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Années 1967 - 1976 de Code source, le petit journal réalisé en 2007 à l'occasion des 40 ans d'Inria. 40 années en 40 numéros et 40 semaines pour retracer l'histoire de l'Institut.

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  1. 1. ANNÉE No 1 1967 8 janvier 2007 L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA I.R.I.A. Et pendant ce temps là...Une naissance aux forceps Le professeur Christian Bernard et son équipe réalisent la première public parmi lesquels, outre les domaines spatial ou nucléaire, greffe du cœur – « La figuraient en bonne place l’élec- planète des singes » sort tronique et les grands calcula- sur les écrans – La teurs. Pour aboutir dans ces guerre des six jours domaines de pointe, était-il sti- éclate – Les Beatles pulé, la recherche est indispen- chantent « All you need sable. is love » – L’Agence Aucun consensus ne se déga- Nationale pour l’Emploi geait cependant sur la forme que prendrait un tel institut. Tout le est créée en France – monde s’accordait sur les rela- Charles De Gaulle lance tions privilégiées que l’institut à Montréal « Vive le devrait tisser avec l’industrie. Québec libre ! » - Mort Mais fallait-il l’intégrer dans le de Che Guevara. Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), créer un L’OTAN au centre des débats à l’Assemblée Nationale en1966 © Keystone France Centre National de l’Informati- valorisation de la recherche et le que et de l’Automatique C.N.E.X.O. pour l’exploitationLe 3 janvier 1967 – Le nouvel Ce vote clos le long débat qui a (C.N.I.A.) à l’image du Cnes des océans, et a mené au voteInstitut de recherche en informa- accompagné la genèse du pro- pour le spatial ? Après de lon- du 2 décembre. La Commissiontique et automatique, l’I.R.I.A., jet. La question de la création gues hésitations, il fut décidé des affaires culturelles et socia-voit enfin le jour ! Officiellement d’un Institut de recherche en que le futur I.R.I.A. devrait être les souligne l’originalité des nou-créé ce 3 janvier, le projet d’insti- informatique et automatique a un organisme d’un genre nou- veaux instituts comme l’I.R.I.A.tut était discuté depuis le été évoquée pour la première veau. L’indépendance d’un insti- qui se situent à proximité du30 novembre dernier à l’Assem- fois par le Conseil consultatif de tut public est, dans la tradition privé et préfigurent de nouvellesblée nationale, avant d’être la recherche scientifique et tech- française, assez limitée dans les relations entre secteur public etadopté à main levée à 1 h 50 du nique (C.C.R.S.T.) le 12 février faits. D’où, sans doute, un pro- industrie. Les rapports parlemen-matin le 2 décembre. Le projet a 1966, reprenant en cela certai- jet de dépenses internes assez taires insistent de leur côté sur lesuscité une large approbation, nes des idées lancées l’année limité, destiné à conjurer le sort. retard français et donnent quel-même si François Mitterrand, précédente par la commission À l’automne, la nomination d’un ques pistes de recherche,pour l’opposition, et Alain Peyre- des sages dirigée par Jean Saint- Délégué à l’informatique a com- comme l’informatique médicalefitte, pour la majorité, ont Geours, directeur de la Prévision plété le nouveau paysage institu- à propos de laquelle est citééchangé quelques arguments au Ministère des Finances, pour tionnel. La phase parlementaire Michel Laudet qui pourrait, desur la nécessité de créer un Cen- faciliter et accélérer la recherche a alors débuté par un projet de source bien informée, se voirtre national d’informatique et industrielle en France. Le loi, le 16 novembre 1966, por- confier la direction du tout jeuned’automatique plutôt qu’un sim- C.C.R.S.T. énonçait alors les tant sur les fonts baptismaux I.R.I.A. ■ AB & PGple institut. sujets devant mobiliser l’effort l’I.R.I.A., l’A.N.V.A.R. pour la Un réformateur à la tête du Conseil Scientifique de l’I.R.I.A.C ’est à André Lichnero- wicz, grand savant etorganisateur de la recher- causa de nombreuses uni- versités étrangères. Il prend ses nouvelles fonctions au fossé qui s’est creusé entre l’évolution de la dis- cipline et son enseigne- « club » afin que la France puisse affirmer sa présence dans l’informatique mon-che, qu’a été confiée la pré- après avoir assuré la direc- ment, André Lichnerowicz diale. À cet effet, le jeunesidence du Conseil scien- tion de la Commission entend mettre en avant à institut doit être doté detifique du tout jeune d’enseignement des mathé- l’I.R.I.A. la formation des moyens suffisants, insiste leI.R.I.A. Cet homme de 52 matiques de l’Union hommes, plus complexe et Professeur au Collège deans affiche simplicité et Mathématique Internatio- plus urgente, selon lui, que France, visiblement inquietfranc-parler, bien qu’il soit nale de 1962 à 1966 et la les seuls enjeux matériels des moyens modestes dévo-normalien, membre de direction de la Commission liés au Plan Calcul. Pour lus à l’institut pour sa pre-l’Académie des Sciences, sur la réforme de l’ensei- cela, l’I.R.I.A doit accueillir mière année de fonctionne-professeur au Collège de gnement des mathémati- des personnes d’horizons ment. ■ AB & PGFrance et docteur honoris ques en 1966. Très sensible divers à la façon d’un
