Press Pack - 2010 vintage - ENG

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Press Pack - 2010 vintage - ENG

  1. 1. Dossier de presse millésime 2010 Contact Presse : L e t t re s d e C h â t e a u x Marie-Stéphane Malbec 1 2 , r u e d ’ E n g h i e n - 3 3 0 0 0 B o rd e a u x marie-stephane.malbec@wanadoo.frTe l : + 3 3 ( 0 ) 5 5 6 4 4 6 3 5 0 - F a x : + 3 3 ( 0 ) 5 5 6 4 4 6 9 4 5 1
  2. 2. sommaire Vendanges 2010 à Bordeaux et en Languedoc 3 _ “Millésime 2010. Le rêve continue … Le millésime 2010 au fil des appellations bordelaises 4 _ Château Cantemerle, Grand Cru Classé en 1855 - Haut-Médoc 5 _ Château Marquis de Terme, Grand Cru Classé en 1855 - Margaux 6 _ Château Pédesclaux, Grand Cru Classé en 1855 - Pauillac 9 _ Château Talbot, Grand Cru Classé en 1855 - Saint-Julien11 _ Château Belle-Vue, Château de Gironville, Crus Bourgeois - Haut-Médoc et Château Bolaire, Bordeaux Supérieur14 _ Château Lilian Ladouys, Cru Bourgeois - Saint-Estèphe17 _ Château Paveil de Luze, Cru Bourgeois - Margaux et Pont Rouge du Paveil, Bordeaux19 _ Château Carbonnieux, Grand Cru Classé en 1855 - Graves20 _ Château de Rouillac, Pessac-Léognan22 _ Château de Pressac, Saint-Emilion Grand Cru23 _ Château Soutard, Saint-Emilion Grand Cru Classé24 _ Château Rouget, Pomerol25 _ Château La France, Bordeaux Supérieur26 _ Château Guiraud, Premier Grand Cru Classé en 1855 - Sauternes Le millésime 2010 en Languedoc27 _ Vignobles Lorgeril, Languedoc Le millésime 2010 à Bandol29 _ Domaine de La Bégude, Bandol Le millésime 2010 en Bourgogne30 _ “Bourgogne 2010, le millésime de l’exigence”31 _ Maison Louis Jadot, Bourgogne Le millésime 2010 en Champagne32 _ Champagne Philipponnat _ Clos des Goisses Le millésime 2010 dans les vignobles étrangers et du Languedoc des Domaines Barons de Rothschild (Lafite)33 _ Château d’Aussières, Corbières Vina Los Vascos, Chili Bodegas Caro, Argentine 2
  3. 3. Vendanges 2010 à Bordeaux et en Languedoc,MILLÉSIME 2010Le rêve continue…Après un millésime 2009 tout à fait remarquable dans le Bordelais, les vendanges 2010 ont amené ànouveau dans les chais une récolte jugée partout exceptionnelle. Les deux millésimes ne se ressemblentcertes pas, mais ils sont très proches sur le plan de la qualité. On pourra aisément comparer la bellesérie des années 1988, 1989 et 1990 avec celle qui, vingt ans plus tard, a vu se succéder 2008, 2009et 2010. Le rêve continue …Sur le plan climatique, 2010 fut une année chaude mais sans canicule, avec des nuits fraîches. Pendantl’été, et jusqu’aux vendanges incluses, toutes les conditions d’une bonne maturation furent réunies.En outre, on a observé un très bon niveau d’insolation dont les raisins ont besoin pour une maturitécomplète de tous les tanins.Au bout du compte, plusieurs œnologues n’hésitent pas à parler d’ « un millésime de rêve », « de longuescuvaisons et des écoulages les plus tardifs de l’histoire », « d’ une année record pour les anthocyanes ».Et pour tout le monde, 2010 est un très grand millésime classique, un millésime de garde, bien bordelais,également réussi dans les vignobles à dominante merlot et ceux à majorité de cabernet. Seule ombreau tableau, les rendements, et donc les volumes vinifiés, sont assez faibles et en nette baisse parrapport au millésime précédent.A Bordeaux, les rouges s’annoncent riches et opulents en terme aromatique, mais très équilibrés, avecfraîcheur et vivacité. Les vieux pieds de cabernets sauvignons et de merlots ont donné, par endroit, descuves jamais vues. C’est globalement un grand millésime pour demain.Les blancs secs ont profité d’une climatologie idéale pour le sauvignon et surtout le sémillon. Parfumsexplosifs, gras en bouche, acidité, longueur, tout y est.Les liquoreux sont de la même veine, et enregistrent à nouveau un grand millésime. C’est là encore dugrand classique bordelais. Les vins sont riches, parfumés, parfaitement structurés.Ainsi, quelles que soient les appellations ou la couleur du vin, ce sont aujourd’hui tous les viticulteursbordelais qui ont dans leurs chais un trésor. Et pour longtemps.On ne sera pas étonné que le Languedoc ait bénéficié des mêmes conditions climatiques, trèsfavorables à l’élaboration d’un millésime jugé « parmi les très grands ». Les vins s’annoncent puissantset concentrés, mais avec une vivacité qui leur donne de l’équilibre. Les comparaisons avec les plusgrands millésimes comme 2005 ou 2001 sont désormais fréquentes. Mais avec, comme à Bordeaux,des baisses de volumes assez sensibles. 3
  4. 4. Philippe Dambrine,Directeur du Château Cantemerle, Grand Cru Classé en 1855 - Haut-Médoc,du Château Haut-Corbin, Saint-Emilion Grand Cru Classé,et du Château Le Jurat, Saint-Emilion Grand Cru« 2010, le Stress Test »Il faut remonter à l’hiver 2009-2010 et sa rudesse pour tenter d’expliquer ce millésime hors normes. Onnéglige souvent cette étape cruciale du cycle de la vigne qui détermine pourtant l’homogénéité de lamontée de sève au redoux et définit la régularité de la pousse de l’année. Premier bilan de mi-saison :une activité végétale franche et homogène jusqu’à la fleur, seul épisode humide de la saison viticole2010 et point de départ d’une sécheresse historique, avec près de quatre mois sans pratiquementl’ombre d’un nuage !Pendant l’été, la vigne va risquer sa vie pour livrer une récolte à ses maîtres. A compter du mois d’aoûtun inquiétant spectacle se déroule chaque jour au vignoble, comme une sorte de «danse de la mort»du feuillage. Au zénith, les feuilles se referment légèrement sur elles-mêmes pour s’ouvrir à nouveau aucrépuscule. La sécheresse gagne en profondeur et la vigne est à présent seule avec elle-même, coupéede son environnement. Les jours passent et, de temps à autre, elle se déleste d’une feuille basse…Les raisins changent lentement de couleur à la mi-août. Aucun signe de flétrissement des baies ne seraobservé jusqu’à la récolte. Septembre arrive. Les températures baissent un peu avec l’alternance desnuits fraîches et des journées ensoleillées. La maturation des raisins se poursuit lentement jusqu’auxvendanges qui commenceront réellement début octobre.Les chiffres à la pesée sont impressionnants. Sucre, tanins, couleur… Une fois encore, les valeursdépassent largement les moyennes décennales !Le bouillonnement maitrisé de la vinification laisse entrevoir les formes du vin. Race et mâche en premiertouché de bouche, puis cette belle sensation combinée de puissance, de pureté et de longueur. Un clind’œil entre nous et un sacré coup de chapeau à nos vignes qui finissent tranquillement la saison dansles brouillards de l’automne 2010. 4
  5. 5. Ludovic David,Directeur technique du Château Marquis de TermeGrand Cru Classé en 1855 - MargauxFraîcheur pour un millésime en finesse ; acidité et fruit pour ungrand vin de garde« Après un début d’année très frais les maximales de températures se sont montrées supérieures auxnormales saisonnières jusqu’au mois d’avril. Le débourrement 2010 s’est effectué dans de bonnesconditions, cependant le rafraîchissement de fin mai et début juin a perturbé la floraison et ensuitela nouaison, entraînant localement de la coulure et du millerandage. Le manque d’eau de fin juin àfin août a ralenti l’évolution de la maturité. Toutefois, le stress sur la plante ne s’est pas traduit aussisignificativement, grâce à la bonne régulation hydrique du terroir de graves du vignoble et dans tous lescas, moins qu’en 2009. Le déficit de manque d’eau a eu un effet améliorateur sur la qualité du raisin.Parallèlement, la période de maturation (août / septembre) s’est caractérisée par des températuresminimales régulièrement inférieures à la moyenne locale (1°C en moins), ce qui a été indéniablementfavorable à la conservation des arômes. Enfin, avec un mois de septembre déficitaire au niveaupluviométrie, la récolte a pu se faire dans des conditions idéales, permettant