2012 club les_echos - kurt salmon book

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2012 club les_echos - kurt salmon book

  1. 1. INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100Le Rendez-vous des Leaders Saison 1
  2. 2. SommaireEdito 4« L’ Europe face à la crise »Mathieu PIGASSE - Lazard France - 20 Octobre 2010 5« La communication transformative »Laurent HABIB - Euro RSCG & CO - 17 Novembre 2010 8« La Confiance, moteur de réussite pour l’entreprise »Xavier FONTANET - Essilor - 16 Décembre 2010 12« Pourquoi le logement doit être et va être un enjeu de la Présidentielle ? »Alain DININ - Nexity - 13 Janvier 2011 15« Les nouvelles géographies de la croissance »Gérard MESTRALLET - GDF Suez - 31 Mars 2011 19« Quelles énergies pour quelle croissance ? »Christophe de MARGERIE - Total - 26 Avril 2011 22« Ce que la Banque Postale va changer dans l’univers de la Banque »Philippe WAHL - La Banque Postale - 10 Mai 2011 26« La Société Générale face aux enjeux de la transformation bancaire »Frédéric OUDEA - Société Générale - 14 Juin 2011 29« La SNCF face à la concurrence de la voiture, de l’aérien et du bateau »Guillaume PEPY - SNCF - 22 Septembre 2011 33« Les clés de la compétitivité avec les champions de l’économie Lyonnaise »Bernard DESPREZ - Kurt Salmon, Olivier GINON - GL Events,Frédérique GIRARD - Dermscan,Philippe GRILLOT - CCI Lyon,Eric JAQUET - Jaquet Metal Service - 06 Octobre 2011 36« Piloter une entreprise dans l’incertitude »Thierry BRETON - Atos - 17 Novembre 2011 39« Stratégie d’entreprise à l’ère de la convergence du numérique »Jean-Bernard LEVY - Vivendi - 15 Décembre 2011 43 3
  3. 3. Edito Le Groupe Les Echos, premier groupe d’information économique et financière a lancé en janvier 2010 « Le Club Les Echos-débats » une série de rencontres entre des grands acteurs de la vie économique de notre pays et nos lecteurs. L’ambition du Club Les Echos-débats est de créer des « RV mensuels de l’économie » où un expert économique se trouve confronté aux questions de l’auditoire. François Perol, Jean-Pierre Clamadieu, Stéphane Richard, Jean-Paul Agon ont été nos premiers invités. Henri Gibier, Directeur de la Rédaction Kurt Salmon, cabinet international de conseil en stratégie et management a été partenaire historique du Club Les Echos-débats, qui aujourd’hui a institutionnalisé un rendez-vous de grande qualité avec des acteurs clés de l’économie. Ces rencontres nous permettent, depuis janvier 2010, de partager leur vision de l’économie, passionnés par leur entreprise et l’environnement dans lequel elles voguent. Ils apportent, lors de ces débats et dans un environnement stimulé par la sagacité des meilleurs journalistes des Echos, des consultants Kurt Salmon et des lecteurs des Echos, une contribution de grande qualité à la connaissance de leurs secteurs industriels, à l’avancée des idées et meilleures pratiques des grandes entreprises françaises confrontées et actrices des marchés mondiaux. Chiheb Mahjoub Président et CEO Kurt Salmon Pullman, premier réseau d’hôtellerie « haut de gamme affaires » avec treize adresses en France, a été partenaire tout au long de l’année 2011 du Club Les Echos-débats. Lors de ces rendez-vous mensuels, nous avons pu associer notre marque et nos clients à des rencontres privilégiées entre acteurs majeurs de l’économie et la rédaction des Echos. Ces moments ont été à chaque fois l’occasion d’échanges de qualité, fructueux et passionnants. Denys Sappey Directeur Général Pullman France4
  4. 4. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1« L’ Europe face à la crise » INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100 Mathieu PIGASSE Lazard France 20 Octobre 2010Octobre 5
  5. 5. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100 L e Club / Les Echos - Kurt Salmon, recevait Il faut maintenant plutôt analyser la géopolitique lors de sa 6ème édition le 20 octobre dernier, mondiale en termes de zone mature et zone Mathieu Pigasse, directeur général délégué en croissance. Avec un très net avantage pour de Lazard France. Banquier iconoclaste, issu de cette dernière qui dispose des rentes (réserves la haute administration française, il a surtout fait de matières premières, capital via les réserves l’actualité récemment en prenant le contrôle du de change, travail abondant et peu cher) et du groupe de presse. dynamisme (démographie, gain de productivité, investissement…). Privée de ces soutiens, « Le Monde » (conjointement avec Pierre Bergé et l’Europe risque une marginalisation rapide et une Xavier Niel), après avoir investi l’an dernier dans « les croissance molle et atone pendant des décennies, Inrockuptibles ». prise dans un cercle vicieux de recul des salaires réels, hausse de l’épargne impliquant une baisse C’est devant un parterre très fourni, qu’avec trois de la consommation et de l’investissement, et casquettes il a développé sa vision de « l’Europe délocalisations. face à la crise », en tant que banquier conseil du Pour Mathieu Pigasse, cette situation est gouvernement grec, homme d’affaires qui sait renforcée par l’incapacité de réaction politique dans laquelle se trouve l’Union Européenne, qui s’est privée des leviers traditionnels d’actions de l’économie : politique monétaire qu’elle s’interdit d’utiliser, notamment