L'analyse qualitative informatique pas cher
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L'analyse qualitative informatique pas cher L'analyse qualitative informatique pas cher Document Transcript

  • La recherche qualitative assistée par ordinateurpour les budgets minceurs, est-ce possible?Jean-Marie Miron, Ph.D.Université du Québec à Trois-RivièresJean-François Dragon, M.A.Université du Québec à Trois-RivièresRésuméCet article présente et discute de solutions alternatives à lutilisation des logicielscommerciaux danalyse qualitative. Cette présentation non exhaustive est le fruit deplusieurs centaines dheures dexploration au cours des dernières années. Nousprésentons quelques logiciels utiles à différentes étapes de la recherche et en discutonsbrièvement. Puis, nous partageons quelques réflexions éthiques quant à la recherchequalitative et à lavenir des logiciels libres. Cet intérêt pour les logiciels disponiblespubliquement, sans frais, sinscrit dans une perspective douverture et daccessibilité desoutils informatiques considérés comme un patrimoine devant être accessible à tous.Introduction Utiliser un logiciel danalyse qualitative est maintenant une pratique desplus courantes : le temps semble révolu où le chercheur utilisait des surligneursde différentes couleurs, des ciseaux pour découper les unités sémantiques, et unsystème complexe de classement des extraits ainsi produits. Limage dun murlittéralement tapissé dextraits de données semble maintenant relever de lanostalgie. Bien que lon puisse formuler de nombreuses critiques quant à lutilisationde logiciels en recherche qualitative et que lon ait à maintes reprises souligné leslimites de celle-ci, on ne peut ignorer le fait que lampleur et la complexité desdonnées qui sont maintenant recueillies nécessitent laide de linformatique,RECHERCHES QUALITATIVES – Vol. 27(2), 2007, pp. 152-175.AVANCÉES EN MÉTHODOLOGIES QUALITATIVESISSN 1715-8702 - http://www.recherche-qualitative.qc.ca/Revue.html© 2008 Association pour la recherche qualitative 152
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 153notamment à lintérieur des équipes de recherche où plusieurs assistants etchercheurs travaillent à recueillir et à traiter de très nombreuses données enprovenance de diverses sources (Bourdon, 2000). Dans ce contexte, denombreux logiciels spécialisés, très performants et flexibles, sont proposés. AuQuébec, le logiciel Nvivo a été adopté par plusieurs en raison, notamment, de laformation et du soutien qui ont été offerts. Dautres équipes de recherche ontadopté Atlas Ti, ou encore Hyper Research. Les logiciels danalyse de contenutextuel sont aussi populaires: on peut penser à Alceste ou encore à Sémanto,développé à lUniversité du Québec à Montréal. Le coût de ces logiciels commerciaux est abordable pour une équipe derecherche ou encore pour des chercheurs subventionnés. Mais les centaines dedollars nécessaires à lobtention dune licence individuelle constituent un coûttrès élevé pour le budget de létudiant moyen. Que faire? Si on exclut lesutilisations illégales, la première solution semble de travailler sur un posteinformatique où sont installés un ou plusieurs logiciels danalyse qualitative,dans un laboratoire public ou dans le laboratoire dun groupe de recherche. Cettesolution présente plusieurs difficultés : la disponibilité des logiciels et delordinateur, les problèmes reliés à la version et léventuel risque relié à lasauvegarde des données. À titre dexemple, dans les laboratoires informatiquesde lUQTR, on peut utiliser Nvivo dans sa version 1 (actuellement les équipes derecherche utilisent la version 2 ou la version 7), version qui est reconnue pourson problème de gestion des sauvegardes. Une autre limite de taille est le faitque lanalyse qualitative repose sur la réflexion qui amène à lapprofondissementgraduel, souvent lent, du sens à accorder aux données (Paillé & Mucchielli,2003): les laboratoires publics noffrent pas un environnement propice à cetteréflexion. Devant ces difficultés, certains étudiants nhésitent pas à se procurerune copie illégale dun logiciel et un numéro denregistrement. Avec uneconnaissance minimale du monde des « hackers », il est très facile de se procurerces logiciels, à moins quils naient été publiés que tout récemment. Dautresutilisent une version « démo » accessible pendant 30 jours, concentrant ainsi leuranalyse dans la période où le logiciel est fonctionnel. Pour étendre cette période,ils peuvent installer le logiciel sur un autre ordinateur et transférer leurs données,ou encore effacer leur disque dur et réinstaller tout le système. Il va de soi que cegenre de pratique ne peut être encouragée de même que nous ne pouvonsdécemment obliger les étudiants qui nont que peu de ressources à se procurer unlogiciel dont le prix est élevé, voire exorbitant. Ainsi, dans cet article, nous nous proposons dexaminer quelquesalternatives aux grands logiciels commerciaux, tout en soulignant les limites etles avantages de chacune. Dans un premier temps, nous précisons les typesdopération qui nécessitent lutilisation dun logiciel. Puis nous passons en revue
