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Inria plug'in - 1
 

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Inria lance plug’in avec des ambitions simples : donner à voir et à comprendre la révolution numérique que nous vivons en Aquitaine. Notre magazine fait entendre la voix de ceux qui, d’une ...

Inria lance plug’in avec des ambitions simples : donner à voir et à comprendre la révolution numérique que nous vivons en Aquitaine. Notre magazine fait entendre la voix de ceux qui, d’une manière ou d’une autre, participent à cette révolution. en vous présentant ces projets aux acteurs variés, nous souhaitons vous aider à mieux décrypter le quotidien du centre de recherche Inria Bordeaux - Sud-Ouest et, qui sait, vous donner l’envie de collaborer !

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    Inria plug'in - 1 Inria plug'in - 1 Document Transcript

    • plug’inun an de recherche magazine au centre inria Bordeaux _ sud-ouest 20 12 13 Appli > santé > passerelles TIMELINELES ESPOIRS NÉS Partenariats : RENDEZ-VOUSDE L’IN SILICO : nouveaux modes SCIENTIFIQUES :vaincre les maux du siècle de collaboration les incontournables
    • ÉDITO E n 2001, avec le plein soutien de ses ministères de tutelle, Inria a décidé de créer trois nouveaux centres de recherche, à Bordeaux, Lille et Saclay avec la mission de développer la recherche et le transfert, dans le domaine des sciences du numérique. C’est ainsi que notre centre de recherche a vu se développer de nombreux beaux projets 4 scientifiques, tant dans le cœur de nos disciplines de base : Hyperlien l’informatique et les mathématiques, qu’aux interfaces avec la santé, l’énergie, les transports, la société, l’éducation ou 6 l’environnement. Appli > santé Aujourd’hui, c’est une vingtaine d’équipes de recherche, la 8 plupart en partenariat, qui s’intéresse à des thématiques très .Zip variées, allant des systèmes formels à la programmation des réseaux et des systèmes distribués et sûrs, en passant par la 10 simulation, la visualisation et l’interaction. Intégrale Autant de belles histoires à raconter… 15 Inria lance plug’in avec des ambitions simples : donner à voir Figures libres et à comprendre la révolution numérique que nous vivons en Aquitaine. 18 Notre magazine fait entendre la voix de ceux qui, d’une manière Stratégies ou d’une autre, participent à cette révolution. 21 En vous présentant ces projets aux acteurs variés, nous Valeurs discrètes souhaitons vous aider à mieux décrypter le quotidien d’un centre de recherche comme le nôtre et, qui sait, vous donner 24 Passerelles l’envie de collaborer ! 30 Isabelle Terrasse .Zip Directrice du Centre de Recherche 33 Inria Bordeaux _ Sud-Ouest TimelineMagazine édité par Centre de Recherche Bordeaux _ Sud-Ouest 200, avenue de la vieille Tour 33405 Talence, plugin-bordeaux@inria.frDirectrice de la publication Isabelle Terrasse Rédactrice en chef Séverine Valerius Assistante de rédaction Lola Kovacic Chef de projet Marie-LaureCuvelier @Kokerboom Conception graphique Lucile Aigron Rédacteurs Laure Buquet (Un ange passe), Laurent Campagnolle (ligam conseil), ServiceCommunication du Centre Inria Bordeaux - Sud-Ouest, Crédits photos © images Fotolia – Inria / Photo Kaksonen – Conseil régional d’Aquitaine (HervéLefebvre) – Inria / Photo J.F. Badias – Inria - LEGOS – Inria / FLOWERS – Inria / Photo H. Raguet – Inria / Photo S. Tetu - La Company – Inria / Photo M.S– Inria / Pierre Barthe – Frédéric Desmesure – CEA Philippe LABEGUERIE – DR - Céline Maujard – Inra (G. Cattiau) – 2012 Laurent PASCAL – UPPA – Inria -LABRI / BACCHUS - Alban Gilbert / CEA – Inria / Photo J.-M. Ramès – CEAlex / Photo Ashraf Hussein Gomaa – Photo Neamedia Fabrication BM ImprimerieZ.I. de Canéjan 14, rue Pierre Paul de Riquet 33610 Canéjan 05 57 26 51 51 - Le Centre remercie chaleureusement tous les contributeurs (collaborateurs etpartenaires) du premier numéro Inria plug’in. ISSN en cours Imprimé en décembre 2012 - série limitée à 500 ex.
    • hyperlien L’Aquitaine vit une révolution numérique : quels impacts pour l’avenir ? L ’enseignement supérieur accueille aujourd’hui des étudiants qui sont « natifs du digital » : pour la plupart d’entre eux, l’utilisation des technologies de l’information et de la communication est naturelle depuis toujours. Afin notamment de répondre pleinement à leurs attentes, l’intégration de ces technologies dans l’enseignement est incontournable. On prête souvent à ces technologies de nombreuses vertus. Supposées faciliter la personnalisation de l’enseignement ou multiplier les occasions d’apprendre, il n’est cependant pas toujours aisé d’en mesurer l’impact sur l’apprentissage, même si cette évaluation demeure nécessaire. Une des conditions d’une intégration réussie de ces technologies dans l’enseignement est la définition d’une stratégie numérique basée sur les besoins des étudiants et des enseignants. En outre, ces derniers doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement aux usages, en particulier sur les questions d’ingénierie pédagogique. Mais il est également essentiel de garder à l’esprit que c’est à la techno- logie de s’adapter à la pédagogie et non l’inverse. Les outils numériques doivent être au service des démarches et des stratégies pédagogiques. Ces outils permettent par exemple d’offrir aux étudiants des dispositifs d’accompagnement personnalisé, notamment dans le cadre de la mise en place d’un espace numérique de travail. Enfin, ces technologies contribuent à une meilleure diffusion de la culture scientifique ainsi que des travaux de recherche et participent ainsi à la construction de l’Espace Européen de la Recherche. Apporter des réponses efficaces à ces défis nécessite une synergie de l’ensemble des acteurs de l’enseignement et de la recherche en Aquitaine. En ce sens, le travail mené par l’Université Numérique d’Aquitaine, fruit de la coopération des universités et d’établisse- ments de l’enseignement supérieur d’Aquitaine, contribue de manière exemplaire à cet objectif. Jean-Louis Nembrini Recteur de l’académie de Bordeauxmagazine 4
    • hyperlienJ e ne suis ni déclinologue ni défaitiste, convaincu que face aux géants du numérique – Google, Facebook, Twitter, Amazon… – il y a une carte à jouer. J’ai toujours pensé que des espaces, descréneaux s’ouvrent toujours, qui ne demandent qu’à être investis pard’autres acteurs, des instituts, des entreprises jeunes ou matures, tousinnovants, comme nous en avons tant en Aquitaine. Un exemple parmid’autres : l’implantation dans notre région d’Inria, un organisme public dehaute volée dédié aux sciences et aux technologies du numérique.Disant cela, je ne nie pas la réalité et l’influence des mastodontesnord-américains. Ils sont là, solidement installés au cœur du mondede l’internet. Mais ils n’ont pas le monopole de l’innovation. Des pansentiers de la recherche leur sont étrangers, qui renvoient aux besoinsprofonds de l’humanité, et que nos entreprises peuvent et doiventinvestir. Que dis-je ? Qu’elles investissent déjà. Je pense à l’e-santé, à latélé-médecine, aux visites virtuelles ou augmentées du patrimoine, aux« serious games »...Les exemples, qui témoignent de cette vitalité aquitaine, ne manquentpas. La meilleure illustration en est peut-être Lascaux IV qui, demain,par la numérisation de notre patrimoine préhistorique inégalablepermettra aux publics de se promener dans des grottes plus vraiesque nature. Déjà, les touristes qui visitent, tablette en main, le centrehistorique de Bordeaux touchent du doigt et caressent de l’œil la réalitéaugmentée. L’Aquitaine est en train de devenir une championne dansce domaine. Qui n’est pas le seul. Qu’il s’agisse de l’interaction homme-système, des systèmes télé-opérés, de la géolocalisation – et, au-delà,de l’âge adulte des drones comme de l’adolescence des robots… –l’Aquitaine est en pointe. C’est pour partie sur notre territoire ques’invente le futur.A priori à visée moins « grand public », mais autrement essentiel, estle développement du calcul intensif, un axe tout autant privilégiépar la Région. Ses applications sont capitales : de la santé – avec lamodélisation cardiaque par exemple – au développement durable, enpassant par les neurosciences et la sécurité.Ne boudons pas le progrès. Les tablettes numériques qui font florèsaujourd’hui, offrent elles aussi des champs d’innovation et d’usage qu’ilserait absurde de délaisser : l’éducation de nos enfants, la formationprofessionnelle des adultes ont tant à y gagner.Il nous revient de réunir les compétences, de susciter les dynamismes etde partager le risque pour inventer le monde de demain. En faisant le paride l’intelligence de nos pairs et de l’inventivité de notre jeunesse. Alain Rousset Président de la Région Aquitaine 5
