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La véritable nature du régime de ben ali
 

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    La véritable nature du régime de ben ali La véritable nature du régime de ben ali Document Transcript

    • 1/18Date: Thursday, January 13, 2011, 8:24 AMLA VÉRITABLE NATURE DU RÉGIME DE BEN ALIL’immolation par le feu du jeune Mohamed Bouazizi a déclenché en Tunisie une révolte sansprécédent. L’immolation n’est pas un suicide, il s’agit d’un acte de courage destiné à montrerà la foule le rejet absolu des pratiques d’un pouvoir qui vous empêche littéralement de vivre etc’est bien la raison pour laquelle le peuple a décidé une fois pour toutes d’en finir avec ladictature.Ce document est destiné à informer le lecteur de la véritable nature du régime mis en placepar Ben Ali, un homme qui a distribué à son entourage immédiat les ressources du pays et quijoue le rôle d’arbitre entre les différents détenteurs des richesses, retirant aux uns et donnantaux autres dans une valse des allégeances qui l’a complètement éloigné des réalités de laTunisie.Cette logique du pouvoir a entraîné une si grave déliquescence des valeurs que la sociétédérive rapidement et sûrement vers la décadence ou alors l’intégrisme religieux, considérécomme le dernier refuge de la dignité.Outre les mouvements de foule spontanés comme les révoltes de Redeyef en 2009 et de SidiBouzid qui se sont étendues à toute la république et où les slogans scandés par la foule sontdirigés contre la corruption de la famille de Ben Ali, une multitude d’écrits et d’articles ontcondamné depuis 1988 les dérives du régime, qu’elles soient politiques ou financières.Concernant les dérives politiques, il suffit de lire la déclaration du 7 novembre 1987 pour êtreconvaincu de l’absence totale de volonté politique et cette absence est confirmée par le faitque Ben Ali accepte et couvre les pratiques mafieuses de son entourage immédiat, et ce, au vuet au su de tout le monde et avec la complicité de plusieurs membres de tous les corps del’État.Le dossier que nous présentons cible les opérations réalisées par l’entourage immédiat de BenAli. La liste n’est évidemment pas complète car quelques proches du pouvoir opèrent parl’intermédiaire de prête-noms et le suivi des opérations devient plus difficile.Bien que l’ensemble des secteurs de l’économie du pays ait été touché par la rapacité desproches de Ben Ali, ce sont évidement les gros marchés et les meilleures entreprises du paysqui ont été visées en premier. Ainsi, les privatisations ont toutes été opérées dans l’illégalitétotale et en contradiction flagrante avec la loi et les règlements.La première grande victime de ces opérations est l’État tunisien, un État qui a étécomplètement vidé de sa substance par Ben Ali et son entourage, et ce, pour s’assurer de samainmise sur le pays en éliminant toute voix discordante et en allant jusqu’à créer de toutespièces une opposition fantoche.Le Comité de Salut PublicConcernant les « affaires » qui sont devenues la principale activité de Ben Ali et de sonentourage, nous vous présentons ci-dessous une première liste des richesses accumulées parBen Ali et ses proches, et ce, avec une arrogance qui nous éclaire sur la mentalité de cesindividus qui n’ont aucune conscience politique, qui sont convaincus que la Tunisie leurappartient et qui se substituent à l’État.Comme nous le verrons ci-dessous, le poids de Ben Ali et de ses proches dans l’économie dupays est de plus en plus important, ce qui fait que le jeu économique en est lourdementaffecté.Le verrouillage de l’économie empêche tout investissement et toute évolution dans lessecteurs clés, ce qui entraîne un nivellement de l’économie par le bas. En clair, la gestion
    • 2/18opaque de l’économie et la phagocytation des instruments économiques entraînent le paysvers un désastre sans précédent dans l’histoire de la Tunisie, surtout que la dénonciation decet état de fait est impossible à cause du verrouillage total de l’information et du blocage -organisé par Abdelwahab Abdallah - de toute émergence d’une société civile.Cette dynamique concourt très rapidement à la désintégration de la société tunisienne et àl’émergence des extrêmes.LE SECTEUR BANCAIRELe clan Ben Ali a commencé son enrichissement par l’entremise des crédits sans garantiesaccordés par les banques nationales de développement. Ces pratiques, poussées à l’extrême,ont mis à mal ces institutions. Alors, pour avoir les coudées franches, le clan a décidé des’approprier des institutions financières. LA PRISE DE CONTRÔLE DE LA BANQUE INTERNATIONALE ARABE DETUNISIE.La prise de contrôle de la BIAT a été opérée d’une façon complètement opaque par unefamille proche du pouvoir. Les frères Mabrouk ont opéré une prise de contrôle musclée deladite banque, l’un des fleurons du secteur bancaire tunisien. La famille Mabrouk, qui étaitdéjà fortunée sous l’ancien régime, et même avant l’Indépendance, s’est toujours assuré desliens privilégiés avec le pouvoir en place. Elle possède aujourd’hui un empire commercial etfinancier qui a été bâti, depuis l’union avec les Ben Ali, sur des passe-droits et des coups depouce «venus d’en haut».LA PRISE DE CONTRÔLE DE LA BANQUE DE TUNISIELa Banque de Tunisie, l’une des plus anciennes institutions bancaires du pays, connue pourson professionnalisme et son excellente gestion, est tombée dans l’escarcelle de MonsieurBelhassen Trabelsi, frère de Mme Ben Ali. La prise de contrôle de la banque a été faite d’unefaçon qui s’apparente à un véritable hold-up. Plusieurs grands actionnaires ont été mis devantle fait accompli et la direction de la banque a été accordée à Mme Abdallah, femme deAbdelwahab Abdallah, qui, avec Abdelaziz Ben Dhia, est l’un des deux piliers du régime, etqui est, comme nous le verrons plus loin, l’homme qui a bloqué toute émergence d’unesociété civile en Tunisie.
