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Creations Lingerie-3 2010 by Juliette Dekeyser

  1. 1. 40 ans lingerie:Gabarit 230 x 300 28/07/10 15:36 Page 3 pour répondre à cette nouvelle demande. Les sous-vêtements doivent se faire oublier et être fonctionnels. Dans cette optique, la marque Huit envahit le marché avec sa petite boîte en plastique qui contient un slip et un soutien gorge. « Sans pince, sans couture, sans fermeture, sans tralala » annonce la publicité. Un ensemble simple et utilitaire à l'instar des nouveaux codes beauté. Playtex, qui avait créé « Cœur croisé » dans les années 1960 (le premier soutien-gorge à armatures non métalliques), lance en 1971 la première gaine sans baleine « 18 heures » extensible dans tous les sens, et en 1973 une gaine-culotte nommée « Incroyable » grâce à sa légèreté (59 grammes). La marque américaine permet de garder un ventre plat tout en respectant la liberté de mouvements. La couleur est aussi une notion importante des années 70, notamment pour les collants, ce qui permet aux femmes de porter des minijupes sans souci de transparence. Dim invente même, en 1973, un kit de teinture qui permet aux femmes de colorer les collants. Comme le remarque Anne Zazzo, ce sont aussi dans les années 70 que la lingerie apparaît pour la première fois sur les podiums. Vivienne Westwood est, en effet, la première créatrice à inclure de la lingerie dans ses défilés. Les modèles sont présentés au-dessus des vêtements, véritable révolution à l’époque. D’autant plus que la créatrice a déjà fait scandale à l’occasion de l’ouverture de son magasin londonien « Sex » (en 1974), mettant au goût du jour une lingerie provocante, jusqu’alors présente uniquement dans les sex-shops. Un tournant dans la lingerie semble progressivement s’amorcer. D’ailleurs, le musée Galliera orchestre sa toute première exposition lingerie en 1978, baptisée « Secrets d’élégance ». Les années 1980 renouent avec la séduction et vouent un culte au corps Les codes de beauté des années 80 marquent le retour d'une lingerie séduisante et féminine. C’est le diktat du corps parfait: jambes vertigineuses, poitrine généreuse et épaules larges, sous l'impulsion notamment de l'aérobic importée des Etats-Unis. « Les années 1980 voient l’explosion du corps. L’élasthanne entre en scène dans le prêt à porter et la lingerie, ce qui permet un véritable épanouissement du corps », explique Catherine Örmen. « En plus de cela, les régimes et la chirurgie esthétique forment un moule, celui des tops models, devenues égéries de la beauté », ajoute-t-elle. Pour Anne Zazzo, la fibre lycra® (découverte en 1959) intégrée au processus de fabrication de la lingerie (dentelle, collants etc) est bien l’innovation marquante des années 80. Enrichis d’élasthanne, les collants se portent désormais très près du corps, à l’instar « des collants Diam's » de Dim. La marque révolutionne aussi l’univers des bas en 1986 avec ses « Dim-up » qui Catherine Örmen, historienne de la mode. Catherine Örmen, a fashion historian. Anne Zazzo, conservatrice en chef au musée Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris. Anne Zazzo, chief curator at the Galliera Museum, the Fashion Museum of the City of Paris. time wanted functional underwear, not necessarily sexy”. Young women no longer wanted to wear “prehistoric strapping”, symbols of bourgeois oppression and macho values; they preferred not to wear anything under their sweaters. “In France, we were free to take the pill in 1967, the right to abortion came in 1975, and people intentionally turned away from ‘sexy’. At the start of the 1970s, lingerie was nothing,” says Catherine Örmen. Lightweight, transparent and simple materials arrived on the market to meet the new demand. Underwear was to be functional and forgotten about. In this context, the brand “Huit” (“Eight”) invaded the market with its small plastic box that contained a pair of knickers and a bra. It was advertised as “No clips, no seams, no zip or buttons, no fuss.” It was a simple and utilitarian pack that fitted with the new beauty codes. Playtex, which had created the “cross-your-heart” bra in 1960 (the first non-metal support bra), launched the first “18 hour” girdle without whale-bone and that stretched in all directions in 1971, then, in 1973, a panty-girdle named “Incredible” due to its light weight (59 grammes). The American brand allowed women to keep a flat stomach while retaining freedom of movement. Colour