    • appli > santé Les e spoirs nés de l ’ in silico Une équipe-projet Inria sur cinq participe à l’effort international visant, un jour prochain, à repousser sinon vaincre les grands maux de notre siècle que sont les maladies cardio-vasculaires, cérébrales, les cancers.Leurs armes ? Matière grise, chiffres, images 3D, créativité, doutes, esprit de collaboration et foi en l’humain. Tout un programme...À laube de ce troisième millé- Chaque forme de cancer étudiée est maladies neuro-dégénératives telles naire, lhomme sest donné pour traduite en équations, modélisée, que Parkinson », assure Frédéric défi de vivre mieux, alors quil puis confiée à des supercalcula- Alexandre, responsable de léquipevit déjà plus longtemps. Dans cette teurs en vue de simuler - et dès lors, Mnemosyne (Mnemonic Synergy).quête, les sciences du vivant et les p ré d i re   -   l e   g ro s s i s s e m e nt   d e Selon lui, lintroduction des tech-sciences du numérique ont compris nodules à évolution lente. niques numériques dans le domaineles formidables synergies quelles Planifier au plus juste dans le temps des neurosciences constitue, elleavaient à créer en sassociant. les examens cliniques et limiter aussi, une révolution. Pourquoi ?Au sein dInria, 20% des équipes- autant que possible le recours Parce quen utilisant robots, pro-projets consacrent leurs recherches aux scanners irradiants pour les grammes et modèles se délimite unau domaine de la santé, patients, identifier nouvel espace dexpérimentation :en tandem avec des le secteur les tumeurs dange- lin silico, à linstar de lin vivo et demédecins, des bio- santé occupe reuses à terme ou bien lin vitro. Implantés à lInstitut deslogistes, des physi-ciens, des ingénieurs, des 20% encore détecter leur mutation pour adapter Maladies Neurodégénératives (IMN) et du très attendu Neurocampussoignants... des ÉQUIPES les traitements sannonce de Bordeaux, les chercheurs deCest le cas de léquipe- possible. Les modèles Mnemosyne sapprêtent à donnerprojet MC2 (Modélisation, Contrôle mathématiques de léquipe-projet naissance à un système numériqueet Calcul pour la mécanique des de Thierry Colin pourraient, en outre, doté de prise de décisions autonomefluides et la biologie), composée impacter les équipements dimagerie et mu par une architecture neuronaledune dizaine de permanents et médicale eux-mêmes, en offrant une bio-inspirée. Ce dispositif expéri-autant d « intermittents ». Elle meilleure vision de la maladie grâce mental permettra lobservation et laplanche depuis 2005 sur le déve- à une lecture davantage uniformi- modélisation des circuits cérébrauxloppement de modèles génériques sée et standardisée quelle ne lest impliqués dans la prise de décisionpour la croissance tumorale, en aujourdhui. (zone mise à mal dans la maladie deétroite collaboration avec lInstitut « Dès maintenant, les sciences du Parkinson) et sa comparaison avecBergonié (Centre régional de lutte numérique se mettent au service le « vivant normal  » et le « vivantcontre le cancer de Bordeaux et du de la médecine, pour que des pré- pathologique  ». À la clé, cetteSud-Ouest), le CHU de Bordeaux ou dictions de modèles numériques volonté daider jusquà 4 millions din-bien encore lUniversité dAlabama des circuits cérébraux puissent aider dividus dans le monde, dont environà Birmingham, aux États-Unis. au diagnostic et au traitement des 200 000, en France, souffrant de magazine 6
    • appli > santé  Simulation en électrophysiologie cardiaqueParkinson (données ONU). régulations entre les gènes humains recherche médicale fondamentale,Adeptes eux aussi de lapproche na pas livré tous ses secrets, loin à laide dimages 3D qui simulent lecomparative, dont ils ont été les sen faut. Grâce à la contribution de fonctionnement électrique du cœur,précurseurs dans leur domaine, léquipe de David Sherman qui, avec de léchelle cellulaire à léchelle deles membres de léquipe-projet dautres dans le monde, œuvrent lindividu tout entier.Magnome (Méthodes et Algo- à les percer, un jour prochain, tout Geostat (Géométrie et statis-rithmes pour le Génome) voient médecin sera capable, à la lecture tiques dans les données dacquisi-défiler sur leurs ordinateurs des dun génome, de prédire certaines tion), emmenée par Hussein Yahia,génomes par paquets. Ils en pathologies, des années voire des leur prête main-forte en apportantextraient les fondamentaux, décennies avant quelles ne se son expertise en traitement ducommuns ou différents, facili- déclarent. Il sera alors aisé de les signal. La traque des irrégularités setant leur mise en correspondance. prévenir, simplement, efficacement. manifestant dans les signaux car-Focalisés sur les levures, ils éti- diaques (léquipe-projet sintéressequettent les composantes de leurs Traque & signal aussi à dautres types de signaux,génomes (gènes, ARNt...), un peu Ce jour prochain, les arythmies par exemple optiques, sonores) lescomme on le ferait pour les différents auriculaires nauront-elles peut-être anime au quotidien parce quellefichiers MP3, MP4, PDF... contenus plus aucun secret pour la médecine ? fournit des informations supplé-dans un Cd-Rom. Ensuite, vient la Les travaux menés actuellement mentaires dans lidentification et laphase de modélisation, décrivant le par Yves Coudière et sa toute jeune validation des paramètres impliquéscomportement dynamique de ces équipe Carmen (Modélisation et dans ces arythmies. Lambitionmicroorganismes dans le temps. À calculs pour lélectrophysiologie affichée est, là encore, de pouvoir gé-chaque étape : des mathématiques, cardiaque) concourent à lever le néraliser lapproche sur le terrain dude linformatique, de la génétique, de voile sur ces irrégularités rythmiques numérique afin den faire bénéficierla biologie ; des disciplines enrichies dans les oreillettes du cœur, causes les cliniciens dans leurs capacitésd’une fertilisation croisée, mais pour fréquentes daccidents vasculaires à contrôler ces dysfonctions avantquelle finalité ? La médecine person- cérébraux (AVC) chez ceux qui en quelles ne samplifient chez lesnalisée et prédictive. souffrent. Aux côtés du Profes- patients.Si, aujourdhui, le séquençage de seur Haïssaguerre (CHU du Haut- Cest aussi lespoir dinfluencerson génome individuel sacquiert Lévêque Pessac), lun des spé- -  lémergence de traitements moinspour quelques centaines de dollars, cialistes mondiaux du sujet, ils invasifs que ceux, usités actuelle-la compréhension des relations de contribuent à faire avancer la ment, pour soigner lêtre humain. 7
    • . Z IP ClimAT En quête de signaux Elles font la pluie et le beau temps des bulletins météo télévisés, chaque jour. Et surtout, elles mesurent quantité de variables physiques (salinité, concentration en phyto- plancton, vent...), notamment utiles aux chercheurs. Mais, en dépit d’une résolution constamment accrue, nos images satellites sont limitées dans la description fine de la dynamique océanique et dans les échanges d’énergies atmosphère/océans impliqués dans le réchauffement de la planète. Trouver les clés de la circulation océanique, trouver les paramètres dont la physique non-linéaire dit qu’ils sont importants pour comprendre sa complexité, à l’aide de signaux, c’est le quotidien de l’équipe-projet Geostat, rejointe par le CNRS, le Legos et l’Institut des Sciences de la mer de Barcelone (ICM-CSIC). Vous imaginez les enjeux ?  http://geostat.bordeaux.inria.fr/  Résultat du calcul de la circulation océanique à partir de données de simulation Répartition des équipes-projets du Centre 8 dans les thématiques Inria Mathématiques appliquées, calcul et simulation : 8 4 Perception, cognition, interaction : 4 1 Réseaux, systèmes et services, calcul distribué : 4 4 Sciences numériques pour les sciences de la vie et de l’environnement : 4 4 Algorithmique, programmation, logiciels et architectures : 1 par couleurs scientifiques 11 Calcul scientifique robuste : 11 5 Modélisation et simulation pour la santé : 5 Approche centrée utilisateur : 5 5magazine 8
    • . Z IPEN MER AssistanceAlgorithmes pisteurs à la personneJ-5 : touché, D-9 : coulé ! Plus précis qu’une grille de Robot à-tout-fairebataille navale, le projet Propagation, lancé en 2009 Ranger les jouets du petit dernier, le sac de sport depar l’équipe-projet Alea (Algorithmes d’Apprentis- l’aîné, faire le ménage dans les moindres recoins : quisage Évolutionnaires Avancés) de Pierre Del Moral, n’a rêvé d’un robot domestique, presque corvéable àpermet de localiser et de poursuivre des embarcations merci ?flottantes, en mer. Grâce à des capteurs passifs (aucune L’idée a également germé dans l’esprit des membresonde émise, le système utilise le réseau TNT) doublés de l’équipe-projet Flowers (Flowing Epigeneticde caméras fixes, un logiciel et des algorithmes mathé- Robots and Systems) qui projettent une applicationmatiques conçus chez Inria, il est désormais possible de d’assistance utile aux personnes seules, âgées ousuivre, et même de prévoir la trajectoire d’un bateau. souffrant de handicap moteur ou cognitif.Déjà exploité pour la surveillance du trafic aérien, le Celle-ci pourrait être matérialisée par un robot auqueldispositif est inédit dans l’eau, où les enjeux de sécurité les ordres seraient adressés verbalement.et de sûreté maritimes sont aussi majeurs. Pas étonnant Le projet est actuellement à l’étude. Patience !donc que DCNS s’y soit intéressé, suivi par Thales et laPME Exavision.  http://alea.bordeaux.inria.fr/  https://flowers.inria.fr/ 9