    • 3/18DEUX NOUVELLES BANQUESAlors que la Banque Mondiale et le FMI dénoncent dans leurs rapports envoyés aux autoritéstunisiennes le «surbanking» du pays (trop de banques par rapport aux besoins de l’économie)et évoquent la nécessité d’opérer des concentrations et des fusions des institutions bancaires,le gouvernement, par l’intermédiaire du gouverneur de la banque centrale, délivre deuxlicences de banque à deux gendres du président, la Banque Zitouna pour M. Matri et laMEDIOBANCA pour M. Slim Zarrouk.La privatisation de la banque du sudIl ne s’agit pas ici de la prise de contrôle d’une banque, mais d’un délit d’initié qui a privél’Etat d’un revenu considérable au profit de la famille. Il faut rappeler que la vente de laBanque du Sud au groupe hispano-marocain ATTIJARI BANK s’est faite à travers un délitd’initié coopté par l’État: Sakhr el Matri, gendre de Ben Ali a acheté à bas prix une part desactions de la Banque du Sud et les a revendues, avec une grosse plus value, au moment del’OPA lancée par le groupe hispano-marocain.Commision de contrôle des transferts a la banque centraleD’énormes abus ont été constatés en matière de transfert d’argent à l’étranger, desmouvements de fond de plusieurs centaines de milliards sont effectués en totale contradictionavec la loi tunisienne des transferts de devise.Une commission d’enquête doit être organisée pour arrêter ce fléau de fuite de devises dontbénéficient Ben Ali et ses proches.Le secteur des transportsla société ennakl :Volkswagen - audi - porsche - seat - KIA La société nationale Ennakl a été quasiment offerte au gendre de Ben Ali, Sakhr el Matri, quisans aucun apport personnel, par l’intermédiaire de crédits accordés (sans aucune garantie)par la BNA, s’est retrouvé à la tête de cette entreprise. Aux dernières nouvelles, le chèque de17 millions de dinars déposé par Sakhr el Matri en garantie au ministère des Finances n’auraitpas été versé à ce jour.Il faut également mentionner le fait que selon les experts, la valeur réelle de l’entreprise seraitau minimum de 300% supérieure à la valeur de la transaction.Dès la prise de contrôle de cette société par M. Matri, les licences d’importation de véhicules,qui étaient accordées au compte-gouttes selon les besoins du pays, ont été données à tour debras et on en est même arrivés à importer des Porsche qui coûtent un peu moins de 500 milledinars ! Ce qui constitue une absurdité absolue dans un pays comme la Tunisie.Concernant KIA, des industriels coréens sont venus pour monter en Tunisie une industrie defabrication de pièces détachées, et encore une fois, c’est un proche de Ben Ali, Sakhr el Matri,qui s’est approprié la licence d’importation et de distribution des véhicules.
    • 4/18LA SOCIÉTÉ LE MOTEURmercedes - fiat...La Société LE MOTEUR, l’un des fleurons de l’État, propriétaire des «cartes» MERCEDESet FIAT, entre autres, a été privatisée dans des conditions très obscures au bénéfice de CyrineBen Ali et de son époux Marouane Mabrouk.La décision de privatisation a été suivie par la mise à l’écart du Secrétaire d’État a laprivatisation à cause du fait qu’il ait défendu un prix de cession beaucoup plus élevé.PeugeotEn décembre 2008, la fille cadette de Ben Ali a été promise à un jeune garçon de la familleBen Gaied. Le jeune homme a alors été immédiatement coopté comme P.D.-G. de la SociétéSTAFIM PEUGEOT, dont les actions ont été achetées au rabais, sinon au nominal, auprès dela BIAT, banque du groupe Mabrouk, allié à Ben Ali. FORD - range rover - jaguar - hyunday - manLa privatisation à très bas prix de la société étatique qui détenait la licence Ford a été réaliséepar Belhassen Trabelsi, frère de Mme Ben Ali.Ils ont réussi à imposer à tout le secteur public l’achat de leurs véhicules.Plusieurs « cartes » de marques leurs sont attribuées, comme Range Rover, Jaguar et Hyundai,sans compter l’assemblage des véhicules MAN.Les seules taxes qui baissent sont celles des voitures!Le marché automobile étant trusté par les familles proches de Ben Ali, les seules taxes quibaissent sont celles des voitures.Ces baisses des taxes ne concernent pas seulement les voitures populaires, mais aussi desvoitures de luxe dont le montant dépasse parfois le prix d’une usine. TUNISAIRLa compagnie Tunisair, fleuron historique de l’aérien tunisien, a subi sous l’ère Ben Ali unharcèlement sans précédent de la part de la famille.La Présidence de la République, comme si elle n’avait pas d’autres chats à fouetter, s’estimmiscée dans toutes les décisions de la Compagnie, et ce, de la désignation des hôtesses àl’achat d’avions, principalement depuis l’arrivée à la tête de la Compagnie du tristementcélèbre Rafaa Dekhil qui s’est donné corps et âme à la famille.Parmi les scandales, deux sont d’une dimension légendaire. L’un concerne l’achat par lacompagnie, pour le compte de la Présidence, d’un Boeing 737/600 comportant salons,chambres à coucher, bureaux (on se demande pourquoi).
