en étiez par rapport à votre temps de pratique. Ne recommencez pas au début. Si vous manquez de temps, alors méditez juste quelques minutes, reposez vous puis vaquez à vos occupations. Si vous vous sentez irritable en raison de l'interruption, alors allongez-vous et reposez vous jusqu'à ce que vous soyez apaisé. Ne reméditez pas dans ce cas là. Retrouvez votre activité, et attendez votre prochaine séance de méditation. Si vous ne pouvez pas revenir pour terminer votre séance, alors il faudra vous contenter de ce que vous avez fait. Sachez que se reposer tranquillement est le meilleur remède à l'irritabilité. Vous pouvez aussi utiliser la procédure décrite dans la leçon 15 (qui s'intitule: « je ressens de l'agitation ») pour gérer les sensations d'inconfort que vous pouvez ressentir. La bonne nouvelle c'est que, après avoir pratiqué longtemps, les obstructions du système nerveux seront bien moindres et le processus sera beaucoup plus doux. Alors quand vous serez interrompu, ce ne sera pas une affaire. Vous baignerez dans la conscience de pure félicité à chaque instant de la journée. Mais même à ce moment là, nous recherchons l'intimité pour accomplir notre pratique régulière. C'est une habitude importante à prendre. Notre succès en yoga en dépend. Leçon 62 : durée d‟un rythme respiratoire Q: Quelle devrait être la durée d'un cycle de la respiration de la colonne vertébrale? R: Cela varie d'une personne à l'autre, et même chez une personne à différents moments. Cela dépend de la façon dont fonctionne le système nerveux à un moment donné. Cela varie quand les cycles de purifications se produisent. Lorsque la respiration est lente, il y a peu d'obstructions qui sont enlevées, mais la préparation nécessaire pour ôter les obstructions se met en place pendant les
  • 55. respirations lentes. Lorsque les obstructions se détacheront et seront enlevées, la respiration ne sera pas aussi lente. La consigne, c'est de respirer lentement et profondément, avec facilité pendant le pranayama, de ne pas forcer au-delà de ce qui est la limite confortable du moment. Cette limite peut changer d'un jour à l'autre, ou même pendant la même séance de pratique. Si l'on tient compte des points mentionnés ci-dessus, on peut dire qu'un cycle de la respiration de la colonne vertébrale, c'est-à-dire une inspiration et une expiration, peut varier de quinze secondes à une demi-minute. Mais cela peut être plus court ou plus long, ne vous imposez pas un but. Laissez votre corps vous dire ce qui est bien. A certains moments, nous pouvons avoir besoin de plus d'air, à d'autres, le souffle peut se suspendre complètement pendant le pranayama. C'est un phénomène naturel. Nous faisons avec et nous suivons la procédure. De la même façon, il se peut que vous remarquiez des changements de rythme du souffle pendant la méditation, alors que nous ne nous en occupons pas du tout, et que nous utilisons juste le mantra. Le corps se purifiera lui-même dès qu'on lui en donnera l'opportunité. Les variations du souffle sont une indication que quelque chose de bien se passe. Les pratiques avancées de yoga travaillent pour nous. Nous nous en tenons à notre programme. Leçon 63 : Des courants frais & chaud durant le pranayama Q: Je pense que j'arrive à tout mettre ensemble dans la respiration de la colonne vertébrale, mulabandha et sambhavi. Mon souffle devient très lent, il s'arrête parfois de lui-même. J'ai d'étranges sensations de fraîcheur qui montent de ma racine à l'inspiration et de chaleur qui descendent à l'expiration. De quoi s'agit-il? Est-ce un bon signe? R: Oui, un très bon signe. Un vrai point de repère dans la voie vers l'illumination. Quand l'énergie sexuelle monte, il y a une sensation de fraîcheur qui va avec, et une sensation de chaleur à la descente. Donc vous avez une expérience directe d'éveil de la kundalini. C'est une façon dont le début est ressenti. Il y a d'autres façons. Tout le monde ne la ressent pas pareil au début. Mais tout le monde aura une forme ou une autre de courants chauds et froids à un moment donné. Nous pouvons amplifier ces sensations de fraîcheur et de chaleur pour améliorer notre pratique. C'est comme si nous nous accrochions à notre kundalini pour nous élever à la force du poignet. Ceci se fait en utilisant le pouvoir inductif du souffle. Nous utilisons déjà le souffle pour induire le flot de prana montant et descendant dans le nerf spinal (sushumna). Maintenant nous pouvons coller quelque chose de plus là-dessus. Le souffle qui monte et qui descend a ses propres sensations de fraîcheur et de chaleur intégrées en lui. C'est un levier que nous pouvons utiliser pour passer de l'imagination à un ressenti réel du nerf spinal. Pour ceux qui ne ressentent pas ces sensations de froid et de chaud qui montent et qui descendent dans le bassin, l'ajout de cette conscience sensorielle dans le souffle peut aider à les faire venir. Pour ceux qui ressentent déjà ces courants frais et chaud, cela peut augmenter la sensation. Voici comment ça marche. Pincez les lèvres et aspirez l'air dans les poumons. Sentez vous la fraîcheur de l'air qui passe par vos lèvres, traverse votre bouche puis descend par la trachée jusque dans les poumons? Maintenant dans l'autre sens, chassez l'air hors des poumons. Sentez-vous la chaleur qui monte tout au long de ce trajet qui va jusqu'à vos lèvres pincées. Maintenant essayez avec la bouche fermée, de la même façon que vous respireriez en faisant le pranayama. La fraîcheur et la chaleur circulent toujours dans la trachée, n'est-ce pas? Maintenant, permettez à cette sensation de fraîcheur qui pénètre dans la trachée à l'inspiration de suivre votre attention qui monte dans le nerf spinal. Vous commencez au périnée et vous finissez au point entre les sourcils, une sensation de fraîcheur tout le long en montant jusqu'en haut. N'oubliez pas de tourner au milieu de votre tête pour vous diriger vers l'avant. En expirant, laissez la sensation de chaleur se produire lorsque l'air sort par la trachée, associez la à votre attention en redescendant jusqu'en bas à l'intérieur du nerf spinal. Et ainsi de suite pendant toute la durée de votre pratique de la respiration de la colonne vertébrale. Comme pour beaucoup de choses que nous faisons pendant le pranayama, c'est une habitude qui peut facilement être casée dans notre routine. Un peu de patience et vous traverserez la période ou cela paraît un peu maladroit assez rapidement. Comme pour toutes les techniques dont nous parlons, ne vous y mettez pas avant de vous sentir raisonnablement stable avec tout le reste que vous pratiquez. Inutile de se précipiter. En faire trop trop rapidement n'est pas une aide.
  • 56. Si vous ne ressentez pas la fraîcheur et la chaleur induites dans le nerf spinal, ne vous inquiétez pas. Cela viendra à un moment ou à un autre lorsque votre énergie sexuelle commencera à s'élever de façon notable. Entre temps, vous l'aidez à le faire au moyen de toutes les techniques que nous avons présentées. D'autres moyens viendront encore s'ajouter. Avec le temps, la fraîcheur de l'énergie sexuelle qui monte et la chaleur de l'énergie qui descend changeront. La sensation commencera à s'étendre et à développer un mental qui lui est propre. Elle pourra s'emballer et s'épandre, se transformer en une colonne d'énergies tourbillonnantes. C'est la kundalini qui s'éveille en nous. Dans notre respiration, nous continuons simplement, sans effort, sans essayer de forcer une sensation particulière sur l'énergie qui se déplace en nous. A un moment nous nous rendrons compte que nous ne dirigeons pratiquement plus ce qui se passe. Bien plutôt, nous devenons partenaire de l'énergie intérieure, essayant de satisfaire ses besoins. La respiration de la colonne vertébrale est importante en ceci qu'elle nous procure l'équilibre des polarités nécessaires pour que la kundalini accomplisse sont destin en nous. La respiration de la colonne vertébrale équilibre les énergies féminines et masculines en nous. La méditation I AM (ayam) équilibre aussi les énergies masculine et féminine, comme nous l'avons vu il y a deux leçons de cela. Sans cet équilibre, les choses deviennent un peu risquées. La kundalini peut devenir un peu folle quand elle ne trouve pas son époux. Même dans le meilleur des scénarios de la kundalini il y aura des symptômes. S'il y a déséquilibre entre les énergies féminines et masculines, les symptômes peuvent devenir inconfortables. Nous parlerons des symptômes de la kundalini, des déséquilibres, et des remèdes à y apporter dans les leçons suivantes. Le but est de rendre le voyage aussi confortable que possible. Sachez que vous êtes dans une grande et merveilleuse aventure, le voyage de votre destinée, en route vers votre soi divin. Leçon 64 : le fil d‟argent extatique Q: Je crois bien que je me suis épris de la pratique de mulabandha. Cela procure une sensation tellement sensuelle lorsque je le pratique, en particulier de le faire tourner, de le tirer vers le haut et ainsi de suite. Si bien que je n'ai aucune envie de m'arrêter de le faire. J'ai remarqué après mes pratiques, hier, pendant que je marchais dehors, que l'énergie avec laquelle j'avais joué en faisant mulabandha montait en une ligne très fine, comme un fil de plaisir qui s'élevait dans mon bassin et le bas de ma colonne vertébrale. Telle que je la perçois en moi, ça semble argenté, une sensation argentée brûlante, et c'est à la fois chaud et froid. S'agit-il de la kundalini? Mon coeur entre en pamoison devant cette nouvelle expérience. R: Oui. Une très bonne expérience. Un jalon. C'est une autre façon qu'a la kundalini de se manifester dans les débuts de son éveil. Cela procure de la clarté en ce qui concerne la perception du nerf spinal aussi. Donc faites en sorte de tirer parti de cette netteté supplémentaire dans votre pratique de la respiration de la colonne vertébrale. Vous découvrirez bientôt que le fil va tout en haut jusqu'au point entre les sourcils, et vous verrez apparaître une connexion directe avec sambhavi. C'est la montée de la conductivité extatique dans le nerf spinal. En ce qui concerne votre désir de faire mulabandha pour le simple plaisir, il n'y a pas de mal à ça. En réalité, si vous le pratiquez de façon rythmique, cela s'appelle asvini mudra, et c'est très bien aussi, à partir du moment où vous répondez à une nécessité naturelle. Avons-nous dit ici que la pratique spirituelle ne doit pas être agréable? C'est juste le contraire. Si elle procure du plaisir, c'est tout à fait comme cela doit être. Le chemin vers l'illumination est un chemin de plaisir. Ayant dit cela, assurez vous que vous ne semez pas complètement le désordre et la confusion dans la structure et l'ordre des pratiques avec vos rêveries extatiques. Rappelez vous que vous voulez beaucoup plus que des expériences de début d'extase. Si vous vous tenez à vos pratiques, les expériences avanceront d'un bon pas. La pratique spirituelle peut évoluer pour devenir une merveilleuse fête extatique deux fois par jour. Il en sera ainsi, et elle se répandra dans tous les recoins de votre vie. Mais assurez vous qu'elle reste une fête qui a une structure, un plan. Continuez de suivre les techniques simples du pranayama et de la méditation. Rappelez vous que de porter l'attention sur les expériences de façon excessive se fera au détriment des pratiques spirituelles. Quant à ce que vous en faites lorsqu'elle se répand dans votre vie de tous les jours en dehors des pratiques, c'est entièrement votre affaire. Profitez bien!
  • 57. Donc continuez la fête, mais de façon responsable. Il y a encore beaucoup plus à venir si vous conservez vos pratiques intactes, quel que soit le plaisir que les expériences vous procurent. Leçon 65 : La pinéale et la pituitaire Q: Lorsque je fais sambhavi comme il a été enseigné, je ressens comme si ça tirait vers l'avant dans mon cerveau, et une sensation sexuelle tout en bas comme vous l'avez dit. Est-ce que ça a un rapport avec la glande pinéale ou la glande pituitaire? R: C'est formidable que vous ressentiez la connexion entre sambhavi et le bas du corps. Il se passe quelque chose de bien. Il ne fait aucun doute que la pinéale et la pituitaire soient impliquées dans le processus de transformation spirituelle de l'homme. Le nerf spinal passe tout à côté d'elles, et sambhavi les affecte toutes les deux directement. Nous commencerons à apprendre une autre pratique de yoga avancée, dans une semaine ou deux, qui s'appelle « kechari » et qui agit aussi sur les glandes pinéale et pituitaire, et aussi sur bien d'autres aspects de notre physiologie et de notre neurologie. La glande pinéale est située au milieu de la tête, tout près de l'endroit ou le nerf spinal se courbe pour aller vers l'avant. Si vous pointez les doigts vers votre tête au dessus des trous des oreilles, à la hauteur des tempes, vos doigts seront directement pointés dans sa direction. La pituitaire est localisée entre les tempes, dans une structure osseuse au dessus du pharynx, cette grande cavité qui se place au dessus du voile du palais. Eveiller la conductivité extatique dans le nerf spinal éveille la connexion entre les glandes pinéale et pituitaire, et ceci correspond à l'ouverture du troisième oeil, l'ouverture de la vue intérieure. C'est un processus complexe qui implique le système nerveux tout entier. Un jour la science expliquera toute la chimie impliquée dans la transformation de l'homme vers l'illumination. Pour le moment nous nous contenterons de considérer toutes ces choses complexes comme étant « sous le capot », tout comme nous avons suggéré de le faire à propos des chakras dans une leçon précédente. Autrement nous risquons de trop nous impliquer dans des détails internes et de perdre de vue les techniques simples de la pratique qui favorisent l'ouverture du système nerveux à l'expérience divine. Dans les pratiques avancées de yoga, nous nous occupons des leviers principaux, qui agissent sur la mécanique complexe qui se trouve à l'intérieur, de façon à amener en douceur le système nerveux et toute la biologie à fonctionner à un niveau plus élevé. Ce qui engendre une expérience durable de conscience de pure félicité et d'extase dans la vie de tous les jours. Si vous êtes docteur, biologiste, neurologue ou tout simplement curieux, vous trouverez tout cela proprement fascinant. Si vous décidez de faire des recherches sur les mécanismes internes du processus d'illumination, ce serait mieux d'éviter de le faire pendant les pratiques. Mieux vaut rester aux commandes pendant le vol. Ensuite réfléchissez à votre aise au fonctionnement interne, autant que vous le voudrez, une fois que vous vous serez posé sur la piste d'atterrissage. Leçon 66 : La Bakti Q: J'ai un peu peur que la pratique du pranayama devienne si booonne que je perde tout intérêt aux relations sexuelles avec mon épouse. Est-ce que cela arrive, et si oui, comment l'éviter? R: La montée de l'extase divine est une expansion, pas un abandon. Le sexe est toujours une question de choix. Bien qu'il soit vrai que l'attention sera naturellement attirée par l'extase intérieure, il est également vrai que les relations sexuelles deviendront rayonnantes de ce fait, comme un épanouissement, une pleine floraison du divin, plutôt qu'une fin en soi. C'est ce que la conscience de pure félicité fait de la totalité de la vie, elle l'illumine de l'intérieur. Alors on trouve une joie pure partout. Ca c'est une amélioration, pas vrai? Les leçons parleront davantage de yoga et de sexe un peu plus tard, comment le processus d'illumination est lié aux relations, au mariage et à la sexualité, qui ne sont pas nécessairement des choses incompatibles du tout. Des pratiques de tantra fondamentales
  • 58. seront abordées aussi, de sorte que les relations sexuelles puissent devenir un élément du processus d'expansion divine plutôt qu'un frein. Bien entendu, toutes les pratiques avancées de yoga sont optionnelles. C'est vrai pour tout ce que vous trouverez dans ces leçons. C'est à vous de décider ce qui vous convient, et ce qui ne vous convient pas. Si vous voulez vraiment faire le voyage, vous trouverez l'itinéraire complet. Si vous décidez de vous mettre en route, vous découvrirez que c'est un voyage qui vous fait arriver, pas partir. Votre désir vous conduira sur le chemin, ce qui nous mène à une considération supplémentaire d'un sujet très important: bhakti. Leçon 67 : La Bakti La dévotion est la technique de yoga la plus communément pratiquée au monde, bien qu'on l'appelle rarement « yoga». La dévotion, qui est la focalisation continue du désir sur un idéal spirituel, est si commune que les grandes religions du monde sont appelées « système de croyance » ou « foi », comme si rien d'autre que cela n'existait dans la pratique spirituelle. Qu'est-ce donc que cette chose que l'on nomme dévotion? Pourquoi est elle si importante? L'importance du désir a été mentionnée très tôt dans ces leçons, et nous en avons souvent reparlé depuis. D'abord nous avons considéré les aspects purement logiques de la dévotion. Si nous avons une idée à propos de quelque chose, une vision de cette chose, et un désir persistant de l'atteindre, alors nous avons un véhicule mental et émotionnel qui nous permettra d'agir afin de nous rendre là bas. Nous avions pris pour exemple le fait d'envisager un voyage dans un endroit magnifique qui s'appelle la Californie. Si nous étions dans l'impossibilité d'imaginer l'endroit, si nous n'en avions aucune connaissance, comment aurions nous pu décider de nous y rendre? Donc, d'abord il faut une image. Ensuite, le désir se fond dans cette image. Ensuite l'action. Ou bien, peut-être avons-nous un désir qui survient d'abord, sans direction. Nous ne savons pas de quoi. Le désir de quelque chose de plus. Il s'agrippe à quelque chose, puis à autre chose, puis une autre, et encore à une autre. Pour finir il s'accroche à quelque chose d'énorme, une grande idée: « l'illumination ». Alors nous nous mettons à la recherche de ça, en sachant que c'est le maximum que nous pouvons atteindre. Le désir recherche toujours plus. Le désir recherche toujours le plus grand, le meilleur, le plus. Tous les désirs qui montent en nous sont d'origine divine, et recherchent la plus grande chose possible dans la vie. Le désir est la forme primordiale du gourou. De tout évidence, le désir seul ne suffit pas à nous conduire là. Il faut qu'il soit dirigé de certaines façons. La dévotion est bien davantage que le simple mécanisme qui consiste à placer un idéal dans le coeur et l'esprit, idéal vers lequel nous pouvons dès lors tendre. Il y a beaucoup plus que ça. L'énergie émotionnelle dirigée, le désir, a un grand pouvoir. L'acte de dévotion, l'acte de désirer l'idéal le plus haut qu'on puisse imaginer, est une énergie de transformation en lui-même. Il engendre des changements profonds dans notre système nerveux. Si nous avons de la dévotion pour un idéal élevé, cela seul nous transformera de l'intérieur avant même que nous nous asseyions pour faire quelque pranayama ou quelque méditation que ce soit, ou toute autre des pratiques avancées. La dévotion est la première pratique de yoga, la principale pratique de yoga, et le feu qui illumine tout sur son passage. Sans elle, tout le reste consiste juste à faire des gestes. La dévotion à notre idéal le plus élevé est le gourou en action en nous. Comme toutes les autres capacités dont nous avons parlé ici, la dévotion est une manifestation naturelle dans notre système nerveux. C'est celle qui est la plus évidente, qui se manifeste en chacun d'une façon ou d'une autre. Les méthodes de yoga ont pour objectif de stimuler et d'ouvrir les capacités naturelles qui sont en nous pour qu'elles expriment leur plein potentiel. Il y a une branche du yoga qui s'appelle « bhakti » qui a pour but d'optimiser le désir et la dévotion au plus haut niveau d'efficacité spirituelle. Connaître les méthodes de base du bhakti yoga et les mettre en application peut avoir un effet très important sur notre vie spirituelle. Bhakti veut dire « amour de Dieu ». Si « Dieu » n'est pas le mot qui vous convient, utilisez une expression comme « amour de l'idéal le plus élevé » ou « amour de la vérité la plus haute ». Ou de ce qui représente la chose la plus élevée que vous puissiez imaginer. Quelqu'elle soit, l'aimer vous transformera et vous donnera l'inspiration de faire tout ce que vous pouvez pour vous fondre en elle. Nous savons tous que l'amour nous transforme. Lorsque nous tenons à quelqu'un ou à quelque chose plus qu'à nous même, nous en sommes transformé. Comme le chantaient les Beatles « All you need is love » (tout ce qu'il vous faut, c'est de l'amour). Ah, si c'était si simple, la terre serait un paradis maintenant et chaque religion produirait des saints par millions. Nous n'en sommes pas encore
  • 59. là, mais nous sommes en chemin. L'amour était le point départ qu'il fallait à cette époque là, et c'est le point de départ qui convient de nos jour. Ce n'est pas l'amour de tout et de n'importe quoi, tout éparpillé et sans aucune direction. Ce genre d'amour universel vient plus tard, lorsque l'écoulement naturel de la conscience de pure félicité et d'extase divine se manifeste. Le genre d'amour qui dirige la transformation spirituelle de l'homme, et tout le yoga qui lui permet de survenir, est l'amour de notre idéal le plus élevé. Quel est l'idéal le plus élevé? Qui en décide? Votre gourou? Votre prêtre? Votre rabbin? Votre mollah? On pourrait trouver plein de suggestions. Tout le monde veut que vous aimiez leur idéal. C'est très bien. C'est un jeu que nous les hommes avons joué pendant des milliers d'années. Aimez mon idéal, je vous en prie. Sinon... Mais il n'y a que vous qui pouvez choisir. Il n'y a que vous qui sachiez ce qui brûle le plus dans votre coeur. Votre idéal le plus élevé, c'est ce qui brille comme un phare dans votre coeur. Peut-être est-ce Jésus. Peut-être Krishna. Peut-être Allah. Peut-être votre gourou. Peut-être la lumière qui est en vous. Ce peut être toute chose. Il n'y a que vous qui puissiez le savoir. Qui que ce soit ou quoi que ce soit, c'est votre. C'est personnel. Vous le reconnaîtrez quand vous le verrez car il brûlera comme la lumière d'un phare en vous. Il sera toute bonté, tout progrès, ne projetant aucun mal envers qui que ce soit. C'est cela qui vous conduit jusque chez vous dans la conscience de pure félicité et l'extase divine. Dans le langage de bhakti cela s'appelle « ishta », ce qui signifie « idéal choisi ». C'est vous qui le choisissez. Si rien ne se présente, brillant de cette façon là, c'est très bien. Vous savez quoi? Vous lisez ces mots, et par conséquent vous allez en direction de votre idéal le plus élevé, votre ishta. Votre idéal le plus élevé se trouve dans votre démarche qui vous pousse à étudier, et peut-être même une inclination à pratiquer les méthodes de yoga. Votre ishta est en vous quelque part. Votre désir vous conduit vers quelque chose. C'est tout autant votre ishta que d'avoir une vision claire dans votre coeur. Votre voyage est votre ishta. Bhakti commence avec cette toute première question: « Y a-t-il quelque chose de plus? » Ce qui émerveille dans le processus de bhakti, c'est la façon dont il se clarifie avec le temps. Tout d'abord, il y n'a qu'une notion floue. Certains désirs qui montent. Une sensation de mystère. Cette ouverture seule amène de la connaissance. Qui sait d'où elle viendra? Ensuite nous nous y accrochons et nous commençons à faire quelque chose. Des pratiques. Ensuite certaines expériences intérieures commencent à poindre, un silence béatifique, et puis il apparaît une certaine clarté. Ensuite nous lisons les écritures, et les mots qui jusqu'à présent n'étaient que des mots prennent vie avec une signification qui nous éclaire. Après un certain temps, notre ishta devient plus claire. Nous nous trouvons en relation avec ce qui se passe intérieurement. Pendant ce temps là, la bhakti devient plus forte, et nous tombons plus profondément dans le jeu divin. Quelque part en cours de route, nous trouverons les techniques de bhakti, et la chute dans le divin s'accélèrera. Peut-être lirons- nous quelque chose à propos des techniques. Ou peut-être les découvrirons- nous naturellement. Donc, quelles sont les techniques de bhakti? Et bien, il n'y en a véritablement qu'une. Elle se manifeste de mille et une façons. Ce n'est pas une pratique que nous faisons pendant nos sessions quotidiennes de pranayama et de méditation. C'est quelque chose qui s'installe progressivement pendant notre activité quotidienne. Nous avons toujours des désirs qui apparaissent. Nous désirons ceci. Nous voulons cela. Nous voulons de l'argent. Nous voulons de la nourriture. Nous voulons un amoureux. Nous voulons une nouvelle voiture. Même la colère et la frustration sont des désirs. Des désirs qui se sont heurtés à un mur, ce qui fait que l'énergie se détraque dans notre système nerveux. Tant de désirs se manifestent partout, nous faisant courir ici et là, se fracassant les uns contre les autres. Et que sais-je encore. La technique de bhakti consiste à redonner une direction à nos désirs, à les contrôler. Certaines personnes trouvent cette capacité de façon naturelle. Pour d'autres, elle vient avec du temps, lorsqu'il y a davantage de silence dans le mental et dans le coeur du fait de la méditation. Le silence intérieur cultivé pendant la méditation est sous-jacent aux désirs qui montent comme des bulles, de sorte que nous pouvons les voir comme des objets qui bougent. Nous sommes un peu détaché de l'énergie émotionnelle en nous. Alors nous pouvons la faire se déplacer vers notre idéal le plus élevé. De façon douce. Sans forcer. Pas de branle bas de combat. Il s'agit juste de favoriser délicatement notre idéal lorsque nous remarquons quelque énergie émotionnelle qui se manifeste. Peu importe que celle-ci soit positive ou négative.
  • 60. Par exemple, imaginons que nous soyons bloqués à un feu rouge et que nous sentions de l'énervement parce que nous sommes en retard pour notre rendez-vous. Beaucoup d'énergie émotionnelle se gaspille dans ce cas là. Alors nous nous énervons. Prenez cet énervement et redirigez le. Au moyen de l'attention, il vous est très facile de laisser ce feu rouge qui est la source de votre énervement là ou il est. Sans effort, faites de votre idéal le plus élevé l'objet de votre pensée. C'est comme pendant la méditation. Vous donnez, sans effort, la préférence à un objet de pensée plutôt qu'à un autre. Donc vous voilà maintenant énervé à propos de votre idéal le plus haut. « Ishta de malheur! Pourquoi est-ce que je ne fais toujours pas un avec toi? Je me sens frustré et ça m'énerve! » Maintenant vous avez une motivation réelle pour ne pas manquer votre méditation de chaque jour. Non seulement ça, mais votre énergie émotionnelle dirigée de cette façon là produit des changements spirituels dans votre système nerveux. Elle ouvre votre système nerveux à votre idéal. Il est ironique que nous ne puissions pas changer un feu rouge avec nos émotions, mais que nous puissions ouvrir notre système nerveux au divin avec elles. Cela paraît être une chose qui vaut la peine d'être faite, non? Ce genre de méthode peut s'appliquer à n'importe quelle émotion, positive ou négative, avec nos sentiments pour toute chose que nous faisons. Cela veut-il dire que nous arrêtons de faire ce que nous sommes en train de faire pour courir méditer à la place? Non. Nous méditons quand c'est l'heure de méditer, et dans l'activité, nous faisons les choses que nous avons choisi de faire dans notre vie. Le fait de rediriger notre énergie émotionnelle vers notre idéal le plus élevé animera nos actions, quel qu'elles soient, et donnera de l'énergie comme un turbo à nos pratiques lorsque nous nous assiérons pour les faire. Quand nous pratiquons, nous faisons les techniques comme nous les avons apprises, pas selon la méthode de la bhakti. Nos pratiques seront renforcées dans la même mesure que la bhakti sera devenu bouillonnante en nous, du fait de la redirection de nos désirs. Ce que nous voulons c'est de cultiver tranquillement l'habitude de la bhakti dans notre vie. On ne verra rien de l'extérieur, mais en nous les roues de la bhakti seront toujours en train de tourner. Nous ferons l'expérience d'une augmentation de notre intensité spirituelle. Cela s'appelle « tapas ». Tapas c'est la bhakti en tant qu'habitude qui ne s'arrête jamais, comme une flamme sans fin qui brûle en nous. Avec ce genre de bhakti, toute notre vie devient une pratique spirituelle. Mère Thérésa de Calcutta disait qu'elle voyait Jésus dans les yeux de chaque enfant défavorisé qu'elle aidait. C'est cela la bhakti. Cela ne marchera pas toujours comme ça pour ce qui nous concerne. Ce n'est pas censé être ainsi. Ne vous jugez pas sur votre capacité à transférer votre frustration au feu rouge sur votre frustration par rapport à l'illumination. Rappelez vous simplement de cette méthode, de temps en temps, dans le cours de votre activité quotidienne, en particulier si vous vous surprenez à être pris dans un tourbillon d'énergie émotionnelle. C'est alors le moment idéal pour la bhakti. Le simple fait de prendre conscience de ce principe de bhakti mettra les choses en mouvement, intérieurement, lorsque les émotions s'emballent. Le grand saint indien du dix-neuvième siècle, Ramakrishna, était passé maître dans l'art de susciter de grandes effusions de bhakti. Il se tordait sur le sol au pied de la statue de la Mère Divine qu'il adorait, en sanglotant encore et encore, pour obtenir ne serait-ce que la plus légère sensation d'elle venant le toucher intérieurement. Et plus il était remué, plus il dirigeait ces émotions vers son ishta qu'était la statue. On aurait dit un fou. Pendant tout ce temps, sa bhakti était à l'oeuvre comme un rayon laser, mettant à mal toutes les obstructions se trouvant dans son système nerveux. Il est devenu divin au moyen de la seule bhakti. Les extrêmes de la bhakti ne sont pas nécessairement ce que nous recherchons ici dans ces leçons, bien que cela dépende de vous. Même un petit peu de bhakti a beaucoup d'effet. Elle contient beaucoup d'énergie en elle. Au point que nous ne devons pas oublier qu'une bhakti intense peu avoir un grand effet sur l'éveil de notre kundalini, à la fois directement grâce à l'énergie émotionnelle, et en raison de l'effet turbo que la bhakti donne à toutes nos pratiques. Comme pour toutes les pratiques de yoga, nous pouvons en faire trop avec la bhakti, donc nous devons être vigilant. Notre expérience est la meilleure mesure pour savoir si nous en faisons trop ou pas. Chacun a son propre rythme, l'allure qui lui convient pour le processus de purification spirituelle. Que l'expérience soit votre guide. Du fait que la méthode de bhakti produit des effets prévisibles et renouvelables, nous pouvons dire que c'est une application systématique de la connaissance. Bhakti est la science de la dévotion. Et c'est une science vraiment puissante. Revenons maintenant à la kundalini pour parler de certains des symptômes que se manifestent, et ce qu'il faut faire si les choses semblent un peu déséquilibrées.
  • 61. Leçon 68 : bakti et traumatisme Q: Il y a quatre ans, mon frère et moi nous avons eu un accident de voiture. J'ai survécu, mais pas mon frère. Après cela ma vie est devenue un enfer, j'étais emplie de chagrin, de culpabilité, de colère et de désespoir. Puis quelque chose c'est produit. Je n'en pouvais plus. J'espérais désespérément une réponse, et quelque chose a lâché en moi. Immédiatement, la connaissance spirituelle a commencé à couler dans ma vie. Et j'ai su ce que je ferai le restant de mes jours. Votre leçon sur la bhakti a une résonance en moi, bien que mon expérience n'ait pas été graduelle. Elle est apparue de façon soudaine dans mon état de traumatisme, et mon état émotionnel continue de me faire avancer rapidement. Qu'en pensez vous? R: Les expériences traumatisantes peuvent souvent conduire à un éveil. Bien que la perte soudaine d'un être cher ne puisse jamais être compensée complètement par quoi que ce soit, si nous sommes capables de nous ouvrir, le processus de bhakti essaiera sans aucun doute de le faire. Les émotions sont telles, que le plus petit lâcher prise, la plus petite réorientation de l'énergie émotionnelle aura des résultats spectaculaires. Aucun d'entre nous ne se porterait volontaire pour pareille mission, mais cela se produit dans la vie. Lorsque nous subissons un traumatisme, que ce soit la perte de quelqu'un que l'on aime, la perte de la santé, ou toute autre dislocation de notre vie, un cycle de chagrin se met en route. Cela commence par l'incrédulité, puis cela peut passer par le refus, ensuite la colère pour descendre enfin la longue pente émotionnelle qui conduit au désespoir. Pour la plupart d'entre nous, nous avons très peu de contrôle de ce processus lorsque cela se produit. Puis, à un moment donné, il y a comme un lâcher prise. Cela peut être des mois plus tard, des années plus tard ou des décennies plus tard. Peut-être même ce lâcher prise ne se produit jamais chez certaines personnes. Chacun est différent. Quand cela se produit, c'est un moment crucial dans le processus. Crucial dans le sens ou nous pouvons, émotionnellement, revenir vers un état ressemblant à celui que nous connaissions avant l'événement traumatisant. C'est normal d'essayer de retrouver cet état. Ou bien nous pouvons nous laisser plonger dans un espace divin, comme vous l'avez fait. Ce point dans le processus du chagrin est une sorte de carrefour. Là encore, on retrouve la première impulsion de bhakti, la question: « Y a-t-il quelque chose de plus? » Si cette question est présente sous une forme ou sous une autre, l'énergie émotionnelle se précipitera dedans. Cette question est un lâcher prise, et le début de la manifestation de notre ishta, en nous, notre idéal le plus élevé. C'est aussi le début de la manifestation du gourou, et les réponses sont stimulées dans notre environnement extérieur par ça. C'est une ouverture, une réceptivité, un lâcher prise qui permet l'effet bhakti. Dès que nous abandonnons nos émotions à un but plus élevé, elles deviennent énergie divine qui se précipite pour entrer. Les expériences traumatiques nous mettent dans une position dans laquelle nous n'avons guère d'autre choix que de nous abandonner ou de faire face à de nombreuses années de malheur. C'est un choix à faire qui est beaucoup plus tranché que celui de s'engager dans la quête divine lorsque nous ne sommes confrontés qu'à des hauts et des bas de peu d'amplitude dans la vie ordinaire. La vérité est que, chaque émotion est une occasion pour la bhakti, les toutes petites, les très grandes, et toutes les émotions intermédiaires. Nous aurons des émotions. Nous lâcherons prise ou nous ne lâcherons pas. Cela dépend de nous. C'est nous qui choisissons. Du fait que vous vous soyez embarquée dans la voie spirituelle avec une vague de bhakti si forte et si persistante, vous avez trouvé quelque chose de sacré dans votre tragédie. Gardez à l'esprit que la bhakti est une pratique spirituelle puissante. Veillez bien à équilibrer vos pratiques pour avoir la meilleure chance d'un déploiement en douceur de la conscience de pure félicité et de l'extase divine. Leçon 69 : kundalini symptômes et remèdes Q: Je suis nouveau dans ce groupe. J'ai fait l'expérience de différents symptômes d'éveil de la kundalini, y compris, mais pas seulement, des sensations de brûlure dans différentes parties du corps. Avant de commencer une pratique régulière de la méditation (du même genre mais d'une autre source) il y a un an et demi, je souffrais de douleur intermittente au troisième oeil. J'ai également commencé d'autres pratiques venant d'une autre source, encore différente. Maintenant, j'ai une sensation de brûlure ininterrompue au troisième oeil. Parfois, j'ai eu envie de faire monter l'énergie et de la faire circuler de façon systématique à travers
  • 62. mon corps. J'ai la sensation d'une brûlure pratiquement continuelle à la base de la colonne vertébrale. Cependant, en ce moment, si je relâche l'énergie, je fais l'expérience d'émotions « dévastatrices », telles que le désespoir, l'isolation et le vide. Et pourtant, je ressens le besoin de continuer et de raffiner cette pratique. Vos suggestions, vos commentaires ou toute autre information seraient les bienvenus. R: Vous agissez sagement en abordant le problème de façon mesurée, en dosant votre pratique en fonction de vos expériences. Le plus important est de trouver une plateforme stable de pratique quotidienne qui apporte l'équilibre aux énergies internes. Une fois que cela sera établi, alors vous pourrez faciliter l'expansion de la kundalini d'une manière plus confortable et plus agréable, tout en étant plus agressive en même temps. Pour trouver cette plateforme stable, vous aurez peut-être aussi besoin de faire des choses en dehors de votre pratique assise habituelle. Pour commencer, si ce n'est pas déjà fait, je vous suggère de commencer avec une légère session de respiration de la colonne vertébrale avant la méditation, seulement cinq à dix minutes. Voyez si cela vous amène plus d'équilibre. Voyez si vous pouvez trouver une plateforme de pratique qui soit suffisamment douce, avec seulement le pranayama et la méditation. Ne faites pas encore mulabandha ou sambhavi. Veillez bien à prendre suffisamment de repos en sortant de la méditation. Je vous suggère de suspendre les autres choses que vous faites pour le moment, car il se peut qu'elles exacerbent les énergies de la kundalini. Si vous ressentez beaucoup de bhakti, beaucoup d'émotions spirituelles intenses, vous devriez aussi tempérer cela. Ce qui veut dire alléger un peu tout cela, dans le but de pouvoir bâtir une pratique spirituelle stable et efficace. La bhakti c'est très bien, jusqu'à ce que l'on se heurte à un obstacle. Alors elle risque de devenir problématique. Ce qui peut nous mettre à l'épreuve. Après tout cela, si vous ne remarquez pas un meilleur équilibre intérieur, vous devrez envisager de diminuer un peu la durée de votre méditation pendant un certain temps, tout en conservant la même durée de pratique de la respiration de la colonne vertébrale, à moins que celle-ci n'ajoute à votre instabilité. Cela ne devrait pas être le cas, mais rien n'est impossible. Voyez si vous pouvez trouver une routine qui comprenne uniquement le pranayama et la méditation et qui vous permette de vous sentir à l'aise dans votre activité quotidienne, en ressentant avec moins d'intensité les symptômes que vous avez décrits. Ensuite, à partir de cette plateforme, vous pourrez commencer à ajouter des choses, l'une après l'autre. Tout ceci peut sembler limitant étant donné votre désir de continuer malgré le fait que vous soyez confronté à des obstructions difficiles. Il ne fait aucun doute que la voiture de course marche bien, et il ne fait aucun doute que vous voulez foncer. Cependant, ce serait une bonne idée de vous assurer que les roues sont bien dans l'axe de la route avant d'enfoncer la pédale de l'accélérateur. Lorsque vous aurez fait ça, vous pourrez prendre de la vitesse et la conduite sera beaucoup plus rapide, beaucoup plus sûre et beaucoup plus agréable. Voyons quels sont les principes qui sont mis en jeu dans l'éveil de la kundalini et comment les déséquilibres peuvent se produire. Tout en même temps, nous verrons d'autres mesures que vous pouvez prendre. La mythologie métaphorique de la kundalini décrit une union entre Shakti (un nom qui désigne la kundalini en mouvement) et Shiva (la conscience de pure félicité). Comme vous le savez, Shakti part de la région qui se trouve près de la base de la colonne vertébrale, de cet immense réservoir de prana qui se trouve là, c'est-à-dire l'énergie sexuelle. Dans la mythologie, Shiva se situe au sommet de la tête. Donc ce qui se passe est décrit comme l'éveil de Shakti qui, ensuite, monte et traverse tous les chakras jusqu'à ce qu'elle atteigne le sommet de la tête où elle s'unit à Shiva qui l'attend là. Lui, il se contente d'être là à ne rien faire, vous savez. Ils font l'amour et le nectar déborde et s'écoule vers le bas, illuminant le pratiquant. Très romantique, n'est-ce pas? En particulier pour Shiva, qui reste assis là haut et ne fait rien, tandis que Shakti doit se frayer un chemin jusqu'à lui (à travers votre système nerveux) pour s'unir à lui. Si, en théorie, tout à l'air d'être au point, en réalité ce scénario ne marche pas vraiment très bien. La plupart du temps, dans la pratique, cette approche échoue parce qu'elle part du principe que Shakti doit faire tout le travail pour aller trouver Shiva au sommet de la tête. C'est effectivement ce qu'elle s'efforcera de faire, en mettant en pièces votre système neveux dans cette tentative. C'est de là que viennent les symptômes excessifs de la kundalini. Les choses peuvent devenir si inconfortables que la pratique ne peut plus continuer, alors le processus se met en veilleuse pour un bon moment.