  • 154 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 27(2), 2007les alternatives les plus simples en proposant des logiciels gratuits ou publicssous licence GNU - General Public Licence (GNU, 2007-12-21) et/ou dont lecode source est ouvert (Open Source, 2007-12-21). Puis nous discutonsbrièvement de lavenir des logiciels danalyse qualitative, notamment sous langleéthique.Les opérations qui justifient lutilisation dun logiciel danalysequalitativeOn entend parfois des remarques comme celle-ci : « Si tu nutilises pas un bonlogiciel danalyse qualitative, ta recherche risque de ne pas être crédible ». Dupoint de vue épistémologique, cette remarque est complètement aberrante, maiselle reflète bien la construction dun concept où scientificité va de pair avecoutils spécialisés, où instrumentation et scientificité se confondent. Combien defois faudra-t-il répéter quun bon marteau est nécessaire pour construire le typedhabitation dans lequel nous vivons (nous ne sommes pas certain quun marteauserait très utile pour construire une chaumière, encore moins un igloo) mais quece nest pas en possédant un marteau de qualité que la maison pourra êtreédifiée? Lutilisation doutils spécialisés dans la construction du savoir nassurepas la qualité des savoirs produits : ces outils sont cependant très utiles, parfoisindispensables aux opérations concrètes qui permettent la construction dessavoirs (Savoie-Zajc, 2000). Quelles sont ces opérations? La plupart des auteurs sentendent pour identifier les quelques opérationssuivantes (Miles & Huberman, 2003; Van der Maren, 1996). Il y a dabord unepremière opération qui consiste à transformer les données de manière à ce queles opérations subséquentes soient possibles. Ainsi, on peut passer à unedeuxième opération, celle du traitement des données. Le traitement des donnéespermet de faire des liens, de comprendre le phénomène étudié, de construire peuà peu ce qui semble une théorisation. Une autre opération devient alorsnécessaire, la représentation graphique des résultats de lanalyse. Débutons par la première étape qui, la plupart du temps, va de soi, maisqui, si on y regarde de plus près, peut faire appel à des ressources permettant desauver bien du temps.Les outils de transformation des donnéesSur le terrain, deux types de données brutes sont généralement recueillis : cellesprovenant de la voix, le son, et celles provenant de ce qui est vu, limage1. Il y abeaucoup dintérêt à ce que ces données soient installées sur le disque rigide dunordinateur, quelles soient sonores, visuelles ou les deux. Le format numériquepermet la duplication rapide des données brutes (travail collectif sur les mêmesdonnées brutes, copie de sauvegarde), leur transformation en un format
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 155« portable » (mp3, par exemple) ou encore leur reproduction sur des appareilsdomestiques (vidéo lisible sur le lecteur du salon, par exemple). Mais ce quisemble être le principal avantage est la rapidité et la flexibilité qui serontpermises lors de leur traitement.De laudio au disque rigideIl existe de petits enregistreurs numériques qui permettent un enregistrementaudio dexcellente qualité, surtout si on y met le prix. Sauf pour les appareils basde gamme, le transfert de lenregistrement sur lordinateur se fait très simplementet on peut ainsi renommer le fichier, le classer, etc. Soulignons cependant quelordinateur portable peut remplacer avantageusement un enregistreurnumérique, à la condition dy brancher un microphone et dutiliser un logicielcomme Audacity2. Ce logiciel, très populaire et disponible sur plusieurs plates-formes3, permet une foule de réglages et la possibilité dutiliser de très nombreuxfiltres pour corriger la qualité audio, que ce soit au moment de lenregistrementou par la suite (Audacity, 2007-12-21). Le logiciel offre aussi de nombreusesfonctions de montage audio. Mais que faire si lenregistrement a été fait sur une bande magnétique, aumoyen dun enregistreur conventionnel? Il est très facile de transformerlenregistrement : cela nécessite cependant lutilisation dun logiciel commeAudacity, du magnétophone et dun « câble nul », cest-à-dire dont les deuxextrémités sont identiques. La sortie « écouteurs » du magnétophone est reliée àlentrée « microphone » de lordinateur, le volume du magnétophone doit être baset le volume denregistrement du microphone est ajusté à lintérieur du logiciel.Puis, on fait dérouler la bande en enregistrant. Il existe plusieurs autres logiciels libres4 pouvant effectuer des opérationssemblables. Pour des raisons despace, nous nous limitons à Audacity.De laudio-vidéo au disque rigideLes caméras numériques ont beaucoup simplifié le transfert des images et du sonau disque dur de lordinateur. Le fabricant fournit généralement un logiciel quipermet à la fois le transfert, la compression et certaines fonctions de montage. Ilest ainsi facile de « découper » des séquences vidéo et de les classer dans unformat qui est relativement compact. Un logiciel comme Transana5, dont noustraiterons plus loin, peut servir à classer les thématiques, et ce, dès le départ.