    • 5/18Nonobstant le fait que ces achats pèsent très lourd sur les comptes de la compagnie, on sedemande pourquoi Ben Ali a besoin d’un luxe pareil alors que, depuis l’Indépendance, unsimple réaménagement des avions existants était suffisant pour les voyages officiels.Si M. Ben Ali avait développé une diplomatie active, cet achat surdimensionné par rapport àla taille du pays aurait pu à la limite se justifier, mais la politique internationale de la Tunisies’est complètement désintégrée durant le règne de Ben Ali qui n’est plus reçu que par desdictateurs ou, au meilleur des cas, des présidents honorifiques.Or, cet avion gouvernemental sert surtout pour les voyages privés de la famille qui partrégulièrement calmer son avidité au Boulevard St Honoré et va frimer aux frais de l’État à StTropez ou ailleurs.Comme si cela ne suffisait pas, voici que Ben Ali décide de faire acheter par Tunisair unnouvel avion, un A340 qui coûte, au prix catalogue d’Airbus, 280 millions d’euros ; auxquelsil faut ajouter les frais de réaménagement qui font que cet avion coûtera, à sa livraison, à peuprés 600 milliards. De quoi relancer le développement de plusieurs régions du pays et donnerdu travail à des dizaines de milliers de chômeurs.Pour comparaison, l’achat par le gouvernement français d’un A320 usagé a provoqué un tollégénéral en France. Or, l’avion de M. Ben Ali coûtera le prix de 8 (huit) A320, et ce, pour unpays dont le PIB est des centaines de fois inférieur à celui de la France.Il faut également ajouter qu’à la suite de cet achat noyé dans une grosse commande deTunisair, messieurs Sakhr el Matri et Belhassen Trabelsi ont acheté deux avions privés.Carthago airlines & nouvelairConcernant les licences accordées aux compagnies aériennes :Licence accordée à Slim Chiboub et Aziz Miled pour Nouvelair.Licence accordée à Belhassen Trabelsi pour Carthago-airlines et fusion de Carthago et deNouvelair après la disgrâce de Slim Chiboub.LA GESTION DES SERVICES DE L’AEROPORT DE TUNISLa concession du premier opérateur privé pour la gestion de la logistique des services del’OPAT a été accordée dans une opacité totale à la société MAS. Encore une fois, c’est ungendre de Ben Ali, M. Slim Zarrouk, qui en est le bénéficiaire. Dans quelles conditionsfinancières et pourquoi lui?Appel d’offres pour la privatisation des free-shopsLa société qui a été retenue pour l’attribution de la licence des Free-Shops est la StéWeitnauer qui était chapeautée par Sofiene Ben Ali et Abderahmane Tlili. Ce dernier aensuite été mis hors-circuit.Il est, depuis, traité comme un prisonnier de Guantanamo. Son filsa été interdit de sortie du terrtoire durant 5 ans. Et depuis 3 ans il est en exil.fait Son autre filsa vu son père 1 seule fois durant 15 mn en 8 ans. La mère sest suicidée suite aux provocationsdes sbires de Ben Ali.
    • 6/18La Compagnie Tunisienne de NavigationLa CTN, compagnie de navigation historique, qui a joué depuis l’Indépendance un rôleexceptionnel dans l’économie du pays, est aussi visée par les proches de Ben Ali, surtoutdepuis que le jeune Sakhr el Matri a ouvert son village pour croisiéristes.Avant la privatisation prévue de la CTN, la compagnie a reçu l’ordre de commander à coup decentaines de milliards de nouveaux navires qui ne seront livrés qu’une fois la CTN privatisée,et ce, pour le bénéfice des futurs preneurs qui sont déjà choisis par le pouvoir.Imed trabelsi et la CTNImed Trabelsi, connu pour ses frasques dont le vol et recel de yachts et une multituded’opérations douteuses, a également créé à lui tout seul une nouvelle ligne pour la CTNreliant Sfax à Tripoli. Il a laissé une ardoise de plusieurs centaines de milliers de dinars à laCTN.téléphonieTunisianaL’État tunisien se fait voler des centaines de millions de dinars par les «Premières Dames» deTunisie et de Palestine.Pourquoi la deuxième concession de téléphonie mobile a-t-elle été accordée à El Sawiress, unami de Mme Arafat? Parce que Mme Arafat a demandé à son amie, Mme Ben Ali d’intercéderen sa faveur contre une somme faramineuse.Encore une fois, dans cette affaire, c’est l’État tunisien qui s’est fait voler une somme d’à peuprès 400 millions de dinars.L’ouverture des offres pour la licence de téléphonie mobile a révélé que VIVENDI était lemieux placé pour l’emporter. Mais pour leur propre intérêt, les proches de M. Ben Ali ontaverti ORASCOM pour qu’il fasse une contre-offre supérieure à celle de VIVENDI.Six mois après avoir obtenu la licence, ORASCOM n’avait toujours pas réglé legouvernement tunisien. Après plusieurs menaces du ministère des Télécoms pour annuler latransaction, les proches de Ben Ali et à leur tête Mongi Safra ont concocté une solutionmiracle qui restera dans les annales de l’histoire des détournements de biens public de laplanète : un groupe de financiers s’est réuni pour accorder à Orascom un crédit avec un poolbancaire 100% tunisien. Et la licence, accordée à une société étrangère, a donc fini par êtrepayée avec un chèque en dinars tunisiens ! Ce sont donc les banques tunisiennes qui ont offertTunisiana à Orascom!
    • 7/18Cette affaire a provoqué des remous jusqu’à la Banque Mondiale qui, constatant cesirrégularités flagrantes, a décidé d’annuler un crédit bancaire à long terme de 250 millions dedollars au bénéfice de la Tunisie. Cette institution financière internationale qui depuisl’Indépendance a toujours soutenu le développement de la Tunisie, se méfie désormais detoute opération concernant notre pays.L’affaire TUNISIANA n’est qu’un épisode des frasques des deux «Premières Dames» qui ontégalement défrayé la chronique par la création de l’ISC. L’AFFAIRE WATANIA-QTEL / SAKHR EL MATRILa téléphonie mobile étant une activité délicate pour la sécurité du pays, la Tunisie n’a pasmanqué, comme cela se fait partout ailleurs, de conditionner la vente de parts des entreprisesde téléphonie à approbation préalable.Watania-Qtel, propriétaire de 50% de Tunisiana, a décidé d’acquérir les 50% restants. Or,pour obtenir l’aval du gouvernement tunisien, Watania Qtel a« offert »à Skhar el Matri 25 %de l’affaire en contrepartie de l’aval du gouvernement et de la promesse d’obtention d’unelicence 3G.Tout le montage financier dont on parle dans les médias tunisiens est pur mensonge, nouspublierons ultérieurement les documents prouvant la malversation.ORANGELes opérations se suivent et se ressemblent, la licence du troisième opérateur téléphonique aété accordée à la fille du président, Cyrine Ben Ali, qui est également, à travers PlanetTunisie, le principal fournisseur d’accès Internet du pays.ORANGE, suite:Le contrat signé entre ORANGE et l’État tunisien prévoyait une clause de non concurrenced’une année concernant la licence 3G.Ce contrat stipulait que si la licence 3G était accordée dans l’année à un autre opérateur, l’Étatse verrait obligé de rembourser 70 millions de dinars du montant de la licence.Il est étonnant que l’État n’ait pas su attendre une année avant d’accorder à un autre opérateurune licence 3G. La Tunisie a ainsi perdu 70 millions de dinars.MEDIASLa famille Ben Ali est aujourd’hui à la tête d’un empire médiatique sans précédent dansl’histoire. Cet empire couvre tous les secteurs médiatiques, de la presse écrite à la télévision.
