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IHEDN: les grand enjeux de défense et de sécurité
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IHEDN: les grand enjeux de défense et de sécurité

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Description du fonctionnement du Centre de crise du Ministère des affaires étrangères français

Description du fonctionnement du Centre de crise du Ministère des affaires étrangères français

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  • 1. Institut des Hautes Etudes de Défense nationaleLes grands enjeux de défense et de sécurité5 décembre 2012Le Centre de crise du Ministère des Affaires étrangèresOrganiquement, le Centre de crise est né il y a un peu plus de quatre ans.Fonctionnellement, la gestion des crises, humanitaires ou sécuritaires, est nettement plusancienne. On peut en voir les prodromes dans la création en 1985 d’une cellule d’urgence etde veille humanitaire, qui a ensuite donné naissance à la délégation à l’action humanitaire(DAH) et à la Direction des français de l’étranger, Sous Direction de la protection despersonnes. Un savoir faire s’est ainsi développé, au fil du temps.Cependant, trois facteurs ont conduit à changer d’approche en privilégiant, plutôt qu’unelogique de « task force » à répétition, une logique de professionnalisation, qui supposait dese doter d’une nouvelle institution permanente. ● D’abord, les crises se sont multipliées, depuis une dizaine d’années et ont atteint une fréquence plus élevée que par le passé. Il y a donc eu une nette évolution quantitative. ● Ensuite, les crises ont pris des formes nouvelles, d’un tremblement de terre à un tsunami, d’un crash aérien à Fukushima, d’une prise d’otage à des attentats de grande ampleur, de la Côte d’Ivoire aux printemps arabes. Bref, qualitativement, les crises sont devenues polymorphes. ● Enfin, les crises sont devenues un quadruple enjeu : ● humain, d’abord, la légitimité des Etats étant de plus en plus jaugée à l’aune de leur capacité à protéger leurs ressortissants ; ● politique ensuite, la crédibilité internationale des Etats reposant aussi, à présent, sur leur aptitude à répondre vite et bien aux défis des crises ; ● médiatique, les crises devenant un vecteur d’image puissant pour les dirigeants et les institutions. ● diplomatique enfin, la « diplomatie de crise » contribuant à la hiérarchie des diplomaties nationales et devenant une branche en soi des métiers diplomatiques.D’où la décision de créer, en 2008, un Centre de crise, composé d’une soixantaine d’agents.
  • 2. Ce Centre a été placé sous l’autorité directe du Ministre.Il y a au moins deux raisons à cela.D’une part, parce que les situations de crise exigent des décisions claires et rapides. Nousavons ainsi une ligne hiérarchique courte avec le Directeur du Cabinet et le Ministre.D’autre part, parce que la matière première des crises est éminemment politique, et prendtrès vite des proportions, en termes de seuils, de moyens à mettre en œuvre, de responsabilitésà assumer, de communication à assurer, qui relèvent bien du niveau ministériel au moins.Pour vous décrire l’organisation du Centre de crise, je prendrai volontiers l’image d’unthermomètre, avec une partie froide, tiède, chaude et bouillante. Les fonctions du Centrevont donc suivre cette courbe de température. Il s’agit seulement d’éviter que le thermomètren’explose…I- La partie froide et tiède du Centre de crise correspond, grosso modo, au Centre desituation que je dirige.Ce Centre de situation regroupe 26 agents.Il assure quatre grandes fonctions, sachant qu’il faut distinguer les missions en tout tempset les phases de crise ouverte.A- Les missions en tout temps.1-Veiller et alerter : 16 veilleurs de jour et de nuit assurent une veille H24. Cette veille vautmême pour tout le Ministère de 20h00 à 8h00. Cette fonction est très importante. C’est unesorte de gare de triage, qui filtre les évènements et informations en provenance du mondeentier. Le quart veille comprend 3 ou 4 agents le jour, 2 agents la nuit.Quatre types d’informations convergent au quart-veille : ● des informations télévisées, sur un mur d’images pourvu d’une vingtaine d’écrans TV recevant toutes les grandes chaînes généralistes. ● pour chaque poste de travail, des dépêches d’agence, qui arrivent sur un écran dédié ● tous les télégrammes des postes diplomatiques et consulaires, notamment les IMMEDIAT ● enfin, le quart-veille consulte régulièrement certains sites spécialisés, notamment des sites concernant la veille relative aux catastrophes naturelles ou aux accidents aériens (NB « Catnat », « Severe weather », « Crash info », « USGS »…).2-Informer : le Centre de situation produit les Fiches Conseils aux voyageurs, qui concernent189 pays et 21 thèmes. Ces fiches sont actualisées en temps réel, tous les jours, toute l’année.La procédure d’élaboration de ces FCV a été certifiée IS0 9001 en juillet 2011. Le succèspublic est spectaculaire, avec 6 millions de consultations des FCV en année pleine, ce qui enfait le deuxième site le plus visité de l’Administration française.
