Discapacidad intelectual y sexualidad frances

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Discapacidad intelectual y sexualidad frances

  1. 1. Six choses que vous devez connaître sur la sexualité et la déficienceNous devons commencer par le commencement. C’est tentant de simplement entamer lesujet en mentionnant le traitement réservé aux délinquants sexuels qui présentent destroubles du développement. Cependant, si nous procédions ainsi, nous répéterionsl’erreur que nous avons commise en ce qui concerne les services offerts aux personnesprésentant des incapacités, il y a de cela plus de 20 ans. Nous avions alors déclaré que lespersonnes ayant une déficience intellectuelle étaient « pareilles à nous, seulement un peuplus lentes ». Cela fut une grave erreur.Les premières personnes qui sont venues en consultation à la clinique étaient des hommesqui avaient commis des actes plutôt répréhensibles, principalement auprès d’enfants.Nous tentions alors désespérément de les aider et, pour ce faire, nous avons simplementadapté les protocoles de traitement qui existaient déjà pour les délinquants sexuels defaçon à pouvoir les utiliser chez les personnes présentant des incapacités. Pour être biencertains que nous obtiendrions des résultats, nous avons procédé plus lentement, car nousvoulions quand même être à l’écoute des besoins spéciaux de cette population.Avec le temps, lorsque nous avons effectué une évaluation et une étude des approchesthérapeutiques, nous avons constaté qu’il nous fallait prendre en considération un certainnombre de facteurs. Au lieu d’aller de l’avant grâce à de nouvelles approchesthérapeutiques, nous avons constaté que nous accusions un retard qui allait toujours encroissant et que nous devions considérer les choses selon une perspective élargie. Nousavons alors pensé qu’il nous faudrait garder à l’esprit certaines choses relativement auxapproches que nous utilisions et aux services que nous offrions. En effet, il ne fallaitabsolument pas oublier que les personnes qui venaient nous consulter présentaient untrouble du développement.L’orientation philosophique qui avait alors cours portait le nom de “Normalisation” ou de“Valorisation du rôle social” et, tout comme la plupart des organismes dispensateurs deservices, nous en étions venus à pleinement accepter les tenants de cette approche. Nouspensions, par exemple, qu’il ne fallait pas se concentrer sur le handicap, mais plutôt surles habiletés et sur des styles de vie plus sains et ce, sans prendre en considération le faitque ces personnes présentaient des incapacités.Le travail dans une clinique traitant les problèmes liés à la sexualité nous a amenés àquestionner ces idéaux. Nous avons alors constaté que le fait que les personnes quivenaient en consultation présentaient une déficience était important et significatif. Desconséquences s’y rattachaient, tant sur le plan social, que politique et cognitif. Lorsquenous avons commencé à penser à ces questions, nous avons alors pu établir plusfacilement des plans de services et des choix thérapeutiques mieux adaptés à lapopulation que nous desservions.
  2. 2. À ce moment, nous nous sommes aperçus qu’il y avait six choses que nous avionsdécouvertes en travaillant avec des personnes présentant une déficience intellectuelle quinous serviraient de bases dans le travail que nous aurions à effectuer auprès d’elles.Première constatation :Ce que le mot « déficience » signifie (et ne signifie pas)Les personnes qui ont une déficience intellectuelle apprennent de façon différente.L’apprentissage est habituellement plus long chez elle et il leur est plus difficile decomprendre des concepts abstraits et d’appliquer les connaissances acquises à d’autresmilieux. Nous pouvons déjà penser que vous êtes déçus de cette constatation. Il sembleévident que les personnes qui ont une déficience intellectuelle présentent des carences surle plan intellectuel.Cependant, la déficience intellectuelle comporte d’autres éléments. En effet…Les personnes qui présentent une déficience intellectuelle sont moins susceptibles derecevoir une éducation sexuelle que celles qui n’en présentent pas et il est plus probablequ’on ne leur dira pas la vérité en ce qui concerne les informations fondamentalestouchant la sexualité.Ces personnes risquent davantage de vivre dans un environnement tel une institution ouun foyer de groupe.Il y a peu de chances qu’elles puissent avoir accès aux expériences habituelles dans ledomaine de la sexualité (“jouer au docteur”, batifoler, sortir avec quelqu’un qui nousplaît).Elles risquent davantage d’avoir fait l’objet d’abus sur le plan sexuel et il est moinsprobable qu’on les croit ou que des mesures appropriées soient prises si elles ont rapportéces faits.Elles sont moins susceptibles d’être considérées comme des personnes qui peuvent avoirune sexualité et qui ont besoin d’amour, d’affection et d’éducation.Elles sont davantage catégorisées comme ayant une déviance et ce, même lorsqu’ellesfont preuve de comportements aussi simples que le fait d’embrasser quelqu’un.Cependant, le fait de présenter une déficience ne signifie pas les mêmes choses que lesgens pourraient croire. Par exemple, cela ne signifie pas…Que vous n’avez pas de besoins en matière de sexualité.