    • 8/18RADIO MOSAIQUE FMIl était clair que les médias aussi allaient subir la razzia de la famille de Ben Ali. Nonseulement pour des raisons économiques, mais aussi pour des raisons d’influence politique.En effet, dans leur folie des grandeurs, les proches de Ben Ali se sont crus aptes à prendre lepouvoir, c’est ainsi qu’ils ont investi à tour de bras dans les médias. Radio, journaux, agencesde publicité. Nous nous en tiendrons ici aux grands médias.C’est ainsi que la licence de la première radio privée a été accordée à un groupe d’hommesd’affaires dont Belhassen Trabelsi est comme par hasard le frère de Mme Ben Ali.Pour couper court aux rumeurs, la licence a été accordée au nom de M. Boutar, prête-nom etP.D.-G. de ladite radio.CHAMS FMAutre radio privée, mais même système : la licence de CHAMS FM a été accordée à la filleBen Ali épouse Mabrouk. Le prête-nom est Fathi Bhouri, ancien directeur général de PlanetTunisie, dont elle est également propriétaire. ZITOUNA FML’imagination ne fait pas partie des proches du régime: la licence de ZITOUNA FM a étéaccordée à Sakhr el Matri, gendre du président qui, à travers cette radio «islamisante», veut sefaire passer pour un «véritable musulman» et acquérir les faveurs du peuple. JAWHARA FMPour ne pas être en reste, évoquons la radio FM du Sahel. La licence a été donnée à M. NéjiMhiri, ami personnel de Ben Ali et administrateur à la Banque Centrale de Tunisie alors qu’ildoit environ 600 millions de dinars aux banques tunisiennes! CARTHAGE TVNon content d’avoir, avec leur société de production CACTUS, complètement phagocyté latélévision nationale avec la vente de programmes achetés clé en main et la production deséries vendues à l’avance avec l’appropriation des plages publicitaires, Belhassen Trabelsi etSami Fehri décident de créer leur propre chaîne de télévision.Il faut noter que Cactus production s’est approprié, ces dernières années, 60 % des revenus dela chaine nationale TV7. Les directeurs de la chaîne ont ainsi contribué à l’effacement detoute une génération de producteurs en achetant au seul Cactus l’écrasante majorité desprogrammes.
    • 9/18HANNIBAL TVMême procédé complètement illégal d’accord de licence que pour les radios.Monsieur Mohamed Nasra, époux d’une proche de Mme Ben Ali a obtenu la première licenceprivée de télévision. Il a d’ailleurs contribué de façon exceptionnelle à l’abêtissement de lasociété tunisienne en présentant des débats nerveux qui ne concernent jamais les questionsessentielles que tous les Tunisiens se posent.Il faut également mentionner qu’Hannibal TV doit au fisc tunisien plus de 5 millions de dinarset que les ordres de laisser faire partent directement de la Présidence de la République !D’autre part, comme si tout ceci ne suffisait pas, le patron d’Hannibal TV jouit d’uneimmunité de fait devant les tribunaux. Il ne paie aucun fournisseur de sa chaîne et ne verseaucun droit de retransmission à la Fédération tunisienne de football, privant ainsi les clubs defootball d’une source de revenus très importante.Groupe Dar AssabahA la suite d’une dispute au sein de la famille propriétaire du groupe de presse Dar Assabah,Sakhr el Matri a racheté l’affaire.Le groupe Assabah publie, entre autres titres, les journaux Assabah et Le Temps.Le contrôle des médias en Tunisie est complété par le système mis en place par l’un despiliers du régime, M. Abdelwahab Abdallah, qui contrôle tout le reste des médias grâce à uneagence d’État :L’ATCEL’Agence Tunisienne de Communication Extérieure est l’organisme mis en place parAbdelwahab Abdallah pour mettre au pas les médias qui aspireraient à une quelconque libertéd’expression et contrôler ainsi toute émergence d’une société civile.L’ATCE gère le budget publicitaire de toutes les entreprises étatiques et l’utilise poursoumettre les médias à l’autorité de M. Abdelwahab Abdallah.Exemple : un média tunisien s’exprime d’une façon qui ne plait pas au régime.Immédiatement, le service des commandes publicitaires de l’ATCE est averti et retire à cemédia toutes les publicités étatiques qui lui sont dévolues. Il ne reste alors qu’un seul choix auresponsable du média en question : se limiter aux insertions du secteur privé. Or, AbdelwahabAbdallah et ses sbires vont jusqu’à influencer les choix publicitaires des entreprises privées enappelant les responsables pour leur conseiller de retirer leur budget au média en question.Mais il ne faut pas croire que l’essentiel de cet argent va aux médias amis. Plusieurs millionsd’euros de l’ATCE (donc des entreprises publiques) sont destinés à financer lacommunication extérieure de M. Abdelwahab Abdallah en payant à tour de bras :• des médias réputés indépendants (Jeune Afrique, Arabies, Tunisie PLUS…)• des responsables politiques étrangers.
