L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA - N O 22 - 4 JUIN 2OO7                                                               ...
« Je passais les annonces des concours                                                              dans les journaux et s...
L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA - N O 23 - 11 JUIN 2OO7                                                              ...
l’INRIA s’est appuyé sur une                                                              « Nos résultats ont été reconnus...
L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA - N O 24 - 18 JUIN 2OO7                                                              ...
« La devise préférée du directeur était                                                                ”Qui peut le plus p...
L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA - N O 25 - 25 JUIN 2OO7                                                              ...
« L’INRIA était un partenaire                                                                apprécié autant par les indus...
Code source 1988-1997
Code source 1988-1997
Code source 1988-1997
Code source 1988-1997
Code source 1988-1997
Code source 1988-1997
Code source 1988-1997
Code source 1988-1997
Code source 1988-1997
Code source 1988-1997
Code source 1988-1997
Code source 1988-1997
Upcoming SlideShare
Loading in...5
×

Code source 1988-1997

1,448

Published on

Années 1988 - 1997 de Code source, le petit journal réalisé en 2007 à l'occasion des 40 ans d'Inria. 40 années en 40 numéros et 40 semaines pour retracer l'histoire de l'Institut.

Published in: Technology
0 Comments
0 Likes
Statistics
Notes
  • Be the first to comment

  • Be the first to like this

No Downloads
Views
Total Views
1,448
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
1
Actions
Shares
0
Downloads
2
Comments
0
Likes
0
Embeds 0
No embeds

No notes for slide

Transcript of "Code source 1988-1997"

  1. 1. L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA - N O 22 - 4 JUIN 2OO7 ANNÉE 1988 © INRIA / Photo A. EidelmanLueur à l’Est : l’Inria signeune convention avec la régionLorraine pour créer unenouvelle unité de recherche© INRIA / Photo F. Saur Pierre Bernhard, l’homme de Sophia La promotion de 1964 de l’école deux hommes sont membres de Polytechnique a donné une per- cette prestigieuse cohorte qui sonnalité de premier plan à l’In- récemment s’est illustrée dans ria, Pierre Bernhard. Ce nom est le domaine pétrolier ou le associé à la création puis au nucléaire. Pour Pierre Bernhard, développement de l’unité régio- venu du Centre d’automatique nale de Sophia Antipolis. Tout et d’informatique de l’école Bâtiment de lInria Lorraine, inauguré le 1er juillet 1991 par Alain Bensoussan en présence de Hubert Curien, ministre de la Recherche, et des partenaires régionaux. récemment l’unité de Sophia a des Mines de Paris et qui fut été reliée au reste du monde par ensuite professeur à l’université un nouveau moyen de commu- de Dauphine, la connaissanceLe 25 février 1988 – La les fermetures de site et l’in- pointe comme Thomson se nication baptisé Internet. C’est du monde méditerranéen n’allaitconvention qui vient d’être compréhension de la popula- sont aussi installées dans la un aboutissement mais tout pas forcément de soi. C’est pres-signée entre l’Inria et la tion. L’exaspération qui s’est région nancéenne. laisse à penser qu’il ne s’agit que seul, mais avec l’appuirégion Lorraine marque le exprimée en 1984 dans la mar- L’université, comme à Rennes, que d’un début. constant de Jacques-Louis Lions,lancement officiel de la che sur Paris a décidé le gou- joue un rôle moteur dans la Pierre Bernhard peut mesurer le qu’il a du maîtriser les aléasnouvelle unité de recherche vernement à lancer un plan constitution de cette unité. La chemin parcouru, les nombreux d’un grand chantier et vaincrede l’Inria dans la région. d’intervention. De nouvelles région a en effet acquis dès les rebondissements et difficultés les résistances d’un personnelRappelons que les premières industries ont été appelées à la années 1950 une renommée finalement surmontées. S’il faut encore peu habitué à la régiona-démarches concernant sa créa- rescousse comme l’automobile, dans le domaine des mathéma- rappeler combien il lui a fallu lisation. Tout cela paraît loin.tion remontent à quatre ans et la chimie, les industries de tiques appliquées. Le Centre de d’attention et de persévérance, Inauguré il y a quatre ans,qu’il était alors question pour le pointe ou l’informatique. C’est recherche en informatique de on ne peut oublier que Sophia le bâtiment de Sophia est déjàgouvernement de se mobiliser ainsi que l’Inria, qui pensait de Nancy (Crin), qui regroupe des Antipolis est d’abord le rêve trop petit et il faut envisager depour arrêter le déclin de la son côté à d’autres implanta- laboratoires des trois universi- du sénateur Pierre Laffitte. La l’agrandir. L’aventure continue.région et stabiliser un riche tions pour conforter sa dimen- tés, aide l’Inria à faire ses pre- proximité du Corps des Mines abassin d’emplois. En effet, si sion nationale, a vu la Lorraine miers pas dans l’Est. L’unité lor- certainement joué puisque les ■ AB & PGl’Est fut une grande région projetée en tête de liste. raine de l’Inria est d’ailleurs,industrielle assise sur le char- La mutation est importante dès ses débuts, une associationbon et le fer (les 2/3 de l’acier puisqu’il a fallu implanter des et une coopération entre l’ins- Et pendant ce temps là...français), il est aujourd’hui plus emplois tertiaires alors que le titut, les universités et leéconomique d’importer du secteur secondaire dominait CNRS. Et, comme en témoi- Libération des otages français au Liban séquestrés depuisminerai de fer – plus riche la région. Les villes de Nancy gne la convention tout juste 3 ans – François Mitterrand réélu président de la républi-en teneur que la pauvre et Metz – anciens centres signée, l’on sait que la région que française – L’Iran et l’Irak acceptent la résolution des« minette » lorraine – et d’uti- industriels – ont ainsi vu leur soutiendra financièrement la Nations Unies qui mène à un cessez-le-feu et met fin àliser d’autres formes d’énergie attractivité se renforcer. La mise en place de cette entité et huit ans de guerre – Prix Nobel d’économie pour le fran-que le charbon. La sidérurgie recherche implantée en Lor- l’encouragera dans la voie de la çais Maurice Allais – En France, la loi sur l’instauration duest concurrencée par des pays raine crée des emplois directs création d’entreprises. Pour Revenu Minimum d’Insertion (RMI) est adoptée – Suite« neufs » et le textile – autre mais aussi indirects puisque des l’Inria, cette nouvelle unité au séisme d’Erevan (25 000 morts) en URSS et à l’initia-atout de la région – souffre de établissements comme l’Inria contribue sans aucun doute à tive du président Mitterrand, l’assemblée générale desa faible compétitivité. À l’ins- ou l’École supérieure d’électri- dessiner une carte cohérente de l’ONU adopte le principe de l’ingérence humanitaire :tar du Nord-Pas de Calais, la cité (plus connue sous le nom ses implantations nationales. « assistance humanitaire aux victimes de catastrophesLorraine traverse une terrible de Supelec) sont sources d’in- naturelles et situations d’urgence du même type ».crise marquée par le chômage, novation. Des entreprises de ■ AB & PG