  • 63. La réponse à ce problème, c'est de faire bouger Shiva, qu'il se remue et fasse quelque chose. Il faut qu'il descende de son perchoir et qu'il « mette la main à la pâte » avec Shakti, où qu'elle soit dans le corps, c'est-à-dire partout une fois qu'elle est éveillée et qu'elle monte. Bien que leur union doive finalement s'achever quelque part « là haut », Shiva et Shakti doivent d'abord se rencontrer partout dans le corps. Si cela se produit, on pourra quand même ressentir un petit brin de folie, mais ce sera un petit brin de folie engendré par l'union extatique de Shiva et Shakti dans chaque nerf et chaque cellule du corps, plutôt que le chaos créé par l'énergie de Shakti toute seule, qui brûle tout ce qu'elle rencontre, et qui se trouve dans votre corps. En bref, il faut faire un choix entre l'extase et l'agonie. C'est la raison pour laquelle la respiration de la colonne vertébrale est la première recommandation. Elle active directement et à la fois les énergies masculine et féminine, et elle les réunit de façon équilibrée. Le souffle ascendant conduit Shakti à Shiva et le souffle descendant conduit Shiva à Shakti. Cela crée une relation équilibrée. Ensuite, unis l'un à l'autre, ils vont ensemble dans chaque nerf et dans chaque cellule du corps. Avec cette approche, on peut faire circuler beaucoup plus d'énergie avec beaucoup moins de stress pour le système. Cela ouvre la possibilité d'une pratique spirituelle beaucoup plus agressive qu'il n'est possible de le faire avec une pratique orientée uniquement sur Shakti. Et cela apporte beaucoup plus de plaisir extatique aussi. Il faut signaler aussi qu'avec le mantra I AM (ayam), l'équilibre des énergies masculine et féminine est aussi pris en compte, ainsi que nous en avons parlé dans la leçon 59 qui s'intitule « des précisions sur le mantra ». http://www.aypsite.ch/lecon_059 Le reste de nos pratiques avancées est aussi établi de façon à être bipolaire dans leur nature. Nous avons introduit mulabandha à la racine et sambhavi au troisième oeil. Dans le futur nous continuerons, selon cette approche, à introduire de nouvelles pratiques de façon bipolaire. Pour l'équilibre. L'éveil de la conductivité extatique dans le nerf spinal est la manifestation de cet équilibre, l'union extatique de Shiva et Shakti dans la sushumna. Et le sommet de la tête? Nous l'avons délibérément laissé en dehors des leçons jusqu'à présent. Il s'appelle sahasrar, le « lotus aux mille pétales ». Nous en traiterons plus tard. Il faut aussi s'en occuper. Mais le faire de façon prématurée peut conduire au genre d'émotions « dévastatrices » dont vous avez parlé. Nous voulons d'abord que le nerf spinal, qui va de la racine au troisième oeil, soit bien nettoyé et que la conductivité extatique soit pleinement établie. Ensuite, le sommet de la tête entrera en jeu naturellement. Elle a sa propre connexion avec la sushumna. Si nous y allons trop tôt en essayant de faire un raccourci, nous paierons le prix. La façon la plus sûre d'approcher le sommet de la tête se fait via la sushumna, lorsque celle-ci a été préalablement bien purifiée. Aller au sommet de la tête d'abord et nettoyer ensuite la sushumna est le meilleur moyen de se créer des désagréments. Beaucoup de symptômes excessifs de kundalini peuvent alors apparaître. Même lors des éveils de kundalini les plus en douceur il y aura quelques symptômes. Il pourra y avoir de la chaleur et/ou de la douleur aux extrémités du nerf spinal, comme vous l'avez décrit, au troisième oeil et à la racine. Avec la respiration de la colonne vertébrale pratiquée sans effort et la méditation cela ne devrait pas prendre des proportions extrêmes. Si cela se produisait, réduisez votre pratique quelque peu, comme nous l'avons conseillé, et essayez quelques unes des mesures dont nous parlons plus bas. Beaucoup d'autres choses peuvent se produire. De légères sensations de brûlure ici ou là. Le corps qui fait un mouvement brusque ou de l'air expulsé de façon soudaine des poumons pendant la pratique. Une sensation semblable à celle d'insectes qui se déplaceraient sur la peau, ou de picotements occasionnels pendant la journée. Des sensations étranges dans les pieds qui sont à la fois agréables et qui grattent en même temps (celles là peuvent être apaisées en marchant régulièrement). Cela peut se produire dans les mains aussi. On peut avoir tout un assortiment varié de chair de poule, de frissonnements, légers maux de tête, picotements chauds et autres sensations bizarres. Tout cela s'apaise avec le temps. Le peu qui en reste éventuellement est complètement masqué par l'expérience de pure conscience de félicité et d'extase divine que l'on éprouve en soi. Ce genre de chose arrive lors d'un éveil normal de la kundalini. Ce sont tous des symptômes dus à l'élimination des obstructions, qui laissent la place à une nouvelle vie d'extase sans fin. Si les symptômes deviennent extrêmes et ne peuvent être atténués par le pranayama et la méditation, même en réduisant la pratique, alors des mesures supplémentaires sont nécessaires. Elles peuvent être envisagées par quiconque fait des pratiques spirituelles pour prévenir les difficultés dues à la kundalini.
  • 64. Il y a trois facteurs qui influent sur la façon dont la kundalini circule en nous: la constitution physique, le mode de vie et les pratiques. Ces facteurs déterminent nos tendances à avoir une énergie de kundalini équilibrée ou déséquilibrée. Tout d'abord, la constitution physique. Nous sommes nés avec, et chacun de nous a certaines tendances qui déterminent comment l'énergie (prana) s'écoule dans notre corps. Elles sont bien décrites dans le système indien de médecine qu'est l'ayurveda et qui concerne l'équilibre des énergies dans le corps. Notre constitution présente trois aspects, et nous pouvons avoir trop ou trop peu de n'importe lequel d'entre eux. Ce sont: Vatta: Est-ce que notre nature est flexible, ou est-ce qu'elle est trop agitée? Pitta: Notre nature est-elle focalisée ou bien colérique et inflammable? Kapha: Notre nature est-elle stable ou bien prise dans l'inertie? Ce sont les trois « doshas » (aspects) de notre constitution. Chacun de nous est un mélange différent des aspects positifs ou négatifs mentionnés. On peut faire beaucoup pour équilibrer les doshas. L'ayurveda a de nombreux moyens pour compenser les déséquilibres de la constitution, ce qui peut aider à résoudre les symptômes excessifs de la kundalini. Les diètes et les suppléments à base de plantes sont particulièrement utiles et sont étudiés pour pacifier un excès de feu (pitta), ou/et de mouvement (vatta) dans le corps, le mental et les émotions, qui sont des classiques des symptômes de la kundalini. Pour en savoir plus sur l'ayurveda, vous pouvez vous reporter aux écrits de Deepak Chopra et d'autres. Il y a aussi un groupe sur Yahoo à l'adresse suivante: http://health.groups.yahoo.com/group/ayurvedaonline Le deuxième facteur qui affecte la façon dont la kundalini agit en nous, est notre style de vie. Faisons-nous trop de pratiques spirituelles en n'ayant pas assez d'activité? Travaillons nous trop ou insuffisamment? Fréquentons-nous suffisamment des gens dont la compagnie soutient notre engagement spirituel? Ce genre de choses est important. Si nous avons des symptômes de kundalini excessifs, ou même mineurs, des activités qui nous « ancrent » peuvent être utiles. Faire de longues promenades quotidiennes l'esprit détendu est l'une des meilleures thérapies pour calmer les énergies de kundalini. Le tai chi, pratiqué régulièrement, permet aussi de rester bien ancré. Les asanas (postures) de yoga, dont nous parlerons dans les prochaines leçons, peuvent aider. L'exercice physique, d'une façon générale, est bon pour maintenir les énergies bien ancrées sur la terre. Un régime alimentaire plus lourd pendant les périodes d'énergies excessives de la kundalini est également un bon moyen. Ces activités qui nous ancrent dans le sol ne nous débarrassent pas de la kundalini. Bien plutôt, elles introduisent le composant Shiva qui nous aide à intégrer l'énergie de la kundalini dans notre système nerveux. De telles activités sont bonnes à pratiquer en plus de la respiration de la colonne vertébrale, de la méditation et des autres pratiques de yoga avancées. Le troisième facteur qui influe sur la façon dont la kundalini évolue en nous, c'est nos pratiques. Nous avons traité ce sujet en long en large et en travers, mais nous pouvons toujours en dire plus. La chose, c'est de regarder votre vie sous tous ces angles et de déterminer où se trouve l'origine du déséquilibre, puis de s'en occuper. Nous avons commencé par parler du haut niveau d'équilibre des énergies masculine et féminine dans nos pratiques de pranayama et de méditation. C'est là qu'il nous faut trouver l'équilibre en premier, dans notre façon de pratiquer. Si cela fonctionne, alors nous pouvons aller de l'avant sans crainte, et ajouter d'autres pratiques, nous plonger dans les expériences toujours en expansion de conscience de pure félicité et d'extase divine. S'il y a quelque chose d'autre, quelque part dans notre constitution ou notre mode de vie, qui crée un déséquilibre, alors nous devrons y remédier. Une fois que ce sera fait, nous pourrons aussi progresser à bonne vitesse dans nos pratiques sans avoir à subir d'inconfort inutile. Pour ceux qui ne ressentent pas les symptômes de la kundalini, continuez à pratiquer comme toujours, en suivant les directives données et en les adaptant à votre capacité personnelle et au temps dont vous disposez. Conservez cette leçon précieusement pour le cas où. Il se peut que tout se passe dans la plus grande douceur et que vous glissiez dans l'illumination sans la moindre anicroche. Ce serait merveilleux. Si, par contre, il y a quelques symptômes de la kundalini en cours de route, vous ne serez pas surpris après avoir lu tout ceci. Cette leçon sera pour vous un moyen de faire le point sur ce qui se passe et sur la façon de faire les ajustements nécessaires. Leçon 71 : Le yoga, un marché florissant
  • 65. Une estimation serait un milliard de dollars. C'est peut être davantage. Ou moins. On ne peut pas nier que l'enseignement des postures (asanas) de yoga est devenu un énorme business mondial. C'est une bonne chose. Ce qui importe, c'est que le yoga a pris dans un public très large et est devenu très populaire. Il en dérive tellement de bien. Peu importe quelle branche du yoga a été la première à se faire connaître à grande échelle. Toutes les branches du yoga sont reliées entre elles. Si vous faites des asanas, vous serez attirez par le pranayama puis par la méditation. Si vous êtes attiré par la méditation, vous finirez par être attiré par les asanas aussi. C'est comme ça que ça marche. Notre système nerveux sait reconnaître quelque chose quand c'est bon pour nous. Eveillez le système nerveux un tant soit peu, et il en veut davantage. Toutes les branches du yoga, après tout, sont des expressions des façons naturelles qu'a notre système nerveux de s'ouvrir à l'expérience divine. En fait, notre système nerveux détermine nos pratiques, et non l'inverse. Elles viennent à nous lorsque nous en avons besoin. C'est vraiment sidérant de voir comment cela se passe. C'est le pouvoir de la bhakti. Dans le temps, toutes les pratiques se présentent ensemble automatiquement. Nous n'avons qu'à exercer une légère poussée ici ou là. Un peu de bhakti suffit à nous mettre en position de donner cette légère poussée. Voyez comme c'est simple? Il n'est pas surprenant que les asanas du yoga soient si populaires. Nous vivons dans un monde où l'expérience humaine est basée principalement sur le physique. Nous n'en sommes pas encore au point où nos sens sont attirés vers l'intérieur, jusqu'au niveau où les expériences intérieures deviennent aussi réelles (ou plus réelles) que les expériences du monde extérieur. Et donc, nous recherchons toujours des solutions physiques. Les asanas du yoga commencent à nous faire passer du domaine physique vers des expériences plus subtiles de l'énergie divine dans le système nerveux. C'est pourquoi les asanas nous procurent une telle détente. C'est leur principal attrait. Les gens font des asanas pour la relaxation, d'autres pour trouver la paix intérieure. Les asanas de yoga conviennent très bien pour cela. Ils sont aussi très bien pour préparer le corps et le mental au pranayama et à la méditation. C'est ainsi que nous allons les envisager dans ces leçons. Il y a des exceptions au caractère « relaxant » des asanas. De nos jours, on peut suivre des cours de power yoga ou de yoga aérobic et bien transpirer. C'est très bien. Cependant, ce n'est pas préconisé juste avant la méditation. Nous prenons le chemin inverse pour cela, en allant vers une activité moindre dans le système nerveux, pas le contraire. Les asanas ont traditionnellement pour rôle d'apaiser le système nerveux. Mais plus que ça. Ils sont conçus pour faciliter le flot de prana dans le corps, en particulier dans la sushumna, le nerf spinal. Donc vous voyez que les asanas constituent une excellente préparation au pranayama, à la respiration de la colonne vertébrale. Les asanas font partie d'un système de yoga plus important qui s'appelle hatha yoga. D'autres systèmes de yoga comprennent des asanas aussi. Ils n'appartiennent à personne. Dans le hatha yoga, il y a des pratiques additionnelles qui sont des approches plus directes pour faire circuler le prana dans le corps. Il y a un texte indien qui s'appelle le « hatha yoga pradipika » et qui traite de ces pratiques supplémentaires. On les retrouve aussi dans d'autres systèmes, comme le yoga de la kundalini et le yoga du tantra, par exemple. Tout cela revient au bout du compte à ce dont nous parlions dans la dernière leçon, à équilibrer la kundalini, à unir les énergies masculine et féminine dans le système nerveux, à l'union de Shakti et de Shiva. Hatha signifie « union du soleil et de la lune », les énergies féminine et masculine. Nous trouverons ce thème dans toutes les traditions parce que c'est une caractéristique du système nerveux humain. Les taoïstes l'appellent yin et yang. Les chrétiens l'appellent le saint esprit et Dieu le père. Le patriarcat chrétien a essayé de faire du saint esprit un androgyne, mais peu importe ce qu'ils disent. Cela ne change pas ce qu'elle est en nous. Il y a un certain recoupement entre les asanas et les pratiques plus avancées du hatha yoga. Certaines de ces pratiques avancées du yoga ont conservé le nom d' « asana », tandis que d'autres portent le nom de « mudra » ou « bandha ». Quel que soit le nom que vous leur donnez, ce sont principalement des pratiques physiques qui facilitent le mouvement du prana et de la pure conscience de
  • 66. félicité en nous. Nous avons déjà parlé de deux de ces techniques, mulabandha et sambhavi mudra. Nous allons très bientôt en apprendre d'autres. Mais d'abord, parlons un peu plus des asanas. Nous n'essayerons pas d'enseigner toute une série d'asanas dans ces leçons. Ce ne serait pas pratique. Si vous habitez dans une ville, ou à proximité, il y a de fortes chances que vous puissiez y trouver des cours de yoga. Si vous ne l'avez déjà fait, aller suivre un cours de yoga. Vous apprendrez une séance de base que vous pourrez faire à la maison, si vous en avez envie. Cinq à dix minutes d'asanas en douceur avant le pranayama et la méditation constituent une excellente façon de commencer votre session. Si vous ne ressentez pas l'envie de faire des asanas, ou si vous n'en avez pas le temps, ce n'est pas un problème. Revoyez les leçons sur « trouver le temps » et « gérer son temps » dans lesquelles nous avons parlé de la façon d'établir une pratique quotidienne de pranayama et de méditation. Les mêmes remarques s'appliquent concernant l'ajout d'asana à votre routine. Quand le temps manque, les asanas viennent en dernier dans le choix des pratiques à faire. Si vous n'avez le temps que pour une seule chose, le meilleur choix est habituellement la méditation. Si vous avez le temps de faire deux choses, alors faites le pranayama et la méditation. Si c'est trois choses, alors faites les asanas, le pranayama et la méditation. Procédez de cette façon là. Ceci ne veut pas dire qu'une de ces pratiques est meilleure qu'une autre. Vous pouvez vous sentir plus enclin à faire les asanas et à laisser de côté le pranayama et la méditation. C'est très bien. Cela peut même s'avérer nécessaire si vous avez des déséquilibres dus à la kundalini. Les asanas aident à réguler les courants d'énergie. Mais si vous n'avez pas une raison impérieuse de choisir l'une ou l'autre des pratiques, le mieux est habituellement de faire la méditation si vous n'avez le temps de ne faire qu'une chose. Elle nous fait entrer directement en contact avec la conscience de pure félicité. Si vous ne connaissez rien aux asanas et que vous vivez quelque part dans un endroit perdu, et que vous avez bien envie d'apprendre, il existe beaucoup de livres et de vidéos excellents qui traitent des asanas du yoga. N'importe lequel fera l'affaire. Pour ce qui nous concerne, nous recherchons des exercices d'étirement et de flexion simples, à faire avant notre pranayama et notre méditation. Faites ce qui vous convient. Si vous désirez faire plus de cinq ou dix minutes d'asanas, c'est très bien. Il y a des gens qui adorent faire des asanas de yoga. Pour certains cela devient même une fin en soi. C'est très bien aussi. Quelles que soient les pratiques que vous choisissez de faire, assurez vous de mettre en place une routine quotidienne stable que vous pouvez poursuivre sans tension et sans inconfort. Si vous vous sentez bien après la pratique pendant le reste de la journée et de la nuit, cela veut dire que vous êtes dans la bonne voie. Alors vous êtes dans la position idéale pour envisager d'ajouter d'autres pratiques de yoga avancées à un moment ou à un autre. Nous allons maintenant voir plusieurs pratiques de yoga avancées supplémentaires qui ajoutent à la stimulation de l'écoulement du prana dans le corps. Leçon 73 : Un peu plus sur les chakras Q: En temps que guérisseur, j'ai toujours entendu dire que les chakras devaient être équilibrés et que le yoga était une façon d'amener cet équilibre dans ces centres d'énergie. J'ai pourtant, récemment, trouvé une supposition que seuls les chakras de la base, du sacrum et du plexus solaire devraient être ouverts et que le coeur, la gorge, le front et le sommet de la tête devraient être fermés. Cela me paraît plutôt étrange et j'aimerais bien avoir votre avis sur cette question. R: Si vous vous référez à la leçon 47 sur les chakras, vous trouverez l'approche que nous avons des chakras dans ces leçons. Nous ne travaillons pas directement sur les chakras, mais nous leur donnons la possibilité de fonctionner naturellement, avec le développement de la conscience de félicité et des expériences extatiques, en particulier pendant la méditation et la respiration de la colonne vertébrale. Ceci étant dit, toutes les pratiques agissent, soit directement, soit de façon globale sur les chakras. Mais l'attention n'est pas portée sur leur fonctionnement interne. Du fait que l'approche est tournée vers les pratiques plus que vers le contrôle des chakras, nous ne nous sommes pas intéressé de savoir quel chakra devrait être ouvert lequel ne devrait pas. La seule exception étant le chakra du sommet de la tête, car il peut engendrer des problèmes si il est ouvert prématurément, comme nous en avons parlé dans une leçon récente sur les symptômes de la kundalini et leurs remèdes. On trouve beaucoup d'histoires sur ce genre de désagréments. Le livre de Gopi Krishna « kundalini, l'énergie évolutive de l'homme » publié il y a de nombreuses années, en est un bon exemple. C'est un
  • 67. bon livre pour savoir comment atteindre l'illumination par la voie difficile. Donc, le sommet de la tête est un chakra que nous ne voulons pas ouvrir trop tôt. La supposition que vous mentionnez, concernant l'ouverture des chakras du bas et non de ceux du haut, ne semble pas très cohérente avec l'équilibre des énergies féminine et masculine dans le corps, et ne semble pas devoir conduire à l'illumination, si c'est notre but. Elle élimine à la fois la méditation et la respiration de la colonne vertébrale, qui toutes deux ont un effet global sur tous les chakras et en particulier la sushumna (le nerf spinal) qui va de la racine jusqu'au point entre les sourcils. Cela élimine aussi sambhavi au troisième oeil et quantité d'autres pratiques supplémentaires dont nous parlerons ici et qui agissent dans la partie supérieure du corps et dans la tête. Cette supposition implique de ne stimuler que la partie basse de la sushumna et des chakras et ensuite de compter sur l'énergie pour qu'elle trouve son chemin vers le haut toute seule, sans créer de courant descendant qui viendrait s'unir au courant montant. Cela semble être une approche basée uniquement sur la shakti. Elle permet sans doute d'éviter les problèmes au sommet de la tête dont nous avons parlé plus haut. Mais elle évite, et par là même retarde grandement, l'activation de la sushumna tout entière. Cela semble être une approche inégale. Mais, là encore, cela doit marcher pour quelqu'un, sinon pourquoi est-ce que cela aurait été écrit? A moins, bien sûr, que ce ne soit qu'une théorie. L'expérience est l'arbitre final de toutes les théories. Nous parlons peut-être de deux choses différentes ici. Ces leçons ont pour but de faciliter le processus d'illumination dans l'être humain, et de nombreuses méthodes proactives sont présentées pour être utilisées dans tous les coins du corps, du mental et du coeur. « L'équilibrage des chakras » et les différentes approches de ce genre ont surtout pour but de ramener la santé, et ne font pas grand cas de la transformation pour l'illumination, qui est une voie beaucoup plus ambitieuse. Quoi qu'il en soit, il semble bien que l'équilibre des énergies féminine et masculine soit essentiel, sans parler d'éveiller la pure conscience de félicité partout, depuis l'intérieur, au moyen de la méditation, ce qui est un pré requis, à la fois pour une bonne santé et pour l'illumination. Le but de ces leçons est d'éviter les approches théoriques du yoga autant que possible. L'approche est basée sur l'expérience, et par conséquent, nous l'espérons, pratique. Dans ce sens, ce que vous lisez ici, c'est ce que vous obtenez. C'est l'approche scientifique, ou, en tout cas, aussi proche du scientifique que nous le pouvons lorsque nous traitons du côté subjectif de nous même. Dans la guérison, vous vous intéressez également aux résultats, c'est sans doute pour cela que vous vous êtes interrogé sur cette supposition concernant l'ouverture des chakras du bas uniquement. Cela ne semble pas avoir grand sens, ni pour vous, ni pour moi. Leçon 74 : Pour cette vie ci et la suivante Q: J'ai 73 ans et je vis seul, donc je pensais que j'aurais beaucoup de temps pour apprendre à méditer, mais on m'a dit que ça pouvait prendre toute une vie pour atteindre l'état de béatitude que les méditants recherchent, et je n'ai pas autant de temps que ça devant moi. Que suggérez-vous? R: C'est très inspirant que vous vouliez faire ce que vous pouvez de mieux, spirituellement parlant, du temps que vous avez encore devant vous. Nous devrions tous être dans le même état d'esprit aussi, quel que soit notre âge. Oui, l'avis généralement partagé c'est que cela prend longtemps. Mais c'est une chose relative, vous savez. Dans la Bhagavad Gita, la grande écriture de l'Inde, on peut lire qu'un plongeon dans l'infini efface, pour le futur, des vies entières de luttes pour les choses du monde. Donc, que l'on ait 23 ans ou 73 ans, si nous pouvons commencer à plonger dans la conscience de pure félicité, nous aurons fait de gros progrès. Si vous pouvez entretenir la possibilité d'une réincarnation allant dans ce sens, ce sera très encourageant. C'est une forme de bhakti, vous savez. Nous avons tous beaucoup de travail à faire dans le domaine spirituel, que nous soyons jeune ou vieux. Personne ne devrait perdre une minute. Une chose certaine que je peux vous dire, c'est que, quoi que vous accomplissiez dans les pratiques spirituelles maintenant, ce ne sera pas perdu. Par la suite, vous reprendrez là où vous en étiez et vous poursuivrez quelque part ailleurs, pour continuer votre voyage vers l'illumination. Non seulement je l'ai entendu dire, et je l'ai lu, de tous les sages que j'ai rencontrés au cours de nombreuses années, mais c'est aussi mon expérience directe. Je suis né faisant les pratiques spirituelles. Pourquoi? Cela devait bien
  • 68. venir de quelque part. Peut-être avais-je été un homme de 73 ans qui avait fait ses pratiques spirituelles avec assiduité à un moment dans le passé. Qui peut le savoir? Tout ce que je sais, c'est que je suis né avec cela qui chantait en moi. Le fait que vous vous y intéressiez montre que vous n'êtes pas nouveau dans le domaine des pratiques spirituelles non plus. Nous avons tous été ici avant. Ce que nous faisons avec les pratiques nous rapproche de l'illumination. Ce ne sera pas perdu. En avançant dans les leçons, vous rencontrerez des choses qui sont plus agressives en terme de pratique. Il n'est pas recommandé que vous essayiez d'entreprendre tout ce que vous trouverez dans les leçons, pas à votre âge. Cela créerait trop de stress et de tension. Un yoga agressif s'adresse à des gens plus jeunes. Mais il reste encore beaucoup de choses que vous pouvez faire. Méditer deux fois par jour est la meilleure base. Rien que cela permet d'obtenir de grandes choses. C'est votre bain quotidien dans l'infini, comme nous l'avons dit plus haut. Une pratique légère de la respiration de la colonne vertébrale avant la méditation peut s'avérer utile, et peut être quelques postures de yoga tous les jours si vous en avez envie et si vous le pouvez. Il existe des cours de yoga (postures) pour les personnes âgées un peu partout. Ces trois choses sont plus que suffisantes. Si vous ressentez de la gêne en faisant le pranayama (ou quoi que ce soit d'autre), revenez en arrière ou bien arrêtez immédiatement. Voyez si vous pouvez trouver une routine stable et confortable. La chose la plus importante, c'est d'établir une routine quotidienne confortable, sans tension dans les pratiques. Ensuite, en pratiquant ainsi tous les jours, vous saurez que vous contribuez grandement à votre futur, dans cette vie ci et dans la suivante. Je suis honoré de votre présence ici. Je suis honoré par la présence de tous. C'est une chose sacrée pour moi. Je vous remercie profondément. J'aimerais que tout le monde sur la terre puisse être ici. Pas pour moi, mais pour cette aspiration sincère qui est partout. Leçon 75 Siddhasana, fontaine d’extase Très bien, nous voici prêts à entreprendre d'autres pratiques de yoga avancées. Nous passons ici à des pratiques qui sont assurément plus agressives. Avant d'adopter l'une ou l'autre, il est essentiel que vous soyez stable dans les pratiques que vous avez commencé à faire auparavant. Si vous vous précipitez sur ces nouvelles pratiques sans que la méditation, le pranayama et le reste ne soient confortablement en place, vous n'en retirerez pas grand-chose de bon. Assurez-vous d'être bien en phase avec la disponibilité que vous avez au niveau du temps et du moment. Vous pouvez passer des années à faire les autres pratiques avant de ressentir que vous êtes prêt pour les techniques de yoga qui viennent et qui sont très avancées, et c'est parfaitement bien. Rome n'a pas été construite en un jour. Le terme « agressive » veut dire plus axé sur la stimulation du prana dans le corps. Et, bien que cela signifie que davantage de conscience de pure félicité et davantage d'extase montent en nous, cela signifie aussi plus de purification du système nerveux. Plus de purification veut dire plus de choses qui sont délogées et qui sortent de l'intérieur, ce qui peut créer un certain inconfort. Evaluez toujours vos pratiques et votre mode de vie pour rester à un niveau de purification stable. Nous cherchons toujours à équilibrer notre routine pour qu'il en résulte le maximum de progrès spirituel et que les choses se passent en douceur dans notre vie de tous les jours. La meilleure mesure, c'est comment nous nous sentons pendant la journée, en dehors des pratiques. Cela a été dit et redit, et ne peut pas être suffisamment répété. C'est un fait à prendre en compte pour quiconque veut suivre sérieusement la voie du yoga. On pourrait appeler cela, l'art de faire le ménage sans tout mettre sens dessus dessous. Ceci étant dit, voyons de quoi il s'agit. Si vous êtes toujours fringant et sémillant après tout ce que nous avons vu jusqu'à présent, alors ce qui vient est fait pour vous. Et vous en adorerez chaque instant. Soit ça, soit vous vous exclamerez « ça dépasse les bornes! » Peut être même ferez vous les deux en même temps, en adorant ce qui dépasse les bornes.
  • 69. Siddhasana est l'étape suivante dans notre intégration des pratiques. Ce mot veut dire « l'assise des parfaits ». Vous vous rappelez qu'à laleçon 33, nous avons parlé d'une « nouvelle façon de nous asseoir » pour méditer. Il peut être bien, maintenant, que vous retourniez en arrière pour relire cette leçon. Nous allons poursuivre ce dont nous avions parlé dans la leçon 33, en allant un peu plus loin. Nous avions dit que ce serait une bonne chose si nous pouvions pratiquer la méditation avec les jambes croisées en tailleur, en insérant les orteils sous la jambe opposée et la plante des pieds légèrement tournée vers le haut. Ceci se fait plus facilement sur un support souple, comme un lit, et avec un soutien dans le dos. Ceci s'applique à la fois à la méditation et au pranayama. Maintenant, nous allons ramener le pied un peu plus pour placer notre talon sous le périnée. Nous serons assis sur notre talon, le dessus du pied pratiquement à plat sur le lit. Il vaut mieux éviter de le faire quand on est assis sur un support dur. Il n'est pas nécessaire de reposer de tout votre poids sur votre talon. Si notre dos est appuyé contre un support, comme nous le recommandons, nous pouvons nous incliner un peu vers l'arrière pour trouver une position qui soit suffisamment confortable en étant assis sur notre talon, qui appuie sur notre périnée. Pas trop appuyé, mais pas trop léger non plus. Nous pouvons utiliser l'un ou l'autre pied, et nous pouvons les intervertir pour notre confort si c'est nécessaire, comme nous l'avons indiqué à la leçon 33. Comme pour toutes les nouvelles pratiques que nous adoptons, il y aura une phase d'habituation, au cours de laquelle nous nous sentirons un peu gauche. Pour celle-ci, on pourra se sentir très gauche. Que cela ne vous empêche pas d'apprendre. Il ne vous faudra pas longtemps avant que vous ne trouviez cette position stimulante sexuellement, et cela pourrait ajouter à la sensation d'être gauche. Au début, ce sera probablement à la fois gauche et sexy. Nous laisserons l'autre pied là où il était, sous le tibia de la jambe qui passe dessous, nous pouvons aussi laisser cette jambe allongée sur le lit de temps en temps, si c'est plus confortable. C'est une forme simplifiée de siddhasana. Dans la forme complète, la deuxième jambe est posée sur la première, comme dans le demi-lotus, sans soutien pour le dos, et peut être même assis quelque part sur un rocher bien dur. Mais tout cela n'est pas nécessaire pour obtenir l'effet correct. Cet effet est une stimulation constante de l'énergie sexuelle, vers le haut, depuis le périnée, pendant nos pratiques assises de pranayama et de méditation. C'est ce que nous recherchons, et nous nous asseyons de façon à créer une pression au périnée pour l'engendrer de manière délibérée. C'est sensé être agréable. « Comment est il possible de méditer tout en étant assis comme ça? » C'est possible. Peut-être qu'au début votre attention sera un peu distraite, mais c'est quelque chose que vous pourrez progressivement surmonter avec le temps. Au début vous aurez peut- être envie de faire siddhasana uniquement pendant le pranayama, et pas pendant la méditation. Au bout d'un certain temps, vous serez complètement à l'aise avec siddhasana et vous oublierez même que vous êtes dans cette posture pendant toute la durée de votre pratique. C'est un entraînement que vous commencez, la mise en place progressive d'une habitude. C'est une sorte de double entraînement que vous faites en une seule fois, c'est ce qui rend siddhasana malaisé. Le premier est la partie physique de l'exercice, qui consiste à exercer le corps pour qu'il puisse prendre la posture de siddhasana de façon totalement confortable. Nous savons tous que nous pouvons inciter gentiment le corps à aller dans une direction particulière. Si nous avons réussi à être à l'aise dans la posture jambes croisées en tailleur, nous savons que c'est quelque chose de possible. Par contre, si nous n'arrivons pas encore à prendre la posture jambes croisées, cette forme de siddhasana ne sera pas possible dans l'immédiat, pas de la façon décrite. Mais il y a d'autres façons de la faire. Nous en parlons plus bas. Le deuxième entraînement que l'on fait peut représenter un plus grand défi. Il s'agit de traverser les sensations sexuelles que siddhasana procure. Ce que nous faisons dans siddhasana, consiste à entraîner notre énergie sexuelle à s'élever de façon confortable, en ouvrant des passages qui étaient auparavant dormants, dans notre système nerveux. Nous faisons siddhasana dans nos pratiques spirituelles pour deux raisons. La première parce que, puisque nous sommes assis durant toute la pratique du pranayama et de la méditation, cela représente automatiquement un certain temps où l'on peut être en siddhasana tout aussi bien. Cela fait de siddhasana une pratique quotidienne régulière, comme tout le reste. La deuxième, parce que le pranayama et la méditation interagissent avec les effets de siddhasana pour accroître grandement l'expansion de l'écoulement du prana et de la conscience de pure félicité dans notre système nerveux. De plus, nous pratiquons aussi mulabandha et sambhavi. L'intégration de toutes ces pratiques super charge le processus d'évolution qui s'effectue en nous.
  • 70. Imaginez l'énergie sexuelle comme un cheval sauvage. Nous voulons utiliser ce cheval dans un but utile. Que faisons-nous? Nous sautons sur le cheval. D'abord il se met à sauter partout, c'est le cheval de rodéo bien connu. Mais très vite, le cheval comprend qui commande et commence à s'apaiser. Il trouve une nouvelle façon de se comporter dans les conditions que nous avons créées. Ensuite notre cheval devient très utile pour l'usage que nous voulions en faire et pour lequel nous l'avons dressé. C'est exactement ce que fait siddhasana. Il crée une condition à laquelle l'énergie sexuelle doit s'accommoder, pour notre bénéfice. Dans le yoga, notre but en ce qui concerne la sexualité, c'est de l'utiliser pour que son énergie s'élève en nous, ce qui est un plus par rapport à son utilisation pour la fonction reproductive qui est tournée vers l'extérieur. Nous voulons entraîner la sexualité à soutenir notre transformation spirituelle intérieure. Nous avons étudié ce principe dans les leçons précédentes lorsque nous avons parlé de la kundalini et de mulabandha. Maintenant nous allons un peu plus loin. Lorsque nous traiterons des méthodes du tantra, nous y ajouterons d'autres choses qui mènent également dans la même direction. Lorsque le cheval du rodéo de notre énergie sexuelle en siddhasana commencera à se calmer, nos expériences pendant le pranayama et la méditation changeront du tout au tout. Ce qui était auparavant une énergie sexuelle incontrôlée et partant dans tous les sens, deviendra un courant d'énergie qui procure un grand plaisir, s'élevant en douceur, tout comme une fontaine qui s'élèverait de notre racine. C'est une énergie paisible et lumineuse, une énergie extatique dans laquelle nous pouvons nous établir indéfiniment et confortablement. Plus de rodéo. Lorsque nous nous lèverons pour vaquer à nos activités quotidiennes, l'énergie sera toujours là, même si nous ne sommes plus assis en siddhasana. Notre biologie interne en rapport avec l'écoulement du prana en nous se transformera en quelque chose de beaucoup plus. Nous nous sentirons naturellement à l'aise avec, emplis de lumière divine. Nous deviendrons auto-suffisants dans tous les domaines de la vie. Alors nous serons dans la meilleure position possible pour donner aux autres, parce que nos besoins fondamentaux seront satisfaits par un écoulement de félicité intérieure. Donc, siddhasana est une pratique très importante. Pas très facile à apprendre, mais qui vaut vraiment la peine d'être maîtrisée. Combien de temps faut-il pour maîtriser le cheval fou du rodéo? Cela dépend de la personne. C'est progressif pour la plupart des gens. La première semaine et la deuxième peuvent être assez folles. Dans un mois les choses seront déjà un peu calmées. Dans trois mois, ce sera devenu tout à fait confortable. En six mois ou un an tout sera devenu bien stable, et cela fera partie de notre vie de tous les jours de façon naturelle. Après quelques années, nous serons habitués à baigner dans l'extase en permanence, mais nous ne le tiendrons pas pour acquis. Nous pourrons rester assis en siddhasana autant que nous le voudrons sans distraction, juste dans la félicité extatique normale. Ce sera une vie normale avec la spiritualité éveillée dans notre système nerveux. Tous les effets des pratiques de yoga avancées, dont nous avons parlé dans ces leçons, sont grandement enrichis par siddhasana, et nous pouvons aller encore de plus en plus loin. C'est cela qui est important, car il y a toujours plus de progrès à réaliser. Un vrai yogi, ou une vraie yogini ne s'arrête jamais, quelles que soient les expériences fabuleuses qu'il, ou elle, puisse faire. Pendant tout ce changement apporté par siddhasana, nous continuerons notre pratique quotidienne du pranayama et de la méditation comme auparavant. Les sentiments qui apparaissent pendant siddhasana sont traités comme tous les autres sentiments et toutes les autres pensées qui se manifestent pendant le pranayama et la méditation. Nous favorisons simplement et sans effort la pratique que nous faisons, comme toujours. Siddhasana a un très grand effet sur l'ouverture du nerf spinal, et sur la montée de la conductivité extatique à l'intérieur de celui-ci. Pour ceux qui ne peuvent pas prendre la position jambes croisées, pour quelque raison que ce soit, ils peuvent quand même faire siddhasana, avec les effets engendrés par les différents moyens. Vous pouvez utiliser un objet de substitution, là ou vous vous asseyez pour faire votre pranayama et votre méditation. Peut-être une balle en caoutchouc, ou un petit coussin bien dur, quelque chose qui créera un effet semblable à la pression exercée par votre talon contre le périnée. Cela convient parfaitement. Vous pouvez faire comme cela. Cela vous évite d'avoir à entraîner votre corps à se placer dans cette position. Vous entraînerez néanmoins votre énergie sexuelle, ce qui est le but de siddhasana. Tout le reste sera comme ce dont nous avons parlé plus haut. Vous utiliserez simplement une méthode différente pour obtenir les mêmes résultats. Si, à quelque moment la stimulation est trop forte, et que vous ne pouvez plus méditer ou faire quoi que ce soit confortablement dans vos pratiques, il est important de revenir en arrière. Cela vaut pour toutes les pratiques de yoga avancées. Nous revenons en arrière si nous en faisons trop, parce que c'est le moyen d'éviter de tomber en marche, et complètement, du train de nos pratiques.
