ANNÉE                                                                                                                     ...
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L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA                                         (no 14 – 10 avril 2007)« Tout le monde défilai...
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Années 1978 - 1987 de Code source, le petit journal réalisé en 2007 à l'occasion des 40 ans d'Inria. 40 années en 40 numéros et 40 semaines pour retracer l'histoire de l'Institut.

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  1. 1. ANNÉE No 12 1978 26 mars 2007 L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA La renommée de l’IRIA s’étend de Chicago à Novossibirsk ! Le 13 décembre 1978 – C’est encore Sergei Sobolev et Nicolay aujourd’hui que prend fin dans la Nicolayevich Yanenko font la bonne humeur le colloque inter- gloire de ce que l’on peut appe- national sur les méthodes numé- ler l’école sibérienne. riques qui s’est tenu cette année Depuis le milieu des années exceptionnellement à Rocquen- 1970, l’idée d’une coopération court. Dans les allées des ex- internationale centrée sur l’Eu- baraquements de l’OTAN, on rope se fait jour et l’IRIA se rap- entend à nouveau parler des lan- proche des chercheurs ouest- gues diverses comme aux plus allemands – en dépit de l’échec belles heures du SHAPE, avec encore frais d’UNIDATA –, des une grande différence cepen- Italiens et même des Britanni- dant : les échanges avec les pays ques dont l’entrée dans le Mar- communistes sont importants. ché Commun a dû attendre la En effet, depuis le voyage du disparition du général de Gaulle. général de Gaulle en URSS, les Les Japonais, qui misent sur l’in- chercheurs de l’IRIA ont pu met- formatique appliquée, sont aussi tre en place des relations réguliè- de plus en plus souvent invités. © INRIA res avec les mathématiciens Le célèbre mathématicien russe Guri Marchuk a assisté au colloque sur les perspectives de la recherche Quant aux pays en voie de déve- soviétiques ou d’Europe de l’Est en automatique et informatique qui s’est déroulé les 7 et 8 juin 1978 à l’Unesco (Paris) à l’occasion du 10e anniversaire de l’IRIA. À sa droite, on voit Pierre Népomiastchy. loppement, ils ne sont pas dont la réputation déborde les oubliés même si, ici, la coopéra- frontières. Les deux communau- cheurs de l’IRIA se rendent à d’habitants mais possède surtout tion s’exprime différemment. tés scientifiques partagent cer- Novossibirsk dans le cadre de la une université, fondée en 1959, Dans un monde qui reste divisé, il taines façons de faire, une com- coopération franco-soviétique en dont la réputation en mathéma- n’est pas faux d’affirmer que la mune chaleur et une passion informatique. Cette lointaine ville tiques est devenue internatio- recherche internationale dessine partagée des algorithmes. C’est de Sibérie, située sur le trajet du nale. De grands savants comme les alliances de demain, en éclai- donc en nombre que les cher- trans-sibérien, dépasse le million le professeur Guri Marchuk ou reur. ■ AB & PG SPARTACUS, Et pendant le pionnier de la robotique ce temps là... Trois ans plus tard, un peu plus de pareil a également donné lieu à la cinq millions de francs ont été enga- conception de prototypes extrême- Naufrage de l’Amoco gés et le bilan de cette opération ment innovants fondés sur l’utilisa- s’avère mitigé. Les chercheurs ont tion du souffle ou de la succion. Un Cadiz dans le Nord- exploré des options très innovantes système recevant les mouvements Finistère – Naissance de pour piloter le bras manipulateur : de la glotte et les convertissant en Louise Brown, le premier la SAGEM et l’IRISA ont déve- un signal électrique a même été bébé éprouvette, à loppé des techniques infrarouges testé. Il permet à l’utilisateur d’agir Cambridge – Signature pour les capteurs de proximité alors sur le bras mécanique grâce à un des accords de Camp©INRIA Le MAT-1 développé par le CEA que le LAAS explorait les possibili- ordinateur capable d’interpréter ses David entre Israël et dans le cadre de Spartacus. tés offertes par les ultrasons. Des ordres. l’Égypte – Mort du chan- avancées très significatives ont éga- « Le robot “sensible” viendra à teur et compositeur D epuis la fin de l’année 1975, l’IRIA a piloté SPARTACUS, cet ambitieux programme de lement été réalisées en matière de détermination de la position d’un objet grâce à l’emploi de capteurs l’aide des grands handicapés » titraient nos confrères de France Soir au début de l’année 1976. Mais belge Jacques Brel – Première édition du recherche qui devait mettre au de vision globale. Plus étonnant le système est trop cher, trop lourd Paris-Dakar – Le film de point un dispositif (orthèse) per- encore, la réalisation d’une peau et trop volumineux pour être opé- Patrice Leconte « Les mettant aux tétraplégiques de artificielle pour la pince et des avan- rationnel. Le robot peut toutefois Bronzés » sort en salle – recouvrer une certaine autonomie. cées notables dans le domaine du être déjà utilisé dans d’autres Première diffusion en L’INSERM, le CNRS et le CEA se retour sur effort laissent entrevoir domaines, à commencer par l’indus- France du dessin animé sont associés à cette initiative qui de réelles potentialités dans un trie où encombrement et coûts sont Goldorak. regroupait plus d’une dizaine de domaine encore très peu développé. des paramètres moins cruciaux. partenaires scientifiques. L’interface entre l’utilisateur et l’ap- ■ AB & PG
