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  • 1. BEJI SEBSI Après sa nomination, après ses beaux discours, après sesactions qui n‟ont rien a voir avec ses discoursaprès ses pas vers le développement d‟un culte depersonnalité, moi, jeune tunisien, passionné d‟histoire et depolitique, j‟ai fait des petites recherches, armé de Google, et debeaucoup de patience et j‟aimerais bien partager av...ec vous,le résultat – partiel – de ces recherches, car dans la Tunisie de“Si” Beji, toutes les vérités ne sont pas bonnes a dire.. maisGoogle est toujours la pour les plus curieux ;) Les recherchesont été orientés par l‟affirmation de Mr Beji Kaid Sebsi que BenAli sera jugé pour haute trahison et devra rendre compte destortures dont il est responsable et les multiples “coïncidences”dont a bénéficié Nesma TV. Bonne lecture a TousDans le livre de Gilbert Naccache, Qu‟as tu fait de ta jeunesse(qui est en vente libre a Tunis même sous l‟ère Ben Ali), page97, l‟auteur parle de la répression de 1968 on lit c‟est donc une répression, une répression générale contre toutce qui bouge dans la jeunesse, d‟une ampleur et surtout d‟uneférocité que nous n‟avions pas imaginées. Il y eut plusieurscentaines d‟interpellations, plus de deux cents arrestations, desinterrogatoires de personnes qui n‟avaient que des liens deparenté, d‟amitié ou seulement de proximité avec les militantsorganisésPendant des semaines, les policiers allaient et venaient,entraient dans les maisons, posant des question, fouillant,terrorisant les familles. Les jeunes organisés dans lesdifférentes structures contestatrices, le GEST, le Baath ou lePC furent systématiquement torturés : ce fut pour nous unebrusque confrontation avec les aspects les plus bestiaux de lapolice, la vue du visage caché du régime et, avec la rencontredes suspects de droit commun des geôles, la découverte de la
  • 2. banalisation de ces pratiques barbaresCe qui frappe d‟abord, c‟est la facilité avec laquelle on peutenlever des êtres humains, leur appliquer les pires sévices, lesenfermer comme des animaux, sans qu‟il se produise rienMême si le passage décrit la répression de 1968, il s‟appliqueparfaitement a l‟ère de Ben Ali, surtout pendant les annéesnoirs, les années de répression des Islamistes. Donc toutcompte fait, Ben Ali n‟a rien inventé, tout était la depuis ledébut, il a juste utilisé l‟héritage, les inventions, les méthodesinstaurés par le Ministre de l‟intérieur de ces années, lesannées de répression sauvages , de torture des gauchistesjetons un coup d‟œil a ces listesMinistres d‟intérieurs Avril 1956 – 1965 : Taieb Mhiri Juin 1965 – Septembre 1969 : Beji Kaied Sebsi Septembre 1969 – Juin 1970 : Hedi Khfach Juin 1970 – Septembre 1971 : Ahmed Mestiri Septembre 1971 – Octobre 1971 : Hedi Nouira Octobre 1971 – Mars 1973 : Hedi Khfach Mars 1973 – Décembre 1977 : Taher Belkhouja Décembre 1977 – 25 Décembre 1977 (48 heures) :Abdallah Farhat Décembre 1977 – Novembre 1979 : Dhaoui Hnableya Novembre 1979 – Mars 1980 : Othman Kechrid Mars 1980 – janvier 1984 : Edriss Guiga Janvier 1984 – Avril 1986 : Mohamed Mzali Avril 1986 : Zine Abidine Ben AliDirecteurs de sûreté Ismail Zouiten - Idriss Guiga – Beji Kaid Sebssi – Foued Mbazaa – Taher Belkhoudja – Hssan Babou – Monji Kaali
