Letrident Canalblog Mar 30, 2009 Le CongloméRat Indien Tata éBranlé Par La Crise (Les Echos)

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    Letrident Canalblog Mar 30, 2009 Le CongloméRat Indien Tata éBranlé Par La Crise (Les Echos) - Presentation Transcript

    1. Le conglomérat indien Tata ébranlé par la crise (les echos) [ 30/03/09 ] Le lancement commercial, la semaine dernière, de la Tata Nano - la voiture la moins chère du monde - ne masque pas les difficultés financières grandissantes du groupe, qui compte une centaine de filiales. C'est la conséquence d'une série d'acquisitions ces dernières années, qui se traduisent aujourd'hui par des dettes colossales. DE NOTRE CORRESPONDANT À NEW DELHI. L'année écoulée aura été particulièrement douloureuse pour le plus célèbre des conglomérats indiens. Avec ses 98 filiales, ses 350.000 employés et ses 3,2 millions d'actionnaires, le groupe Tata reste bien sûr un géant, inamovible depuis maintenant cent quarante ans. Mais entre l'effondrement des ventes automobiles, la chute de la consommation mondiale d'acier, le ralentissement de la sous-traitance informatique, la récente attaque terroriste contre son plus célèbre hôtel - le Taj de Bombay - et la difficulté à trouver des fonds pour éponger ses dettes, il traverse actuellement une bien mauvaise passe. La capitalisation boursière des 27 filiales cotées a fondu, passant de 59,7 milliards de dollars (44,9 milliards d'euros) l'an dernier à moins de 24 milliards aujourd'hui. Au-delà de la conjoncture mondiale, ces déconvenues proviennent en grande partie d'une stratégie de croissance externe adoptée ces dernières années via des acquisitions à l'étranger, parfois chèrement payées. Notamment l'achat du numéro deux mondial de l'acier, Corus, pour 13 milliards de dollars en 2007 (la plus grosse acquisition à l'étranger de l'histoire indienne), et celui des marques Jaguar et Land Rover (2,3 milliards de dollars). Dans les deux cas, Tata s'est en effet lourdement endetté. Sans prévoir, évidemment, que les liquidités mondiales allaient subitement se tarir avec la crise financière... Endetté jusqu'au cou « Tata a parié sur son image de marque et, surtout, sur la capacité de cette image à lui permettre de lever des fonds », résume Jagannadham Thunuguntla, analyste chez SMC Capitals, à New Delhi. « Le choix de la croissance externe est étonnant, car les Tata étaient jusqu'ici très conservateurs, ajoute-t-il. On a l'impression qu'ils ont voulu prouver qu'ils étaient désormais un géant mondial, alors que ce n'était pas la peine. » Le fait est que le groupe est aujourd'hui endetté jusqu'au cou : cumulées, les filiales Tata Motors, Tata Steel, Tata Consultancy Services (TCS), Tata Power et Tata Communications - qui représentent, à elles cinq, 90 % du chiffre d'affaires du groupe - terminent l'année fiscale (fin mars) avec plus 20 milliards de dollars de dettes. Les analystes pas inquiets Du fait de son internationalisation - il réalisait l'an dernier 61 % de son chiffre d'affaires à l'étranger -, Tata est aussi plus touché que la plupart des entreprises indiennes par les déboires de l'économie mondiale, surtout américaine. TCS, notamment, numéro un de l'informatique indienne et véritable « vache à lait » du groupe ces dernières années (lire ci-dessous). En novembre dernier, le président du groupe, Ratan Tata, avait personnellement écrit à tous ses patrons de filiales pour leur demander de réduire « drastiquement » les coûts, et de mettre entre parenthèses les acquisitions prévues. Tout en admettant qu'il va falloir « s'occuper vite » de la question des dettes, Bharat Wakhlu, représentant du conglomérat à New Delhi, insiste néanmoins sur le fait que « Tata est un groupe robuste qui, en plus d'un siècle d'existence, a traversé bien d'autres crises ». Les analystes ne sont d'ailleurs pas inquiets sur son avenir. D'autant que le holding Tata Sons, propriété de la famille, est toujours majoritaire dans toutes les filiales clefs et peut donc au besoin vendre des actions pour lever des capitaux. Du moins s'il y a des acheteurs.
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