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Buletin mai 2013
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Buletin mai 2013

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Casa de Clovni: fin d'une aventure

Casa de Clovni: fin d'une aventure


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  • 1. CEST FOU" Vraiment ?­ Oui ?­ Combien de mois vous partez ?"On est dans la salle de jeu. Il fait encorefroid dehors. Cest une des premièressemaines au village." Je vous remercie tous. Je suis déçu quevous partiez.­ Merci que vous ayez voulu nous changerla vie".Cette annonce que lon fait dabord auxjeunes du campus universitaire, les laissesans voix." Vous avez commencé à nous montrerautre chose, un autre monde.­ Si on est dans la rue cest, de toutesfaçons, de la faute des parents, de lafamille.­ Il y a des choses que je naurais pas dusavoir à sept ans.”On ne sattendait pas à une telle réaction.On simaginait leur dire mais quilsréaliseraient plus tard, quils réagiraientmoins vite.Là.Cest le silence.Un instant de répit, puis :"On fera un spectacle ?,­ Une parade !"Cest là que nous aussi on achève deréaliser la situation.Cest la fin de la Casa. La fin de dix ansdaventure avec les jeunes des rues deTimișoara. Cest certes un peu triste Maiscest déjà fou davoir tenu dix ans quand onne venait que pour quelques semaines.Fou davoir obtenu de si grands résultatsavec aussi peu de moyens.Folles, les conditions de vie.Folle, lénergie dépensée.Fous les dizaines de volontaires qui sesont succédés.Fous les parrains, les associations, tousces gens de peu qui se sont mobilisés pources gens dencore moins.Fou encore que cette histoire nait pasencore changé la face du monde.Du coup, normal, on est un peu las.En 2003, on est arrivé avec un projetoriginal, beaucoup dénergie, pas mal deJanvier Avil 20131Feuille de planning (cuisine, vaissellle, activités...) dun jeudi /vendredi réalisée par les jeunesB u L e T i N u L
  • 2. monde et à peu près pas dargent.Dix ans ça a tenu.Depuis un an et demi, nous navons pas vuléquipe se renouveler, lénergie sessouffle.La situation économique reste des plusprécaires (gros déficit). Bref, il y a deuxmois nous avons pris la décision darrêtercomplètement laction en juin, de clorelassociation. Terminée la Casa de Clovni.Suivre chacun nos chemins de vieautrement.Lobjectif ultime dune organisation commela nôtre est de disparaître une fois lamission accomplie.Nous partons sans doute un peu tôt au vude ce que nous pourrions encore faire.Mais dix ans tout de même. ce serait foliede nous jeter une pierre.***Malgré cette annonce une nouvelle sessiona débuté en mars et se terminera fin juin.On a déjà reçu 31 jeunes dans un espaceréaménagé, encore plus évident à utiliserpour eux. Ils connaissent maintenant bien lamaison et ses possibilités. La formulegénérale reste inchangée : sorties­rue leslundi et mardi, accueil des jeunes au villageles jeudi et vendredi. Le reste du temps estdédié aux démarches médico­sociales, àlaménagement de la maison, à lapréparation des activités...Au niveau de léquipe, il y a Dom, Moni,Iain, Maëlle et Silvère. On a eu la visite deTéo. Elle a été à lorigine de lassociation en2003, elle en est même devenueprésidente. Depuis 2007, elle vit auQuébec. Elle est venue un jeudi­vendredinous prêter main forte, observer leschangements. Elle a été soufflée de voir àquel point les jeunes se prenaient en main.Cest vrai, depuis le début de la session ilsse prennent en charge totalement. Ilscomposent eux­mêmes le programmedactivité, se répartissent les tâches (repas,vaiselle, ménage). Fanny sest replongéeelle aussi dans lambiance des jeunes et dela Casa, la