  3. 3. Que vous ne voulez pas avoir de relations sexuelles adultes.Que vous n’êtes pas capables d’aimer ou de forger des liens permanents.Que vous ne savez pas comment prendre soin des enfants.Que vous n’éprouvez pas le besoin de sentir que l’on se sent attiré par vous.Que vous ne vieillirez pas et que vous ne voudrez pas être indépendant.La déficience intellectuelle comporte de nombreuses caractéristiques. Ce qu’elle signifieet ce qu’elle ne signifie pas sont en grande partie liés aux préjugés sociaux et àl’oppression politique. Il n’est pas très populaire de parler de ces choses, mais il estimportant de se rendre compte de tout ceci rapidement lorsque l’on effectue un travail surla sexualité et la déficience.Pourquoi? Un peu plus tard, dans le livre, les effets de chacun des faits mentionnésprécédemment seront traités plus spécifiquement. À première vue, cependant, il estdevenu clair, lorsque nous avons établi le principe que nous travaillerions à changer lescomportements sexuels inadéquats chez ces personnes en comportements sexuelsappropriés, que nous aurions à défendre leurs droits. En effet, quel serait l’utilitéd’effectuer une thérapie auprès d’une personne présentant une déficience intellectuellerelativement à la sexualité si cette personne vit dans un milieu où on la punit lorsqu’ellefait preuve d’un comportement bien naturel?Cela est devenu évident dès le départ, lorsque nous avons reçu des appels de personnes setrouvant dans un état de panique parce qu’elles avaient trouvé un homme présentant unedéficience intellectuelle qui embrassait sa petite amie près des casiers, dans des ateliersprotégés. Nous avons également constaté ce même fait lorsque nous avons eu à notercertains tests sur les connaissances sexuelles qui ont été conçus pour les personnesprésentant des incapacités. Dans l’un de ces tests, une personne doit faire un choix entrequatre réponses qui mentionnent dans quel endroit les comportements sexuels sontappropriés. Deux de ces choix étaient « le parc » et « la chambre à coucher ».Évidemment, le choix correct était « la chambre à coucher ». Toutefois, certaines de cespersonnes, qui avaient de bonnes habiletés générales, ont choisi le parc lorsqu’on leur ademandé dans quel endroit les comportements sexuels étaient appropriés. Aprèsréflexion, nous nous sommes aperçus que celles-ci choisissaient le parc, parce que si ellestentaient d’utiliser leur chambre à coucher pour ce faire, elles seraient punies par leursparents ou intervenants.