  2. 2. L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA « Il n’y avait qu’un seul téléphone « J’ai pour 25 chercheurs. » réalisé LE SAVIEZ-VOUS? Pierre Népomiastchy, responsable Asie à la direction Je me souviens être arrivé en voi- fournitures, pas de secrétaires ! Pas grand chose en fait, excepté le premier 1962 : En France, Philippe Dreyfus invente le mot informa- des relations internationales. ture, l’été 1967, avec Claude Lemaréchal qui travaille aujour- les locaux qui avaient servi aux Américains lorsque Rocquen- contrat tique pour désigner la science du traitement de l’information d’hui à Grenoble. Fraîchement diplômé de l’ENSEEIHT (École court abritait les forces armées de l’Otan : gymnase, piscine, tennis, industriel » et des ordinateurs. ■ 1964 : Création du code ASCII, nor- nationale supérieure électronique squash, terrain de football. Il n’y Americo Marrocco chercheur dans le projet Bang malisé en 1966 par l’ISO, pour informatique et ingénierie avait pas non plus de cantine — à l‘INRIA Rocquencourt simplifier l’échange de don- hydraulique de Toulouse), je nous déjeunions à la cantine nées entre ordinateurs. IBM venais pour effectuer ma thèse Thomson CSF occupée aujour- J’ai effectué mon DEA de maintient sa propre norme pro- sous la direction de Michel Laudet d’hui par l’entreprise Mercedes — mathématiques appliquées priétaire EBCDIC — Lance- qui était aussi le directeur général et on voyait encore des images de sous la direction de J.-L. Lions ment du super ordinateur CDC de l’IRIA. Bien qu’arrivé parmi les cowboy et de Mickey dans les sal- en 1968 avant d’être stagiaire 6 600 développé par Seymour tout premiers, je n’étais pas les de bain et toilettes, avec le de recherche puis chercheur Cray — IBM inaugure, avec le encore considéré comme un papier hygiénique américain IRIA. J’étudiais à l’époque des lancement de la série des ordi- chercheur officiel de l’institut, car dont chaque feuille était estam- problèmes liés à l’électro- nateurs IBM 360, le concept je n’étais pas payé par l’IRIA ! Je pillée Property of the US govern- technique, ce qui m’a amené d’une lignée d’ordinateurs bénéficiais d’une bourse de la ment. à réaliser, en 1971, le premier compatibles entre eux. Cette Délégation générale à la recher- Nous étions proches de nos direc- partenariat industriel avec série eut un grand succès che scientifique et technique teurs qui étaient nos anciens pro- SEV – Marchal, l’ancêtre de commercial. ■ 1965 : Premier (DGRST). Ce n’est qu’après une fesseurs à l’université. Il faut dire Valeo. Ce contrat industriel super ordinateur à architecture escale d’un an à Moscou, que je que nous n’étions pas très nom- portait sur la simulation de vectorielle : l’ILLIAC IV de Bur- suis devenu, en 1970, chercheur à breux à faire de la recherche infor- machines tournantes et s’est rough — Digital présente le l’IRIA. matique à l’époque. Seulement concrétisé grâce au beau- PDP 8, le premier mini ordina- Ma thèse portait sur la résolution deux écoles préparaient à l’ingé- frère d’Alain Bensoussan qui teur. ■ 1966 : Création de la des équations aux dérivées par- nierie informatique : les écoles était directeur de recherche première console de jeu vidéo, tielles. Nous avions peu de supérieures de Grenoble et de dans cette société et travail- la Magnavox Odyssey ■ moyens pour travailler : il n’y avait Toulouse. Et nous étions aussi un lait à la conception de telles 1967 : Débuts de la télévision qu’un seul téléphone — celui de peu privilégiés parce que le gou- machines. On avait pour en couleurs en France — IBM Jacques Louis Lions — pour l’en- vernement souhaitait ardemment objectif d’analyser, par la construit le premier lecteur de semble des 25 chercheurs pré- que l’informatique se développe simulation numérique, le sents à Rocquencourt, pas d’ordi- et que la France puisse y jouer un comportement du champ disquettes — Le département nateurs (évidemment), pas de grand rôle. ■ JG magnétique à l’intérieur d’un informatique de l’université de© INRIA / Photo Alexandre Eidelman alternateur et d’en tirer des l’Utah, numérise la Coccinelle d’Ivan Sutherland pour une« C’était une grande famille » fonctions annexes utiles à la vie de l’institut. Le mercredi, il m’est informations pour en amé- liorer le rendement. imagerie informatique en 3Françoise Feneck, arrivé de m’occuper une partie de De manière générale, je tra- dimensions.responsable du service RH de l’unité de recherche de Rocquencourt la journée des enfants du person- vaillais sur des ordinateurs Les chercheurs, quant à eux, nel à la « garderie de l’IRIA ». J’ai mono utilisateurs appelés étaient recrutés par les responsa- aussi vendu des tickets pour la C.I.I 90-80 et C.I.I 10 070 installés au centre de calcul. On était bles scientifiques. Leurs contrats cantine. J’ai même, avec d’autres, une dizaine à perforer des cartes pour ces ordinateurs. Ces der- étaient de courte durée et renou- repeint les barrières entourant la niers