was Août-septembre-octobre 2010 G n°163 / Collector G also an important concept in the 70s, notably for tights, which allowed women to wear miniskirts without worrying about transparency. In 1973, Dim even invented a dye kit that enabled women to colour their tights. As noted by Anne Zazzo, it was also in the 70s that lingerie was seen for the first time on the catwalk. Vivienne Westwood was the first designer to include lingerie in her shows. The items were shown above the clothing, which was a revolution at the time; especially, since the designer has already caused a scandal at the opening of her London store, “Sex” (1974), which introduced provocative lingerie, previously found only in sex shops, to the general public. A turning point in lingerie was gradually coming. Furthermore, the Galliera museum presented its first lingerie exhibition in 1978, called “Secrets of elegance.” The 1980s bring back seduction and the culture of body worship The codes of beauty in the 80s marked the return of seductive and feminine lingerie. It was the era of the perfect body: dizzy, long legs, Créations Lingerie 53
  2. 2. 40 ans lingerie:Gabarit 230 x 300 28/07/10 15:36 Page 4 collector permettent aux femmes d'avoir « des bas qui tiennent tout seul ». Une liberté de mouvements et de séduction qui connaîtra un énorme succès entre les années 80 et 90. Dans les années 80, les femmes prennent confiance en elles et n'ont plus peur d'être sexy. La lingerie doit mettre en valeur des formes parfaites et affriolantes. Chantal Thomass relance ainsi la guêpière et les dessous frou-frou, dans un esprit très féminin et séduisant. Catherine Örmen explique que le succès de Chantal Thomas a été mûrement préparé et remonte aux années 70. « Chantal Thomass ne portait pas de soutien gorge avant ses 25 ans, mais elle aimait les dessous d’antan », raconte l’historienne. « En 1973, elle décide alors de confectionner des sous-vêtements avec des matières de prêt à porter. Les sous-vêtements sont pour elle un accessoire de mode, ils sont assortis aux vêtements et peuvent être apparents. C’est ainsi qu’elle fait défiler un grand pull ceinturé par un serre-taille, jusqu’alors porté en dessous. La presse a remarqué l’impact de Chantal au milieu des années 70, mais l’accepte très mal car à l’époque ce sont essentiellement des féministes qui écrivent et elles ne veulent pas retomber dans le concept de la “ femme objet ” ». Ce sont donc les magazines masculins qui parlent en premier de la jeune créatrice, dont Playboy. Chantal Thomass est une des créatrices les plus emblématiques des années 80. Sous son influence, la lingerie devient définitivement une arme de séduction. D’ailleurs, comme le fait remarquer Anne Zazzo, le discours publicitaire change dans les années 80. On ne justifie plus l’intérêt de la lingerie par un discours technique mais par sa plusvalue séduction. C’est notamment en 1988 qu’apparaissent les leçons de séduction d’Aubade. La première clame : « Leçon n°1 : Lui offrir un peu d’ivresse. » Dans les années 1990, la lingerie remodèle la silhouette « Regardez-moi dans les yeux... J'ai dit les yeux. » On se souvient tous du slogan de Wonderbra (1994) qui met en avant la poitrine généreuse du top model tchèque Eva Herzigová. Le soutien-gorge ampliforme Wonderbra, pourtant conçu en 1961, prend véritablement de l’ampleur dans les années 90 et devient vite un phénomène de culture de masse. « On joue avec son corps et la lingerie est l’instrument de ce jeu », explique Catherine Örmen. On peut désormais avoir des seins hauts, un ventre plat et des fesses rebondies grâce à des culottes et des collants gainants. Le slip gainant « Secret » de Playtex galbe les fesses et réduit des hanches. Les soutiens-gorge invisibles deviennent également des produits clés de la lingerie avec un rôle de « seconde peau ». Le Moulé de Dim, un mélange de coton et d’élasthanne, sans couture, permet une invisibilité parfaite sous le vêtement. Les dessous n'ont pour autant pas perdu leur rôle de séduction. Anne Zazzo retient trois grandes marques de lingerie qui ont marqué les années 90 : « S’il fallait nommer les acteurs qui ont le plus impacté les années 1990, je dirais : Aubade et ses « leçons », Wonderbra et son « push-up », Princesse Tam Tam Dim lance en 1986 les premiers Dim-up : « les bas qui tiennent tout seul » Dim launched in 1986 the first Dim-up: « tights that stayed up alone » full bosom and broad shoulders, notably influenced by the