    • 10/18• des auteurs de livres qui font l’apologie du régime, comme ceux du journaliste-mercenaireSalvatore Lombardo qui présente Ben Ali comme une grande personnalité politiqueinternationale, porteuse d’un grand message humanitaire.En même temps, l’ATCE compte, partout dans le monde, des protégés, des agents qui, à lapremière alerte politique, écrivent des articles et produisent des reportages soulignantl’excellente gouvernance de la Tunisie. Il est utile de préciser que ce ne sont que les médiasnationaux qui reproduisent l’essentiel de ces articles et reportages, et ce, pour mieux tromperles Tunisiens en voulant leur faire croire que les médias internationaux parlent de la «réussitede la Tunisie de Ben Ali» alors qu’il ne s’agit que de journalistes payés.La communication politique de M. Abdallah s’évertue également, envers l’opinion publiqueétrangère, à présenter Ben Ali comme un bouclier contre l’islamisme radical. A chaquecrisette ou crise, ses journalistes-agents véreux crient au loup: « Les islamistes veulentprendre le pouvoir » ! Or la population tunisienne dans son écrasante majorité a toujours reniél’islamisme radical. Seul le comportement indigne et irresponsable des proches du régimepousse les Tunisiens vers l’extrémisme.D’ailleurs, nous avons appris que face à la révolte actuelle, les conseillers politiques de BenAli ont évoqué la nécessité d’une grande manipulation destinée à détourner la population deses revendications légitimes. En effet, une action terroriste islamiste commanditée par lepouvoir serait en gestation. C’est tout ce que ces conseillers de Ben Ali auraient trouvé poursalir cette révolte non violente et légitime. Cette recette consistant à brandir l’épouvantail del’islamisme radical est une recette vieillotte qui ne trompe plus personne et qui renvoie àchaque fois aux calendes grecques les réformes nécessaires au pays.Les manœuvres de désinformation à grande échelle sont subies par la Tunisie depuis lespremières années du régime de Ben Ali. Mais la nullité de la communication politiquetunisienne a détourné l’ensemble de la population vers les chaînes étrangères, Al Jazera enpremier lieu.En fait, la politique de communication dirigée par M. Abdallah est un véritable désastrenational : l’ensemble de la population ne fait plus aucune confiance aux médias nationaux quiont par ailleurs été durement visés par les slogans des manifestants de l’hiver 2010/2011 quifont l’apologie d’Al Jazeera.Il faut aussi rajouter à l’actif de M. Abdelwahab Abdallah l’une des plus stupides opérationsde censure de toute la planète. En effet, à la fin des années 90, un livre dénonçant les dérivesde Ben Ali étant paru à Paris, Monsieur Abdallah donna l’ordre d’acheter tous lesexemplaires. C’est ainsi qu’il propulsa ce livre au top des ventes, lui donnant un succès et unenotoriété inespérés.Cette leçon n’a même pas servi à Monsieur Abdallah, car une autre version de la même bêtisea été renouvelée une décennie plus tard concernant le livre «La Régente de Carthage». Laplainte déposée sans base juridique devant le tribunal des référés à Paris par Me SamiaMaktouf, dont l’habileté s’est limitée à l’obtention des faveurs de Mme Ben Ali, a donné aulivre un coup de pouce publicitaire sans précédent puisque tous les journaux en ont parlé.Autre conséquence des limites intellectuelles de ces deux conseillers politiques de Ben Ali : lacampagne de fouilles opérée durant des mois aux aéroports tunisiens à la suite de lapublication de «La Régente de Carthage» restera dans les annales : les douaniers et policiersavaient reçu l’ordre de demander à tous les arrivants en Tunisie : «Avez-vous des livres dansvos bagages?». Beaucoup ont dû croire que les livres, comme la drogue ou les explosifs,étaient interdits en Tunisie.Triste résultat pour l’un des rares pays au monde ayant 3000 ans de civilisation.
    • 11/18l’immobilierFaire une liste des biens et opérations immobilières concernant la famille élargie de Ben Aliest une opération de longue haleine.Nous citerons, dans le tas, la razzia opérée par Belhassen Trabelsi sur les maisons de Sidi BouSaid et l’acquisition au dinar symbolique du village touristique construit autour du port deSidi Bou Said et le groupe des hôtels Carthago vendu dernièrement au libyen Leico.A Gammarth, Slim Chiboub et Aziz Miled ont construit une marina.La zone «Les Côtes de Carthage» a été presque entièrement distribuée par l’Agence FoncièreTouristique aux Ben Ali, Trabelsi, Mabrouk, etc...La plupart des opérations immobilières du pays sont aux mains de la famille. Ben Ali leurdistribue des zones entières. Il l’a fait pour Montassar Maherzi (époux de la sœur de MmeBen Ali)à Gabès, pour lui-même à la Baie des Anges au Kantaoui, il a distribué à tour de brasdes dizaines de milliers d’hectares de terres agricoles à ses proches (Utique, Zagouan etc...).L’agence fonciere d’habitationL’AFH, agence étatique qui a garanti, durant des décennies, aux foyers tunisiens à revenufaible ou moyen l’accès à la propriété est devenue une véritable pompe à fric au bénéfice desproches du pouvoir qui en usent pour soudoyer tous ceux qui les soutiennent.C’est ainsi que les proches du pouvoir mettent en danger l’un des meilleurs acquis del’histoire sociale de la Tunisie : l’accession à la propriété.LES TERRAINS DE LA SATPEC A GAMMARTH.La SATPEC, organisme fondé pour la promotion du cinéma tunisien, a été concédée à unesociété appartenant à Tarak Ben Ammar. Mais là où le bât blesse, c’est qu’avant cetteopération, tous les terrains compris dans la concession ont été retirés et vendus pourpromotion immobilière, toujours en faveur de la famille.Les terrains de la StegSuite à la privatisation de la Société Ennakl, celle-ci s’est illégalement approprié un terrainpublic de plusieurs hectares rendu accessible suite à la fermeture de la centrale électrique deLa Goulette. Sur ce même terrain qui possède une berge sur les rives du Canal de Tunis, àquelques centaines de mètres du port, M. Matri a fait construire un village touristiquecomprenant un quai destiné aux bateaux de croisières et un centre commercial de plusieursdizaines de boutiques, le tout bâti sur un terrain appartenant à l’État et concédé au Holding