  • 3. – Zakareya Mostapha – Hedi Cherif – Abd EL Majid Bousslema – Zine El Abidine ben Ali – Abd El Majid Skhiri – Zine Abindine Ben AliDonc, en 1968 , lors de cette répression, lors de la mise enplace de ces méthodes qui ont traversé les décennies : leministre d‟intérieur était bel et bien : Mr Beji Kaied Sebsi… oui,l‟actuel premier ministre, oui c‟est dans le sous sol et lequatrième étage de son ministère, pas très loin de son bureau,étaient torturés les gauchistes, et de son bureau que sortaientles ordres, étaient conçus les méthodes que ZABA ne feraqu‟appliquer par la suiteune autre “remarque” a tirer de ces listes, Fouad Mbazaa étaitdirecteur de sureté, quand beji Kaid Sebssi était ministre del‟intérieurNommer son ancien patron comme premier ministre sera t ilune manière de jetter une fleur a un ami de longue date, et unrenvoie d‟ascenseur en guise de remerciement pour un ancienservice ? peut êtrecontinuons avec un autre témoignageDans le Journal Chourouk, Paru le 26-08-2008, MohamedBabou, directeur de la sureté sous Beji Kaied Sebssi, pendantles émeutes de Ouardanine, émeutes durant lesquelles on atiré sur les manifestants et y‟a eu plusieurs dizaines de morts,et qui ressemblent a ce qui s‟est passé a Sidi Bouzid et Thalapendant la révolte du jasmin donne sa version des faitsMr Babou, accuse clairement Mr Beji Kaid Sebssi davoir donnélordre de tirerDonc tout compte fait, Ben Ali n‟a fait qu‟utiliser l‟héritage , lesméthodes, les outils de Mr Béji Kaid Sebssi a confectionné et adéjà prouvé l‟utilité pour tuer nos martyrs a Thala et SidiBouzidcontinuonsEn 2002 Béji Kaid Sebssi a réalisé un entretien avec MichelCamau et Vincent Geisser.( Ouvrage : Bourguiba la trace et
  • 4. l‟héritageA la page 597, en réponse à une question portant sur lesconditions de détention terribles à la prison de Borj Erroumi ,Béji Kaid Sebssi a déclaré Les conditions étaient difficiles parce que Borj Er Roumi étaitune ancienne prison française, celle de la Légion étrangère.Personnellement, je ne l‟ai visitée qu‟après. J‟ai vu que c‟étaientdes caves humides. Mais auparavant, je ne le savais pasUne petite recherche nous mène a l‟article de Noura Borsali : «Le complot de décembre 1962 : Fallait-il les tuer ?” ( NouraBorsali, 26-12-2002- Noura Borsali- Réalités- Hebdomadairetunisien,repris dans son ouvrage : Bourguiba à l‟épreuve de ladémocratie » ) on peut lire les témoignages d‟un prisonnier àBorj Erroumi, Temime H‟maidi Tounsi Ils ont reçu la visite de quelques personnalités politiquescomme Taïeb Mhiri, Béji Caïd Essebsi , Mohamed Farhat, HédiBaccouche, Tahar Belkhodja, Fouad Mbazaa, le gouverneur deBizerte… “ Après la visite de Taïeb Mhiri, le système estdevenu plus durDonc même en visite dans la tristement célèbre prison, et enrencontrant les prisonniers, Mr Sebsi ne savait pas lesconditions de détentions et les tortures? heureusement quel‟article détaille ces pratiques, que je partage avec vous Les autres condamnés ont été amenés, le 2 février, au bagneottoman de Porto Farina, au dépôt de munitions du temps desTurcs où enchaînés aux pieds, ils ont passé sept ans dans desconditions très dures et sans aucune nouvelle de leurs familles.Ils ont été conduits ensuite à la prison Borj Erroumi de Bizerteoù ils ont vécu dans des damous ,sorte de dépôt de munitionsdu temps des Français à 37 marches (à environ 15 m) deprofondeur. Les murs, selon les témoignages recueillis,suintaient continuellement : 3 à 4 litres par jour si bien que “nous grelottions hiver comme été à cause de l‟humidité. Quant