l’expression de tout lepotentiel du raisin et une attente sereine de la maturité .»Pour David Houdet, Chef de culture « Le millerandage des merlots a imposé un tri rigoureux et unesélection parcellaire sur les merlots pour garantir l’apport au chai des baies les plus saines et les plusmûres ».Pour Julien Brahmi, Maître de chai, « Les changements de vinification amorcés pour ce millésime surles cabernets et les petits verdots par des extractions douces et des températures plus basses envinification (de 26 à 28°), ont permis d’exprimer davantage de finesse et de fruit offerts par le terroir. »Pour Ludovic David, Directeur Général, « Patience et observation sont spontanément les mots qui meviennent à l’esprit pour parler de ce millésime 2010.La patience, nécessaire pour obtenir l’équilibre entre maturité des baies et acidité, qui confèrent lagrande garde de nos vins ; puis la sécheresse et des températures fraîches de juin à septembre quinous poussent à attendre la maturité.L’observation des peaux des raisins et leur état sanitaire parfait, que nous avons vus pas à pas s’affiner,et gagner en saveur et délicatesse, pour révéler un fruit croquant à la moindre prise en bouche.Des mots qui attestent du temps nécessaire pour nous amener à la date de vendange la plus tardiveque le château Marquis de Terme ait connue pour rechercher l’excellence et l’équilibre.Les conditions de cette année nous ont permis d’élaborer un très grand millésime du château Marquisde Terme, et qu’importe si deux années de suite nous parlons de très grand millésime, c’est la natureet notre environnement écologique qui par ses conditions météorologiques particulières et son terroirde Margaux nous l’offre pour notre plus grand plaisir de dégustateur ».« Un grand millésime d’anthologie, de finesse et de fruit, au Château Marquis de Terme » 5
  6. 6. Vincent Bache-Gabrielsen,Directeur technique du Château PédesclauxGrand Cru Classé en 1855 - PauillacPremier véritable millésime des nouveaux propriétairesSuite au rachat de la propriété, 2010 est le vrai premier millésime de Françoise et Jacky Lorenzetti.L’ensemble des travaux ont été effectués en fonction des nouveaux objectifs qualitatifs définis par sesambitieux propriétaires. La nouvelle équipe constituée de Cyril Petit, Chef de culture et de Gérald Verrac,Maître de chai, a tout mis en œuvre pour valoriser les superbes conditions climatiques de ce millésime.Caractéristiques générales du millésime 2010Les conditions climatiques du millésime 2010 ont été extrêmement favorables à l’obtention d’un GrandVin, avec des températures légèrement plus fraîches que celles des vingt dernières années mais surtoutdes précipitations déficitaires de 15% par rapport aux normales.En raison de périodes hivernales et printanières froides, le débourrement a été légèrement tardif (premièrequinzaine d’avril). La floraison a pu également être ralentie, entraînant parfois coulure et millerandagesur certaines parcelles de vieux merlots.Mais un été sec et très ensoleillé, accompagné de nuits fraîches, a ensuite permis des conditions decroissance végétative et de maturation optimales. L’ensoleillement de septembre et octobre 2010 ad’ailleurs été digne d’un mois d’août avec 50 heures de soleil de plus que la normale.Une contrainte hydrique régulière a alors permis aux raisins de s’enrichir en arômes et en polyphénols,menant à des baies concentrées en couleurs, tanins et sucre, tout en préservant l’acidité et les arômesde fruits frais.Conduite du vignobleAfin d’optimiser le potentiel de ce millésime, nous avons pratiqué une taille et un ébourgeonnagefavorisant l’étalement des raisins. Le dédoublage accompagné d’un travail d’échardage et d’effeuillagenous ont permis de mieux aérer la vendange.Nous avons également augmenté de manière significative la hauteur de feuillage afin d’augmenternotre surface foliaire et de limiter les rognages. Un retour au travail du sol ou à un enherbement choisia permis à la vie microbienne de reprendre place dans nos sols.Une étude cartographique des différents types de sols a également été entreprise afin d’améliorer laconnaissance de notre terroir et de son potentiel qualitatif. Ainsi, plus de 100 fosses ont été réaliséeset observées durant l’été.Enfin, 2010 est le premier millésime où nous avons eu la chance d’intégrer les parcelles du châteauHaut-Milon, vignes situées sur de magnifiques terroirs enclavés entre celles de Lafite et de Mouton. .... 6
  7. 7. Les vendangesDe fréquentes dégustations de baies de raisin ont été effectuées afin de pressentir le potentiel qualitatifde la récolte et de mieux déterminer la date des vendanges. Les arômes, les tanins et la couleurlibérée par les pellicules nous ont rapidement fait deviner que nous avions à nouveau à faire à un grandmillésime.Les vendanges du millésime 2010 se sont déroulées sous un temps des plus cléments. Nous avonsvendangé les merlots du 30 septembre 2010 au 08 octobre 2010, puis les cabernets francs ont étéramassés le 12 octobre 2010 et enfin les cabernets sauvignons du 13 octobre au 19 octobre 2010, soitune semaine plus tard que 2009. En effet, la météorologie, amenant fraîcheur et ensoleillement en finde cycle de maturation, nous aura permis d’atteindre la maturité idéale.Suite aux excellents résultats de 2009, nous avons gardé trois tris successifs, en y apportant unenouveauté : des vendanges manuelles en cagettes de 8 kg afin de sélectionner les meilleures grappesà même le pied. Ces cagettes ont ensuite été stockées en chambre froide pendant 24 heures afin derafraîchir les raisins à cœur à moins de 8°C. Puis une table de tri manuelle a été installée afin de retrierces grappes et enfin, après un éraflage très doux, un tri manuel sur table vibrante a été mis en place.Ainsi, le raisin pouvait arriver déjà refroidi en cuve et totalement préservé d’une quelconque trituration.Le remplissage des cuves par gravitéSuite au succès du système d’encuvage gravitaire mis en place en 2009, nous avons réitéré l’encuvagedes baies de raisin entières par gravité et sans foulage, de manière à éviter toute trituration et valoriserle potentiel de fruit.2010 était également l’occasion de tester nos nouvelles cuves, de conception unique : de tailles adaptéesau parcellaire, ces cuves tronconiques à double étage nous ont permis d’effectuer les délestages pargravité avec une parfaite et douce décompaction des marcs.La vinificationAfin de préserver l’intégrité du fruit, de valoriser ses qualités, sa couleur, ses arômes et ses tanins,nous avons opté pour une macération pré-fermentaire à froid très longue. En effet, les cuves ont étéconservées pendant plus de 4 semaines à moins de 3°C.Pour une extraction douce et maîtrisée, nous avons alterné délestages et pigeages durant lafermentation. Les macérations post-fermentaires ont été longues, avec une température maintenue à30°C, de manière à obtenir l’harmonie parfaite entre la puissance et l’élégance.L’élevage20% des fermentations malolactiques ont été faites en barriques neuves, sur système Oxoline, nouspermettant de bâtonner les lies durant cette période.La grande qualité du millésime nous a incités à utiliser 60% de barriques neuves et 40% de barriques d’unvin. Nous avons sélectionné les meilleurs tonneliers pour notre élevage comme François Frères, Taransaud,Cadus et Sylvain. La part importante des tonneliers bourguignons dans l’élevage correspond complètementà l’harmonie de toucher et au respect du fruit auxquels nous souhaitons parvenir. .... 7
