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2011, AU CŒUR     d’Inria17
Inria — Rapport annuel 2011STRATÉGIEProfil en chiffres                                                                  • ...
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Le rapport annuel 2011 d'Inria, institut public de recherche entièrement dédié aux sciences du numérique, met en lumière sa stratégie, ses recherches et ses partenariats.

Le numérique est au cœur de notre quotidien. On le trouve dans la plupart des objets et des services que nous utilisons tous les jours, qu’il s’agisse d’Internet, d’ordinateurs, de téléphones mobiles, d’appareils photo, de baladeurs audio, de téléviseurs, de consoles de jeux ou de récepteurs GPS. Mais il se niche aussi de façon parfois moins visible dans les véhicules, les outils industriels, les dispositifs médicaux, les systèmes décisionnels… Toutes ces technologies ont déjà profondément changé notre vie, au point de devenir indispensables. Et elles vont continuer de le faire à l’avenir, à travers des applications en cours de développement. C’est dans cette voie que sont engagés les chercheurs d’Inria qui inventent le monde numérique de demain.

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Inria - Rapport annuel 2011

  1. 1. 2011 RAPPORT ANNUEL Éducation MédecineInformation Transport LogicielsAssistance Environnement
  2. 2. PAGE 57La recherchePAGE au cœur du débat1 L’importance croissante du numérique dans la vie de tous les jours, de manière visible, matérielle, ou invisible et immatérielle, soulèveLe numérique un grand nombre deau cœur de la vie questions.Comme l’ont fait hier PAGE 17l’imprimerie, le téléphone P. 58 Tous acteursou le chemin de fer, de la régulationle numérique modifie Isabelle Falque-Pierrotin,profondément nos foyers, présidente de la Cnil.nos entreprises, nos P. 61 Un désordre fertileindustries, nos écoles, 2011, au cœur Daniel Kaplan, déléguéen démultipliant les moyens d’Inria général de la Fing.de communication, Le paysage de la rechercheen automatisant certaines est en perpétuelle évolution. P. 64 Laissons lestâches pour gagner Les responsables de l’institut chercheurs chercher !en productivité et en et les chercheurs s’expriment Henri Verdier, présidentinventant de nouveaux sur l’année écoulée. du pôle de compétitivitémodèles d’échanges. P.18 En chiffres Cap Digital. P.19 Stratégie Vue par Michel Cosnard, Claude Kirchner et Hervé Mathieu. P.23 Missions Recherche, partenariats, transfert et rayonnement des sciences du numérique. P.49 Pilotage Les défis de la modernisation, les huit centres de recherche. • Les pages signalées par la pastille ci-contre sont interactives ! Photographiez l’image avec l’application Pixee pour accéder aux contenus en ligne. Pixee est une application gratuite disponible sur iPhone, Android et BlackBerry. • Comment ça marche ? Les téléphones mobiles sont équipés d’une caméra embarquée pour prendre des photos... mais pas seulement.Des formules mathématiques récemment inventées au sein d’Inria permettent aux téléphonesd’appréhender le contenu des images, comme le fait notre cerveau. Le téléphone compare alors l’imagecapturée à plusieurs milliers d’images pour retrouver la plus proche et nous délivrer les informationsqui lui sont associées. À vous de jouer !
  3. 3. LE NUMÉRIQUE AU CŒUR DE LA Aujourd’hui … VIE… et demainLe numérique est désormais au cœur de notre quotidien.On le trouve dans la plupart des objets et des services que nous utilisons tous les jours, qu’il s’agisse d’Internet, d’ordinateurs, de téléphones mobiles, d’appareils photo, de baladeurs audio, de téléviseurs, de consoles de jeux ou de récepteurs GPS. Mais il se niche aussi de façon parfois moins visible dans les véhicules, les outils industriels, les dispositifs médicaux, les systèmes décisionnels… En l’espace de quelques années à peine, toutes ces technologies ont déjà profondément changé notre vie, au point de devenir indispensables. Et elles vont continuer de le faire à l’avenir, à travers des applications en cours de développement. C’est dans cette voie que sont engagés les chercheurs d’Inria, institut public de recherche, qui inventent le monde numérique de demain. 1
  4. 4. Inria Comment gérer la surdose ? C’est bien connu, trop d’info tue l’info. Et il ne suffit pas d’avoir accès à la connaissance pour en profiter réellement. Avec le développement des technologies numériques et la démocratisation des outils de communication, nous sommes aujourd’hui submergés d’informations de toutes sortes qu’il devient de plus en plus difficile d’analyser, de hiérarchiser et de mémoriser. Sans même parler des mails, des tweets et des autres messages qui se déversent quotidiennement Information à travers les réseaux, la moindre requête dans un moteur de recherche renvoie vers des dizaines de pages Web, constituant autant de sources d’information qu’il faut patiemment explorer. Comment s’y retrouver quand on sait que notre cerveau ne peut pas tout assimiler ? De nombreuses équipes d’Inria effectuent des recherches visant à organiser et à clarifier cette masse de données sans cesse croissante de façon à la rendre utilisable et compréhensible par tous. C’est le cas de l’équipe-projet Orpailleur , qui développe des outils intelligents de gestion et d’extraction des connaissances dans des bases de données. Ou encore d’Aviz , qui travaille sur de nouvelles méthodes pour visualiser et synthétiser des informations en naviguant dans de grandes masses de données, en s’attachant à les contextualiser. 2
  5. 5. Le numérique au cœur de la vie3
  6. 6. Inria Objectif zéro défaut Le 4 juin 1996, Ariane 5 explosait en plein ciel lors de son vol inaugural. La faute à un simple bug dans un des logiciels gérant le pilote automatique de la fusée… De fait, en informatique, Logiciels la moindre erreur de conception peut avoir des conséquences humaines ou économiques catastrophiques. Surtout quand elle concerne un programme embarqué critique, comme ceux qui commandent des systèmes aéronautiques, nucléaires, médicaux ou automobiles. Pour éviter que de tels accidents se produisent, plusieurs équipes d’Inria spécialisées en algorithmique et en programmation se sont attelées au problème de la sûreté des logiciels en développant des outils destinés à traquer les failles des programmes dès leur conception. Abstraction a ainsi mis au point Astrée, un analyseur de code capable de détecter des erreurs en réalisant des calculs automatiques. Gallium cherche à améliorer la fiabilité des logiciels grâce à Objective Caml, un langage de programmation de haut niveau, plus sûr et plus expressif, et grâce à CompCert, un compilateur traduisant fidèlement les codes sources, sans y introduire d’erreur. De nombreux projets en cours, exploitant de puissants concepts informatiques et mathématiques, visent le même but : rendre les logiciels parfaitement fiables, qu’il s’agisse de navigation, de contrôle, d’automatisation ou de communication. Pour notre sécurité à tous ! 4
  7. 7. Le numérique au cœur de la vie5
  8. 8. Inria Équipe Magrit Le virtuel au service des chirurgiens Préparer une intervention chirurgicale grâce à une simulation informatique, voire pratiquer une opération en superposant des informations supplémentaires dans le champ de vision du chirurgien ; ces pratiques, qui semblent sortir tout droit d’un roman de science-fiction, pourraient bien devenir courantes dans un Médecine proche avenir. Et notamment grâce à la réalité augmentée, une technique permettant d’enrichir le champ opératoire d’informations telles que des modèles d’organes ou de vaisseaux représentés en 3D, et donc de voir au-delà du visible, pour mieux guider les gestes du spécialiste. C’est sur ce thème que travaille l’équipe Shacra au sein de MIX-Surg, un des trois instituts hospitalo- universitaires (IHU) auxquels s’est allié Inria, sur les six retenus dans le cadre du programme Investissements d’avenir lancé en 2010. Tandis que l’équipe-projet Magrit travaille sur des représentations numériques fidèles du réseau vasculaire et sur des simulations d’organes. En combinant imagerie, simulation, modélisation et même robotique (pour automatiser et sécuriser certains gestes techniques), ces approches devraient sensiblement améliorer la chirurgie mini-invasive et contribuer à faire progresser la médecine et le confort des patients. 6