semaine de Pâques. Elle étaitun peu déboussolée de voir à quel point ilsavaient grandi en deux ans. Elle repartpréparer le Festipop, ses souvenirsréactualisés. Marie­Pierre devrait (commedhabitude) arriver sous peu et unevolontaire, Sophie, se joindra à notre bandepour le mois de Juin.Il y a, en dehors du "quotidien", des projetsdes événements à préparer : Fifitut le 22avril et Jos Masca ! fin Juin (p.3).De tout lhiver on ne vous a pas donné denouvelles, un petit récapitulatif desactions médicales et sociales simposedonc (p.4).Dix ans depuis le parc des Roses (p.6)On a fait quelques travaux (p.7).En décembre on vous annonçait unesituation financière compliquée.Explication de comment ça a évolué en p.7.Et puis comme ça va faire dix ans de Casa,on commence à avoir des statistiquesparlantes sur limpact de laction menée(dernière page).2la préparation des repas reste lactivité la plus convitée
  • 3. FIFITUT 2013Alors que nous nous dirigeons vers le village, dansla voiture, Nicu nous fait l’historique. Maëlle l’écouteattentivement, Silvère conduit en essayant d’éviter lesnids de poules qui se sont multipliés avec la sortie del’hiver, et moi je pense déjà à ce que je vais écrire dece FIFITUT : il ne s’est encore rien passé.2010, 2011, 2012, la Casa participe depuis 4 ans à cefestival et Nicu est l’unique membre permanent del’équipe ! Aucun anim ne peut rivaliser avec lui,aucun n’a été aussi fidèle que lui à cettemanifestation. Alors il en profite un peu et remonte letemps… Viorel et lui sont cependant bien d’accord, lameilleure fois, c’est la première ! Cela réjouit lesnovices. Édition 2010, donc pour eux. En plus cetteannée là, les T­shirts des joueurs de la Casa étaientnoirs, et ça c’est la classe.L’an dernier, orange… à quoi s’attendre maintenant ?Pour l’instant, avec Bidești et Mircea, nous allonstranquillement au village… dépassons Uivar et nous yvoilà.Juste le temps de donner le programme et nouspassons sous le chapiteau, enfin le rond de terre ausol qui symboliquement en tient lieu, pour un courtatelier théâtre, quelques sujets d’impros au soleilcouchant.C’est quoi un FIFITUT ? comment ça marche ? Quisera là ?Une douche un repas un film plus tard… retour enville pour l’atelier du matin. Iain nous rejoint, puisSilvère multiplie par deux le nombre des participantsde l’équipe en y ajoutant les jeunes tout frais sortis dela rue et motivés du matin : Ștefan, Claudiu, Delia etNorbert. L’atelier continue avec eux : et si on faisaitdes machines ?Vient assez vite l’heure du repas et donc de retrouverles autres festivaliers…visiblement tous ne saventpas que nous sommes aussi participants au festivalet l’un des profs (serbe) demande à l’organisateur si« on ne pourrait pas changer de trottoir car il y a desindésirables qui nous collent ? ». Comme lesindésirables, c’est nous, et qu’en fait de la coller, onsuit juste le groupe, je me présente et… lui confirmebien qu’on va encore la coller un moment car… onest ensemble. On va même manger au mêmerestaurant, si si… même jouer sur scène avec sesélèves ? Elle imagine mal... le thème du festival cetteannée (selon le programme) les Droits de l’Homme.Ils ont du travail.Bon… après le repas, Lalie nous accompagne jusqu’à la salle et se met au rythme des jeunes : on avaitprévu sieste mais eux veulent remonter sur scène ettravailler, alors, au boulot !Exercices et rires se complètent tout l’après­midi,sous l’œil complice de notre maitre d’ateliercompréhensif : Lalie faisait partie de l’équipe auprintemps 2006, peut être certains ont encore en têtele "Bal en Délire" sous le chapiteau qu’elle avaitorganisé avec et pour nous.Donc.Les sujets d’impro se succèdent et