exécutaient les codes que nous développions pour effec- velés en fonction de leurs travaux, piscine où le personnel se réunis- tuer les simulations numériques, mais ils ne pouvaient pas mais très rapidement ils ont été sait le week-end. Tout cela contri- interpréter graphiquement les résultats. L’arrivée de l’ordina- remplacés par des contrats de buait à renforcer les liens entre les teur graphique Apollo en 1983 a changé beaucoup de choses, © INRIA / Photo Véronique Debry longue durée comme le reste du gens. ■ JG notamment l’interprétation graphique ! ■ JG personnel. À l’époque, un contrat de travail était une simple lettre d’engagement avec le nom, le sta-Je suis arrivée à l’IRIA en décem- tut, la durée et c’est à peu près tout. IL Y A UN MARCHÉ MONDIAL POUR PEUT-ÊTRE 5 ORDINATEURS Thomas Watson, patron d’IBM, 1943bre 1967 comme secrétaire de En 1968 on était une centaineHenri Gautier, le chef du person- environ, dont 60 chercheurs :nel. Au début, je m’occupais du tout le monde se connaissait !secrétariat et de l’exécution des L’estafette qui nous emmenaitcontrats de travail. L’IRIA avait depuis la gare de Versailles Rivevocation à recruter, et tout était à Droite était conduite par Marcelconstruire. On recrutait sur CV ou Thibaut qui travaillait égalementpar connaissance ; la décision aux services généraux. Plusieursfinale était prise par le chef du familles étaient logées sur le site, àpersonnel ou le responsable du l’endroit de l’actuel bâtiment 27 : L’ENIAC est l’ordinateur de réfé-service administratif et financier. les Thibault, les Simian, les rence des années 1940. Ses 17468 Righetti, etc. Certains de leurs tubes remplissaient une salle de 170 m2 ce qui aurait fait dire auDirecteur de la publication : M. Cosnard. Rédacteur en chef : enfants sont d’ailleurs nés sur le patron d’IBM, Thomas Watson,S. Casademont. Comité de rédaction : M.-A. Enard,C. Genest, J. Gramage, A. Garot. Conception-réalisation : campus ! Travailler à l’IRIA, en 1943: « il y a un marché mon-Direction de la communication/INRIA (mise en page : P. Lau- dial pour peut-être 5 ordina-rent, iconographie : L. Calderan)-Technoscope (F. Breton). c’était un peu comme se retrouver teurs»Ont collaboré à ce numéro : A. Beltran et P. Griset (Histoirede l’INRIA à paraître chez EDP Sciences), J. Gramage. en famille. Certains exerçaient des © US Army photo
  3. 3. ANNÉE No 2 1968 15 janvier 2007 L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA Polémiqueautour de l’installation de l’I.R.I.A. dans la capitaleLe 8 janvier 1968 — Voici trois nagé sans se préoccuper demois maintenant que les pion- l’état des lieux qu’elles laissaientniers de l’I.R.I.A. ont pris posses- derrière elles. Il n’existe pas desion de leurs locaux au camp de plan exact du site. Les installa-Voluceau. Convoquée pour une tions sont toutes à revoir : lepremière visite, la presse décou- chauffage est obsolète, levre des baraquements peu adap- réseau d’eau fuit, l’assainisse-tés à un centre de recherche ! En ment est à refaire, le réseau télé-effet, cet ancien camp militaire phonique intérieur a disparu etqui servait de base à l’O.T.A.N. le réseau électrique comprenddepuis juillet 1951 n’a été libéré trois voltages dont aucun n’estque très récemment après la aux normes françaises. Dans cesdécision du général de Gaulle de conditions, on peut se poser laquitter le Commandement inté- question de l’utilité des dépen-gré de l’organisation en 1966. ses engagées pour un ensemble © O.T.A.N.Un certain nombre de bases un si peu fonctionnel et d’entretienpeu partout en France (Evreux, Le S.H.A.P.E. quitte la France : descente des drapeaux des 15 pays membres de lO.T.A.N. (30 mars 1967) si onéreux. ■ AB & PGChaumont, Villefranche-sur-Mer, etc.) ont pu ainsi être réem- d’autant que le nouveau Prési- est vitale pour l’économie fran-ployées à partir d’avril 1967, le dent de l’I.R.I.A. vient de la cité çaise. Rocquencourt fut doncplus souvent à usage militaire rose. Le fait que la C.I.I., clé de adopté en attendant une autre Et pendantmais aussi quelquefois civil. Roc- voûte du plan calcul, doive s’im- solution… par exemple dans lequencourt, bien situé d’un point planter dans l’ouest parisien et sud-ouest. ce temps là...de vue automobile sur l’auto- que l’I.R.I.A ne saurait être trop L’emplacement suscite quelquesroute de l’ouest, était occupé par éloigné des ressources et des convoitises et l’I.R.I.A. n’a Jean-Claude Killy rem-le S.H.A.P.E. (Supreme Head- centres de décision de la capi- obtenu que les deux tiers de la porte 3 médailles d’orquarters Allied Powers in tale ont finalement eu gain de superficie du camp militaire aux JO d’hiver en skiEurope), le quartier général des cause. Une implantation à Orsay visité par la presse ce 8 janvier. alpin – Martin Lutherforces alliées en Europe. avec d’autres instituts d’infor- Une partie est occupée par les King est assassiné – LesC’est après un combat de haute matique a été envisagée mais en sapeurs-pompiers de Paris et Shadoks entrent à lalutte que l’I.R.I.A. a obtenu ces fin de compte le camp de Volu- une autre par l’école allemandelocaux. La