  • 156 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 27(2), 2007Figure 1 : : Audacity, un outil pour enregistrer et modifier le son Si lenregistrement est fait sur bande magnétique, le transfert surlordinateur est plus complexe et nécessite lutilisation dune carte dacquisitionvidéo6. Cela peut-être utile dans le cas de données enregistrées il y a quelquesannées, lorsque le numérique nétait pas encore facilement disponible. Dans un cas comme dans lautre, le besoin en espace est grand et lacapacité du disque dur est une limite certaine. Des problèmes peuvent aussi seposer quant aux copies de sécurité, celles-ci nécessitant lachat dun disque durexterne de grande capacité. De plus, on aura compris que ce type de traitementnécessite un ordinateur relativement récent.Du disque rigide au traitement de texteUne fois placées sur le disque dur, les données peuvent certes être codées ettraitées directement, quelles soient audio ou audio-vidéo, mais le besoin estgrand de transcrire les données en tout ou en partie, et dannoter certainesséquences. Il existe dexcellents outils qui permettent de transcrire les données audio.Nous présentons ici Transcriber7, qui nous apparaît intéressant pour la richesse
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 157de ses fonctions. Il permet de segmenter de longs enregistrements audio, denoter les changements de locuteurs, dindiquer les changements de thèmes etdeffectuer différentes recherches. En fait, il permet beaucoup plus que latranscription des données. Un autre outil intéressant est Express Scribe8. Issu dun projetcommercial, le logiciel est distribué gratuitement et peut être accompagné pardautres logiciels et des accessoires, payant cette fois-ci. Notons aussi que Transana permet la transcription en tout ou en partiedes enregistrements audio ou audio-vidéo. Le logiciel permet au chercheurdassocier la séquence du fichier source à la séquence transcrite, ce qui est utilepour retrouver la séquence vidéo, bien entendu, mais aussi le passage audio afindy noter lintonation, par exemple.Figure 2 : Transcriber, un outil pour la transcription, la segmentation et letraitement des entretiens.Les outils de traitement des donnéesNous avons brièvement examiné comment transformer les données en lesrapatriant dans un ordinateur et en les transformant en fichiers audio, audio-vidéo ou texte. Létape suivante nous amène plus loin dans le travaildorganisation des données. Que veut dire « traiter des données »? Est-ce la
  • 158 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 27(2), 2007même chose que linterprétation des données? Pour les fins de cet article, disonsquil sagit de deux opérations complémentaires, le traitement des donnéespermettant leur interprétation, la première relevant de la manipulation desdonnées et la seconde dun travail de construction de sens. Les principalesopérations du traitement des données peuvent être décrites ainsi:  Segmentation des données, par unité de sens ou selon dautres modalités.  Attribution dun code aux segments créés. Le code est un outil de classement qui peut être formé arbitrairement (SGP03, par exemple) ou emprunté au vocabulaire (Estime de soi, par exemple) pour des raisons mnémotechniques.  Classement des segments codés selon des catégories.  Accès simple ou croisé à des segments codés, pour retrouver les segments de tel code dans toutes les données, par exemple, ou encore de retrouver les segments appartenant à deux codes.  Création de rapports quant aux segments codés.  Recherche simple ou complexe dans lensemble des données. Nous incluons ici les recherches doccurences et de cooccurrences de lanalyse textuelle.  Statistiques sur lensemble des segments et des données. Nous incluons ici les tableaux et graphiques que peuvent produire les recherches doccurrences et de cooccurrences. Il sagit en fait de manipuler les données, de les segmenter, de reconstruireà partir de ces segments, de rechercher et davoir accès rapidement aux donnéesles plus significatives, en fonction des questions ou objectifs de recherche. Dupoint de vue informatique, un logiciel danalyse de données est un gestionnairede base de données qui présente une interface dédiée et adaptée aux besoins dunchercheur en qualitatif. La tâche de création du sens est celle du chercheur et elleest grandement favorisée par la flexibilité et la précision des outils quil utilise. Plusieurs des opérations que nous avons décrites plus haut sont réalisablesà partir dun traitement de texte moderne. Bien que le traitement de texte nepuisse remplacer un logiciel dédié à lanalyse qualitative, il reste quand mêmefort utile et extrêmement performant pour certaines tâches. Cest ce que nousprésentons dans les paragraphes qui suivent.Le traitement de texte, un outil méconnuAu fil des ans, cest avec une certaine surprise que nous avons pu constater queles étudiants et les collègues chercheurs possédaient une connaissance minimalede leur outil de traitement de texte, la plupart du temps Microsoft Word. Cest
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 159une surprise renouvelée de voir des doctorants construire et reconstruiremanuellement la table des matières de leur thèse, la liste des tableaux, desfigures; ou encore de classer manuellement la longue bibliographie. Dautressurprises, moins fréquentes, sont aussi rencontrées: négliger la puissance duntraitement de texte moderne pour la réalisation de listes denvoi, pour laconstruction dun journal de bord, pour lorganisation de notes de lecture, etc.Dans cet article, nous ne pouvons quindiquer brièvement les très nombreusespossibilités dun traitement de texte comme Openoffice Writer, module detraitement de texte de la suite Openoffice9, qui est une alternative remarquable àla suite de Microsoft. Nous indiquons quelques fonctions simples, mais tropsouvent méconnues, qui facilitent grandement le travail sur les données.Lutilisation des niveaux de titreLes opérations dans lesquelles un logiciel danalyse qualitative excelle sontreliées à la segmentation des données, à leur classement et à la rapidité de leurmanipulation. Mais le chercheur qui souhaite faire une analyse en profondeurdes données doit travailler à la fois sur les données segmentées et sur lesdonnées non-segmentées, sur lentretien complet, tel quil sest déroulé, parexemple. Dans le cas dune recherche basée sur des entretiens, il est donc utile deregrouper toutes les transcriptions et de les classer de manière à pouvoir sedéplacer rapidement dun entretien à lautre et dune partie à lautre, à lintérieurde lentretien. Lutilisation de niveaux de titre est alors tout indiquée. Danslexemple suivant, on retrouve des entrevues faites auprès de pères et de mères;des intertitres ont été placés dans la transcription, correspondant aux parties delentretien, tel quindiqué dans le guide dentrevue:-Entrevues pères -Sujet 001 -Informations générales -Choix dun incident critique -Narration de lincident -Réflexion sur lincident -Conclusion -Retour sur les moments clefs de lentretien En travaillant avec les niveaux de titre, on peut créer automatiquement ettrès facilement une table des matières qui pourra être mise à jour par la suite, etce même pour un document comportement plusieurs dizaines dentretiens.
  • 160 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 27(2), 2007Figure 3 : Table des matières avec insertion de niveaux de titre dans OpenofficeWriter Lutilisation des niveaux de titres, combinée à lemploi des légendesautomatiques pour la numérotation des tableaux, figures et illustrations est unoutil précieux, notamment lorsque combiné à lutilisation du navigateur.Le navigateurLa suite Openoffice dispose du navigateur de document le plus complet et lemieux pensé de tous les traitements de texte, du moins à notre connaissance.Dans celui-ci, on retrouve les niveaux de titres, mais aussi les tableaux, lescadres de textes, les images, les repères de texte (signets), les références, lesindex, les notes, pour nen mentionner que les plus importants. Les repères detexte peuvent servir de signets, mais aussi de codification simple. Les notes sontcomparables aux « mémos » des logiciels danalyse qualitative. Cet outil permetdordonner de manière linéaire (alors que les logiciels dédiés à lanalysequalitative permettent une utilisation non linéaire) les données et de sy déplacertrès rapidement et très efficacement.