dans sa composante politique de change, et politique budgétaire, utilisée à contretemps. Enfin, la crise comporte un risque systémique non négligeable, d’explosion du modèle européen, si on ne résiste pas à la tentation de laisser certains pays faire défaut, notamment en raison des risques de contagion. Une sortie de la Grèce de l’Union Européenne pourrait avoir des conséquences dramatiques, ne serait ce que sur les monnaies ou en matière de hausse des taux d’intérêt. « Désespoir certes mais mercenaire tout de même »… L’Europe a les moyens de renouer avec prendre des risques et énarque engagé à gauche la croissance, si elle sait retourner à son profit et (ancien directeur adjoint de cabinet de Laurent investir les tendances lourdes : le vieillissement, le Fabius), proche de Dominique Strauss Kahn. « low cost » et le tourisme… C’est un tableau bien noir, mais non dénué de pistes pour en sortir, qu’il a développé : l’Europe doit faire face aujourd’hui à une crise profonde majeure qui n’est pas uniquement financière mais qui illustre, d’après lui, un véritable changement de paradigme. C’est effectivement en « mercenaire du désespoir », comme le qualifiait Philippe Escande, journaliste aux Echos, que Mathieu Pigasse endosse sa tâche d’aide au redressement de l’Etat grec. Alors que le centre de gravité du monde se situait entre l’Europe et les Etats-Unis depuis plusieurs siècles, cette crise l’a déplacé vers le Pacifique entre Asie -Chine et Inde- et Amérique –USA mais aussi Amérique Latine, avec une exclusion nouvelle et radicale de l’Europe, rendant totalement obsolète la distinction pays développés / pays en voie de développement qui prévalait jusqu’alors.6
  6. 6. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100Aux grands maux, les grands moyens : il s’agit pour protéger les entreprises stratégiques et surtoutde lutter contre la marginalisation de l’Europe et de développer une culture du risque en favorisantcontre une société de rente par une reprise en main l’investissement. Ainsi, les 150 milliards d’euros dedes instruments de politique économique : Aux liquidités dont disposent les entreprises du CACgrands maux, les grands moyens : il s’agit de lutter 40 ne devraient pas être versés aux actionnaires,contre la marginalisation de l’Europe et contre une ce qui dénote d’un manque de stratégie flagrant,société de rente par une reprise en main des instru- mais devraient tirer l’investissement ou bénéficierments de politique économique : véritable relance aux salariés.budgétaire, dévaluation compétitive de l’euro, pilo- Une véritable redistribution de la richesse au niveautée par un Trésor européen centralisé. Il faut éga- mondial pour tendre vers plus d’égalité dans l’accèslement abandonner momentanément les critères à l’école, aux soins et à la sécurité.de convergence trop lourds pour certains pays etqui font peser un risque d’explosion trop important Et c’est encore du côté de l’Allemagne que Mathieuen cette période par- Pigasse va chercher la sor-ticulièrement délicate. tie de la crise « par le hautLes politiques restric- », en mettant en place untives actuelles aggravent vrai fédéralisme budgé-la tension sociale accen- taire et fiscal, à l’instar detuée par la déformation ce que l’unification de 16de plus en plus flagrante länder, basée sur le prin-depuis quelques années cipe de l’égalité du niveaudu partage de la valeur de vie des citoyens, cou-ajoutée, en faveur des plée avec une péréquationentreprises et au détri- et même un Le systèmement des salariés. fiscal est, d’ailleurs, actuel- lement inefficace économi-En ce qui concerne plus quement et injuste socia-spécifiquement la crise lement, pénalisant plus lesociale que traverse la travail que la successionFrance, Mathieu Pigasse ou le capital. Mathieu Pi-en a profité pour fustiger gasse a ancré à gauche sala méthode Sarkozy : si le recul de l’âge légal de la position en considérant que les inégalités ne sontretraite lui parait justifié par le rallongement de la pas naturelles mais sociales et que l’héritage, quivie et les impératifs financiers, il regrette la forme, constitue la principale injustice mériterait une taxa-le passage en force, le peu de concertation et le tion importante. Une taxe Tobin sur les transactionsmanque de pédagogie du gouvernement sur ce financières serait d’après lui, tout à fait opportunedossier. Il dénonce également sur le fond, l’injustice et efficace, si décidée dans un cadre véritablementsur les modalités d’application qui pèsent surtout international, ce qui est possible, et permettrait ver-sur les femmes et ceux qui ont débuté tôt dans la sement de l’Etat fédéral si besoin. C’est un « surcroitvie professionnelle, et les modalités de financement d’intégration européenne » qui est nécessaire, avecde cette réforme. la mise en place de transferts internes consistants et de mécanismes de solidarité. Mais rappelonsLa situation de la France s’est particulièrement que c’est tout de même aussi l’Allemagne qui, endégradée, notamment en terme de compétitivité empêchant l’Europe de réagir rapidement à la crisepar rapport à l’Allemagne, qui a fait des choix grecque, comme elle aurait pu le faire, a laissé le feupolitiques « assurés et assumés » depuis 15 ans : se propager et encore elle