Délégation à l’Amé- ceau, à Rocquencourt, a été de Saint-Cloud. Développer l’ins- télévision – Les événe-nagement du territoire, la Datar, retenu. Le Comité de décentrali- titut ici ne sera pas simple. Pour ments de mai 1968créée en 1963, était tout à fait sation a jugé ce choix « regretta- ceux qui utilisent les transports éclatent – « 2001 l’odys-opposée à une implantation en ble eu égard à la politique en commun, les gares de Versail- sée de l’espace » sortrégion parisienne et souhaitait d’aménagement du territoire » les sont éloignées. Surtout, les sur les écrans français.une installation sur Toulouse, mais il a considéré que l’affaire troupes de l’O.T.A.N. ont démé- Robert Galley quitte la Délégation à l’Informatique L e départ annoncé de Robert Galley est devenu bien réel avec son l’homme idéal pour diriger la nouvelle institution. Robert Galley avait aupa- formatique n’a que de loin- tains rapports avec le domaine nucléaire qu’il scientifique et des ques- tions atomiques et spatia- les. Alors que l’on dit remplacement à la tête de ravant largement contribué connaissait si bien. Robert Galley proche de la Délégation à l’informati- à la réussite du programme Élu député de l’Aube puis Michel Laudet, certains se que par Maurice Allègre ce nucléaire français avec la nommé Ministre de l’Équi- demandent si le départ de 30 septembre 1968. Ce fils construction de Marcoule pement et du Logement en celui qui l’avait nommé et de médecin né en 1921 à et de Pierrelatte de 1958 à juillet dernier, c’est tout dirigeait son conseil d’ad- Paris, avait été nommé en 1966. Promu à la tête de la naturellement que l’on ministration ne risque pas octobre 1966 à ce poste où Délégation à l’Informati- pense à lui pour la charge de fragiliser la position per- son parcours exceptionnel que, Robert Galley mettra de Ministre délégué auprès sonnelle du directeur de de scientifique et de en œuvre le Plan calcul du Premier ministre, l’I.R.I.A. ■ AB & PG Image extraite d’une interview de Robert Galley par patriote faisait de lui avec vigueur, même si l’in- chargé de la Recherche François de Closets en 1968 / © Ina - Archives pour tousArchives Ina 1968.
  4. 4. L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA « Nous allions chercher LE SAVIEZ-VOUS? les listings en voiture 1968 — Aux États-Unis, le pro- jet Arpanet est créé. Les solu- à Saclay » tions techniques proposées (une communication décentra- par Michel Martin informaticien au centre de documentation lisée par paquet) permettent de l’INRIA Sophia Antipolis de concevoir un système J’ai intégré l’équipe de Daniel confiées aux pupitreurs pour met- d’échange des données par Beaulieu au centre de calcul de tre au point les programmes. C’est l’emploi d’un réseau tissé. l’institut en novembre 1969 et, au centre de calcul également Réaction d’AT & T : « c’est croyez-moi, il fallait avoir la foi, qu’étaient traitées les payes du aussi stupide que de mettre le parce que mon salaire se voyait personnel (en langage Cobol). pétrole dans des tasses à café diviser par deux par rapport à la Au milieu des années 1970, nous pour le transporter dans un banque américaine pour laquelle avons travaillé pour la première pipeline ». Anecdote rapportée je travaillais alors comme pupi- par Katie Hafner et Matthew treur place Vendôme ! Mais j’avais Lyon dans leur livre Where envie de progresser dans le milieu Wizars stay up late. de l’informatique. N’ayant que le certificat d’études, j’avais suivi des cours du soir au CNAM pour m’assurer une formation plus solide en informatique et c’est à l’IRIA que se faisaient les travaux« Cette époque a été pratiques de programmation enune des plus grisantes Fortran. Quand je suis arrivé, il n’y avait fois sur du matériel à distancede ma carrière » « Vos enfants que deux ordinateurs 10 070 mis au point par la CII et on peut dire (IBM 2780), appelé à l’époque le « remote batch », en liaison avecpar Sacha Krakowiak, vivront entourés que leur fonctionnement pendant le centre de calcul du CEA à Saclayprofesseur à l’UJF à Grenoble et membre du projet Sardes , de machines ; plus d’un an a été très aléatoire ! qui disposait d’un IBM 360-91. il faut En fait, l’IRIA servait de banc d’es- Lorsque nous avions besoin d’uneJ’ai vu mon intégration à l’IRIA en période de cogitation d’autant qu’ils les comprennent sai à la CII qui y testait son maté- grosse puissance de calcul, nousmai 1968 comme une occasion de plus intense que l’ordinateur de riel. Ce fut le cas ensuite des soumettions les programmes à et soientchanger d’orientation profession- développement d’Esope – un CII machines IRIS 50 et IRIS 80. Ce cet ordinateur et nous allions avec elles familiers.nelle. Ingénieur du génie mari- 10 070 de 512 K de mémoire cen- matériel était impressionnant : chercher en voiture les listingstime depuis cinq ou six ans, j’uti- trale et 10 Mo de disque ! – ne pou- Les machines traitent l’unité centrale du calculateur sortis de l’imprimante !lisais les ordinateurs pour le vait être livré par la CII, au mieux, très mal ceux 98/80 pesait environ 2, 5 tonnes Nous n’avons disposé d’un sys-dépouillement