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In Rio+20, the last Earth Summit, governments were gathering to take True decisions and Actions for our planet. but government represent society, how this part is represented in those Environmental decisions ?

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  • 1. 1Université de La RochelleMaster 2 AIEL 2012Rapport de StageEnvironnement et SociétéComment la société civile est impliquéedans les décisions environnementales:l’exemple de Rio+20BRAUD LauraStage réalisé au sein de l’AssociationLes Petits Débrouillards Poitou-Charentes
  • 2. 2Table des matièresTable des matières .................................................................................................................................. 1Liste des acronymes ................................................................................................................................ 3Liste des tableaux et figures.................................................................................................................... 4Avant-propos........................................................................................................................................... 5Introduction............................................................................................................................................. 6Historique des conférences internationales et de la place de l’homme dans les décisionsenvironnementales ............................................................................................................................. 6Le stage et l’association les Petits Débrouillards Poitou-Charentes ................................................. 11Méthodologie........................................................................................................................................ 13Rio de Janeiro : de la préparation à l’observation sur le terrain....................................................... 13En Poitou-Charentes : mise en place de la mobilisation régionale................................................... 18Résultats................................................................................................................................................ 20A Rio : deux sommets, deux visions .................................................................................................. 20L’implication de la société civile aux deux sommets......................................................................... 21Le contenu et l’approche scientifique à Rio...................................................................................... 26La mobilisation de la société civile en Poitou-Charentes.................................................................. 30Discussion............................................................................................................................................. 35Rio+20, deux sommets aux résultats variées.................................................................................... 35Une prise de recul de Rio+20 en comparant au FME........................................................................ 38La mobilisation régionale, une analyse pour l’améliorer.................................................................. 40Conclusion ............................................................................................................................................. 43Vers une nouvelle relation “science, société, environnement”........................................................ 43Les décisions environnementales, de la conscience à l’efficience.................................................... 46Référence bibliographique.................................................................................................................... 49Annexes................................................................................................................................................. 55Résumé.................................................................................................................................................. 60
  • 3. 3Liste des acronymes- AFPD Association Française des Petits Débrouillards- AMP Aires Marines Protégées- APDPC Association des Petits Débrouillards Poitou-Charentes- CASI Collectif d’Association de Solidarité Internationale- CDB Convention sur la Diversité Biologique- CLD Convention sur la Lutte contre la Désertification- CNRS Centre National de Recherche Scientifique- CNUDD Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable- CNUED Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement- CNUCC Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques- COP Conférence des parties de la CDB- DNUB Décennie des Nations Unies pour la Biodiversité- EYES Empowering Youth in European Society (groupe de jeunes européens)- FAME Forum Alternatif Mondial de l’eau- FME Forum Mondial de l’eau- FPH Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de lHomme- FSM Forum Social Mondial- IEPF Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie- Ifrée Institut de Formation et de Recherche en Education et Environnement- MGCY Groupe de la jeunesse et des enfants (Major Group for Children& Youth)- NU Nations Unies (ou parfois UN).- ONG Organisation Non gouvernementale- ONU Organisation des Nations Unies- PNUE Programme des Nations Unies pour l’Environnement (ou UNEP)- SNPN Société National de Protection de la Nature.
  • 4. 4Liste des figures- Figure 1 : Schéma des trois piliers du développement durable et ses objectifs parsecteur (p. 9)- Figure 2 : Répartition géographique des différentes activités de Rio+20 (p.14)- Figure 3 : Différence de participation entre le Sommet officiel et le Sommet desPeuples (p.24)- Figure 4 : Rencontre avec les pêcheurs lors du Toxico Tour et bus atelier de SOS MataAtlantica (p.29)- Figure 5 : Mobilisation sur la Place de Verdun La Rochelle le 9 juin 2012 (p.31)Liste des tableaux- Tableau 1 : Tableau Récapitulatif des évènements à rio de Janeiro pour Rio+20 (p.13)- Tableau 2 : Présentation des partenaires par antenne (p.29)- Tableau 3 : Tableau récapitulatif de la participation aux activités par antenne (p.31-32)Liste des Annexes- Annexe 1 : La Charte des Petits Débrouillards- Annexe 2 : Programmation régionale « Rio+20 étendu »- Annexe 3 : Toxico Tour, l’exemple de la problématique de pêche dans la baie de Rio- Annexe 4 : Liste bibliographique des solutions possibles à mettre en place par chacun
  • 5. 5Avant-proposJe tiens tout dabord à préciser que la problématique choisie peut sembler différente decelles généralement présentées à la sortie de notre cursus de Master professionnel Sciencespour l’Environnement, cependant elle est en adéquation avec lexpérience acquise au cours dustage.La mission au sein de l’Association des Petits Débrouillards de Poitou-Charentes(APDPC) m’a permis de réaliser que les connaissances scientifiques acquises tout au long denotre parcours universitaire peuvent répondre au besoin qua la société de comprendrel’environnement qui l’entoure. Outre le besoin de faire avancer ce savoir scientifique à traversla recherche, ces connaissances ont aussi un rôle important d’application dans notre quotidienet donc de transmission au citoyen. Sans la science pour comprendre l’environnement,l’homme, bien qu’acteur dans son milieu, a parfois du mal à se sentir impliqué dans sagestion. Avec le Sommet de la Terre “Rio+20” qui se déroulait cette année 2012, l’objectif del’APDPC était justement de mobiliser et de sensibiliser la population locale à cet événementet aux problématiques environnementales liées. La question de la place laissée à la sociétécivile dans les décisions d’avenir pour la planète m’a donc semblée primordiale.Ce mémoire peut donc sembler aborder des questionnements éthiques, sur la place dela société civile dans les sciences et l’environnement, il s’agit avant tout un travail structurésur la base d’un plan et modèle classique. La démarche scientifique reste en effet la même :partir d’une problématique, en faire l’état de l’art des connaissances, puis l’expérimentationsur le terrain pour enfin l’analyser et remettre en contexte dans la discussion. La méthodologies’écarte un peu des protocoles de laboratoire mais continue à être l’œuvre d’une réflexion etd’une bonne préparation en amont. La discussion est dans ce rapport une partie importanteafin de remettre en question et analyser au mieux les résultats. L’esprit critique, commun àtout scientifique, est donc indispensable pour arriver à une conclusion. L’ensemble de cetteméthode, propre aux scientifiques, est aussi celle utilisé par les Petits Débrouillards pourpermettre à chacun, à travers le questionnement et la curiosité, de comprendre et d’évoluerdans ses connaissances.
  • 6. 6IntroductionHistorique des conférences internationales et de la place de l’hommedans les décisions environnementalesL’année 2012 marque, avec le vingtième anniversaire du Sommet de la Terre de Rio1992, un nouveau rendez-vous international sur l’écologie : le « Rio+20 ». Il s’agit doncd’une occasion de revenir sur l’historique des conférences environnementales d’échellemondiale afin de retracer l’évolution d’une nouvelle relation entre l’homme et sa planète.La prise de conscience a été lente comme l’indique le titre du dossier des grandesdates sur la biodiversité fait par le CNRS (Centre National de Recherche Scientifique)1. Eneffet sur le plan international la première date retenue est 1913 avec la conférence pour laprotection de la nature à Berne. Suite à celle-ci une « commission consultative pour laprotection internationale de la nature » est créée à l’initiative de la Suisse. La France elle, àtravers l’organisation SNPN (Société Nationale de Protection de la Nature) met ensuite enplace le premier Congrès international sur la protection de la nature en 1923. Le rythmedécennal entre chaque nouvelle conférence environnementale internationale débute. Pourtantl’écologie ne devient une préoccupation internationale auprès des chefs d’états qu’en 1972,lorsque les Nations Unies organisent le premier Sommet de la Terre à Stockholm, appelé aussiConférence des Nations Unies sur l’environnement. La prise de conscience de l’importance del’homme et de son rôle à jouer pour la protection de la nature émerge alors. La Déclarationfinale de la conférence des Nations Unies de Stockholm l’explicite dès le premier point :« Lhomme est à la fois créature et créateur de son environnement » et détaille ensuite dans lesecond point : « La protection et lamélioration de lenvironnement est une questiondimportance majeure qui affecte le bien-être des populations et le développementéconomique dans le monde entier ; elle correspond au vœu ardent des peuples du mondeentier, et constitue un devoir pour tous les gouvernements » (ONU, 1972). Outre cettenouvelle place de l’homme et des gouvernements face à l’environnement, le point sept decette déclaration insiste ensuite sur le fait qu’« il faudra que tous, citoyens et collectivités,entreprises et institutions, à quelque niveau que ce soit, assument leurs responsabilités et separtagent équitablement les tâches. Les hommes de toutes conditions et les organisations les1Une frise chronologique dynamique est disponible surhttp://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosbiodiv/index.php?pid=decouv_chapB
  • 7. 7plus diverses peuvent, par les valeurs quils admettent et par lensemble de leurs actes,déterminer lenvironnement de demain ». Il est ainsi clairement énoncé que chaque citoyen estdorénavant responsable et acteur de « l’environnement de demain ». La société civile auradonc un rôle et une implication à avoir dans les prochaines décisions et conférences pour laplanète.La conférence internationale sur l’environnement des Nations Unies qui suit 10 ansaprès, eut lieu à Nairobi en 1982. Ce « Stockholm 10 ans après » (Curtis et Magnar, 2002) estpeu souvent référencée2et ne constitue pas une grande avancée dans les décisionsenvironnementales. La déclaration finale produite à Nairobi se résume en deux pages quiprésentent dix points (UNEP, 1982). La situation mondiale de guerre froide qui expliquesûrement l’absence d’intérêt à Nairobi créa, à l’inverse, le succès du Sommet de la Terre àRio en 1992. Cette observation est soulignée dans un article de l’hebdo-sciences del’époque qui dit : « la Conférence des Nations Unies […] avait surtout et incontestablementune forte valeur symbolique. C’était le premier rendez-vous de l’après-guerre froide pourprès d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement » (Lemieux R., 1992). Ce succès aaussi mené à une nouvelle étape décisive dans la place de l’homme au sein des décisionsenvironnementales.La Déclaration finale de Rio 1992 met en effet l’accent sur l’implication de tous dansces processus de décision et gestion de la planète dans la continuité de Stockholm. Le principe10 déclare : « la meilleure façon de traiter les questions denvironnement est dassurer laparticipation de tous les citoyens concernés, au niveau qui convient (…) » (ONU, 1992). Ils’agit donc de définir « les citoyens concernés » qui sont la société civile ». Jean-LouisQuermonne, professeur d’université de renommé en science politique la définie comme :« lensemble des rapports interindividuels, des structures familiales, sociales, économiques,culturelles, religieuses, qui se déploient dans une société donnée, en dehors du cadre et delintervention de lÉtat » (Quermonne, 2006). La dernière partie de cette phrase, « en dehorsdu cadre et de l’intervention de l’Etat » semble donc la seule condition qui distingue lasociété civile du reste du corps de l’Etat. Un individu travaillant pour le gouvernement (dansl’armée, dans les instances juridiques…) redevient membre de la société civile une fois endehors de ces fonctions. La déclaration finale de Rio 1992 définit des groupes sociauxspécifiques, dans les principes suivant :2Dans un moteur de recherche internet, très peu de référence sont trouvées. Pas cité non plus dans la frise duCNRS par exemple.
  • 8. 8- 20 : « Les femmes ont un rôle vital dans la gestion de lenvironnement et le développement.Leur pleine participation est donc essentielle à la réalisation dun développement durable. »- 21 : « Il faut mobiliser la créativité, les idéaux et le courage des jeunes du monde entier afinde forger un partenariat mondial, de manière à assurer un développement durable et àgarantir à chacun un avenir meilleur. »-et 22 : « Les populations et communautés autochtones et les autres collectivités locales ontun rôle vital à jouer dans la gestion de lenvironnement et le développement du fait de leursconnaissances du milieu et de leurs pratiques traditionnelles. Les Etats devraient reconnaîtreleur identité, leur culture et leurs intérêts, leur accorder tout lappui nécessaire et leurpermettre de participer efficacement à la réalisation dun développement durable. »Lors de ce Sommet à Rio, la place du citoyen a donc changé, permettant à l’ensemblede la société civile (et en insistant sur certains groupes dans ces principes) de sexprimer surles problématiques liées à lenvironnement. A l’époque cela s’est aussi manifesté par lepremier forum des ONG et parties civiles, le « Global Forum ». Il s’est déroulé du 1erau 15juin en parallèle du Sommet officiel3. Il s’agissait de trouver des solutions alternativespossibles pour tous les secteurs de notre développement : éducation, économie, énergie,pauvreté... L’ensemble des résultats issus de ce forum sont regroupés en 46 « traités alternatifsdes ONG » selon les différents domaines (se référer au même site antérieur). Depuis la sociétécivile s’organise de plus en plus pour créer en parallèle des conférences officielles, des forumsalternatifs. A l’occasion de Rio+20 cette année, en parallèle de la Conférence des NationsUnies sur le Développement Durable (CNUDD) se déroule le Sommet des Peuples, organisépar des ONG Brésiliennes. L’objectif de ce rapport sera notamment d’observer et decomprendre les différences d’approches et d’enjeux liés à ces deux types de forums.Outre cette plus grande implication de la société civile dans les décisionsenvironnementales, la conférence de Rio 1992 a aussi modifié le type de relation avec lanature. La notion de développement des sociétés devient subordonnée à la nécessité deprotéger l’environnement. En effet le nom de conférence des Nations Unies surl’Environnement donné à Stockholm devient en 1992 la Conférence des Nations Unies surl’Environnement et le Développement (CNUED). Ainsi une nouvelle composante estintroduite à ces questions d’environnement, celle du développement durable. Ce terme est3Recueil des différents traités issus de ce forum des ONG : http://habitat.igc.org/treaties/index.htm
  • 9. 9apparu pour la première fois quelques années plus tôt dans le rapport de Brundtland comme« développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité desgénérations futures à répondre aux leurs » (Brundtland, 1987). Il devient le cœur de cetteconférence de Rio 1992 dont la Déclaration finale déclare dès le premier principe « Les êtreshumains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable ». Il sembleimportant de détailler à présent cette notion de développement durable car elle représente lelien entre les différents documents finalisés de Rio 1992 et le sujet central de Rio+20 quidevient la conférence des Nations Unies sur le développement durable (UNCSD) commeintroduit précédemment.L’évolution vers un développement plus respectueux de l’environnement implique desconsensus dans divers secteurs, conduisant ainsi à divers documents produits à l’issus de ceSommet 1992, autre que la déclaration finale, le programme d’action 21 (Agenda 21) et lestrois conventions concernant : la diversité biologique (CDB), les changements climatiques(CCNUCC) et la lutte contre la désertification (CLD). Tout d’abord, les trois conventions quisont signées par les représentants des gouvernements doivent ensuite être ratifiées par lesEtats pour entrer en vigueur. Cette seconde étape peut parfois prendre quelques années. Il esttoutefois possible de constater que la plupart des conventions de Rio 1992 ont eu une portéesur le long terme. Par exemple, la convention CCNUCC a permis la prise de conscience del’impact des gaz à effet de serre sur notre planète. L’objectif de cette convention est « destabiliser […] les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau quiempêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique » (article 2, NU,1992). A partir de celle-ci commence dès 1995 les premières conférences des Nations Uniessur le changement climatique tout les ans, dont la 3èmeen 1997 a conduit à l’élaboration duProtocole de Kyoto. Celui-ci vise aussi à la limitation de l’émission des gaz à effet de serredes 38 pays industrialisés (Annexe B du Protocole, ONU, 1998). Cependant « sous lapression dun groupe de pays conduits par les Etats-Unis, des mécanismes de flexibilité sontcréés, permettant à un pays de remplir ses obligations non pas en limitant ses émissions maisen finançant des réductions à létranger »4.La convention sur la diversité biologique de Rio 1992 a conduit à des conférences desNations Unies appelé COP (conférence des parties de la CDB). La 10èmeconférence en 2010 aeu lieu à Nagoya au Japon qui est à l’initiative de la recommandation à l’Assemblé générale4http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/changement-climatique/chronologie.shtml
