Le sang dune nuit dété                                « Le sang dune nuit dété »Chapitre 1 : La solitudeMicheline saluait ...
Le sang dune nuit détéavoisinants. Une promenade quotidienne dune heure qui faisait garder à Jean-Philippe unphysique élan...
Le sang dune nuit détéChapitre 2 : LinquiétudeLe samedi au réveil, Jean-Philippe était courbaturé. De légers nuages avait ...
Le sang dune nuit détéSix mois après le décès de sa mère, Cécile juste diplômée emménageait dans un grand loft àParis.Jean...
Le sang dune nuit détéChapitre 3 : Lappel au secoursJean-Philippe se souvenait du Père Denis. Ils sétaient rencontrés une ...
Le sang dune nuit détédisparition. Jean-Philippe insista, le brigadier lencouragea à se renseigner auprès de la famille de...
Le sang dune nuit détéChapitre 4 : Les cadavresJean-Philippe fut réveillé à 10 heures par un bruit de moteur dans lallée d...
Le sang dune nuit détélinscription « police scientifique ». Jean-Philippe ne comprit plus rien. Tout autour du village, le...
Le sang dune nuit détéChapitre 5 : Le fait diversUne trentaine de voitures stationnaient dans le chemin menant de la route...
Le sang dune nuit détéA peine le café pris, un mouvement de foule se fit entendre à lextérieur de la maison. Lesjournalist...
Le sang dune nuit détéLa discussion fut rapide, le premier ministre promettant que toute la lumière serait faite pourdécou...
Le sang dune nuit détéChapitre 6 : Larrivée de CécileUn bruit de klaxon troubla le silence qui régnait dans le village dep...
Le sang dune nuit détéArrivés dans le centre-ville, Cécile et son père flânèrent sur le marché. Cécile en profita pourache...
Le sang dune nuit détéChapitre 7 : La fuiteCécile se réveilla en sursaut en pleine nuit. Une porte de la maison claquant l...
Le sang dune nuit détédans leur voiture, leur annonça son départ, son travail lappelait. Son père pendant ce tempstraversa...
Le sang dune nuit détécarrés pour y déposer ses affaires. Il retrouva ensuite Cécile dans le jardin. Les adieux furentdoul...
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Le sang d'une nuit d'été

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"Le sang d'une nuit d'été"

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Le sang d'une nuit d'été

  1. 1. Le sang dune nuit dété « Le sang dune nuit dété »Chapitre 1 : La solitudeMicheline saluait le réveil de son maître chaque matin du même cérémonial ; un aboiement crevale silence de la maison. Jean-Philippe apparut dans linstant, ouvrant la porte de la cuisine où étaitenfermée la vieille chienne. La tête des mauvaises nuits, celles agitées, le corps suait. Biensouvent Micheline pouvait être la seule à le remarquer : Jean-Philippe aimait sa solitude.A peine retraité de la SNCF, il avait choisi le prix de son indépendance deux années auparavant enacquérant cette bâtisse sans charme aucun. Il lavait transformée à son image, sobre.Discrètement décorée à lancienne. La plus belle pièce exposait sa collection de vinyles dont ilsenorgueillissait, plus de cinq mille oeuvres de rockeurs américains jalousées.Le vendredi traditionnellement était le jour des courses. Jean-Philippe faisait perdurer cettehabitude prise alors quil travaillait. Depuis le décès de sa femme dix ans auparavant, il soccupaitseul des tâches ménagères. Les achats à lhypermarché Auchan de la région pouvaient êtrecertaines semaines sa seule sortie. En dehors du hameau il perdait ses repères. Ce vendredimatin de juillet, le magasin était plus fréquenté quà lhabitude. Des touristes sy arrêtaient sur leurtrajet de vacances. Jean-Philippe expédia cette rengaine hebdomadaire. Il néchangea aucun moten dehors des Bonjour – Au revoir adressés à la caissière.De retour au village en fin de matinée, il sétonna de ne croiser personne dans son village. Aucunhabitant ne semblait réveillé. Les volets clos et les voitures garées dans les allées. Rien navaitchangé depuis son départ. Jean-Philippe ny prêta attention, supposant du départ de certains envacances.Le début daprès-midi de Jean-Philippe fut occupé à classer une fois de plus ses vinyles, à lesdépoussiérer. A échanger sur un forum internet avec dautres collectionneurs. Il tenait une base dedonnées sur un site spécialisé, et recevait par ce biais régulièrement des offres financièresalléchantes pour des pièces rares. Mais largent nintéressait pas Jean-Philippe. Il voulait léguerses disques à sa fille, Cécile sen moquait. Pas de place pour entasser des vieilleries, le taquinait-elle. Moderne trentenaire urbaine, cette fille unique avait récupéré la solitude de son père, labeauté de sa mère. Juriste dans un groupe bancaire, elle rendait visite à son père une fois lan,pendant les périodes creuses de son entreprise, en général lors des fêtes de Noël.Un grand terrain entourait la maison. Lépagneul de Jean-Philippe aimait y courser les lapins. Et 18heures sonnant, la chienne promenait tout de même son maître dans les champs et forêtAoût 2007 Luc Mandret Page 1 de 16