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 161Figure 4 : Openoffice Writer - Le navigateur (à gauche)La création dindex et le codage de type « rudimentaire »Tous les grands traitements de texte permettent la création dindex à partir duneliste de mots clefs. Certains logiciels, comme Openoffice Writer, permettent queles numéros de page qui correspondent aux entrées dindex soient en fait deshyperliens, ce qui permet de cliquer sur le numéro de page pour y avoir accèsquasi instantanément. Un codage rudimentaire peut être effectué en plaçant uncode particulier au début de chaque segment (SPG03, par exemple). Ensuite laliste des codes est utilisée pour la création dun index automatique. Ce type decodage est très semblable à celui utilisé dans les premiers logiciels danalysequalitative, qui fonctionnaient sous DOS, Text Base Alpha10, par exemple.Le tableur, un outil polyvalentLe tableur, cest avant tout une base de données. On lassocie spontanément àlunivers quantitatif et aux données chiffrées, mais sa polyvalence lui permetdavoir sa place dans la boîte à outils du chercheur qualitatif. Nous présentons deux manières dutiliser le tableur pour lanalysequalitative. La première est la création dune série de tableaux. Dans un premier
  • 162 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 27(2), 2007temps, le chercheur construit son arbre de codification, constitué de catégories,de thèmes généraux et de thèmes spécifiques. Chaque catégorie utilise unefeuille (indiquée par un onglet au bas de lécran). En regroupant, en divisant eten insérant des lignes, un tableau est créé avec les colonnes suivantes, de gaucheà droite : les thèmes généraux, les thèmes spécifiques pour chaque thèmegénéral, les extraits ou la référence aux extraits, les notes danalyse, les notespour la discussion. Les extraits auront pu être copiés et collés manuellementdans les cellules, ce qui est long, mais présente lavantage dêtre rapidementconsulté. Une autre solution est dutiliser le traitement de texte pour regroupertoutes les données écrites et numéroter les lignes automatiquement, commepeuvent le faire tous les grands traitements de texte : les numéros des extraitsseulement sont indiqués dans le tableur. Lexemple que nous présentons est factice et incomplet, mais il permet devisualiser lutilisation que nous suggérons.Figure 5 : Utilisation simple du tableur OpenCalc
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 163 Une autre manière dutiliser le tableur est de créer une matrice descatégories, des thèmes généraux et spécifiques et dy inclure toutes lesinformations que nous souhaitons compiler, en utilisant abondamment les menusdéroulants. Cette utilisation demande une bonne connaissance du tableur etsapproche davantage dune utilisation quantitative de celui-ci. Voici un exemple:Figure 6 : Utilisation structurée du tableur Opencalc, avec menus déroulant On notera également la possible utilisation dun tableur pour traiter desdonnées numériques, comme le permet NVivo, par exemple. Dans ce cas, desstatistiques descriptives sont utiles, ce que peut faire avec brio un tableur commeGnuméric11, sans lobligation de construire des formules. Dans les paragraphes précédents, nous avons voulu démontrer que lacompréhension des opérations qui facilitent linterprétation permet uneutilisation simple, parfois ingénieusement adaptée, aux besoins de la recherche,et ce, sans passer par des logiciels spécialisés. Peut-être faut-il avoir lâme dunbricoleur pour sy intéresser. Pour les âmes non-bricoleuses, le monde du logiciellibre offre quand même des solutions fort intéressantes.Quelques logiciels spécialisés disponibles gratuitementPlusieurs chercheurs et groupes de recherche ont éprouvé le besoin dedévelopper des logiciels qui correspondent exactement à leurs besoins. Et ils onteu la générosité de rendre disponibles ces logiciels. Bien quils ne soient pas très
  • 164 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 27(2), 2007nombreux, ces logiciels sont quelquefois remarquables pour leurs qualités etpour leur stabilité. Nous nen présenterons que trois, Weft QDA12, pour sasimplicité dutilisation, Answr13 pour ses possibilités plus larges et Transanapour sa capacité remarquable de traiter laudio et le vidéo.Weft QDALa simplicité des fonctions et de son utilisation caractérise ce logiciel14. Ainsi, lefait que son interface est uniquement disponible en anglais, ne constitue pasvraiment un obstacle aux étudiants unilingues francophones. Le logiciel importedes fichiers en format texte (alphabet « Europe de louest ») et des fichiers« pdf » de type texte15. Le programme principal donne accès à deux types defenêtre, lune de navigation affichant les fichiers et larbre de codification, etlautre affichant le texte de lentretien analysé ou encore des rapports. Plusieursfenêtres peuvent être ouvertes simultanément. Chaque fenêtre « texte » comportedeux onglets, lun affichant le texte de lentretien, par exemple (non modifiable)et lautre permettant des commentaires de style « mémo ». Chaque code peut faire lobjet dun rapport. Une fonction de recherchesimple permet de retrouver des mots clefs dans toutes les données analysées, enspécifiant le nombre de caractères précédant ou suivant le mot recherché.Figure 7 : Weft QDA. La fenêtre de navigation est à droite