  9. 9. Le numérique au cœur de la vie7
  10. 10. Inria Équipe Wam Vers des villes intelligentes Plus de la moitié de la population mondiale habite désormais en milieu urbain. Et cette tendance va s’accentuer au cours du siècle. Pour s’adapter à cette profonde évolution et à ses conséquences en termes sociaux et environnementaux, les villes doivent revoir leurs infrastructures et leurs services en profitant au maximum des possibilités offertes par le numérique et les nouvelles technologies. En s’appuyant sur Internet, de nombreuses applications pour smartphone montrent déjà la voie, en permettant, par exemple, de connaître en temps réel la position et l’heure de passage du bus que l’on Urbanisme attend ou de trouver instantanément l’adresse d’un restaurant dans un quartier inconnu. Mais il reste encore beaucoup à faire pour rendre les villes réellement intelligentes, notamment en donnant aux citoyens les moyens de nourrir des réseaux d’informations contextuelles utiles à tous. Inria prépare cette mutation. L’équipe-projet Wam a ainsi développé une application en réalité augmentée permettant de visiter Grenoble en profitant d’informations visuelles et sonores complémentaires sur smartphone. En utilisant des données Web géolocalisées et des technologies de communication sans fil comme le wi-fi, la téléphonie 3G ou les étiquettes RFID sur des équipements, une multitude de services interactifs verront bientôt le jour dans les villes numériques, aussi bien pour assister les personnes en situation de handicap que pour guider les automobilistes ou informer les usagers. 8
  11. 11. Le numérique au cœur de la vie9
  12. 12. Inria 10
  13. 13. Le numérique au cœur de la vie Équipe Coprin Aide numérique à domicile En 2020, l’Europe comptera près de 84 millions de personnes de plus de 75 ans. Avec une espérance de vie en hausse constante et des liens familiaux et sociaux qui se distendent, de plus en plus de personnes âgées se retrouvent dans des situations d’isolement total. Et toutes ne peuventAssistance pas faire appel à des aides à domicile pour les assister dans leurs gestes quotidiens. Un problème que connaissent également les handicapés, contraints de recourir à toutes sortes d’astuces pour réaliser des tâches banales. Et si des solutions venaient du numérique et de la robotique ? Dans le cadre de l’action d’envergure PAL (Personally Assisted Living) , Inria a mobilisé neuf équipes réparties dans ses centres afin de développer des solutions pour améliorer la vie des personnes dépendantes. Ainsi, l’équipe- projet Coprin a mis au point Marionet-Assist, un dispositif automatisé permettant à une personne à mobilité réduite de sortir d’un fauteuil ou de se relever après une chute (l’accident le plus fréquent). E-motion étudie des systèmes artificiels dotés de capacités de perception, de décision et d’action suffisamment évoluées pour interagir avec des humains. Et Maia travaille sur des machines autonomes douées d’intelligence artificielle. De quoi imaginer, un jour, des robots réellement domestiques, capables de nous aider dans notre vie quotidienne… 11
  14. 14. Inria L’art de partager l’électricité Tout le monde en est désormais conscient : l’énergie est précieuse. Et sa gestion constitue un enjeu majeur du XXIe siècle, aussi bien sur le plan économique qu’écologique. Face aux limites intrinsèques des ressources fossiles, de nouveaux modes de production et de consommation s’imposent, favorisant et valorisant les énergies renouvelables, qu’elles soient solaire, hydraulique ou éolienne. Aujourd’hui, particuliers et entreprises Énergie peuvent produire de l’électricité et l’utiliser pour leurs besoins propres ou la revendre à l’opérateur national pour la partager. Mais, pour que le système fonctionne et se développe, il faut de puissants outils numériques pour gérer cette répartition en temps réel sur des réseaux de type smart grid. Inria travaille dans ce but à travers l’ I-Lab Metis , une structure mixte associant la société Artelys aux équipes-projets Tao et Maxplus . Au sein de ce laboratoire commun, chercheurs et industriels combinent leurs moyens et leurs savoir-faire pour réaliser un système de gestion d’énergie en mode smart grid. Spécialisée en optimisation, en statistique et en aide à la décision, Artelys profite des recherches en algorithmique et en modélisation des équipes pour accélérer la mise au point de solutions opérationnelles à proposer à des clients en France et à l’international. 12
  15. 15. Le numérique au cœur de la vie13
  16. 16. Indiscrétions sur Internet Sur le Net, tout le monde se croit à l’abri derrière un pseudonyme. Mais une étude du MIT (Massachusetts Institute of Technology), à laquelle des chercheurs Inria ont participé, montre que la plupart des internautes utilisent les mêmes identifiants sur les différents sites qu’ils visitent. Et, avec le développement des réseaux sociaux et du commerce en ligne, il est relativement simple de relier ces identités virtuelles pour cibler, pister, voire identifier les utilisateurs à des fins commerciales, politiquesCommuni- ou… criminelles. À une époque oùcation Internet et les échanges numériques sont au cœur de la société, la question de la sécurité et de la confidentialité des données personnelles est cruciale, aussi bien pour le respect de la vie privée que pour la bonne marche de l’économie. Une cinquantaine d’équipes Inria travaillent actuellement sur ce thème, qui constitue un enjeu majeur à l’ère de la communication. Certaines, comme Secsi ou Caramel , se concentrent sur les protocoles et les clés de cryptage permettant de garantir la confidentialité des échanges d’informations. D’autres, comme Planete , étudient les failles de sécurité des logiciels de communication populaires et l’anonymat des identifiants. L’équipe-projet Secret a participé à l’élaboration de Shabal , un algorithme permettant de mettre à l’épreuve les standards de cryptage des données confidentielles. Autant de pistes à explorer, de méthodes à inventer et d’outils à développer pour vivre le numérique en toute sécurité. 14
  17. 17. Le numérique au cœur de la vie15
  18. 18. Le numérique, un moteur de croissanceLe numérique est au cœur de notre Une étude de Coe-Rexecode, publiéesociété. Dans nos foyers, bien sûr, mais en mai 2011, estime que l’économieaussi dans nos écoles, nos entreprises numérique, de manière directeet nos industries. Comme l’ont fait hier ou indirecte, a contribué pour 26 %l’imprimerie, le téléphone et le chemin en moyenne à la croissance entrede fer, le numérique modifie profondément 1980 et 2008 en France, pour 32 %notre économie, en démultipliant en Allemagne et au Japon et pour 37 %les moyens de communication, aux États-Unis. Preuve de sonen automatisant certaines tâches pour importance, mais aussi du potentielgagner en productivité, et en inventant restant à exploiter pour la croissancede nouveaux modèles d’échanges. française.Et si le numérique s’appuie toujours surdes dispositifs matériels (processeurs, Inria participe activement à cetteordinateurs, serveurs, réseaux, etc.), mutation avec ses projets de recherche,il donne aussi une véritable valeur de transfert de technologies, enà l’immatériel, que ce soit pour les biens particulier à travers les I-Labs, structuresculturels (musique, cinéma…), les services mixtes associant des équipes deou la création intellectuelle. Il en va chercheurs et des PME-PMI au seinainsi des outils logiciels. De plus, le de laboratoires communs autournumérique change la donne économique de projets industriels.en abaissant sensiblement le coût del’innovation, comme le montre l’histoiredes plateformes de commerce en ligneet des réseaux sociaux. 16