  2. 2. « Je passais les annonces des concours dans les journaux et sur le Minitel » par Sophie Potemkine, relations internationales, siège de l’INRIA © INRIA / Photo C. Tourniaire concours externes et internes avec machines à écrire. Les annonces res de tutelle mais aussi avec dif- un ensemble d’épreuves spécifi- de concours étaient publiées dans férents services de l’INRIA et des ques pour chaque corps (une des journaux (Le Monde ou 01 URs. Bien sûr, j’ai de ce fait égale- dizaine). Informatique) mais très vite le seul ment rencontré les candidats et je Pour une non-administrative support publicitaire est devenu le reconnais volontiers « mes recru- comme moi, la lecture des textes Minitel dont s’occupaient Marie- tés » : Georges Nouvelle par exem- statutaires s’est avérée plutôt Hélène Fèvre et Marie-Laure Pré- ple, aujourd’hui au SAF, a été l’un rébarbative et, dès la première vot avant qu’il ne soit supplanté des reçus de la toute première ses- session, l’existence d’un docu- par le web et arrêté en 1997. sion ou encore Bruno Ravassa et ment d’information le plus simple Le travail était extrêmement pre- François Thaveau recrutés à des et clair possible m’est apparu nant. Je m’occupais seule de toute sessions ultérieures. indispensable. J’ai donc rédigé les la chaîne de gestion des concours Je suis restée moi-même en CDD « notices à l’usage des candidats au niveau national, la décentra- jusqu’à ce que, quatre ans plusL’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS J’ai été recrutée en février 1988 sur aux concours » contenant de lisation des épreuves n’a été tard, le contrôleur financierDE L’INRIA, n o 22 – 4 juin 2007 CDD au service du personnel et façon synthétique les éléments amorcée que quelques années impose à l’INRIA des concours des affaires sociales (SPAS) dirigé essentiels d’information relatifs plus tard : arrêtés d’ouverture des externes pour intégrer les person- par Henri-Pierre Guannel pour aux différents concours, aux car- concours, élaboration et rédaction nels non titulaires trop nombreuxDirecteur de la publication : M. Cosnard. Rédactrice enchef : S. Casademont. Comité de rédaction : M.-A. Enard, mettre en place les premiers rières et à l’institut en général. des documents (dossiers d’ins- à son goût. J’ai donc été amenée,C. Genest, J. Gramage, A. Garot. Conception-réalisa-tion : Direction de la communication/INRIA (mise en page : concours ITA (ingénieurs et per- Preuve de leur utilité : quelques cription et notices d’information), comme beaucoup d’autres collè-P. Laurent, iconographie : L. Calderan)-Technoscope (F.Breton). Ont collaboré à ce numéro : A. Beltran et P. Gri- sonnels techniques et d’adminis- EPST s’en sont largement inspirés vérification de la recevabilité des gues à cette époque, à passer unset (« Histoire d’un pionnier de l’informatique » paru chez tration) organisés à l’INRIA, par la suite pour rédiger leur pro- candidatures, constitution des concours... Il se trouve que pourEDP Sciences), Françoise Breton, Julie Paul. devenu EPST. pre documentation ! jurys, organisation des épreuves, ma part, j’étais candidate à un Le travail était assez complexe car Lorsque je suis arrivée à l’INRIA, suivi de la réglementation, etc. concours que j’organisais sur le LE SAVIEZ-VOUS? il y avait, comme aujourd’hui, les on travaillait encore avec des J’étais en contact avec les ministè- plan administratif. ■ F.B. Creative labs lance la carte son pour PC Sound Blaster. Soutenue par les éditeurs de jeux vidéo, elle va rapidement s’imposer comme « Ces techniques d’algèbre exotiques une référence – Le RC-250 de Canon est le premier appareil se sont imposées un peu par hasard » photo numérique destiné au grand par Jean-Pierre Quadrat, projet Metalau, INRIA Rocquencourt public. À l’époque, on parle d’ap- © INRIA / Photo J. Wallace pareils magnétiques car les images certain impact au niveau interna- de façon systématique (calcul fait le lien avec ce que Jean Kuntz- sont enregistrées sur des disquet- tional dans la communauté inté- d’une valeur propre) grâce à l’ap- man appelait alors des gerbiers tes et sont codées au format NTSC ressée par les systèmes à événe- proche Maxplus qui détermine dans ses cours sur la théorie des pour pouvoir être vues sur une ments discrets à la suite d’un naturellement le goulot d’étran- graphes et avec le chapitre d’un télévision. article que nous avons publié avec glement du système. livre de Michel Gondran traitant Didier Dubois dans IEEE-AC. Il est amusant de noter que ces de l’algèbre des chemins. Cela Nous y démontrions que cette techniques d’algèbre exotiques se nous a permis de résoudre notre ILS ONT DIT... algèbre permettait de modéliser très simplement (linéairement) les sont imposées un peu par hasard en réponse à la volonté d’Alain problème et a marqué le début d’une aventure, immédiatement « Je crois qu’OS/2 est destiné à être le système d’exploitation le phénomènes de synchronisation Bensoussan d’appliquer la com- encouragée par Jacques-Louis plus important de tous les temps » propres à de nombreuses activités mande stochastique à des problè- Lions, qui se continue actuelle- Bill Gates humaines, en particulier en pro- mes d’origine économique ment dans Maxplus. PDG et fondateur de Microsoft ductique, un sujet à la mode à comme la productique. De retour Ces algèbres ont été régulièrement J’ai commencé à travailler avec l’époque. Les systèmes de produc- d’une conférence, Guy Cohen redécouvertes depuis par différen- Guy Cohen et Michel Viot en 1981 tion étaient vus alors comme des nous avait parlé de surprenants tes communautés, chacune 50000 sur l’algèbre que nous appelons aujourd’hui Maxplus, au sein du réseaux de files d’attentes avec lesquels on calculait les taux de calculs à la main qu’un orateur utilisait pour simplifier des pro- apportant sa vision propre ou de nouvelles applications. On peut personnes sont connectées au pré- Internet. projet Theosys dirigé par Alain production. Ces taux de produc- blèmes de programmation citer des algébristes, des analystes, Bensoussan. Ce travail a eu un tion pouvaient aussi être calculés linéaire. Nous avons tout de suite des géomètres, des chercheurs opérationnels, des informaticiens, © INRIA / Photo A. Eidelman des physiciens, des statisticiens ou des traiteurs du signal. À l’INRIA, nous avons tout d’abord porté un regard d’automaticien sur ces algèbres un peu exotiques. Ce n’est que plus tard que nous avons saisi toute la richesse du domaine, Le système expert Pandore était mieux identifié les contributions dédié au contrôle stochastique. Il était des différentes communautés et développé sur une machine Lisp dans le apporté d’autres points de vue et généralisations, en particulier projet Meta par Jean-Pierre Quadrat et avec François Baccelli et Geert Agnès Sulem (sur la photo). J. Olsder, Stéphane Gaubert et Marianne Akian. ■ J.P.