  2. 2. L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA (no 12 – 26 mars 2007)« Au mois de mai, les chercheurs « J’ai passé des nuitsdu Laboria allaient en Sibérie » entières à travaillerpar Georges Nissenancien directeur des relations internationales de l’INRIA. sur Spartacus » datait d’une mission officielle en d’informatique et de mathémati- par Bernard Espiau directeur scientifique adjoint de la direction du développement Russie en 1964 au cours de ques appliquées. Pierre Nepo- technologique laquelle les deux hommes sympa- miastchy en a été le directeur et © INRIA - Photo R. Lamoureux thisèrent et se découvrirent des j’ai fait partie du conseil scientifi- nement. Je me souviens avoir intérêts communs. Dès 1966 Mar- que et du comité de gestion. Lors passé des nuits entières à travail- chuk et son équipe effectuèrent de nos collaborations avec les ler avec Pierre André qui venait de un voyage en France. J’étais un Russes, nous évitions de parler Besançon et qui faisait de la com- étudiant de Lions et, comme je des sujets militaires pour des rai- mande par glottométrie. À Ren- parlais le russe, j’étais son inter- sons évidentes. Il était question de nes, j’étais logé dans la Tour des prète. Par la suite, j’ai souvent sujets fondamentaux concernant Maths qui, comme son nom ne accompagné Lions lors de ses visi- des applications civiles de la l’indique pas, avait été occupée tes régulières en URSS, à Moscou mécanique des fluides, les calculs, par des chimistes ! Dans mon© INRIA - Photo A. Eidelman ou dans la cité scientifique d’Aka- la résolution des grands systèmes bureau, il y avait encore les pail-La coopération scientifique avec demgorodok, et, de façon plus ou l’étude de systèmes hiérarchi- lasses avec des robinets et d’au-les Russes s’inscrivait dans la poli- générale, je le représentais sou- sés. tres matériels de chimie.tique étrangère de la France qui vent en tant qu’adjoint. Contrastant avec le cadre formel J’ai quitté le service technique La commande référencée cap-visait l’équilibrage entre les super- Au mois de décembre, se tenait le des relations avec l’URSS, les informatique de l’IRIA à Rocquen- teurs sur laquelle j’ai travaillé apuissances. Pour l’IRIA, les rela- traditionnel colloque sur les échanges avec le reste du monde court en 1976 pour aller à l’Irisa été implantée sur un manipula-tions avec la Russie étaient avant méthodes numériques au Palais et en particulier les États-Unis se (Rennes) travailler dans le projet teur nucléaire MA23. Ensuite letout l’histoire d’une rencontre des congrès de Versailles où nous sont développés de façon infor- Spartacus. Ce projet pilote venait prototype MAT1 a été réalisé parentre deux hommes : Jacques accueillions les équipes du centre melle. Vers le milieu des années d’être créé et était dirigé par un le CEA et a eu un grand retentisse-Louis Lions, qui dirigeait le Labo- de calcul et d’autres instituts de 1980, les directeurs de la NSF champion d’escrime, Jack Guittet. ment médiatique. Les perspecti-ria, et Guri Marchuk, le directeur recherche de Akademgorodok. En (National Science Foundation) et J’avais l’ambition de développer ves ouvertes par ce projet ont étédu centre de calcul d’Akademgo- retour, au mois de mai, les cher- de l’INRIA – respectivement Eric une activité robotique : je voulais nombreuses. Spartacus a marquérodok – l’équivalent du centre de cheurs du Laboria allaient en Bloch et Alain Bensoussan – se faire de l’automatique pour la le début de la recherche en robo-calcul en France, et également Sibérie. À partir de 1972, des sémi- sont entendus pour formaliser le robotique. Le sujet n’était pas tique au service des personnescentre de recherche – qui devint naires ont été régulièrement orga- réseau franco-américain devenu facile, c’était donc d’autant plus handicapées. Il a d’autre part faci-par la suite le ministre de la nisés et ces échanges aboutiront, très dense en finançant des intéressant ! lité la rencontre de personnesScience et Technique (GKNT) et au tout début des années 1990, à actions de recherche réunissant À l’époque, la robotique en était à venant d’horizons différents quivice-premier ministre, puis prési- la création, dans les locaux de des équipes INRIA et des équipes ses débuts et on la considérait ont constitué la première com-dent de l’Académie des sciences l’université de Moscou, du labora- universitaires américaines. plutôt comme manufacturière, munauté robotique française. Pard’URSS. Leur première rencontre toire franco-russe A.M Liapunov ■ J. G. ayant comme seule application ailleurs, la télé-opération a eu des l’automatisation des lignes de applications intéressantes dans production dans les usines. Dans le domaine