  8. 8. Encore un très grand !Après un superbe millésime 2009, 2010 nous permet de confirmer la renaissance qualitative dePédesclaux. Il développe une richesse aromatique extraordinaire, sur un profil classiquement bordelais,avec ses notes de petits fruits rouges. Son acidité lui conférera un potentiel de garde exceptionnel,accompagnant des tanins veloutés, qui devraient ne jamais durcir.Après 1989 et 1990, nous sommes face à un nouveau doublé historique, et la similitude ne s’arrête paslà. En effet, on peut vraiment rapprocher 2009 de 1990 pour son côté solaire et gourmand alors que2010 est proche de 1989, alliant fraîcheur, fruit frais et grande concentration.Caractéristiques du vin_ Assemblage : 55% Cabernet Sauvignon, 40% Merlot et 5% Cabernet Franc_ Degré alcoolique : 13.5% vol_ Acidité totale : 3.6 g/L / pH : 3.60_ Anthocyanes : 780 / Indice de Polyphénols Totaux : 75 8
  9. 9. Christian Hostein,Chef de culture du Château Talbot,Grand Cru Classé en 1855 - Saint-Julien de BeychevelleQuelques impressions sur la campagne 2010Grand beau sur notre cher Médoc, 23°C cet après-midi, vent léger de nord-est, ciel bleu azur.Ce sont des conditions parfaites pour ramasser notre récolte et en particulier ce cœur de cabernetsauvignon situé en plein centre du plateau de Talbot, la parcelle du Moulin.Depuis le 4 octobre, avec la grande troupe, nous récoltons ce fruit bleu à force d’être noir, à la pruineveloutée. Les peaux sont épaisses avec des tanins bien présents, la pulpe est sucrée et nerveuse. Lespépins semblent mûrs, eux aussi, c’est le moment de cueillir nos plus beaux cabernets, ceux qui serontla pièce maîtresse dans les assemblages du futur 2010.Beaucoup de promesses sont contenues dans ces grappes, elles sont le résultat de la rencontre d’unclimat une fois de plus inspiré, de notre sol si choyé et de nos pratiques issues d’une tradition éprouvéeet de l’avancée de notre connaissance de tous ces phénomènes complexes, de l’équilibre qui se créedans la plante entre une végétation harmonieuse et donc contrôlée et une production équilibrée surchaque cep, dans chaque parcelle.On se rappelle, ceux qui vivent et travaillent dehors le savent, que l’hiver fût rude, peu de soleil, destempératures négatives ressenties de longues semaines pendant la taille et le pliage. L’automne avaitété largement pluvieux, reconstituant les nappes phréatiques.Cela augurait de bonnes températures estivales, par un effet balancier.Il n’en fut rien mais par contre, et c’est là que cela devient intéressant, une sécheresse de surface s’estinstallée progressivement pour être parfaite en août et en septembre, associée à des nuits fraîches.Les cépages blancs et rouges ont profité de cette conjonction sécheresse-nuits fraîches pour nousfabriquer ces fruits magnifiques que nous vendangeons. Seul bémol et encore peut être que cettemodération se révèlera après vinification comme positive, les merlots coulèrent car ils fleurirent auxalentours du 4 juin, période froide et pluvieuse.Les cabernets sauvignons furent seulement allégés dans leur compacité et présentent des longueursde rafles assez inhabituelles pour ce cépage. Encore un peu de patience à la vigne (4 à 5 jours decollecte) comme au chai, et nous pourrons découvrir probablement encore un très grand millésimealliant une palette aromatique étendue, une fraîcheur du fruit et un équilibre alcool-matière phénoliquedéjà perceptible. Ces 2010 s’annoncent tout en puissance et en concentration, mais il est encoretôt……..Le 1er décembre 2010Nous sommes entrés dans le dernier mois de l’année et je tiens à compléter mes notes de mi-vendangeconcernant le nouveau millésime 2010.La récolte est terminée, les écoulages aussi, les malo s’achèvent sans problème…. ; les premièresdégustations de pre-assemblages ont été faites de façon à déterminer les différents modes d’élevagepour notre nouveau né. .... 9
  10. 10. Déjà dans les chais, meublés de neuf, les vins nouveaux, encore chauds de leurs fermentations,viennent se loger et les arômes puissants du fruit de la vigne et du boisé des barriques se mêlent etnous entêtent. Car ce millésime est puissant. Tout est à un niveau supérieur et bien entendu ce n’estpas l’alcool qui l’emporte mais l’amalgame tanins-acidité-alcool qui est prodigieusement massif.Les arômes, fruits noirs et notes fumées, comme les tanins encore très bruts et peu mariés au boisneuf, nous laissent augurer une longue vie pour ce vin. Cela sera un vin de garde, la valeur sure desbelles caves.Nous le devons, une fois de plus, à une combinaison climat-terroir exceptionnelle, dans cette décadeextraordinaire, depuis 2000.Ce n’est pas dans les excès du climat que ce millésime aura puisé ses caractéristiques mais bien dansla durée d’une certaine sécheresse de surface, obligeant la vigne à s’alimenter parcimonieusement enprofondeur, et dans les températures plutôt fraîches de nos nuits estivales.Les fruits de la vigne ont gagné en pureté aromatique, en fraîcheur, en concentration et nous avons perduquelques hectolitres. Mais c’est à ce prix que l’on obtient ce futur Grand Vin de garde, quintessence denotre terroir et de l’idée que nous avons de Saint-Julien. Talbot, le mardi 12 octobre 2010Quelques chiffres importants :_ PluvimétrieJanvier : 73 mm Juillet : 27 mmFévrier : 40 mm Août : 9.5 mmMars : 73 mm Septembre : 30 mmAvril : 13 mm Octobre : 78.5 mmMai : 42.5 mm Novembre : 206 mmJuin : 32 mm_ Tempête : le samedi 27 février_ Fin de la taille : le mercredi 24 mars_ 1ères fleurs merlot noir : le 24 mai_ ½ floraison merlot noir : le 4 juin_ 1ers grains vérés : le 23 juillet_ Début véraison généralisée : le 28 juillet_ Vendanges :Sauvignon blanc : les 14 et 15 septembreSemillon : le 20 septembrePetite troupe merlots plantes : les 29, 30 septembre et le 1er octobreGrande troupe merlots : le 4 octobreCabernets sauvignons : le 7 octobre et à suivre 10
  11. 11. Isabelle Mulliez,Gérante du Château Belle-Vue, Cru Bourgeois - Haut-Médocdu Château de Gironville, Cru Bourgeois - Haut-Médocet du Château Bolaire, Bordeaux SupérieurEt Vincent Bache-Gabrielsen,Directeur technique2010 aura été marqué par la disparition brutale et prématurée de Vincent Mulliez, par une belle journéedu mois de mai. Ses 5 enfants et son épouse Isabelle ont décidé de continuer l’énorme travail entreprispar Vincent pour hisser les vins de ses propriétés parmi les références de leur catégorie.Dans la continuité, les mêmes objectifs ont été confiés à la même équipe technique, renforcée parl’arrivée de Maximilien Delemotte en septembre 2010 au poste de régisseur. Il constitue désormais lerelais au quotidien de Vincent Bache-Gabrielsen sur les propriétés.Une météorologie très favorableL’année 2010 a débuté dans le froid, avec un hiver rigoureux, qui a conduit à un débourrementlégèrement tardif. Il s’en est suivi un printemps frais et pluvieux, qui a bouleversé quelque peu la floraisonde quelques vieilles parcelles de merlot, entrainant un peu de coulure.Mais à partir des derniers jours de juin, la météorologie s’est montrée clémente, répondant à toutes lesattentes des vignerons, avec l’objectif de s’approcher de la prodigieuse qualité des 2009.De très faibles précipitations, des durées d’ensoleillement nettement supérieures aux normales et desalternances de journées chaudes et de nuits froides ont permis à la vigne de faire mûrir ses raisinsdans des conditions réellement optimales. Les difficultés de floraison étaient vite oubliées et nous nouspréparions à accueillir un nouveau Grand parmi nous. Tous les travaux étaient alors effectués de manièreminutieuse pour préserver ces superbes raisins d’une éventuelle apparition de botrytis.Des raisins prometteursAinsi, la maturation se déroulait progressivement, sans à-coups. Bien que les baies restaient petites etconcentrées, leur teneur en sucres, acides, anthocyanes et tanins atteignaient des niveaux extrêmementélevés. Au final, les raisins présentaient des équilibres très proches de 2009, mais avec plus d’acidité.Les premières dégustations de baies, à l’aide de la méthode spécifique mise en place dès 2003, nousconfirmaient le potentiel de ce grand millésime en devenir. Couleur, puissance tannique, arômes defruits frais et fraîcheur étaient au rendez-vous.Des vendanges étalées dans le tempsAfin de cueillir ces raisins au summum de leur qualité, nous avons étalé les vendanges sur presque un mois,débutant par de superbes merlots le 28 septembre, emplis de notes de fruits frais, pour terminer cette premièrepériode le 6 octobre. Puis suivirent les petits verdots, précieux joyaux de nos propriétés, du 12 au 16 octobre.Et enfin, les cabernets sauvignons étaient vendangés à pleine maturité entre le 15 et le 21 octobre. .... 11