  • 5. au soleil ou aux rais de lumière, nous n‟y avons eu droitqu‟après nos sept années passées à Porto Farina et notretransfert à Bizerte. Pendant plus de sept ans, nous avons vécudans l‟obscurité de jour comme de nuitsource : article de Noura Borsali cité précédemmentPratiques et conditions inhumaines et largement connus sousZABA? peut être, mais il est de plus en plus clair que ZABA n‟arien inventé, il a juste marché sur les pas de “SI” BejiContinuonsA la page 598 (Entretien Béji Caid Essebsi) , à propos ducomplot de 1962, Béji Kaid Sebssi affirme Pour celle du complot de décembre 1962, j‟étais en fonctionspuisque, comme je l‟ai déjà dit, j‟ai été nommé directeur de laSûreté à cette occasion. Mais elle a été traitée par le ministèrede la DéfenseDonc il est innocent des tortures qui étaient appliqués sur lescomploteurs contre Bourguiba, puisque c‟était sous laresponsabilité du ministère de la défense, et que cescomploteurs étaient jugés devant un tribunal militaire, pas sisurAzedine Azzouz ( “L‟Histoire ne pardonne pas ». AzzedineAzouz . Tunisie 1939-1969. ) relate dans les pages 223-224-225-226, les conditions dans lesquelles se passaient lesinterrogatoires qui se déroulaient Bel et bien dans les locaux duministère de l‟intérieur dirigé par Béji Caid Essebsi. Donc oui, ilsétaient jugés par un tribunal militaire, mais les interrogatoiresétaient au ministère de l‟intérieur , dirigés par “SI” Beji enpersonneDes détails de ces interrogatoires ? un petit extrait de la page224 Je ne peux décrire ici ce lue j‟ai entendu ce soir-là : tortures,supplices, cris inhumains, coups de cravache, étouffements àl‟eau, brûlures à la cigarette et à l‟électricité, supplice de labouteille, etc. Je ne pouvais en croire mes oreilles et n‟imaginer
  • 6. vivre en plein vingtième siècle, dans une Tunisie moderne etindépendante sous la présidence de Bourguiba. Un policier destature colossale fit irruption dans la pièce où j‟étais, unecravache à la main et tout en sueur à force de frapper lesdétenus. Me regardant, il me lança : « Estime-toi heureux de nepas subir le même sort puisque tu es libreMême les policiers qui assuraient le service de nuit arboraientun air dégoûté et grinçaient des dents. L‟un Parmi eux, unvieux, remarqua : « C‟est une honte, on a jamais vu ça mêmedu temps du colonialisme françaisLes mêmes pratiques de ZABA, encore une fois? même lafameuse bouteille dans l‟anus date bien de l‟ère de “SI” Beji,donc tout compte fait, ZABA n‟a fait qu‟utiliser l‟héritage de “Si”Bejicontinuons, mais d‟un autre ongle, qui pourra nous éclairer surce qui se passe actuellement en Tunisie. Faut il rappeler lafascination de Bourguiba par les “Ben Ammar” ? Faut il rappelerla place de Monther, Neyla, Nabila et Tarek ben Monther BenAmmar dans le palais de Carthage pendant l‟âge d‟or deWassilaEn quoi c‟est important dans le cadre de ce billet? la suite nousle diracontinuonsdans les années 70, une “alliance” autour de Wassila BenAmmar, constituée de Hbib Achour, Mohamed Masmoudi,Taher belkhouja , Sadok Ben Jemaa, Hassen Belkhoudja, et“SI” Beji Kaid Sebssi, comme étant un front “tunisois” seconcrétise. Les hommes de cette alliance, doivent beaucoup, sice n‟est pas tout a Wassila Ben AmmarEst il utile de rappeler que Wassila Ben Ammar était trèsinfluencée par son frère Mondher Ben Ammar, père de TarekBen Ammar, qu‟il l‟a même poussé a se réconcilier avec unennemi juré qu‟elle a nommé un jour: MzaliDonc , recollons les morceaux, “SI Beji” doit énormément aWassila, qui était très influencée par son frère, un moyen deremercier? de dire qu‟on est reconnaissant ? de “lammen
  • 7. chella” ? un petit coup de pouce au fils de Mondher peut etre?Tarekça expliquerait peut être bien de “coïncidences” qui se sontpassés après la nomination de “Si” Beji par un ami de longuedate : Fouad Mbazaa, ou même avant sa nomination (l‟énormecoup de pouce de Nesma TV pour sa nomination, Nesma TVdont un des grands actionnaires est Tarek ben Mondher BenAmmarCe premier ministre si gentil, qui n‟a rien a voir avec lestortures, la répression, absolument rien a voir, ce premierministre si angélique qu‟on dirait tombé directement du cielLa Tunisie redeviens donc et encore un gâteau a deviser entrefamilles, ou la revanche des Ban Ammar sur les Trabelsi, faitepar un si gentil Bourguibiste qui -et comme le montre ce billet-n‟a rien a voir avec les pratiques ZABISTES (tirer sur lesmanifestants, tortures etcParPar : Dr Jamel Mouhli (Page Officiellle) SIHEM BEN SEDRINE