    • INTÉ G RALE À la découverte des ingénieurs du monde numérique À la fois mémoire vive, disque dur, moteur de recherche et réseau social, le Service Expérimentation et Développement (SED) est une exception culturelle Inria dans le monde de la recherche publique française. Véritable tête chercheuse au service des équipes qui le sollicitent, il soutient l’expérimentation du Centre tout en hissant sa qualité à son meilleur niveau.magazine 10
    • INTÉ G RALE H umer l’atmosphère assuré- en œuvre et le suivi opérationnels ment saturée en particules de de l’équipement, l’installation de matière grise, celle de 7 super nouveaux modules, de nouveaux ou cyber ingénieurs, aussi multi outils et la formation ». fonctionnels que des couteaux Toujours à l’affût des dernières suisses, permettrait-il de faire innovations technologiques et gagner quelques points de QI ? matérielles, le service tout entier N’est pas ingénieur SED qui veut  ! consent une part non négligeable « À la différence d’un ingénieur de son temps à la veille information- en développement, intégré à une nelle. Séminaires, presse spéciali- équipe de recherche pour 2 ou 3 sée, littérature des constructeurs, ans, l’ingénieur SED est un per- formations... distillent en continu manent Inria ; il reste », explique les connaissances à engranger, Hervé Mathieu, leur responsable. trier, digérer avant que celles-ci Sa mémoire est l’une des richesses ne soient redistribuées auprès des patrimoniales collectives du Centre. équipes, dans le but d’ « irriguer des Son savoir-faire, propre à aider au savoir-faire ». développement logiciel et tech- Toutes ne sollicitent pas l’aide des nologique en général mais aussi ingénieurs SED. « Ni saturée, ni en dans le langage spécifique d’un manque de publicité, notre activité domaine de recherche, tout en se développe au gré de l’offre et restant garant du génie logiciel de la demande, » précise Hervé « maison », l’est aussi. Là réside sa Mathieu. Avec pour ambition, double compétence, qui lui permet cependant, d’optimiser la qualité d’infiltrer un dispositif expérimen- globale des développements logi- Hervé Mathieu, tal ou une équipe-projet, en immer- ciels au sein d’Inria. Responsable du Service sion prolongée de 6 mois à 3 ans. « Celle-ci s’obtient sous certaines Expérimentation Parmi les différentes familles ou conditions parmi lesquelles prendre et Développement types d’expérimentation dévelop- son temps, échanger, réfléchir, se pés par Inria Bordeaux – Sud-Ouest, tromper, y revenir... . » Une culture citons la modélisation et le déve- de l’intelligence collective déployée loppement logiciel (réaliser des par capillarité, à un rythme doux. programmes) notamment dévolu Respect ! au calcul scientifique, comme c’est le cas sur PlaFRIM (la Plateforme Curiosité Fédérative de calcul haute-perfor- mance pour la Recherche en Infor- artificielle matique et Mathématiques), l’un Autre champ d’expérimenta- des équipements phares du centre tion déployé par Inria  : la réalité bordelais (voir encadré page 13). virtuelle, dans laquelle s’inscrit Olivier Coulaud, chercheur de pleinement Toucheo, un outil inédit l’équipe-projet Hiepacs (Algo- de manipulation tactile et instinc- rithmes très haute performance tive d’objets 3D (voir interview de pour des simulations scientifiques Martin Hachet page 14). frontières), utilisateur comme Plus Wall-E que Le Cinquième Elé- d’autres de la plateforme, sou- ment, citons également la robo- ligne « le fort soutien des ingé- tique, qu’utilise l’équipe-projet nieurs SED (sans oublier ceux du de Pierre-Yves Oudeyer, baptisée service informatique) pour la mise Flowers, pour étudier le vivant. 11
    • INTÉ G RALE comparer cette partie de turbine), Banc Maveric la chambre abrite la combustion à Pau de kérosène dont l’énergie permet d’entraîner les rotors de l’hélicop- tère. On retiendra, en l’occurrence, cette dernière application : l’un des co-financeurs de l’expérimentation n’est autre que Turbomeca, filiale du groupe Safran, leader mondial de turbines pour hélicoptères. Pou- vant atteindre des températures extrêmes _ de l’ordre de 1 000°C _ les parois de la turbine présentent la problématique suivante : difficiles à refroidir, elles doivent résister de manière continue et durable aux Présentée récemment à la Fonda- dans le but de leur faire vivre des contraintes thermiques. Les sys- tion Cartier pour l’art contemporain, « scenarii appareillés ». tèmes actuels de refroidissement lors de l’exposition « Mathéma- Certaines des technologies qui par injection contrôlée ou effusion tiques, un dépaysement soudain », seront expérimentées pourraient doivent être encore améliorés. la première version de ses Ergo- profiter au secteur de l’assistance Mais « étudier ce qui se passe à robots a recueilli l’enthousiasme à la personne, sujet de prédilec- l’intérieur d’une turbine, c’est des foules. Imaginez cinq créa- tion de l’équipe-projet Phoenix compliqué  », explique Vincent tures humanoïdes dont les têtes (Technologie des langages de pro- Perrier, « il y fait très chaud, il y a et l’environnement ont été conçus grammation pour les services de des flammes, il y a peu d’accès pour par David Lynch en personne, communication). prendre des mesures. D’où l’idée de partant à la découverte de leur développer un banc test qui repro- cadre de vie (un œuf géant), 1 000°C duit ces parois et permet l’étude poussant ou tirant ici des objets, À la croisée du développement d’écoulements de fluides dans interagissant et discutant là avec logiciel et de l’expérimentation des configurations similaires  ». les visiteurs. Ludiques en appa- aérodynamique le banc Maveric, Ont donc été reproduits les petits rence, ces modèles de curiosité à Pau. Derrière cet acronyme de films d’air froid isolant, collés à la artificielle inspirés des premiers Maquette pour la Validation et paroi, via deux veines d’écoulement âges du développement moteur l’Expérimentation sur le Refroidis- superposées, à une échelle plus de et cognitif de l’enfant consti- sement par Injection Contrôlée, dix fois supérieure à la réalité. tuent en fait des « cobayes » de œuvre l’équipe Cagire (Aérody- Désormais capables de simuler nu- résine et d’aluminium dont l’étude namique d’écoulements internes  : mériquement la même expérience, renseigne Flowers sur les méca- confrontation entre simulation l’équipe commune Cagire multiplie nismes d’apprentissage de l’être et expérimentation), commune les allers-retours entre banc d’essai humain. Une autre version pourrait à Inria, au CNRS et à l’Université et ordinateurs pour comparer, vali- être relancée dans le futur. de Pau et des Pays de l’Adour (la der, progresser vers des mesures Plus immédiatement, l’équipe- région abrite quelques-uns des de plus en plus fines. À la clé, des projet attend la finalisation de plus beaux fleurons internatio- solutions innovantes en termes de nouvelles salles expérimentales, naux de l’industrie aéronautique). géométrie et de disposition des conçues avec le concours du SED, Celle-ci a pour dessein, depuis un trous, soit un enjeu majeur pour les dans les locaux talençais. Imitant peu plus d’une année, d’améliorer constructeurs. la maison de M. Toulemonde, cet le fonctionnement des chambres  Retrouvez les sites espace domestique d’une super- de combustion des moteurs d’héli- des équipes : ficie de 70 m2, bardé de capteurs, coptères. Plus petite qu’un tambour cagire.bordeaux.inria.fr détecteurs, caméras et autres de machine à laver (auquel Vincent flowers.inria.fr enregistreurs, accueillera robots et Perrier, l’un des deux chercheurs team.inria.fr/hiepacs individus du monde extérieur de l’équipe, consent vaguement à phoenix.inria.fr magazine 12
    • INTÉ G RALE Ergo-robots présentés par l’équipe Flowers à l’exposition « Mathématiques un dépaysement soudain » à la Fondation Cartier pour l’art contemporain PlaFRIM, as-tu du cœur ?Implantée sur le campus formance, pour la conception, le projets en Aquitaine réalisentbordelais, la Plateforme Fédé- développement et la validation des simulations via des calcu-rative de calcul haute-perfor- d’algorithmes et de codes scien- lateurs), l’Institut de Mathé-mance pour la Recherche en tifiques. Ces derniers pourront matiques de Bordeaux (IMB)Informatique et Mathématiques ensuite être déployés sur de plus et le Laboratoire Bordelais de(PlaFRIM) regroupe des équipes grands centres nationaux. Recherche en Informatiqueen mathématiques appliquées, (Labri). En outre, sa proximitéen informatique, qui travaillent géographique s’avère propicesur des projets de modélisa aux échanges entre équipestion (cerveau, cœur, tumeur, de recherche et au montage deséisme, acoustique...), de nouveaux projets.simulation haute performance, Opérationnelle depuis mai 2010,d’algorithme parallèle. D’une PlaFRIM est le fruit d’un partena-capacité totale supérieure à riat Inria, IMB et Labri, soutenu1 000 cœurs (le cœur est l’unité financièrement par la Régionde calcul des processeurs), elle PlaFRIM est très accessible à ses Aquitaine et le Fonds européenautorise, en simultané, plusieurs utilisateurs dont les principaux de développement régionalopérations de calculs haute-per- sont Inria (25% des équipes- (Feder).  https://plafrim.bordeaux.inria.fr 13