  • 71. Nous n'essayons pas d'être héroïques et de supporter de la souffrance causée par des difficultés excessives. Revenez toujours en arrière si cela devient trop difficile. Réduisez votre pratique pour trouver la meilleure plateforme stable, et prenez votre temps en y restant un moment de façon détendue, avant d'essayer à nouveau d'avancer. Vous pourrez toujours retrouver, un autre jour, le niveau où vous étiez avant. Leçon 76 : Siddhis, pouvoir réels Q: Les fameux siddhis sont ils réels? .... dans votre expérience, bien sûr! S'ils le sont, est-ce que ces pratiques peuvent conduire à en faire l'expérience? Je sais que beaucoup d'enseignants préviennent qu'ils sont simplement une distraction et un piège pour l'ego, mais pour moi, ce serait la preuve de la capacité de l'homme à aller au-delà de ce que l'on nous a enseigné. R: Etes-vous du Missouri, l'Etat du « faites moi voir »? Je plaisante. C'est une bonne question. Si vous en croyez le Nouveau Testament, et de nombreux autres textes, les pouvoirs sont réels. Mais je ne vais pas vous faire une démonstration, un de ces jours, au cours de laquelle je m'envolerai dans le ciel ou bien je passerai à travers les murs. Je ne vais pas non plus multiplier les pains, ni ressusciter les morts. Je ne prétends pas être un gourou ici, donc je n'ai pas à faire l'une ou l'autre de ces choses. Je suis juste un type ordinaire comme tous les autres. Il est important de remarquer que nous, les gens ordinaires, pouvons cultiver les expériences miraculeuses en permanence dans notre vie. Il y a un rapport entre ça et les siddhis en terme de pratique. Comme vous le savez peut-être, dans les « yoga sutras » de Patanjali, une pratique connue sous le nom de « samyama » est présentée comme étant la source des siddhis. Samyama consiste à introduire de façon systématique des intentions particulières dans la conscience de pure félicité. Mais samyama n'est pas pratiqué pour l'obtention des siddhis. Il est pratiqué pour la purification qu'il produit dans le système nerveux sur le chemin qui mène aux siddhis. Samyama est une pratique qui peut être intégrée avec toutes les autres pratiques spirituelles dont nous parlons. Les effets premiers de samyama sont de faire bouger la conscience de pure félicité et de faire que l'extase se répande dans le corps et au-delà du corps. Samyama est une expansion de tout ce que nous faisons d'autre dans les pratiques avancées de yoga. Dans la toute première leçon, dans la liste des choses qui seraient étudiées, nous avons mentionné que nous apprendrions « avec des moyens puissants, à cultiver la conscience intérieure silencieuse de telle façon qu'elle se manifeste à l'extérieur ». C'est de samyama dont il s'agit. Nous traiterons de samyama dans quelques mois. Ce sera pour une plus grande expansion de la conscience de pure félicité et de l'extase divine, pas pour chercher à manifester les siddhis, tout en allant dans cette direction, naturellement. Lorsque les siddhis se présenteront, est-ce que nous nous en soucierons? La vie sera vécue comme une félicité extatique permanente depuis longtemps. Ca c'est un vrai miracle. Je comprends votre question et pourquoi vous la posez. Etes vous partant pour la conscience de pure félicité et l'extase sans fin? C'est quelque chose que nous pouvons avoir en abondance si nous sommes prêts à faire l'effort requis. Ces leçons sont faites pour ça. Vous pouvez vous mettre sur la route des siddhis si vous le voulez en vous mettant aux pratiques avancées de yoga. Mais vous ne vous y attacherez probablement pas lorsque vous y parviendrez. L'ego sera depuis longtemps fondu dans l'infini. Leçon 77 : Encore un peu plus sur les chakras Q: C'est à propos de la question sur les chakras ouverts ou fermés. Moi aussi, je suis guérisseur, et ce que j'ai découvert à la fois dans l'enseignement et dans mon expérience, c'est que les chakras sont naturellement ouverts. Le degré auquel un chakra est fermé, ou inactif (ou trop actif), vidé ou congestionné, est ce qui détermine la maladie chez quelqu'un. C'est-à-dire que les choses ne sont pas synchronisées avec le corps éthérique, et le résultat s'en fait sentir dans le corps. Tel que je le comprends, c'est le chakra du coeur qui nous permet de donner, d'aimer, sans retenues, sans préalables. En tant que
  • 72. guérisseur, je crois que le chakra du coeur plus qu'aucun autre, doit être ouvert, actif et en bonne santé pour qu'un guérisseur puisse transmettre l'énergie divine de guérison à ses patients. Telle est mon opinion. J'espère que je ne choque personne. De plus, je trouve que la question de l'ouverture du chakra de la couronne un peu confuse, pour le moins, telle qu'elle est expliquée par Yogani. Quand nous faisons le pranayama, de l'exercice ou de la méditation, l'énergie de la kundalini est mise en mouvement et entre en activité. En fonction de la condition éthérique de la sushumna et des nadis ida et pingala, ainsi que de la santé des chakras, l'énergie de la kundalini commence à monter. Pour la plupart d'entre nous, nul besoin de le dire, la condition éthérique de ces chakras et nadis est habituellement abominable. Quand cela se produit, l'énergie de la kundalini se détraque et se précipite dans les différents nadis, dans n'importe quel endroit où il y a de la place. Dans le cas de Gopi Krishna par exemple, elle est montée directement au sommet de la tête en passant par ida. Ensuite, alors qu'il était au bord de la folie, il a réussi à en faire passer une partie par pingala et ainsi retrouver l'équilibre, ce qui l'a sauvé. Ce que j'essaie de dire, c'est que l'équilibre entre le yin et le yang, ainsi qu'entre les énergies de Shiva et Shakti, est indispensable pour une pratique équilibrée et sûre de la méditation. L'énergie de Shiva descend du sommet de la tête, comment pourrions- nous nous permettre de ne pas l'ouvrir? Et si la kundalini et l'énergie de Shiva entrent dans la sushumna par le bas et par le haut respectivement, elles se rencontrent au chakra du coeur, comment pourrions nous le laisser fermé? Pourriez-vous nous éclairer là-dessus? R: Merci de votre courrier détaillé sur les chakras. Vous soulevez des questions importantes. Forcer l'ouverture de sahasrar trop tôt dans le processus de yoga est la mise en garde principale que nous avons faite, car dans ces conditions, la kundalini peut aller n'importe où, comme vous le faites remarquer. Comme vous le dites, ceci s'applique également à tous les autres chakras et nadis. Nombreux sont ceux qui font l'erreur de croire que le yoga consiste juste à se concentrer sur les chakras en montant, et ont des problèmes. Un bon nombre m'ont écrit pour parler des problèmes graves qu'ils ont pu avoir avec cette façon de faire, et cela me brise le coeur. La recommandation c'est de ne rien garder fermé (y compris sahasrar), mais de tout laisser s'ouvrir de façon naturelle lors des pratiques avancées de yoga. Nous ne pensons pas du tout aux chakras dans les pratiques de notre approche. On considère qu'ils sont « sous le capot » de la voiture et que nous utilisons les principales commandes depuis le siège du conducteur. Ceci ne veut pas dire que d'autres approches plus directes des chakras ne soient pas valables. Simplement ce n'est pas notre approche ici. Donc, c'est pourquoi nous commençons avec des pratiques globales de méditation et de respiration dans la colonne vertébrale, pour faciliter l'ouverture de tout, aussi en douceur que possible, et de façon naturelle, de l'intérieur. Dans cette approche, la méditation vient en premier comme facteur équilibrant, plutôt que d'essayer d'équilibrer les chakras en premier avant la méditation. Nous faisons confiance à la venue de la conscience de pure félicité pendant la méditation et à la respiration de la colonne vertébrale pour accomplir la purification et l'ouverture justes, ce qui se produit lorsque l'on suit les procédures simples de la pratique. Ensuite, après un certain temps, avec une purification globale de tout, en nous, nous pouvons passer à des méthodes plus agressives, et finalement à nous focaliser davantage sur le sommet de la tête. Shiva est attiré vers le bas de façon extrêmement douce au début, en utilisant ajna (le troisième oeil) pour son éveil, ce qui est une partie essentielle de la respiration de la colonne vertébrale, et la montée progressive de la conductivité extatique dans la sushumna et dans tous les nadis (nerfs subtils). A nouveau, il s'agit de l'approche de ces leçons. D'autres approches peuvent être très différentes, et c'est très bien. A la fin, toutes les méthodes doivent être soumises à un examen minutieux par leurs pratiquants. L'expérience est le meilleur arbitre de notre pratique. C'est la méthode scientifique. A un moment ou à un autre, nous devrons arriver à un yoga optimal, tout comme nous l'avons fait dans de nombreuses applications dans le domaine de la technologie. Je suis d'accord à 100% avec vous en ce qui concerne le coeur. C'est pourquoi l'accent est mis sur le désir, la dévotion et la bhakti d'un bout à l'autre. C'est l'ouverture du coeur qui nous conduit jusque chez nous. Les pratiques avancées de yoga qui seront présentées dans les futures leçons, mettront d'avantage l'accent sur le coeur. Même ainsi, nous comptons sur les effets globaux de la
  • 73. méditation et du pranayama pour faire la plus grande partie du travail de déblayage dans le coeur. L'éveil de la bhakti en dépend. Comment pourrions-nous avoir de la dévotion si le coeur n'est pas ouvert? Comment pourrions-nous trouver la motivation pour méditer, sans dévotion? C'est la grande question du yoga. Qui vient d'abord, la dévotion ou la pratique? On ne peut pas avoir l'un sans l'autre. L'un est la cause de l'autre. On a besoin des deux, et plus ou moins tard, nous devrons nous saisir de l'un ou de l'autre. Lorsque ce sera fait, nous serons en bonne voie pour tout avoir. Le système nerveux sait ce qu'il doit faire lorsque l'on commence à l'inciter un petit peu avec des pratiques efficaces. Leçon 78 : le plaisir et le chemin Q: J'ai formulé une théorie selon laquelle les plaisirs sensuels de la kundalini sont en rapport avec la purification des canaux et que par la suite ils diminuent et les choses se passent plus normalement. R: Oui, je suis d'accord que le plaisir est l'une des avenues principales de l'éveil. L'illumination est la montée de la félicité extatique. Et, oui, cela devient tout à fait normal. C'est notre état naturel. C'est la progression naturelle de l'expérience quand nous entreprenons de faire siddhasana, comme nous en avons parlé dans une leçon récente. Votre théorie est bien en voie d'être prouvée. Ces expériences sont réelles pour ceux qui ont la purification pré requise et qui ont réalisé avec succès la connexion sexuelle. Avec le temps, la preuve se fera de plus en plus parmi les gens. C'est la vérité. Peut-être l'humanité est-elle assez mure pour entrer dans les expériences extatiques sans superstition ni culpabilité. Nous verrons. Dans toute notre extase, n'oublions pas notre méditation quotidienne. C'est le coeur de la pratique. La conscience de pure félicité est le pré requis du progrès spirituel. Leçon 79 : Rappels à propos du Mantra Q: J'ai essayé ça, et c'est comme si le mantra, pour moi, se transformait en quelque chose de moins précis dans mon esprit, quelque chose qui est plus du genre AHHHHH MMMMM... et semble fonctionner naturellement avec le souffle qui entre et le souffle qui sort... sans le faire intentionnellement de cette façon. Parfois des significations s'y accrochent aussi. C'est une expérience curieuse pour moi. Je ne suis pas novice en ce qui concerne les méditations avec mantra, ayant fait différentes sortes de méditations depuis de nombreuses années. Je n'ai jamais expérimenté grand-chose. On m'a dit que ce manque d'expérience est dû à de « mauvais karmas ». J'aimerais bien votre avis là-dessus. R: C'est très bien que le mantra change, s'allonge ou se raccourcisse etc., si cela se passe de façon naturelle pendant la méditation. Si des significations s'y accrochent, c'est très bien aussi. Nous favorisons simplement la procédure. Nous revenons toujours au mantra de départ, I AM, sans effort. Mais il y a un petit truc, dont nous avons parlé dans les leçons. Vous pouvez être très intériorisé et le mantra peut être prononcé de façon très peu claire, très floue. Nous savons que c'est lui, et c'est vers cela que nous revenons, en ne nous forçant pas à avoir une prononciation claire quand elle est naturellement floue. C'est aussi le niveau le plus facile auquel revenir, parce que c'est de là que notre attention a décroché. Donc nous commençons un cycle plus profond lorsque nous y revenons de cette façon, en revenant là où il est, au lieu d'essayer de se forcer à le prononcer clairement. Rappelez-vous, le jeu c'est de perdre le mantra encore et encore. Nous ne pouvons pas nous obliger à le perdre. Il s'en va de lui- même. C'est la capacité naturelle de l'esprit à s'immobiliser. Nous créons la condition adéquate avec la procédure d'utilisation du mantra. Le mental fait le reste. Au début, l'expérience du mental et du système nerveux qui s'apaisent peut être subtile, un peu de silence, quelques sensations paisibles, de la relaxation. Nous emmenons cela avec nous dans l'activité après la méditation. Progressivement cela peut devenir des sensations profondes de félicité intense dans la méditation. C'est la conscience de pure félicité qui s'installe dans notre système nerveux. Et cela vient avec nous dans l'activité aussi. C'est le chemin. Sur la respiration, si vous vous apercevez que le mantra va avec le souffle, simplement favorisez le procédé d'utilisation du mantra. Ne repoussez pas la conscience du souffle, ne vous y accrochez pas non plus. Traitez-la exactement comme des pensées qui
  • 74. viennent. Comme nous l'avons exposé en détail dans des leçons précédentes, essayer de porter l'attention à la fois sur le mantra et sur le souffle divise l'esprit, et l'éloigne de l'efficacité de la méditation simple. Si cela se produit, très bien, mais nous ne le faisons pas de façon délibérée comme pratique duelle. Ce n'est pas l'approche de ces leçons. Peut-être que les autres pratiques de yoga avancées, en plus de la méditation, vous aideront à tout ouvrir. Tout le karma se dissoudra au bout du compte. Aucune pratique efficace que vous faites pour entrer dans l'infini n'est perdue. De toute évidence, vous avez une forte bhakti, sinon pourquoi avoir médité toutes ces années? Le rideau s'ouvrira, et ce que vous trouverez derrière sera bon. Avec le temps, votre intériorité divine s'épanouira à l'extérieur. Leçon 80 : Forme physique & Yoga Q: Quel est le rapport entre la forme physique et le yoga? J'imagine que la musculation qui est si populaire, n'est pas très compatible. R: Il existe de nombreuses définitions de la forme physique. Comme on dit: « la beauté réside dans l'oeil de celui qui contemple ». Pour ce qui concerne la pratique spirituelle, la forme veut dire garder le corps suffisamment tonique et souple extérieurement et intérieurement, ce qui peut se faire en marchant tous les jours ou par des exercices légers de style aérobic, de la gymnastique douce, de la musculation légère mettant en oeuvre tous les groupes musculaires, et, bien sûr, les asanas du yoga. Quelque chose comme le tai chi est également très bien, car il établit une bonne connexion entre les dimensions physiques et spirituelles tout en nous ancrant solidement. Pour celui qui fait du bodybuilding (ou tout autre athlète physique) cela ne suffit pas. Il, ou elle, aura envie de faire beaucoup plus travailler ses muscles. Les pratiques doivent être adaptées au but. En ce qui concerne la pratique spirituelle, les choses mentionnées plus haut sont suffisantes. Pour d'autres définitions de la forme, ce sera quelque chose d'autre. A ce propos, il n'y a aucune règle qui dit qu'un bodybuilder ou tout autre genre d'athlète ne peut pas devenir un yogi ou une yogini. Rien ne dit que l'on ne puisse pas faire les deux si on en a envie. Cela dépend simplement de ce qui nous intéresse. Je crois dans le libre choix et à la liberté pour chacun de prendre ses responsabilités dans sa vie. J'essaye de garder cette idée au premier plan dans toutes ces leçons. Leçon 81 : Vouloir avancer trop vite Q: Je veux d'abord vous remercier pour votre enseignement!!!! Je trouve qu'avec vos leçons, je ressens vraiment le processus du yoga, la beauté de tout. Ma question à propos de sambhavi, c'est que je trouve que mes yeux me font mal et mon troisième oeil aussi. Est-ce que je force trop? Est-ce le fait de l'activité naturelle de la kundalini (comme dans la leçon sur la kundalini)? J'ai aussi été aidé dans la respiration de la colonne vertébrale en utilisant vos commentaires qui disaient qu'il fallait que Shiva fasse sa part d'effort, et je visualise Shiva qui descend à la rencontre de Shakti, et Shakti qui monte rencontrer Shiva à l'inspiration. Je les laisse habituellement rester ensemble pendant une courte pause, à l'inspiration et à l'expiration, et se mélanger. Je me rends compte aussi que je suis plus souvent distrait maintenant, est-ce parce que mon bête petit ego perçoit qu'une petite histoire d'amour divine se produit? Merci encore pour vos leçons, je les attends chaque jour avec impatience, et je les mets religieusement en pratique!! Merci. PS: Est-ce que ça va si je fais la méditation plus longue que les 20 minutes recommandées. Parfois je fais 45 minutes ou plus, cela dépend de quand je ressens l'envie de sortir de l'union, car c'est ainsi que je me représente les choses: l'union avec mon âme, permettre la nourriture de l'âme. R: Ce que vous faites est formidable. C'est merveilleux. L'inconfort au troisième oeil (ou ailleurs) peut vouloir dire que vous forcez dans la pratique. Ce peut aussi être la kundalini qui exerce une pression à cet endroit là. Ce peut être les deux en même temps. Vous savez ce qu'il faut faire, n'est-ce pas? Diminuez un
  • 75. peu votre pratique, jusqu'à ce qu'elle soit plus confortable. Si les symptômes excessifs sont toujours là, alors revoyez la leçon sur les déséquilibres de la kundalini et les remèdes que l'on peut y apporter, essayez les différentes possibilités. Ne cherchez pas à aller trop vite de l'avant tant que vous n'êtes pas suffisamment stable. Vous êtes un athlète spirituel en formation. Il vous faut avancer de façon progressive. C'est la meilleure approche. Oui, je pense que vous avez répondu à votre propre question concernant la visualisation de Shiva et Shakti dans la respiration de la colonne vertébrale. Vous mélangez trop de bhakti à ce qui est une technique très simple de respiration dans la colonne vertébrale. Cela divise l'attention également. Il en va de même en ce qui concerne les longues méditations pour « l'expérience ». Rappelez- vous que nous faisons ces pratiques pour les résultats en dehors d'elles, dans la vie quotidienne. Nous déplaçons des montagnes d'obstructions à l'intérieur de nous, bien que nous puissions ne pas le remarquer si nous sommes dans une rêverie extatique. Ces tentatives enthousiastes de faire plus et encore plus de pratique peuvent contribuer au déséquilibre de la kundalini, tout en réduisant l'efficacité des pratiques en même temps. Donc soyez systématique dans vos pratiques. Les instructions ont leur raison d'être. La crème glacée, c'est très bon, mais vouloir en manger un litre d'un coup, est-ce une bonne idée? Toutes ces pratiques sont très puissantes, en particulier lorsqu'elles sont intégrées comme nous le faisons, et il faut les faire sans effort et de manière précise. Si vous avez envie d'augmenter la durée de vos pratiques, faites le avec parcimonie et voyez ce qui se passe à chaque étape. Vous limiter à ne pas ajouter plus de cinq minutes de pratique par mois, est une approche raisonnable. Même ainsi, vous pouvez vous retrouver dans une situation instable. Alors, utilisez votre bon sens. Si l'activité en dehors des pratiques se passe bien, alors ce que vous faites est correct. Si ce n'est pas le cas, alors il y a des chances que vous forcez trop ou que vous en faites trop. Veillez bien à rester actif dans votre vie habituelle de tous les jours. Cela en fait tout autant partie que les pratiques. L'activité stabilise la conscience de pure félicité et l'extase divine que nous acquérons dans nos pratiques. Vous avancez de façon formidable, comme le gamin de l'histoire, dans le magasin de bonbons. Vous êtes tout à fait le genre de personne pour qui ces leçons sont faites. C'est très excitant. Je vous en prie, appliquez la connaissance de façon responsable, et nous serons tous deux contents que tout cela ait été révélé. Leçon 83 : là voilà, la Kundalini Q: Namaste! J'ai suivi votre conseil et je suis revenu à vingt minutes pour la méditation. Cependant, pendant le pranayama, j'ai senti de la chaleur et des picotements monter, je ne m'en suis pas préoccupé, mais comme j'ai continué, pendant la méditation la chaleur est montée de la région du sacrum, et a continué de monter dans ma colonne vertébrale, j'ai entendu un bourdonnement aigu dans mes oreilles, et ensuite, une montée d'énergie très puissante s'est mise à pulser en moi. J'ai terminé ma méditation avec une prière et j'ai en fait continué avec la prière du souffle, puis j'ai fait une respiration 7,7,7 pour m'apaiser, l'énergie était si intense. Je suis allée voir mon mari pour qu'il m'aide à m'ancrer, et il pouvait ressentir l'énergie pulser dans mes mains et dans mon dos, car j'étais assise contre lui, cela a duré environ une heure. Maintenant, ma question c'est de savoir s'il s'agit du cheval de rodéo dont vous avez parlé, ou bien si c'est la kundalini qui se manifeste. J'ai diminué le pranayama ce matin ainsi que la méditation, j'ai enlevé sambhavi, mulabandha, et siddhasana. J'ai juste fait la respiration de la colonne vertébrale et la méditation I AM ; j'ai encore ressenti l'énergie pulser et un bourdonnement aigu, mais pas aussi intense. Ma vision intérieure m'incite à continuer de cette façon pendant quatre jours, puis d'ajouter sambhavi et mulabandha deux jours après les quatre jours de repos et de voir la réaction, puis de passer à siddhasana après avoir retrouvé mon équilibre. Mon interrogation est la suivante, de savoir si je dois continuer avec les techniques avancées et essayer de dompter le cheval fougueux, ou si je dois laisser le cheval s'apaiser et ensuite d'essayer de le contrôler lentement. Aussi, je vais suivre vos conseils, marcher dehors, faire la respiration yogique, la respiration du ventre et les postures, c'est ce que je vais faire aujourd'hui ainsi que des tisanes calmantes de camomille et autres. J'ai supprimé le café complètement ; qui a besoin de stimulation artificielle quand on a cette dynamo à l'intérieur de soi? R: La voilà. Je parle de la kundalini. Ce qu'il faut faire, c'est vraiment d'intégrer tout cela dans votre activité quotidienne. Vous êtes très avisée de ne pas foncer aveuglément avec les pratiques. Trouvez cette plateforme stable de pratiques et de mode de vie qui fonctionne vingt quatre heures sur vingt quatre. Très important. Vous saurez quand il sera temps de repartir de l'avant. Les outils
  • 76. seront là quand vous en aurez besoin. Ce qu'il faut que vous fassiez dans l'immédiat c'est de rester sur les rails. Ou, comme ils disent dans la campagne profonde du Mississipi, de « rester au milieu, entre les fossés ». Le « cheval fougueux », dont il est question en siddhasana, est l'énergie sexuelle qui saute dans tous les sens en raison de l'assise en siddhasana. Avec le temps, cela change et se transforme en énergie très douce et extatiquement béatifique qui s'écoule vers le haut dans le corps en permanence. Il semble que vous faites une transformation soudaine, avec l'énergie sexuelle qui fait des embardées brusques et qui monte rapidement avec des manifestations de kundalini. Ce ne sera pas aussi soudain pour tout le monde. Le système nerveux de chacun est dans un cas différent en fonction des actions et des pratiques passées. C'est-à-dire bien avant cette vie- ci. Vous avez raison de ne pas pratiquer siddhasana pour l'instant. Ainsi que les autres techniques de stimulation. N'hésitez pas à diminuer le pranayama et la méditation aussi, si vos symptômes le rendent nécessaire. Beaucoup de choses vous arrivent. Focalisez vous sur la stabilisation. Vous pourrez revenir plus tard pour ajouter la stimulation dans votre routine lorsqu'il sera évident que vous pouvez le faire. Pour le moment, il est évident que vous avez assez de choses à intégrer. Assurez vous de rester active physiquement. C'est essentiel pour intégrer les énergies de la kundalini dans votre système nerveux. Si besoin, vous pouvez aussi manger une nourriture plus lourde pendant un certain temps pour aider à adoucir les choses. Revoyez la leçon sur les remèdes pour la kundalini, et voyez s'il y a d'autres moyens que vous ayez envie d'essayer. Tout cela deviendra plus doux si vous continuez de faire les activités d' «ancrage ». Que votre expérience soit votre guide. La clé du succès à ce stade, c'est d'apprendre comment accueillir la kundalini, et comment travailler avec elle. Le rôle du yogi ou de la yogini passe de celui d'incitateur à celui de partenaire. Avec le temps, vous vous rendrez compte que vous ne faites qu'un là dedans, et partout. Gardez à l'esprit que cette transformation ne se fait pas par un coup de baguette magique. C'est un processus qui dure longtemps et qui mettra des années à évoluer. Le système nerveux doit passer par beaucoup de purification et d'évolution. Alors, soyez prudente, patiente, et installez vous pour le long terme. Autant éviter que cela ne devienne un parcours qui ressemble aux montagnes russes. Vivez une vie pleine et active, et laissez votre illumination croissante vivre en vous. Le voyage peut être si amusant. Leçon 85 : Un retour sur les étapes du voyage Q: Tout d'abord, je voudrais vous remercier pour les leçons que je trouve très bénéfiques et le programme que vous proposez semble être bon car il couvre tout. Je suis les enseignements d'un autre yogi dont je suis très content, mais j'ai oublié sa méditation sur la kundalini que je suis censé faire toutes les semaines, donc vos enseignements inestimables comblent vraiment très bien cette lacune dans mon programme spirituel. (Je travaillais sur mon coeur et le sommet de la tête d'une façon qui éveille la kundalini, mais sans me focaliser sur ma kundalini directement). J'adopte vos exercices, mais très lentement (je ne fais que les deux premiers, et seulement une fois par jour, car j'ai eu un petit problème de kundalini qui a failli me tuer il y a quelques années, en aggravant un rythme cardiaque irrégulier, des problèmes respiratoires, manquait de me faire perdre connaissance avec chaque montée et me paralysait aussi pendant les montées qui duraient presque une heure, avec l'énergie qui s'accroissait davantage à chaque fois. C'était comme un torrent qui m'entourait de toute part... et curieusement sortait également de mon corps... et traversait mon corps tout droit en montant au niveau de la colonne vertébrale. Un maître m'a aidé, a sauvé ma vie dans cet incident en tirant en quelque sorte l'énergie de mon corps pendant et entre les montées (peut être transformait il l'énergie de la kundalini en une énergie différente), puis a essayé de faire une sorte de drainage complet de l'énergie en dernier recours, ce qui, par chance, a immédiatement arrêté les montées d'énergie. Je pense que je serais morte s'il n'avait pas été là pour m'aider rapidement, j'avais vraiment de gros problèmes). Donc inutile de dire que je suis beaucoup plus prudente que je ne l'étais auparavant. Ma question porte sur un rêve que j'ai eu cette nuit, et je me demande si c'était un avertissement pour me dire de ralentir dans mes pratiques. Est-ce que je dois l'ignorer (je me demande s'il n'a pas été peut-être engendré par la kundalini?) j'ai rêvé que j'avais une montée de kundalini dans ma colonne vertébrale, mais la kundalini se précipitait contre l'intérieur du sommet de ma tête, elle se heurtait à cet endroit à chaque fois qu'elle montait. Dans mon rêve cet endroit devenait plus tendre à cause de ça. Pensez vous que je doive m'inquiéter et en faire un peu moins? R: Merci de partager généreusement votre expérience. Oui, étant donné tout ce que vous avez traversé, je suis d'accord que vous devriez être très prudente et mesurée dans vos pratiques. Tout sentiment de prémonition doit être pris au sérieux. Non pas que vous devriez « mourir de peur » en ce qui concerne votre processus d'illumination, ce qui n'est clairement pas le cas. Pour chacun
  • 77. d'entre nous il s'agit de se connaître, de connaître nos limites, les opportunités qui nous sont offertes pour un progrès stable, et évaluer notre approche. « Basé sur notre expérience » est le maître mot que nous utilisons ici. Nous aurons des outils à profusion, et la façon dont nous les utiliserons fera toute la différence. Chacun doit voyager à son rythme, selon ses capacités. C'est une grosse responsabilité. Le but de ces leçons est de donner à chaque personne l'opportunité de se mettre au volant de son propre véhicule pour son voyage spirituel. Qui d'autre pourrait s'y mettre? C'est une approche non orthodoxe de la transmission de la connaissance spirituelle. C'est dans l'esprit d'une expansion rapide des applications de la connaissance scientifique au cours des quelques siècles passés. Tant de bien a découlé des applications pratiques de la connaissance scientifique, comme nous pouvons le voir autour de nous. Est-ce pour autant absolument sûr pour tout le monde? Non. Il y aura toujours quelqu'un qui sera mis en danger en raison de la disponibilité de cette connaissance puissante. Cela veut il dire que nous ne devrions pas avoir de voiture, d'avion, d'électricité ou d'internet? Est-ce que les risques occasionnels impliqués par la connaissance des pratiques avancées de yoga signifient que celles-ci ne devraient pas être disponibles pour tous? J'espère que non. Comment toute l'humanité peut elle apprendre à voyager sur les routes intérieures vers la conscience de pure félicité et l'extase divine autrement qu'en faisant ainsi? C'est le défi qu'il faut relever. Les astronautes finiront par aller sur Mars et même plus loin. Chacun d'entre nous rejoindra finalement l'infini qui se trouve en nous, et amènera cette expérience dans la vie de tous les jours. C'est le voyage de l'esprit humain pour aller vers plus ; toujours vers plus. Nous savons intuitivement que nous sommes infinis. Il n'y a pas de limite à ce que nous pouvons expérimenter. Maintenant, qu'en est il de ces expériences de kundalini sur lesquelles nous nous sommes penchés récemment? Certaines sont plutôt extrêmes. Sont-elles nécessaires pour atteindre l'illumination? Pouvons-nous y parvenir sans avoir à endurer de pareils extrêmes? Prenons un peu de recul quelques minutes pour essayer de mettre en perspective les expériences de kundalini, pourquoi elles se produisent, et comment elles se situent dans la totalité du voyage qui nous conduit à l'illumination. Pour cela nous pouvons revenir en arrière à la leçon qui s'appelle « les points de repère de nos progrès vers l'illumination » (leçon 35). Dans cette leçon, nous avons parlé de trois niveaux d'illumination, qui parfois se chevauchent dans notre expérience, chacun avec ses caractéristiques particulières. Le premier stade est la montée du silence dans notre système nerveux. Le silence profond est la nature essentielle de la conscience de pure félicité. C'est la stabilité absolue. Rien ne l'ébranle. Elle est solide comme un roc, c'est la fondation qui soutient tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons. C'est l'essence de ce que nous sommes. Elle provient principalement de la méditation, et elle est la source de la paix intérieure et du sentiment inébranlable de sécurité dont nous faisons l'expérience en avançant sur le chemin spirituel. C'est notre être immortel, et sa montée dans notre système nerveux sert de fondation à tout notre développement spirituel. Le second stade est la montée de l'extase. C'est le prana qui entre dans un mode de fonctionnement en grande expansion dans notre système nerveux. C'est l'énergie sexuelle qui s'élève. C'est la kundalini. C'est aussi la pure conscience de félicité, le silence profond, en mouvement à l'intérieur de nous. C'est l'expansion de l'expérience sensorielle dans des domaines extatiques. Ce changement est mis en route grâce au pranayama et aux autres techniques dont le but est de stimuler l'éveil de la kundalini. Il est en général agréable. Mais parfois les expériences peuvent être extrêmes, c'est- à-dire des problèmes de kundalini. Pourquoi? Nous allons en parler dans une minute. Le troisième stade est la montée de l'expérience d'unité, où nous voyons tout en tant qu'expression du Un que nous sommes devenus. C'est l'union de l'ego individuel, de la conscience de pure félicité, d'extase divine et de tout ce qui existe dans l'existence temporelle. Cela se produit quand notre centre situé dans la conscience de pure félicité est encouragé systématiquement à aller au- delà du corps. C'est l'illumination, la réalisation, le fruit du yoga. Nous vivons la réalité d'« aimer notre prochain autant que nous même ». Il devient évident, par l'expérience que notre prochain est aussi nous même. Cela a un effet important sur notre comportement, bien sûr, un effet positif extrêmement bénéfique. Il y a des pratiques avancées de yoga associées à chacun de ces trois stades. Et il y a une séquence logique dans l'évolution de ces trois stades. En tout cas dans ces leçons, il en est ainsi. Premier stade, deuxième stade, troisième stade. De cette façon là.
  • 78. Tout est une question de purification. Si notre système nerveux était entièrement pur, en quelque sorte débarrassé de toutes les « graines de karma » accumulées dans nos innombrables vies passées, nous serions illuminés de naissance. Alors nous serions comme Krishnamurti, nous pourrions rester assis à dire « Il n'y a rien à faire. Il suffit d'être conscient ». Pas de méditation, pas de kundalini à faire se dresser les cheveux sur la tête, pas de voyage du tout. Juste la béatitude, la béatitude, la béatitude! Mais la plupart d'entre nous a encore beaucoup de ménage à faire. Et cela ne se fait pas en une nuit. Ce n'est pas comme de louer une femme de ménage qui viendrait quelques heures, et le travail serait fait. Même avec les meilleures techniques spirituelles, il faut des années et des années. Peut-être plusieurs vies. Aucun effort de nettoyage n'est jamais perdu, comme nous l'avons vu auparavant. C'est la seule chose que nous emmenons avec nous quand nous quittons cette terre. Donc, c'est le processus de nettoyage de la maison qui détermine notre voyage spirituel, notre expérience. La façon dont nous nous y prenons fait toute la différence. Il y a des approches qui semblent commencer au milieu du processus d'illumination. Elles commencent avec des méthodes pour éveiller directement la kundalini. Que se passe t-il alors? Quelques fois la kundalini bouge. Quelques fois non. Si elle s'éveille, cela peut se produire dans un système nerveux qui n'est pas prêt, pas assez purifié. L'éveil est prématuré et peut être cause d'expériences de kundalini extrêmes. C'est une chose très délicate, parce que quelqu'un peut ne pas avoir fait d'exercice qui stimule la kundalini dans cette vie, et pourtant être sujet à éveiller la kundalini prématurément. Leur système nerveux semble avoir été fabriqué pour ça. Peut-être avaient ils fait ce genre de pratique dans une vie passée et ils doivent maintenant la stabiliser. Qui le sait? Mais il ne fait aucun doute que certains sont prédisposés à un éveil prématuré de la kundalini. Vous saurez bien assez tôt si c'est votre cas. Si ça l'est, il vous faudra être prudent. D'autres franchiront toutes les étapes sans la moindre anicroche. Nous devrions tous être ainsi bénis. Pour la plupart des gens, c'est un déploiement progressif, et les pratiques avancées de yoga sont faites pour ça, pas pour un miracle en une nuit. Juste un progrès régulier. L'approche ici est de faire d'abord un nettoyage « global » et en douceur de la maison. C'est-à-dire la méditation, établir le silence, la conscience de pure félicité. Baigner tout le système nerveux dans cette conscience. C'est une méthode très efficace pour nettoyer tout le système nerveux, et habituellement très douce. Elle agit au niveau du premier stade d'illumination, vous savez. Même ainsi, si certains sont susceptibles d'avoir des problèmes de kundalini, une méditation toute douce peut éveiller le processus. Alors la pratique doit être modérée, la durée de la pratique doit être moindre, avec davantage d'activité physique, et plus de pratiques d'ancrage. Pour certaines personnes, la méditation toute seule est déjà beaucoup. L'expérience est le meilleur guide. Si la méditation est bonne et amène le silence et la paix, alors on peut y ajouter la respiration de la colonne vertébrale. Cela concentre la purification davantage dans le nerf spinal, la sushumna, et on peut doucement s'acheminer vers l'accroissement de la conductivité extatique. C'est une façon très douce de stimuler la kundalini, en la maintenant dans le bon canal, en la mettant en contact avec sa polarité opposée, l'énergie masculine qui descend d'en haut à chaque expiration. Ensuite, si la méditation et la respiration de la colonne vertébrale se passent bien, en douceur, on peut y ajouter encore autre chose. Ce processus d'ajouts successifs peut prendre de nombreux mois, des années ou des dizaines d'années, cela dépend de la personne. L'expérience sera le facteur déterminant, et non pas un rythme de progression arbitraire. Et celui-ci ne doit surtout pas être dirigé par une ambition téméraire de trouver un raccourci super rapide vers l'illumination. Ce serait comme de prendre la route avec une voiture pour la toute première fois et foncer à cent cinquante kilomètres à l'heure. Ce qui résulte de ce genre d'approche est bien connu de chacun d'entre nous. Quel qu'ait été le passé en matière de pratiques, c'est le passé. Pour le meilleur ou pour le pire, nous devons vivre avec les résultats qui en découlent. Aujourd'hui, nous pouvons repartir du bon pied, en nous assurant que nous avons pris soin de commencer par le début avant d'essayer de nous précipiter sur la fin. Si nous cultivons le silence de la conscience de pure félicité, en nous, jusqu'à ce qu'il soit stable, nous aurons les meilleures chances d'un éveil en douceur de la kundalini. C'est-à-dire d'un éveil extatique au lieu d'un éveil horrifique. L'éveil de la kundalini n'est qu'une étape sur la voie, quelque part vers le milieu. L'éveil de la kundalini n'est pas le chemin tout entier. C'est juste la partie du milieu. Etablir le silence de la conscience de pure félicité est le chemin tout entier, le début, le milieu et la fin. Tout le reste dépend de ça. C'est pourquoi nous avons dit au début de ces leçons que la méditation sera suffisante si c'est tout ce que l'on a envie de faire, et qu'elle devrait toujours rester au centre de nos pratiques. Pour ceux qui sont ambitieux, qui ont envie de faire tout le travail en une seule vie, les autres moyens sont offerts en plus. Mais il n'est pas
  • 79. recommandé de sauter la méditation, jamais. Cela peut rendre le voyage très difficile d'essayer de faire les autres choses sans une solide fondation dans le silence profond, dans la conscience de pure félicité. Combien de temps doit-on nettoyer la maison avec la méditation avant de stimuler directement la kundalini? Cela dépend de chacun. Si le silence intérieur et la stabilité sont bons, alors cela peut être bientôt. Pour les autres, méditer sans effort chaque jour pendant des années ou des dizaines d'années sera la bonne route. C'est une combinaison de votre capacité et de votre désir (bhakti) qui déterminera votre parcours. Certains seront plus prudents. D'autres seront plus agressifs. Rappelez-vous simplement que Rome n'a pas été construite en un jour. Trouvez votre rythme, connaissez vos capacités, puis avancez, un jour à la fois. C'est un long voyage. Inutile d'arracher les roues de la voiture au premier tour de piste, ni même au centième d'ailleurs. Trouver la façon de méditer qui vous convient : Je viens tout récemment de me mettre à vos pratiques (je suis allé au début pour commencer). Il y a plusieurs années que je fais du yoga et de la méditation. Je me demande si c'est une bonne chose de continuer à utiliser de la musique en fond sonore et des arômes pour approfondir ma méditation, ou bien si cela ne crée pas une distraction? Que pensez vous de l'utilisation d'un mala (rosaire, n.d.t.)? En ce moment, il me semble que je n'arrive à être intériorisé que pendant dix minutes. Est-ce vraiment très important de méditer pendant vingt minutes complètes tous les jours? R: Bien sûr, ce n'est pas à moi de bouleverser l'environnement habituel et confortable de vos méditations. Si vous vous sentez plus à l'aise avec de l'encens, des parfums, de la musique de fond, ou quoi que ce soit d'autre, c'est votre choix. Cependant, je vous recommande de lire soigneusement toutes les leçons sur la méditation, y compris les questions/réponses, pour voir les commentaires sur notre environnement lorsque nous méditons. Rappelez- vous que le but de la méditation, c'est l'intériorisation. Si nous vibrons avec la musique ou d'autres éléments sensoriels, cela n'a rien à voir avec l'utilisation du mantra, et il y a un risque que votre attention soit divisée. Ceci peut empêcher notre attention de s'apaiser naturellement et de plonger profondément dans la conscience de pure félicité. Bien sûr, comme nous l'avons dit dans les leçons, il est possible de méditer facilement en avion, dans des salles d'attente où il y a du monde, et pratiquement partout. Donc qu'est-ce qu'un peu de musique en fond sonore? Ca ne peut pas faire de mal, mais cela ne fait pas partie de la méditation non plus, et c'est quelque chose d'autre, en plus des pensées, qu'il faudra laisser sans effort lorsque vous favoriserez le mantra. A vous de voir ce qui marche le mieux pour vous. C'est vous qui décidez. Dix minutes valent mieux que zéro minutes, et dix minutes deux fois par jour valent mieux que vingt minutes une seule fois par jour. Il y a un cycle naturel de méditation et d'activité qui est optimisé en méditant deux fois par jour. Le « deux fois » est au moins aussi important que la longueur de la méditation. Si vous êtes à l'aise dans votre activité après vingt minutes de méditation, alors faites votre possible pour que cela fasse partie de votre routine quotidienne. Vous obtiendrez tellement plus de purification intérieure si vous pouvez en prendre l'habitude. Par contre essayez de ne pas être irrégulier, vingt minutes cette fois- ci, dix minutes la fois suivante, ensuite quinze... Plus ce sera régulier, le plus ce sera comme une horloge, plus cela plaira à votre système nerveux. Une fois l'habitude en place, votre système nerveux méditera pratiquement tout seul. Vous fermerez les yeux et vous serez immédiatement dans la conscience de pure félicité, et la paix et la béatitude qui en découlent resteront avec vous toute la journée et la nuit. La méditation habitue votre système nerveux à être dans la conscience de pure félicité de façon naturelle. Ca marche vraiment comme ça. Il faut une pratique quotidienne régulière sur une longue durée. Au fur et à mesure que les obstructions sont ôtées, l'expérience de la conscience de pure félicité s'installe de manière stable. C'est comme de regarder un arbre qui pousse. J'aimerais pouvoir dire que c'est comme regarder une liane de kudzu qui pousse (beaucoup, beaucoup plus vite). C'est peut-être le cas pour quelques rares âmes évoluées qui sont nées avec un système nerveux purifié. Les perles d'un mala sont pour une autre sorte d'approche de la méditation, et pour le pranayama aussi. Elles servent à compter. Les malas existaient bien avant l'invention des horloges, et le nombre de répétitions des mantras et des cycles de respirations était compté pour avoir une approche mesurée, de façon à ne pas faire trop, ni trop peu de pratique. Cela produit une petite restriction, en particulier dans la méditation, parce que cela lie le mantra à une activité extérieure, lorsque l'on fait rouler les perles l'une après l'autre avec les doigts. Cela devient une habitude inconsciente, mais nous régulons quand même le mantra avec une activité externe. Avec la montre, nous pouvons laisser le mantra (et le souffle dans le pranayama) aller de façon naturelle en fonction des besoins du
  • 80. moment pour la purification du système nerveux. Nous en avons déjà parlé en abondance. L'utilisation de la montre est une approche souple pour mesurer la quantité de pratiques intérieures. Bien sûr, nous allons jeter un coup d'oeil de temps en temps, mais à la fin nous nous rendrons compte que notre horloge interne automatique est presque aussi bonne que notre montre. L'horloge externe n'est plus alors qu'un moyen de confirmer ce que nous indique notre horloge interne. Il y a une leçon sur ce sujet qui s'appelle: « surveiller sa montre », c'est la leçon 23. Les malas peuvent aussi avoir une valeur sentimentale, une valeur de bhakti, et c'est une bonne raison pour en porter. Tout ce qui peut stimuler votre bhakti est une bonne chose, du moment que vous ne faites pas sauter la planète avec une overdose de kundalini. Un mala peut faire partie de votre ishta (idéal) s'il vous relie avec l'idéal de votre choix. Et il est possible que votre méditation et votre pranayama, que vous avez appris par ailleurs, soient pratiqués avec un mala. C'est bien aussi. Le mala n'est pas devenu démodé, il n'est pas dépassé comme l'est la diligence. Cela fait des milliers d'années qu'on l'utilise. Mais gardez à l'esprit que le mala sert à mesurer la quantité de pratique que nous faisons. Dans ces leçons nous utilisons la montre pour cela. C'est la différence. Je vous souhaite le meilleur possible dans votre voyage qui vous ramène à la maison. Leçon 88 : Magie de la bakti Q: Les pratiques marchent bien. J'ai pourtant une question qui paraîtra peut être curieuse. Je me rends compte que juste en lisant certains de vos envois, mon état change automatiquement en un état quasiment extatique...d'excitation! C'est comme si mon être même résonnait avec ce que je lis. Ayant suivi une formation en PNL, je sais bien que n'importe quelle chose peut éveiller n'importe quel état chez une personne en fonction de l'habillage qu'on lui donne, et que les mots ont un effet hypnotique ; mais ici j'ai l'impression que c'est différent. Je me demande si vous pouvez éclairer cet aspect des choses de votre point de vue. J'attends avec impatience de voir l'effet que votre réponse aura. Je suis un être affamé...qui attend sa nourriture!!! R: Oui, c'est vraiment étonnant la façon dont la bhakti fonctionne. Quelque chose en nous est aiguillonnée lorsque nous sommes exposés à une expression de la vérité. C'est déjà en nous. Il suffit juste de la tentative de quelqu'un d'écrire la vérité pour le déclencher. Cela n'a pas besoin d'être parfait, juste d'aller dans la bonne direction. Le système nerveux le reconnaît quand il le voit. Quelques leçons en arrière, je mentionnais le fait que le but de ces leçons était pour une part de stimuler la bhakti des gens. J'espère que de révéler toute cette connaissance pratique, accumulée et utilisée une vie durant, aidera les autres et leur donnera envie de pratiquer selon leur inclination. Lancez-vous, avec prudence bien sûr. Suivez avec sagesse votre bhakti qui s'épanouit, et vous arriverez à la maison directement. Je suis honoré d'offrir une stimulation supplémentaire à ce qui est déjà en vous. Vous découvrirez que « CELA » est partout. Leçon 90 : Ida et Pingala On m'a fait remarquer que, si le caducée a des origines spirituelles anciennes, il a été adopté comme symbole de la médecine occidentale il y a seulement un siècle environ. Ceci indique que, peut-être, la médecine occidentale n'a pas des racines aussi spirituelles que nous l'avons dit dans la leçon précédente. Donc, au lieu d'une « renaissance » de sa relation à la spiritualité, la science médicale va peut-être découvrir la relation entre nos anatomies physique et spirituelle pour la première fois. Il est probable que cela se produise lorsque des systèmes plus holistiques de médecine, comme l'ayurveda, s'uniront avec la médecine occidentale dans les dizaines d'années qui viennent. L'attention sera davantage portée sur l'équilibre et la prévention, et, nous pouvons l'espérer, la profession médicale pourra jouir d'une existence moins tournée vers les crises. L'humanité a besoin d'une coupure, et la profession médicale aussi. La clé principale pour une bonne santé se trouve dans le mode de vie que nous adoptons. C'est-à-dire ce que vous et moi faisons de nos vies. Et, bien entendu, le monde médical a un rôle important à jouer pour inciter et soutenir cela. Puisque l'on parle d'inspiration, la raison pour laquelle le caducée a été mentionné dans ces leçons est pour la bhakti, la dévotion envers un idéal élevé. Chaque fois que vous verrez le symbole du bâton avec deux serpents enlacés qui s'élèvent autour de lui jusqu'à ce globe brillant, j'espère que cela vous inspirera à poursuivre vos pratiques quotidiennes. Le caducée a été utilisé pour générer de la bhakti de cette manière. C'est un rappel de la réalité de l'anatomie spirituelle de l'homme pour la profession médicale et pour nous tous.