  3. 3. L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA - N O 23 - 11 JUIN 2OO7 ANNÉE 1989 © INRIA / Photo A. EidelmanAlliance pour l’Europede la recherche© ERCIM Le prix des sphères du Mécénat 1989 Olivier Faugeras a reçu le prix du rophysiologie et à appliquer ce Mécénat 1989 de la fondation Fiat type d’approche au traitement France (institut de France) pour ses informatique, et l’école qui, de travaux sur la vision par ordinateur façon pragmatique, procède sans et la robotique. Ce polytechnicien modèle mais se guide selon le a commencé sa carrière comme degré plus ou moins grand de assistant à l’université d’Utah, véri- réussite des algorithmes utilisés », table Mecque de la synthèse expliquait à cette époque OlivierInauguration de la fondation d’Ercim à Rocquencourt, de gauche à droite : Gerhard Seegmüller (GMD), d’image où il a notamment côtoyé Faugeras. Malgré les difficultés ren- Alain Bensoussan (INRIA) et le premier président de l’Ercim, Cor Baayen (CWI). Ivan Sutherland et David C Evans. contrées pour se doter des équipe- À l’Iria, où il entre en 1976, il ren- ments les plus performants fabri-Le 30 avril 1989 – L’Europe voor Wiskunde en Informa- trois partenaires mais non le contre Bill Pratt lors d’un séjour de qués aux États-Unis, Olivierest déjà une réalité tica) et l’allemand GMD moins enthousiaste. Né en ce chercheur américain à Rocquen- Faugeras et son équipe progres-ancienne puisque les (Gesellschaft für Mathematik 1968 à Bonn, le partenaire court, ce qui l’amène à associer de sent à grands pas. Ces dernièresannées 1950 ont vu ses pre- und Datenverarbeitung). Ces allemand regroupait dès 1973 manière plus ambitieuse l’analyse années, l’Inria a acquis le statut demières réalisations avec la entités ne sont pas étrangères huit instituts basés à Sankt de l’image et la robotique autour leader européen de l’analyseCommunauté du charbon les unes aux autres : Paris et Augustin, Darmstatd et Berlin, de systèmes associant perception d’image et de la robotique. En lienet de l’acier puis la signa- Bonn participent au projet et entretenait des liens avec et bras articulé. Un logiciel Inri- avec Renault, une démonstrationture en 1957 du traité de Eureka lancé en 1987 sur le des laboratoires de la Républi- mage est réalisé, puis la maquette de faisabilité a été présentée à l’In-Rome. La technologie et la système Le-Lisp et leur der- que démocratique allemande. d’un capteur trois D utilisant une ternational symposium on roboticrecherche n’étaient pas absen- nière réunion s’est tenue à Il compte aujourd’hui 1 400 méthode de stéréoscopie active est research à Bretton Woods. La com-tes de ces premiers pas si l’on Amsterdam l’an dernier. La personnes dont environ un construite. Avec Jean-François plexité des images analysées et lesonge à l’Euratom qui a déve- forme choisie par les partenai- millier d’universitaires. Avec Abramatic et Bill Pratt, Olivier Fau- lien très efficace établi avec le gui-loppé la coopération dans le res est celle d’un consortium les 1 000 personnes avancées geras dépose en 1982 un brevet dage du robot français ont conquisdomaine nucléaire. Cette qui prend l’acronyme d’Ercim par les Français, dont environ essentiel pour l’analyse de l’image. l’assemblée. Depuis, l’équipe d’Oli-construction par le haut doit (European research consor- 600 scientifiques de l’Inria, Des pistes très novatrices sont vier Faugeras poursuit sa quêtecependant être consolidée par tium for informatics and l’union des trois instituts per- alors explorées avec des résultats dont Paul Germain, secrétaire per-des initiatives locales de taille mathematics). mettra d’atteindre la masse cri- de portée mondiale. « Nous nous pétuel de l’Académie des sciences,modeste mais qui, à la longue, Le partenaire néerlandais est tique qui fait tant défaut à situons à mi-chemin de l’école qui a comparé la difficulté « à celle deferont de l’Europe une réalité assis majoritairement sur l’Or- l’Europe de la recherche. Les s’attache à modéliser la vision sui- l’envoi d’un homme sur la Lune ».incontournable face aux Amé- ganisation néerlandaise pour trois instituts représentent vant les enseignements de la neu- ■ AB & PGricains et aux Japonais. Dans la recherche scientifique, le ensemble 2 400 personnescette optique, trois instituts reste de son financement dont 1 800 scientifiques et uneuropéens se sont associés ce venant de contrats avec les budget de l’ordre de 130 mil- Et pendant ce temps là...mois-ci pour favoriser l’avan- industriels ou de programmes lions d’Écus. La liste des pro-cement de la science informa- internationaux. Dès ses débuts jets communs est déjà longue Chute du mur de Berlin qui entraîne la démission collectivetique et automatique, et assu- en 1946 le CWI a mis l’accent et il est à parier que d’autres du gouvernement communiste – Fatwa sur l’écrivainrer le développement de sur les mathématiques appli- instituts européens rejoindront musulman britannique Salman Rushdie suite à la publica-synergies avec l’industrie euro- quées à une époque où l’infor- bientôt le trio d’origine dans la tion de son roman « Les Versets Sataniques » – Lepéenne : l’Inria, dont le prési- matique n’était pas encore réalisation de ce qui devrait « Printemps de Pékin » en faveur de la démocratie estdent Alain Bensoussan plaide une discipline individualisée. être, à l’horizon de 1993, un réprimé dans le sang place Tienanmen – En France,depuis longtemps pour des rap- Aujourd’hui, il comprend 270 marché commun de la recher- l’Opéra-Bastille est inauguré à l’occasion des commémora-prochements européens, le personnes dont 180 cher- che et de la technologie. tions du bicentenaire de la révolution françaisenéerlandais CWI (Centrum cheurs. C’est le plus petit des ■ AB & PG