du nucléaire, par ce contexte Spartacus était très exemple pour des manipulations Le robot MA23 a été conçu par novateur : c’était le premier projet en zones à hautes radiations. Le Jean Vertut et réalisé par le de robotique avec application CEA a beaucoup travaillé dans ce CEA. Trois capteurs de proxi- médicale. Spartacus était un robot domaine. mité infrarouge à fibres opti- d’assistance pour des personnes La communauté créée autour de tétraplégiques. Mon sujet de Spartacus a servi à la création ques (réalisation Sagem) ont recherche consistait à utiliser des ultérieure du projet ARA (Auto- été intégrés sur une pince bidi- capteurs infrarouges réalisés par matique et robotique avancées) gitale et utilisés dans la com- la Sagem, implantés dans les lancé par Georges Giralt. L’activité mande référencée capteurs du doigts du robot, et à transmettre robotique à l’IRIA s’est amplifiée, robot pour la saisie automati- l’information ainsi obtenue aux surtout à Rocquencourt. En ce qui commandes du robot. Ce dernier me concerne, la participation à que dobjets. était guidé dans des tâches de sai- ce projet a clairement influencé Une manipulation totalement sie grâce à ces capteurs d’environ- toute ma carrière. ■ A.-M. M. automatique a été montée dans la vitrine dun grand magasin parisien pour Noël 1977 ou 1978 (ci contre). Les comman- LE SAVIEZ-VOUS? La Sems annonce le Mitra 15 – Le rapport Nora-Minc sur l’informatisa- des développées sur le MA23 tion de la société française est publié – La société Transpac est créée ont ensuite été transférées sur – Apple présente son premier lecteur de disquette à Las Vegas – Intel le robot MAT1, longtemps uti- lance la production de son processeur 16 bits 8086. Il est composé de 29000 transistors en technologie 3 microns et peut accéder 1 Mo de lisé à lhôpital de Garches. Ram. Sa puissance est de 0.33 MIPS et il coûte 360 $. Le MA23 développé par le CEA dans le cadre de Spartacus Directeur de la publication : M. Cosnard. Rédactrice en chef : S. Casademont. Comité de rédaction : M.-A. Enard, C. Genest, J. Gramage, A. Garot. Conception-réalisation : Direction de la communication/INRIA (mise en page : P. Laurent, iconogra- phie : L. Calderan)-Technoscope (F. Breton). Ont collaboré à ce numéro : A. Beltran et P. Griset (« Histoire d’un pionnier de l’informatique » paru chez EDP Sciences), J. Gramage et A.-M. Militan. © Michel Parent
  3. 3. ANNÉE No 13 1979 2 avril 2007 L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIADes menaces persistantes pèsent sur l’IRIALe 20 novembre 1979 – Les bou- centre », Michel Durafour posaitleversements du secteur de l’in- la candidature de Saint-Étiennedustrie informatique menacent pour l’implantation de l’IRIA. Àdésormais directement l’IRIA. l’automne, la presse annonçaitCertes, un certain nombre de que le CNRS allait désormaisdéclarations semblaient l’an der- accueillir une partie des fonc-nier rassurantes quant à l’avenir tions de l’IRIA. La fin de l’annéede l’institut. Mais en réalité des approchant, les rumeurs se fontdysfonctionnements continus plus précises. L’informatisationperturbent, pour ne pas dire de la société reste d’actualitéparalysent, l’essor de l’IRIA mal- mais l’IRIA serait réformé. Ungré la réforme de 1972. Il serait nom a déjà été avancé pour lalong de pointer les multiples cau- direction de la nouvelle structureses qui ont débouché à la fois sur et ferait l’unanimité dans lesl’inquiétude des personnels et sur sphères dirigeantes. Les fonc-des formes de désenchantement tions de l’institut seraient parta-tant de la direction que des tutel- gées avec l’Agence nouvelle- Photo ©INRIAles. On peut souligner toutefois ment créée, qui s’appelleque le statut administratif de désormais l’Agence de l’informa-l’institut ne lui permet pas d’avoir Le personnel de l’IRIA s’est mis en grève ce 20 novembre tique. Certains spécialistes font à l’appel des syndicats SNTRS-CGT, SGEN-CFDT et SNCS-FEN.la souplesse et la réactivité savoir que, dans ces conditions,nécessaires quand il s’agit d’ou- ils préféreraient poursuivre leursvrir des voies nouvelles. Dans un d’Estaing ne regarde plus l’IRIA particulièrement du sort du Labo- recherches hors de France. Latel contexte, certains pensent avec le même œil. ria. Le 16 mai dernier, le journal nouvelle de la suppression immi-qu’une nouvelle réforme ne serait Faut-il alors évoquer un démem- « Le Monde », qui passe pour nente de l’IRIA inquiète le per-pas suffisante et qu’une solution brement ? Avec le peu d’informa- généralement bien informé, pré- sonnel d’autant qu’aucune expli-plus radicale s’impose. De ce tions dont nous disposons, les cisait que le Laboria serait cation n’a été fournie sur lepoint de vue, la création, l’année craintes les plus diverses s’expri- décentralisé vraisemblablement partage des rôles entre l’Agencedernière, de l’Agence pour le ment aujourd’hui par la voix des à Rennes ou à Valbonne, dans de l’informatique et le succes-développement des applications syndicats qui sont unis devant les Alpes-Maritimes, où il est seur de l’institut. Bien que per-de l’informatique pourrait bien cette menace