  12. 12. Comme en 2009, les teneurs en sucres étaient extraordinaires, avec des cabernets sauvignonsprésentant des degrés potentiels de plus de 15. Les pH des raisins, allant de 3.2 à 3.6 confirmaient lepotentiel pressenti et l’intérêt du travail de fond réalisé pour faire plonger l’enracinement de nos vignesen profondeur.La vinification : l’art de valoriser les raisinsTout était fait au chai pour mettre en valeur la qualité potentielle des raisins : minimisation de la triturationdes raisins à l’encuvage, macération pré-fermentaire à froid très longue (plus de 3 semaines à moins de3°c). Déjà, la couleur et le fruit envahissaient les jus de toutes les cuves. La fermentation se déroulantde manière progressive, le travail d’extraction pouvait alors être mené tout en douceur grâce auxdélestages par gravité.Nous aboutissions ainsi à des vins tout aussi concentrés que 2009, montrant des pH un peu plusfaibles et des arômes plus classiques de petits fruits rouges. Venait de naître à nouveau un GrandMillésime, montrant des caractéristiques de garde parfaites.Après de longues macérations post-fermentaires, les vins ont été entonnés avec soin, évitant toutcontact trop important avec l’oxygène, protégeant ainsi une matière tannique d’une qualité rare. Letravail de sélection des tonneliers et le recentrage vers des barriques bourguignonnes permettra derévéler au mieux ce potentiel exceptionnel.Toujours en forte proportion dans nos vins, les cabernets sauvignons et les petits verdots auront ànouveau bénéficié d’un climat idéal, avec une arrière saison permettant une maturation complète. Lesmerlots, qui souvent forment le liant entre ces deux cépages sur nos terroirs du Sud-Médoc, constituentà eux seuls des vins complets, frais et concentrés.Château BELLE-VUE :_ Assemblage : 50% cabernet sauvignon, 30% merlot noir, 20% petit verdot_ Elevage : 40% de fûts neufs, 60% d’un vin_ Durée prévue : 12 à 16 Mois_ Tonneliers : François Frères 50%, Cadus 20%, Taransaud 20%, Sylvain 10%Château DE GIRONVILLE :_ Assemblage : 50% merlot noir, 40% cabernet sauvignon, 10% petit verdot_ Elevage : 20% de fûts neufs, 50% de fûts d’un vin, 20% de fûts de deux vins, 10% de cuve_ Durée prévue : 12 Mois_ Tonneliers : François Frères 40%, Cadus 20%, Taransaud 20%, Saury 10%, Sylvain 10%Château BOLAIRE :_ Assemblage : 40% petit verdot, 35% merlot noir, 25% cabernet sauvignon_ Elevage : 30% de Fûts neufs, 60% d’un vin, 10% de cuve_ Durée prévue : 12 mois_ Tonneliers : François Frères 45%, Cadus 20%, Taransaud 15%, Saury 10%, Sylvain 10% .... 12
  13. 13. Epilogue2010, arrivant juste après 2009, aurait pu souffrir de l’ombre de son grand frère.Il n’en est rien.Comme les millésimes 1989 et 1990, une série de millésimes exceptionnels s’est reproduite.Les 2010 sont profonds, denses, tout en fraîcheur.Nos terroirs du Sud-Médoc ont encore prodigués des vins aromatiques et suaves, d’une gourmandiserare.Des vins complets et racés, dans la grande lignée de ce que souhaitait Vincent Mulliez. 13
  14. 14. Vincent-Bache-Gabrielsen,Directeur technique du Château Lilian Ladouys,Cru Bourgeois - Saint-Estèphe2010 n’aura pas à rougir de venir à la suite de 2009, au contraire !Après 1989 et 1990 qui ont fait la réputation du Château Lilian Ladouys, 2009 et 2010 sont les millésimesqui signent le retour de cette très belle propriété parmi les Grands Vins de Saint-Estèphe.Pourtant 2010 débute par un hiver froid et un printemps variableUn hiver 2010 exceptionnellement long et froid a entrainé des conditions difficiles pour les vigneronset vigneronnes qui étaient affairés à tailler et plier la vigne. Opérations déterminantes puisqu’ellesprivilégient un bon étalement des bourgeons et conditionnent une meilleure répartition des grappes.De ce fait, le débourrement accusait un léger retard sur la date moyenne des trente dernières années.Les différentes variations de températures du mois de mai et les pluies excédentaires du mois de juinsont venues légèrement perturber la floraison. Certaines parcelles de merlot ont subi de la coulure etdu millerandage. Ces incidents végétatifs ont entrainé une baisse significative de rendement, maiscet éclaircissage naturel a permis une bonne aération des grappes contribuant ainsi au maintien d’unexcellent état sanitaire tout au long de la campagne. Nous avons optimisé ces bonnes conditions enconcentrant nos efforts sur le dédoublage, l’augmentation de la surface foliaire et sur un effeuillagerigoureux.Un parcellaire recentré : vente, acquisitions et remembrementAu vignoble, la vente de 11 hectares situés à l’ouest de l’Appellation, sur des terroirs frais peu adaptésà l’élaboration de grands vins, et l’acquisition de nouvelles parcelles provenant du Château Valrose etde la famille Estrade situées sur de superbes terroirs, ont permis d’accélérer le renouveau qualitatif dela Propriété. Pour accompagner ce mouvement, un travail de remembrement a été entamé, permettantde réaliser des premiers échanges avec de prestigieux voisins.Le vignoble était ainsi recentré sur des terroirs plus nobles, en parcelles plus homogènes et moinsémiettées, nous permettant de suivre avec plus de précision chacun de nos ilots. Ainsi, le nombre deparcelles du Château Lilian Ladouys est quasiment divisé par deux.Des conditions idéales de la mi-juin jusqu’aux vendangesLes mois de juillet et août furent secs et très ensoleillés. La vigne n’a toutefois pas souffert de lasécheresse.L’ensoleillement des mois de septembre et d’octobre a été supérieur aux valeurs moyennes des dixdernières années. Ces conditions climatiques ont favorisé l’accumulation des sucres, la synthèse desanthocyanes et la préservation des arômes des raisins, car les nuits restaient fraîches et permettaient àla vigne de rétablir son équilibre hydrique. .... 14
  15. 15. Les dégustations de baiesPour suivre de façon optimale la maturation des raisins, nous pratiquons, en plus des analyses de base(taux de sucre, acide malique, acidité totale, pH), la dégustation des baies. Cette technique utilisée depuisdeux ans sur la propriété nous permet d’apprécier la friabilité de la pellicule, les arômes, l’extractibilitédes anthocyanes ainsi que les caractéristiques tanniques des raisins. L’analyse sensorielle, nous aide àévaluer pleinement le potentiel de la vendange et ainsi déterminer la meilleure date de récolte.Ce qui détermine la qualité d’un vin : la date de vendangeL’arrière-saison exceptionnelle, nous a permis d’échelonner les vendanges. Ainsi les merlots ont étérécoltés du 29 septembre au 7 octobre. Une pause a pu être effectuée en suivant pour attendre lamaturité optimale des cabernets. C’est donc du 12 au 18 octobre que nous avons vendangé lescabernets sauvignons.Même si l’état sanitaire de la vendange était irréprochable et sa maturité parfaite, nous avons effectuéun tri soigneux afin d’écarter les baies millerandées.Petites baies, grande concentrationLes faibles précipitations rencontrées pendant la période estivale expliquent le faible poids des baies,qui va favoriser un rapport marc/jus extrêmement intéressant et va permettre d’obtenir un vin d’une trèsbelle concentration. Toujours dans l’optique d’extraire le meilleur de la vendange, nous avons réalisédes macérations pré-fermentaires à froid d’une durée moyenne de 10 jours. Les délestages des cuvesde vinification sont réalisés par gravité, cette méthode