aerobics craze imported from the United States. “The 1980s were the era of the body. Spandex appeared in off-the-shelf clothes and lingerie, and this really highlighted the body,” explains Catherine Örmen. “In addition to this, diet and cosmetic surgery created an idea, that of the supermodels, who had become muses for beauty,” she adds. For Anne Zazzo, in- tegrating the Lycra® fiber (discovered in 1959) into the lingerie manufacturing process (lace, tights etc.) was the major innovation of the 80s. Enriched with spandex, tights could be worn very close to the body, such as the “Diam's tights” by Dim. The brand also revolutionised the world of tights in 1986 with its “Dim-up” that enabled women to have “tights that stayed up alone.” This offered freedom of movement and a level of seduction that would be huge success between the 80s and 90s. In the 80s, women gained confidence in themselves and were not afraid to be sexy. Lingerie had to enhance 54 a perfect and alluring shape. Chantal Thomass relaunched corsets and frills in a very feminine and seductive style. Catherine Örmen explains that Chantal Thomass was successful because she carefully prepared the range and was inspired by the 70s. “Chantal Thomass did not wear a bra before she was 25, but she loved the underwear of yesteryear,” says the historian. “In 1973, she decided to make underwear using off-the-shelf clothing materials. In her view, underwear was a fashion accessory; it went with the clothing and could even be visible. In this way, she presented a large sweater with a waist-strap, something that previously was only worn underneath clothes. Journalists noted the Chantal’s impact in the mid-70s, but did not really embrace it, since, at the time, they were mostly feminists who wrote for the press and they did not want to fall back into the idea of ‘woman as an object’.” So, it was men's magazines that primarily spoke about the young designer, including Playboy. Chantal Thomass is one of the most emblematic Créations Lingerie G n°163 / Collector G Août-septembre-octobre 2010
  3. 3. 40 ans lingerie:Gabarit 230 x 300 28/07/10 15:36 Page 5 Petite histoire de mannequins… L e stockman, ce mannequin sans tête, constitué d’un trépied en bois et d’un corps sans bras recouvert de tissu, a vu le jour en 1867. Il faut attendre les années 20 pour voir apparaître des mannequins en plastique avec un visage, des bras et des jambes. La mode est alors aux mannequins à la Marlene Dietrich, aux yeux maquillés, aux sourcils fin, parfaitement épilés. C’est dans les années 60 qu’apparaissent les mannequins avec de la poitrine ; ils sont alors très « pin-up », avec des lèvres largement maquillées. Dans les années 70, ils acquièrent le mouvement, existant dans des poses moins figées, plus réelles. Ils sont très théâtralisés, toujours maquillés, avec des épaules carrées. Les années 80 voient poindre des mannequins minimalistes, épurés au maximum. Ça n’est que dans les années 90 que les mannequins font leur apparition dans les vitrines. Depuis le début des années 2000, avec les nouvelles avancées technologiques, l’offre s’est très largement étendue : on en trouve désormais de toutes les couleurs de peaux, fabriqués dans des matières diverses et variées (cuir, carton, cuivre, jersey etc.). La tendance est cependant aux mannequins réalistes, dont les proportions physi-ques correspondent réellement au corps humain. Ils adoptent des postures réalistes, et sont mis en scène de LA BONNE ACCROCHE, manière à évoquer une situation de vie réelle. Avec les modèle “Princesse nouvelles technologies, on peut par ailleurs éclairer les Anastasia”. mannequins de l’intérieur, de manière à créer des “Princesse Anastasia” effets… G model. A little background on dummies… T he stockman, this headless dummy made up of a wooden tripod and an armless fabric covered body, came into being in 1867. It wasn't until the 1920's that plastic dummies with faces, arms and legs appeared. The fashion was thus for Marlene Dietrich-style dummies, with madeup eyes and thin, perfectly plucked eyebrows. Dummies with busts appeared in the 60's; they were very "pin-up" with heavily made-up lips. In the 70's they acquired movement, existing in less rigid, more realistic poses. They were heavily dramatised, always made-up, with square shoulders. The 80's saw the first minimalist dummies, refined to a maximum. It was only in the 90's that dummies appeared in shop windows. Since the beginning of the