  • 10. 10des Nations Unies de déclarer 2011-2020 la Décennie des Nations Unies pour la biodiversité(PNUE, 2010). Il ressort à la suite de cette rencontre un travail dont l’aboutissement fut untexte qui définit des objectifs et des modalités de stratégie précises. Ce texte Stratégie pour lescélébrations de la décennie des Nations Unies pour la Biodiversité (DNUB) témoigne de cetengagement à impliquer la société civile avec une deuxième partie titrée Cibler le public et lechangement de comportement.Enfin, le programme Action 21 reste le plus gros document produit au cours de cesommet : 800 pages, soit 2 500 actions réparties en 40 chapitres selon les objectifs etthématiques (UN, 1992). Celui-ci a désormais une résonnance à une échelle locale, partoutdans le monde. Il s’agit de plan d’action détaillé pour permettre la mise en place d’actions dedéveloppement durable5. En France, l’ensemble des projets agenda 21 sont recensés: près de1 000 démarches sur nos territoires et dans nos écoles6.Cette définition du développement durable repose finalement sur trois piliers qui sontsouvent représentés sous la forme du schéma suivant :Depuis le Sommet de Johannesburg en 2002, un quatrième pilier est celui de la culture(Serge, 2006). La revue Liaison Énergie-Francophonie dédie même en 2005 un numéro surCulture et développement durable dont les différents enjeux de cette nouvelle composantesont expliqués (IEPF, 2005).5Pour un approfondissement et une compréhension plus ludique des enjeux de l’Agenda 21 unevidéo explicative disponible sur http://www.lespetitsdebrouillardsaquitaine.org/spip.php?article4156Liste des projets sur le site : http://www.agenda21france.org/Figure1 : Schéma des trois piliers du développementdurable et de ses objectifs par secteurSource : http://www.ensegid.fr/agenda21-de-l-ensegid.html
  • 11. 11Malgré ces trois piliers et la définition de Brundtland, la notion de développementdurable doit s’émanciper de « trois types de difficultés : elle est l’objet d’une gamme desaisies divergentes et contradictoires (…), elle n’empêche pas l’aggravation des problèmesécologique et sociaux, (…) et sa banalisation en affaiblit la portée » (Levy et Lussault, 2003).Le développement durable devient le cœur des conférences des Nations Unies.L’implication de la société civile a progressé au cours des décennies. Ainsi, le succès duSommet de la Terre à Rio 20 ans après la première conférence de l’environnement deStockholm et malgré les déceptions des conférences internationales intermédiaires (Nairobi1982 et Johannesburg 2002), pouvait justifier l’espoir que le sommet Rio+20 soit prometteur.Le stage et l’association les Petits Débrouillards Poitou-CharentesCe retour en arrière sur l’historique des conférences environnementales a permis desuivre l’évolution de la relation entre l’homme et l’environnement. Mais pour que chaquecitoyen se sente impliqué dans ces processus de gestion et préservation de la nature comme leproposent ces déclarations, il faut en pratique que la société soit sensibilisée en premier lieu.L’association des Petits Débrouillards a cet objectif d’amener le grand public à s’interrogersur les sciences et sur l’environnement qui l’entoure. Cette pensée motrice se retrouved’ailleurs dans son logo « ?=+ » cest-à-dire : se poser des questions et avoir un regard critiqueet curieux est positif.Créée en 1984, l’association française des Petits Débrouillards (AFPD) s’engage doncà permettre un accès aux sciences pour tous avec une compréhension de manière ludique car« pas besoin d’être triste pour être sérieux » comme le dit Jacques Weber le président actuelde l’AFPD. Les moyens de sensibiliser vont ainsi être différents selon le public visé : ateliersen école, café des sciences, animation de rue… L’association met aussi un point d’honneur àsensibiliser la jeunesse et les quartiers populaires généralement moins sensibilisés par cesquestions de sciences et d’environnement. Les principes et axes de travail de l’association seretrouvent dans la Charte commune des Petits Débrouillards (Annexe1).A travers des questions de sciences, l’actualité environnementale fait aussi partie dessujets traités. Par exemple l’année de la biodiversité 2010 déclarée par les Nations Unies apermis de décliner au sein de l’association différents outils de sensibilisation. Tout d’abord un
  • 12. 12livret pédagogique La biodiversité : comprendre pour mieux agir a été conçu avec lacollaboration du CNRS et une « mallette biodiversité » qui contient 45 fiches d’activités pourun public de 8 à 14 ans7. A l’échelle régionale, l’Association des Petits Débrouillards dePoitou Charentes (APDPC, fondée en 2006) a entre autres co-organisé le premier festival dela Biodiversité à Montendre (au sud de la Charente Maritime) et proposé des animations surce thème dans les écoles de l’agglomération rochelaise (APDPC, 2011). Ainsi l’émergencedes conférences internationales donne à l’association un double challenge : (i) dans unpremier temps, celui d’expliquer et de faire comprendre à la société civile les problèmesenvironnementaux traités, (ii) puis dans un second temps de la faire participer auxdéroulements de ces conférences internationales. Pour ce second objectif il s’agit de créer desliaisons internet entre l’évènement et la région. Les outils utilisés seront présentés dans laméthodologie pour le cas de Rio+20. Le premier essai de mobilisation et sensibilisation surles thématiques environnementales a été lancé par l’APDPC à l’occasion de la conférence surles changements climatiques de Copenhague en 2009 (APDPC, 2009). L’an dernier dans untout autre thème, celui de la solidarité, l’association régionale participe au Forum SocialMondial (FSM) de Dakar8. C’est en partie suite à la réussite de la portée régionale de cetterencontre FSM que l’APDPC a décidé de renouveler ce processus de mobilisation cette annéeavec Rio+20.L’APDPC a donc pour objectif de sensibiliser et impliquer la population régionale àces enjeux environnementaux de Rio+20, à travers la mise en place d’activités diverses. Lamission du stage est donc de contribuer à l’élaboration de la mobilisation pour permettre auxhabitants de la région Poitou-Charentes de participer à cet évènement. Il s’agit aussi d’uneanalyse sur le terrain, à Rio de Janeiro, de l’implication de la société civile lors de cesrencontres officielles et alternatives pour comprendre la possibilité de chacun à construire lesdécisions environnementales de demain.7Pour plus d’information sur ces deux outils, divulgation faite sur le site de l’APDPC :http://lespetitsdebrouillardspc.org/Livret-pedagogique-La-biodiversite.html ethttp://lespetitsdebrouillardspc.org/La-mallette-Biodiversite.html8Restitution de l’expérience dans http://lespetitsdebrouillardspc.org/Sortie-du-livret-du-forum-social.html
  • 13. 13MéthodologieLe stage s’est déroulé en plusieurs étapes : une préparation en amont duSommet Rio+20, suivi d’un travail sur le terrain et enfin d’une analyse des résultats observés.Il y a deux axes de travail selon la répartition géographique : Région du Poitou-Charentes etRio de Janeiro. En France il s’agit d’une part la mise en place d’une programmationd’activités pour sensibiliser et impliquer la société civile locale et d’autre part, la préparationpour la participation à Rio+20. Pendant la période de la conférence, il s’agit d’avoir commerésultat : i) la participation, qualitative et quantitative, à la programmation pour le Poitou-Charentes, et ii) la mobilisation de la société civile observée dans les deux sommets. Lesrésultats approfondis avec la littérature permettront en discussion d’avoir une vision globalede l’implication de la société civile, qu’elle soit présente ou non à l’événement en lui-même,car les enjeux des décisions environnementales sont de résonnance territoriale.Rio de Janeiro : de la préparation à l’observation sur le terrainL’expérience scientifique, en laboratoire ou sur le terrain, dépend de la minutie duprotocole mis en place. La fiabilité des résultats et les conclusions possibles dépendent eneffet des paramètres pris en compte pour l’analyse. Ainsi pour la participation à Rio+20, unebonne préparation est aussi nécessaire, afin de répondre le plus justement possible à laproblématique. La préparation s’est faite grâce à l’expérience acquise au cours d’évènementsantérieurs, mais aussi par l’élaboration d’un protocole qui permettrait ainsi une grille delecture, cest-à-dire définir des critères pour observer et comparer les deux forums présents.Préparation en amontTout d’abord, comme il a été cité en introduction, l’association les Petits Débrouillardsétait déjà habituée à participer à ce genre de rencontre mondiale avec les FSM, dont le plusrécent à Dakar l’an dernier (APDPC, 2011). Les retours de cette expérience ont conduit à unemeilleure préparation à l’organisation de ces forums alternatifs. Il s’agirait généralementd’ateliers autogérés par les ONG ou groupe de la société civile dont ils sont les initiateurs.Ainsi la coordination de l’ensemble des évènements peut être plus complexe dans cesrencontres alternatives. A l’inverse, l’organisation des conférences internationales initiées parles Nations Unies semblait plus protocolaire et stricte. La flexibilité due aux changements de
  • 14. 14dernière minute est un paramètre important à prendre en compte dans la préparation. Afin depallier cette difficulté d’organisation, il a été choisi d’être sur le terrain 10 jours avant le débutdu Sommet. L’arrivée un peu avant le commencement facilite l’organisation pour le repéragedes différents sites dévolus aux nombreuses activités prévues et de pouvoir s’informerdirectement sur place avec ceux qui sont à l’initiative des projets. De plus le Brésil ayant descoutumes et un mode de vie différent du notre il peut-être préférable un temps d’adaptation.De même, si le voyage se faisait à la dernière minute, le décalage horaire de 5 heures auraitété un paramètre à prendre en compte.L’objectif est ensuite d’avoir une compréhension des enjeux qui se dérouleront lors dela conférence afin de se préparer au mieux. L’état de l’art est en effet nécessaire avant d’allersur le terrain. Les problématiques officielles se regroupaient en trois axes de travail : ladéfinition de l’économie verte, la création d’une gouvernance mondiale pour l’environnementet l’aboutissement à un accord sur les différents aspects du développement durable (Barreau,2012). Ces rencontres internationales sont cependant le fruit d’une construction collective. Ilest donc primordial de se tenir informé de l’évolution de ces processus et ainsi obtenir desrenseignements complémentaires. Cette actualité a été suivie de manière régulière (2-3fois parsemaine) sur leur site internet officiel respectif9.L’ensemble des informations ont permis d’établir un calendrier des activités et departicipation pour le mois de juin à Rio de Janeiro (Tableau 1).Dates (juin) Evénements LieuxDu 7 au 12 Youth Blast, conférence pour la jeunesse Centre de Convention SulAmericaDu 13 au 19 3èmeréunion du comité préparatoire à CNUSD,Et espace ouvert à la société civileRiocentro,Et Pavillon des athlètesDu 15 au 23 Sommet des Peuples Aterro de FlamengoLe 16 et 17 Toxico Tour Différentes zones de la villeLe 20 Journée Mondiale de Mobilisation Manifestation dans les rues de RioDu 20 au 22 Conférence des Nations Unies sur ledéveloppement durableRiocentroUne représentation géographique a aussi été construite à partir des informations re-cueillies afin de mieux localiser les différentes activités présentes (figure 2).9Pour le sommet officiel : http://www.uncsd2012.org/rio20/index.html. Le sommet des peuples:http://cupuladospovos.org.br/. Un 3èmesite regroupé les diverses informations : http://rio20.net/fr/Tableau 1 : Tableau récapitulatif des évènements à Rio de Janeiro pour Rio+20
  • 15. 15Figure 2 : Répartition géographique des différentes activités de Rio+20RiocentroSommet Officiel des NationsUniesParc Alterro FlamengoSommet des PeuplesFort de Copacabana :« Humanidade 2012 »Toxico TourRencontre avec les pêcheurs(et mangroves détruites)Cinelândia : « Terre vue du Ciel »Face au parc Alterro - SOS Mata Atlantica« Notre vert dépend aussi du bleu »ExpositionsSommetsAutresLégende :Pavillon des Athlètes (au Nord) et enface Riocentro (au Sud sur l’image).Centre de ConventionSulAmericaYouth Blast, conférence pour lajeunesse
  • 16. 16La première constatation est l’éloignement de la conférence officielle avec le reste desactivités proposées : 40 km séparent en effet les deux sommets (figure 2). Cette distance etleurs déroulements simultanés impliquent un choix de participation plus privilégié dans l’und’entre eux. Pour l’APDPC l’enjeu était surtout d’être présent au Sommet des Peuples. Ainsiil n’a pas été demandé d’accréditation, indispensable pour l’accès à Riocentro et à la confé-rence officielle sur le développement durable. Celles-ci faisaient l’objet d’une demande surinternet, possible deffectuer jusqu’à fin février seulement, afin que les Nations Unies puissentexaminer chaque dossier de candidature et déterminer si le demandeur est autorisé dansl’enceinte des négociations. Cette démarche et la séparation spatiale de la CNUSD témoignentd’une stratégie qui ne favorise pas l’accès à la société civile pour les décisions environnemen-tales.La délégation partie sur le terrain à Rio était constituée de cinq personnes travaillantpour l’association AFPD. Trois autres personnes se sont rattachées à notre travail au sein desPetits Débrouillards et ont collaboré. De plus en amont de l’évènement, il a été possible deprendre contact avec des personnes déjà sur place qui ont facilité la logistique et apporté desinformations complémentaires.Première expérience sur le terrain : le Forum Mondial de l’Eau (FME)Le 6èmeForum Mondial de l’Eau s’est déroulé à Marseille du 12 au 17 mars 2012. Il aainsi permis une première analyse sur le terrain. En parallèle du FME était mis en place par lasociété civile et les ONG le FAME (forum alternatif mondial de l’eau). La participation à cesforums avait pour but d’établir un lien avec la région Poitou-Charentes mais a aussi permisl’élaboration d’une grille de lecture pour comprendre les différences entre les deux forums. Apartir de l’observation de cette première rencontre internationale, il s’agissait d’établir descritères qui constitueront par la suite la méthodologie de comparaison des deux sommets àRio. L’objectif étant de répondre à la problématique de la place de la société civile dans lesdécisions environnementale. Ainsi la liste des critères suivant correspond à des outils pourl’analyse de l’implication de la société civile lors de Rio+20 :- Les différentes activités mises en place pour sensibiliser, informer et impliquer lasociété civile. Tout comme les Petits Débrouillards qui utilisent des méthodesvariées selon le public visé (ateliers, animations…cité en introduction), il s’agitdans un premier temps d’analyser le contenu des différentes activités et leur impact
  • 17. 17sur l’implication des individus à Rio+20. Ces activités en marge des deux sommetssont représentées sur la carte précédente (figure 3).- L’accessibilité à la société civile dans les deux sommets. La facilité est unparamètre qui peut influencer la participation de chacun dans ce type de processusde décisions environnementales. Il en a été un peu discuté lors de la préparation,mais qu’en est-il réellement sur le terrain ?- Les possibilités d’interactions et de constructions participatives des solutions : si lapréparation et la finalité (documents aboutis de la conférence) ont été antérieures àla participation du citoyen, quel est le rôle de sa présence ?- Le contenu scientifique : Savoir d’une part quels ont été les sujets les plus débattussur les deux sommets, tout comme dans les activités secondaires, ainsi que dans lestextes finaux.- L’approche choisie aussi pour présenter ces problèmes environnementauxconstitue un élément majeur. La compréhension des enjeux par la société civile estprimordiale afin que celle-ci comprenne, puisse s’impliquer et discerner lessolutions proposées qui seraient les plus adaptées à un développement durable.L’observation et l’analyse sur le terrain à Rio de Janeiro se définira donc de manièregénérale en deux axes : l’approche scientifique et l’implication de la société civile possiblelors des deux sommets. Pour l’approche scientifique, au regard de ma formation à l’universitéde la Rochelle (la licence spécialisée en biologie marine et le Master sur les écosystèmeslittoraux), l’exemple du savoir sur les océans et sur la pêche ma semblé approprié pourcomparer ces deux sommets. Dans l’implication de la société civile, le groupe spécifique desjeunes sera le plus évoqué. Il s’agit d’un groupe souvent moins sensibilisé et pourl’association les Petits Débrouillards l’objectif est que tout un chacun soit impliqué. Ainsil’APDPC souhaitait travailler plus avec la jeunesse. D’autant plus que celle-ci est fortementimpliqué d’après la définition du développement durable de Brundtland, «un développementqui permet aux générations futures de répondre à leurs besoins » (Brundtland, 1987). Deplus, lors de la clôture du sommet officiel de Rio en 1992 le discours de Severn Cullis-Suzuki,jeune fille de 12 ans, avait marqué les esprits et symbolisé l’importance et l’implication desjeunes10.10Discours de Severn disponible http://severn-lefilm.com/downloads/severn-discours.pdf
  • 18. 18En Poitou-Charentes : mise en place de la mobilisation régionaleL’autre mission du stage était la mise en place de la mobilisation régionale, à l’aide departenaires locaux, pour ensuite assurer les liaisons avec l’évènement sur place à Rio+20.L’APDPC, fondée en 2006, comprend aujourd’hui 4 antennes : Poitiers, Angoulême,Saintes et La Rochelle. La mobilisation régionale devait donc inclure des activités au sein dechaque antenne. Un sens accru de l’organisation a été primordial pour coordonner l’ensembledes démarches à mettre en place autour de chacune de ces villes. De plus la collaboration avecd’autres acteurs régionaux est indispensable mais nécessite aussi une capacité de prise decontacts. Ainsi ces deux compétences, d’organisation et de prise de contact, ont été acquisesou plus développées lors de ce stage.Dans un premier temps il a fallu prendre contact avec un ensemble de structures dansle secteur de l’environnement, de la solidarité ou de l’éducation. L’association des PetitsDébrouillards en Poitou-Charentes a déjà un réseau d’associations et de partenaires aveclesquels ils ont construit des projets par le passé (comme pour le FSM de Dakar). Le stage adonc commencé après cette première phase de prise de contact, en février dernier, pour lespremières réunions avec ceux qui ont répondu présents. La réponse favorable de participationdes acteurs locaux est donnée sous forme de tableau dans les résultats. Savoir quels sont lespartenaires présents pour préparer une mobilisation est un premier facteur d’implication de lasociété civile.De plus, une formation à Poitiers avec lIfrée (Institut de Formation et de Recherche enéducation à lenvironnement) 11m’a permis d’apprendre la préparation et les enjeux desrencontres participatives. L’objectif étant de construire une programmation qui tient comptede la volonté et des idées de chacun, ce type de réunion est donc le plus adapté. A Saintes, uneréunion par mois avec les acteurs a suffi. A la Rochelle, un plus grand nombre de partenairesont répondu présent et une à deux réunions par mois ont donc été nécessaires de février à mai.La Rochelle est aussi la principale antenne des Petits Débrouillards dans la région où sedéroulait en majorité le stage. Poitiers et Angoulême avait déjà leurs projets en cours.Seulement deux réunions dans chacune de ces deux villes ont été organisées afin d’établir leséventuels besoins logistiques pour l’association. Les liaisons téléphoniques avec chaqueantenne étaient aussi indispensables pour garder contact et suivre l’évolution de la préparationdes activités entre chaque réunion. De plus une réunion à Bordeaux de l’AFPD a permis de11Formation ifrée : « animer des réunions selon une approche participative » du 27 au 30 mars.