persistante de question de développer un centre ceptible, l’angoisse reste teintéeêtre le signe que le gouverne- démantèlement. Ils parlent de technologies de pointe. Deux de la volonté de réussir un nou-ment du Président Valéry Giscard d’éclatement et s’inquiètent tout jours plus tard, dans « l’Éclair du veau départ. ■ AB & PG Une décentralisation de l’IRIA à Rennes ? Et pendantL ’IRIA sera-t-il dé- localisé à Rennes ?C’est l’une des possibi- l’IRIA ne serait que la poursuite et l’accéléra- tion des moyens dont ce temps là...lités évoquées actuelle- Rennes bénéficie ou va Le Conseil Européenment avec Nice et Gre- bénéficier : l’université,noble qui présentent bien entendu, l’Institut décide de créer un sys-également des atouts national des sciences tème monétaire euro-importants. Mais le appliquées, l’École péen baptisé Ecu – Ledéveloppement de la supérieure d’électricité, premier restaurant McBretagne est une prio- le Centre communrité depuis les années d’études de télédiffu- Donald’s ouvre en1950 et l’IRIA a contri- sion et de télécommu- France – Mère Thérésabué depuis près de 10 nication et le Centre reçoit le prix Nobel de laans au développement électronique de l’arme- Paix – La première fuséede l’informatique dans ment. Aujourd’hui, lecette région. En parti- succès est patent puis- Ariane est réalisée – DRculier, il a réussi, avec que la Bretagne se Saint Gobain rachète lal’université et le CNRS, à créer l’Institut de recherche classe en quatrième position pour la recherche en infor- participation de la CGEsur l’informatique et les systèmes aléatoires (IRISA) matique et en automatique, presque à égalité avec Midi- dans la CII.en 1975. L’installation d’un pôle consacré à la recherche Pyrénées et proche de Rhône-Alpes. Elle possède doncen informatique et en automatique qui absorberait tous les atouts pour accueillir l’IRIA. ■ AB & PG
  4. 4. L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA (no 13 – 2 avril 2007)« Le protocole d’accord avait « L’institut existera-t-ill’avantage d’être à peu près vide » après les fêtespar Jean-Yves Violle,ancien secrétaire général de l’Irisa de Noël ? » par Danièle Steer,© INRIA - Photo A. Eidelman secrétaire de la section INRIA du syndicat SNTRS/CGT ration menée conjointement avec Le premier travail que me le CNRS, l’université de Rennes 1 demanda le comité de direction © INRIA - Photo J.-M. Ramès et l’Insa de Rennes aboutit néan- devant lequel le directeur de agents. Le personnel du Laboria moins à la création d’un labora- l’Irisa était responsable fut de qui s’était fortement opposé à toire universitaire associé au rédiger un protocole d’accord quitter Rocquencourt ne savait CNRS (LA 227) et soutenu par concrétisant la volonté des quatre pas de quoi l’avenir serait fait. À la l’IRIA qui mettait à sa disposition établissements partenaires d’œu- veille des fêtes de Noël et des cinq des personnels de recherche et vrer à l’existence et au bon fonc- jours de congés octroyés à cette des crédits. tionnement de l’Irisa. Ce proto- occasion, aucune décision offi- Ce laboratoire prit le nom d’Irisa cole, qui fut rédigé sur les cielle n’était parue et nous guet- et je fus mis à la disposition de directives du Président de l’INRIA tions chaque numéro du Journal son directeur Michel Métivier et avec la collaboration d’Anne- Officiel avec une inquiétude gran- sous le titre pompeux de secré- Marie Laroche du service juridi- dissante. Nous sommes tous par-Avant de rejoindre Rennes, je tra- taire général à partir du 1er sep- que de l’institut, avait l’avantage tis avec en tête la question : « L’ins-vaillais au service administratif de tembre 1974. Concrètement, je d’être à peu près vide. Dans son titut existera-t-il après les fêtes deRocquencourt en qualité de chef m’occupais de la gestion des cré- article premier, les signataires Noël ? ». L’INRIA a finalement étédu personnel. Dès 1969, alors dits, de la rédaction des contrats s’engageaient « à maintenir les À la fin des années 1970, la Délé- créé par décret le 27 décembrequ’il était question de vagues pro- de recherche, du suivi des per- moyens mis à la disposition de gation à l’aménagement du terri- 1979, sans création d’emplois etjets de création d’un laboratoire à sonnels – notamment des per- l’Irisa » et – plus important –il toire et à l’action régionale plus d’un an après l’annonce de laRennes – on parlait à l’époque de sonnels rémunérés sur contrats était mentionné que la direction (DATAR) ne voulait plus créer réorganisation de l’IRIA et de ladécentraliser l’IRIA –, j’avais indi- de recherche – et du suivi des mis- de l’Irisa était assurée par un d’emplois en région parisienne ; le décentralisation du Laboria et duqué à Alain Serieyx (alors secré- sions, sans oublier l’interface directeur nommé par le comité Laboria était bloqué à 80 postes. centre de calcul. Restait la ques-taire général de l’IRIA) que j’étais avec les services administratifs de de direction de l’Irisa. L’Irisa fonc- Dès l’été 1978 se répandirent des tion des personnels : pour lesintéressé par cette perspective. Le l’IRIA, du CNRS et de l’université tionna pendant près de 