  2. 2. Le sang dune nuit détéavoisinants. Une promenade quotidienne dune heure qui faisait garder à Jean-Philippe unphysique élancé. Pour se rendre à la Fontaine des Tourelles, dans laquelle Micheline aimait serafraîchir, ils traversèrent le hameau. Une dizaine de maisons, pour une moitié de fermesoccupées dagriculteurs retraités, pour lautre de familles en quête de sécurité et de calme.Étonnamment toujours aucun signe de vie. Seuls les chiens aboyaient à leur passage. Pourtant lesdébuts de soirées estivales, les habitants appréciaient généralement labaissement de latempérature pour se baigner dans leur piscine ou prendre un apéritif en terrasse. Nul enfant jouantsur leur balançoire.Au retour, toujours aucune âme qui vive. Micheline grognait contrairement à ses habitudes. Jean-Philippe interpréta ce comportement par lâge de sa fidèle amie. Et le soir venant, la chienne à sonhabitude se coucha à ses pieds en regardant la série policière de France 2. Le film achevé, Jean-Philippe monta à létage se coucher. Espérant une nuit moins agitée, à la fermeture des volets, ilobserva la vallée du haut de sa maison surplombant le village. Outre les quelques lampadaires dela voirie, aucune maison nétait éclairée. Et étrangement, lensemble des fenêtres des voisinsfermées, alors même que la douceur de la soirée devait permettre de rafraîchir les pièces desmaisons. Jean-Philippe se coucha. Micheline lui souhaita bonne nuit dun aboiement de sa cuisine.Août 2007 Luc Mandret Page 2 de 16
  3. 3. Le sang dune nuit détéChapitre 2 : LinquiétudeLe samedi au réveil, Jean-Philippe était courbaturé. De légers nuages avait pris possession duciel, rendant lair plus respirable. Il décida donc doccuper sa matinée à lentretien de son grandjardin. Les rosiers furent taillés. Puis il soccupa de la tonte de la pelouse. Il arracha ensuite desherbes sauvages de son potager. Puis ramassa des tomates et haricots pour son repas du midi. Ilen garda également une grosse poignée pour sa voisine Rose.Tous ces travaux manuels le harassaient et lennuyaient. Après son déjeuner, Jean-Philippesendormit pour une courte sieste, dans son fauteuil installé sur la terrasse. Ce fut Micheline qui letira de ses songes, grognant une nouvelle fois dun ton quil ne lui connaissait pas.Jean-Philippe décida daller porter les haricots à Rose. La vieille femme habitait le village depuisdes décennies. Elle était arrivée seule juste après la guerre. Rose nautorisait lentrée de samaison quà lui seul. Aucun autre habitant du hameau ne lappréciait. Une semaine après sonarrivée, Jean-Philippe avait surpris Rose en arrêt devant sa maison, alors quil écoutait un vieuxdisque dElvis Presley. Une larme coulait sur le visage de la vieille femme. Il lui avait alors proposéde boire un thé.Depuis, elle sinvitait régulièrement et lui offrait des boîtes dun thé anglais traditionnel introuvable.Jamais elle navait parlé de son histoire. Jean-Philippe se satisfaisait de cette amitié silencieuse.Ils aimaient contempler ensemble lhorizon en écoutant des vieux tubes de rock des années 50.Parfois même ils se surprenaient à danser ensemble pieds nus dans le jardin.Fréquemment donc, Jean-Philippe offrait à sa voisine quelques fruits ou légumes de son jardin.Alors elle le faisait entrer dans sa maison. La décoration semblait ne pas avoir bougée depuis fortlongtemps. Une fois seulement, il était monté à létage lui faire une menue bricole dont il ne sesouvenait pas. Il avait aperçu alors la chambre à coucher de Rose. De nombreux cadres posésoffrait au regard des dizaines de vieux clichés dun homme en habit militaire. Rose avait observélétonnement de Jean-Philippe, et lui en retour sétait tu.Jean-Philippe trouva porte close. Rose pourtant ne sabsentait jamais. Micheline grognait, grattaitcontre la porte dentrée. Jean-Philippe sen inquiéta, mais rentra avec les haricots et sa chienne. Ilrepensa à sa femme décédée. Francesca avait été renversée par un chauffard ivre, en rentrant àvélo en pleine nuit de son lieu de travail (son emploi danesthésiste lobligeait à des gardesnocturnes). Son coma dura près de deux semaines. Il sen voulait de ne pas lavoir accompagnéece soir-là en voiture, comme il le faisait de temps à autre.Août 2007 Luc Mandret Page 3 de 16