  • 19. 19savoir ce qui était mis en place dans les différentes régions de France au sein de l’associationles Petits Débrouillards. Une seule rencontre et l’évolution différente de chaque territoire n’apas permis de mettre en commun une programmation à niveau national pour l’association.Les réunions en Poitou-Charentes ont permis de mettre en place les idées. L’objectifétait ensuite de regrouper l’ensemble des informations et les présenter de manière claire afinqu’un graphiste puisse les mettre en page. Le résultat obtenu est la programmation finalerégionale telle qu’elle a été diffusée au grand public (Annexe 2). La diffusion de ceprospectus s’est ensuite faite par l’intermédiaire d’ONG partenaires ou lors de manifestationset d’activités antérieures où l’association était présente. De même elle est apparue dansl’agenda d’été 2012 du Comptoir du Développement Durable de la Rochelle.Une fois la programmation définie et diffusée, l’organisation et la logistique mises enplace, il ne restait plus que la réalisation des activités qui se déroulaient principalement enjuin. La présence sur le terrain à Rio de Janeiro ne me permettait donc pas d’être présentepour la plupart d’entre elles. Ainsi, en plus de Marc Gustave, le responsable du stage etcoordinateur de l’APDPC, il y avait un correspondant et responsable des activités dans chaqueantenne :Antenne La Rochelle Saintes Poitiers AngoulêmeResponsables Marine Ridoux Cindy Touré Pierre Toutan Yannick DelpratLe lien direct entre Poitou-Charentes et Rio de Janeiro a ensuite été possible grâce àplusieurs technologies multimédia utilisées : un blog12pour le témoignage au quotidien,l’application de communication Skype pour les visioconférences et un scoop it13qui consisteà regrouper l’ensemble des informations et sites relatifs à Rio+20.Les résultats de participation à l’ensemble de cette méthodologie permettront de savoircomment la société dans la région s’est sentie impliquée à Rio+20. L’objectif sera d’avoir uneappréciation quantitative mais aussi qualitative de la mobilisation en Poitou-Charentes. Lescommentaires des différents responsables d’antennes et des participants ont été rapportés demanière informelle, à la fin de chaque activité, mais n’ont pas été l’objet d’un questionnairepréétabli. L’observation personnelle n’était pas possible étant présente à Rio. L’objectif étaitdonc d’avoir des retours aussi d’ordre qualitatif.12http://blog.debrouillonet.org/Rio+20/13http://www.scoop.it/t/rio-20-etendu
  • 20. 20Enfin la valorisation des évènements et de ses résultats est aussi un élément clef d’unemise en place réussie pour l’APDPC. Il a donc été choisi de restituer cette expérience sousforme d’un web-document. Il s’agit d’un support internet qui servira d’outil pédagogiqueaccessible à tous pour sensibiliser et impliquer chacun sur Rio+20 et ses enjeux. Pour sabonne réalisation il était donc important dutiliser sur place, à Rio, un maximum d’outils deretransmission et de communication (vidéo, photos, sons, interviews) afin doffrir la vision laplus complète possible de ce qui s’est passé. De plus dans la région Poitou-Charentes, lesactivités de la programmation ont été filmées par un stagiaire Pierre Yves Le Du. Cela permetde témoigner de la participation et de donner un exemple sur la manière dont la société civilepeut être impliquée, même loin de la conférence. Cette restitution sous forme de web-document est actuellement en cours, ce dernier ne sera donc pas présenté dans les résultats.L’ensemble de ces outils permet la mise en œuvre d’un « Rio+20 étendu » dontl’objectif est de ramener cette conférence, physiquement éloignée, au plus près du public enPoitou-Charentes et la lier aux aspects concrets de la vie de tout le monde et aux enjeuxenvironnementaux locaux.RésultatsA Rio : deux sommets, deux visionsL’observation dans un premier temps des différences globales entre la conférence desNations Unies sur le développement durable et le Sommet des Peuples est importante afin decomprendre la vision de chacun de ces forums. Gilles Bœuf, président du Muséum nationald’Histoire naturelle et présent à Rio+20, l’explique clairement « le contraste entre les deuxvisions du Monde à Rio, entre le forum des politiques et celui des peuples était saisissant,déjà 40 km de distance physique entre les deux » (Bœuf, 2012). La distance géographiquen’est pas le seul clivage entre ces deux sommets. Leur présence en parallèle s’explique parune différence de volonté, d’approche des problèmes environnementaux et de l’implicationaccordée à la société civile dans le processus de décision.Les deux forums devraient en théorie avoir le même objectif, celui de définir undéveloppement durable et viable pour l’homme et pour la planète. Pourtant au sommet officielle principal sujet traité est l’économie verte. Pour beaucoup d’ONG et d’autres citoyens dumonde, ce « remède » est un prétexte supplémentaire pour continuer à pousser nos sociétés
  • 21. 21dans l’industrialisation et la nécessité des nouvelles technologies (Via Campesina, 2012).C’est dans la contestation des solutions apportées par les Nations Unies que certainesassociations brésiliennes, avec la collaboration d’un grand nombre d’autres groupes, ont misen place le Sommet des Peuples14. Son objectif est de trouver de vraies alternatives dedéveloppement qui correspondent aux besoins de la Terre et aux attentes des peuples. Le sitede L’observ’alter15apporte une position et résume dans un article « l’objectif du Forum despeuples est de proposer des remèdes qui sortent de toute considération capitaliste etfinancière » (Raffin, 2012).La brève présentation de ces discordances, de visions et de solutions proposées, permetd’établir, de manière globale, quels sont les enjeux qui séparent ces deux évènements. Il estainsi plus facile, une fois ce contexte présenté, de développer et comprendre le cœur del’étude de ce rapport : la place accordée à chacun pour s’impliquer dans les décisionsenvironnementales. Afin de répondre à cette problématique, les résultats présentent lesobservations faites sur le terrain à partir des critères d’analyse établis en méthodologie. Ils’agit dans un premier temps de présenter l’implication de la société civile, et plusparticulièrement de la jeunesse, dans ces processus de décision. Puis, l’objectif serad’approfondir les problématiques environnementales traitées, sous quelle forme et avecquelles interactions.L’implication de la société civile aux deux sommetsAu Sommet OfficielAu sein de cette conférence des Nations Unies, il y a un clivage entre « les grands de cemonde » (gouvernements, grandes entreprises ou ONG, spécialistes scientifiques hautsplacés) et le reste de la société civile. Ce constat est notamment visible par l’accessibilitérestreinte, selon les accréditations, de Riocentro, le lieu officiel des décisionsenvironnementales. De même l’espace réservé à la société civile pour la conférence officielleest clairement défini et séparé : le Pavillon des Athlètes en face de Riocentro (figure 3). Du 13au 19 juin, les différents pays participants, les grandes entreprises ou ONG présentes, ainsique les différentes régions du Brésil ont mis en avant leurs solutions et projets sur ledéveloppement durable. Il s’agissait principalement de conférences et d’expositions. Le14Liste des 33 ONG Brésiliennes organisatrices : http://cupuladospovos.org.br/quem-organiza-a-cupula/15Site internet de « la voix des jeunes qui se mobilisent », l’observ’alter.
  • 22. 22contenu et déroulé sera par la suite détaillé avec l’exemple de la journée des océans le 16 juin.Bien que n’ayant pas d’accréditation, observer l’accueil des participants à Riocentro lepremier jour des préparations le 13 juin (figure 2) m’a semblé intéressant. La premièreconstatation faite et entendu par un grand nombre de personnes, est la quantité remarquable depoliciers et de différents corps des forces armées. Le Brésil a mis un point d’honneur sur lasécurité. Les contrôles de sécurité pour entrer par exemple étaient positionnés avant mêmel’accès aux bureaux d’enregistrements ou de validations d’accréditations. Il a été possibled’observer ce jour- là que certains ont passé le contrôle mais n’ont pas été autorisés à entrer.Les raisons claires de ces refus ne me sont pas connues. Toutefois l’hypothèse d’uneaccréditation refusée ou non présentée semble le plus plausible. Certains se sont présentéssans savoir qu’il était nécessaire de faire une demande auprès des Nations Unies quatre moisavant.Pendant les trois jours de conférence officielle en présence des représentants des nations,l’accès était devenu strictement privé et sous haute surveillance militaire à Riocentro. LePavillon des Athlètes n’était plus accessible. Pour des raisons de sécurité et afin de diminuerles problèmes de transports lors de ces trois jours de négociations officielles, l’état brésilien adéclaré ces dates comme fériées à Rio de Janeiro. Ainsi les écoles et tous les fonctionnaires del’état ont eu un week-end prolongé afin de favoriser, si possible, leurs déplacements en dehorsde la ville pendant ces quelques jours. Les cariocas (nom donné aux habitants de Rio)n’étaient donc pas invités à rester et saisir l’opportunité de cet événement dans leur ville maisau contraire ils étaient incités à se retirer pour faciliter laccès aux représentants de ce monde.Les jeunes ont eux été favorablement intégrés au processus des Nations Unies, commedéfini au principe 21 de la Déclaration de Rio 1992. En effet, il existe « le groupe de lajeunesse et des enfants » appelé MGCY (Major Group of Children and Youth) qui est unréseau international des représentants officiels de la société civile en dessous de 30 ans(« Overview of the MGCY », 2012)16. Ce groupe a organisé avec l’aide des Nations Unies leYouth Blast (conférence pour la jeunesse) qui s’est déroulé à Rio de Janeiro du 7 au 12 juin2012 en vue de Rio+20. La programmation des journées était claire17: plénière le matin et desateliers de discussions le reste de la journée sur les principaux thèmes et enjeux de Rio+20.Les premiers jours étaient réservés aux Brésiliens, puis à partir du 10 juin la participation était16Pour avoir plus d’informations sur leur fonctionnement, rôle, participation… se référencer à ce document.17Programmation disponible sur leur site internet http://uncsdchildrenyouth.org/pages/youthblast.html
  • 23. 23ouverte à tous avec une unique demande d’enregistrement à l’entrée. La structure d’accueilétait aussi facilement accessible. Il s’agissait du Centre de Convention SulAmerica non loindu cœur de la ville. Tout était mis en œuvre pour la réussite de cette conférence, pourtant ellefut une déception. L’observ’alter, site internet qui se dit « la voix des jeunes qui se mobilisentà Rio » titre un article sur cet évènement : le Youth Blast rate le coche, pour définir ladésillusion concernant les 3 000 jeunes prévus à la participation mais dont les résultats sont deseulement 300 à 400 jeunes environ pendant les journées internationales du 10 au 12 juin(Benaidji, 2012b).La déception s’est aussi prolongée pendant le sommet officiel. Pierre Bonneau, un desjeunes délégués français, témoigne de sa désillusion sur Rio+20 et surtout sa finalité : « letexte adopté est celui de mardi 19 juin […] pendant trois jours, ils se sont réunis pour fairedes discours » (Benaidji, 2012). Cette citation souligne bien la place de la société civile et desjeunes dans le processus des négociations. Ils étaient là pour écouter mais pas pour participerà la recherche de solutions puisque le document final est déjà adopté par les ministres. Cettedésillusion et le statut quo des mesures prises conduisent une centaine de jeunes présents à laconférence officielle à quitter Riocentro 24h avant la fin de la conférence. Cette démarcheavait pour objectif de manifester leur désaccord et déception. Ils ont été suivis par d’autresgroupes de la société civile et représentants d’ONG18. L’avenir que nous voulons qui est letitre du texte final ne leur ressemble pas et « en quittant le Sommet avant la fin, nous refusonsde légitimer ce résultat » explique un jeune brésilien dans L’observ’alter (Raffin, 2012b). Lasociété civile présente qui s’est retirée aurait demandé de faire retirer la mention « avec laparticipation pleine et entière de la société civile » dans le premier point du texte final. Ainsidès la première phrase « Nous, chefs d’État et de gouvernement et représentants de hautniveau » sont les acteurs de L’avenir que ‘nous’ voulons. Mais la mention sur la participationde la société civile est encore maintenue dans le rapport final.En France, c’était pourtant la première fois que deux jeunes faisaient partie de ladélégation officielle française disaient les deux heureux élus. Leur rôle était de faire le lienentre le collectif des jeunes français19qui sont une vingtaine et la délégation officielle adulte18Une vidéo disponible dans cet article permet de mieux illustrer leurs motifs et le déroulement de leurssorties http://adoptanegotiator.org/2012/06/26/and-then-rio20-is-over-what-to-do-now-keep-fighting/19Un projet de la ligue de l’enseignement, site internet de ces jeunes : http://rio20jeunes.wordpress.com/