15 ans en bruits sur la volonté de la DATAR chercheurs, dont le statut étaitprojet initial tourna court devant de Rennes 1. Ma tâche fut facilitée se fondant sur un protocole d’ac- de délocaliser le centre de calcul précaire, comme pour les ITA, ill’impossibilité pour le ministère par la confiance que m’accordè- cord d’une très grande souplesse. et le Laboria à Sophia Antipolis n’y avait aucune garantie que lade tutelle de s’engager financiè- rent par la suite le président de Comme l’avait dit Bonaparte, pour y créer une Silicon Valley à la décentralisation ou le refus d’allerrement pour les dépenses de l’IRIA (INRIA à partir de 1980), « une bonne constitution doit être française et de transférer les acti- à l’Agence n’entraîneraient pas lefonctionnement induites par Jacques-Louis Lions, et son secré- courte et obscure » vités du Sesori à la nouvelle licenciement. Notre action a portécette décentralisation. Une opé- taire général, Vincent George. ■ C. S. Agence de l’informatique. La nou- sur la dévolution des emplois velle ne fut officielle qu’en entre l’Agence et l’INRIA ; nous février 1979. Je me souviens qu’il avons défendu ceux qui ne vou- n’a cependant jamais été envisagé laient pas aller à l’Agence. « Les ordinateurs sont comme les Dieux de consulter le personnel alors Grâce à l’action conjointe des per- de l’Ancien Testament : que nous nous battions déjà pour sonnels et des organisations syn- beaucoup de règles et aucune pitié » plus de démocratie au sein de dicales ainsi à celle du professeur l’institut. Lions, l’INRIA est resté à Roc- Joseph Campbell, mythologiste américain. Si les décrets de création de quencourt. In fine, la décentrali- l’Agence et de suppression de sation s’est traduite par la créa- l’IRIA étaient parus, la création de tion d’une unité de recherche à l’INRIA ne faisait que l’objet d’an- Sophia-Antipolis. Nous avons nonces. Il semblait y avoir des dif- obtenu que les départs se fassent ficultés pour définir le statut du sur la base du volontariat avec des nouvel institut et celui de ses indemnités conséquentes. ■ J. P. LE SAVIEZ-VOUS? CII-HB sort le DPS 7 — Sony lance le walkman — Philips, Sony et Hitachi sortent le CD audio — Début de la radiotéléphonie cellulaire — Sortie du jeu Space Invaders de Toshihiro Nishikado chez Taito — Pre- mier SPAM envoyé sur Arpanet à plus de 400 personnes par un res- ponsable marketing de Digital Equipement Corporation. SPAM (en fran-© Photo France Telecom çais pourriel — contraction de poubelle et de courriel) fait référence à un sketch des Monty Python et vient de la marque américaine du même La naissance du Minitel nom (Shoulder of Pork and hAM) qui vend de la viande en conserve bon marché. En France, la Direction Générale des Télécommunications lance une expérience à grande échelle de son terminal télématique Minitel à Directeur de la publication : M. Cosnard. Rédactrice en chef : S. Casademont. Comité de rédaction : M.-A. Enard, C. Genest, J. Gramage, A. Garot. Conception-réalisation : Direction de la communication/INRIA (mise en page : P. Laurent, iconogra- Vélizy, Versailles et Val de Bièvre. phie : L. Calderan)-Technoscope (F. Breton). Ont collaboré à ce numéro : A. Beltran et P. Griset (« Histoire d’un pionnier de l’informatique » paru chez EDP Sciences), J. Paul et C. Sortais.
  5. 5. ANNÉE No 14 1980 10 avril 2007 L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA Dès sa naissance l’INRIA fait face à de grands défis Le 10 avril 1980 – Moins de souvent par le passé des bud- quatre mois après le décret de gets maigres ou de rattrapage création de l’INRIA le se sont succédé et ont ralenti la 27 décembre dernier, où en est croissance légitime de l’IRIA. Il le nouvel institut d’informatique faut aussi se poser la question et d’automatique ? Même si son de l’évolution des formes de statut d’établissement adminis- coopération avec le monde tratif rompt avec le passé, l’IN- extérieur. Certains parlent de RIA doit continuer de tendre filiales, d’autres espèrent que la vers les applications industrielles législation ouvrira la voie de de la science et de la technique l’entreprise aux instituts publics. et assurer une large diffusion du © INRIA Enfin, les syndicats, fortement savoir et du savoir-faire de l’ins- L’IRIA ajoute un N à son nom, et inaugure un nouveau logo émus par les derniers événe- dont la légende dit qu’il fut conçu par Jacques-Louis Lions lui-même. titut. Son président, Jacques- ments, attendent du nouveau Louis Lions a ainsi affirmé que les contrats d’une unité à Sophia Antipolis pourrait ouvrir président un dialogue concret pour ne pas favorisent la connaissance des besoins des la voie à de nouvelles implantations régiona- avoir l’impression de subir des décisions industriels tout en faisant progresser la les, ce qui serait dans la logique d’un institut venues d’un ministère ou d’un cabinet. Des science fondamentale. d’envergure nationale. Ensuite, il s’agit de chantiers complexes et quelquefois redouta- De nombreuses questions restent cependant convaincre les tutelles que l’institut a besoin bles mais l’histoire récente du défunt IRIA en