d’essais et la com- que 18 mois plus tard. Dans l’at- qui ne les aiment pas.» pour une puissance inférieure à tème Multics (Honeywell Bull)mande de systèmes. Le projet de tente de la machine, l’équipe s’est un PC de bureau actuel. qu’au tournant des années 1980. Extrait de Lettres à l’inconnue, 1936,développer un système en temps formée à son nouveau domaine, a André Maurois. Les chercheurs écrivaient des C’était le début du « time sharing »partagé baptisé Esope (système travaillé à la conception rigou- programmes en Fortran sur et de l’installation de consoles –opérationnel qui serait capable de reuse du système en prenant soin papier qui étaient ensuite repris en nombre limité encore – dans legérer 20 terminaux ou périphéri- de tout noter par écrit et a posé et par des perforatrices sur des car- bureau des chercheurs. ■ RMCques en parallèle) était un vérita- formalisé tous les concepts du tes perforées. Ces cartes étaientble défi. Je me suis lancé dans système d’exploitation. Soudésl’aventure avec Claude Bétourné,Jean Ferrié, Claude Kaiser et Jac- et motivés, nous travaillions concentrés sur nos objectifs LA SOURIS EN BOIS En décembre 1968, 18 chercheurs ont présenté lorsques Mossière, sous la responsa- scientifiques. Chacun contribuait d’une conférence des sociétés d’informatique à l’uni-bilité de Henri Boucher qui cha- aussi bien à la conception qu’à la formatique auprès des politiques versité de Stanford en Californie un « indicateur depeautait la direction de recherche programmation pour assurer le n’était pas très bonne et l’IRIA position X-Y pour système d’affichage ». La démons-structure et programmation des suivi et la compréhension du sys- n’avait pas encore le statut et la tration dura 90 minutes devant un public de 1 000calculateurs à l’IRIA. tème par toute l’équipe – ce qu’on crédibilité qu’il a acquis par la personnes. Cet ancêtre de la souris était en bois etNotre toute nouvelle et jeune a appelé plus tard le mode « ego- suite. Et il n’y avait pas de transfert possédait deux roues : l’une pour se déplacer hori-équipe s’est installée dans le bâti- less programming ». Même sans technologique vers la CII tel que le zontalement et l’autre verticalement. Doug Engelbartment 8 de Rocquencourt qui implémentation matérielle, l’arti- prévoyait le Plan calcul. En juillet est l’inventeur de cette souris.n’était pas encore aménagé. Il y cle sur les concepts d’Esope a été 1972, la délégation à l’informati-avait toujours le bar des GI améri- accepté au second symposium que a décidé d’arrêter le projetcains et la secrétaire s’était instal- international sur les systèmes Esope alors que le système étaitlée derrière le comptoir. Partant d’exploitation, à Princeton en opérationnel. Deux équipesde zéro, l’été 1968 a été une octobre 1969. À l’arrivée de la (compilateur PL/1 interactif et machine, en février 1970, la ver- systèmes graphiques) l’utilisaient sion 0 du système a été implé- comme support. Dix ans plus mentée et opérationnelle en un tard, nous avons retrouvé dans Directeur de la publication : M. Cosnard. Rédacteur en chef : S. Casademont. Comité de rédaction : M.- mois. Cette époque a été l’une des VAX VMS (l’un des meilleurs sys- A. Enard, C. Genest, J. Gramage, A. Garot. Conception-réalisation : Direction de la communica- plus intenses et grisantes de ma tèmes des années 80) les princi- tion/INRIA (mise en page : P. Laurent, iconogra- phie : L. Calderan)-Technoscope (F. Breton). Ont carrière. pes d’allocation de ressources collaboré à ce numéro : A. Beltran et P. Griset (His- Malgré la renommée grandis- développés dans Esope, ce qui toire de l’INRIA à paraître chez EDP Sciences), M. Collin, R.-M.Cornus. sante de l’équipe, l’image de l’in- montre leur pertinence ! ■ MC DR
  5. 5. ANNÉE No 3 1969 22 janvier 2007 L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIALe Plan calcul sormais la majorité des partici- pations. La C.G.E., dirigée par Ambroise Roux, recentre ses efforts dans le domaine du télé- phone, que l’on devine très pro- réussite ou illusion ? metteur, mais conservera un œil attentif sur ce qui se passe dans l’informatique. Les adversaires d’un plan jugéLe 16 décembre 1969 — Trois fréquemment trop étatique neans après la création en décem- sont pas convaincus par ce nou-bre 1966 de la Compagnie Inter- veau dispositif et restent trèsnationale pour l’Informatique sceptiques quant à la réelle(C.I.I.), le bras armé du Plan cal- capacité de la C.G.E. et decul, les résultats sont-ils à la hau- Thomson de coopérer loyale-teur des espérances ? La gamme ment. D’autres en revanche sou-d’ordinateurs développée par haitent donner du temps à unl’entreprise nationale, de la projet ambitieux alors que lespetite machine P1 au puissant premiers signes d’une véritablecalculateur P4, a pris un réussite semblent apparaître.immense retard. En voulant éla- Maurice Allègre, successeur deborer des matériels en rupture Robert Galley à la tête de laavec la technologie américaine, Délégation à l’informatique, sou- l’Iris 80 ©Bulltout en occupant le plus rapide- tient la jeune entreprise et la jugement possible le