  • 81. Maintenant, soulevons le capot de la voiture quelques minutes pour jeter un coup d'oeil à ida et pingala. Lorsque nous soulevons le capot, nous voyons tout un tas de nerfs radieux merveilleusement entremêlés, des chakras, et de l'énergie extatique qui se précipite vers l'extérieur. Ma première impulsion c'est de refermer bien vite le capot et de revenir tout de suite à nos pratiques. D'apprécier d'être au volant de la voiture, de regarder le magnifique paysage qui défile, au lieu de nous perdre sous le capot. Mais puisque nous sommes en train de regarder le fonctionnement intérieur, voyons cela de plus près. Maintenant, vous devriez être familiarisé avec la sushumna, le nerf spinal, telle que nous l'avons utilisée dans la respiration de la colonne vertébrale. Ou telle que nous l'avons pensée lorsque nous l'avons utilisée. Pour certains elle est devenue palpable, un rayonnement extatique a commencé à se faire sentir dans ce long nerf semblable à un filament qui va du périnée au point entre les sourcils. Nous pouvons jouer avec en utilisant les pratiques que nous avons apprises jusqu'à maintenant. C'est tout à fait plaisant, extatique pourrions nous dire. D'autres ont fait l'expérience de l'expansion du rayonnement extatique dans une dimension beaucoup plus grande. C'est lorsque nous commençons à expérimenter ida et pingala. Lorsque l'énergie de la kundalini se répand vers l'extérieur, ida et pingala sont en première ligne pour l'illumination. Traditionnellement, ida, pingala et sushumna sont considérés comme les trois routes principales pour la kundalini éveillée. Ces trois nerfs régulent le courant du prana dans le système nerveux tout entier. Cet effet régulateur existe même avant que la kundalini soit éveillée. Lorsque l'éveil se produit, le flot de prana dans la sushumna prédomine, mais ida et pingala sont éveillés aussi. Ida parcourt vers le haut et vers le bas les nerfs qui se situent à gauche de la colonne vertébrale, et relie le périnée aux muqueuses sensibles qui se trouvent tout en haut dans la narine gauche. Pingala parcourt vers le haut et vers le bas les nerfs qui se situent à droite de la colonne vertébrale, et relie le périnée aux muqueuses sensibles qui se trouvent tout en haut dans la narine droite. Tout comme la sushumna entre en expansion de manière extatique pour englober bien plus que le minuscule canal dans la colonne vertébrale, de même aussi, ida et pingala entrent en expansion pour englober de manière extatique beaucoup plus que les dimensions physiques des nerfs qui parcourent vers le haut et vers le bas l'extérieur de la colonne vertébrale. C'est vraiment quelque chose de fondamental à comprendre à propos du système nerveux. Nous partons des dimensions physiques limitées, là où les nerfs sont situés dans le corps. Puis, lorsque la kundalini s'éveille et que la radiance extatique se manifeste, les dimensions physiques sont abandonnées. Donc un nadi, ou nerf spirituel, ne correspond à un nerf physique qu'au tout début. Lorsqu'il est éveillé, le nadi entre en expansion et son énergie rayonne bien au- delà de la simple localisation physique du nerf. Il y a deux façons de voir cela. Nous pouvons dire que « nous nous intériorisons », voyageant dans une dimension intérieure en expansion. C'est ce que l'on ressent lorsque l'expérience sensorielle entre en expansion en nous. L'autre façon de voir les choses, c'est de dire que nous entrons en expansion « vers l'extérieur », dans la dimension physique. En d'autres termes, l'expansion sur le plan intérieur est la même que celle qui se produit vers l'extérieur dans le plan physique. Il nous faut aller vers l'intérieur pour pouvoir aller vers l'extérieur. Ceux qui ont eu des expériences de kundalini ont décrit l'énergie comme allant vers l'extérieur, au-delà du corps alors qu'ils entraient en expansion intérieurement en même temps. Quiconque entre dans le silence profond de la méditation ressent aussi cette expansion, l'intériorisation, mais aussi le rayonnement de quelque chose de paisible vers l'extérieur, dans le monde physique. Que l'expérience soit l'expansion d'une kundalini éveillée ou l'expansion du silence de la conscience de pure félicité dans la méditation, ce sont les nadis qui entrent en expansion. Les deux sont des niveaux différents de la même chose. Tout est expansion de la conscience de pure félicité. Donc, qu'est-ce que cela signifie en terme de l'expérience d'ida et pingala? Lorsque ces deux nerfs sont éveillés par l'expansion de la sushumna, ils entrent également en expansion au-delà des nerfs physiques, et on les perçoit comme des élancements d'énergie extatique qui s'enlacent autour de la colonne vertébrale. Cela ne se produit pas de façon statique en un endroit. La façon dont ils bougent, en tourbillons, permet à peine de distinguer la gauche et la droite. L'un est chaud, l'autre froid, et cela donne les sensations de chaud et de froid qui coexistent dans le corps. Cela crée un effet d'hélice. Imaginez un tourbillon d'énergie extatique, comme une colonne, qui émane du centre de la colonne vertébrale et qui se répand vers l'extérieur. C'est la sushumna. Maintenant imaginez la entourée d'élancements d'énergie extatique qui tourbillonnent. Ce sont ida et pingala. A certains endroits le long de la colonne vertébrale, ces trois énergies convergent dans leur danse extatique pour former des tourbillons. Ces lieux de convergence sont ce que l'on appelle les centres d'énergie ou chakras. La sushumna, ida et pingala sont les principaux conduits d'énergie qui relient les chakras. Lorsque les nerfs s'éveillent, les chakras s'éveillent. Au début, c'est le nerf
  • 82. spinal qui s'éveille en un rayonnement extatique. Mais avant tout ça, il faut commencer par la purification en douceur de tous les nerfs au moyen de la méditation. La séquence d'éveil dans ces leçons commence avec la purification globale du système nerveux par la méditation, puis continue par un éveil en douceur de la sushumna avec la respiration de la colonne vertébrale, pour ajouter finalement des techniques plus ciblées qui ont pour but d'accroître l'expansion du rayonnement extatique dans des dimensions infinies. Toutes les approches du yoga ne sont pas semblables à celle-ci. Certaines visent l'éveil de la sushumna dès le début, avant même qu'une pratique significative de la méditation n'ait été effectuée. D'autres travaillent à équilibrer ida et pingala en premier, puis ensuite entrent dans la sushumna. D'autres travaillent sur les chakras d'abord. Quelle que soit l'approche choisie, le résultat final sera le même, un système nerveux pleinement éveillé, dont le rayonnement extatique s'étend bien au- delà des limites du corps physique. Toutes les routes conduisent à la maison, bien que les chemins empruntés puissent varier considérablement. Bien, refermons le capot et remettons nous au volant. Il y a encore d'autres leviers de commande (pratiques avancées de yoga) dont nous allons parler maintenant et qui nous aideront à accroître notre allure. Leçon 91 - Yoni mudra kumbhaka, pour nettoyer le troisième oeil et plus encore! Maintenant que nous avons mis en garde tout le monde contre la stimulation et l'éveil directs de l'énergie de la kundalini, nous allons plonger directement dans le grand-père de tous les stimulants de la kundalini, kumbhaka (rétention du souffle) avec un attirail complet de bandhas et de mudras. Pourquoi pas? Quand vous serez prêts, vous n'aurez ainsi pas besoin de chercher partout. Ce sera disponible ici même. D'ici là, je pense que vous serez suffisamment sages pour ne pas pousser vos activités à l'excès. Nous aborderons kumbhaka sous les auspices d'une pratique qui s'appelle "yoni mudra", ce qui signifie, "le sceau de la déesse". Vous pouvez remplacer le mot "déesse" par le nom de n'importe quelle divinité féminine. Nous savons tous qui elle est, même si elle porte différents noms. Avant que nous ne commencions, rappelez vous que les mêmes précautions s'appliquent que celles exposées au début de notre leçon récente sur siddhasana. Il faut que vous soyez suffisamment stables dans toutes vos pratiques, et que vous ne ressentiez pas d'instabilité de l'énergie en vous lors de vos activités quotidiennes. Vous verrez qu'une grande part de ce que nous avons déjà appris fait partie du type de yoni mudra que nous allons voir ici. Nous allons réunir ensemble un groupe de pratiques pour former un tout qui est plus grand que la somme de ses parties. Ceci donnera à votre système nerveux l'opportunité d'évoluer plus rapidement vers un mode de fonctionnement naturel plus intégré, en lien avec l'écoulement de la conscience de pure félicité et l'extase divine à l'intérieur de nous. Tout d'abord, il y a une précaution supplémentaire que je voudrais mentionner. Nous allons pratiquer la rétention du souffle, et ajouter une pression légère et ciblée dans le corps. Rien d'extrême n'est recommandé, ce ne sera en tout cas pas davantage que l'équivalent de la rétention du souffle que l'on fait un court instant avant de plonger dans une piscine. Si vous avez des problèmes cardiaques, des problèmes respiratoires, de l'hypertension, ou tout autre problème de santé qui puisse être aggravé du fait de la rétention du souffle, alors omettez cette pratique de yoga avancée, ou bien demandez l'accord de votre médecin. En d'autres termes, si vous savez que votre docteur n'approuverait pas que vous reteniez votre souffle pour nager sous l'eau dans une piscine, alors restez à l'écart de yoni mudra. La sécurité d'abord. La pratique de yoni mudra dont nous allons parler ici a été optimisée, de façon à impliquer la sushumna tout entière, par l'ajout de plusieurs autres pratiques simultanées. On la fera à la fin de la respiration de la colonne vertébrale, avant la méditation. Juste entre ces deux pratiques maintenant bien établies.
  • 83. Commençons par nous asseoir comme nous le faisons pendant le pranayama. C'est-à-dire que nous sommes assis dans la version de siddhasana que nous avons choisie. Nous sommes à la fin de la respiration de la colonne vertébrale lorsque nous faisons yoni mudra kumbhaka, donc nous venons de parcourir le nerf spinal vers le haut et vers le bas sur l'inspiration et l'expiration pendant le temps dévolu à cette pratique. Maintenant, pour faire yoni mudra, nous commencerons par placer nos index sur nos yeux fermés, sur les paupières du bas, les bouts des doigts venant se placer sur les coins externes des yeux. Nous exercerons une légère pression vers le haut et vers le centre, en direction du point situé entre les sourcils. Ceci ne doit pas engendrer de tension ou d'inconfort. Il s'agit juste de très légèrement presser les yeux en direction du point situé entre les sourcils. Si vous avez les ongles longs, il faudra les couper un peu pour pouvoir faire cette partie de yoni mudra. Maintenant, les yeux fermés, légèrement pressés vers le troisième oeil par les index, avec l'inspiration nous montons dans le nerf spinal depuis le périnée jusqu'au point entre les sourcils. Lorsque nos poumons sont pleins et que notre attention est tout en haut du nerf spinal au point entre les sourcils, nous fermons les narines en pressant de chaque côté du nez avec les majeurs. En même temps nous laissons les index en place et nous gardons la légère pression sur les yeux en direction du point entre les sourcils. Egalement, en même temps, nous relevons la langue de sorte qu'elle vienne se placer contre le palais, scellant ainsi la bouche de l'intérieur de sorte que l'air ne puisse pas non plus s'échapper par là. Maintenant nous retenons notre respiration. Mais nous ne la retenons pas en resserrant la glotte dans la gorge, comme on le ferait de façon normale. A la place, nous laissons la pression de l'air, qui vient de nos poumons gonflés, monter, sans excès, dans les cavités nasales et les sinus. Ce n'est pas une forte pression, elle doit être légère. Nous ne poussons pas l'air tout là haut. Nous laissons simplement la pression naturelle de nos poumons pleins monter là haut. Nos majeurs bloquent le nez et notre langue bloque la bouche de sorte que l'air ne peut pas s'échapper. Essayez pour voir comment ça marche. C'est plutôt facile, non? Ce que nous faisons maintenant, c'est de tenir notre souffle pendant une durée confortable. Pas trop longue, ni trop courte. Selon notre capacité ce pourra être trente secondes, une minute voire même plus longtemps. Si vous êtes un chercheur d'éponges professionnel ce pourra être plusieurs minutes. La durée n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est de retenir notre souffle intérieurement pendant une durée qui soit confortable et qui aille un peu vers la limite de nos capacités. Pas au point de forcer. Pas au point d'être essoufflé lorsque nous avons fini. Lorsque nous avons fini, et que nous sommes prêts à expirer, nous laissons nos majeurs s'écarter des narines, mais les index restent sur les yeux et la langue reste dans sa position. Nous devrions avoir suffisamment encore de réserve pour pouvoir expirer en douceur par le nez et redescendre avec notre attention le long du nerf spinal jusqu'au périnée. Lorsque nous expirons, nous ne devrions pas avoir la sensation de suffoquer. Nous pouvons aller un peu plus vite que dans la respiration de la colonne vertébrale normale, que ce soit à l'inspiration ou à l'expiration, mais si nous ressentons un manque d'air qui nous oblige à respirer trop vite, c'est que nous avons retenu le souffle trop longtemps. Trouvez un juste milieu. On se sentira un peu maladroit au début, comme c'est le cas pour toutes ces pratiques de yoga avancées. Mais cela deviendra rapidement une pratique confortable. L'idée c'est de trouver une durée juste avec le souffle suspendu à l'intérieur. Ce ne devrait pas être un exercice qui confine à l'héroïsme. Pour commencer, nous ne ferons que trois de ces yoni mudras kumbhakas entre le pranayama et la méditation. Donc nous ne rallongeons notre pratique du pranayama et de la méditation que de quelques minutes seulement. Mais il y a plus encore que ce que nous venons d'indiquer en ce qui concerne yoni mudra kumbhaka. Il y a d'autres choses que nous ferons pendant notre kumbhaka pour obtenir des résultats encore plus positifs. Voyons cela plus en détail. Comme nous sortons de la respiration de la colonne vertébrale que nous venons de terminer, nous avons pratiqué mulabandha et sambhavi, tout en étant assis en siddhasana. Dans yoni mudra kumbhaka, nous continuons mulabandha. Sambhavi est modifiée pendant yoni mudra parce que nous pressons légèrement les yeux vers le point entre les sourcils avec les index. Puisque nos index agissent ainsi, nous ne levons pas les yeux en les centrant comme dans sambhavi. Cependant nous conservons le froncement des sourcils, en rapprochant légèrement les sourcils vers le centre. Donc, dans la pratique de yoni mudra, sambhavi consiste en une combinaison dans laquelle on presse légèrement les yeux en les centrant avec les index et on rapproche doucement les sourcils l'un de l'autre avec les muscles qui sont dans notre tête. Egalement, dans yoni mudra kumbhaka, notre attention est focalisée sur le point entre les sourcils pendant toute la durée de rétention du souffle, jusqu'au moment de l'expiration où nous redescendons le
  • 84. nerf spinal. En fait, il se peut que nous remarquions que notre attention est attirée vers l'extérieur, devant le point entre les sourcils pendant yoni mudra kumbhaka. C'est normal. Lorsque le nerf spinal commence à manifester de la conductivité extatique, cela devient tout à fait agréable de faire sambhavi. Le fait de presser les yeux en direction du point entre les sourcils avec les index, tout en rapprochant les sourcils l'un de l'autre en yoni mudra peut remplir tout le corps de plaisir lorsque la conductivité extatique s'élève dans le nerf spinal. ("Si votre oeil est unique, votre corps sera empli de lumière"). Le plaisir s'accroît naturellement lorsque l'attention sort au-delà du point entre les sourcils. Il y a quelque chose au-delà du corps qui nous appelle vers l'extase. Nous découvrons que la sushumna continue de s'étendre, et c'est très bien de l'accompagner car nous y sommes attirés de façon naturelle. Que découvrirons-nous? Nous le verrons bien, ce n'est que du bon. Si cette extension de la sushumna se produit, c'est une bonne chose de laisser notre attention la suivre jusqu'au bout devant nous pendant notre respiration de la colonne vertébrale également. C'est l'évolution normale de la sushumna et de la respiration de la colonne vertébrale. Celle-ci est favorisée pendant la pratique de yoni mudra et n'est que l'un des bénéfices de cette pratique avancée de yoga. La pratique qui consiste à mettre la langue contre le palais est la première étape d'une pratique de yoga avancée qui s'appelle "kechari mudra". La langue aura un rôle important à jouer au fur et à mesure que notre pratique évoluera. Pour l'instant, nous cherchons simplement à empêcher confortablement l'air de sortir par la bouche pendant yoni mudra. Peut-être que la langue sera simplement placée derrière les dents de devant, ou peut-être plus loin en arrière. Si nous pouvons confortablement atteindre l'endroit où le palais et le voile du palais se rejoignent, c'est un bon endroit pour laisser poser le bout de la langue. Ce n'est cependant pas une obligation. Ce qui est le plus confortable pour nous est ce que nous recherchons. Nous reparlerons bien davantage de kechari dans des leçons ultérieures. Il y a deux autres composants que nous aimerions ajouter à yoni mudra. Le premier s'appelle "jalandhara bandha", ce qui signifie "la fermeture du cou". La façon dont nous l'aborderons est plus simple que son nom ne le laisse penser. Tout ce que nous ferons pendant la rétention du souffle dans yoni mudra kumbhaka, c'est de laisser descendre notre tête, aussi loin que c'est confortablement possible, vers la poitrine. Pendant l'inspiration et l'expiration la tête sera relevée. C'est tout. Nous laissons simplement la tête se pencher en avant pendant la rétention du souffle, et nous laissons nos doigts, qui sont placés sur les ailes du nez et sur les yeux, là où ils sont lorsque la tête s'incline. Si notre menton descend confortablement à mi-chemin du creux de la gorge, très bien. Si notre menton descend jusqu'en bas dans le creux de la gorge, c'est alors la fermeture du cou complète. L'un ou l'autre est très bien. Jalandara étire le nerf spinal dans la partie supérieure du corps depuis le point entre les sourcils en allant vers le bas. Il est facile de ressentir l'étirement. Nous ne forçons pas. Si il y a de la conductivité extatique dans le nerf spinal, nous pourrons ressentir que l'étirement s'étend jusqu'au périnée. C'est stupéfiant la façon dont ça marche. Avec jalandhara, nous étirons la sushumna du troisième oeil jusqu'à la racine. Cet étirement accroît grandement les effets de yoni mudra kumbhaka et favorise la montée de la conductivité extatique dans le nerf spinal. Plus tard, nous travaillerons davantage avec jalandhara, nous utiliserons une version dynamique pour stimuler d'énormes quantités de prana au niveau du coeur, de la gorge et de la tête. Jalandhara est une pratique de yoga avancée très importante. Ici, avec yoni mudra nous en présentons le début, simplement laisser la tête descendre facilement vers la poitrine lorsque le souffle est tenu poumons pleins. Puis nous redressons la tête lorsque nous inspirons ou lorsque nous expirons. Nous faisons en sorte que ce soit confortable. L'autre composant que nous ajouterons est uddiyana. Là aussi, il y a plusieurs versions, que nous étudierons complètement plus tard. A ce niveau, nous présentons une version de base pour yoni mudra. Lorsque nous retenons le souffle pendant yoni mudra, nous remontons doucement notre diaphragme en rentrant légèrement le ventre. Ceci fait le lien avec mulabandha qui remonte depuis le sphincter anal en passant par le bassin. Uddiyana accomplit des merveilles lorsque nous sommes assis en siddhasana également. Uddiyana qui signifie "s'envoler" est relié à l'activité du bassin, et la fait monter beaucoup plus haut. Du fait que nous sommes poumons pleins dans yoni mudra kumbhaka, nous ne pourrons pas tirer beaucoup sur le diaphragme. Juste un petit peu. Vous ressentirez la pression monter à travers tout le corps dans uddiyana. N'exagérez pas. Si vous avez appris les postures de yoga (ce qui vous est recommandé fortement de faire), vous aurez probablement appris à faire uddiyana en position debout et poumons vides. C'est une bonne façon de se familiariser avec cette pratique. Il y a beaucoup de choses que l'on peut faire avec le diaphragme et les muscles abdominaux. Nous en reparlerons plus tard. Pour le moment, tirez un peu vers le haut pendant votre yoni mudra kumbhaka. Relâchez lorsque vous inspirez ou lorsque vous expirez entre les rétentions du souffle.
  • 85. Donc, il y a beaucoup de choses à faire en yoni mudra. La plupart sont des habitudes physiques qui peuvent être cultivées facilement. Avec le temps, lorsque nous aurons traversé la période d'habituation, tout cela se mettra en place comme un réflexe intégré du corps qui se produit automatiquement quand le souffle est retenu. Puis, quand la conductivité extatique s'élèvera, ces manoeuvres se raffineront pour devenir de subtils mouvements intérieurs coordonnés et répondant à l'écoulement naturel de l'extase divine en nous. Tout ce dont nous avons parlé ici est une introduction à un mode de fonctionnement du corps nouveau et naturel. Dans leur forme avancée, tous ces composants de la pratique dont nous venons de parler, se manifesteront comme des "micro-mouvements" automatiques et intimement reliés, dans notre corps, se produisant de façon invisible alors que l'énergie circule en nous jour et nuit. Toutes ces pratiques physiques que nous apprenons maintenant, sont liées directement à la biologie de l'expérience extatique qui s'élève dans le corps. Bien que nous nous sentions un peu maladroit avec toutes ces choses pour le moment, vous serez surpris de voir comme elles peuvent devenir subtiles, douces et reliées de façon naturelle. Le yoni mudra kumbhaka pratiqué tous les jours, avec toute sa panoplie de bandhas et de mudras, nous transformera progressivement en l'équivalent extatique d'une Ferrari bien réglée. Nous pouvons ne pas nous en rendre compte maintenant, mais c'est ainsi que cela fonctionne. Yoni mudra kumbhaka est l'entraînement spirituel avancé pour la biologie. Nous débuterons très doucement et progressivement avec yoni mudra kumbhaka, en commençant lentement et sans effort avec trois répétitions entre le pranayama et la méditation, comme nous l'avons vu. Ceux qui trouvent la pratique de yoni mudra kumbhaka assez facile et sans problème pourront augmenter à pas comptés. N'en faites pas trop. Kumbhaka est la plus puissante de toutes les techniques de stimulation directe de la kundalini. Si les trois répétitions se passent bien, alors, peut-être dans un mois, essayez d'en faire quatre. Après quelques mois de plus, vous pourrez peut- être en essayer cinq. De cette manière là. N'essayez pas d'en faire cinq ou dix d'emblée. Une augmentation très lente et progressive est la méthode à suivre, et encore seulement si tout se passe en douceur dans vos pratiques et dans votre activité quotidienne. Nous avons parlé de la façon de faire yoni mudra kumbhaka, mais nous n'avons pas dit grand-chose de ce que yoni mudra kumbhaka produit en nous. Pour dire les choses simplement, elle travaille à ouvrir chaque petit recoin de notre système nerveux et tire la kundalini (l'énergie sexuelle) vers le haut en même temps. Cela produit un énorme travail de purification dans le corps. Cela cultive aussi les habitudes subtiles de fonctionnement biologique extatique en nous. Les angles multiples que nous utilisons pour aborder le troisième oeil produisent un effet de purge à l'extrémité haute de la sushumna et à travers toute la tête. Donc, on peut dire que yoni mudra est un nettoyant du troisième oeil, c'est sûr. Le nerf spinal tout entier est étiré et imprégné de prana qui monte de la région du bassin. Egalement, kumbhaka, en créant une demande supplémentaire d'énergie vitale dans le corps, tire une grande quantité d'énergie sexuelle (kundalini) de ce vaste réservoir de prana qui se trouve dans le bassin. Siddhasana, mulabandha, et uddiyana favorisent cette montée qui a lieu dans la partie basse du corps. C'est un survol assez général de ce qui se passe. Bien d'autres choses se produisent dans la biologie et dans le système nerveux en conséquence de la pratique de yoni mudra kumbhaka. Bien plus que ce dont nous pouvons dire dans ces quelques paragraphes. Nous complèterons les détails dans les leçons futures au fur et à mesure que des expériences se produiront. Pour finir, il faut signaler qu'il s'agit d'une version optimisée de yoni mudra, dont le but est de favoriser une large gamme d'ouvertures dans le système nerveux. Le yoni mudra formel utilise les autres doigts pour sceller les oreilles (pouces) et la bouche (petit doigt et annulaire), et utilise moins de mudras et bandhas que ceux mentionnés ici. Ce que nous apprenons ici est une pratique hybride dans un but d'efficacité. En quelques minutes durant notre session bi-quotidienne, nous allons pouvoir amplifier l'effet de toutes nos pratiques, et nos expériences de montée de la conscience de pure félicité et de l'extase divine dans notre vie. C'est la raison d'être de yoni mudra kumbhaka. Leçon 92 : L‟étoile Q: Je médite de puis dix ans. Je dois dire que je n'ai jamais été très bon. Je ressentais cela parce que j'étais facilement distrait par les pensées pendant la méditation. Avec ça dans l'esprit, c'était un coup oui un coup non pour savoir si j'allais méditer. En d'autres termes, je ne pratiquais pas tous les jours. Plutôt 3 ou 4 fois par semaine.
  • 86. Avant de me joindre à votre groupe, on m'avait appris à faire yoni mudra. Je ne le faisais pas bien comme il faut, mais les deux premières fois j'ai vu ce beau cercle avec une étoile au milieu. Je ne savais pas à ce moment là que c'était quelque chose qui se produirait suite à la pratique de yoni mudra. Deux jours après l'avoir vu, je recevais par courrier une brochure de Self Realization Fellowship et sur cette brochure se trouvait la représentation exacte de ce que j'avais vu. Je ne l'ai pas revu de nouveau même en essayant yoni mudra. Donc maintenant rapidement. J'ai rejoint votre groupe. J'ai vraiment beaucoup aimé le fait que d'avoir des pensées qui viennent était correct. Juste de continuer et de revenir au mantra. J'ai eu l'impression que peut-être ce que je faisais avant était correct, mais que mon attente ne l'était pas. Je me suis mis à pratiquer deux fois par jour. Je voulais garder "un rythme de progression" à l'esprit, donc je ne me suis pas précipité. Donc j'ai ajouté les Pratiques Avancées lentement. Je n'ai pas vraiment eu d'éveil de l'énergie de la kundalini comme certaines personnes, mais j'ai décidé de continuer à pratiquer. Ce matin, j'ai essayé yoni mudra pour la première fois depuis que je fais partie de votre groupe. Dès que j'ai commencé, j'ai vu un bouquet de lumières folles. J'ai juste regardé et j'ai continué à faire la pratique. Ensuite il y a eu des cercles avec l'étoile au milieu. Il y avait un cercle brillant avec un cercle foncé dedans. Au milieu, il y avait l'étoile. L'étoile avait tendance à se fondre. Je ne voulais pas qu'elle disparaisse. J'ai commencé ma méditation et elle est partie. Ma question est de savoir ce qu'est cette étoile. Pourquoi est-ce que j'ai tant envie de la voir alors que je ne sais même pas ce qu'elle est? Je sais qu'elle fait partie du processus, mais je ne sais pas le comment et le pourquoi. Est-ce que je la verrai quand je médite ou seulement dans yoni mudra? Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour retenir l'étoile pendant la méditation? Qu'est-ce qui fait qu'elle vient pendant yoni mudra? Est-ce que je suis censé faire quelque chose avec l'étoile? R: La procédure simple de la méditation ne se préoccupe pas des pensées ni de quoi que ce soit d'autre. C'est l'art de la persuasion en douceur, on laisse le mantra se raffiner jusqu'à la conscience de pure félicité. Le mental s'immobilise facilement quand nous cessons de nous battre avec les pensées et que nous favorisons simplement le mantra, pour qu'il aille vers des niveaux plus profonds, à chaque fois que nous nous rendons compte que nous ne sommes plus en train de le penser. En ce qui concerne l'étoile, c'est un résultat naturel de la purification de la sushumna (nerf spinal) et de l'ouverture du troisième oeil. Nous avons mentionné dans la leçon sur yoni mudra kumbhaka que l'attention sera, plus ou moins tard, attirée au-delà du point entre les sourcils. C'est une extension de la sushumna au- delà du corps. Tout au bout de la sushumna se trouvent des royaumes infinis de lumière blanche brillante. On les perçoit comme une étoile brillante au début. Les couleurs en anneau autour de l'étoile sont l'intérieur de la sushumna. Vous regardez dehors depuis l'intérieur, donc vous voyez l'intérieur de la sushumna dans votre corps, et le bout de la sushumna au loin, c'est l'étoile. Vous regardez à travers le tunnel de la sushumna, et vous voyez "la lumière au bout du tunnel", comme on dit. A l'intérieur du tunnel nous sommes littéralement un arc en ciel de couleurs, en commençant par le rouge foncé tout en bas pour finir par le bleu et le violet tout en haut. Vous avez entendu l'expression "elle a un coeur en or". Et bien, nous avons tous un coeur en or. Il faut simplement faire un peu de ménage pour le voir. C'est l'anneau extérieur que vous voyez. L'une des descriptions les plus parlantes et les plus belles de l'intérieur de la sushumna est celle que donne Norman Paulsen dans son livre "la science sacrée". M. Paulsen est l'un des quelques disciples de Paramahansa Yogananda, le célèbre yogi auteur de l' "autobiographie d'un yogi". Dans son livre, M. Paulsen expose une autre forme de respiration dans la colonne vertébrale, plus complexe. Il y a toute une variété d'approches de la respiration de la colonne vertébrale, différents styles. L'approche de la respiration de la colonne vertébrale que nous utilisons dans ces leçons a été choisie pour sa simplicité et son efficacité reconnue. Chaque personne est libre de choisir, tant de styles de pratique différents sont honorés ici. Le diagramme sacré "Sri Yantra" est aussi une représentation de la réalité intérieure de l'homme, des cercles concentriques d'énergie féminine qui forment un tunnel conduisant à l'union finale de Shiva et Shakti au centre. Lorsque nous faisons la respiration de la colonne vertébrale, nous unissons ces deux énergies partout à l'intérieur de la sushumna, et dans toutes les parties du système nerveux.
  • 87. C'est l'une des rares fois dans la vie où l'on peut dire que l'expression "vision à travers un tunnel" (c. à d. vision avec des oeillères, N du T.) a des connotations positives. Que faut il faire avec cette étoile quand nous la voyons, et de la conscience accrue du tunnel de la sushumna qui va souvent avec? C'est une question importante que vous soulevez. Oui, nous sommes naturellement attirés par l'étoile. C'est le "ciel". C'est là où nous allons quand nous mourrons. Des expériences de tunnel et de lumière blanche sont fréquentes chez ceux qui font l'expérience de la mort imminente. Le tunnel est aussi le chemin par lequel nous sommes venus dans cette existence terrestre. Maintenant vous comprenez pourquoi la respiration de la colonne vertébrale est si importante dans notre pratique. Nous déblayons l'autoroute qui nous conduit au ciel. Mais le moment de partir n'est pas encore là! Et puis il y a encore la question: Que faisons-nous avec l'étoile? Vous obtiendrez des réponses différentes selon les gens à qui vous posez la question. Il y a beaucoup de discours à ce sujet. La réponse dans ces leçons c'est que nous ne faisons pas grand-chose avec l'étoile. Nous laissons l'expérience que nous en avons évoluer de façon naturelle, comme nous le faisons avec tout ce qui se présente comme résultat de nos pratiques. Lorsque l'étoile se manifeste, nous la considérons comme n'importe quelle autre partie de notre fonctionnement interne et nous revenons à notre pratique. Ce n'est, après tout, qu'une autre caractéristique de notre anatomie spirituelle, comme les nadis, les chakras etc. Tout ce qui est dans le ciel et sur la terre est contenu en nous. Nous n'avons pas besoin d'aller où que ce soit pour être ce que nous sommes déjà. Si notre extase dans ou en dehors des pratiques nous attire dans l'étoile, alors c'est très bien. Tout ce qui peut se passer là fait partie de notre expérience d'expansion divine. Si notre extase nous attire ailleurs dans notre anatomie spirituelle, c'est très bien aussi. Si nous sommes en train de pratiquer, nous favorisons sans effort la pratique que nous sommes en train de faire, comme toujours. Nous ne devenons pas dépendant de telle ou telle expérience qui peut se produire. Si nous ne sommes pas en train de pratiquer et que nous voyions quelque chose qui se passe dans notre anatomie spirituelle, alors nous l'apprécions. Dans ces leçons, nous sommes des yogis et des yoginis en premier, des touristes en second. C'est très bien d'apprécier le paysage lorsque nous ne sommes pas en train de pratiquer. Nous aurons beaucoup de choses à voir. Lorsque nous pratiquons, nous nous en tenons à la tâche aisée qui consiste à favoriser la pratique que nous sommes en train de faire. Sur cette terre, notre travail est de mettre notre système nerveux en bon état de fonctionnement spirituel. C'est pour cela que nous sommes ici. Ceci ne peut être accompli que si l'on continue d'inciter, tous les jours, le système nerveux à fonctionner à des niveaux plus élevés. Aussitôt que nous nous fixons sur un aspect particulier, quel qu'il soit, de notre anatomie spirituelle, il est possible que cela se fasse au détriment de notre projet premier qui est l'illumination. Pour cette raison, nous faisons bien de considérer tous les mécanismes internes et toutes les expériences comme étant "sous le capot" et de foncer sur notre route de pratiques de yoga avancées qui nous conduisent vers l'illumination. Revenons à notre analogie du voyage en Californie. Imaginons que nous nous construisions nous même une route pour aller en Californie. Une route qui nous permettra d'y accéder facilement et par laquelle nous pourrons aller et venir à notre guise. Lorsque notre chantier de construction sera suffisamment proche de Los Angeles, nous verrons toutes les lumières qui brillent à quelque distance. Nous pourrions alors être tentés de nous arrêter de travailler sur notre route et de traverser la campagne en courant pour nous précipiter vers les lumières de Los Angeles. En agissant ainsi, nous arriverons bien à Los Angeles, mais en laissant une route inachevée quelque part aux abords de la ville. Non pas que Los Angeles ait besoin d'une route de plus de toute façon, mais c'est juste une analogie. A un moment ou à un autre, nous devrons revenir finir cette route. Los Angeles n'est pas complètement Los Angeles avant que nous ne puissions aller et venir comme nous le souhaitons. De la même manière, le ciel n'est pas complètement le ciel avant que nous ne puissions y accéder et en repartir comme nous le voulons. Pour cela nous avons besoin d'un système nerveux complètement purifié. L'illumination ne consiste pas à monter au ciel à tout prix, en laissant un système nerveux non purifié derrière nous, auquel nous serons obligés de revenir plus tard pour finir le travail dans une vie future. Il s'agit de faire le travail de purification du système nerveux complètement. Alors nous aurons tout, nous deviendrons tout, le ciel, la terre, le cosmos, Los Angeles, tout. Alors nous deviendrons une expression du ciel sur la terre, et nous pourrons faire beaucoup pour les autres qui sont aussi des expressions du ciel, et qui ont juste besoin d'un bon coup de ménage pour le réaliser. Donc, il ne s'agit pas de s'envoler dans une étoile. Il s'agit d'amener l'étoile ici, sur cette terre. Cela nous le faisons en purifiant et en ouvrant notre système nerveux.
  • 88. Comme Jésus l'a dit, "vous êtes la lumière du monde". Donc, si vous voyez l'étoile, ou que vous avez une extase en allant au-delà du point entre les sourcils, allez-y comme s'il s'agissait de quelque chose qui fait partie de façon normale de votre respiration de la colonne vertébrale. Cela ajoutera beaucoup à votre pratique. Si vous voyez l'étoile, ou que vous avez une extase qui s'étend au-delà du point entre les sourcils pendant yoni mudra kumbhaka, restez-y sans effort pendant la kumbhaka comme nous l'avons apprise. N'essayez pas de vous y accrocher. Une purification naturelle et une connexion sont en train de se produire. Laissez simplement les choses se faire. Gardez à l'esprit que nous travaillons à la purification du système nerveux, ici, sur terre. C'est ce que nous faisons pendant la méditation, la respiration de la colonne vertébrale, kumbhaka, les bandhas, les mudras et tout le reste. Appréciez la félicité du ciel lorsqu'il vous embrasse. Ramenez-la dans votre corps de façon naturelle dans vos pratiques. Rappelez-vous, le travail que nous faisons est ici, sur cette terre. Ce que nous accomplissons ici, c'est ce que nous emmènerons avec nous lorsque nous partirons, où que nous allions. Ce système nerveux est le passage. Si nous nous en occupons, tout le reste en découlera de lui-même. On a dit que les anges du ciel sont un peu jaloux de nous autres, être humains. Pourquoi? Parce que sur ce niveau d'existence, nous avons le système nerveux qui est tout prêt pour être purifié, et la motivation (la mortalité) pour le faire. Ce travail est beaucoup plus facile à faire ici sur terre que dans le ciel. Donc les anges sont un peu jaloux. Ils attendent leur tour pour faire ce que nous pouvons faire ici et maintenant, les pratiques avancées de yoga. Donc avant de nous envoler vers les cieux, tirons le meilleur parti que nous pouvons de notre présence ici et maintenant. Les cieux seront toujours là quand notre temps sera venu de nous y rendre. Plus nous pourrons purifier notre système nerveux ici et maintenant, plus ce sera facile pour nous plus tard. Il y a une tendance dans certaines approches d'essayer d'obtenir telle ou telle vision particulière. Avoir cette vision est le summum. Mais les choses ne sont pas forcément comme ça. La manifestation de la vérité ne sera pas exactement la même pour tout le monde. Donc, choisir une vision particulière que l'on s'efforce d'obtenir, peut être une erreur. Peut-être que certains ne verront jamais un tunnel ou une étoile. Peut-être qu'ils traverseront tout à un moment donné et que ce sera la pure lumière blanche. Ou peut- être toutes sortes d'autres couleurs et ensuite la pure lumière blanche. Peut-être pas de lumière blanche, seulement de plus en plus d'extase, et puis un jour, boum! La lumière blanche est partout à l'intérieur et à l'extérieur du corps. Cela peut se produire de nombreuses manières différentes, cela dépend du processus de purification qui est différent pour chacun. Personne ne peut dire comment cela devrait être pour chaque personne. Pour cette raison nous ne nous préoccupons pas beaucoup des visions dans ces leçons. Nous faisons tous les jours les pratiques dont nous savons qu'elles encouragent le système nerveux à se purifier et à s'ouvrir de façon naturelle. Les expériences seront ce qu'elles seront. Si nous continuons à déblayer l'autoroute qui mène au ciel, il ne fait aucun doute que nous y arriverons dans la meilleure forme possible, et que nous aurons la capacité éternelle d'aller et venir comme nous le voudrons. Une vision n'est pas la grande récompense du yoga, mais la liberté éternelle dans l'illumination. Leçon 93 : Les temps changent Q: J'ai l'impression que la méditation marche bien, et je viens juste de me mettre au pranayama de la colonne vertébrale et je ne trouve pas si facile de passer la période d'habituation comme vous l'appelez. Avec toutes les autres choses que vous avez présenté, j'ai l'impression que je coule. Tant de pratiques si merveilleuses et moi qui n'y arrive pas. Je doute que je sois qualifié pour tout ça, et pourtant j'ai tellement envie de poursuivre le chemin jusqu'au bout. Je regrette de ne pas avoir commencé il y a vingt ans. Je meurs d'impatience, et pourtant je sais que je ne dois pas trop me précipiter pour ne pas avoir de problème. Que dois-je faire? R: Vous faites exactement ce qu'il faut faire, en prenant les choses l'une après l'autre. Bien que vos émotions fassent rage dans leur désir du divin, vous voyez clairement ce qui doit être fait et dans quel ordre, ce que vous pouvez entreprendre maintenant et ce que vous pourrez entreprendre plus tard. Et que vous entreprendrez. Tout se passe bien comme il faut. Prenez les choses un jour après l'autre. Vous saurez ce que vous devez faire ensuite. Vous souffrez d'une maladie bénie, une bhakti intense. Il faudrait que nous ayons tous cette maladie. Si c'était le cas, le monde serait transformé en une génération. Je sais que cela n'apaise pas votre impatience d'entendre cela, mais il en est ainsi avec la bhakti, vous savez. Lorsque la conscience de notre séparation d'avec le divin devient aiguë, nous désirons le yoga comme des fous.