  4. 4. Le sang dune nuit détéSix mois après le décès de sa mère, Cécile juste diplômée emménageait dans un grand loft àParis.Jean-Philippe senferma sur lui-même.La compagnie de Rose lui manquait. Et il retrouva son visage ravagé de tics dinquiétudes, lemême que durant le coma de son épouse. Il ne pouvait sempêcher de revoir les yeux fermés deFrancesca dans son cercueil.Cest le moment que choisit Cécile pour appeler son père. A son habitude léchange fut bref. Ellecroulait sous le travail. Son entreprise lui proposait une promotion pour diriger le départementjuridique de la filiale américaine. Jean-Philippe lui fit part de son trouble, de labsence de savoisine. Cécile tenta de le rassurer, supposant un probable rendez-vous chez le médecin.Rien ny fit. Jean-Philippe ressassait ses noirs souvenirs. Rose lui manquait. Francesca luimanquait. La solitude lui pesait. Langoisse le submergeait. Il avala un somnifère pour oublier.Août 2007 Luc Mandret Page 4 de 16
  5. 5. Le sang dune nuit détéChapitre 3 : Lappel au secoursJean-Philippe se souvenait du Père Denis. Ils sétaient rencontrés une première fois lors dumariage des Dubois, un couple du village. Lensemble des habitants avait assistés à la cérémoniereligieuse célébrée par le prêtre du canton. Le Père Denis, Patrick Denis de son vrai nom, sechargeait des offices dans cinq églises, baisse de la fréquentation oblige. Ainsi il tournait chaquesemaine, au rythme de deux messes chaque dimanche. A 9 heures 30, deux touristes anglaissétaient joints aux fidèles dun village avoisinant. Puis le prêtre sétait rendu dans le village deJean-Philippe pour porter la parole de Dieu à ses ouailles. Surprise !, léglise était déserte. Le PèreDenis patienta quelques minutes puis repartit.Sur le chemin, il sarrêta chez Jean-Philippe. Il espérait obtenir quelques explications sur cettesoudaine désertification. Rose et quatre autres personnes âgées ne manquaient jamais le cultedominical. Et le Père Denis se souvenait de la sympathie entre Jean-Philippe et sa voisine,remarquée lors du mariage des Dubois. Jean-Philippe neut malheureusement aucune réponse àapporter aux interrogations du prêtre. Ils se rendirent tous deux au domicile de Rose, et trouvèrentporte close. Ils frappèrent au carreau de la cuisine, appelèrent la vieille femme, sans apercevoir lemoindre signe de vie.Jean-Philippe rapporta sa visite déjà infructueuse de la veille. Deux jours sans réponse, cela neressemblait pas à Rose. Le Père Denis lui conseilla de se renseigner, savoir si elle avait de lafamille dans la région. Puis sen retourna à son presbytère.Jean-Philippe fit une recherche dans lannuaire et trouva deux personnes portant un patronymeidentique à celui de Rose. Ni lun, ni lautre nétait un parent de Rose. Lanxiété de Jean-Philippesaccentuait dheure en heure. Il décida de contacter les hôpitaux des environs. Aucune présencede Rose. Il appela ensuite la morgue. Aucune trace de Rose. Il joignit la gendarmerie du canton.On lui expliqua que Rose nétant pas de sa famille, il ne pouvait rien faire.Il prit donc sa voiture, et se rendit à la gendarmerie, espérant quil serait mieux écouté sil serendait sur place. Le poste se situait à sept kilomètres de son domicile. Il manqua à deux reprisesde chuter dans le fossé des routes sinueuses. Il trouva le brigadier au téléphone. Et son adjoint luidemanda dattendre la fin de lappel pour éviter davoir à répéter ses aventures.Jean-Philippe commençait à perdre patience : le brigadier parlait depuis plus de dix minutes avecson épouse du choix de leur destination de vacances. Il préféra garder son calme. Ne jamaisfroisser un représentant de lordre. Enfin, le gendarme raccrocha et Jean-Philippe put raconter lemotif de sa venue. Le brigadier répéta quil lui était compliqué de lancer une enquête pourAoût 2007 Luc Mandret Page 5 de 16
  6. 6. Le sang dune nuit détédisparition. Jean-Philippe insista, le brigadier lencouragea à se renseigner auprès de la famille deRose. Seulement la Poste était fermée, Jean-Philippe nétait pas équipé dInternet, et il navait ensa possession que lannuaire du département. On lautorisa alors à utiliser le vieux Minitel de lagendarmerie.Jean-Philippe nota la quarantaine de numéros de téléphone dont le nom était identique à celui deRose. Il ne fit guère attention aux limitations de vitesse pour rentrer chez lui, et fonça sur soncombiné téléphonique. Trois heures plus tard, la totalité des personnes contactées - pour certainesun message laissé sur le répondeur – toujours dans une impasse, Jean-Philippe sombra dans uneinquiétude profonde.Il rappela le brigadier. Celui-ci promit de passer le lendemain matin chez Rose. De faire lemaximum. Jean-Philippe ne put rien avaler à son dîner. Il prit deux somnifères puis se coucha.Août 2007 Luc Mandret Page 6 de 16