c’est seulement ala proposition « départ en vacances » qu’un brefmouvement d’impatience accompagné d’unhaussement d’épaules voit le jour « comment tu veuxque je sache ça ressemble à quoi, les vacances ? »auquel répond un prudent « c’est pas faux… je vaisrevoir mes fiches ».Vient l’heure de la distribution des T­shirts, pourl’équipe de la Casa ils seront… violets ! Viorelhésite… préfèrerait celui noir sur lequel est écrit« Staff », et puis il l’enfile quand même… couleur quine l’empêche pas de déplacer quelques chaises pourpréparer la salle avec ceux en noir.Dimanche après­midi en quittant le groupe ducampus universitaire avec nos quatre joueurs,d’autres auraient bien voulu les accompagner… enguise de consolation, on leur avait laissé leprogramme du festival, avec l’adresse et l’heure dumatch : ils sont 5 au rendez­vous pour soutenir notreéquipe ! D’ailleurs on décide de ne pas faire uneéquipe Casa de Clovni contre une « universitaire »mais de mélanger les joueurs dans les deux équipeset jouer avec les étudiants. Les sujets ? Après lesjeux d’échauffement se succèderont « machine àfabriquer un arc en ciel » (ça tombe bien on a répétéles machines…), « aiguilles à tricoter », « moulin àvent », « il n’en reste plus » en mode chanté, « unsamedi à la mairie » et promenade dans lesCarpates ». 45 minutes de pur plaisir à les voirrayonner sur scène, s’écouter, s’entraider, répondreaux propositions des uns par d’autres encore pluscréatives, partager l’espace, nous faire part de leurunivers, "Ma maison ? Il nen reste plus" chantonné,jouer très sérieusement, faire rire tout un public enrestant parfaitement concentrés : de vrais pros de lascène (ou du cirque).Ils participent même ensuite au festival en tant quespectateurs avisés, avec droit de vote, après lesapplaudissements, applaudir les autres, et suivre lesdeux heures de matchs des équipes universitairesfrancophones… Le programme en poche, Nicu estmême revenu le lendemain voir la suite...Journée inoubliable, comme à chaque fois quilsmontent sur scène.Et déséspérante, quel travail il y aurait encore à fairepour ne plus être les indésirables...À en croire les applaudissements, bis, à un moment,quelques instants, ils ont enfin été désirés.Restez là, on ne changera ni de trottoir ni de salle nide programme."And the show must..."3
  • 4. BILAN RAPIDESi on se fie à nos comptes, depuis le débutde lannée jusquau 18 mai 2013, on totalise40 actions médicales et 33 actions sociales.Pour le médical il est principalement questionde contrôles gynécologiques. Les démarchessociales sont les retours à la maison, lespaquets alimentaires, les papiers didentité.Quelques exemples notables :Nicu va enfin pouvoir avoir sa cartedidentité. Après avoir joué de malchance surles précédentes démarches (remise à zérodu système informatique qui avait fait perdretoutes traces de son existence), nousparvenons à remonter le dossier, faire venirsa soeur comme témoin quil est bien Nicu....bref des allers­retours, des temps dattenteincalculables, de la frustration en bloc etquelques tonnes de patience plus tard, il nereste plus quà... attendre encore un peu.Olga avait donné jour à un petit lannéedernière. Il est actuellement placé en familledaccueil. La voilà de nouveu enceinte. Onne sait exactement de combien de temps. Onessaie de la voir pour lavortement, laloupons systématiquement. La dernière foisquon se croise, elle ne veut plus avorter :quelquun lui a dit que cétait un péché. Onlui réexplique les risques, allons même voirsa mère... Elle change à nouveau davis. Onprend rendez­vous avec elle pour aller àlhôpital, elle ny est pas. À lheure actuelle lecas nest pas résoluMircea, on a