  • 89. Nous devenons fous de Dieu. C'est un état béni à vivre. Cela ira nettement mieux lorsque vos expériences d'union progresseront, et elles le feront au fur et à mesure que vous avancerez dans vos pratiques quotidiennes. La bhakti continuera à s'accroître en chacun de nous avec le temps qui passe. Des forces puissantes sont à l'oeuvre qui font souffler les vents spirituels dans notre dos. Tout ce que nous avons à faire c'est de déployer les voiles sous forme de pratique spirituelle, et les vents de la spiritualité, en soufflant en permanence sur notre système nerveux, feront le reste. Prenons un peu de recul pendant une minute, et regardons ce grand tableau dont nous sommes tous une composante. Nous vivons une époque très intéressante. Dans les années soixante, Bob Dylan chantait "The times, they are a-changing" (Les temps changent). C'était certainement vrai à cette époque là, et c'est encore plus vrai maintenant. En fonction de l'approche astrologique que vous adoptez, la terre est, ou va bientôt, entrée dans un "nouvel âge" d'illumination. En sanskrit, ces âges sont appelés "yugas". Ce nouvel âge a peut-être commencé il y a cent ans. Ou bien peut-être commence-t-il seulement maintenant. C'est un sujet bien connu depuis cette période des débuts de Dylan. Mais une émergence se faisait déjà dans le monde du yoga bien avant cela. L'avènement d'un nouvel âge n'est pas un événement qui se produit en un instant. Il débute par un développement lent et progressif, puis va en s'accélérant en prenant de l'ampleur. Il s'est déjà passé beaucoup de choses, et nous progressons à un rythme de plus en plus rapide. Au début du siècle dernier, Vivekananda, un disciple éminent de Ramakrishna, est venu en occident et a planté les premières graines du yoga, qui ont trouvé un sol fertile et qui ont germé. Vingt ans plus tard, Paramahansa Yogananda est venu et a trouvé encore plus de réceptivité que n'en avait rencontré Vivekananda. Lorsque Maharishi Mahesh Yogi est arrivé dans les années soixante, toute une génération de baby boomers rebelles était prête à se lancer à fond dans le yoga, avec un peu d'aide de la part des Beatles, bien sûr. Depuis cette époque, des centaines de yogis indiens sont venus en occident et des milliers de yogis et yoginis occidentaux de la "génération suivante" se sont mis à enseigner. Et, en vérité, ces vingt dernières années, les choses sont devenues un peu confuses, un peu embrouillées. Tant d'approches du yoga ont été présentées qu'il est difficile de savoir quelle forme de yoga est la vraie, si jamais il existe une forme de yoga qui soit "le vrai yoga". Que ceux qui font le vrai yoga se lèvent! Nombreux sont les volontaires pour cette position valorisante, bien sûr. Certains sont même allés au tribunal pour faire valoir leurs droits sur votre système nerveux. Il y en a toujours qui aimeraient bien diriger votre passage vers le ciel. Bon, peu importe. Donc, en un siècle, on est passé de pas de yoga du tout à une telle pléthore que l'on peut parler d'une véritable "tour de Babel". C'est très bien comme ça. C'est une bonne chose. De toute évidence, les choses ne pourront pas rester éparpillées en mille morceaux comme ça pour toujours. A un moment ou à un autre, cela se décantera en quelque chose (ou en plusieurs quelques choses) dont l'individu moyen prêt-à-devenir-illuminé pourra se saisir. Dans les quelques dizaines d'années qui viennent les mots clés seront "consolidation", "intégration", "optimisation", "simplification". Choisissez celui que vous voulez, et vous aurez une idée. Ce sera la méthode scientifique qui produira cette distillation de la connaissance du yoga, de sorte que son application largement répandue en deviendra efficace sur le plan pratique. Lorsque les premiers ordinateurs personnels sont apparus, il fallait connaître un langage archaïque comme "BASIC" ou "DOS" pour pouvoir faire quelque chose. L'ordinateur était un univers ésotérique pour les mordus. Puis la souris et l'interface graphique sont apparues, et d'un seul coup les portes de l'utilisation facile de l'ordinateur se sont ouvertes pour tout le monde. C'était une révolution. La même histoire s'est produite avec de nombreuses applications de connaissances à travers les siècles. Ca commence avec quelques "originaux" qui font les premières avancées en mettant en application une nouvelle sorte de connaissance. Puis, plus tard, des chercheurs imaginent comment la rendre facilement accessible à tout le monde. Ce qui revient presque toujours à simplifier l'interface pour l'utilisateur, les principaux leviers de commande, de sorte que n'importe qui puisse la mettre en application avec de bons résultats. La technologie utile est "facile à utiliser" ("user friendly"). Vous vous rappelez des frères Wright? Et vous souvenez- vous aussi de Henry Ford? Et de Thomas Edison? Ils ont tous simplifié l'interface entre les utilisateurs et l'application d'une connaissance puissante.
  • 90. C'est ce qui va se passer également avec le yoga. Cela doit se produire. Des millions de personnes sentent les vents de la spiritualité s'élever en eux dans ce nouvel âge, et les voiles de la pratique doivent être déployées. Il est temps pour toute l'étendue de la connaissance du yoga de devenir facile d'emploi. Rien n'est nouveau dans le domaine du yoga. Tous les composants de la pratique existent depuis des milliers d'années. Les principes naturels ne changent pas. Le système nerveux humain a depuis toujours les mêmes capacités naturelles. Il y a eu des temps éclairés dans le passé au cours desquels le yoga a fleuri. Dans des périodes plus sombres, la vision fut moins claire en ce qui concerne les possibilités qui sont en nous. Le doute était pesant, ainsi que la superstition et la peur. Mais un petit nombre a toujours joué avec les applications de la connaissance yogique. En secret dans les périodes les plus sombres, sinon ils auraient été mis à mal s'ils avaient trop rendu publiques leurs tentatives. Ils ont été les "originaux" du yoga, vous savez. Les pionniers qui ont créé les traditions ésotériques. Nous devons beaucoup aux grands yogis des temps anciens. Ils nous ont donné les graines de connaissance nécessaires pour nous élancer sans retenue dans ce nouvel âge. Maintenant, c'est à cette génération, et à celles qui viendront, de développer et d'utiliser les interfaces simplifiées pour le système nerveux humain, en utilisant la connaissance yogique, de sorte que nombreux seront ceux qui pourront entreprendre les pratiques de yoga avec succès. Le nouvel âge, ce n'est pas seulement des vents spirituels qui soufflent dans notre dos depuis le cosmos. Le jeu de l'illumination n'est pas un sport que l'on se contente de regarder. Il nous faut entrer dans le jeu si nous voulons en retirer les bénéfices. Il nous faut déployer les voiles de la pratique si nous voulons être de la partie. En agissant ainsi, la terre continuera à devenir un monde meilleur. Comme nous amènerons la réalité de la conscience de pure félicité et de l'extase divine dans le plan terrestre au moyen de nos pratiques, tout sera transformé. Il y aura de la lumière et de l'amour partout et en abondance. Ce ne sera pas un avènement idéologique. Ce sera une vraie transformation énergétique, palpable par tous ceux qui vivent sur terre. Avec, partout, des systèmes nerveux qui deviendront des radiateurs de conscience de pure félicité et d'extase divine, personne ne restera dans le noir. Les doutes qui subsistent seront balayés. Les vents de la bhakti nous porteront toujours plus en avant. Tout ce que nous avons à faire c'est de garder les voiles de notre pratique quotidienne déployées. Notre système nerveux s'occupera du reste. Leçon 94 : quelques leçon concernant le nettoyage Le but des "Pratiques avancées de yoga" est de mettre à la disposition de chacun les méthodes de yoga les plus importantes, d'une manière facilement accessible, de façon à pouvoir commencer, et ensuite poursuivre, une routine quotidienne de pratiques spirituelles sans qu'il soit nécessaire de tout chambouler dans sa vie. Nous avons adopté une démarche par "morceaux", où chacun peut décider quand ajouter un nouveau morceau en fonction de son rythme de progression et de ses capacités. Chaque morceau est une pratique en elle-même qui est plutôt facile. Lorsque vous aurez deux, trois, quatre ou dix morceaux, ce sera toujours aussi facile si vous n'êtes pas allé trop vite en ajoutant des composants à la pratique. Etre à l'aise dans les pratiques et à l'aise dans notre activité quotidienne est notre objectif, avec la conscience de pure félicité et l'extase divine qui se mettent en place de façon stable et ininterrompue, pour devenir une expérience vécue vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Ce que nous faisons dans nos pratiques, c'est de donner à notre système nerveux l'opportunité de déblayer les obstructions anciennes qui se sont accumulées et qui bloquent l' expérience ininterrompue de notre réalité intérieure, qui est félicité, félicité et encore félicité! C'est un grand ménage qui se fait dans notre système nerveux. Les expériences qui se produisent pendant le nettoyage couvrent une vaste étendue, qui va du spectaculaire au monotone et à l'ennuyeux. Peu importe ce que sont les expériences, le ménage continue, aussi longtemps que nous faisons nos pratiques. Il est important d'être clair en ce qui concerne la différence entre les pratiques et les expériences. C'est particulièrement vrai depuis que nous avons commencé à stimuler la kundalini, et peut-être commencé à avoir des sensations d'extase ou même des visions impressionnantes qui se manifestent. Donc voici quelques conseils sur ce qu'il faut faire quand certaines de ces choses se produisent dans la pratique. Si vous êtes en train de faire la respiration de la colonne vertébrale et, au moment où vous arrivez au troisième oeil sur l'inspiration, votre ishta (l'idéal que vous avez choisi: Jésus, Krishna, Moïse, Mahomet, la Mère Divine etc…) vient vers vous au galop, monté sur
  • 91. un chariot doré et vous fait signe de monter pour aller faire un tour, que faites vous? Vous expirez sans effort en redescendant le long du nerf spinal. En d'autres mots, vous favorisez la pratique que vous êtes en train de faire. Si votre ishta dans son chariot descend le nerf spinal avec vous, formidable. S'il ne le fait pas, c'est très bien aussi. Nous ne repoussons pas les visions. Nous ne nous y accrochons pas non plus. Nous favorisons simplement la pratique que nous sommes en train de faire. Si ces visions sont réelles, elles resteront avec nous pendant longtemps, à la fois dans et en dehors de nos pratiques. Votre ishta comprendra que vous faites vos pratiques, et sera très heureux de vous emmener faire un tour après. Ce sont les pratiques qui ont créé l'opportunité de telles expériences dans votre système nerveux spirituel en expansion. Gardez toujours cela à l'esprit. Ne laissez pas vos expériences vous distraire des pratiques qui ont facilité leurs apparitions. Si vous êtes réguliers et stables dans vos pratiques, vos expériences deviendront de plus en plus merveilleuses, pour finalement ne plus vous quitter. Dans la journée vous vous trouverez entouré de votre ishta et de tout un groupe d'anges également! Les expériences n'engendrent pas des expériences plus élevées. Ce sont les pratiques qui le font. Si vous faites yoni mudra kumbhaka et que vous vous trouvez empli de lumière divine qui pénètre à flot par votre troisième oeil, et toujours davantage, et que vous voulez faire encore plus et encore plus de yoni mudra kumbhaka parce que c'est si bon, que faites vous? Vous vous en tenez au nombre de répétitions de yoni mudra que vous faites. Bon, peut-être que vous en ajoutez une, si c'est aussi extraordinaire que ça. Mais n'oubliez pas qu'il est facile d'en faire trop quand des expériences aussi merveilleuses se produisent. Ensuite, ce qui vous arrive, c'est que vous êtes en train de frire intérieurement pendant quelques jours parce que vous en avez fait trop. Le système nerveux ne peut supporter qu'une certaine quantité à un niveau donné de purification. Si on en fait passer trop dans les nerfs avant qu'ils ne soient prêts, cela peut donner l'effet friture. C'est comme si l'on était en feu. Ce n'est pas l'enfer, bien que cela puisse y ressembler. C'est tout simplement trop d'énergie trop tôt. C'est tout. Adoptez une approche progressive pour la purification, et vous aurez un voyage beaucoup plus agréable. Vous ne mettrez pas en danger votre capacité à faire sur le long terme les pratiques avancées de yoga et ce sont les pratiques bien équilibrées sur le long terme qui vous conduisent à l'illumination. Alors, toute la lumière et toute la félicité seront là, sans le feu. Le feu vient de ce que l'on fait le ménage trop vite, parfois nous remuons trop de poussière, et ça va trop vite avec trop de poussière qui sort. Il n'y a pas de miracle qui s'accomplit en une nuit dans cette affaire de grand nettoyage. Bien que la méditation soit habituellement une processus plus doux et plus agréable, laisser le système nerveux s'apaiser jusqu'au silence profond et laisser les obstructions partir de façon globale peut quand même engendrer des expériences puissantes. Lorsque nous avons des pensées, des sensations, des lumières, de l'extase, de l'agitation, des visions, des émotions négatives, quoi que ce soit d'autre, nous revenons simplement sans effort au mantra. Nous ne méditons pour aucune autre expérience que celle qui consiste à favoriser le mantra quand nous nous rendons compte que nous l'avons perdu. Peu importe ce qui était en train de se passer. Si des hôtes célestes viennent remplir notre vision intérieure pendant notre méditation, et que nous nous rendons compte que nous avons laissé le mantra, que faisons nous? Vous avez deviné, nous revenons sans effort au mantra. Si nous nous en tenons aux procédés simples de nos pratiques, nous pourrons nous réjouir de la présence de nos hôtes célestes quand nous le voudrons, en mangeant un sandwich, sous la douche, en promenade ou n'importe où. Si nous les voyons pendant nos pratiques et que nous réalisons que nous avons laissé le mantra, que nous ne sommes plus en train de faire la respiration de la colonne vertébrale ou de compter nos yoni mudra kumbhaka, alors le mieux est de revenir sans effort à la pratique que nous étions en train de faire. Un mot qui revient souvent lorsque nous discutons des pratiques, c'est le mot "attentes". Nous avons tous des attentes. Ce sont des désirs. Nos désirs veulent toujours plus, ils veulent obtenir ceci ou cela. Nous pouvons tomber dans l'habitude d'attendre certaines sortes d'expériences. Si nous appliquons la technique de bhakti, nous pouvons transformer l'énergie de nos attentes et la canaliser en motivation pour faire nos pratiques tous les jours. Si nous réalisons que nous avons des attentes en ce qui concerne des visions ou quoi que ce soit pendant nos pratiques, nous les traitons comme n'importe quelle autre pensée ou n'importe quel autre sentiment qui se manifeste, et nous revenons sans effort à la pratique que nous sommes en train de faire. C'est la façon de nettoyer la maison de la manière la plus efficace. Nous ne renonçons à rien en adoptant cette approche. Nous gagnons tout. Leçon 95 : Stabiliser l‟extase
  • 92. Q: Je n'arrive pas à exprimer à quel point j'apprécie les pratiques, et je m'en tiens à siddhasana pour le moment parce que je ressens tant de béatitude, et par moments une énergie incroyable monte en moi, comme si tout mon corps entrait en pulsation! Tout ce que je vois est félicité. Je vois Dieu l'être universel parfois partout. Aujourd'hui en conduisant, je me sentais si bien, j'ai cru que j'allais crier par la fenêtre pour dire à tout le monde que je les aime et qu'ils devraient faire les pratiques, il a fallu que je me mette à danser quand je suis rentré à la maison… Maintenant, ma question c'est de savoir si j'en reste où j'en suis, en appréciant, ou bien si j'ajoute les autres pratiques? Je ne veux pas stimuler la kundalini de façon excessive, pour ne pas qu'elle se mette en colère après moi. Actuellement, je ressens la connexion avec la félicité des jours plus forts et d'autres seulement de façon légère. R: Je suis content d'entendre que les choses vont si bien. Etant donné votre sensibilité (merveilleuse!), ce serait une bonne chose si vous preniez votre temps en restant au niveau ou vous en êtes pour un mois ou deux. Ou peut-être plus. Vous avez fait beaucoup en très peu de temps. Laissez aux choses une chance de s'aplanir un peu. Assurez-vous que les pratiques et l'activité quotidienne se poursuivent de façon douce. Les grandes montées d'extase ont un rapport avec la purification. C'est la partie amusante du nettoyage, mais c'est quand même du nettoyage. Avec le temps, il y aura moins de friction dans le système nerveux et l'extase deviendra plus raffinée, comme un sourire divin paisible émanant de vous en permanence, vers l'extérieur, très paisible et très puissant. Vous saurez que vous êtes prêt pour l'étape suivante quand le niveau auquel vous êtes deviendra stable, sans ces brusques montées d'énergie. Yoni mudra kumbhaka est très puissant, et il faut vous assurer d'être stable avant de vous y mettre. Lorsque ce sera le cas, commencez doucement, avec peut-être seulement une ou deux répétitions par session, et voyez comment cela se passe. Soyez très mesuré, car il peut y avoir une réaction à retardement avec le kumbhaka. Avancez en fonction de ce que vous ressentez par rapport à vos capacités. Quant à parler aux autres des leçons, faites le si vous pensez que c'est quelque chose de bon. Cette approche non orthodoxe de transmission des techniques avancées de yoga ne se développera que si nombreux sont ceux qui y viennent et y réussissent. Alors qui pourra en contester la validité? C'est un vrai test pour savoir à quel degré nous sommes prêts, tous, pour une diffusion ouverte et à grande échelle de la science spirituelle, où chacun peut s'asseoir dans son propre siège de conducteur. Le temps le dira. Leçon 96 : Retour sur la colonne vertébrale Q: Ma question porte sur ce que je devrais expérimenter pendant la respiration de la colonne vertébrale. Je ne visualise pas bien, ni facilement, et c'est très difficile pour moi d'imaginer quelque chose qui monte et descend dans ma colonne vertébrale comme je ne ressens encore rien qui se passe. Parfois je me parle à moi-même pendant l'exercice ("la lumière monte jusqu'à mon troisième oeil...la lumière descend de mon troisième oeil..."). Parfois j'essaie de le faire silencieusement. Si j'ai seulement l'intention d'imaginer le souffle qui monte et qui descend le nerf spinal, est-ce que cela suffit? Je crains qu'en essayant de me concentrer je ne devienne trop tendu. D'autre part, je me laisse prendre au défi d'essayer de faire monter et descendre mon souffle dans ma colonne vertébrale, et je me rends compte que je passe plus de temps sur mon pranayama que je n'en avais l'intention (et ça me plaît bien)! Pouvez vous me dire, d'après ma description, si je fais la technique correctement? R: Oui, ce que vous faites est bien. Continuez simplement à imaginer le souffle qui monte et qui descend dans ce petit nerf spinal. Cela prend du temps de développer l'habitude mentale. Prenez les choses facilement, comme dans la méditation. Si votre pensée s'éloigne de la respiration de la colonne vertébrale, revenez-y sans effort. Il n'y a rien de plus à attendre que de continuer ce processus facile. Si d'autres visions viennent occuper votre attention, simplement favorisez la pratique de la respiration dans la colonne vertébrale, le souffle avec l'attention qui monte et qui descend. Il n'est pas nécessaire de faire un gros effort de concentration, ni de grandes visualisations. Vous devriez être capable d'abandonner les verbalisations très bientôt. Le mieux c'est d'être à l'aise et détendu par rapport au processus pendant la pratique. Révisez les leçons sur la respiration de la colonne vertébrale dans un mois ou deux et vous pourrez y rajouter certains des raffinements. A ce moment là, vous aurez dépassé la période d'habituation et votre pratique sera plus douce. Avec le temps vous
  • 93. aurez envie d'ajouter d'autres éléments à votre pratique. Tout est dans les leçons. Vous saurez quand vous serez prêt. Prenez les choses l'une après l'autre, et sans tension. Assurez- vous de toujours faire suivre le pranayama par la méditation. C'est une bonne chose qui se passe. Leçon 97 : le tantra pour les maniaques sexuels et les amoureux Q: Je suis un genre de maniaque sexuel. Il semble que je n'en ai jamais assez. Ma femme saisit toutes les occasions pour m'encourager, donc elle doit aussi en être une. Inutile de dire que nous avons une vie sexuelle très active. L'année passée, nous nous sommes intéressés au tantra et au yoga, mais nous n'avons pas réussi à contrôler notre sexualité. Nous ne savons même pas si nous devons la contrôler. Cela commence à m'inquiéter de me vider de ma vitalité tous les jours. Je sais bien que cela ne peut pas continuer comme ça toujours si je veux espérer arriver à quelque chose spirituellement. Vous avez donné beaucoup de méthodes pratiques pour le yoga et nous en sommes très reconnaissants, mais nous sommes toujours accrochés au sexe. Que suggérez-vous? R: Votre désir est fort de faire entrer votre vie sexuelle active dans le domaine du yoga, et on peut faire beaucoup en utilisant les méthodes du tantra. Cela ne signifiera pas nécessairement de réduire votre vie sexuelle. Elle pourra continuer naturellement comme avant. Cela voudra dire développer de la discipline sous forme de techniques spécifiques que vous pourrez utiliser pendant vos relations sexuelles, et que vous pourrez pratiquer ensemble. Il y a d'autres techniques que vous pouvez pratiquer seul. Alors vous découvrirez que la sexualité peut progressivement devenir une partie intégrante du tableau plus large constitué par l'ensemble de vos pratiques de yoga. Dans la plupart des situations, c'est l'homme qui tient les clés du tantra dans les relations sexuelles, car c'est lui qui expérimente la plus grande perte de prana, et c'est lui qui en général détermine la durée de la relation sexuelle. Peu importe le désir qu'une femme peut avoir pour des unions tantriques, c'est l'homme qui doit d'abord les rendre possibles. Ensuite cela peut devenir le paradis pour l'homme et pour la femme. Une fois que l'homme se décide à gérer la perte de prana, et ainsi à allonger la durée de l'union sexuelle, une nouvelle façon de faire l'amour qui va dans la direction du yoga se mettra en place. Alors la sexualité pourra devenir un facilitateur puissant de l'union des énergies masculine et féminine en nous, de la même manière que mulabandha et siddhasana. La sexualité tantrique, bien que n'étant pas au coeur des pratiques avancées de yoga, est un art important à développer, en particulier si nous sommes enclins à avoir des relations sexuelles nombreuses. C'est une extension des principes de siddhasana, où nous cultivons l'énergie sexuelle pour la faire monter dans notre système nerveux, en la purifiant progressivement en utilisant toute la gamme des pratiques avancées de yoga. Les techniques sexuelles du tantra dont nous parlerons, ont pour but de venir en appoint au but global des pratiques de yoga avancées dont nous avons parlé dans ces leçons, sans mettre aucune sorte de limite draconienne à notre liberté de faire l'amour quand nous en avons envie. L'application et la maîtrise des méthodes sexuelles du tantra nous libèrent des stigmates négatifs qui sont parfois liés à la sexualité. Celle-ci devient un autre aspect de notre anatomie spirituelle que nous avons les moyens de diriger vers le but plus élevé de notre illumination. Les relations sexuelles deviennent une aide à notre évolution spirituelle au lieu de rester un obstacle. En même temps, nous commençons à jouir de la sexualité d'une manière que nous n'avons peut-être jamais imaginée. Le bon tantra est très libérateur sous tous ses aspects. Pour ceux qui sont intéressés à apprendre comment les relations sexuelles peuvent être incorporées dans les pratiques de yoga avancées les leçons sur le tantra, y compris les questions et réponses s'y rapportant, figurent sous une rubrique séparée réservée aux personnes adultes:Leçons de tantra Leçon 98 : Yoga et mariage Q: Est-ce qu'une personne peut se marier, et quand même pratiquer la méditation et atteindre le "but"? Comment le mariage aide- t- il/perturbe-t-il la croissance spirituelle d'une personne?
  • 94. R: Le mariage n'est pas nécessairement incompatible avec la pratique spirituelle. Le mariage peut être une partie importante de la pratique spirituelle, car il peut nous aider à croître dans une vie de service fait avec amour. L'aspect sexuel ne doit pas non plus être dissuasif. Tout dépend de la façon dont vous l'approchez. La leçon précédente, sur le tantra, aborde la discussion sur ce sujet. Je suis marié et j'ai des enfants adultes, et je me plonge dans les pratiques encore plus profondément, j'y trouve une vie remplie de joie. Le plus grand défi que le mariage et le fait d'avoir une famille pose pour la pratique spirituelle, c'est la nécessité de travailler pour subvenir aux besoins familiaux tout en trouvant le temps de pratiquer aussi. Cela nécessite un engagement fort, beaucoup de bhakti. On en retire beaucoup de bienfaits si on arrive à tout gérer. Certains préfèrent se focaliser sur leur vie spirituelle. Ce n'est pas si simple non plus. Les renonçants peuvent devenir introvertis et étroits dans leur regard sur le monde, avec peu d'attention pour les autres, et finalement entravés dans leur progrès spirituel bien que faisant beaucoup de pratiques de yoga. Le service à une " famille", quelque qu'elle soit, est nécessaire pour que le coeur et la spiritualité puissent progresser. La famille peut être le voisin qui a besoin d'aide, notre épouse et nos enfants, notre communauté, ou toute l'humanité. Un lien en quelque sorte, qui nous relie aux autres par le service est important. Si c'est le mariage, très bien. Si ce n'est pas ça, alors quelque chose qui nous place dans une position d'avoir une responsabilité d'aider quelqu'un d'autre que nous même. Si nous aidons les autres, nous nous aidons nous même. C'est l'une des plus anciennes sagesses des écritures sacrées. Au bout du compte, le progrès spirituel dépend moins de notre environnement extérieur que de notre environnement intérieur. C'est pourquoi la méditation vient en premier. Elle va droit à la source et immédiatement commence à bâtir l'environnement intérieur correct, la conscience de pure félicité. Ensuite, il nous faut faire quelque chose avec cette qualité de silence intérieur. Nous agirons avec sagesse si nous prenons notre conscience de pure félicité pour la donner au monde sous forme de service. Alors nous sommes comme un canal, et la conscience de pure félicité et l'extase divine monte à travers nous pour se répandre à l'extérieur en direction des autres. Si nous nous attachons à développer notre environnement interne, tous les environnements externes deviendront des domaines naturels de service, ce qui est aussi une pratique. Cela s'appelle karma yoga, le yoga de l'action, le service rendu avec amour. Le karma yoga n'est pas quelque chose que l'on peut forcer à se produire. Il se produit seulement quand l'esprit entre en expansion intérieurement. Tout dans le yoga est connecté comme ça. Tout dans la vie est connecté comme ça. Nous sommes Un, sous une forme multiple. Donc, faisons nos pratiques avancées de yoga, puis sortons de notre pièce de méditation et voyons comment nous pouvons aider quelqu'un. Nous nous aiderons nous même. Leçon 99 : Les pratiques , en amont et en aval Q: Je désire vous donner un retour, et chercher des conseils supplémentaires pour me guider. Premièrement: le pranayama a eu un effet calmant presque immédiat, réduisant l'intensité du déchaînement des tempêtes émotionnelles dont je faisais l'expérience. Je suis actuellement, et jusqu'à présent, à l'aise dans les pratiques jusqu'à yoni mudra kumbhaka non inclus. A l'aise dans le sens où, quoi que je me sente toujours un peu maladroit dans les pratiques, je n'ai pas eu de montées d'énergie et de déséquilibre. J'ai bien essayé yoni mudra kumbhaka un jour, mais trois jours plus tard après des hauts et des bas émotionnels de grande amplitude, j'avais l'impression que mon système nerveux avait été passé à la friteuse, j'étais totalement épuisé. Donc j'ai très rapidement fait marche arrière en ce qui concerne cette pratique pour le moment. Deuxièmement, les questions:
  • 95.  bien que j'ai eu ce que je pourrais décrire comme deux expériences culminantes (dont une avant même d'avoir jamais médité), je ne ressens pas la sensation de félicité ou quoi que ce soit de semblable. La plupart du temps, la méditation est juste une " méditation". Si je me laisse aller à une forme ou une autre d'attente, cela devient très vite frustant. Des suggestions, des commentaires?  je suis en général capable de diriger l'énergie à volonté, y compris la kundalini, pourtant mon "corps" semble incapable de faire face à l'énergie si j'agis ainsi. C'est un peu comme d'avoir une voiture de course sans huile dans le moteur. Si vous le démarrez, il explose. A nouveau, les suggestions ou les commentaires que vous pourrez faire seront les bienvenus. R: Je suis content que la respiration de la colonne vertébrale ait pu vous aider. C'est une pratique merveilleuse, non seulement pour équilibrer, mais aussi pour éveiller de manière sûre et progressive, l'union de Shiva et de Shakti dans la sushumna et partout ailleurs, sous la forme d'expérience de la montée de la conductivité extatique. De plus, cette pratique renforce l'effet de la méditation ce qui est la raison première pour la pratiquer. Si vous avez ajouté mulabandha, sambhavi et siddhasana dans une période aussi courte sans avoir de surcharge, alors tout marche de façon fantastique. Yoni mudra kumbhaka est une autre grande étape. Elle monte le volume de tout le reste. Même seulement quelques minutes de pratique a beaucoup d'effet. Lorsque vous aurez envie de l'essayer à nouveau, ne faites qu'une répétition, et voyez ce qui se passe. Il peut y avoir une action à retardement avec le kumbhaka, comme le confirme votre expérience. Il faut que vous ressentiez comment les choses vont avec elle de façon très prudente. Pour l'instant vous faites la pause qui permet de souffler. Rien ne presse. Vous saurez lorsque vous serez prêt à nouveau pour essayer. En ce qui concerne le fait de "diriger l'énergie" où vous voulez, c'est une lame à double tranchant. Cela peut amener de l'extase, ou nous faire frire intérieurement. C'est vraiment prématuré de le faire si cela conduit aux difficultés que vous décrivez. Et c'est peu recommandé si vous le faites en dehors de la structure des pratiques, bien que nous soyons tous curieux de voir ce que nous sommes capables de faire intérieurement. Que vous fassiez bouger l'énergie vous-même ou dans des pratiques structurées (telles que les bandhas, les mudras, siddhasana et kumbhaka), ce qu'il faut c'est bien davantage de "purification globale" du système nerveux. Ceci s'obtient par la méditation et la respiration de la colonne vertébrale. Si la méditation est difficile (ennuyeuse, frustrante, inconfortable, etc.) parfois, cela veut dire que beaucoup de nettoyage s'effectue, cela même qui est nécessaire pour ôter la source des blocages que vous avez trouvés dans votre chemin. L'inconfort peut être minimisé en suivant les conseils qui ont été donnés. Revoyez les leçons du début pour savoir comment faire face aux différents problémes qui peuvent se présenter pendant la méditation. Rappelez-vous que les attentes sont considérées comme toutes les autres pensées qui apparaissent pendant la méditation, et nous revenons sans effort au mantra. Prenez toujours suffisamment de temps lorsque vous sortez de la méditation. Si vous ne le faites pas, vous risquez de ressentir de l'irritabilité et de l'inconfort pendant la journée. C'est dans la méditation que vous pouvez faire le plus pour pouvoir en faire plus dans la partie finale des pratiques (yoni mudra, etc.). Il vous faut faire davantage de pratiques en amont pour que cela vous aide en aval. Vous pouvez faire beaucoup pour accroître la profondeur, la puissance et la douceur de votre méditation. La longueur de la méditation convient maintenant. Vingt minutes est une durée optimale pour la plupart des gens. Si vous faites des asanas avant le pranayama, cela sera pour vous un pas supplémentaire vers l'intériorisation, et cela aidera à ce que les choses se passent en douceur. Ensuite, si le pranayama se passe en douceur, vous pouvez l'allonger très progressivement dans le temps, et cela vous permettra d'aller plus profondément avant de vous plonger dans la méditation. Essayez d'ajouter cinq minutes de pranayama. Si tout se passe bien pendant quelques semaines, alors essayez d'ajouter encore cinq minutes. La respiration de la colonne vertébrale n'aidera pas seulement votre méditation, mais elle "dirigera votre énergie" d'une manière plus équilibrée pour votre éveil. Dirigez votre énergie, vers le haut et vers le bas dans la sushumna, entre le troisième oeil et la racine, dans la respiration de la colonne vertébrale, ainsi vous accomplirez le maximum avec le moins de risque possible d'avoir des problèmes. Si vous arrivez à faire dix minutes d'asanas, vingt minutes de pranayama et vingt minutes de méditation, ce sera par camions entiers que vous ferez votre nettoyage global. Si tout cela se passe en douceur, cela mettra quantité d'huile dans votre voiture de course, vous nettoierez et lubrifierez votre système nerveux pour permettre à davantage de prana de s'écouler. Vous saurez que cela fonctionne lorsque vous pourrez faire yoni mudra kumbhaka sans déclenchement émotionnel, mais avec de l'extase à la place. Vous
  • 96. retirerez également davantage de plaisir des autres pratiques. Il se peut que cela prenne du temps pour arriver à ce niveau, mais vous serez sur la bonne voie si vous vous focalisez davantage sur les pratiques en amont. Vous semblez avoir pris un peu d'avance sur votre système nerveux avec votre flot d'énergie. Il vous faut revenir un peu en arrière et prendre soin de bien nettoyer votre véhicule. Il n'y a vraiment pas d'autre moyen, à moins que vous ne vouliez suivre la voie de Gopi Krishna en ayant trop d'énergie circulant à l'intérieur, et passer des années dans les difficultés, jusqu'à ce que finalement le système nerveux ait été nettoyé par le feu intérieur et que la fumée se dissipe. Ce n'est pas un très bon raccourci. Ce peut être plus amusant que ça. Leçon 100 : l‟ilumination Q: Avant que nous ne fassions toutes les pratiques, ne serait-il pas juste de définir clairement ce qu'est l'ILLUMINATION? "Qu'est ce que l'illumination" Je suppose que beaucoup de gens pratiquent les techniques pour les pouvoirs, pour résoudre des problèmes etc. Peu d'entre eux pratiquent réellement pour l'illumination... Est-ce que cela fait une différence? R: Oui, je suis d'accord qu'il est important pour tout le monde de savoir quel est l'objectif des pratiques avancées de yoga. Mais est- ce que cela fait une différence? Voyons un peu cela. Nous nous sommes penchés sur le processus de l'illumination plusieurs fois (y compris la réalisation dans l'unité), et aussi sur le sujet des "pouvoirs". Voici quelques unes des leçons où cela a été abordé:  35 - Les points de repère de nos progrès vers l'illumination  76 - Siddhis: les pouvoirs sont-ils réels?  85 - Un retour sur les étapes du voyage En plus de celles-ci, dans toutes les leçons il y a une discussion permanente sur le fait de savoir où nous en sommes dans le processus d'illumination. Beaucoup d'indicateurs secondaires peuvent être identifiés. En général, j'essaie de laisser les spéculations philosophiques et théoriques à l'écart et, au contraire, de tout rattacher aux pratiques et aux expériences directes que nous avons. Les leçons tentent de rester pertinentes en gardant la discussion autant "basée sur l'expérience" que possible. Cela a une valeur pratique lorsque nous avons des expériences qui se manifestent. Si nous comprenons où notre expérience se situe dans le processus global d'illumination, nous pouvons bien mieux ajuster nos pratiques et savoir ce que nous devons faire: quand faire de petits ajustements, quand aller de l'avant, et quand nous retenir. Donc, chacun est assis dans le siège du conducteur de son propre véhicule, c'est une approche nouvelle, vraiment. Cela semble marcher pour beaucoup, ce qui remplit mon coeur de joie. Il faut insister sur le fait que de commencer la méditation et les autres pratiques de yoga avancées n'est pas obligatoirement en rapport avec l'idée d'atteindre le but final. Nous avons tous envie d'être un tant soit peu soulagé des fardeaux de notre vie quotidienne, d'avoir un peu plus de paix intérieure, de félicité, et de trouver plus d'énergie et de créativité pour atteindre nos objectifs, quel qu'ils soient. Chacun a son propre idéal vers lequel il tend, son propre processus de bhakti, si vous voulez. Sa propre idée de l' "illumination". Donc, bien qu'il y ait un processus d'illumination, chacun en a une approche qui lui est propre, un idéal qu'il espère atteindre. Au fur et à mesure que nous progressons dans notre pratique quotidienne, notre idéal s'étend en même temps que notre système nerveux se purifie. Avec le temps, nous nous élevons davantage, de plus en plus haut. C'est ainsi que la bhakti fait s'ouvrir notre système nerveux. Et puis, un jour, nous voyons tout le monde comme une expression de notre soi béatifique, et nous sommes devenus une fontaine d'amour. Il peut y avoir des milliers de niveau d'expérience élargie avant que l'on arrive à ce stade, chacun aussi valable que le précédent ou le suivant. Pour vous dire la vérité, la raison pour laquelle les gens font les pratiques de yoga avancées n'a pas vraiment d'importance. Nous avons chacun nos raisons. Les faire nous ouvrira le portail vers l'infini, indépendamment de notre motivation de départ. Purifier et ouvrir notre système nerveux à la vérité élargira notre point de vue à ce qui est vrai, quel que soit notre point de vue au départ. Donc, bien qu'il soit bon d'entendre parler de notre destination d'illumination finale, il est encore mieux d'être une personne plus accomplie aujourd'hui que nous ne l'étions hier. C'est là le vrai but des pratiques avancées de yoga, elles fonctionnent jour après jour avec une pratique régulière, c'est là le point essentiel.