  4. 4. l’INRIA s’est appuyé sur une « Nos résultats ont été reconnus société israélienne, Fibronics, que nous avions rencontrée lors d’un via le prix international congrès scientifique. Cette société était la seule à réaliser des équipe- de l’innovation » ments commerciaux s’appuyant sur cette nouvelle norme. Les tests réalisés en première mon- par Georges Aziza, délégué au budget et aux affaires générales, INRIA Rocquencourt diale sur quatre de nos bâtiments ont été concluants et sonnèrent le © INRIA / Photo A. Eidelman le seconder. Quelques années d’Ethernet sur le site de Rocquen- départ d’une phase de déploie- plus tard seulement, la technolo- court. ment en 1989 sur tout le site de gie des réseaux a explosé et les Nous réalisions à notre manière Rocquencourt. débits ont commencé à croître une veille du secteur : nous nous Le pari FDDI a été gagné et nos significativement. Grâce à la déplacions assez fréquemment résultats reconnus le 14 mars norme IEEE 802.3, les premiers aux USA (MIT, universités améri- 1990 par le prix international de réseaux Ethernet se sont mis en caines, etc.) pour repérer les nou- l’innovation. Anglais, Chinois, place et nous étions parmi les velles évolutions dans ce Américains et Européens se sont premiers au monde à nous lancer domaine. Fin 1987, la norme alors succédés pendant plusieurs dans un grand plan de développe- FDDI a fait son apparition. Cette mois pour visiter la première réa-L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS ment réseau. Denis Joiret était le technologie, dite en double lisation au monde d’un réseau àDE L’INRIA, n o 23 – 11 juin 2007 responsable de l’équipe réseau anneau, présentait d’énormes 100 Mégabits/sec à l’échelle d’un La direction de l’INRIA me confia qui avait pour mission de avantages dont celui de permettre campus. Après ce succès, en la responsabilité du centre de cal- déployer les fameux câbles jaunes d’atteindre les 100 Mégabits / sec interne comme en externe, l’évo-Directeur de la publication : M. Cosnard. Rédactrice enchef : S. Casademont. Comité de rédaction : M.-A. Enard, cul suite au départ de Bernard et bleus interconnectés par des avec une très grande sécurité. lution du réseau a continué saC. Genest, J. Gramage, A. Garot. Conception-réalisa-tion : Direction de la communication/INRIA (mise en page : Nivelet en 1981. Cela faisait six fibres optiques permettant de Pour réaliser les tests expérimen- route vers d’autres performances.P. Laurent, iconographie : L. Calderan)-Technoscope (F.Breton). Ont collaboré à ce numéro : A. Beltran et P. Gri- mois que j’avais été engagé pour transporter les 10 Mégabits/sec taux puis le passage à l’échelle, ■ V.C.set (« Histoire d’un pionnier de l’informatique » paru chezEDP Sciences), Vincent Coronini, Jean-Michel Prima. « Nous avons inventé LE SAVIEZ-VOUS? un nouveau langage : Signal » Tim Berners-Lee fonde le www (World Wide Web) en créant le html par Albert Benveniste, projet Distribcom, INRIA Rennes. (HyperText Markup Language), le http (HyperText Transfert Protocol) © INRIA / Photo et les url (Uniform Resource Loca- Nous avons souhaité disposer l’Irisa m’introduisit auprès de porels différents dont la manipu- tor) – Alors que Nintendo domine le d’une maquette matérielle réali- Paul Le Guernic, informaticien en lation demande assistance. Pour marché des consoles de salon et sant ce dispositif de codage et génie logiciel. Éprouvant le Paul Le Guernic, c’était un moyen produit des jeux électroniques de permettant des expérimentations besoin de nous comprendre de spécifier des systèmes repré- poche, Gunpei Yokoi, employé en temps-réel. L’algorithme était mutuellement, nous débutâmes sentant de la « concurrence », recherche et développement, rêve compliqué et décrit sous diffé- une série de séminaires : deux c’est-à-dire du parallélisme du de cumuler la puissance des unes rents formats : le brevet, la thèse, jours par semaine pendant deux signal. Le langage était vu de deux avec la portabilité des autres. C’est et le programme Fortran, spécifi- ans. J’enseignais à Paul Le Guer- façons différentes, suivant nos chose faite avec la Game Boy, pre- cations pas vraiment concordan- nic le traitement du signal et son cultures respectives. Avec d’autres mière console portable à cartouche tes ni claires. Une maquette a été algorithmique et lui m’apprenait collègues, Gérard Berry, Paul – Lotus lance 1-2-3 3.0 pour DOS effectivement réalisée, qui sem- l’informatique et la science du Caspi et Nicolas Halbwachs, nous ne pensant pas Windows comme blait réaliser la fonction attendue, logiciel. avons alors constaté une certaine un système viable à long terme. À l’origine je suis mathématicien mais je n’ai jamais su quel algo- Finalement, nous n’avons jamais identité de point de vue. Ainsi mais je me suis consacré à l’auto- rithme elle mettait réellement en créé la machine prévue. Mais prenait naissance la communauté matique et au traitement du œuvre ! nous avons fait mieux. Nous de la programmation synchrone. signal, sans avoir aucune forma- Lorsque, en 1983, le cas s’est pré- avons inventé un nouveau lan- Dès 1990, le thème de la program- INTERNET tion en informatique au départ. En 1981, j’avais, conjointement senté de nouveau pour un codeur de parole, je n’ai pas voulu ren- gage : Signal. Pour moi, c’était un moyen d’écrire des algorithmes mation synchrone émergeait comme un thème majeur en Le nombre de domaines de l’Inter- avec un collègue du CCETT, contrer le même écueil. Jean- compliqués de traitement du France, plusieurs industriels y net passe le cap des 100 000. déposé un brevet de codeur TV. Pierre Verjus, alors directeur de signal, avec plein d’indices tem- étant associés. ■ J.-M.P. © INRIA / Photo A. Eidelman Situé au bâtiment 7, dans une petite salle donnant sur la cour nord, les Circoms permettaient d’accéder à tous les ordinateurs du domaine avec des vitesses de transmission de 110 bauds à 9600 b/s. En 1985 les Circom ont été remplacés par un réseau maillé constitué de commutateurs X25, Ecom qui a nécessité de réaliser une nouvelle archi- tecture de câblage. À la fin des années 1980, une nouvelle technologie de transmission de données a été mise en service : Ethernet. L’équipe téléinformatique est devenue l’équipe réseau et les terminaux informatiques ont laissé la place aux stations de travail Unix et aux micro-ordinateurs. Il y avait 400 stations de travail, Sun pour la plupart, et 400 micro-ordi- nateurs, essentiellement Apple, et leurs périphériques. Robert Bretagne (ingénieur de recherche du centre de calcul jusqu’en 1997).