  7. 7. Le sang dune nuit détéChapitre 4 : Les cadavresJean-Philippe fut réveillé à 10 heures par un bruit de moteur dans lallée de son jardin. Lesgraviers bruissaient sous les roues de la camionnette de la gendarmerie. Le brigadier tenait sapromesse de la veille. Jean-Philippe accueillit le gendarme et son adjoint sur sa terrasse, ils prirentun café, pendant quil leur relatait ses recherches infructueuses de la veille. Rose semblait ne pasavoir de famille. Ils se dirigèrent tous trois vers la maison de la voisine. Les gendarmes frappèrentà de nombreuses reprises à la porte et aux carreaux, sans réponse. Ils firent le tour de la maisonpour essayer dapercevoir lintérieur de la demeure. Rien ne bougeait. Arrivant devant la porte dela buanderie, ils trouvèrent celle-ci entre-ouverte. Les gendarmes demandèrent à Jean-Philippe derester à lextérieur pendant quils entrèrent dans la maison.Cinq longues minutes. Puis un volet à létage souvrit et la tête du brigadier se montra. Son visagepâli transpirait. Jean-Philippe linterpella mais nobtint aucune réponse. Ladjoint redescendit et sedirigea directement vers la fourgonnette sans une parole. Il passa alors un appel à la gendarmerie.Il demandait des renforts. Un homicide violent. Jean-Philippe nécouta pas la suite et courut dansla maison. Il monta quatre-à-quatre les marches et se retrouva face au brigadier qui lui refusalaccès à la chambre de la vieille femme. Jean-Philippe était bouleversé. Il ne pouvait queretourner chez lui.Les minutes passaient et les gendarmes étaient de plus en plus nombreux. Fait étrange, lagitationnattirait aucun curieux. Rapidement, Jean-Philippe reçut la visite dun enquêteur qui linterrogea. Ilnavait pas vu sa voisine depuis trois jours. Il navait rien entendu. Rien vu. Non, il ne savait pas quiprévenir du décès de Rose. Le gendarme refusait de lui en dire plus sur les circonstances de lamort de la voisine. Jean-Philippe savait seulement que Rose avait été assassinée.Jean-Philippe tournait en rond dans sa maison, ne savant que faire. Ce meurtre rendait touteactivité impossible. Il ne cessait de ressasser ses derniers instants avec Rose. Il essayait de sesouvenir de choses anormales. Cet évènement le faisait replonger dix ans plus tôt. Le décès deson épouse. Il essaya de joindre sans succès sa fille. Il navait personne à qui se confier. Roseétait sa seule amie depuis son installation au village.Dans laprès-midi, un mouvement de voitures de la gendarmerie le tira de son cauchemar éveillé.Les voitures fonçait en direction du bas du village, toute sirène hurlante. Un gendarme devant samaison lui déconseilla de sortir de chez lui. Une heure plus tard, les forces de lordre envahissait lehameau. Partout des gendarmes, des policiers, un hélicoptère, et même des militaires. Il vit de lafenêtre de sa chambre, à létage, chaque maison être visitée par des hommes tout de blanc vêtu. Ilalla chercher ses jumelles quil gardait dans une armoire. Il observa au dos des combinaisonsAoût 2007 Luc Mandret Page 7 de 16
  8. 8. Le sang dune nuit détélinscription « police scientifique ». Jean-Philippe ne comprit plus rien. Tout autour du village, lesgendarmes interdisait laccès aux voitures. Le village était coupé du monde extérieur. Jean-Philippe était seul avec des hommes et femmes en uniforme.Enfin, il reçut la visite de deux inspecteurs en civil. Il les reçut en son salon autour dun café. Leplus jeune des policiers affirmait navoir encore jamais vu un tel carnage. On linforma enfin desraisons de toute cette agitation. Le corps de Rose et celui de dix-huit autres habitants du villageavaient été découverts. Tous assassinés. Attrapés pendant leur sommeil pour la plupart.Manquaient toutes les têtes. Les dix-neuf victimes étaient mortes décapitées, vraisemblablementau moyen dune tronçonneuse électrique. Les corps baignaient dans le sang. Tous les cadavresavaient été découverts dans leur lit, certains semble-t-il y avaient été placés après coup.Lannonce du carnage assomma Jean-Philippe. Il était le seul survivant. Des vingt habitants duvillage, il ne restait plus que lui.Les inspecteurs linterrogèrent pendant plus dune heure. Le questionnèrent sur ses activités desjours précédents. Sur sa vie familiale, son ancienne activité professionnelle, les raisons de sonemménagement dans le village. Jean-Philippe eut limpression dêtre inutile. Mais se soumettait àleur interrogatoire. Toutes ces questions lempêchait de penser.Les sirènes et les gyrophares ne sarrêtèrent pas de la nuit. Jean-Philippe ne put fermer loeil de lanuit, malgré les somnifères.Août 2007 Luc Mandret Page 8 de 16