  4. 4. Par conséquent, les thérapeutes ont dû être en mesure de discuter des politiques avec lesmembres du conseil, des attitudes avec le personnel de première ligne et des craintes avecles parents. Parfois, il nous a semblé que l’essentiel de notre travail était concentré versceux qui offrent des soins aux personnes présentant des incapacités. Il est donc devenuclair que chaque référence en cachait une autre. La personne présentant un handicapconstituait la première, évidemment, et la personne qui faisait appel à nous représentait laseconde. On peut donc dire même aujourd’hui, 25 ans plus tard, qu’il faut toujoursprendre en considération le genre de vie que mène la personne présentant une incapacité(et la façon dont elle diffère des personnes non-handicapées) et le soutien qu’elle reçoit.Deuxième constatation :Les personnes présentant des incapacités sont tout simplement humainesL’idée que les personnes présentant des incapacité sont tout simplement humaines a coursdepuis moins d’une génération. Si l’on songe aux importantes institutions qui ont étéconstruites afin qu’elles puissent y vivre, si l’on compte le nombre de classes qui ne lesont jamais accueillies, si l’on parcourt les énoncés de politique qui sont soit pro-eugéniques ou contre les relations, on peut alors voir que pour ce groupe, la différenceétait source de craintes. Le langage utilisé afin de décrire les personnes ayant desincapacités (« juste des légumes » ou « aussi impulsives que des petits chiots ») était plusque dégradant : il était déshumanisant.La société et les systèmes en place ont traité la sexualité des personnes présentant desincapacités d’une façon qui en dit long sur la manière dont elles sont perçues et mêmecraintes. Le concept voulant que les personnes présentant des incapacités puissent avoirdes enfants avec à leur tour des incapacités et que l’on se retrouve alors avec une classede personnes ayant des comportements criminels et un faible quotient intellectuel esttoujours très présent à l’esprit des gens. Tellement, que des sociétés entières ont écrit deslois qui permettent la stérilisation automatique des personnes présentant des incapacités.Cependant, la stérilisation représente le signe le plus manifeste de notre crainte de voirque les personnes présentant des incapacités peuvent avoir elles aussi une sexualité. On acréé des institutions dans lesquelles les femmes étaient séparées des hommes et il y avaitpeu d’interactions entre les deux. Toutes les activités au cours desquelles les hommespouvaient se retrouver avec les femmes étaient étroitement supervisées.
  5. 5. «Nous nous sentions comme des animaux en cage.» Voilà une remarque que l’on peutfréquemment entendre de la part de personnes présentant des incapacités qui vivent dansde grandes institutions. De plus, il y a maintenant des hommes et des femmes ayant desincapacités qui décident de prendre des mesures judiciaires, car on les a stérilisés sansleur permission et parfois sans même leur dire qu’ils avaient subi cette intervention.On peut penser que tout ceci a eu lieu il y a longtemps et que maintenant, les choses sontdifférentes et que les enfants ayant des incapacités vivent avec leurs parents. On peutmême se dire qu’il n’y a pas lieu de faire ressortir toutes ces histoires qui proviennent dupassé. Cependant, tout ceci est important. Si l’on affirme que l’on appuie le droit despersonnes présentant des incapacités à devenir pleinement adultes et à avoir unesexualité, on peut alors entendre les objections des autres. En tant que défenseurs desdroits de ces personnes à avoir une vie adulte, la plus courante que l’on entend est lasuivante : «Que va-t-il arriver s’ils ont des enfants?»Évidemment, par cette question, on veut souligner le fait que l’on croit que leurs enfantsprésenteront aussi des incapacités et on veut même laisser entendre que cela seraitnécessairement une mauvaise chose.Il y a plusieurs choses à considérer en ce qui concerne cette crainte au sujet des enfantsdes personnes présentant des troubles du développement :Règle générale, les personnes ayant des troubles du développement ne sont pas plussusceptibles d’avoir un enfant avec ces mêmes incapacités que les personnes qui n’enprésentent pas. Cependant, chez une personne qui a un handicap de nature génétique,comme la trisomie 21, le risque d’avoir à son tour un enfant présentant une incapacité estun peu plus grand.En fait, environ seulement 10 % de toutes les incapacités sont transmises génétiquement.La principale cause d’incapacités chez les enfants est l’abus et non les incapacités desparents.Avec une formation et un soutien appropriés, les personnes qui présentent des incapacitéspeuvent être en mesure d’avoir des enfants.Même s’il était vrai (ce qui n’est pas le cas) que les personnes présentant des incapacitésauront des enfants avec des handicaps similaires… il est important de savoir que l’idéeque des enfants présentant une déficience intellectuelle ne pourront jamais travailler, semarier et faire quelque chose de productif représente le résultat de stéréotypes et depréjugés, bien plus que la réalité.