years 2000, the offer has broadened in scope thanks to new technological advances: now you can find all skin colours, and they come in various different materials (leather, cardboard, copper, jersey etc.). However the trend is for realistic dummies, whose physical proportions really correspond to the human body. They adopt realistic postures and are staged in such a LA BONNE ACCROCHE, way as to conjure up a real life situation. modèle “Princesse Alexandra”. Furthermore, the new technologies allow you “Princesse Alexandra” to light up the dummies from the inside to model. create special effects… G Août-septembre-octobre 2010 G n°163 / Collector G Créations Lingerie 55
  4. 4. 40 ans lingerie:Gabarit 230 x 300 28/07/10 15:36 Page 6 collector (créée en 1985) et sa lingerie fraîche pour jeunes filles ». Anne Zazzo attribue également aux années 90 les débuts d’une segmentation pointue de l’offre lingerie, en fonction principalement de l’âge et des CSP. Années 2000 : la lingerie, marché juteux, devient l’objet de toutes les convoitises Le début des années 2000 correspond aux années d’or de la lingerie. Le budget moyen que les femmes y allouent croît année après année. En 2000, la Fran- Chantal Thomass çaise dépense un budget annuel moyen de 98 euros pour sa lingerie, et en 2005 de 100,80 euros. Le marché de la lingerie est inondé de produits en tout genre, de toutes gammes et pour tous les goûts : c’est l’hyperchoix. La lingerie est un luxe à la portée de toutes les femmes et se trouve à petits prix dans les chaînes H&M, C&A, Etam et Calzedonia en Italie. C’est aussi la ruée des créateurs de mode pour la lingerie. Cette abondance de dessous engendre une perte de repère dans les gammes. Où est le luxe ? Qui fait la mode ? Quel est le bon prix ? « On peut se déguiser à loisir avec tous les choix multiples de la lingerie ! », ironise Anne Zazzo. Le jeu est d’ailleurs pour elle une des composantes principales de la lingerie des années 2000, et des marques comme Agent Provocateur vont jusqu’à scénariser les jeux intimes avec force accessoires et panoplies. Autre composante qu’elle juge essentielle : la lingerie adopte des fonctions corporelles. A l’aide notamment de la technique de micro-encapsulation, on hydrate la peau, on absorbe la sueur, on élimine la cellulite etc. « C’est comme une lingerie mode d’emploi » constate t-elle. « C’est l’entrée du silicone dans les sous-vêtements, les textiles peuvent avoir le rôle de « seconde peau » et même apporter des médicaments. En bref, on délègue la transformation du corps à des accessoires ». Preuve qu’on assume mieux son corps et qu’on le transforme quand on veut, comme on veut ? C’est également dans les années 2000 que se développe un nouveau concept de lingerie confortable mais élégante à porter chez soi. C’est l’époque « du développement de la sphère privée où menon. “People played with their figures and lingerie was a tool,” says Catherine Örmen. We could now have high breasts, a flat stomach and a rounded bottom thanks to panties and tights that firm up. The Playtex “Secret” panties shaped the buttocks and reduced the hips. Invisible bras also became key lingerie products, acting as a “second skin”. “Le Moulé” by Dim, a blend of seamless cotton and spandex, was perfectly invisible under clothing. However, underwear had not lost its seductive role. Anne Zazzo identifies three major lingerie brands that marked the 90s: “If we had to name the players who most designers of the 80s. Under her influence, lingerie became a tool of seduction. Moreover, as noted by Anne Zazzo, the tone of advertising changed in the 80s. It no longer justified lingerie due to its technical attributes but rather its power of seduction. Notably, it was in 1988 that Aubade’s “lessons in seduction” appeared. The first stated: “Lesson No. 1: Offer him a little dizziness.” In the 1990s, lingerie reshaped the silhouette “Look into my eyes ...I said eyes.” We all remember the Wonderbra slogan (1994) that highlighted the full bosom of the Czech supermodel Eva Herzigova. The Wonderbra push-up bra, designed in 1961, really took off in the 90s and quickly became a mass-market pheno- 56 impacted the 1990s, I would say: Aubade and its ‘lessons’, Wonderbra and its ‘push-up’ as well as Princesse Tam Tam (established 1985) and its fresh underwear for young girls”. Anne Zazzo also points to the early 90s as being the start of clear segmentation in the lingerie market, mainly according to age and socioprofessional status. The 2000s: the profitable lingerie market becomes the object of all desires The early 2000s were to the golden years of lingerie. The average budget that women allocated grew year after year. In 2000, French women spent an average annual budget of 98 euros on their lingerie, and in 2005 the sum was 100.80 euros. The lingerie market was flooded with products of all kinds, accounting for all ranges and all Créations Lingerie G n°163 / Collector G Août-septembre-octobre 2010