terrain pour évi- sur la bonne voie. Les résultats Le premier ordinateur Iris 80 (programme P3 du Plan Calcul) est présenté à la Délégation informatiqueter qu’I.B.M., faute de concur- le 30 décembre 1969 avec un an de retard. sont cependant modestes. Avecrent, n’établisse une position à peine 10 % du marché natio-commerciale inexpugnable, la çaises du secteur électronique se Le « Yalta » de l’électronique nal et 1 % du marché européen,C.I.I. se serait-t-elle épuisée ? penchaient sur son berceau. La intervenu cet été, devrait apaiser il reste une longue route à par-Pourtant, les efforts déployés par Compagnie Générale d’Electri- les affrontements entre les deux courir avant que la C.I.I. ne soitla Délégation à l’informatique cité et la C.S.F. sont, avec rivales. Thomson-C.S.F., présidé en mesure de rivaliser avecpour permettre à l’industrie fran- Schneider, ses principaux action- par André Danzin, détient dé- I.B.M. ■ AB & PGçaise de rivaliser avec les entre- naires. Si les jeunes mariés ne seprises américaines de ce secteur sont engagés que modestementsemblaient avoir porté leurs (66 millions de francs), l’État, Et pendant ce temps-là...fruits. Le projet d’entreprise artisan des épousailles, les a Georges Pompidou succède au général De Gaullenationale, adopté en conseil des dotés généreusement et a démissionnaire – Le 21 juillet à 3 h 56 (heure française)ministres en juillet 1966 à l’insti- avancé plus de 500 millions de l’homme pose pour la première fois le pied sur la lune –gation du Commissaire au Plan francs pour lancer les activités. Premier vol aux États-Unis d’un Boeing 747, le plusFrançois-Xavier Ortoli, devait Aujourd’hui, nombre d’observa- grand avion de ligne du monde – Naissance du Jazz-s’appuyer sur le potentiel indus- teurs s’accordent cependant Rock avec comme figure emblématique Miles Davis –triel existant en l’organisant pour juger le bilan décevant. Il se Premier vol du supersonique franco-britanniquedans le cadre d’une politique murmure que l’entreprise seraitnationale cohérente. Tout por- rongée par des querelles internes Concorde 001 en France – Première implantation d’untait à l’optimisme puisque les et que ses principaux actionnai- cœur artificiel aux États-Unis – Ouverture du 1er festivalplus grandes entreprises fran- res auraient du mal à s’entendre. hippie à Woodstock aux États-Unis. Un médecin mathématicien à la tête de l’IRIA L e nouveau président de l’I.R.I.A. est enfin connu. Il se nomme Michel four promise à un grand avenir. Diplômé de l’École Nationale Supérieure de titulaire de la chaire d’hé- matologie, déterminera le choix de sa thèse de méde- départ de Robert Galley, peu de temps après la nomination de M. Laudet à Laudet et vient de Tou- l’Enseignement Techni- cine en bio-anthropologie la tête de l’I.R.I.A., l’am- louse où il est né en 1921. que(1), Michel Laudet est « Contribution à l’étude pleur des tâches et leur Remarqué par le Délégué professeur à l’université de des méthodes de calcul des diversité, la présence de à l’informatique, Robert Toulouse depuis 1960 après fréquences géniques ». Ins- personnalités scientifiques Galley, du fait de sa dou- avoir soutenu une thèse sur tallé à Rocquencourt, au caractère bien trempé ble formation en mathéma- le calcul numérique appli- Michel Laudet souhaite sont autant de circonstan- tique et en médecine, il qué à l’optique électroni- logiquement que la méde- ces qui risquent de compli- s’intéresse tout particuliè- que. Sa rencontre avec le cine ait une place de choix quer la tâche du médecin rement à l’informatique professeur Jacques Ruffié, parmi les recherches pluri- mathématicien toulousain. médicale, discipline carre- (1) ENSET, aujourd’hui ENS Cachan. disciplinaires. Toutefois, le ■ AB & PGPhoto INRIA
  6. 6. L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIA« Miria a validé « Je faisais les poubelles des chantiersl’ordinateur personnel pour récupérer quelques clous et vis... »avant qu’IBM par Pierre Châtelet, ancien chef des services généraux de l’INRIA, Rennesne le découvre » J’étais chargé de recherche et du mal à condenser le fréon. Pour sants. De plus, les marchés avecpar Alice Recoque, développement de tubes à ondes éviter une baisse de rendement les entreprises ne pouvant toutancienne responsable des architectures de machines à la SEA progressives chez Thomson- des climatiseurs, il fallait pulvéri- prévoir et les contraintes admi-et du projet Mitra15 à la CII. Varian à Paris lorsque j’ai été ser de l’eau sur les échangeurs, ce nistratives étant importantes niers, heureux de la grande liberté contacté par l’IRIA au printemps (passage obligatoire par le dont ils jouissaient pour conti- 1969 pour mettre en place les ins- contrôle financier du CNRS à nuer à inventer, sans les contrain- tallations techniques du centre de Paris même pour les commandes tes qu’imposait l’industrie nais- calcul au Bâtiment 7. Comme le de petits consommables), j’étais sante. centre de calcul devait héberger obligé de faire les poubelles des Robert Flexer, polytechnicien des ordinateurs français de chantiers pour récupérer quel- musicien plein de fougue, réalisa grande puissance pour l’époque, ques clous et vis nécessaires pour avec ardeur la partie matérielle de cela demandait des moyens tech- les petits travaux annexes ! Les la machine. Toute la logique était niques importants : courants sta- bâtiments, distribués en cham- réalisée avec des diodes au ger- bilisés et climatisations devaient brées pour les troupes du Shape, manium, le silicium n’ayant pas fonctionner 24 heures sur 24 et étaient dans un état pitoyable : ali-Je connaissais bien Paul Gloess. encore totalement convaincu. 