  6. 6. La notion voulant que les personnes ayant des incapacités ne doivent pas avoir d’enfantsprovient d’une science, appelée « eugénique », et elle a eu des conséquences tragiques.En effet, plus de 10 000 personnes ayant des incapacités ont été tuées en Allemagnenazie.Les mouvements qui défendent les droits des personnes présentant des troubles dudéveloppement travaillent toujours afin qu’elles soient considérées comme citoyennes àpart entière de la société et ayant beaucoup à y apporter. Il serait très prématuré de croireque la société est maintenant prête à accepter que les incapacités ne devraient pas donnerlieu à la discrimination. Nous serions également naïfs de croire que tous les organismesde soutien, le personnel qui offre des services directs et même les parents ont tous desattitudes positives face aux incapacités.Les organismes qui ont des politiques qui défendent les relations sexuelles chez lesadultes auront inévitablement des procédures strictes à appliquer face à toutcomportement sexuel. Ces organismes sont incapables de déterminer ce que sont lescomportements sexuels inadéquats parce qu’ils ne peuvent arriver à définir lescomportements sexuels appropriés. Il est donc essentiel que le personnel qui œuvreauprès des personnes présentant des incapacités puisse reconnaître que les référencesprovenant des organismes où les comportements sexuels sont proscrits sont faites dans lebut d’éliminer ces comportements et même la sexualité de la personne référée. Cespolitiques doivent être vues pour ce qu’elles sont, soit un retour vers le passé où lesincapacités représentaient elles-mêmes des déviances.Si l’on reconnaît le fait qu’une personne est tout simplement humaine et, par conséquent,citoyenne à part entière de la société, cela signifie que l’on reconnaît des droits qui sontinhérents à la condition humaine. Au Canada, les femmes se sont battues non seulementpour obtenir le droit de vote, mais bien pour devenir des « personnes » aux yeux del’État. Ce fait, ou cette humanité si vous préférez, est devenu le premier échelon menantvers l’élimination des lois, politiques et procédures qui allaient à l’encontre des droits desfemmes. On peut donc alors suggérer que les personnes qui présentent des incapacitésdoivent devenir de telles personnes dans les organismes qui leur offrent du soutien. Toutthérapeute qui permet que des politiques essentiellement « inhumaines » ne soient pasmises en doute pendant qu’il traite une personne ne peut alors reconnaître le rôle qu’ilpeut jouer en tant qu’agent de changement.Si l’on en vient à accepter que les personnes présentant des incapacités sont toutsimplement humaines, on peut alors aller vers la troisième constatation.
  7. 7. Troisième constatation :Les personnes présentant des incapacités ont des besoins bien humainsLa crainte des comportements sexuels chez les personnes présentant des incapacités a eudes conséquences tragiques. La ségrégation sexuelle, les punitions appliquées à la suitede l’expression sexuelle appropriée, la castration (physique et pharmacologique) sontdéjà assez néfastes. Cependant, une chose encore pire, qui a causé, selon nous, du stresset diverses contraintes chez les personnes présentant des incapacités, s’est produite.Notre crainte face à la sexualité a donné lieu à l’impossibilité d’avoir une intimité.Nous avons appris une vérité humaine importante :Le besoin d’intimité est plus grand que le besoin de sexualité.Dans la documentation, on dit fréquemment que l’on peut se passer de la sexualitépendant une longue période, mais que l’on ne peut se passer d’intimité sociale quependant quelques jours (on parle bien ici de jours) avant que des problèmes de santémentale ne surgissent. Quels genres de problèmes? En voici la liste… Solitude Isolement Dépression DétachementSi nous jetons un autre coup d’œil à cette liste, il devient apparent que les personnesprésentant des incapacités, en tant que groupe, partagent plusieurs de ces symptômes. Enfait, dans la recherche menée par Reiss, on voit que les personnes qui ont un trouble dudéveloppement mènent des vies marquées par la solitude, l’isolement et la dépression.Certains pourront suggérer que ce problème est lié tout simplement à l’incapacité.Certains pourront affirmer que de nombreuses personnes présentant des incapacités nedisposent pas des habiletés sociales nécessaires. D’autres encore pourront dire que lespersonnes présentant des incapacités sont différentes sur le plan émotionnel et qu’ellesont moins de besoins que les personnes normales plus « complexes ». Voyons de quoi ilretourne.