  19. 19. 2011, AU CŒUR d’Inria17
  20. 20. Inria — Rapport annuel 2011STRATÉGIEProfil en chiffres • 83 %7start-up créées. 179 équipes-projets (au 1er janvier 2012), dont 83 % sont communes avec des universités et autres établissements4432 de recherche.publications de référence. 4351106 personnes ont concouru aux missions d’Inria, dont 68 % de personnel scientifique. • 68 %logiciels déposés à l’APP(Agence pour la protectiondes programmes). 128223 doctorants dans les équipes de recherche.brevets initiaux déposés. 66 équipes associées avec des universités et laboratoires étrangers. 304 thèses soutenues. 18
  21. 21. 2011, au cœur d’Inria Interview “ACCROÎTRE L’IMPACT DE NOS RECHERCHES EST PRIMORDIAL”Interview“INRIA ESTPRÊT ÀCosnard, Michel ABORDERLA DÉCENNIE président-directeur généralQUI S’OUVRE” Michel Cosnard, Président-Directeur général 19
  22. 22. Inria — Rapport annuel 2011STRATÉGIEInterview À l’échelle européenne, notre approche globale intègre formation, recherche, innovation et usages. En 2011, l’institut a construit de notre pays, au même titre que la santé, nouveaux sites à Bordeaux, Lille et Saclay, l’énergie, l’environnement et les et inauguré le PCRI à Saclay. Comment sciences humaines et sociales. Cette poursuivez-vous ces développements dans alliance nous a permis de renforcer nos un contexte de stabilisation de la dotation partenariats et de définir de façon de l’État ? concertée les priorités nationales en Michel Cosnard • D’une sciences et technologies du numérique. part, grâce à l’augmenta- Le programme Investissements d’avenir tion de nos ressources a par ailleurs été l’occasion de lancer de propres, liée en grande nouvelles activités partenariales, no- partie aux succès de nos tamment dans les domaines de la san- équipes dans les appels à té, de l’environnement ou des sciences projets. D’autre part, grâce de l’homme et de la société. Beaucoup à une meilleure efficacité dans leur uti- de nos équipes de recherche sont impli- lisation avec un objectif d’excellence en quées dans des laboratoires d’excel- matière de gestion. Notre première édi- lence (Labex) et des équipements d’ex- tion des Prix Inria reflète d’ailleurs par- cellence (Équipex) avec des partenaires faitement ces deux aspects. académiques locaux. Inria, en tant qu’organisme national, est partenaire Le paysage de la recherche de trois instituts hospitalo-universitaires française a beaucoup évolué. Comment (Paris, Strasbourg et Bordeaux). Et, dans l’institut vit-il ces mutations ? le cadre du programme Économie du M. C. • 2011 a été la première année numérique ou encore des instituts de complète d’Allistene – structure de recherche technologique (IRT), nos par- concertation dédiée aux sciences et tenaires sont des industriels, grands technologies du numérique, qui réunit groupes ou PME. le CEA, le CNRS, l’Institut Mines-Télé- com, la CPU, la CDEFI et notre institut – La recherche européenne est aus- et l’année de lancement de nombreux si en pleine effervescence depuis la création investissements d’avenir. La création en2010del’EITICTLabs,dontInriacoordonne d’Allistene est la preuve que les sciences le volet recherche. Où en est-on ? du numérique sont une priorité pour • M. C. L ’EIT ICT Labs, une des trois com- munautés de la connaissance et de l’in- Nous avons un objectif novation de l’Institut européen d’inno- d’excellence en matière vation et de technologie (EIT) dédiées de gestion. aux sciences du numérique, se met en place et semble très prometteuse. Elle devrait permettre de créer le pont entre recherche et industrie en finançant des innovations jusqu’à leur développement technologique – dépôt de brevet, de lo- 20
  23. 23. 2011, au cœur d’Inriagiciel, création d’entreprise ou autresmodalités de transfert. Ses deux points Claude Kirchner,forts sont  : une programmation délégué général à la rechercheconjointe (les 23 partenaires proposent et au transfert pour l’innovationles sujets de recherche et les financentavec l’aide de l’Europe) et une nouvelle Prix Inria 2011approche globale intégrant formation,recherche, innovation et usages, dont “Une première éditionune des déclinaisons pourrait par emblématique de notreexemple être la formation de nouveauxprofils d’étudiants, à la fois scientifiques démarche”et entrepreneurs. « Les Prix Inria ont pour de simulation numérique. Ces évolutions influencent-elles vocation de reconnaître Le Prix de l’innovation et de distinguer des Inria-Dassault Systèmesvos thématiques de recherche ? • scientifiques ayant a distingué StéphaneM. C. Nos recherches restent dans une contribué de manière Donikian, créateur de lacertaine continuité et en phase avec le exceptionnelle au champ spin-off Golaem et de sesdéveloppement fulgurant des technolo- des sciences informatiques simulateurs numériquesgies numériques. Dans ce monde en et mathématiques, ou de comportementsconstruction, nous sommes surtout ayant apporté des humains dans les contributions majeures environnements 3D.attentifs à accroître l’impact de nos au transfert ou à Le Prix du soutien à larecherches. Nous nous intéressons de l’innovation dans ces recherche et à l’innovation aplus en plus aux usages, une approche disciplines. Ils distinguent été décerné à Julien Wintz,qui englobe l’étude des réseaux so- également des ingénieurs jeune ingénieur qui a misciaux – que ce soit pour le respect de ou techniciens ayant eu en place et anime une des apports remarquables plateforme de calculla vie privée ou le droit à l’oubli –, l’in- scientifique permettant aux en termes de soutien outernet des objets, l’interaction homme- d’appui aux recherches. chercheurs d’expérimentermachine ou l’assistance à domicile, En 2011, le Grand Prix leurs logiciels dans leurainsi que les problématiques liées au a honoré Gérard Huet, domaine d’application.développement durable. pionnier de l’école française Enfin, le Prix du serviceC’est pourquoi nous nous rapprochons d’informatique, dont de support à la recherche a les travaux ont été récompensé un formidabledes grands acteurs économiques et so- déterminants notamment travail d’équipe autourciaux du monde numérique. Nous avons pour garantir la qualité de la certification desd’ailleurs demandé à trois d’entre eux des logiciels. Le Prix comptes de l’institut,d’intervenir dans les pages suivantes. jeune chercheur a souligné première étape dans le le talent de Bruno Lévy, un processus de simplification passionné de géométrie et d’harmonisation des qui bouleverse la pratiques chez Inria. » représentation 3D, que ce soit pour les images de synthèse des jeux vidéo ou les images 21