qui refuse le rééchelon-il suffit pour cela de comparer le redressement nement de la dette proposé par le FMI.de sa balance commerciale à la dérive française.Outre Rhin, les entreprises, repositionnées sur la Il y a une urgence à réagir et le couple franco-production de biens intermédiaires, bénéficient allemand doit redevenir un moteur pour l’Europe,de la croissance des pays non matures. Certes, pour arrêter de subir la politique des Autres,certaines entreprises françaises sont des leaders redonner les moyens d’une action économique,multinationaux qui bénéficient de la création notamment en acceptant de tendre la main auxde richesse dans les zones émergentes, mais la plus faibles de ses membres, au risque de sombrerfaiblesse du capital conjuguée à l’agressivité des sinon avec eux.fonds souverains émergents et des investisseurs du« Sud » les fragilisent. Il serait d’ailleurs utile de Fabrice Albizzatimettre en place un système de « Golden Share » Associate Partnereuropéenne, comme il en existe outre-atlantique fabrice.albizzati@kurtsalmon.com Marie Garnier Directeur marie.garnier@kurtsalmon.com 7
  7. 7. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 « La communication INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100 transformative » Laurent HABIB Euro RSCG & CO 17 Novembre 2010Novembre8
  8. 8. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100L ors de sa 7ème édition le 17 novembre dernier, constant est en train de conduire nos sociétés le Club Les Echos, recevait Laurent Habib, dans une impasse où les idées, les talents et les Président Directeur Général de l’agence énergies sont sacrifiés sur l’autel du résultat àEuro RSCG C&O et Directeur Général du Groupe court terme.Havas en France. Expert reconnu des marques Un exemple marquant est celui de laet de la communication d’entreprise, il vient de communication financière qui en étant devenuepublier en septembre dernier un essai critique trimestrielle oblige certains patrons, qui en ontintitulé « La communication transformative ». La fait le choix, à s’exposer trop régulièrement aucommunication a alors pour lui un pouvoir réel car risque de se banaliser ; d’autres plus prudentselle a « la puissance de transformer ». ont pressenti le risque et ont alors laissé plus de place à leur garde rapprochée, en particulier à leur directeur financier, au cours de cette exercice imposé. Selon Laurent Habib, trop communiquer a tendance à détruire la valeur de sa propre parole. Ce qui est d’autant plus vrai pour les patrons des entreprises. Les patrons qui s’exposent pour ne rien dire se mettent alors considérablement en danger. Il est même préférable pour eux de s’exposer le moins possible, ce que confirme d’ailleurs une étude publiée récemment par l’Observatoire de la réputation, la réputation des patrons est meilleure lorsque ceux-ci s’exposent moins. Laurent Habib préconise également aux patrons de ne pas parler de l’extra-professionnel car cela tend à les « peopliser », à l’image des hommes politiques de nos jours. Ce qui peut s’avérerLaurent Habib porte ainsi un regard neuf sur le nuisible pour eux mais également pour leurrôle de la communication dans la création de entreprise, à l’exception peut-être des dirigeantsvaleur contemporaine et dans l’accompagnement de la Net Génération pour qui cela peut s’avérerdes transformations de l’économie et de la utile.société. Il y décrypte les dérives de la sociétéde communication moderne qui ont fragilisél’expression des figures d’autorité, accéléré lescrises du politique, des médias, de l’entreprise etdes marques et contribué à la déstabilisation denos sociétés.« A la lumière des propositions faites dans sonouvrage, Laurent Habib est invité à s’exprimerplus spécifiquement sur le thème de ce débat :« Les patrons ont-ils raison de communiquer ? ».Pour ouvrir le débat, Laurent Habib pose unequestion centrale : « Trop de communication netue-t-elle pas la communication ? »Selon lui, de nombreuses analogies existent entreles crises que vivent actuellement le politique, lesmédias, l’entreprise et les marques. La principaleest la dissociation entre « le parlé » et « l’agir »,ce qui conduit indéniablement vers la perte d’un Les patrons devraient alors plutôt communiquercapital de parole vraie pour ces figures d’autorités. sur des sujets qu’ils apprécient ou qui sont relatifsIl faut alors éviter de dissocier la parole des actes, à leur travail, leur expérience, leur expertise.au risque de perdre en crédibilité. En clair, revenir Recommandation qui s’adresse encore plus à cesà l’adage populaire consistant à « dire de ce que patrons qui ne sont pas des communicants horsl’on fait et faire ce que l’on dit ». pair. Laurent Habib souhaite les aider à chercher le discours qui se prête le mieux à leur profil. Mais leUn des facteurs qui a conduit nos sociétés à mieux reste tout de même pour eux de limiter leurcette situation est le rythme de parole qui est communication : un patron qui communique peudevenu beaucoup trop fréquent. Notre système est d’autant plus fort que sa marque communiqueétant ancré dans les médias, ceux-ci ont imposé beaucoup ; la marque étant cet agrégateur desle temps court, de plus en plus court, en reniant actifs immatériels de l’entreprise.le temps long. Cette dynamique de changement 9