  5. 5. L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA - N O 24 - 18 JUIN 2OO7 ANNÉE 1990 © INRIA / Photo A. EidelmanUne start-up Inriapour une technologieen plein essor© INRIA WWW, une invention pour faciliter les échanges Tim Berners Lee a créé une cer- abrégé en Moi, de même que taine perplexité au Cern en pro- The information mine qui, posant la mise en place d’un sys- abrégé, donne Tim, pêchent par tème permettant de relier leur égocentrisme pour des utili- l’information disponible dans les sateurs français. S’inspirant ordinateurs du monde entier. Ce d’une image souvent employée jeune physicien de 34 ans, qui a en mathématiques pour décrire travaillé chez Plessey avant de les réseaux, il vient d’adopter le devenir consultant indépendant, terme de World wide web – la avait eu pour première intention toile mondiale – ou WWW, au Le conseil d’administration du GIP Altaïr, présidé par Hubert Curien (à droite), décide la création de faciliter les échanges d’infor- grand dam de ses collègues per- de la société O2 Technology ce 2 octobre, avec le président de l’Inria, Alain Bensoussan (au centre) et le fondateur d’Altaïr, François Bancilhon (à gauche). mation entre les scientifiques suadés qu’un tel nom ne sera travaillant avec le Cern. En vou- retenu par personne. En collabo-Le 2 octobre 1990 – L’Ins- bles de la société sont d’ail- des années d’expérience en lant fournir à ces physiciens dis- ration avec Robert Cailliau dutitut national de recherche leurs connus des industriels et milieu professionnel et que persés sur la planète un outil Cern, il n’en a pas moins pour-en informatique et en auto- la société devrait pouvoir se son produit est « mûr » pour la leur permettant de collaborer à suivi le développement de cematique (Inria) vient de doter rapidement de clients grande aventure. Se lancer sur distance sur des projets de futur système en écrivant le logi-créer une nouvelle société, importants et diversifiés. Du les marchés d’Outre-Atlanti- recherche, il imagine relier les ciel permettant de créer desO2 Technology pour les côté de l’étranger, les premiers que demandera néanmoins informations stockées sur tous documents munis de liens ditssolutions de bases de don- contacts sont prometteurs en des finances solides et donc les ordinateurs du monde et hypertextes – le langage html –nées « orientées objet ». Europe occidentale aussi bien une augmentation probable identifiées par une adresse. Un et défini la procédure de trans-O2 Technology bénéficie déjà qu’au Japon ou en Australie. du capital. La réussite indus- premier projet, soumis à la hié- fert dénommée http. En novem-d’une importante notoriété Un accord commercial avec trielle ne repose pas seulement rarchie du Cern, a été refusé en bre dernier il a conçu le premierdue à la qualité de ses produits Bull est en discussion et sur l’excellence technologique mars 1989 et une seconde ver- programme serveur, un logicielmais aussi, bien entendu, à sa devrait consolider cette rapide même si celle-ci est indispen- sion a connu le même sort en qui abrite des pages sur un ordi-connaissance intime des tra- expansion vers l’étranger. sable. La connaissance des mai dernier. Obstiné, Tim Berners nateur tout en permettant auxvaux réalisés par l’équipe du Si O2 Technology est pour le marchés et le soutien financier Lee n’en a pas moins poursuivi autres d’y accéder. WWW, http,GIP Altaïr de l’Inria dans moment relativement seule sont tout aussi cruciaux. ses recherches… et réfléchi au html : quelle que soit la valeurle domaine des bases de don- sur le marché européen et Les débuts sont toutefois de nom qu’il pourrait donner à sa réelle de son projet, Tim Bernersnées. O2 Technology a en hexagonal, on ne peut oublier bon augure. La société s’est nouvelle invention. Il pense tout Lee devra sans doute oublier ceseffet transformé en une que la concurrence, essentiel- constituée avec un capital ini- d’abord à Mesh (la maille du termes obscurs pour que songamme d’outils très perfor- lement américaine, est impor- tial de sept millions de francs. filet) mais le mot ressemble trop invention ait un jour la moindremants et adaptés à de nom- tante : Versant, Objectstore, Cette somme importante lui à mess, qui signifie pagaille en chance de séduire un public unbreuses applications un sys- Object design, Ontos, Itasca permet d’avoir immédiate- anglais. Mine of information, peu plus large… ■ AB & PGtème brut fourni par Altaïr. pour ne citer que les sociétés ment les moyens nécessaires àDes actions de formation, de les plus importantes. Un jour son développement et aussi deconseil, de maintenance com- ou l’autre la société devra s’at- se doter d’une structure com- Et pendant ce temps là...plètent ces premières actions taquer au marché américain merciale importante. Le Le plus ancien prisonnier politique d’Afrique du Sud,commerciales. non seulement pour affirmer Ministère de l’industrie de son Nelson Mandela, est libéré – En France, fin de carrière pourLe produit est assis sur un mar- son chiffre d’affaires mais aussi côté lui a attribué une avance la voiture 2 CV, symbole d’un certain art de vivre –ché potentiel important et lar- pour asseoir sa crédibilité au remboursable de cinq millions Fermeture de la dernière mine de charbon du Nord-Pas degement réparti dans le monde. niveau international. de francs, et les responsables Calais – L’Irak envahit le Koweit – Réunification deLa technologie « orientée- Le succès d’O2 Technology, de la société espèrent que les l’Allemagne – L’Organisation Mondiale de la Santé sup-objet » est en effet en plein comme celui d’autres entrepri- banquiers répondront aussi à prime l’homosexualité de la liste des maladies mentales,essor et les entreprises ne s’y ses issues de l’Inria, vient du l’appel. mettant fin à plus d’un siècle d’homophobie médicale.trompent pas. Les responsa- fait que la société s’appuie sur ■ AB & PG