suspens. Le premier défi à relever est de de ressources suffisantes et surtout d’une montre que la ressource humaine existe et réussir la décentralisation. L’établissement certaine continuité dans les moyens. Trop qu’elle se plaît aux grands défis. ■ AB & PG Jacques-Louis Lions, l’homme de la situation a fait des mathématiques appliquées une discipline respectée dans l’uni- versité et courtisée au-dehors. Il grand mathématicien ont très large- teur, Jacques-Louis Lions est égale- n’en est pas moins resté accessible. ment contribué à surmonter ces dif- ment un homme de communication. En renvoyant dos-à-dos, comme il ficultés. Le cap est en effet fixé très Fort de son expérience à la tête du l’a toujours fait, les fanatiques de clairement avec pour priorité l’ex- Laboria, il entend bien rassurer les l’art pour l’art et les inconditionnels cellence scientifique et le transfert autorités extérieures – qui compren- de l’utilitaire, il entend faire de l’IN- de technologie. Jacques-Louis Lions nent avec quelques difficultés la RIA une institution de recherche de a précisé sa doctrine lors du récent nature exacte des recherches premier rang, inscrite dans son siè- conseil scientifique du mois de mars. menées à l’INRIA – tout en préser- cle. Sa stature apparaît donc comme « Les projets de recherches seront vant en interne les équilibres entre l’un des atouts majeurs de l’INRIA extrêmement souples, laissant à cha- spécialités, localisations et commu- au point que certains s’interrogent : cun une très grande initiative indi- nautés de recherche. le pouvoir politique aurait-t-il viduelle, aucune idée ne sera jamais Académicien des sciences, profes- donné cette nouvelle chance à l’ins-© INRIA refusée au départ, mais soumise à seur au Collège de France, secré- titut sans l’énergie et la caution un examen collectif, afin d’en véri- taire de l’Union mathématique intellectuelle de celui qui en prend cette année les rênes ? ■ AB & PG L’ avenir de l’INRIA repose très largement sur les épaules de son premier Président-directeur fier et d’en approfondir l’intérêt. » Au-delà de l’homme c’est en effet un collectif qui monte en ligne. Jac- internationale, Jacques-Louis Lions général Jacques-Louis Lions. ques-Louis Lions s’appuie sur un Et pendant ce temps là... Nommé pour trois ans, Jacques- premier cercle de disciples surnom- Louis Lions apparaît tout à la fois més les Lionceaux mais il sait égale- Marguerite Yourcenar est la première femme élue à comme le président du renouveau ment pouvoir compter sur une l’Académie française – Éruption du Mont Saint-Hélens et l’homme de la continuité. La génération de chercheurs qu’il a aux États-Unis – Lancement de la première chaîne d’in- grève des 7 et 8 janvier dernier choisis et qui ont désormais l’expé- formation en continu CNN – L’Irak envahit l’Iran – En aurait pourtant pu placer ce nou- rience et la surface internationale France, le comique Coluche est candidat à la présiden- veau départ sous de bien mauvais nécessaires pour donner à l’institut tielle – John Lennon est assassiné à New York. auspices. L’énergie et le charisme du les cadres indispensables. Organisa-
  6. 6. L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA (no 14 – 10 avril 2007)« Tout le monde défilait à Rocquencourt Jacques-Louis Lions m’apour voir le buroviseur » dit « une page se tourne »par Najah Naffah, par Antoinette Theis,ancien responsable du projet Kayak ancienne secrétaire de Jacques-Louis Lions.© Najah Naffah tute et au laboratoire de Xerox. évoluée, de la reconnaissance et © INRIA - Photo Studio 9 Nous avons d’emblée été inspirés synthèse vocale, d’une connexion les groupes de recherche de Gre- par l’ordinateur personnel inter- en réseau local, d’un traitement noble, de Toulouse et de la Lor- actif Alto, développé par Xerox de texte, d’un écran graphique et raine. Mais le cœur de l’INR1A sous la direction d’Alan Kay et d’un éditeur comparable à l’ac- était maintenu à Rocquencourt, dédié à la programmation. En tuel Powerpoint (mais avec 15 ans préservant ainsi le savoir-faire rentrant, j’ai lancé Kayak qui a d’avance). Universitaires, étu- patiemment élaboré depuis tant rapidement mobilisé une quaran- diants et délégations étrangères d’années et le réseau de relations taine de chercheurs (dont une défilaient à Rocquencourt pour le avec les grands organismes et les dizaine sur postes IRIA). Nous voir et le tester. Malheureusement autorités de tutelle. avons conçu le buroviseur en six les tentatives d’industrialisation Pragmatique autant que vision- mois, avec un processeur Intel de n’ont pas abouti : le marché n’était naire, J.-L. Lions, réfléchissant àAujourd’hui, quoi de plus com-© INRIA - Photo A. Eidelman 8 bits et des mémoires et cartes pas prêt à adopter une solution Je suis arrivée en 1971 pour être l’organigramme de 1’INRIA, memun qu’un PC multimédia ? C’est banalisées. Nous y avons ajouté le aussi évoluée ! Bull, qui était au secrétaire de J.