  9. 9. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100 Et quand la marque-patron est trop présente, « Il propose un changement méthodologique, quand le patron se substitue à son entreprise, une réflexion sur l’évolution des métiers de la cela constitue un risque majeur pour la pérennité communication et une nouvelle éthique capables de l’entreprise. de redonner à la communication son utilité et sa légitimité dans le monde de l’après-crise ». Laurent Habib dénonce ensuite fermement le consensus mis en avant par de nombreuses Un bon exemple de communication transformative entreprises qui considèrent, telle une idée décrit par Laurent Habib est celui de McDonald’s merveilleuse, que le succès est bénéfique pour France qui a su faire évoluer sa communication toutes ses parties prenantes : les clients, l’interne, très axée « produits » vers une communication les actionnaires. Mais cela n’est en réalité de marque. Les dirigeants de McDonald’s possible que pour des entreprises qui affichent ont commencé à réinvestir la communication une croissance très soutenue, comme Google différemment en participant au salon de par exemple. Laurent Habib propose alors aux l’agriculture, à des salons environnementaux, en entreprises de rentrer dans un vrai engagement, faisant un effort sur l’employabilité, en mettant de le dire et de le faire comprendre. Elles doivent en scène leur rôle d’employeur (communication raconter des histoires plus autour du rôle important fortes dans lesquelles que l’entreprise joue elles s’impliquent plus en tant qu’employeur dans la société, dans des jeunes qui ont lesquelles leurs produits tant de mal à trouver ont plus de sens. un premier emploi) et Les entreprises doivent même en changeant la surtout communiquer couleur de leur logo ! sur ce qu’elles font Ils ont alors réalisé une concernant les difficultés communication globale. qu’elles traversent ou Une communication qui sur les transformations a porté ses fruits car elle qu’elles mènent, plutôt a su redorer son image. que de les masquer. Pour aborder une En guise de conclusion, communication plus Laurent Habib clos ce saine, il est alors débat en énonçant, pour nécessaire de parler de lui, le triptyque idéal la transformation, d’assumer les confrontations de la communication : cohérence – singularité avec la société, avec les clients, avec l’interne ou – authenticité. Car il ambitionne de rendre à la les actionnaires. communication tout son rôle dans l’économie contemporaine, en faire l’instrument privilégié Pour Laurent Habib, il est nécessaire de passer des stratégies des entreprises, le bras armé d’une logique de manipulation à une logique de de la vision des dirigeants. Cela engage un contractualisation, c’est-à-dire à un échange de véritable renouveau éthique qui consiste, pour volontés entre l’entreprise et ses actionnaires, ses les communicants, à prendre conscience de leur salariés et ses clients. Cette logique d’échange de responsabilité vis-à-vis des marques. volontés est souhaitable pour la valeur durable Pour la cohérence, les communicants ne devront des entreprises. pas seulement s’assurer qu’à chaque occasion de Dans une période de crise, il est convenu que contact l’expérience de la marque est consistante, les entreprises préfèrent moins communiquer ils devront s’en assurer dans le temps, au fil pour éviter d’exposer à ses parties prenantes des mois et des ans, au fil des changements les difficultés qu’elles traversent au risque d’interlocuteurs, des tendances. de perdre leur confiance. Mais pour Laurent Pour l’authenticité, les communicants devront Habib, les entreprises doivent comprendre que veiller à ce que les messages émis soient rendus la communication non maîtrisée dépasse et légitimes au regard de l’idée que les publics se dépassera toujours la communication maîtrisée. font de l’émetteur, de son histoire, de son identité, Dans cette nouvelle ère régie par Internet, les et ce, tout au long de l’accompagnement au entreprises ne sont plus seules propriétaires de changement. Enfin, ils devront s’assurer de la leur communication. La solution proposée par singularité des messages : ce qui ne signifie pas Laurent Habib est justement la « communication seulement que le discours de la marque sera à transformative », une communication qui vise à la fois différent et différenciant, mais que son favoriser et accompagner des transformations propos osera l’inédit, acceptera le débat. créatrices d’une valeur durable. Avec celle-ci, il Philippe Pestanes pose les bases d’un projet de sortie de crise. Associé philippe.pestanes@kurtsalmon.com Adrien Bourreau10 Senior Consultant adrien.bourreau@kurtsalmon.com
  10. 10. INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100Kurt Salmon, partenaire depuis sa création.Signe d’exceptionKurt Salmon est un cabinet de conseil en transformation des entreprises. Le cabinet estaujourd’hui présent sur l’ensemble des principaux marchés mondiaux en Amérique duNord, en Asie et en Europe et compte plus de 1400 consultants. Sa vocation est d’apporteraux dirigeants des entreprises un conseil et des idées originales et expertes qui ont unimpact direct et concret sur la réussite de leurs projets et, en particulier, sur leurs projetsde transformation.