  9. 9. Le sang dune nuit détéChapitre 5 : Le fait diversUne trentaine de voitures stationnaient dans le chemin menant de la route principale à sa maison.Malgré tous les efforts des gendarmes, les journalistes avaient réussi à franchir les barrages. Unedizaine de camions-régies pour les télévisions. Des photographes envoyant des clichés à partir deleurs ordinateurs portables, assis sur leurs motos. Des voitures siglées au nom de stations et dejournaux de différents organes de presse. Tous les médias nationaux avaient dépêché unjournaliste pour couvrir cette affaire.Les pouvoirs publics semblaient avoir réussi à garder le silence jusquau petit matin. Seul le grandquotidien régional titrait sur le fait divers. Un énorme « Massacre à la tronçonneuse » barrait la unedu journal. La totalité des journalistes lisait attentivement les détails des meurtres. Naïvement,Jean-Philippe sortit, il voulait lui aussi lire larticle. A peine la porte franchie, une nuée de micros,de dictaphones, de caméras et dobjectifs sagglutinèrent autour de lui. Il retroussa rapidementchemin. Quelques irrespectueux tentèrent de se faufiler avec lui, bloquant le portail de sa maison.Les gendarmes arrivèrent rapidement à son secours, et firent évacuer la presse quelques mètresplus loin. Après les avoir remerciés, Jean-Philippe obtint que lun des plantons lui apportât unexemplaire du journal.La lecture terminée, Jean-Philippe brancha sa radio. Toutes les stations ne parlaient que du faitdivers de lété. La région en émoi. Un psychopathe en liberté. Le carnage le plus sanglant depuisdes années. Le village fantôme. Les qualificatifs ne manquaient pas, ajoutant toujours plus desensationnel.Jean-Philippe ne pouvait sortir de chez lui. Une femme officier dune quarantaine dannées frappaà sa porte, accompagnée dun tout jeune policier. Ils devaient se charger de sa protection tant quele village ne retrouverait pas son calme. Jean-Philippe comprit que cétait un moyen efficace pourle surveiller discrètement. Ne pouvant sortir de sa maison sans éviter les journalistes, Jean-Philippe profita de la présence du jeune policier pour lui demander de faire quelques courses. Nonpas quil manquât de provisions, mais cen était toujours un de moins à fouiller dans sa maison.La femme officier savérait charmante, Jean-Philippe se confia. Jean-Philippe lui parla en détailsde sa femme, des circonstances de son décès. Tout comme son épouse, la policière était dorigineitalienne. Jean-Philippe ne croyait pas en ce genre de coïncidences. Le responsable de lenquête,en lui envoyant cette femme, avait bien vu.Le jeune policier rentré, ils déjeunèrent tous trois dans la cuisine. Jean-Philippe resta muet duranttout le repas. Le souvenir de sa femme le hantait.Août 2007 Luc Mandret Page 9 de 16
  10. 10. Le sang dune nuit détéA peine le café pris, un mouvement de foule se fit entendre à lextérieur de la maison. Lesjournalistes démarraient en trombe vers le centre du village. Jean-Philippe et ses deux protecteursmontèrent à létage pour comprendre lorigine de cette agitation. Deux hélicoptères de larméeatterrissaient sur la place centrale. Une vingtaine dhommes cagoulés et sur-armés investissait levillage. Des snipers sur les toits des bâtisses les plus élevées. La policière prédit larrivée dunepersonnalité importante.Elle avait vu juste : une demi-heure plus tard, une dizaine de grosses berlines débarquèrent dansle village. Les voitures aux vitres teintées sarrêtèrent devant le QG provisoire installé dans levillage.Jean-Philippe vit sortir dun véhicule le préfet du département en grand uniforme. A ses côtés, ledéputé de la circonscription et son épouse également élue au conseil régional. Puis des gardes ducorps entourèrent deux hommes quil ne put reconnaître. Tout ce petit monde pénétra dans le QGet y resta près dun quart dheure. Ils se rendirent ensuite sous une autre tente faisant office dechapelle ardente.A peine sortis, ils remontèrent tous dans leur véhicule respectif. Jean-Philippe pensa que la visitese terminait, mais il fut surpris de voir le cortège prendre la direction de sa maison. La femmeofficier lui conseilla de se détendre, quil allait