  24. 24. Inria — Rapport annuel 2011STRATÉGIERétrospective“Une permanence dansla stratégie et des ambitionsrenouvelées”« Premier constat : la résumées par le motjustesse des fondamentaux d’ordre du premier planautour desquels s’est stratégique de l’institut,construit l’institut, tels en 1994 : excellenceque les a posés le premier scientifique et transfertprésident d’Inria, Jacques- technologique.Louis Lions, en 1979. Plusde quarante ans après, ils Deuxième constat : le plansont toujours d’actualité. ambitieux de doublementQue ce soit le couplage en dix ans des activitésde l’informatique et des et des moyens d’Inriamathématiques, l’importance (effectifs et budgets),du transfert industriel, impulsé par Bernardla structure de recherche Larrouturou (présidenten équipes-projets petites de 1996 à 2003) dans le butet réactives, la formation de porter l’institut au meilleur Hervé Mathieu,via l’accueil de doctorants niveau mondial et concrétisé délégué général à l’administrationet de jeunes ingénieurs ou par le contrat signé en 2000l’ouverture à l’international. avec l’État, a été une réussite des ressources et des servicesAu cours des ans et des incontestable. Pour preuve, jusqu’en mars 2012présidences successives, le dernier Visiting Committeecela s’est traduit par la international ayant évaluécréation de start-up, la l’institut fin 2008 l’a situéparticipation aux divers comme leader européen de projets pour accompagnerprogrammes européens et parmi les meilleurs des partenariats forts avecet la mise en place organismes de recherche les universités, les écolesde partenariats durables mondiaux dans son domaine. et les entreprises. Et il restecomme le groupement Autre indice révélateur : le encore beaucoup à faireErcim, la participation au grand nombre de Grants que pour que l’informatique soitW3C dès les débuts du Web, nos chercheurs décrochent reconnue pas seulementde nombreuses activités au Conseil européen de comme un outil mais commesous contrat, de fortes la recherche (ERC). une science à part entière. »relations internationalesou encore une évaluation Tout en maintenant cetteexigeante des équipes stratégie, notre ambitionde recherche. Des est d’ouvrir encore plusorientations fort bien nos recherches vers l’industrie et la société. D’une part, en intégrant dans nos recherches les enjeux sociaux et environnementaux, comme nous l’avons fait dans le passé pour les télécoms et les sciences du vivant. D’autre part, en jouant le rôle de catalyseur de recherches, de stimulateur 22
  25. 25. 2011, au cœur d’Inria MIS-SIONS … VUES PAR NOS CHERCHEURS RECHERCHE PARTENARIATS TRANSFERT RAYONNEMENT DES SCIENCES DU NUMÉRIQUE 23
  26. 26. Inria — Rapport annuel 2011MISSIONS… vues par noschercheurs notamment dans le domaine de l’environnement : par exemple, pour détecter des feux de forêt, en Après ses études d’ingénieur utilisant des capteurs de à l’Insa de Lyon, où elle s’est température, pour contrôler spécialisée en réseaux et la pollution de l’air ou de télécommunications, Nathalie l’eau, ou encore pour étudier Mitton a travaillé dans le comportement de groupes l’équipe-projet Pops . Chargée d’animaux en les équipant de recherche Inria, elle dirige de capteurs. Ce que désormais la toute nouvelle j’apprécie chez Inria, c’est équipe Fun , qui s’intéresse aux l’ouverture : le dialogue réseaux hétérogènes d’objets avec les autres centres communicants. régionaux, les relations avec de nombreux « Étant attirée par les chercheurs dans le monde sciences depuis mon et les contacts étroits avec enfance, j’ai suivi des l’industrie. Nous avons études d’ingénieur à l’Insa ainsi établi un contrat de de Lyon. Comme j’ai choisi recherche externe (CRE) de me spécialiser en réseaux avec France Télécom, et télécommunications, et créé l’I-Lab EtiPops, j’ai poursuivi avec une avec la PME locale Etineo. thèse sur les réseaux sans Cette structure mixte, dans fil dans le cadre du Citi, laquelle nous travaillons sur un labo Insa qui travaillait la géolocalisation, présente en partenariat avec Inria. plusieurs avantages : elle Cette recherche m’a vraiment nous permet de combiner passionnée et j’ai eu envie nos moyens, de cadrer nos de continuer au sein d’Inria. recherches avec une feuille En 2006, j’ai rejoint l’équipe- de route sur trois ans, et projet Pops , dans laquelle de nous fixer des objectifs j’ai progressivement pris industriels, avec la réalisation des responsabilités, avant de produits. Une façon de de monter l’équipe Fun , rendre nos recherches trèsNathalie Mitton, qui va prolonger ses travaux concrètes. »responsable de l’équipe Fun, sur les réseaux ubiquitairescentre Lille – Nord Europe du futur à partir de 2012. Nous visons, en effet, à développer et à unifier des“Collaborer réseaux d’étiquettes RFID, de capteurs et de robots-avec des entreprises actionneurs qui fonctionnent sur batterie et communiquentsur des projets sans fil, par ondes radio. De nombreuses applicationsindustriels” sont déjà envisagées, 24
  27. 27. 2011, au cœur d’InriaRémi Gribonval, François-Xavier Le Dimet,directeur de recherche Inria, professeur émérite à l’université Joseph-Fourier,centre Rennes – Bretagne Atlantique centre Grenoble – Rhône-Alpes“Mes recherches “Inria m’a accordéconcilient mes deux sa confiance pour avancerpassions : la musique dans mes recherches”et les mathématiques”« C’est ma passion pour les mathématiques quim’a entraîné vers l’ENS. Et celle pour la musiquequi m’a conduit à choisir un master combinantles deux domaines. J’ai poursuivi dans la mêmevoie en préparant une thèse sur le traitementdu son avec l’Ircam et l’École polytechnique. Puisje suis parti pour un post-doctorat à l’université deCaroline du Sud, aux États-Unis, où j’ai approfondiles aspects théoriques des algorithmes quej’utilisais. Depuis que j’ai intégré l’équipe Metiss ,en 2001, j’explore la notion de parcimonie, quipermet notamment de représenter et de traiterdes signaux audio avec très peu de paramètres.Les techniques qui en découlent permettent,par exemple, de compresser des données audio, François-Xavier Le Dimet mène sesd’isoler des voix ou de séparer des instruments recherches au sein de l’équipe-projet Moise ,dans un enregistrement. Mais ces recherches vont qui succède au projet Idopt, dont il étaitbien au-delà du son, avec des applications dans responsable. Il enseigne aussi à la Floridal’imagerie médicale, la biologie, l’astronomie et, plus State University et vient d’être nommélargement encore, dans l’apprentissage automatique Fellow of the American Meteorological(machine learning). Certaines sont déjà étudiées Society.dans le cadre de Small et d’Échange, deux projetsque j’ai coordonnés, l’un européen, l’autre de l’ANR « Une vie de chercheur est ordinateurs de l’époque,(Agence nationale de la recherche). Autant de pistes faite de rencontres. Je dois mais elle a été adoptéeà explorer avec l’équipe que je serai prochainement beaucoup à Jacques-Louis depuis par la plupart desamené à diriger… » Lions, président d’Inria centres météo dans le au début des années 1980. monde, en contribuant J’avais suivi ses cours, à l’amélioration de leursDiplômé de l’École normale supérieure, Rémi pour mon DEA en analyse prévisions. Aujourd’hui, jeGribonval travaille actuellement sur la notion numérique, et il m’a toujours continue de la développerde parcimonie dans le traitement de signal soutenu activement et au sein de l’équipe Moise ,au sein de l’équipe-projet Metiss . En 2011, chaleureusement dans mes en essayant notammentl’Académie des sciences lui a décerné le Prix recherches. Cette dimension d’exploiter les informationsBlaise-Pascal pour récompenser ses travaux.Il a reçu une bourse de l’ERC (European humaine a été fondamentale, dynamiques provenant desResearch Council) pour son projet Please. au même titre que les images satellite. Mais la échanges que j’ai pu avoir question du couplage entre avec d’autres scientifiques des données recueillies à travers mes voyages, via des observations et les aux États-Unis, en Russie, modèles mathématiques en Chine… C’est, en outre, représentant des à partir de la théorie du phénomènes complexes contrôle optimal de Jacques- concerne bien d’autres Louis Lions que j’ai imaginé domaines que le climat, une méthode d’assimilation comme l’océanographie, de données qui a intéressé l’hydrologie, la biologie les météorologues. ou même la recherche Au départ, cette approche pétrolière. » se heurtait aux limites des capacités de calcul des 25