  8. 8. Tout d’abord, aucun problème particulier n’est à priori lié aux incapacités. Il est vrai queles personnes qui présentent une déficience intellectuelle apprennent de façon différente.Nous en avons d’ailleurs déjà parlé. Si l’on oublie les façons, sur le plan médical, dont ladéficience joue sur la personne à la fois physiquement et mentalement, rien d’autre n’estlié à cette déficience. Même les parents d’enfant éprouvant des retards cognitifs marquésn’ont aucune difficulté à discuter des diverses façons dont leur enfant montre sonaffection. La plupart des intervenants qui travaillent avec des personnes qui présententdes incapacités peuvent décrire, souvent en de charmants détails, la manière dont ilsvoient ces personnes répondre à l’attention des autres, à l’affection et à l’affirmation. Ilfaut donc écarter l’idée que l’état physique ou médical d’une personne permet de définirson humanité.Même s’il peut sembler vrai que de nombreuses personnes ayant des incapacitéséprouvent des difficultés au plan des habiletés sociales, il faut se poser la questionsuivante : pourquoi est-ce le cas? Est-ce que c’est parce que les incapacités empêchentles personnes qui en sont affligées de développer des habiletés sociales complexes? Nousne croyons pas que c’est le cas. Nous avons plutôt constaté que lorsqu’on enseigne deshabiletés sociales aux personnes présentant des incapacités, elles les apprennent. En fait,l’un de nos premiers projets était de développer un outil d’apprentissage des habiletéssociales qui leur permettrait de développer des habiletés complexes. Il nous a fallu dutemps et de nombreux essais avant d’être en mesure de montrer des habiletés sociales etde voir ces habiletés se manifester dans divers milieux. Il est temps de cesser de blâmerles personnes qui ont des incapacités parce qu’elles n’ont pas acquis des habiletés quepersonne n’a pris le temps de leur enseigner. Cela peut sembler un peu poussé, mais nouscroyons que plus de temps a été consacré à leur apprendre comment faire leur lit plutôtque comment se faire des amis. Nous, personnes normales et complexes, avons desbesoins plus particuliers. Est-ce bien le cas? Voilà qui montre clairement de l’arroganceet de la bigoterie et que dire des énoncés suivants… Les hommes possèdent des capacitésintellectuelles supérieures et ils sont plus forts physiquement que les femmes. Lespersonnes hétérosexuelles sont plus intègres et elles ont des relations plus stables que leshomosexuels.Les blancs sont…Ces énoncés sont clairement sexistes, racistes et homophobes. Fait intéressant, toutefois,il n’y a aucun mot dans l’usage courant qui décrit les préjugés concernant les incapacités.Nous avons pensé que le terme « dysphobie » pourrait être utilisé à la fois cliniquement etsocialement afin de décrire les attitudes qui soulignent toute forme de philosophie« meilleure qu’incapacitante ».À la fin, nous devions nous assurer que les gens parvenaient à comprendre ce que laclinique avait comme croyance, c’est-à-dire une éthique, et que les personnes présentantdes incapacités sont entièrement humaines dans leur désir d’avoir une intimité. Nousavons, il est vrai, souvent parlé des droits de ces personnes à la sexualité, mais n’avonsjamais voulu oublier que le besoin d’intimité était essentiel. Nous voulions être biencertains que ceux qui verraient le travail que nous accomplissons se rendent compte que
  9. 9. nous étions en faveur des relations et de la sexualité. Nous avons donc découvert quececi pourrait être à la source de nombreux questionnements. Pour bien des gens, lamasturbation (un geste sexuel) était plus acceptable et moins menaçant que le fait de setenir les mains (un geste social). Cela nous a énormément surpris et nous en reparleronsd’ailleurs plus en détails dans ce livre.Quatrième constatation :Les personnes présentant des incapacités ont le droit d’avoir des amisD’accord, nous en avons déjà parlé, en quelque sorte. Il est cependant nécessaire d’allerplus loin. Les personnes ayant des incapacités ont le droit d’avoir des amis et des liensentre eux. La semaine passée, nous avons eu une consultation avec des intervenants d’unorganisme