  • 97. Donc, qu'est-ce que l'illumination? C'est un processus, un voyage. Plus important, c'est l'idéal que vous choisissez qui vous tourne vers la pratique quotidienne. Leçon 101 : Le brachmacharya ? : Qu'est-ce que le brahmacharya? R: Brahmacharya signifie "marcher en Brahma" ou bien "marcher dans la force créatrice de Dieu". Ce mot est souvent traduit par célibat, mais il ne signifie pas que cela. En réalité, il désigne la préservation et la culture de la force créatrice, l'énergie sexuelle, qui peut se faire soit par le célibat soit par les relations sexuelles tantriques. Ces deux modes de comportement produisent le même résultat, car tous les deux impliquent la préservation et la culture de l'énergie sexuelle vers le haut dans le processus divin qui monte dans le système nerveux grâce aux pratiques avancées de yoga. Les approches du brahmacharya sont discutées plus en détail dans les leçons de tantra, sous la rubrique: Leçons de tantra Leçon 102 : l‟importance d‟une routine de méditation sur le long terme Q: Je lutte avec la méditation, depuis environ six semaines maintenant. Est-il possible que j'aie à faire beaucoup de "nettoyage" avant d'ajouter la respiration? Je n'arrive pas vraiment du tout à la "félicité". Pourtant je pratique consciencieusement les deux fois vingt minutes dans la journée et je trouve que je suis subtilement plus calme, mais j'ai toujours mes nombreux "moments" pendant le journée où je ne suis pas si calme que ça... Néanmoins, j'apprécie beaucoup que vous ayez lancé ce groupe et l'illumination de nombreuses personnes. Il y a cinq ans seulement, je me sentais si seul en ce monde...que mes croyances spirituelles ne soient pas partagées par beaucoup parce qu'il y en avait trop qui adoraient le tout puissant dollar plutôt que l'esprit. Je priais pratiquement tous les jours à cette époque là qu'il y ait davantage d'anges de la terre (ou de guerriers comme certains aiment s'appeler) qui voient les choses comme moi, et par bonheur, je puis dire que je commence à avoir beaucoup plus d'Esprit dans ma vie et cela s'accroît chaque jour. R: On dirait que de bonnes choses se produisent pour vous, mais un cheminement plus confortable serait mieux. Il est inhabituel que la méditation soit difficile et que cela continue sur une durée. Il se peut que beaucoup d'obstructions sortent, ce qui est une bonne chose, mais il est nécessaire que les choses se passent plus en douceur avant et après la méditation si vous voulez garder votre motivation sur une longue durée. La difficulté peut venir de ce que vous forcez le mantra, ou de ce que vous sortez de méditation trop rapidement, ou encore de ce que vous méditez trop longtemps pour votre constitution. Posez vous les questions suivantes: Est-ce que je prends le mantra sans effort, sans m'efforcer à le prononcer d'une façon particulière? Est-ce que je lutte avec les pensées pour revenir au mantra? Il nous faut agir avec douceur, simplement favoriser le mantra sans effort lorsque nous nous rendons compte que nous l'avons perdu. Il n'est pas nécessaire que ce soit une prononciation claire. En fait, si la prononciation devient, d'elle-même, vague, de manière naturelle, c'est tout à fait bien. C'est le mental qui nous tire vers le silence de façon naturelle. Est-ce que je me lève trop tôt à la fin de la méditation? Si nous nous levons trop tôt, nous pouvons bloquer des obstructions qui sortent suite à la méditation, et cela peut engendrer de l'inconfort dans l'activité pendant la journée. Donc nous prenons toujours au moins quelques minutes de tranquillité sans mantra à la fin de la méditation. Si la méditation a été agitée par de nombreuses pensées et émotions qui sortent, alors allongez vous pendant cinq ou dix minutes, tout le temps nécessaire pour que l'agitation s'apaise. Cela peut faire une grosse différence dans vos expériences de la journée. Si la méditation ne devient toujours pas plus calme, essayez cinq minutes de respiration dans la colonne vertébrale avant la méditation. Si cela n'amène pas d'apaisement dans la méditation, alors supprimez la respiration. Essayez cinq ou dix minutes de postures de yoga avant la méditation. Cela peut aider à rendre la méditation plus paisible aussi.
  • 98. Si rien de ce qui a été dit plus haut ne marche, alors peut être devriez vous essayer quinze minutes de méditation deux fois par jour au lieu de deux fois vingt minutes. Ce ne sont que des suggestions de différentes choses que l'on peut essayer. Faites votre expérience pour voir si vous arrivez à trouver un rythme qui soit agréable. La routine idéale comprend des asanas, le pranayama et la méditation, dans cet ordre. La durée peut varier un peu, mais une routine type sera 5, 10 et 20 minutes dans cet ordre. Il vous faut trouver votre propre zone de confort et d'équilibre. Lorsque vous y serez arrivé, alors vous pourrez continuer votre routine pendant des années, en ajoutant au fur et à mesure des pratiques de yoga avancées supplémentaires. Alors vous serez assuré de faire beaucoup de progrès. Vous goûtez au silence intérieur maintenant. C'est merveilleux. Maintenant la chose est de grandir de façon régulière et assurée dans Cela (la conscience de pure félicité) sur le long terme sans chuter sur le chemin de la pratique en raison de l'inconfort dû à une purification trop importante qui se produit trop vite. C'est vous qui êtes au volant, donc conduisez habilement et en douceur. Je vous souhaite le succès dans votre voyage, "ange de la terre". Vous avez beaucoup de compagnie ces jours-ci. Leçon 103 : destinée et libre arbitre Q: Je pratique le yoga et la méditation depuis de nombreuses années en progressant lentement mais sûrement dans les "expériences". Le seul problème je présume, c'est que j'essaye de nombreuses techniques sans m'en tenir à une pendant longtemps. Est-ce le karma qui empêche le progrès dans la méditation? Devrait-on abandonner et laisser les choses se faire toutes seules, ou bien devrait on utiliser son libre arbitre pour faire que les choses se passent? Dans mon cas, c'est parfois le libre arbitre qui prend le dessus et parfois la destinée ...C'est un peu déroutant! Je vous en prie, dites nous ce que vous en pensez. R: Je pense que votre question sur le libre arbitre est en partie traitée dans la leçon #84 "l'art de ne rien faire". Si nous nous laissons aller à devenir partie prenante de l'évolution, nous ferons quelque chose. Toute la nature fait quelque chose. Consciemment ne rien faire est encore faire quelque chose. L'astuce, c'est de faire quelque chose qui est très peu et qui facilite l'ouverture naturelle du système nerveux à la conscience de pure félicité et à l'extase divine. Nous voulons confier le processus à la capacité naturelle de notre système nerveux. Pour cela, nous devons donner une petite poussée ici ou là avec des leviers efficaces. C'est le propos des pratiques avancées de yoga. Le karma/les samskaras/les obstructions enfouies dans notre système nerveux sont ce qui nous sépare de l'expérience divine. Les pratiques spirituelles ont pour but de stimuler le système nerveux pour qu'il se purifie, en ôtant les obstructions. Ne pas le faire et s'en remettre au "destin" prolonge le voyage, et revient à laisser le ménage qui devra être fait plus tard. Il y a du libre arbitre dans cela. Nous avons tous la liberté de choisir. Nous pouvons le faire maintenant ou plus tard. C'est le choix que nous avons. Si nous le faisons plus tard, ce sera peut-être plus facile pour nous en raison des efforts des autres et de la position des planètes. La plupart préfèrent s'y atteler plutôt que de rester assis dans le noir à attendre que quelqu'un d'autre allume la lumière. Vous pourriez trouver la leçon #93 "les temps changent" intéressante. Elle explique comment l'apparition du "nouvel âge" (new age) est liée aux choix que nous faisons. Il en résulte que le "destin" est dans les étoiles. Le reste dépend de nous. En ce qui concerne les nombreuses méthodes, l'analogie du "puits que l'on creuse" s'applique ici. Si nous creusons suffisamment longtemps au même endroit, nous finirons par trouver de l'eau. Si nous creusons ici, là et encore là bas, il nous faudra peut-être plus de temps pour trouver de l'eau. Donc, en général, il vaut mieux s'en tenir à une pratique ; à condition que s'en soit véritablement une et qu'elle ait fait ses preuves. Dans ces leçons nous abordons toute une étendue de pratiques éprouvées et authentiques, et nous les mettons ensemble comme des briques, dans leur intégralité, pour que chacun puisse les faire selon sa propre capacité et à son propre rythme. Pour ceux qui suivent déjà une autre voie, tout ceci est offert comme "matière à réflexion". C'est notre approche. Leçon 104 : les blocages d‟énergie qui ne veulent pas partir
  • 99. : J'ai une ou deux questions pour lesquelles j'aimerais avoir votre avis... Si quelqu'un a des expériences de kundalini inconfortables, pensez vous que cela puisse aider d'aller voir un guérisseur qui travaille à un niveau énergétique, comme un maître de reiki ou quelqu'un dans ce genre, ou bien est-ce que c'est tricher, comme de prendre un raccourci qui ne fera pas vraiment gagner du temps sur le long terme? A condition que l'on continue les pratiques bien sûr, juste rechercher un peu d'aide à l'extérieur pour ôter les blocages. Quand je médite, j'ai une douleur assez intense dans le dos, qui pourrait avoir un rapport avec la posture, mais qui pourrait être un blocage (ce que je soupçonne). J'ai essayé toutes sortes de supports du dos ou sur lesquels m'appuyer ou me soutenir, mais je n'ai toujours rien trouvé qui marche. Je peux méditer allongé sur le dos, cela me repose suffisamment pour pouvoir rester une demie heure et ne pas m'endormir, mais, intuitivement, je ressens qu'il y a quelque chose de spécial dans la position verticale, quelque chose concernant la relation entre le haut et le bas qui doit être important et à côté de laquelle je passe si je pratique en position horizontale. Qu'en pensez-vous? J'aimerai également savoir si je peux importer mulabandha, sambhavi et siddhasana du pranayama dans la méditation. Est ce correct? R: S'il y a des expériences de kundalini inconfortables, des blocages chroniques, ou quoi que ce soit de ce genre, tout moyen qui permet de soulager est bon. Nous souhaitons que notre voyage soit aussi confortable que possible, sinon nous risquons de ne pas vouloir continuer, donc si le reiki, le massage, la guérison par l'énergie, la chiropraxie, le tai chi ou tout autre moyen disponible peuvent aider à soulager un blocage d'énergie qui ne veut pas partir, ne vous en privez surtout pas. Peut-être pourriez-vous relire la leçon sur les remèdes à apporter aux problèmes de kundalini, postée il y a quelques semaines. N'oubliez pas les asanas du yoga. Ceux-ci sont particulièrement recommandés pour les blocages dans la colonne vertébrale, si tant est qu'il n'y ait pas de problème médical. Si vous pensez qu'il puisse y avoir un problème médical, veillez bien à prendre conseil auprès de votre médecin. Bien sûr, nous pouvons nous arranger pour que nos pratiques ne soient pas trop inconfortables, si c'est lié à l'énergie. La première chose à faire c'est vraiment les ajustements nécessaires lorsque notre énergie heurte un mur et que c'est inconfortable. L'énergie d'évolution vient de l'intérieur, détachant les obstructions et les poussant vers l'extérieur, et nous pouvons faire beaucoup pour accélérer ou tempérer ce processus dans les pratiques. Tout est là en réalité. Chacun de nous réagit différemment aux pratiques spirituelles. Nous voulons éliminer ces obstructions dans notre système nerveux en douceur tous les jours, pas avec un marteau piqueur. Donc évaluez vos pratiques pour les ajuster à vos expériences. Ce que nous faisons ici est "basé sur l'expérience". Si vous méditez plus de vingt minutes, c'est trop. Parfois il faut pratiquer moins de vingt minutes quand beaucoup d'obstructions sont évacuées. Quant à la posture dans la méditation, oui la position verticale vaut mieux que d'être allongé, mais nous ne sommes pas intransigeants à ce sujet, ici dans ces leçons. La méditation doit être confortable avant tout, sinon pourquoi s'en soucier? Donc, jusqu'à ce que la situation de votre dos s'améliore, soyez penché vers l'arrière autant qu'il est nécessaire. Mais ayez pour but de progressivement arriver à vous redresser. Ajoutez peut-être un coussin cette semaine, deux la semaine prochaine, trois la semaine d'après. Voyez si vous pouvez très progressivement retrouver une posture assise verticale tout en ayant un appui dans le dos. Si cette douleur du dos est un blocage d'énergie, elle devrait disparaître à un moment ou à un autre. Pour ce qui est de savoir ce que l'on conserve de la pratique du pranayama lorsque l'on passe à la méditation, ce sont seulement les choses qui ne divisent pas l'attention. A ce stade, c'est seulement siddhasana, parce que cela ne requiert pas d'attention particulière de s'asseoir ainsi. Bien sûr, cela peut distraire un peut au début avec la stimulation du périnée, donc il vaut mieux ne pas s'asseoir de cette façon pendant la méditation avant que cela ne devienne une habitude familière et confortable pendant le pranayama. C'est à vous de voir. Mulabandha et sambhavi demandent trop d'attention pour être maintenus à ce stade, donc nous n'essayons pas de les faire pendant la méditation. L'idée c'est de garder l'esprit libre pour s'en tenir à la méthode simple de la méditation. C'est très important. Avec du temps, de nombreuses choses yogiques se produiront spontanément pendant la méditation, au fur et à mesure que les processus de yoga deviennent plus fluides dans notre système nerveux. Certaines peuvent nous être familières. D'autre totalement nouvelles. Nous n'encourageons pas ces choses, mais nous ne leur résistons pas non plus. Si nous nous retrouvons dans la posture la tête en bas les pieds en l'air au milieu de la méditation, que faisons-nous? Oui, nous revenons sans effort au mantra.
  • 100. Il y a bien peu de chances que nous nous retrouvions très souvent dans la posture sur la tête, mais d'autres choses inhabituelles peuvent se produire, et cela arrive. Cela fait partie de l'aspect du yoga qui connecte toute chose. Le système nerveux sait ce qu'il doit faire si nous lui donnons l'occasion de s'ouvrir. Le système nerveux est la source de tout le yoga. Nous ne faisons que lui donner un coup de main ici et là. Nous facilitons le processus d'illumination qui est automatique. Leçon 105 : face à un mur avec mulabandha Q: J'ai commencé les pratiques au début et tout allait bien jusqu'à ce que j'arrive à #55 "mulabandha". Je trouve pratiquement impossible de contracter "doucement" le muscle sphincter. Quand j'essaye, je deviens complètement tendu et le résultat est que j'expérimente une variété de douleurs. Je continue d'essayer, mais je n'ai qu'une hâte c'est que le pranayama se termine, alors que jusque là ça avait été assez confortable. Je m'inquiète aussi de l'accent mis sur la sexualité dans les leçons. Je recherche l'illumination spirituelle et je me demande si je ne me suis pas trompé de pratique. R: Si mulabandha n'est pas confortable à ce niveau, alors c'est le moment pour revenir un peu en arrière à un niveau de pratique qui soit confortable et d'y rester un moment. Il peut se passer des mois ou bien même davantage avant que vous ne vous sentiez prêt à aborder l'étape suivante. C'est très bien ainsi. Ce que vous faites est déjà très avancé. Vous progresserez et vous vous ouvrirez à bonne vitesse. C'est votre voyage. Cette approche des pratiques n'est pas orthodoxe en ce sens que tout le monde peut aller à son propre rythme, donc soyez mesuré dans votre approche et adaptez vos pratiques en fonction de votre expérience. De nombreuses pratiques décrites dans les leçons ont historiquement été réservées à un tout petit nombre (ésotérique) jusqu'à maintenant. Donc nous avons tous une grande responsabilité lorsque nous utilisons cette approche. Nous espérons que beaucoup plus de gens encore pourront bénéficier des techniques avancées de yoga que dans l'âge sombre passé. Il n'est pas possible pour qui que ce soit de tout traverser en quelques mois sans heurter un mur à un moment ou un autre. C'est un long voyage que nous avons entrepris. Rappelez vous la leçon 38 "Ou en êtes- vous?". Les leçons sont mises en place pour la longue durée, pour procurer une ressource continue pour les aspirants de tous les niveaux. Les pratiques vont devenir progressivement plus avancées au fur et à mesure que vous les lirez, et certaines vous paraîtront même choquantes. Naturellement, à des niveaux plus élevés, moins de gens seront prêts, mais il y a des gens de tout niveau ici, alors nous continuons. Avec le temps chacun ira aussi loin qu'il pourra ou voudra. Le but est d'éclairer le chemin de façon claire du début jusqu'à la fin, pour que tout le monde puisse le suivre. Quant à l'aspect sexuel, il ne peut pas en être séparé. Il fait partie intégrante du milieu du voyage. Je n'ai pas pu réussir à trouver un moyen de l'ignorer. Donc nous nous trouvons confrontés directement à lui. Vous verrez comment il s'intègre dans les leçons ultérieures. A la fin, la sexualité est transcendée en quelque chose qui est beaucoup plus. L'ignorer c'est heurter le pire des murs qui soit, faire semblant que quelque chose n'existe pas. La sexualité existe, et l'énergie entrera en expansion à un moment donné. Si ce n'est pas le cas, cela veut simplement dire qu'il reste des obstructions qu'il faut dégager. C'est une réalité fondamentale de la transformation du système nerveux qui passe à un mode de fonctionnement supérieur. Si vous n'êtes pas prêt à vous en occuper directement au moyen des pratiques, ce n'est pas un problème. Prenez votre temps. La méditation et la respiration de la colonne vertébrale feront leur travail d'ouverture et d'éveil du système nerveux tout entier de façon plus subtile, et vous pourrez éviter la stimulation directe de l'énergie sexuelle si c'est le mieux pour vous. Donc laissez mulabandha de côté pour le moment, et ne pratiquez pas siddhasana non plus. Même sambhavi (au troisième oeil) est sexuel quand il est relié, et qu'il fait monter la conductivité extatique le long du nerf spinal depuis la région du bassin. C'est ainsi que nous sommes fabriqués pour l'illumination, vous savez. Mais vous pouvez tout faire avec la méditation et la respiration de la colonne vertébrale. Simplement ça prend un peu plus de temps, et les aspects sexuels restent en arrière plan. Au bout du compte, à la fin, les expériences seront les mêmes et vous serez prêt à les faire. Le système nerveux s'ouvrira naturellement à sa propre vérité, et vous serez empli de lumière et de félicité. Il n'y a pas d'endroit particulier où nous devrions être dans ce large éventail de pratiques. Chacun est à la pointe de son propre voyage vers l'illumination. Là où cela fonctionne pour vous, c'est là qu'il faut que vous soyez. Avec la purification grandissante, vous pouvez vous déplacer à la vitesse qui vous convient. Veillez bien à ne pas en faire trop et à ne pas vous exposer à des difficultés incessantes. Il faut que ce soit amusant. Choisissez votre niveau de pratique pour un voyage doux et agréable.
  • 101. Leçon 106 Meditation mantra et respiration Q: J'essaye de développer une meilleure habitude de méditation, que j'aime énormément pratiquer bien que je sois plutôt débutant. Est-ce que cela fait quelque chose si j'imagine, ou je m'entends intérieurement dire "I" [prononcer: "ail" N.d.T.] à l'inspiration et "AM" à l'expiration ou bien si j'entends "I AM" "I AM" "I AM" à l'inspiration et la même chose en expirant, etc.? R: Certains systèmes de méditation utilisent le mantra avec la respiration. L'approche dans ces leçons est de ne pas faire ça. Donc, non, ça n'a pas d'importance si le mantra est avec le souffle ou pas. Nous laissons le souffle tranquille pendant la méditation et nous ne nous en préoccupons pas. La raison en est que nous voulons que le mantra soit libre de changer de lui-même en ce qui concerne sa vitesse de répétition et son degré de clarté afin que le mental puisse facilement s'apaiser. Nous voulons que la méditation mène la respiration de façon naturelle et non l'inverse. Si nous favorisons le souffle pour mener le mantra, nous dériverons vers un mode de pranayama qui cultive les nerfs à un niveau moins subtil que celui où le mental peut aller lorsqu'on lui en donne la possibilité pendant la méditation profonde. C'est un point important à côté duquel il est facile de passer. Cela deviendra plus clair lorsque nous améliorerons le mantra en y ajoutant quelques syllabes. Cultiver les nerfs est une très bonne chose et c'est très agréable, c'est ce que nous faisons avec le pranayama. Mais la méditation en suivant le souffle n'est pas aussi profonde que la méditation sans suivre le souffle. Dans la méditation profonde, lorsque le mental s'immobilise, le souffle et le métabolisme sont automatiquement suspendus. Nous voulons avoir le loisir de reprendre le mantra à des niveaux très subtils/tranquilles du mental sans qu'il soit habituellement associé au souffle. Si le mantra suit le souffle, nous ne le favorisons pas, pas plus que nous ne le rejetons. Nous suivons simplement la méthode qui consiste à favoriser le mantra sans effort, quel que soit le niveau d'apaisement du mental auquel nous nous trouvons. Ensuite nous allons vers davantage d'apaisement et de purification dans le système nerveux tout entier, à un niveau très profond, avec la montée de la conscience de pure félicité. Donc, le pranayama sert à cultiver les nerfs avec l'attention et le souffle, et la méditation a pour rôle de laisser le mental aller en profondeur, pour éveiller la graine silencieuse de la conscience de pure félicité, très profondément dans le système nerveux. Dans cette approche nous ne cultivons et plantons pas en même temps. Nous en avons parlé plus en détail dans la leçon #43 "Le pranayama et la méditation, quelle relation?". Si vous ne vous occupez pas du souffle pendant la méditation, vous verrez que vous irez beaucoup plus profondément dans le silence, en particulier si vous avez fait la respiration de la colonne vertébrale avant la méditation. Leçon 107 : Avancer selon ses possibilités en méditation et postures Q: J'ai "fait" un peu d'ashtanga yoga (parfois beaucoup, parfois un peu) depuis 5,5 ans et mon yoga m'a bien aidé pour la respiration et mulabandha (ashtanga: très agréable, même pour un ex skieur/triathlète qui n'est pas trop souple) et récemment, j'ai eu un accident de voiture lors duquel je me suis foulé le poignet. Avez- vous des suggestions sur la manière dont je pourrais modifier les salutations au soleil et viniyasas pour que je puisse continuer ma pratique de la manière la plus efficace, car je venais juste de m'y remettre régulièrement avant l'accident. 1. R: Pour les salutations au soleil, les asanas, et en fait toutes les pratiques de yoga, la première règle c'est de ne pas forcer, jamais, et d'utiliser une douce incitation. Si il y a de la raideur, une blessure, ou de l'inconfort, alors nous allons simplement jusqu'à notre limite naturelle que nous testons un peu. Jamais jusqu'à avoir mal ou jusqu'à une forte tension. Juste au point limite du mouvement, et nous y restons le temps de la posture. Ce point peut être fort éloigné de la posture complète, ce qui est tout à fait bien. Nous faisons ce que nous pouvons confortablement, dans la direction de la posture, sans tension, en sachant que nous ferons progressivement mieux dans les séances suivantes. Si un degré d'étirement devient inconfortable, nous revenons en arrière à un niveau confortable. Ou bien, si nous pouvons aller un peu plus loin sans tension, alors nous laissons aller. C'est ce dont nous avons parlé de nombreuses fois dans les leçons sur les pratiques de yoga avancées. C'est le principe de faire selon ses possibilités. C'est l'art subtil de la progression en yoga, ne jamais forcer, toujours utiliser une légère incitation. Avec cette approche, le corps et le système nerveux vont, lentement mais sûrement, vers davantage de flexibilité, de purification et de plus grandes expériences de paix intérieure et de félicité. Il y a ce vieux dicton qui dit que "la vie est dure si on en fait trop à la fois, et facile si on fait les choses petit à petit" "By the yard, life is hard. By the inch, it's a cinch."
  • 102. C'est facile d'atteindre un bon niveau en yoga si on sait agir selon ses possibilités. Leçon 108 - Kechari mudra- Un bond de géant pour l'humanité Kechari mudra est un sujet de discussion et de débat de plus en plus fréquent de nos jours. C'est bon signe. Cela veut dire que cette pratique sort de l'ombre du yoga ésotérique pour entrer dans le soleil matinal de ce nouvel âge de l'illumination qui commence à poindre. Qu'est-ce que kechari mudra? Expliquons cela en termes que nous pouvons facilement comprendre. A un centimètre ou deux au dessus de notre palais, se trouve l'un des organes les plus sensibles à l'extase de tout notre corps. Il peut être relativement facilement atteint avec notre langue. Il se situe sur le bord arrière du septum nasal 1, et lorsque le système nerveux sera suffisamment purifié au moyen des pratiques avancées de yoga, notre langue roulera vers l'arrière pour monter dans la cavité du pharynx nasal et entrer en contact avec la partie sensible de notre septum. Lorsque cela se produit, c'est comme si un interrupteur général était fermé dans notre système nerveux, et toutes nos pratiques de yoga avancées et nos expériences commencent à fonctionner à un niveau plus élevé. Lorsque kechari est atteint naturellement, nous entrons sur la voie rapide du yoga. C'est comme jouer en première division pour le yoga, si vous voulez. Ramakrishna disait "Lorsque la divine déesse s'élève, la langue roule en arrière". Beaucoup ont fait l'expérience de ce phénomène naturel à un moment de leur pratique du yoga. Quand le système nerveux est prêt, cela se produit, tout simplement. La langue cherche à aller en arrière. Mais peu arrivent jusqu'au bout de l'expérience, c'est juste une question d'entraînement. Si la bhakti est forte, et que la langue roule vers l'arrière, la distance à parcourir n'est pas grande pour établir, dans le pharynx, la connexion avec un niveau plus élevé d'expérience spirituelle. Peu nombreuses sont les personnes sur terre aujourd'hui qui ont fait cette transition importante en yoga. Cependant, il est probable que le nombre de gens qui pourront faire kechari augmentera de façon significative dans les années qui viennent. Quand cela se produira, ce sera un bond de géant en avant pour l'humanité, car cela indiquera le passage de l'humanité vers un mode de fonctionnement essentiellement spirituel du système nerveux. Cela amènera les nombreux bienfaits de l'illumination naissante dans toute notre société moderne. C'est dire l'importance et la puissance de kechari et à quel point il indique la direction vers laquelle l'humanité se dirige. Un petit nombre seulement de yogis et de yoginis en kechari peut avoir un effet énorme sur les énergies spirituelles de tout le monde. Ils irradient une énergie qui accélère le processus d'illumination en tous. Donc, bien que kechari soit un phénomène individuel sur le chemin qui conduit à la transformation spirituelle de l'homme, il a des implications globales, de même que toutes nos pratiques de yoga avancées. Comme l'a dit Jésus, "vous êtes la lumière du monde". Mais assez sur la destinée spirituelle de la race humaine. Qu'en est- il de chacun de nous et de notre relation à kechari? Depuis que kechari a été mentionné pour la première fois dans ces leçons il y a quelque temps, plusieurs personnes m'ont écrit pour dire qu'ils en avaient les premiers symptômes, et se demandaient ce qu'ils devaient faire. "Dois-je empêcher la langue de rouler vers l'arrière?" "Dois-je continuer? Et si oui, comment?" Telles sont les questions qui ont été posées. Si la langue roule vers l'arrière et que nous avons l'impression que les choses vont trop vite, il n'y a pas de précipitation à avoir. Si nous avons des doutes ou des expériences de kundalini excessives, il vaut peut-être mieux attendre. C'est l'application du principe d'aller à son propre rythme. Il n'y a que vous qui pouvez savoir quand le moment est venu. Personne ne peut vous dire quand c'est le moment de faire kechari, ou toute autre pratique de yoga avancée. Vos expériences et votre bhakti seront vos guides. Bien que nous parlions d'un voyage de quelques centimètres, kechari n'est pas une petite affaire. Pas tant physiquement, bien que ce soit un défi sur le plan physique, mais plutôt pour la psyché et les émotions. Kechari est un grand pas à franchir. Il va au coeur de notre identité spirituelle. Sommes-nous prêts à fermer un interrupteur neurologique qui nous transportera à un niveau plus élevé
  • 103. d'existence? Ce n'est pas que nous soyons changés instantanément et pour toujours. Ce n'est pas comme ça. Le jour qui suit notre entrée en kechari pour la première fois nous sommes toujours la même personne. Il est même possible que nous arrêtions de faire kechari si nous l'avons pratiqué prématurément. Il n'y a pas de mal à ça. Kechari nécessite un temps d'habituation, comme toutes les pratiques avancées que nous faisons. Il faut de la détermination pour dépasser les débuts maladroits dans kechari. Nous ne sommes pas instantanément une autre personne dès l'instant où nous commençons kechari. C'est seulement avec le temps, avec une pratique quotidienne que nous serons transformés, et ce sera une transformation substantielle. En réalité, nous serons devenus une personne différente avant que nous n'entrions en kechari. La décision de le faire est le moment crucial, tout autant que l'action elle-même. De ce point de vue, kechari est plus qu'une action physique. La décision de faire kechari c'est reconnaître que le système nerveux est prêt pour le niveau suivant. Le système nerveux nous dit quand il est prêt. Nous sommes devenus kechari avant même que nous n'y entrions. N'en est il pas ainsi de toutes les pratiques de yoga avancées que nous abordons? Nous nous sentons prêts. Nous commençons la pratique. Si nous sommes en accord avec notre système nerveux, nous poursuivrons la pratique. Si c'est prématuré, alors ce sera difficile et nous devrons revenir en arrière. C'est très bien ainsi. C'est de cette façon là que nous nous testons pour trouver les ouvertures qui nous permettent d'avancer en yoga. Kechari est comme ça aussi. Sauf qu'avec kechari nous en faisons un peu plus pour nous y plonger, et l'expérience est plutôt spectaculaire, donc il faut une forte motivation pour le faire, une forte bhakti. Kechari signifie "voler à travers l'espace intérieur". Ca a l'air à la fois poétique et spectaculaire. Et pourtant, kechari est bien plus que ça. C'est bien plus personnel que ça. La pratique régulière de kechari nous emmène dans une relation amoureuse permanente des polarités en nous. Les effets de kechari dépassent de loin ceux des relations sexuelles tantriques telles qu'elles sont discutées dans les leçons de tantra. C'est stupéfiant parce que kechari n'implique aucune activité sexuelle extérieure. Kechari est l'un des grands secrets des célibataires illuminés. Non pas que le célibat et kechari doivent aller ensemble. N'importe qui peut pratiquer kechari et continuer à avoir des relations sexuelles normales. Mais si l'on choisi la voie du célibat, alors kechari, avec d'autres pratiques avancées de yoga, procurera plus que suffisamment de culture de l'énergie sexuelle pour la faire monter dans le système nerveux. C'est un processus interne naturel qui s'élève en nous. Avec kechari, est-ce que nous "volons à travers l'espace intérieur"? La plus grande partie de l'expérience de kechari est la montée de la béatitude extatique. Les sens sont naturellement tournés vers l'intérieur et c'est comme si on volait à l'intérieur. Nos dimensions intérieures sont vastes, et nous nous élevons en elles dans une rêverie constante. La connexion que nous faisons avec le haut de la sushumna, ida et pingala dans kechari est extatique et fait monter la conductivité extatique dans le système nerveux davantage que n'importe quelle autre pratique. Chacune des autres pratiques de yoga avancées devient alors de plus en plus efficace pour faire la même chose, élever la conductivité extatique. Donc, kechari est une connexion extatique qui illumine notre système nerveux tout entier. Le bord sensible du septum nasal est un autel de félicité. Plus nous y passons de temps, plus nous expérimentons de félicité. Kechari est le compagnon parfait de sambhavi. Les deux pratiques sont complémentaires. Ensemble, sambhavi et kechari tirent l'extase divine vers le haut, nous remplissant de lumière divine. Les yogis et les yoginis avancés utilisent kechari de façon continuelle pendant toutes leurs pratiques assises, et souvent pendant la journée lorsqu'ils n'ont pas besoin de parler. En d'autres termes, kechari est la demeure du yogi et de la yogini avancés. Nous ne savons même pas qu'ils sont en kechari. Seul le rayonnement subtil de lumière divine les trahit. Intérieurement ils jouent en permanence cette romance d'amour divin. Nous traiterons de quatre niveaux de kechari ici, tous en rapport avec le positionnement du bout de la langue (voir soushttp://www.aypsite.org/kechari_image1.html pour les croquis): Niveau 1 - Au point où le palais et le voile du palais se rejoignent. C'est la ligne de démarcation qui doit être franchie avant que le niveau deux puisse être abordé. Niveau 2 - Derrière le voile du palais, vers le septum nasal. C'est un voyage court, mais d'une importance capitale. Au départ cela se fait en s'aidant d'un doigt qui pousse sous la langue, vers la gauche ou vers la droite du voile du palais, là où le passage est le plus
  • 104. facile. Ceci peut nécessiter de "briser l'hymen" de la membrane qui est sous la langue. Nous en reparlons plus en détail un peu plus loin. Niveau 3 - Monter progressivement tout en haut du pharynx nasal et du septum. Ceci nous conduit à la structure osseuse qui contient la glande pituitaire. Niveau 4 - Pénétrer les passages du nez de l'intérieur et monter au- delà du haut du pharynx vers le point entre les sourcils. Ce n'est pas si loin que cela pour la langue. Mettez votre pouce à l'articulation de votre mâchoire et placez l'index à l'extrémité de votre langue étirée, puis faites pivoter, en gardant le même écartement des doigts, jusqu'au point entre les sourcils. Vous voyez? Ce n'est pas si loin pour pouvoir être atteint par la langue étirée depuis sa racine. Il peut se passer de nombreuses années entre le niveau 1 et le niveau 4. Kechari est une évolution qui se fait sur le long terme, ce n'est pas un événement qui se produit du jour au lendemain, bien qu'il y ait des moments de transition cruciaux, surtout entre les niveaux 1 et 2 et les niveaux 3 et 4. Maintenant, voyons ces quatre niveaux plus en détail. Le niveau 1 nous met en contact avec le fond de la cloison nasale à travers le palais, dans le fond de notre bouche. Nous avons déjà proposé cela comme but vers lequel tendre dans la leçon sur yoni mudra kumbhaka. Un certain degré de réponse extatique peut être ressenti au point où le palais et le voile du palais se rejoignent si le système nerveux devient plus pur. Le niveau un n'est pas facile car cela demande un effort, pour la plupart des gens, de garder la langue contre le palais et de la faire aller plus loin en arrière progressivement avec le temps. Une habitude se développe graduellement. Une fois que le bout de la langue dépasse le point où le palais et le voile du palais se rejoignent, et que le voile du palais peut être poussé vers le haut avec la langue, alors le niveau deux est proche. Le niveau deux est très spectaculaire. La langue est poussée vers l'arrière avec un doigt, du côté droit ou gauche du voile du palais. Ce sont les deux passages les plus courts qui conduisent derrière le voile du palais. L'un des deux est plus court que l'autre. A un moment donné vous en ferez l'expérience et vous verrez par vous-même. La voie la plus longue est celle du milieu. Il y a un tendon élastique qui parcourt le voile du palais d'un bord à l'autre de son extrémité arrière. Quand le bout de la langue passe derrière pour la première fois, le tendon élastique peut se glisser autour de la langue comme s'il s'en saisissait. Alors le bout de la langue se retrouve tout à coup dans le pharynx et touche le bord de la cloison nasale pour la première fois. La première réaction est une réaction de surprise, et la langue ressortira probablement rapidement. Il lui est facile de ressortir, l'aide des doigts n'est pas nécessaire. Il est également facile de respirer par le nez avec la langue dans le pharynx. Lorsque la langue y pénètre la première fois, il est possible que le nez et les yeux se mettent à couler, ou que l'on éternue. On peut ressentir une excitation sexuelle ou de fortes émotions. Tout cela constitue des réactions temporaires au fait d'entrer dans le niveau deux de kechari pour la première fois. Avec la répétition, les choses se tassent. Avec le temps, le doigt ne sera plus nécessaire pour passer derrière le voile du palais. Le tendon élastique qui traverse le voile du palais d'un bord à l'autre se détend et le niveau deux de kechari devient tout à fait confortable. En fait il est plus facile de rester dans le niveau deux de kechari que dans le niveau un. La langue repose très facilement dans le pharynx sans aucun effort, ce qui rend cette pratique simple à utiliser pendant le pranayama et la méditation. La langue, de toute évidence, est faite pour demeurer extatiquement dans le pharynx nasal. Il y a deux considérations pratiques dont il faut tenir compte lorsque l'on est au stade deux de kechari. La première est la lubrification du pharynx, la deuxième est l'accumulation de salive dans la bouche. Le pharynx peut être un peu capricieux. Habituellement, il est naturellement humide et bien lubrifié pour la langue. Occasionnellement il est sec et relativement moins bien lubrifié. Dans le premier cas, kechari peut être pratiqué presque indéfiniment. Dans le deuxième cas, uniquement au compte goutte. Lorsque le pharynx est sec, il peut y avoir une sensation piquante lorsque la langue s'y place. Donc, ce n'est pas le moment de faire kechari. Nous revenons au niveau un lorsque cela se produit. Heureusement, le pharynx sera presque toujours humide pendant les pratiques. Mais il n'y a rien de sûr. Nous nous y plaçons seulement quand nous sommes les bienvenus, c'est-à-dire presque tout le temps. Et quand nous ne sommes pas les bienvenus, nous acceptons la situation et nous nous abstenons. Comme ça.
  • 105. Lorsque nous sommes dans le deuxième stade de kechari, la salive s'accumule dans la bouche. Comme nous ne pouvons pas avaler ce qui est dans notre bouche avec la langue qui monte dans le pharynx, et que nous ne voulons pas baver, nous sortons de kechari quand c'est nécessaire pour avaler la salive accumulée dans notre bouche. Dans les débuts de la période d'ajustement au deuxième niveau de kechari il peut y avoir abondance de salive, donc nous devrons avaler plus souvent. Avec le temps, la salive revient à un niveau normal, et il sera peu fréquent d'être obligé de sortir de kechari pour avaler la salive. Donc, au niveau deux de kechari, nous laissons simplement notre langue reposer sur le bord du pharynx, et cela met en route les processus spirituels partout dans notre corps. Au début du deuxième stade de kechari, nous éprouverons de la curiosité. Nous sommes dans un nouveau lieu et nous voulons découvrir ce qui se trouve dans le pharynx. Il y a le septum nasal si sensible, "l'autel de la félicité". Nous n'avons aucune difficulté à le trouver, et à nous rendre compte que la meilleure façon de faire le pranayama et la méditation est avec la langue qui repose sur lui. C'est comme d'avoir un puissant siddhasana à l'oeuvre simultanément à l'autre extrémité du nerf spinal et qui éveille notre système nerveux tout entier depuis le haut. Quand nous ne serons pas en train de jouir de la félicité contre le septum nasal, nous partirons sans doute en exploration, nous trouverons les proéminentes trompes d'eustache de chaque côté des passages du nez. Nous ne manquerons pas non plus de remarquer l'entrée des fosses nasales de chaque côté du septum, et très vite de remarquer aussi les muqueuses érectiles extrêmement sensibles à l'intérieur. C'en est trop. Mieux vaut rester à l'écart de tout cela pendant un moment. Donc nous montons jusqu'au septum dans notre voyage vers le sommet du pharynx, le niveau 3. Pour certains, c'est un voyage court. Pour d'autres, cela peut prendre longtemps. En nous y rendant nous exposons la longueur totale du septum à notre langue, et nous nous préparons à entrer, pour finir, dans les passages des fosses nasales pour monter plus haut. Une pratique qui peut aider lorsque l'on va au-delà du niveau deux de kechari est ce que l'on appelle "traire la langue". Elle consiste à tirer doucement sur la langue avec les doigts des deux mains, en alternance, comme si on trayait une vache. Un bon moment pour faire cela pendant quelques minutes est quand on est sous la douche chaque jour. De cette façon, on peut en retirer les bénéfices sans baver partout sur ses vêtements. Avec du temps, la langue peut s'allonger par cette méthode. Elle n'offre cependant pas beaucoup d'utilité pour accéder au niveau deux. S'occuper du frein de la langue est beaucoup plus utile pour ça, comme on en parlera plus bas. Traire la langue a une utilité pour aller au-delà du niveau deux de kechari, en particulier le niveau quatre. Le niveau quatre est également un pas spectaculaire à franchir. Cela peut prendre des années après les niveaux deux et trois. Chacun en aura une approche différente. Il y a un truc pour y arriver. Les passages des fosses nasales sont haut et étroits, et la langue est basse et large, donc la langue ne peut aller dans les passages qu'en se tournant sur le côté. Mais sur quel côté? Un côté marche mieux que l'autre. La langue peut être tournée de façon naturelle du haut jusqu'au milieu en suivant le canal qui se trouve au sommet de la trompe d'eustache et qui débouche dans le passage qui lui est adjacent. Cela retourne de façon naturelle le bout de la langue jusqu'au centre et lui permet de se glisser en remontant le long du bord du septum pour entrer dans le conduit nasal. Il faut tourner la langue vers l'intérieur jusqu'à son milieu pour pouvoir monter dans les conduits du nez. Aborder le stade quatre est aussi spectaculaire que d'aborder le niveau deux, parce que les tissus des conduits du nez sont extrêmement sensibles, et se connecter à eux de la manière décrite fait accéder le système nerveux à un niveau encore plus élevé. Le niveau quatre procure une stimulation extensive des extrémités de la sushumna, d'ida et de pingala et ceci a des effets énormes dans tout le système nerveux, en particulier lorsqu'il est combiné avec notre pranayama et ses mudras et bandhas associés. Passer au niveau quatre est naturel une fois que les niveaux deux et trois ont été maîtrisés et deviennent une seconde nature. Avant cela nous ne sommes pas très attirés, en raison de la sensibilité des conduits du nez. L'ouverture de notre système nerveux et l'accroissement de notre bhakti nous mènent au niveau quatre lorsque nous sommes prêts. Une fois que l'on a pénétré dans les conduits du nez, la langue peut être utilisée pour pratiquer la respiration "alternée dans les passages" pendant le pranayama et yoni mudra kumbhaka. Ceci procure une stimulation alternée des conduits du nez, qui produit des effets de purification supplémentaires de la sushumna, d'ida et de pingala. Notre pranayama et notre kumbhaka deviennent super chargés dans le niveau quatre de kechari.