  • 8. ) . :CHAPEAU BAS A MADAME BEN SEDRINE**********************************************************Lettre ouverte au Premier MinistreCaïd Essebsi
  • 9. Aucun autocrate n‟aura plus jamais de prise surnotre destinéeMonsieur le Premier ministre,Notre peuple sapprête à vivre ses premièresélections libres. Ceci nest pas pour plaire à ceuxqui ont été accoutumés à des élections dont lesrésultats sont connus davance.Face à cette grande inconnue, certains paniquentet complotent contre lunique institution légitime ànaître après la révolution. Ceux d‟entre eux quisont au-devant de la scène s‟ingénient à trouverdes subterfuges pour limiter son mandat, salégislature et ses compétences. Ceux qui setiennent dans lombre nous menacent de scénariosà lalgérienne, mobilisant les bandits du défuntRCD ainsi que les criminels de la police politiquepour fomenter des actes de violences maquillés enattaques de « salafistes », dans une tentatived‟accréditer la thèse éculée de Ben Ali, du rempartcontre l‟extrémisme islamiste.La tentation de prolonger la vie de votre
  • 10. gouvernement provisoire au-delà du 23 octobre estexplicable, le pouvoir est séducteur et corrupteur.Mais la volonté du peuple doit être respectée etvotre gouvernement s‟était engagé à le faire,même si l‟adage veut que les promessesn‟engagent que ceux qui les reçoivent. Vous aurieztort d‟oublier que notre peuple a fait une révolutioncontre un régime dictatorial et n‟est pas près de selaisser usurper sa liberté par les nostalgiques del‟ancien régime.Ce fut une révolution pacifique, une marquedistinctive qui lui valut le respect du monde entier.La passation s‟est faite en douceur et notre paysn‟a pas eu à déplorer de coupure d‟électricité oud‟eau, d‟insécurité grave, de paralysie destransports, de cessation de l‟activité économiqueou de banqueroute ; notre peuple s‟est remis autravail, malgré tous les sabotages organisés par lavieille garde de Ben Ali sous couvert desyndicalisme, et a traversé cette périodedangereuse dans la vie des peuples sans trop dedégâts, Dieu merci. Cela a été réalisé dès lapremière quinzaine de la transition.Votre gouvernement provisoire avait eu pour tâche
  • 11. de poursuivre ce travail et de gérer les affairescourantes jusqu‟à l‟élection de la premièreinstitution légitime et légale, la Constituante. Aprèssept mois d‟exercice, nous ne voyons aucunetransparence dans la gestion de votregouvernement. Et tout le monde sait que ladémocratie c‟est d‟abord et avant tout latransparence dans la prise de décision.Monsieur le Premier ministre,Sous réserve de réalisations cachées, votre bilanparait peu reluisant :o Vous étiez supposé prendre des mesuresurgentes pour protéger nos archives de laprédation. Il s‟agissait de préserver la mémoire denotre pays à travers ces documents qui vontpermettre au peuple de demander des comptesaux vrais criminels, aujourd‟hui libres de leursmouvements et aussi puissants que sous l‟ancienrégime ; au lieu de livrer à la vindicte publique cespauvres « mounachidin » pour taire les voix quiréclament justice. Ceux qui ont osé tirer la