    • 12/18PRINCESS (appartenant à hauteur de 90% à Ben Ali et 10% à Matri) sans aucuneconsultation ni appel d’offres.Cette véritable razzia sur les croisières, dont profitait auparavant l’État par l’intermédiaire del’OPAT, touche également l’ensemble des commerçants du tourisme qui voient petit à petitles croisiéristes limiter leur visite au port touristique de M. Matri.Drôle de façon de promouvoir le tourisme tunisien en limitant la visite des touristes auxberges du canal de Tunis, alors que le parc archéologique de Carthage, l’un des plusprestigieux de la Méditerranée, est juste à côté.Les terrains de la SonedeLe même M. Matri n’a pas trouvé mieux pour élever un palais des 1001 nuits que de le bâtir àSidi Bou Said, sur un terrain appartenant à la Compagnie tunisienne des Eaux : la SONEDE.Comment ce terrain est-il sorti du patrimoine de la SONEDE pour aboutir dans celui de M. etMme Matri, les Tunisiens aimeraient bien le savoir. Mais le vol manifeste des biens de l’Étatne suffit pas, car par la construction de ce palais, la famille de M. Ben Ali, certainementfrustrée par la richesse des familles royales du Golfe, a exposé à tous les regard sa folie desgrandeurs car cette habitation de 8 000m2 construits contient - outre une mosquée et ungarage de plusieurs milliers de m2 - une chambre à coucher de 700m2, sans compter lesfauves dans le jardin. L’ambassadeur des USA n’a pas manqué de le préciser avec un humourmoqueur dans un câble révélé par Wikileaks.Bref, la bêtise et l’avidité sont telles que la famille de M. Matri - une digne famille tunisiennedont un ancêtre est un héros de l’Indépendance du pays - renie les frasques du rejeton qui s’estacoquiné avec un pouvoir dont les pratiques doivent faire se retourner dans sa tombe le grandet digne Mahmoud el Matri.Jardin public au bénéfice de la familleLa Tunisie compte peu de lieux de loisirs mythiques. Il a fallu raser le dernier d’entre eux, uneboîte de nuit qui a fait la notoriété internationale de l’ambiance nocturne tunisienne. On adétruit cet endroit pour construire un jardin public parsemé de lieux de loisirs tout à faitprivés. En effet, un club privé et un centre de thalassothérapie gérés par Mme Ben Ali et sasœur ont été édifiés sur ce terrain public. L’investissement a été financé par le frère de MmeBen Ali, Belhassen Trabelsi, et un associé.On se demande une nouvelle fois comment les mairies - qui sont si souvent tatillonnes surleurs privilèges - accordent avec autant de passe-droits des concessions et des permis de bâtirsur leurs propres domaines sans aucune consultation ni appel d’offres.En fait, il s’agit encore du phénomène de deux poids, deux mesures». Les biens de lacommunauté sont entièrement dévolus aux proches de Ben Ali en faveur desquels aucune loine s’applique, à part celle du plus fort.
    • 13/18La grande distributionGéantLicence obtenue par la famille Mabrouk grâce à Mme Mabrouk, fille de Ben Ali.MonoprixEgalement entré dans le patrimoine des Mabrouk.BricoramaAffaire entièrement réalisée par M. Mahbouli puis carrément confisquée par Imed Trabelsi.INDUSTRIEOutre les briquetteries qui ont fait l’objet d’une concentration aux mains du discret maisnéanmoins actif Slim Zarrouk, époux de Ghazoua Ben Ali, il est utile de mentionner le plusgrand scandale de l’histoire financière de la Tunisie :Carthage cementEn matière de détournement de biens publics, l’affaire Carthage Cement est celle où les excèsles plus incroyables ont été réalisés.Un pool industriel international mené par des Italiens a proposé à l’État tunisien l’achat de lacimenterie de Tunis. Après plusieurs mois de travail et après avoir obtenu l’essentiel desautorisations nécessaires, au moment de signer le contrat définitif avec l’État tunisien, lesindustriels sont contactés par Belhassen Trabelsi qui conditionne l’accord de l’État à 20% del’affaire (80 millions de dinars).Choqués par ces pratiques, les industriels se retirent, laissant à Belhassen Trabelsi l’affairequ’ils avaient montée.Celui-ci procède alors à l’appropriation de plus de 400ha de terrain (acquis au dinarsymbolique) appartenant à l’État et en flagrante irrégularité avec toutes les règles, fait entreren bourse Carthage cement qui n’a aucun bilan, et ce, grâce à des banquiers irresponsables.Pour couronner le tout, la Société Tunisienne des Chemins de Fers se permet de financer, pourCarthage cement, 15 kms de voies de chemin de fer. Le ministère des Transports etl’Assemblée Nationale n’y voient aucun inconvénient. Ne citons pas la Cour des Comptes, laCommission de contrôle des opérations de bourse ni tous ces organismes de contrôle mis enplace par le régime pour mieux tromper son monde et qui harcèlent tous les Tunisiens saufceux qui mettent le pays sous leur coupe réglée.Carthage cement constitue certainement le plus gros scandale de l’ère Ben Ali, et ce, avec lacomplicité active de plusieurs hauts responsables.