afin d’en arriver à soulager la solitude et l’isolement des personnes à leurcharge. Voilà qui est louable. Cela signifie en effet qu’ils ont constaté que les soinsqu’ils offrent à ces personnes ne permettent que de répondre à leurs besoins physiquesd’abri et de nourriture et qu’il leur faut plus que de la chaleur. Cela est bien. Toutefois,un fait est soudainement devenu clair : les personnes dont ces intervenants s’occupent ontbeaucoup de préjugés. Ironiquement, les préjugés dont elles font preuve sont manifestésà l’égard des autres personnes présentant des incapacités. Elles ne veulent en effet passocialiser avec les personnes qui ont des incapacités et ne veulent pas être reconnuescomme ayant elles-mêmes ces incapacités. Elles ne veulent pas porter une « étiquette ».Quelle est la source de cette antipathie à l’égard des personnes ayant des incapacités.(N’oubliez pas que ces comportements sont manifestés par des personnes présentantelles-mêmes des incapacités.) Nous avons pu en retrouver la source dans un documentpoussiéreux qui soulignait les politiques et procédures de l’organisme. Il y étaitclairement stipulé que les personnes présentant des incapacités ne pouvaient sortir avecd’autres personnes ayant des incapacités. De plus, on leur « recommandait fortement »de ne pas socialiser entre elles.On peut se demander quelle mesure a été appliquée auprès de ces personnes, en raison dufait qu’on leur « recommandait fortement » de ne pas agir ainsi. À Toronto, un groupe decitoyens a placé un imposant panneau au centre de la ville. Sur ce panneau, est inscrit :« la haine… est enseignée ». Rien ne saurait être plus vrai que ce que nous avons puconstater dans cet organisme. En faisant plus de recherches, nous avons pu constater queles intervenants de cet organisme avaient cessé toutes les activités qui permettaient auxpersonnes ayant des incapacités de se rassembler. Les danses, les clubs de quilles, lesJeux olympiques spéciaux étaient proscrits. Un membre du personnel a cependantamené une personne dont il s’occupait à une danse de la St-Valentin organisée par unautre organisme et ce, à la demande de la personne. Cette employée a été mise à pied etla personne présentant des incapacités réprimandée.Comment?
  10. 10. Ils nous ont appelés pour obtenir une consultation sur la solitude?Malheureusement, ce scénario n’est pas inhabituel. De nombreux organismes, et mêmecertains états, ont des politiques qui régissent la vie sociale d’une personne ayant uneincapacité. Dans ces politiques, on présume de façon automatique que l’amitié se définitcomme « un lien social et réciproque entre une personne présentant une incapacité et unmembre de la communauté ». Si l’on dit aux personnes ayant des incapacités qui leursamis peuvent et ne peuvent être, cela devient tout simplement de l’abus de pouvoir.Les personnes présentant des incapacités doivent disposer d’un large éventail d’optionssociales. Nous sommes d’accord avec ceci, mais soulignons le fait que, parmi cesoptions, on doit retrouver l’amitié et les liens avec d’autres personnes ayant desincapacités.Lorsqu’une personne ayant un handicap dit : « je ne veux pas sortir avec quelqu’uncomme cela », il faut être préoccupé par cette affirmation. Cet énoncé laisse entrevoir unsentiment négatif à l’égard de soi-même et il faut en faire une question d’ordre clinique.Cependant, il s’agit également d’un énoncé montrant un isolement social. En fait, si unepersonne présentant une incapacité cognitive (intellectuelle, mentale) veut former un lienqui se traduira par une expression sexuelle, ce sera probablement avec une personneayant un trouble du développement. Il nous faut donc lutter afin de s’assurer que lespersonnes présentant des incapacités en viennent à accepter et à aimer les autrespersonnes avec des incapacités. Même si nous savons que les termes « racismeintériorisé », « sexisme intériorisé » et « homophobie intériorisée » existent, nouspouvons ajouter qu’ils montrent que des personnes peuvent éprouver de la haine face àleur propre « différence ». On peut dire la même chose des personnes qui présentent desincapacités. En fait, la « dysphobie intériorisée » est devenue une question clinique deplus en plus courante dans notre travail.Constatation 5 :Rien ne justifie l’abus.« Toutefois, les parents ne nous laisseront pas développer des politiques positives enmatière de sexualité. »« Cependant, les parents nous ont forcés à faire cesser les relations de leurs enfants. »« Mais… »