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 165 De notre point de vue, il sagit dun excellent logiciel pour un étudiantdébutant en recherche qualitative et qui nest que peu ou moyennement familieravec linformatique. Nous lavons testé avec un projet dune quarantainedentretiens et sa stabilité est remarquable. Des améliorations à lergonomie delinterface pourraient cependant être apportées. Après sêtre fait la main sur unlogiciel comme celui-ci, létudiant pourra explorer des logiciels plus complexes. Sa capacité de traiter les fichiers « pdf » de type texte peut en faire unoutil fort utile pour une recension des écrits, considérant que de plus en plus derevues spécialisées sont disponibles virtuellement, sous forme darticles « pdf ». Le logiciel ne permet que quelques opérations de base : découpage et degestion des données ainsi segmentées, recherche simple. Ces opérations sonttoutefois celles qui caractérisent les débuts en analyse qualitative. AnSWR offreune gamme plus large de fonctions, mais demande une certaine maîtrise.AnSWR, à limage des grands logiciels propriétairesCe logiciel aux grandes possibilités se compare aisément à la plupart des outilsinformatisés commerciaux offerts pour soutenir lanalyse qualitative. Bien que laprise en main du programme demande un certain temps dadaptation, notammentà cause de sa complexité et de la multitude des fonctions disponibles, celui-cipeut se révéler un choix intéressant notamment pour la gestion de projets derecherche de grande ampleur. Mais comme pour la plupart des logiciels,AnSWR présente des avantages et des inconvénients dont il est pertinent dediscuter ici. Nous amorcerons cependant notre tour dhorizon par la présentationde la structure du logiciel et de ses principales fonctions. Somme toute, ce programme se base sur une structure relativementclassique, permettant dorganiser et de catégoriser les principaux élémentsconstituant le corpus à létude, en vue den faire une codification qui soutiendralinterprétation. Concrètement, la gestion du projet de recherche sarticule autourdune étude (Study), qui peut contenir différents projets (Projects) permettantdorganiser lensemble des documents à analyser dans le cadre de la démarche derecherche, et ce, en fonction des besoins identifiés par les chercheurs. Ainsi, lesprojets dune étude peuvent, par exemple, référer tant aux phases danalyse desdonnées (ex. : codification des entrevues, validation intercodeurs, etc.), quauxdifférentes sources utilisées dans le projet (ex. : entrevues, notes de terrain, notesdobservation, notes de lectures, etc.). Les documents à analyser peuvent prendredifférentes formes : textuels (.txt, .rtf et .pdf textuel), graphiques (.jpg ou .gif) ouHTML, et sont contenus dans le projet. La codification est réalisée à laide decodes définis pour lensemble de létude. Il est donc possible de choisir les codesqui apparaîtront lors de la codification des documents compris dans lun oulautre des projets.
  • 166 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 27(2), 2007Figure 8 : Exemple de codification dune entrevue avec AnSWR Comme précisé dentrée de jeu, le principal intérêt de ce logiciel résidedans ses possibilités quant à la gestion de larges projets de recherche. Il permetle travail multisites en intégrant des fonctions avancées de fusion, offrant lapossibilité à plusieurs chercheurs danalyser simultanément les données pourensuite mettre en commun leurs codifications respectives dans une seule etmême étude. Le logiciel contient en outre une mémoire de la codificationréalisée, ce qui permet de garder des traces de la participation par chacun desanalystes au projet. Cette fonction est particulièrement intéressante au momentde la validation intercodeurs puisquelle permet lutilisation des fonctionsprédéfinies par le logiciel à cet effet. Évidemment, différents profilsdutilisateurs peuvent être constitués par ladministrateur de létude, allant dunaccès restreint à la seule réalisation de rapports (Reporters), à lattribution delarges possibilités dans la gestion des projets (Project Administrator). Notonsenfin que le logiciel permet de gérer des données qualitatives et quantitativesdans une même étude, un outil qui se retrouve maintenant dans la plupart deslogiciels commerciaux dassistance à lanalyse qualitative. On doit cependant souligner quelques lacunes que lon peut rencontrerlors de lutilisation du logiciel. Dabord, son fonctionnement est largementtributaire des applications comprises dans le système dexploitation Microsoft
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 167Windows. Cette dépendance vis-à-vis des ressources du système dexploitationlamène à être à la merci de linstabilité proverbiale qui caractérise depuislongtemps le géant de linformatique. Dailleurs, ce choix des concepteursempêche son utilisation sur dautres plates-formes (ex. : Mac, Linux). Autrelacune importante pour lutilisateur, il nexiste pas de communauté formellementconstituée autour du logiciel. De telles communautés sont la force du mondelibre, puisquelles permettent aux utilisateurs de trouver une somme importantedinformations sur les logiciels, ressources qui dépassent bien souvent, et debeaucoup, les simples manuels dutilisation. Les seuls outils dont on dispose àlheure actuelle sont le manuel dutilisation du logiciel, rédigé par sesconcepteurs, et la fonction daide comprise dans le logiciel. Finalement, malgré les quelques critiques que nous venons de formuler,ce programme nous semble prometteur en raison de ses larges possibilités. Bienque lergonomie et la logique de celui-ci demandent un temps dadaptation, quipourrait grandement être accéléré par lapport de modifications mineures aulogiciel, ses fonctions demeurent intéressantes à explorer pour ladministrationde projets de recherche dimportance. Nous estimons quil sagit dun programmeauquel il est intéressant de sarrêter dans la mesure où on possède déjà une basede connaissances dans lutilisation des logiciels dassistance à lanalysequalitative.Transana, un incontournable pour lanalyse de données multimédiaVoici un bel exemple de ce que peut apporter la communauté libre audéveloppement dun logiciel, et de ce quun logiciel libre peut apporter à larecherche. Comme bien des programmes issus du monde libre, Transana est nédun besoin des chercheurs pour le développement dun outil permettantdanalyser efficacement les données vidéo dun projet de recherche. Devant laqualité du travail réalisé, ils ont dabord décidé de mettre le logiciel