    • 14/18DIVERSES AFFAIRESL’International School of Carthage.Un terrain et une subvention d’à peu près 2 millions de dinars du ministère de l’Educationnationale accordés gracieusement à Mmes Ben Ali et Arafat pour la création d’une écoleprivée!Alors que les écoles tunisiennes subissent un manque flagrant de budget de fonctionnement,alors que les classes sont dans un état de délabrement avancé, un budget national est alloué àune école élitiste privée!Comme si tout cela ne suffisait pas, pour obliger les Tunisiens à inscrire leurs enfants dansson école, Mme Ben Ali a usé de tout son pouvoir pour fermer la principale institutionconcurrente. Le fondateur de cette institution, M. Bouabdeli, a été obligé de mener unevéritable campagne de presse internationale, ponctuée par la publication d’un livre, pourpouvoir recouvrer ses droits. Sans succès.Comme l’a révélé Wikileaks, Mme Ben Ali s’est même frottée à l’Ecole américaine de Tunisen ordonnant au ministère des Finances d’annuler le régime de faveur fiscale dont bénéficiaitl’institution américaine. Il faut préciser que suite à la petitesse de ces pratiques, legouvernement américain a revu à la baisse ses aides économiques à la Tunisie.Les bananes de la républiqueComme cela devait se faire dans une république devenue bananière, l’importation des bananesa été retirée à l’une des plus prestigieuses sociétés de développement tunisienne, la STIL, quiavait lancé, au début de la Tunisie indépendante, un exceptionnel plan de développement duSud et qui bénéficiait de plusieurs monopoles d’État. L’un de ces monopoles concernaitl’importation de bananes qui été soustrait à cette société nationale de développement pour êtreaccordé aux membres de la famille Trabelsi, Moncef, ancien photographe de rue et M. Jaraya,son acolyte.Il faut préciser que les ministres du Commerce se pressaient pour leur signer les licencesd’importation et obtenir ainsi les faveurs du pouvoir.La sucrerie de BizerteL’importation du sucre était un monopole d’Etat, mais pour mieux se sucrer, M. BelhassenTrabelsi, frère de Mme Ben Ali, a décidé de se substituer à ce monopole d’Etat en créant sapropre usine à Bizerte. Il s’est même approprié une partie du port de Bizerte pour y installerses silos. Et ce, avec l’homme d’affaires prête-nom Lotfi Abdenadher.
    • 15/18Les alcoolsComme tout État en développement, les monopoles juteux avaient été accordés, comme nousl’avons vu plus haut, à des Sociétés de Développement destinées à mettre à niveau l’économietunisienne. C’est ainsi que le monopole d’importation et de distribution des alcoolsappartenait, lui aussi, à la STIL. Mais la liquidation de cette entreprise particulièrementjuteuse ne s’est pas fait attendre et les Trabelsi ont immédiatement mis la main sur ses diversmonopoles et même sur le marché noir de l’alcool, dont la distribution passe obligatoirementpar Imed Trabelsi.Et c’est ainsi que l’œuvre de développement de la Tunisie a été abandonnée au profit dequelques personnes sans envergure, pour leur seul profit.Des régions entières sont ainsi tombées en désuétude, complètement abandonnées par un Étatdevenu soucieux du seul enrichissement de Ben Ali et de ses proches qui à leur tourrécompensent les agents véreux de l’État en leur accordant des postes en haut lieu.L’explication de la déchéance de tout un pays apparaît alors dans toute sa simple vérité.Les trabelsi et les Ben ali se substituent à la douaneUne multitude de sociétés officient depuis des années au vu et au su de tout le monde pourpermettre à certains commerçants tunisiens d’importer des produits sans droits de douaneavec un prix fixe au mètre cube importé.Les conteneurs passent la douane sans aucun contrôle. Cette pratique avait créé un scandaleen décembre 2006 à la suite d’une attaque intégriste à Soliman. Tout le monde se demandait siles intégristes n’avaient pas fait entrer les armes dans ces conteneurs non contrôlés.Cette pratique d’importation sauvage contribue à appauvrir tout le tissu industriel tunisien,alimente le marché parallèle de produits et d’objets volés et provoque la faillite des honnêtescommerçants.Les principaux bénéficiaires de ce trafic sont Jalila Trabelsi, sœur de Madame Ben Ali, etHayet et Kaies Ben Ali, sœur et neveu du président et d’autres membres de la famille quenous citerons la prochaine fois.LE THON TUNISIEN, MONOPOLE DE M. MOURAD TRABELSI, FRERE DE MMEBEN ALIL’exportation du thon est depuis quelques années devenue monopole personnel de MouradTrabelsi qui est également le seul individu autorisé en Tunisie à en faire l’élevage et àl’exporter.Pêche au Lac de TunisLe même Mourad Trabelsi a obtenu, par l’intermédiaire d’un Italien prête-nom, le monopolede la pêche au Lac de Tunis. Son unique contrepartie : nettoyer les algues du Lac.Quel est le prix de la concession ; comment a-t-elle été accordée ? Mourad Trabelsi paye-t-ildes impôts en contrepartie de ces énormes privilèges?