  11. 11. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 « La confiance, moteur Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100de réussite pour l’entreprise » Xavier FONTANET Essilor 16 Décembre 2010DECEMBRE12
  12. 12. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100P our sa 8ème édition sur le thème “La confiance, Au premier rang desquelles Jean-Jacques moteur de la réussite pour l’entreprise”, le Rousseau dont la critique de l’économie de marché club / Les Echos – Kurt Salmon a eu le plaisir inspira les théories fondatrices du socialisme.de recevoir Xavier Fontanet, Président du conseil Plus tard, ce fût à Napoléon III d’être plus moquéd’administration du groupe Essilor, auteur du que reconnu pour les orientations libérales dulivre Et si on faisait confiance aux entrepreneurs Second Empire. Et c’est ainsi que la France s’est- L’entreprise française et la mondialisation. installée dans un puissant ressenti face à la culture économique. Même la force libérale insufflée parA la sortie de l’Ecole des Ponts et Chaussées et du les grands entrepreneurs que sont Marcel DassaultMIT, Xavier Fontanet rencontre Bruce Henderson, et Ferdinand de Lesseps n’aura suffi à infléchir lafondateur du BCG, auprès duquel il acquiert une trajectoire.pratique avancée de la stratégie des entreprises.Puis il prend successivement la direction de Xavier Fontanet affirme alors que les français sontBénéteau, d’Eurest et d’Essilor capables de « faire des merveilles »qu’il rejoint en 1991. En 2010, et ne doivent plus avoir peur deHubert Sagnières lui succède en la mondialisation. En reprenanttant que directeur général, ce qui l’expérience d’Essilor, il démontreoffre à Xavier Fontanet le temps que ce groupe, parmi les plusd’écrire son livre, à la fois plaidoyer mondialisés, au sein duquel lesde l’économie de marché et petit activités françaises représententprécis à destination du manager. moins de 10% du chiffreA l’origine, sa rencontre avec Alain d’affaires pour 5% des volumes,Peyrefitte et leur souhait commun a construit son développementd’écrire leurs visions croisées des sur l’ouverture d’esprit, lamondes politique et économique. capacité des collaborateurs à prendre des risques et à assumerDédiée à la présentation de son le changement, trois postureslivre, cette conférence a été rendues possibles par le soclel’occasion pour Xavier Fontanet de la confiance constammentd’exprimer comment grâce à renouvelée. C’est aussi ce socleune stratégie claire : conquérir le qui a conduit Essilor à nommer lemarché mondial, et des approches Directeur des activités chinoises auadaptées à chacun des ensembles sein du Conseil d’Administration,socioculturels, le groupe Essilor a faisant d’Essilor le premier groupenoué des relations privilégiées de du CAC40 à installer un asiatiqueconfiance entre Management et salariés. à la tête de sa gouvernance.A la première question de Philippe Escande des Du point de vue de l’organisation de l’entreprise,Echos sur la façon dont la confiance peut constituer le système d’actionnariat salarié, implantéun nouveau modèle de gouvernance, Xavier historiquement lors de la création du groupeFontanet s’attache à préciser ce qu’il considère Essilor par la fusion entre la coopérative ouvrièreêtre un « mécanisme vertueux ». La confiance est Essel et la maison Silor, constitue un autre pilierun puissant moteur de changement dès lors qu’elle fondateur. Chez Essilor, le dirigeant est appelé àest fondée sur un mécanisme de réciprocité : pour rendre des comptes aux salariés en Assembléeque les collaborateurs aient confiance en leur Générale et assume de « s’entendre dire lesmanagement, il est nécessaire que le management choses  ». Pour le dirigeant, un vote de confianceait d’abord confiance en lui-même. des actionnaires se traduisant par 80% et non 98% des suffrages ne constitue pas un échec mais bienCe à quoi il ajoute que « seule l’élaboration d’une un appel à la remise en cause. Pour les 8 000 salariés stratégie intelligente de l’entreprise permet l’ad- actionnaires (sur les 40 000 du groupe), ce systèmehésion et la confiance dans l’entreprise ». est la garantie d’une possible appropriation de l’entreprise, du respect de la dignité des femmesEn extrapolant plus largement à la situation et des hommes qui la composent et du principefrançaise, Xavier Fontanet établit un lien direct de la solidarité dans la prise de risques. C’estentre le manque de confiance accordée aux sur la base de ces valeurs et de ces convictionsentreprises et la difficile acceptation des bonnes que le directeur de la filiale chinoise a obtenu uneperformances publiées par les entreprises, dérogation de l’Etat chinois pour pouvoir associersouvent perçues comme signe d’arrogance. Il ses employés au capital. En ces temps de crise,fait alors appel à Jean de La Fontaine et sa fable Xavier Fontanet observe que ce système, vertueux« La laitière et le pot au lait », pour expliquer et créateur de confiance, fait l’objet de nombreusescomment des générations entières d’écoliers demandes d’informations et estime aujourd’hui qu’ilfrançais ont appris à se moquer de l’entrepreneur. est largement transposable.Puis au colbertisme des règnes de Louis XIV et deNapoléon I, à qui succèdent les Lumières. Enfin, Xavier Fontanet souligne qu’être chef d’entreprise consiste à défendre et promouvoir l’intérêt général. 13