devenir une star. Jean-Philippe passa rapidementpar la salle de bain pour se rafraîchir et coiffer rapidement ses cheveux en bataille.Les pneus crissèrent dans lallée. Les véhicules des gardes du corps ouvraient la marche. Desgorilles avec oreillettes précédèrent les élus de la République. Directement à leur suite lesjournalistes sexcitaient pour obtenir interviews et clichés.Jean-Philippe accueillit sur le pas de sa porte le préfet, le député et son épouse. Et les deux quilnavait pas reconnu : le ministre de la Justice et le premier ministre. Alors que le premier secontenta dalterner sourires crispés et mine désespérée de circonstance, le second prit Jean-Philippe par le bras. Il se retourna avec lui vers les caméras, vibrant de compassion. Le premierministre demanda à Jean-Philippe sils pouvaient entrer. Jean-Philippe marmonna un inaudible oui.Ils furent une petite dizaine dans son salon, un garde du corps à chaque porte.Le premier ministre était lhomme politique en vue du moment. Il bénéficiait du soutien delensemble des médias. Et les sondages le créditaient dune forte côte de popularité depuis que lePrésident de la République tentait de se démêler daffaires judiciaires. Le chef du gouvernementsassit sur le canapé en cuir beige de Jean-Philippe. La femme du député à sa droite et Jean-Philippe à sa gauche, pendant que le député et le préfet occupaient les fauteuils.Août 2007 Luc Mandret Page 10 de 16
  11. 11. Le sang dune nuit détéLa discussion fut rapide, le premier ministre promettant que toute la lumière serait faite pourdécouvrir le ou les auteurs de cet horrible massacre. A cet instant, au moment où Jean-Philippecommençait à se décrisper, un flash perça au travers de la fenêtre. Un journaliste venaitdimmortaliser la scène. Le Premier Ministre eut un sourire complice en direction du photographe.Et lassemblée prit congé, non sans avoir auparavant fait une déclaration solennelle : il fallaitcombattre cette barbarie dun autre âge, le poing fermé ; il fallait se recueillir dans la douleurautour des familles des victimes, la voix brisée.La fin de journée fut plus calme. Jean-Philippe se détesta à limage, en se regardant le soir auxjournaux télévisés. On lui avait bien proposé des interviews, certaines même rémunérées, il avaittout refusé en bloc.Pendant le dîner, la femme officier reçut un appel sur son talkie-walkie. On avait retrouvé les têtesdes personnes assassinées. A deux kilomètres du village, dans une auge pour porcs. Le choc futterrible pour Jean-Philippe. Il simaginait la découverte.Les policiers le quittèrent la nuit tombée. Mais ils restèrent dans leur véhicule. Jean-Philippe pritses somnifères. Il trouva le sommeil rapidement, harassé par les dernières journées. Mais seréveilla en sursaut régulièrement. Alternativement, des visions de têtes tranchées et du visage desa femme se succédaient.Août 2007 Luc Mandret Page 11 de 16
  12. 12. Le sang dune nuit détéChapitre 6 : Larrivée de CécileUn bruit de klaxon troubla le silence qui régnait dans le village depuis le matin. Un énorme 4x4 auxvitres teintées se trouvait bloqué par la voiture des policiers en faction devant le portail de lamaison de Jean-Philippe. Une belle femme en descendit furieuse. Elle commença à prendre àparti la femme policier. Alors que laltercation risquait de dégénérer, Jean-Philippe sortit, etdemanda poliment aux forces de lordre de laisser passer sa fille.Cécile avait sauté dans le premier avion à destination de laéroport le plus proche, où elle y avaitloué le véhicule le plus puissant. Deux jours plus tôt, elle navait pas prêté attention au messagede son père sur son répondeur. Mais rentrant chez elle la veille au soir, elle sétait inquiétée enallumant la radio. Après les passages de son père dans tous les journaux télévisés, son entrepriselui avait naturellement accordé un congé.Elle trouva son père fatigué et le regard vide. Elle reconnut lhomme traumatisé lors du décès desa femme. Jean-Philippe se réjouit de larrivée de sa fille. Son fort caractère de battante allait luichanger les idées. Cécile était sa fierté : elle avait réussi dans la vie, faisait un métier qui luiplaisait. Il respectait sa liberté et son indépendance.Cécile partit se rafraîchir sous la douche, et se maquiller dans la salle de bain. Elle revint vêtuedun chic tailleur Channel noir. Ses chaussures Louboutin auraient pu prêter à la raillerie endautres circonstances. Ses cheveux noirs tombaient parfaitement sur ses épaules légèrementmusclées par les heures de natation. Son visage discrètement maquillé donnait à son