  6. 6. « La devise préférée du directeur était ”Qui peut le plus peut le moins” ! » L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA, n o 24 – 18 juin 2007 par Anne Aubry, gestionnaire des ressources humaines, INRIA Lorraine/Loria © INRIA Nancy-Grand Est Proth. Autant dire que j’étais ame- Rambert a repris la direction de valoriser. Il avait aussi des idées Directeur de la publication : M. Cosnard. Rédactrice en née à effectuer des tâches aussi l’INRIA Lorraine – qu’il conser- originales, comme celle d’instal- chef : S. Casademont. Comité de rédaction : M.-A. Enard, C. Genest, J. Gramage, A. Garot. Conception-réalisa- diverses que celles de secrétaire vera durant 8 ans – je suis deve- ler un palmier pour personnaliser tion : Direction de la communication/INRIA (mise en page : P. Laurent, iconographie : L. Calderan)-Technoscope (F. de direction, standardiste, assis- nue son assistante. Deux ans plus le premier bâtiment… mais l’ar- Breton). Ont collaboré à ce numéro : A. Beltran et P. Gri- set (« Histoire d’un pionnier de l’informatique » paru chez tante de services administratifs et tard, il a lancé la construction de bre ne vécut qu’une paire d’an- EDP Sciences), Julien Gramage, François Pellier. généraux, chauffeur ou coursier. la première tranche des locaux et nées ! L’INRIA Lorraine ne comptait je l’accompagnais dans les réu- J’ai parfois un peu de nostalgie en LE SAVIEZ-VOUS? alors qu’une douzaine de person- nes et était hébergé au Château du Montet dont il occupait un nions de chantier. L’institut n’était encore pas structuré comme aujourd’hui. Les responsables de pensant aux premiers temps du centre, où l’équipe, étant plus petite, était aussi plus soudée. Le port PCMCIA apparaît sur les étage et demi. Très rapidement services n’existaient pas et c’était Mais j’ai pu progresser dans la portables – Apple et Microsoft lan- J’ai vraiment accompagné la nais- nous nous sommes installés au donc à lui de prendre en main pratique de mon métier, tout en cent la technologie Truetype pour la sance et les mutations de l’INRIA sixième étage du bâtiment du tous les détails de fonctionne- profitant d’une ambiance stimu- gestion des polices – La norme en Lorraine. Je venais juste de ter- premier cycle de la faculté des ment. Heureusement, il était lante, notamment grâce à la pré- MPC (Multimédia PC) est publiée miner mon BTS de secrétariat de sciences. Le centre de recherche pragmatique, vif et exigeant, sans sence des chercheurs. Et j’ai la par le Multimédia PC Marketing direction lorsque j’ai été recrutée en informatique de Nancy (Crin), n’avoir rien perdu de son huma- chance de travailler dans un insti- Council composé de Microsoft, fin 1987 par Jean-Marie Proth, le tout comme l‘école supérieure nité et de sa générosité. Sa devise tut en constante évolution : les Creative Labs, Dell, Gateway, and premier directeur de l’INRIA Lor- d’informatique et applications de préférée était « Qui peut le plus chantiers ambitieux existent tou- Fujitsu. Cette norme permet de défi- raine. Je travaillais pour Sagep, Lorraine (Esial) et l’agence natio- peut le moins ! », ce qui se vérifiait jours et la politique de ressources nir les caractéristiques matérielles et l’unique équipe de recherche qui nale du logiciel (ANL) occupaient tous les jours dans sa pratique du humaines mise en place ces der- logicielles pour composer une sta- existait alors et qui était égale- les mêmes locaux. travail. S’il demandait beaucoup à nières années est particulière- tion multi-média sur PC. ment dirigée par Jean-Marie Lorsque, en janvier 1988, Patrick ses agents, il savait en retour les ment motivante. ■ F.P.« À partir de 1990, nous avons expérimenté l’usagedes nouveaux outils multimédias »par Bernard Hidoine, responsable de l’équipe multimédia de la direction de la communication© INRIA / Photo J. Wallace ce projet. Notre travail consistait à 100 heures de connexion par media. À partir d’un seul corpus Les premières icônes ont été créer les premiers contenus mois ! d’information structurée (sgbd créées à cette occasion. Dès l’ori- vidéotex pour un public extérieur : À partir de 1990, nous avons expé- O2), il était possible de publier gine, le web de l’INRIA a été à la des informations sur l’institut, rimenté l’usage des nouveaux différents produits de communi- fois un outil de communication et une présentation des recherches outils multimédias pour la com- cation comme du texte électroni- un outil de diffusion de l’informa- et le calendrier des colloques munication de l’INRIA : le sys- que (ftp et Gopher), des docu- tion scientifique. L’activité web a scientifiques. Nous avons égale- tème de base de données orienté ments imprimés et en particulier ensuite été poursuivie par le ser- ment mis en place des moyens objet O2, le système hypermédia un recueil bilingue des fiches pro- vice communication électronique techniques comme le logiciel de MultiCard, des systèmes d’infor- jets (sous forme d’un fichier animé par Jean-Claude Le Moal. composition d’écrans ou le ser- mation sur Internet comme LaTeX) et enfin des pages html. En Un autre grand fait marquant de J’ai participé à la création, en veur implanté à Nancy. L’ouver- Gopher et le World Wide Web avec septembre 1993, le site web INRIA nos actions multimédias, eut lieu novembre 1987, du projet Infotel ture officielle du service 3616 la station Next. Après la création a été ouvert en étroite collabora- quelques années plus tard en qui était rattaché à Jean-Yves INRIA eut lieu le 1er janvier 1989. Il de l’unité de communication et tion avec Luc Ottavj, le responsa- 1996 grâce à Lisette Calderan et Babonneau, directeur des moyens a évolué par la suite avec l’ajout d’information scientifique (Ucis) ble des moyens informatiques de Pierre Jancène : la création de la informatiques et des études tech- des concours externes, des bases en 1993, nous avons mis en place l’INRIA Sophia Antipolis. Le logi- photothèque de l’INRIA qui sera niques. Christine Genest, Jean- de données bibliographiques et avec Gilles Deniaud, aidés de ciel Mosaic, développé par le la première photothèque d’un Claude Le Moal, Marie-Hélène de la documentation. En 1992, le Anne Bres, un nouveau système NCSA, a été le premier navigateur EPST à être accessible sur le web. Fèvre et moi-même étions dans service minitel a compté jusqu’à d’information électronique cross multi plateformes et multimédia. ■ J.G. © INRIA / Photo A. Eidelman Gilles Deniaud avec le premier web de l’INRIA