essayé de lui faire ses papiers,pendant longtemps. En vain. Nous lavionsaidé à rentrer chez lui. Ça faisait quelquesmois quon ne lavait pas vu et il réapparaîten sortie­rue.Avec laide du pope local, il devrait réussir àfaire ses papiers. ça nous paraît inespéré.Lui presque il sexcuse de ne pas faire lesdémarches avec nous.Là encore un peu de pateince à avoir maislaffaire sent très bon. Mircea est handiapé (ila une jambe plus courte que lautre), pour luicarte didentité rime avec pension handicap.Peut­être enfin lopportunité de changer devie pour de vrai.4ALORS LÀ CEST ÉNORMECest du lourd, dirait Dom, cest Lourdes, quoi. OuJC marchant sur les eaux : Florin Bidesti entend !!!On reste abasourdi pareil !Un test plus tard, audiogramme imprimé, le voilàappareillé :Le visage sillumine... on reprend le dialogue desourds et... il nest plus sourd ! Il répond, il seraconte.Son visage illuminé nous hallucine Bidesti qui nousentend nous parle nous répond du tac au tac. Etlassistante du salon AudioNova qui est curieuse ethabituée plus que nous à gérer ce genre desituations, nous restés bouche­bée devenus muetspour loccasion, prend le relais et hallucine pareil à ceque raconte Bidesti... elle lui pose des questionsbanales sur sa vie à lui, pas banale du tout,inimaginable pour elle : ta date de naissance (elleaimerait aussi compléter le dossier...) il ne la connaitpas mais nous raconte quand même la fête, il y avaitde la drogue et des filles. Comment tu te débrouillesdans la rue ? Tu vis où ? Tu gagnes comment un peudargent ? Tu entendais quand tu étais petit ? Il nena aucun souvenir, ça a toujours été comme cela pourlui, lenfant différent.Rencontre du 3e type au sommet. Et le seul qui resteà laise, qui sourit, qui rayonne et qui trône, cest lui,Florin.Au début il y avait un doute, il vient de la rue il sestdrogué je ne peux pas faire le test cela demande tropde concentration pour lui... puis finalement elle selaisse influencer, daccord, on va essayer, tout enayant quand même glissé discrètement le prix de laséance. On avait dit, banco, ça vaut le coupdessayer... on ne savait pas encore, à quel point.Dans le petit cabinet capitonné, "tu appuies sur lebouton quand tu entends un son..." une tentative,deux... lassistante ninsiste pas et se met à sonservice : pas la peine quil appuie, je le vois bien surson visage quand il entend ! et elle lui fait passer letest à l’œil. Laudiogramme est implacable : surditésévère, 77% perdus.On a tous quitté notre univers pour faire un pas verslautre, et celui qui se retrouve le plus à laise dêtre làet dentendre pour la première fois, le moinstraumatisé du monde, cest lui.Enfin Bidesti nous parle, et en plus il est bavard.M e D i C o S o C i A l
  • 5. 5Dom ma demandé de couper les cheveux de Viorel car la machine pour tondreest cassée et il avait chaud (et des poux aussi...)donc jai commencé derrière, là où il ne peut pas voir... cétait vraimentdur, un massacre quoi, alors jai demandé à Maëlle de continuer, un côté....puis Silvère, un autre... puis un autre jeune, Iosca, a décidé que ça seraitmieux de tout couper et de le raser complètement, Viorel a dit daccord sivous me donnez une casquette, alors je suis allée chercher la dernièrecasquette du stock, il a de la chance, et puis Iosca lui a mis la boule àzéro, le crane tout lisse, au rasoir à main, un vrai boulot ! : maintenant ilna plus de poux et peut dormir tranquille ! Et une belle casquette rougeaussi. Moi jai juste appris que coiffeur, cest un métier. Et le soir mêmeon sest empressé de retrouver tous les éléments de la tondeuse pour laremettre en marche !Le prochain jeune qui passe, il aura exactement ce quil voudra.