  28. 28. Inria — Rapport annuel 2011MISSIONS… vues par nos chercheursMichel Banâtre,directeur de recherche Inria,centre Rennes – Bretagne Atlantique“Conduire desrecherches originalesen prise directe avecle monde économique“Michel Banâtre a mené de industrielle. Évidemment,nombreux travaux avec les il ne faut pas hésiteréquipes LSP, Solidor et Aces , à s’immerger dans lesen concentrant ses recherches domaines applicatifssur les systèmes distribués, retenus, et ne pas ignorerles architectures tolérantesaux fautes et l’informatique les problèmes liés à laambiante. Guidé par le souci protection industrielle,constant du transfert comme les brevets ou letechnologique, il est à l’origine prototypage. C’est ce qui adu dépôt d’une vingtaine guidé tout mon parcoursde brevets, de la mise en place de chercheur. Et ce qui mede nombreuses collaborations motive encore. Ma premièred’envergure avec des expérience en la matièrepartenaires industriels et de remonte à la période physiques couplésla création de deux start-up. 1979-1985, avec le système m’ont permis d’aborder Enchère, exemple type la problématique de la« J’ai fait mes premiers pas de mon approche. Mon but traçabilité sécuriséedans la recherche en tant était d’appliquer le principe en logistique, avec toutesqu’ingénieur à l’université des systèmes distribués, les applications potentiellesde Rennes 1, où j’ai suivi que j’étudiais dans dans des secteurs aussitout mon cursus dans le cadre de ma thèse d’État, variés que le luxe ou lela filière informatique, qui aux ventes aux enchères médical. Mon approchevenait de se créer, au début pratiquées par les ne s’oppose pas à unedes années 1970, avant producteurs de fruits et recherche plus académique.de devenir directeur de légumes de ma Bretagne Selon moi, elle devraitrecherche au sein d’Inria, natale. Menée en étroite même aller de soi quanden 1986. J’aime la recherche collaboration avec des les concepts ou les outilsqui sort des sentiers battus, coopératives locales, cette proposés par les chercheurscelle qui permet de construire réalisation a fait l’objet peuvent faire partieles systèmes et les services d’un transfert technologique de solutions industrielles,de demain. Mais je reste avec une PME rennaise, ou même être les produitsconvaincu de la nécessité sans toutefois aboutir à une de demain… »du transfert technologique commercialisation. C’est làcomme moyen pour valider que j’ai réellement comprisdes résultats de recherche. toute la difficulté dePour beaucoup de transformer une belle idéechercheurs, la promotion en solution commerciale…d’une idée scientifique Mais j’ai persévéré danss’arrête souvent à la liste cette voie, dans le domainedes publications qu’elle a des architectures etpu engendrer. Moi, je veux des systèmes avec Bull,aller jusqu’à sa validation Texas Instruments ouen environnement réel, Alcatel-Lucent. De même,voire, lorsque cela s’y prête, mes recherches surà son exploitation l’informatique ambiante ont fait l’objet d’un transfert vers le groupe JCDecaux. Plus récemment, mes travaux sur les objets 26
  29. 29. 2011, au cœur d’InriaCatherine Bonnet, Martin Hachet,responsable de l’équipe Disco, responsable de l’équipe Potioc,centre Saclay – Île-de-France centre Bordeaux – Sud-Ouest“L’échange avec les autres “Rendre les technologiesnous ouvre l’esprit“ 3D interactivesChargée de recherche Inria etresponsable de l’équipe Disco , de systèmes interconnectés dans des environnements accessibles à tous“qui regroupe une quinzaine complexes, nous travaillonsde membres, Catherine Bonnet sur la leucémie myéloïdetravaille sur l’analyse et aiguë, une forme particulièrele contrôle de systèmes de ce cancer. Nousinterconnectés dans des collaborons avec un médecinenvironnements complexes. de l’hôpital Saint-AntoineTrès attachée à la médiation et son équipe de biologistes,scientifique, elle faitégalement partie du bureau qui nous aident à validerde l’association Femmes et à affiner les modèleset mathématiques. que nous développons. Au sein de l’institut,« Après le bac, j’ai suivi des j’apprécie d’ailleursétudes de mathématiques, par de côtoyer toutes sortesgoût, sans trop savoir où de scientifiques, lors decela me mènerait. voyages, de conférences,J’ai continué avec une ou dans les locaux dethèse sur la modélisation Supélec, où nous sommesd’un rotor d’hélicoptère hébergés. Car c’est l’échangepour l’Aérospatiale. À mon qui nous ouvre l’esprit,arrivée chez Inria, en 1994, qui nous nourrit. Et je Issu de l’université de Bordeaux,j’ai étudié un problème participe à des actions Martin Hachet a rejoint l’institut pourde contrôle de moteur pour de sensibilisation aux participer au projet Iparla. ChargéRenault. Ces expériences mathématiques et à la de recherche Inria, il dirige à présentm’ont aidée à comprendre recherche, en expliquant la toute nouvelle équipe Potioc ,les enjeux de la recherche aux jeunes filles que qui développe des technologies 3Dthéorique et des méthodes ces domaines ne sont pas interactives pour le grand public.exactes, qui permettent incompatibles avecde développer des modèles une vie de femme, « Tenté à l’origine par l’audiovisuel, j’ai entrepriset des outils génériques et qu’ils n’obligent pas des études en informatique un peu par hasard. J’aipour résoudre des problèmes à se couper du monde, rapidement apprécié le potentiel créatif de cetteconcrets. Depuis, je pense comme on le croit encore science : on part de rien, on construit tout ! Lorstoujours aux applications trop souvent… » de ma thèse, qui portait sur la réalité virtuelle, j’aipotentielles, même quand réalisé un dispositif permettant d’agir manuellementmes recherches paraissent avec des objets en 3D affichés sur grand écran.très abstraites. Ainsi, dans Mais les solutions disponibles à cette époque,le cadre de Disco , qui porte surtout développées pour les industriels desur l’analyse et le contrôle l’automobile et de l’aéronautique, nécessitaient des dispositifs complexes et coûteux. Ce qui motive mes recherches actuelles, c’est justement l’envie de rendre ces outils accessibles au plus grand nombre, pour que chacun puisse les utiliser de façon intuitive. J’ai travaillé dans ce sens au sein du projet Iparla, où nous avons exploité les interfaces tactiles des tablettes et des smartphones pour redéfinir les relations homme-machine dans des contextes de mobilité. J’espère aller plus loin avec Potioc , en explorant de nouvelles approches pour manipuler des représentations 3D en donnant davantage d’importance au plaisir d’utilisation, notamment dans les domaines de l’art, de la culture, de l’éducation ou même de l’aide à la personne. » 27