à ladisposition de tout chercheur désireux de lutiliser, en offrant la possibilité de letélécharger gratuitement. Bientôt, lintérêt suscité par celui-ci a poussé sesconcepteurs à choisir de le distribuer sous licence libre (GNU-GPL), mettantainsi à la disposition de tous le code source du programme. Ce passage marque un tournant dans lévolution du logiciel. Cest parexemple à partir de ce moment quon a pu envisager de le traduire en diverseslangues16, ou encore délargir la gamme des formats de fichiers vidéo/audioreconnus. La croissance importante de lintérêt pour ce programme a dailleursdébouché sur la constitution dune communauté active où les utilisateurs, quilssoient néophytes ou confirmés, nhésitent pas à partager leurs expériences etleurs approches dutilisation du logiciel sur le forum de Transana17. De plus,pour faciliter lapprentissage du programme, on retrouve sur le site plusieurs
  • 168 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 27(2), 2007tutoriels animés qui expliquent pas à pas la démarche à suivre pour utiliser sesprincipales fonctions. Il faut cependant regretter la décision des développeurs de Transanadavoir choisi, en avril 2007, dimposer des frais pouvant savérer relativementimportants pour le téléchargement des nouvelles versions du logiciel (2,20 etsuivantes). On notera néanmoins quétant distribué sous licence GNU-GPL, lespromoteurs de Transana demeurent tenus de fournir le code source du logiciel,ce qui pourrait éventuellement permettre une reprise par la communauté dudéveloppement et de la distribution libre du logiciel toujours sous cette mêmelicence, tout en maintenant un accès ouvert et gratuit aux anciennes versions dulogiciel dans la section proposant les versions archivées du programme (version2,12 et précédentes). Notons enfin que cette même licence permet à toututilisateur détenant légalement une copie du logiciel de le distribuer, toujoursaussi légalement18.Figure 9 : Transana pour la codification de documents audios et vidéos Concrètement, le logiciel vise à soutenir lanalyse de documents vidéo etaudio de longue durée, par une codification de contenus textuels. Les documentsaudio-visuels à analyser sont importés dans le logiciel où ils apparaissent dansles fenêtres Fichier vidéo et Bande audio. On ajoute ensuite le texte qui servira
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 169de base écrite à lanalyse. Dans la fenêtre Transcription, on peut donc insérertout type de matériel textuel susceptible de soutenir lanalyse de la séquence(verbatim, notes dobservation, commentaires au moment du tournage, etc.).Notons dailleurs que plusieurs textes peuvent être associés à un extraitvidéo/audio, permettant au chercheur dadopter différents angles danalyse pourune même séquence. Larrimage entre lextrait et le contenu textuel seffectue àlaide de marqueurs de temps qui sont ensuite utiles pour la codification etlorganisation des données. La gestion du projet, mais également la démarche danalyse, seffectueprincipalement dans la fenêtre Données, qui rassemble à la fois les donnéesbrutes et les éléments danalyse. Ici, ce sont les collections et les mots clésdéveloppés au préalable ou en cours danalyse qui permettent la codification desdocuments. Évidemment, dans chacune des démarches de recherche, lutilisationde ces outils varie en fonction de la méthode de recherche et des modesdanalyse privilégiés par le chercheur. La documentation du logiciel offre à cesujet une certaine description des façons avec lesquelles on peut envisagerlutilisation de ces fonctions lors de ladoption dapproches de rechercheparticulières. On ne pourra enfin passer sous silence la nécessité de bien se familiariseravec le logiciel pour pouvoir lutiliser efficacement. Comme la plupart desprogrammes dassistance à lanalyse qualitative, celui-ci utilise une logique quilui est propre, basée notamment sur le langage cinématographique (série,épisode, etc.), avec laquelle le chercheur nest pas nécessairement familier. Maisleffort consenti est ensuite récompensé par la découverte dun logiciel uniquepermettant danalyser efficacement les séquences vidéo et audio dun projet derecherche.Les outils de représentation graphique des résultats de lanalyseLutilisation doutils pour créer des cartes de concepts ou des réseauxsémantiques, se répandent rapidement comme moyen dorganiser les idées demanière à percevoir plus nettement les regroupements didées, les liens entrecelles-ci, leurs caractéristiques, etc. Cest un outil dinterprétation fort intéressanten recherche qualitative. Bien que le module dessin dOpenoffice puisse être utilisé avec unegrande efficacité, nous présentons le Freemind19 en raison de son caractère dédiéet de sa disponibilité sur la plupart des plates-formes. Bien que linterface et lesfonctions puissent dérouter lors de la prise en main du logiciel, lutilisateurpatient découvrira des fonctions inédites, pouvant combiner représentationgraphique des idées et organisation de courts textes, sous forme de notes. Parmices fonctions, on découvre avec bonheur des fonctions de « zoom » et de
  • 170 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 27(2), 2007déplacement qui nont pas leur équivalent dans dautres logiciels du même genre.Si on compare Freemind à dautres logiciels de ce type, on peut remarquer quecelui-ci est surtout orienté texte, alors que dautres sont davantage orientés versla présentation graphique. On peut le classer dans la catégorie « carteheuristique ». Notons que ce logiciel, soutenu par la communauté dutilisateurs, évoluetrès rapidement, son ergonomie saméliorant et de nouvelles fonctions syajoutant. Son utilisation se répand très rapidement dans les institutionsdenseignement.Figure 10 : FreemindPerspective et réflexion éthiqueIl y a donc dexcellentes alternatives à lutilisation plus ou moins légale desgrands logiciels commerciaux. Largent public mis dans lachat de licencesmultipostes peut servir à autre chose20. Notre position de chercheurssubventionnés (pas toujours) nous donne aussi la responsabilité éthique dutiliserau mieux les sommes qui nous sont confiées. Nous avons montré quil y avait