  • 6. LE PARC DES ROSES 2003­2013,LE TIMIȘOARA NOUVEAU ESTARRIVÉTouriste novice, Wikipedia vous informe : "Autrefoisqualifiée de Petite Vienne, la ville de Timișoara estsurnommée la Cité des roses en raison de sesnombreux parcs et jardins et de sa roseraie, créée en1928, qui maintient près de 600 variétés de roses."Mais vous demandez­vous parfois ce quest devenu leparc des Roses ?Ce dimanche, on avait rendez­vous avec Nicu à lafontaine du parc des Roses, ce qui ma donnéloccasion den refaire le tour du propriétaire, ou dumoins, de lex­locataire par intermittence.2013, le Timișoara nouveau est arrivé, le projet BegaBoulevard a bien avancé...Les lampadaires sont solaires, les allées claires etrefaites, petits graviers proprets, dalles uniformisées,les rosiers bien alignés.Et plus personne ne pourrait vous croire si vousaffirmiez que vous avez habité là quelques mois,quelques années, squatté quelques tentes oucaravanes, dans le trou, il y avait monté, un chapiteau.Le trou est encore là.Mais il nest plus accessible du parc, un haut grillage leceinture : il est rattaché aux tennis maintenant, il fauten faire le tour pour entrer. Il reste cependant lerendez­vous des propriétaires de chiens en début desoirées.La fontaine, inaugurée en 2004, est toujours là, leau yparait chaude en hiver, froide en été... et comme ici onpasse directement de lhiver à lété, elle est toujoursagréable. Et nombreux sont les promeneurs qui syarrêtent pour sy rafraîchir, sy donnent rendez­vous.Mais Nicu avait hésité : il y a trop de policiers, aussi.Vous avez remarqué ?Et puis la cabane verte métallique ("où est la clé deschiottes ?"), ainsi que tous les bancs assortis, ontdisparu.Vous ne le savez peut­être pas, mais le parc a étérefait récemment : il y a un mur grillagé tout le long etles rosiers qui poussaient en bordure ont disparu. Enrevanche, portails et cadenas ont fait leur apparition,avec horaires douverture, de 08h à 22h tous les jourssauf le lundi, quand le parc reste fermé.Il parait que Nelu est toujours là.Les mariages sy succèdent toujours le week­end,avec séances photos en longues robes blanches sousles tonnelles.Tout le mobilier urbain a été changé, de métallique ilest passé en bois massif peint en blanc. Ou plastique,tels ces rangées de chaises vertes fixées 5 par 5 parleurs pieds, qui remplacent les bancs métalliques,beaucoup plus léger à transporter mais impossiblemaintenant de sy allonger.Et peut­être vous ne savez pas non plus quemaintenant on peut y louer des vélos jaunes pour 3Ron lheure ?Peut­être même ne savez vous pas quon est passédu Lei au Ron en retirant 4 zéros à lun ?Et quon est rentré dans lEurope ? Il y a eu combiende gouvernements en 10 ans, et de maires différents? Et combien de politiques mises en place pourlenfance défavorisée ? Quelquun se lest ­il un jourdemandé ?Lan dernier début juin, pour la journée des enfants,cétait linauguration du parc des Enfants, juste en facedu parc des Roses. Juste un pilier du pont à traverser.Et de lautre côté, sous lautre pilier du pont, il y avaitun môme qui hurlait et hésitait à sauter à leau.Les pédalos pédalaient nonchalamment. Charmant.Si vous louez un vélo maintenant, vous pourrezparcourir toute la ville à travers ces parcs et ruespiétonnes : la rue Mărășești, longeant lopéra et lasynagogue, est elle aussi devenue piétonne. Là vouspouvez même rendre votre vélo.Vous pourrez aussi longer la Bega, tous les dessousde ponts ont effectivement été rendus aux passants.Sous le pont Mitropolit, il y a un café littéraire. Et lessquats de Trăian ont tous été murés.Les jeunes maintenant squattent un vieuxtransformateur électrique au campus universitaire,déménagent en permanence : certes ça leur est facile,ils ont pour toute propriété ce quils portent sur le doset les poches vides. Quelques sachets cependant...pendus à la bouche.Et, toujours à vélo, aller directement du parc desRoses à celui des Enfants en passant sous le pontMichel­Ange. Là bas pour les enfants de 3 à 7 ans il ya même une rivière magique qui se descend en canoë.Le petit train a repris du service mais ne roule plus surrails, mais sur pneus. Les trampolines intégrés au solsont extras, il fait bon être un enfant dans cette ville­là.Demain au village des jeunes viendront arroser lesoignons quils ont plantés il y a 15 jours et y trouver dusens, ne me demandez pas lequel.Moi, je le cherche encore en lisant le rapport dactivitéde la Casa de Clovni septembre­novembre 2003.Il parlait de monter le chapiteau