  7. 7. L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA - N O 25 - 25 JUIN 2OO7 ANNÉE 1991La simulation : le fil caché Un deuxième plandu triomphe d’Ariane pour le développement© INRIA / Photo A. Eidelman de l’Inria Le 23 novembre 1991 – Après d’information de pointe et de un premier plan d’établissement diffusion des informations et un lancé en 1987 pour l’Inria, un organisme fortement impliqué deuxième plan a été lancé l’an dans la coopération internatio- dernier pour trois ans. À mi-par- nale et les actions de développe- cours, il n’est pas inutile de mon- ment ». Un effort de recherche trer que ce plan reflète les trans- soutenu dans les technologies formations profondes que l’Inria de l’information et une coopéra- accompagne depuis des années tion de plus en plus étroite avec et devance même dans certains l’industrie apparaissent claire- cas. ment comme des voies d’avenir. Les plans d’établissement sont L’Europe est également un un des éléments de la réforme champ d’expansion essentiel. entreprise par le ministre Hubert Alors que ce continent est poten- Curien depuis son accession à la tiellement la première puissance recherche et à la technologie économique au monde, le mar- afin d’établir les interactions ché européen de l’informatique nécessaires avec les grands éta- ne représente que 29 % du mar- blissements de recherche. Le ché mondial, soit un chiffre très conseil d’administration de l’In- éloigné de celui des États-Unis ria, qui s’est tenu le 22 juin (43 %) et du Japon qui, à lui 1989, a pris acte des principales seul, totalise 18 % du marché orientations pour la période qui mondial. s’étend de 1990 à 1992, un laps Il est indispensable que l’Europe de temps que l’on a voulu adap- se dote d’une industrie informa- ter à la rapidité de l’évolution de tique puissante, essentielle pour l’informatique. l’avenir. Le gouvernement en a Le plan a été établi à partir des conscience et l’Inria entend rele- contributions du personnel et en ver ces défis à la hauteur de ses particulier de l’ensemble des moyens. La dimension euro- Alain Dervieux, responsable de l’équipe Sinus aujourd’hui récompensée pour ses travaux en simulation numérique chefs de projet de recherche. La péenne et mondiale a été renfor- synthèse a été réalisée au travers cée dans ce deuxième plan ainsi de nombreuses séances de tra- que la souplesse, la réactivité etLe premier prix du concours Seymour Cray de Nice en a été l’un des axes majeurs. Il plonge vail de plusieurs comités, conseils l’adoption d’une dynamique1991 a été attribué à l’équipe de recherche ses racines dans les travaux menés par Roland et commissions. En conclusion, similaire à celle de l’industrie.Sinus de l’Inria. Sans simulation, aucun vol de Glowinski et a permis à l’Inria de répondre à la les objectifs sont ambitieux et Un autre aspect du succès defusée ne serait en effet possible et le succès demande pressante de démarrer une filière multiples : « Être à la fois un cen- l’Inria est sans aucun doute queindustriel de la fusée Ariane s’est préparé en « combustion numérique » pour les applications tre parmi les plus avancés en le gouvernement continue de lebonne part dans les laboratoires grâce aux tra- au spatial (Ariane). L’équipe est maintenant recherche fondamentale et appli- soutenir et, en particulier, que lesvaux de cette équipe. engagée dans des domaines extrêmement variés quée, un réservoir de compéten- moyens donnés à l’institutLe prix qui récompense l’équipe Sinus est ainsi sans pour autant perdre de vue ses objectifs ces et d’innovations fortement connaissent actuellement unel’aboutissement d’une décennie de recherches ambitieux de recherche en automatique. Cette mis à contribution par l’environ- croissance régulière et forte.menées à l’Inria dans le domaine de la simula- discipline, socle de l’Iria, constitue l’axe autour nement industriel, une source ■ AB & PGtion numérique. Ce dernier est, depuis les origi- duquel se structurent trois filières à vocation plusnes, l’un des points forts de l’institut. Il s’inscrit finalisée : les modèles numériques de turbulence,dans la philosophie de la recherche dessinée par dirigée par Alain Dervieux et Bernard Larroutu- Et pendant ce temps là...Jacques-Louis Lions car tant la modélisation que rou, les écoulements internes pour l’automobile La France vote la loi Evin visant à réduire la consommation d’al-la simulation ou bien encore l’analyse et la com- grâce à l’impulsion de contrats avec Renault, cool et de cigarettes – Mort du chanteur-compositeur Sergemande des systèmes sont des domaines où la sous la direction d’Hervé Guillard, et le domaine Gainsbourg – L’affaire du sang contaminé est révélée en Francerecherche se développe en lien étroit avec des des vols hypersoniques, sous la houlette de Jean- – Edith Cresson, première femme Premier ministre dans l’his-entreprises comme Dassault Aviation. Le projet Antoine Désidéri et Loula Fezoui, domaine sti- toire de la France – Inauguration à Londres de la banque euro-Sinus, constitué en 1983 à Sophia Antipolis par mulé par le programme de recherche et dévelop- péenne pour la reconstruction et le développement, présidéeAlain Dervieux, Jean-Antoine Désidéri et Ber- pement mis en œuvre pour le projet de navette par Jacques Attali – Le gouvernement de John Major signe lesnard Larrouturou autour de Jean Céa, professeur spatiale Hermès accords de Maastricht mais rejette le chapitre social.au laboratoire de mathématiques de l’université ■ AB & PG