  30. 30. Inria — Rapport annuel 2011MISSIONSRecherche De nouveaux défis scientifiques et sociétauxCONTRIBUTEURS L’institut a identifié et relevé de nouveaux défisPascal Guitton,directeur de la recherche scientifiques et sociétaux. L’avancement des savoirs,Stéphane Ubeda, le développement de compétences technologiquesdirecteur du développement et leurs retombées sont primordiaux pour latechnologique communauté des chercheurs et les industriels.Jean Roman,directeur scientifique adjointen charge du domaine Les systèmes numériques, qui ont investi toutes les facettesMathématiques appliquées, de nos vies professionnelles et privées, sont au cœur de notrecalcul et simulation société actuelle. « Nous travaillons sur de nombreux aspectsRoberto Di Cosmo, liés à cette révolution qui n’est souvent perçue que par lesdirecteur de l’Irill usages, rappelle Pascal Guitton, mais notre rôle est aussi de proposer des recherches en rupture qui s’attaquent à de nou-Jean-Pierre Banâtre, veaux défis souvent difficiles à identifier a priori. » Cette ré-directeur des partenariatseuropéens flexion sur de nouveaux sujets se mène notamment avec les délégués scientifiques et les directeurs scientifiques adjoints, par exemple en suscitant des rencontres entre chercheurs autour de thématiques communes. Susciter de nouveaux sujets de recherche « En 2011, nous avons organisé trois séminaires nationaux autour de thématiques transversales, ajoute-t-il. Les chercheurs échangent leurs idées, travaillent ensemble pendant plusieurs jours. Des connexions nouvelles émergent, parfois même de nouveaux projets multidisciplinaires. » Ainsi, une quinzaine de personnes se sont rencontrées pour évoquer leurs travaux autour des interfaces cerveau-ordinateur, ces dispositifs per- mettant de commander des ordinateurs ou des machines à partir de mesures des activités électriques du cerveau. Encore très exploratoires, ces recherches permettront un jour à des personnes lourdement handicapées d’accéder à une partie du monde numérique (jeux, musée virtuel…). Par ailleurs, Inria organisait de façon indépendante des jour- nées destinées à présenter le bilan des différentes actions 28
  31. 31. 2011, au cœur d’InriaGéométrie algorithmique :intersection de quadriques ;équipe Vegas.Christine Guillemot,directrice de recherche Inria,centre Rennes – Bretagne Atlantique“Normaliser est une façonde valoriser nos expériences“Dans la plupart des applications « Nous sommes parfois amenésaudiovisuelles et multimédias, à contribuer à leurs côtés. C’estcomme dans les télécommunications, très chronophage. Mais néanmoinsla normalisation est nécessaire stratégique. Cela permet d’être enafin de garantir l’interopérabilité prise directe avec les défis techno-entre les équipements développés logiques du moment et, en caspar les industriels. Dès qu’une de succès, cela assure un impactnouvelle technologie voit le jour, fort de nos résultats au seincomme récemment la télévision des applications. » Le processus3D, un groupe d’industriels de normalisation dure en généralprend l’initiative (en l’occurrence plusieurs années pendantle groupe MPEG, Motion Picture lesquelles l’algorithme estExperts Group) pour développer amélioré. Cela suppose des testsdes normes. « Dans le cadre de très complets. « Pour ces aspectsnos recherches sur des algorithmes de développement logiciel,de compression et de transmissiond’images, la normalisation estune voie naturelle et importantepour valoriser nos résultats, mêmesi la publication reste un moyen nous bénéficions pour trois ans du financement d’un poste d’ingénieur par le biais d’une action de développement technologique. Cela nous permet 42 missions de normalisation et de standardisation ontessentiel pour faire connaître nos de finaliser nos algorithmes et de été menées en 2011,travaux et nos avancées auprès mettre plus de chances de notre notamment auprèsde la communauté scientifique. » côté, même si le succès n’est pas dorganismes comme IETF,Néanmoins, compte tenu des toujours au rendez-vous. » ISO, W3C, ETSI, OGF.enjeux économiques, ce sont avanttout les industriels qui portentles solutions devant les instancesde normalisation telles que l’ISO.Les chercheurs travaillent engénéral en amont, transfèrentleur technologie à un industrielqui dépose des brevets et défendla solution.Christine Guillemot est responsable de l’équipe-projet Temics ,devenue Sirocco . Avec quatre chercheurs, deux ingénieurset 11 doctorants et post-doctorants, elle travaille sur le traitementd’images et de séquences vidéo en 2D et 3D, notammentles aspects compression et communication de ces contenus. 29
  32. 32. Inria — Rapport annuel 2011MISSIONSRechercheÀ gauche : Robotique sociale ; scientifiques collectives. Ces exposés n’étaient habituellementprototype de robots en forme suivis que par un petit nombre de chercheurs. Afin d’augmen-de lampes conçus pour interagir ter leur visibilité, des journées scientifiques regroupant l’en-avec les humains dans leur semble des actions incitatives ont été organisées pour laenvironnement quotidien ;équipe Flowers. première fois en novembre 2011. « Ces présentations de re- cherches collectives, souvent très riches, ont ainsi pu profiterÀ droite : Mur d’images à une centaine de chercheurs de tous les centres, expliqueimmersif et interactif (CadWall) Pascal Guitton. Une quarantaine de sujets regroupés en septdInria Sophia Antipolis –Méditerranée. thématiques ont été exposés. » Ces rencontres seront péren- nisées en 2012. Soutenir les projets de grande envergure Pour encourager les synergies entre équipes et encourager des recherches multidisciplinaires, l’institut soutient des ac- tions d’envergure ; il s’agit de projets sur quatre ans, qui réu- nissent plusieurs équipes-projets complémentaires autour7actions d’envergureactives en 2011. d’un défi complexe. L ’objectif est que ces recherches produisent un impact significatif – y compris à l’extérieur d’Inria –, que ce soit un logiciel finalisé, une démarche validée ou une avancée théorique majeure. Ainsi, l’action d’envergure PAL (Perso- nally Assisted Living) permet à neuf équipes-projets (Grenoble, Sophia Antipolis, Nancy et Rennes) de concevoir et d’expéri- menter ensemble des technologies d’assistance à la personne (âgée, handicapée, accidentée) à domicile.19 « L’originalité du dispositif est de combiner l’acquisition de données, révélant par exemple une chute, à une réaction de systèmes robotiques dotés d’autonomie, précise Stéphaneactions de recherche Ubeda, le tout à un coût abordable. Nous avons équipé deuxcollaboratives (ARC) appartements (à Nancy et Grenoble) de capteurs non intrusifsactives en 2011. et mené les premières expérimentations automatiques ainsi que des protocoles avec une trentaine de patients. » Des uni- versitaires et des industriels ont aussi pu partager ces expé- riences. Pour amplifier l’impact de ces recherches, l’institut a décidé de renforcer largement son soutien aux actions d’en- vergure en 2012. 30
  33. 33. 2011, au cœur d’Inria Anne Canteaut, directrice de recherche Inria, centre Paris – Rocquencourt “Nous évaluons la sécurité des algorithmes cryptographiques“ C’est à un drôle de jeu que s’attellent les chercheurs en cryptographie : d’un côté, inventer des algorithmes pour authentifier des fichiers confidentiels ; de l’autre, attaquer les algorithmes concurrents pour trouver leurs failles. C’est ainsi que, depuis 2004, la petite dizaine de standards de « hachage » – des fonctions indispensables qui créent une sorte d’empreinte des fichiers – Favoriser le développement technologique a été mise en défaut. L ’institutLe développement logiciel fait partie du quotidien de toutes américain NIST (National Instituteles équipes Inria, dans le cadre de projets européens ou de of Standards andTechnology) a lancé une compétition pour définir finl’Agence nationale de la recherche (ANR) ou tout simplement 2012 un nouveau standard pluspour illustrer ou démontrer un travail de recherche. Pour que robuste. « Après avoir atteint lestoutes les équipes puissent développer du code de qualité demi-finales avec notre algorithmeou pour mettre en place des plateformes matérielles (comme baptisé Shabal, depuis 2009, nousles chaises roulantes ou bras articulés développés dans PAL), évaluons la sécurité des cinq finalistesInria a créé une organisation dédiée. encore en lice. Rechercher de nouvelles attaques nous donneLes ingénieurs des services d’expérimentation et de déve- aussi de nouvelles idées de fonctions.loppement (SED) de chaque centre Inria – tous scientifiques Par exemple, sachant que le degréet la plupart docteurs – et la cinquantaine de jeunes ingé- élevé des polynômes de hachagenieurs sous contrat qui leur prêtent main-forte chaque année est un des critères