  • 24. 24pour « porter les propositions et les préoccupations de la jeunesse sur le développementdurable au plus haut niveau »20.Au Sommet des PeuplesLe nom de cette rencontre « Sommet des Peuples » marque déjà cette volonté departicipation de la société civile. Bien que ce soit une trentaine d’ONG Brésiliennes21quisoient à l’origine de ce forum alternatif, pour ce qui est de la logistique et de l’organisation,les activités proposées restent à l‘initiative de chacun. Il s’agit souvent d’ONG du mondeentier qui apportent des conférences sur leurs sujets de préoccupation ou leurs projets desolution et voulent une discussion collective sur cette problématique. Le but étant toujours departager et aboutir sur des propositions de solutions alternatives communes. La société civileest donc impliquée dans tout le processus. Il semblerait que 30 000 personnes en moyenne parjour ont participé, mais il n’existe aucune ressource qui valide ces chiffres.Dans ce sommet, une des premières observations des participants internationaux est laforte implication nationale brésilienne. La plupart des plénières le matin et des assemblées deconvergence l’après-midi étaient en portugais. Il existait bien sûr des traducteurs audio enanglais et parfois en espagnol. Beaucoup de Français furent surpris par cette difficulté de nepas avoir de traduction dans notre langue pour une rencontre internationale. De plus lesbrésiliens ne sont pas forcément tous éduqués à l’anglais ce qui rend le dialogue informel plusdifficile lorsque le portugais n’est pas parlé. Les autres activités gérées par chaque ONGn’avaient pas la possibilité de fournir des traducteurs donc il s’agissait souvent du monopolede l’anglais ou portugais. La « barrière de la langue » a pu constituer un frein dans le dialoguemais pas une barrière grâce à l’entraide qui s’est s’organisée pour traduire à ceux qui enavaient besoin.Les jeunes étaient eux aussi très présents sur ce sommet. Le groupe des jeunes EuropéensEYES (Empowering Youth in a European Society) a fait partie du territoire des jeunes et aparticipé en mettant en place des activités pour sensibiliser et manifester leurs opinions. Ils’agissait de tables rondes pour permettre des conversations entre les jeunes venus du mondeentier pour discuter des solutions possibles. Sur le site internet officiel du Sommet desPeuples, la jeunesse a même une page pour son groupe appelé « territoire des jeunes »22. Aucampus de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro, plus d’une centaine de jeunes âgés jusqu’à20Information aussi sur http://www.conference-rio2012.gouv.fr/le-collectif-jeunes-francais-rio-a583.html21Liste des 33 ONG Brésiliennes organisatrices : http://cupuladospovos.org.br/quem-organiza-a-cupula/22http://cupuladospovos.org.br/territorio-internacional-das-juventudes-da-cupula-dos-povos/ (en portugais)
  • 25. 2530 ans se sont installés pour la durée du sommet (du 15 au 22 juin). Ils ont aussi créé un siteinternet appelé « riot20: a RIOt of colour, music, creativity and compassion » pour divulguerleurs idées et regrouper les informations et témoignages23. Beaucoup d’écoles secondaires deRio de Janeiro ont participé en faisant des sorties de classe au Sommet des peuples et dansd’autres activités de la ville, comme les expositions (tableau 1).Une manifestation globale a aussi été proposée et acceptée par l’ensemble des ONG.L’objectif était de sortir du parc où se tenait le Sommet des Peuples pour aller dans la villeexprimer leur mécontentement face aux fausses solutions de la conférence officielle. Cettemanifestation a eu lieu le 20 juin pour la symbolique de la journée d’ouverture pour les chefsd’états à Riocentro. Pour en comprendre la portée, Via Campesina l’organisationinternationale des paysans titre un article Rio+20 : 80 000 personnes battent le pavé pour lajustice sociale et environnementale qui souligne « une mobilisation jamais vue depuis 1989dans les rues du pays, l’espoir d’une nouvelle époque naît » (Via Campesina, 2012) 24. Dansce même article, cette volonté de la société civile présente au Sommet des Peuples de faireentendre sa désapprobation face aux fausses solutions apportées par le sommet officiel serésume par la phrase suivante : « les cris de toutes les communautés, de tous les mouvementset de tous les peuples en lutte ont résonné pendant la manifestation appelant à la fin de cesystème d’exploitation du travail et des ressources naturelles jusqu’à leur épuisement ».Pour conclure sur la participation de la société civile et sur cette mobilisation, cette phrasede Gilles Bœuf dans son bilan de Rio+20 « La société civile (y compris la recherchescientifique) a pu s’exprimer mais n’a pratiquement pas été entendue » (Bœuf, 2012). « Larecherche scientifique » justement, avec quelles thématiques et quels impacts, le contenuscientifique a-t-il été présent ?Figure3 : Différence de participation entre le Sommet officiel et le Sommet des peuples23Site officiel des jeunes : http://riot20blog.wordpress.com/24Vidéos de l’ambiance de cette participation active de la société civile et dont les médias n’ont pas parlé :http://www.youtube.com/watch?v=5dQHJ8viLyw et http://www.positive-rio.tv/voir-video/la-marche-des-citoyens
  • 26. 26Le contenu et l’approche scientifique à RioL’objectif est de comparer les sujets traités et l’approche scientifique lors des deuxrencontres. La quantité des problématiques environnementales traitées (réchauffementclimatique, déforestation…) étant trop grande, il a été choisi en méthodologie de se focalisersur les thèmes liés aux océans et à la pêche.Au Sommet OfficielIntroduit un peu plus tôt, à la conférence officielle une journée a été dédiée à cesthématiques. La journée des océans, organisée par l’Ocean Global Forum25le 16 juin, s’estdéroulée au Pavillon des Athlètes, donc accessible à tout public. Le programme de la journéeétait assez chargé. Il s’agissait d’une succession de conférences, avec la participation despécialistes hauts placés, mais dont les temps d’échanges et de discussions n’étaient pas inclusdans ces heures de conférences. La programmation était en effet chargée afin de traiter ungrand nombre des thèmes liés aux océans et aux littoraux : l’acidification et l’augmentation dela température dans les océans ; la gestion des ressources halieutiques et sécurité alimentaire ;les problématiques des réfugiés climatiques pour les petites îles due à l’élévation du niveau dela mer26. La présidente de L’Ocean Global Forum et organisatrice de cette journée, BilianaCicin-Sain, s’était montrée disposée à me rencontrer suite à des échanges d’emails. Cependantil a été assez difficile de pouvoir dialoguer lors des pauses de manière informelle car l’espaceréservé à ces moments était assez exigu et le temps entre chaque conférence était assez bref.Les principaux intervenants ont donc été vite accaparés par les journalistes ou pour les vidéosde communication sur le sommet. Cette journée au sommet officiel a donc été plutôt uneprésentation théorique des thématiques, faite par des scientifiques de grandes instances, maisavec malheureusement peu de moments d’échanges directs possibles.Dans le texte final, L’avenir que nous voulons, « océans et mers » constitue lathématique la plus discutée. En effet, la section « domaines thématiques et questionstransversales » (p.23) regroupe l’ensemble des mesures prises dans les divers sujets del’environnement : la biodiversité, le changement climatique, l’agriculture etc. Or avec 19points sur plus de 4pages (pages 34 à 38), « océans et mers » reste la partie la plus détailléedes mesures prises par les Nations Unies (ONU, 2012).25Leurs objectifs est de promouvoir les questions sur les océans en organisant des rencontres mondiales entreacteurs des océans pour mettre en place des solutions sur ces thèmes : http://www.globaloceans.org/26Programmation complète de la journée :http://www.globaloceans.org/sites/udel.edu.globaloceans/files/OceansDayAtRio20Program.pdf
  • 27. 27Au Sommet des PeuplesL’approche scientifique marque la principale différence au Sommet des Peuples. Ils’agissait de rencontres participatives. Une partie importante des conférences, généralementpresque la moitié, était dédiée aux débats et aux questions. De plus, alors que les grandsspécialistes scientifiques étaient plus difficiles d’accès à Riocentro de part leurs agendas quilaissaient peu de temps aux rencontres informelles avec le grand public, au Pavillon Bleu, lieudédié aux thématiques des océans, il m’a été possible de rencontrer et discuter avec unediversité d’acteurs. Par exemple Tara expédition, un programme de recherches scientifiquesqui travaille en partenariat avec un grand nombre de laboratoires à l’échelle internationaleétait très présent. Il m’a été possible de recueillir leurs témoignages et expériences concernantles différentes expéditions, celles qu’ils ont déjà réalisées et celles en projet comme le pôleNord. Des scientifiques français tels que Pierre Mollo spécialisé dans le plancton s’est montrétrès disponible. Il s’agissait aussi d’un grand nombre de scientifiques brésiliens qui travaillentnotamment dans les Aires Marines Protégées (AMP) ou dans d’autres projets de protection dulittoral. Beaucoup de pêcheurs de divers horizons se sont aussi réunis pour partager leursexpériences et leurs difficultés. Ils étaient principalement issus de la pêche artisanale etconcernés par la concurrence de la pêche industrielle et de la diminution des ressourceshalieutiques. La mutualisation des connaissances entre savoir scientifique et savoir profanes’est ensuite faite dans l’objectif de répondre à ces besoins concrets et construire des solutionspossibles. Les principaux sujets discutés ont été les AMP et les questions liées à la pêche et àla gestion des ressources halieutiques27.Cependant, il est intéressant de constater que dans le texte final, Déclaration finale duSommet des Peuples de Rio+20 pour la Justice sociale et environnementale, la question desocéans n’est pas traitée (Sommet des Peuples, 2012). Bien que l’eau soit mentionnée, aucuneallusion au milieu marin n’est faite. Il s’agit surtout d’une défense de valeur éthique etsolidaire plus que des mesures ou un contenu scientifique.27Programmation complète du Pavillon Bleu http://ierpe.eu/data/pdf/origine.php?lng=fr&pdfdocid=192Version française partielle sur http://oceans.taraexpeditions.org/fr/en-direct-du-pavillon-bleu-a-rio-20.php?id_page=1075
  • 28. 28Dans les évènements extérieurs aux deux SommetsEn dehors des deux sommets étaient présents de nombreux autres évènements dans laville de Rio, comme présenté en méthodologie (figure 2). Rio+20 ne se limite donc passeulement aux deux sommets et ces autres activités ont pour but de sensibiliser et informer lasociété civile sur les enjeux de cette conférence. Ainsi il semble important d’analyser aussidans ces milieux comment l’information scientifique est passé et quels sont les sujets abordés.Tout d’abord une approche directe des problématiques environnementales a été pos-sible grâce à l’initiative d’un petit groupe d’ONG brésiliennes qui ont mis en place des« Toxico Tour ». Le principe est, aux travers de déplacements organisés dans différenteszones autour de Rio de Janeiro, de montrer des situations concrètes et réelles d’impacts envi-ronnementaux liés au développement humain. Lors de chacune de ces journées, une présenta-tion sur le terrain permet tout d’abord de comprendre la problématique, puis les habitants ouassociations témoignent des impacts environnementaux qu’ils ont eux même subi. Les parti-cipants à ces Toxico tours sont des personnes issues de la société civile, des journalistes etONG, venus du monde entier pour être sensibilisés sur ces cas concrets et pouvoir ensuitetémoigner de retour dans leur pays pour que ces situations ne soient pas oubliées. Les injus-tices environnementales observées ici sont dues : aux décharges, aux pollutions chimiquesliées aux pesticides ou aux impacts des raffineries pétrolières installées au bord de la baie deRio. Ces Toxico Tour ont permis, grâce aux déplacements sur le terrain et aux travers destémoignages et dialogues avec les habitants, d’expliquer et d’impliquer la société civile parti-cipante à des problèmes environnementaux concrets. L’exemple de la pêche et des problèmesliés à la raffinerie sont présentés en annexe (annexe 3).Enfin, de multiples autres approches, moins théoriques, étaient mises en place poursensibiliser un large public. La divulgation des sciences autour des deux sommets s’estprincipalement faite à travers des expositions ou des films. L’état Brésilien semble avoirparticipé dans la plupart de ces projets de sensibilisation avec déjà souvent la possibilitélogistique de leur fournir un lieu. Par exemple en face du parc Alterro Flamengo s’est installél’association SOS MATA Atlantica. Son objectif est de communiquer sur la destruction decette forêt humide « Mata Atlantica » jadis répandue sur tout le littoral brésilien. Aujourd’huiseul 7% sont encore intacts. Pour toucher un large public ils utilisent une diversitéd’approches. Grâce à leurs deux camions, ils organisent des animations et des jeux pour lesenfants dans l’un et dans l’autre des conférences pour adultes. Enfin une exposition devant
  • 29. 29« Notre vert dépend aussi du bleu » permettait de montrer à tous l’impact de cette destructionde la forêt humide sur les écosystèmes environnants tels que les îles, les plages, les récifs, etles mangroves présentes eux aussi le long du littoral brésilien. Un jeune diplômé travaillantpour cette organisation se tenait disponible et expliquait clairement l’interconnexion et le rôleprépondérant de chacun de ces milieux. Autre exemple de projet, au fort de Copacabana,l’exposition « Humanidade 2012 » traitait elle de manière plus globale sur le thème dudéveloppement durable, les solutions qui existent et le contraste avec le monde actuel. Cetteexposition prenait la forme d’une ballade ludique à travers 10 salles qui la constituent. Elleétait accessible jusqu’à 22h certains soirs. Ce fut un grand succès puisqu’il semblerait qu’il yait eu plus de 110 000 visites, avec déjà 45 000 seulement dans la journée du samedi où lesvisiteurs ont patienté plus de deux heures pour y avoir accès (Tardaguila, 2012). Pour finir ladernière exposition observée, plus facile d’accès car à ciel ouvert sur la place de Cinelândia,dans le centre historique de la ville, « la Terre vue du ciel » de Yann Arthus-Bertrand aoccupé les lieux un mois avant pour introduire le Sommet Rio+20 et ses enjeux. Autour decette place se tenait aussi le vieux cinéma Odéon qui pendant 6 jours, du 16 au 21 juin, àdiffusé plusieurs films sur les thématiques de l’eau, du développement durable, des forêts, desocéans et du changement climatique28. Ce projet mis en place par la fondation Good Planètesemble avoir satisfait ses organisateurs pour qui : « l’affluence du public et l’intérêt manifestépour ce Festival montrent ainsi une prise de conscience grandissante pour cesproblématiques de développement durable » (Goodplanet, 2012). En effet 6000 visiteurs ontparticipé à ces séances gratuites et à ces débats.Figure 4 : Rencontre avec les pêcheurs lors du Toxico Tour et bus atelier de SOS Mata Atlantica28La programmation des films est disponible sur http://rio.goodplanet.org/daily-program-2/.Parmi les films, la diffusion de The End of the line, qui traite de la problématique des ressources halieutiques,avait été visionné à l’université de la Rochelle au cours du cursus Master Sciences pour l’environnement.