  8. 8. « L’INRIA était un partenaire apprécié autant par les industriels L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA, n o 25 – 25 juin 2007 que par les pouvoirs publics » Patrick Rambert, délégué aux relations avec la CEE à la direction des relations industrielles entre 1985 et 1989 Directeur de la publication : M. Cosnard. Rédactrice en chef : S. Casademont. Comité de rédaction : M.-A. Enard, © INRIA / Photo C. Lebedinsky C. Genest, J. Gramage, A. Garot. Conception-réalisa- nous y avons participé de plus en ment aux travaux préparatoires de mand et l’autre hollandais, préam- tion : Direction de la communication/INRIA (mise en page : P. Laurent, iconographie : L. Calderan)-Technoscope (F. plus, au niveau financier certes définition des programmes cadres bule à l’Ercim (Groupement de Breton). Ont collaboré à ce numéro : A. Beltran et P. Gri- set (« Histoire d’un pionnier de l’informatique » paru chez mais aussi en terme d’évolution en concertation avec les indus- recherche en informatique et EDP Sciences), Françoise Montfort. des méthodes de travail. Nous triels ravis que l’on envoie au front mathématiques) qui a publié en avions l’habitude de collaborer des chercheurs de haut niveau 1989 sa première newsletter en LE SAVIEZ-VOUS? avec des industriels français mais là, avec des partenaires comme Siemens en RFA ou Telecom Italia, parlant très bien anglais. Nos cher- cheurs étaient souvent la cheville ouvrière scientifique, l’industriel anglais pour exprimer sa volonté de s’affirmer en tant que commu- nauté scientifique européenne France Telecom lance le Bibop, le pre- mier téléphone mobile mais son nous avons été obligés de définir le coordinateur. Même si l’on face au concurrent américain. réseau est si réduit qu’il peut émet- un plan de travail à cinq ans au n’évoque pas cet aspect, mon sen- Cette ouverture à l’Europe a donc tre des appels mais difficilement en lieu de deux ans, ce qui est devenu timent personnel est que les colla- été très formatrice à tous points de recevoir – Le premier pare-feu com- courant aujourd’hui. Nous rencon- borations dans des contrats euro- vue. Certains chercheurs étaient mercial est livré par Digital Equip- trions très souvent les industriels péens ont souvent contribué à plus ou moins favorables au ment. Il utilise deux ordinateurs : l’un Les contrats européens étant français membres de la table soutenir le démarrage de nom- départ : ils craignaient d’avoir à considérés comme des contrats ronde Esprit – Bull, Thomson puis breuses start-up. traiter beaucoup de paperasserie pour filtrer les entrées et sorties et industriels, on lit souvent que, Alcatel – et les ministères de l’In- Nous étions en accord avec Alain pour peu de résultats. Mais les l’autre pour servir d’alerte – L’asso- dans la deuxième phase du pro- dustrie et de la Recherche et, plus Bensoussan et son « penser euro- chiffres parlent d’eux-mêmes puis- ciation PCMCIA regroupant les 200 gramme de soutien à la recherche tard, des PTT. Nous faisions notre péen ». Sur le plan scientifique, que, à la fin des années 1980, la principaux acteurs de l’industrie en technologies de l’information propre lobbying qui n’était pas du cette politique a débouché sur la part des contrats européens (envi- informatique définit un nouveau Esprit, le rôle des chercheurs a été tout organisé comme il l’est main- création d’un accord de coopéra- ron 20 % de l’ensemble en nom- standard de carte mémoire pour moins important. Mais ce n’est pas tenant par des consultants exté- tion entre l’INRIA et deux centres bre), représentaient la moitié des ordinateur portable, les PC Card. mon avis. Au contraire, à l’INRIA, rieurs. Nous participions active- européens similaires, l’un alle- ressources contractuelles. ■ F.M. © INRIA / Photo A. Eidelman« Calliope a vraiment étéun outil précurseuren assurant le passagedu papier vers l’électronique »Pascale Laurent, responsable de la documentation INRIA/Irisa Rennes© INRIA Wais (wide area information ser- d’auteur se sont présentés. En la ver), expérimenté à Sophia en matière, l’INRIA a innové en 1991, a été une grande révolution concertation avec le Centre fran- avant l’arrivée du web en ouvrant çais du droit de copie pour abou- les bibliothèques à la consultation tir à une solution allant « du de l’extérieur. Concomitamment, papier au papier ». La visualisa- l’INRIA Rhône-Alpes, à sa création, tion écran d’un article était volon- a voulu se doter d’un centre de tairement dégradée et, à aucun documentation virtuel en créant la moment, l’utilisateur final ne plateforme Calliope en partenariat récupérait le fichier, il ne pouvait avec l’Imag et Xerox. J’ai participé que l’imprimer. Il a fallu égale- à cette opération en proposant les ment recruter des agents à mi- collections de l’Irisa à Grenoble. temps mais, le travail s’effectuant Nous avons commencé par numé- sur un outil propre à nos services, riser de 200 à 250 articles par mois la formation était assurée sur extraits en majorité des LNCS (Lec- place. À partir de 1993, les biblio- Tout a commencé avec l’accessibi- ture notes in computer science, thèques virtuelles de l’INRIA ont lité au catalogue du centre de série d’actes de conférences prin- été accessibles par toute la com- La plateforme Calliope documentation de Rocquencourt cipalement publiés par Springer). munauté internaute et, depuis via Transpac en 1981 puis via le Curieusement, mon plus gros tra- 2000, nous avons accès aux minitel en 1990. Le centre de docu- vail en tant que responsable a fichiers sources chez les éditeurs. des revues qui permettait de s’inté- photocopies. L’avenir est aux mentation de Rennes a œuvré à consisté à persuader ma direction Les réactions restent paradoxales : resser à autre chose que l’article archives ouvertes dans une opti- l’une des premières actions en de suivre cette voie. Il a fallu pré- on travaille pour des chercheurs en recherché. Les étudiants, eux, ont que de ré-appropriation de la cul- réseau de l’INRIA par la mise à dis- senter un dossier carré, ce qui informatique qui, pour certains et tendance à consulter uniquement ture scientifique par le chercheur position, sur un serveur ftp, des nous a permis aussi de ne pas pas forcément les rats de bibliothè- ce qui est « cliquable », ce qui va qui, en terme de documentation, rapports de recherche de son prendre les choses à la légère. que, se montrent encore réticents obliger les professeurs à s’adapter. se retrouve aujourd’hui quasi auto- unité. Mais le nombre de titres en Une fois le principe retenu, des au virtuel. L’abandon du papier Quant à notre profession, per- nome. ■ F.M. ligne restait limité. Le passage à problèmes comme celui des droits entraîne aussi celui du feuilletage sonne ne regrette l’époque des

×