  13. 13. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100 Au sujet de l’éducation économique, l’objectif annoncé par Xavier Fontanet est que l’ensemble des élèves sachent ce que sont un bilan et un compte de résultat et que les ponts entre l’Enseignement et l’Entreprise soient renforcés. Au sujet de la recherche, Xavier Fontanet affirme au sujet de son expérience chez Essilor, qu’elle constitue un des piliers à part entière de la confiance. L’effort d’innovation sur les produits est complété par un effort d’innovation sur les services, y compris informatiques. Xavier Fontanet associe d’ailleurs naturellement les 5% de CA d’Essilor dédiés à la R&D aux 5% dédiés à l’informatique et au développement des services. Il conclut en annonçant que le lien entre l’innovation et la puissance informatique supprime la distinction En cela, il assume son opposition frontale entre les entreprises industrielles et les entreprises au discours récurrent de la classe politique de service. Il appelle enfin à un renforcement de qui chercherait à réduire la fonction de chef la notion de propriété intellectuelle, indispensable d’entreprise à la seule défense des intérêts pour préserver la recherche. particuliers. Il ajoute même que la concurrence en étant source de création de mieux-être est Au sujet de la mondialisation, il insiste sur le fait une des conditions de la promotion de l’intérêt qu’un développement international réussi appelle général. Par exemple, dans le secteur de l’optique, de la part des entreprises de ne pas imposer c’est bien grâce aux dynamiques concurrentielles un modèle mais de s’adapter aux contraintes entre les japonais - souvent myopes et experts des socio-économiques des pays. Dans le cadre de techniques d’affinement des verres, et les français son développement indien, Essilor a adapté - souvent presbytes et spécialistes des verres sa stratégie de distribution au plus proche des progressifs, que les techniques optiques se sont pratiques des populations, en installant un améliorées et que les verres sont devenus de plus système de commercialisation plus proche des en plus innovants et performants. Au contraire, foires moyenâgeuses que de l’actuel réseau l’endettement rapide de l’Etat qui pèse sur l’avenir de distribution des opticiens français. Grâce des générations futures contraint lourdement à cela, Essilor a considérablement pu réduire les économies privées, étant entendu que la le coût complet des montures et permettre dette aujourd’hui équivalente à un an de PIB est le développement du marché indien avec des directement portée par les contribuables que sont lunettes à 5 dollars. Essilor est en cours de réflexion les particuliers et les entreprises. pour étendre ce modèle à l’Afrique. A l’issue de la présentation, les nombreuses En conclusion, Xavier Fontanet rend un ultime questions émanant des participants ont permis à hommage au Groupe Essilor en saluant les produits Xavier Fontanet de préciser ses positions l’impact du futur. Si les expérimentations très innovantes de la pression des marchés sur l’entreprise, sur permettent dès aujourd’hui à des aveugles de voir l’éducation et l’économie, le rôle de la recherche et grâce à la langue, les produits à l’impact le plus de l’innovation, les défis de la mondialisation et sur fort demeureront les verres capables de diminuer les produits Essilor du futur. la fatigue des yeux. Et les verres correctifs ont de beaux jours devant eux car, selon des études En réponse à la question de Philippe Burucoa, australiennes, canadiennes et chinoises, bien voir associé membre du Comité Exécutif de Kurt permettrait d’allonger la durée de vie ! Salmon, à propos du découragement de certains clients à n’être jugés que sur la base d’indicateurs financiers, Xavier Fontanet confirme que la confiance et la performance découlent d’une stratégie maîtrisée et des savoir-faire dans les métiers de l’entreprise. Il oppose alors le modèle anglo-saxon, marqué par le management financier, excellent dans les entreprises rapides, nécessitant de faibles capitaux, et les modèles des japonais, coréens ou allemands, capables de réaliser des investissements plus lourds et rentables à plus long terme. Airbus, et sa progression continue par rapport à Boeing, permet d’illustrer la force de ces Philippe Burucoa modèles. Associé membre du Comité Exécutif philippe.burucoa@kurtsalmon.com14
  14. 14. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 « Pourquoi le logement INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100doit être et va être un enjeu de la Présidentielle » ? Alain DININ Nexity 13 Janvier 2011 janvier 15
  15. 15. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100 P our sa 9e édition le 13 janvier dernier, le Club jusqu’à 2 000 000 de personnes d’accession à la Les Echos / Kurt Salmon a reçu Alain Dinin, propriété. Les principaux leviers qui favoriseraient Président Directeur Général de NEXITY, pre- la diminution du prix du logement seraient soit une mier opérateur intégré de France. Egalement pré- augmentation de l’offre de logements, soit une di- sident du conseil de surveillance de LAMY, vice- minution du prix intrinsèque du coût de production président du conseil d’administration du crédit du logement neuf. Foncier, professionnel et expert de l’immobilier, il analyse à un an de l’élection présidentielle l’im- En France, contrairement à ce qui se passe en Es- portance de l’immobilier en général et du besoin pagne ou aux Etats-Unis le logement neuf privé en logement en France en particulier et propose se fabrique dans la vente en l’état futur d’achève- quelques leviers pour en résorber la pénurie. ment. Les promoteurs maîtrisent leurs risques et ne construisent donc que ce qui a été pré-vendu ce qui Lors d’un récent sondage, la question du logement exclut une diminution des prix par une surproduc- est en 6e position des préoccupations des Français, tion de logements neufs au regard de la demande. gagnant un rang depuis 2006. Elle recouvre plu- Sans intervention, les seuls mécanismes du marché sieurs dimensions : le mal-logement qui touche 10 ne peuvent conduire ni à une surproduction ni à la millions de Français selon la Fondation Abbé Pierre diminution des prix associée. et aussi l’accession à la propriété de plus en plus difficile en raison de la L’investissement locatif cherté des biens. favorise la production de logements. Tradition- Dans le même temps, nellement les institutions le besoin de logements financières et les inves- s’accentue avec la crois- tisseurs institutionnels sance de la population étaient mobilisés pour et le mouvement vers les