nous permettant d’extraire en douceur la matièretout en préservant l’élégance et le fruit.La richesse en sucre des moûts nécessitait plus que jamais une bonne maîtrise œnologique. Le levuragedes cuves et des fermentations à température inférieures à 25°c ont permis le bon déroulement desfermentations alcooliques. L’écoulage des cuves est ensuite déterminé par des dégustations attentiveset il n’était pas rare d’obtenir des macérations post-fermentaire de quatre semaines. Ce temps decuvaison nous a permis d’harmoniser une structure puissante et d’obtenir des tanins bien enrobés.Un élevage attentif dans 40% de bois neuf devrait mener à des vins exceptionnels.Un nouveau Maître de chaiSoulignons l’arrivée au sein de l’équipe technique de Samuel Gavan, brillant œnologue d’origineaustralienne, qui occupe le poste de Maître de Chai depuis septembre 2010. Ce passionné provient del’équipe du Château Pédesclaux, où il remplissait le rôle d’assistant Maître de Chai depuis septembre2009. Il apporte la rigueur et les compétences indispensables à l’élaboration d’un vin de grande qualité.Un grand millésime2010 est d’un classicisme bordelais remarquable, alliant des arômes de petits fruits rouges et unegrande fraîcheur en bouche, des tanins soyeux en grande concentration avec une intensité de couleurremarquable. .... 15
  16. 16. Caractéristiques du vin_ Assemblage : 60 % Cabernet Sauvignon, 40 % Merlot_ Degré alcoolique : 14% vol_ Acidité Totale : 3.7 / pH : 3.55 / Anthocyanes : 740 / Indice des Polyphénols Totaux : 90 16
  17. 17. Frédéric de Luze,Propriétaire du Château Paveil de Luze, Cru Bourgeois - MargauxEt Pont Rouge du Paveil, BordeauxMillésime 2010 impression généraleAvec le 2010, c’est un très grand millésime qui se profile à l’horizon à Bordeaux…Quelle surprise !Cette affirmation peut en effet faire sourire car nous disions la même chose il y a un an … et mêmechaque année ajouteront certains… Il est vrai que nous restons sur une très bonne série et que ce2010 clôture une décennie particulièrement réussie où les millésimes d’exception (2003, 2005, 2009et maintenant 2010) n’ont cédé la place qu’à des millésimes indéniablement bons, voire très bons.Cela s’explique sans doute par un peu de chance côté météo (avec des arrière-saisons sèches etclémentes), par le progrès de la connaissance tant à la vigne que dans les chais, par les moyensfinanciers dont bénéficient aujourd’hui les grandes propriétés bordelaises mais aussi par une sommede petits détails, comme l’amélioration des prévisions météorologiques, qui permettent d’optimiser lesdates de vendanges.Cela dit, tous les marchands et amateurs de vin du monde pourront sans aucun doute se réjouir decette nouvelle promesse de grandes bouteilles de Bordeaux.A Bordeaux, c’est la nature qui décide avant tout. Après un millésime 2009 très réussi, la récolte 2010va donner naissance à des bouteilles rares et de longue garde, parmi les meilleures que le vignoble deBordeaux aura jamais produites. Il est donc utile de donner quelques données précises pour étayer cejugement du millésime 2010 actuellement en pleine gestation.Les conditions climatiques ont été proches de 2009, bien que les événements météorologiques àBordeaux ne soient jamais strictement identiques d’une année à l’autre. La pluie fine durant la floraison(en fin mai début juin) devait engendrer normalement une plus faible récolte qu’à l’habitude, et celase confirme aujourd’hui. L’été et l’automne (septembre, octobre) furent secs et relativement chauds,accompagnés d’un niveau de précipitations correspondant au strict nécessaire… D’autre part, les nuitsont été plutôt fraîches ce qui est toujours bon pour la richesse aromatique et l’acidité (et donc un pluspour le potentiel de garde). Les baies et les pépins étant plus petits, la concentration naturelle serasupérieure à 2009. Cela va engendrer un vin encore plus séduisant qu’en 2009.Millésime 2010 Château PAVEIL DE LUZEUn nouveau virage au mois de juin avec l’arrivée de Stéphane Derenoncourt et de son équipe !Je connais Stéphane depuis plus de 15 ans et il n’a pas hésité lorsque je lui ai demandé son aide pourmettre en exergue le formidable potentiel de notre terroir.C’est Simon Blanchard qui suivra plus particulièrement le Paveil.Immédiatement le courant passe avec Stéphane Fort , responsable technique du Paveil, et après unaudit sur nos pratiques culturales, aucun changement n’est à apporter dans la conduite du vignoble.Nous préparons les vendanges et là ça va bouger !Fini les analyses Glories, priorité à la dégustation des baies en suivant la connaissance de StéphaneFort qui va attaquer sa 21ème récolte (autant dire qu’il connait chaque pied de vigne) ! .... 17
  18. 18. Un ordre de ramassage s’établit rapidement sans aucun stress l’état sanitaire étant parfait.Des vendanges avec une météo clémente qui s’est étalée sur plus de 3 semaines.Sur la ligne de réception de vendange, plus de foulage des baies !Au chai, chaque cuve bénéficie d’une attention particulière en matière de remontage et ce plusieurs foispar jour !Des vinifications qui se sont déroulées comme dans un rêve !Pour la première année, quelques lots ont fait des malolactiques en barriques.Les lots retenus pour faire le premier vin seront élevés séparément.Le cabernet sauvignon règne en maître sur ce millésime .A noter des qualités de vins de Presse à un niveau qualitatif remarquable.Le Paveil a évolué, le style s’est affirmé.Rendez-vous en Avril 2011 pour découvrir notre dernier né! 18 janvier 2011 18
  19. 19. Philibert Perrin,Propriétaire du Château Carbonnieux,Grand Cru Classé en 1855 - GravesLe millésime 2010 est caractérisé par des rendements bas et une qualité exceptionnelle.La nature fut nettement moins généreuse que 2009 en quantité, mais elle nous a offertdes raisins d’une qualité gustative inégalée. L’été fut baigné par le soleil et la faible pluviométrie aamplifié les phénomènes de concentration.Les vins sont riches, ronds, fruités. Les vins rouges sont denses et profonds, avec destanins soyeux et surtout une longueur en bouche époustouflante.Les vins blancs sont fruités, opulents, généreux avec une fraîcheur naturelle conservéegrâce à de faibles macérations pelliculaires.Les vendanges se sont déroulées du 2 septembre au 12 octobre 2010.Le millésime 2010 en rouge fait parti des millésimes exceptionnels qui marquera lesmémoires comme 1989 et 2005.En blanc, c’est une très bonne année de la catégorie des 2009 et 2005.« L’organisation des vendanges a été un réel plaisir et on peut dire qu’il a été l’aboutissement parfaitd’une année de travail, ce qui pour un vigneron est une grande satisfaction. » 26 janvier 2011 19
  20. 20. Jean-Christophe Barron,Directeur technique du Château de Rouillac,Pessac-LéognanLe cycle de la vigne en 2010Un débourrement assez tardif puis très rapidement des températures très chaudes, en avril, qui ac-célèrent la croissance des rameaux et freinent toutes les maladies cryptogamiques. Ensuite, toute lapériode végétative sera plus fraîche que la normale (moins 1°C de moyenne par rapport aux moyennestrentenaires) et beaucoup plus sèche (déficit hygrométrique de près de 50% toujours par rapport auxmoyennes trentenaires). Septembre et octobre exceptionnellement secs, ont permis d’amener des rai-sins à parfaite maturité. Le cycle végétatif fut très long, un peu plus frais et surtout très sec : tous ceséléments sont favorables à l’élaboration de vins très aromatiques.Les points forts et délicats_ Point délicat :Une floraison qui intervient lors du seul événement pluvieux de juin entrainant un risque de coulure surles terroirs tardifs_ Points forts :Une maturité exceptionnelleUn complexe aromatique rareAucun risque de maladieDes vendanges «zen»Les dates et le déroulement des vendangesDu 14 au 18 septembre 2010 pour les blancsDu 27 septembre au 15 octobre 2010 pour les rougesLes caractéristiques de cette annéeParfait état sanitaire sur des raisins à parfaite maturitéLa spécificité de 2010Des vins riches et pleins. Beaucoup de concentration d’arômes fruités, de tanins fins.Le millésime nous fait penser 2010 nous fait penser aux millésimes 2005 et 1995. .... 20