  • 12. sonnette d‟alarme contre la destruction de nosarchives se sont retrouvés devant les tribunauxtandis que ceux qui les ont détruites sont promus àdes postes de responsabilité.o Vous étiez supposé prendre des mesuresurgentes pour encourager la liberté d‟expression,réformer les médias, éliminer les responsablestraditionnels de la propagande et donner lesmoyens aux médias étatiques et privésd‟accompagner la démocratie en marche. Au lieude cela, les médias sont sous contrôle et lesnouveaux Abdelwahab Abdallah veillent au grain,faisant la guerre aux médias indépendants, commeRadio Kalima qui n‟a toujours pas de licencemalgré vos promesses. Que de temps perdu parune INRIC légalement consultative, transformée eninstance de lobbying et à l‟occasion en autoritéautoritaire de régulation. Les élections serontcouvertes par un audiovisuel entièrement mis enplace sous Ben Ali. C‟est, indéniablement, uneréalisation à mettre au crédit de votregouvernement convaincu par la conversion desbarons des médias de Ben Ali en «
  • 13. révolutionnaires-démocrates ».o Vous étiez supposé prendre des mesuresurgentes pour libérer l‟institution judiciaire ducarcan des mandarins qui l‟ont gouvernée etdévoyée de sa fonction première en la soumettantaux diktats des puissants. Au lieu de cela, vousavez maintenu en place l‟équipe de Tekkari quis‟est appliquée à protéger les criminels de l‟ancienrégime et à abuser l‟opinion en offrant desmascarades de procès, comme celui de Ben Ali,indigne de la Tunisie révolutionnaire par son non-respect des normes d‟un procès équitable. Lesrares affaires enrôlées à l‟initiative de vos deuxcommissions d„investigation alibi, retenaient descharges ridicules (consommation de drogues ouinfraction aux règles de change) tandis quel‟essentiel des dossiers, et notamment celui desassassins de nos martyrs, des exactions et desspoliations commises tout au long des deuxdécennies Ben Ali, était traité dans l‟opacité la plustotale.
  • 14. o Vous étiez supposé prendre des mesuresurgentes pour réformer la police, permettre à cetappareil sécuritaire de se purger des criminels quil‟ont mis au service d‟une mafia et de serestructurer afin de répondre aux exigences de laTunisie post-révolutionnaire. Mais vous avezlimogé le seul vrai réformateur, Farhat Rajhi, etnommé un ministre de la réforme dont le rôle estd‟enterrer toute réforme. Mises à part lesentreprises de déstabilisation menées par lesvestiges de l‟ancien régime, le bilan sécuritaire estplutôt positif. L‟armée tunisienne, qui est unearmée républicaine, a joué un rôle décisif pour laprotection de notre révolution et la sécurisation denos frontières menacées par les hordes deKadhafi. Le peuple a salué son rôle à plusieursreprises, mais il n‟acceptera jamais que l‟armée semêle de politique ou soit tentée par le pouvoir.L‟opinion publique ne voit pas d‟un bon œil lanomination de militaires à la tête d‟entreprisespubliques, d‟institutions économiques ou desgouvernorats. Et j‟espère que ces rumeurs quidonnent le général Ammar comme le nouvelhomme fort de la Tunisie sont infondées.
  • 15. Durant ces sept mois d‟exercice, vous avezlonguement communiqué ; mais jamais vousn‟avez rendu compte au peuple de ce que faisaitvotre gouvernement avec l‟argent public et celuialloué par la communauté internationale pour leredressement de la Tunisie ; vous n‟avez jamais ditquelles initiatives vous avez prises pour réduire lechômage, favoriser le développement des régionsmarginalisées, redresser nos hôpitaux ou sauvernos écoles.Bien au contraire, votre gouvernement provisoire alégiféré à tour de bras, là où il ne devrait pas etsans débat public, engageant lavenir de notrepays bien au-delà de ce que votre mandat vousoctroie.Vos prises de paroles ont été une séried‟injonctions à renoncer à notre libertéd‟expression, acquise de haute lutte ; à cesser lesmanifestations publiques et les sit-in deprotestations contre l‟inaction de votregouvernement face aux dossiers brûlants toujoursen instance.