  • 3. 3-Protéger : Le Centre de situation, en liaison étroite avec le Groupement des situationsd’urgence, valide les 220 plans de sécurité des Ambassades et des Consulats, qui forment lesocle de sécurité de nos personnels et de nos communautés à l’étranger. Il veille également,en liaison avec le CPCO du Ministère de la défense, la DGSE, et les services politiques duQuai d’Orsay, avec les postes, à ce que les pays « à vigilance renforcée », une vingtaineenviron, soient bien pourvus d’un plan d’évacuation et/ou de fermeture des postes.Enfin, je mentionnerai pour mémoire le nouveau né de notre arsenal de protection denos compatriotes voyageurs, qui sont 13 millions par an, l’application Ariane, portaild’enregistrement numérique permettant de s’enregistrer gratuitement et librement avant undéplacement de courte/moyenne durée. Ce portail a été lancé en juillet dernier. Il permetd’avertir en temps réel, par sms, les français enregistrés se trouvant sur place en cas de crise,pour les informer de l’évènement et leur donner la conduite à tenir. Après 16 mois depuis sondémarrage officiel, Ariane a décollé : le nombre de personnes enregistrées a été multiplié par20 depuis la phase expérimentale (plus de 50 000 inscrits).4-Coopérer : le Centre de situation coordonne l’aide humanitaire d’urgence, qui vise parconstruction à répondre aux situations de détresse aigue de certaines populations. A noterqu’il existe un fort couplage entre politique humanitaire d’urgence et politique sécuritaire,dans les deux sens. Les crises sécuritaires engendrent souvent des besoins humanitaires. Al’inverse, l’aide humanitaire d’urgence peut contribuer à détendre la situation de certains paysen crise et réduire les risques de violences. Cela étant, au sahel ou dans la Corne de l’Afrique,on constate comme une aporie, puisque notre politique sécuritaire consiste à dire aux ONGde ne pas se rendre sur place, alors que les besoins humanitaires y sont exceptionnellementélevés et que la spirale pauvreté/détresse/violences y est évidente. La conciliation entreces deux versants d’une même politique n’est pas aisée. Nous faisons pour l’essentiel dumonitoring, cest-à-dire de l’assistance pilotée, sans engagement direct…B- Les phases de crise ouverte.Ce sont des phases extrêmement lourdes pour le Centre de situation, puisqu’il doitcontinuer d’assumer les missions pérennes précitées avec une montée en puissance temporaireliée à la gestion de crise.Le Centre de situation doit contribuer à armer la cellule de crise qui sera constituée ausein du Centre de crise, avec un segment « situation », chargé d’irriguer les décideurs, àcommencer par le Ministre, en « points de situation » sur le déroulement de la crise, le bilanhumain et matériel et les opérations en cours.Il doit également assurer le secrétariat des Réunions interministérielles de crise.Il doit enfin modifier en temps réel les conseils au public, liés à la crise et fournir à la cellulede réponse téléphonique des éléments de langage, tout au long de la crise.II-La partie chaude et bouillante du Centre de crise correspond à la Sous Direction desopérations d’urgence et des affaires individuelles.Cette Sous Direction traite des crises écloses, une fois l’évènement survenu et noue descontacts quotidiens avec un certain nombre d’opérateurs et de prestataires de services, dontelle devra assembler les compétences le moment venu.Elle traite donc de deux sortes de crises, très différentes par leurs conséquences.