  21. 21. 2010 , un millésime modèleIl est des millésimes stressants pour le vigneron où les nuits sont courtes car les gelées et les oragesmenacent, où les journées sont longues car la croissance des rameaux ressemble à un raz-de-maréependant que les ravageurs attaquent de toutes parts. La nature est ainsi faite qu’après nous avoir mis àrude épreuve pendant quelques années, elle nous offre sur un plateau un millésime où elle se charge detout, permettant ainsi au vigneron de reprendre ses esprits et de souffler un peu. Et comme elle souhaiteasseoir sa domination, elle nous offre un millésime modèle, une référence pour les années à venir, unrepère pour les prochaines générations. 28 janvier 2011 21
  22. 22. Jean-François Quenin,Propriétaire du Château de Pressac,Saint-Emilion Grand CruL’année 2010 a été marquée par la sécheresse pendant l’été ; une grande sécheresse, mais pasd’excès de chaleur ; les deux premières semaines d’août ont d’ailleurs été assez fraîches.Il en est résulté des raisins très concentrés, avec des volumes plutôt faibles, une très grande richesseen sucre, mais avec une bonne acidité, synonyme d’équilibre.Evidemment, les caractéristiques des terroirs ont été très importantes, les réserves hydriques étantnécessaires à la vigne pour éviter des blocages de maturité. Sur ce plan, le plateau calcaire et lescoteaux argilo-calcaires ont fait merveille !La première question a été le choix de la date de vendange. Le repère classique de la richesse en sucreétait inopérant. Il fallait surveiller la maturité phénolique et goûter les raisins (peaux et pépins), parcellede vigne par parcelle de vigne. L’ordre dans lequel les parcelles ont été récoltées a été très différentdes années précédentes.Lors de la fermentation, les principales caractéristiques ont été le fort degré alcoolique et la richesse enpolyphénols. Il a donc fallu, d’une part adapter les méthodes de vinification pour que les fermentations sedéroulent sans encombre (notamment suivi très précis de l’environnement des levures : températures,oxygène, nutriments, ph, etc…), et d’autre part veiller à ce que l’alcool ne conduise pas à des extractionstanniques trop importantes (température et durée de macération limitées).Il en est résulté des vins assez opulents, où l’acidité équilibre la richesse tannique et alcoolique, des vinstaillés pour la garde. 25 janvier 2011 22
  23. 23. Claire Thomas Chenard,Directeur d’exploitation et œnologue du Château Soutard,Saint-Emilion Grand Cru ClasséFloraison avec un temps mouvementé ce qui entraîne de la coulure, notamment sur les parcelles plusanciennes.Été plutôt frais avec une arrière saison très ensoleillée et plutôt sèche.La concentration en sucres augmente de jour en jour et la maturation phénolique progresse de manièreétonnante.En effet, les quantités de matière colorante ont atteint sur ce millésime des teneurs assez impressionnantes.L’état sanitaire était parfait et nous avons fonctionné avec un ramassage en cagette, un passage enchambre froide durant une nuit, le tri optique pour une qualité optimum de la sélection des raisinsamenés à la cuve par gravité à l’aide d’un cuvon.Particularité de vinification : extraction des composés du vin par pigeage en début de journée puisremontage fermé automatisé.Maîtrise totale de l’apport en oxygène.2010 a inauguré avec brio les nouvelles installations techniques du Château Soutard.Le vin s’avère d’une étonnante complexité. Fraîcheur, puissance, élégance sont au rendez-vous, lestanins sont d’une finesse magnifique ; un Grand millésime de longue garde.Les vendanges ont eu lieu du 29 septembre au 23 octobre 2010. 23
  24. 24. Edouard Labruyère,Propriétaire du Château Rouget,PomerolA notre soulagement, nous sommes revenus avec ce millésime à un développement du cycle normalde notre vignoble.Si nous devions la comparer aux années antérieures, la pousse a été tardive, lente mais très homogèneavec une maturité très régulière.Le temps froid pendant la véraison et la pluie ont provoqué un peu de coulage qui laissaient présagerdes volumes faibles au moment de la récolte (32hl/ha au final).Malgré un manque global de précipitations au printemps, renforcé par des mois de juillet et d’aoûtdélicats à cause de la sécheresse, les 30 mm tombés fin août ont permis d’obtenir des acidités et desPH optimaux, laissant présager un très grand millésime.Une fois de plus, nos beaux terroirs ont su s’affranchir des conditions météorologiques pour obtenir unrésultat qui allait au-delà de nos espérances.Il restait la date des vendanges à déterminer avec précision. La maturité phénolique étant dissociée dela maturité alcoolique, les décisions furent difficiles et angoissantes. Notre volonté était de préserverl’équilibre et le fruit pour aller vers plus de classe encore qu’en 2009 et qu’en 2005.Au final, nous avons décidé de récolter en deux temps :Le 28 septembre pour les parcelles les plus précoces pendant 3 jours, puis le 10 octobre pour 5 jours.Au 15 octobre, l’ensemble de la récolte fut à l’abri avant les dégradations météorologiques.Même si toutes les malo ne sont pas encore terminées, nous pensons sincèrement que ce millésime2010 peut se comparer aux références absolues pour Rouget que sont les 1961 et 1947. 24
  25. 25. Bruno MottetPropriétaire du Château La France,Bordeaux SupérieurDe belles journées ensoleillées et l’absence de pluie peuvent caractériser la météo du millésime 2010.Le stress hydrique aura amené la vigne à produire de petites baies mais en contre partie l’ensoleillementaura permis de vendanger des baies à pleine maturité.Cette météo clémente nous aura permis de ramasser une récolte dans un état sanitaire parfait et auraégalement permis de limiter et diminuer le nombre de traitements phytosanitaires à la vigne.La vendange des blancs a commencé le 17 septembre 2010 par notre parcelle de sauvignon pour seterminer une semaine plus tard avec les sémillons.Pour les rouges, nous avons débuté la vendange par nos jeunes plantes de merlot le 30 septembre, elles’est terminée par des cabernets le 22 octobre.Nous avons obtenu un rendement moyen de 46,5 hl/ha.Si c’était à refaire, je pense que nous aurions dû éviter d’effeuiller sur les deux faces certaines parcelles.Le millésime 2010 me fait penser au millésime 2005. Beaucoup de viticulteurs font référence au millésime2003 avec ses grosses chaleurs mais au contraire de 2003, nous avons eu la chance d’avoir des nuitsfraîches en 2010 qui ont favorisé le développement des anthocyanes.La spécificité du millésime 2010 est d’ailleurs d’avoir de très forts taux d’anthocyanes et de tanins. Cemillésime 2010 est un formidable millésime de garde.A la dégustation, on retrouve une robe très intense (fort taux d’anthocyanes) avec un nez et une bouchetrès fruitée (fruits rouges et noirs) et une belle acidité en bouche qui donne à ce millésime un caractèrede fraîcheur.Nous attendons bien évidemment avec impatience les primeurs ainsi que les premiers commentairesde nos clients fidèles. 05 janvier 2011 25