  • 16. Vous vous êtes mis au service de la restauration etde nombreux corrompus notoires sont revenus auxaffaires avec votre bénédiction ; tout ce que vousavez réussi à communiquer au peuple, c‟est queles snipers sont des fantômes, les martyrs desdommages collatéraux et la révolution une erreurde parcours ;Monsieur le Premier ministre,Vous avez dernièrement prononcé le discours leplus musclé de votre mandat et menacéd‟appliquer à la lettre l‟état d‟urgence. Notre peuplea fait cette révolution pour que l‟Etat de droit soitrespecté et la loi appliquée ; menacer d‟« appliquerla loi » laisse entendre que votre gouvernementest en train de faillir à son respect.De nombreux observateurs ont vu dans votredernier discours des menaces qui me sontpersonnellement adressées. Outre qu‟il s‟agit depropos diffamatoires qui tombent sous le coup dela loi, je serais curieuse de savoir de quel crime
  • 17. vous m‟accusez? Celui de refuser de me taire surles méfaits de ceux qui complotent contre larévolution de notre peuple ? Ou d‟avoir continuémon activité de militante de droits humains dansles sphères de contre-pouvoir de la société civile,loin de tous les honneurs et les privilèges accordésà la vieille garde de Ben Ali ?Je mets au défi quiconque - et notamment lesservices de la police politique qui sont en train deficeler des dossiers préfabriqués sur moi commesur d‟autres militants patriotes – de fournir un seulfait, un seul acte, un seul élément de preuve nonfalsifié, établissant mon implication dans unequelconque action de subversion contre mon pays,contre mon peuple et sa glorieuse révolution ouune quelconque activité illégale punissable par laloi tunisienne.Je ne pourrais pas en dire autant de ceux qui vousentourent et qui se sont improvisés les nouveauxmaîtres de la Tunisie révolutionnaire, pensant queles Tunisiens sont amnésiques et ne savent pasqui ils sont véritablement, ni leur niveaud‟implication dans l‟édification de la dictature deBen Ali.
  • 18. Ceux-là qui se sentent aujourd‟hui lésés par monactivité citoyenne, en même temps qu‟ilsmultiplient leurs campagnes vénéneuses etmensongères contre moi et les révolutionnairesloyaux, s‟auto-désignent comme les rescapés durégime de Ben Ali dont ils cherchent à restaurer lesprivilèges et les passe-droits. Je n‟ai jamais eud‟autre ennemi que ce régime despotique etmafieux. Ils ont toujours, durant des deuxdécennies, tenté de me salir dans leurs journauxaux ordres ; aujourd‟hui encore leurs mercenairesde la plume multiplient leurs campagnes dediffamation dans leurs nouveaux journaux decaniveau comme El Massaa.Ce sont les mêmes qui ont monté une série dedossiers préfabriqués et m‟ont accusée ainsi queHamma Hammami de « mener le pays droit aumur ». J‟avoue n‟avoir saisi le sens de cetteformule que bien plus tard, lorsque je l‟ai vurépétée in extenso dans les PV de police falsifiés,accusant injustement des manifestants quis‟étaient exprimés pacifiquement contre lespolitiques répressives de votre gouvernement, oudes journalistes honnêtes qui avaient eu le
  • 19. malheur de filmer la barbarie policière réprimantles manifestants.Ce terme avait pris tout son sens lorsqu‟il a étéréutilisé lors des « aveux » filmés extorqués aujeune Oussama Achouri en détention et diffuséssur vos « deux chaînes nationales » Nessma et ElWatanya, m‟accusant de payer des jeuneshooligans pour organiser des violences et piller lesmagasins en y mettant le feu. Le lendemain AlJazzeradiffusait le témoignage de ce même jeune,affirmant que ces « aveux » avaient été extorquéssous la torture et qu‟il avait été contraint de signerdes PV où il me désignait, avec HammaHammami, comme l‟instigatrice des troubles.Evidemment, votre chaîne nationale qui ne s‟estjamais excusée pour ce « reportage » préfabriqué,m‟a dénié un droit de réponse, arguant du fait queje n‟avais pas été explicitement nommée et m‟ainterdite d‟antenne depuis!Lorsque le juge Rajhi avait dénoncé un «gouvernement de l‟ombre », ces mêmes servicesm‟avaient accusée de l‟avoir incité à faire cesdéclarations, comme si ce magistrat avait besoind‟un maître à penser pour agir ; la suite des