  • 106. Les quatre niveaux de kechari engendrent des ouvertures neurologiques majeures dans la tête et à travers tout le système nerveux. Kechari est l'une des techniques qui vont le plus loin et l'une des plus agréables de toutes les pratiques avancées de yoga. Kechari représente une transition majeure dans nos pratiques avancées de yoga vers un niveau beaucoup plus élevé. Parlons maintenant de la membrane/tendon situé sous la langue et que l'on appelle le "frein". Pour la plupart d'entre nous, le frein de la langue sera le facteur limitant pour accéder aux différents niveaux de kechari. Il y a un débat pour savoir si le frein devrait être coupé ou pas. Certains disent que nous méritons kechari ou non en fonction du genre de frein que nous avons sous la langue, et que la seule façon d'arriver à faire kechari est en étirant ce frein. Si nous n'arrivons pas à l'étirer suffisamment pour pouvoir faire kechari, c'est la "volonté de Dieu". Dans ces leçons, nous n'adhérons pas à ce point de vue limitant. Notre point de vue ici est "aide toi et le ciel t'aidera". Dans ces leçons, nous considérons le frein comme une attache qui doit être coupée quand le moment est venu. Elle nous empêche de faire kechari jusqu'à ce que nous soyons prêt. Lorsque nous serons prêt, et chacun de nous sait quand le moment est venu, le frein pourra être coupé. C'est comme un "hymen". Quand une femme est prête pour des rapports sexuels, l'hymen s'en va. Jusqu'à ce moment là, il sert de protection. Briser cet hymen peut être un événement traumatisant et douloureux si il est forcé. A un moment ou à un autre, le frein sera forcé de s'ouvrir aussi, parce que faire kechari est aussi naturel que d'avoir des relations sexuelles. C'est prévu biologiquement. Cela se produit lorsque le système nerveux est suffisamment mûr. Les pratiques de yoga avancées nous rapprochent de cette transition chaque jour avec nos pratiques quotidiennes. Kechari résulte d'une second puberté en nous, notre puberté spirituelle. Lorsque notre système nerveux devient pur, notre bhakti s'accroît. Plus que quoi que ce soit d'autre, c'est notre bhakti qui nous pousse à kechari. Quand chacune des fibres de notre être désirera Dieu, alors nous le ferons. La langue roulera en arrière et montera. C'est comme ça. Une fois que notre bhakti poussera notre langue en arrière pour faire kechari, alors il ne sera pas traumatisant ni douloureux de briser l'hymen de notre frein. Cela peut être très facile et doux. Par dessus tout, cela peut être, et cela devrait être, progressif. Cela se fait par de toutes petites incisions. De petites incisions qui sont chacune de la taille d'un cheveu ou d'un fil minuscule. Une petite pince à cuticule (comme une petite pince pour fil électrique) aiguisée et stérilisée peut être utilisée pour faire ça, petit à petit 2. Lorsque nous relevons la langue, nous voyons tout de suite l'endroit où le frein tire le plus. Si nous faisons une petite incision là, pas plus grande qu'un cheveu, cela ne saignera probablement même pas.
  • 107. Tout au plus une goutte. Si c'est plus qu'une goutte, alors nous en avons trop fait. La petite incision guérira en un jour ou deux. Les tissus de la bouche guérissent très vite. Ensuite, peut être dans une semaine, ou dans un mois, nous serons à nouveau prêts à recommencer. Ensuite, une semaine plus tard ou davantage, nous recommencerons. Si nous sommes sensible, nous pouvons utiliser un peu de glace pour engourdir le frein, et nous ne ressentirons même pas le petit pincement lorsque nous ferons l'incision. N'utilisez pas de glace pour faire une grande incision. Cela fait trop et fait courir un risque d'infection. Nous ne devrions pas faire d'incision si nous avons un type quelconque d'infection dans le corps. Avec de petites incisions minuscules, le frein laissera la langue aller en arrière en très peu de temps. Et avant que nous ne nous en rendions compte, nous serons en train d'utiliser nos doigts pour pousser notre langue derrière le voile du palais. Nous pouvons continuer de pratiquer les petites incisions une fois que nous avons atteint le niveau deux, cela nous aidera à passer au niveau trois. Ensuite, nous pouvons toujours poursuivre les petites incisions une fois que nous serons arrivés en haut du pharynx nasal, cela nous aidera à accéder au niveau quatre. Cela prendra des années. Nous ne sommes pas pressés. Nous pouvons passer de nombreux mois, ou même des années sans faire d'incision, et nous satisfaire de jouir du niveau de kechari que nous avons atteint jusque là, et de la croissance spirituelle constante qui l'accompagne. Puis nous pourrons nous sentir poussé à continuer de monter avec la langue, et faire quelques incisions de plus. Quand les incisions sont poursuivies au-delà du niveau deux, il devient très facile de les faire. Quand le frein cède progressivement du terrain, le bord, lorsqu'il est étiré devient comme un cal. Et on ne ressent aucune douleur à l'inciser, il ne saigne pas non plus. Ce n'est pas difficile de l'inciser pour que la langue puisse monter davantage dans des niveaux plus avancés de kechari. C'est un long voyage dans le temps, mais c'est profondément satisfaisant. Cela peut prendre des dizaines d'années pour accomplir les stades un à quatre. Inutile de se précipiter. Le système nerveux sait ce qui doit se faire. Quand il le sait, nous le savons au moyen de notre bhakti. Le frein de chacun de nous est différent. Un petit nombre pourra faire kechari sans qu'il soit nécessaire de faire d'incision. D'autres auront besoin de beaucoup d'incisions. Les autres se situeront entre les deux. Quelque soit notre cas, nous saurons ce qu'il faut faire lorsque notre bhakti montera. Personne d'autre ne peut nous dire quoi faire, ni quand. Tout le contenu de cette leçon est proposé en tant qu'information, de sorte que vous puissiez avoir une meilleure idée des possibilités qui sont offertes lorsque la bhakti se manifeste. Certains auront des inquiétudes médicales en ce qui concerne l'incision du frein. La plupart des médecins n'y seront pas favorable. Y a t-il un risque? Il y a toujours quelque risque lorsque nous entreprenons quelque chose de nouveau. C'est la vie. La pratique qui consiste à inciser le frein de la langue pour faire kechari existe depuis des milliers d'années, depuis au moins aussi longtemps que la circoncision, les piercings et les tatouages. Non pas qu'aucune de ces autres sortes d'altération du corps soient de la même catégorie que kechari. Elles ne le sont pas. Kechari est l'une des techniques de yoga les plus avancées qui soit sur cette terre. Quand nous saurons que nous sommes prêts, nous accepterons de prendre n'importe quel risque qui lui est associé pour pouvoir la pratiquer. Chacun choisi sa propre voie en fonction des sentiments qui s'élèvent dans son coeur. Cette leçon n'a pas pour but de promouvoir kechari niveau deux et au- delà pour tout le monde. Elle a pour but de fournir des renseignements utiles pour ceux qui expérimentent les symptômes de kechari et se trouvent naturellement en train de s'étirer au- delà du niveau un. Ce que vous ferez de l'information contenue ici est votre choix. Rappelez- vous toujours de vous adapter à votre capacité et à vos expériences. Le gourou est en vous. Notes du traducteur: 1. Le septum nasal est la cloison médiane séparant les cavités nasales (narines). 2. Inutile de dire que Kechari mudra a suscité sur le forum d'AYP de nombreuses et interminables discussions entre les internautes. Ces discussions se trouvent sur le forum: "Support for AYP Pranayama, Mudras and Bandhas"
  • 108. http://www.aypsite.org/forum/forum.asp?FORUM_ID=15 Beaucoup se sont posé la question de savoir quel était exactement l'outil à utiliser. Nous indiquons ci-dessous quelques uns des exemples cités sur ce forum: http://www.ollieninh.com/npnippers.html http://www.zamberg.com/zb/cuticle-nippers-64l.ashx Leçon 109 : Bakti, méditation et silence intérieur Q: Est il possible que la kundalini, disons, à défaut d'une meilleure expression, vous parle? Revenons un peu en arrière... après avoir lu la leçon sur la bhakti, je me suis attaché à rediriger mes désirs vers le spirituel, pas toujours très bien, mais à d'autres moments j'ai l'impression que mes pas et mes pensées se trouvent là où ils devraient être. A un moment, j'ai demandé à Dieu de me diriger à travers la divine énergie de la kundalini pour me faire savoir ce qu'est l'esprit et ce qu'est l'ego qui se fait passer pour l'esprit. Parfois je suis guidé par l'énergie sous forme de sentiments et de montées de félicité si je travaille d'une manière spirituelle. Donc, ma question est de savoir si la kundalini peut nous parler avec son énergie, ou bien si c'est une réponse directe venant de Dieu, ou des anges. Est-ce la bhakti? Y a-t-il des techniques que l'on peut utiliser pour aider la purification des vieilles habitudes et des anciens désirs pour les rediriger avec la bhakti? R: Oui, Dieu peut nous parler, et il le fait tout le temps. Cela peut passer par la kundalini ou tout autre canal divin que nous choisissons. En choisissant un idéal spirituel et en nous focalisant dessus, nous pouvons filtrer le bruit qui est en nous et recevoir la guidance en permanence. Avec le temps nous ne faisons plus qu'un avec la guidance, car le gourou/Dieu est en nous, et il est nous. Il ne se trouve pas tant dans le mental. Dieu ne parle pas à l'intellect, donc faites attention aux jeux du mental que l'on peut se faire, nous pouvons construire des châteaux en Espagne en un rien de temps avec l'intellect. Il/Elle nous parle dans le coeur avec des sentiments et des intuitions. C'est aussi de cette façon là que nous parlons à Dieu, avec notre coeur, avec nos sentiments. Si notre bhakti pour notre idéal est intense, nos besoins seront communiqués automatiquement et nous saurons ce que nous avons à faire. C'est ainsi, un processus très intime qui émerge sous forme d'unité en nous, dans les niveaux intérieurs du ressenti. Nous expérimentons un état de connaissance profondément en nous avant même que nous ne sachions. Si c'est ainsi que cela se produit, vous pouvez être sûr que c'est la guidance divine et non pas un tour joué par le mental. La meilleure façon de cultiver la bhakti, c'est de purifier le coeur, ce qui se fait au moyen de toutes les pratiques avancées de yoga dont nous avons parlé jusqu'à présent, en particulier la méditation. Un coeur purifié est un coeur silencieux plein de félicité. La méditation fait apparaître le "témoin silencieux" en nous, qui est la conscience profonde du coeur qui nous permet de choisir dans quelle direction nos émotions vont aller. Avant l'apparition du témoin, nous étions tirés à hue et à dia par nos pensées et nos émotions, parce que nous étions identifiés à elles comme si elles étaient notre propre soi. Avec le témoin silencieux, nous expérimentons notre soi comme étant au-delà de tout cela, donc, les pensées et les émotions deviennent comme des objets que nous pouvons rediriger avant qu'ils ne se manifestent extérieurement. Nous pouvons faire un "travail intérieur" permanent sur nos pensées et nos émotions et ainsi éviter les problèmes qui surgissent quand tout ce qui nous traverse se déverse à l'extérieur. En essence, travailler au niveau du témoin silencieux nous permet de développer l'habitude de rediriger nos pensées et nos émotions profondément dans le mental avant qu'elles n'atteignent la surface. Ceci a été mentionné dans la première leçon sur la bhakti (#67). Le processus interne de la bhakti est davantage dans le ressenti que dans la pensée. Profondément en nous se trouve une séparation subtile entre le ressenti et ce que l'on pense. Cette ligne de séparation se situe à la jonction du coeur et de l'esprit, et c'est le point d'immobilité. La destination du yoga est de fonctionner à ce point d'équilibre silencieux et plein de félicité, pour vivre en union avec Dieu. C'est ce que cultivent la méditation et les autres pratiques de yoga avancées. D'autres techniques seront exposées dans l'avenir, comme le perfectionnement du mantra, samyama et des techniques physiques, qui permettront à notre présence silencieuse dans le coeur de se développer, et elles renforceront considérablement notre témoin (la conscience de pure félicité) et notre bhakti. Si vous voulez faire davantage maintenant, favorisez une attitude de service, et veillez à ce que vos émotions et vos désirs soient dédiés à cela. Toutes les émotions peuvent être redirigées de cette manière. C'est une voie d'abandon, et c'est quelque chose que l'on peut faire n'importe quand et n'importe où. C'est très bon pour le coeur. Mais ne vous laissez pas trop emballer. Nous ne voulons pas que cela soit au détriment des pratiques assises. La meilleure bhakti est la bhakti qui nous incite à pratiquer tous les jours.
  • 109. Leçon 110 : l‟amour romantique Q: Quelles seraient les pratiques de yoga efficaces pour arrêter d'être amoureux de quelqu'un? R: Si c'est un simple engouement, cela devrait passer. Si c'est une obsession, alors les pratiques quotidiennes dont nous avons parlé jusqu'à maintenant, en particulier la méditation, devraient vous permettre de transformer ça progressivement en quelque chose qui va vers plus d'évolution. Si c'est une dépendance sexuelle qui vous tire en arrière, alors, si ce n'est pas encore fait, voyez les techniques données dans les leçons sur le tantra. Si c'est un amour pur pour quelqu'un, alors je ne vous recommande pas d'y mettre un terme. Mieux vaut le laisser prendre des dimensions divines au moyen de vos pratiques assises, bhakti et le service désintéressé fait avec amour. Si l'autre personne que vous aimez vous fait du mal, alors gardez à l'esprit que l'amour véritable est sage et fort et sait dire "Non". Si votre amour ne reçoit rien en retour, alors laissez le se rediriger au moyen de la bhakti, s'accroître et s'écouler en direction de ceux qui en ont besoin autour de vous. L'amour en expansion ne connaît pas de limite et n'attend rien en retour. Il n'y a rien de mal à un amour romantique s'il s'accroît jusqu'à devenir une histoire d'amour divine. L'illumination est une histoire d'amour divine intérieure qui n'a pas de fin, et qui déborde partout vers l'extérieur. Leçon 112 : Bakti, intime et personnelle es manifestations. Parfois on la considère comme étant une pratique comme psalmodier, ou bien s'asseoir pour chanter des chansons spirituelles. Bhakti est tellement portée aux nues que je me demande comment la pratiquer véritablement. Aimer Dieu est quelque chose d'abstrait. On peut aimer les qualités de Dieu, telles que l'amour inconditionnel, la guidance, la lumière et donc avoir envie de se trouver en présence de Dieu, et de penser à Dieu, d'être préoccupé par Dieu. Ce mot, "bhakti" n'est pourtant qu'un mot, qu'est-ce que c'est? R: Une très bonne question. L'amour de Dieu (bhakti) peut être très abstrait. Même nébuleux. Il existe tant de formes extérieures de bhakti, autant qu'il y a d'ishtas (idéal choisi) et d'attributs que l'on peut en imaginer. C'est illimité. Dans les leçons nous n'entrons pas beaucoup dans ce sujet. C'est le domaine des traditions religieuses. Pour ceux qui adorent faire leurs dévotions selon leur tradition, c'est très bien. Pour ceux qui ne se sentent pas attirés par ça, ce n'est pas la fin du monde. Le yoga peut progresser très bien avec ou sans mode d'adoration formel. Le yoga fonctionne d'une manière ou de l'autre. Le genre de bhakti dont nous parlons dans les leçons est du genre " personnel et intime". C'est une approche non sectaire. Ici bhakti est à propos de vous, de votre système nerveux, de vos désirs, de vos pratiques et de vos expériences. Quand nous parlons de bhakti comme "amour de Dieu", ce que nous voulons dire ici c'est quel est votre désir le plus élevé? Quel est l'idéal le plus élevé auquel nous aspirons pour nous même? Peut-être que jusqu'à maintenant c'est seulement une question à laquelle nous voulons répondre, comme "y a-t-il plus que ça?" Si nous posons la question dans notre cœur avec sincérité et que nous lui offrons nos émotions, nous aurons une bonne bhakti qui se développera. La vraie bhakti est très personnelle. Elle concerne notre désir le plus profond de devenir quelque chose de plus dans notre vie. Elle concerne notre désir de connaître la vérité et l'utilisation de nos émotions pour nous en rapprocher. Ce peut être aussi simple que de vouloir, que d'être affamé de vouloir savoir. C'est cela bhakti. Ou bien, ce peut être une grande implication dans une relation avec notre idéal choisi, notre ishta. C'est bhakti aussi. Quelque soit la façon dont elle se manifeste, le processus est le même, les émotions sont dirigées vers un idéal, ce qui fait circuler notre énergie à travers notre système nerveux en le purifiant et en l'ouvrant. Lorsque le désir s'exprime fortement dans notre cœur, les choses se produisent. Les réponses commencent à venir. Les pratiques viennent à nous. Alors nous commençons à nous ouvrir et à vouloir aller plus haut. Alors il y aura d'autres ouvertures, d'autres réponses et d'autres pratiques. De cette façon là. La bhakti est comme magique lorsqu'elle monte en spirale. Elle correspond à l'ouverture de notre système nerveux. Nous avons appelé le système nerveux la porte qui s'ouvre sur l'infini. Mais ça fonctionne dans les deux sens. Nous pouvons voir dans l'infini à travers notre système nerveux lorsqu'il s'est purifié. Et Dieu peut entrer par
  • 110. notre système nerveux. Dieu pénètre notre cœur sous forme de bhakti. Dieu, le gourou et la bhakti en nous sont la même chose. C'est l'infini, qui répond à notre attente intérieure et qui pénètre par la porte de notre système nerveux. Vous pouvez vous replonger dans les leçons suivantes pour plus de détails sur l'approche de la bhakti qui est la nôtre ici:  12 - Indispensable: le désir  67 - Bhakti - la science de la dévotion  68 - La relation entre la bhakti et les traumatismes  88 - La magie de la bhakti  109 - Bhakti, la méditation et le silence intérieur La dynamique de la bhakti est également expliquée dans de nombreuses autres leçons. Le désir spirituel s'élève naturellement lorsque notre système nerveux s'ouvre, et nos pratiques spirituelles sont mariées à notre désir grandissant. C'est un processus personnel pour chacun de nous, et pourtant il est assez facile à reconnaître dans ses différents stades. Il n'est ni abstrait ni nébuleux. Le désir dirigé est un ingrédient essentiel dans toutes les pratiques spirituelles. Pas dans la manière de faire les pratiques cependant. Nous suivons la procédure pour chaque pratique en respectant sa forme particulière, que ce soit la méditation, le pranayama, les bandhas, les mudras, les asanas etc. C'est la bhakti qui nous conduit dans notre pièce de méditation. Alors nous favorisons sans effort la pratique de yoga avancée que nous sommes en train de faire. Les pratiques sont établies pour ouvrir notre système nerveux avec régularité tous les jours de tous les mois de l'année. Donc nous les faisons avec précision selon les procédures que nous avons exposées dans les leçons. Ainsi nous avons un système nerveux qui s'ouvre et se purifie en permanence, un désir croissant pour la vérité et l'illumination, et nous avons toujours envie d'accéder au niveau suivant de nos pratiques. Et ça continue ainsi, toujours plus haut. Leçon 113 : Félicité, extase et amour divin Q: Pouvez vous expliquer la différence entre la félicité et l'extase? R: Cherchons ces deux mots dans le dictionnaire. Félicité signifie "bonheur total, comme au ciel ou au paradis». Extase signifie "ravissement de plaisir qui vous submerge". Ils semblent un peu semblables, mais pas les mêmes. Pour la façon dont nous interprétons ces deux mots en ce qui concerne les pratiques avancées de yoga, la différence provient de l'origine de ces deux expériences. C'est la clé pour comprendre comment ils sont utilisés dans ces leçons et leur rapport avec les pratiques spécifiques que nous faisons. Il y a aussi un lien avec l'histoire d'amour divin intérieur dont nous avons parlé récemment et aussi avec notre cheminement le long du chemin qui conduit à l'illumination. Nous mettons des noms sur les expériences que nous avons pendant et après nos pratiques. Donc ici, les mots sont basés sur notre expérience, comme tout le reste dont nous parlons dans ces leçons. Ce sont des mots utilisés pour décrire ce qui se passe en nous. Les expériences viennent d'abord, ensuite les mots, et non le contraire. La félicité est associée à la "conscience de pure félicité" dont nous faisons l'expérience pendant la méditation puis, progressivement, de plus en plus dans notre vie de tous les jours au fur et à mesure que nous continuons à méditer. Cela se présente comme un silence paisible et agréable, une sorte de sourire intérieur sans fin, si vous voulez. C'est un bonheur qui ne vient de nulle part, en nous, lorsque nous amenons le mental et le corps à l'immobilité encore et encore au moyen de la méditation. Le silence intérieur avec lequel nous entrons en contact pendant la méditation est-il "un bonheur total, comme au ciel ou au paradis"? Au fur et à mesure que sa présence grandit, c'en est très proche. C'est inébranlable, toujours positif quel que soit ce qui se passe autour de nous, et il y a en lui un parfum d'éternité également. Le plus important c'est notre capacité à nous tenir seul, indépendant du corps, du souffle, du mental, des émotions, des sens et de tous les événements extérieurs. C'est le "roc" proverbial que toutes les vicissitudes de la vie ne balayeront pas. Une fois que notre sens du soi est devenu ce silence intérieur, où sommes nous allés?
  • 111. Partout et nulle part. La conscience de pure félicité est un mystère. Et pourtant, c'est ce que nous sommes dans notre nature essentielle. Nous en faisons l'expérience en tant que félicité, un bonheur complet et sans fin. Notre conscience est la source de la félicité. Notre conscience est félicitée. Personne n'est obligé de me croire sur parole. Lorsque nous méditons tous les jours, progressivement nous comprenons ce qu'est la conscience de pure félicité. Comme le dit le psaume "tiens toi immobile, et sache que je suis Dieu". L'extase, d'un autre côté, est comme se perdre. Je veux dire que nous nous perdons dans une rêverie de plaisir. "Ravissement de plaisir qui vous submerge" en est une bonne description. D'où provient l'extase? Alors que la félicité émane de notre conscience, l'extase provient de notre corps. L'extase est le résultat du prana qui nous ravit de manière délicieuse. Vous vous rappellerez que le prana, la force de vie, est l'une des premières manifestations qui émane de la conscience de pure félicité. Lorsque le prana se déplace de façon évolutive dans le système nerveux, il produit des vibrations que nous expérimentons sous la forme d'un plaisir qui nous submerge. L'extase est la déesse qui bouge en nous. L'extase émane d'une kundalini éveillée, qui, nous le savons, vient de notre énergie sexuelle, notre grand réservoir de prana. Maintenant le lien, la relation entre la félicité et l'extase, qui parfois fait que nous mélangeons les significations ensemble pour obtenir des expressions comme "extase pleine de félicité" ou " félicité extatique". Que se passe-t-il ici? Est-ce que Yogani est dans la confusion lorsqu'il utilise de telles expressions? Vous pensez! Qui ne l'est pas lorsqu'il est dans une relation amoureuse? La vérité c'est que la félicité et l'extase veulent se mélanger en nous. Métaphoriquement, la conscience de pure félicité est Shiva, présent partout en nous sous forme de silence intérieur. En tout cas si nous avons médité. Si nous avons éveillé la kundalini Shakti avec la respiration de la colonne vertébrale et les autres pratiques de yoga avancées, elle est à la recherche de Shiva dans notre système nerveux. Nous le savons parce que nous pouvons la sentir se déplacer en nous sous forme d'extase (ou de feu), en nettoyant la maison sur son passage. A un moment nous avons le silence qui est stabilisé en nous, et l'extase qui se déplace en nous également. Que se passe-t- il alors? L'activation des expériences de félicité et d'extase au moyen des pratiques de yoga avancées correspond aux deux premiers stades de l'illumination dont nous avons parlé dans les leçons précédentes, la montée du silence intérieur et la montée de l'extase, montée qu'il vaut mieux avoir dans cet ordre. Le troisième stade de l'illumination vient à la suite de l'union de la félicité et de l'extase sous forme d'histoire d'amour intérieure. Lorsque ceci se produit, nous avons tendance à mélanger les descriptions, parce que à la fois la conscience de pure félicité et l'extase divine sont présentes en même temps et s'unissent en nous. Que résulte-t-il de cette union des énergies des polarités masculine et féminine en nous? Nous avons décrit le troisième stade de l'illumination comme "unité", où nous voyons tout comme une expression de ce Un que nous sommes devenus. Ce Un est conscience de pure félicité coexistant dans tous les processus (extatiques) de la nature. Lorsque nous atteignons ce stade, nous devenons un canal pour l'écoulement sans fin de l'amour divin. Nous agissons pour le bien de tous, n'attendant rien en retour, parce que nous percevons tout comme l'expression de notre propre soi. A ce niveau, le besoin personnel s'élargi au point de devenir le besoin universel. C'est l'illumination, l'amour divin qui se manifeste en nous de façon naturelle, né de l'union de la conscience de pure félicité et de l'extase divine en nous. Les pratiques avancées de yoga ont pour but de faciliter ce processus évolutif de transformation dans notre système nerveux. Chacun de nous est né avec la capacité de faire ce voyage merveilleux. Leçon 114 : kechari & l‟encombrement de la gorge lvl 1 Q: Je suis un de ceux dont la langue s'est roulée vers l'arrière. Votre leçon récente sur kechari est formidable, elle ouvre vraiment les yeux. Ma question porte sur la difficulté que j'ai lorsque la langue va en arrière contre le palais. Au début j'avais un réflexe vomitif dans ma gorge, il semble aller en diminuant. Parfois, lorsque ma langue est en arrière pendant la méditation, mon souffle se bloque de façon temporaire. Est-ce que ce sont des expériences normales? R: Ce sont des expériences transitoires qui peuvent se produire au niveau 1 de kechari. La raison pour laquelle elles se produisent est ce que j'appelle: "l'encombrement de la gorge". C'est un phénomène temporaire qui peut se produire entre les niveaux 1 et 2.
  • 112. Parce que la langue ne peut pas aller au-delà du palais dans le niveau 1, plus la langue va vers l'arrière, plus la base de celle-ci aura tendance à être compressée dans la gorge. Ceci peut créer un effet "d'encombrement" au fond de la gorge qui peut conduire à un réflexe vomitif et/ou à une fermeture de l'épiglotte sur l'entrée de la trachée. L'épiglotte est une sorte de "portière" reliée à la base de la langue et qui ferme la trachée lorsque nous avalons, et aussi lorsque nous retenons notre souffle de façon normale. Chacun de nous a une anatomie légèrement différente, donc certains peuvent avoir ces expériences transitoires au niveau 1, alors que d'autres ne les auront pas. De toutes les façons, ces expériences devraient être transitoires. Au fur et à mesure que le frein de la langue s'étire, ou commence à être coupé, la langue finira par aller monter derrière le voile du palais, ce qui est le niveau deux de kechari. Lorsque cela se produit, l'encombrement de la gorge devrait ne plus se produire, parce que la langue va dans le pharynx nasal et ne sera donc plus autant repoussée dans la gorge. Je dis "autant" parce que étant donné que le frein continue de tirer la langue vers le bas, il peut continuer d'y avoir un peu d'encombrement de la gorge dans le niveau deux de kechari, quoi que beaucoup moins, et cela risque moins de détourner l'attention vers ce qui se passe dans la gorge. Lorsque la langue monte plus haut, le frein continuera de s'étirer, ou d'être incisé, et la tendance à l'encombrement disparaîtra. Comme nous l'avons dit, pour des raisons anatomiques, seulement certaines personnes feront l'expérience de "l'encombrement" de la gorge dont nous venons de parler, tandis que les autres ne l'auront pas du tout. Quoi qu'il en soit, ce phénomène est transitoire et disparaît avec l'évolution de kechari vers le haut. Les expériences de félicité extatique que l'ont peut faire avec le niveau deux de kechari surpassent, et de loin, les inconvénients que l'on peut rencontrer en cours de route. Prenez votre temps avec kechari. Approchez-le à votre manière. Votre bhakti vous conduira lorsque le moment sera venu. Leçon 115 : Le mantra, le langage et la signification Q: L'anglais n'est pas ma langue maternelle. Je me demande si je ne devrais pas traduire le mantra "I AM" dans ma langue et l'utiliser pour la méditation. R: C'est une bonne question. D'autres l'ont posée. Même ceux dont l'anglais est la langue maternelle devraient noter les conseils suivants. Non, ne traduisez pas le mantra. Comme il a été expliqué avant, le mantra n'a pas de rapport avec la langue ou la signification. S'il nous avait été donné oralement, il n'y aurait pas d'écriture des mots, pas de langue et pas de signification. Juste la vibration d'un son que nous utilisons en méditation de cette manière spécifique qui permet au mental de s'établir de façon naturelle dans le silence. Puisque nous faisons tout cela par écrit, il nous faut épeler le mantra. Qu'on l'épelle d'un certaine façon ou pas, c'est juste un son qui se trouve avoir certaines bonnes qualités en profondeur, dans le système nerveux. Cela a été expliqué dans la leçon #59 "Des précisions sur le mantra". On le trouve aussi dans la tradition anglaise/chrétienne en tant que "I AM". On le trouve aussi dans d'autres traditions et d'autres langues sous des formes similaires, et parfois identiques. Les qualités vibratoires naturelles de notre système nerveux sont universelles et ne sont pas déterminées par le langage. Si le fait de l'écrire I AM vous gêne, alors pensez au même son écrit d'une autre façon comme AYAM. Même prononciation, pas de signification et pas de langue particulière. Si nous essayons d'y attacher une signification, ce ne sera pas une bonne chose pour notre méditation. Qu'il y ait un son dans notre vie qui n'ait pas de connexion avec quoi que ce soit. Que ce soit notre mantra. Le mantra ne devrait avoir qu'une seule signification, c'est notre billet pour le voyage vers l'infini. Utilisons le pour ça, et seulement pour ça lorsque nous méditons. Si la signification et la langue nous viennent pendant la méditation, nous les considérons comme n'importe quelle autre pensée qui s'élève, et nous revenons sans effort au mantra au niveau de tranquillité, ou de flou, quel qu'il soit, où il en est. Ensuite nous poursuivons notre marche intérieure vers l'immobilité, le silence intérieur, la conscience de pure félicité.
  • 113. Le mental s'apaise mieux dans l'immobilité lorsque nous utilisons la vibration seule. Les significations tendent à nous tirer vers la surface de l'esprit, donc nous les laissons aller sans effort et nous favorisons les niveaux les plus fins de la vibration du mantra. Les significations et le langage sont pour le monde extérieur. Les vibrations, qui deviennent naturellement de plus en plus fines, sont pour le monde intérieur, le monde de la conscience de pure félicité. Le mantra est pour ça. Ce n'est pas un mot utilisé pour sa signification. C'est un véhicule fait de vibration qui se raffine et disparaît lorsque chaque jour nous le chevauchons vers l'infini. Avec le temps, par la pratique quotidienne de la méditation sans effort, notre monde intérieur de conscience de félicité silencieuse devient présent en permanence dans notre monde extérieur, et vice versa. Le portail de notre système nerveux s'ouvre grand. Nous faisons l'expérience de la vérité du yoga, l'union de l'infini avec notre vie de tous les jours. Nous en arrivons à découvrir que nous sommes Cela. Cet aboutissement merveilleux n'a rien a voir avec le langage ou toute autre signification extérieure du mantra. Nous laissons tout cela derrière lorsque nous méditons. Leçon 116 : Meditation premier perfectionnement du mantra En continuant d'utiliser le mantra, I AM, de cette façon particulière qui permet au mental de s'apaiser, nous éliminons les obstructions en profondeur dans notre système nerveux. Avec le temps, notre expérience deviendra plus douce et plus profonde, au fur et à mesure que la purification progresse. Nous expérimenterons davantage de silence intérieur. Avec l'augmentation du silence intérieur, à un moment donné, nous serons prêt à creuser de façon plus large, en profondeur dans le système nerveux, sans nous trouver trop bloqué au niveau de surface du mental. Nous serons prêts pour une amélioration de notre mantra. On peut le comparer au fait de changer de vitesse quand on conduit une voiture. Avec une transmission manuelle, nous démarrons en première, et ensuite à un moment donné nous sommes prêt à passer en seconde, ce qui nous permet d'aller plus vite avec facilité parce que nous avons atteint une vitesse suffisante en première. Si nous passons la seconde trop tôt, que se passe-t-il? Nous faisons tousser le moteur et nous n'en tirons pas grand profit, parce qu'il n'y a pas encore suffisamment de vitesse. Changer trop tôt de vitesse rend le déplacement pénible et ne nous aide pas à aller plus vite. Prendre un perfectionnement du mantra c'est la même chose. Si les choses se passent en douceur et que nous allons à une bonne profondeur dans la méditation avec I AM, nous pouvons envisager d'y apporter le premier perfectionnement. Cela peut se faire quelques mois après avoir commencé, ou cela peut se faire après quelques années. Chacun est différent. C'est l'une de ces situations où savoir trouver son rythme est important. Rien ne nous presse de passer à l'étape suivante trop tôt. Nous pouvons faire le voyage tout entier en utilisant le mantra I AM pour notre méditation si nous le souhaitons. Nous ne raterons rien. Il faut simplement savoir à quelle vitesse nous voulons aller. Nous saurons si et quand c'est le moment de changer de vitesse. Alors nous pourrons le faire et la transition se passera relativement en douceur, avec le moins possible de heurt, comme lorsque les vitesses passent bien en voiture. Le perfectionnement ajoute des syllabes et des vibrations sonores à notre mantra. Alors nous ferons une "empreinte plus importante" dans notre système nerveux en méditant. La méditation mettra un peu plus de temps pour entrer dans le silence et un peu plus de temps pour sortir du silence. Cela a pour effet que la conscience de pure félicité s'inscrit davantage dans notre système nerveux et dans notre conscience. C'est le bénéfice de notre perfectionnement. Il accélère la culture du silence intérieur pour qu'il soit plus présent et plus fermement établi en nous. C'est "passer à la vitesse supérieure". Le premier perfectionnement est un agrandissement du mantra. Le voici: SHREE SHREE I AM I AM (ce qui se prononce: "shri shri ayam ayam", (n.d.t.)) Nous l'utilisons exactement de la même façon que nous avons utilisé I AM, en suivant la même procédure facile de méditation que nous avons apprise dans les premières leçons. Une fois que nous aurons fait le changement ce sera désormais notre mantra.
  • 114. Nous remarquerons une différence immédiatement. Notre mental mettra plus de temps à s'apaiser, et il en mettra davantage à sortir du silence. Il est intéressant de remarquer que ce ralentissement de l'attention à s'intérioriser et à sortir du silence accélère l'infusion de la conscience de pure félicité dans notre système nerveux. Imaginez le mantra comme quelque chose au moyen duquel nous pénétrons systématiquement la matière de notre subconscient. Un mantra qui comporte peu de syllabes traverse beaucoup plus rapidement, nettoyant les obstructions facilement, un petit peu à la fois. Ensuite vient le moment où nous pouvons utiliser un mantra " plus large" pour couvrir une zone plus grande lorsque nous allons vers l'intérieur de notre subconscient et lorsque nous en ressortons, en balayant davantage d'obstructions à chaque fois que nous passons. C'est ce que fait un mantra avec davantage de syllabes. Mais seulement après que nous ayons préparé le terrain avec le premier niveau de mantra, I AM. Si vous avez commencé à méditer seulement récemment, prenez le temps de développer une bonne habitude en utilisant le mantra I AM, et de développer de la douceur dans la pratique et une bonne profondeur de silence avant de vous lancer dans l'utilisation du premier perfectionnement. Plusieurs mois au moins. Cela peut prendre un an ou deux avant que la méditation avec I AM n'ait suffisamment nettoyé le système nerveux. Peut être davantage. Nous avons chacun notre propre et unique cheminement à faire (à notre propre rythme) lorsque nous ouvrons notre système nerveux à l'infini. Vous pourrez trouver le perfectionnement du mantra ici quand vous serez prêts, alors prenons notre temps… et apprécions! Leçon 117 : Mantra sans signification Q: Puisque les mantras ont tous un sens qui leur est attribué, même ceux qui sont en sanskrit, comment puis-je en trouver un qui n'a pas de signification? R: La signification ou l'absence de signification dépend de la façon dont nous utilisons le son. Dans la façon dont nous méditons, nous donnons la préférence au son du mantra sur toutes les autres pensées qui s'élèvent dans le mental, y compris les significations, de la sorte, le mantra n'a pas de signification dans l'utilisation que nous faisons du son intérieurement. Prenez le son "AM". Non seulement c'est un mot en anglais, mais on le trouve dans des centaines d'autres mots comme "ham, lamb, sham, bam, cram …" etc. sans parler des innombrables significations dans d'autres langues. Pensons-nous à tous ces mots et à leur sens lorsque nous pensons le son "AM"? Non. C'est une question de contexte, cela dépend des circonstances présentes lorsque nous l'utilisons. Le mantra a un contexte d'utilisation unique. Il est utilisé de manière spécifique pour nous intérioriser et obtenir le silence du mental. Dans cette façon de l'utiliser, nous ne nous occupons pas de sa signification. Nous n'avons pas à nous préoccuper de chasser le sens du mot ou quoi que ce soit dans ce genre. La méthode de méditation s'en charge pour nous. Elle est très simple. Quand nous utilisons le mantra, nous suivons une façon de penser particulière, une procédure, qui devient une habitude que nous utilisons à chaque fois que nous nous asseyons pour méditer. Une partie de cette procédure que nous suivons consiste à favoriser sans effort le son du mantra par rapport à toutes les pensées qui peuvent s'élever. Une fois l'habitude bien établie, les significations ne se manifestent pas lorsque nous méditons. C'est juste le mantra. C'est ce que nous voulons dire lorsque nous disons que le mantra n'a pas de signification. Quelque soit le son que l'on utilise comme mantra dans la méditation, il n'a pas de signification en raison de la manière dont il est utilisé. Pour les détails sur la procédure à suivre pour la méditation, voyez les séries de leçons au début. Leçon 118 : Fortes pulsions pendant la méditation Q: Est-il possible que mon énergie soit coincée dans mon plexus solaire? Voici ce qui se passe, j'ai fait consciencieusement les pratiques deux fois par jour pendant deux mois. Pendant la respiration, j'inclus sambhavi et siddhasana. Je ne fais pas Mulabhanda parce que je me suis aperçu que je ne pouvais pas faire une respiration profonde et maintenir la contraction en même temps et que cela détournait mon attention. Je me focalise sur sambhavi jusqu'à ce qu'il devienne automatique ensuite je réessayerai. Je fais quinze minutes de pranayama. Pendant la méditation je reste en siddhasana et je médite pendant vingt minutes.