  26. 26. Xavier Planty,Directeur du Château GuiraudPremier Grand Cru Classé en 1855 - SauternesLes vendanges ont commencé cette année plus tôt qu’en 2009.Après une maturité classique et parfaite atteinte autour du 15-20 septembre 2010, nous commençonsà ramasser quelques raisins botrytisés sans nous presser, pendant les trois semaines suivantes. Nousréalisons trois passages durant cette période.La pluie du lundi 4 octobre nous arrête quelques jours puis ensuite celle du dimanche 10 octobre.Les nuits fraîches, les journées ensoleillées avec un vent de Nord, Nord-Est qui suivent nous donnentdes raisins parfaitement concentrés. Nous reprenons donc le mercredi 13 et ramassons des chosesmerveilleuses pendant une semaine. Nous finissons la troisième trie mardi 19 octobre pour attaquer laquatrième sans attendre jusqu’à vendredi. Nous offrons un peu de répit à nos vendangeurs le week-end du 23 et 24 octobre avant de reprendre lundi 25 après-midi. Une dernière semaine pour un 6èmepassage dans certaines parcelles et nous finissons mardi 2 novembre.Les points forts et délicats du millésime :Un botrytis qui a mis un peu de temps à démarrer ce qui explique les deux premières tries assez faibles.Ce sont les 3èmes et 4èmes tries qui font le cœur du grand vin sur des raisins parfaitement mûrs etsains.Le secret de ce millésime est plus que jamais dans le ramassage et le tri de raisins magnifiquementbotrytisés. Sauternes, le 05 novembre 2010 26
  27. 27. Miren de Lorgeril,Vignobles LorgerilLes vendanges et millésime 2010Résumé du cycle de la vigne en 2010La fin de l’hiver et le printemps ont été pluvieux, reconstituant enfin les réserves des sols qui en avaientbien besoin. La vigne s’est bien développée et présentait à l’été une végétation belle et équilibrée etune récolte moyenne marquée par une ‘coulure’ assez importante sur les grenaches, comme souvent,et sur les merlots après une période de la fleur pluvieuse.L’été a été beau mais sans excès ni canicule, juillet un peu frais même. Il est habituel que le tempssoit sec de fin juin aux vendanges, mais en principe avec 2 ou 3 beaux orages qui malheureusementont manqué ‘au 14 juillet’ et ‘au 15 août’. Cela a entraîné un stress temporaire qui a réduit la récolte ;avant les 2 vagues pluvieuses mi et fin septembre. Elles ont permis aux baies et à la végétation de serééquilibrer, permettant une fin de maturation lente et fraîche : il faisait 5° le matin le 27 septembre, deuxjours avant le début des vendanges de rouge !Les points forts et délicatsIl fallait bien sûr être vigilant pendant ce printemps pluvieux, mais ce fut une année sanitaire saine.Nous aurions bien aimé ‘l’orage du 15 août’ qui aurait évité le stress des vignes et… le nôtre.. ! Maisheureusement pour la qualité des vins, le très bon état végétatif puis la fin de maturation lente etcomplète ont préparé une grande année.Les dates et le déroulement des vendangesPour Pennautier, nous avons démarré des vendanges de rosé la dernière semaine de septembre, maisavons démarré les vendanges de rouges le 3 octobre classiquement par les merlots. C’est une datenormale en Cabardès.Les syrah de Pennautier et des autres domaines ont suivi de quelques jours. La surprise est venuealors de l’accélération de la maturation des cépages plus tardifs (cabernets, grenaches, carignans etmourvèdres) après le déblocage des pluies de fin septembre,Les caractéristiques de cette année ; les raisins complètement mûrs ont livré leur expression (arômes,couleurs puis tanins) plus vite que d’habitude, dés les macérations à froid même, permettant que notrevolonté d’extraction de plus en plus légère et douce en soit facilitée. Les vins seront donc sur le fruit,frais et élégants, structurés mais avec des tanins bien fondus.Ce millésime 2010 nous fait penser aux années fraîches qui permettent que les cépages atlantiquesmûrissent lentement. C’est, je pense, la première fois que l’on arrive à une telle intensité d’expressionavec des vinifications toutes en douceur : le fruit s’est « livré » pleinement.Comme assez fréquemment finalement depuis ces quelques années d’été sans orage, nous avons étésauvés par les pluies d’équinoxe ! .... 27
  28. 28. Mi-septembre, les raisins étaient déjà bien sucrés et la sécheresse prolongée nous faisait craindre unetrop forte concentration des baies, conduisant de très nombreux vignerons à vendanger des raisinsdont les pépins encore verts témoignaient du manque de maturité phénolique…Et puis les pluies d’équinoxe, douces et fraiches, (vers le 21 septembre) ont rééquilibré végétation etbaies et apporté un temps frais et calme qui a permis 2 semaines, au moins selon les cépages, dematuration douce et complète. La Nature est bien faite ! 21 janvier 2011 28
  29. 29. Guillaume et Soledad Tari,Propriétaires du Domaine de La BégudeBandolUne année sous haute surveillance au début de l’été car nous avons eu un taux d’humidité accompagnéde chaleur tout à fait inhabituel en Provence. La conduite en agriculture bio implique une grande vigilance.Notre situation sur le point culminant de l’appellation Bandol, bousculée par le Mistral nous a permis derésister à ces conditions climatiques peu pagnolesques... Souvenir de débuts d’étés gascons!Très petit rendement, 22 hl /hectare. Beaucoup de tris sur pied au mois d’août car une maturité peuhomogène. Belle qualité de raisin en finale. Très belle fraîcheur.Comme le veut la tradition et notre situation géographique (410 mètres d’altitude), nous sommestoujours les derniers à vendanger. Pendant 15 jours, nous entendons la ritournelle « Vous n’avez pasencore commencé les vendanges?!» et scrutons un peu inquiets la météo , repoussant tant bien quemal les hordes de sangliers qui trouvent le raisin déjà à leur goût... Les vendanges ont commencé le 26septembre et le mistral a permis de garantir un bel état sanitaire du raisin.Le 2010 est doté d’une belle acidité, prometteur, charmeur. La fraîcheur caractéristique du terroir de laBégude a été exacerbée par les conditions climatiques du millésime. Libre, élégant, il est le pur reflet duterroir et du climat, notamment pour ceux qui sont en agriculture bio. 29
  30. 30. Bourgogne 2010, le millésime de l’exigence,Le millésime 2010 en Bourgogne est une réussite en dépit de conditions climatiques délicates. 2000ans d’histoire ont en effet permis à la vigne et aux hommes de s’adapter, en Bourgogne, à toutes lessituations. Loin d’être un hasard, cette longévité est la preuve que la vigne a trouvé dans ce vignobleseptentrional une terre de prédilection, tout en s’adaptant aux variations climatiques.Ici, faire du vin est un art qui ignore la facilité.Les vignerons bourguignons savent faire preuve de discernement, d’une grande capacité d’adaptationet de savoir-faire pour obtenir le meilleur de chaque millésime.Les outils de pointe de prévisions météorologiques, les contrôles analytiques et la dégustation desbaies constituent autant d’éléments pour anticiper et raisonner chacune des étapes déterminantesmenant à la récolte.La dégustation des baies a été particulièrement cruciale cette année, permettant un suivi à la parcellede l’évolution du potentiel aromatique, point fort de ce millésime. Ici, le niveau de maturité et l’étatsanitaire ont primé pour le choix de la date de récolte. Si habituellement les vendanges se font parcouleur (traditionnellement rouge puis blanc), les vignerons, soucieux de la qualité, ont alterné entreparcelles rouges et blanches.Les petits rendements obtenus résultent à la fois de la maîtrise de la taille par les viticulteurs, de lacoulure et du millerandage engendrés par les conditions climatiques du printemps et du tri pratiqué àla vigne comme à la cave. Les vinificateurs ont ensuite su ajuster leur technique à la matière premièrerécoltée pour en révéler le bel équilibre sucre-acidité, sans dénaturer l’expression aromatique.Nul doute que les Bourgogne 2010 réservent de belles surprises aux amateurs de vins ! BIVB – 16 novembre 2010 30