  5. 5. 40 ans lingerie:Gabarit 230 x 300 28/07/10 15:36 Page 7 la maison devient un objet de mode. On a une fenêtre sur le monde, mais on se recentre sur soi » rappelle Catherine Örmen. Les femmes aiment porter chez elles des tissus confortables, autre que du prêt-à-porter basique et de la lingerie de nuit. La pratique et l’apogée du jogging, du yoga et du fitness, rejoignent cette idée de « loungewear ». Il devient même un marché à part entière. Enfin, les années 2000 marquent l’avènement en lingerie des tissus « verts » et « matières bio » qui passent peu à peu de l’échantillage à la production. Le marché des sous-vêtements masculins ouvre la marche. Mariner sort ainsi en 2006 une gamme en coton bio, toujours d’actualité. En corseterie féminine, Sloggi s’y frotte la même année avec sa ligne « Sloggi Basic Organic » en coton bio. D’autres marques leur ont bien entendu emboîté le pas… explique Catherine Örmen. « La lingerie doit suivre la mutation de la mode et du corps, mais formellement, tout n’a pas été dit en lingerie … », conclut l’historienne de mode. I Les fameuses leçons d'Aubade qui font tant rêver les hommes... The famous Aubade lessons which make men dream so much... En 2010, la lingerie se recentre sur son métier Crise oblige, les marques se sont toutes recentrées sur leur cœur de métier, puisant dans leurs archives pour reproduire leurs modèles phares, souvent empruntés aux années 40 et 50. Ils sont bien entendu réinterprétés dans des matières légères, fluides et confortables. La corseterie reprend son rôle d’antan d’article technique et noble. Et d’ailleurs, comme le note Anne Zazzo, les marques reprennent un discours technique pour justifier la plus-value de leurs articles. À l’instar de Dim et de son tout dernier soutien-gorge « Beauty lift » qui, par un jeu de construction en silicone, permet aux poitrines affaissées de retrouver le galbe de leur jeunesse. Finalement, c’est bien la créativité et la technologie des matières qui permettent d’avancer et de fournir des produits toujours plus sophistiqués et agréables à porter. « On exige d’un sous-vêtement qu’il soit confortable et protecteur car c’est une première enveloppe. Il protège de la pudeur de la peau, des agressions des tissus et du regard », tastes: There was a vast choice. Lingerie was now a luxury available to all women and could be found at low prices in the chains H&M, C&A, and Etam, as well as Calzedonia in Italy. This was the period when fashion designers raced to make lingerie. This abundance of underwear created a loss of reference points between the different ranges. Where was the luxury? Who was fashionable? What was the right price? “You could dress yourself up as you wished with all the different choices of underwear!” says Anne Zazzo, with a touch of irony. In her view, ‘the game’ was also one of the main components of the lingerie market in the early 2000s, and brands like Agent Provocateur went as far as ‘staging private games’ with their accessories and outfits. She believes another essential component is that lingerie took on physical functions. Using the technique of including micro-encapsulation, it could now moisturise the skin, absorb sweat, and thus eliminate cellulite. “It’s like a lingerie user guide” she says. “There is silicone in underwear, textiles can act as a ‘second skin’ and even bring medication. In short, we are delegating the transformation of our body to accessories.” Does this mean that we are more comfortable with our body, that we change it when we want, and how we want? The 2000s have also seen the development of a new concept of comfortable yet elegant lingerie to be worn around the home. This is the era of “the development of the private sphere where the house becomes a fashion item. We have a window onto the world, but we focus on ourselves,” says Catherine Örmen. Women like to wear comfortable fa- brics at home, other than off-the-shelf clothes and nightwear. The popularity