  11. 11. C’est toujours la faute de la mère, non? Dans la documentation, on voit que lesintervenants sont beaucoup moins permissifs en ce qui concerne la sexualité despersonnes dont ils ont à s’occuper que les parents. Malgré tout, nous avons rencontré denombreux parents en colère et savons que cette énergie est forte. Cependant, il fautconsidérer tout ceci avec logique.Si un parent vous demande de frapper son enfant parce qu’il croit, en tant que parent, queles châtiments corporels sont nécessaires, le ferez-vous?Si un parent vous demande d’appeler son enfant un « pauvre retardé »…Parce qu’il croit que son enfant doit savoir comment la société le perçoit, le ferez-vous?La réponse à ces questions est évidente : bien sûr que non. Nous ne le ferions pas, car ils’agit dans ces deux cas d’abus. Évidemment. Nous n’agirons pas ainsi parce qu’unparent nous le demande. Encore une fois, nous ne le ferons pas. Si un parent demande àun intervenant de faire cesser une relation entre deux personnes ayant des incapacités quisont consentantes simplement parce qu’il n’aime pas cette relation… l’organisme nepourra appuyer alors le parent. Il s’agit en effet d’un abus émotionnel et d’une utilisationerronée de l’autorité dont bénéficie l’organisme. C’est donc inacceptable sur le planmoral et de l’éthique. Il vaut mieux laisser le parent crier, s’indigner, écrire des lettres.Si la personne est consentante, alors les organismes qui suivent les recommandations desparents sont coupables d’abus.Qu’arrive-t-il si le parent est le gardien? Cela ne change rien. Il n’est jamais acceptablede prendre avantage d’une personne présentant une incapacité dont on a la charge.JAMAIS. Cette personne pourra avoir besoin d’une formation sur la façon de défendreses propres droits, mais nous ne pouvons blesser quelqu’un simplement parce qu’on nousle demande.Il est intéressant de voir que les organismes qui croyaient en la désinstitutionnalisationn’ont pas donné raison aux parents à ce sujet, même si cela ne plaisait pas à ces derniers.Il est également intéressant de noter que les organismes qui se rangeaient du côté de lamajorité n’ont pas non plus reculé, car beaucoup de parents éprouvaient des craintes faceà ce qui arriverait à leur enfant dans des écoles normales. Il est de plus intéressant deconstater que bon nombre de ces organismes se soumettent lorsque la sexualité entre enligne de compte.Alors, le problème provient-il RÉELLEMENT des parents? Est-il possible que lesorganismes se servent du malaise des parents pour déguiser le leur? Peut-être faut-il doncse demander si les organismes ne devraient pas composer avec leur propre malaise avantde penser à la façon d’agir avec des parents en colère.
  12. 12. Constatation 6 :Des milieux malsains causent des comportements malsainsDes études menées à l’aide d’animaux ont permis de révéler que lorsque de jeunesmammifères étaient emmenés loin de leurs parents et élevés dans des cages ségréguées,lorsqu’ils atteignaient l’âge adulte, ils étaient incapables d’effectuer les rituels sociaux etsexuels de leur espèce. Il peut sembler étrange que des scientifiques aient eu à prouverceci, non? En plus des questions morales soulevées par ce type de recherche, tout commeen font foi les résultats obtenus, on voit que cette façon de faire produit un milieu malsainet des comportements malsains.Cette constatation résume essentiellement toutes les constatations ultérieures. Ellerésume également l’intention de ceux d’entre nous qui avons travaillé auprès depersonnes présentant des incapacités qui avaient des comportements sexuels inadéquats :nous devions établir une compréhension de ce que sont les comportements sexuels sainset les milieux de vie sains. Ceci étant fait, nous pouvions commencer à travailler.

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