au parc des Rosespour une période test de 2­3 mois, "pour juger de lasituation et de la pertinence de notre action" et puis onverra bien.Il était jeune et optimiste, pressé et naïf. Enthousiaste.Et on a bien vu.Sanitaire, eau, électricité ?Nous improviserons.les moyens financiers ? nous verrons bien.le chapiteau quelques balles de jongle et les gaminssont déjà là.Il y avait Claudia, Albert, Florin, Laurentiu, Elvis, Giani,Mircea, Florentina...Oserai­je un... que sont­ils devenus ? Vous voulezvraiment le savoir ? Vous demandez­vous parfois cequest devenue cette jeunesse là ? Et leurs petitsfrangins frangines ?On sinstalle avec notre énorme bagage dans legroapa, le trou : ça a de la gueule.Et le premier spectacle donné sous le chapiteau le 15novembre 2003 s’appelait "à la fin de lhistoire".Dailleurs la ligne du temps de la fiche pédagogiqueproposée ensuite en école adaptée sarrête en 2013,je devrais pas être si étonnée après tout.6
  • 7. TravauxEn début de session, Dom est pris dune folienovatrice. Il veut réaménager tout lespace de lamaison, se réaproprier les lieux après la trèvehivernale.Il passe une semaine avec Larisa où ils soccupentdune somme de détails. Une étagère par­ci, unrangement par là. Nettoyage, organisation. Lamaison est en ordre de marche pour une ultimesession.****On en revient toujours aux fondamentaux :manger, dormir, se laver...Côté manger, cest depuis longtemps rôdé : uneéquipe cuisine qui sorganise dans la caravanecomme bon lui semble et... on est toujoursrassasié !Et le soir, cerise sur le gateau, deux autresvolontaires pour allumer un feu sous les étoiles, ymettre à griller de la viande et, au passage, seraconter. Avant dinviter tout le monde au festin.Côté dormir, depuis quon a la maison, cest lapriorité, et comme des rois encore. Dans desdraps propres à chaque passage, devant un film lesoir et jusquà pas dheure le matin : au loin, lafatigue.Du coup, il ne restait quun seul besoin à satisfairejusquau bout de lautonomie et cest chose faitedepuis le printemps : au fond de latelier au coindu mur : une douche !En libre service, bien loin du trafic deau dans lesbassines...Avec son chauffe eau particulier, son mur carrelébleu, son rideau léger et son tapis sortie de bain àfleurs, sa planchette où aligner les shampoing etautres gels, grandes serviettes éponges blanchesà volonté, peignes et brosses à dent àdisposition...À chacun de gérer lespace et le temps du savoncomme il le veut. Un loquet pour fermer la porte,puis... Ça bulle.Chaude ou froide, expresse ou interminable,habillé ou tout nu. Tout est possible pour ressortirsouriant et propre, cétait vraiment une bonneidée, cette douche.FINANCESCertes nous vous annonçons la fin de notreactivité. Nous serons cependant présents jusquefin juin. Les jeunes comptent sur nous pour descontrôles gynécologiques, des suivis degrossesse, des traitements de maladies,notamment MST, des finalisations de papiersdidentité avec notre avocat, des retours enfamille... Nous nous devons dassurer cesdernières démarches au mieux possible, étantdonné quelles seront les dernières ellesprennent un caractère plus décisif.On vous annonçait en décembre quil nousmanquait 4000 euros pour le fonctionnement delassociation.Vous avez entendu notre appel et nous avezenvoyé 1800 euros de dons (en plus desparrainages).Cest énorme et nous vous en remercions. Nousnavons actuellement aucune idée de commentnous allons assurer les dernières démarches.Nous nous trouvons, pour cette avant dernièrelettre dinfo, encore une fois dans la position devous demander de participer.Sûrement vous demandez vous, si vousêtes parrain, "Quid de mon parrainage enjuin ?".Vous pouvez bien sûr faire le choix darrêter dedonner quand vous le souhaitez. Dans le cas oùvous feriez le choix de nous aider jusquà la fin,sachez que les prélèvements cesserontautomatiquement en décembre 2013.Il nous faudra d’ici­là assurer les frais liés à lamaison, aux démarches administratives relativesà notre dissolution, et enfin tâcher d’éponger unmaximum des dettes contractées parl’association.7Un peu surpris dans les travaux par la neige (fin mars).T e C h N i Q u E
  • 8. 8AVIS EN 2012 CEST113 enfants et jeunes rencontrés dans la rueen 2012, dont 48 ont participé aux activitéssous le chapiteau118 actions médicales172 actions sociales au total21 jeunes ont été accompagnés dans leursfamillesDes jeunes dans de réelles démarchesd’intégration socialePlus de 700 repas servis1 Festival de cirque et1 Festival de théâtre