    • INT é G RALE Retrouvez la démonstration de Toucheo : http://tinyurl.com/toucheoquestions à...Martin Hachet, À quels utilisateurs est destiné Toucheo et pour quels usages ?responsable de l’équipe Potioc,Inria Bordeaux _ Sud-Ouest M.H.  : Historiquement, la réalité virtuelle fait l’objet de recherches dédiées au secteur indus-Toucheo est un système interactif expérimental, triel (automobile...) ou médical, qui obéissent à desmixant un affichage en relief (3D) et une critères de rentabilité. Pour Toucheo, nous nesurface tactile 2D. Comment vous est venue sommes pas contre un déploiement industriel maiscette idée de mariage ? la coloration de l’équipe nous amène à d’autres objectifs qui sont  : susciter l’envie, la motivation, leMartin Hachet  : L’arrivée des surfaces tac- plaisir d’utiliser cette interface pour mieux créer,tiles a bousculé notre façon d’interagir avec des mieux comprendre, mieux communiquer... sanssystèmes informatiques. Cela nous intéressait de distinction d’âge. Pour répondre à la question, lessavoir quel serait l’impact si on associait un affichage usages auxquels est destiné Toucheo restent à3D stéréoscopique. C’est le rapprochement de ces imaginer en fonction de la sensibilité de chacun. C’estdeux grandes tendances qui nous a plu et qui est un support de travail nouveau.à l’origine de Toucheo. Nous avons donc décidé Actuellement, il est en situation à Cap Sciencesd’explorer la question avec Iparla, l’équipe-projet dans le cadre de l’exposition Lascaux. Nous pouvonsdont est issue Potioc (Popular Interaction with 3D observer son adéquation au domaine de la médiationcontent), Mint (Méthodes et outils pour l’interaction scientifique. Un second prototype a été présenté auà gestes, une équipe de recherche du centre Inria Siggraph (Special Interest Group in Graphics), l’annéeLille - Nord-Europe), en collaboration avec la PME dernière à Vancouver, où l’accueil a été très positif :bordelaise Immersion (spécialiste dans les solutions en quelques secondes seulement, le public étaitde réalité virtuelle) et Cap Sciences (Centre de Culture capable de se l’approprier pour réaliser facilement desScientifique Technique et Industrielle, chargé de la tâches d’interaction 3D complexes.médiation avec le grand public).magazine 14
    • fi g ures l i bres Chez Inria travaillent des « inventeurs du monde numérique », qu’évoque pour eux cette nouvelle signature ? Le piège, lorsqu’on parle de numérique, c’est que l’on pense tout de suite aux ordinateurs, aux smartphones, etc. Or, le numérique était déjà dans nos têtes bien avant la création du premier ordinateur, ne l’oublions pas ! Le rôle d’Inria est justement d’aller encore plus loin, de déployer le monde numérique d’aujourd’hui et celui de demain, en menant une recherche d’excellence au profit de nouvelles solutions facilitant nos vies. Avoir une meilleure compréhension du fonctionnement de notre corps pour mettre au point de nouvelles techno-C a r l o s C a r va j a l logies bio-inspirées, telle qu’une rétine artificielle, oudoctorant bien concevoir des robots pour suppléer l’homme dansau sein de Mnemosyne la réalisation de tâches dangereuses, sont autantdepuis janvier 2012 chez Inria. d’exemples des possibilités d’expansion du monde numérique qu’Inria contribue à inventer. Chacun d’entre nous, chercheurs, ingénieurs, assistants, équipe de direction, service de communication et de diffusion, au sein d’Inria mais aussi hors Inria, grand public, partenaires institutionnels, industriels, univer- sitaires, laboratoires... soutient la recherche et la crois- sance du monde numérique.  15
    • fi g ures libr es Pa u l F u d a l ingénieur au sein de Flowers depuis 2010. « Être inventeurs  », c’est endosser un rôle d’acteur, au sens d’avoir et de mettre en œuvre de nouvelles idées, et un rôle de réflecteur, au sens de projeter dans le monde réel, de porter à la connaissance et donner envie au grand public d’utiliser ces inventions et pourquoi pas, devenir acteurs à leur tour. Les deux sont intimement liés. Je nourris cependant quelques questionnements vis-à-vis des technologies numériques. Elles ouvrent sur des possibilités infinies et s’expriment dans des domaines très variés  : l’art, la santé... mais peuvent aussi nourrir des projets plus contestables. Il convient de veiller à toutes les notions d’éthique. S’interroger, appréhender, comprendre, critiquer fait partie de nos métiers. M icha ë l Genty, acheteur (service administratif et financier), chez Inria depuis novembre 2011.«  Inventeurs  », «  monde  » et «  numérique  »m’évoquent  respectivement : des chercheurs encharge de trouver des solutions pour demain, une R é mi Pati è s , ingénieur SEDouverture sur un monde multiple, hétérogène, (Service Expérimentation et Développement),une Terre qui tourne, qui avance. Le dénominateur depuis février 2012 chez Inria.commun de toutes ces idées est : DEMAIN.Mon travail d’acheteur consiste à transformer les Le monde numérique prend unedemandes, besoins et questions des chercheurs en place de plus en plus importante,solutions, sur un plan matériel. En cela, je contribue à aujourd’hui, dans nos vies ;améliorer les conditions de la recherche. chacun est concerné.En aidant les chercheurs à trouver les Le but des recherches menées au sein d’Inria estmeilleures solutions en terme d’achat, d’anticiper les technologies du futur, étudier, créer.je contribue à ma façon à inventer le C’est aussi essayer d’améliorer le quotidien d’unemonde numérique de demain. foule croissante d’individus. magazine 16
    • fi g ures l i bresPA UL I NE Davig n o n OL I V I ER b e a u m o n t ingénieure jeune diplômée délégué scientifique (Direction du Centre) au sein de Potioc et chercheur au sein de Cépage en poste depuis octobre 2011. (Chercher et essaimer dans les plateformes à grande échelle), chez Inria depuis 2007.« Monde numérique  », cette notion est unetendance actuelle forte partout dans le monde, Ces mots m’évoquent une dichotomie entre laje trouve normal qu’un institut de recherche compréhension du monde numérique, d’une part, etexplique ce qu’il fait en ce sens. Elle résonne tout la compréhension du monde, à l’aide du numérique,particulièrement pour Potioc - l’équipe à laquelle d’autre part.j’appartiens - parce que nous déployons des Dans le premier cas, se posent des questions di-solutions visant à faire manipuler et interagir avec verses telles que comprendre ce que l’on peut calculer,des données 3D, le grand public, des plus jeunes au à quel coût, et de quelle manière programmer ?troisième âge. Le monde numérique intéresse aussi Dans le second cas, la nécessité est tournée versces publics, parfois oubliés. l’appréhension d’un déluge de données, hétérogènesSi nous sommes « inventeurs », nous ne sommes pas et difficiles à manipuler.les seuls... Tout ce travail se fait en partenariat avecdifférents acteurs, sans doute n’étions-nous pas les Nous avons alors besoinpremiers ! de modèles, de simulationQuoi qu’il en soit, j’ajouterais, pour pour comprendre.finir, qu’il est important que les Le numérique permet également de certifier, defemmes soient présentes au sein des valider ce qui est conduit par simulation, pour le transformer en outil de prise de décision. C’estéquipes de recherche, que les équipes notamment vrai dans les domaines du médicalsoient mixtes, pour réfléchir à un (cardiologie, cancérologie, maladies neuro-dégénéra-monde numérique, mixte, lui aussi. tives), de l’optique, etc. 17
    • s t r at é g i e s HORIZON 2020 Le (s ) sens du num ériqu e  Inauguration du Centre Bordeaux _ Sud-Ouest La science est aussi affaire d’anticipation. Ainsi, tous les quatre ans, Inria se projette vers lefutur en précisant ses axes stratégiques de recherche et en faisant des choix dans ses priorités. Avec en tête une idée maîtresse : générer une action qui fasse sens pour la société dans son ensemble. En cela, Inria agit en vigie et en éclaireur des mondes du numérique.T outes nos recherches visent à l’innovation. Si sa reconnaissance scien- produire un impact positif non tifique se mesure par exemple à l’aune seulement sur la vie des personnes, d’articles publiés, de logiciels développésen termes de santé publique et de bien-être, ou de prix reçus, son impact sur la socié-mais aussi sur les écosystèmes (virtuels et té se concrétise sous plusieurs formes.réels, au travers des réseaux sociaux, de Parmi celles-ci, on trouve des transfertsl’écologie, de la climatologie) et enfin sur le industriels qui engendrent une plus-développement des connaissances, dont la value pour l’entreprise partenaire,formation, la médiation et le transfert des sciences du l’accueil d’ingénieurs et de doctorants, qui étoffent leurnumérique vers le plus grand nombre, précise Claude ambition technologique et la diffusent ensuite dansKirchner, délégué général à la recherche et au trans- l’industrie et la préservation de l’autonomie scien-fert pour l’innovation d’Inria. La mission d’Inria repose tifique et du temps de recherche nécessaire àà la fois sur l’excellence scientifique, le transfert et l’obtention de résultats de qualité.magazine 18