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 171des solutions simples pour résoudre les dilemmes décrits brièvement en débutdarticle. Une valeur centrale au monde des logiciels libres est le partage etléchange. Bien sûr, on retrouve aussi des logiciels libres conçus commeexpérimentation en vue dun logiciel commercial, ou encore comme publicité enfaveur de lachat de matériel autre. Nous retrouvons aussi de grandescompagnies qui offrent leurs logiciels afin de rehausser leur image corporative.Mais le plus souvent, on retrouve une communauté dutilisateurs et deprogrammeurs, éparpillée à travers le monde, qui trouve intérêt et bonheur à ceséchanges et à cette gratuité. Ainsi, Sun Microsystem a rendu libre son logicielStar Office qui est devenu Openoffice. Une communauté sest créée pourtraduire le logiciel, produire de la documentation et des dictionnairesorthographiques. Des programmeurs ont travaillé à des ajouts ou à corrigercertains « bugs ». De pair avec la compagnie dorigine, la communauté adéveloppé version après version, y ajoutant ce que les utilisateurs souhaitaient yvoir. Le logiciel libre permet à tous, riches et pauvres, davoir accès à deslogiciels de qualité. Chacun peut y participer, par ses commentaires, un don ouautrement, selon ses compétences. Et il ny a pas que les logiciels libres quisinscrivent dans cette vision: des systèmes dexploitation complets etperformants existent et sont disponibles librement. Un des meilleurs exemplesest le système dexploitation Linux-Ubuntu sur lequel cet article est écrit. Lemonde Linux est en voie débranler les géants qui détenaient jusquici lemonopole des systèmes dexploitation. Le terme Ubuntu signifie « humanité auxautres », il exprime une idéologie ou chacun est ce quil est parce que les autressont ce quils sont; cest aussi le nom donné à lune des meilleures distributionsLinux. La recherche qualitative se construit en relation avec les phénomèneshumains. Elle construit un savoir en résonnance à la complexité et àlinterdépendance des phénomènes humains. Ce faisant, elle se situe elle-mêmecomme facteur issu de cette humanité complexe et multiple. Que cetteincarnation sappuie sur un système de valeurs et de pratiques plus ouvert àlaltérité, dans une perspective ancrée sur des actions solidaires, sensibles auxgrands enjeux de société, nous semble un point primordial. La recherchequalitative ne permet pas que la conquête dune prise théorique sur le monde,elle se situe dabord comme acteur de changement social. Ces quelquesremarques, si elles sont pertinentes, nous invitent à adhérer à la communauté deslogiciels libres, communauté qui nous semble présenter une forte congruenceavec la communauté de chercheurs qualitatifs. Il y a là matière à réflexion.
  • 172 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 27(2), 2007ConclusionÀ une époque où la mondialisation des solidarités rencontre la mondialisationdes marchés, il apparaît de plus en plus important de réfléchir à des approchesnovatrices permettant de faciliter une plus grande accessibilité aux outilstechnologiques (Perline & Noisette, 2006). Si cela est vrai quand on pense à laréduction de la fracture technologique susceptible dapparaître entre les couchesplus favorisées de notre monde et celles moins nanties (CSTSD, 2006), nepourrait-il pas en être autant dans le monde universitaire et la recherche. Le monde du logiciel libre évolue quant à lui à une vitesse foudroyante :de nouveaux logiciels apparaissent chaque semaine. Ainsi, sur le siteSourceforge21, on répertorie pas moins de 165,144 projets de logiciels libres, etce, au moment où cet article est écrit. Bon nombre de ces projets ont donnénaissance à un logiciel fonctionnel et souvent de très grande qualité, égalant ousurpassant les logiciels commerciaux. Parmi ces logiciels seulement quelques-uns sont dédiés spécifiquement à la recherche qualitative; plusieurs peuvent êtreutilisés pour différentes tâches, comme nous lavons montré. Dautres logiciels intéressants sont disponibles : nous nen avons présentéque quelques uns. Comme il sagit dun monde qui évolue très rapidement, lanouveauté daujourdhui deviendra très rapidement linspiration maintenantdésuète dune autre innovation. Il existe aussi dexcellents logiciels libres pourdiverses tâches comme la recherche bibliographique, la mise en page, sanscompter lincroyable quantité de dictionnaires disponibles gratuitement. Nousnavons pas lespace pour les présenter. Cet article ne constitue donc quune introduction. Nous invitons lesétudiants et professeurs à explorer le monde des logiciels libres, dans un espritde partage des savoirs et des outils pour les produire.Notes1 Les notes de terrain sont des données déjà transformées, en provenance de lécoute etdu regard du chercheur sur le terrain (Agrosino & Mays de Pérez, 2000).2 Logiciel libre (GPL), pour Windows, Mac & Linux, disponible gratuitement à ladressesuivante :http ://audacity.sourceforge.net/about/?lang=fr3 Une « plate-forme » est un système dexploitation comme Windows, ou Mac, ou enencore Linux.4 On peut aussi utiliser lexcellent VLC Media Player, disponible pour de trèsnombreuses plates-formes. Voir à ladresse suivante :http ://www.videolan.org/vlc/