of jogging, yoga and fitness, fit perfectly with the idea of “loungewear”. It is even developing into a market in its own right. Août-septembre-octobre 2010 G n°163 / Collector G Finally, the 2000s have seen the advent of “green” fabrics and “organic materials” in lingerie, and this has gradually moved from sample items to full production. The market for men's underwear led the way. Thus, in 2006, Mariner released its organic cotton range, which is still around. In women’s corsets, also in 2006, Sloggi brought out its “Sloggi Basic Organic” range in organic cotton. Other brands have obviously followed suit... In 2010, lingerie has refocused on its core business Due to the crisis, brands have all focused on their core business, tapping into their archives to reproduce their flagship models, often borrowed from the 40s and 50s. They are, of course, redesigned in light, soft and comfortable materials. Corsetry has returned to its role of yesteryear, as a technical and noble item. Furthermore, as noted by Anne Zazzo, brands have started using technical attributes in their sales pitch to justify the added value of their articles. Like Dim and its latest bra “Beauty Lift” which, by using a silicone structure, allows sagging breasts to rediscover the curves of their youth. Finally, it is the creativity and technology of materials that allow the sector to move forward and provide products that are ever more sophisticated and comfortable to wear. “People demand underwear that is comfor- table and protective because it is a first layer of clothing. It protects the skin from the other clothes fabrics and indiscrete eyes,” says Catherine Örmen. “Lingerie has to follow the changing fashion and body-culture; but, believe me, there is a lot more to come from lingerie,” says the fashion historian. I Créations Lingerie 57
  6. 6. 40 ans lingerie:Gabarit 230 x 300 28/07/10 15:36 Page 8 collector Créations Lingerie : Figure emblématique de la séduction, le bas nylon a connu ses heures de gloire dans les années 40. Pouvezvous nous retracer cette période ? Yves Riquet : Il faut distinguer la période de la guerre et la période qui suit la Libération. Pendant la deuxième guerre mondiale, on utilise surtout les chaussettes et les bas que l'on possédait avant l'occupation, en les reprisant. Les bas de soie artificielle existent toujours ainsi que les bas de soie. De même que les bas de coton ou de laine. Le film "Le repas des fauves" est significatif à ce sujet. Tous les hommes offrent à l'hôtesse France Anglade - des bas de soie. Et on se rappelle d’Alain Delon traçant les coutures sur les jambes de Françoise Arnoul dans "Le chemin des écoliers"... A noter que les Américaines, à la ville comme à la scène, ont dû se priver de bas et avoir recours aux cosmétiques jusqu'à ce que le nylon cesse d'être une matière stratégique. Certains industriels ont cependant produit en cachette des bas ... qui étaient alors désignés "bootleg nylons" en souvenir de la prohibition! Même René Gruau a mis son talent au service d'Elizabeth Arden pour la lotion qui donne l'apparence du bas. Avant la libération, les G.I.s avaient vu les effets des nylons - de nouveau fabriqués – sur les jeunes Anglaises. Et les jeunes Françaises vont succomber à leur tour. Les années 1945-1950 seront les "années nylon" et même "nylon cristal" dont les illustrateurs de pin-ups tireront le meilleur parti. Dans la période d'après-guerre les bas de soie avaient disparu. Je pense que c'est eux qui faisaient la différence par leur prix. Les bas nylon étaient à la portée de toutes les bourses et les jeunes femmes ont abandonné les socquettes de la période de guerre pour des bas. Sortir en ville ne pouvait se concevoir jambes nues. Les bas possèdent moins une signification sociale L’histoire des bas et chaussants… ui dit « dessous » dit bien entendu « lingerie » et « corseterie », mais il ne faudrait pas omettre les chaussants qui sont tout autant révélateurs de l’évolution du rapport de la femme avec son corps. Nous avons demandé à Yves Riquet, fin connaisseur et collectionneur des bas nylon et par ailleurs Président d'Honneur de la Société l'Arsoie, de nous éclairer sur ce lien intime qui unit les femmes à leurs chaussants… Q Yves Riquet, dans le show-room de Cervin. Yves Riquet, in the Cervin Showroom. aware that American women, both in real life and in films, had to do without stockings and used cosmetics until nylon ceased to be a strategic material. However, some