    • s t r at é g i e s« Ceci explique le choix d’Inria d’évaluer ses équipes U n ca d r e a d apt é àau travers de plusieurs critères, qui incluent nonseulement les résultats de recherche, les déve- cha q u e c o l l a b o r ati o nloppements technologiques et les collaborations Inria dispose d’accords de recherche conclus avec desacadémiques, mais aussi les transferts vers la société, instituts nationaux – tels que le CNRS, de grandesl’économie, les entreprises et la médiation scientifique entreprises et des conseils régionaux. 80 % de sesauprès du grand public et des étudiants », souligne 180 équipes-projets travaillent en partenariat avecClaude Kirchner. des universités, des grandes écoles ou d’autres orga- Trois axes nismes de recherche. Cette fertilisation des savoirs est renforcée par la structure des Inria Labs. prioritaires On compte actuellement :L’institut est aussi un éclaireur, créant des rup- • une dizaine de Project Labs (vingt à terme) réunis-tures qui font progresser la recherche dans les trois sant des équipes-projets sur des enjeux complexesdomaines inscrits à son plan stratégique 2013 - 2017 (la simulation pour la fusion nucléaire par exemple).« Objectif Inria 2020 ». • douze Innovation Labs (au moins cinquante à terme)Le premier de ces axes, « calculer le futur » concerne associant une équipe-projet et une PME régionale.les modèles, les logiciels et les systèmes numé- • deux Joint Labs (avec Alcatel Lucent et Microsoftriques innovants. Le deuxième, « maîtriser la com- Research, une dizaine à terme) et dix partenariatsplexité  » concerne données, réseaux et flux, en pro-duisant des bibliothèques de connaissances fiables, industriels (avec Philips et EDF notamment), structu-en protégeant les communications. Le troisième, rant la collaboration avec les grands groupes.« interagir avec les mondes réels et numériques », • quatre International Labs (une dizaine à terme) im-développe les recherches sur les usages et les appren- plantés en Asie, Amérique et Afrique.tissages. En Aquitaine, le centre a signé des conventions deCe plan stratégique national s’articule avec les spéci- recherche avec le CEA-Cesta, EADS / Astrium, Total etficités du grand Sud-Ouest, en tenant compte des fers EDF, ainsi qu’avec des PME spécialisées dans la réalitéde lance locaux. Au premier rang desquels, Aerospace virtuelle ou l’énergie éolienne.Valley, le pôle de compétitivité mondial représentantl’aérospatiale. 19
    • s t r at é g i e s« Intégrées aux départements R&D de Enfin, le centre Bordeaux — Sud-Ouestgrands comptes et de PME de ce secteur, travaille à faciliter l’interaction entre leshuit de nos équipes-projets développent mondes réel et numérique, en conjuguantles architectures d’ordinateurs et les algo- les approches en sociologie, cognition etrithmes adaptés aux besoins de calculs informatique.intensifs de la simulation aéronautique « L’ensemble de ces domaines béné-et spatiale », explique Isabelle Terrasse, ficie du dynamisme de la recherchedirectrice du centre Inria Bordeaux — Sud- régionale. Notre centre est ainsi enOuest. La santé représente le deuxième lien avec les structures récemmentaxe de la recherche régionale d’Inria, à implantées que sont le Laboratoire Pho-travers la modélisation et la simulation tonique, Numérique et Nanosciencesde cellules cancéreuses, d’arythmies car- (LP2N), l’Institut des Maladies Neuro-diaques, de maladies neurodégénératives, dégénératives (IMN), le LyRE (centre dede génomes en partenariat avec le Cluster TIC Santé R&D de la Lyonnaise des eaux) ou encore l’InstitutAquitain, l’Institut Hospitalo-Universitaire, l’Institut national de Recherche en Sciences et TechnologiesBergonié… Dans ce domaine également, les partenaires pour l’Environnement et l’Agriculture (IRSTEA) »,ne manquent pas. conclut Isabelle Terrasse. temps fortU n n o u v e a u b âtim e n t d é d i é à l a r e ch e r ch eInaugurée officiellement le 15 mars dernier, la première parcourue par des terrasses ensoleillées aménagées,tranche du nouveau bâtiment Inria Bordeaux _ Sud-Ouest « grande rue » suspendue entre les étages, desservanta été investie par un peu plus de la moitié des effectifs des zones de travail vitrées pour un meilleur contactdu centre, début juillet. L’architecte Philippe Thouveny visuel...) ont été travaillées avec soin.signe la réalisation de cet édifice aux lignes résolument Enfin, l’isolation phonique et l’éclairement ont faitcontemporaines. Outre son geste architectural, c’est sa l’objet d’une attention particulière, pour le confort decompréhension des besoins et des attentes des futurs travail des personnels. Presque entièrement passif, leutilisateurs qui l’a emporté. Modularité des espaces de nouveau vaisseau Inria répond aussi aux critères HQEtravail, configurés pour des équipes de recherche dont (Haute Qualité Environnementale). Des atouts solidesla taille évolue dans le temps (de 5 à 30 personnes pour s’ancrer durablement dans le paysage régional deen moyenne), mixité spatiale des fonctions support la recherche.et des chercheurs, propice aux rencontres, échanges  Retrouvez les détailset synergies, favorisées de surcroît par la création de du projet immobilier sur :zones de croisement «  cosy  » (cafétéria conviviale, http://construire.bordeaux.inria.fr magazine 20
    • va l e u r s d i s c r è t e s MAI NGUYEN ADRIAN KOSOWSKIet la fine fleur des robots des réseaux sociauxFlowers Ce doux acronyme désigne une équipe à l’informatique quantiquemixte spécialisée dans les Flowing Epigenetic Robots Bordeaux étant un pays de vignes, je me suis naturel-and Systems. La délicatesse semble envolée ? En fait, lement greffé au projet Cepage à l’automne 2010.le végétal vit en harmonie avec le monde animal. Au Au sein de cette équipe commune à Inria, au CNRS etmilieu de cette symbiose poussent des robots... L’image à l’Université de Bordeaux, je conçois des algorithmesvous semble fantastique ? Diversifiée à tout le moins, d’informatique distribuée. Il s’agit d’organiser, à traversà l’instar du parcours de Mai Nguyen, doctorante au des réseaux, les tâches d’agents mobiles – par exemple,sein de la vingtaine de chercheurs de Flowers. Depuis des robots d’indexation. Ces agents sont très présentsl’enfance, cette ingénieure de l’École Polytechnique dans le Web et les réseaux sociaux. En analysant nosétait curieuse des robots, mais aussi de l’apprentissage interactions, nos boutons « J’aime » et les groupeschez les humains et les animaux. Après une formation auxquels nous adhérons, ils nous proposent de nouvellesen robotique à l’Université de Stanford, la jeune femme personnes en contact, affichent des publicités en phases’envole vers l’Université d’Osaka et poursuit ses avec nos centres d’intérêt. Si mon travail repose sur detravaux en sciences cognitives et intelligence artifi- l’analyse théorique et mathématique, sa finalité touchecielle. En 2010, elle rejoint Bordeaux pour ajouter son à la vie quotidienne de millions d’internautes. C’estpétale à Flowers. passionnant, et cela explique que des entreprisesCelui-ci prend la forme d’une thèse sur le couplage de comme Alcatel ou Yahoo ! sont partenaires de Cepage.l’apprentissage par curiosité artificielle et interactions Ma formation académique est pluridisciplinaire, avec dessociales. Mai Nguyen développe des algorithmes et masters en informatique, mathématiques et physiquedes programmes qui transcrivent, dans le comporte- obtenus à l’université de Gdansk, en Pologne. En 2005,ment d’un robot, la capacité des enfants et des jeunes j’y suis devenu assistant de recherche, puis professeuranimaux à apprendre : en jouant, en observant leurs assistant après avoir soutenu ma thèse sur l’optimisa-pairs, en suivant l’enseignement de leurs parents. tion du routage dans les réseaux optiques. En 2008, j’ai« L’apprentissage allie une exploration autonome, dans rejoint le Laboratoire Bordelais de Recherche en Infor-laquelle le robot choisit ses expérimentations, et une matique (LaBRI), en tant que post-doctorant. J’ai intégréinteraction sociale, où il se laisse guider par des le Centre Inria Bordeaux — Sud-Ouest deux ans plusadultes  ». La chercheuse au vécu multiculturel réunit tard. Le projet Cepage arrivant à son terme, je me verraisainsi son goût de l’algorithmique, des sciences bien explorer une nouvelle voie de recherche fondée surcognitives et de la robotique, avec sa volonté de l’informatique distribuée et quantique. Cela rassemble-comprendre notre perception du monde et notre rait mes compétences en algorithmique, mathématiquesadaptation à l’environnement. et physique. 21