  • 30. 30La mobilisation de la société civile en Poitou-CharentesLa première étape dans les résultats de participation est de savoir quels sont les acteurslocaux et associations qui ont répondu présent. Les partenaires qui ont collaboré à la mise enplace d’activités sont énumérés dans le tableau (Tableau 2).Tableau 2 : Présentation des partenaires par antennesAntennesPartenaires (par secteurs)Environnement Solidarité Education AutresLa RochelleComptoir duDéveloppementDurable (CdA),Défi Energie 17,Planète UrgenceCCFD Terre Solidaire,Artisans du Monde,Peuples Solidaires,Avenir en Héritage,Secours Catholique,Centre social le Pertuis àMireuilFaculté de droit deLa RochelleGroupement desRetraités Educateurssans FrontièresMairie dAytréRégie de Quartier deMireuil et le Cafésocial l’AzimutRadio Collège 95,9Planète SésameDéco event, Théo BarPoitiersCASI Poitou-Charentes(coordination régionaledes associationsSolidarité International)Lycée Bois dAmourKuriozCinéma DietrichBar Plan BAngoulêmeMaison des Peupleset de la Paix,Groupe "Espacesolidarité" du festivalMusique MétisseSaintes Maison de la SolidaritéCollège de laTrembladeCafé Sol à Saintes,Bar associatif LaBigaille à MarennesD’après ces premiers résultats, il est possible de constater une faible implication despartenaires issus de l’environnement et du développement durable. L’APDPC a invité lesdifférents secteurs associatifs, mais les acteurs de ce secteur n’ont pas répondu présent. Al’inverse, comme toujours pour ces rendez-vous internationaux, les réseaux de solidarité sesont fortement mobilisés. Bien que la période de fin juin ne soit pas favorable pour travailleravec des écoles il a aussi été possible dans certains cas de mettre en place quelques activités.Ces partenaires ont ainsi permis la mise en place d’activités et la réalisation de laprogrammation régionale (annexe 2). Les résultats de la participation de la société civile àl’ensemble des actions proposées sont maintenant regroupés dans le tableau (tableau 3).La première constatation possible est une faible fréquentation de manière globale.Certains résultats sont à nuancer. Tout d’abord pour Radio Collège, il s’agit du nombre depersonnes interviewées car il est difficile de connaitre le taux d’écoute intentionnel pour
  • 31. 31Rio+20 lors de ces témoignages de 5-10 minutes qui étaient diffusés pendant deux semaines.Enfin le résultat approximatif pour le festival Musique Métisse à Angoulême s’explique par ladifficulté de compter les gens de passage dans ce type d’évènement. Cette valeur chiffrée estaussi un total des trois jours du festival et avec des plages d’horaires larges (15h-23h). Lesautres évènements sont eux de plus faible durée et à des horaires fixés. Il est donc peurévélateur de comparer ce résultat de 1000 personnes avec les autres résultats. Cependant,avec les autres données de ce tableau, il est possible de faire deux observations :- Le taux de participation ne semble pas être corrélé au type d’activité. Par exemple il ya eu 8 participants à la visioconférence de jeudi 14 à la Rochelle et 30 à celle qui s’estdéroulée deux jours après à Aytré.- L’antenne où se déroule l’activité ne semble pas influencer le nombre de participants.Par exemple : 30 personnes à la conférence d’Angoulême du 30 mai, même nombrepour la visioconférence à La Rochelle Aytré le 16 juin ; 25 personnes pour celle àPoitiers le 19 juin, et même résultat à Saintes, aussi lors des visioconférences.Il s’agit de constatations car il n’est pas possible d’appliquer des tests mathématiques (du typeANOVA) avec si peu de valeur et sans avoir de réplica. L’objectif en discussion sera deremettre en question certains choix stratégiques qui ont pu influencer ces résultats et ce quipeut être mis en place pour améliorer la participation.Figure 5 : Mobilisation sur la Place de Verdun La Rochelle le 9 juin 2012
  • 32. 32Tableau 3 : Tableau récapitulatif de la participation aux activités par antenneAntennes Activités Dates Résumé de lactivitéNbre deParticipantsTypes de participants et intérêts,raison(s) de leurs présencesLaRochelleConférence« Mondialisation etaccaparement desterres »Mardi 5juinAvec lintervention dYves-Roger Machart membre de l’ONG« Agronomes et Vétérinaires sans frontières » et rédacteurd’une étude sur les transactions foncières agricolesinternationales.50Réseau de la solidarité internationale de LaRochelle qui programme régulièrement desactionsAction de rueSamedi 9juinEnjeux de Rio+20 présentés par différents acteurs locauxplace de Verdun (animations, expositions, dégustations…)40 (contacté justepar les Petitsdébrouillards)Personnes de passage, mixité mais peu dejeunes. Seul 2/40 savaient ce quétaitRio+20. Certains en discutant avaient déjàentendu parler du sommet de 1992Emission radio « unacteur, une action »Du 13 au20 juinSur Radio Collège 95.9 des témoignages sur les initiatives entermes de développement durable de plusieurs acteurs duterritoire rochelaise50Entreprises, collectivités, associations, élusqui donnent leur témoignage.Film « Severn, la voixde nos enfants »Mercredi13 juinA Mireuil, diffusion du film sur Severn, la jeune femme qui àlâge de 12 ans sétait adressée aux gouvernements lors duSommet de Rio 1992.133 personnes extérieures de Mireuil, 2 deMireuil, 3 du centre social et lanimatrice. 5jeunes de 9-12 ans sont passés une partiedu film.Visioconférence «lesenjeux de Rio+20,fenêtre ouverte àluniversité»Jeudi 14juinNoémie Candiago, doctorante en droit public à l’Université deLa Rochelle, est intervenu autour de la dette écologique.Echange avec Rio sur le Sommet des Peuples et de lambianceà Rio. Un quizz sur le développement durable était proposépour ouvrir le débat.8Personnes de lorganisationprincipalement: 2 dAvenir en Héritage, 2des Petits Débrouillards et la doctorante.Deux personnes de lextérieur et unprofesseur de luniversité Hans Hartmann.Visioconférence «laplace des villes dansle processus dedéveloppmentdurable»Samedi16 juinIntervention dAgnès Michelot, Maître de Conférences dedroit public, et Patrick Angibaud élu à la ville d’Aytré. Lavisioconférence na pas eu lieux pour des raisons deconnexion internet.30Personnes qui avaient vu linvitation dans leprogramme de Prairiale (foire écologiqued’Aytré)Visioconférence « lesengagements possibleet concret en matièrede développementdurable »Mercredi20 juinA Mireuil, échange en direct sur ses questions dengagementet de développement durable.6Les 2 même de Mireuil dont 1 jeune, 2 duBar associatif et les 2 animatrices.
  • 33. 33PoitiersProjection de filmsMercredi14 juinPOM (Petits Objets Multimédia : diaporamas, vidéos,photomontages) réalisés par les élèves de 2nde du Lycée duBois d’Amour. Puis la diffusion du film « Nous Resterons surTerre » de Pierre Barougier et Olivier Bourgeois.154 professeurs du lycée sont venus, unepersonne dEurope Ecologie les Verts. Lereste une moitié venue par curiosité, lautreissu du milieu associatif et des PetitsDébrouillards.visioconférence « lesmonnaiesalternatives, moyende transitionécologique? »Mardi 19juinRencontre avec des acteurs de l’économie alternative, le SEL(Système d’échange local) et des représentants dumouvement Colibrie. Discutions sur lenjeu de ces nouvellesméthodes d’organisation puis visioconférence pour avoir unretour de comment se déroule Rio+20.25Il ny avait personne dautre dans le bar àpart les gens qui ont participé à lavisioconférence et au débat. Une dizaine decurieux et le reste issus dassociations (avecles 2 intervenants).AngoulêmeConférence « lesenjeux de Rio+20 et laplace des élus deville? »Vendredi11 maiMichel Faucon, ancien directeur du CRID et coordinateur desONG pour Rio 1992 a dressé un tableau des enjeux de Rio+20.Deux adjoint au développement durable, Jacky BONNET (pourla Couronne) et Françoise COUTANT (pour Angoulême) onttémoigné de leurs rôles dans les processus de développementdurable dans les villes.30adhérents de la Maison des Peuples et de laPaixEspace des solidaritésau Musiques MétissesFestivalDu 25 au27 MaiLa thématique de cet espace est les enjeux de Rio+20 avecchaque organisation qui travaille concrètement, sur un planlocal et international, à différents sujets traités lors de cetteconférence internationale.~1000Personnes en continu avec une bonnemixité. Beaucoup ne savaient pas ce qu’étéRio+20.Visioconférence « Endirect de Rio,ambiance suite auSommet de la Terre»Lundi 25juinSuite à la fin des deux sommets, un retour en direct afin defaire un premier bilan de ce quon peut en conclure.43 du milieu associatif et une personneexterne.SaintesVisioconférence« Alimentation etmode de vie ici et là-bas »Lundi 25juinSuite à un atelier pédagogique dans le collège de laTremblade, cette visioconférence a permis un échange endirect de Rio sur les questions liées à ce quils avaient travailléet les enjeux à Rio+20.25Seulement 4 jeunes sinon principalementdes professeurs du collège et des parents.Visioconférence « lesbonnes recettes dema mer »Mardi 19juinAu bar associatif à Marennes, les questions qui touchent lesocéans touchent beaucoup dacteurs. Pierre Mollo spécialistesur le plancton a témoigné sur le Sommet.entre 10 et 15Agé entre 20 et 30 ans et issus du milieuassociatif.Visioconférence« Finalement, peut-onfaire léconomie delargent? »Mercredi20 juinDue à la crise économique, ces sujets intéressent à la maisonde la solidarité à Saintes. Discussion sur comment ces thèmessont abordés au Sommet.64 militants dont un jeune de 30 ans et deuxmembres des Petits Débrouillards.Personnes déjà engagées qui connaissent lesujet.
  • 34. 34Pour les appréciations qualitatives maintenant, les avis des animateurs des PetitsDébrouillards, des associations partenaires et des autres participants sont positifs. Au départRio+20 n’évoquait rien pour beaucoup de citoyens en Poitou-Charentes. Cependant ils ont ététrès vite intéressés et désireux d’en savoir plus sur les enjeux traités ou sur ce qui se passaitsur place. En effet lors des visioconférences, la plupart des participants ont posé des questionset ce même s’ils n’avaient pas de connaissances particulières sur le thème. La curiosité a ainsipermis de bons échanges entre Rio et la région Poitou-Charentes. Certains, comme à Poitiers,ont même donné suite en proposant un Café des sciences à la rentrée 2012 pour un débatconcernant les monnaies alternatives. Parmi les activités proposées, la diffusion des filmsamènent souvent à des avis tranchés, « on aime » ou « on aime pas ». Par exemple, pourcertains le documentaire Nous resterons sur Terre de Pierre Barougier et Olivier Bourgeoisétait trop défaitiste car il dénonçait beaucoup sans clairement proposer des solutions. Pourd’autres la découverte de certains cas et problématiques environnementales les ont conduits àaimer ce film. La programmation a ainsi permis de toucher des citoyens très différents. Toutcomme à Rio+20, il est possible de distinguer deux catégories dans la société civile : lescurieux inexpérimentés sur ces enjeux et les engagés militants. Cependant l’échange d’idéesentre ces deux groupes contribue à la prise de conscience pour les uns et à une évolution despensées pour les autres. Les questions de développement durable et de gestion del’environnement ont d’après les témoignages et retours intéressé tout le public présent et ce,quelque soit l’activité ou le degré de leurs connaissances.Pour conclure sur cette mobilisation en Poitou-Charentes, l’objectif était d’impliquerla société civile locale aux enjeux environnementaux de Rio+20. Les résultats observésdéfinissent un décalage entre les avis positifs donnés sur la mobilisation et le peu depersonnes qui ont participé. La question reste donc sur le manque d’implication spontanée dela société civile. L’analyse et la recherche d’outils ou de stratégie traitée en discussion pourpallier cette difficulté de mobilisation des citoyens est donc primordiale. L’objectif sera doncd’une manière plus globale de rechercher les solutions possibles afin que tous, qui sommesacteurs de notre environnement, nous nous sentions plus concernés avec ces enjeux etresponsabilités.
  • 35. 35Discussion« Les hommes de toutes conditions et organisations les plus diverses peuvent, par lesvaleurs qu’ils admettent et par l’ensemble de leurs actes, déterminer l’environnement dedemain » (septième point de la Déclaration de Stockholm, 1972). Cette ambition se retrouvaitencore dans les principes 10 et 20 à 22 de la Déclaration de Rio 1992. Pourtant, cesengagements n’ont pas tenu leurs promesses lors du Sommet de la Terre à Rio 2012.L’implication de la société dans ces processus de décisions environnementales s’est révéléetrès différente selon le côté de l’Atlantique d’après les observations faites lors du sommet etde son « étendue Rio+20 » en Poitou-Charentes. L’ensemble des résultats n’est donc pasanalysé en une seule partie car les conclusions conduisent à des questionnements différentsselon le lieu.Rio+20, deux sommets aux résultats variés« Le contraste entre les deux visions du Monde à Rio » donne lieu à une diversité derésultats aussi bien dans la séparation spatiale, dans les engagements et solutions présentéesou bien encore dans les résultats d’implication de la société civile et de la place accordée auxsciences entre les deux sommets (Boeuf, 2012).Tout d’abord en terme d’implication de la société civile, celle-ci n’a pas vraiment eud’occasion de participer - ou le peu présent, de s’exprimer - lors de cette rencontre desNations Unies. La demande d’accréditation, la sécurité renforcée lors des trois jours deconférences officielles et les trois jours fériés pour les cariocas témoignent de cette difficultépour la société civile a être impliqué dans le processus de décision environnementale à laconférence des Nations Unies. « Avec la participation pleine et entière de la société civile »énoncée dans la première ligne du document final officiel L’avenir que nous voulons sembledonc en opposition avec les faits observés. L’exemple le plus symbolique de la contestation etmanifestation d’impuissance de la société civile à Riocentro est la sortie des jeunes et d’autresmembres d’ONG vingt quatre heures avant la fin. Ces derniers partent rejoindre la majeurepartie de la population dans le désir de s’impliquer et de rechercher des solutions alternativesà mettre en place. Bien loin de ce Sommet des Nations Unies, dans le grand parc AlterroFlamengo en centre ville, chaque citoyen devient alors pleinement acteur dans lesproblématiques environnementales. Différents groupes venus du monde entier forme ce
  • 36. 36Sommet des Peuples qui a pour objectif de partager les connaissances et expériences,intégrant la notion de solidarité dans ces questions de choix environnementaux. La sociétécivile a aussi manifesté sa désapprobation face aux propositions faites par les Nations Uniesen étant présente dans les rue de Rio de Janeiro lors de la journée de mobilisation mondiale.Ces 80 000 personnes réclament un développement qui s’allie vraiment au respect del’environnement et non à la marchandisation des ressources (Via Campesina, 2012). Lasociété civile s’est donc fortement impliquée pour ce Rio+20, mais elle n’a pas été entendue(Bœuf, 2012). « La meilleure façon de traiter les questions denvironnement est dassurer laparticipation de tous les citoyens concernés » comme l’affirme le principe 10 de ladéclaration de Rio 1992 ne semble donc pas être reconnue à ce sommet officiel dans la mêmeville 20 ans après.En ce qui concerne le contenu scientifique, beaucoup de spécialistes et scientifiquessont présents à la conférence des Nations Unies. La mobilisation sur les problématiques desocéans, avec notamment la journée du 16 juin au Pavillon des Athlètes, s’est répercutée dansle texte final. En effet celui-ci contient un grand nombre de points sur la thématique « océanset mers ». L’ensemble des enjeux actuels ont été traité lors de cette journée : acidification desocéans, conséquence de l’augmentation de la température, les ressources halieutiques et lasécurité alimentaire, l’élévation du niveau de la mer et risques pour les populations insulaires.Cependant même si ce résultat témoigne d’un intérêt grandissant pour la question des océans,il ne s’agit pas d’une grande avancée en termes de conséquences et d’actions. « Nous sommesconscients », « Nous soulignons », « Nous réaffirmons » introduisent la plupart des points dutexte final qui désignent ainsi un « consensus mou » et non une prise de mesures. Au sommetdes Peuples les thématiques liées aux océans étaient principalement la pêche artisanale dont laprofession est maintenant menacée. Beaucoup de peuples autochtones de ce secteur sontvenus partager leurs inquiétudes avec les scientifiques présents afin de rechercher ensembleles meilleures mesures à prendre sur la gestion des ressources halieutiques et la pêcheindustrielle qui concurrence. Les AMP, le partage d’expérience sur la mise en place et lesbénéfices ou problématiques rencontrés ont été aussi longuement abordés. Cependant dans laDéclaration finale du Sommet des Peuples de Rio+20 pour la Justice sociale etenvironnementale, la thématique des océans et ses enjeux n’est pas traitée. Ce texte résumesurtout une prise de position sur des valeurs morales et éthiques dans l’aspect dedéveloppement durable.
  • 37. 37La différence des deux textes, outre le contenu scientifique, est donc la volontéd’engagement. La déclaration du Sommet des Peuples présente les solutions apportées encommun lors des différentes assemblées de convergence alors que du côté de la conférenceofficielle, les négociations stagnent. Le président de Cuba Raul Castro présent donne sonopinion sur ce qui freine les discussions : « les pays doivent laisser l’égoïsme de côté pourpouvoir chercher des solutions »29. Ce terme « d’égoïsme » a souvent été entendu et aussiemployé par Gilles Bœuf dans son analyse de Rio+20 « il faut, dès maintenant, décider dansun esprit de solidarité planétaire au-delà des égoïsmes nationaux » (Bœuf, 2012). PierreCalame, ancien haut fonctionnaire et président de la FPH (Fondation Charles Léopold Mayerpour le progrès de lHomme) ajoute que lors de cette conférence officielle il ne s’agissait pasde trouver des solutions pour garantir la survie de la planète mais celles qui seront les moinscontraignantes pour les états. L’égoïsme national se traduit selon lui dans : « la négociationfinale a, pour les diplomates, visé à éliminer tout ce qui pourrait mettre en cause ou engagerleur pays » (Calame, 2012). Les conséquences de ce manque d’engagement se retrouvent dansle document final. L’avenir que nous voulons est un simple texte, et non une déclaration, sansforce juridique (ONU, 2012). De plus ce document est inscrit comme Résultats de laconférence mais est daté de la veille, le 19 juin. Cette constatation déjà formulée par le jeunedélégué français, devient même le titre d’un article du journal le Monde publié aussi le 19juin : à Rio+20 la déclaration finale est adoptée... avant louverture du sommet (Van Kote,2012). Sur le site internet officiel de la conférence, il est possible de remarquer que le« document final » présenté est un Projet de résolution déposé par le Président del’Assemblée générale30, daté du 24 juillet et dont l’annexe est le texte lui-même L’avenir quenous voulons. Cette constatation de mettre ce document postérieur à l’évènement commedocument final interpelle. L’hypothèse possible pour expliquer ce choix est peut-êtrel’expression des remerciements au pays hôte le Brésil dans ce texte qui devient ainsi laversion finale pour conclure Rio+20. Cependant sur cet aspect du rôle du Brésil dans lesnégociations, le journal Le Monde publie le jour de la clôture un article « Le Brésil gagnant,la planète perdante » pour exprimer que le Brésil « au prix d’une certaine brutalité,inhabituelle dans ce type de processus, [il] a débloqué en trois jours une négociation quipiétinait depuis six mois » (Editorial le Monde, 2012).29Un récapitulatif de phrases citées lors du Sommet officiel sont sur :http://www.greenetvert.fr/2012/07/04/les-petites-phrases-qui-ont-marque-le-rio20/6163230http://www.uncsd2012.org/rio20/thefuturewewant.html (texte disponible en français sur cette page).