manufacturers secretly produced nylon stockings … referred to as “bootleg nylons”, a reference to the prohibition! Even René Gruau put his talent at the service of Elizabeth Arden for a lotion giving the appearance of stockings. GIs, before the Liberation, had seen the effects of nylon stockings – produced once again – on young English women. And young French women were also to fall under their charm. The period between 1945-1950 became known as the “nylon years” and even “crystal nylon”, with illustrators of pin-up girls fully exploiting the erotic nature of stockings. Silk stockings had disappeared before the end of the war. I think these marked the difference by their price. Everyone could afford nylon stockings and young women abandoned the short socks of the war years for stockings. It was unheard of for a woman to go out in town with bare legs. Stockings became less an indication of class than a rite of passage marking for a girl the passage from childhood to adulthood. The history of stockings and hosiery… hoever says “underwear” is, of course, referring to “lingerie” and “corsetry” but we must not forget hosiery that reveals just as much about how women’s relationship with their body has evolved. We asked Yves Riquet, the Honorary President of the Arsoie Company and a true connoisseur and collector of nylon stockings, to explain this intimate relationship between women and hosiery … W Créations Lingerie: Nylon stockings, the symbol of seduction, had their hour of glory in the 1940s. Can you tell us a little about this period? Yves Riquet: You need to distinguish between the war years and the post-Liberation period. During the war years women would not go During World War II women continued mainly out bare legged and would paint seams on their legs to resemble stockings. to wear and repair the socks and stockings that they had worn before the war. There were still artificial and real silk stockings, as well as cotton and wool stockings. The film “Le repas des Fauves” (“Dinner for Savages”) is significant in this respect. All the men offer the hostess – France Anglade – silk stockings. And then there is Alain Delon who runs his fingers along the seams on Françoise Arnoul’s legs in “Le chemin des écoliers” (“Back to school”) … You should be Pendant la guerre, comme elles ne pouvaient sortir jambes nues, les femmes se faisaient peindre des bas sur les jambes. 58 Créations Lingerie C. L.: What have been the major milestones in hosiery over the last forty years? Y. R.: Nylon stockings and the corsetry that they imply ruled supreme until the mini-skirt arrived on the scene at around 1967. The mini-skirt, the pill and the musical comedy “Hair” sounded the death knell for stockings and tights took over for everyone. G n°163 / Collector G Août-septembre-octobre 2010
  7. 7. 40 ans lingerie:Gabarit 230 x 300 28/07/10 15:36 Page 9 que celle de l'émancipation progressive de la petite fille qui devient une jeune fille dès qu'on lui donne l'autorisation d'en porter. rent, de l'Académie Française, selon laquelle " la volonté de singularisation de la femme qui met un porte-jarretelles suppose chez elle la certitude que sa féminité est liée à la nudité du haut de ses cuisses et qu'elle est symbolisée par le ruban qui se tend sur sa peau jusqu'à la crête du bas". C. L. : Quels ont été les grands tournants du chaussant ces quarante dernières années? Y. R. : Le bas nylon et la corseterie d'accompagnement règneront jusque l'époque de la minijupe, vers 1967. C'est la minijupe, la pilule et la comédie musicale Hair qui ont sonné le glas des bas. Et amorcé le règne du collant auquel tout le monde s'est soumis. Puis une longue traversée du désert s'ensuivra jusque 1990. On peut affirmer que de 1967 à 1990 porter des bas - et en général le proclamer - était une déclaration d'intention. L'établissement le plus scandaleux de la capitale, le Crazy Horse, n'intitule-t-il pas la première revue de sa nouvelle salle "Porte-Jarretelles Blues" en 1989 ? Le bas devient alors à part entière une parure de séduction. On peut faire coïncider la date de la résurrection très discrète du bas avec la période du disco, avec "l'appel de la sape" qui nous vaudra à partir de 1978 une éclosion de jeunes talents dans la couture. Viendront des perfectionnements qui permettront aux collants d'être moins inesthétiques, notamment par l'utilisation de fibres élastiques et de nouveaux métiers circulaires à tricoter, et qui peuvent