    • va l e u r s d i s c r è t e sTransferts de valeur avec les n vies d’ JULIEN BRUNEAU HÉLÈNE BARUCQDiplômé de l’Enseirb à Bordeaux, ce jeune ingénieur directrice de rechercheen télécommunications et génie logiciel se situe à La recherche en mathématiques appliquées constituel’interface du monde de la recherche et des entreprises. le fondement de ma vocation. J’y consacre actuel-Ce don d’ubiquité, Julien Bruneau le cultivait déjà dans lement la moitié de mon temps, notamment par lasa thèse consacrée à une « méthodologie outillée codirection de six doctorats. Le reste est dévolu àpour le développement et le test d’applications d’infor- mes fonctions de responsable scientifique d’équipe,matique ubiquitaire ». Débuté en 2008, ce travail a de coordinatrice de l’action Total-Inria et de vice-pré-été mené au sein de l’équipe-projet Phœnix d’Inria sidente de la commission d’évaluation d’Inria. Celle-ciBordeaux — Sud-Ouest, qu’il a intégrée début 2012. organise les recrutements de nos chercheurs, suit les« Phœnix développe DiaSuiteBOX, plateforme d’appli- équipes, mène des réflexions sur le transfert industriel,cations qui interconnecte les objets de notre quotidien, la parité ou le développement de logiciels. L’ensembletels qu’une télévision, un téléphone ou des appareils de ces rôles crée une diversité d’interlocuteurs : scien-domotiques. À terme, les applications pourraient être tifiques, industriels, institutionnels. Après avoir intégréproposées en téléchargement, en utilisant les objets l’Université de Pau en 1995, j’y ai créé six ans plus tard,de notre quotidien, à la façon d’une application pour une équipe de recherche sur la propagation d’ondes etsmartphone ». l’imagerie sismique. En 2005, j’ai rejoint le centre InriaIngénieur transfert et innovation, Julien Bruneau œuvre Bordeaux — Sud-Ouest à Pau toujours, pour consti-sur deux plans en simultané. D’une part, il échafaude tuer Magique-3D, une équipe-projet de modélisa-les modèles économiques adaptés aux fonctions tion avancée en géophysique 3D. Avec une quinzainedéveloppées par Phœnix. « Depuis six mois, je participe de chercheurs, nous élaborons et analysons desà un programme, Camping Toulouse, organisé par la modèles, nous construisons des schémas numériquesTIC Valley. Des entrepreneurs m’aident à définir les mis en œuvre dans des codes optimisés par du calculplans d’affaires et notre positionnement  ». D’autre parallèle. Avec Total, nous comparons leurs donnéespart, l’ingénieur présente le potentiel du logiciel à des topologiques, recueillies à terre ou en mer, avec nosentreprises (Orange, Bouygues Telecom, Kingfisher, données fabriquées par résolution numérique et rétro-des PME). Ainsi, un partenariat s’est noué avec propagation d’ondes. Les géologues obtiennent ainsiUbiquiet, dont le boîtier aide les personnes âgées à une vision plus sûre des sous-sols explorés, ce quicommuniquer et interagir avec leurs proches et leur fiabilise les campagnes d’exploration pétrolière. Enfin,environnement. Des projets sont aussi en discussion nous partageons nos « bonnes ondes » avec nos ho-avec Zodianet et Connected Object. De quoi concréti- mologues en mathématiques, géophysique et calculsser la promesse du numérique au service de tous. à haute performance des Universités de Northridge (États-Unis), Novossibirsk (Russie) et São Paulo (Brésil). magazine 22
    • va l e u r s d i s c r è t e s guillaume sylvand Diplômé de l’École Polytechnique (X 92) profil Interface active puis de l’École nationale des ponts et entre recherche chaussées, la voie de Guillaume Sylvand semblait toute tracée. publique et ingénierie Mais à l’issue d’un stage dans une direction départe- industrielle mentale de l’équipement, le jeune ingénieur choisit une autre piste d’envol pour sa césure. Ce sera Aérospatiale, où il s’adonne aux mathématiques appliquées et au calcul scientifique. En collaboration avec l’entreprise et Ingénieur expert au sein d’EADS Innovation l’École des ponts et chaussées, il débute en 1999 uneFace Works, Guillaume Sylvand est un spécialiste thèse sur « la méthode multipôle rapide en électro- magnétisme ». des méthodes de propagation d’ondes. Pour cela, il rejoint l’équipe CAIMAN du Centre de Recherche Inria Sophia Antipolis — Méditerranée.Sa double culture de thésard Inria puis de spécialiste « Par l’algorithmique et la programmation, il s’agissaitdu transfert industriel lui permet d’agir en « courroie de de simuler la propagation d’ondes acoustiques outransmission » entre des chercheurs en mathématiques électromagnétiques. Les applications de ces modèleset informatique et des ingénieurs confrontés à des sont multiples : rendre furtifs les appareils militaires,problèmes physiques. mais aussi déterminer l’emplacement optimal des« Mon rôle consiste à assurer la veille scientifique antennes incorporées dans les avions afin d’éviter lesdans le domaine de la propagation d’ondes et du interférences ».calcul à haute performance, mais aussi à répondre aux En 2004, la route du Sud conduit Guillaume Sylvand àsollicitations des ingénieurs d’EADS concernant les Toulouse. Détaché du corps des Ponts et Chaussées,logiciels de simulation que nous développons pour eux. il applique chez EADS les fruits de sa thèse. En 2009,J’anime également le partenariat de recherche avec il est embauché dans l’équipe de mathématiquesl’équipe HiePACS ». appliquées d’Innovation Works, direction technologiqueDepuis 2011, la collaboration avec HiePACS qui mène des recherches pour les filiales du groupedonne accès à Innovation Works et au savoir-faire (Airbus, Astrium, Cassidian, Eurocopter).mondialement reconnu de ce laboratoire spécialisé dansle calcul à haute performance. « Nous avions déjà descontacts avec l’équipe dirigée par Luc Giraud, qui futun des rapporteurs de ma thèse. Nos axes de rechercheconvergeaient. De plus, Inria a cette volonté de produireune recherche appliquée qui coïncide avec nos besoinsd’industriel ».En 2012, une chaire a donc été créée par la RégionAquitaine, Inria Bordeaux — Sud-Ouest et EADS (IW etAstrium) pour l’organisation de deux thèses et de deuxpost-doctorats portant sur la gestion des incertitudes, laréalité virtuelle et le calcul à haute performance.« Cette mise en commun des savoir-faire et destechniques fera progresser les méthodes d’EADS ». 23
    • pa s s e r e l l e s Avec les PME, les grands groupes, comme avec les structures de recherche, les équipes de recherche réussissent leur greffe.magazine 24
    • pa s s e r e l l e sL ’apport des sciences du des ingénieurs, des PME parte- Enfin, les liens existants avec les numérique ne saurait se naires et des chercheurs issus pôles universitaires de Bordeaux cantonner à quelques struc- d’Inria Bordeaux — Sud-Ouest, et de Pau devraient prochainementtures privilégiées - grandes entre- d’universités et d’écoles d’ingénieurs être renforcés par la signature deprises et institutions académiques aquitaines. Cette structure souple nouvelles conventions de collabo-nationales. facilitera le transfert industriel et ration.Conformément à la stratégie le codéveloppement des projets, L’amélioration continue des modesde l’Institut, Inria Bordeaux — en coordination avec les agences de collaboration passe par uneSud-Ouest joue en Aquitaine un économiques régionales. évaluation régulière des équipes-rôle de catalyseur et de diffuseur projets en fonction de leursde l’innovation numérique y compris Recherche résultats de recherche, de leursauprès de petites et moyennesentreprises, d’entreprises intermé- de haut niveau collaborations académiques, de leurs développements techno-diaires. Tel est le cas avec la société Avec les grandes entreprises (EADS, logiques et de leurs transfertsImmersion, dans le domaine de la EDF, Total, CEA), les accords-cadres réussis vers des applicationsréalité virtuelle, ou avec Valéol dans nationaux sont naturellement pour les secteurs industrielsl’énergie éolienne, par le biais de déclinés selon les spécificités ou publics. Ainsi, de la PME authèses menées en cotutelle entre régionales de nos pôles d’excellence grand compte, de l’université auces entreprises et les équipes- en aéronautique, défense, énergie centre de recherche national, toutprojets d’Inria. En 2013, cette ou exploration pétrolière. Cette l’éventail des collaborations estformule gagnante devrait être logique prévaut également pour couvert, en conciliant une rechercherenforcée par la création de deux les partenariats avec les centres de haut niveau avec des applications« Innovation Lab  » qui rassem- de recherche nationaux tels que le performantes et pertinentes pour lableront dans un même laboratoire CNRS et l’INRA. société dans son ensemble. 25
    • pa s s e r e l l e s JEAN-PIERRE GIANNINI Directeur du Centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine (CEA-Cesta) D epuis 1995, la France a remplacé les essais nucléaires par la simulation numérique. Ce programme repose sur une maîtrise de l’ensemble des phénomènes physiques et le développement d’ordinateurs disposant d’une puissance de calcul supérieure à quelques millions de milliards d’opérations par seconde afin de modéliser parfaitement les phénomènes de très hautes pressions et températures. Inria Bordeaux — Sud-Ouest aide le Cesta à affiner ses modèles et outils de simulation. Nous relions naturellement les mondes de la recherche académique et de l’industrie. Nous partageons les mêmes méthodes de conduite de projets et la même volonté d’appliquer nos recherches à des finalités bien définies. Depuis 2012, cette collaboration a pris la forme d’une convention. Quatre thèmes de recherche ont été définis : les méthodes numériques, la haute puissance de calcul, la simulation sous incertitudes et le génie logiciel. Il est envisagé de prolonger ce partenariat par une plateforme d’excellence numérique qui regrouperait le CEA-Cesta, Inria Bordeaux — Sud-Ouest, l’Université de Bordeaux et des industriels, afin de poursuivre le développement de la simulation du futur. Car, si les applications diffèrent entre domaines (militaires, civils, industriels), nos outils sont communs.  www.cea.frmagazine 26