pertinents deviennent épauler les chercheurs. sécurité, nous avons développéDans le cadre des actions de développement technologique un outil mathématique inédit pour l’évaluer correctement. Cela a(ADT), les ingénieurs intègrent les équipes de recherche conduit à éliminer l’algorithmependant au moins deux ans. Ces ADT, lancées via des appels japonais Luffa des finalistes. » C’està projets internes, se développent : on en compte 30 à 50 nou- devenu la base d’un travailvelles chaque année. théorique plus général. « Et pour parvenir à quantifier la sécurité des fonctions de hachage, nous avons Multiplier les collaborations fructueuses développé de nouvelles techniquesL’ADT Mobsim regroupe par exemple trois ingénieurs dans qui évaluent précisément la qualitéle cadre du développement du simulateur de réseaux de la construction de l’algorithmeradio NS3 qui, promu par Inria, est en passe de devenir le et l’impact des imperfections. »standard mondial.Dans le cadre de l’équipement d’excellence (Équipex) FIT(Future Internet of Things) qui a démarré en 2011, c’est la Anne Canteaut est responsable decommunication par Internet de réseaux de plusieurs léquipe-projet Secret depuis 2008. Dans son équipe, avec trois chercheurscentaines de capteurs de mesures physiques implantés dans permanents et une dizaine de doctorantscinq sites (Grenoble, Lyon, Rennes, Lille, Paris) qui est testée et post-doctorants, elle s’intéressegrâce aux technologies développées par une dizaine d’ingé- à la protection de l’information,nieurs. Des équipements mis à la disposition de tous les notamment à la sécurité d’algorithmes cryptographiques. En 2012, elle présiderachercheurs français. le comité de programme de la conférenceEnfin, dans le cadre de la plateforme de recherche Sofa qui internationale du domaine : Fast Softwareréunissait cinq équipes-projets autour de la simulation Encryption (FSE) à Washington. 31
  34. 34. Inria — Rapport annuel 2011MISSIONSRechercheÀ gauche : ANG, déambulateur réaliste des organes, quatre ingénieurs ont terminé en 2011intelligent expérimental ; le développement d’une suite logicielle de simulation médi-équipe Coprin. cale en temps réel (Mix-Surg), qui sera utilisée dans le futur institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg.À droite : Robots tout-terrainguidés wifibot ; équipe Pops. Le développement peut aussi ignorer les frontières : « Des ingénieurs d’Inria et de l’institut Fraunhofer de Darmstadt (Allemagne) vont construire pendant trois ou quatre ans un environnement générique complètement interopérable pour piloter des systèmes de réalité virtuelle ou augmentée ap- plicables à tous les domaines, avec un focus sur le télé- enseignement de gestes chirurgicaux et la télémaintenance industrielle », précise Stéphane Ubeda. Créer des plateformes expérimentales400ingénieursde développement. Dédiées à l’expérimentation scientifique, par exemple pour évaluer des algorithmes, les plateformes expérimentales, en général développées avec des partenaires territoriaux, sont gérées par les chercheurs et surtout par les ingénieurs de développement. Elles sont ouvertes aux scientifiques et aux entreprises dans des domaines de recherche et d’appli- cation très variés. « Ainsi, Num3sis à Sophia Antipolis est une architecture modulaire dédiée au calcul scientifique et à la simulation numérique, explique Jean Roman. Elle permet d’intégrer rapidement des logiciels, de lancer des simulations com- plexes, de visualiser des résultats. Grâce au travail mené par le SED, elle est déclinable potentiellement à toutes les appli- cations, que ce soit l’imagerie médicale ou la dynamique des fluides. » Jean Roman cite aussi PlaFRIM (Bordeaux), plateforme fé- dérative de calcul haute performance pour la recherche en informatique et mathématiques. Opérationnelle depuis mai 2010, elle permet de tester des algorithmes et des codes de calcul scientifique avant de les déployer sur les grands centres nationaux de calcul. 32
  35. 35. 2011, au cœur d’Inria ©GeoEye ©ASI À gauche : Visualisation de données avec le logiciel Graphdice ; équipe Aviz. À droite : Classification automatique dimages satellitaires (©GeoEye et ASI) ; équipe Ayin/Ariana.L’European Research Councilreconnaît la part visionnaire d’Inria x2C’est la quatrième année que si la sélection est rigoureuse (le tauxce programme de financement de réussite est de 10 à 15 %). Oneuropéen (le Conseil européen compte désormais 10 à 15 candidatsde la recherche, plus connu sous Inria à chaque nouvel appel.son acronyme anglais, European « Sept chercheurs de nos équipes les effectifs d’InriaResearch Council ou ERC) ont été distingués par lERC en 2011 : ont doublé en dix ans.récompense des chercheurs Xavier Rival, Rémi Gribonval,aux idées particulièrement Erwan Faou et Andreas Engeambitieuses et visionnaires. en tant que jeunes chercheurs,Les premiers lauréats, ceux de 2007 , et Marie-Paule Cani (INP Grenoble),présenteront leurs résultats finaux Nicholas Ayache et Dale Miller enen 2012. « Inria a eu des lauréatsà tous les appels, ce qui est rare,tant pour les jeunes chercheurs(dont la dotation peut allerjusqu’à 1,5 million d’euros) que tant que chercheurs confirmés. » L’originalité de cette dotation est d’être individuelle. La sélection tient compte du potentiel de l’individu et de l’excellence 10à 15 candidats Inria se présententpour les chercheurs confirmés de son parcours autant que de la à chaque appel ERC.(jusqu’à 2,5 millions d’euros). qualité de son projet, de l’originalitéLes 23 lauréats hébergés de son approche et des impactsdans les équipes-projets Inria escomptés. Toutes disciplines– 18 chercheurs en informatique confondues, l’ERC a déjà octroyéet 5 en mathématiques plus de 2 200 bourses. Dans leappliquées – profitent de conditions domaine informatique, Inria estexceptionnelles », témoigne l’établissement européen hébergeantJean-Pierre Banâtre, directeur le plus grand nombre de lauréats.des partenariats européens. Le financement ambitieux de l’ERCConcrètement, grâce à ces moyens (7 milliards d’euros sur cinq ans),financiers inhabituels, ils créent ou unique au monde, sera renouvelérenforcent leur équipe et consacrent et même accentué pour 2013-2020.75 à 80 % de leur temps à leur projet, Il nous est aujourd’hui envié,dans une grande liberté. Le rêve et des candidats du monde entierpour tout chercheur. D’où l’intérêt se présentent pour mener leurscroissant suscité par l’ERC, même recherches en Europe. 33
  36. 36. Inria — Rapport annuel 2011MISSIONSRecherche À gauche : Faisceau de matière blanche du cerveau humain (coupe coronale) ; équipe Asclepios. À droite : Manipulation moléculaire via écran mul- ti-touch ; équipe Mint. L’Irill ou le logiciel libre comme sujet de recherche6%de part de marché pour lelogiciel libre et les services L’Initiative pour la recherche et l’innovation sur le logiciel libre (Irill) a été lancée en octobre 2010 par Inria, l’université Pierre-et-Marie-Curie et l’université Paris-Diderot. Le centre accueille des chercheursassociés en France(2,5 milliards d’euros sur intéressés par les nouveaux problèmes posés parun marché national deslogiciels et services le développement des logiciels libres, prêts à construirede 40 milliards d’euros). des outils pour les résoudre, et à les promouvoir auprès des développeurs. C’est une démarche particulièrement innovante tant sur la forme que sur le fond.x2Le nombre de logicielslibres a presque doublé « Aujourd’hui, pratiquement tous les utilisateurs de logiciel ont recours à des logiciels libres », affirme Roberto Di Cosmo, directeur de l’Irill. C’est dire si ce mouvement initié dans les années 1980 s’est étendu. « On peut ne pas partager l’idée que tous les logiciels doivent être libres, mais cela deviendra latous les deux ans dansla distribution Debian règle pour des raisons techniques : il faudra avoir accès à tout(utilisée par Ubuntu). le code pour construire et faire évoluer des systèmes infor- matiques de plus en plus complexes, soumis à des exigences de qualité de plus en plus fortes. » Ainsi les outils de suivi, de gestion et d’échange qu’utilisent les développeurs de logiciels libres doivent évoluer : la taille de ces « objets techniques » s’étend au fur et à mesure que croît le nombre de logiciels et que s’étendent les commu- nautés qui les développent. C’est la première mission de l’Irill : devenir un centre de compétences unique au monde, attirant des chercheurs capables d’identifier les probléma- tiques de ces bases de code grandissantes et de finaliser des solutions et des outils permettant ce développement colla- boratif. « De tels profils sont encore assez rares. Dans le monde de l’informatique, les chercheurs, qui publient des articles, et les développeurs de code se parlent peu. Notre 34