  • 38. 38Le Sommet officiel de Rio+20 peut se conclure par la phrase suivante : « le bilan estdonc cruel : les lourds enjeux de la crise écologique sont esquivés » (Editorial le Monde,2012). Cependant il peut être vrai que, malgré un regard critique apporté à l’ensemble desrésultats, le manque de recul sur Rio+20 qui s’est clôturé en juin dernier peut biaiserl’interprétation et la conclusion. Ainsi la participation au 6èmeForum Mondial de l’Eau àMarseille, qui a permis de constituer une meilleure méthodologie pour Rio, peut aussi servird’événement semblable antérieur de comparaison, bien qu’il soit de moindre échelle, afin depallier des conclusions trop rapides et basées sur un seul exemple.Une prise de recul de Rio+20 en comparant au FMETout d’abord la grande distance géographique qui sépare la partie officielle et cellealternative à Rio de Janeiro se retrouve aussi à une échelle réduite à Marseille. En effet lesdeux se sont déroulés à deux extrémités de la ville : alors que le FME se situe proche du stadevélodrome au Sud, le FAME s’est installé dans les docks de Marseille au Nord. On peutémettre l’hypothèse que maintenir les deux sommets éloignés permet peut-être une meilleureaccessibilité à chacun ; ou alors il peut s’agir de prohiber l’échange mutuel des idées discutéeset émanant des deux évènements.Pour l’organisation et l’approche des différents sommets, les résultats étaient lesmêmes entre FME et FAME. En effet, il y a eu aussi plus de moments de dialogue possible auforum alternatif grâce à des conférences plus courtes. La déclaration des participants auForum Alternatif Mondial de l’eau a ainsi été construite par l’ensemble des travaux fournislors de chacune de ces sessions. Le document est bien daté du 17 mars 2012, date de clôturedu forum et signé par plus de 140 ONG et des centaines de personnes à titre individuel. Il estmême encore possible de la signer sur leur site internet pour manifester notre approbation etse sentir impliqué avec ce qui a été déclaré31. De plus ce texte exprime une forte ambition deconvergence et d’union : « En tant que membres du Mouvement pour l’Eau Bien Commun[…] nous partageons une vision commune de l’eau » et le dernier paragraphe qui se conclutpar « Nous saluons la détermination et la cohésion de notre mouvement ». Ainsi, toutepersonne peut s’inclure dans ce mouvement et cette déclaration alternative si elle le souhaite.A l’inverse « Nous, chefs de délégations et ministres » de la déclaration ministérielle officielleappelée Le temps des solutions ne peut se référer à la société civile. De même, tout comme le31Site du forum alternatif de l’eau : http://www.fame2012.org/fr/signature-declaration/
  • 39. 39texte L’avenir que nous voulons, celui-ci à été rendu public le 13 mars, soit le jour suivantl’inauguration. Tout était donc planifié et écrit d’avance pour ce qui est de l’issue de ce forumpuisque avant même d’avoir commencé ce texte du 13 mars se conclut par « Nous, ministreset chefs de délégations, saluons les résultats du 6ème Forum mondial de leau tenu àMarseille du 12 au 17 mars 2012 ». L’interrogation est donc la même : la participation audébat de la société civile à ces rencontres est-elle possible et pertinente? Si l’accord est prêtavant la conférence cela signifie certes qu’il y a eu une longue préparation en amont. Ilsemble en effet normal que pour arriver à finaliser de tels documents, L’avenir que nousvoulons ou Le Temps des solutions, les trois jours de conférences ne sont pas suffisants.Cependant, ce travail d’élaboration est fait entre spécialistes. Il s’agit souvent de représentantsd’ONG ou de la société civile, ainsi que des scientifiques et chercheurs présents lors de cesrencontres antérieures. La société civile, au sens large du terme cest-à-dire tous les citoyens,n’est donc pas impliquée ou informée de toutes ces réunions préparatoires. Elle n’est donc pasinvitée à participer tout au long du processus de décisions mais conviée à assister à laratification du document par les hauts responsables.Le FME permet donc de confirmer et conclure par un autre exemple sur le déroulé decette conférence internationale à Rio. L’existence des deux forums s’est expliquée dans lesdeux cas par une différence d’approche scientifique et de l’implication possible du citoyen.Lors des rencontres internationales officielles, les Nations Unies semblent généralementdonner une place à la société civile mais dans un objectif de participation passive. Chaquecitoyen peut assister aux conférences faites par les grands spécialistes, profiter d’expositionsde projets internationaux, mais dans un objectif d’information et non de contribution à unerecherche de solutions pour la construction d’un document final qui est déjà prêt. Auxrencontres alternatives, l’approche est tout autre : faire partager les sciences de chacun dansune dynamique de participation pour une évolution des idées qui conduit à l’élaboration dutexte final. Ces questions d’approche scientifique et d’implication de la société amènent à uneréflexion plus générale de la place des sciences dans la société pour construire des solutionsparticipatives. Celle-ci fera l’objet de la conclusion.
  • 40. 40La mobilisation régionale, une analyse pour l’améliorerLa faible mobilisation régionale pour ces questions environnementales pourrait sejustifier par le calendrier des élections législatives de ce mois de juin en France. Cependantavec un second tour conclu le 17 juin, une mobilisation autour du 20 juin aurait été possible.En France à Paris par exemple, le 20 juin en face de la Bourse s’est tenue une manifestationorganisée par 25 ONG partenaires qui ont voulu faire écho à la marche des Peuples au Brésilqui avait lieu à la même date. Cette journée avait pour objectif d’apporter un message decontestation face à la marchandisation de la planète et le contrôle par de hauts responsables32.Les résultats de participation en Poitou-Charentes ne peuvent pas être imputés à un manquede préparation, en tout cas en ce qui concerne l’Association les Petits Débrouillards. En effet,dès 2011 lors de la participation au Forum Social Mondial de Dakar, « la perspective de Rio aété largement débattue » (CASI, 2011). Pour lAssociation des Petits Débrouillards Poitou-Charentes, Rio+20 était un rendez-vous à ne pas manquer. Il s’agissait d’une opportunité poursensibiliser la société civile sur les problématiques environnementales qui touchentl’ensemble de nos activités du quotidien (transport, énergie, alimentation..). En préparation,l’APDPC organise dès octobre 2011 trois jours de séminaire à Angoulins (Charente Maritime)pour débuter une réflexion sur l’implication à avoir à Rio+20. Le stage fait aussi partie desmoyens mis en œuvre pour aider à l’implication de la société civile. Ainsi leur préparationbien en amont témoigne de la prise de conscience particulière de l’APDPC sur l’importancede cette rencontre Rio+20 pour les enjeux de notre planète. A l’inverse, pour un grand nombrede réseaux plus directement liés à l’environnement, cette conférence sur le développementdurable ne faisait, semble t-il, pas partie de leurs agendas ou de leurs priorités d’après leurabsence à la préparation régionale (figure4).L’explication de la faible mobilisation peut être le doute ou le pessimisme surl’aboutissement de ces conférences pour les engagés et militants qui connaissent les enjeux etles approches de ces sommets. Le magazine Altermonde par exemple sort sa revuetrimestrielle de juin 2012 avec un dossier centrale sur Rio+20, à quand le développementdurable ? pour questionner sur la pertinence de ces rencontres et ce qu’elles induisentvraiment (Eloy, 2012). Cependant, pour le reste de la société civile encore inexpérimentée oupeu connaisseuse de ces problématiques environnementale et enjeux, l’explication peut être le32vidéo de la mobilisation à Paris, place de la Bourse (même idées que Via Campesina, 2012) :http://www.youtube.com/watch?v=vauuSMzMGq0&feature=youtu.be&noredirect=1
  • 41. 41manque de diffusion par les médias. En effet avant et même pendant le sommet Rio+20, peude journaux ont traité de cette actualité33. Il est peut être possible denvisager que le manquede curiosité et de participation de la population soit corrélé à ce déficit dinformation. Lors dela journée d’action de rue Place de Verdun à La Rochelle, seul deux personnes sur quaranteinterrogées par les Petits Débrouillards avaient entendu parler de la conférence des NationsUnies sur le développement durable qui allait se dérouler quelques jours après (activité du 9juin). Il est donc important de rechercher de manière plus approfondie dans les journauxlocaux, afin de connaitre le type d’information accessible à la société civile en Poitou-Charentes dans leur quotidien. Les résultats montrent une majorité de scepticisme avec parexemple pour le journal Sud Ouest, seulement deux articles sur le sujet titrés : Rio+20, à quoiça sert ? daté du 20 juin et Eternel point de départ, daté du 24 juin 201234. Le journal LeMonde présente un article qui résume assez bien la médiatisation faite de manière globale Lescritiques pleuvent sur le sommet de Rio+20, daté du 21 juin (AFP, 2012). Il ne s’agit pas nonplus de dire que tous les articles apportent cette même conclusion défaitiste sur cetteconférence. Par exemple pour le même journal Le Monde, le jour de clôture de la UNCSD le22 juin, publit un article dont l’introduction diffère : « Rio+20 est une étape marquante pourlavenir […] nous assistons à un événement historique » (Patriota, 2012). Cependant l’auteurAntonio Patriota est le ministre des relations extérieures du Brésil. Il ne peut donc êtreobjectif lorsqu’il s’agit d’initiatives menées dans son pays. Il existe aussi un rédigé de GillesBerhault, président du Comité 21 avant le début du Sommet le 18 juin qui dénonce dès sontitre Rio+20 : halte au défaitisme (Berhault, 2012). Il portait en effet beaucoup d’espoir surRio+20 car le comité 21 qu’il préside est un réseau d’acteurs sur le développement durablequi ont été très présents à la conférence officielle et tout au long du processus onusien35.Cependant, même s’il semble impossible de modifier cette tendance médiatique à l’échelle del’association, il est important pour l’APDPC de revenir et d’analyser la stratégie demobilisation pour une prochaine programmation régionale.Tout d’abord, la programmation mise en place par l’APDPC pour sensibiliser lasociété civile a donné plusieurs résultats positifs. Elle a dans un premier temps contribué àrenforcer les relations entre acteurs régionaux grâce à la construction d’un projet commun. Deplus sur le long terme, cette mobilisation a permis des contacts qui promettent de prochainescollaborations. Par exemple, les écoles et lycées partenaires du projet, tel que le lycée Bois33Recherche dans les médias : Libération, the New York Times, CNN, o Globo, les journaux télévisés en France…34Les deux mentionnent notamment le reproche des « égoïsmes nationaux » et la déception des peuples.35Pour plus d’information sur ce réseau : http://www.comite21.org/comite21/index.html
  • 42. 42d’Amour de Poitiers et le collège de la Tremblade en Charente Maritime sont désireux demettre en place d’autres actions dès l’an prochain. Le café des sciences qui s’est déroulé àPoitiers a conduit à un nouveau rendez-vous sur les monnaies alternatives avant la fin del’année 2012 et à la demande des participants. Dans les choix logistiques de stratégie, d’aprèsl’analyse de divers collègues et participants il semble que les lieux et la présentation visuellepeuvent être importants. Par exemple les lettres de Rio+20 sur la Place de Verdun ont attiré lacuriosité des passants et ainsi facilité la prise de contact entre les acteurs et les habitants de laRochelle. De même la boîte noire exposée au festival Musique Métisse et Place de Verdun aattiré les curieux qui instinctivement en font le tour et se renseignent. De même les lieux(cafés, bars, cinéma et festival) ont contribué à créer un coté convivial qui facilite la prise deparole et la mise en confiance des participants. La diversité des lieux choisis a aussi permis detoucher un public varié (des écoles au festival en passant par l’action de rue). Ce qui reste àaméliorer est peut-être la communication pour augmenter la visibilité et donc participation àla programmation par la société civile en Poitou-Charentes. La programmation étaitdisponible et distribuée sous forme de prospectus et des articles sont parus pour introduire lesactivités et sensibiliser la société civile sur le sujet36.Pour conclure sur la mobilisation mise en place en Poitou-Charentes, celle-ci asatisfait ceux qui ont participé mais ces personnes restent un faible pourcentage de la sociétécivile du Poitou-Charentes. Le travail de collaboration entre acteurs régionaux et la bonneanticipation des Petits Débrouillards n’a pas suffi à sensibiliser et toucher un plus grandnombre. Le manque de connaissance du sujet Rio+20 est un frein reconnu par les personnesparticipantes. Ainsi le peu de médiatisation pour informer sur la conférence a pu contribuer àexclure la société civile. Pour atteindre l’implication de tous, il faut que chacun soitsensibilisé et comprenne l’enjeu des problématiques environnementales. Ce défi passe doncpar une amélioration dans le transfert des connaissances scientifiques spécifiques à la sociétécivile. Il s’agit comme pour les conclusions de Rio, de revenir sur cette question de la placedes sciences dans notre société.36http://lespetitsdebrouillardspc.org/et sur http://ubacto.com/actualites-la-rochelle/-101243.shtml
  • 43. 43ConclusionLa problématique de ce rapport « comment la société civile est impliquée dans lesdécisions environnementales avec l’exemple de Rio+20 » amène donc à définir la relationcomplexe qu’il existe entre les trois composantes : science, société et environnement. Lesdeux axes du stage, ’expérience à Rio+20 et la volonté d’un « Rio+20 étendu », m’ont faitcomprendre l’importance de l’implication de la société civile dans ce que nous avons jusqu’àaujourd’hui laissé au domaine des sciences : l’environnement. En tant que scientifique il mesemble important d’aborder cette question de l’utilisation de nos connaissances .L’émergencede la construction participative et l’échange des savoirs permettront ainsi une avancée desidées pour mieux orienter le monde de demain. Il faudra ensuite passer le cap de « la prise deconnaissance à la prise de conscience effective » (Adolphe, 2004).« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » cette célèbre phrase de chimiede Lavoisier peut aussi s’appliquer pour les idées. L’objectif n’est pas de « refaire le monde »ou avoir un ton moralisateur mais, à partir de l’expérience et de l’état de l’art, comprendrecette relation entre « l’homme et la nature » et « science et société ». L’enjeu est aussi degarder un regard critique, propre aux scientifiques, tout au long de cette analyse.Vers une nouvelle relation “science, société, environnement”L’homme est « un éléphant dans un jeu de quilles », titre repris de Robert Barbault,écologue de réputation mondiale qui dirige le département d’écologie et de gestion de labiodiversité au Muséum de Paris, pour imager que l’homme bouleverse la nature (Barbault,2006). Or, bien que nous soyons tous acteurs de notre milieu, les résultats montrent unedifférence d’intérêt porté à l’environnement entre « [jeunes] soucieux d’agir ou [jeunes]heureux de découvrir » (Benaidji, 2012b)37. La prise de conscience de l’importance desécosystèmes dans notre quotidien émerge doucement mais des réticences persistent encore.Michel Prieur juriste français qualifiait « pour beaucoup, parmi les élus, les juristes et lesjournalistes, l’environnement reste encore ‘une mode’, c’est-à-dire un phénomène mineur etpassager. Pour d’autres, l’environnement est a priori une menace contre le développementéconomique » (Prieur, 2008). Pourtant l’interdépendance entre l’homme et la nature est depuisla déclaration de Stockholm en 1972 déclarée : « l’homme est à la fois créature et créateur de37Remarque faite lors du « Youth Blast » à Rio mais qui résume aussi la mobilisation en Poitou-Charentes.