    • pa s s e r e l l e sChristophe GiraudDélégué régional Aquitaine – Limousin du CNRSD epuis avril 2011, la collaboration entre le CNRS et Inria s’inscrit dans un accord cadre national. Celui-ci se décline régionalement par la créationd’équipes-projets. Aujourd’hui, quinze d’entre elles réunissent pour quelquesannées des chercheurs du CNRS et d’Inria Bordeaux — Sud-Ouest, avec des re-cherches menées dans les domaines du calcul intensif, de la modélisation et dela simulation pour la santé, des interactions entre monde réel et numérique. Lastructure d’une équipe-projet offre plus de souplesse. Elle favorise la mobilitédes chercheurs, engendre des rencontres diversifiées et enrichissantes. C’estune nouvelle culture pour le CNRS, habitué à travailler via des structurespérennes, les unités mixtes de recherche (UMR).Pour que cette nouvelle approche réussisse, il est essentiel d’impliquer lesdirecteurs d’UMR afin de garantir la cohérence de leur politique scientifiqueet de faire accepter le détachement temporaire de chercheurs. Début 2013,ce modèle sera opérationnel en Aquitaine. Il faudra le stabiliser, approfondirles modalités d’évaluation scientifique en cotutelle du CNRS et d’Inria, déve-lopper le transfert et la valorisation des résultats de recherche. Toutes chosesqui habituellement passent par Aquitaine Science Transfert, filiale créée par leCNRS, l’Inserm, les Universités de Bordeaux et Pau. Nous sommes confiants surl’évolution des équipes-projets CNRS / Inria, car nous disposons des moyenshumains et techniques pour faire de ce partenariat une réussite. www.cnrs.fr/aquitaine-limousinPIERRE DOS SANTOSVice-président du conseil scientifique, Université Bordeaux SegalenN otre collaboration avec le Centre Inria Bordeaux — Sud-Ouest couvre un large domaine d’applications qui va de la modélisation pour l’imagerie enbiologie et santé à l’infectiologie, en passant par l’analyse des mécanismesde la genèse et de la propagation des arythmies cardiaques, les neuros-ciences, la bioinformatique et les technologies pour la santé. Le centre Inrianous apporte un savoir-faire et des compétences essentiels, en cohérenceavec les enjeux socio-économiques dans lesquels nous nous inscrivons. Cepartenariat implique 70 chercheurs de notre université engagés dans desprojets durant sept ans en moyenne. Il enrichit nos actions en matière d’in-novation, de transfert et de valorisation de la recherche, en lui donnant lesmoyens de s’ouvrir à de nouvelles perspectives applicatives. Au-delà de notrecollaboration, nous assistons à une réelle interpénétration de problématiquescommunes, combinant le positionnement classique de la recherche fondamen-tale menée dans les universités, tendue vers la résolution de questions scien-tifiques et la production de nouveaux savoirs, avec une approche concentréesur la résolution de problèmes majeurs de santé publique, comme les troublescognitifs, le handicap, la mort subite et l’insuffisance cardiaque, les dispositifsmédicaux, la progression et la propagation des maladies... La convention signéeavec Inria favorisera l’instauration de ces recherches communes, menées encotutelle. Ensemble, nous ferons en sorte d’identifier au mieux ces enjeux, deles circonscrire en commun et de développer des solutions adaptées. www.univ-bordeauxsegalen.fr 27
    • pa s s e r e l l e sHUBERT dE ROCHAMBEAU Président du Centre de Recherche Inra Bordeaux-AquitaineE n Aquitaine, l’Inra mène des recherches en biologie végétale intégrative et en écologie fonctionnelle etévolutive, avec des applications pour les écosystèmesforestiers ou les agrosystèmes cultivés. Nos travauxpassent par de la modélisation et la réalisation de calculsà grande échelle pour nos plateformes génomiques etmétabolomiques et aussi pour les simulations quenous faisons en écologie fonctionnelle. Pour cela, nousdisposons d’un département de recherche en informa-tique et mathématiques appliquées. Nous fonctionnonsdéjà en Unités Mixtes de Recherche avec les Universitésde Bordeaux I et Bordeaux Segalen, l’école BordeauxSciences Agro et l’Université de Pau et des Pays de l’Adour.En 2013, nous débutons une réflexion menée en communavec Inria Bordeaux — Sud-Ouest. Nous apprécions etpartageons la culture projet d’Inria. Ce nouveaupartenariat nous aidera dans des secteurs émergents,là où les méthodologies sont en cours d’élaboration. Lacollaboration prendra sans doute la forme d’équipes-projets communes à nos deux instituts. www.bordeaux-aquitaine.inra.fr henri calandra Expert algorithmique pour les grands calculateurs de géosciences, branche Exploration & Production du groupe Total D ans le domaine de la recherche pétrolière, les enjeux et les progrès réalisés en exploration sont tels que les domaines d’étude ainsi que les volumes de données deviennent gigantesques. Le traitement de ces données est impensable avec les moyens informatiques classiques. La volonté et la nécessité d’améliorer l’image sismique 3D impliquent un effort constant de la part des compagnies pétrolières, tant dans la recherche de nouvelles méthodes de traitement que dans leur mise en œuvre algorithmique avec des ressources informatiques appropriées. DIP (Depth Imaging Partnership), le partenariat avec Inria et Magique-3D en particulier, s’inscrit tout à fait dans cette ambition : cartographier avec précision le sous-sol pour optimiser l’exploitation des sources d’énergies fossiles (pétrole ou gaz).  http://dip.inria.fr/ magazine 28
    • pa s s e r e l l e smo h am e d amara Président de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour D epuis l’accord-cadre conclu en 2009 avec Inria Bordeaux — Sud-Ouest, deux équipes-projets et une équipe commune ont été constituées. Celles-ci sont intégrées au Laboratoire de Mathématiques et de leurs Applications de notre université, qui bénéficie du label Unité Mixte de Recherche du CNRS. Cette quinzaine de chercheurs utilise les mathématiques et la simulation pour répondre aux besoins industriels de l’exploration pétrolière (Total), de l’aéronautique (Turbomeca / Safran), de l’espace (EADS et l’Office National d’Études et Recherches Aérospatiales). Une telle approche quadri- partite entre université, CNRS, Inria et grandes entre- prises ouvre le champ des possibles, décloisonne les savoirs et renforce les moyens de recherche des équipes. D’où la constitution en cours d’une troisième équipe- projet, qui devrait être opérationnelle dès 2013.  www.univ-pau.fr 29
    • . Z IPOutils 3d Des calculsIsis et Ptolémée, répartisplus « V » que nature entre trois continents…Membre du consortium V-Must (Virtual Museum et des milliers de processeursTransnational Network) dont l’objet est d’explo- La simulation de phénomènes complexes (physiquerer en quoi les technologies du numérique peuvent des matériaux, modèles climatiques, propagationcontribuer à l’évolution des outils pour les musées, d’ondes) nécessite des outils de calculs toujours plusManao (Abolir les frontières entre lumière, forme performants.et matière) s’intéresse tout naturellement aux outils Tel est le défi relevé par l’équipe HiePACS : améliorer3D avec l’idée de préserver et conserver le patri- les algorithmes et les modèles utilisés par desmoine culturel, fournir aux scientifiques des outils supercalculateurs qui battent au rythme de milliers depermettant de l’étudier avec plus de précision ou bien processeurs.encore, enrichir l’expérience ludique et éducative des Échanges et séjours d’étude favorisent ces-  www.inria.fr/tactictocmusées. recherches menées en collaboration avec lesPour preuve, de parfaites reproductions des statues Universités d’Arabie Saoudite, du Tennessee, du www.inria.fr/tactictocd’Isis et Ptolémée à l’échelle 1/5e ont pu être Colorado, de Stanford et de Berkeley.présentées aux visiteurs de l’exposition « Phares »qui s’est tenue à Paris, en mars dernier, à partir des  https://team.inria.fr/hiepacsreprésentations 3D réalisées par l’équipe Manao despièces archéologiques réassemblées.  En savoir plus sur le projet Manao à l’exposition « Phares » : www.inria.fr/centre/bordeaux/actualites/projet-anr-searchmagazine 30