  31. 31. Jacques Lardière,Maison Louis Jadot,BourgogneAnnée assez chaotique dans son ensemble.Après un hiver rude et long et une gelée sévère, le débourrement avait une semaine de retard parrapport à une moyenne des 5 dernières années.La floraison très perturbée entre mai et juin avec chaleur et eau et temps frais.Les forces de vie ont été très tardives à s’exprimer et seulement dans la seconde partie de juin, la vigneest devenue lumineuse.Le beau temps de fin juin a permis une bonne fermeture de la grappe.Bien sûr, tout au long de cette première partie de vie végétale, il a fallu être très attentif aux maladiestoujours à l’affût. Le mildiou était à surveiller particulièrement.Toutes ces conditions ont forcément eu un impact sur la récolte.Gel, coulure, attaques cryptogamiques, floraison aléatoire etc.… ont fait que la récolte – avec sespetites grappes – ne pouvait être que déficitaire – ce qu’elle est.Eté fait d’orages avec grêle parfois (Chablis – Pouilly Fuissé – Santenay – Chassagne).Les beaux jours de septembre ont permis de vendanger dans de bonnes conditions, une vendangemagnifique en Côte de Nuits, un peu plus à trier en Côte de Beaune car les précipitations cumulées ontété bien plus importantes. La vendange a commencé le 24 septembre.Petite récolte donc avec quelques appellations très déficitaires.Les vins blancsLes fermentations ne sont pas toutes terminées. Les jus sont jolis, aromatiques et pas trop acides, ilsvont donner des vins surement très agréables.Les vins rougesLes fermentations sont terminées, on entre dans la partie élevage. On peut entrevoir de très bellescouleurs, une tendresse dans les tanins et une acidité pas marquée. Ils devraient créer de très bonnessurprises.Il semble que 2010 en Bourgogne, possède quelques caractéristiques communes avec 1985, àconfirmer en 2011 … 16 novembre 2010 31
  32. 32. Charles Philipponnat,Président Directeur Général du Champagne Philipponnatet du Clos des GoissesCycle : C’était bien parti, malgré un peu de coulure dans les secteurs précoces, notamment sur leschardonnais en raison d’une période froide au début de la fleur en juin.L’été a ensuite été exceptionnellement sec, et parmi les plus frais cependant, avec un bon ensoleillement,ce qui était extrêmement prometteur jusqu’au 14 août, avec une belle perspective de maturité, uneacidité élevée, et un état sanitaire parfait.Un nouveau 1996 ou 2008 naissait…Las, les pluies abondantes de la mi-août (souvent de 100 à 150 mm en deux jours) provoquèrent unebrusque dilution, et surtout, une explosion rapide de botrytis, particulièrement là où le stress hydriqueétait le plus fort auparavant, d’autant que des conditions plutôt humides ont perduré jusqu’à la vendange.Le mildiou quant à lui, était peu présent et n’a généralement pas posé de problèmes.Le résultat est une vendange bien mûre (au contraire de 2001), avec de fortes acidités (surtout maliques)mais souvent dégradées par le botrytis, notamment les pinots noirs de la Montagne de Reims, et lesmeuniers de la moyenne vallée de la Marne et de la Petite Montagne de Reims.Un tri sévère à la vigne était essentiel pour préserver le potentiel qualitatif. Nous avons laissé entre 20et 30% des raisins au sol.Le Sud de la Côte des Blancs et l’Aube sont les secteurs les moins affectés.A la dégustation, l’année est marquée par un caractère aromatique ouvert et précoce, parfois exotique,lié à la très bonne maturité.Cependant, les vins présentent une certaine lourdeur, et sont souvent fragiles à l’oxydation, avec unegrande hétérogénéité de laquelle émergent cependant quelques vins mieux qu’acceptables, en quantitélimitée. Les vins sans fermentation malolactique sont de meilleure tenue, mais un peu durs.Chez Philipponnat, c’est la grande année des vinifications sous bois, qui ont procuré aux vins une bienmeilleure tenue qu’en cuve, tout en restant bien équilibrés, car la puissance aromatique est forte etsupporte bien le bois.Les meilleures réussites proviennent plutôt des secteurs de maturité un peu plus faible (terroirs moinschauds, ou rendements un peu plus généreux), ajoutant un paradoxe de plus à cet étrange vendange.En résumé : une année plutôt « non millésimée », décevante après les espoirs de l’été mais sommetoute correcte pour des bruts classiques.Les assemblages ne sont pas encore décidés, mais il sera difficile de tirer les cuvées millésiméeshabituelles, sauf peut-être un peu de Blanc de Blanc et des cuvées parcellaires en petit volume, pourquoipas dans le Clos des Goisses.Enfin, les vins de réserve base 2009, que nous venons de goûter (et qui sont 100% élevés sous bois)sont excellents et ont gardé une belle fraîcheur. Ils contribueront à un assemblage non millésimé de fortbonne tenue. 14 février 2011 32
  33. 33. Eric Kohler,Domaines Barons de Rothschild (Lafite)Directeur technique du Domaine d’Aussières, Corbièreset des domaines étrangersDomaine d’Aussières, vins : Château d’Aussières, Blason d’Aussières,Aussières Rouge et Aussières BlancAprès un hiver froid et long, et un démarrage de la végétation perturbé, le millésime 2010 s’est poursuivipar une alternance de douceur, de fraîcheur et d’humidité, sans forte chaleur ni sécheresse jusqu’à finaoût. 2010 a accusé une bonne semaine de retard de végétation durant toute la campagne.La pluviométrie annuelle de 650 mm (dont seulement 230 mm en hiver) nous a donné une belle vé-gétation et le stress hydrique n’est arrivé que le 20 août lors de la seule période de grande chaleur del’année (une dizaine de jours). A l’approche des vendanges, les contrôles de maturité ont affiché desvaleurs fluctuantes. Cette année, encore plus que d’habitude, les vendanges se sont planifiées dans lesvignes…La maturité apparente était factice, car simplement forcée par la chaleur de fin août …il fallaitgarder son calme, et attendre.Les vendanges ont donc été tardives ; à partir du 5/6 septembre pour les blancs et se sont parfaitementdéroulées jusqu’aux 9, 10 et 11 octobre, terrible week-end au cours duquel nous avons reçu un délugede 200 mm d’eau (soit le 1/3 du cumul annuel).Interrompue, la récolte a pu reprendre le 13 octobre, seuls les derniers carignans étant finalement affec-tés par cet épisode climatique. Le rendement cadastral devrait être de plus de 40 hl/ha, c’est une belleproduction pour Aussières dans une année où le Languedoc est plutôt déficitaire.En cours de fermentation malolactique, assez lente cette année, les vins se gouttent très bien, particu-lièrement le grenache et le cabernet sauvignon. Les autres cépages sont aussi d’un excellent niveau.Nos assemblages devraient se situer au même niveau qualitatif que 2008 ou 2009 avec un peu plusde volume ... ce qui nous fait dire que 2010, après ses incertitudes, est une grande et belle surprise !Au Chili - Viña Los Vascos :En 2010, la vallée de la Colchagua a connu une année climatique assez atypique et relativement fraîche.Cela a commencé dès le débourrement de la vigne avec quelques gelées et s’est poursuivi pendantla floraison avec des températures anormalement basses qui ont causé une forte coulure. Ensuite, larelative fraîcheur persistant pendant l’été, nous avons eu des vendanges tardives.Mais cette fraîcheur relative a été particulièrement favorable au cabernet sauvignon qui a pu mûrirplus lentement en gardant un parfait équilibre, des conditions médocaines en quelque sorte ! Dans cecontexte idéal pour notre cépage principal, 2010 est une très belle année pour Los Vascos. Les vinsprésentent une belle maturité en gardant de la fraîcheur mais sans aucune note végétale. .... 33
  34. 34. En Argentine - Bodegas Caro :Dans la région de Mendoza, 2010 a été climatiquement tranquille…ce n’est pas toujours le cas ! Iciaussi, le millésime a été marqué par un déficit de température, mais finalement très positif pour la vignedans ce secteur parfois trop chaud.La maturation du malbec et du cabernet sauvignon s’est donc parfaitement déroulée et les équilibresse sont bien maintenus dans le raisin. Le cabernet sauvignon a particulièrement apprécié ce cycleclimatique. 2010 est incontestablement, depuis dix ans, le millésime qui nous a offert les plus beauxcabernets sauvignons. Un style très « Lafite » donc pour les vins de CARO en 2010. 17 décembre 2010 34

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