  • 20. événements a montré l‟inconsistance de cesaccusations.En fait, ce qu‟ils n‟ont jamais admis, c‟est que leConseil National pour les libertés en Tunisie(CNLT) s‟engage activement dans un processusde réforme de la police, ce que Rajhi, durant sonmandat de ministre de l‟Intérieur, a favorisé,conscient du fait que cette réforme ne pouvait êtremenée à bien sans la participation de la sociétécivile.Monsieur le Premier ministre,Certains parmi ceux qui vous entourent ont été «heurtés » de voir les représentants du CNLTtraverser les couloirs du ministère de l‟Intérieur et «accéder » prétendument aux archives de la policepolitique ; A ceux-là, je voudrais rappeler que c‟estle rôle des ONG de droits humains de traiter avecce ministère qui gère les principaux dossiersrelatifs aux violations des libertés fondamentaleshéritées de l‟ancien régime comme cellescommises actuellement. Que le dialogue avec les
  • 21. autorités compétentes est une chose naturelledans les pays démocratiques - et nous nous ensommes félicités lorsque ce dialogue existait.Concernant l‟accès aux archives, qui est un droit,ni le CNLT ni toute autre représentant de la sociétécivile n‟y a été autorisé, malgré nos alertes sur lesrisques de destruction dont on avait eu vent aulendemain de la révolution; Et nous sommes tristesd‟apprendre que les premiers à avoir eurécemment accès aux geôles du ministère del‟Intérieur, ce furent des étrangers et non pas lesTunisiens qui ont un légitime droit de regard.Affirmer que nous interférons d‟une quelconquemanière dans la vie du syndicat des forces desécurité est un pur mensonge destiné à fairediversion. Cependant, le CNLT a déclarépubliquement que le droit syndical, pour les agentsde police, est un droit fondamental garanti par lesinstruments internationaux. Un syndicat peutconstituer un rempart propre à protéger nospoliciers contre les dérives sécuritaires dont ils ontsouffert durant l‟ancien régime et les prémunir des« instructions » illégales qu‟ils avaient reçu deleurs supérieurs pour violer la loi en toute impunité;
  • 22. les menacer de dissoudre leur syndicat n‟estvraiment pas d‟inspiration heureuse.Nous avons essayé de promouvoir un processusde justice transitionnelle, dont notre pays adouloureusement besoin ; non seulement pourexiger des comptes des criminels qui ont tué,torturé et violé la loi, faire éclater la vérité sur lesassassins de nos martyrs et réhabiliter lesvictimes, mais aussi afin de tourner au plus tôt lapage de cette dictature et engager notre pays dansun processus de réconciliation. C‟est l‟objectif duCentre de justice transitionnelle fondé avec desfemmes et des hommes venus de bords différents,autant de la dissidence que du système lui-même,avec en commun un désir sincère de servir notrepays. Mais votre entourage a réagi par une levéede boucliers, en cherchant à la saboter et ensuscitant d‟autres « initiatives » commanditées, àla manière de Ben Ali. Ces gens-là oublient que larévolution est passée par là et que toute tentationconspiratrice est vouée à l‟échec.Monsieur le Premier ministre,
  • 23. Si vous en avez le désir, vous savez ce qu‟il vousreste encore à faire pour laisser aux Tunisiens unsouvenir positif de votre passage aux commandesde notre pays.En commencant par honorer nos martyrs fidelessymboles de notre revolte contre la dictature et denos blesses en les elevant au rang les plushonorifiques et en leur octroyant le moyen le plushonorable et plus glorieux pour ces heros celui dela dignite et non de la mendicite. La Libyerecemment liberee a eu le bon sens de leurassujetir tout un ministere qui porte leur nom etsoccupe de leurs revendications et problemes desante..Prenez exemple sur Elle et ordonnez lenecessaire tant que vous en avez encore lepouvoir sinon je vous avertis nulle menace que laroue de lhistoire tourne et vous sera impitoyable.Quoiqu‟il en soit, sachez, monsieur le PremierMinistre, que la peur a déserté l‟esprit et le cœurdes Tunisiens et qu‟aucun autocrate n‟aura plusjamais de prise sur notre destinée Tunis le4 octobre 2011 Sihem Bensedrine