-L. Lions et je l’ai dit aussitôt « Dessinez-moi unen quelque sorte ce que nous traitement de la voix et des appli- conseil d’administration de l’IRIA, accompagné durant la majeure camembert », montrant ainsi sonavons inventé au début des cations bureautiques interactives. a décidé d’exploiter notre savoir- partie de sa carrière. En 1979, en souhait de définir une directionannées 1980 avec notre « burovi- En le voyant, Alan Kay et ses collè- faire. J’ai rejoint le groupe avec pleine turbulence de décentrali- collégiale dans le droit-fil de ceseur », dans le cadre du projet gues ont été bluffés. Professeurs et une grande partie de mon équipe sation, de nombreuses rumeurs qui était déjà la méthode Lions :pilote Kayak. L’histoire remonte à chercheurs américains et cana- et nous avons pu faire aboutir plu- circulaient sur l’avenir de l’insti- déléguer, faire confiance en susci-1978, quand nous avons réfléchi diens sont vite devenus des visi- sieurs projets industriels comme tut, notamment sur le sort du tant chez chacun le meilleur deavec Louis Pouzin – l’homme du teurs permanents de l’IRIA et des ImageWorks et FlowPath mais volet « recherche » qu’il était ques- ses possibilités, faire circuler l’in-réseau Cyclades – à ce que serait centres de recherche français. aucune solution complète grand tion de rattacher au CNRS et formation, écouter puis déciderun terminal de bureautique Une thèse du MIT a même été public. Seuls quelques burovi- d’installer en province. Ne tari- en ponctuant d’un « ne perdonsmoderne adapté aux besoins menée dans notre équipe. En 1981 seurs ont été distribués aux uni- rait-on pas les échanges privilé- pas de temps ! ». Et cela toujoursd’une secrétaire ou d’un cadre. nous avons fait un véritable show versités, et des grands comptes giés avec le tissu universitaire, avec enthousiasme, droiture,Rien de ce genre n’existait en devant 800 personnes et la presse : comme le ministère des finances industriel et scientifique desquels modestie et avec le souci très vifFrance mais nous sommes allés le buroviseur disposait d’un écran s’en sont inspirés pour bâtir leurs le Laboria tirait sa substance, sa de contribuer à un rayonnement :voir les développements en cours à plusieurs fenêtres, d’une souris modèles de bureautique. Dom- raison d’être et sa notoriété ? « c’est bon pour la science et c’estaux États-Unis et puiser des idées à trois touches fonctions, d’une mage tout de même que l’on n’ait La création envisagée d’un nou- bon pour la France ». Où s’instal-au MIT, au Stanford research insti- interface homme-machine très pas plus breveté ! ■ I. B. veau pôle « high-tech » à Sophia- ler ? Autre question dont le sym-© Photo INRIA Antipolis, fut une occasion extra- bolisme ne lui échappa pas. Le ordinaire de justifier une choix se porta finalement sur les Le buroviseur décentralisation et de créer I’IN- bâtiments du centre de calcul qui RIA dans une perspective hardie lui permettaient de quitter ceux et habile de vocation nationale. de la recherche sans pour autant En effet, J.-L. Lions, nommé pré- intégrer ceux de l’ancienne direc- sident du nouvel institut en 1980, tion. Le jour de la transition, il y associait dans un même orga- avait à peine une dizaine de nisme l’Irisa de Rennes, sous la mètres à parcourir, du bâtiment houlette de J.-P. Verjus, et le nou- 16 au 8, et aussi une nouvelle voie veau centre de Sophia-Antipolis, où s’engager, peut-être semée confié à P. Bernhard et dont les d’embûches. D’une voix rendue plans déployés sur la table de mon sourde par l’émotion, J.-L. Lions bureau furent discutés et réalisés me dit alors « une page se en un temps record. S’y ajoutaient tourne ». ■ J. G. LE SAVIEZ-VOUS? Inauguration par le parlement européen du réseau public Euronet — Pacman envahit les bornes arcades — L’industrie s’empare de la tech- nologie de la mémoire flash pour conserver sans alimentation les don- nées utilisées par les systèmes intelligents embarqués dans les avions ou les voitures — IBM (international business machines) lance le pre- mier micro-ordinateur grand public baptisé IBM PC (personal compu- « En 1980, près de six millions de personnes étaient concernées en France par le travail de ter). Il est commercialisé avec le système d’exploitation MS-DOS de bureau, soit 950 000 secrétaires et dactylos, 1 650 000 cadres administratifs et 3 000 000 Microsoft ; il est doté de 16 à 64 Ko de mémoire vive et fonctionne d’employés de bureau. Cette population met en circulation 250 milliards de pages par an, avec un processeur 8088 Intel. émet et reçoit 10 milliards d’appels téléphoniques. Comment, avec l’aide de l’informati- que, pourra-t-on à terme simplifier ces activités ? La réponse s’appelle bureautique, c’est- à-dire l’automatisation des fonctions d’information et de communication. » Directeur de la publication : M. Cosnard. Rédactrice en chef : S. Casademont. Comité de rédaction : M.-A. Enard, C. Genest, J. Gramage, A. Garot. Conception-réalisation : Direction de la communication/INRIA (mise en page : P. Laurent, iconogra- Dossier Le bureau de demain, La Recherche, no 136, 1982. phie : L. Calderan)-Technoscope (F. Breton). Ont collaboré à ce numéro : A. Beltran et P. Griset (« Histoire d’un pionnier de l’informatique » paru chez EDP Sciences), I. Belin et J. Gramage.