    • 16/18La friperieMême système, mêmes bénéficiaires. La friperie n’a pas échappé aux proches de Ben Ali,dont elle est devenue une chasse gardée !Conclusion Cette énumération est rébarbative tellement le manque d’imagination des proches de Ben Aliest éprouvant en matière de détournement de biens publics et autres enrichissements illégaux.Nous préparons un second dossier où nous poursuivrons l’énumération de ces scandales quine doivent jamais être oubliés pour que ces gens qui ont mis le pays à genoux puissent payerun jour tous leurs méfaits.Nous tenons également à avertir les Tunisiens des arnaques qui sont déjà en cours depréparation, tel le déclassement du terrain de l’ IHEC à Carthage. En effet, les proches duPrésident considèrent que ce terrain, merveilleusement placé sur le versant de l’historiqueCarthage, conviendrait bien mieux à la construction de dizaines de villas pour leur compte. Lamême logique a été adoptée pour le stade Zouiten, situé sur les hauteurs du Belvédère et deMutuelleville. La même logique a été adoptée pour le versant sud de la colline de Gammarthoù les constructions vont très bientôt être entamées par un certain Imed, clone de sonhomonyme trabelsien et prête-nom de certains membres de la famille et qui a déjà loti unterrain archéologique entre Carthage et La Marsa, terrain déclassé par un ancien dirigeant del’Institut du Patrimoine et par des complicités au sein du ministère de la Culture, nous yreviendrons aussi.Nous parlerons également du neveu de Ben Ali, Monsieur Mehdi Mlika, et de sa politiqued’embellissement de l’environnement qui s’est soldée par la simple exécution d’une «Avenuede l’environnement» dans chaque ville de Tunisie. L’embellissement de ces artères, qui aconsisté en quelques bacs à fleurs et terre-pleins gazonnés et quelques horreurs artistiques, acoûté des fortunes dont les principaux bénéficiaires sont Mehdi Mlika et Ben Ali, parl’intermédiaire d’entrepreneurs véreux qui n’ont ramassé que des miettes. Bref ce sont lesbudgets des municipalités et du ministère de l’Environnement qui en ont pâti.Nous évoquerons aussi le hold-up réalisé au profit de Sakhr el Matri et du fils de Ben Ali parl’achat au nominal des actions du groupe Nestlé détenues par la Banque Nationale Agricoledepuis une cinquantaine d’années. Nestlé International a violemment réagi devant cespratiques dignes des pires républiques bananières.Nous évoquerons aussi l’acharnement avec lequel la famille de Ben Ali se réserve tous lesmarchés publics du pays, contribuant ainsi à appauvrir l’État en imposant des prix qui n’ontrien à voir avec la réalité des offres.Nous parlerons du monopole accordé à Moncef Trabelsi dans le transport des produitspétroliers dans tout le pays, nous évoquerons les malversations ayant eu lieu autour desprojets immobiliers géants de Sama Dubai et de Boukhater et qui ont engrangé de tellescommissions qu’ils ont fini par couler malgré des terrains acquis parfois au dinar symboliqueet alors que nos propres entrepreneurs sont écartés de ces projets juteux.Sans oublier la résidence de St Tropez, acquise par Ben Ali et sa femme sous la médiation deSakhr el Matri et François Benaceur.Nous n’évoquerons pas la saga Imed Trabelsi/Faouzi Mahbouli concernant Bricorama car elleest étalée en large et en travers sur Internet.
    • 17/18Par contre, nous reviendrons sur l’affaire de l’aéroport des pèlerins, construit sans appeld’offres ni consultation et ayant coûté 10 fois son prix.Nous parlerons aussi de l’aéroport international d’Enfida et de la concession remportée par laSociété turque TAV. Cette société, représentée par Belhassen Trabelsi et Youssef Zarrouk,n’était pas en mesure de payer la concession. Belhassen Trabelsi leur a concocté, avecl’intervention de Ben Ali, un concours bancaire en dinars tunisiens alors que le paiement étaitprévu en dollars. Comment ce crédit sera remboursé alors que l’aéroport reste désespérémentdésert?Nous dévoilerons également dans le prochain dossier d’autres détournements de milliards dedinars à l’OACA, à la Poste, à Tunisie Télécom, au groupe chimique, au ministère del’Environnement, etc.Nous appelons les responsables honnêtes, s’il en demeure, de réagir le plus vite possible endésignant une commission d’enquête indépendante qui devra faire la lumière sur toutes cesaffaires.Nous appelons également tous les responsables politiques à saisir la gravité de la situation et às’entendre pour déposer Ben Ali et procéder à l’arrestation de toute la clique qui a procédé àun véritable dépècement du pays.Il faut avoir présent à l’esprit que ces personnes sans scrupules sont prêtes à mettre le pays àfeu et à sang pour glaner encore quelques mois au pouvoir, de quoi leur permettre de finaliserleurs opérations en cours.Il faut que les consciences s’éveillent, que les responsables politiques et ceux de la sécurité dupays, militaires compris, cessent de faire allégeance à des individus sans foi ni loi qui utilisentle prestige du pouvoir pour faire ce que bon leur semble sans aucun sens des responsabilités nimême de la mesure.Tous les responsables savent que tout ce qui est écrit ici est vrai et nous tenons à les avertirque s’ils continuent à faire la sourde oreille, ils se mettrons dans la position définitive decomplices de la mise à sac du pays.Nous appelons également les responsables de la sécurité du pays de refuser de s’engager dansdes complots qui visent à faire changer l’opinion des Tunisiens et à les garder sous un régimequi ne peut aboutir qu’à la désintégration du pays.Nous remercions de tout cœur tous ceux qui nous ont permis de réaliser ce dossier, ils ne l’ontfait sans aucun calcul, simplement par nationalisme, pour défendre ce pays qui ne mérite passes dirigeants actuels.Nous tenons encore une fois à évoquer ceux qui se sacrifient pour que la Tunisie ne soit plusjamais à la solde de tristes individus. Tous ceux qui défilent, se battent, parlent et écriventsont le fer de lance de notre pays car ils le font tout en sachant qu’ils se battent contre l’unedes pires dictatures de notre temps.Nous appellons tous les Tunisiens à continuer à manifester pacifiquement leur ras le bol, à nepas toucher aux biens communs.Nous appelons enfin une nouvelle fois les responsables à se comporter avec force et honneuret à réagir à la mise à sac du pays en déposant Ben Ali, le premier responsable de cettesituation.Nous proposons comme alternative politique l’élévation du premier ministre actuel, M.Mohamed Ghanouchi, au poste de Président de la République pour une période d’une annéependant laquelle aura lieu la consolidation de la société civile née des événements actuels etl’organisation d’un tribunal spécial.Nous appelons la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante pour un changementconstitutionnel relatif au rôle et au mandat du chef de l’État dans le sens de leur réductionpour que plus jamais aucun individu ne confisque aux Tunisiens leur pays.
    • 18/18Plus d’un demi-siècle de dictature et de culte de la personnalité suffisent. Nous proposons quechaque futur dirigeant de la Tunisie n’ait la possibilité de gouverner que durant un unique etcourt mandat, pour laisser à la société civile tunisienne, qui durant ces dernières semaines amerveilleusement résisté au terrible système de Ben Ali, la possibilité d’émergerdéfinitivement.Au nom de tous les Tunisiens dignes.F.L.B.L.Q.A.Y.