  • 115. Récemment j'ai remarqué pendant la méditation une pulsation très forte dans mon plexus solaire qui détourne mon attention du mantra. Ce peut être une série de secousses assez fortes. Je reviens bien au mantra sans effort, mais avec pratiquement chaque respiration mon attention est détournée vers la pulsation. Cette pulsation est plus forte après que j'aie commencé à expirer. (Cela se remarque lorsque j'inspire et quelques fois pendant le pranayama). Si je retiens le souffle après avoir expiré, ce que j'ai fait pour voir ce qui se passait, ça continue un peu. J'ai l'impression que cela devient de plus en plus fort pendant la méditation et je le ressens souvent jusqu'à mes oreilles. Cela ne descend pas du tout en dessous de mon nombril. Je pense que cela ne me préoccuperait pas si je pouvais rester centré sur le mantra, mais ça détourne mon attention. La venue de cette pulsation n'est pas consécutive à une nouvelle pratique, j'ai fait la même chose pratiquement depuis le début. Presque tous les jours je fais du yoga avant le pranayama. Le yoga n'a pas d'influence sur la pulsation. Je ne sais pas si vous aurez une solution. J'ai l'impression que je pourrais vivre ce que vous dites sur la félicité dans les leçons si je n'en étais empêché par ça. J'apprécierais d'avoir votre avis et je vous remercie pour votre temps et votre considération. R: Parfois une pulsation peut se produire comme ça dans les pratiques pendant quelques jours ou quelques semaines. Cela peut se produire pratiquement n'importe ou dans le corps. Habituellement cela se calme avec l'ajustement du système nerveux. Le plexus solaire peut être le blocage, ou cela peut être quelque chose ailleurs dans les nadis (nerfs subtils). Je suppose que la pulsation n'est pas présente pendant l'activité quotidienne. Si elle le devenait et ne disparaissait pas, alors il faudrait voir le problème sous l'angle médical. Sans vouloir être alarmiste, il ne faut pas non plus négliger un rapport possible avec un problème de santé. Vous pouvez revoir la leçon sur les sensations physiques qui peuvent survenir pendant la méditation, leçon #15. Vous y trouverez une technique spécifique pour faire face aux sensations physiques qui attirent l'attention pendant la méditation, ce qui pourrait inclure une pulsation trop présente. Après avoir utilisé la méthode de la leçon #15, si vous êtes toujours dérangé, vous pourrez envisager de réduire un peu votre pranayama (ainsi que siddhasana et sambhavi si nécessaire) pendant une semaine environ et voir si cela aide. Ensuite revenir lentement lorsque les symptômes disparaissent. Il s'agit de trouver son rythme comme vous le savez. (Vous n'avez pas mentionné yoni mudra kumbhaka; il va sans dire que vous devrez réduire cela également si les symptômes deviennent excessifs.) Egalement, vous pourriez faire uddiyana (et apprendre à faire nauli) pour les inclure dans la série d'asanas avant le pranayama et la méditation. Ces deux pratiques peuvent aider à libérer le plexus solaire. Nous aborderons nauli (un mouvement rotatif des muscles abdominaux) dans ces leçons dans une semaine ou deux, puis ensuite une autre technique physique plus haut dans le corps qui amènera l'énergie vers le haut à travers le plexus solaire et la poitrine. Donc nous y travaillerons sous plusieurs angles supplémentaires. En ce qui concerne mulabandha, il n'est pas nécessaire de maintenir la contraction durant tout le pranayama. Avec le développement de notre biologie spirituelle interne mulabandha passera de façon naturelle par son propre mode de pulsations. Oui, cela détourne l'attention lorsque mulabandha s'anime. Mais la distraction se transforme peu à peu en félicité extatique au fur et à mesure que les processus internes s'élèvent en nous. Cela fait partie du processus. Dans l'ordre, la première chose qui compte c'est que notre routine soit confortable, et cela peut vouloir dire de diminuer ou supprimer temporairement les choses dont nous avons parlé, jusqu'à ce que vous ayez dépassé cette partie chaotique de la route. C'est à vous d'en décider. Les vrais yogis et yoginis ont toujours le désir d'être à la pointe de ce qu'ils peuvent faire dans leur voyage, et je vous admire pour ça. Votre bhakti est formidable. Mais nous ne voulons pas que ce soit une "pointe douloureuse". Ce devrait être agréable. Avec le temps cela devient bien plus qu'agréable. Cela devient une joie infinie. Leçon 119 : nouvelles approches du moulabandha Q: J'ai aussi des difficultés avec mulabandha. C'est très difficile de garder le muscle contracté. Parfois je ne suis pas sûr qu'il soit contracté si je ne le contracte pas fortement. Y a-t-il des exercices d'entraînement que je puisse faire? Si je ne pratique pas
  • 116. mulabandha je ne vois pas comment je pourrais l'apprendre et si je pratique pendant le pranayama cela requiert tous mes efforts et je ne sais pas si c'est bien. R: Ce pourrait être un peu plus facile si vous faisiez la contraction légèrement sur l'inspiration montante pendant la respiration de la colonne vertébrale et que vous la relâchiez sur l'expiration descendante. Alors le souffle deviendra un signal pour la contraction. Cette technique s'appelle en fait asvini mudra, la contraction et le relâchement alternés. Si ça ne marche pas, alors essayez une courte contraction en bas et une courte contraction en haut pendant la respiration de la colonne vertébrale, à nouveau le souffle est le signal. Cette dernière approche est peut être la plus facile car il s'agit juste d'une courte contraction tout de suite relâchée. Lorsque ce sera devenu confortable, alors faites peut- être deux contractions en haut et en bas de chaque cycle, ensuite passez à une contraction en montant et pas de contraction en descendant. Par la suite, vous pourrez la laisser devenir plus spontanée telle qu'elle a été donnée au départ. Une autre chose que vous pouvez faire, c'est des exercices de contraction, par exemple dix répétitions ou même davantage, à plusieurs reprises pendant la journée. C'est juste une question de développer la coordination et que cela devienne familier. Ensuite ça deviendra une seconde nature. Le sphincter fait partie d'un organe d'extase spirituelle. Nous en trouvons partout dans le corps en yoga, parfois dans les endroits les moins attendus. Là où nous voulons arriver avec mulabandha/asvini c'est à de petits mouvements subtils et spontanés lorsque l'énergie extatique se déplace en nous de façon naturelle. La pratique évoluera progressivement vers cela au fur et à mesure que notre conductivité extatique intérieure se manifestera. Tous les autres bandhas et mudras participeront simultanément de façon coordonnée, donc ce sera comme une mudra spontanée de tout le corps qui se fera de façon subtile partout en nous. Lorsque nous en arriverons à ce stade, nous aurons trouvé notre nouvelle biologie naturelle et spirituelle. Il suffira de lever les yeux et nous seront dans la félicité extatique partout à l'intérieur. Notre système nerveux sera transformé de façon permanente pour fonctionner sur un mode plus élevé. Il n'y a pas une seule façon d'éveiller mulabandha/asvini. Il n'y a pas de formule exacte. Expérimentez et voyez ce qui marche le mieux pour vous. Cela doit être agréable. Peut-être trouverez-vous une solution que je n'ai pas mentionnée et qui marche pour vous, sans vous distraire excessivement des autres pratiques. Bien sûr, ajoutez siddhasana avec n'importe laquelle des combinaisons de mulabandha/asvini dont nous avons parlé, et il est probable que votre attention sera distraite à court terme. C'est une période de transition pleine de délice, et cela devient plus délicieux à chaque fois. Pour finir cela se calme en devenant un sourire divin sans fin qui rayonne de l'intérieur. Leçon 120 : obtenir l‟illumination Q: Le but principal pour le reste de ma vie c'est de faire tous les efforts possibles pour obtenir la libération du cycle des morts et des renaissances dans cette vie seulement. Je sais que j'ai encore beaucoup de faiblesses à surmonter, mais néanmoins, je souhaite faire tous les efforts possibles pour m'en débarrasser pour que cette âme se fonde dans l'âme suprême dans cette vie-ci. Est-ce possible ou non? Pour cela, si je dois faire des pratiques plus vigoureuses pendant une durée plus longue, je suis prêt à le faire, je veux dire faire la respiration de la colonne vertébrale et la méditation pendant des durées plus longues, ou toute autre pratique. Je vous prie de bien vouloir me guider. R: Oui, je comprends que vous ne vouliez pas perdre une minute pour obtenir l'illumination. Oui, absolument! J'ai ressenti la même chose après avoir commencé les pratiques dans cette vie il y a de nombreuses années. Vous devriez continuer vos pratiques en fonction de vos capacités et en vous régulant, en faisant attention à ne pas en faire trop. Si vous ressentez de la tension, alors c'est que vous en faites trop. Nous devons tous aller à la vitesse qui nous convient, sinon le progrès sera ralenti. Je ferai de mon mieux pour veiller à ce que tout ce dont vous aurez besoin se trouve ici dans ces leçons. Tout sauf un système nerveux purifié. Ca, il n'y a que vous qui puissiez le faire, entraîné par votre bhakti, votre amour de la vérité et de Dieu, qui est Dieu vivant en vous. Gardez à l'esprit que "obtenir l'illumination" est une stratégie de l'ego et a peu de chance d'être atteint dans cette vie si on continue sur l'idée d' "obtenir". Ce qui n'enlève pas la nécessité des pratiques pour accomplir des progrès. Mais obtenir l'illumination, c'est abandonner, relâcher. C'est le paradoxe. Pas nécessairement relâcher les pratiques, mais abandonner quelque chose. Abandonner votre besoin d' "obtenir". Comment pouvons-nous abandonner ce dont nous avons désespérément besoin? Comment pouvons-nous abandonner cela même que nous avons cultivée, le désir intense de Dieu?
  • 117. C'est étrange. A un moment donné nous arrêtons d'essayer d' "obtenir" et nous nous trouvons en train de nous "donner" complètement. Nous ferons peut être tout exactement de la même façon, les pratiques, la bhakti, le service et tout ça. Peut-être même davantage de pratiques, oui, c'est sûr, davantage de pratiques. Le système nerveux souhaite les faire lorsqu'il s'ouvre. Mais quelque chose change. Peut-être est-ce la montée de la kundalini et nous ne nous sentons plus responsable. Il est facile de s'abandonner à un puissant processus divin qui se met en place automatiquement à l'intérieur de nous, même lorsque l'on continue de faire des pratiques offensives. Au fur et à mesure que l'ego se dissout pour devenir conscience de pure félicité il continue quand même à désirer l'illumination et lutte pour faire plus encore pour "l'obtenir"! Puis, comme par magie, notre besoin "d'obtenir" se transforme en besoin de "donner". C'est un tournant important qui est fondé sur la pratique et l'accroissement de la bhakti. C'est un mûrissement qui se produit dans notre système nerveux lorsqu'il se purifie. Je pense que la stratégie la plus efficace est celle qui consiste à progresser de jour en jour. C'est une voie plus élevée. Peu importe si l'illumination se trouve quelque part sur le chemin. La pratique est-elle bonne aujourd'hui? Aujourd'hui est- il meilleur qu'hier, que la semaine dernière et que l'an dernier? C'est quelque chose de réel et de concret. L'illumination peut se produire l'année prochaine ou bien dans une centaine d'existences. Qui le sait? Comment nous sentons nous aujourd'hui, et que pouvons nous faire pour nous sentir mieux demain? Ce n'est pas si nébuleux. C'est réel, tandis que l'illumination, le salut, ou quoi que ce soit d'autre, se trouve quelque part dans l'imagination. Le futur n'est pas réel. Aujourd'hui est réel. Ce n'est pas le bonheur que de vouloir une chose dans le futur, de la garder là bas, hors de portée. Le futur ne vient jamais. C'est maya (l'illusion). D'autre part, c'est la félicité que de vouloir ce que nous avons aujourd'hui, qui est bon, et que nous gouterons encore davantage demain. C'est pourquoi j'ai dit "faites aujourd'hui quelque chose de bien pour quelqu'un". Cela représente davantage d'illumination que tout ce que nous pouvons imaginer dans le futur. S'il doit y avoir illumination, elle doit être trouvée aujourd'hui. C'est un point important. Tant que nous ferons les pratiques pour le futur, l'illumination restera dans le futur. Si nous faisons les pratiques pour le bonheur aujourd'hui et demain, alors tout d'un coup l'illumination est beaucoup plus proche. Alors nous pouvons nous détendre un peu et respirer. La relaxation et la respiration sont l'illumination elle-même qui se manifeste. Ferons-nous un jour l'expérience de l'illumination dans le futur. Non. Nous ne la ferons jamais. Nous ne pouvons en faire l'expérience que dans le présent. Ce qui veut dire aujourd'hui. Qu'est-ce que cela signifie par rapport à nos pratiques? Rappelez-vous que la méditation consiste à s'intérioriser quand nous sommes assis, puis ensuite de sortir et de faire notre activité quotidienne pour mettre à l'œuvre ce silence plein de félicité que nous avons acquis. Si nous méditons toute la journée nous aurons beaucoup de silence. Si nous ne mettons pas notre silence à l'œuvre dans une activité significative, nous n'aurons pas une illumination complète. Peut-être seulement le premier niveau, le silence intérieur sans fin. Ce n'est pas mal, mais ce n'est pas la totalité. L'illumination est l'union de l'intérieur et de l'extérieur. Si nous sommes tout intérieur et pas extérieur, nous ne serons pas en yoga. Nous devons arriver à vivre tout l'intérieur et tout l'extérieur, les deux plénitudes. Alors nous le devenons. Cela fait des mois que j'écris tout cela. Pourquoi? Et bien, c'est une bonne chose qui a besoin d'être faite, c'est sûr. Beaucoup seront d'accord avec ça. De mon point de vue, cela sort avec mon silence intérieur pour aller dans de nombreuses vies, et cela m'aide énormément à me déployer intérieurement. Plus je donne, plus je me remplis de félicité extatique. Je suis une personne très égoïste de faire toute cette transmission de connaissance. Et pourtant mon soi devient de plus en plus en chacun. Votre joie est ma joie. Vous pouvez faire la même chose dans votre vie. Faites vos pratiques assises, quelle que soit la quantité ou le genre que vous trouvez bon pour vous, et ensuite faites quelque chose qui est bon pour quelqu'un. C'est l'illumination qui se développe. Si nous ne la partageons pas, nous ne l'obtenons pas. Cela peut se produire aujourd'hui. Ne vous préoccupez pas de l'illumination dans le futur. Prétendez à l'illumination aujourd'hui en faisant vos pratiques et ensuite en donnant votre silence et votre félicité aux autres. Quels que soient les bonnes sensations que vous apportent les pratiques, donnez les dans votre activité de tous les jours. C'est l'illumination qui monte, dans l'instant présent. Tout ce que nous avons à faire c'est de dire "oui" au flot d'énergie divine qui sort de nous, et il continuera de s'écouler à travers nous comme une rivière de félicité extatique sans fin.
  • 118. Alors nous rirons tout le temps comme des enfants joyeux et innocents. Ce que nous sommes quand toutes les obstructions et tout ce que nous retenons sont partis. Obtenir l'illumination c'est la donner aux autres. Obtenir l'illumination c'est la laisser aller, ne pas la retenir. Leçon 121 - Q&R - Pratyahara, le déploiement des sens vers l'intérieur Q: Pendant la respiration de la colonne vertébrale et la méditation, différents sons sont entendus. L'un est un son de basse fréquence qui bat légèrement et qui, je le présume, est le AUM. Cependant, je n'entends pas toujours cette fréquence. Parfois j'entends de multiples fréquences. Est-ce que ces différents tons sont associés aux chakras et est-ce que cela indique qu'ils sont actifs ou peut-être en train de se purifier? Est-ce que l'attention devrait se porter sur ces sons ou bien doivent ils être écartés? R: Quelqu'un a posé une question similaire et il y a été répondu dans la leçon #53-La lumière et le son. En résumé, oui, c'est une purification, et nous favorisons sans effort notre pratique plutôt que les expériences qui se manifestent. Et, oui, les chakras sont concernés, mais il n'est pas nécessaire de se préoccuper de ces détails. C'est "sous le capot", vous savez, pour utiliser l'analogie des leçons passées. La vérité c'est que tous nos sens internes s'éveillent à travers notre système nerveux (nadis et chakras) et en progressant sur le chemin, nous devons veiller à ne pas nous laisser distraire des pratiques qui ouvrent notre système nerveux aux expériences divines. En yoga le changement dans l'expérience sensorielle s'appelle "pratyahara", ce qui est souvent interprété comme le fait de perdre ou d'abandonner l'attachement aux expériences sensorielles. Ceci est parfois interprété comme signifiant de tuer notre implication dans les sensations, ou de contrôler nos sens. Quelque chose d'anti- sensuel dans ce genre. Ce qui, dans certains cas, a pu conduire à des pratiques bizarres qui éloignent des expériences normales du monde. C'est une interprétation limitée de pratyahara. Ce que pratyahara signifie réellement, c'est "déploiement intérieur des sens", ce qui veut dire que nous percevons de plus en plus de qualités divines, qui sont au départ plus attirantes que la sensualité physique et que, donc, nous sommes naturellement attiré par elles. Nous ne rejetons pas la sensualité physique. Nous commençons simplement à fonctionner sur un spectre plus large de sensualité au fur et à mesure que notre système nerveux s'ouvre intérieurement. Avec le temps, même nos sens physiques sont intensifiés avec l'ouverture de notre sensualité interne, et notre sensualité est perçue comme un large continuum. Pendant tout ce temps, nous continuons nos pratiques quotidiennes qui sont la cause même de la transformation. La manifestation croissante de la conscience de pure félicité, qui est un constituant fondamental de ce processus, nous permet de nous tenir au-delà de l'emprise de l'attachement égotique à l'élargissement des expériences sensorielles. Certaines traditions utilisent les expériences sensorielles pour la pratique. Il n'y a rien de mal à ça si c'est la tradition que nous avons choisie et que cela marche pour nous. Mais, comme vous l'avez dit, parfois les expériences sont là et parfois elles ne le sont pas, cela dépend de la façon dont se fait la purification dans les différentes parties du système nerveux. Ce que nous faisons dans les "Pratiques avancées de yoga" ce sont des pratiques globales qui purifient tout notre système nerveux, sans se préoccuper de ce qui peut se passer d'autre à l'intérieur. C'est pourquoi nous utilisons, d'abord, la méditation et la respiration de la colonne vertébrale. Celles-ci font le nettoyage global et nous ne sommes pas dépendants d'expériences particulières qui se manifestent dans telle ou telle partie de notre anatomie spirituelle. Il viendra un moment où tout s'ouvrira. Quand des expériences se présentent, très bien. Nous les apprécions. Avec le temps, nous les aurons vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Lorsqu'elles se produisent pendant la pratique, nous continuons simplement la pratique que nous sommes en train de faire. Quand elles se produisent dans notre activité de tous les jours, nous pouvons en jouir de la façon qui nous plaît. Notre perception de notre monde, intérieur et extérieur, changera considérablement, pour le mieux. C'est le fruit de notre pratique, pas notre pratique elle- même.
  • 119. Une fois la méditation et la respiration de la colonne vertébrale bien établies, nous pouvons ajouter des pratiques pour stimuler les deux extrémités de notre nerf spinal afin qu'il s'éveille à la conductivité extatique, qui se répandra automatiquement à travers tout notre système nerveux. Ces pratiques ont déjà été données dans des leçons précédentes. Dans les leçons qui viennent, nous verrons des pratiques supplémentaires pour faire bouger le prana davantage depuis les deux extrémités du nerf spinal vers notre centre, qui est notre cœur. Leçon 122 : être témoin Q: Depuis longtemps maintenant, je passe une phase où je ne m'identifie plus au corps. Je ne m'identifie plus aux émotions ni aux sensations. Quelque chose d'autre les ressent, pas moi. Parfois je suis conscient qu'une émotion essaye de se manifester, mais je ne sais tout simplement pas faire avec, donc je l'ignore et elle s'en va. Ma grand-mère est morte il y a deux semaines et cela ne m'a pas affecté du tout. Je devais être le seul à l'enterrement qui souriait ou qui essayait de ne pas sourire la plupart du temps. Mon chat qui est tout pour moi…mon meilleur ami...mon compagnon…mon amour…je crois qu'il va mourir ou qu'il est en train de mourir doucement et je ne me sens tout simplement pas perturbé. Oui, je me sens concerné et un peu en souci mais je ne suis pas perturbé. Cela change les choses extérieurement, mais pas intérieurement. Je peux tomber dans les escaliers et juste rire, sans me soucier. Je pourrais me faire renvoyer de mon travail sans la moindre inquiétude du monde. Je ne suis tout simplement pas attaché à quoi que ce soit. Plus récemment, j'ai l'impression que j'ai perdu mon identification à mon nom. Ca me fait presque mal de signer un email ou un envoi avec mon nom. Est-ce que c'est normal, est-ce que ça fait partie du pratyahara? Y a-t-il différents niveaux, de sorte que je sois prêt pour ce qui vient après? R: Merci beaucoup d'avoir écrit pour partager votre expérience. La réponse dépend de ce qu'est véritablement votre état, et ça a un rapport avec la façon dont vous êtes arrivé là. Si vous avez médité et que vous avez ce sentiment de séparation en témoin silencieux, c'est une chose. Si vous vous êtes séparé de votre vie et du monde comme un mécanisme de défense psychologique en raison d'un traumatisme du passé, c'est autre chose. La première est due à la purification du système nerveux. La deuxième est une façon de mettre la conscience dans un tiroir pour éviter les obstructions subconscientes qui sont trop douloureuses. L'une est une ouverture. L'autre un genre de fermeture. Elles semblent pareilles, mais ne le sont pas. Dans certaines circonstances, il est même possible qu'un peu des deux puisse se produire en même temps. Si c'est la purification du système nerveux qui donne naissance à l'émergence du silence intérieur, il est conseillé de s'engager dans les pratiques spirituelles et dans la vie. En fin de compte notre illumination ne nous concerne pas nous, elle concerne tous les autres. Le premier niveau d'illumination est la venue d'un silence intérieur qui dure, une séparation temporaire. Le deuxième et le troisième niveau consistent à se joindre au divin qui s'élève de façon dynamique en nous et dans les autres (c'est ici que l'extase et le pratyahara entrent en jeu, guère auparavant). Aller au-delà du premier niveau (le silence intérieur/le témoin) n'est pas une partie inerte du processus. Elle implique la montée de la dévotion, et l'engagement de notre conscience de pure félicité plus avant dans les processus d'illumination, qui comprennent les pratiques et l'implication dans le monde. C'est une évolution naturelle, dont une partie dépend de notre décision de participer. Une suggestion: lorsque des émotions se manifestent, au lieu de les ignorer, considérez le processus de bhakti tel qu'il a été décrit dans la leçon #67- Bhakti, la science de la dévotion et les leçons suivantes qui exposent des points importants concernant le fait d'être témoin et la bhakti, en particulier la leçon #109 -Bhakti, la méditation et le silence intérieur. Vous y trouverez des indications sur la façon de faire un meilleur usage de votre état de témoin pour avancer dans les étapes suivantes. La relation entre le fait d'être témoin et l'émotion est une clé dynamique par rapport à ça. La conscience de pure félicité, le témoin silencieux, n'est pas touchée par le monde phénoménal, mais elle n'est pas indifférente. C'est le contraire. Le silence intérieur est un puits d'amour et de compassion sans fond, et nous incite à nous engager naturellement dans les processus extatiques du corps et dans le service aux autres. Nous pouvons même nous mettre en colère et pleurer dans l'état de témoin, le système nerveux continuera de se purifier de lui-même. Même si le silence intérieur est le spectateur ultime et immuable, le jeu de l'illumination n'est pas un sport dont on est le spectateur. C'est l'un des paradoxes de la vie spirituelle. Tant que la conscience de pure félicité n'est pas devenue présente dans chaque atome de l'existence, en se joignant continuellement avec les processus extatiques de création (la relation d'amour divin
  • 120. intérieure), il ne peut pas y avoir d'achèvement de l'illumination. Si nous voulons passer à des niveaux plus élevés d'illumination, nous devons participer activement. Donc ma suggestion c'est de voir si vous pouvez trouver un désir en vous d'aller au-delà de là où vous en êtes. N'importe quel désir fera l'affaire, parce que vous pouvez transformer l'émotion facilement en bhakti dans l'état de témoin, si vous choisissez de le faire. Si vous le pouvez, cultivez cela. Ensuite vous trouverez facile de faire quelque chose, des pratiques quotidiennes, du bénévolat, de faire quelque chose pour quelqu'un d'autre. Si vous trouvez difficile de vous "engager", alors peut être que la situation est plus compliquée psychologiquement qu'un simple processus naturel de purification qui se manifesterait dans le système nerveux stimulé par les pratiques spirituelles. Ou parfois, il peut y avoir de la sensibilité pendant le stade de témoin (ou tout autre stade) et il nous faut simplement prendre notre temps pendant un moment, comme une sorte de guérison qui se fait dans un nouvel état d'être. Une fois que c'est devenu confortable là où nous en sommes, alors nous serons plus intéressés par l'étape suivante. Quelle que soit la cause sous-jacente de votre état de témoin, cela ne peut pas faire de mal de pratiquer tous les jours, la méditation et le pranayama en particulier. Tôt ou tard, ces deux pratiques vous mèneront naturellement à l'étape suivante. Je vous souhaite tout le succès possible dans votre voyage sur le chemin que vous avez choisi. Leçon 125 : Chaleur et kundalini Q: J'étudie la kundalini depuis quelque temps maintenant, et je ressens une grande quantité de chaleur intérieure en raison des kriyas et de la méditation. Cependant, j'ai lu récemment que la partie de la tête (sushumna) qui était molle quand on était enfant, avait besoin de redevenir molle afin que la chaleur soit relâchée, autrement l'expérience de la kundalini peut être douloureuse. Je suppose que cela se fait par le Tummo Reiki? Pourriez vous m'éclairer là-dessus? J'ai écourté mes méditations et ma sadhana depuis quelques jours maintenant, ce que je voulais tant éviter de faire. R: Je ne suis pas très familier avec les méthodes de reiki, donc je ne pourrai pas beaucoup parler du Tummo Reiki, si ce n'est pour dire que cela semble être une méthode plus agressive pour éveiller la kundalini, au-delà du style de reiki pour la guérison. Donc, c'est peut-être un cousin des autres systèmes de yoga qui visent à éveiller la kundalini en premier, ce qui me conduit à votre situation. Comme vous le savez, dans les leçons nous donnons des pratiques pour une "purification globale" du système nerveux avant de vouloir stimuler la kundalini directement. Ceci inclus la méditation profonde et la respiration de la colonne vertébrale. Avec ces deux pratiques comme fondation, les risques de difficulté avec la kundalini sont grandement réduits. Bien sûr, nous aurions tous envie de comprimer la durée qu'il faut pour atteindre l'illumination, alors nous fonçons, et parfois même nous sautons les méthodes de purification globale requises. Certaines traditions les éludent même! Si vous rencontrez trop de chaleur, ce peut être des obstructions dans les nadis et les chakras, et un éveil prématuré de la kundalini dans ces zones de votre système nerveux. N'utiliser que les anciennes méthodes peut être un cheminement long, lent et inconfortable. Assurez vous de relire la leçon #69 sur les symptômes de la kundalini et ses remèdes. En plus des obstructions intérieures, il y a une autre raison à la chaleur, et vous devriez y porter une attention particulière car beaucoup de traditions de la kundalini n'en parlent pas. C'est l'importance d'équilibrer les pranas qui montent et qui descendent (Shiva et Shakti) dans le nerf spinal. Le yoga de la kundalini traditionnel utilise des mudras et des bandhas dans ce but, mais ceux- ci souvent ne suffisent pas. La respiration de la colonne vertébrale peut faire des merveilles pour équilibrer les pranas qui montent et qui descendent, et dans certains cas mettre un terme immédiatement à des symptômes inconfortables. De façon métaphorique, Shakti recherche son bien aimé, Shiva, partout dans le corps. Elle purifie (nettoie la maison) tout en continuant à rechercher Shiva. S'il ne se montre pas, elle va devenir de plus en plus frénétique et créer toutes sortes de problèmes en nous. Si nous faisons descendre Shiva en douceur dans le royaume de Shakti, le système nerveux, dans la respiration de la colonne vertébrale, les deux pourront s'unir dans tous les endroits du corps où Shakti cherche, dans tous les nerfs et toutes les
  • 121. cellules qui sont en nous. C'est l'explication métaphorique de la façon dont la respiration de la colonne vertébrale fonctionne pour stimuler et équilibrer les pranas dans le système nerveux. Egalement, avec le silence intérieur, le témoin, toute cette activité pleine de dynamisme à l'intérieur du système nerveux sera beaucoup plus facile à gérer. N'oubliez pas que le témoin n'est pas touché par quoi que ce soit de tout ce qui se passe, et pourtant il est chargé de tout via la connexion avec la bhakti. La conscience de pure félicité est notre plateforme de "Soi" qui nous permet de choisir le désir divin de faire l'expérience de la kundalini. Etre établi dans le Soi/témoin, nous permet de faire face beaucoup mieux quel que soit ce que nous pourrions rencontrer dans le courant du processus dynamique d'éveil de la kundalini. Le silence intérieur, par définition, est une purification globale permanente du système nerveux. C'est pourquoi la méditation est la première pratique de yoga avancée, et reste la pratique fondamentale de base dans toutes les leçons. Avec le silence intérieur, tout le reste peut être comme du gâteau. Sans le silence intérieur, tout le reste peut être comme de sauter d'une falaise dans les feux de l'enfer. C'est comme ça que sont les choses. Quelles que soient vos autres pratiques, si vous veillez bien à faire la méditation et la respiration de la colonne vertébrale en priorité, vous devriez trouver un soulagement par rapport à la chaleur. Une fois que l'équilibre entre les pranas ascendants et descendants est établi au moyen de la respiration de la colonne vertébrale de façon durable, nous avons la capacité de faire beaucoup plus sur le plan de la kundalini en ayant beaucoup moins de risque de rencontrer des difficultés. Notre progrès sera accru et notre inconfort sera bien moindre. En fait, faire les pratiques correctes, peut transformer notre voyage en croisière d'agrément sans fin, emplie de félicité extatique. Et nous n'avons même pas à ressentir de culpabilité à ce sujet là, car c'est la façon dont notre système nerveux à été fait pour fonctionner. C'est une machine à générer de la félicité extatique. Chacun d'entre nous en a une. Ah mon Dieu, ne perdons pas un instant à mettre tout cela en bon état de fonctionnement. En ce qui concerne la fontanelle au sommet de la tête, je ne la comprends pas comme une sorte de soupape de sécurité pour la kundalini qui s'élève. Le modèle populaire de la kundalini qui monte pour sortir par le sommet de la tête est une simplification exagérée du processus. Il y a plutôt une union à tous les niveaux, dans le corps, des deux polarités qui existent en nous. Sur le plan physique cela se produit dans la poitrine où les pranas ascendant et descendant se rencontrent. De là, ça va dans la colonne vertébrale pour monter au cerveau, puis revient descendre par l'avant et à nouveau cela remonte la colonne vertébrale, et ainsi de suite en un cycle sans fin. Cela fait partie de notre nouvelle biologie spirituelle. Avec une purification globale adéquate, et l'équilibre des polarités intérieures, tout cela se passe sans qu'il y ait de chaleur excessive et avec beaucoup de félicité extatique. Donc c'est un cycle fermé d'union interne, plutôt que la kundalini qui surgit d'elle même par le sommet. Faire surgir la kundalini par le sommet de la tête peut se produire, mais c'est conduire le processus dans la mauvaise direction, et ce n'est pas très bon pour la santé. Mieux vaut cultiver la relation amoureuse interne, et le reste se produira de façon tout à fait naturelle et tout à fait agréable. Ce qui sort au sommet de la tête est un flot d'énergie de guérison radieuse, comme un sous produit de l'union intérieure des polarités. Cela vient plus tard et n'est pas expérimenté sous forme de chaleur, mais il s'agit de félicité extatique. Les énergies de Shiva et Shakti unie en quelque chose de nouveau qui correspond au troisième niveau d'illumination, l'unité, l'amour divin qui s'écoule à travers tout le système nerveux vers tout le monde, l'Un qui s'écoule sous forme d'amour à l'intérieur de l'Un qui est partout. Dans la tradition chrétienne, cela s'appelle "Christ". Que la fontanelle s'ouvre physiquement ou pas n'a pas à mon avis grande importance. Il se peut que cela se produise, tout comme il se peut que cela ne se produise pas. Si cela se produit, ce sera un aboutissement naturel du processus d'illumination, pas quelque chose dont nous ayons beaucoup à nous préoccuper à ce niveau. La fontanelle est au dessus de la glande pituitaire, dont certains disent qu'elle est le siège de la conscience supérieure. Au centre de la tête se trouve la glande pinéale qui est notre récepteur de lumière divine. Au dessus de la pinéale se trouve la corona radiata qui se tourne vers le haut et prend la forme d'une tasse (ce qui peut être clairement ressenti et observé avec la vue intérieure) lorsque l'énergie monte. C'est le sahasrar, le lotus aux mille pétales. Donc nous avons le point entre les sourcils où quantité d'énergie extatique est stimulée, en entrant et en sortant, avec la respiration de la colonne vertébrale et les autres pratiques de yoga avancées, la fontanelle avec l'énergie qui entre et qui sort, en raison principalement de l'illumination de la pituitaire, et le sahasrar au dessus de la pinéale et de la colonne vertébrale qui fait jaillir une immense aura en forme de fontaine. Il se passe beaucoup de choses là haut. Ensuite, à l'intérieur du cerveau il y a la dynamique entre la pituitaire et la pinéale (activation du troisième œil) à travers les ventricules, puis en descendant dans la medulla oblongata,
  • 122. et reliée tout en bas, en descendant le long du nerf spinal, au périnée/racine. Il se passe tant de choses au niveau de la dynamique de l'énergie extatique dans la tête. Un jour, les neurobiologistes spirituels classeront tout cela pour nous. En attendant, nous devons continuer les pratiques avancées de yoga qui purifieront et ouvriront notre système nerveux, afin que les neurobiologistes puissent avoir quelqu'un à disséquer. Je plaisante! C'est une époque passionnante, c'est sûr. Je vous souhaite beaucoup de réussite dans votre voyage. Leçon 126 La relation entre pratyahara, l'intellect et la bhakti Q: Philon d'Alexandrie a écrit à propos du retrait des sens en Egypte au premier siècle. Ses commentaires me paraissent intéressant du point de vue historique principalement, car ils montrent que non seulement les indiens, mais aussi les pratiquants égyptiens s'y intéressaient. Ses remarques ne sont pas claires pour moi, mais il semble suggérer que l'on devrait porter une attention délicate aux sens, ensuite se retirer d'eux de façon à résider entièrement dans la nature intellectuelle. Ces mystiques pensaient que l'esprit avait une origine divine et était par conséquent le point de contact entre le mystique et ce qu'il peut y avoir de divin dans l'univers. R: Oui, l'esprit est le point de connexion principal avec le divin, comme nous pouvons tous en faire l'expérience quand nous méditons. Donc les choses n'ont pas changé depuis les temps anciens dans ce domaine. Cependant, la façon dont l'esprit nous relie au divin n'est pas à travers l'intellect. C'est à travers sa capacité à devenir immobile, silencieux. C'est le grand secret de la connexion divine de l'esprit. Comme il est écrit dans l'ancien testament de la Bible, "soit silencieux, immobile, et sache que je suis Dieu". Comme vous le savez, j'ai une approche différente de pratyahara par rapport à sa définition commune qui est "le retrait des sens". Je pense qu'il s'agit d'une simplification excessive qui peut être interprétée comme une sorte de mortification, et je ne suis pas partisan de cela. En réalité, nous recherchons moins les plaisirs des sens quand notre sensualité s'étend aux royaumes divins qui sont encore plus agréables. A la fin, nos sens physiques se rattrapent au fur et à mesure que notre expérience divine intérieure ressort pour être vécue dans la vie de tous les jours. Je ne pense pas que ce processus ait grand-chose à voir avec l'intellect, si ce n'est que c'est par l'intellect que nous choisissons de faire le voyage des pratiques de yoga. Un grand sage indien, Ramana Maharishi, disait que l'intellect n'a qu'une seule raison d'être qui soit utile, c'est de poser sans cesse la question "qui suis-je?". Aussi curieux que cela puisse paraître, bien que Ramana soit considéré comme un jnani (quelqu'un ayant atteint l'illumination par l'intellect) de très haut niveau, sa question perpétuelle, "qui suis-je?" est une pure forme de bhakti. Si quelqu'un s'intéresse seulement à trouver la réponse à cette question, la vie devient pure bhakti/désir de la vérité. Donc, si l'intellect est utilisé de la bonne manière, il se fond avec le désir du cœur le plus profond de trouver la vérité divine. C'est ainsi que l'intellect peut nous aider à faire des progrès spirituels. Si l'intellect n'est pas mené au-delà de la raison, au niveau de la simple recherche du divin ("Qui suis-je?", "N'y a-t-il pas plus que ça?"), alors il n'est guère plus qu'une machine qui a tendance à construire de nombreux châteaux en Espagne. L'intellect peut être très séduisant comme cela. L'intellect peut être canalisé de façon utile depuis notre silence intérieur. Lorsque c'est le cas, il se fond avec la bhakti. Leçon 127 - Q&R - Siddhasana ou padmasana? Je pratique la méditation en padmasana (la posture du lotus) depuis longtemps. Après avoir lu votre leçon, je me suis rendu compte qu'elle n'exerce pas de pression au niveau du périnée. Faut- il que je change pour siddhasana? J'ai essayé mais j'ai l'impression qu'il va me falloir quelque temps pour m'y habituer. Faites moi savoir comment je dois procéder. En padmasana, au bout de quarante- cinq minutes environ, mes jambes s'engourdissent et cela détourne un peu mon attention de la pratique. R: Padmasana est une très bonne façon de s'asseoir, avec ses propres avantages, bien que peu de gens puissent y rester confortablement pendant longtemps. Siddhasana dans sa version simplifiée que nous avons donnée dans ces leçons, est une façon
  • 123. de s'asseoir beaucoup plus facile dans laquelle on peut rester. Ses effets peuvent aussi être obtenus en utilisant un objet de substitution pour appuyer sur le périnée. Voyez les leçons #33 et #75 pour plus de détails. Qu'est-ce qui est le mieux? Cela dépend de votre préférence et de votre approche pour atteindre votre but en yoga. Si vous n'avez pas envie de stimuler directement l'énergie sexuelle pour faire monter la kundalini, alors inutile de vous précipiter sur siddhasana. Par contre, si vous avez envie de faire monter l'énergie sexuelle par des moyens directs, alors siddhasana est tout à fait approprié, bien plus que padmasana. Cela dépend où nous nous situons sur "l'échelle du tantra" à un moment donné. Siddhasana est à gauche du milieu de cette échelle, tandis que padmasana est à droite. Le côté gauche utilise davantage la sensualité dans les pratiques, le droit utilise moins la sensualité. Comme vous le savez, nous nous plaçons tout à gauche dans les leçons sur le tantra. Siddhasana va dans cette direction. Jusqu'à quel point avons-nous envie de faire siddhasana est fonction de notre bhakti, qui est reliée au niveau de purification de notre système nerveux. Il est intéressant de remarquer que davantage de purification nous encourage à nous impliquer davantage dans le travail direct sur l'énergie sexuelle pour la faire monter durant nos pratiques spirituelles. En yoga, on ne peut pas éviter, indéfiniment, d'avoir à s'occuper de l'énergie sexuelle, à un moment ou à un autre le système nerveux est activé par l'éveil de la kundalini, et l'extase intérieure explose en nous. Il n'y a rien de plus sensuel que ça. Toutes les pratiques avancées de yoga sont faites pour promouvoir la montée naturelle de l'extase dans le système nerveux. Même la méditation a ce but ultime, passer du silence intérieur profond à l'union dans la félicité extatique partout dans le corps et au-delà du corps. C'est pourquoi nous appelons les pratiquesavanceesdeyoga des "leçons faciles pour une vie extatique". Cependant, chacun a ses propres préférences en ce qui concerne la pratique du yoga, et tenir compte des tendances de chacun est beaucoup plus important que de donner à tous la même approche "toute faite" de l'illumination. Une technologie n'est valable que si elle est suffisamment flexible pour que chacun puisse l'utiliser. C'est pourquoi nous veillons à ce que les pratiques soient aussi simples et directes que possible, et que nous parlons beaucoup de trouver son propre rythme. Chacun doit parcourir son propre chemin à sa vitesse. L'ensemble des outils proposés est là pour être utilisé, ou non, comme il vous semble opportun. Si un outil ne nous est pas utile maintenant, peut-être en aurons nous besoin plus tard. Nous fonctionnons comme ça. Etant donné votre intérêt, peut-être devriez-vous envisager de perfectionner siddhasana. Allez-y progressivement, et voyez si cela marche pour vous sur le plan de l'énergie. Si ça ne marche pas, vous pourrez revenir à padmasana. Ca ne peut pas faire de mal de connaître les deux postures assises. Je suis passé par une phase d'essai semblable il y a de nombreuses années, et j'ai fini par adopter siddhasana sur le long terme. Je suis resté un peu à gauche du centre parce que, d'après mon expérience, cela était parfaitement cohérent. Quel que soit votre choix, il sera pleinement respecté. Q: Merci beaucoup pour votre discours très éclairant sur siddhasana étant à gauche et padmasana à droite. Mes expériences avec ces deux asanas correspondent tout à fait avec ce que vous avez décrit. Je remarque que lorsque je reste assis en siddhasana pendant plus d'une demi-heure, il y a une pression intense qui s'installe dans ma tête (le même genre de pression que l'on ressent dans la tête lorsque l'on fait mulabandha). Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour diminuer l'intensité de cette pression? Je me demande si on peut utiliser un objet de substitution pour exercer une pression au périnée tout en étant assis en padmasana. Il me semble que cela permettrait d'avoir à la fois les avantages de siddhasana et de padmasana. R: Je suis content que vous ayez trouvé cette leçon utile. Pour équilibrer la pression dans la tête, veillez à faire la respiration de la colonne vertébrale. Faites également sambhavi en même temps que mulabandha et siddhasana. Plus tard vous ajouterez kechari également, il joue un grand rôle dans la nouvelle biologie dans la tête. Tout cela aidera les énergies montantes à trouver un fonctionnement spirituel équilibré. Il y aura certains ajustements dans la tête lorsque la biologie spirituelle s'élèvera. Je les appelle "de la douleur qui monte" et parfois il nous faudra attendre que ça passe. J'ai parfois ressenti de la douleur dans le bulbe rachidien (medulla oblongata), et vers l'avant jusqu'au troisième œil. C'est tout de l'histoire ancienne maintenant (ça s'est transformé en félicité extatique), il en sera de même pour vous. Si cela devient trop inconfortable diminuez un peu les mudras, bandhas et kumbhakas et laissez reposer. Cela devrait disparaître en un jour ou deux. Ca ressemble beaucoup à l'entraînement sportif, lorsque nous nous hissons progressivement à de
  • 124. nouveaux niveaux de performance que nous n'avions pas auparavant. Allez à votre rythme et n'en faites pas trop. Si l'inconfort dans la tête est chronique et si les changements dans la pratique n'ont pas d'effet, demandez conseil à votre médecin. Dans une semaine ou deux, nous apprendrons une forme dynamique de jalandhara, qui fera passer toute la région qui va du cœur à la tête à la vitesse supérieure. Donc accrochez vous! En ce qui concerne la combinaison de padmasana, siddhasana avec un objet, je n'ai pas essayé. Puisqu'il s'agit d'une science (nous recherchons les meilleures applications possibles de la connaissance), et que vous y avez pensé, pourquoi ne pas essayer et voir ce que cela donne pour vous? En faisant évidemment bien attention à ne pas dépasser la mesure pour ne pas créer un excès d'énergie. Je vous souhaite de réussir. Leçon 129 – Nauli, faire monter la kundalini avec vos muscles abdominaux Dans la leçon sur yoni mudra kumbhaka, nous avons introduit une pratique qui s'appelle uddiyana, qui consiste à faire monter l'abdomen en utilisant le diaphragme. Parfois, uddiyana est surnommé "l'ascenseur abdominal". Vous vous rappelez sans doute que uddiyana signifie "s'envoler, prendr