  • 4. a) des crises individuellesIl y en a trois sortes. D’une part, les prises d’otage, qui correspondent à des mobilespolitiques (NB ce qui distingue une prise d’otage d’un enlèvement crapuleux). Lesenlèvements crapuleux tendent hélas à se multiplier et font également l’objet d’un traitementspécifique. Nous avons actuellement 7 otages à l’étranger. D’autre part, les disparitionsinquiétantes, qui correspondent à des cas de figure très précis. 80% d’entre elles se résolventbien (ex : perte de portable ayant conduit une personne à ne pas donner de nouvelles pendantquelques jours). Les 10% restant sont de vraies disparitions inquiétantes, qui bien souvent,débouchent sur le 3ème cas de crises individuelles : les décès à l’étranger par accident ouhomicide.En 2011, 13 dossiers d’otages ont été traités, impliquant 23 compatriotes, 661 dossiersde ressortissants français décédés à l’étranger. Depuis le début de l’année 2012, 150signalements de disparitions inquiétantes ont été adressés au CDC, dont 25 dossiers dedisparitions inquiétantes donnant lieu à une procédure judiciaire.b) des crises collectivesElle se rangent en trois grandes catégories, par leur étiologie : ● les crises d’origine naturelle : tremblement de terre (Haïti) ; tsunamis (celui de décembre 2004/janvier 2005) ; éruptions volcaniques; cyclones ; inondations (Thailande) etc… ● les crises d’origine humaine : terrorisme, guerres civiles, conflits-interétatiques…. ● les crises mixtes, ou hybrides : par nature (ex les pandémies, où se mêlent causalité naturelle et facteurs humains, dans les voies de transmission et de propagation) ; ou encore, par les séquences successives (cf crise au Japon, où se sont enchaînées trois crises en réalité : un tremblement de terre ; un raz-de marée ; un accident industriel dans une centrale nucléaire).c) Ces crises collectives entraînent en tout état de cause une situation où une menace devientà la fois globale et de haute intensité, par son ampleur, et pèse sur notre communauté etnos intérêts à grande échelle, par sa portée. Cela justifie l’activation d’une cellule de crise,armée par le Centre de crise, qui va en former l’ossature, mais complétée par des renfortsémanant d’autres Directions et services du Ministère, et à laquelle vont aussi prendre partdes représentants d’autres Ministères (Défense, Intérieur, Santé, Ecologie…) concernés par lacrise.Une cellule de crise repose en fait sur trois grandes fonctions. ● une fonction « situation » : il faut alimenter la Cellule constamment, à commencer par le Ministre, en « points de situation » lui permettant, sous une forme claire, concise et opérationnelle, de suivre le déroulement de la crise, d’être pleinement informé des intérêts en cause et de disposer d’une gamme d’options (en gros : quoi ? combien ? comment ?). Nous avons établi, pour un certain nombre de pays, des tableaux de bord complets synthétisant toutes les informations nécessaires au pilotage de la crise, y compris la cartographie de la présence française dans le pays concerné. Il faut également se coordonner avec le poste, avec les autorités du pays où survient la crise, avec les partenaires significatifs et le pôle européen…Tout ceci suppose un travail de
  • 5. synthèse à la fois lourd et complexe. ● une fonction « décision » : les réunions interministérielles présidées par le Ministre d’Etat ou son Directeur de Cabinet, dont la fréquence va varier selon les besoins, vont donner lieu à des décisions opérationnelles permettant de répondre effectivement à la crise. Un relevé de décision sera mis au point après chaque réunion et diffusé dans l’appareil d’Etat. A noter qu’un représentant du Président de la République et un représentant du Premier Ministre siège à ces réunions, afin d’assurer la cohérence d’ensemble de la réponse. ● une fonction « communication » : il est très important en effet d’expliquer au grand public ce qui se passe, comment évolue la situation et ce qu’on fait pour y faire face.Une cellule de réponse téléphonique est fréquemment activée aux côtés de la cellule decrise, afin de soulager le poste et de faire face à des pics de plusieurs milliers d’appels par jour(cas du tremblement de terre en Haïti ou de Fukushima).En parallèle, une cellule de crise est créée « en miroir » dans l’Ambassade ou le Consulatconcerné par la crise. Cette cellule est prévue dans l’organigramme de crise du poste. Elleessuie en quelque sorte le « premier feu » et organise la réponse initiale à la crise. Il arrivemême qu’une cellule de crise soit activée dans un Consulat et une Ambassade en même temps(cf attentats de Bombay en novembre 2008).Mais très rapidement, des moyens humains et matériels sont projetés par la