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 1735 Logiciel libre (Open Source), disponible pour Windows et Mac, à ladresse suivante :http ://www.transana.org/6 Certaines caméras numériques permettent de recevoir un signal analogique etdenvoyer à lordinateur les images numérisées. La caméra agit ainsi comme une cartedacquisition.7 Logiciel libre (GNU), disponible pour Windows, Mac et Linux, à ladresse suivante :http ://trans.sourceforge.net/en/presentation.php8 Bien quil soit distribué gratuitement, Express Scribe nest pas un logiciel libre. Il estdisponible pour Windows et Mac. On peut se le procurer à ladresse suivante :http ://www.nch.com.au/scribe/9 Openoffice est un suite logiciel libre (Open Source) très réputée pour sa très grandequalité et sa compatibilité avec les autres logiciels, notamment la suite Microsoft. Elleest disponible sur un grand nombre de plates-formes. On y retrouve un traitement detexte, un tableur, un logiciel de présentation, une base de données ainsi quun logiciel dedessin. La suite est disponible dans plus de 75 langues. Pour la télécharger ou pour plusdinformations :http ://fr.openoffice.org/about-information.html10 Ce logiciel nest plus disponible. Il a été utilisé dans la première moitiée des années90, sur des ordinateurs qui nous semblent aujourdhui préhistoriques.11 Logiciel libre (GNU) disponible sur Linux seulement, à ladresse suivante :http ://www.gnome.org/projects/gnumeric/12 Logiciel libre (Open Source) disponible sur Windows, Mac et Linux, à ladressesuivante :http ://www.pressure.to/qda/13 Logiciel distribué gratuitement par le « National Center for HIV, STD and TBPrevention », sur Windows. Il est disponible à ladresse suivante :http ://www.cdc.gov/HIV/SOFTWARE/answr.htm14 Pour une présentation plus détaillée du logiciel, on pourra se référer à larticle publiésur le site de Framasoft. On y retrouve notamment un lien vers des tutoriels vidéos :http ://www.framasoft.net/article4418.html15 Les fichiers « pdf » sont de deux types : le type « texte » est formé de caractères,comme dans un traitement de texte, que lon peut copier et coller dans une autreapplication. Le type « image » est constitué dune image obtenue au moyen dunnumériseur sans reconnaissance optique des caractères.16 À ce jour près de 12 langues sont disponibles à linstallation, dont le français.17 Pour accéder au forum des utilisateurs, suivre le lien suivant :http ://www.transana.org/forum/index.php18 Pour plus de détails concernant les principes et termes généraux des licences libres,on pourra se référer non seulement aux nombreux articles concernant la question surWikipédia (http ://fr.wikipedia.org/), Framasoft (http ://www.framasoft.net/), maiségalement à louvrage de Perline & Noisette (2006). On pourra également consulter lesite de la Free Software Foundation (http ://www.fsf.org/) où lon retrouve unedescription plus détaillée des licences logiciels existantes.
  • 174 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 27(2), 200719 Logiciel libre (GNU) disponible pour la plupart des plates-formes, à ladressesuivante :http ://freemind.sourceforge.net/wiki/index.php/Main_Page20 À titre dexemple, une réflexion seffectue en ce moment sur le potentiel concret deslogiciels libres dans les pays en voie de développement. Voir à cet effet notamment leprécolloque de la Fédération Internationale des Associations de Bibliothécaires etInstitutions tenu à Dakar, Sénégal, en août 2007 sur le thème « Le management destechnologies et des systèmes automatisés de bibliothèque dans les pays en voie dedéveloppement : Logiciels libres vs Options commerciales ».21 http://sourceforge.net/RéférencesAudacity. (2007, décembre). Wikipédia, lencyclopédie libre. Document consulté le 21 décembre 2007 à partir de http ://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Audacity&oldid=24008192.Angrosino, M.V. & Mays de Pérez, K.A. (2000). Rethinking Observation : From Method to Context. Dans N.K. Denzin & Y.S. Lincoln (éd.). Handbook of Qualitative Research (2nd ed.) (p. 673-702).Thousand Oaks : Sage Publications.Bourdon, S. (2000). L’analyse qualitative informatisée : logique des puces et quête de sens. Recherches qualitatives, 21, 21-44.Commission de la science et de la technique au service du développement (2006). Réduire la fracture technologique dans les pays et entre pays. Rapport du Secrétaire-Général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement. Document consulté le 21 décembre 2007. Disponible en ligne à ladresse suivante : http://www.unctad.org/Templates/Download.asp?docid=6896&lang= 2&intItemID=1942.GNU. (2007, décembre). Wikipédia, lencyclopédie libre. Document consulté le 21 décembre 2007 à partir de http ://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=GNU&oldid=24165333.Miles, M. B. & Huberman, A. M. (2003). Analyse des données qualitatives (2e éd.). Paris : De Boeck.Open Source. (2007, décembre). Wikipédia, lencyclopédie libre. Document consulté le 21 décembre 2007 à partir de http ://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Open_Source&oldid=24073335.Paillé, P. & Mucchielli, A. (2003). Lanalyse qualitative en sciences humaines et sociales. Paris : Armand Colin.
  • MIRON & DRAGON / La recherche qualitative assistée par ordinateur… 175Perline & Noisette, T. (2006). La bataille du logiciel libre : Dix clés pour comprendre (2e éd.). Paris : Éditions La Découverte.Savoie-Zajc, L. (2000). L’analyse de données qualitatives : pratiques traditionnelle et assistée par le logiciel NUD•IST 1. Recherches qualitatives, 21, 99-123.Van der Maren, J.-M. (1996). Méthodes de recherche pour léducation (2e éd.) Paris : De Boeck.Jean-Marie Miron est professeur au département des sciences de léducation deluniversité du Québec à Trois-Rivières. Il pratique et enseigne la recherche qualitativedepuis plusieurs années. Son intérêt pour linformatique la amené à explorer enprofondeur lutilisation de logiciels, notamment en recherche. Son intérêt pour leslogiciels libres est né de préoccupations critiques et éthiques.Jean-François Dragon a complété une maîtrise en sciences de léducation à lUniversitédu Québec à Trois-Rivières. Il offre depuis plusieurs années des formations à lanalysequalitative assistée par ordinateur et sintéresse de près à lévolution des logiciels libres,que ce soit pour la recherche ou les autres sphères de lutilisation de linformatique.