365 jours sur 365. Une surveil- mentations et distribution électri-Nous avions travaillé plus de 10 Claude Masson, Françoise Bec- lance permanente était néces- qui avait permis la pousse de cres- que, sanitaires, chauffage, liaisonsans ensemble à la SEA (Société quet, Lucien Censier y travaillè- saire car tout arrêt intempestif son sur la terrasse... téléphoniques et informatiquesd’électronique et d’automa- rent. Christian Riguet, câbleur aurait provoqué des pertes de Je me suis également occupé, avec le centre de calcul, solstisme), où sous la direction de émérite, réalisa les prototypes de programmes et des pannes du sous la direction de l’architecte dégradés, plafonds qui s’effon-François Henri Raymond nous ce qui devait devenir des circuits matériel informatique. Les M. Temporel, des installations draient, peintures, mobiliers, etc.,faisions avancer l’informatique imprimés, si l’on dépassait machines étaient arrêtées un jour techniques du domaine, puis, tout était à refaire sans parler defrançaise. Paul Gloess inventait l’unité... La maquette de Miria a par an pour la maintenance et sous la direction du chef des servi- la nécessaire reconfiguration desans cesse, il débordait d’idées fonctionné. Elle a préfiguré l’in- c’était difficile à programmer car ces généraux M. Dubois que j’ai l’espace. Le manque de plans etqu’il nous soumettait en perma- formatique personnelle et les réa- il y avait toujours un besoin remplacé à son départ à la retraite de schémas fiables des installa-nence, créant ainsi une émulation lisations futures dans le domaine urgent de l’ordinateur ce jour là ! en 1975, des travaux de bâtiment. tions existantes nous a valu quel-salutaire. Lorsque la SEA fusionna du temps réel. Elle a inventé l’or- En été, les aérocondenseurs de la Vu l’état de délabrement de cer- ques surprises lors des recherchesavec la CAE pour devenir la CII, il dinateur personnel avant qu’IBM climatisation installés sur la ter- taines installations, les crédits de câbles électriques souterrainsfut nommé directeur de recher- ne le découvre. ■ A-M. M rasse du centre de calcul avaient d’investissement étaient insuffi- défectueux ! ■ CSches au tout nouvel IRIA. Il me fitl’amitié de me consulter sur ses « Je n’ai pas peur des ordinateurs.projets. Il souhaitait tout d’abordque l’IRIA s’implique dans le J’ai peur qu’ils viennent à nous manquer. » LE SAVIEZ-VOUS?hardware en réalisant des Isaac Asimov, scientifique et écrivain américain ■ avril 1969 – La mise en placemaquettes probatoires. Par ail- des normes qui régiront Internetleurs, le Plan calcul ne soutenant s’amorce avec la toute premièrepas les petits ordinateurs, il fallaitpoursuivre ailleurs la voie ouverte Le premier Mitra Request for Comments (RFC) émise par Steve Crocket. Unepar le CAB 500 de la SEA, à savoir est né en 1971 à la CII. Il était conçu pour remplacer le petit ordinateur CII 10 010. RFC est un document public quil’intérêt d’une petite machine Après labsorption de la CII par Honeywell-Bull en 1975, le Mitra a été produit par la permet d’établir les normes etconversationnelle, préfiguration Société européenne de mini-informatique et de systèmes (SEMS) jusquen 1982. Sa standards des réseaux et d’In- fabrication se faisait à Crolles (Isère). ternet. Écrite par un spécialiste,de l’informatique personnelle.L’IRIA était pour cela la structure elle est ensuite validée par unidéale. L’accent fut donc mis sur ensemble d’experts. Ce premier document illustre l’aspect colla-l’environnement périphérique boratif qui préside au dévelop-associé à un tel concept : console pement d’Internet et en consti-de visualisation, machine à écrire tuera l’esprit. ■ septembreélectrique, light pen, etc. Et l’ar- 1969 – Le premier nœud de rac-chitecture fut adaptée à ce type de cordement d’Arpanet est ins-fonctionnement. tallé dans l’université de Colum-J’ai suivi le projet depuis la CII, où bia (état de New-York. Lesje menais une réflexion sur les premières données sont échan-architectures de machines. J’ai gées à une vitesse de 50kbits/s,même rejoint l’équipe pendant le réseau est composé de 4quelques mois, avant d’être rap- ordinateurs.pelée à la CII, pour mettre enœuvre le projet Q0 qui devintensuite MITRA 15. Directeur de la publication : M. Cosnard. RédacteurTout naturellement, ce sont des en chef : S. Casademont. Comité de rédaction : M.- A. Enard, C. Genest, J. Gramage, A. Garot.membres de la SEA qui ont rejoint Conception-réalisation : Direction de la communica- tion/INRIA (mise en page : P. Laurent, iconogra-cette équipe, soucieux de pour- phie : L. Calderan)-Technoscope (F. Breton). Ontsuivre l’œuvre accomplie dans un collaboré à ce numéro : A. Beltran et P. Griset (Histoire de l’INRIA à paraître chez EDP Sciences),domaine dont ils étaient les pion- A.-M. Militan, C. Sortais. DR