Sous Directiondes opérations d’urgence du CDC, afin de muscler notre dispositif et soulager les collèguesdu poste, souvent épuisés après le premier choc. Cette équipe de renfort va être modulée etconstituée selon les besoins nés de la crise : médecins, pompiers, psychologues, membres dela sécurité civile etc…Au total, en 2011, 5069 ressortissants ont bénéficié des moyens de l’Etat français afin dequitter un pays en crise, dont 3 322 Français et 1 747 ressortissants étrangers.Conclusions :Je voudrais partager avec vous 4 réflexions. ● D’abord, il est remarquable de constater qu’en moins de 4 ans, le Centre de crise s’est indiscutablement imposé comme un fer de lance de notre diplomatie, au sein du Ministère des affaires étrangères et européennes (Administration centrale et réseau) comme au sein de l’appareil d’Etat, dans les enceintes interministérielles. Le Centre de crise est systématiquement cité par les plus hautes autorités de l’Etat lorsqu’elles évoquent ou saluent notre action à l’étranger. Le Ministre l’avait mentionné à trois reprises dans ses vœux aux agents, le 11 janvier 2012. Pourquoi ? Sans doute en raison de sa forte réactivité. Sans doute aussi en raison de la visibilité médiatique des grands dossiers portés par le Centre (crises collectives, crises humanitaires, affaires d’otages…). Sans doute enfin parce qu’à la différence de la diplomatie traditionnelle, plus discrète, ou secrète, souvent inscrite dans le temps long, nous sommes ici en prise avec des missions situées dans le temps court, immédiat, en fort contact avec le grand public, qu’il s’agisse des Conseils aux voyageurs, de l’aide humanitaire d’urgence ou réponses aux situations à risques (évacuations etc…).
  • 6. ● Ensuite, le Centre de crise confirme la vocation interministérielle du Ministère des affaires étrangères et européennes. Comme diplomate, j’ai acquis la conviction qu’on ne fait rien seul. C’est vrai d’un individu comme d’une organisation. Et le sens profond du métier de diplomate, ô combien perceptible au Centre de crise, c’est d’apprendre à orchestrer les savoir faire, les compétences, les expertises d’autres institutions, pour former un « faisceau » de projection. De ce point de vue, le Centre de crise est doublement tributaire d’apports externes. D’une part, il ne peut rien faire de significatif sans d’autres collaborations au sein du Quai d’Orsay : le réseau diplomatique et consulaire lui apporte une contribution majeure, dans tout l’arc de ses missions ; les Directions politiques aussi, géographiques ou fonctionnelles ; le service de la sécurité diplomatique ; la Direction générale de la mondialisation…D’autre part, le Centre alimente ses réflexions et productions auprès des Ministères « sources » ou « opérateurs premiers » dans la collecte du renseignement ou la planification opérationnelle. Le CPCO du Ministère de la défense, la DGSE, la DCRI du Ministère de l’intérieur, sont des partenaires clés à cet égard. Le Centre de crise ne peut fonctionner en autarcie. Il ne rayonne qu’en relation avec ses partenaires naturels. ● Par ailleurs, comme toute institution jeune, nouvelle, le Centre doit parvenir à « tenir la distance » et aborder, après l’excitation du démarrage, la phase de lancement, une phase que j’appellerais de stabilisation et de consolidation. Cela suppose d’être bien conscients du chemin parcouru, de celui qui reste à parcourir, de penser avant tout aux responsabilités qu’imposent les missions, et de pouvoir régénérer régulièrement les effectifs, en maintenant une exigence de qualité et une pluralité d’expériences et d’expertises. ● Enfin, le Centre de crise devra sans doute, de façon croissante, tenir compte de trois dimensions assez fondamentales pour l’avenir : la dimension pédagogique, avec le besoin de formation des personnels aux crises, à la gestion de crise, aux exigences de sécurité… ; la dimension interministérielle, compte-tenu du rôle notamment du SGDSN, du MININT, du COGIC etc… mais aussi du Ministère de la santé, de l’écologie, de l’économie et des finances dans la plupart des crises consulaires ; la dimension européenne, en raison des exigences de l’article 23 du Traité sur l’Union européenne et de la proposition de directive sur la protection consulaire. L’échelon européen va devenir assez considérable, dans les années à venir, du fait du degré élevé d’exposition des citoyens de l’UE aux risques multiples d’un monde instable et peu prévisible, et de la réduction drastique des moyens des Etats membres, qui nous obligeront à mettre en commun des ressources rares voire, à repenser radicalement nos modes opératoires.Je vous remercie./.

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