  • 44. 44son environnement » (ONU, 1972). En France, la Charte de lenvironnement, adossée à laConstitution depuis 2005, considère dans ces premiers points « que lavenir et lexistencemême de lhumanité sont indissociables de son milieu naturel » (LOI, 2005). Cetteinterdépendance de l’homme et la nature peut être comparée de manière symbolique avec leparasitisme en biologie. Cette image est donnée dans le livre Signons la paix avec la Terrepour faire comprendre les conséquences possibles de notre développement dans le futur :« l’humanité vit aux crochets de la Terre mais elle en est l’hôte. Lorsqu’un parasite ruine sonhôte, il se condamne lui-même à mort » (Bindé, 2007). Ainsi l’enjeu serait de Remettre labiodiversité au centre du nouveau contrat social. Titre d’un article de deux chercheuses duMuséum National d’histoire Naturelle, dans lequel elles définissent « le niveau de bien-être etde paix sociale acceptable ont pour socle la biodiversité » (Fleury et Prévot-Julliard, 2012).Pour ce faire, il faut passer par les sciences qui permettent une compréhension par la sociétécivile de ces enjeux et de cette interdépendance.En effet, la science et la recherche sont « l’interface entre l’homme et la nature »(Lazzeri, 2011). Elles ont permis l’évolution des connaissances dans de nombreux domainesde l’environnement : changements climatiques, conséquences sur les océans ; pertes deshabitats, conséquences sur la biodiversité…Ces connaissances scientifiques sont ensuite lesbases nécessaires à chaque citoyen pour se faire sa propre opinion et pouvoir ainsi participeraux décisions environnementales qui le concernent (Liewing, 2011). Or, pendant longtemps lascience a été « confinée au laboratoire » comme le reconnaissent Pierre Lascoumes présidentde recherche au CNRS et deux autres chercheurs (Lascousme et al., 2001). La science doitdonc s’ouvrir à la population et être divulguée pour un partage des connaissances sur desproblématiques particulières afin de permettre à chacun d’être responsable et impliqué dansles décisions environnementales. Un grand nombre de structures et de projets se mettent alorsen place dans cette construction d’une nouvelle relation entre « science et société ».L’association les Petits Débrouillards par exemple travaille dans cet objectif que « la sciencedevienne une affaire de tous » (APDPC, 2011). L’ensemble de leurs activités sert àsensibiliser et ouvrir le débat entre les différents acteurs locaux et les habitants38. Cette idéed’échange entre chercheurs et société civile existe aussi à travers un grand nombre d’autresprogrammes selon les régions. Par exemple en Ile-de-France existe le Picri (Partenariats38Pour plus d’informations sur l’impact de chaque activité sur la société, l’exemple du rapport d’activité 2011.
  • 45. 45institutions citoyens pour la recherche et l’innovation)39. En Bretagne l’Asosc (Appropriationsociale des sciences) encourage les initiatives de relations entre les scientifiques et la sociétécivile40. Dans la région du Nord-Pas de Calais, la vice-présidente en charge de l’enseignementet de la recherche Sandrine Rousseau s’est inspirée de Picri et a mis en place un projet dediscussion appelé « Chercheurs citoyens » (Boileau, 2011). Il s’agit en général de répondre àun besoin et à une demande de la société sur des thèmes du quotidien comme la gestion del’environnement. Ce même désir de compréhension pour une participation aux décisions seretrouvait en effet dans les résultats à la programmation en Poitou-Charentes par lesparticipants.Outre ce partenariat entre chercheurs et société civile, primordial pour construire lemonde de demain, un autre enjeu est de faire avancer les connaissances scientifiques à traversla mutualisation avec le savoir profane qui permet un tout autre type d’information. « Lesprofanes agissent comme de véritables chercheurs en plein air » (Lascousme et al., 2001). Cetouvrage explique la nécessité « de faire entrer dans l’arène le savoir profane » pour formerun “collectif de recherche“, cest-à-dire une démarche collective pour une « Démocratieconstructive à travers les techniques ». Au niveau international cette ambition de dialogues etde débats ouverts conduisent à créer en 2009 à Belém au Brésil le premier Forum MondialSciences et Démocratie. Il s’agit en effet d’une rencontre « née de la nécessité de construireun espace de coopération ouverte, de débats publics, larges et démocratiques, entrescientifiques et organisation du mouvement social à l’échelle de la planète » (Bordenave,2011 et CASI, 2011). Ce type de démarche a été observé au Sommet des Peuples à Rio+20mais aussi au FAME à Marseille. Face à la complexité des changements globaux auxquels ilfaut faire face, il est important d’utiliser l’interdisciplinarité des différents acteurs afind’apporter des solutions les plus complètes possibles de l’environnement (Lazzeri, 2011).« La science, une affaire de tous » devient ainsi un challenge pour une constructioncollective de nouvelles orientations d’un développement possible. Les nouveaux projets etpasserelles entre la science et les citoyens se multiplient grâce à ce désir mutuel d’échangepour parvenir à des solutions qui conviennent à l’homme et à son environnement. Lessciences deviennent ainsi participatives, utilisant les différents types de savoirs pourl’implication de tous dans le processus de décision.39Pour plus d’informations http://www.iledefrance.fr/recherche-innovation/dialogue-science-societe/partenariats-institutions-citoyens-picri/40Pour plus d’informations http://www.bretagne.fr/internet/jcms/preprod_55964/asosc-appropriation-sociale-des-sciences
  • 46. 46Une fois l’information passée, les solutions possibles discutées, il faut passer à l’actionet aux décisions. En termes de décisions, il existe deux échelles d’actions. Les problèmesenvironnementaux à traiter sont transfrontaliers et globaux (réchauffement de la planète,acidification des océans…), il nécessite donc une concertation au niveau mondial. Laconférence des Nations Unies représente cette échelle où seul le pouvoir politique a un impactsur la prise d’engagement. La limite de leurs propositions et actions s’est faite ressentir lors deRio+20 du côté officiel. A l’inverse, du côté du Sommet des Peuples, l’approche et lessolutions sont tout autre. Il s’agit de mettre en avant les expériences et projets qui existentdéjà aux niveaux locaux pour ensuite les partager et faire converger vers des solutionsalternatives. L’enjeu est peut-être à l’avenir de réussir à articuler ces deux échelles d’actions.Enfin le dernier facteur à analyser est de comprendre pourquoi l’efficience peine à arriver. Al’échelle internationale, les égoïsmes nationaux ont été dénoncés, mais qu’en est-il au niveaulocal ?Les décisions environnementales, de la conscience à l’efficienceDu point de vue mondial c’est à partir de 1992 au Sommet de la Terre de Rio deJaneiro que les chefs d’états prennent conscience de leurs responsabilités face à la gestion desécosystèmes et s’engagent à un développement plus durable. Pierre-Marc Johnson conseillerspécial auprès du secrétaire général de la conférence des Nation Unies déclare en ces mots «le Sommet de Rio a démontré que l’écologie est maintenant au centre des rapports de forcedu nouvel ordre international » (Lemieux, 1992). Pourtant après les grandes avancées de Rio1992 vers un développement qui respecte l’environnement, les 20 dernières années ont vu cesuccéder déceptions et manque d’action. Les gouvernements ont souvent déçu par leurs« égoïsmes nationaux » qui se répercutent dans leur absence d’engagements pour lasauvegarde de nos écosystèmes. En 2012 la crise économique devient une priorité que lesprincipaux gouvernements tentent de résoudre au G20, relayant la crise écologique au secondrang41. En effet, la plupart des chefs d’états: Barack Obama, Angela Merkel, David Cameronn’étaient pas présents à Rio+20 car « Tous présents au Mexique pour la réunion du G20, lesgrands de ce monde indiquent ainsi assez clairement lordre de leurs priorités » (Renard,41La 6èmecrise d’extinction a pendant longtemps été sujet à controverse (Barbault, 2006. p169« mythe ou réalité »). Les scientifiques semblent maintenant être unanimes à la vue deschangements globaux (Barbault, 2006 ; Dubois et Hulot, 2004).
  • 47. 472012). La décision d’envoyer des représentants pour leurs nations témoigne de la prioritééconomique et non écologique des gouverneurs. François Hollande a lui participé enplaisantant « pour faire oublier les absents » (Ducros et Oulalou, 2012). Dans son discours ila aussi exprimé sa déception et l’insuffisance des mesures. L’ensemble de ces résultats etobservations à Rio+20 témoigne donc de l’incapacité d’une gouvernance mondiale à faireface à ces problèmes environnementaux globaux. C’est pourquoi « les chefs d’Etat pourrontd’autant mieux se laisser aller à un lâche soulagement que l’agenda international ne prévoitplus aucun rendez-vous en la matière. Ils ne sont donc pas prêts d’être à nouveau interpelléssur leur inaction » (Editorial le Monde, 2012).Outre cet aspect de faiblesse d’autorité internationale, ces constatations témoignentaussi de manière plus générale des limites du pouvoir politique (Adolphe, 2004). Il s’agit dutitre d’une des parties dans laquelle l’auteur défend sa position à travers des exemples commeles mesures des gouvernements européens favorisant le secteur de la pêche à la (bonne)gestion des ressources halieutiques. L’article du Sud Ouest Rio+20 à quoi ça sert ? résumeaussi bien cette faiblesse d’action des politiques face aux enjeux environnementaux : « Lesconnaissances scientifiques sur la dégradation de lenvironnement (réchauffement climatique,appauvrissement du vivant, effets de la pollution chimique, acidification des océans, etc.) sontbien étayées, mais laction publique se fait toujours attendre » (Renard, 2012). Lors dudernier grand Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002, le président de l’époque JacquesChirac déplorait aussi cette inefficacité des autorités à prendre des mesures par l’image de« notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Cependant « quel parti politique seraitassez courageux pour construire son programme sur une réduction massive de la circulationautomobile ou de la production énergétique ? » comme le soulèvent très justement FrédéricLenoir et Hubert Reeves dans Mal de Terre. De même dans Avis de tempête Jean-LouisFellous « ne croit pas possible de changer les sociétés par des voies démocratiques »(Adolphe, 2004). Les autorités, qu’elles soient internationales ou à l’échelle nationale, nesemblent pas être aptes à répondre à ces enjeux pour la Terre et les hommes.
  • 48. 48Face au résultat de Rio+20, Pierre Calame ancien président de la FPH donne sonopinion : « je suis convaincu que cest au niveau des territoires que peut se penser unesociété durable » (Calame, 2012). C’est aussi l’idée du film Solutions locales pour undésordre global qui tente de réunir les actions concrètes du quotidien que chacun peut mettreen place ou influencer par ses choix de consommation. Les changements vont en effet toucherl’ensemble des secteurs de notre quotidien (énergie, transport, alimentation..). Il existe doncune multitude de solutions et de petits gestes simples qui peuvent être réalisés à niveauindividuel ou collectif. Si quelqu’un tente de chercher un ouvrage sur le sujet par exemple,plus d’une trentaine de livres sont à disposition pour apprendre à vivre mieux en respectantl’environnement (annexe 4). Le problème est donc de passer de la connaissance à l’efficience(Adolphe, 2004). Les solutions et actions existent pour contribuer à notre responsabilité departicipation sur la gestion de l’environnement. Elles sont médiatisées (littératures,documentaires, publicités…) et généralement aptes à ce que chaque citoyen puisse les mettreen pratique. Pourtant « de l’information à la prise de conscience, la route est plus longue qu’iln’y paraît ». Cette phrase continue par un exemple qui illustre bien cette difficulté de passageà l’action individuelle « les exemples des méfaits du tabac pour la santé est acquise à la suitede vigoureuses campagnes d’informations sur le sujet » (Adolphe, 2004). Le tabagisme esttoujours autant présent et ce, quelque soit la médiatisation et les prises de décisions et d’actionpublique. La volonté et l’engagement individuel permettent donc le changement de demain.Ainsi « la relocalisation des sciences » dans notre société et l’implication individuellepar des actions simples semblent indispensables pour faire avancer ensemble “une sociétédurable” et concrétiser les décisions environnementales pour demain. L’attente d’une réponsemondiale et gouvernementale entraine la déception des peuples dont la contestation a étémanifeste lors de la mobilisation le 20 juin, à Rio mais aussi dans d’autres villes du monde.Pourtant cette mobilisation venue des quatre coins du monde est pour certains un espoir. Ilsignifie que les enjeux environnementaux prennent de plus en plus d’ampleur et qu’il existeun partenariat croissant entre scientifiques et acteurs locaux aussi à l’échelle mondiale. Si dessolutions existent et si nous comprenons au travers des sciences notre responsabilité à tous,alors l’implication de chacun sera plus facile.
  • 49. 49Référence bibliographiqueDocument Officiel BRUNDTLAND Harlem Gro, 1987. Rapport Brundtland, Notre avenir à tous. Oslo,20 mars. p.14. Pdf : http://www.franceonu.org/IMG/pdf/rapport_brundtland.pdf Forum Mondial de l’Eau à Marseille, 2012. Déclaration ministérielle. 13 mars.http://www.worldwaterforum6.org/fileadmin/user_upload/pdf/13-03-2012/D%C3%A9claration_Minist%C3%A9rielle_Final_FR.pdf LOI, 2005. Loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 relative à la Charte delenvironnement. 1ermars.http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000790249&dateTexte=&categorieLien=id Mouvement pour l’eau Bien Commun, 2012. .Déclaration des participants aux ForumAlternatif Mondial de l’eau. 17 mars. http://www.fame2012.org/files/declaration-finale-fr.pdf NU, 1992. Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.http://unfccc.int/resource/docs/convkp/convfr.pdf ONU, 1972. Déclaration finale de la Conférence des Nations Unies surl’Environnement. Stockholm. Disponible en pdf version française sur http://www.unep.org/ ONU, 1992. Déclaration de Rio sur l’Environnement et le Développement.Conférence des Nations Unies Disponible surhttp://www.debatpublic.fr/docs/Docs%20principes/Declaration-de-Rio-sur-l-environnement-et-le-developpement-durable.pdf ONU, 1998. Protocole de Kyoto à la convention-cadre des Nations Unies sur leschangements climatiques. http://unfccc.int/resource/docs/convkp/kpfrench.pdf ONU, 2012. L’avenir que nous voulons. Assemblée générale des Nations Unies. 19juin https://rio20.un.org/sites/rio20.un.org/files/a-conf.216-l-1_french.pdf.pdf PNUE, 1982. Nairobi Declaration. 10thGoverning Council session, May 18th.http://hqweb.unep.org/Law/PDF/NairobiDeclaration1982.pdf PNUE, 2010. Stratégie pour les célébrations de la décennie des Nations Unies pour labiodiversité (DNUB) 2011-2020. Convention sur la Diversité Biologique.http://www.cbd.int/undb/doc/undb-strategy-fr.pdf Sommet des Peuples, 2012. Déclaration finale du Sommet des Peuples de Rio+20pour la Justice sociale et environnementale.http://rio20.net/fr/propuestas/declaration-finale-du-sommet-des-peuples-de-rio20
  • 50. 50 UN CSD- MGCY, 2012. Overview of the MGCY. Février. Page 3. UN, 1992. Agenda 21http://www.un.org/esa/sustdev/documents/agenda21/french/action0.htmOuvrage ADOLPHE Nicolas. 2004. 2050 Rendez vous à risque. Edition Belin. APDPC, 2009. Rapport d’activité 2009. APDPC, 2011. Rapport d’activité 2011. Egalement disponible en ligne :http://lespetitsdebrouillardspc.org/Rapports-de-l-annee-2011.html BARBAULT Robert, 2006. Un éléphant dans un jeu de quilles, l’homme dans labiodiversité. Edition Seuil. BINDE Jérôme (Entretiens du XXI siècle, direction de 16 auteurs) 2007. Signons lapaix avec la Terre : quel avenir pour la planéte et pour l’espèce humaine. EditionsUNESCO. CASI, 2011. Forum Social Mondial, Recueil d’expériences. pg.31. les PetitsDébrouillards en partenariat avec la CASI. DUBOIS P., HULOT N., 2004. Vers l’ultime extinction ? : La biodiversité en danger.la Martinière Paris. FELLOUS Jean-Louis, 2003. Avis de tempêtes. Edition Odile Jacob LASCOUMES Pierre, CALLON Michel, BARTHE Yannick, 2001. Agir dans unmonde incertain: essai sur la démocratie technique. Edition du Seuil. LENOIR Frédéric et REEVES Hubert, 2003. Mal de Terre. Edition le Seuil LEVY Jacques et LUSSAULT Michel, 2003. Dictionnaire de la géographie et del’espace des sociétés. Edition Belin Paris. P1033. QUERMONNE Jean-Louis, 2006. Les régimes politiques occidentaux. 5èmeEdition leSeuil. VALANTIN Jean-Michel, 2007. Ecologie et gouvernance mondiale. EditionAutrement.