soutenir ces investisse- villes : 92% de la popu- ments. Aujourd’hui ces lation française sera ur- acteurs se retirent du baine dans 20 ans, soit en marché en raison de sa Ile-de-France 4 millions faible rentabilité relative. de personnes supplé- Un modèle économique mentaires. fondé sur la création de foncières privées louant Le Président de la Répu- des logements - fon- blique avait estimé en cières complémentaires 2007 le besoin annuel aux bailleurs sociaux - de logements à 500 000. En 2010, la production permettrait de renforcer l’offre. Le système des fon- a atteint 400 000 logements. Sur la seule région cières fonctionne bien en Allemagne. Ile-de-France, le secrétaire d’Etat au logement sou- haiterait une production annuelle de 70 000 loge- Par ailleurs, pour favoriser l’investissement loca- ments alors que seule la moitié de cet objectif a été tif des particuliers, il faut pouvoir desserrer l’étau produit l’an passé. Le déséquilibre subsiste donc. autour du propriétaire. Le dispositif de la loi Sellier est à ce titre un bon outil : il permet aux particuliers « Pour Alain Dinin, la problématique est double : il d’acheter et de se composer par exemple un com- faut faciliter l’accession à la propriété et accroître la plément de retraite. Cela ne fonctionne qu’à condi- production de logements ». tion d’acheter dans une zone où il y a une demande de logement. Ensuite, la gestion du bien peut être L’objectif n’est pas de faire une France de pro- confiée à un opérateur sérieux qui garantira le paie- priétaire. 56% de la population française l’est au- ment des loyers. jourd’hui. Les 44% restant n’ont pas voulu être pro- priétaires ou plus certainement ne l’ont pas pu en L’accroissement de l’offre peut aussi passer par la raison des prix élevés. On constate une forte élas- reconversion en logements des bureaux devenus ticité de la demande au prix : une variation de 50€ obsolètes. sur les mensualités de remboursement peut priver16
  16. 16. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100 Pour Alain Dinin, « le politique doit s’emparer du sujet et y réfléchir de façon globale ». Le logement est avec le travail et la santé l’un des pôles du trépied du « vivre ensemble ». Les sujets liés à la politique de la ville forment un tout dont les dimensions sont aujourd’hui trop cloisonnées : logement social / logement privé, mixité sociale, organisation des villes, transports… Par exemple, la problématique du Grand Paris ne vise pas seulement un problème de transports, on peut s’interroger sur le logement des salariés par leurs employeurs. L’éclatement actuel des sujets est reflété par l’organisation ministérielle. Pas moins de 5 ministres différents traitent de ces questions. Outre l’éclatement des thématiques, la question est abordée administrativement, par commune. Or, laPar ailleurs, au-delà de l’effet volume, la diminution densité du tissu urbain invite à une réflexion supradu prix peut être obtenue via une diminution du territoriale, intercommunale.coût intrinsèque de la production du logementneuf, composé du coût de la construction, du coût La question du logement et de la ville est trèsde commercialisation, de la marge des opérateurs technique. La pérennité de l’action politique est unet de la TVA. facteur clef de réussite. En 30 ans, 22 ministres se sont succédés. Le politique doit penser la ville deLe coût de la construction représente 50% du coût demain, pour le vivre ensemble. Les grands travauxfinal. Il est assez peu flexible et est plutôt sur une du Baron Hausmann ont eu le mérite de porter unepente ascendante compte tenu de la densification ambition politique. Pour autant ces travaux ont étédes normes. A titre d’exemple, 100% de logements à l’époque très décriés. La limite de raisonnementsaccessibles handicapés dans un immeuble neuf généraux qui conduiraient par exemple à ajouter unrenchérit de 8% le coût de la construction ; le coût étage à tous les immeubles est qu’individuellement,du développement durable est estimé à 5-6%. la solution ne serait pas acceptée.Si l’objectif n’est pas de revenir sur les normesétablies, les sujets doivent être priorisés, notamment L’enjeu du logement doit être vu dans sonau regard du nombre de mal-logés. ensemble. Sans le réduire à une problématique de logement social ou de logement privé, de locationLe foncier représente 20% du coût final. A Paris, ce ou d’acquisition mais dans son objectif ultime :coût s’élève à 50% et peut même atteindre 60%. permettre de bien loger les français. Dans cePour diminuer ce poids, plusieurs pistes peuvent être cadre, alors que les think tank prennent cet enjeuenvisagées. L’allègement des règles de l’urbanisme à leur compte, il est essentiel que les candidats àpourrait permettre la densification des villes en l’élection présidentielle puissent se positionner surélargissant la réflexion sur les zones constructibles : ces questions qui nécessiteraient d’être revisitéesautour des gares, espaces verts, zones inondables, ou régulées différemment.parkings périurbains ; en permettant la constructiond’immeubles plus hauts, moyen de rentabilisationdes projets de construction ; en allégeant lesobligations légales, la loi SRU imposant aux élusde fabriquer les équipements qui vont avec leslogements, limitant ainsi leur développement.La marge des opérateurs peut être réduite s’ilspeuvent compenser par un effet volume en ayant lacapacité de produire plus de logements.Enfin, la TVA est élevée : 19,6% sauf dans les zonessensibles de revitalisation urbaine. Elle est moinsélevée dans d’autres pays d’Europe. Ludovic Legendre Associate Partner ludovic.legendre@kurtsalmon.com 17