être illustrés par le Stay Hip de Wolford. Les collants fantaisie renoueront avec la tradition des jeux textiles de la séduction intime. Mais rien ne viendra remplacer la complicité d'une corseterie "ouverte", celle d'un serre-taille et d'une guêpière, avec les bas tendus par des jarretelles. On peut placer au milieu des années 1990 le retour en force des jarretelles, et peu de collections les ignorent à l'heure actuelle. Donnant tout son sens à cette opinion de Jacques Lau- C. L. : Qu'en est-il aujourd'hui de l'utilisation du bas couture? Quelle typologie de clientèle y fait appel, à quel imaginaire correspondent-ils? Y. R. : Une femme qui porte des "vrais" bas est dans l'inquiétude de savoir si cela a bien été remarqué, quand elle le souhaite vraiment. La couture et les diminutions au mollet lèvent l'indétermination. En soirée, la couture est un complément de sophistication avec un tailleur alluré, avec un fourreau, avec une jupe ou une robe longue. Comme le sont les gants de soirée “opera length“ qui dénudent le haut des bras et les épaules dans le même jeu du caché-révélé. Puis vient la résurrection des soirées à thème, notamment la vogue du burlesque. Voire à "détourner" la tradition par des bas de couleurs ou de motifs inattendus. A noter que tous les bas étaient à coutures jusqu'à la fin des années 50, notamment les bas de soie et de rayonne des années 20-30. Enfin, il faut évoquer les métiers de la galanterie ... L'imaginaire est sollicité dans plusieurs sens. L'esthétique et la nostalgie de visions que l'on n'a pas connues. La personnalité dévoilée de la personne qui porte des bas. I Y. R.: A woman who wears “real” stockings wishes to know that it has indeed been noticed, when she really wants it to be. The seam and the narrowing at the calf remove any doubt. In the evening a seam adds sophistication to a flattering suit, a sheath dress, a skirt or long dress. This is the same game of showing and hiding as for “opera length” evening gloves that leave the upper part of the arms and shoulders bare. Then there is the revival of theme evenings, in particular the fashion for burlesque. And even the wish to give a new twist to tradition with coloured stockings or stockings with unusual motifs. It should be noted that all stockings had seams until the end of the 1950s, in particular the silk and rayon stockings of the 1920s and 1930s. Finally, we must not forget the world’s oldest trade … Imagination is called upon at several levels. Aesthetics and nostalgia for the images of an era that we have not known. The personality of the person who wears stockings revealed. I Stockings became practically inexistent until 1990. It could be said that between 1967 and 1990 wearing stockings – and, in general, proclaiming this – amounted to a declaration of intention. This is borne out by the name chosen, in 1989, by Paris’s most scandalous establishment, the Crazy Horse, in its new venue for its new show: “Porte-Jarretelles Blues” (“Suspender Blues”). Stockings then became a seduction garment in their own right. The very discreet resurrection of stockings coincides with the disco period and “the call to be dapper” which led to the emergence of young talents in couture from 1978. Then stockings were perfected, made more attractive with, in particular, the use of elastic fibres and new circular knitting machines as is illustrated in “Stay Hip” by Wilford. Fancy tights restored the tradition of intimate plays on fabric for seduction. But nothing will replace the complicity of “open” corsetry, waist-clinchers and basques with stockings held tight by suspenders. The mid-1990s heralded in the strong return of suspenders that were absent from few collections and gave full meaning to the opinion expressed by Jacques Laurent of the Académie Française: “a woman who calls attention to herself by wearing suspenders is saying that, for her, the certainty of her femininity is linked to the nudity of the top of her thighs and symbolized by the ribbon stretched over her skin until the top of her stockings”. C. L.: What about today’s use of stockings with seams? What type of customer chooses these, what is behind their choice? Août-septembre-octobre 2010 G n°163 / Collector G Créations Lingerie Vers 1960/65, la jeune fille a eu un premier accès à la lingerie... et aux bas. In the early/mid 1960s a teenager was given permission to wear lingerie… and stockings. 59

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