  7. 7. ANNÉE No 15 1981 16 avril 2007 L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIAQuestions sociales récurrentes à l’INRIALe 11 mai 1981 — L’élection de de salaires entre hommes et fem-François Mitterrand saura-t-elle mes, en particulier pour le per-apaiser le climat social délétère sonnel administratif le moinsrégnant à l’INRIA ? Après la qualifié, est régulièrementgrève du 20 novembre 1979 liée dénoncée. L’association qui gèreà la disparition de l’IRIA, puis les œuvres sociales (comme lecelle des 7 et 8 janvier 1980 à restaurant) figure égalementpropos de la séparation des biens parmi les revendications du per-entre le nouvel INRIA et l’Agence sonnel car il est souhaité qu’ellepour l’informatique, c’est soit aidée et encouragée. Toute-aujourd’hui le sort des person- fois, la nécessaire mobilité desnels hors-statuts qui inquiètent personnels dans un secteur deles personnels de l’INRIA ainsi pointe suppose que des solutionsque des problèmes d’avance- originales soient trouvées avecment de carrière, de revalorisa- les représentants du personneltions de salaire, de primes, etc. pour ne pas figer la situation.Pour lutter contre l’inflation, le Établissement de taille moyenne,gouvernement a mené durant les encore peu dispersé d’un pointannées 1970 une politique de © Ina de vue régional, l’INRIA bénéfi-défense du franc et de gel des cie néanmoins d’un présidentsalaires qui a irrité de nombreu- ble des organismes de recherche du nouvel institut. Le personnel apte au dialogue social. Les pre-ses catégories sociales. Un cer- avec, en tête, le CNRS qui repré- administratif attend des recrute- miers résultats sont encoura-tain nombre de fois le « pot » de sente les bataillons les plus ments et des revalorisations tan- geants et l’atmosphère devientla direction pour la nouvelle importants de chercheurs et ITA, dis que les chercheurs réclament d’autant moins lourde que leannée a été boycotté en faveur suivi de l’INRA et de l’INSERM. des ouvertures de poste et la fin nouveau gouvernement souhaitedu « pot » des syndicats. Nom- Mais elles sont exacerbées à l’IN- des blocages statutaires. Il est à apporter une solution définitive àbre de ces revendications sont RIA par les incertitudes et les noter également que pendant les la question récurrente de l’avenird’ailleurs communes à l’ensem- craintes associées à la naissance années 1970, la discrimination des hors-statuts. ■ AB & PG Voluceau :la destination de curieux touristes étrangers... Et pendant ce temps là...W here is the Hut ? Telle pourrait avec le désir d’explorer de nouveaux être la question posée par un territoires.improbable touriste britannique se Gilles Kahn et Gérard Huet furent à s’engager de manière consistante dans le domaine du Lambda Calcul. Jean Vuillemin, Philippe Flajolet et François Mitterrand est élu président de la répu-présentant pour visiter Voluceau. Au Jean-Jacques Lévy ont réalisé en une blique française – Lasein des constructions anonymes dizaine d’années des avancées déci- série américaine Dallas théritées de la rationalité améri- pe Ja cq ue sives dans le domaine des langages arrive sur les écrans fran- lipcaine, le bâtiment 8 est en hi de programmation. çais – Mort du plus grand P ©effet devenu un lieu quasi Ces réussites n’ont pas chanteur de reggaemythique pour un nombre changé l’état d’esprit d’un jamaïcain Bob Marley –croissant d’informaticiens à lieu où les sympathies Les premiers cas detravers le monde. Les anglo- dépassent largement lesaxons l’ont baptisé la cadre professionnel et où les SIDA sont déclarés –« hutte ». L’identité du lieu échanges internationaux Mariage du Princes’affirme en fait à travers ses sont plus que jamais privilé- Charles et de Lady Dianaoccupants, un groupe de cher- giés. Profitant de la fusion – Lancement de la pre-cheurs – que d’aucuns comparent entre CII et Honeywell-Bull, miere chaîne musicaleà une tribu d’irréductibles gaulois – Gilles Kahn a obtenu l’attribution MTV – Les députés fran-qui s’est formé il y a quelques années d’une machine américaine le GE 645 çais votent le projet de loisous la protection bienveillante de ainsi à l’origine du premier projet de General Electric. Faute des VAX de Robert Badinter abo-Jacques-Louis Lions soucieux de dirigé par cette nouvelle génération. dont ils rêvent, les hommes du Bâti-faciliter l’émergence de thématiques Sur les pas de Dana Scott, père de ment 8 s’adonnent grâce à elle à lissant la peine de mort –réellement neuves en informatique. la sémantique des langages de pro- une nouvelle forme de communica- Mise en circulation duIl fit ainsi confiance à de jeunes doc- grammation, l’IRIA, maintenant tion aux formes curieuses et à l’ave- premier Train à Grandeteurs ayant soutenu leur thèse aux INRIA, est devenue dans leur sillage nir incertain : le « courrier électro- Vitesse (TGV).États-Unis et revenant en France l’une des rares institutions mondiales nique ». ■ AB & PG

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