regard vertun éclat perçant. Elle ressemblait à une panthère prête à bondir sur quiconque tenterait delapprocher.Elle décida de prendre son père en main. Elle lentraîna vers sa voiture. Alors que la femmepolicier rétorqua quil fut préférable de rester sur place, Cécile répliqua que son père était libre deses mouvements. Les journalistes encore présents sengouffrèrent dans leur véhicule,commençant à pourchasser la voiture de Cécile quand elle démarra. Seulement, Cécile entrepritde prendre les petits chemins cabossés pour les en dissuader. Le 4x4 de location roula à viveallure dans les ornières. Cécile finit par semer les journalistes.Jean-Philippe se demandait comment sa fille réussissait à conduire aussi vite tout en tenant desconversations téléphoniques. Elle invectivait ses subordonnés pour quils soccupent des dossiersen cours. Jean-Philippe était dépassé par les termes techniques anglo-saxons utilisés à chaquephrase. Au premier magasin, Cécile sarrêta acheter une casquette et des lunettes de soleil pourson père : elle voulait préserver son anonymat.Août 2007 Luc Mandret Page 12 de 16
  13. 13. Le sang dune nuit détéArrivés dans le centre-ville, Cécile et son père flânèrent sur le marché. Cécile en profita pouracheter quelques mets fins. Son train de vie lui interdisait les aliments industriels bon marché. Lesmarchands dailleurs samusaient du passage de cet ouragan : une cliente pendue à son portabledernier cri commandant sèchement ce qui existait de plus cher. Mais tous se délectaient avecenvie de sa longue silhouette sexy.Deux nouveaux inspecteurs attendaient le retour de Jean-Philippe. Ils souhaitaient linterroger unenouvelle fois. Le regard de Cécile, par dessus ses lunettes noires Vuarnet, leur envoya unedésapprobation méprisante. Son père encore sous le choc devait se remettre de ses émotions.Mais les policiers avaient un mandat pour perquisitionner le domicile.Alors que les policiers fouillaient de fond en comble chaque pièce, Cécile joignit un de ses amis,associé dans un cabinet davocat renommé. Celui-ci lui transmit les coordonnées de son meilleurconfrère de la région ; Maître Choron accepta de soccuper de Jean-Philippe. Aussitôt informés,les policiers firent une moue dagacement. Cécile leur décrocha un sourire hargneux de victoire.Les enquêteurs savaient désormais à quoi sen tenir avec elle.Deux heures plus tard, et nayant rien trouvé, les policiers disparurent de la maison, maispoursuivirent leurs recherches aux alentours. On les voyait déambulant dans vignes et champs demaïs. Bientôt, ils sattroupèrent près dun fourré. Précautionneusement, lun deux brandit unetronçonneuse couverte de sang. Ils venaient de retrouver larme des crimes.Jean-Philippe frissonna. Il avait reconnu lobjet comme lui appartenant. Il en informa sa fille : ellelui fit promettre de se taire, et de mentir si les enquêteurs le questionnaient à ce sujet. Ce quils netardèrent pas à faire. Jean-Philippe suivit les conseils de sa fille.Le dîner, aussi raffiné fut-il, savéra plutôt glacial. Jean-Philippe et sa fille nosaient sadresser laparole. Cécile entreprit de détendre latmosphère et brancha son i-pod sur la chaîne stéréo de sonpère. La voix suave de Jimmy Scott les accompagna pendant le reste du repas. Des larmescoulèrent sur les joues de Jean-Philippe au milieu de la reprise par le jazzman de « Nothingcompares 2 U ». Cécile déplaça sa chaise vers son père et posa sa tête contre le torse de Jean-Philippe. Il lui caressa les cheveux avec amour et tendresse. Elle se mit à sangloter à son tour.Labsence de Francesca se faisait durement ressentir.Au moment de se coucher, Cécile sassura que son père prenait bien ses somnifères. La boîteétait vide.Août 2007 Luc Mandret Page 13 de 16
  14. 14. Le sang dune nuit détéChapitre 7 : La fuiteCécile se réveilla en sursaut en pleine nuit. Une porte de la maison claquant lavait extirpée de sonsommeil. Elle enfila un tee-shirt et se dirigea vers la chambre de son père. La porte ouverte. Le litvide. Le pyjama de Jean-Philippe posé par terre. Cécile partit à sa recherche. Elle le trouva touthabillé dans la cuisine, le regard fixe, un couteau de cuisine à la main. Jean-Philippe ne prononçaitalternativement que deux mots : « Francesca » et « vengeance ».Cécile tenta de lui parler, mais Jean-Philippe ne lentendait pas. Elle voulut le réveiller en luisecouant le bras, mais il se mit à hurler. Bien que son père se fit de plus en plus menaçant, Cécilegardait son calme. Ce comportement ne semblait pas la surprendre.La lumière ne réveillait toujours pas son