    • . Z IPrévolutionnumériqueL’informatique, enfin au lycée  2012, en chiffres Pascal Guitton, 351 personnes : Directeur de la recherche Inria 138 chercheurs et enseignants-chercheurs 019 post-doctorants 105 doctorants 058 personnels soutien et support à la recherche 031 ingénieursLe numérique a envahi nos vies. Pourtant, cette réalité 32 nationalitéséchappe encore à la grande majorité des individus, étrangères représentéesseuls les spécialistes en ont conscience. 37 AnsPour combler ce déficit de connaissances et de maîtrise c’est l’âge moyen du personneldes systèmes numériques, une voie s’impose  : l’édu-cation. Bonne nouvelle, sous l’impulsion de plusieurs 24 % de femmes« téméraires », dont Inria, l’Informatique et les Sciencesdu Numérique (ISN) sont enseignées, depuis la rentrée 47 recrutementsdernière, en option, auprès des lycéens de terminale S. 53 stagiaires accueillisPascal Guitton, directeur de la recherche Inria, a présidéle groupe d’experts qui a planché sur le référentiel deconnaissances, validé par le ministère de l’Éducationnationale. Il a aussi contribué à former les enseignants en Transfert, innovationmathématiques et physique, en Aquitaine, qui animentla nouvelle option. L’idée ferait des émules auprès des et internationalclasses préparatoires : le ministère de l’Enseignementsupérieur et de la Recherche vient de donner le coup 18 dépôts de logiciels APPd’envoi pour que l’informatique y soit enseignée, 2 projets de start-upau même titre que les mathématiques, l’histoire, leslangues... 3 ERC (European Research Council) 22 projets européens actifs  Retrouvez interstices, la revue de culture scientifique 5 équipes associées sur la recherche en informatique : (collaborations entre des équipes-projets Inria et des http://interstices.info équipes de recherche de haut niveau à travers le monde) 31
    • . Z IPFluides et matériauxCollaboration transatlantique  bacchus.inria.fr Passerelle entre France et États-Unis, l’équipe-projet Bacchus (Outils parallèles pour les algorithmes numériques et les méthodes de résolutions des problèmes essentiellement hyperboliques) réunit 25 chercheurs spécialistes du calcul d’écoulement de fluides ou de matériaux compressibles. Les modèles de simulation (approximation physique, incerti- tudes, raffinement des solutions, partitionnement des maillages, calculs parallèles, algorithmes) sont développés entre autres avec le département mécanique et ingénierie de l’Université de Stanford. L’Institut von Karman en Belgique et l’Agence Spatiale Européenne notamment s’en servent pour adapter les conditions de vol des sondes spatiales. Logistique CRYPTOLOGiE Objets Des moyens Chiffres-clés communicants idéalement alloués De la DiaSuiteBox Depuis 2007, RealOpt (Reformu- dans les idées lations et algorithmes pour l’Optimi- Une alerte sonore ou visuelle si une sation combinatoire) mobilise une porte est restée ouverte ou bien si dizaine de chercheurs répartis entre les clés demeurent dans la serrure, Bordeaux et le Brésil (Universités à l’extérieur et à la vue d’autrui ? Catholique de Rio de Janeiro et de Pour qui conserve ses fonctions Fluminense). Le besoin de protection des Fondés sur des algorithmes d’opti- motrices et cognitives, le disposi- données contre les attaques misation en variables entières, leurs tif peut paraître disproportionné. Il malicieuses est l’un des grands programmes déterminent comment offrirait au contraire aux personnes enjeux de nos sociétés modernes. affecter au mieux, dans la durée, âgées ou souffrant de maladies Le chiffrement constitue une des ressources limitées (équipes, réponse solide, mais à consoli- neurodégénératives (Alzheimer, Par- machines, budgets). der perpétuellement. À la tête de kinson...) de formidables solutions de l’équipe-projet Lfant (Théorie compensation à l’isolement social des nombres algorithmiques) - et et à l’autonomie domiciliaire. Déve- heureux lauréat d’une bourse ERC lopper des solutions simples et peu (European Research Council)-, onéreuses de ce type n’a rien d’une Andreas Enge œuvre à inventer utopie. L’équipe-projet Phoenix, en les systèmes de chiffrement de collaboration avec des chercheurs en demain, plus sûrs, plus rapides. Il neurosciences, s’y consacre même Avec ces techniques, Exeo Solutions recourt, pour y parvenir, aux courbes pleinement, au travers de l’approche organise les tournées de ramassage algébriques, issues de la théorie DiaSuite et d’une technologie asso- des déchets recyclés. des nombres, dont on avait jusqu’à ciée DiaSuiteBox, couplées pourquoi Et EDF planifie cinq ans à l’avance présent sous-estimé le potentiel en pas à un téléviseur ou à un smart- les arrêts de maintenance et de matière de cryptologie asymétrique. phone. Des solutions simples et peu rechargement en uranium de ses Les chiffres aussi ont leurs mys- onéreuses bientôt disponibles ! centrales nucléaires. tères...  www.inria.fr/equipes/realopt  lfant.math.u-bordeaux1.fr  https://diasuitebox.inria.fr/ magazine 32
    • TI M ELINE Partenariat EADS Septembre Le 29 mars 2012 à Talence, EADS, Terminale S sa filiale Astrium, numéro un Dans le cadre de la réforme européen de  l’industrie spatiale, du lycée, l’Informatique et les et Inria signent un partenariat de Sciences du Numérique (ISN) font recherche, avec le soutien de la leur entrée au programme de ter- Région Aquitaine, pour faire face minale scientifique (S), au même aux défis des développements titre que les mathématiques, les des lanceurs spatiaux futurs. sciences physiques et chimiques,Février ou bien encore les sciences de laSalon Aquitec vie et de la terre.Les 9, 10 et 11 février 2012, Inriaparticipe au premier salon régional Octobredédié à l’orientation, aux métiers, à Fête de la sciencel’emploi et à la formation, aux côtésdes trois autres  établissementsde recherche d’Aquitaine. Juin Convention CEA Le CEA et Inria scellent le 13 juin, par convention, un partenariat de recherche pensé pour promouvoir Inria Bordeaux _ Sud-Ouest ouvre et pérenniser dans le temps, les ses portes à une centaine de collaborations initiées entre les jeunes collégiens et lycéens à deux établissements publics, dans l’occasion de la Fête de la science, le domaine du calcul numérique et du 10 au 12 octobre. de la modélisation. Novembre SuperComputingMars Les équipes d’Inria spécialisées enInauguration calcul haute performance parti- cipent à l’édition 2012 de Super-Inria Bordeaux _ Sud-Ouest inau- Computing, du 10 au 16 novembregure son nouveau bâtiment, à à Salt Lake City.Talence, le 15 mars, en présencede l’ensemble de ses partenairesacadémiques, institutionnels etindustriels. Une nouvelle impul-sion pour l’activité de recherche etd’innovation. Juillet Installation Du 29 juin au 3 juillet, les équipes Décembre Inria Bordeaux – Sud-Ouest SCOTCH a 20 ans prennent possession de leurs Le logiciel de partitionnement nouveaux locaux, 200 avenue de de graphes Scotch, fête ses 20 la Vieille Tour, à Talence. années d’existence. 33
    • TI M ELINE Les manifestations scientifiquesMarsAllez les e-fillesDans le cadre de la troisièmeSemaine Digitale, la Ville deBordeaux et le rectorat del’académie de Bordeaux renou-vellent l’opération «  Allez lese-filles » le mercredi 27 mars 2013afin de permettre une rencontreentre des lycéennes en classe de1ère, et des experts dans le domainedu numérique.Tout comme en 2012, le CentreInria Bordeaux – Sud-Ouest s’asso- Mars OCTOBREcie à l’événement et à sa prépara- HONOM 2013 EA 2013tion. Du 18 au 22 mars, le Centre Inria Du 21 au 23 octobre, EA 2013 Bordeaux – Sud-Ouest et l’Universi- réunit des chercheurs françaisSeptembre té de Bordeaux organisent HONOM et étrangers autour des modèles 2013, European workshop on High de l’évolution naturelle et des Order Nonlinear Numerical Methods systèmes biologiques complexes, for Evolutionary PDEs. afin de leur permettre d’échanger http://honom2013.bordeaux.inria.fr/ et de communiquer leurs résultats   scientifiques.Metro’num AVRIL www.info.univ-angers.fr/ea2011/Avec une première édition en 2011, L’équipe-projet CQFD met  Metro’num est la rencontre consa- NOVEMBRE la fiabilité et la sûreté decrée aux services et aux usages nu- fonctionnement à l’honneur IHM 2013mériques pour un développement Conférence francophone sur Le 8 avril, le Centre Inria Bordeauxurbain raisonné et durable. l’Interaction Homme-Machine, IHM – Sud-Ouest accueille la 17e ren-Les 19 et 20 septembre 2013, le s’attache à favoriser les échanges, contre Math-Industrie.centre Inria Bordeaux – Sud-Ouest rencontres et interactions entre Son objectif : faire se rencontrer etparticipe pour la deuxième fois à ce tous les mondes de la recherche, dialoguer, industriels et mathémati-salon de la ville numérique. qu’ils soient académiques ou indus- ciens autour de problèmes ouverts triels, au travers de communica- relatifs à la fiabilité et à la sûreté de tions fondamentales et appliquées, fonctionnement. de démonstrations, et de groupes ht t p : // s m a i . e m at h . f r / s p i p . de travail centrés sur le thème de php?article84 l’Interaction Homme-Machine.   Les thèmes abordés concernent SEPTEMBRE l’humain, la technologie et les YIC 2013 contextes d’usage. Du 2 au 5 septembre, YIC 2013 ergoihm.estia.fr réunit de jeunes chercheurs en mathématiques appliquées et en mécanique. http://yic2012.web.ua.pt/Welcome. html magazine 34
    • Cette équipe* est capable de prévoir la météo du cœur Vous pas? n’y croyez Rendez-vous sur #numérique #exploration #contribution #débats inriality.fr* Philippe Moireau et Dominique Chapelle de l’équipe de recherche MACS © Inria - © Photo : Léa Crespi - Design & production :