  7. 7. ANNÉE No 4 1970 29 janvier 2007 L’HEBDOMADAIRE DES 40 ANS DE L’INRIAÉlectrochoc pour l’I.R.I.A.Le 7 décembre 1970 — Après réalisations. « Le but de cette l’émergence d’un Bonaparte ? – expérimenter le fonctionnementmoins de quatre années d’exis- nouvelle organisation », a expli- provoque en effet quelques trou- de cette nouvelle organisation. »tence, l’I.R.I.A. redéfinit ses qué André Lichnerowicz, « est bles. Une trop forte concentra- Si les avis semblent donc parta-modalités de fonctionnement. d’éviter l’installation d’une struc- tion du pouvoir est d’évidence gés quant à la viabilité à longLes nouvelles structures de terme de cette réforme, tout lerecherche de l’institut ont été monde en revanche s’accordeprésentées au Conseil Scientifi- pour l’interpréter comme uneque de l’I.R.I.A de ce 7 décem- marque de défiance à l’égard dubre. « Il est apparu que la struc- directeur Michel Laudet. Malgréture en départements, adaptée à ses qualités, le directeur dela phase de démarrage, ne l’I.R.I.A. s’est sans doute montréconvenait plus à un effectif du insuffisamment présent et n’apersonnel de recherche attei- pu, faute de poids scientifique etgnant 150 personnes », a déclaré institutionnel, peser réellementAndré Lichnerowicz, le président face aux personnalités majeuresdu Conseil Scientifique. Mais de l’institut. Le fait de n’être nicette décision pourrait égale- grand mathématicien ni informa-ment viser à faire taire les criti- ticien, gage d’impartialité faceques qui soulignent le manque aux rivalités que certains s’in-de réactivité de la structure et quiétaient de voir poindre entres’inquiètent du manque d’homo- les deux communautés, l’a affai- © INRIAgénéité d’un trop grand nombre bli et isolé. Si l’on peut prédire à La nouvelle crise qui secoue l’I.R.I.A. n’empêche pas les délégations étrangères de se succéder à l’institut,d’équipes de recherche. comme celle des Japonais (ci-dessus) au centre de calcul de Rocquencourt. l’organisation en projet, adoptéeLe dispositif proposé porte une par les plus grandes institutionsvision plus moderne de la recher- ture pyramidale fixe, de permet- crainte ici ou là, notamment pour de recherche américaines, unche qui sera désormais organisée tre une structure légère et plus la répartition du budget. Finale- avenir certain, le Directoire nesur la base d’unités appelées souple, et de prévenir l’instaura- ment un échelon intermédiaire a semble pas, en revanche, appelé« projets ». À chaque projet tion de chapelles ». La nouvelle été introduit avec les Directeurs à perdurer. Il pourrait bien prépa-seront rattachés un objectif pré- organisation, qui supprime Scientifiques et semble avoir été rer un changement à la tête decis, une équipe travaillant à l’échelon intermédiaire des res- décidé pour calmer ces inquiétu- l’institut, changement appelé detemps plein ou à temps partiel, ponsables de département, a des. Se voulant rassurant, André leurs vœux par un nombre crois-un chef de projet responsable, suscité quelques remous. L’idée Lichnerowicz conclut, non sans sant de personnalités proches dudes moyens, un échéancier de d’un Directoire – craindrait-t-on sagesse : « Il reste, bien sûr, à dossier. ■ AB & PG Marcel-Paul Schutzenberger Et pendant nommé au Directoire de l’I.R.I.A. ce temps- là... M arcel-Paul Schutzen- berger a été nommé, avec Messieurs Boucher, free language. En algèbre, il influence profondément la théorie des semi-groupes et son goût pour une certaine ironie et pour les paradoxes. Très critique à l’égard du Ionesco est élu à Lichnerowicz et Lions, au collabore avec S. Eilenberg concept d’intelligence artifi- l’Académie fran- directoire qui assistera le sur une théorie des variétés. cielle, prompt à engager le çaise – Salvador Directeur de l’I.R.I.A. dans À l’I.R.I.A., il dirige le débat et ne détestant pas la Allende est élu la période difficile que département Logique et polémique, c’est donc une président du Chili traverse l’institut. Mathé- théorie des automates où il personnalité au charisme maticien de talent et méde- explore avec Maurice Nivat indéniable, mais peu portée – Mission spa- cin, Marcel-Paul Schutzen- des domaines qui peuvent sur les problèmes adminis- tiale Apollo 13 – berger écrit, en 1955, un apparaître très abstraits, tratifs et le protocole, qui Naissance du article très remarqué Une comme celui des monoïdes, contribuera désormais, au MLF en France – théorie algébrique du mais qui n’en contribuent sein du nouveau Directoire, codage puis publie avec pas moins à des avancées à la définition des grandes Mort de Jimmy Noam Chomsky, en 1963, le fondamentales pour la pro- orientations de l’I.R.I.A. ■ Hendrix et Janis théorème essentiel du nou- grammation des ordina- AB & PG Joplin veau domaine du Context teurs. Ses élèves soulignent© INRIA / Photo Studio 9

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