père. Les aboiements de Micheline non plus. Cécilelimaginait, déambulant une tronçonneuse à la main, se rendant dans chaque maison de village.Tranchant la tête de chaque habitant les uns après les autres. Rentrant chez lui une fois sescrimes commis. Et se réveillant le lendemain matin sans en garder le moindre souvenir.Après le décès de sa femme, Jean-Philippe eut de graves problèmes de sommeil. De longuespériodes dinsomnies. Et quand il dormait, Cécile le trouvait parfois au beau milieu du salon, enpleine crise de somnambulisme. Le petit ami de Cécile de lépoque, étudiant en chirurgie, lui avaitprescrit de puissants somnifères.Jean-Philippe prenait la direction de la porte dentrée de la maison. Il était inconcevable pourCécile que son père sortît dans cet état. Elle sapprocha de lui.Cécile sadressa à son père en se faisant passer pour sa mère. Jean-Philippe se réveilla ensursaut. Il mit du temps à comprendre la situation. Quil était tout habillé. Quil avait une arme à lamain.Cécile rapporta les paroles menaçantes quil proférait. Jean-Philippe eut du mal à concevoir quilpouvait être lauteur du massacre. Il seffondra.Cécile prit une fois de plus la situation en main. Elle si soucieuse de son apparence ne passa paspar la salle de bain. Elle boucla aussitôt sa valise. En fit une pour son père. Elle ne pouvaitaccepter de le voir aller en prison. Elle avait déjà perdu sa mère. Il fallait fuir. En cinq minutes, elleavait établi un plan.Elle rassembla les valises dans le coffre de son 4x4 de location. Elle salua les policiers assoupisAoût 2007 Luc Mandret Page 14 de 16
  15. 15. Le sang dune nuit détédans leur voiture, leur annonça son départ, son travail lappelait. Son père pendant ce tempstraversa le jardin, à larrière de la maison, en compagnie de Micheline. Il enjamba la clôture etcoupa à travers champs pour retrouver la route sur laquelle lattendait Cécile. Elle démarra entrombe.Une heure de route plus tard, Cécile sarrêta dans un hôtel Formule 1 et ouvrit une chambre avecsa carte bleue. Ils prirent chacun une douche et se changèrent. Cécile enfila sa tenue de combat :un tailleur-pantalon treillis Yves Saint Laurent et des bottes Prada. Jean-Philippe shabilla duncostume bleu marine.Ils repartirent aussitôt et ne firent halte quune fois pour déjeuner dans une cafétéria au bord delautoroute. Ce genre détablissement leur assurait une discrétion absolue. Cécile préféra ensuiteles petites routes de campagne, elle savait que les autoroutes étaient équipés de caméras devidéo surveillance.A la radio, Jean-Philippe était désormais lennemi public numéro un. Des barrages étaient installés.Des forces de police conséquentes se mettaient en place pour le retrouver. Les analysesdempreintes avaient en effet révélé que les traces sur la tronçonneuse étaient celles de Jean-Philippe. On avait également retrouvé son ADN au domicile de plusieurs victimes.Cécile questionna son père sur la nuit du crime. Son père se souvint navoir pas pris de somnifèrele soir précédent. Il était éreinté par une longue promenade en montagne, et pensait ne pas enavoir le besoin. A aucun moment, Cécile ne le jugea.La voiture sengageait sur une route sinueuse, en direction de lEspagne. Ils neurent aucun mal àtraverser la frontière.Ils roulèrent encore de longues heures. Cécile passa plusieurs appels dans une cabinetéléphonique. Elle avait pris soin de couper son portable. La voiture senfonça dans une forêtfeuillue. Ils se retrouvèrent face à un monastère médiéval.Ici vivaient des moines en totale autarcie. Ici les téléphones ne captaient aucun réseau. Ici lesrésidents vivaient totalement coupés de lhumanité. Pas de journaux, pas de radios, ni detélévisions. Des personnes extérieures étaient autorisées à séjourner, à condition de payer unemodeste somme et de respecter les usages du lieu.Jean-Philippe et sa fille furent accueilli sans un mot. Cécile paya un an de résidence. Plus unsupplément pour Micheline. Jean-Philippe fut ensuite conduit seul dans une cellule de cinq mètresAoût 2007 Luc Mandret Page 15 de 16
  16. 16. Le sang dune nuit détécarrés pour y déposer ses affaires. Il retrouva ensuite Cécile dans le jardin. Les adieux furentdouloureux. Cécile promit de lui rendre visite aussi souvent que possible, et de trouver rapidementune solution moins contraignante.Cécile reprit la route. Le soir venu, un moine ferma de lextérieur, une à une, chacune des cellules.Les somnifères nétaient plus daucune utilité pour Jean-Philippe.Août 2007 Luc Mandret Page 16 de 16

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