  17. 17. en partenariat avec INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100 a déjà reçu depuis sa créationFrançois Pérol Président du Directoire de la BPCE (janvier 2010) Jean-Pierre ClamadieuPrésident-directeur général de Rhodia (avril 2010) Pierre Kosciusko-Morizet Président co-fondateurdu Groupe PriceMinister (mai 2010) Stéphane Richard Président-directeur général de France Telecom-Orange (juin 2010) Jean-Paul Agon Directeur général de L’Oréal (septembre 2010) MatthieuPigasse Directeur général délégué de Lazard France (octobre 2010) Laurent Habib Présidentdirecteur général de l’agence Euro RSCG C&O (novembre 2010) Xavier Fontanet Président du GroupeEssilor (décembre 2010) Alain Dinin Président-directeur général de Nexity (janvier 2011) GérardMestrallet, Président-directeur général de GDF Suez (mars 2011) Christophe de Margerie,Président-directeur général du Groupe Total (avril 2011) Philippe Wahl, Président du Directoire de LaBanque Postale (mai 2011) Frédéric Oudéa, Président-directeur général de la Société Générale (juin 2011) Avec le soutien de
  18. 18. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100« Les nouvelles géographies de la croissance » Gérard MESTRALLET GDF Suez 31 Mars 2011 Mars 19
  19. 19. Le rendez-vous des Leaders - Saison 1 INEUM Kurt Salmon QUADRICHROMIE INE_06_0409_Logo_CMYK 14/12/2010 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE M100 Y100 Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 Web : www.carrenoir.com M65 Y100 Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS3. K100 P our sa 10ème édition, le club Les Echos forme le vivier des talents et des énergies qui Débats en partenariat avec Kurt Salmon, permet de dépasser les frontières, dans une Bouygues Telecom Entreprises et les hôtels démarche industrielle et humaine. C’est au titre de Pullman, recevait Gérard Mestrallet, Président l’équilibre entre le développement à l’international Directeur Général de GDF Suez, autour du thème et l’enracinement que le groupe GDF Suez a investi : « Les nouvelles géographies de la croissance ». 14 milliards d’Euros en France et recruté 30 000 personnes (sur 107 000 salariés en France, soit Henri Gibier, directeur de la rédaction des Echos, et la moitié des effectifs du groupe), au service de Philippe Escande, éditorialiste, ont ouvert le débat projets de terminaux méthaniers, de réseaux gaziers par une présentation de Gérard Mestrallet, son par- et à travers la plus importante augmentation des cours de 30 ans, démarré chez Suez dont il devient capacités électriques nationales : 2 200 MW en 3 Président Directeur Général en 1995 avant d’amor- ans dont 1 200 MW de cycles combinés et 1 000 cer une transformation de 15 ans, à travers l’achat MW de technologies renouvelables, essentiellement de 200 entreprises et six mariages : entre Suez et éoliennes, faisant de GDF Suez le leader de l’éolien la Lyonnaise des Eaux, puis avec la Générale de français. Dans cette conception dynamique de Belgique, Tractebel et Electrabel, GDF et, depuis le l’entreprise, Gérard Mestrallet considère que la prise 3 février 2011, avec le n°2 mondial de la production de risques est couverte par l’enracinement, qui électrique indépendante, International Power. Avec permet de présenter un bilan solide. GDF Suez est un chiffre d’affaires de 80 milliards d’Euros et 200 ainsi la première entreprise à contracter un emprunt 000 salariés présents sur l’ensemble des continents, de 4,5 milliards d’Euros à 100 ans, avec un Credit GDF Suez, 1er producteur d’électricité mondial, n’est Default Swap (CDS) situé entre les CDS des états paradoxalement toujours pas parvenu à s’imposer français et allemands. comme exploitant nu- cléaire en France. Ce rêve Philippe Escande ap- peut-il être contraint par pelle Gérard Mestrallet les lendemains désen- à éclairer les impacts chantés de la catastrophe de la catastrophe ja- nucléaire japonaise ? Quels ponaise. Cette crise nouveaux moteurs au ser- conduit-elle GDF Suez vice d’une union originale à revoir son intention entre un électricien belge de devenir exploitant et un gazier français ? en France ? Peut-elle mettre un terme à la En premier lieu, Gérard relance nucléaire mon- Mestrallet revient sur diale ? Gérard Mestrallet les conditions de l’édifi- formule quatre priorités cation du Groupe GDF face à la crise : d’abord Suez. Il souligne le temps stopper la catastrophe, important dans lequel puis prendre le temps se sont inscrits les déve- de l’analyse des consé- loppements internationaux, fondés sur les savoir quences, conduire les stress tests sur l’ensemble faire d’ingénierie que recouvrent les activités de des centrales européennes, avant d’envisager tout construction et d’opération d’infrastructures telles nouveau développement. Il considère qu’il n’est pas que les centrales thermiques et les terminaux mé- raisonnable, en l’état actuel de la catastrophe, de thaniers. Il insiste sur le rôle moteur de la recherche se prononcer sur le temps que prendra la sortie de de leadership : en 10 ans, GDF Suez est devenue crise. Il souligne que toute démarche devra être pla- l’entreprise la plus présente au Moyen Orient, par la cée sous le sceau de la solidarité des exploitants construction de 25 000 MW de capacité électrique, européens, dans le cadre d’une action concertée à complétés des nécessaires facilités de dessalement. l’échelle internationale. En France, il appelle à dis- L’alliance avec International Power, nouée sur des tinguer dans le débat deux sujets fondamentaux : apports d’actifs, sans consommation de cash, s’est l’état du parc français et les ambitions de la filière également nourrie de la recherche d’un leadership nucléaire française à l’international. consolidé. Il formule enfin le postulat qu’il ne peut y avoir de développement international réussi sans L’ensemble des centrales nucléaires du parc fran- un enracinement continu de l’entreprise dans son çais seront testées d’ici à la fin 2011, dans le cadre territoire d’origine. du programme européen qui porte, lui, sur 143 cen- trales. A cette échéance, chacun verra clair sur les Gérard Mestrallet avoue avoir une conception besoins en travaux, les cas de fermeture, et pourra biologique de l’entreprise dont la base domestique alors mesurer l’impact réel du processus.20

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