  • 51. 51Revue de presse AFP, 2012. Les critiques pleuvent sur le sommet de Rio+20. Journal Le Monde le 21juin. Article disponible sur : http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/06/21/les-critiques-pleuvent-sur-le-sommet-de-rio-20_1722943_3244.html BOILEAU Céline, 2011. Et si on relocalisé la science ? Revue Altermonde n°11,Hors série « Sciences et démocratie un mariage de raison ». p.47 BORDENAVE Aurélie, 2011. Sciences et démocratie : un forum pour en débattre.Revue Altermonde n°11, Hors série « Sciences et démocratie un mariage de raison ».p.20 DUCROS Christine et OULALOU, 2012 Hollande : un tour du monde en cinq jours.Journal Le Figaro, publié le 20 juin. Disponible sur :http://elections.lefigaro.fr/presidentielle-2012/2012/06/20/01039-20120620ARTFIG00798-hollande-un-tour-du-monde-en-cinq-jours.php EDITORIAL Le Monde, 2012. Le Brésil gagnant, la planète perdante. Journal leMonde du 22 juin. Article aussi en ligne :http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2012/06/22/rio-20-le-bresil-gagnant-la-planete-perdante_1723211_3232.html ELOY David, rédacteur en chef. 2012. Rio+20 : à quand le développement durable.Revue trimestriel de juin Altermonde n°30. FLEURY Cynthia et Prévot-Julliard Anne-Caroline, 2012. Rio + 20 : remettre labiodiversité au centre du nouveau contrat social. Journal Le Monde, publié le 19 juin.En ligne : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/19/rio-20-remettre-la-biodiversite-au-centre-du-nouveau-contrat-social_1721185_3232.html IEPF (Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie), 2005. Culture etdéveloppement durable. Numéro 68 / 3e trimestre. Revue Liaison ÉnergieFrancophonie. Disponible en pdf sur http://www.iepf.org/docs/lef/LEF68.pdf LAZZERIE Yvette, 2011. Un pôle durable. Revue Altermonde n°11, Hors série« Sciences et démocratie un mariage de raison ».p.13
  • 52. 52 LEMIEUX Raymond, 1992. Le Sommet de la Terre, un tournant historique? JournalHebdo-Science du 4 août. Accessible sur Agence Science-Presse en ligne :http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2008/08/26/1992-sommet-terre-16-ans-deja LIEWIG Camille, 2011. Science et société, un divorce consommé ? RevueAltermonde n°11, Hors série « Sciences et démocratie un mariage de raison ». p.7 PATRIOTA Antonio, 2012. Rio+20: il ne suffit pas de protéger lenvironnement.Journal Le Monde, 22 juin. http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/22/rio-20-il-ne-suffit-pas-de-proteger-l-environnement_1723395_3232.html PRIEUR Michel, 2008. La charte de lenvironnement : droit dur ou gadget politique ?Pouvoirs, 2008/4 n° 127, p. 49-65. DOI : 10.3917/pouv.127.0049 et disponible enligne sur : http://www.cairn.info/revue-pouvoirs-2008-4-page-49.htm THIERY Fabienne, 2011. Expertise : la fin du monopole » Revue Altermonde n°11,Hors série « Sciences et démocratie un mariage de raison ». p.35 VAN KOTE Gilles, 2012. A Rio+20, la déclaration finale est adoptée... avantlouverture du sommet. Journal le Monde publié le 19 juin 2012 et en ligne surhttp://www.lemonde.fr/planete/article/2012/06/19/rio-20-accor.d-a-l-arrache-avant-l-arrivee-des-leaders-au-sommet_1721384_3244.html RENARD Jean-Denis, 2012. Rio+20 à quoi ça sert ? Journal Sud Ouest du 20 juin.En ligne sur : http://www.sudouest.fr/2012/06/20/rio-20-a-quoi-ca-sert-748424-706.php TARDAGUILA Cristina, 2012 Exposição Humanidade vira febre da Rio+20. JournalBrésilien O globo, publié le 17 juin. En ligne sur :http://oglobo.globo.com/rio20/exposicao-humanidade-vira-febre-da-rio20-5233189Sites internet et témoignages BARREAU Blandine, 2012. RIO + 20: l’heure du réalisme écologique ? Noted’analyse du centre d’analyse stratégique. Janvier, n.261. BENAIDJI Ryad, 2012. Rio+20, l’echec qu’il nous fallait. Site de l’observ’alterpublié le 28 juin. http://lobservalter.fr/rio20-lechec-quil-nous-fallait/
  • 53. 53 BENAIDJI Ryad, 2012b. Le Youth Blast rate le coche. Site de l’observ’alter publié le17 juin. http://lobservalter.fr/le-youth-blast-rate-le-coche/ BERHAULT Gilles, 2012 "Rio+20: halte au défaitisme !", la chronique de GillesBerhault. 18 juin. Disponible sur le site : http://www.bioaddict.fr/article/rio-20-halte-au-defaitisme-la-chronique-de-gilles-berhault-a3253p1.html BŒUF Gilles, LE DUC Jean-Patrick, 2012. Après Rio + 20 : bilan et premièresanalyses. le 23 juin. Diffusé en ligne sur plusieurs sites : http://www.actualites-news-environnement.com/28627-Bilan-Analyses-Apres-Rio-20.html ou encorehttp://rio.blog.lemonde.fr/2012/07/09/apres-rio-20-bilan-et-premieres-analyses/ CALAME Pierre, 2012. Rio + 20 : faillite des diplomaties, faiblesse des démocraties.le 23 juin. Disponible par exemple sur : http://www.agter.asso.fr/article846_fr.html CURTIS Ryann et MAGNAR Norderhaug, 2002. Le chemin de Johannesburg. MaiTraduit par Alexandre Friedrich. http://www.delaplanete.org/IMG/pdf/johannesburg.pdf FABREGAT Sophie, 2012. Adoption dune déclaration ministérielle au Forummondial de leau : un premier pas avant Rio+20 ? le 15 mars. http://www.actu-environnement.com/ae/news/forum-mondial-eau-declaration-ministerielle-droit-universel-15211.php4 GOODPLANET org. 2012. Festival du Film de Rio, un bilan très positif pour laFondation GoodPlanet. Site http://www.goodplanet.org/spip.php?article410 LOBO Diêgo, 2012. …and then Rio+20 is over. What to do now ? Keep fighting le 26juin sur le site du projet des jeunes : http://adoptanegotiator.org/2012/06/26/and-then-rio20-is-over-what-to-do-now-keep-fighting/ SERGE Antoine, 2006. Culture et développement durable : La percé. Encyclopédiedu développement durable. Association 4D. Article disponible sur http://encyclopedie-dd.org/Culture-et-developpement-durable RAFFIN Edouard, 2012 Le programme de Rio+20. Site observ’alter, voix des jeunes :http://lobservalter.fr/le-programme-de-rio20/ RAFFIN Edouard, 2012b Walk out 24h avant la fin” Site observ’alter. 22 juinhttp://lobservalter.fr/walk-out-24h-avant-la-fin/ VIA CAMPESINA, 2012. 80 000 personnes battent le pavé pour la justice sociale etenvironnementale.23juin.http://www.viacampesina.org/fr/index.php?option=com_content&view
  • 54. 54=article&id=711:rio20-80n000-personnes-battent-le-pave-pour-la-justice-sociale-et-environnementale&catid=46:changements-climatiques-et-agrocarburants&Itemid=71Analyse de la bibliographie utilisée :Les références de presse et d’autres outils informatiques sont plus présentes de part àl’accomplissement récent de ce Sommet de la Terre. Il s’agissait à travers d’autrestémoignages de pouvoir présenter au mieux, ou de manière plus objective, les faits enrésultats.Les ouvrages ont servi à restituer l’évènement dans l’historique et ensuite ont permisd’enrichir la conclusion. La problématique de l’implication de la société dans les décisionsenvironnementales nécessitait en effet un approfondissement sur la relation « homme, natureet sciences » retrouvé dans la littérature.Les textes officiels sont aussi très présents car nécessaires comme résultats de ce quiexiste à l’échelle internationale ou nationale. Ils servent à rappeler les engagements pris parles chefs d’états ou hauts responsables de ce monde à certains moments.Ainsi la bibliographie est constituée d’une diversité de documents qui ont chacun unefonctionnalité différente. Il n’existe cependant pas de proportionnalité entre les catégories. Asavoir que certains outils, articles, ouvrages, ont pu aider à nourrir ma réflexion, mais n’étantpas cité dans le texte, ils ne sont pas non plus dans la bibliographie.
  • 55. 55AnnexesAnnexe 1. LA CHARTE DES PETITS DÉBROUILLARDSLe mouvement des Petits Débrouillards est né au Québec à linitiative dun groupe descientifiques, danimateurs, déducateurs et détudiants. En France, le mouvement est organiséen réseau dassociations régionales1, toutes signataires dune charte et membres delAssociation Française des Petits Débrouillards (AFPD).La Charte des Petits DébrouillardsLe mouvement des Petits Débrouillards, qui depuis 1984 offre aux enfants desactivités scientifiques et techniques, participe de manière significative aux débats de sociétésur l’éducation et la culture. Organisé en réseau, il contribue à former des citoyens actifs,capables d’opinions réfléchies et critiques, acteurs de la construction du monde de demain.L’action des Petits Débrouillards auprès des enfants est guidée par un ensemble deconvictions et de valeurs éducatives partagées qui s’expriment simplement. En voici lesgrandes lignes : FAIRE DÉCOUVRIR LA SCIENCE EN S’AMUSANT, afin de créer une relationdurable entre le citoyen et la culture scientifique, CULTIVER LE PLAISIR DE COMPRENDRE, d’échanger, de s’exprimer et dedébattre, DONNER LE GOÛT DE LA DÉMARCHE SCIENTIFIQUE, faite de curiosité, derecherche de vérité, de liberté et d’initiative ; démarche qui se veut expérimentale, seréférant au quotidien, invitant à prendre conscience de la portée et des limites de sespropres affirmations ; une démarche autorisant de tout remettre en question, faite dedoute, d’ouverture et de générosité, DÉVELOPPER LE SENS DU PARTAGE, de la solidarité et du respect de l’autre, enfavorisant l’implication active dans les affaires de notre monde.Tels sont les principes qui unissent les acteurs du réseau et qui reflètent la réalité desengagements et des actions éducatives auprès des enfants du mouvement des PetitsDébrouillards.Brest, le 19 mars 2002
  • 56. 56Annexe 2. Programmation régionale « Rio+20 étendue »
  • 57. 57
  • 58. 58Annexe 3. Toxico TourL’exemple de la problématique de pêche dans la baie de RioCe Toxico Tour présente le problème d’une raffinerie de la baie de Rio de Janeiro. Lespêcheurs de Magé ont été victimes d’une fuite de pétrole le 18 janvier 2000. En accord avecdes études menées par l’université fédérale de Rio de Janeiro, les professionnels témoignentde la diminution des ressources halieutiques. Pour eux, avant l’incident pétrolier, ils collec-taient facilement 70 à 80kg de poisson dans leurs filets. Aujourdhui, ils peinent à avoir unepêche de 5-10 kg. Ces derniers doivent désormais s’aventurer plus loin avec leurs embarca-tions pourtant fragiles et rester plus longtemps pour un résultat peu rentable et non viable. Leproblème est que beaucoup n’ont que ce savoir-faire et peinent alors à assurer leur survie etcelle de leur famille. Outre cette difficulté liée à la pêche, cette fuite de pétrole a aussi touchéles mangroves de la baie. 10 ans après, on observe encore des résidus de pétrole à la surfacede l’eau rendant impossible la pousse de nouvelles mangroves. La zone est complètementdétruite, sans vie. Autrefois pourtant près de 300 familles vivaient grâce à la pêche de crusta-cés et de crabes, comme le témoignent les habitants qui ont tenu à laisser sur place une desembarcations de cette profession maintenant impossible (image ci-dessous).Informations complémentaire sur le sujet :http://aquaculture-aquablog.blogspot.fr/2009/03/au-bresil-8000-pecheurs-ne-valent-pas-5.htmlhttp://aquaculture-aquablog.blogspot.pt/2012/07/bresil-mort-pecheur-petrole-amnesty.htmlInformations générales sur les Toxico Tours : http://riotoxico.hotglue.me/Témoignages des autres cas de problématique environnementale traité :http://blog.debrouillonet.org/Rio+20/index.php/post/2012/06/17/Rio-Toxico-Tour-2012-%3A-Mag%C3%A9http://blog.debrouillonet.org/Rio+20/index.php/post/2012/06/19/TOXIC-TOUR-DUQUE-DE-CAXIAS
  • 59. 59Annexe 4. Liste bibliographique des solutions possiblesà mettre en place par chacunIl s’agit d’une liste d’ouvrages donnée à titre indicatif qui donnent des conseils pratiquesd’actions possibles. De plus certains présentent une réflexion sur l’homme et la nature quipeut ainsi permettre à chacun de se sentir plus concerné et envieux d’agir.- ARTHUS-BERTRAND, 2006. 365 jours pour réfléchir à notre planète. Edition de laMartinière- BARBAULT Robert et al.,1999. Pour que la Terre reste humaine. Edition Seuil- BOURSEILLER P. et al., 2005. 365 jours pour sauver la planète. Edition de laMartinière.- CAUDRELIER Dimitri et ROYNETTE Mathieu, 2009. 100 pionniers pour laplanète : Des solutions pour une croissance verte. Editeur Jean-Claude Lattès.- DE HAUT Paul, 2007. 25 moyens d’économiser son argent et son environnement.Edition Eyrolles.- FRONTREL Nathalie et BRETT Yan, 2001. 100 gestes pour la planète. EditionJacob-Duvernet.- GENTY Bruno et VIRLOUVET Gael. 2009. 24h d’éco-geste à la maison : Agir auquotidien pour la planète. Edition Fleurus- GRAN Iegor, 2011. L’écologie en bas de chez moi. Edition POL- JANKELIOWITCH Anne et BORSEILLER Philippe, 2007. 50 gestes pour la Terre.Edition de la Martinière Jeunesse.- LAFON X et al., 2009. Agir ensemble pour le littoral : Mobilisations scientifiquespour le renouvellement des politiques publiques. Documentation française- LAMBIN Eric, 2004. La Terre sur un fil. Edition le Pommier- MICHEL Rémy, 2005. Agir pour la protection de la nature : le guide des actionsbénévoles. Edition Le Pré aux Clercs.- MONGET Yannick, 2006. Demain, la Terre… Editions de la Martinière- VIBERT E. et BINET H., 2008. 100 réflexes Bio. Alimentation, cosmétiques, mode,maison, enfants : Vivre Bio, c’est facile ! Edition Leduc.S
  • 60. 60Résumé« L’homme est à la fois créature et créateur de son environnement ». Ecrite en 1972 àl’occasion de la première Conférence de l’Environnement de Stockholm, cette phraseintroduit la nouvelle relation qui émerge dans la pensée de la société. L’interdépendance entrele développement de l’homme et la préservation des écosystèmes devient maintenant unchallenge qui nécessite l’implication de tous (points 2 et 7 de la Déclaration de Stockholm,Principe 10 de la Déclaration de Rio 1992). Pour que chacun ait son rôle et ses responsabilitésd’implication, il semble primordial que chaque citoyen soit en premier lieu sensibilisé sur cesquestions d’environnement. La science entre alors en jeu pour permettre de comprendre lesenjeux et pouvoir par la suite construire les solutions les plus adaptées.Cette année 2012, Rio+20 est le nouveau rendez-vous international pour prendre denouvelles décisions sur l’environnement et le développement durable. L’association les PetitsDébrouillards, qui a pour objectif de donner goût aux sciences a saisi cet évènement pourmobiliser la population en Poitou-Charentes sur ces questions et enjeux environnementaux.En envoyant des représentants sur place pour créer un lien entre les deux côtés del’Atlantique, il a aussi été possible d’observer la participation de la société civile des deuxcôtés. Les résultats montrent un clivage entre le peuple et les autorités que ce soit dans lamobilisation, la volonté d’engagement ou encore dans les solutions apportées à travers laprésence de deux forums. L’approche scientifique a été déterminante pour permettre à lasociété civile de s’impliquer. Il en découle une nouvelle orientation où les sciences sontcomplétées par les savoirs profanes plus présents sur le terrain, tout en répondant aux besoinsdes peuples. La Déclaration de Stockholm en 1972 reconnaissait déjà cette nécessité : « Leshommes de toutes conditions et organisations les plus diverses peuvent, par les valeurs qu’ilsadmettent et par l’ensemble de leurs actes, déterminer l’environnement de demain ». Le défipour l’avenir est donc de continuer à construire ces échanges et dialogues entre les différentsstatuts de la société civile afin de définir de manière participative « l’environnement dedemain ».