  37. 37. 2011, au cœur d’Inria Julia Lawall, directrice de recherche Inria, centre Paris – Rocquencourt “C’est l’opportunité d’interagir étroitement avec cette communauté“ Julia Lawall est une militante discrète du logiciel libre. Ses recherches ont pourtant déjà contribué à bouleverser les pratiques dans la communauté Linux,objectif est de connecter ces communautés entre elles et ce système d’exploitation libreavec les industriels, en particulier les PME, qui utilisent du développé en 1991, aujourd’hui parmilogiciel libre. » les plus fiables et les plus utilisés. Elle s’est intéressée au logiciel libre Le libre bouleverse les lignes… de code un peu par hasard, en 2005, enLes efforts de l’Irill, qui accueille une vingtaine de personnes, étudiant les problèmes de passage d’une version de Linux à une autre,commencent à porter leurs fruits. Une quinzaine de réunions ont avec Gilles Muller alors à l’Écoleété organisées en 2011 pour rassembler pendant plusieurs jours des mines de Nantes (aujourd’huides dizaines de développeurs de différentes communautés (GNU, au centre Inria Paris – Rocquencourt).Debian, suite bureautique LibreOffice) et favoriser les contacts. Ils ont identifié un problème clé« Nous ne proposons pas de postes permanents, mais accueillons pour lequel ils ont développé un langage capable de repérer dansdes chercheurs en poste chez nos partenaires. Notre pari est de les millions de lignes de codesoutenir des projets qui réunissent des chercheurs qui partagent de Linux les transformations, de lesnotre conception, pour les rendre plus visibles, leur faire profiter spécifier et même de rechercherde notre dynamique pendant quelques années. Ils laisseront les erreurs, un outil générique unique.ensuite la place à d’autres chercheurs et à d’autres projets et Un beau cadeau pour Linux, intégrégarderont le contact en construisant une large communauté. » depuis 2010 au noyau du système et désormais utilisé par la plupartPour l’instant, l’Irill héberge trois projets phares de recherche, des développeurs. « Travailler danstous destinés à améliorer la qualité du code et programmés dans le domaine du logiciel libre,le langage OCaml issu d’Inria : Coccinelle , sur l’évolution du exceptionnel en termes de qualité etcode du noyau Linux, dirigé par Julia Lawall ; Mancoosi , sur la de fonctionnalité, est une formidablequalité des distributions de logiciel libre, avec notamment Ste- occasion d’interagir directementfano Zacchiroli, leader du projet Debian ; Ocsigen , sur une nou- avec les développeurs, de découvrir de nouveaux problèmes de recherche.velle façon de programmer des applications Web riches. C’est aussi la garantie d’un impactDeuxième vocation de l’Irill : aider à moderniser la formation immédiat de nos travaux. » Si Juliapour préparer les étudiants en informatique à ces nouvelles Lawall reste un cas à part dansformes de travail collaboratif, tant du point de vue technique la communauté Linux, en ayantqu’humain. Le cadre de travail peut être en effet déroutant, les rejoint l’Irill pour poursuivre son projet, elle est désormais entouréeéchanges étant parfois vifs entre contributeurs. « Nous avons de scientifiques engagés danscommencé par réunir des enseignants-chercheurs en informa- des recherches similaires.tique pour échanger expériences et bonnes pratiques. À terme,cela pourrait donner lieu à un modèle commun pour des cours,voire des masters spécialisés en logiciel libre. » Après des études en mathématiques etTroisième vocation : le transfert technologique et la valorisation. informatique dans l’Ohio (États-Unis), une thèse à l’université d’Indiana sur les langages« C’est ce qui prendra le plus de temps », reconnaît Roberto Di de programmation suivie d’un post-doc auCosmo. L ’économie des logiciels est basée depuis quarante ans centre Inria Rennes – Bretagne Atlantique sursur la vente de licences, un modèle qui connaît aujourd’hui ses l’optimisation de programmes, Julia Lawall alimites, comme pour la musique et la vidéo. Il faut désormais été pendant onze ans maître de conférences à l’université de Copenhague (Danemark) pourvaloriser l’adaptation des logiciels, leur qualification, leur certifi- travailler sur la robustesse des systèmescation, la formation, et les autres services associés ; autant de d’exploitation. Elle est aujourdhuidomaines émergents qui demandent de nouvelles compétences. responsable du projet Coccinelle à lIrill. 35
  38. 38. Inria — Rapport annuel 2011MISSIONSPartenariats Des partenariats toujours plus structurésCONTRIBUTEURS Les projets de structuration de la recherche en sciencesAntoine Petit,directeur général adjoint du numérique continuent de porter leurs fruits.Hélène Kirchner, En parallèle, les nombreux appels du programmedirectrice des relations d’investissements d’avenir qui ont jalonné l’année 2011internationales ont permis de conforter les politiques partenarialesOlivier Festor,directeur de la recherche et de transfert, qui sont des priorités de l’institut.d’EIT ICT Labs « Les partenariats, en France ou à travers le monde, sont indis-Thierry Priol,ancien directeur de la pensables pour être à la pointe dans nos domaines de rechercherecherche d’EIT ICT Labs et être connus et reconnus sur la scène internationale », pose Antoine Petit, directeur général adjoint d’Inria. Cette vision anime la politique de partenariats de l’institut à tous les niveaux. C’est ainsi qu’Inria a signé cette année un accord-cadre de coopération avec le CNRS. « Cet accord souligne la complémentarité de nos actions et notre volonté de travailler ensemble, explique Antoine Petit. Il acte aussi notre contribution conjointe à la mise en place de politiques de site dans le domaine des sciences du numérique, en collaboration étroite avec les universités et les écoles. » Ainsi, la tenue d’un comité de site annuel permettra aux deux orga- nismes, aux universités et aux écoles d’échanger sur leurs prio- rités et de mettre en place une véritable politique coordonnée. Des investissements qui consolident la politique d’Inria Dans le cadre des appels d’offres du programme d’investisse- ments d’avenir (PIA), Inria a accompagné les universités et les écoles en participant à 17 laboratoires d’excellence (Labex) et à trois initiatives d’excellence (Idex) sélectionnés. « Ce pro- gramme a également été l’occasion pour l’institut d’affirmer sa présence dans les sciences de la vie et de l’environnement », explique Antoine Petit. Par exemple, l’institut participe à trois des six instituts hospitalo-universitaires sélectionnés, à plusieurs projets en bio-informatique et à deux projets d’institut d’excel- lence sur les énergies décarbonées (IEED). « Le PIA nous a 36

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